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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 20:19

La verrière de l'Arbre de Jessé de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, ou baie 202 (vers 1250-1275).

Voir sur ce thème :

Les sculptures :

Et les vitraux :

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

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Baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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PRÉSENTATION.

La baie 202 appartient aux quinze baies hautes du chœur, (baies 200 à 214), et parmi celles-ci aux quatre baies du rond-point (201 à 204) qui entourent la Passion de la baie d'axe 200. Elles datent du 3e quart du XIIIe siécle, et leur réseau s'inspire des formes de la Sainte-Chapelle de Paris (1243-1248). Les baies sont conçues à  assez grande échelle, (six registres par lancettes) avec des personnages peu nombreux et ainsi adaptées à leur éloignement du sol, car la voûte du chœur culmine à 34 mètres. Trois baies donnent des indications temporelles par leur signatures. La baie 201 fut offerte par Geoffroy Freslon, évêque du Mans de 1258 à 1270. La baie 203 mentionne "Jacques évêque de Nantes",  or Jacques de Guérande , ancien doyen de Tours fut évêque de 1264 à 1267. La baie 213 porte les armoiries de Vincent de Pirmil, archevêque de Tours de 1257 à 1270. Cette fourchette de 1258 à 1270 correspond à la fin du règne de Louis IX (Saint Louis), une dizaine d'année après la septième croisade, lors de la reconstruction du chœur par Étienne de Mortagne entre 1236 et 1279 : le chevet est achevé en 1267, permettant alors que les reliques de Saint Maurice (la cathédrale portait alors son nom) y soient transférées. Les verrières sont peut-être dues à un certain "Richard le Vitrier" (Richardi Vitrarii), mentionné sur un rôle des cens payés pour l'occupation des maisons situées dans le cloitre. Il y est voisin de l'architecte Étienne de Mortagne et d'un certain Mathei le Cortepoinctier, que nous allons retrouver.

 Depuis l'exemple de Suger qui plaça, en 1244,  le vitrail de  l'Arbre de Jessé dans la chapelle axiale dédiée à la Vierge, à coté du vitrail de l'Enfance du Christ, toutes les cathédrales placèrent  Jessé sur l'axe médian de l'édifice, à la première ou seconde place à coté de  la Vierge ou du Christ : Chartres vers 1150, Soissons en 1212, Angers vers 1230,  le Mans en 1235, Beauvais en 1240,  Amiens en 1242. 

 

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A Tours, les cinq verrières du rond-point forment un ensemble honorant les personnages religieux de tout premier plan pour les chanoines de la cathédrale. Au centre, la baie 200 est consacrée à la Passion :  elle est encadrée à droite — au sud — par la verrière de Jessé, et à gauche, par la baie 201 consacrée à saint Maurice, premier patron de la cathédrale. Le rond-point s'achève à droite par la baie 204 de la Vie de saint Martin, et à gauche par la baie 203 de la Vie de saint Pierre.

La baie 202 dite Verrière de l'Arbre de Jessé et de l'Enfance du Christ, comporte trois lancettes trilobées et un tympan à 3 trilobes. Elle mesure 10,50 m de haut et 2,40 m de large. Au dessus d'un registre inférieur où sont présentés les drapiers donateurs, l 'Arbre de Jessé occupe la lancette centrale, et son tronc né de la poitrine du patriarche allongé s'élève en quatre mandorles occupées successivement par deux rois de Juda, la Vierge, et le Christ. Les deux lancettes comportent chacune six médaillons hexagonaux. Le fond général de toute la verrière est rouge,  mais le fond des médaillons et mandorles est bleu. Un trait blanc souligne le montage des formes géométriques hexagonales et ovales.

  La grande originalité de la verrière de Tours est de placer, latéralement à cette présentation de la royale généalogie de Jésus, non des prophètes développant des références avec l'Ancien Testament (Saint-Denis, Chartres, Soissons, Beauvais), mais des scènes de la Vie de Marie (Annonciation, Visitation, Annonce aux bergers, Nativité, trois scènes des Mages, Présentation au temple, Massacre des Innocents, Fuite en Égypte) montrant comment la Vision prophétique de Jessé se réalise  dans les épisodes trouveront leur accomplissement dans le Sacrifice du Christ. La seule référence franche à l'Ancien Testament se trouve dans le tympan, avec le Sacrifice d'Abraham, mais en réalité, dans l'Évangile de Matthieu et dans les évangiles apocryphes, les épisodes de la vie de Jésus et de Marie servent à renvoyer à des citations prophétiques, notamment d'Isaïe. La verrière a pu être considérée  comme un livre d'images pour illettrés, destiné aux fidèles, (quoique ceux-ci n'avaient pas accès au chœur), mais en réalité elle est bien trop haute pour leur être accessible. C'est plutôt un "power point" extrèmement savant, la synthèse d'une pensée théologique sur l'accomplissement des textes prophétiques par le Christ et sur la place de la Vierge ( par son Immaculée Conception) dans le plan du Salut, un exposé que l'on a voulu sacraliser en l'inscrivant sur le verre, traversé par la lumière solaire c'est à dire à l'irradiation divine.

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La baie 202, plan du chœur, cathédrale de Tours, annoté d'après plan Wikipédia.

La baie 202, plan du chœur, cathédrale de Tours, annoté d'après plan Wikipédia.

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REGISTRE INFÉRIEUR. LES DONATEURS.

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Baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Matthieu le Cortepoinctier, Donateur.

 

Cette verrière est signée : Matth. D. dat. ist. vit. m(l) .

Transcription : Matheus de..dat istam vitram, "Matthieu D. donna cette verrière".

Ce Matthieu est coiffé d'un court bonnet et vêtu d'un manteau à capuchon dont la manche, non enfilée, retombe en laissant apparaître sa doublure, peut-être fourrée. Il peut s'agir en fait d'un chaperon.

On a suggéré que ce donateur pouvait être Mathei le Cortepoinctier, qui occupait l'une des maisons situées dans le cloître de la cathédrale à coté de l'architecte Étienne de Mortagne et d'un verrier, Richard le Vitrier. Selon Salmon, "Bourassé et Manceau ont vu des marchands pelletiers dans les personnages du panneau placé entre les deux donataires : c*est cependant bien une étoffe rouge à raies jaunes, noires et blanches que les marchands mesurent. Le compartiment supérieur du panneau est moins explicite, mais on y reconnatt encore plutôt une étoffe blanche qu'une fourrure. Il en résulte que le donataire Mathieu appartenait plutôt à la corporation des courtepointiers, qui vendaient des étoffes piquées et brodées, qu'à celle des pelletiers, et qu'ainsi notre attribution offre la plus grande probabilité. "

Pour Godefroy, dans son Dictionnaire, le cou[r]tepointier est simplement « celui qui fabrique des coutepointes », celles-ci étant « des couvertures de lit ouatées et piquées » (nom composé de coute ""lit de plume, couette", mais le terme désignait aussi celui qui les vend. La communauté des Maître-Marchands Courtepointier, Neustrés et Coustiers fut réunis en 1636 à celle des tapissiers , et auparavant, le terme englobait les marchands de tapisserie, ou plus généralement les marchands de "meubles de tissus", le tissu d'ameublement.  Aujourd'hui, "le courtepointier ou la courtepointière coupent et cousent des tissus de différentes sortes pour confectionner des décorations d'intérieur: rideaux, tentures, couvre-lits, stores, nappes, ainsi que des duvets, des coussins ou des housses de matelas. Le courtepointier ou la courtepointière travaillent généralement assis ou debout pour la coupe de grandes pièces de tissus. Dans des ateliers de décoration, ils collaborent au sein de petites équipes composées d'un décorateur ou d'une décoratrice d'intérieurs et deux ou trois collègues." (Wikipédia)

https://archive.org/stream/achivesdelartfr00chengoog#page/n332/mode/2up/search/cortepoinctier

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le donateur Mathieu, Baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

le donateur Mathieu, Baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Les drapiers et pelletiers ou fourreurs.

1. Drapiers.

En bas, deux artisans mesurent une toile rouge à rayures bleu et jaune à l'aide d'une aune (une règle mesurant quatre pieds), tandis qu'un personnage ( une femme ?) vêtu d'une cape lui recouvant la tête semble diriger l'opération par un signe de la main.

Au Moyen Âge, cette profession était exercée entre autres par de riches bourgeois. Ceux-ci organisent la production du tissu en contrôlant plus ou moins toute la filière de production textile " (Wikipédia) 

Ces panneaux peuvent être comparés à ceux de Chartres  de la baie n°5 ou verrière de Jacques le Majeur qui sont si proches qu'ils semblent avoir servis de modèles. 

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Chartres_-_Vitrail_de_l%27histoire_de_la_vie_de_saint_Jacques_le_Majeur_-_Drapiers.JPG?uselang=fr

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/05_vitrail_vie_st_jacques_majeur/scene_02.php

2. Fourreurs.

En haut, un artisan présente une étoffe à un couple. La femme, au premier plan, est coiffée d'un touret. Elle tend ou palpe le tissu de la main gauche et semble donner son accord de la main droite. Les vêtements et coiffure du couple correspondent à ceux portés par les deux donateurs latéraux, ce sont donc eux qui sont représentés négociant dans les échopes d'un drapier puis d'un fourreur.

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Chartres_-_Vitrail_de_l%27Histoire_de_saint_Jacques_le_Majeur_-_Fourreurs.JPG?uselang=fr

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/05_vitrail_vie_st_jacques_majeur/scene_01.php

La pièce de fourrure est sans-doute une pièce de vair (écureuil petit-gris), et le motif qui  symbolise cette étoffe est proche du motif héraldique du "vair".

On peut penser qu'à coté du courtepointier Matheus et de son épouse Dionisia, les drapiers et les pelletiers  ont participé à la donation du vitrail.

 

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Baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

La donatrice Denise . 

Inscription  DIONISIA : UXOR :  SUA ; "Denise son épouse".

La femme est coiffée du touret, noué sous le menton. Comme son époux, elle lève vers l'axe central et le sommet de la verrière ses deux mains jointes qui se détachent en clair sur une masse sombre et ronde correspondant soit à un objet, soit à la mise en plomb.

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La donatrice Denise, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

La donatrice Denise, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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DEUXIÈME REGISTRE ; JESSÉ.

  • Annonciation
  • Le Songe de Jessé
  • Visitation

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2e registre, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

2e registre, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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L'Annonciation.

La scène se limite à l'essentiel : l'ange Gabriel tendant la main, un phylactère, la Vierge inclinant la tête. Dans le fond bleu, cinq couleurs : rouge, blanc, vert, jaune, vieux rose.

Source :

Verrière de l'Enfance de Jésus à Chartres :

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/50_vitrail_incarnation_et_enfance_christ/scene_01.php

Verrière de la Vie de la Vierge à Chartres :

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/28b_vitrail_vie_vierge/scene_13.php

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Annonciation, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Annonciation, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Le Songe de Jessé.

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L'ancêtre de la lignée des rois de Juda est représenté selon un schéma constant depuis le vitrail de Suger à Saint-Denis : allongé ou plutôt adossé sur des coussins en décubitus latéral droit, enveloppé dans un manteau rouge, sous une lampe témoignant du fait qu'il ne dort pas, mais qu'il songe. Le tronc de l'Arbre qu'il voit dans ce songe s'élève, très droit, depuis ce qu'il est convenu d'appeler sa hanche.

Jessé à Chartres : http://a403.idata.over-blog.com/3/43/88/27/epigraphie-tilde/chartres/vitraux/arbre-de-Jesse/arbre-de-Jesse-6784c.jpg

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Jessé songeant, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Jessé songeant, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Visitation.

Plus encore que dans l'Annonciation, le récit est réduit à l'essentiel, deux femmes nimbées dont l'une tient un livre sur son ventre et l'autre tend les bras pour étreindre sa voisine. Cela suffit, ces formes codées renvoient au récit de la Visitation dans l'Évangile de Luc Lc 1:39-45.

Notons que la fête liturgique de la Visitation fut établie  par saint Bonaventure pour les franciscains en 1263, dans les années où fut crée ce vitrail.

Source : Chartres, verrière de l'Enfance du Christ :

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/50_vitrail_incarnation_et_enfance_christ/scene_02.php

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Visitation, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Visitation, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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TROISIÉME REGISTRE. 1er ROI DE JUDA.

  • Annonce aux bergers.
  • 1er Roi de Juda.
  • Nativité

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3e registre, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

3e registre, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Annonce faite aux bergers.

Un ange sort des nues et tend un phylactère à un berger coiffé d'un chaperon. Ses moutons et sa chêvre paisent à ses pieds. Un personnage chenu, appuyé à une canne correspondrait d'avantage à Joseph.

Le modèle semble être la verrière de la Vie de la Vierge de Chartres.

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/28b_vitrail_vie_vierge/scene_16.php.

Voir aussi la verrière de l'Enfance du Christ de Chartres:

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/50_vitrail_incarnation_et_enfance_christ/scene_04.php

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Annonce aux bergers, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Annonce aux bergers, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Roi de Juda (David)

Rien n'indique ici qu'il s'agit de David fils de Jessé et premier roi de cette dynastie. Ce roi couronné et barbu se tient aux rameaux de l'Arbre, et ses pieds y prennent également appui. Manteau lie-de-vin à rever jaune, robe verte.

Comparer avec le 1er roi de l'Arbre de Jessé à Chartres :

http://a54.idata.over-blog.com/3/43/88/27/epigraphie-tilde/chartres/vitraux/arbre-de-Jesse/arbre-de-Jesse-6785c.jpg

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Roi de Juda, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Roi de Juda, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Nativité.

Là encore, le modèle semble pris à la verrière de la Vie de la Vierge de Chartres, avec inversion du carton ou du dessin copié.

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/28b_vitrail_vie_vierge/scene_15.php

La Vierge est allongé, mais lève le bras vers le berceau de son Fils. Celui-ci a été placé sur un support en arche ; il est réchauffé par le souffle du bœuf et de l'âne. Joseph est appuyé sur sa canne, mais il est plus dynamique que sur le modèle chartrain et berce aussi l'enfant. 

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Nativité, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Nativité, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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QUATRIÈME REGISTRE. 2e ROI.

  • Les Mages devant Hérode.
  • 2ème Roi de Juda.
  • Voyage des Mages.

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3e registre, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

3e registre, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Les Mages devant Hérode.

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Sources :

Verrière de l'Enfance du Christ à Chartres :

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/50_vitrail_incarnation_et_enfance_christ/scene_05.php

Verrière de la Vie de la Vierge de Chartres :

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/28b_vitrail_vie_vierge/scene_18.php

Saint-Denis :Grodecki page 41 : 

https://books.google.fr/books?id=N4gj5jFFAIgC&pg=PA151&lpg=PA151&dq=%22mages+%22+vitrail&source=bl&ots=XjSY-OYvbJ&sig=3dsIqWGWXJVsYWa3Tb3UwBgppC8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiRoOm_yaTNAhVHtBoKHRM7C4E4ChDoAQhBMAg#v=onepage&q=%22mages%20%22%20H%C3%A9rode&f=false

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Les mages devant Hérode, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Les mages devant Hérode, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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2ème Roi de Juda (Salomon).

Ce roi est identique au précédent, exception faite de la position du bras droit et des teintes des vêtements. On tend à y voir Salomon, fils de David, petit-fils de Jessé.

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Roi de Juda, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Roi de Juda, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Voyage des Mages chevauchant.

Les trois mages se guident sur l'étoile (non figurée ici) dans leur chevauchée. 

A Saint-Denis (panneau perdu remplacée par une chevauchée de Gérente au XIXe), et à Chartres, ils sont représentés à pied :

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/50_vitrail_incarnation_et_enfance_christ/scene_07.php

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Voyage des Mages, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Voyage des Mages, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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CINQUIÉME REGISTRE. LA VIERGE.

  • Adoration des Mages.
  • La Vierge.
  • Présentation au Temple.

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Cinquième registre, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Cinquième registre, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Adoration des Mages.

Sources : Chartres :

http://www.vitraux-chartres.fr/verrieres_hautes/vh_114/lg_03.htm.

Adoration des mages, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Adoration des mages, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

La Vierge, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

La Vierge, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Présentation de Jésus au temple.

Sources :

Verrière de l'Enfance du Christ de Chartres:

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/50_vitrail_incarnation_et_enfance_christ/scene_09.php

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Présentation au Temple, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Présentation au Temple, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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SIXIÈME REGISTRE. LE CHRIST.

 

Sixième registre,  baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Sixième registre, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Le Massacre des Innocents.

Source : comme les précédents, cette scène   est ici simplifiée pour se réduire à une sorte d'emblème ou de signe de reconnaissance renvoyant le chanoine placé dans le chœur à un corpus scripturaire bien connu. On ne voit ici que deux soldats d'Hérode et deux enfants, sns décor architectural, et les mères ne sont pas figurées. Comparer avec :

Verrière de l'Enfance du Christ à Chartres :

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/50_vitrail_incarnation_et_enfance_christ/scene_10.php

Verrière de la Vie de la Vierge à Chartres :

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/28b_vitrail_vie_vierge/scene_20.php

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Massacre des Innocents,  baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Massacre des Innocents, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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Le Christ.

La comparaison avec l'Arbre de Jessé de Chartres montre, là encore, une simplification, puisque l'artiste n'a conservé que trois des sept colombes symbolisant les Dons de l'Esprit renvoyant au verset d'Isaïe 11:2. Par contre, le Christ tient ici un livre dans la main gauche.

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/49_vitrail_arbre_jesse/scene_06.php.

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Le Christ,  baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Le Christ, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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La Fuite en Égypte.

Sources :

Verrière haute de Chartres :

http://www.vitraux-chartres.fr/verrieres_hautes/vh_114/ld_03.htm

Verrière de l'Enfance du Christ à Chartres:

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/50_vitrail_incarnation_et_enfance_christ/scene_11.php.

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Fuite en Égypte, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

Les trois médaillons montrent trois scènes du Sacrifice d'Abraham : Isaac, en haut, porte le bois de son propre sacrifice (comme Jésus portera la Croix). Abraham, à droite, lève l'épée sur son fils Isaac ligoté sur le bûcher. L'ange, à gauche, désigne au patriarche le bélier qui va se substituer à l'enfant.

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Tympan, Sacrifice d'Abraham,  baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

Tympan, Sacrifice d'Abraham, baie 202, Arbre de Jessé et Enfance du Christ, cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm4/eg_StGatien_c.htm

http://professor-moriarty.com/info/fr/sec/vitraux/p%C3%A9riode-avant-19%C3%A8me-si%C3%A8cle/cath%C3%A9drale-tours-arbre-jess%C3%A9-cath%C3%A9drale-tours

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Tours/Tours-Saint-Gatien_v4.htm

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Cath%C3%A9drale

— BOURASSÉ (Abbé Jean Jacques ), 1849, Verrières du choeur de l'église métropolitaine de Tours : dessinées et publiées par J. Marchand,... Texte par MM. Bourassé et Manceau, Paris : Vve Didron ; et Tours : l'auteur, 1849.

SALMON, , "Documents sur quelques architectes et artistes de l'église cathédrale de Tours," Mémoires de la Société archéologique de Touraine: Série in 80, Volumes 3 à 4, 1847, pp. 130-135

ou Archives de l'art français, tome II par Philippe de Chennevières, 1852-1853, pages 322-323 ;

— GRODECKI (Louis), PERROT (Françoise), 1981,  Les Vitraux du Centre et des pays de la Loire, Corpus vitrearum. France. Série complémentaire, Recensement des vitraux anciens de la France II, Centre national de la recherche scientifique

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Published by jean-yves cordier - dans Arbre de Jessé
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 07:55

Le vitrail de la Vigne de Jessé et la Vie de Marie (1466) à l'église Saint-Dominique de Vieux-Thann (Haut-Rhin).

Voir aussi :

La peinture murale du calendrier liturgique circulaire médiéval (vers 1320) de l'église de Vieux-Thann (Haut-Rhin).

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J'ai étudié dans ce blog 36 Arbres de Jessé, mais jamais je n'en n'avais rencontré un semblable à celui de Vieux-Thann, dans lequel les rois de Juda et les prophètes cèdent la place à six scènes de la Vie de la Vierge, et où les tiges et branches de l'arbre sont remplacées, au cœur du vignoble de Rangen, par des sarments de vigne.

Les sculptures :

Et les vitraux :

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

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INTRODUCTION.

Adossée à Thann, située à la sortie de la vallée de la Thur au niveau de son débouché sur la plaine d'Alsace par le cône de déjection de l'Ochsenfeld, Vieux-Thann se situe dans le vignoble de Rangen. Le Rangen est le plus méridional des grands crus d'Alsace. Montaigne en faisait déjà l'éloge :

  « Vinsmes souper à Tane, quatre lieues, première ville d’Allemagne, sujette à l’empereur, très belle. Lendemain au matin, trouvâmes une belle et grande plene, flanquée à main gauche de coutaux pleins de vignes, les belles et les mieux cultivées, et en telle estendue que les Guascons qui estoient la disoint n’en avoir jamais veu tant de suite. ».

"L'église Saint-Dominique de Vieux-Thann est l'un des plus anciens sanctuaires mariaux d'Alsace, fondée en 991 par l'évêque de Strasbourg. Elle était réputée en tant que lieu de pèlerinage de la confrérie des Ménétriers, des tisserands et des vignerons de Haute Alsace. L'édifice dispose de deux vitraux remarquables : celui de la baie axiale du chœur, dont la partie haute représente la Passion du Christ sous les armes d'Autriche, des Ferrette et de Bourgogne et celui de la Vierge ou de l'Arbre de Jessé (1466), sans doute le plus beau d'Alsace. Le chœur abrite une custode murale du XVe siècle servant de tabernacle. Mais le Saint-Sépulcre, en grès jaune, l'un des plus beaux d'Alsace, est le joyau de l'édifice.

Un plan daté peut être consulté dans l'église. "

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DESCRIPTION .

 

 

La verrière de 4,00 m de haut et 1,20 m de large a été offerte en 1466 en l'honneur de la Vierge Marie par Jean Müller, prévôt du chapitre de Thann et par Nicolas Wolffach, curé de Thann, après l'achèvement de la seconde reconstruction de l'église en 1444-1445. La baie, initialement à deux formes séparées par un meneau et sommées d'un trilobe a été transformée au 19e siècle (?) en une fenêtre à une forme et au sommet en arc brisé; La verrière a été restaurée en 1873 par Petit-Gérard, réparée  en 1924 par Ott Frères, déposée pendant la Seconde Guerre Mondiale et restaurée en 1945. La bordure à fleur d'églantier est moderne. C. Block a publié le schéma de l'état de conservation, globalement excellent des verres, signalant ceux qui ont été remplacés, comme le visage de saint Étienne.

 Elle se présente dans l'église de Saint-Dominique sous l'aspect de huit panneaux rectangulaires et de deux panneaux terminés en forme.  Au-dessus des donateurs, six scènes de la Vie de la Vierge s'inscrivent dans l'enroulement des sarments de vigne, jaillis de la poitrine de Jessé : Naissance de la Vierge et Annonciation ; Nativité et Adoration des Mages ; Dormition de la Vierge et Couronnement 

 

Baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

 Baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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PARTIE INFÉRIEURE : LES DONATEURS.

Les deux donateurs et leur patron sont tous tournés vers  l'extérieur, ce qui est incohérent et fait supposer que ces deux bases des lancettes ont été interverties (celle de droite était à gauche et réciproquement). C. Block a reconstitué sur le papier la verrière logique, et a constaté que cette disposition satisfaisait alors aussi d'autres exigences, comme celles des points de fuite qui sont doubles et divergents actuellement, alors qu'ils se confondraient en un seul, central, sur l'axe médian. 

 

 

 Baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

1. Panneau de gauche. Jean Müller présenté par saint Étienne.
 Jean Müller, prévôt de la collégiale de Saint-Thiébaut à Thann, est présenté par saint Étienne, premier martyr.

Un prévôt est un titre hiérarchique équivalent au terme de doyen : il s'agit  de la première dignité dans le cas du chapitre d'une cathédrale ou d'une collégiale.


Un phylactère porte l'inscription suivante en lettres gothiques et avec abréviations par tildes :


Maria.ma~r. gr~e. Mater.

misericor~ie

–Transcription : Mater maria gratiae Mater misericordiae

–Traduction : "Marie Mère de grâce Mère de Miséricorde.

La bande inférieure porte le texte suivant : 

M.Johañes müller. Ppsit9. Ecc[l]e s~ti theobaldi . Año . Dñi. Lxvi /

Transcription :Johannes Müller praepositus ecclesia sancti theobaldi . Anno 1466. 

Traduction : "Jean Müller prévôt de l'église Saint Thiébault 1466."

Jean Müller avait été le dernier prévôt du chapitre de Saint-Amarin (Haut-Rhin), que le concile de Bâle transféra à Thann, le 30 juin 1442 ; il fut le premier de Saint-Thiébaut et présida celui-ci l’espace de vingt-sept ans . En tête de son nom se trouve un petit écusson d’argent, timbré de sa lettre initiale M de sable en caractère majuscule gothique. 

Les deux chanoines se partagent les versets du Maria, mater gratiae, l'est l'hymne traditionnel pour le petit office de la Sainte Vierge Marie pour les Petites Heures  des Heures canoniales : les deux chanoines devaient les réciter régulièrement.

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Jean Müller présenté par saint Étienne, baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Jean Müller présenté par saint Étienne, baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Nous avons ici une belle illustration de la douillette  aumusse canoniale :  

Originairement, elle est une coiffure-capuchon de fourrure descendant de la tête sur les épaules. Supplantée comme coiffure par la barrette, elle se mettait généralement sur les épaules quand on pouvait se couvrir de la barrette ; on l'ôtait des épaules et on la mettait sur le bras gauche quand on devait se lever. Presque disparue, elle était très répandue jusqu'à la fin du xviiie siècle. Elle se portait avec le surplis, soit toute l'année, soit l'été seulement, au lieu de la chape choraled'hiver.

Elle se porte encore en hiver, dans certains chapitres cathédraux, au nord des Alpes, où elle a pris la forme d'une courte pèlerine de fourrure, analogue à la mosette ou au camail, agrafée sous le menton et munie d'un petit capuchon.

 

L'aumusse est seulement en vair - blanc nuancé de gris -, en petit-gris, ou en fourrure noire ou brune, l'hermine ou les autres fourrures blanches n'étant pas admises car considérées comme marques des dignités supérieures. De son bord inférieur pendaient souvent de petites queues de la même fourrure. (Wikipédia)

Par contre, j'ignore la signification du cordon à deux brins pendants par devant, deux fois noués ensemble avant de retomber et de se terminer par des glands .

Saint Étienne porte, comme il se doit comme premier diacre de l'Église, la dalmatique (damassée bleue) sur le surplis, et l'étole . Les deux marrons posés sur sa tête tentent de représenter des pierres, celles qu'il a reçu lors de sa lapidation. C'est le premier martyr de la Chrétienté, un protomartyr. Il en porte la palme.

"L'application de grisaille au revers [à l'extérieur] des pièces est très limitée : comme au XIIIe et XIVe siècle, elle permet parfois de tracer les motifs décoratifs des étoffes, ce qu'on fit dans le damas de la dalmatique de saint Étienne."

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Jean Müller, baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Jean Müller, baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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2. Nicolas Wolfach, curé de Vieux-Thann, présenté par saint Jérome.

Nicolas Wolfach est présenté par le docteur de l’Église, saint Jérôme, portant le costume des cardinaux et accompagné d’un lion. 

Nicolas WOLFACH , originaire du pays de Bade, et précédemment chanoine de Saint-Amarin, était curé (Vicarius perpetuus) de Vieux-Thann et de son annexe de Thann en 1443, il devint le premier curé-chanoine de Thann en 1457, et  Prévot du chapitre à partir de 1471. C’est le chanoine Wolfach qui aurait, selon Lempfrid, constitué l'Historia et Légendea St. I Thobaldi, rassemblé et écrit la suite des  Tomus miraculorum Sancti Theobaldi, relatant, à partir de 1405, 215 miracles attribués à Saint-Thiébaut. Il est mort le 12 mars 1488 (Inventaire de 1682, p. 8 ; 1573, p. 25, 37 ; archives départementales Colmar, Stift Thann, boîte 15, Gr. Thanner 668), ou le 22 mars 1486 selon M. Tschamser cité par C. Block. Il est accompagné de ses  armes d’azur au loup ravissant d’argent, tenant entre les dents un oison  de même

 

 

L'inscription indique : 

Tu nos. ab. Hoste ptege. i.

hora . Mortis. Suspice

 

–Transcription : Tu nos ab hoste protege et hora mortis suspice

– Traduction : "Protège moi de l'ennemi et reçois moi à l'heure de ma mort. "

La bande inférieure porte le texte suivant : 

Nicola9 wolfach plbñus et canon/cus hui eccle . Año. Dñi lxvi

–Transcription : Nicolaus Wolfach plebanus et canonicus hui ecclesia. Anno Domini 1466.

–Traduction : "Nicolas Wolfach plébane et chanoine de l'égise. Année du Seigneur 1466.."

Le terme Plebanus "pléban" issu de plebs "peuple" et signifiant d'abord "paroissial" désigne un chanoine en charge d'un clergé paroissial vivant en communauté selon la même règle, en tant que prêtre séculier.

Note : Il apparait aussi sur un vitrail du bas-coté nord de Saint-Thiébaut à Thann, antérieur d'une dizaine d'années à celui-ci (vers 1455). Présenté également par saint Jérôme, Nicolas Wolfach tient un phylactère où est inscrit O Mater Dei Mis-- (ou pour les experts du Patrimoine O Maler der mich). Il est accompagné par l'inscription [Wolf]ach plebanus huius ecclesie . Il était placé agenouillé à droite du vitrail de la Vierge à l'enfant sur lequel se trouve le début de l'inscription : ANNO DM mccccl (V) NICC (I) AUS, ce qui donne pour le texte complet Anno domini 1450 ou 1455 Nicolaus Wolfach plebanus huius ecclesiae , "[offert en ] l'année du Seigneur 145[5] par Nicolas Wolfach, pléban de cette église".

 

 
 
Nicolas Wolfach présenté par saint Jérôme,, baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Nicolas Wolfach présenté par saint Jérôme,, baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Les visages masculins de saint Jérome et des deux donateurs contrastent avec les visages féminins qui seront décrits plus bas :

"Ces visages, aux traits vigoureux, sont fortement expressifs et individualisés ; leur contour est ondulé de manière à suggérer les pommettes, le creux de la joue, l'enflure du pli qui se forme autour de la bouche. Le visage est modelé par des lumières "enlevées", et les ombres sont posées en hachures fines, très souvent verticales. enfin on n'hésite pas à tracer par des lignes les traits du visage : plis des paupières et de la bouche. Les cous sont inexistants, les chevelures assez libres" (C. Block)

Les nuances du verre sont obtenues par une application de grisaille :

"...une application de grisaille sur la face interne du verre, application sûre sans jamais être sêche. C'est une grisaille au ton chaud de gris-brun, plus opaque dans les traits pleins ; elle prend quelquefois un ton presque rosé, comme il apparaît dans la cape de Nicolas Wolffach. Son application se distingue nettement de celle de la seconde moitié du XIVe ou du début du XVe siècle en Alsace ; elle sert ici de demi-teinte raffinée, posée au blaireau et enlevée au putois, ce qui ne permet plus de cerner, ou de tracer au trait, des poches d'ombre délimitées. Les traits nécessaires sont fins  dans les grandes lignes, doublés par d'autres traits fins si besoin est, qui se multiplient et se rapprochent pour former une ombre . Les ombres modelantes sont rarement couvrantes : elles sont obtenues par des hachures parallèles très souvent verticales à la manière de la technique du dessin (visage de saint Jérôme).". (C. Block)

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Nicolas Wolfach , baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Nicolas Wolfach , baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Nicolas Wolfach, église Saint-Thiebaut de  Thann :

 

Nicolas Wolfach , église Saint-Thiebaut, Thann. Photographie lavieb-aile.

Nicolas Wolfach , église Saint-Thiebaut, Thann. Photographie lavieb-aile.

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REGISTE INFÉRIEUR. JESSÉ ET SA VIGNE ; NAISSANCE DE LA VIERGE ET ANNONCIATION.

"La fenêtre est consacrée à la sainte Vierge et présente l’arbre de Jessé, mais d’une manière toute différente de celle que l’iconographie sacrée a adoptée depuis le douzième siècle. Au lieu de porter les ancêtres du Christ et de terminer par la fleur traditionnelle qui s’épanouit dans la figure de Marie avec l’Enfant, l’arbre, qui est ici un cep de vigne, issant de la poitrine du vieillard Jessé, forme avec ses ramifications le cadre des principaux événements de la vie de la Vierge. Se détachant du pied,
les sarments chargés de fruits et riches en feuillages viennent entourer comme autant de médaillons la naissance de Marie, l’annonciation faite par l’ange, la naissance du Verbe, l’adoration des mages, la mort ou la dormition de la Vierge et son couronnement dans le ciel. Dans les rinceaux supérieurs, on aperçoit des anges qui agitent des encensoirs." (Straub, 1876)

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La Vigne de Jessé , baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

La Vigne de Jessé , baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Jessé, le Riesling et le Gewurtzstraminer ? Ou le Pressoir Mystique ?

  Jessé est figuré avec une couronne, alors que le propriétaire de troupeaux de brebis à  Béthléem n'est nullement roi : c'est son fils David, puis son petit-fils Salomon, son arriere-petit-fils Roboam et une dynastie de quinze rois de Juda qui accédèrent au trône, jusqu'à la déportation à Babylone. Cette couronne est ici metonymique de cette royale descendance qui, dans les Arbres de Jessé, placent trois, six ou douze de leurs membre sur les branches de l'arbre généalogique qui mène à Joseph "de la maison de David" et à Jésus, ou, par une approximation théologiquement louable, à la Vierge portant son Fils. 

Car c'est à cette aventure spirituelle qui va donner au monde, à partir de sa semence, de son ventre, un Sauveur, que pense Jessé allongé sur son coude droit, à demi endormi, laissant filer les développements de son songe comme les  surgeons de ses nombreux rejetons. 

Fils d'Obaz, lui-même fils de Boaz (celui de Booz endormi !) et de Ruth la Moabite (l'émigrée, l'étrangère), il est le contemporain du prophète Samuel, mais il est sans-doute dotée d'une solide préscience puisqu'il devine ce qu'un autre prophète dira à l'un de ses lointains descendants, le bon roi de Juda Ezechias (-716/-687) , 13e du rang, et à son fils le vilain, impie et impénitent Manassé. Ce prophète se nomme Isaïe  et, c'est drôle, il porte le même nom que lui (Jessé ou Iessé = en hébreu יִשַׁי = Išaï), et ce qui est encore plus drôle, c'est qu'il annoncera dans ses prophéties exactement ce qu'il est en train de voir en songe : 

 

"Puis un rameau sortira du tronc d'Isaï [c'est lui, Jessé], Et un rejeton naîtra de ses racines.  L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui: Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel.  Il respirera la crainte de l'Éternel; Il ne jugera point sur l'apparence, Il ne prononcera point sur un ouï-dire.  Mais il jugera les pauvres avec équité, Et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre; Il frappera la terre de sa parole comme d'une verge, Et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses flancs, Et la fidélité la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l'agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau; Le veau, le lionceau, et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira. La vache et l'ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte; Et le lion, comme le boeuf, mangera de la paille. Le nourrisson s'ébattra sur l'antre de la vipère, Et l'enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte; Car la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent.  En ce jour, le rejeton d'Isaï Sera là comme une bannière pour les peuples; Les nations se tourneront vers lui, Et la gloire sera sa demeure. Dans ce même temps, le Seigneur étendra une seconde fois sa main, Pour racheter le reste de son peuple, Dispersé en Assyrie et en Égypte, A Pathros et en Éthiopie, A Élam, à Schinear et à Hamath, Et dans les îles de la mer. Il élèvera une bannière pour les nations, Il rassemblera les exilés d'Israël, Et il recueillera les dispersés de Juda, Des quatre extrémités de la terre."

Wouah, que du bon, il va engendrer un Sauveur, mieux, LE Messie, et il se forge déjà une félicité qui lui fait voir le loup embrassant l'agneau, la panthère couché avec le chevreau, et tout ça. 

A-t-il abusé du Silvaner ? Nous allons le voir. 

 

 

 

 

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La Vigne de Jessé, baie n°7, Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

La Vigne de Jessé, baie n°7, Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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En effet, l'artiste a représenté Jessé entouré de feuilles de vigne, de pampres et de juteuses grappes de raisin. Ce réseau des sarments crée des médaillons réguliers, symétriques, qui se réunissent sur l'axe médian en deux parenthèses ou mandorles, dans une ordonnance opposant le fond bleu des médaillons et le rouge de la vigne. 

Première solution : ce vitrail est offert par le syndicat des vignerons de la vallée de Thur pour assurer la promotion de leurs crus. Chacun sait que les vins d'Alsace portent les noms des sept cépages : le Silvaner aux grains jaune d'or, le Riesling blanc aux reflets verts, le Muscat blanc ou rose, le Pinot blanc aux baies blanches, le Pinot gris aux baies brun-violacé ( avec des reflets gris, si on veut), le Gewurtzstraminer aux fruits roses ou rouges, et le Pinot Noir dont les grains violets presque noirs se voilent de pruine.

Effectivement, du bas en haut du vitrail, les sarments (d'ivrogne ?) produisent des grappes blanches, jaunes, rouges ou noires.

Objection : les donateurs, nous les connaissons. Pas plus portés sur la bouteille que tous les autres chanoines, mais, par contre, éminents par leurs pieuses qualités spirituelles et par leur dévotion à la Vierge et à son Fils.

Deuxième solution, qu'il faut adopter sans barguinage. La vigne représente l'Eucharistie, et même, le Christ, qui a dit "Je suis la vigne, et vous les sarments" (Jn 15:5), ou "Je suis la vraie vigne, et mon Père le Vigneron" (Jn 15:1). 

Ah, mais le vitrail prend alors une ampleur extraordinaire ! Cette sève qui s'élève et nourrit les six épisodes de la Vie de Marie, Jean Müller et Nicolas Wolfach l'assimileraient au sang du Christ versé lors de la Passion, mais aussi au vin de l'Eucharistie qui par transubstantiation devient le sang du Rédempteur. La pensée théologique sous-jacente est foisonnante, dites-moi ! Cela rejoint le grand thème du Pressoir Mystique, celui de l'Agneau Mystique du polyptyque de Gand, celui de la Fontaine de Vie ! C'est le Torculus  Christi dans sa version dyonysiaque ! 

 

Le quoi ?

 Le Torculus Christi, la Croix comme Pressoir ! Voyez ici :

 

–Le vitrail du Pressoir Mystique, baie n°14 de l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche (Eure).

http://www.lavieb-aile.com/2016/04/le-vitrail-du-pressoir-mystique-baie-n-14-de-l-eglise-sainte-foy-de-conches-en-ouche-eure.html

– Ou bien le vitrail de la Fontaine de la Déïté souveraine de Beauvais :

http://www.lavieb-aile.com/2016/04/les-vitraux-anciens-de-l-eglise-saint-etienne-de-beauvais-baie-n-12-la-fontaine-de-vie.html

— Allo, allo, ici, c'est le prophète Isaïe. Vous ne pouvez omettre de parler ici de mes versets Is. 63:2-3. Car lorsque j'interroge ": Pourquoi donc vos vêtements sont-ils rouges, comme les habits de ceux qui foulent le vin dans le pressoir au temps de la vendange ? (Is 63, 2), le Seigneur répond : « J'ai été seul à fouler le vin; aucune homme ne s'est trouvé avec moi » (Is 63, 3).

— Si vous voulez, Isaïe, mais je vais conclure par ce vers de Venance Fortunat, mieux approprié à notre vitrail :

« Entre tes bras s'enlace la vigne, d'où coule pour nous en abondance le doux vin qui a la rougeur du sang » (Venance Fortunat,Poèmes II, 1)

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Retour à nos moutons.

La tête de Jessé est posée sur un coussin bleu au beaux damas, damas à rinceaux et feuillages qui se retrouvent sur son manteau mauve. Son manteau se referme sur une confortable fourrure. 

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La Vigne de Jessé, baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

La Vigne de Jessé, baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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La Vigne de Jessé, baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

La Vigne de Jessé, baie n°7 , Arbre de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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La Naissance de la Vierge.

 La Vierge, virgo en latin, se rapproche de virga "rameau" et appelle la citation d'Isaïe 11:1 : Egredietur virga de radice Iesse, et flos de radice ejus ascendet : "Puis un rameau sortira du tronc d'Isaï [Jessé], Et un rejeton naîtra de ses racines.". Cela n'a pas échappé à Fulbert, chanoine puis évêque de Chartres dans son poème pour la Nativité : Stirps Iesse virgam produxit, virgaque florem ; et super hunc florem requiescit Spiritus almus. Virgo Dei Genitrix virga est, flos Filius eius. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. : "La souche de Jessé a poussé une tige, et la tige une fleur, et sur la fleur l’Esprit fécond s’est reposé ! La tige, c’est la Vierge, la Mère de Dieu, et la fleur, c’est son Fils. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. "

Comment ces vers pourraient-ils ne pas s'imposer dans l'esprit des deux chanoines de Thann alors qu'ils sont intégrés, sous forme de repons, à la liturgie de la Nativité et à celle de l'Assomption, lorsqu'ils regardent ces panneaux où toutes les scènes sont entourés — comme dans des lettrines d'enluminures— par l'orbe parfait d'un sarment, d'une tige, d'un rameau vert, en un mot une verge :  virga

 Pour l'anecdote, virga "verge" a donné virgula, notre virgule, "petite verge".

"La scène de la naissance de Marie offre quelques gracieux costumes et des particularités à remarquer pour la literie, le mobilier, etc." "L"artiste s'est beaucoup attaché aux petits détails décrivant les galons dorés des coussins, les fibres du bois de lit, les carreaux du sol, les belles nuances dans le rouge de la couverture (C. Block).

Le fond bleu est découpé par un damas foliaire. Le point de fuite du sol carrelé est, très approximativement, centré par la Vierge. Sainte Anne porte la guimpe (elle est âgée, la naissance de Marie tient du miracle). Sa voisine est la matrone, qui a aidé à l'accouchement. Elle porte ses longs cheveux blonds ramassés dans la couronne d'un coquet touret noué sous le menton. Une troisième, en mauve et qui porte un voile, prie (ou s'émerveille). La petite Marie, nimbée, riche déjà de sa chevelure d'or,  les mains jointes, prie.

Verre rouge : trop dense pour être utilisé dans les mêmes épaisseurs que les autres verres colorés (il ne laissserait plus passer la lumière et semblerait noir), il doit être très fin, mais doublé d'un verre blanc pour assurer sa solidité :

"Les verres rouges sont généralement utilisés doublés, la pellicule colorée tantôt tournée vers l'intérieur (auquel cas le verre blanc présente une forte attaque de l'extérieur), tantôt vers l'estérieur (la péllicule rouge est alors très bien conservée ; cf. la cape de Dieu le Père dans le Couronnement, la couverture dans cette Naissance). "

 

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Naissance de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Naissance de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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"Le type de visage le plus caractéristique dans cette verrière est celui des faces féminines et poupines, aux joues bien rondes et tirées au dessus de l'œil avec un petit menton rond pointant au bout, saillant et bien dessiné ; les yeux ronds, mais non globuleux, sont vus dans leur plastique avec une paupière inférieure toujours marquée d'une lisière de lumière ; la distance entre la bouche et le nez est généralement grande ; la bouche, souriante par les deux fossettes latérales, offre une lèvre supérieure qui mord avec un petit V au mileiu d'une lèvre inférieure bien arrondie et dessinée. Le cou est généralement très fin, rond et modelé, avec une fossette centrale. Le nimbe est rond. Ce type de visage est traité à la grisaille douce, éclaircie au putois pour arrondir les volumes ; quelques traits marquent les sourcils fins, la paupière supérieure, le nez, la bouche. Les ombres, données par de toutes petites hachures parallèles, se situent au dessus de la paupière supérieure et sous l'inférieure, le long du nez, de la bouche et du cou. Les lumières ourlent la paupière inférieure, les deux lignes entre nez et bouche, un peu le contour de la bouche." (C. Block) 

"Les coloris choisis, s'ils sont denses et contrastés, apparaissent rarement à l'état pur. Les surfaces du verre sont soigneusement choisies de manière à faire correspondre les nuances claires, ou les hasards d'un verre doublé, par exemple, avec les parties saillantes des images. C'est ainsi que l'on a obtenu un effet de grande subtilité dans les dégradés de la couverture de sainte Anne" (id.)

"Le plus souvent, la grisaille est appliquée en fonction des "enlevés" par lesquels on désire faire vibrer la lumière des images. Dans la grisaille opaque, ils servent à décrire les rinceaux du fond, les damas des coussins ; dans les couvertes plus fines, les enlevés à l'aiguille rappellent les recherches d'effets de la gravure pour le tracé des carreaux au sol, des fleurs, des fibres du bois, ; ces enlevés deviennent, quand le sujet s'y prête, plus libre (pour les barbes et les chevelures par exemple), voire nerveux (pour le sol et les bergers de la Nativité)" (ibid.)

 

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Naissance de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Naissance de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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L'Annonciation.

Nous ne sommes plus dans une chambre, mais devant un gazon égayé de rosettes d'ancolies. Le fond bleu reste le même que dans la chambre de sainte Anne. L'archange Gabriel, au front ceint et orné d'une gemme,  porté par ses ailes aux ocelles de paon, s'est agenouillé devant Marie. Tenant un bâton fleurdelysé (la pureté du lys, l'attestation du pouvoir divin, mais aussi un rappel de la racine de Jessé qui fleurit en Marie), et lui tend  un parchemin muni de trois sceaux. Cette façon de s'exprimer est très rare pour Dieu, qui préfère la parole (fécondation par l'oreille), ou les phylactères, ou les lettres gothiques allant en pont ou en volute de l'ange à la Vierge, mais il doit avoir ses raisons impénétrables (allusion aux sept sceaux de l'Apocalypse ??). Comme d'habitude, Marie est à la fois surprise dans sa lecture pieuse, ravie par l'apparition du beau messager, et très émue par le rayon lumineux qui la frappe ou par la colombe de l'Esprit qui lui vient. Elle s'exclame : "je suis la servante du Seigneur". Entre les deux protagonistes, le vase, saturé de symboles sur la conception immaculée et la naissance sans blessure, et le lys, dans sa blancheur immaculée. 

C. Block a retrouvé le motif du parchemin muni de sceaux "dans les régions plus orientales du Tyrol, ou de la Bavière" : retable de Schloss, Tyrol, vers 1370 ; Innsbruck, Fernandeum ; Annonciation du Maître de Saint-Sigmund (Jakob Sunter) vers 1420, où l'ange agenouillé tient un pli fermé à trois sceaux ; Annonciation du Maître de l'autel de la Vierge d'Unterlimpurg à Saint-Urban, vers 1460, Stuttgart, Landesmuseum.

 

 

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L'Annonciation, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

L'Annonciation, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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L'Annonciation, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.
L'Annonciation, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

L'Annonciation, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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REGISTRE MOYEN. NATIVITÉ ET ADORATION DES MAGES.

"Pour le technicien, il peut être intéressant de savoir qu’une tête, mais une seule dans tout le vitrail, celle de saint Joseph dans la scène de la nativité du Sauveur, accuse le passage de la pierre ponce, avec laquelle l’artiste a enlevé l’émail du verre rouge, pour pouvoir supprimer un plomb." (Straub, 1876)

Le verre doublé permet des effets de gravure : le visage de Joseph ressort en clair sur la pièce de verre doublé dont le rouge a été conservé pour le capuchon.

 

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Nativité et Adoration des Mages, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Nativité et Adoration des Mages, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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La Nativité 

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Nativité, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Nativité, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Nativité, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Nativité, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Les bergers jouant à la "soûle à la crosse" ("choule" en Normandie).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Soule_(sport)#cite_note-7

Ce motif est fréquent parmi les bergers de la Nativité dans les enluminures. On le trouve aussi en sculpture sur le tympan de La Martyre, dans le Finistère. Les  crosses sont souvent confondues avec des houlettes, dont la tenue serait fort bizarre. Ce jeu, le soûle à la crosse, est à l'origine du golf, du croquet ou du  criket. Le Ancreroman de Renart en fait état au XIIe siècle : Li vilein qui sont à la çoule...

N.B : à la réflexion, des bâtons et houlettes sont représentées ainsi avec un partie inférieure élargie et arrondie (par exemple le bâton d'un berger sur le vitrail de la Nativité de Spézet (29)) .

 

 

Bergers jouant à la soûle, Nativité, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Bergers jouant à la soûle, Nativité, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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L'Adoration des Mages.

 

 

Adoration des Mages, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Parmi les trois mages, Melchior, le plus âgé, est vêtu de vert ; agenouillé, sa couronne posée dans l'herbe, il offre une cassette pleine d'or, vers lequel  l'Enfant tend les bras. Ce présent symbolise la puissance royale.

Gaspard attend, debout, son tour tout en désignant du doigt l'étoile. Il tient un objet d'orfevrerie semblable à un vase, mais auquel est suspendue une corne. Je suggère d'y voir une lampe à encens, un encensoir. L'encens honore la divinité de l'Enfant. Le visage, la couronne posée sur un turban et surtout la barbe mal taillée et drue du mage et sa chevelure en crinière de lion accentue l'aspect exotique du roi venu d'Arabie.

 

Balthasar est un jeune poupin vêtu d'une tunique au dessus d'une pelisse. Il n'a pas ni le visage noir ni la boucle d'oreille habituelle au roi d'Asie ou d'Afrique. Il tient un vase rempli de myrrhe, qui honore le Christ comme Rédempteur victorieux de la mort.

"On emploie beaucoup le jaune d'argent, au revers des pièces, pour ponctuer d'or les surfaces très blanches des vêtements, ou de l'architecture, pour colorer les cheveux et barbes, détailler les objets (cordelettes des coussins, orfèvrerie, livres), pour fixer une couleur supplémentaire sur les supports bleus (gazons fleuris d'ancolies et de violettes, cordelettes des coussins) ou mauves (boutons du costume de Jessé). Le degré d'intensité du jaune d'argent varie de manière à offrir trois variantes de tons." (C. Block)

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Adoration des Mages, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Adoration des Mages, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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REGISTRE SUPÉRIEUR. DORMITION ET COURONNEMENT. 

 

Dormition et Couronnement de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Dormition et Couronnement de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Dormition 

A la mort de la sainte Vierge, les douze apôtres sont présents; saint Pierre asperge le corps d’eau bénite, saint Jean tient la palme .

La conservation particulièrement mauvaise de la cape mauve de l'apôtre laiise penser que ce verre a été doublé, le verre blanc tourné vers l'extérieur. (C. Block)

 

 

 

 

 Couronnement de la Vierge, Au couronnement, Dieu le Père et Dieu le Fils reposent les pieds, chacun sur un globe transparent comme du cristal, dans lequel on distingue des rochers émergeant de la mer. 
Dormition de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Dormition de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Dormition de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Dormition de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Christiane Block tente de décrire un style propre à un "Maître de la Dormition de Vieux-Thann" :

"Visage, cou, auréole étirée vers le haut, sont généralement décrits sur la même pièce de verre et détaillés par la seule grisaille ou le jaune d'argent. Les traits féminins sont plus durs que ceux du groupe précédent (Naissance de la Vierge) ; l'ensemble est moins rond, les yeux moins saillants ; la bouche, aux lèvres bien séparées par une ligne horizontale, prend une expression plus virile. Les ombres sont principalement indiquées par des hachures verticales. L'artiste qui exécute ces visages séduit surtout  par la diversité des expressions qu'il prête aux Apôtres, l'observation de leurs gestes : les Douze sont tous différents, avec des visages familiers comme ceux de Jean et de Pierre, mais d'autres aussi, inattendus et intrigants, comme celui de l'apôtre dont on ne voit plus guère qu'une paire de sourcil, celui de l'extrême droite aux yeux d'ascète et à la bouche immense, celui enfin qui enfouit son visage dans ses mains. L'artiste révèle son goût pour les profils. Sans aucun doute exécuta-t-il aussi le groupe des rois mages : on y retrouve son penchant pour la description fine d'un ensemble d'éléments importants réunis sur une même pièce de verre, son attirance aussi pour les gestes inhabituels, (profils comme dans la Dormition), ou intimes, voire même son goût pour l'insolite peut-être, si l'on veut bien se laisser aller à contempler l'étrange visage du mage montrant l'étoile."  

 

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Dormition de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Dormition de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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 Couronnement de la Vierge.

 "Au couronnement, Dieu le Père et Dieu le Fils reposent les pieds, chacun sur un globe transparent comme du cristal, dans lequel on distingue des rochers émergeant de la mer. " (Staub

 Couronnement de la Vierge, baie n°7, Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Couronnement de la Vierge, baie n°7, Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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Couronnement de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Couronnement de la Vierge, baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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SOMMET DE LA LANCETTE.

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Sommet de la  baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Sommet de la baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Anges thuriféraires, sommet de la  baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Anges thuriféraires, sommet de la baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Ange thuriféraire, sommet de la  baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

Ange thuriféraire, sommet de la baie n°7 , Vigne de Jessé et Vie de la Vierge (1466), église Saint-Dominique, Saint-Thann. Photographie lavieb-aile.

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ÉTUDE ICONOGRAPHIQUE (C. BLOCK).

1. Recherche des Sources  :

a.Le vitrail du chœur de la Collégiale de Berne (1448- 1451)...

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/67/Berne_cath%C3%A9drale_verri%C3%A8re_du_choeur.jpg

... est comparable à celui de Vieux-Thann par le fait que les sarments d'une vigne de Jessé entourent des épisodes de la Vie de Jésus (et, par la même, certains épisodes de la Vie de Marie). Mais il en diffère par un traitement typologique qui les mets en parallèle, de chaque coté de chaque médaillon, à des scènes de l'Ancien Testament.

b. La vigne de Jessé se retrouve au XIIIe :

  • dans les vitraux des Dominicains de Strasbourg replacés dans la chapelle Saint-Laurent de la cathédrale.

  • dans la fenêtre axiale de Saint-Dionys d'Esslingen.

c. Enluminures représentant Jessé : 

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=JESSE

d. Pour la Dormition :

  • Retable Lösel à Mulhouse.

  • Dormition de Bourguillon, vers 1466.

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Note personnelle :

Cette originalité du vitrail de Vieux-Thann, qui consiste à remplacer, au dessus de Jessé endormi, les rois de Juda,  et latéralement, les prophètes, par des scènes de la vie de la Vierge trouve une origine précoce (troisième quart du XIIe siècle) dans la verrière de l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Tours, qui associe aux rois David et Salomon dix scènes de la Vie de Jésus et de Marie. 

http://www.lavieb-aile.com/2016/06/la-verriere-de-l-arbre-de-jesse-de-la-cathedrale-de-tours.html

 

 

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2. L'analyse technique et stylistique de Christiane Block.

 

 Le style de cette verrière n'est pas homogène. Christiane Block y a reconnu le style de deux artistes :

—De l'un  dépendent la conception générale de l'œuvre et donc probablement les cartons. Sa composition reste archaïque et traditionnelle et son style se situe dans la lignée de certaines peintures sur bois du milieu du xve siècle, marquées par l'influence de Conrad Witz. Elle le désigne comme le "Maître principal de la Vie de la Vierge du Vieux-Thann".

— De l'autre, relève principalement l'expression d'un style plus affirmé et plus original, dans lequel nle dessin tient une place importante pour tout ce qui touche aux contours, aux attitudes, à la technique  Collaborateur du Maître principal, il lui fut réservé, en raison de son habileté supérieure, les personnages aux attitudes plus tourmentées et les portraits. On pourrait l'appeler le « Maître de la Dormition ».

Le style de cette verrière développe les tendances apparues en 1455 dans les vitraux du bas-côté nord de la collégiale de Thann. En fait les parentés stylistiques les plus évidentes s'établissent avec un vitrail typologique de la collégiale de Berne (1448- 1451) et celui de la Genèse, à Zetting (1434-1447). Le « Maître principal » est très proche de l'artiste qui exécuta le retable Lösel (Musée historique de Mulhouse) : la scène de la Dormition de la Vierge en est une transposition si fidèle que Christiane Block se demande si le peintre du Retable n'a pas conçu le vitrail de Thann. Quant au « Maître de la Dormition », il s'identifie peut-être avec l'artiste qui exécuta la Dormition de la Vierge entre 1464 et 1466 pour l'église de Bourguillon (aujourd'hui au Musée historique de Bâle).

Ainsi "le peintre du retable Lösel a conçu tout le vitrail de la Vie de la Vierge qu'il exécuta en grande partie. Il fut aidé dans sa tâche par le « Maître de la Dormition » qui travaillait à la même époque aux vitraux de Bourguillon, que l'on a souvent attribués à Michel Glaser"

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La Dormition du Retable Lösel (Musée historique, Mulhouse) volet droit Photo Claude Menninger:

 

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

BLOCK (Christiane), 1970, "Le vitrail de la Vie de la Vierge de Vieux-Thann et sa place dans la peinture du Rhin supérieur, au XVe siècle", Revue de l'art, 1970, n°10, p. 15-29, 19 fig.

— ERLANDE-BRANDENBURG (Alain), 1971, . "Le vitrail de la Vie de la Vierge de Vieux-Thann". In: Bulletin Monumental, tome 129, n°3, année 1971. pp. 209-210; http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1971_num_129_3_7145

— ROUGE (Charles), Vitrail à Vieux Thann 1466 -- 1909 -- images. ... Image; Vitrail à Vieux Thann 1466 Rouge, Charles. Illustrateur 

STRAUB (A), 1876, "L'église du Vieux-Thann et ses vitraux". Bulletin de la Société pour la Conservation des Monuments Historiques d'Alsace — 2.Sér. 9.1874/75(1876) 

 http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/bmha1874_1875/0243?sid=34baebc67984a814e45186a9fe9c5b33

— Base Palissy : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palsri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IM68001346

— 

http://www.ville-thann.fr/Culture-Tourisme-Patrimoine/Histoire/Personnalites-illustres/WOLFACH-Nicolas/(language)/fre-FR

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Published by jean-yves cordier - dans Arbre de Jessé
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 08:02

Les vitraux (1954-1978) de Jacques Le Chevallier de l'église Notre-Dame du Cap Lihou de Granville. L'Arbre de Jessé (1954).

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— Dans la région granvillaise, voir aussi:

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Jacques Le Chevallier (1896-1987) est l'un de nos plus grands verriers français vitraillistes du 20e siècle dans son atelier de Fontenay-aux-Roses. On lui doit "les vitraux d'églises (Notre-Dame-des-Otages, Église Sainte-Jeanne-d'Arc du Touquet-Paris-Plage) et de chapelles en France, en Belgique et en Suisse (Doullens, La Roche-Posay, Condé-sur-Noireau, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Bourg-en-Bresse, Notre-Dame du Cap Lihou de Granville) et des cathédrales (Notre-Dame de Paris, Saint-Maurice d'Angers, Saint-Pierre de Beauvais, Saint-Jean de Besançon,Saint-Étienne de Toulouse, Cathédrale Notre-Dame de Laon, Cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons). Il travaille également à l'étranger dans le cadre de la seconde Reconstruction. Peuvent être ainsi citées les verrières de la basilique d'Echternach, celles de la tribune de la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg (où il a déjà travaillé en 1937 avec l'atelier Barillet) et l'ensemble des verrières de Notre-Dame de Trèves (Liebenfraukirche), comparé à une "véritable tapisserie" (commission d'art sacré et de reconstruction en Rhénanie-Palatinat)"(Wikipédia).

J'ai déjà présenté dans ce blog les vitraux de l'église de Gouesnou par Le Chevallier:

Je poursuis mon tour de France des Arbres de Jessé à Granville. Je présenterai des vues générales de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, l'ensemble des vitraux de Le Chevallier, et enfin l'orgue.

Voir aussi dans ce blog lavieb-aile les articles consacrés aux Arbres de Jessé de Bretagne:

Les sculptures :

Et les vitraux :

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

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I. Présentation.

En septembre 1944, deux obus sont tombés sur le parvis de l'église et ont fait exploser les vitraux anciens. De nouveaux vitraux ont été réalisés de 1954 à 1978, composant le plus grand ensemble de verrières contemporaines de la Manche. Jacques Le Chevallier en a réalisé les cartons ET les vitraux. On en souligne les influences du cubisme et du fauvisme.

En 2012, "Sur les cinquante-deux vitraux, 11 baies sont à rénover d'urgence, 19 sont dans un état médiocre et 14 dans un état passable. Deux vitraux en baie ont été refaits en septembre 2011. " Certains ont été restaurés en 2011 sous la direction de  François Pougheol, Architecte du Patrimoine par Henri Helmbold, Maître verrier à CORPS-NUDS (35) et jusqu'en 2015. Les vitraux des chapelles du transept sont en cours de restauration (2016). 

Le plan est emprunté à la plaquette proposée par le site officiel de Granville :

http://www.ville-granville.fr/iso_album/eglise_panneau_leger.pdf

 

 

Plan de l'église, source : http://www.ville-granville.fr/iso_album/eglise_panneau_leger.pdf

Plan de l'église, source : http://www.ville-granville.fr/iso_album/eglise_panneau_leger.pdf

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1. Le chœur.

La construction du chœur a débuté en 1628 pour s'achever en 1641, année d'édification du déambulatoire. 

 

Chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Vue du chœur vers la nef ; église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vue du chœur vers la nef ; église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Les dix vitraux du déambulatoire  sont consacrés à la Vie de Marie et à saint Jean-Baptiste et furent réalisés entre 1954 et 1959 à la demande du chanoine Hyernard, curé de l'église. Ce sont des baies de forme ogivale, divisées en deux lancettes cintrées (de 4 panneaux chacun) et un tympan de deux mouchettes. On les parcourt, depuis la porte d'entrée au nord, dans une suite qui est hétéroclite sur le plan théologique et débute par l' Annonce à Zacharie pour passer à l'Assomption.

Il me semble donc nécessaire d'adopter un autre ordre et de débuter par la baie axiale.

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L'arbre de Jessé.

La Baie axiale n°0 est consacrée, comme dans la cathédrale de Saint-Denis et les grandes cathédrales médiévales, à l'Arbre de Jessé, proclamant de manière kérigmatique que la naissance du Christ Sauveur et Rédempteur et la virginité de Marie  accomplissent les Écritures, en l'occurence le verset d'Isaïe inscrit sur le vitrail : "UN REJETON SORT DU TRONC DE JESSÉ. UNE FLEUR POUSSE DE SES RACINES. ET L'ESPRIT DU SEIGNEUR Y REPOSE. ISAÏE 11:1.

Inscription de la lancette de droite : J. Chevallier 1954. Don des pélerins de Chartres. 9 mai 1954.

Inscription de la lancette de gauche : Don des Granvillais de Paris.

 

 
Arbre de Jessé, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Arbre de Jessé, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Jessé est allongé, accoudé, main droite sous la joue dans la posture du songeur. Le tronc vert d'un arbre prend naissance de son ventre.

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Jessé, in Arbre de Jessé, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Jessé, in Arbre de Jessé, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Puis viennent, installés dans les branches, trois des rois de Juda cités par Matthieu et par Luc dans la Généalogie de Jésus (Mt 1:1-17 et Lc 3:23-28). Seul David, fils de Jessé, à droite, est identifiable par sa harpe de psalmiste. Les deux autres peuvent être Salomon et Roboam.

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Arbre de Jessé, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Arbre de Jessé, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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A gauche, deux autres rois de Juda, couronnés, tenant un sceptre : imaginons-les comme Abia et Asa, successeur des rois précédents. Au dessus de leur tête, l'étoile de David.

A droite, la Vierge dans une mandorle, nimbée mais non couronnée, la tête couverte du voile bleu de son manteau, et tenant dans ses bras l'Enfant. Celui-ci porte le nimbe rouge crucifère, il fait face au fidèle, et le bénit.

Arbre de Jessé, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Arbre de Jessé, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Le tympan comporte les Tables de la Loi (l'Ancienne Alliance) à gauche, avec ses dix commandements du Décalogue et à droite le chandelier dont les sept branches font brûler un feu orange et jaune.

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Arbre de Jessé, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Arbre de Jessé, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Pour poursuivre en toute logique notre visite, il faut passer alternativement à droite et à gauche de cette baie centrale ; si on suit la numérotation des baies adoptée par le Corpus Vitrearum (n°pair au sud, impair au nord), cela se fait en toute logique de la baie n°1 à la baie n° 8. Sur place, c'est plus compliqué.

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Baie n°1. Annonciation.

 

JE VOUS SALUE MARIE PLEINE DE GRACE / LE SEIGNEUR EST AVEC VOUS.

Inscription commémorative : En souvenir des familles  Lefebvre,  Letourneur-Hugon, et Guérard"

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Annonciation, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Annonciation, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°2.   Présentation de Marie au Temple.

 Ce jour là, un confessionnal venait masquer en partie le vitrail. 

 

 

Présentation de Marie au Temple, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Présentation de Marie au Temple, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°3. Nativité.

QUE LA NAISSANCE DE VOTRE FILS NOUS LIBÈRE / NOUS QUE TIENT ASSERVIS LE PÉCHÉ.

Au tympan : couronne, corbeille de pain, cruche de vin.

Inscription de donation : Melles SIMON en souvenir de la famille Pigeon-Litan.

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Nativité, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Nativité, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°4. Visitation.

MON ÂME GLORIFIE LE SEIGNEUR. / VOUS ÊTES BENIE ENTRE LES FEMMES.

Inscription de donation :En souvenir de la famille P. Gehin.

 

Visitation, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Visitation, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°5. Assomption.

La Vierge est placée dans une mandorle, entourée de 12 étoiles (allusion à la Femme de l'Apocalypse Ap. 12, couronnée, surmontée dans le tympan par la colombe nimbée de l'Esprit Saint. Trois anges la vénèrent.

LES ANGES SE REJOUISSENT ET LOUENT DIEU. / MARIE A ETE ELEVEE AU CIEL.

Inscription de donation : En souvenir des familles Schmitz, Daguenet et Cambernon

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Assomption, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Assomption, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n° 6.  Cantique de Siméon. 

CAR MES YEUX ONT VU VOTRE SALUT / QUE VOUS AVEZ PREPARÉ A LA FACE DES PEUPLES.

— Inscription commémorative : à gauche : En souvenir de la famille JOLLIOT DE LA MORANDIERE. A droite : En souvenir de la famille P. LE TENNEUR.

Léon Julliot de La Morandière, né à Granville le 9 septembre 1885, décédé à Paris le 16 octobre 1968 a été doyen de la faculté de droit de Paris en 1944 et présida à la commission de réforme du Code civil en 1945. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il devint résistant et intègra le réseau Combat.

Son frère Charles Julliot de La Morandière (1887-1971), est un historien de la Manche qui fut conservateur du musée du Vieux Granville et présida la Société d'archéologie de Granville. Il est l'auteur d' Histoire de Granville, Impr. Colas, 1947, réédition librairie Roquet, 1986, et de l'Histoire de la pêche française de la morue dans l'Amérique septentrionale des origines à 1789, 2 vol., éd. GP Maisonneuve, 1962

 

— Signature : J. LE CHEVALLIER 1956.

 

Selon un principe déjà remarqué, la représentation très habituelle des scènes de la Vie de Marie  (ici, la Présentation de Jésus au Temple) est remplacée par celle de cantiques ou de prières inspirées du passage des évangiles correspondant.

 

"Et voici, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui.  Il avait été divinement averti par le Saint Esprit qu'il ne mourrait point avant d'avoir vu le Christ du Seigneur.  Il vint au temple, poussé par l'Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu'ordonnait la loi, il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit: Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur S'en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, Salut que tu as préparé devant tous les peuples, Lumière pour éclairer les nations, Et gloire d'Israël, ton peuple. Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère: Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l'âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées  " Luc 2:22-35

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Cantique de Siméon, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Cantique de Siméon, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°7. Annonce à Zacharie de la naissance de saint Jean-Baptiste, cousin de Jésus.

 L'inscription indique : Elisabeth enfantera un fils Tu l'appelleras Jean. Il ramènera de nombreux fils au Seigneur leur Dieu.

Citation de  Luc 1.13-64 « Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l'autel des parfums. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s'empara de lui. Mais l'ange lui dit : Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère ; il ramènera plusieurs des fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu ; il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. » 

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Annonce à Zacharie , Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Annonce à Zacharie , Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°8. Déposition. Saint Jean et la Vierge éplorée devant le Christ déposé de la Croix.

 

O COMBIEN DOULOUREUSE ET COMBIEN AFFLIGEE / CETTE MÈRE BENIE DU FILS DE DIEU.

Ce texte renvoie à la 3e strophe du Stabat Mater :

O quam tristis et afflicta
fuit illa benedicta
Mater Unigeniti.
 

Inscription de donation : Don des paroissiens 1955.

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Vierge de Pitié, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vierge de Pitié, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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La baie du coté nord qui viendrait maintenant a été supprimée pour ouvrir la sacristie construite en 1771. Nous enchaînons au sud avec la dernière baie à deux lancettes :

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Baie n°10. Prédication de Jean-Baptiste.

VOICI CELUI QUI CRIE DANS LE DESERT : PREPAREZ LA VOIE DU SEIGNEUR.

Citation de l'évangile de Jean : Jn 1:23 : "Que dis-tu de toi-même? ---Moi? répondit-il, je suis cette voix dont parle le prophète Esaïe, la voix de quelqu'un qui crie dans le désert: Préparez le chemin pour le Seigneur".

 

Inscription commémorative : Souvenir des familles LE HUGEUR LECOCQ et Y.M. VESVAL.

Adeline Le Hugeur était la belle-mère du docteur  Vesval. Yves-Marie Vesval était le fils du docteur Vesval.

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Prédication de Jean-Baptiste, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Prédication de Jean-Baptiste, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

 

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Baie n° 10. Le martyre de saint Jean-Baptiste.

NOUS VOUS OFFRONS CE PRESENT SEIGNEUR EN L'HONNEUR DE LA PASSION DE VOTRE MARTYR JEAN-BAPTISTE POUR OBTENIR LE SALUT PAR SON INTERCESSION.

On y voit la décollation de Jean-Baptiste, puis la tête du martyr présentée par Salomé à Hérode.

Inscription commémorative : A la mémoire des familles PONEE, GOSSE, BLONDEL.
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Martyre de Jean-Baptiste, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Martyre de Jean-Baptiste, Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Conclusion.

Il me semble que nous sommes ici très loin d'une "Bible d'image" ou d'une succession narrative d'images  illustrant la Vie de Marie et celle de saint Jean par des images d'Epinal stéréotypées. Le choix du peintre est le reflet vraisemblable de celui du commanditaire.

Que sait-on de ce dernier ? L'abbé Georges Hyernard, doyen de Granville et curé de Notre-Dame du Cap Lihou,  a été vicaire à la Basilique Sainte-Trinité de Cherbourg en 1929-1932, puis secrétaire particulier de l'évêque de Coutances en 1931. Il est alors particulièrement impliqué auprès de la jeunesse, et en 1940, c'est lui qui lance  le scoutisme dans la Manche. Il est l'auteur de :

  •  Notre-Dame du Voeu: une abbaye, une paroisse: VIII siècles d'histoire, 1145-1985 .
  •  « Monseigneur de Beauvais, évêque de Senez (1731-1790) » Mémoires Vol. 31 : Figures cherbourgeoises, Société nationale académique de Cherbourg, 1995
  • Vie de Barthélemy Picquerey (1609-1685), prêtre de Cherbourg, par le chanoine Georges Hyernard 
  •  Le Bienheureux Thomas Hélye. Prêtre de Biville. Vie et miracles. Presses de la Dépêche, Cherbourg 1985.

​L'Annonciation, la Nativité, la Présentation de Marie au Temple et la Visitation sont encore inspirés des poncifs, mais une place importante est donnée aux prières et affirmations chrétiennes. Les symboles placés dans le tympan commentent ces scènes, qui sont autant de fêtes du calendrier de l'Église. Par contre, l'Assomption développe un parallèle avec la Femme du Livre de l'Apocalypse ; la Présentation de Jéus au Temple est remplacé par le Cantique de Siméon, et en particulier par les versets prophétiques ; l'Annonce à Zacharie retient également la prophétie de la naissance de Jean ; la Déposition se concentre sur la citation du Stabat Mater ; la Prédication de Jean-Baptiste, sur "la voix qui crie dans le désert". En somme, la priorité n'est pas donnée à l'image, mais à l'illustration de la parole, dans ses fonctions prophétiques, proclamatives et exclamatives. C'est déjà par une prophétie, celle d'Isaïe sur le rejeton sortant du tronc de Jessé, que le cycle débute, puis il se développe en une arborescence à deux branches (les cotés nord et sud du déambulatoire) pour faire croître cette parole et en attester la réalisation par les témoignages oraux des saints protagonistes. 

Sur le plan stylistique, on notera que ces paroles des prières utilisent, pour s'adresser à Dieu ou à la Vierge le vouvoyement qui était en vigueur avant le concile Vatican II, et donc avant 1965.

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LES BAIES DES PROPHÈTES ET APÔTRES.

 

Elles éclairent la partie centrale du chœur entre le transept et l'abside. Je vais conserver ma description en zig-zag du nord au sud, la seule cohérente. On compte deux baies à deux lancettes au nord, et des baies à trois lancettes trilobées et réseaux. 

Baie n°9. Saint Marc, saint Pierre et saint Jean.

 

Saint Marc, saint Pierre et saint Jean, par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Saint Marc, saint Pierre et saint Jean, par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°12. Saint Luc, saint Paul et saint Mathieu.

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Saint Luc, saint Paul et saint Mathieu, par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Saint Luc, saint Paul et saint Mathieu, par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°11. David, Isaïe et Ezéchiel.

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David, Isaïe et Ezéchiel,  par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

David, Isaïe et Ezéchiel, par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°14. Daniel, Jérémie et Salomon.

Signature sous Isaïe : J. LE CHEVALLIER, PEINTRE-VERRIER, 1959.

 

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Daniel, Jérémie et Salomon, par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Daniel, Jérémie et Salomon, par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°13. Abraham et Moïse.

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Abraham et Moïse par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Abraham et Moïse par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Baie n°16. Élie et Jacob.

 

 

 

Élie et Jacob par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Élie et Jacob par Jacques Le Chevallier, vitrail du déambulatoire, chœur de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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2. La Nef.

La grande nef fut érigée entre 1643 et1655, puis les chapelles Saint-Clément (bras du transept sud)  et Notre-Dame du Cap-Lihou (bras du transept nord)  furent ajoutées respectivement en 1674 et 1676. 

Elle est éclairée par de petits vitraux réalisés entre 1972 et 1974 ; ceux-ci sont en verre clair centrés par une image biblique emblématique (Arche de Noé, Agneau pascal, Buisson ardent, etc.)

Nef et orgue de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Nef et orgue de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Vitrail de Jacques Le Chevallier, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vitrail de Jacques Le Chevallier, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Vitrail de Jacques Le Chevallier, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vitrail de Jacques Le Chevallier, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Vitrail de Jacques Le Chevallier, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vitrail de Jacques Le Chevallier, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Vitrail de Jacques Le Chevallier, 1974,  Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vitrail de Jacques Le Chevallier, 1974, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Vitrail de Jacques Le Chevallier, 1974,  Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vitrail de Jacques Le Chevallier, 1974, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vitrail de Jacques Le Chevallier, 1974,  Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vitrail de Jacques Le Chevallier, 1974, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vitrail de Jacques Le Chevallier, 1974,  Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vitrail de Jacques Le Chevallier, 1974, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Vitrail de Jacques Le Chevallier, 1974,  Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Vitrail de Jacques Le Chevallier, 1974, Nef de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Je n'ai pas photographié :

  • les vitraux des chapelles Saint-Clément et Notre-Dame (en restauration)
  • les vitraux des fenêtres hautes.

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Le grand lutrin de chœur (Bois doré, XVIIe-XVIIIe siècle ; pied du XVIIIe).

Un aigle terrasse un serpent adossé à un globe. Restauré vers 2010.

Classé au titre d'objet 5 mai 1974 : voir notice Palissy

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Aigle lutrin, photographie lavieb-aile.

Aigle lutrin, photographie lavieb-aile.

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Les orgues.

 

Le Grand Orgue en tribune au fond de la nef est un buffet en deux corps. Créé en 1660-1662 par Robert Ingoult , il a été reconstruit par  Pierre Ménard en 1855, complété par  Louis Debierre en 1899 et  restauré par Claude Madigout en 1995. Le buffet d'orgue et la balustrade de tribune ont été classés au titre objet des monuments historiques par arrêté du 21 janvier 1981 ; la partie instrumentale de l'orgue a quant à elle été classée par arrêté du 20 juin 1989

Pour la composition de l'instrument, voir :

http://orgues-normandie.com/index.php?principal=fiche_orgue.php&id=344

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Grand Orgue de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Grand Orgue de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Grand Orgue de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Grand Orgue de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Grand Orgue de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Grand Orgue de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Grand Orgue de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

Grand Orgue de l'église Notre-Dame du Cap Lihou, Granville, photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Arbre de Jessé
8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 09:21

L'Arbre de Jessé de la cathédrale Notre-Dame d'Évreux. Chapelle de la Mère de Dieu, vers 1470.

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Voir dans ce blog lavieb-aile des articles consacré aux Arbres de Jessé de Bretagne:

Les sculptures :

Et les vitraux :

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

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La chapelle absidiale dite de la Mère de Dieu fut construite entre 1461 et 1470 par l'évêque Jean La Bahue en commémoration du sacre de Louis XI. On y trouve une Vierge à l'enfant, statue de pierre polychrome, qui date du début du XVIe siècle. Hélas pour les amateurs de vitraux, cette statue s'oppose à l'accès à la Baie O et à sa verrière de l'Arbre de Jessé, d'autant que l'accès est entravé par une grille de clôture de l'autel : je n'ai réussi à prendre que des photographies de détails, en prise oblique.

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J'utilise donc en présentation la photographie  par Vassil disponible sur Wikipédia : là encore, la vue n'est que partielle. On se reportera ici pour une photo entière : http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-NotreDame_v12.htm

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Pour une photo du vitrail "en pied", je n'aurai que cela à vous offrir :

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Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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La baie 0 est formée de 3 lancettes trilobées et d'un tympan en forme de fleurs de lys ; elle mesure 5,80 m de haut sur 2 m de large. Elle est datée de 1467-1469 et relève d'un don de Louis XI. Elle a été restaurée en 1897 par Duhamel-Marette, et en 1999 par Tisserand qui a suuprimé les plombs de casse, collé de nombreuses pièces, qui en a doublé d'autres, avant de reposer le vitrage avec une verrière de doublage.

 

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Mes photos :

Le registre inférieur : Jessé entouré de deux prophètes.

On remarquera bien-sûr la robe damassée du patriarche Jessé, père du roi David et grand-père de Salomon : le fond rouge est envahi comme par un lierre ou une arborescence dorée, dont un examen rapproché montre qu'elle est faite de rinceaux, de feuilles de fougères, de fleurs d'œillets ou d'autres espèces, ou de pommes de pins. On peut y voir la puissance génératrice de l'ancêtre, et, par le choix de l'or, l'énergie spirituelle témoignant du fait que Jessé est mis au service de Dieu dans son plan d'Incarnation. On peut aussi y voir la place première du mot latin virga "rameau", qui va répondre, dans le registre supérieur, en sa fleur le mot virgo "vierge" et son fleuron l'Emmanuel selon la prophétie d'Isaïe 7:14 :

C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d'Emmanuel. 

Le projet théologique des Arbres de Jessé est d'illustrer par une image mnémotechnique comment l'Ancien Testament contient les éléments qui annoncent et s'accomplissent dans le Nouveau Testament. Le premier Livre de Samuel ( Jessé y apparaît dans le chapitre 16 comme propriétaire de troupeau à Bethléem) est consacré à l'instauration d'une monarchie à la place du système des Juges, et raconte comment le pâtre David va recevoir la couronne royale du royaume de Juda et fonder une dynastie éternelle. Jésus, qui par sa généalogie énoncée dans l'incipit de l'évangile de Matthieu descend de Jessé et des douze rois de Juda, est le fondateur d'un Royaume éternel, et sa mère Marie reçoit la couronne comme Reine des cieux, reine des Anges, Vierge (virgo) qui accomplit la prophétie d'Isaïe. 

Sur le plan technique, les palmettes et rinceaux  du damas de cette robe ne sont pas peints mais montés au plomb . 

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Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Isaïe et sa prophétie.

Le prophète Isaïe (en bonnet orné de pierres précieuses) présente sa prophétie dans un phylactère : Egredietur virga de radice iesse et flos de radice eius ascendet.

Voir infra la traduction.

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Jessé sous sa tente, songeant à sa royale descendance.

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Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Second prophète. Jérémie (?).

Un second prophète prèsente son phylactère : Et requiescet super eum spiritus Domini 

Il est tentant d'y reconnaître le prophète Jérémie, mais cela n'est guère logique puisque les deux phylactères présentent les deux premiers versets du chapitre XI du Livre d'Isaïe :

Egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice eius ascendet. Et requiescet super eum Spiritus Domini.  

Une tige sortira de la racine de Jessé, une fleur s’élèvera de ses racines. Et sur elle reposera l’Esprit du Seigneur. [Is. XI, 1-2] 

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Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Les registres supérieurs vont adopter une disposition qui rompt avec celle, linéaire, des premiers arbres du XIIe siècle  (ceux de Suger à Saint-Denis, de Chartres, de Troyes, du Mans, etc..) : selon un schéma en chandelier, la Vierge et l'Enfant occupe la place centrale au dessus de Jessé et les douze rois sont figurés sur des rameaux latéraux, en deux groupes de six, assis ou posés sur des bourgeons. 

Les rois portent le sceptre ; ils sont couronnés, mais leur couronne à fleuron est associée à un bonnet qui illustre qu'ils sont hébraïques et anté-testamentaires. Chacun d'eux témoigne, par sa gestuelle, de l'hommage qu'ils rendent à la Vierge et à son Fils, qu'ils reconnaissent comme la réalisation ultime de leur dynastie. L'un tend un index vers la Vierge, l'autre élève les deux mains, le troisième soulève son chapeau, etc...

Couleurs :

Le fond est un verre bleu uniforme, et cette couleur du ciel n'est reprise que pour le manteau de la Vierge (et la robe d'Isaïe). La seconde couleur est le jaune, c'est à dire le verre blanc peint à son avers de jaune d'argent plus ou moins concentré. Vient ensuite le rouge, puis le vieux rose ou le pourpre, et un pourpre très sombre. Le vert est décliné en deux teintes. On trouve aussi, pour des détails, un bleu turquoise pâle.

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Le roi David et sa harpe.

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Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Deuxième roi de Juda. Salomon ?

Sur le plan stylistique, notez la hampe du sceptre.

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Troisième et quatrième rois de Juda.

Lancette A, cinquième panneau.

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Cinquième et sixième rois de Juda.

Lancette C, cinquième panneau.

 

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Septième, huitième et neuvième rois de Juda.

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Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile
Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Dixième, onzième et douzième rois de Juda.

Lancette C, sixième et septième panneaux.

 

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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La Vierge à l'Enfant couronnée par trois anges.

On remarquera que la Vierge est debout sur le croissant qui se réfère à la Femme de l'Apocalypse. Ce détail fait de l'Arbre de Jessé une défense de l'Immaculée Conception.

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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Remarquez la couronne, montée "en chef-d'œuvre" . C'est aussi le cas de nombreuses pièces  d'ornements vestimentaires sur d'autres panneaux.

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Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

Baie 0 de l'Arbre de Jessé, (v. 1470), Chapelle de la Mère de Dieu, Cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographie lavieb-aile

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SOURCE ET LIENS.

— Site patrimoine-histoire.fr :

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

Professor Moriarty (2012):

http://professor-moriarty.com/info/fr/sec/vitraux/p%C3%A9riode-avant-19%C3%A8me-si%C3%A8cle/evreux-france/cath%C3%A9drale-notre-dame-d%C3%A9vreux-arbre-jess%C3%A9-chape

CALLIAS BEY (Martine), 2001, "Les vitraux de Haute-Normandie"  / Martine Callias Bey, Véronique Chaussé, Françoise Gatouillat, Michel Hérold ; éd. Comité français du Corpus Vitrearum, Laboratoire de recherche sur le patrimoine français. - Paris : CNRS éd. : Centre des monuments nationaux : Editions du Patrimoine, 2001. - 494 p. : ill., plans, cartes ; 33 cm. - (Corpus Vitrearum - Recensement des vitraux anciens de la France ; Vol. VI). Index p. 450-479." page 147.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Arbre de Jessé
24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 23:36

L'Arbre de Jessé sculpté de l'ancienne église de Plouégat-Moysan (29) au Musée Départemental Breton de Quimper.

 évêché, sont 

 

En 1953, Victor Henry Debidour mentionnait : "Le Musée breton de Quimper conserve deux brochettes de rois, provenait d'un Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant." Deux "brochettes" ! C'était faire peu de cas des deux branches d'un arbre de Jessé en chandelier, en chêne sculpté,provenant de l'église de Plouégat-Moysant avant que celle-ci ne soit frappée par la foudre en 1886 et que la nef, le transept et le chevet plat ne soit édifiés entre 1874 et 1879.  Certes, l'ensemble d'origine a perdu le patriarche Jessé, du tronc duquel s'élevait ces deux fois six rois de Juda, selon la Généalogie de Jésus qui débute l'Evangile seoln saint Matthieu. Certes, il a également perdu la Vierge à l'Enfant vers lequel devait s'épanouir, comme une fleur virginal, ces fils royaux de Jessé. Mais il existe au moins deux très bonnes raisons de s'arréter encore aujourd'hui devant ce qu'il reste de l'Arbre de Plouégat-Moysant :

La première raison, c'est que le Musée Départemental les a placé dans deux vitrines séparées qui occupent des loges de l'antique escalier de la Tour de Rohan. Celle-ci est la partie la  plus anciennne du palais épiscopal édifié pour l'évêque Bertrand de Rosmadec au voisinage immédiat de la cathédrale de Quimper. Autrement dit, les neuf ou dix rois de Juda de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant ont obtenu une place de premier choix. Ils jouissent d'une mise en valeur par un éclairage judicieux, que peuvent leur envié les œuvres équivalentes encore en place dans les églises et chapelles.

Car la deuxième raison, c'est que ces fragments sont un témoin précieux d'un corpus de 21 Arbres de Jessé sculptés recensés en Bretagne en 1961 par le Dr  Le Thomas. Ils servent ainsi de document pour une iconographie comparative régionale de la diifusion du thème jesséen, lui-même étroitement lié au culte marial, dans l'opposition de la Vierge conçue sans péché à la Démone chtonienne. Louis Le Thomas,  médecin natif de Landerneau qui parcourait la Bretagne en motocyclette avec son matériel photographique, décrivait en 1961  34 Arbres de Jessé bretons, dont 13 verrières et 21 arbres sculptés ( 15 haut-reliefs, 2 niches à volets,  et des bas-reliefs).  

Voici la liste de ces 21 Arbres de Jessé sculptés :

  • Cléguerec, Chapelle de la Trinité, Morbihan. XVIIe 

  • Confort-Berhet, église N-D. de Confort, Côtes d'Armor, XVIe

  • Duault, Chapelle Saint-Jean de Landugen, Côtes d'Armor, XVIe

  • Guimaec, presbytère, Finistère, fragment

  • Loc-Envel, église Saint-Envel, Côtes d'Armor, XVIe

  • Locquirec, église Saint-Jacques, XVIIe

  • Ploerdut, Chapelle Notre-Dame à Crénénan, Morbihan, XVIe siècle

  • Plouegat-Moysan, presbytère, Côtes d'Armor, XVIe, fragment

  • Plounevezel, Chapelle Sainte-Catherine, Finistère, XVIe-XVIIe

  • Plourin-Morlaix, église Notre-Dame, Finistère, XVI

  • Plouzévédé, Chapelle Notre-Dame de Berven, Finistère, XVIe

  • Priziac, Chapelle Saint-Nicolas, Morbihan, XVIe

  • Saint-Aignan, église Saint-Aignan, Morbihan, XVIe

  • Saint-Thégonnec, église Notre-Dame et Saint-Thégonnec, Finistère, XVIe

  • Saint-Tugdual, Chapelle Saint-Guen (ou Saint-Guénaël), Morbihan, XVIe

  • Saint-Yvi, église Saint-Yvi, Finistère,

  • Trédrez, Chapelle de Locquémeau, Côtes d'Armor, XVIe

  • Tréverec, église Saint-Véran, Côtes d'Armor, XVIIe

  • Trinité-Porhoet, église de la Trinité, Morbihan, XVIe ?

  • Plouegat-Moysan, ancienne église, fragment au Musée départemental de Quimper.

  • Plouharnel, Chapelle Notre-Dame des Fleurs, bas-relief en albâtre, XVIe

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Tous sont fondés sur l'interprétation par l'Église d'une prophétie d'Isaïe  "Il sortira un rejeton de la tige de Jessé et un surgeon naîtra de sa racine. Et l'esprit du Seigneur se reposera en lui" Isaïe 11,1-2 . C'est cette prophètie que les artistes médiévaux vont combiner avec la généalogie de Jésus telle qu'elle apparaît dans les évangiles synoptiques (Matthieu 1,1 et Luc 3, 23-38)   pour représenter Jessé, le père du roi David donnant naissance à un arbre sur les branches duquel sont installés les douze rois de Juda avant de culminer dans le Christ. 

  Sur les verrières des cathédrales (celle de St Denis inaugura l'iconographie) ou des églises, sur leur portail, dans les Livres d'Heures, sur les hauts et bas-reliefs de pierre ou de bois, Jessé sera debout, assis ou couché et souvent assoupi comme s'il contemplait en songe sa descendance. Les prophète Isaïe et Jérémie (pour sa prophétie "En ce temps-là je susciterai dans la race de David un rejeton, héros de la justice", Jérémie 33, 15) l'accompagneront souvent, les douze rois, souvent en réduction, s'installeront sur les branches, conduisant soit au Christ, soit à la Vierge tenant l'Enfant. Des anges ou des colombes seront placés autour d'eux.

 

Parmi les Arbres bretons, trois thémes se dégagent selon Le Thomas :

  • Le thème christique, où le Christ trône au sommet de la ramure

  • Le thème marial (1), où c'est la Vierge qui culmine, tenant l'Enfant dans ses bras,

  • Le thème marial (2), où la Vierge à l'Enfant, debout, est au centre, encadrée par deux rameaux latéraux sur lesquels sont placés les deux groupes de six rois de Juda.

   En Bretagne, les arbres de Jessé en vitrail comportent en majorité Jessé assis ou plus rarement debout, alors que Jessé est couché dans l'ensemble des haut-reliefs. Parmi les quinze haut-reliefs, treize introduisent la figure d'une démone, cornue, à la poitrine dénudée, tenant une pomme, et allongée . Ce sont ceux de Cléguerec, Duault, Guimaëc, Loc-Envel, Locquirec, Ploerdut, Plounevezel, Plourin-Morlaix, St-Aignan, St-Thégonnec (niche), St-Tugdual, St-Yvi et Tredrez. La totalité de ces arbres bretons sont du XVIe siécle, hormis 5 arbres datant du XVIIe.

Voir dans ce blog :

 

Voir la liste des Arbres de Jessé de mon blog, avec les liens nécessaires, au début de l'article Le vitrail de l'arbre de Jessé à Férel (56). 

 

 

 

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La première branche de l'arbre en  chandelier comporte cinq rois. Ils sont barbus, les cheveux longs parfois bouclés sont coiffés d'une couronne à fleurons. Ils sont vêtus d'une tunique sur des jambes nues, et chaussés pour la plupart de bottes ou de bottines. Les bras ou avant-bras , lorsqu'ils sont intacts, tiennent un sceptre (conservé dans un seul cas), ou un objet (livre ?) ou font un geste de référence qui se rapportait jadis au personnage sommital (Christ ou Vierge). Aucun attribut ne permet de les identifier, et, notamment, le roi David n'est pas identifiable par sa harpe. 

 

 


 

 

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Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

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Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

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Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

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Les quatre rois du groupe suivants sont semblables, mais deux sceptres (et l'amorce d'un troisième) sont conservés.

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Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

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Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

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Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

Rois de Juda, fragments de l'Arbre de Jessé de Plouégat-Moysant, XVIe siècle, photographie lavieb-aile.

SOURCES ET LIENS.

Louis Le Thomas, Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique, Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221, 1961.

Louis Le Thomas, Les Arbres de Jessé bretons, première partie, Bulletin de la société Archéologique du Finistère 165- 196, 1963.

 — Louis Le Thomas, Les Arbres de Jessé bretons, troisième partie, Bulletin de la société Archéologique du Finistère pp. 35-72, 1963.

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Published by jean-yves cordier - dans Arbre de Jessé
21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 23:28

L'arbre de Jessé de la chapelle Saint-Guen en Saint-Tugdual (56).

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Introduction.

"Il sortira un rejeton de la tige de Jessé et un surgeon naîtra de sa racine. Et l'esprit du Seigneur se reposera en lui". C'est cette prophètie d'Isaïe 11,1-2 que les artistes médiévaux vont combiner avec la généalogie de Jésus telle qu'elle apparaît dans les évangiles synoptiques (Matthieu 1,1 et Luc 3, 23-38), pour représenter Jessé, le père du roi David donnant naissance à un arbre sur les branches duquel sont installés les douze rois de Juda avant de culminer dans le Christ.

Sur les verrières des cathédrales (celle de St Denis inaugura l'iconographie) ou des églises, sur leur portail, dans les Livres d'Heures, sur les hauts et bas-reliefs de pierre ou de bois, Jessé sera debout, assis ou couché et souvent assoupi comme s'il contemplait en songe sa descendance. Les prophète Isaïe et Jérémie (pour sa prophétie "En ce temps-là je susciterai dans la race de David un rejeton, héros de la justice", Jérémie 33, 15) l'accompagneront souvent, les douze rois, souvent en réduction, s'installeront sur les branches, conduisant soit au Christ, soit à la Vierge tenant l'Enfant. Des anges ou des colombes seront placés autour d'eux.

Parmi les 34 exemples iconographiques que le Dr Louis le Thomas a relevé en Bretagne ( dont 13 vitraux, 2 niches, 15 haut-reliefs), trois thèmes se dégagent :

  • Le thème christique, où le Christ trône au sommet de la ramure,

  • Le thème marial I , où c'est la Vierge qui culmine, tenant l'Enfant dans ses bras,

  • Le thème marial II, où la Vierge à l'Enfant, debout, est au centre, encadrée par deux rameaux latéraux sur lesquels sont placés les deux groupes de six rois de Juda.

En Bretagne, les arbres de Jessé en vitrail comportent en majorité Jessé assis ou plus rarement debout, alors que Jessé est couché dans l'ensemble des haut-reliefs. Parmi les quinze haut-reliefs bretons, treize introduisent la figure d'une démone, cornue, à la poitrine dénudée, tenant une pomme, et allongée. Ce sont ceux de Cléguerec, Duault, Guimaëc, Loc-Envel, Locquirec, Ploerdut, Plounevezel, Plourin-Morlaix, St-Aignan, St-Thégonnec (niche), Saint-Guen à St-Tugdual, St-Yvi et Tredrez. La totalité de ces arbres bretons sont du XVIe siécle, hormis 5 arbres datant du XVIIe.

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Voir sur ce blog :

I. Les Arbres de Jessé.

Explorant les représentations de l'Arbre de Jessé en Bretagne, en rayonnant à partir du Finistère, j'ai traité successivement de 15 vitraux et de 8 groupes sculptés ; j'ai ensuite traité d'autres œuvres en France et en Espagne. Voici la liste des Arbres de Jessé de mon blog, avec les liens nécessaires, :

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Les sculptures :

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Les vitraux.

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

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II. Les Vierges à Démone.

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Le haut-relief de l'Arbre de Jessé de la chapelle Saint-Guen, paroisse de Saint-Tugdual.

1. Généralités.

Emprunté par copiè-collé au site Fondation Pays de France.

http://www.ca-fondationpaysdefrance.org/fondation4/index.php/component/cdf/?controller=articles&view=articles&task=getArticlesItem&id_cdf_content=548&id_cdfgd=10

"La chapelle Saint Guen, de style gothique (1540) est le fleuron de la région de Guéméné-sur-Scorff. Entourée de son cimetière, elle a été édifiée par les seigneurs de Kersalic et de Kerminisy sur leurs terres, avec des façades sculptées et un clocher à base carrée surmonté d’une flèche octogonale. La chapelle Saint Guen et son ossuaire sont inscrits aux Monuments Historiques depuis 1927. A l’intérieur, des statues, croix, et un arbre de Jessé du 16e s sont également protégés.

La chapelle, en cours de restauration, devait être inaugurée le 7 juillet 2006. Mais dans la nuit du 29 au 30 janvier 2006, un incendie criminel fit disparaître son toit et une grande partie du mobilier. La croix du 16e siècle brûla, et les vitraux modernes entreposés dans la sacristie fondirent. Cinq statues furent retrouvées plantées la tête en bas dans le cimetière. Une autre (Saint Trémeur) manquait à l’appel.

Des inscriptions sataniques (pentagrammes, croix renversées, chiffre 666 peint sous l’autel) furent retrouvées sur place, faisant suite à une série de profanations dans la région : destruction du calvaire de Kernével en Rosporden, tombes profanées à Mellac (Morbihan) et à Saint-Thurien (Finistère), vitraux brisés à Guiscriff (Morbihan). Le jeune couple arrêté à Rezé (Loire-Atlantique) déclara avoir agi "par haine de toutes les religions".

Les habitants furent très éprouvés par l’incendie, qui portait directement atteinte à leurs racines et à leur histoire. La commune et les membres de l’association ont malgré tout poursuivi leur projet, afin de faire de la chapelle Saint Guen un symbole de tolérance et de non violence, et un centre d'animation de la région, avec visites commentées et expositions. Elle est le point de départ et de croisement des circuits de randonnée locaux.
La renaissance de la chapelle Saint Guen a été célébrée le 21 juillet 2008. Elle a bénéficié d'un soutien du Crédit Agricole du Morbihan et de la Fondation Pays de France."

La chapelle après l'incendie : Crédit : Association des Amis de Saint Guen

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2. L'Arbre de Jessé avant l'incendie de 2006. Images et descriptions.

Le site Topic-topos propose cette photographie, où la caisse est plus complète qu'actuellement et dispose notamment :

  • d'un fronton flanqué d'éléments latéraux semi-circulaires.

  • sur les montants latéraux, de deux pièces qui ne semblent ni des gonds, ni des vases,

  • d'une ferronnerie équipée de pique-cierges.

Par contre, la couronne (signalée en 1996 par Danigo) est déjà manquante.

 : http://fr.topic-topos.com/arbre-de-jesse-saint-tugdual

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Jusqu'en 2006, le haut-relief était placé dans le chœur,  encastré dans une niche de maçonnerie du mur de gauche, soit le coté le plus sacré, celui où  l'Évangile était lu. Bien que la chapelle soit, par son nom, dédié à saint Guen (ou Guénaël), elle était donc placée sous le patronage de la Vierge.

L'œuvre est classée Monuments historiques à titre d'objet depuis le 7 décembre 1912, et a donc été étudiée par les services de l'Inventaire général. Je trouve deux notices différentes :

1°) sous la référence PM 56001185, et à la date de versement du 3 octobre 1994, la description est donnée d'une œuvre restaurée, du XVIe siècle : "Dais à trois pans décorés de mascarons dans des rinceaux et soutenu par deux balustres à feuillages. Le dais renferme une niche à fond plat sur lequel sont fixées de petites plaques sculptées en bas relief figurant les sept rois couronnés qui entourent de chaque côté la statue de la Vierge portant l'enfant. Le tout surmonte le Jessé couché soutenant l'arbre. " et dont les mesures sont : h = 198 ; la = 186 (Dimension de la Vierge : h = 96) ; Dimension des deux figures de Jessé et du Malin réunies : h = 77. Dimension moyenne des figures : h = 30 


 

2°) Sous la référence IM 56002536 par Marie-Madeleine Tugores et Claude Quillivic, nous trouvons les données suivantes : " niche-arbre de Jessé " " Matériaux :bois : taillé (décor en demi-relief, décor en haut relief), peint (polychrome). Iconographie : figure (Arbre de Jessé) ; Arbre de Jessé (Eve, Vierge à l'Enfant, Enfant Jésus : nu, en encadrement : ange : en vol, phylactère, roi, Prophète) ; en encadrement : ornementation (balustre, rinceaux, angelot, feuillage, croix). Description : 3 frontons semi-circulaires couronnent l'ensemble.Manque la banderole que portaient les 3 anges au dessus de la Vierge ".

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Le haut-relief est mieux décrit par Joseph Danigo en 1996 :


 

  "Au mur nord a été fixé un large cadre à fond bleu, bordé de colonnettes à fuseaux, avec, en bas, un étroit soubassement masqué par un porte-cierges en fer forgé et, à son sommet, une sorte de dais orné de rinceaux dorés. La niche contient un Arbre de Jessé plus original que celui de N.D. de Crénénan. Étendu et appuyé sur le bras droit, le patriarche Jessé au noble visage repousse du pied une démone nue qui lui tend une pomme. De son corps sort un tronc qui se divise en deux branches. Elles montent verticalement, soutenant les rois couronnés, sceptre en main, vêtus de culottes bouffantes et de pourpoints à crevés. Au milieu se dresse la Vierge Marie au visage gracieux enveloppée de son manteau doré. Elle porte son Enfant sur le bras gauche et de la main droite lui caresse les pieds. Au bas se tiennent les deux grands prophètes Isaïe et Jérémie, et, au plus haut, de chaque coté, deux anges déploient des phylactères. Au sommet planent trois autres, celui du milieu tenant une couronne. Cette habile composition, récemment restaurée, constitue un petit chef-d'œuvre du XVIe siècle, riche en couleurs, sur lequel on ne veillera jamais trop."

Malgré la qualité de cette description, on notera que les inscriptions des phylactères ou des vêtements n'ont pas été relevés.

La sculpture a été aussi décrite en 1961 par L. Le Thomas, qui mentionne aussi "au sommet , Père Éternel (?) flanqué d'Anges (2) enturbannés, avec trompettes romaines".


 

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3. L'Arbre de Jessé en 2015.

 

Ma visite lors de la Journée du Patrimoine le 20 septembre 2015 me permet de photographier et d'examiner l'œuvre, restaurée après les dégats de l'incendie.

Il s'agit, dans la classification du Dr Le Thomas, d'un "thème marial II " , où la Vierge à l'Enfant, debout, est au centre, encadrée par deux rameaux latéraux sur lesquels sont placés les deux groupes de six rois de Juda. Parmi ceux-ci, cet Arbre appartient au groupe "à démone", et accueille 25 personnages, dont la Vierge et son Fils, 7 anges, 2 prophètes, 12 rois de Juda, Jessé, et la Démone. 

Parmi ces personnages, Jessé, les douze rois, la Vierge et son Fils, et les deux prophètes appartiennent à l'archétype de l'Arbre tel qu'il évolue depuis le XIIe siècle. Ici, les prophètes sont entourés de phylactères qui portaient sans-doute à l'origine les citations permettant de les identifier comme Isaïe et Jérémie. Le verset qui est à l'origine du thème est celui d'Isaïe 11:1 et egredietur virga de radice Iesse et flos de radice eius ascendet  "Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. " 

Le second verset clef de ce thème se trouve aussi dans le Livre d'Isaïe 7:14,  propter hoc dabit Dominus ipse vobis signum ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitis nomen eius Emmanuhel . Il est explicitement cité dans l'Evangile de Matthieu 1:22 : "Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète :Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.".

   La métaphore arbustive et florale se développe autour des mots virga (rameau, tige), radice ("racine, souche") et flos ("fleur"), et autour du jeu entre les mots virga et virgo, "tige" et "vierge". Fulbert de Chartres reprend ce thème dans son Hymne pour l'Épiphanie, dont le deuxième verset est le suivant : Virga dei genitrix virgo est flos filius eius.

La présence de Jérémie est classique, en vertu peut-être de son verset prophétique  Jérémie 23,5 : Ecce dies veniunt, dixit Dominus, suscitabo david germen justum : "Le temps vient, dit le Seigneur, où je susciterai à David une race juste : un roi régnera qui sera sage, qui régnera selon l'équité, et qui rendra la justice sur la terre". Mais souvent, selon F. Gay, ce sont les versets de son disciple Baruch qui lui ont été attribués (Baruch 3:36-38)


 

 

Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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A la partie inférieure, Jessé, le patriarche, est allongé sur des coussins bleus à glands de passementerie or. Il dort, ou plus exactement, il fait un songe, car un dormeur ne pourrait conserver la position qu'il a adopté, allongé sur le coté, la main droite servant d'oreiller. Comme tout propriétaire terrien éleveur de moutons, il pense à ses enfants et rêve de leur réussite ou de leur capacité de poursuivre la grandiose entreprise qu'il a conçu. Son fils accédera au trône ! le fils de son fils se maintiendra à la tête du royaume, et encore et encore pendant des générations !  Cette floride filiation se développe comme un arbre qui naît de son ventre et se dresse avec vigueur.

La Démone (je lui attribue une majuscule car elle est le type du genre) a des traits chtoniens et reptiliens, avec ses pattes crochues, mais ses grandes oreilles et ses cornes la désignent comme une créature de Satan. Elle tient d'ailleurs la pomme de la tentation d'Adam et Éve. Bien que Jessé la repousse du pied, elle relève la tête avec arrogance et semble déterminée à mener à bien son entreprise maléfique. 

Cette créature a particulièrement intéressé Louis Le Thomas, qui la décrit ainsi : "Démone au torse dénudé et cambré. Visage féminin, Mamelles discoïdes, exubérantes, la gauche très retouchée. Pomme dans la main droite."

Hiroko Amemiya, actuellement chercheuse, et responsable de la section japonais  à l'Université de Rennes 2, a consacré sa thèse soutenue à Paris en 1996 aux Figures maritimes de la déesse-mere. Etude comparée des traditions populaires japonaises et bretonnes. Son deuxième volume de cette thèse est in inventaire des différents types de représentations semi-humaines de démones en Bretagne, et a été publié sous le titre Vierge ou Démone aux éditions Keltia Graphic en 2005. Les pages 132-133 de cet ouvrage sont consacrées à la "chapelle Sainte-Guen" (sic), avec une photographie noir-et-blanc qui date sans-doute de 1995-1996, et qui se rapproche de celle du site Topic-topos (supra). Elle mentionne que "la représentation semi-humaine n'était pas peinte de la même couleur qu'actuellement, ce que prouve la photo présentée par Victor-Henry Debibour dans son ouvrage : L'Art de Bretagne, publié en 1979. Son corps l'était en jaune de terre, ses cheveux en gris, ses yeux , sa bouche et ses mamelons en vermillon." (p. 133)

Sur cette photo, il est frappant de constater que la pomme tenue par la Démone ressemble à un sein.

 

La Démone, chapelle Saint-Guen, Victor-Henry Debibour , L'Art de Bretagne, 1979. Droits réservés

La Démone, chapelle Saint-Guen, Victor-Henry Debibour , L'Art de Bretagne, 1979. Droits réservés

Jessé et la Démone, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Jessé et la Démone, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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La Démone, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

La Démone, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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Les douze rois ne sont pas nommés, mais chaque fidèle sait qu'il est invité à y reconnaître les fils de Jessé qui ont occupé le trône du royaume de Juda .

Rappel : à la mort de Salomon, fils de David et petit-fils de Jessé, le royaume est divisé en deux :  DixTribus d'Israël se rassemblent dans le nord pour former le nouveau Royaume d'Israël, dirigé par Jéroboam Ier, tandis que la tribu de Juda et la tribu de Benjamin forment autour de Jérusalem au sud un royaume de Juda. Une grande partie des Lévites consacrés au Temple de Jérusalem rejoignent également le royaume de Juda. Le royaume existe de -931 jusqu'en -587, quand le roi babylonien Nabuchodonosor II détruit Jérusalem.  

Ces rois de Juda sont énumérés dans l'Évangile de Matthieu et dans celui de Luc : 

Matthieu 1 :6-16 : "Isaï [c'est-à-dire Jessé] engendra David. Le roi David engendra Salomon de la femme d’Urie ; Salomon engendra Roboam ; Roboam engendra Abia ; Abia engendra Asa ; Asa engendra Josaphat ; Josaphat engendra Joram ; Joram engendra Ozias ; Ozias engendra Joatham ; Joatham engendra Achaz ; Achaz engendra Ézéchias ; Ézéchias engendra Manassé ; Manassé engendra Amon ; Amon engendra Josias ; Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone. Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel ; Salathiel engendra Zorobabel .Zorobabel engendra Abiud ; Abiud engendra Éliakim ; Éliakim engendra Azor ; Azor engendra Sadok ; Sadok engendra Achim ; Achim engendra Éliud ; Éliud engendra Éléazar ; Éléazar engendra Matthan ; Matthan engendra Jacob ; Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ."

Ce sont donc  le roi David, son fils  Salomon , puis  Roboam ;  Abia ;  Asa ;  Josaphat ; Joram ;  Ozias ; Joatham ;  Achaz ;  Ézéchias ;  Manassé .

Comme d'habitude, seul David est identifiable par sa harpe, et les autres portent tous indifféremment la couronne et le sceptre.

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Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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Rois de Juda, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Rois de Juda, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Six rois de Juda, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Six rois de Juda, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

Elle est représentée de face, regardant le fidèle, et tenant son Fils nu. Ses longs cheveux blonds, non recouverts par un voile, sont détachés et tombent sur les épaules. Elle est vêtue d'une robe dorée à revers bleu et à encolure en V au dessus d'une chemise à encolure carrée. Le manteau au plissé élégant semble jaune d'or, mais un examen rapproché révèle des traces de peinture rouge mordorée, et un réseau de fins traits bleus correspondant peut-être à un damassé.

 

 

Vierge à l'Enfant, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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 Vierge à l'Enfant, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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Les inscriptions.

a) Les anges porteurs de phylactères.

Les quatre anges latéraux porteurs de chandeliers sont enrubannés d'un phylactère dont l'inscription est lisible. Je déchiffre : Joue maris --ll- / Dei Ma--- atque / oeli x-- coeli p -- / Semper virgo.

Il n'en faut pas plus pour identifier le texte d'origine, modifié par la retranscription des restaurateurs. C'est la première strophe de l'hymne marial Ave  maris stella :

Ave maris stella,
Dei mater alma
Atque semper virgo
Felix caeli porta

"Salut, étoile de la mer
Mère nourricière de Dieu
Et toujours vierge,
Bienheureuse porte du ciel"

 

Cette constatation offre plusieurs intérêts, dont le premier est de créér un lien avec l'Arbre de Jessé de l'église de Saint-Aignan, qui comporte la même inscription. Cette paroisse se trouve à une cinquantaine de kilomètres. Le deuxième intérêt est d'illustrer l'importance hic et nunc du culte marial et, notamment, de l'adhésion à la thèse de la conception immaculée de la Vierge.

Ave Maris Stella est une hymne catholique à la Vierge Marie, attestée depuis le IXe siècle, attribuée à Venance Fortunat (530-609), et qui est  chantée dans l'Office divin et dans le petit office de la Sainte Vierge, ainsi qu'aux vêpres et dans le bréviaire romain lors des fêtes de la Vierge Marie. Elle figure ainsi aux Vêpres de la fête de la Conception de la Vierge. Dans le "Petit office de la Sainte Vierge", l'hymne succède  à un capitule récitant le verset d'Isaïe Egredietur virga de radice Jesse. le capitule est une courte lecture tirée de la Bible et qui est faite au cours de l'office, à la suite de la récitation des psaumes) . 

Si on considère la liturgie de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, fêtée le 8 décembre, institutionalisée depuis 1477 par décision de Sixte IV, instituée par Pie IX en 1854 après proclamation du dogme de l'I.C., , mais déjà célébrée en France depuis la fin du XIVe siècle après les travaux théologiques de l'aumônier de Charles VI Pierre d'Ailly, nous trouvons :

  •  la lecture du Livre de la Genèse narrant la tentation d'Ève par le serpent.
  • en prose : Virga tota speciosa Tota spinis carens rosa, Tu plena virtútibus.Mille donis tu decóra,  Solem præis nunc auróra, Exuis nos lúctibus.Radix Iesse, fons signátus,  Soli Deo patens hortus,  Tu virgo, quæ páries.Evæ Virgo reparátrix,  Et serpéntis interféctrix,  Tu vitam concípies.Corpus orbis conditóri, Lac et tuo nutrítóri, Pórríges virgíneum. Nobis, Virgo quæ concépta, Dotes inater tot adépta,  Non neges auxílium.  Amen. Allelúia. : "Vierge, vous êtes toute belle, Comme une rose sans épines, Possédant toutes vertus.Enrichie des dons de la grâce, Aurore annonçant le soleil, Vous nous sortez de nos peines.Souche de Jessé, Source close,  Jardin réservé au Seigneur, Vous serez la Vierge Mère. En réparant la faute d’Ève,  Et foulant aux pieds le serpent, Vous enfanterez la vie.Vous donnez corps au Créateur  Votre lait virginal nourrit  Celui qui vous nourrira.Vierge Mère, à peine conçue  Vous avez reçu tous les dons ; Venez à notre secours ! Amen. Alléluia !"
  • la lecture de l'Évangile de Matthieu donnant la Généalogie du Christ.

On peut donc considérer les Arbre de Jessé à Démone de Bretagne comme de véritables liturgies en image développant l'argumentation de l'Immaculée Conception en soulignant combien la Vierge accomplit certes la prophétie d'Isaïe, mais également "répare  la faute d' Ève" et , en foulant le serpent, détourne dans un sens rédempteur le verset de Genèse 3:15 où Dieu dit au serpent "Je susciterai l'hostilité entre toi-même et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci t'écrasera la tête, et toi, tu lui écraseras le talon." Par cette introduction de la Démone-Serpent dans l'iconographie de l'Arbre de Jessé (elle ne figure pas dans les Arbres du XIIe-XIVe siècle), la Vierge devient aussi la Femme de l'Apocalypse de Apocalypse 12. C'est pourquoi on la trouve souvent représentée sur le croissant de lune sur les autres exemples bretons.

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b) Les inscriptions du manteau de la Vierge.

Le manteau de la Vierge est couvert d'inscriptions, devenues quasiment indéchiffrables. On les trouve :

  • sur le galon du pan inférieur qui monte en diagonal à partir du pied droit. Lettres bleues sur fond or entre deux lignes bleues.  On y lit la lettre A.

  • sur le galon du pan opposé, qui descend en diagonale plus douce le long de la jambe gauche. Lettres bleues sur fond or entre deux lignes bleue .On y lit le mot ROSA - -A- - - - -

  • La manche droite porte en des caractères de même couleur des lettres que je ne déchiffre pas.

  • La manche gauche porte de la même façon le mot FLOR[E]- -

  • Le pli courbe qui relie le poignet droit et la manche gauche comporte sur fond bleu des traces de calligraphie.

Le mot FLOR peut correspondre à un ancien FLOS, renvoyant à la citation d'Isaïe Et flos de radice eius ascendet. ou aux multiples commentaires de ce verset par les Pères de l'Église. Ainsi, pour saint Jérome, Virga Mater est Domini simplex, pura, sincera, nullo extrinsecus germine coaherente, & ad similitudinem Dei unione fœcunda. Virgae flos Christus est, dicam ego flos campi, et lillium convallium. "Cette tige (virga), c'est la Mère du Seigneur, tige pure, simple, sincère, sans aucun germe de dehors, mais féconde, comme Dieu, par son unité. La fleur de cette tige, c'est le Christ, que je dis être la fleur du champ et le lis des vallées. "

J'ai déjà signalé qu'au XIe siècle, Fulbert de Chartres reprend ce thème dans son Hymne pour l'Épiphanie, dont le deuxième verset est le suivant : Virga dei genitrix virgo est flos filius eius. Saint Bernard, et saint Bonaventure reprendront cette interprétation d'Isaïe : La Vierge est la tige, et le Christ en est la fleur.

Manche de la Vierge, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Manche de la Vierge, Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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Pan gauche du manteau de la de la Vierge (image pivotée), Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Pan gauche du manteau de la de la Vierge (image pivotée), Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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Les anges de la partie supérieure.

Il semble vraisemblable que l'ange du milieu tenait une couronne au dessus de la tête de la Vierge, puisque Joseph Danigo le signale. Pourtant, Louis le Thomas ne signale pas cet ange dans son décompte pourtant précis, et ne compte que "quatre anges accostant la Vierge" et, au sommet, autour du Père Éternel, "deux anges enturbannés avec trompettes romaines". Les anges latéraux actuels ont bien la posture d'anges tenant une banderole. 

Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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Le haut de la niche.

Il comporte en bas-relief trois têtes de chérubin et deux mascarons.

 

Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

Arbre de Jessé, vers 1540, chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual. Photographie lavieb-aile.

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Comparaison avec les autres groupes sculptés de Bretagne. 

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En 1961, Louis Le Thomas décrivait 34 Arbres de Jessé bretons, dont 13 verrières et 21 arbres sculptés (haut-reliefs, niches à volets et bas-reliefs).

Voici la liste de ces 21 Arbres de Jessé sculptés :

  • Cléguerec, Chapelle de la Trinité, Morbihan. XVIIe 

  • Confort-Berhet, église N-D. de Confort, Côtes d'Armor, XVIe

  • Duault, Chapelle Saint-Jean de Landugen, Côtes d'Armor, XVIe

  • Guimaec, presbytère, Finistère, fragment

  • Loc-Envel, église Saint-Envel, Côtes d'Armor, XVIe

  • Locquirec, église Saint-Jacques, XVIIe

  • Ploerdut, Chapelle Notre-Dame à Crénénan, Morbihan, XVIe siècle

  • Plouegat-Moysan, presbytère, Côtes d'Armor, XVIe, fragment

  • Plounevezel, Chapelle Sainte-Catherine, Finistère, XVIe-XVIIe

  • Plourin-Morlaix, église Notre-Dame, Finistère, XVI

  • Plouzévédé, Chapelle Notre-Dame de Berven, Finistère, XVIe

  • Priziac, Chapelle Saint-Nicolas, Morbihan, XVIe

  • Saint-Aignan, église Saint-Aignan, Morbihan, XVIe

  • Saint-Thégonnec, église Notre-Dame et Saint-Thégonnec, Finistère, XVIe

  • Saint-Tugdual, Chapelle Saint-Guen (ou Saint-Guénaël), Morbihan, XVIe

  • Saint-Yvi, église Saint-Yvi, Finistère,

  • Trédrez, Chapelle de Locquémeau, Côtes d'Armor, XVIe

  • Tréverec, église Saint-Véran, Côtes d'Armor, XVIIe

  • Trinité-Porhoet, église de la Trinité, Morbihan, XVIe ?

  • Plouegat-Moysan, ancienne église, fragment au Musée départemental de Quimper.

  • Plouharnel, Chapelle Notre-Dame des Fleurs, bas-relief en albâtre, XVIe

On remarque que les paroisses de Cléguérec, Saint-Tugdual, Ploerdut et Priziac  appartenaient autrefois  au même doyenné, celui de Kemenet-Guégant ou Guéméné-Guingant, présidé par Guéméné-sur-Scorff, et que les verrières de l'Arbre de Jessé sont présentes dans d'autres paroisses du même doyenné, à Melrand, et Guern.

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J'ai étudié, avant de rendre visite à la chapelle Saint-Guen, sept de ces sculptures. 

Il s'agit de trois œuvres du Finistère et trois du Morbihan, placées dans tous les cas dans des niches en bois, plus ou moins bien conservées. Les compositions elle-mêmes ont perdu certains de leurs éléments (perte, vol), ce qui affaiblit la valeur de l'analyse comparative, d'autant que les altérations puis les restaurations  réalisées dans le passé ont pu faire disparaître de précieux indices.

Ces  hauts-reliefs bretons sont tous du modèle "en chandelier" avec Vierge au centre encadrée par  deux groupes de rois. David tient sa harpe dans tous les cas.  Jessé est constamment allongé, soit en décubitus droit, soit en décubitus gauche, tête soutenue par la main, mais les yeux sont soit ouvert, soit fermés. 

La Démone est présente dans cinq cas sur six, toujours à demi-allongée et redressant la tête, et brandissant la pomme dorée. Ses traits de monstruosité animale, reptiliens ou de serpents, sont plus ou moins marqués, et c'est en elle que l'imagination propre  de l'artiste s'est le plus affirmée. 

La Vierge est installée sur un croissant de lune dans trois cas, selon le type de la Vierge de l'Apocalypse en relation avec le dogme, alors discuté, de l'Immaculée Conception. Elle est couronnée par les anges à Saint-Aignan, Priziac, Cléguérec et Trédrez. Le ou les prophètes ne sont présents qu'à Saint-Aignan.

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Saint-Aignan (56)

 

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Saint-Nicolas en Priziac (56) :

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Notre-Dame de la Trinité de Cléguerec (56), datant de 1594  :

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Locquirec (29) :

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Saint-Thégonnec (29) datant de 1610  :

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Trédrez (22), datant de 1520 :

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Parmi les sites que je n'ai pas encore visités, j'ai trouvé sur la toile les photographies de :

Confort-Berhet : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=REF&VALUE_98=PM22001519

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Duault, chapelle Saint-Jean , Landugen.

http://fr.topic-topos.com/vierge-de-larbre-de-jesse-duault

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Ploerdut, Chapelle Notre-Dame de Crénénan.

http://fr.topic-topos.com/arbre-de-jesse-ploerdut

 

 

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Plouharnel, chapelle Notre-Dame des Fleurs.

http://fr.topic-topos.com/arbre-de-jesse-plouharnel

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Plounevezel, Chapelle Sainte Catherine :

Pas d'image. Voir :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palsri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PM29001485

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fa47d847e93e21ee4e7770baf2eea244.pdf

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Plouzévédé, site Topic-topos : http://fr.topic-topos.com/arbre-de-jesse-plouzevede

 

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Saint-Yvi : http://fr.topic-topos.com/vierge-de-jesse-saint-yvi

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Trévérec, Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, provenant de la chapelle de Pontmin :

http://fr.topic-topos.com/notre-dame-de-bonne-nouvelle-treverec

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Trinité-Porhoët, église de la Trinité.

http://fr.topic-topos.com/arbre-de-jesse-la-trinite-porhoet

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Une autre sculpture a  échappé aux recherches de Louis Le Thomas :

RostrenenChapelle de Campostal, Côtes d'Armor, XVe

http://fr.topic-topos.com/image-bd/france/22/arbre-de-jesse-rostrenen.jpg

 

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SOURCES ET LIENS.

 

http://marikavel.org/bretagne/guemene-sur-scorff/accueil.htm

extrait de Philippe Jouët & Kilian Delorme.

AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko) Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129 "Résumé : Le thème principal de cette etude est de voir quel role la femme non-humaine - et notamment la femme qui appartient au monde maritime - a joue au Japon et en Bretagne, a travers les recits relatifs à l'epouse surnaturelle. Pour la Bretagne, les recherches s'etendent egalement sur l'iconographie religieuse representant l'etre semi-humain telles la sirene et la femme-serpent. La region conserve dans ses chapelles de nombreuses statues des xvie et xviie siecles figurant ce type faites par des artisans locaux. L'imagination populaire s'epanouit ainsi dans la femme non-humaine de deux facons en Bretagne : dans l'expression orale et dans l'expression plastique ce qui nous offre une occasion inestimable d'etudier leur compatibilite dans leur contexte socioculturel. Les récits qui traitent le thème du mariage entre l'etre humain et l'etre non-humain revelent la conception de l'univers d'une societe. L'autre monde ou les etres de l'autre monde sont en effet une notion fonctionnelle qui permet a la societe de maintenir l'ordre interne par une intervention externe fictive : la suprematie du fondateur du Japon s'explique par la transmission d'une puissance surnaturelle par sa mère du royaume maritime, alors qu'en Bretagne, la destruction de la cite légendaire d'is est causee par une fille maudite née d'une fee. Le premier volume de cette etude est compose de trois parties : i. L'autre monde dans la tradition populaire au japon, ii. Recits relatifs au mariage au japon et en Bretagne, iii. Iconographie d'une femme semi-humaine. Le deuxieme volume est un inventaire des differents types de representation semi-humaine en Bretagne."

— DANIGO ( Joseph) 1996,  Eglises et chapelles du pays de Guéméné : 2ème partie  - U.M.I.V.E.M. : Lanester, 1996. - 195 p. ; ill. en n. et bl., carte ; 20 cm 

DEBIDOUR (Victor-Henry),1979, L'Art de Bretagne, Paris, Arthaud, p. 48.

—  DOBBY (Margaret), Le motet et l'Arbre de Jessé, Une métaphore qui met en lumière la complexité des relations entre profane et sacré au Moyen Age

http://pdf.actualite-poitou-charentes.info/086/Actu086oct2009_37-39..pdf

— FOURNIÉ (Eléonore), LEPAPE (Séverine), 2012,« Dévotions et représentations de l’Immaculée Conception dans les cours royales et princières du Nord de l’Europe (1380-1420) », L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 10 | 2012, mis en ligne le 11 mai 2012, consulté le 24 septembre 2015. URL : http://acrh.revues.org/4259 ; DOI : 10.4000/acrh.4259 

—  LEPAPE (Séverine), 2009,  « L’Arbre de Jessé: une image de l’Immaculée Conception ? »,Médiévales [En ligne], 57 | automne 2009, mis en ligne le 18 janvier 2012, consulté le 22 septembre 2015. URL : http://medievales.revues.org/5833 

 LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 pp. 169-221.

— LE THOMAS (Louis) 1963 "Les Arbres de Jessé bretons", première partieBulletin de la société Archéologique du Finistère pp. 165- 196.

 — LE THOMAS (Louis) 1963, "Les Arbres de Jessé bretons", troisième partieBulletin de la société Archéologique du Finistère pp. 35-72.

 — LEPAPE (Séverine) 2004 Étude iconographique de l’Arbre de Jessé en France du Nord du xive siècle au xviie siècle Thèse Ecole des Charteshttp://theses.enc.sorbonne.fr/2004/lepape


 

 

 

 

http://www.vannes.maville.com/actu/actudet_-A-Saint-Tugdual-la-chapelle-renait-de-ses-cendres_12-427869_actu.Htm

Inventaire régional :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=((Saint-Tugdual)%20%3ALOCA%20)&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Saint-Tugdual&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

 http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Saint-Tugdual&NUMBER=21&GRP=0&REQ=%28%28Saint-Tugdual%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

Ouest France, 3 juin 2013 
Exposition à la chapelle Saint-Guen Saint-Tugdual 

Ouest France, 10 octobre 2012
Saint-Tugdual. La chapelle Saint-Guen s'anime de chants bretons

Vannes, maville.com
A Saint-Tugdual, la chapelle renaît de ses cendres

Le Télégramme, 8 juin 2011
Saint-Guen. Aux choeurs de la chapelle

Libération, 6 février 2006
En Bretagne, les croisés du satanisme courent toujours

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Published by jean-yves cordier - dans Arbre de Jessé
5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 11:18

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Soissons.

 

      Voir dans ce blog lavieb-aile des articles consacrés aux Arbres de Jessé de Bretagne:  

Les sculptures :

Et les vitraux : 

Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

 

Ce vitrail, je ne l'ai pas vu, et lors de ma visite de la cathédrale, ayant été accueilli par des explications sur la façon dont la cathédrale avait été dépouillée de ses verrières, bêtement, j'ai manqué ce rendez-vous.

Néanmoins, afin d'enrichir la comparaison avec les autres Arbres de Jessé, j'ai réuni ici les éléments de documentation que j'ai pu trouver. 

Il s'agit de la lancette en arc brisé de la Baie 100 (maîtresse-vitre ou baie axiale haute) divisée par les barlotières en douze registres eux-mêmes divisés en trois compartiments, soit, si je compte bien, 36 panneaux dont 13 ont été refaits. Elle mesure 9,50 m. de haut et 2,20 m. de large. Le vitrail qui daterait de 1212 est semblable aux Arbres de Saint-Denis (1144), Chartres (1150), Le Mans, Amiens et Beauvais dans sa disposition avec l'alignement vertical de Jessé, de trois rois, de la Vierge et du Christ dans la rangée médiane, et de dix prophètes encadrant latéralement les personnages centraux. Le personnage de Jessé manque actuellement. La tête du Christ était peut-être jadis entourée de colombes, qui auraient été supprimées ; selon Grodecki et al. 1978, le Christ serait de 1727. 

  J'en trouve les images en ligne sur le site de l'Inventaire général de la Région Picardie avec la mention Copyright : (c) Région Picardie - Inventaire général.Droits de communication et de reproduction : reproduction soumise à autorisation du titulaire des droits d'exploitation. Numéro d'immatriculation : 2013 02 1 NUC2 AQ. Auteur du phototype : Lefébure ThierrySoissons, Cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais ; place Cardinal-Binet. Verrière figurée (maîtresse-vitre, verrière royale) : l'Arbre de Jessé (baie 100). 

Ma première constatation est que, là encore, comme dans les autres cathédrales, l'Arbre de Jessé a mérité la toute première place, en situation axiale, mais ici dans les verrières hautes de l'abside éclairant le chœur et non dans la chapelle axiale du déambulatoire. Cette situation d'élection  répétée sans exception (sauf à Chartres où le vitrail de Jessé est placé à l'extrémité occidentale de l'axe) ne peut être observée sans que nous ne prenions conscience de la très haute valeur que les commanditaires attribuaient à la représentation de la lignée royale de Christ et de la prédiction de sa conception virginale.

 En second lieu, je constate que parmi les personnages latéraux figurent, outre Isaïe et Jérémie, Daniel, Michée, Osias et Ézéchiel, deux Sibylles, éléments féminins vétéro-testamentaires qui ne figuraient pas dans les verrières antérieures. 

                                             

                                        

 

  Curieusement, alors que les Services Publics sont plutôt avares en documentation sur les verrières que les citoyens peuvent facilement admirer dans les sites prestigieux, ici, un dossier très complet est mis à notre disposition. J'en donne la copie, afin d'en faciliter la consultation sans basculer sur un nouveau lien :

"Historique

Datation(s) principale(s) : 1er quart 13e siècle ; 4e quart 19e siècle

Datation(s) en années : 1890

Justification de la (des) datation(s) : daté par source ; porte la date

Auteur(s) de l'oeuvre : Didron Édouard (peintre-verrier restaurateur)

Personne(s) liée(s) à l'histoire de l'oeuvre : Philippe II (donateur)

Justification de la (des) attribution(s) : attribution par source ; signature

Nom actuel ou historique du lieu d'exécution : lieu d'exécution: ; lieu d'exécution:

Commentaire historique :

"La verrière où est représenté l'Arbre de Jessé a été réalisée dans le premier quart du 13e siècle, probablement aux alentours de 1212, date de prise de possession du chœur par le chapitre. Elle est traditionnellement considérée comme un don du roi Philippe Auguste. Comme le rapporte le chanoine Claude Dormay vers le milieu du 17e siècle, le Roy Philippe Auguste [...] donna la grande vitre que l'on void à la teste du Chœur. Dormay emprunte sans doute cette information au martyrologe de la cathédrale qui conserve le souvenir du généreux don de 30 livres parisis, fait par le roi au chapitre, et destiné à l'exécution rapide (et sans doute locale) de la maîtresse-vitre. Le thème iconographique de l'arbre de Jessé, qui se développe à partir du milieu du 12e siècle et connaît une grande faveur au 13e siècle, est une préfiguration de l'Incarnation du Christ, qui, ici, domine en majesté depuis le haut de la verrière. Cette thématique en fait donc un des principaux sujets développés dans les verrières axiales. En outre, cette représentation des rois de Juda est particulièrement adaptée à un don royal.

Par la suite, rien de précis n'est connu sur l'histoire de cette verrière jusqu'au début du 19e siècle.

L'ensemble des verrières de la cathédrale souffre d'un manque d'entretien pendant la Révolution et profite d'une restauration vers 1807, à l'aide de panneaux de vitraux provenant de l'église abbatiale Saint-Jean-des-Vignes qu'on commence à détruire. Gravement endommagées par l'explosion de la poudrière du bastion Saint-Remy, le 13 octobre 1815, puis par un ouragan en décembre 1815, les verrières sont réparées en 1816 ou 1817, intégrant au besoin des panneaux ou des verres provenant cette fois de l'église abbatiale de Braine, en cours de démolition partielle. En ce qui concerne l'Arbre de Jessé, le devis de l'expert Louis Duroché signale que dix panneaux, sur les trente-six de la verrière, sont à refaire à neuf. Les verrières de l'abside sont alors complètement remaniées, les manques étant comblés par des scènes ou des personnages empruntés à d'autres verrières de la cathédrale, ou aux édifices précédemment cités. Enfin, le vitrier restaurateur installe au centre de l'Arbre de Jessé un crucifix sur fond violet qu'il vient de créer, dans le but probable de remplacer un panneau détruit.

Le baron Ferdinand de Guilhermy, qui visite la cathédrale de Soissons à plusieurs reprises vers le milieu du 19e siècle, décrit l'aspect de cette verrière avant que soit entreprise la restauration méthodique du vitrage de l'édifice après 1850. Son rapport signale la présence du crucifix moderne, qui interrompt la chaîne des sujets et gâte l'ensemble. Le bas de la fenêtre est alors confus. Le vitrail est occupé par des personnages assis ou debout, ces derniers portant des banderoles. Au centre, se trouve un roi assis, puis le Christ assis, la tête peut-être environnée de colombes. Un autre personnage est assis au-dessus du Christ, impensable composition qui témoigne du déplacement des panneaux. L'aspect de la verrière est tel, que le visiteur - qui excelle pourtant en iconographie - n'arrive pas à reconnaître le sujet traité. Dans la fenêtre voisine (baie 102), également très confuse, le baron de Guilhermy remarque le buste d'un roi nimbé, assis dans des branches, ainsi que la Vierge, également assise entre des branches, personnages dans lesquels il reconnaît enfin des éléments d'un arbre de Jessé. D'autres éléments sont peut-être exilés à l'époque dans d'autres baies de l'abside et des chapelles absidales Saint-Pierre et Saint-Paul. En effet, dans la verrière centrale de la chapelle Saint-Pierre, sont alors placés les morceaux d'un grand personnage portant une banderole où l'on peut lire EZEC (sans doute Ezéchiel). La première fenêtre de la chapelle Saint-Paul accueille la partie supérieure du prophète Habacuc, tandis que la deuxième renferme celle du prophète Joël.

La restauration des verrières de l'abside commence vers 1865 par la verrière 104 consacrée à la mort de la Vierge. Puis le projet de rétablir les quatre verrières voisines émerge progressivement. Ces verrières et les verrières absidales sont déposées en 1882, puis mises en caisses, tandis que les baies sont bouchées par une maçonnerie de brique. Il faut attendre quelques années pour que la fabrique accepte de participer financièrement à cette restauration. En 1889, alors que la somme nécessaire à la remise en état d'une verrière a pu être rassemblée, la restauration du vitrail central (baie 100) est confiée au peintre-verrier parisien Édouard Didron, dont la soumission est la plus avantageuse. La verrière est restaurée en 1889-1890 (elle est datée et signée dans la bordure inférieure), et, au milieu de l'année 1890, Édouard Didron soumissionne à nouveau pour restaurer les trois autres verrières de l'abside. Mais cette fois, le marché est emporté par Félix Gaudin, qui a consenti le rabais le plus important. L'échelonnement du travail dans le temps et son morcellement ont privé Didron d'un certain nombre de panneaux originaux, lors de la réparation de la verrière axiale, en particulier du roi et de la Vierge qui se trouvaient dans la verrière voisine (baie 102). Édouard Didron n'a donc pu que retirer les éléments étrangers à la composition d'origine, recomposer et restaurer les personnages subsistants, et créer dans le style du début du 13e siècle plusieurs panneaux et personnages manquants (un motif décoratif à la place de Jessé endormi, un roi, le prophète Ezéchiel, une Sibylle, enfin la Vierge).

Pendant la Première Guerre mondiale, cette verrière est déposée en deux campagnes, en 1915 pour le tiers inférieur, puis en 1917 pour les panneaux restants. Quelques photographies réalisées par le service des Monuments historiques témoignent que ce vitrail a été peu victime des bombardements et n'a rien subi d'irréparable.

À l'issue du conflit, le chœur, moins atteint que la nef, est rapidement restauré. La réparation de l'Arbre de Jessé est confiée au peintre-verrier parisien Emmanuel Daumont-Tournel (9 rue François Bonvin), et achevée en 1923 ou au tout début de 1924. Déposé une nouvelle fois en 1939, et conservé pendant toute la Seconde Guerre mondiale au musée des Monuments français, le vitrail a été restauré par le peintre-verrier parisien Georges Bourgeot (3 rue des Gobelins) et reposé en 1946.

La Vierge et la partie supérieure d'un roi de Juda, que Guilhermy avait remarqués dans la verrière 102, ont quitté définitivement les fenêtres de la cathédrale en 1890. Ces panneaux devenus superflus, écartés des trois dernières verrières lors de leur restauration par Félix Gaudin, ont été donnés ou vendus au cours des années suivantes, soit par le verrier, soit par décision de la fabrique. La Vierge a été acquise par le Kunstgewerbemuseum de Berlin dans le commerce d'art, en 1904 ou 1905 semble-t-il, puis a été détruite par un bombardement ou une explosion à la fin du second conflit mondial. La partie supérieure du roi (qu'on surnomme "le roi de Bourges") a été achetée en 1921 par le collectionneur américain Raymond Pitcairn, après avoir appartenu à d'autres amateurs privés. Le panneau est actuellement conservé au Glencairn Museum de Bryn Athyn en Pennsylvanie (USA)."

 

"La verrière prend place dans une baie libre en forme de grande lancette, qui s'achève en arc brisé à sa partie supérieure. Elle est composée de douze registres superposés de trois panneaux, accueillant (en l'état actuel) quinze personnages juxtaposés et superposés. Elle est formée d'un assemblage de pièces de "verre antique" rehaussées de grisaille. Comme souvent, le verre rouge, qui est un verre doublé, présente un aspect hétérogène.

Précision sur la représentation :

L'arbre de Jessé, au sens strict, occupe la colonne centrale. À la base, à la place de Jessé endormi, se trouve une composition ornementale, formée de deux dragons vus de profil et adossés. Ils tiennent dans leur gueule du feuillage et un arum. L'arbre se développe à partir de l'espace libre entre leurs deux queues enroulées, et forme des volutes de feuillages sur lesquelles se détache la généalogie terrestre du Christ.

En partant du bas, dans la colonne centrale, prennent place trois rois assis de face, couronnés et nimbés, tenant un sceptre. Au-dessus, est assise la Vierge, elle-aussi de face, couronnée et nimbée, les deux mains ouvertes vers l'observateur. Elle est surmontée du Christ, assis de face, portant l'auréole crucifère. Il tient un livre de la main gauche et bénit de la droite.

Les deux colonnes latérales sont réservées aux prophètes et aux Sibylles qui ont annoncé la venue de la Vierge et la naissance du Christ, ainsi qu'à des anges. Les prophètes et les Sibylles sont debout et de face, sous un arc en plein cintre qui repose sur deux consoles feuillagées. Chacun porte un phylactère sur lequel son nom est inscrit. Leur tête est tournée vers les personnages centraux, et plusieurs font un geste de la main ou du doigt qui symbolise la prise de parole ou l'enseignement. Un ange de profil et les mains jointes surmonte chacune des deux Sibylles. Une frise de feuillage entoure la verrière.

De nombreux auteurs ont rapproché avec pertinence l'iconographie de cette verrière et une miniature de même sujet se trouvant dans le psautier d'Ingeburge de Danemark, épouse du roi Philippe-Auguste et reine de France, conservé à Chantilly. Les différences qu'on remarque sur la verrière peuvent provenir de la rangée supplémentaire de personnages qui y a pris place. Elles peuvent aussi résulter des restaurations successives du 19e siècle. Les divergences principales consistent dans la présence de deux Sibylles au lieu d'une, dans l'absence de la colombe du Saint-Esprit ou des sept colombes qui symbolisent ses dons, et surtout dans le décalage de hauteur qui existe entre les personnages de la colonne centrale et les personnages latéraux, et qui fait buter le Christ sous l'ogive de la baie."

Dimension(s) :  h = 1002 ; la = 250. Ces mesures proviennent du mémoire des travaux de restauration effectués par Emmanuel Daumont-Tournel. Un panneau central mesure 78 sur 77 cm.

Inscriptions, marques, emblématiques et poinçons : inscription donnant l'identité du modèle ; peint ; sur l'oeuvre ; latin ; partiellement illisible ; lecture incertaine ; inscription concernant une restauration ; connu par document

Précisions sur les inscriptions, marques, emblématique et poinçons : Les noms latins de certains personnages sont peints à la grisaille sur un phylactère. Seuls les personnages superposés sur les deux côtés de la verrière sont nommés, les personnages de la partie centrale n'étant accompagnés d'aucune inscription. Les photographies des panneaux, réalisées après la Première Guerre mondiale, facilitent la lecture des noms, l'obscurcissement des verres originaux rendant cette opération presque impossible aujourd'hui in situ. Noms des personnages de la colonne de gauche, de bas en haut : YSAIAS, DANIEL, MICHEAS, SIBILLA. Noms des personnages de la colonne de droite, de bas en haut : JEREMIAS, OSIAS P, EZECHIEL, SIBILLA. Plusieurs historiens du vitrail mentionnent que le peintre-verrier restaurateur Edouard Didron a signé son travail et inscrit la date de 1890 dans la bordure inférieure de la verrière. Cette inscription est invisible depuis le sol.

 AN. Série F ; Sous-série F 19 (Cultes) : F 19, carton 7890 (Travaux exécutés dans la cathédrale de Soissons au cours de la période concordataire ; 1887-1893).

Rapport de l'architecte Paul Gout, en date du 1er août 1889.

AMH (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine). Série 81 : 81/02, carton 195. Réparations diverses (1923).

Dossier Travaux 1923 (Mémoire des travaux de réparation de vitraux exécutés sous la direction de M. Brunet).

AMH (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine). Série 81 : 81/02, carton 205. Soissons, cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais, dommages de guerre (1945-1950) ; travaux (1953-1979).

Dossier 17 : travaux de 1945 à 1950 (Mémoire des travaux de pose de vitraux anciens exécutés par Monsieur Bourgeot).

A. Evêché Soissons. Série L (temporel) ; Sous-série 6 L : 6 L Soissons 1815-1818 (travaux de la cathédrale, à la suite de l'explosion).

2e dossier, devis de l'architecte Duroché, daté du 8 février 1816.

BnF (Cabinet des Manuscrits) : naf 6109 (collection Guilhermy, 16). Description des localités de la France (Soissons).

folios 255 v°, 256 r°, 257 r°-258 r°.

 

Bibliographie

 

ANCIEN, Jean. Vitraux de la cathédrale de Soissons. Réédition du livre du 24 juillet 1980. Neuilly-Saint-Front : imprimerie Lévêque, 2006. p. 104-112. 

BINET, chanoine Henri. De Paris à Notre-Dame de Liesse par Villers-Cotterêts et Soissons. Souvenirs de voyage de l'année 1644. Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1908, Troisième séance, Lundi 2 mars 1908, p. 29-38. p. 35.

BRUNET, Émile. La restauration de la cathédrale de Soissons. Bulletin monumental, 87e volume, 1928. p. 68-71, p. 91. Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1920-1921, 4e série, t. 1, séance du lundi 6 décembre 1920. p. XXIII.

C. L. Soissons. - Carême de 1892. - Travaux à la Cathédrale. La Semaine religieuse du Diocèse de Soissons et Laon, 1892, n° 14, samedi 2 avril 1892. p. 219.

CARLIER, Claude. Histoire du duché de Valois, ornée de cartes et de gravures, contenant ce qui est arrivé dans ce pays Depuis le temps des Gaulois, & depuis l'origine de la Monarchie Françoise, jusqu'en l'année 1703. Paris : Guillyn, Libraire ; Compiègne : Louis Bertrand, Libraire-Imprimeur du Roi & de la Ville, 1764. 3 vol. t. 2, p. 235.

CAVINESS, Madeline Harrison. Stained Glass before 1700 in American Collections : New England and New York. Corpus Vitrearum Checklist 1. Studies in the History of Art, volume 15, Monograph Series I. Washington (D.C.) : National Gallery of Art, 1985. p. 40, 64, 97.

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COLLET, Émile. L'Explosion de la Poudrière de Soissons. Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 2e série, t. 4, 1872-1873, séance du 3 février 1873, p. 219-238.

COLLET, Émile. Le siège de Soissons et l'occupation allemande dans le Soissonnais 1870-1871. 2e édition, Soissons : Eug. Ebel éditeur, 1901. p. 184.   

DORMAY, chanoine Claude. Histoire de la ville de Soissons, et de ses rois, ducs, comtes et gouverneurs. Avec une suitte des Evesques, & un Abbregé de leurs actions : diverses remarques sur le clergé, & particulierement sur l'Eglise Cathedrale ; et plusieurs recherches sur les vicomtez & les Maisons Illustres du Soissonnois. Soissons : Nicolas Asseline, 1663-1664, 2 vol. t. 2, p. 194.

[Exposition. New-York, The Metropolitan Museum of Art. 1982]. Radiance and reflection : medieval art from the Raymond Pitcairn collection. Réd. Jane Hayward, Walter Cahn. New-York : The Metropolitan Museum of Art, 1982. p. 140-142.

FRANCE [sous la direction de GRODECKI (Louis), PERROT (Françoise), TARALON (Jean)]. Corpus Vitrearum Medii AeviLes vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 1. Paris : éditions du CNRS, 1978.p. 171.

GRODECKI, Louis. "Un vitrail démembré de la cathédrale de Soissons". Gazette des Beaux-Arts, 1953, série 6, volume XLII, p. 169-176.

GRODECKI, Louis, BRISAC, Catherine. Le vitrail gothique au XIIIe siècle. Fribourg (Suisse) : Office du Livre, 1984. p. 30, p. 37 (ill. 25), p. 38, p. 261.

GRODECKI, Louis. Les vitraux soissonnais du Louvre, du musée Marmottan et des collections américaines. La Revue des Arts, 1960, t. 10, n° 4-5, p. 163-178. p. 171-172.

GRODECKI, Louis. Fragments de vitraux de Soissons à Washington. Bulletin monumental, t. CXVII, 1959, p. 77-78.

 https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1959_num_117_1_4043_t1_0077_0000_1

GUILHERMY, Ferdinand de. Didron. Annales archéologiques, tome vingt-cinquième, 1865, p. 377-395. p. 393.

LECLERCQ DE LAPRAIRIE, Jules-Henri. Notes sur les vitraux de la cathédrale de Soissons. Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, t. 5, 1851, 5e séance, 6 mai 1851, p. 102-106.

LEFÈVRE-PONTALIS, Eugène. Soissons. Monuments religieux. Cathédrale. In Congrès archéologique de France. LXXVIIIe session tenue à Reims en 1911 par la Société française d'Archéologie. Paris : A. Picard, Caen : H. Delesques, 1912, t. 1, p. 318-337. p. 335-336.

LÉPAULART, Dom Nicolas. Journal de D. Lépaulart, religieux du monastère de St Crépin-le-Grand de Soissons, prieur de Ste Geneviève, curé de Cœuvres, sur la prise de cette ville par les Huguenots en 1567. Édité aux frais et par les soins de la Société historique, archéologique et scientifique de Soissons. Laon : Imprimerie d'Ed. Fleury, 1862.p. 34, 56.

LUNEAU, Jean-François. Félix Gaudin, peintre-verrier et mosaïste (1851-1930). Collection Histoires croisées. Clermont-Ferrand : Presses Universitaires Blaise-Pascal, 2006.

MIGEON, Gaston. La donation Octave Homberg au musée du Louvre. Gazette des Beaux-Arts, 50e année, 1908, 1er semestre.p. 117-118.

PÉCHENARD, Monseigneur Pierre-Louis. La grande guerre. Le Martyre de Soissons (Août 1914-Juillet 1918). Paris : Gabriel Beauchesne, 1918.p. 85, 131, 191, 263, 345-346.

PERROT, Françoise. Un vitrail démembré de la cathédrale de Soissons : la verrière de Saint Nicaise et de Sainte Eutropie. Bulletin monumental, 1984, t 142-IV, p.455-456.

POQUET, abbé Alexandre, DARAS, abbé Louis-Nicolas. Notice historique et archéologique de la cathédrale de Soissons, avec la biographie de ses évêques. Soissons : Voyeux-Solin, 1848.p. 62-68.

SANDRON, Dany. La cathédrale de Soissons, architecture du pouvoir. Paris : Picard éditeur, 1998.p. 43, 61.

SUIN, Auguste. Procès-verbal devant notaires, du 28 avril 1568, constatant le sac de la cathédrale par les huguenots. Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, t. 12, 1858, 5e séance, lundi 3 mai 1858, p. 66-70.

Soissons. - Les Cloîtres de Saint-Jean. - Les Verrières de la Cathédrale. La Semaine religieuse du Diocèse de Soissons et Laon, 1889, n° 50, samedi 15 décembre 1889.p. 901-902."

   La lecture de ce document m'incite à m'intéresser au Psautier d'Ingeburge de Danemark , l'épouse de Philippe-Auguste qui est tenu comme le donateur de ce vitrail : le manuscrit est conservé au musée Condé de Chantilly et dont je trouve des images en ligne ©RMH: Il s'agit du Ms9 folio 14v daté du début du XIIIe siècle. Ce manuscrit a été décrit par Léopold Delisle (Léopold Delisle Notice sur le psautier d'Ingeburge. Bibliothèque de l'école des chartes 1867  Volume 28 pp. 201-210, Persee ). Ici, on trouve au dessus de Jessé allongé un premier roi jouant de la vièle (comme à Amiens), un second roi jouant de la harpe, la Vierge tenant un livre fermé (comme à Amiens), puis le Christ bénissant de la main droite et tenant un livre ouvert. Le Christ est encadré par deux anges qui l'honorent, la Vierge par un prophète et une sibylle, les autres par des prophètes. Les prophètes, nimbés, et la Sibylle, sont inspirés par une colombe dont le bec s'approche de leur oreille. Sept colombes entourent le Christ pour témoigner des Dons dont il dispose et, par l'oiseau supérieur descendant verticalement, de son lien avec le Père.

 Les photographies disponibles ne permettent pas de lire les phylactères et d'identifier les prophètes. 

Note. En octobre 2022, je reçois ce message de David Critchley qui a pu lire les phylactères dans le Psautier d'Ingeburge de Danemark, f14v.

Ils sont les suivants: Gauche Supérieur, “Ecce veniet et quis stabit ad videndum eum ?” (Malachi 3 :1-2) / Droit Supérieur, “omnia cessabunt, tellus confracta peribit” (Sibylle) / Droit Milieu, “Vidi portam clausam, et ecce dominus per eam procedebat” (Ezekiel, 44:1-3) / Gauche Milieu, “Vidi lapidem abscisum de monte sine montibus, et crevit, et factus est quasi mons magnus” (Daniel 2:34) / Droit Inférieur, High Priest, Pas de phylactère / Gauche Inférieur. “Qui edificat in celo ascensionem, dominus nomen eius” (Amos 9:6) 

Je remercie David Critchley.

La phrase associée à la Sibylle est extraite du Judicii signum  ou acrostiche sibyllin de la Cité de Dieu de saint Augustin, XVIII, XXIII. Cela renverrai aà la sibylle d'Érythrée ou de celle de Cumes.

 

 

 

 

D'autre part, le site de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons donne accès sur son site au calque ou carton de deux panneaux restaurés par Didron en 1891 puis "vendus frauduleusement" et, pour celui de la Vierge, détruit par un bombardement. 

 

 

 

Cathédrale de Soissons, verrière de l'Arbre de Jessé.

 

Cathédrale de Soissons, verrière de l'Arbre de Jessé

 

Sources et liens.

 

— Société Archéologique, Historique et Scientifique de Soissons, Cathédrale de Soissons. En ligne 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Vitraux Arbre de Jessé. Arbre de Jessé

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