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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 21:26

Les crossettes de l'église de Plougourvest (29).

 

— Sur les crossettes, voir :

Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

 

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L'église Saint-Pierre de Plougourvest date, si on prend comme critère la date inscrite sur le contrefort sud du clocher, de 1588, et de 1616, si on se réfère à celle du  porche latéral sud. Elle comporte, aux deux angles de la face nord, deux crossettes, représentant l'une un dragon ailé, et l'autre un soldat dégainant son épée. Ces deux figures, loin d'être originales , sont très représentatives des crossettes de Basse-Bretagne du XVI et XVIIe siècle. Mais l'une d'elle se distingue par sa beauté, la qualité de son état de conservation, et par des particularités stylistiques : le dragon.

1. Le dragon ailé, rampant droit de l'extrémité est de la façade nord.
 

Malgré sa manie de nous tirer la langue, atavisme fréquent de sa race, et en dépit de ses efforts pour rouler des yeux exorbités, dilater ses naseaux et exhiber des crocs énormes, ce monstre antédiluvien ne parvient guère à nous terrifier, tant ses ailes de chauve-souris semble avoir été choisies par un accessoiriste d'opérette et tant sa mise en plis conserve avec excès les traces de ses bigoudis. Et, au bout de son corps de crevette,  sa queue ne parvient pas à lacer correctement le nœud de jambe de chien — ou de carrick, ou de bouline, selon l'humeur — qui s'impose, exercice obligé de ses semblables en équilibre sur le toit des sanctuaires : elle avorte son entrelacs en frétillant.

Quoiqu'il en soit, il est la représentation d' une force hors du commun, capable de tout détruire : celle de la mort.  En le plaçant en hauteur sur l'église, les fidèles pensaient peut-être en exorciser le pouvoir, et affirmer leur foi en la victoire du Christ ? Mais on remarquera que les crossettes ne sont jamais consacrées à des  représentations religieuses, à l'exception des anges. 

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Le dragon ailé, crossette nord-est (kersanton, vers 1616) de l'église de Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

Le dragon ailé, crossette nord-est (kersanton, vers 1616) de l'église de Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

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2. Le soldat empoignant son épée.

C'est lui qui motive ma visite à Plougourvest , sur l'introduction de ses confrères de Landerneau, Le Tréhou, de Locmélar, Notre-Dame-de-Berven  et de Saint-Servais avec lesquels il forme le groupe des six soldats "Je tire, je tue" de Basse-Bretagne. Tous, allongés la tête  tournée vers nous,  empoignent de la main gauche le fourreau de leur épée, et tirent sur la poignée dans un geste qu'il faut comprendre soit comme une menace, soit plutôt, j'en ai peur, comme l'ultime  seconde précédant le coup d'estoc. Et la mort.

Mais je suis un peu déçu. L'érosion ne permet pas de voir clairement le visage, peut-être barbu, ou les vêtements. L'homme n'est pas allongé, mais à genoux. Bizarrement, le fourreau de l'épée se termine par une boule, incitant à une confusion avec un bâton ou une batte de soule.

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Le soldat tirant son épée, crossette nord-ouest (kersanton, vers 1616)  de l'église de Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

Le soldat tirant son épée, crossette nord-ouest (kersanton, vers 1616) de l'église de Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 22:00

Les crossettes des maisons du XVIe et XVIIe siècle de Roscoff.

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Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

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PRÉSENTATION.

L'un des charmes de la ville de Roscoff provient du fait qu'elle a conservé une partie des maisons d'armateurs et de négociants construites dans la seconde moitié du XVIe siècle, en bord de mer entre l'église de Croas-Batz et le port, si bien qu'en 1606 la ville comptait 450 maisons. La base Mérimée de la direction de l'Architecture et du Patrimoine en recense une vingtaine, dont certaines ont été classées, et dont on connaît parfois le premier propriétaire. J'emprunte les descriptions suivantes :

 

— 10 rue Albert de Mun: actuel presbytère : 2ème moitié XVIe

 18, rue Albert de Mun : 1582 

"la maison  a été construite par Mathieu Le Hir du Carpont et de Keramanach, marchand-armateur appartenant à une riche famille du Léon. La construction de la maison correspond aux opérations de lotissement des terrains entourant Notre-Dame de Croas-Batz. Cette maison, à l'origine à un étage carré, ne comprenait qu'une grande pièce par niveau, avec une cheminée sur chacun des murs-pignons. Cette disposition correspond à une fonction commerciale. Agrandie en 1749 par la création de la maison adjacente située au 16 de la même rue, elle semble n'avoir plus à cette époque qu'une fonction résidentielle . inscription par arrêté du 6 novembre 1997"

— 79 rue Albert de Mun:  2ème moitié XVIe

 

— 12 rue Amiral-Courbet : 

"1ère moitié 16e siècle Maison probablement d'armateur de la 1ère moitié du 16e siècle. Marques de marchands disparues. A l'origine située au bord de la grève en face de l'ancien port. Lucarnes modernes"

— 9 rue de l'Amiral-Réveillère, 1560.

 "Cette maison de négociant est longée par le chemin de servitude pour aller à la mer qui baigne les fondations et les murs du jardin. Elle fut bâtie lors de l'opération d'urbanisme que connut le quartier au 16e siècle ; le logis, construit vers 1560, est desservi par un escalier hors-oeuvre en façade postérieure ; il fut agrandi au 17e siècle (aile nord le long du chemin) et orné de lambris au 18e siècle. Dans la salle du rez-de-chaussée, à l'ouest, on voit sur le linteau de la cheminée un écu entre deux lions sculptés en faible relief ; l'écu, ne portant pas d'armoiries, est sans doute une marque de marchand. L'intérêt de cette maison réside également dans ses vastes caves voûtées en berceau qui servaient à entreposer tonneaux et marchandises diverses."

— 19 rue de l'Amiral-Réveillère, 1570

"Selon la légende, Marie Stuart aurait débarqué à Roscoff en 1545. Une chapelle dédiée à Saint-Ninien aurait été élevée à l'emplacement de ce débarquement, située entre deux maisons dites de Marie Stuart. La porte et les fenêtres de la chapelle Saint-Ninnien, du 1er siècle (démolie) , ont été réédifiées sur la maison du 16e siècle. La façade sur rue est un bon exemple de l'architecture urbaine du 16e siècle dans le Léon." "Corps de logis construit vers 1570. corps de logis nord avec latrines en encorbellement et escalier extérieur datent de la 1ère moitié 17e siècle armes de marchand ou d'armateur"

— 22 rue de l'Amiral-Réveillère, 1607

"La partie la plus ancienne du bâtiment est le corps de logis parallèle à la rue de la Réveillère présentant, en arrière, une tourelle d'escalier qui doit dater du 16e siècle. L'édifice a été modifié par l'adjonction de deux ailes en retour datant du 17e ou 18e siècle. Cet ensemble est l'un des derniers témoignages de l'architecture roscovite de la fin du 16e et du début du 17e siècle. inscription par arrêté du 20 mai 1975"

— 22 rue de l'Amiral-Réveillère,

Maison construite pour le marchand Olivier le Maigre ou Treut pendant la 2e moitié du 16e siècle. Ailes latérales 17e siècle inscrit MH 1975 :

— 25 rue de l'Amiral-Réveillère,  cf infra.

 

 

— 2 rue Armand Rousseau : 1603.

Logis commandée dans les années 1570 - 1600 par un négociant ; la lucarne décorée porte la date 1603.

— Rue Edouard Corbière, 1604.

Maison de négociant  dite maison Kerjeffic datée 1604 ;

— 31 rue Gambetta, 2ème moitié du XVIe siècle.

"Maison construite pendant la 2e moitié du 16e siècle pour un armateur ou un marchand. A l'origine, accès direct au port de Roscoff. Latrines en encorbellement"

 

 

 


 

— Passage Louis Noir :

"La maison du passage Louis-Noir est une extension fin 16e-début 17e siècle d'une maison plus ancienne (du début du 16e siècle) qui subsiste, en l'espèce d'un mur mitoyen et de la cave, aujourd'hui éléments de la propriété du 9 rue Gambetta (parcelle cadastrée AC 339). Du corpus connu des maisons de négociants roscovites, elle est seule, avec celle du 25 rue Amiral-Réveillère, dite de Marie Stuart (notice Mérimée PA00090403) , à posséder une galerie dans la cour intérieure. Elle affirme son originalité par l'existence d'une galerie supérieure et la diversité des décors de ses chapiteaux de colonnes et colonnettes. Cette maison participe également au système de défense portuaire : anciennement en bordure de grève, elle est pourvue d'une échauguette dans un de ses angles."

 

 

— 8 rue Louis Pasteur :

" Ancienne maison d'armateur ou de marchand construite entre 1550 et 1600 ; parties hautes transformées au 19e siècle". 

— 19 place Lacaze Duthiers Maison de marchand ou d'armateur construite entre 1550 et 1600. Ancien four à pain 

" Ensemble de deux maisons de marchands ou d'armateurs construit entre 1550 et 1600. Domicile temporaire d'Edouard et de Tristan Corbière vers 1860. Création de la station biologique en 1872. Transformations, aménagement de la bibliothèque, de l'aquarium et du vivier peu avant 1900. Construction de nouveaux laboratoires et création du centre d'océanographie et de biologie marine du C.N.R.S. entre 1953 et 1971. Buste d'Yves Delage (1854-1920) , directeur, effectué par F. Sicard"

 

— La "maison Galliard" , maison du XVIe au 23bis place Lacaze-Duthiers (actuellement chambres d'hôtes Un balcon sur la mer). En réalité, la maison, placée devant l'église,  aurait été (re)construite par les familles Galliard et Vickers,  en style néo-gothique en 1905, comme en témoigne les clichés de l'album de Blanche Galliard, née Vickers (Sheffield, 1861-Roscoff 1930). Blanche Vickers avait épousé en 1886 à Florence Lucien Gallard, médecin à l'hôpital Lariboisière et ami de Babinski et Brissaud. Elle est la fille d'un industriel de l'acier (cloches), Naylor Vickers, et la  mère du parasitologue Henri Galliard. 

 Sur la façade de cette maison, une sculpture représente un personnage bossu, marin paysan, tenant dans sa main une tresse. Cette sculpture constitue la toute première représentation des marchands d’oignons dans l’espace public breton.

 

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Selon Jean Tanguy, 

"C'est de l'époque du règne d'Henri IV que datent également la plupart des maisons anciennes, ornées de lucarnes monumentales. Dans la conception des ouvertures, l'anse de panier fit place vers la fin du XVIe siècle, à l'arc de cercles ou plein cintre. Aujourd'hui, rares sont les maisons qui ont conservé leur physionomie originale : portes basses et cintrées, hauts pignons avec des lucarnes ornées d'entrelacs, de pilastres et de figures grimaçantes." Page 37

Les lucarnes sculptées.

Elles sont présentées aux visiteurs par un panneau émaillé placé rue Amiral-Réveillère. On y lit (les liens sont de moi, bien-sûr) :

"Le mot lucarne vient du latin lux, lucis, "lumière". Le Dictionnaire de la Technologie de la pierre de taille de Pierre Noël 1994 donne comme définition : "petite fenêtre fabriquée au toît d'une maison pour donner du jour aux greniers, aux combles". 

Au XIIIe siècle, on releva les toitures,  de sorte que l'on put aménager des pièces habitables dans les combles. Il fallu imaginer un système pour les éclairer : les LUCARNES étaient nées !

À Roscoff, une des richesses du patrimoine bâti tient en la conservation d'un grand nombre de lucarnes qui caractérisent fortement l'architecture de la cité. la variété de leur décor témoigne d'une ornementation particulièrement soignée. Bon nombre d'entre elles sont du type "lucarne flamande", c'est à dire en maçonnerie couronnée d'un fronton et datent du XVIe siècle, époque de l'âge d'or du commerce maritime et de la prospérité des négociants. 

Certaines ne sont plus à leur emplacement d'origine, ayant été démontées puis remontées sur d'autres demeures". D'aucuns les appellent "lucarnes baladeuses".

Je ne suis pas convaincu par l'emploi du terme de "lucarnes flamandes", qui se caractérisent par leurs rampants crénelés de redans.

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Plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

Plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Par contre, les dessins de ce panneau permet de localiser les CROSSETTES.

 

Plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

Plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Mais la seule photo qui montre une lucarne à crossettes, la première en haut à gauche, porte la légende "Place Lacaze-Duthiers". Or, cette lucarne se trouve aujourd'hui au 32 rue Amiral-Réveillère : un flagrant délit de "lucarnes baladeuses" ! Par contre, je n'ai pu trouver à quel numéro de la place Lacaze-Duthiers se trouvait la lucarne initialement.

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Détail de la plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

Détail de la plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Parmi ces lucarnes, j'ai retenu celles qui comportaient des crossettes figurées. J'en ai découvert deux, comportant chacune deux crossettes, sur deux maisons de la même rue, au 32 et au 25 de la rue Amiral-Réveillère, qui relie le port avec l'église. 

Au 32 rue Amiral-Réveillère on découvre trois crossettes : sur la lucarne, un homme buvant (?) et un dragon ailé. Sur le rampant du pignon, un lion.

En face, au 25 rue Amiral-Réveillère, nous sommes gratifiés par deux autres crossettes : un dragon et un lion.

En somme, les armateurs et négociants n'ont fait preuve d'aucune originalité et particularité dans le choix du décor des lucarnes, car ils ont repris les trois figures les plus fréquentes des crossettes du Finistère, le lion, le dragon et l'homme. Ils n'ont marqué ni le caractère maritime de leur activité (à la différence des nefs sculptés sur les murs de l'église), ni le caractère civil (non religieux) de leur demeure. On pourrait même dire qu'ils se sont inspirés des modèles que leur proposait l'église et les ossuaires de l'enclos paroissial, et plus largement de l'ensemble des sanctuaires bretons construits à la même époque ou auparavant.

Les maisons de Roscoff ne sont pas, tant s'en faut, les seuls bâtiments civils à orner leurs lucarnes de crossettes, puisque, par exemple, de nombreuses maisons de Landerneau (un autre grand port de commerce du XV et XVe siècle) en conservent de beaux exemples. 

Il n'y a donc pas de spécificité de l'iconographie des crossettes entre architecture civile et architecture religieuse au XVIe siècle. Les lions, les dragons et les êtres humains des hauteurs des édifices exercent le même rôle symbolique dans les deux cas : celui d'une protection contre la mort soudaine, ou de mise en garde vertueuse contre les conduites peu chrétiennes.

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1°) Le 32 rue Amiral-Réveillère.

Cette maison abrite aujourd'hui les locaux du Crédit Agricole. Carte MAPS.

La maison  (granite, seconde moitié XVIe) du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

La maison (granite, seconde moitié XVIe) du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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La lucarne.

Cette maison  est sommée par une lucarne à l'aplomb de la façade. Au centre, une fenêtre à meneau est soulignée par une double accolade. Au dessus, on voit l'ouverture carrée qui témoigne sans-doute de l'existence d'une potence permettant de hisser les marchandises ou les denrées dans le grenier.

Le rampant à crochet est sommé par un fleuron, et amorti par deux crossettes.

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Lucarne  (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

Lucarne (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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L'homme buvant.

 

La crossette gauche est un homme, à cheveux mi-longs (à la mode bien avant le règne de Henri IV et même de  ses prédécesseurs immédiats), coiffé d'un bonnet, dont le bras gauche est tendu vers la jambe repliée dans la posture très habituelle de l'homme empoignant sa cheville (voir deux exemples sur les crossettes de l'église de Roscoff).  

La main droite tient un objet oblong. J'y vois une chopine, et je fais de ce personnage une figure de l'homme s'adonnant à la boisson, l'une des représentations très habituelles du Vice, avec le Goinfre, l'Acrobate, la Coquette (et son miroir), ou le ou la Lubrique. Sa conduite déréglée l'expose à la mauvaise mort, sans les secours de l'Église, et donc à la perdition.

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Homme buvant. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

Homme buvant. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Comparaison avec l'homme de la face sud de l'église de Roscoff :

 

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Ou avec l'homme (buvant ?) de la face nord de l'église de Roscoff :

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Le dragon ailé.

Ce dragon est ailé, ses pattes reposent sur un appui (un os ??), sa queue forme un entrelacs .

Selon mon interprétation, il représente la puissance de la Mort, terrifiante mais bienveillante avec le bon chrétien, dans une sorte de fonction apotropaïque (qui détourne le mauvais sort). 

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Dragon ailé. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

Dragon ailé. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Comparaison avec un des dragons de l'ossuaire de l'église :

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ou avec le dragon de l'angle sud-est de l'église de Roscoff :

 

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b) Le rampant du pignon : un lion.

Lion. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) du pignon  du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

Lion. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) du pignon du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Le lion.

Sa gueule est grand ouverte, sa crinière couvre son dos comme une courte pèlerine, des pattes antérieures et postérieures se rejoignent en prenant appui sur un objet qui est mieux identifiable ailleurs (Le Tréhou, par ex.) et qui est un os. Il ne brille lui non plus par son originalité, sauf par un détail. Sa queue, dont on voit le relief en demi-jonc en arc sous le ventre, semble doublée par un long  appendice trifide mais à la pilosité en peigne ou en plume qui s'étend derrière lui.

Comme le dragon, il montre la puissance de la Mort. 

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Lion. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) du pignon  du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

Lion. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) du pignon du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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2°) Le  25 rue Amiral-Réveillère.

Carte MAPS. et  Steet View rue Parmentier.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Roscoff_(29)_Rue_Amiral_Reveill%C3%A8re_n%C2%B025.JPG

Je peux m'assurer que celle-ci n'est pas une "lucarne baladeuse", car elle est visible sur une carte postale ancienne titrée La chapelle commémorative du débarquement de Marie Stuart.

Cette lucarne est la sœur jumelle  de la précédente, sur une maison  placée aujourd'hui presque immédiatement en face, dans la même rue. Elle en a la fenêtre à meneau et accolade double, le fleuron sommital et les rampants à crochets.

Cette maison est décrite par L'Inventaire ainsi dans la base Mérimée :

 "L'ancienne chapelle était considérée comme construite à l'emplacement du débarquement de Marie Stuart en 1548 au moment de ses fiançailles, mais datait plus certainement du 15e siècle. Elle se composait d'un rectangue percé de baies à meneaux, ainsi que d'une porte à l'ouest et une au midi. Au nord de la chapelle se trouve une maison dite de Marie Stuart, dont la cour intérieure est entourée d'un portique surmonté d'un étage d'habitation. Maison (cad. AC 324) : classement par arrêté du 21 février 1914 ; Porte et fenêtres de la chapelle Saint-Ninnien, dite de Marie Stuart, démolie, réédifiées sur la maison (cad. AC 324) : inscription par arrêté du 3 décembre 1930

Maison construite en 1561 pour François Geffroy ou Jaffres, marchand et gouverneur de l'église de Roscoff, habitant à l'île de Batz, sur un terrain acheté à l'évêque de Saint-Pol-de-Léon en 1560. Remises et celliers à arcades. Intérieur inaccessible ;  échauguette"

Voir photos associés 

 Ces données permettent de dater avec précision (en 1561) la lucarne et ses deux crossettes. Et, par similitude de proposer de dater la lucarne précédente d'une date identique, au début du règne de Charles IX.

Rappel historique avec Wikipédia .

Le port prospère grâce à l'importation chaque hiver de graine de lin  de Courlande via Anvers, principalement par des navires de Lübeck qui en ont le monopole dans la Baltique, des graines de lin récoltées au milieu de l'été en Lituanie et choisies exclusivement par la « manufacture » toilière des crées du Léon. Toutes celles des parties de l'arrière-pays qui sont impropres à la culture du blé forment alors une zone de production de renom international, la seconde en France après la région de Rouen. Développée lentement durant la seconde moitié du xve siècle, elle connait un boom à la Renaissance avec l'ouverture du marché anglais. La blancheur de cette toile de lin est appréciée pour faire du linge et sa régularité pour faire des voiles. Les toiles étaient réexportées du port de Morlaix, qui disposait d'un privilège, sur toute la côte atlantique jusqu'à l'Espagne d'où étaient importés au retour vin et huile, via Bilbao puis à partir de 1530 Séville, et au Portugal ainsi que leurs nouvelles colonies. Dans ce réseau, Roscoff, à côté d'une activité interlope séculaire, devient le principal marché des semences de lin. Son bureau de contrôle, sous l'autorité du juge des Requaires, les fait distribuer par des commissionnaires dans le haut Léon qui produit la rosconne et sa marque finira par en monopoliser au xviiie siècle le réacheminement via les succursales installées dans les ports du Trégor, d'où sortent les gratiennes, et de Penthièvre, où sont produites les Bretagnes.

 Comme partout en Léon, le capital accumulé est sacrifié [sic] à des constructions religieuses de prestige. Notre-Dame de Croaz Vaz est érigée entre 1522, année du saccage de Morlaix par les Anglo-espagnols, et 1545. La chapelle Saint-Ninien est construite à l'initiative de l'évêque et reçoit en 1538 l'assemblée capitulaire du minihy de Léon. Le 18 août 1548, la ville nouvelle accueille à son débarquement, le temps d'une prière, Marie Stuart, reine d'Écosse âgée de cinq ans et promise au Dauphin François pour réactiver l'Auld Alliance.

Un an plus tard, le Parlement de Bretagne accède à la demande du bourg de devenir une paroisse indépendante du minihy de Léon (dont le siège se trouve à Saint-Pol-de-Léon) puis, en 1550, alors que les représentants de l'ordre ancien Claude de Coetlestremeur, seigneur de Penmarc'h, et Jean de Kermellec, commandant du château du Taureau, se livrent à la piraterie sur les côtes du Léon et que la Réforme est au cœur des préoccupations, le roi Henri II l'autorise à sa doter d'une milice municipale d'arquebusiers. 

 Le xviie siècle, âge d'or des armateurs

De 1560 jusqu'à la fin du xviie, les terrains autour de l'église sont lotis par l'évêque-comte à des investisseurs du Léon, tels François Jaffres, marchand et gouverneur de l'église de Roscoff, en 1561 ou Olivier Le Maigre, pour construire des hôtels de négoce qui deviendront des résidences au xviiie siècle. Ils sont construits pour la seule traite, tel l'hôtel de Mathieu Le Hir du Carpont et de Keramanach en 1582, ou pour servir en sous sol de magasin, voire de maison fortifiée, telle celle du corsaire Chrétien Le Pappe qui eut à se défendre en 1592 contre le régiment paysan de la Sainte Union de Morlaix conduit par Bras de Fer. Ceux des bâtiments qui donnent, ou donnaient, sur le rivage participent au système défensif de la ville."

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25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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La lucarne.

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La lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

La lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Le dragon. 

Son corps est couvert d'écailles ou de pustules, sa queue s'entortille en faisant des nœuds savants, on devine une aile nervurée, il a donc tout du dragon de bonne extraction. Par contre, sa façon de tenir un ballon dans sa gueule comme le chien-chien et le bon toutou n'a rien d'orthodoxe : il faudra qu'il y renonce à jouer à super balle s'il veut faire un beau mariage dans la prestigieuse famille des monstres.

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Le dragon, crossette de la  lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

Le dragon, crossette de la lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Le lion.

c'est une fois de plus un lion de crossette, avec cette habitude  de faire passer sa queue entre les pattes pour se balayer le dos avec son plumeau. 

J'en ai plein comme ça sur l'église de Roscoff.

 

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Le lion, crossette de la  lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

Le lion, crossette de la lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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. SOURCES ET LIENS.

— TANGUY (Jean)  1975, Le port et havre de Roscoff: ou, Histoire d'une vocation maritime, Éditions des Paludiers, 116 pages

— INVENTAIRE GENERAL DU PATRIMOINE CULTUREL

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=29239

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 22:11

Les deux crossettes de l'église du Tréhou (Finistère).

 

 

 

Sur les crossettes, voir :

Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

 

 

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La description des crossettes de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou ne devrait pas être longue, car cet édifice n'en compte que deux, de crossettes,  encadrant la sacristie : à gauche, un soldat tenant son épée, et à droite, un lion tenant un os. 

— Et bien  voilà la belle affaire, le travail est fait ! Je vous les mets avec les six gargouilles en forme de canon, sur le clocher, et n'en parlons plus.

— Où kelles sont, où kelles sont, j'les vois pas !.

 

Les deux crossettes (pierre de Logonna, vers 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Les deux crossettes (pierre de Logonna, vers 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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— Là, juste devant toi !

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Les deux crossettes (pierre de Logonna, vers 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Les deux crossettes (pierre de Logonna, vers 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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— Et sous la fenêtre, y'aurait-y pas une inscription ? Prête voir tes jumelles un peu. Je lis " 1555 : AVANCE : 1720".

— C'est-y de 1555 ou c'est-y de 1720 ? De toute façon, c'est ben vieux.

— Et l'ange frisé, il dit quoi sur son écriteau ? Ah, c'est des lettres : LAN : MIL : VCC LV : CESTE  VITRE : FETTE.

— Des chiffres romains ! "L'an 1555 cette vitre fut faite".

— Allez, tu inventes à moitié ! De toute façon, 1555 ou 1720,  ce sont les dates du chevet, mais pas celles des crossettes de  la sacristie. 

— Tout comme celle du pan coupé gauche du chevet : N : E T : DISCR[E]T / MRE : DE K[ER]M / ABON : RECTE / VR . L AN 1720

— "Noble et discret Messire de Kermabon, recteur en l'an 1720". Une famille issue de Plougasnou et dont les armoiries, selon de Courcy, sont un écartelé en 1 et 4 d'or à trois fasces d'azur, alias chargé de 8 étoiles d'or qui est Kermabon, et en 2 et 3 fretté d'or et de sable, qui est Guenguizou de Kerprigent. On connait un Jean de Kermabon fut recteur de Malguenac et mourut en 1624. Ou un Sr de Kermabon qui fonda en 1672 la chapelle Saint-Michel en Braspart.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1904.pdf

—T'es savant ! merci Internet !

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Ange et inscription (kersanton, 1555 et 1720)  de la baie du chevet  de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Ange et inscription (kersanton, 1555 et 1720) de la baie du chevet de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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Inscription (kersanton, 1720)  du pan du chevet  de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Inscription (kersanton, 1720) du pan du chevet de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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Les deux crossettes, comme les pierres du mur lui-même, sont en pierre jaune de Logonna, une microdiorite quartzique d'aspect veinée extraite du site du Roz à Logonna-Daoulas.

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1. Le soldat dégainant son épée.

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À gauche, un soldat ou un seigneur, allongé pour répondre aux impératifs de forme de toute crossette, se tourne vers son coté gauche et fait face au spectateur placé à l'est. Il tire son épée de son fourreau, lequel est suspendu à sa ceinture, sur son coté gauche. Il empoigne la poignée sous le gros pommeau sphérique, mais pour l'instant l'épée, qui est aussi longue que la jambe (90 cm), reste engagée, la garde en butée contre le "protège-pluie". La ceinture est nettement sculptée, et, sur le coté droit, une dague ou miséricorde devrait être attachée, mais mon cliché ne la montre pas.

Notre homme est barbu, les cheveux mi-longs descendants en deux masses bouclées jusqu'à la hauteur de la bouche. Les yeux en amande sont surlignées par les deux paupières.  Le visage est triangulaire dans sa moitié inférieure, les pommettes sont saillantes, le nez droit et fin. La moustache dessine un V inversé dont le sommet débute sous les narines. La barbe est peignée en mèches verticales.

Il est vêtu d'une tunique épaisse, plissée aux manches, retroussée aux poignets, et descendant peu en dessous de la ceinture. Les jambes sont vêtues de braies (à moins que les anneaux concentriques soient les pièces d'une armure). Il faudrait multiplier les photos à diverses heures pour bien distinguer les détails.

Sur 371 crossettes et gargouilles étudiées par Emmanuelle Le Seac'h dans quatre cantons du Finistère, 67 sont des représentations humaines, et parmi celles-ci, cinq sont des soldats tirant leur épée, à Plougourvest, Saint-Servais, Locmélar, Le Tréhou et Landerneau. Ces soldats portent des chausses collantes, des pourpoints, un casque (Locmélar), des chaussures à semelles épaisses  (Locmélar) ou des poulaines (Le Tréhou). Si on ajoute à ces cinq crossettes-soldats celle de Notre-Dame-de-Berven en Plouzévédé (infra), cela constitue un corpus de six crossettes-soldats attestées pour le Finistère. On remarquera la proximité des six paroisses concernées.

 

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Le soldat,  crossette (pierre de Logonna, vers  1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Le soldat, crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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Mais là où on s'attendrait à trouver de bons brodequins de fantassins, ou bien les solerets d'un homme d'armes protégeant les pieds du combattant, l'artiste a sculpté des chaussures dont l'extrémité se relève en bonnet de nain !  Bref, ce sont des poulaines, qui furent à la pointe (retroussée) de la mode jusqu'en 1470.

Est-ce, en 1550 ou 1720, une facétie du sculpteur ? A-t-il voulu représenter un seigneur du XVe siècle ? 

C'est lorsqu'on commence à trouver des relations avec d'autres œuvres que l'iconographie devient passionnante. Ainsi, à la Maison des Gardes de La Martyre, un "acrobate" porteur de phylactère porte les mêmes chaussures, mais aussi les mêmes vêtements (photo lavieb-aile ).

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Le soldat,  crossette (pierre de Logonna, vers  1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Le soldat, crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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Ou bien, nous pouvons comparer notre bonhomme irascible à celui d'une crossette (vers 1576) de Notre-Dame-de-Berven (photo lavieb-aile). Même barbe, même tenue de la poignée de l'épée et du fourreau. 

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Ou bien le comparer à celui de l'église Saint-Pierre de Plougourvest (photo lavieb-aile):

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Le soldat,  crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Le soldat, crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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La comparaison s'établit aussi avec le seigneur "TIRE-TUE" d'une maison de la rue François Pengam à Landerneau (Photo lavieb-aile). Même matériau (pierre de Logonna), même posture, même gestuelle, même chevelure, mêmes yeux, même barbe (ici déviée vers la droite), même tunique aux manches molletonnées. Mais pas de poulaines.

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Le soldat,  crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Le soldat, crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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2. La seconde crossette de Le Tréhou est un lion tenant un os. 

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Ce lion est vu de profil mais avec la tête de face (en terme héraldique, nous dirions qu'il est léopardisé) et sa langue pendante sort de sa gueule hérissée de crocs. Ses grands yeux surmontés de sourcils proéminents sont adoucis par la tignasse de son front dont les boucles lui font une auréole. La crinière est rendue en mèches épaisses, précédant l'arrière-train parfaitement lisse, et sur lequel vient  se poser, après s'être faufilée entre les pattes, la queue à plumeau trifide.

Les pattes antérieures inclinées comme lors de la course prennent appui sur un ossement, rejoignant en cela les pattes postérieures. Cette posture donne à la fois l'impression que l'animal court, et à la fois qu'il se tient en équilibre sur son os comme un animal de cirque.

Bref, c'est LE lion de crossette, celui que l'on observe presque invariablement sur les pierres d'amortissement des églises et chapelles bretonnes, même si l'os n'est pas toujours présent, ou pas toujours aussi visible et complet qu'ici. Et c'est la présence de cet os qui m'amène à voir dans cette figure un serviteur de la mort, la forme animale de l'Ankou ...

— Ah non, tu ne vas pas recommencer ! Tu nous sers ton discours à chaque article !

— Oui mais c'est si criant, ici !

— Un bâillon, mettez-lui un bâillon !

— Hmm hmm osse---ment hmm mort mmm...

— Serrez plus fort !

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Le lion tenant un os,  crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Le lion tenant un os, crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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Le lion tenant un os,  crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Le lion tenant un os, crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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Même si le lion est omniprésent, ce n'est peut-être pas un hasard si, à Landerneau, rue François Pengam, à quelques mètres du soldat TIRE-TUE, nous trouvons, toujours en pierre de Logonna, un lion parfaitement identique à celui du Tréhou (photo lavieb-aile) . C'est frappant, non ?

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Hélas, comme nous ignorons de  quel édifice ces deux sculptures de la rue Pengam tirent leur origine, et comme, donc, nous ne pouvons en connaître la date, cela ne permet pas de préciser la datation, et encore moins l'auteur, des crossettes du Tréhou.

Je me prononce néanmoins pour la date de 1555. Au pif.  Ces crossettes auraient été réutilisés lors de la reconstruction du XVIIe et du remaniement du XVIIIe.  

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Le lion tenant un os,  crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

Le lion tenant un os, crossette (pierre de Logonna, vers 1555 ou 1720?) de la sacristie de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou. Photographies lavieb-aile août 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), 1988, Répertoire des églises : paroisse de LE TREHOU. Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/56a53f3ee05cfb4060f6a6fa70341225.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.

 

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Sainte-Pit%C3%A8re

 

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 13:39

La chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé III. Les crossettes (1573-1579).

 

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"Dis-moi quelles sont tes crossettes, je te dirais qui tu es". Proverbe bas-breton.

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— Sur les crossettes, voir :

Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

 

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— Sur la chapelle Notre-Dame de Berven, voir :

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– Datation : j'adopte le créneau 1576-1579, en me fondant sur Couffon :

"L'édifice fut construit par l'atelier de Kerjean à la suite d'une délibération des paroissiens de Plouzévédé du 21 juin 1573. Le clocher, remarquable, a eu une très grande influence sur l'art breton. .... A la base, portail à claveaux rustiques daté 1576 et, au-dessus, niches du type de Kerjean. Sur la longère nord, le couronnement des fenêtres est également inspiré de Kerjean ; on y lit la date de 1580. "

Les sablières (pièces de la charpente, dont l'exécution suppose que tes rampants soient achevés) portent la date de 1579.

– Matériau : granite.

 

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Liste des crossettes de Berven :

 

1. Soldat tirant son épée.

2. Animal tenant entre ses pattes un objet.

3. Femme nue, main sur le pubis.

4. Homme.

5. Femme nue tenant un miroir.

6. Lion

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Je suivrai l'ordre que j'ai naturellement adopté lors de ma visite. Passant sous l'arc triomphal, contournant la tour-clocher par l'ouest, longeant ensuite le coté sud de la chapelle, j'ai aperçu la première crossette sur le rampant est de la sacristie, au dessus de l'oratoire du Pénity..

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Crossettes de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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1. La crossette du Soldat tirant son épée. Rampant droit de la sacristie.

C'est un soldat, coiffé d'un bonnet, barbu, à cheveux longs, vêtu d'une tunique à manches courtes. 

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Crossette du Soldat tirant son épée,  sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette du Soldat tirant son épée, sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossette du Soldat tirant son épée,  sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette du Soldat tirant son épée, sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Il faut que je progresse pour voir, sur son coté gauche,  l' épée qu'il est en train de dégainé de son fourreau. 

On trouve son homologue à Landerneau, avec l'inscription : TIRE-TUE .

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Crossette du Soldat tirant son épée,  sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette du Soldat tirant son épée, sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. La crossette de l'Animal tenant dans ses pattes un objet.  Rampant droit du pignon du bras sud du transept.

J'emprunte à Wikimedia commons cette photo de Kergoulay qui montre, sur le coté gauche, le toit du bras sud du transept, et, à l'extrémité du rampant, cette crossette :

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On y voit un animal, peut-être un chien, aux longues pattes postérieures comme celles d'un lapin, dont la tête semble coiffer d'un bonnet, et qui tient dans ses pattes antérieures un objet. Est-ce  son petit , ou un petit être dont on verrait surtout la tête, le tronc et les bras?  L'objet ne ressemble pas à un blason.

La tête de l'animal est tournée vers le sud.   Il prend appui sur un support en arc.

 

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Crossette de l'Animal tenant un objet,  rampant du bras sud de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de l'Animal tenant un objet, rampant du bras sud de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de l'Animal tenant un objet,  rampant du bras sud de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de l'Animal tenant un objet, rampant du bras sud de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Plus loin, les rampants du pignon oriental, percé d'une baie ogivale, sont amortis par deux crossettes peu banales. 

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Les deux crossettes du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Les deux crossettes du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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René Couffon  désignait ces crossettes sous le terme d'acrotères, et y voyait "Adam et Ève".  Pourtant, aucun serpent , aucune pomme ou aucun pommier ne permet de valider cette interprétation. Surtout, les crossettes de Basse-Bretagne ne représentent jamais des personnages bibliques. Mais alors, qui sont-ce donc ?

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3. Le rampant gauche du pignon oriental :  Femme nue, main sur le pubis.

Pour elle, mon jugement sera expéditif : c'est une pécheresse. N'imitez pas sa conduite si vous ne souhaitez pas un ticket pour l'Enfer. Voyez ses traits grossiers, presque vultueux, ses cheveux longs défaits, sa poitrine tendue, ses jambes fléchies, sa main qui caresse (ou masque) son sexe. Vade retro !

On trouvera ses sœurs en lubricité sur une crossette de la chapelle Notre-Dame des Trois-Fontaines à Gouezec, ou de  la chapelle Saint-Hervé de Gourin (56), ou encore sur le rampant d'une fenêtre passante nord de l'église Sainte-Nonne à Dirinon, et sur le porche sud de l'église de Landivisiau. Sans parler des bustes de femmes nues, de la cariatide de La Martyre, de toutes les sirènes, ou des démones sculptées en pierre dans les sanctuaires de Bretagne.

Voir aussi la photo de Kergoulay sur Wikimedia en avril 2016. Ce photographe s'est fait prêter un Canon EOS 6D par Wikimedia dans le cadre du projet Sterenn :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Crossette_Chapelle_Notre-Dame-de-Berven_-_02.jpg

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La Luxure, crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Luxure, crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Luxure, crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Luxure, crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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4. Le rampant droit du pignon oriental : l'homme.

Contre l'hypothèse de voir ici Adam, cet homme n'est pas nu. Il porte un bonnet, une ceinture (une corde, très basse), des chaussures. En outre, il est barbu, ce qu'Adam ne fut jamais, ce dont je viens encore de m'assurer auprès de mon agent spatio-temporel, qui a fait l'aller et retour. Mais s'il n'est pas nu, pourtant, son sexe est bien mis en évidence, sous l'effet de la mode vestimentaire des braguettes rembourrées qui subsista sous la Renaissance jusqu'aux années 1580 : précisément celles de ces crossettes .

Il a placé sa main gauche dans son dos, et l'autre tient un objet mystère contre sa poitrine. (Peut-être le pommeau de son épée, si on interprète ainsi la barre horizontale au dessus de sa jambe).

Voir aussi la photo de Kergoulay sur Wikimedia en avril 2016 :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Crossette_Chapelle_Notre-Dame-de-Berven_-_01.jpg

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Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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5. Une femme nue tenant un miroir.

Là encore, cette identification, loin d'être une certitude,  n'est que ma meilleure hypothèse, basée surtout sur cet objet rond tenu par la main droite, tandis que la main gauche est posée sur le pubis. La poitrine est plate, comme sur la femme nue de Dirinon (crossette n°3).

Elle cumulerait donc la Coquetterie avec la Lubricité .

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Voir aussi la photo de Kergoulay sur Wikimedia en avril 2016 :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Crossette_Chapelle_Notre-Dame-de-Berven_-_03.jpg

 

Crossette  de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossette de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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6. Un lion appuyé sur une console.

C'est certainement un lion, comme en témoigne la crinière. Ses longues pattes ou jarrets sont identiques à celle du (chien ?) de la crossette 2. Il prend appui sur un support arqué.

Ma photo a été prise à contre-jour : cette fois-ci, allez voir sans hésitation la photo de Kergoulay :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Crossette_Chapelle_Notre-Dame-de-Berven_-_04.jpg

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Crossette de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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CONCLUSION.

Nous avons ici six crossettes dont quatre sont des représentations humaines, et deux des représentations animales. Si je prends le risque de valider mes  hypothèses d'identification de ces sculptures, les quatre humains sont le Soldat tirant son épée, la Lubrique, la Coquette et un Homme non identifié, tandis que les animaux sont le Chien et le Lion. Ce programme est représentatif de l'ensemble des crossettes de Basse-Bretagne, et, selon mes clefs de compréhension, il témoigne de l'inscription dans la pierre de la mise en garde adressée aux fidèles contre le risque de mort subite en état de péché, et celui d'être emporté par la gueule d'animaux vigilants au service de la Mort vers l'Enfer et la Perdition.

Mais une bonne part de la fascination qu'elles exercent est due à leur coté énigmatique. 

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SOURCES ET LIENS.

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 Sur Notre-Dame-de-Berven :

— Photographie Wikipédia de juillet 2012   :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a0/Plouz%C3%A9v%C3%A9d%C3%A9_%2829%29_N.D._de_Berven_Arbre_de_Jess%C3%A9_01.JPG

— Très belle présentation de la chapelle  sur le site :

http://www.expression-bretagne.com/suiviprojets-bat/PLOUZEVEDE-CHAPELLE/CHAPELLE-ESSAI/chapelle-berven-OK.html

"A noter, sur l'angle droit de la toiture de la sacristie, au-dessus de l'oratoire du Pénity, une crossette prenant la forme d'un homme, barbu, casqué et ayant la main droite sur la garde d'une épée."

"La fenêtre du chevet est divisée par trois meneaux (élément vertical qui divise la baie d'une fenêtre). La partie haute du remplage (armature en pierre taillée d'une baie) est caractéristique de la dernière phase de l'art gothique, le gothique flamboyant. 
De part et d'autre de ce chevet se trouvent deux personnages réputés être, à gauche Eve et à droite Adam."

 

 — COUFFON (René) 1948, L'architecture classique au pays de Léon, 1573-1700 l'atelier de l'Elorn : l'atelier de Kerjean .Éditeur: [S.n], 1948 1 vol

COUFFON (René), 1988, Notice sur Plouzévédé :

 

"En forme de croix latine, elle comprend une nef de quatre travées avec bas-côtés, un faux transept et un choeur peu débordant à chevet plat. Entre les bas-côtés et le transept, arcs diaphragmes. L'édifice fut construit par l'atelier de Kerjean à la suite d'une délibération des paroissiens de Plouzévédé du 21 juin 1573. Le clocher, remarquable, a eu une très grande influence sur l'art breton. Une haute tour porte le beffroi à deux étages de cloches et deux galeries, beffroi couronné par un dôme amorti par trois lanternons superposés. A la base, portail à claveaux rustiques daté 1576 et, au-dessus, niches du type de Kerjean. Sur la longère nord, le couronnement des fenêtres est également inspiré de Kerjean ; on y lit la date de 1580. Au bas des rampants du chevet, acrotères représentant Adam et Eve."

 http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUZEVE.pdf

BASE MERIMÉE : la Chapelle est classée au titre des Monuments Historiques. Mérimée, référence PA00090273.

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00090273

"La chapelle était réputée pouvoir faire marcher les enfants de bonne heure. Ils y étaient conduits trois lundis de suite pour en faire le tour neuf fois. L'édifice a été bâti de 1567 à 1575. Il comprend une nef avec bas-côtés, un transept, le tout couvert de lambris. Le choeur est entouré d'une clôture en bois sculpté. Le clocher présente une partie supérieure ajourée, surmontée d'une petite coupole et de clochetons. Un important arc triomphal du 17e siècle forme l'entrée principale du cimetière. Il se compose de trois arcades décorées de colonnes avec chapiteaux corinthiens. La fontaine est entourée d'une enceinte et surmontée d'un édicule coiffé d'une calotte hémisphérique. Une croix ajoutée en 1936 la surmonte. Dans une niche se trouve une statue de la Vierge tenant l'Enfant Jésus. Le bassin est rectangulaire et l'accès s'effectue par deux marches.

Chapelle, avec la clôture et les stalles du choeur : classement par arrêté du 14 juin 1909 ; Arc de triomphe compris dans la clôture du cimetière au centre duquel se trouve la chapelle, et clôture du cimetière : classement par arrêté du 23 juillet 1909 ; Fontaine dite de Notre-Dame-de-Berven (cad. non cadastré ; domaine public) : classement par arrêté du 27 novembre 1968"

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 09:02

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Fondée sur une dune, terrain pris sur la mer, à l'initiative des armateurs de la cité et  par les marchands du bourg en 1522, l'église Notre-Dame-de Croas-Batz (ou Croaz-Batz : "la croix de Batz"), De style gothique flamboyant,  a été commencée vers 1520 par la nef, s'est poursuivie au cours du 16ème siècle par le porche occidental, ne fut achevée qu'en 1545 (voire jusqu'en  1605, par le chœur à chevet plat). Le clocher (1575-1576) est de type Renaissance, à deux galeries et à deux étages de cloches amortis par un dôme couronné de deux lanternons superposés ; de chaque côté s'élève une tourelle - celle du sud renferme les escaliers d'accès à la première galerie. La sacristie, adossée au chevet, est de 1639 ; le mur de l'enclos, de la même période. Il n'y a pas de porche méridional ; deux petites portes permettent d'accéder aux collatéraux nord et sud.

 Deux ossuaires, l'un du XVIe siècle (gothique et cantonné de quatre crossettes), l'autre du XVIIe siècle (Renaissance Henri II et dépourvu de crossettes figurées), occupent aussi le placître. Les façades de l'église sont ponctuées de caravelles de pierre, et de 18 crossettes figurées, hommes et bêtes. 

Les crossettes sont les pierres d'assise (d'amortissement) à la terminaison des rampants d'un pignon ou d'une lucarne, dont elles assurent la stabilité. Placées à l'angles de deux élévations, elles assurent alors en outre la fonction de pierre d'angle.  Elles ne doivent pas être confondues avec des gargouilles, qui sont creuses et permettent l'écoulement de l'eau de pluie. Sur le plan esthétique, elles ponctuent l'architecture aux angles des pignons et des gables. Elles sont soit simples, soit ornées, soit — les seules qui nous intéressent ici — figurées, sculptées en ronde bosse et simple relief.

Les figures sont angéliques, humaines ou anthropoïdes, animales, et animales fantastiques.

Les anges, souvent en vol,  tiennent des phylactères, ou des écus, ou des livres, rarement des couronnes ou des instruments de musique.  Les humains sont soit des soldats armés d'une épée, soit de plantureux notables, soit des buveurs, mangeurs, des hommes ou femmes se tenant le sexe, soit des hommes déculottés exhibant leur fondement des deux mains,  soit des acrobates empoignant leurs chevilles, soit des hommes âgés se caressant la barbe, soit des musiciens, soit des femmes nues. Parmi les représentations mi-humaines figurent les femmes-serpents et les sirènes, à corps de poisson.  Les trois animaux qui viennent en tête sont le lion, le dragon et le chien. Les lions et les dragons tiennent fréquemment un ossement (parfois résumé à un rouleau) ou un être humain en réduction, qu'ils emportent dans leurs pattes ou leur gueule, c'est pourquoi je leur attribue une fonction de serviteurs de la Mort. Enfin, précisément, on trouve quelques squelettes armés de lances, figuration de l'Ankou des légendes bretonnes.

 Dans une série de 381 pièces de crossettes et gargouilles (dont 146 crossettes)  recensées dans quatre cantons du Finistère, Emmanuelle Le Seac'h a dénombré 34 anges, 67 humains, 5 sirènes, 45 monstres,  29 dragons,  49 lions, 24 chiens.

Datation.

Les crossettes de Basse-Bretagne ne sont ni datées ni signées; elles n'ont pas bénéficié d'une étude stylistique suffisante pour les attribuer à des ateliers spécifiques. Leur datation est estimée par celle de l'édifice qui les porte. Les plus anciennes sont peut-être celles de la Basilique du Folgoët (atelier du Maître du Folgoët : 1423-1509). Celles de Landivisiau, de Pencran ou de Guipavas sont attribuées à l'atelier de Bastien et Henri Prigent (1527-1577), actif dans 50 paroisses, dont 35 dans le Léon. Les autres ateliers de sculpture sur pierre sont ceux du Maître de Plougastel (1570-1621) ou de Roland Doré (1618-1663), et d'une mosaïque de petits maîtres paroissiaux (1500-1589) dont certains introduisent les tendances de la première Renaissance bretonne (1511-1589). Mais les crossettes et gargouilles, dont l'apogée se situe au XVIe et XVIIe siècle, se placent en héritières d'une tradition médiévale, elle même reliée à l'art des modillons romans (voir le remarquable article Iconographie des modillons romans sur Wikipédia).

Une autre élément de datation pourrait se baser sur les costumes et coiffures des personnages.

Pour Roscoff, j'ai retenu les dates d'édification de l'église, dans le deuxième quart du XVIe siècle.  

Attribution.

Elle n'a pas été définie, mais je pense qu'on peut exclure les ateliers que je viens de citer, et parler, faute de mieux et sans rire, d'un "Maître des crossettes de Roscoff". Il me faudrait examiner la statuaire sur pierre contemporaine à Saint-Pol-de-Léon et dans les paroisses voisines. Un des traits stylistiques que je note, c'est une façon malhabile de rendre les gueules des animaux par des parts de camembert statistique. 

 

 

Matériau.

Les crossettes les  plus belles, car les mieux conservées, sont en kersanton, au Folgoët, à Landivisiau, à Pencran. Ailleurs, elles sont en granite (Bodilis) ou en pierre de Logonna (Dirinon).

À Roscoff, nous avons la chance de disposer de l'expertise lithologique du Pr. Louis Chauris : la pierre utilisée est le beau granite gris  de l'Île de Batz.

 

 

 

L’essentiel des parements vus, en pierres de taille soigneusement façonnées, des élévations du corps de l'église, a fait appel à un granite de nuance légèrement grisâtre, à grain fin, souvent recoupé par des filonnets de pegmatite blanchâtre 48, de faible épaisseur, parfois entrecroisés. La fréquence de ces filonnets - jusqu'à quatre veines dans une seule pierre - confère à l'édifice un aspect des plus singuliers simulant des balafres. Parfois, ces pegmatites sont recoupées, à leur tour, par de minces veinules de tourmalinite noir-bleuté-.

Localement, le granite des élévations est plus clair, presque blanchâtre. Il renferme alors des amas pluri centimétriques de tourmaline poeciloblastiquesl, un peu en relief par suite de l'érosion de l'encaissant moins résistant. Pour se former, la tourmaline, minéral boré, capte le fer de la roche où elle cristallise : cette déférisation entraîne un net blanchiment de ladite roche .

Le granite gris clair à filonnets pegmatitiques a été également employé pour les piliers, le porche occidental, la sacristie (en association avec le faciès à nids de tourmaline), le mur de l'enclos, ainsi que - pour partie - dans le clocher et pour le dallage.

L’observateur familiarisé avec la géologie régionale aura immédiatement reconnu, dans ces deux variétés granitiques, les roches qui affleurent à l’île de Batz et dans les récifs situés entre cette île et Roscoff. Les rivages de Batz présentent une impressionnante succession de perrières abandonnées; les vestiges de ces anciennes exploitations, au nombre d'une cinquantaine au moins, s'échelonnent presque tout au long de la côte. Leur grand nombre compense, en quelque sorte, la faible dimension individuelle des chantiers. En fait, les rompeurs - ancien nom des carriers - attaquaient la pierre partout où elle paraissait offrir des garanties de qualité et où elle pouvait être extraite sans difficulté majeure.

...Sur le continent, la pierre de Batz a été utilisée à la fin du 15ème siècle et au début du 16ème siècle pour la reconstruction de l'église Saint-Melaine à Morlaix, comme l'attestent les observations in situ, confirmées par les archives : «Le 18 janvier 1490, deux batelées de grosses pierres de Batz... remontent la rivière du Dossen» jusqu'au pied du chantier. Pour l'église de Roscoff, les données archivistiques relatives à l'emploi des granites de l'île de Batz concernent uniquement la construction de la sacristie dans la première moitié du 17ème siècle. Comme les deux variétés granitiques utilisées pour cette partie de l'édifice sont absolument identiques à celles employées antérieurement pour le reste de l'église, une même provenance insulaire paraît pleinement assurée.

Depuis leur mise en oeuvre dans l’église de Roscoff, les granites de Batz, soumis aux vicissitudes du climat océanique, subissent, au moins localement, des altérations assez prononcées. En certains points, la pierre s'effrite superficiellement sous la main ; ou bien présente des desquamations, se détachant en plaquettes. Plus grave, la fissuration est sans doute due aux effets de surcharge." (Chauris 2003)

 

Nombre.

Le nombre de crossettes par édifice est variable, allant de une (Tréflénévez) à quelques unités jusqu'à une vingtaine, lorsque chaque angle, chaque rampant de lucarnes, chaque angle d'ossuaire se trouvent dotés d'une crossette. Les églises de Dirinon et de Lampaul-Guimiliau en comptent chacune 10, celle de Saint-Suliau de Sizun en compte au moins 14.

On voit qu'avec un corpus de 18 crossettes, s'il se vérifie,  Notre-Dame de Croas-Batz mérite tout notre intérêt.

Liste informelle et Thématique:

—Le coté sud

un dragon

un chien

un chien

un lion

un homme main à la ceinture

un ange tenant un phylactère

— Ossuaire : 4 crossettes :

un lion

un chien

? un lion et un chien.

— le coté ouest :

un dragon

un lion

angle de la tour : un chien ?

un homme tenant un phylactère à la lettre B

— le coté nord :

Un homme tenant un fusil ou un outil

Un homme tenant une raquette ou un miroir

Un homme se caressant la barbe

Un homme tenant un livre ouvert

— Où ça ?

Un Fou se tenant le ventre

Un homme montrant son fondement

Un homme assis.

Deux anges autour d'une lucarne

un ange tenant un phylactère

Un lion.

Dans une estimation rapide d'une seule séance photo, je trouve un total de 23 crossettes entre église et ossuaire (tant que ça ? j'ai du me tromper). J'ai dans mon jeu  5 lions, 5 chiens, 9 hommes, et 4 anges. Il faudra que j'y retourne plus sérieusement, c'est mon coté dilettante caressant  le doux tapis du monde flottant qui prend toujours le dessus.

Nous retrouvons ici les thèmes retrouvés sur toutes les crossettes de Basse-Bretagne : le sculpteur, loin de se livrer à une création pleine d'imagination et de verve personnelle, s'est plié à la commande, celle de reproduire les grands poncifs du vocabulaire ornemental de ces éléments architecturaux. Seul le personnage de Fou n'est pas courant dans la région. On comparera avec le travail des huchiers sur les miséricordes et accotoirs des 66 stalles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, où le bestiaire est bien plus vaste et les scénettes variées.

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LE COTÉ SUD.

 

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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A. La première lucarne : un dragon (qui a perdu la tête).

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1. L'angle sud-ouest de la première lucarne sud : le dragon ailé.

C'est le dragon typique des crossettes finistériennes, avec son corps couvert de pustules nauséabondes, ses ailes nervurées de chauve-souris, sa queue qui forme des boucles et ses pattes de reptile. Comme à Landivisiau, Pencran, Dirinon, etc.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le rampant droit de la première lucarne : un chien.

Image difficile à interpréter : "j'ai une queue qui pourrait être celle d'un renard, une balle ronde, l'extrémité d'un os avec ses deux condyles, une tête de chien à la place du postérieur, qui suis-je ? " Mystère.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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B. Les rampants de la première chapelle : crossettes ornées de motifs géométriques  à volutes. Je passe.

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C. Les rampants de la deuxième lucarne sud : un chien ? et un lion.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. rampant gauche : Le chien ?

La queue de ce chien sans tête est particulièrement longue et gracile. Les pattes se terminent par des boules. 

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. rampant droit : un lion courant .

C'est un lion d'une part car je distingue l'épaississement de la crinière, d'autre part car la queue passe entre les pattes et s'enroule autour du dos, comme chez tous les lions de crossettes que je connais. Il coure comme un dératé, et quelque chose pend de sa gueule : sa langue, ou bien une petite âme humaine qu'il vient d'arracher au monde des vivants ?

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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C. Les rampants de la troisième lucarne (chapelle des Trois Vierges) : Homme tenant son pied, et ange à phylactère.

 

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La crossette du rampant gauche et le cadran solaire CRAIGNEZ  LA DERNIÈRE.

Cette association est intéressante car je considère que les crossettes ne sont pas un exutoire où se libèrent les pulsions réprimées par la morale chrétienne, mais une mise en garde adressée aux fidèles, soit par des figures du Vice (le Lubrique, l'Obscène, le Scatologique, le Goinfre, le Buveur, le Joueur, l'Acrobate) soit par des Serviteurs de la Mort : Ankou, Lion tenant un os, Dragon ailé, etc, tandis que l'imminence de la Fin Dernière, et du Jugement  est rappelée par les  sentences d'anges porteurs de phylactères.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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4. Rampant gauche : un homme empoignant sa cheville. 

C'est un soldat (ou un écuyer) coiffé d'un bonnet ou d'un casque sur des cheveux coupés à la mode sous Louis XII (en tout cas avant François Ier). Il porte une tunique courte. Sa main gauche repose sur sa ceinture. Ce n'est que la connaissance de ce motif de "celui qui empoigne sa cheville" qui permet de deviner que le bras droit , qui disparaît derrière le buste, se poursuit par ou vers la partie horizontale située derrière. L'insistance avec laquelle les fabriques des paroisses bretonnes faisaient figurer ce motif laisse présumer qu'il possédait pour eux une signification bien claire, analogue à celle qu'un pied-de-nez (entre cent exemples) a pour nous. Cette signification est vraisemblablement érotique.

On le retrouve sur les abouts de poinçon de Pleyben (1571-1580), sur les crossettes de Dirinon, sur les sur un acrobate de la tour-clocher de Roscoff, à La Martyre, Rue Jean-Louis Rolland à Landerneau, etc, etc, ...ou bien ici même, sur la façade nord, chez l'homme se caressant la barbe.

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Dirinon :

 

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Landerneau :

 

 

 

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La Martyre :

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Roscoff :

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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5. Ange volant et présentant un phylactère.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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D. L'angle sud-est du chevet : un dragon.

 

 

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Crossette de l'angle sud-est  de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de l'angle sud-est de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'OSSUAIRE SUD.

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A. Le pignon sud. Un lion et un chien.

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Crossettes de l'ossuaire sud de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'ossuaire sud de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

 

Le lion ... est un lion pour les mêmes motifs que précédemment : épaisse crinière, et queue faisant retour sur le dos. La gueule hilare fait aussi partie de la panoplie.

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Crossettes de l'ossuaire sud de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.
Crossettes de l'ossuaire sud de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'ossuaire sud de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Un chien ...ou plutôt un loup ou un renard, vu la queue.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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B. Le pignon nord de l'ossuaire. lion?? et dragon ailé.

 

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Crossettes de l'ossuaire sud de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'ossuaire sud de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'ossuaire sud de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'ossuaire sud de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LE PORCHE OCCIDENTAL.

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A. La lucarne, du coté sud.

Au dessus d'une fenêtre à meneaux encadrée par deux colonnes, un lion et une dragon se tournent le dos et encadrent un blason martelé.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le dragon ailé

Il est comparable au précédent (angle sud-ouest), mais la tête a été conservée. Malgré les contorsions de mon angle de prise de vue, j'ai eu du mal à voir si, oui ou non, cette gueule tient une proie, ou se contente de me tirer la langue. Je penche pour la première hypothèse car les deux pattes antérieures se referment sur une proie. J'y vois un malheureux Roscovite, qui se voit ainsi signifié le terme de sa petite existence et se dit in petto : "nous sommes bien peu de chose" ; pense qu'il aurait mieux écouter le recteur ; ...ou se souvient qu'il a laissé sa cuisinière allumé sous son pot-au-feu.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le Lion.

Le Maître des animaux règne ici, tel un Stylite,  sur le chapiteau mouluré d'une colonne.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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B. Le coté nord.

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Homme tenant un phylactère et la lettre B.

Je verrais volontiers ici, occupant ce poste élevé,  un notable, coiffé du bonnet des échevins, et tenant à l'extrémité d'une banderole jadis pleine de sens un blason à son monogramme. La lettre B est certaine, précédée peut-être d'un J. (J incertus, B certissimus). Il faudrait connaître la liste des armateurs et édiles de Roscoff : à vos archives !

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LA TOURELLE DE L'ESCALIER DE LA TOUR.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LE COTÉ NORD DE L'ÉGLISE.

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Homme tenant un outil ou une arme.

Soit ce sculpteur n'est pas doué pour faire les têtes, soit j'ai un problème pour les comprendre. Où sont les yeux, où sont les traits du visage ? Ce que je vois, c'est le bec de canard de Donald coiffé du chapeau de Charles dans Madame Bovary. 

Je retrouve plus d'assurance pour décrire les deux jambes allongées comme celles d'un plongeur nageant dans Le Monde du Silence, le bras droit replié contre le thorax pour saisir le manche d'un instrument, et le bras gauche qui croise la poitrine pour maintenir cet engin des deux mains. Ce dernier se termine par une sorte de crosse. Kesako ? Un fusil ne se tiendrait pas ainsi. Un agrès de pêche ? Un outil agricole ?

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Homme allongé tenant une raquette / un miroir.

Cet homme coiffé à la mode du tout début du XVIe et vêtu d'une courte tunique s'est allongé vers l'orient, mais la jambe droite est repliée : il est vraisemblable que le bras gauche, dont on perd la trace, aille empoigner la cheville, selon le motif déjà étudié sur l'élévation sud. Le bras droit croise la poitrine et tient un objet rond muni d'un manche. C'est la posture du joueur de tennis lors du revers qui m'a fait évoquer une raquette, mais plus sérieusement, cela pourrait être un miroir, si nous avions affaire à une belle femme nue stigmatisant la Coquetterie. Une fois de plus, je meurs de soif auprès de la fontaine sans pouvoir conclure une interprétation.

Je meurs de seuf auprès de la fontaine,
Chaud comme feu, et tremble dent à dent ;
...

Rien ne m'est sûr que la chose incertaine ;
Obscur, fors ce qui est tout évident ;
Doute ne fais, fors en chose certaine ;
Science tiens à soudain accident ;
Je gagne tout et demeure perdant ;

 

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Homme montrant ses fesses.

Pas d'ambiguïté ici : il montre son cul, il nous pète au nez. On trouve la même scène un peu partout, sur les modillons romans comme... sur les sablières de cette église, coté ouest.

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Crossettes du coté nord de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes du coté nord de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Rampant de la lucarne suivante : lion à droite, homme tenant un livre à gauche.

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Crossettes de la lucarne du coté nord de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de la lucarne du coté nord de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Un lion .

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Homme tenant un livre ?

 

 

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Homme se caressant la barbe.

On connaît sans-doute la signification lubrique du motif, déjà attestée sur les modillons romans. Il s'ajoute ici à celui de l'emprise de la cheville, clairement visible cette fois.L'homme est coiffé d'un béret ou bonnet, et il est vêtu d'une veste courte boutonnée, et de chausses. 

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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A l'angle nord-est de l'église : un homme assis.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LOCALISATION INCERTAINE / NOTRE JEU DE L'ÉTÉ.
 

Le vent d'ouest ayant éparpillé ses photos, le photographe  ne sait plus retrouver leur localisation. Sauriez-vous l'aider ?

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Homme en tenue de fou, se tenant le ventre.

Le seul indice pour parler d'un costume de Fou médiéval, c'est le chaperon très ajusté autour du visage et qui retombe sur les épaules en fronces qui évoquent (finalement assez vaguement) les découpes en pointes munies de grelots de ces costumes. 

En réalité, il ne s'agit peut-être là que d'un quidam dans son habit de tout les jours, un Jean-des-champs qui, assis jambes écartées, se donne un peu de bon temps. Allez savoir !

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Un lion .

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Un lion courant gueule ouverte.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Deux anges encadrant une lucarne.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Un ange tenant un phylactère.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Un lutin ?

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Un masque.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Pour conclure.

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Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522-1545) à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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— CHAURIS ( Louis ) 2003, « Roscoff, Église Notre-Dame de Kroaz-Batz : Large appel à des granites insulaires », in Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Monuments et objets d’art du Finistère, Tome CXXXII,

http://www.roscoff-quotidien.eu/eglise-construction.htm

— COUFFON (René), 1988, Notice sur Roscoff :

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5b9d41b14be8a023a102773179807997.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

— Roscoff-tourisme :

http://www.roscoff-tourisme.com/fr/pays-art-et-histoire/label-pays-d-art.php

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 15:11

Les sculptures sur pierre de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de l'Hôpital-Camfrout : les gargouilles et crossettes du clocher,  et la façade.

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Clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Les gargouilles et crossettes en haut, la façade en bas : l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Les gargouilles et crossettes en haut, la façade en bas : l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LA GALERIE INFÉRIEURE : DEUX LIONS ET UN DIABLOTIN.

Sous la chambre des cloches, la galerie ceinte par une balustrade est cantonnée par trois gargouilles, puisque le coin sud-est n'en dispose pas. 

Galerie inférieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Galerie inférieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le diablotin du sud-ouest. 

C'est la gargouille la plus pittoresque et fantasque, avec son ventre et son torse rebondis, ses bras qui se transforment en feuilles de salade avant de lui faire une paire d'ailes, sa tête de vieux barbu aux moustaches en crochets, ses longues oreilles pointues de satyre et, last but not least, son sexe en érection.

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Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le lion nord-ouest.

Il fait tout pour se conformer à l'archétype des lions des toits. Une gueule ouverte sur ses trente dents, dont quatre crocs. Une langue étendue comme une chemise  à la fenêtre de la mandibule. Des yeux furibonds démentis par une tignasse de brave mouton. Des pattes antérieures bien velues appuyées au balcon d'un reste de fémur.  Mais, bêtement, il a oublié la queue. Il fera mieux la prochaine fois.

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Gargouille nord-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Gargouille nord-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le lion du nord-est.

Son collègue posté au coin le plus froid de la tour trouve le temps long en attendant la relève. Ses sourcils hypertrophiés lui donnent l'air d'un babouin.

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Gargouille nord-est du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Gargouille nord-est du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LES QUATRE CROSSETTES DE L'ÉTAGE SUPÉRIEUR DU CLOCHER : CHIENS, COCHON, LION.

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1. Le chien.

Ce bon toutou garde l'angle sud-ouest, d'où il domine le diablotin.

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Crossette de la galerie supérieure du  clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la galerie supérieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Crossette de la galerie supérieure du  clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la galerie supérieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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2 Le cochon. 

Ce porc n'en n'est point un : les défenses de sa hure le désignent comme un  sanglier , venu prendre de la hauteur et aérer les narines de son boutoir. Il se retient par ses petits sabots engagés sous la corniche, et il a pris l'ascendant sur le lion, qui lui sert de concierge.

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Crossette de la galerie supérieure du  clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la galerie supérieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Re un chien. Coin nord-est, du coté de la bise. 

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Crossette de la galerie supérieure du  clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la galerie supérieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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C'est un lion qui occupe l'angle sud-est. Et pourquoi pas ? Le roi des animaux est chez lui partout.

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Crossette de la galerie supérieure du  clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la galerie supérieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LA CROSSETTE DE LA LUCARNE  SUD : UN CHIEN.

Un chien de chasse, un dogue, un mâtin . Que j'ai d'abord confondu avec une pieuvre. 

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Crossette de la lucarne de l'élévation sud de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la lucarne de l'élévation sud de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Crossette de la lucarne de l'élévation sud de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la lucarne de l'élévation sud de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LA FAÇADE OCCIDENTALE.

La façade occidentale de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout , ancien prieuré de Landévennec qui date des années 1524-1534, est en pierre de kersanton, tirée des carrières proches. Elle ne comporte aucune inscription ni chronogramme indicatif, à la différence de  l'église du Faou, à 7 km de là, avec ses dix inscriptions liées à des travaux successifs. 

Voir :

Mais cette façade est riche en armoiries, hélas martelées et donc muettes, que l'esprit curieux souhaite faire parler malgré tout.

J'ai d'abord peiné à en trouver une description qui me satisfasse :

"La façade occidentale est très travaillée : la porte centrale, en arc à anse de panier, est encadrée par des moulures prismatiques et accostée de pilastres ou colonnes prismatiques en spirale. Une contre-courbe feuillagée la couronne, commençant à montrer des éléments de style Renaissance." (Notice de la base Mérimée)

"Sur la façade occidentale, se trouve une statue en kersantite représentant saint Guénolé (H. 1,70 m), oeuvre du sculpteur Guy Pavec et datée de 1983 (l'abbé a la main droite bénissante et tient un livre fermé dans la main gauche)."

Le plus précis est le chanoine Abgrall, le premier à relever les inscriptions lapidaires à la fin du XIXe siècle puis à décrire les monements religieux dans les Notices du Bulletin diocésain d'archéologie et d'histoire BDHA : 

"Au fond d’une petite anse, dans laquelle monte la marée venant de la rade de Brest, s’élève le portail occidental, qui est la page d’architecture et de sculpture la plus riche, la plus correcte et la plus élégante qui se puisse imaginer. A quelques cents mètres, de ce point, sont exploitées les carrières qui fournissent la belle et fine pierre de Kersanton ; or, la façade de l’église de l’hôpital est comme le triomphe de cette pierre, grâce à laquelle se sont développés d’une manière si prodigieuse le talent et l’habileté des sculpteurs de la région, dans le cours du XVème siècle et du XVIème.

"Dans cette façade, nous trouvons :

- La porte centrale avec son arc à anse de panier, encadrée par des moulures prismatiques très déliées, accostée de pilastres ou colonnes prismatiques tordues en spirale, puis couronnée par une contre-courbe feuillagée dont les crossettes ne sont plus absolument gothiques et commencent à donner le gras et l’arrondi gracieux de la Renaissance.

- Au-dessus de cette ordonnance, trois blasons dont l’un supporté par deux anges, un autre par deux lions, et celui du milieu habilement encastré dans le fleuron supérieur de la contre-courbe.

- Dans les contreforts et la frise comprise entre les deux bandeaux horizontaux, cinq niches à coquilles, avec mêmes encadrements et mêmes couronnements que la porte, mais où l’on sent s’affirmer davantage le style nouveau-venu de la Renaissance ; la niche médiane abrite une belle et très correcte statue de Notre-Dame-de-Pitié, tenant sur ses genoux le corps inanimé de son Divin Fils.

- A l’ordonnance supérieure, trois cadres rectangulaires, terminés par des rubans en accolade, coquille et frise feuillagée ; les deux latéraux enfermant des écussons supportés par des anges et surmontés de crosses abbatiales, ce qui indiquerait les blasons des abbés de Landévennec ; le cadre du milieu présentant une targe supportée par deux lions, surmontée d’un casque ayant pour cimier un lion. Plus haut, montent les pinacles couronnant les contreforts, puis le clocher avec sa tourelle d’escalier." (M. Abgrall).

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Mais je finis par me procurer la note de la rubrique Monuments et objets d'arts du Finistère  dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère de 2004. Trois pages où Yves-Pascal Castel, Annie Le Men et Michel Quéran  (pages 73 à 75) étudient les 14 écus qu'ils y ont découvert . Je les adopte comme guides et je reprendrai leurs descriptions, sans avoir pu les valider entièrement car les écus me sont apparus muets. 

Puisque la façade est divisée par deux corniches en trois registres, je les étudierai successivement, de haut en bas.

     

     

    Élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    I. LE REGISTRE SUPÉRIEUR OU FRONTON DE LA FAÇADE OCCIDENTALE : TROIS ÉCUS.

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    Registre supérieur de l'élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Registre supérieur de l'élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    " Au centre du fronton, en prééminence, encadrée dans une arcature en anse de panier et surpassant les autres armoiries par la taille : écu carré posé sur la pointe, attaché par une boucle à un heaume, lambrequins volants, surmonté du léopard. On y devine un écartelé. Au 1 et au 3, d'azur au léopard d'or, qui est le Faou, au 2 et au 4 d'azur au chef de gueules chargé de trois fleurs de lys d'or, qui est du Quélennec. La vicomté du Faou marque ainsi sa prééminence à L'Hôpital-Camfrout."

    N.b : les armoiries de la famille de Quélennec sont d'hermines au chef de gueules chargé de trois fleurs de lys d'or. Dans le créneau 1524-1534 de construction de l'église, c'est Charles Ier du Quélennec qui est  seigneur du Quélennec, et vicomte du Faou, Baron du Pont-L'Abbé et de Rostrenen du chef de sa femme, seigneur de La Roche-Helgomarc'h, il épouse  le 7 février 1517  Gilette du Chastel, baronne héritière du Pont-L'Abbé et de Rostrenen, dont : Jean V, seigneur du Quélennec, né vers 1520 et marié vers 1538 à Jeanne de Maure.

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    Écu central du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu central du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    À  gauche : armoiries de Maurice Brient ou Briand, abbé de Landévennec de 1534 à 1538.

     

     "À gauche du fronton: écu à pointe posé sur une crosse et tenu par deux anges, d'azur bordé d'or, armoiries de Maurice Briand, probablement originaire de Touraine et qui fut abbé de Landévennec de 1534 à 1538."

    Les trois auteurs ne disent pas comment ils ont observé les couleurs d'azur bordé d'or, ni comment ils les ont attribués à Maurice Briand.

    Maurice Brient obtint mainlevée de l'abbaye de Landevenec le 14 avril 1525, et mourut en 1538. Arnoul Brient, doyen de Notre-Dame-de-Cléry, obtint les bulles de l'abbaye de Landevenec au mois de septembre 1538, et prêta au roi serment." Lobineau, Vie des saints.

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    Écu de gauche du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu de gauche du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    À droite

    "A droite du fronton : écu à pointe tenu par deux anges, posé sur une crosse. Si l'observation des traces laissées par le martelage est exacte, on a ici affaire à des macles (4, 3, 2, 1)."

    Pour moi, il ne s'agit pas d'une crosse, mais d'un arbre (un chêne).

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    Écu de droite du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu de droite du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    LE REGISTRE MÉDIAN : TROIS STATUES DANS DES NICHES.

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    La niche centrale accueille la Vierge de Pitié. Dans les niches latérales,  les statues de saint Pierre et de saint Paul sont l'œuvre  du tailleur de pierre François Le Berre, de Logonna-Daoulas,  qui les a réalisés sur la commande du recteur Emmanuel Le  Nerrant, vers 1980.

    " Sur la console de la niche centrale qui abrite le groupe de Notre-Dame-de-Pitié se remarque un écu mi-parti, totalement illisible."

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    Registre médian de l'élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Registre médian de l'élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La Vierge de Pitié. 

     

     

    La Vierge de Pitié, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge de Pitié, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    LE REGISTRE INFÉRIEUR : TROIS ÉCUS.

    La corniche comporte un écu à l'extrême gauche, deux ailes centrées par une étoile, et au centre un écu placé sous la console de la Vierge de Pitié.

    Ce registre est divisé verticalement par deux contreforts, constitués d'une colonne torsadée dans leur moitié inférieure. Le contrefort gauche comporte trois écus, dont le plus haut est présenté par deux lions et le second tenu par un lionceau. Le contrefort droit ne porte plus qu'un seul écu présenté par deux anges, et un lionceau.

    Au centre du registre, l'arcade gothique à crochets s'épanouit en un fleuron héraldique à heaume.

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    Sculpture sur pierre de l'église de l'Hôpital-Camfrout : les gargouilles et crossettes du clocher,  et la façade.

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    Au centre : 

    " Sur le dessus de l'accolade qui termine l'archivolte de l'arc au dessus de la porte : écu suspendu de biais à un heaume surmonté d'un tortil . Il s'y devine un lion. Le lambrequin  tailladé en lanières est timbré de meubles qui ont échappé à la vigilance du marteau révolutionnaire. Ainsi, sur le lambrequin de gauche demeure intact le « fermail d'argent» des Kersauzon, seigneurs de Penancoat. De la même manière, fleurit un peu en retrait la rose des Rosmorduc. La même rose orne le le centre des volutes qui, au dessous, terminent le fleuron de l'archivolte. Sur le lambrequin de droite, les deux fasces de gueules sur champ d'or, appartenant vraisemblablement aux Carné, de Kerliver, à Hanvec."

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    Écu central du registre inférieur, kersanton, 1524-1538,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu central du registre inférieur, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le fermail des Kersauzon et les roses des Rosmorduc  sur le lambrequin de l'écu central du registre inférieur, kersanton, 1524-1538,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Le fermail des Kersauzon et les roses des Rosmorduc sur le lambrequin de l'écu central du registre inférieur, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Les fasces des Carné de Kerliver  sur le lambrequin de l'écu central du registre inférieur, kersanton, 1524-1538,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Les fasces des Carné de Kerliver sur le lambrequin de l'écu central du registre inférieur, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    A gauche : armoiries du sieur de Kerliver. 

     

     "Au dessus de la colonnette torsadée de gauche : écu accroché par une boucle sous un heaume à tortil, le tout tenu par deux lions, d'azur au sautoir engrêlé d'or accompagné de quatre lionceaux de même (Kerliver, sieur du lieu-dit, de Quilliafel et de Porz-Nedellec, paroisse d'Hanvec)."

    http://marikavel.com/blasons/lion.htm

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    Écu de gauche du registre inférieur, kersanton, 1524-1538,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu de gauche du registre inférieur, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    A droite : armoiries d'Alain de Trégain, abbé de Landévennec de 1524 à 1534.

    "Au-dessus de la colonnette torsadée de droite : écu carré de biais posé sur une crosse et tenu par deux anges, d'or à trois pommes de pin de gueules, la pointe en haut, une étoile en abîme (Trégain). L'étoile sur "un vol abaissé " se trouve en ornement de la corniche. Alain de Trégain avait été archidiacre  de Quimper et abbé de Landévennec (1524-1534)."

    Voir  POTIER DE COURCY (DE) (Pol) : Nobiliaire et armorial de Bretagne - t. II. - p. 612 : 

    TRÉGAIN (DE) : Seigneur de Trégain (en Briec), de Traonlévénez (en Cast), de Kerlobert (en Châteaulin ou Locquidunet). Réf. et montres de 1426 à 1536, dites par., év. de Cornouaille. D’or à trois pommes de pin de gueules la pointe en haut, comme Trésiguidy. Alain, abbé de de Landévennec en 1524. Fondu en 1644 dans Meslou.

    Cet auteur ne donne pas "une étoile en abyme" à la famille de Trégain.

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    Écu de droite du registre inférieur, kersanton, 1524-1538,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu de droite du registre inférieur, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

     

    " Sur la même corniche qui couronne le premier niveau : écu à contours, mi-parti, totalement illisible."

     

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    "A la pointe de l'accolade au dessus de l'arc de la porte : écu à contours aux reliefs relativement bien conservés, d'argent à une fasce d'hermines, endenché de sable (Keraliou). Un lion le surmonte. Keraliou est un lieu-dit de la paroisse de Hanvec dont l'Hôpital-Camfrout était une trève. La famille serait fondue dans Kervennec par le mariage de Béatrice de Keraliou avec Jean de Kervennec. "

     

    Notes à propos de Keraliou (Kerallio) et de Kervennec (= Kerguennec): 

    " Les préminences appartenaient à l'Abbé de Landévennec et au seigneur de Kerallio.

    1506, 22 Avril. — Accord entre Jean (du Vieux-Chastel), abbé de Landévennec, et Fr. Yves Le Ruzic, prieur du prieuré de N.-D. Canfrout, d’une part, et noble homme Hervé de Kerguennec, sgr. de Lesquiffiou et de Kerallio, d’autre part, lequel seigneur, se disant en possession d’avoir une tombe eslevée et armoyée de ses armes et de mettre ses dites armes au plus haut lieu de la chapelle de N.-D. de Canfrout, à raison de son manoir de Kerallio, armes que les dits Abbé et Prieur avaient fait oster, d’où s’était ensuivi un procès pour lequel terminer, les dites parties accordent, à condition que le dit sgr. de Kerguennec aurait sa tombe du côté du Midi et que ses armes pourraient être mises en la vitre de la chapelle de Saint-Sébastien, en sorte que les dits Abbé et Prieur mettent au-dessus celles de l’abbaye, et ce parce que le dit sgr. de Kerguennec donne à la dite chapelle trois pièces de terres... Notaires : Jean Omnès Kermordruc, et Christophle du Menez" (Abgrall)



    "Jean de Kéraliou, du dit lieu, en la trève de l'Hôpital-Camfrout, épouse par contrat du 17 avril 1426, Marie de Brézal, fille de Derrien du dit lieu, et de Marguerite de la Roche" 

    http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/brezal-dh.htm#hopital-camfrout sablière de l'église : armes pleines de Brezal

    Jean de Keraliou et Marie de Brézal sont les parents de Béatrice de Keraliou , qui épousa Jean de Kerguennec le 27 décembre 1444. Ce couple eut un fils, Hervé de Kerguennec, décédé en 1507 : voir généalogie de Jean-Claude Bourgeois

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    Écu de  la pointe de l'accolade au dessus de l'arc de la porte, kersanton, 1524-1538,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu de la pointe de l'accolade au dessus de l'arc de la porte, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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     "Sur la colonnette torse à gauche, vers la tombée de l'arc : écu à contours sans tenant, martelé, illisible. 

     Sur la colonnette torsadée de gauche : écu contourné, martelé, illisible."

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    Colonne torsadée gauche,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Colonne torsadée gauche, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Sur la colonnette torse à droite, vers la  tombée de l'arc : faisant pendant au 2, une saignée témoigne d'un  écu disparu.

     

     Sur la colonnette torsadée de droite, faisant pendant au 5 : écu disparu, reste l'encoche destiné à le recevoir."

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    LE NIVEAU DU PORCHE OCCIDENTAL

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      "Sur la cuve du bénitier à droite de la porte : écu à contours, martelé, illisible". 

     

    Il restera à "dénicher le bonhomme, le lionceau, le masque fleuri et la chouette nocturne à la retombée de l'arc, de chaque coté de la porte occidentale."

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    LES CONTREFORTS.

    Les grandes statues de kersanton, haute de 1,80 m des contreforts ont  été posées du temps du recteur Emmanuel Le  Nerrant, vers 1980 :  saint Corentin et saint Guénolé, sont dus au talent de Guy Pavec, sculpteur à Landudec. A gauche, saint Guénolé, premier abbé de Landévennec, trace une bénédiction et tient un livre fermé dans la main gauche.

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    Porche , kersanton, 1524-1538,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Porche , kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) BDHA

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/cbc9af857ccc544ffbda7fa02b64cb26.pdf

    — COUFFON  Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e798d4bbdc61aeb17f7625945200ec67.pdf

    — Base Mérimée :

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=REF&VALUE_98=PA00090005

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    Published by jean-yves cordier - dans L'Hôpital-Camfrout. Gargouilles et crossettes
    18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 22:06

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    Le porche de l'église de Pencran est encadré par deux crossettes, un lion à gauche et un dragon à droite. La facture particulièrement remarquable par sa finesse de ces ouvrages en kersanton est due à l'atelier de Bastien Prigent et de son frère Henry, établi à Landerneau et actif de 1527 à 1577. Cet atelier  a fourni trois porches successifs, celui de Pencran en 1553, celui de Landivisiau en 1554-1565, et celui de Guipavas en 1563. Dans les trois cas, les deux crossettes d'encadrement sont comparables (à Guipavas, seul le dragon subsiste). Documenter en ligne les sculptures de cet atelier permet de livrer au jeu très instructif des comparaisons réciproques.

    Datation du porche.

    La datation du porche est basée sur une inscription figurant, selon Le Seac'h,  sur un phylactère tenu par un ange dans une niche du contrefort gauche (Lécureux parle d'un "cube de pierre qui remplace une statue"). Depuis, le bloc de pierre a été volé. Le texte en avait été relevé par  Lécureux et publié en 1915 et 1919 :

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    Je suivrai, comme un témoignage de mon admiration, assez fidèlement la description d'Emmanuelle Le Seac'h, qui a été la première et la seule a dresser en 1997 un catalogue descriptif exhaustif de toutes les crossettes des quatre cantons de Landerneau, Landivisiau, Ploudiry et Sizun.  

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    1°) Le lion tenant un os. Crossette du rampant gauche de l'élévation sud du porche. Kersanton, 1553, atelier Prigent.

    Le lion mâle tient dans ses pattes antérieures un os long sans réalité anatomique (deux épiphyses à deux condyles). Dans cette crossette en ronde bosse et faible relief d'excellente facture, les quatre pattes sont figurées ; l'animal s'appuie en avant sur une petite console et à l'arrière, la patte postérieure repose sur une autre petite console. Les mèches de fourrure des pattes sont sculptées avec précision tant au niveau des antérieures et des postérieures. 

    Avec un sourire plus débonnaire que carnassier, le lion sort la langue qui s'enroule en cuillère à son extrémité. Il tourne sa tête vers la gauche pour faire face au visiteur ou au fidèle qui accède au porche. Les yeux ressortent avec intensité à l'intérieur d' orbites creusées et de paupières ourlées. La crinière soyeuse et abondante s'étage en mèches bouclées. La queue passe sous la patte postérieure gauche et se divise sur le dos en trois branches.

    Cette description est, en fait, celle de tous les lions de crossettes du Finistère, mais ailleurs, l'érosion, les fractures, l'envahissement par les lichens (ici assez discrets) ou parfois les insuffisances du sculpteur ne nous permettent pas d'observer le modèle avec toute sa complétude. Le lion de Pencran peut servir de "type" à tous les autres, même si certains d'entre eux abandonneront l'os pour un crâne, une petite tête humaine ou un simple rouleau.

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    Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

    Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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    Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

    Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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    2°) Le dragon tenant sa queue. Crossette du rampant droit de l'élévation sud du porche. Kersanton, 1553, atelier Prigent.

    Ce dragon a dérobé ses ailes dépliées à un oiseau, ses oreilles à une chauve-souris, ses narines dilatées à un porc qui serait resté trop longtemps le nez contre la vitre, sa queue dentelée à un lacertilien (un "lézard " si vous préférez, mais du genre iguane alors), sa dentition à une fillette perdant ses dents de lait, sa tête à un cheval, sa barbiche de sous-officier à la chèvre de Monsieur Seguin, ...    mais son air faussement féroce et terriblement benêt n'appartient qu'à lui. Il se nourrit sans doute de quelque mouche ou insecte venu se poser par mégarde sur sa langue, fort gluante et dont il étend le piège à dessein en dehors de sa gueule ; son haleine infecte fait le reste. De mœurs principalement diurne, le Dragon des murailles Drago muralis crossetis peut passer — j'en atteste — des heures entières sans bouger.

    Mais son jeu préféré, auquel il se livre surtout lorsqu'il sait qu'on l'admire, est de tracer avec sa queue (elle dépasse parfois 2 mètres) une jolie boucle puis de s'en ceindre   comme d'un hula hoop, la faisant disparaître derrière son flanc avant de la faire resurgir à la hauteur de l'aile, et , hop, de l'attraper entre ses deux pattes : il reste ainsi à vous regarder en ricanant, tenant cette rambarde improvisée et s'imaginant piloter quelque soucoupe volante fendant l'air à toute allure.

    S'il regarde notre monde depuis son balcon caudal, lui qui a connu le temps du roi Henri II, il eut été étonnant qu'il ne se marrât point en nous voyant passer. Et nous-mêmes, nous n'imaginions pas, avant d'arriver, que nous nous marrassions à voir un dragon se fendre la poire comme une baleine.

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    Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

    Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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    Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

    Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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    Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

    Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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    Comparaison de lions.

    À Landivisiau :

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    Comparaison de dragons.

    A Landivisiau :

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    À Guipavas :

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    SOURCES ET LIENS.

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1988, - Pencran, dépliant touristique, textes avec la collaboration de Y.P. Castel et A. Le Menn.

    — CASTEL (Yves-Pascal), articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

    0581 L'Enclos Paroissial de Pencran et ses accès... 06.01.90.

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5807abcd10b0f868094d744fc3486dbd.jpg

    0449 bis Un guide nouveau pour l'enclos paroissial de Pencran... 13.08.88.

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8435a91bbdc2fc95132da6c3ecbd938d.jpg

    — COUFFON (René), 1988, , Répertoire des églises : paroisse de PENCRAN,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 18 mars 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/938.https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/7f786fe0966306242750d6e111e8c78d.pdf

    LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes,  Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. Description de Pencran pages 147-151.

    — LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm . (Pencran : Tome I page 53 et tome II page 122-128).

    http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

    —PÉRENNÉS (chanoine Henri ), 1938, Notice sur Pencran, “Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie 1938,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 18 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/269. page 51. http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

    —LÉCUREUX (Lucien.) 1919, "L'église de Pencran",  Congrés archéologique de France Paris-Caen, 1919, p. 112

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f157.image

    —LÉCUREUX (Lucien) 1915,  "L'église de Pencran et ses annexes", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, t. XLII p. 139

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f191.image

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    Published by jean-yves cordier - dans Pencran Gargouilles et crossettes
    14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 09:29

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    De l'ancienne église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas, restaurée au XVIe siècle, mais reconstruite en 1848, il ne restait plus, lors de la visite du chanoine Abgrall en 1912, que le porche nord et un bénitier de 1565, ainsi que les pignons des bras du transept. L'incendie consécutif aux bombardements d'août 1944 entraîne la reconstruction de l'église en 1952-1955 dans un style contemporain, mais intégrant ces éléments anciens. C'est précisément eux qui vont nous permettre d'observer de belles crossettes.

    1°) Je poursuis ici ma petite enquête photographique sur les crossettes, enquête qui s'enrichit à chaque étape des comparaisons avec les visites précédentes.

    J'utiliserai le terme de "crossette" tel que je le trouve défini dans Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (2014) d'Emmanuelle Le Seac'h page 40 :

    "Les pierres d'amortissement, nécessaires à la structure et à l'équilibre d'un fronton ou d'un pignon, sont généralement prolongées par des acrotères, des crossettes ou des pots-à-feu. Les crossettes, situées à la terminaison des rampants d'un pignon ou d'un fronton, sont extrêmement nombreuses. Les plus belles sont sculptées dans la pierre de kersanton sur les porches de la vallée de l'Élorn, comme à Landivisiau où un lion et un dragon se font pendant. "

    Régulièrement photographiées pour leur beauté et leur thème pittoresque, les crossettes zoomorphes et anthropomorphes de Bretagne ont fait l'objet d'une seule étude réglée, celle d'Emmanuelle Le Seac'h, mais elle s'est « limitée » aux quatre cantons du Finistère de Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, et Sizun. Néanmoins, le bestiaire, la thématique et la stylistique sont suffisamment homogènes pour en étendre les conclusions à l'ensemble de la Basse-Bretagne.

    2°) Cette axe d'investigation iconographique en croise un autre, puisque je tente aussi de documenter en ligne les ouvrages d'un atelier de sculpture sur pierre (et surtout sur kersanton) établi à Landerneau entre 1527 et 1577, celui de Bastien et d'Henry Prigent. Or, ce sont eux qui sont les auteurs du porche de Guipavas, daté de 1563, mais aussi auparavant  des porches de Pencran (1553) et de Landivisiau (1555-1565). Existe-t-il des points communs entre les crossettes qui encadrent ces trois porches ?

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    Précisément, la crossette la plus visible et la plus spectaculaire de Guipavas, car elle termine le rampant gauche du porche nord par lequel le visiteur pénètre dans l'église, est un dragon qui est le frère jumeau de celui de Landivisiau. Parlons plutôt ici de triplets, car l'air de famille avec celui de Pencran est aussi évident.

    C'est un ouvrage de kersanton, tout en finesse, non sans préciosité, audacieusement ancré à la pierre d'amortissement par une attache très réduite correspondant à l'arrière-train de l'animal. Le dragon à l'échine épineuse dresse vers le ciel des yeux exorbités et une gueule fort pourvue de crocs ; puis vient une forte paire d'oreilles de chauve-souris et une courte crinière méchée. Le thorax  annelé et l'abdomen long et mince forment une courbe en S, précédant une queue aux anneaux dentelés, si longue et si contournée qu'on en perd l'itinéraire. C'est qu'elle passe d'abord sous les pattes postérieures, entoure le col comme une écharpe, et achève sa prestation par une boucle fermée sur elle-même. Les pattes antérieures se saisissent de ce lasso, comme pour en modérer les spasmes rageurs.

    Tout laisse à penser que ce dragon est contemporain du porche, dont il est solidaire, et qu'il date de 1563.

     

    Dragon, kersanton (1563), B. et H. Prigent, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dragon, kersanton (1563), B. et H. Prigent, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Comparons-le maintenant à celui du rampant gauche du porche de Landivisiau :

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    Retour à Guipavas : 

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    Dragon, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dragon, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    2. Crossette du rampant gauche du bras sud du transept : dragon ailé.

    Cette crossette n'est pas en kersanton, mais en pierre de Logonna. Le dragon aux dents menaçantes a le corps couvert de pustules verruqueuses et la queue formant une boucle. Le corps est dirigé vers l'ouest mais la tête se tourne vers le sud, vers le spectateur auquel il adresse sa mise en garde. 

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    Dragon ailé, crossette  au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dragon ailé, crossette au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Dragon ailé, crossette  au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017

    Dragon ailé, crossette au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017

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    3. Crossette du rampant droit du bras sud du transept : lion.

    Le lion est l'animal le plus représenté avec le dragon. Je ne suis donc pas surpris de le trouver ici, avec sa tête frisée comme un mouton, sa gueule débonnaire à la langue bien pendue, la crinière fournie, sa queue passant entre les pattes avant de se diviser sur la croupe en trois digitations, et la patte postérieure velue. Se tient-il posé sur un os à moelle ou sur un rouleau de papier ? Les branchages d l'arbre voisin ne me permettent pas de le dire.

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    Lion, crossette  au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Lion, crossette au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

     

     

    — ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notices sur les paroisses : Guipavas  Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Guipavas", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 12e année, 1912, p. 114-124, 148-158, 183-192, 205-218, 237-248.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1979, “ Le porche de Guipavas...,” Courrier du Léon et Progrès de Cornouaille 1er septembre 1979 Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1935.

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1979, Le patrimoine architectural et les sites de la commune de Guipavas, “0016 patrimoine commune de Guipavas 1.09.79,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1476.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

    — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988 Répertoire des églises : paroisse de GUIPAVAS Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/d7fa2365a76658fe5c12b1ddf3e34546.pdf

    — INFOBRETAGNE, "Guipavas"

    http://www.infobretagne.com/guipavas.htm

    — LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

    http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

     

    LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle,  1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395.  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

     

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Guipavas
    12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 14:28

    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault VII. La crossette.

    — Sur Dinéault, voir :

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    — Sur les crossettes, voir :

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    Je n'ai observé qu'une seule crossette sous les toits de l'église de Dinéault, à l'angle sud-est, sur le rampant du pignon ouest. Elle représente :

    Le lion dévorant une âme.

    Or, depuis que je me suis lancé dans la chasse aux crossettes, j'ai pu observer combien ce thème du lion était, sinon constant, du moins extrêmement fréquent en Finistère. Soit le lion est isolé, soit il tient un rouleau, soit, très souvent, un ossement (un fémur, parfois un crâne), et soit encore un petit être, ou seulement sa tête. J'en suis venu à conclure que ce lion stéréotypé (la crinière méchée de la moitié antérieure, le pelage lisse de la moitié postérieure, la queue qui passe entre les pattes et fait retour sur le dos, la tête frisée et le sourire bêta, etc.) avait pour nos ancêtres la valeur d'un voleur d'âme, au service de la Mort, plutôt qu'à celui du Diable. Il était sans-doute chargé de rappeler que la Dame Noire pouvait venir à tout moment avec sa grande faux (pour les bretons, c'était plutôt une lance ou une flèche) et donc qu'il s'agissait d'entretenir son âme pour qu'elle soit bien proprette à l'heure H du jour J. Donc, ne pas oublier ses devoirs de chrétien, aller aux offices, recevoir les sacrements, et mieux, participer aux dévotes pratiques de la confrérie du Rosaire. Accessoirement, faire la charité et aimer son prochain.

    Retrouver ce bon Lion, mi-Ankou, mi-psychopompe (un mot que je cherche toujours à placer) suscite donc désormais cette dilatation du cœur, ce chatouillement neuronal — que dis-je, cette épanouissement synaptique en queue de paon — qu'entraîne les retrouvailles avec un bon camarade. Et je vois bien que c'est réciproque, et qu'un large sourire gagne la face du bon félin.

    C'est tout lui. Voyez comme il a su arrondir sa queue en une large et élégante courbe avant d'en utiliser la pointe trifide comme un éventail à mouches. Voyez ses yeux exorbités, sa gueule attirée avec appétit vers le paroissien qu'il doit envoyer ad patres, mais avec ce bon fond, cette absence totale de volonté de nuire, cette jovialité dans l'exercice du devoir qui le caractérise. Voyez même cette pilosité de l'arrière des pattes postérieures qui me permet de le reconnaître entre mille. 

    — Salut, domestique de la Fossoyeuse, salut, et le bonjour chez toi !

    Rencontre après rencontre, je l'apprivoise un peu. Il restait assis loin de moi, timide et gauche?  Voyez maintenant comme je l'apostrophe ! Et comme nous nous sentons  proches, lui et moi ! 

     

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    Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

    Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

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    Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

    Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

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    Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

    Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

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    Published by jean-yves cordier - dans Dinéault Gargouilles et crossettes
    1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 22:39

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    Comme toutes les églises et chapelles du Finistère, l'église de l'enclos paroissial de Dirinon, et sa chapelle adjacente Sainte-Nonne, comportent de nombreuses crossettes, pierres d'amortissement nécessaires à la structure et à l'équilibre des rampants des pignons et fenêtres. Et comme dans les autres enclos paroissiaux et les autres paroisses, ces crossettes sont majoritairement figuratives et elles représentent des animaux et des anthropomorphes adoptant des modèles ou des postures stéréotypées.

    A Brasparts, à Landerneau, à Landivisiau, à Lannédern, à Rumengol, à Saint-Urbain, ou à La Martyre, les lions et dragons tenaient des ossements ou emportaient des formes humaines (crânes, têtes, corps entier) comme des acolytes de la Mort tandis que des représentations féminines parfois animalisées (serpents ou poissons) et des hommes intempérants illustraient les  dangers d'une vie adonnée aux vices dans l' insouciance du trépas. Qu'allais-je découvrir à Dirinon ?

    Pour la seule église, je dénombrais  1 gargouille et 8 crossettes . Et la chapelle en ajoutait 6 à ma collection. Emmanuelle Le Seac'h, qui m'a précédé pour la même enquête, a compté 1 ange, 1 dragon, 1 monstre, 6 humains, 2 lions, 2 chiens, 1 loup, ...et les 6 gargouilles-canons du clocher !

    –Matériau :  Pierre de Logonna.

    – Sculpture : Ronde-bosse et faible relief.

    – Datation : déduite de celle des bâtiments :

    • 1577 : chapelle Sainte-Nonne.
    • 1588 à 1593 : gargouilles-canons des deux plate-formes du clocher-tour.
    • 1588 (date inscrite sur le contrefort sud-ouest) et 1618 (date inscrite sur le porche) : église Sainte-Nonne.

    Voir en fin d'article quelques inscriptions lapidaires et chronogrammes.

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    Comment les décrire ? Je choisis de faire le tour de l'église, par le nord et en partant de la porte ouest, sous le clocher. Puis de tourner dans le même sens autour de la chapelle.  Une, deux, trois petits tours, on y va.

     

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    Plan schématique de l'église Sainte-Nonne : emplacement des crossettes en rouge.

    Plan schématique de l'église Sainte-Nonne : emplacement des crossettes en rouge.

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    LE PIGNON OUEST.

     

    1. Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest.

    Crossette d'angle en pierre de Logonna, rampant gauche de l'élévation ouest. ronde-bosse et faible relief, érodé. Vers 1618. 

    Le lion, tourné vers le nord, est couché, mais les pattes antérieures repliées vers l'arrière, et donc courant. La gueule ouverte laisse pendre une longue langue. Il répond au stéréotype du "lion de crossette", avec son front frisé, sa crinière méchée, la moitié arrière lisse et fine, et, selon une règle constante, sa queue passe entre ses jambes postérieures, remonte sur l'échine et se divise en une fourche de trois branches. 

    Il est difficile d'affirmer que les pattes antérieures prennent appui, ou maintiennent un objet, mais cela semble être le cas, car on voit une forme rectangulaire, peut-être un livre.

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     Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

    Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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    L'ÉLÉVATION NORD.

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    Avant le décroché du transept nord, deux lucarnes proposent chacune à notre curiosité deux crossettes.

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    Vue nord-ouest de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

    Vue nord-ouest de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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    La première lucarne ("fenêtre passante") nord et ses deux crossettes.

    Les rampants de cette lucarne sont dentelés de crochets et coiffés d'un fleuron.

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    Première fenêtre passante nord et ses deux crossettes.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

    Première fenêtre passante nord et ses deux crossettes. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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    2. Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Première lucarne nord.

    Rampant droit de la première fenêtre passante de l'élévation nord, crossette en ronde-bosse et faible relief, datée entre 1618 et 1653. 

    L'homme est en position de chevalier servant, la jambe droite allongée le long du mur et la jambe gauche repliée. Il fait face à l'ouest. Très ventru, avec l'abdomen plissé tombant en tablier, il tient entre ses mains ses moustaches tombant en tresses depuis ses narines. Ses cheveux sont longs, bien visibles sur l'épaule droiteQuoique son menton paraisse lisse, on ne peut exclure qu'il se caresse la barbe, ou encore qu'il tienne entre ses mains un objet ou un petit être. E. Le Seac'h y voit "un vieillard se caressant la barbe".

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    Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

    Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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    Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

    Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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    Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

    Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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    3. Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. 

    Est-ce une femme à la poitrine peu marquée ou un homme au sexe discret ? J'opte pour la première possibilité en raison de la correspondance avec d'autres crossettes comparables, à Notre-Dame-de-Berven de Plouzévédé, à Saint-Hervé de Gourin ou à Notre-Dame des Trois-Fontaines à Gouezec, où les femmes nues ont une poitrine sans ambiguïté.

    Pour E. Le Seac'h, "Acrobate se tenant le sexe".

    Il s'agit d'un personnage, nu, dans une posture proche du précédent car son genou gauche est fléchi, la jambe prenant appui sur le mur tandis que la cuisse gauche est étendue sur la partie visible de la base de la crossette. L'axe de son corps est orthogonale à celui  du mur. Selon un geste adopté souvent par les acrobates sculptés, la femme (ou l'homme, j'hésite encore) tient sa cheville gauche par la main homolatérale, ramenant ainsi son talon vers sa fesse. Cette attitude corporelle n'est pas clairement acrobatique, car les amplitudes articulaires n'ont rien d'une performance, mais néanmoins elle nous interpelle car elle suppose une liberté contraire à l'étiquette de l'individu qui "se tient bien en public". 

    Ce qui nous intrigue également, c'est la position de la main droite : elle est placée dans l'entre-cuisse, un index tendu ; mais le sexe n'est que légèrement sculpté.

    Il faut admettre que cette femme se tient ou se touche le sexe, que son visage exprime la jouissance, et que le maintien du talon sur la fesse a une valeur érotique. Le visage est concentré, les yeux dilatés et la commissure des lèvres basse. Les côtes sont bien marquées, évoquant une expansion thoracique. Les cheveux sont longs et tombent dans le dos. Les épaules et les bras sont athlétiques.

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    Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante.    Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante.   Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    La deuxième lucarne ("fenêtre passante") nord et ses deux crossettes.

    Les rampants de cette lucarne sont dépourvus de crochets mais coiffés d'un fleuron.

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    4. Crossette n° 4. Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. 

     

    Il saut' sur la fenêtre

    Et groume du museau

    Pasqu'il voit sur la crête

    S'découper les oiseaux

    Tirelo

     (Léon-Paul Fargue, Chanson du chat, in "Ludions")

    Un animal est sculpté, de profil, tête dirigé vers l'occident. Sa queue est longue et fournie, ce qui m'évoque celle d'un renard, mais on peut penser aussi à un chien ou à un loup. Elle n'est pas tombante, mais au contraire tendue dans l'axe de l'arrière-train et de l'échine. Le pelage est lisse. Les pattes arrières sont semi-fléchies, les antérieures tendues, dynamiques. Cette bête tient dans sa gueule une proie (ce qui, hors dans le contexte d'une scène de chasse, n'est pas compatible avec un chien). J'ai cru voir dans la proie une volaille, et comme j'avais fait du quadrupède un renard, il s'agissait d'une poule. Mais pourquoi pas un agneau dans la gueule d'un loup ? 

    Dans tous les cas, c'est une scène de prédation.

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    Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    5. Crossette n°5. Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord.

    Ce dragon ailé répond, comme le lion de la crossette n°1, aux stéréotypes du genre : yeux exorbités, oreilles pointues, dents pointues bien visibles, ailes nervurées de chauve-souris, queue de serpent formant des boucles et des nœuds (se prolongeant sur la pierre supérieure). Mais il a été amputé partiellement lors de la construction du bras du transept.

    Il participe, comme le lion, de l'expression de forces terrifiantes et maléfiques menaçant l'homme qui les expulse ainsi dans les hauteurs du sanctuaire. Pour un chrétien, ces forces devaient être soit celles du péché et des vices, soit celle du danger de mort en état de péché.

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    Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    ÉLÉVATION SUD.

    6. Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept. 

    L'animal est assis sur l'arrière-train, la tête tournée vers le visiteur. Il montre ses crocs.

     

    Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    7. Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. 

    Il est érodé et mangé par un lichen blanc. Pour E. Le Seac'h, "Buveur acrobate". 

    L'homme tiendrait un verre tout en attrapant de la main gauche sa cheville. Il est difficile à observer en raison de la présence gênante de la gargouille, et la jambe droite n'est pas visible. Il est vêtu comme un jeune seigneur ou un homme aisé, coiffé d'une toque, au dessus de cheveux coupés à la mode qui cessa avec François Ier en 1515. Il porte des chaussures à bouts ronds, des chausses et une tunique courte à manches bouffantes. Les pans de cette veste sont sculptés de motifs pouvant correspondre à une succession de boutons, ou à des poches. Les yeux sont dilatés, fixant le ciel. 

    Au vu de la connotation négative (en terme de morale) que l'homme nu de la crossette n°3 a conféré à la posture de la "prise de cheville", nous sommes amenés à suspecter que cet homme illustre un nouveau vice. Ceci est accentué par la cambrure exagérée qui peut être celle d'un acrobate. Cette crossette m'évoque celle du buveur, 6 rue des Boucheries à Landerneau, ou celle observée à La Martyre  (photo lavieb-aile

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    Bien-sûr, c'est ce coté énigmatique de cette crossette (et des autres) qui fait notre bonheur, et lui donne toute sa poésie, clef d'exquises rêveries...

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    Et puis c'est le hasard du croisement avec la gargouille qui crée cet effet de surprise parfaitement délicieux.

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    Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    8. Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe.

    Sur un contrefort à la jonction des rampants du porche et de l'ancien transept, érodée. Gargouille ayant une fonction effective d'évacuation des eaux pluviales, sa goulotte étant équipée de zinc.

    C'est un  parallélépipède dont l' extrémité incurvée est  sculptée en une tête anthropomorphe, mais aux traits  grossiers. La bouche largement ouverte est armée de 18 dents environ. Du fait de l'incurvation, elle semble, telle la gueule de la murène, se projeter avec une férocité hilare vers nous. Cet effet est accentué par le grain très rugueux (accentué par le ciseau du sculpteur ?) de la pierre, évoquant des pustules sur la peau d'un reptile. 

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    Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    9. Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche.

    Voici encore un lion bien conforme au modèle-type. La queue passe exactement comme il se doit entre les pattes pour revenir se diviser en trois pointes sur le dos. La gueule est béante  à souhait, sur de belles quenottes, avec une longue langue pendante.  Le sculpteur lui a donné une crinière particulièrement généreuse, en trois rangs d'alvéoles. Entre ses pattes antérieures, il tient la tête d'un petit homme, dont on imagine le corps en arrière. Le lion va-t-il le dévorer, ou seulement exercer sur lui sa puissance d'émissaire de la Mort, et l'emmener aux Enfers ? Cette crossette me confirme dans ma conviction que ces lions et dragons sont, en Bretagne, les formes animales de l'Ankou.

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    Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    10. Crossette mutilée n° 9. Angle sud-ouest.

    A l'angle sud-ouest de l'église, sur le rampant droit de l'élévation ouest, une crossette mutilée et partiellement couverte de lichens ne montre plus qu'une paire de pattes (antérieures) reposant sur une console. A vos imaginations !

     

    Crossette n°9, rampant droit du pignon ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Crossette n°9, rampant droit du pignon ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    LA CHAPELLE SAINTE-NONNE.

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    Les crossettes encadrent la fenêtre passante de la façade nord, qui donne presque devant le porche de l'église. 

    La chapelle datant (inscription) de 1577, les 2 crossettes de  la chapelle Sainte-Nonne sont estimées de la même date. Le matériau est le même que celui de l'église, a priori la pierre de Logonna.

    Je garde, pour les décrire, ma progression de l'ouest vers l'est.

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    Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    11. Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne. 1577. 

    Pierre érodée, quelques plaques de lichens et traces verdâtres par micro-organismes.

    La sculpture représente un homme nu, aux traits assez grossiers (yeux fermés mais dilatés, pommettes saillantes, nez large) portant une moustache en accolade dont les extrémités remontent vers les joues. Le menton est sculpté en deux épaisses virgules que nous interprétons comme une barbe. Ses cheveux frisés encadrent de leurs boucles les cotés du visage. Il est agenouillé sur sa jambe gauche, celle placée du coté mur, alors que la jambe droite est maintenue pliée par la main droite qui empoigne la cheville. La main gauche est placée vers le pubis.

    Bref, c'est un troisième exemple de cette posture "d'acrobate" qui pourrait avoir une signification érotique, ou stigmatisante, d'autant que, malgré l'absence de détails anatomiques formels, la nudité de cet homme, son visage vultueux et la position de sa main sont autant d'indices, appelons un chat un chat, de la masturbation.

    En 1644, lors de la Mission du Père Maunoir à Dirinon, le récit de la conversion d'un jeune homme illustre la lutte de l'Église contre ce qu'elle considérait comme un vice s'opposant au Salut :

    "Il y avait à cette mission un jeune homme très dévot à la Sainte Vierge, qui avait cependant contracté de mauvaises habitudes, dont il ne se pressait pas de se corriger ; une nuit, pendant son sommeil, il se voyait en pèlerinage vers un sanctuaire voisin de la Sainte Vierge, lorsque, sur son chemin, il remarqua une croix élevée au pied de laquelle reposait un ange tenant de la main droite une hostie et de la gauche un calice. Le jeune homme le voyant resplendissant de lumière, s'écria : « Ange de Dieu, comme tu es beau, qui t'a envoyé ici ? » — « C'est la Sainte Vierge, répondit l'ange. » — « Conduis-moi avec toi. » — « Je ne le puis. » — « Je t'en conjure. » « Non, cela est impossible. » — « Pourquoi donc ? » — « Si je te conduisais avec moi, Dieu te chasserait. » — « Pourquoi cela ? » — « Parce que, depuis l'âge de sept ans, tu as une mauvaise habitude, dont tu ne t'es pas débarrassé. Voilà la mission qui s'achève, les Pères vont partir, hâte-toi de te confesser, ne retombe plus dans ton péché, et sois sûr alors qu'un jour je te conduirai dans la céleste patrie ». "

    En 1975, dans  la "Persona Humana, Déclaration de la Congrégation pour la foi sur diverses questions d'éthique sexuelle" le Vatican rappelle ceci :

    La masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné. La raison principale en est que, quel qu’en soit le motif, l’usage délibéré de la faculté sexuelle en dehors des rapports conjugaux normaux contredit essentiellement sa finalité. Il lui manque, en effet la relation sexuelle requise par l’ordre moral, celle qui réalise « le sens intégral d’un don réciproque et d’une procréation humaine dans le contexte d’un amour vrai ». C’est à cette relation régulière que l’on doit réserver tout l’exercice délibéré de la sexualité. Même si l’on ne peut assurer que l’Ecriture réprouve ce péché sous une appellation distincte, la tradition de l’Eglise a compris à juste titre qu’il était condamné dans le Nouveau Testament lorsque celui-ci parle d’« impureté », d’« impudicité » ou d’autres vices contraires à la chasteté et à la continence."

    En janvier 1976, le curé de la paroisse saint-Louis de Brest est revenu dans le Bulletin diocésain de Quimper et du Léon, à propos de ce qu'il qualifie de "pavé dans la mare".

     

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    Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne à Dirinon,  1577. Photographie lavieb-aile 2017.

    Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne à Dirinon, 1577. Photographie lavieb-aile 2017.

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    12. Crossette n° 11. Ange tenant un livre, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne. 1577. 

    L'ange, les yeux fermés,  est agenouillé sur une console. Il tient sur son cœur un livre.

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    Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Crossette n° 11. Ange, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, (1577), chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

    Crossette n° 11. Ange, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, (1577), chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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    Les crossettes d'angle de la chapelle.

    13. Crossette n°12 : Angle nord-ouest : Masque, sous un fronton. Érodé.

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    chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

    chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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    13. Crossette n° 14.  Angle nord-est : Masque, crossette sculptée sur la lèvre uniquement. Érodé. 

    . Buste d'homme  coiffé d'un tortil ?.

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     Crossette n°16. Buste d'homme,  chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

    Crossette n°16. Buste d'homme,  chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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    14. Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, museau pointu et oreilles dressées,  tenant un rouleau entre ses pattes antérieures. Érodé.

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     Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

    Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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    J'ajoute enfin (oublié dans mon parcour autur de l'église) cette crossette :

    15. Crossette n°14.  Église de Dirinon.  Masque d'homme. 

    Rampant gauche du transept nord de l'église.

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    chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

    chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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    COMPLÉMENT. QUELQUES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES ET CHRONOGRAMMES.

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    La tour-clocher. 1588 et 1593.

    Profitez-en pour découvrir les six gargouilles-canons.

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    Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

    Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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    Sur le contrefort sud-ouest du pignon ouest : chronogramme 1588.

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    contrefort sud-ouest : chronogramme 1588. église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

    contrefort sud-ouest : chronogramme 1588. église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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    Sous la deuxième balustrade du clocher: inscription et chronogramme.

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    Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

    Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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    Inscription entre 2 chapiteaux (masque d'une femme en coiffe et guimpe à gauche).

    1593. I KZVNCVF

    Y. LEREST

    Le premier patronyme doit être rectifié KERZVNCV[F], mais cela ne permet pas de le déterminer, à moins d'y lire KERDUNCUFF, assimilé à Kerdoncuff. En réalité, cette modification ne s'impose pas, car  A. Deshayes signale à propos de Kerdoncuff :  "les variantes lénifiées de ce patronyme [sont] Kerzoncuff et Kerzoncuf, et réduites Keroncuff (Keroncuff, 1627, Quimper ; Keroncuff, 1630, id. Keroncu, 1735, id. ) tous attestés à Plougastel-Daoulas. Elles  proviennent vraisemblablement du village de Loperhet, ancien lieu noble noté Kedoncuf en 1426. (Dict. des noms de famille bretonne, 1995). Loperhet est placée entre Dirinon et Plougastel-Daoulas.  Kerzoncuff est attesté à Dirinon en 1772 (Jean François KERZONCUFF 1772-1828 &1803 Marie Jeanne GUIRRIEC 1774-1853)

     Le nom est attesté dans la commune (Marc et François furent  maires entre 1796 à 1883). Le toponyme Keroncuff (près de la chapelle Saint-Divy) y existe aussi. 

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    Inscription du clocher 1593, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Inscription du clocher 1593, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    La statue en kersanton de sainte Nonne. 1588.

    Attribuée par un auteur au Maître de Guimiliau.

    Inscription STE NON[NE].  Notez le N rétrograde.

    La sainte patronne de la paroisse est voilée, vêtue d'une cape ou manteau à fermail. Elle tient un livre.  C'est l'occasion de mentionner le Buhez santez Nonn hac ez map deuy  (La Vie de Sainte Nonne ), un manuscrit sur papier de la fin du  XVIe siècle, qui fut découvert  en 1834 par l'abbé Marzin, secrétaire de l'évêque de Quimper. Il s'agit d'un Mystère, racontant la vie de sainte Nonne, les miracles qui s'opérèrent sur son tombeau, l'épiscopat et la mort de saint Divy, et qui était peut-être joué par les habitants de Dirinon. Le caractère très précieux de ce document est qu'il a été  composé en langue bretonne . 

    Et chacun peut consulter à sa guise, si ce n'est le manuscrit, du moins sa transcription et sa traduction par Le Gonidec.

    https://archive.org/details/buhezsanteznonn01gonigoog

    ... ou par Yves Le Berre 

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/80d88f81a9a064fda9b122ff0d667bbc.pdf

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    Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton.

    Le patron des jardiniers, horticulteurs et maraîchers a aussi sa statue (XVe siècle) au dessus de la porte nord de la chapelle Saint-Divy, montrant ainsi son importance pour les paroissiens. Et, peut-être, l'importance des cultes liés à la nature. Comme à la chapelle Saint-Divy, le saint est représenté avec son capuchon sur la tête.

    Elle est classée MH depuis le 14 /11/1991 :  les spécialistes de l'Inventaire l'estiment exécutée vers 1600, "en granit de kersanton" (sic). Ils donnent les mensurations suivantes : hauteur 85 cm ; largeur 28 cm ; profondeur 24 cm.

    Emmanuelle Le Seac'h l'attribue à l'atelier landernéen de Bastien et Henry Prigent (1527-1577).

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    La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton. Atelier de Bastien et Henry Prigent. Photographie lavieb-aile 2017.

    La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton. Atelier de Bastien et Henry Prigent. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Élévation sud : transept, cadran solaire, et crossette n°6.

     

     

    Transept, élévation sud, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Transept, élévation sud, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Le Cadran solaire de 1653.

    Table de schiste de 55 cm de diamètre

    Restauré par Mr Labat en 2010 qui installa un nouveau style orienté vers le nord géographique afin que le cadran indique l'heure solaire

    "Au centre, un astre déploie ses rayons vers les heures du jour. Coté ouest, il est orné d'un soleil alors qu'en face, coté est, les heures du jour se déclinent vers une lune. Le décor aux volutes au dessus de la date est un calice surmonté d'une hostie."

    Il apparaît dès lors que les initiales M.H.G.C sont celles du curé de l'époque et qu'il faut lire "Messire Hierosme Gayement Curé." .

     L’objet a été déplacé, car on voit « un encadrement mouluré encore visible au-dessus d’une des fenêtres Midi » (Abgrall 1907 p.191 et 237)

    — LABAT-SEGALEN (Pierre), CORNEC (Jean-Pierre), 2010, Cadrans solaires de Bretagne, Oralajoù heol Breizh. , ed. Skol Vreizh

    — LALOS (Michel), http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_brest.php

    — CASTEL (Yves-Pascal), 2010, L'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère

    http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_cadrans_solaires

      Hierosme Gayement fut diacre puis prêtre de Loperhet de 1636 à 1646   puis curé de  Dirinon de 1642 à 1671, et curé-témoin des missions du Père Maunoir en 1644 et 1666.

    L'église de Dirinon, donnée comme prébende de l'abbaye de Daoulas par l'évêque de Quimper, Geoffroy, 1170-1185, fut possédée jusqu'à la fin du XVe siècle par un prieur chanoine régulier de Daoulas; mais en vertu d'une bulle du Pape Alexandre VI, ce prieuré fut uni à la mense conventuelle de Daoulas, le 7 Juin 1498, par l'official de Cornouaille, exécutant la bulle du Pape (Archives départementales, Daoulas). Depuis, la paroisse fut gouvernée par un prêtre séculier qui prit successivement le titre de curé, de vicaire perpétuel, puis de recteur. Ce furent, avant Jérôme Gayement, :

    • 1599-1620. Pierre Heleouet, curé.
    • 1621-1639. Claude Morvan.
    • 1639-1642. Briz.

    "Lorsque les missionnaires, sous la conduite du Père Maunoir, quittèrent Plougastel-Daoulas, en 1644, pour prêcher à Dirinon, ils trouvèrent une certaine opposition de la part des ecclésiastiques des paroisses voisines et même de la part du recteur de Dirinon, M. Gayement qui, plusieurs années plus tard, avoua ses préventions au Père Maunoir et lui dit comment elles cessèrent lorsqu'il vit un ange assistant à la messe, le Père, directeur de la mission." ( Père Maunoir: Relation manuscrite des dix premières années de ses missions). Abgrall 1907

    Ce curé semble avoir été fort actif et soucieux de placer les heures et le temps sous la tutelle de Dieu et de son Église puisqu'outre ce cadran de 1563, il fit réaliser trois cloches en  1666, année de la seconde mission .

    a) L'une d'entre elles, sans nom de baptême mentionnée ["Mauricette", est encore en place : "La cloche datant de 1655, ayant 1 m. 12 de diamètre et 1 mètre de hauteur : elle est due à Jacques Le Louarn et porte l'inscription : "ESCVYER. G. DV. LOVET. SEIGNEVR. DE. LISQVIVIT. & C. PARIN. & DAME. MAVRICETTE. DV. LOVET. DAME. DE COATIVNVAL. MARINE. M. HIEROME. GAYEMANT. CVRE. C. CANN. & ANTO. CALVEZ. FAB 1655." Plus bas est un poinçon ou marque de fabrique, figurant un renard ; ce sont les armes parlantes du fondeur, car LOVARN signifie renard. — On lit au-dessous  :"IAC. LE. LOVARN. MA. FAICTE". (Abgrall 1907)

    b) sans nom, 1661, bénie par Pierre Héleouet curé de Dirinon:

     "Les registres paroissiaux relatent plusieurs autres baptêmes de cloches. Le premier est du 15 Avril 1661. Les parrain et marraine furent le seigneur de Kerdoulas et la dame du Rouazle : « Anno Domini millesimo sexcentesimo primo, die vero decima quinta mensis Aprilis fuit facta benedictio unius campane in hac ecclesia de Dyrinon per me dominum Petrum Heleouet curionem dicte parochie de Dyrinon. Compatres fuerunt nobilis dominus de Kerdaulas et domina du Rouazle ». 

    c) "Françoise", 1666 « Ce jour, 27 Octobre 1666 a esté benite et consacrée en l'église paroissiale de Dirinon en l'honneur de Dieu et de la Sainte-Vierge et de Madame sainte Nonne une cloche par Missire Hierome Gayement curé, le parein et maraine ont esté escuyer Marc Anthoine le Pappe, seigneur de Lezuzan, et dame Françoise Gousabatz, dame de Lesquiffit. On lui a imposé le nom de Françoise en présence des soubzsignants : Françoise Goasabatz, Marc-Anthoine le Pappe, Nouel Emdivat, prêtre, François André, prêtre, Vincent Coatagas, prêtre. Le Louarn, fondeur, Hierome Gayement ».

    d) "Perrine", 1666. "Le 31 Octobre suivant fut bénite une autre cloche par Dom Noel Emdivat, prêtre de la paroisse, les parrain et marraine furent vénérable et discrète personne Missire Hiérosme Gayement, curé de Dirinon, et demoiselle Perrine Joliff, dame de Monval. On lui assigna le nom de Perrine. Louarn, fondeur." 

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    Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Inscription de 1714.

    Sur le pignon sud du transept, juste à droite du cadran solaire mais assez difficile à découvrir lorsque la lumière n'est pas rasante, on trouve dans un double cartouche en creux l'inscription : G. DENIEL F. 1714.  G[uillaume] Deniel F[abrique] 1714

    Il s'agit sans-doute du même fabricien qui a inscrit son nom dans le chœur la même année 1714.

    Inscription de 1714, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Inscription de 1714, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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     Inscription de 1713.

    N : DIVERRES : F. / 1713.

    "N[icolas] Diverres, F[abrique] 1713"

    Notez le N rétrograde. Il pourrait s'agir de Nicolas Diverres (mars 1662 / 9 juin 1720), fils de Jean Diverres et de Jeanne Caret, époux de Marie Le Bris et père de 5 enfants, Jacques, Marc, Marie, Jeanne et Hervé. Jean Diverres était fabrique en 1702, date à laquelle il a inscrit son nom sur la chapelle de Saint-Divy, à Dirinon.

     

    Ces deux inscriptions de 1713 et 1714 sont contemporaines de l'agrandissement agréé par l'évêque en 1712 de l'église : destruction de l'ancien chœur et édification d'un nouveau transept plus large et plus haut que le premier, qui est néanmoins conservé

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    Inscription de 1713 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Inscription de 1713 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Inscription de 1756  l'est du pignon nord de l'ancien transept.

    FAIT PAR JEAN /  QVENECADEC / ET IOSEPH  MVSE / LEC, FABRIQVE, L'AN 1756.

    Notez, à nouveau, le N rétrograde et le Q rétrograde de JEAN, QVENECADEC,  FABRIQVE, et AN.

    Jean Quenecadec, né le 23 août 1725 à Dirinon et décédé au lieu-dit L'Isle à Dirinon le 3 décembre 1761 ; il est le fils de François Quenecadec et de Françoise Caret. Il est le frère aîné d'Hervé, Marie et Françoise Quenecadec. Il épousa en 1747 Marie Kernéis et eut cinq enfants. Voir généalogie G. Kerautret.

    Un de ses successeurs a inscrit sur le pignon de la chapelle de Saint-Divy l'inscription F. QVECADEC FABRIQVE 1778. Il s'agit sans-doute de François Quenecadec, né le 8 avril 1748 au lieu-dit L'isle à Dirinon. 

    Joseph Muzellec est né à Dirinon le 14 mai 1708 de Guillaume Muzellec et Marie Le Bot.

     

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    L'inscription, en lettres majuscules romaines, signale la réfection, pour une cause inconnue, du pignon nord de l'ancien transept.

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    Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

    Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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    DISCUSSION.

    Les crossettes de ces deux édifices sont placées soit aux angles, soit en encadrement des fenêtres passantes, mais sans orientation cardinale privilégiée. Sur un total de 15 figures exploitables, nous dénombrons 1 ange, 7 humains et 6 animaux :

    • 4 hommes dont 3 sont nus (et 3 têtes d'homme en masque) 
    • 2 lions dont un tenant un être humain .
    • 1 dragon ailé
    • 1 chien
    • 1 renard tenant une poule
    • 1 loup
    •  1 ange 

    Cette distribution est globalement conforme  à celle des monuments religieux du Finistère, malgré l'absence de figures féminines (femme, femme serpent ou sirène). La constance de figures stéréotypées montre que ce décor n'est pas dû au bon plaisir d'un artisan local, mais qu'il répond soit à la volonté des commanditaires (les fabriques paroissiales) soit au savoir-faire et aux modèles d'ateliers de sculpture, et sans-doute de la conjonction des deux.

    J'ai d'abord pensé que ce décor placé dans une zone très particulière des églises, zone intermédiaire entre les murs et la toiture, toujours en hauteur, témoignait d'une fonction d'exutoire, de projection des pulsions contraires à la morale chrétienne : un entre-deux de refoulement, rempli des animaux du légendaire pré-chrétien et de l'héritage fabuleux populaire. 

    Je constate désormais que ces pierres saillantes sont organisés selon trois thèmes fondamentaux :

    1. L'animal menaçant, dévorant ou prédateur est une forme de l'Ankou : un assistant de la Mort. Par sa présence, il est un rappel insistant du péril majeur que représente alors pour tout chrétien la mort en état de péché, qui l'expédierai droit en Enfer.

    2. L'homme (ou la femme) peccamineux — j'adore ce mot, quitte à l'utiliser à tort—, soumis à un vice. Deux ordres de vices sont particulièrement illustrés : ceux du ventre, en latin Gula ou Gastrimargia (Gourmandise et Ivrognerie) et ceux du sexe, Luxuria ou Pornéia (plaisir sexuel recherché pour lui-même). Autrement dit, ces sculptures laissent de coté les autres péchés capitaux que sont l'Orgueil (sauf dans le cas du jeune seigneur richement vêtu), l'Avarice, l'Envie, la Colère et l'Envie. Voir Les sept péchés capitaux par Jérôme Bosch.

    3. L'ange, en contrepoint, mais toujours comme messager. Soit il tient un phylactère, soit il s'entoure d'une inscription d'injonction, soit, comme ici, il tient un livre qui renvoie aux Évangiles. Il indique la Voie à suivre vers le Salut.

    Dès lors, ce décor pittoresque (ou "sculptoresque") s'intégrerait dans une action pastorale, complétant par l'image le travail de prédication. 

    La datation de ces crossettes les placent à la fin du XVIe siècle (1577) ou au début du XVIIe siècle (1618), après le Concile de Trente (1545-1563) qui s'est opposé aux décors fabuleux, et dans le cadre militant de la Contre-Réforme. Si la première mission du Père Maunoir à Dirinon date de 1644, les premières "cartes"  illustrant par l'image la prédication de Michel le Nobletz furent peintes entre 1613 et 1639. Ces crossettes pourraient être considérées, dans un style bien différent et exempt de toute moraline, comme des formes préalables, mais jubilatoires, de ces Taolennou.

    Mes articles sur ces Tableaux :

    http://www.lavieb-aile.com/2015/10/douze-tableaux-de-mission-de-l-eveche-de-quimper-la-serie-de-plouguerneau-1.html

    http://www.lavieb-aile.com/2015/09/la-tribune-des-peches-capitaux-de-la-chapelle-saint-yves-a-priziac.html

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1907, Notice sur les paroisses : Dirinon, in Bulletin Diocesain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper.

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bdd181929b72800d010461e5f4ff222d.pdf

    https://archive.org/stream/bulletindiocsai00arcgoog/bulletindiocsai00arcgoog_djvu.txt

    —APEVE (Association pour la Promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Élorn), 2013, "Dirinon", texte, photos, mise en page : François LE MEN, Jean PRZYGODA, Pierre CHAMARD-BLOIS.

    —  "Buhez santez Nonn" ou "Vie de sainte Nonne et de son fils saint Divy, archevêque de Ménevie en 519" avec une introduction de l'abbé Sionnet et accompagné d'une traduction littérale de Legonidec et d'un fac-similé du manuscrit, Paris, Merlin, 1837

    https://archive.org/details/buhezsanteznonn01gonigoog

    — Infobretagne "Enclos paroissial de Dirinon" : http://www.infobretagne.com/enclos-dirinon.htm

     

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988, "Dirinon" Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DIRINON.pdf

    —FALC'HUN (Chanoine François), 1986, Dirinon, Editions Ouest-France, 32 pages, pages 30 et 31.

    — LE MEN (Annie) , Dirinon Kerliezec, 1998, la cloche de 1573

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a64395e3a45082e87616943e6418235b.jpg

    —CASTEL (Yves-Pascal)  1990, Retrouvaille des cloches en 1990. Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c723cbe89ac41b0f1c6516d4a7c97b0a.jpg

    — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes.

    — LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun, mémoire de maîtrise, 2 vol.

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    Published by jean-yves cordier - dans Dirinon. Gargouilles et crossettes

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    • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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