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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:48

Zoonymie du papillon l'Agreste, Hipparchia semele  Fabricius, 1807. 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

Hipparchia Fabricius, 1807.  Hipparchia est une philosophe  grecque de la fin du IVe siècle av. J.-C., sœur de Métroclès lui-même disciple  du philosophe cynique Cratès de Thèbes. Selon Diogène Laërce, Métroclès présente son maître à Hipparchia. Celle-ci s'éprend de lui. Elle refuse les prétendants les plus riches et menace de se suicider si ses parents ne lui permettent pas de l'épouser. Cratès se déshabille devant eux, en adressant ce discours à Hipparchia : « Voilà ton fiancé et tout son avoir, décide-toi en conséquence, car tu ne saurais être ma compagne à moins d'adopter aussi mes habitudes de vie ». Hipparchia n'hésite pas : elle conclut avec Cratès un mariage cynique ("de chien" , ϰυνογαμίαν).

 

semele (Linaeus, 1758) : de Sémélé, fille de Cadmos et d'Harmonie, maîtresse de Zeus et qui périt foudroyée. Elle avait  exigé du dieu de la foudre : "Donne-toi à moi, paré comme tu l'es d'habitude lorsque tu étreins la Saturnienne [Héra], quand vous engagez les ébats de Vénus " (Ovide Mt III :294) . Ce fut (trop) chaud.

— "L'Agreste", Engramelle, 1779. Du latin agrestis "des champs", mais qui évoque dans notre langue un milieu moins "champêtre" que sauvage, inculte ou ingrat. En outre, le nom de ce papillon, l'un des Satyres comme le Faune ou le Silène, peut désigner aussi l'une des divinités primitives qui hantent les campagnes. Godart le nomme "Le Satyre Agreste" en 1821, mais G. Luquet lui rendit la forme "Agreste" en 1986.

 

 

 

 

 

   I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815. Les Nymphalides.

Cette famille comporte (Je suivrai Dupont & al. (2013) ) 8 sous-familles en France :

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 
  • Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886
  •  Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

b) Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]. Les Satyrines ou Satyres.

Dupont & al. (2013) s' appuient sur les travaux de PEÑA & al. (2006) pour la systématique des Satyrinae.

 c) Tribu des Satyrini Boisduval, [1833]


  • Sous-tribu des Parargina Tutt, 1896
  • Sous-tribu des Coenonymphina Tutt, 1896 
  • Sous-tribu des Melanargiina Wheeler, 1903
  • Sous-tribu des Maniolina Grote, 1897
  • Sous-tribu des Erebiina Tutt, 1896
  • Sous-tribu des Satyrina Boisduval, [1833]

d) Sous-tribu des Satyrina Boisduval, [1833]

  • Genre Hipparchia Fabricius, 1807
  • Genre Chazara Moore, 1893
  • Genre Satyrus Latreille, 1810
  • Genre Arethusana Lesse, 1951
  • Genre Brintesia Fruhstorfer, 1911
  • Genre Minois Hübner, [1819]
  • Genre Oeneis Hübner, [1819]

 

 

2. Nom de genre : Hipparchia Fabricius, 1807

 

 

                                            200px-Fabricius_Johann_Christian_1745-18

 

a) Description originale : 

 

Argynnis, "Systema glossatorium", in  "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges""Nach Fabricii systema glossatorum Tom 1" , in Johann Karl Wilhelm Illiger*, Magazin für Insektenkunde, Karl Reichard Braunschweig [Brunswick] (6) page 281.

*Illiger est le fils d'un marchand de Brunswick. Il fut l'élève de Johann Hellwig (1743-1831), un célèbre entomologiste. Le comte  von Hoffmannsegg (1766-1849), naturaliste et grand collectionneur, remarque alors le jeune homme et lui confie, afin qu'il les étudie, ses collections zoologiques. Illiger continue d'étudier les insectes et fait paraître la revue Magazin für Insektenkunde de 1802 à 1807. Les recommandations de Fabricius, de l'université de Kiel, lui valent un titre de docteur honoraire en 18061. Lorsque le musée zoologique de Berlin ouvre ses portes en 1810, Hoffmannsegg lui donne le poste de conservateur, fonction qu'il conservera jusqu'à sa mort.

 

  L'histoire de la publication du Systema glossatorum de Fabricius est en elle-même le petit roman tragique et complexe d'un manuscrit perdu. Ce nom de Systema glossatorum suppose d'abord que l'on sache que Fabricius, dont la classification des insectes reposait sur la structure des pièces buccales  utilisait le terme de Glossata (les Glossates) pour désigner les Lépidoptères, ou Papillons : en d'autres termes, il s'agit de sa Classification des Lépidoptères, la dernière de sa série des Systema après Systema eleutheratorum [les coléoptères] Kiliae 1801, Systema rhyngotorum [les hémiptères], Brunsvigae 1803, Systema piezatorum [les hyménoptères], Brunsvigae 1804 et Systema antliatorum [les diptères], Brunsvigae 1805.

 Le manuscrit du dernier des Systema a été terminé le 4 mars 1806 et envoyé à Reichard, le même éditeur que les précédents à Brunswig, et qui éditait aussi le Magazin für Insektenkunde d'Illiger.  C'est dans la sixième et dernière parution de cette revue que Illiger écrivit un article sur "La dernière classification par genre des papillons des genres linnéens Papilio et Sphinges", Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges (cité supra, 1807 pp 277-289), anticipant la parution du premier volume de la Systema Glossatorum, annoncée pour Pâques 1808. Quant à Fabricius, il donna un résumé de son ouvrage dans  "Zeitung fur Literatur und Kunst in den Konigl. Danischen Staaten," Kiel, 11. Sept. 1807 (pp. 81-84) sous le titre: "Etatsrath Fabricius Rechenschaft an das Publikum fiber seine Classification der Glossaten. Joh. Christ. Fabricii systema glossatorum, Vol. I "

  Hélas, avant que ne paraisse le livre, l'éditeur fit faillite, et ses créanciers saisirent le matériel et vendirent les travaux en cours à des chiffonniers. On ignore ce qu'est devenu le manuscrit original de Fabricius, mais néanmoins, les sept premiers feuillets déjà imprimés de son livre ont été conservés, en trois exemplaires. L'un de ceux-ci  est maintenant à la Bibliothèque du Musée zoologique de Berlin : elle comporte les pages 1-112 avec la page de titre et s'intitule Systema glossatorum, sans mentionner "volume I". Elle a fait l'objet d'un fac-similé publié par F. Bryk en 1938. Un autre exemplaire appartenait à K.A Dohrn à Szczecin [Stettin], qui l'a légué au Musée zoologique de Szczecin ; après la seconde guerre mondiale, il devint la propriété de la Bibliothèque Royale de Copenhague. Il comprend les pages 3-112, sans la page de titre. Enfin, l'American Museum of Natural History de New-York  détient depuis au moins 1903 le troisième exemplaire. Il ne se compose que des pages 1-80, page de titre incluse. 

  Comme Dohrn signale que le numéro 6 de la revue d'Illiger avait brûlé lors d'un incendie chez l'imprimeur, Brik pense que le manuscrit de Fabricius a été détruit lors du même incendie. Ce manuscrit ne devait porter que sur le volume I, puisque la liste des genres, par laquelle Fabricius débute (page 9-12) ne comporte pas les Noctuidae et les Geometridae.

 Felix Brik (1938) sembla avoir utilisé une épreuve de la bibliothèque de la Berliner Naturforschung Gesselschaft, publiant un fac simile qui apporte les noms de nouvelles espèces par rapport à Illiger. (J Chr Fabricius Systema Glossatorum Nature 143, 784 (13 Mai 1939). Par son Opinion n° 137 du 30 octobre 1942, l'ICZN établi que les noms génériques publiés par Illiger sont à créditer à "Fabricius (in Illiger), 1807" et par extension de l'Opinion n° 137, les noms triviaux du fac-similé de Briks sont indiqués "Fabricius (in Brik), 1938".  

 

 Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes.

 

Sources du paragraphe: 

 SL Tuxen Annu Rev. Entomol.1967,  http://www.annualreviews.org/doi/pdf/10.1146/annurev.en.12.010167.000245

Voir aussi Taeger, Nota lepidopterologic 2001

 https://archive.org/stream/notalepidoptero242001soci#page/n89/mode/2up/search/fabricius

 Zimmer, 2012 http://dezimmer.net/eGuide/Lep2.1-T-Z.htm

 

 

 — Description : 

 14. Hipparchia. Taster zwei, lang, fein, zusammengedrükkt, nach aufsen länger gefranzt, dreigliedrig ; drittes Glied kurz, eingekrümmt, spitz, unter der Spitze eingelenkt. Fülher nach aussen dikker, spitlich. (Putzfüfse.)

Pap. Hermione, Fauna, Maera, Ligea, Epiphron, Galathea, Pilosellae, Hyperanthus, Rumina. 119 Art.

 

— Type spécifique: Papilio hermione Linnaeus, 1764 = P. fagi Scopoli, 1763 ; sélectionné par Butler en 1868

b) Sous-genres.

 Ce genre renferme  4 sous-genres :     

 Pour les sous-genres, la taxonomie suit  Fauna Europaea

—Sous-genre Neohipparchia Lesse, 1951

  • Hipparchia statilinus (Hufnagel, 1766) le Faune

—Sous-genre Pseudotergumia Agenjo, 1947

  • Hipparchia fidia (Linnaeus, 1767), le Chevron blanc

—Sous-genre Parahipparchia Kudrna, 1977

  • Hipparchia semele (Linnaeus, 1758) l'Agreste.
  • Hipparchia aristaeus (Bonelli, 1826)  l'Agreste flamboyant.

— Sous-genre Hipparchia Fabricius, 1807

  • Hipparchia neomiris (Godart, 1822)  le Mercure tyrrhénien. 
  • Hipparchia alcyone ([Denis & Schiffermüller], 1775)le  Petit Sylvandre.
  • Hipparchia genava (Fruhstorfer, 1908)  le Sylvandre helvète.
  • Hipparchia fagi (Scopoli, 1763) le Sylvandre

   


 c) Origine et signification du nom Hipparchia

 

— W. Soddofsky, (1837), :

 page 78...Eine Ausnahme von ihr machen die Gattungsnamen der Tagschmetterlinge, zu denen man fast durchgehends die Beinamen der Aphrodite wählte und die Linnéschen Klassenbezeichnungen : Papilio, Sphinx, Noctua u.s.w. Diese behielt man unverändert zum Andenken an den grossen Naturforscher bei....

2.Ueberall, wo man nicht auszeichnende Merkmale, die vielen Species einer Gattung in mehrere Familien getheilt werden musste, da wählte man zur Bezeichnung derselben die veralteten namen griechischer Städte, Flüsse, Inseln, und Personen, oder die Beinamen der Göttinnen.

 

page 81 Hipparchia. Von ιππαρχια, die Würde des Anführers einer Reiterabtheilung. Offenbar fremd unter den andern gattungsnamen. Daher wäre es wohl wünschenswerth, auch dieser Gattung einen Beinamen der venus zu ertheilen, etwa : Melania, von melas, dunkelfarbig, weil die meisten Species dieser Gattung schwarzbraun sind.

Hipparchia. De ιππαρχια,  dignité de chef d' escadron (de cavalerie). Apparemment étranger aux autres noms génériques. Par conséquent, il serait souhaitable,  de donner à  ce genre un surnom de Vénus, par exemple: Melania, de melas, de couleur sombre, car la plupart des espèces de ce genre sont noirs.

— L. Glaser page 127 :

"22.Erebia Boisd....(Hipparchia Fabr. "Hipparchische", weg d. Augen n.d. Astronomen Hipparch, nicht Leunis : "Pferdeführer"), ... 

Auch Sodoffsky u. Kraft erklären : ιππαρχια, mit Reiteranführung, der Letzere mit der Motivierung "wegen des hüpfenden Flugs" D.V. 

 

 — August Janssen (1980) page 42 :

ipparchos = hipparch, bevelhebber der ruiterij. 

 ipparchos = Hipparque, commandant de cavalerie.

 —A. Maitland Emmet (1991) page 156  : 

Hipparchus, a celebrated Greek astronomer  of the end of the 2nd century B.C. His catalogue of the stars was preserved by Ptolemy. Perhaps the prominent ocelli on the wings of some species suggested stars to Fabricius. originaly a family name for all the satyrines.

— Hans A. Hürter (1998) page 137 :

 

Was Fabricius bewogen hat, diese Gattung so zu nemmen, wird uns wohl für immer verborgen bleiben. Einen Zusammenhang mit dem astronomen hipparchos zu konstruieren "wegen der Augen", wie Glaser, oder mit der Reiteranführung "wegen des hüpfenden Flugs", wie Kraft, geht mit Sicherheit fehl.

   Am wahrscheinlichsten ist immer noch eine latinisierte Ableitung von Hipparchos mit der Endung -ia als dem befehlshaber der Reiterei, der im Stadtstaat Athen nach dem Tyrannen als "2 Mann im Staate" galt.

Ce que Fabricius a voulu dire avec ce nom de genre nou demeurera à jamais incompréhensible, et les évocations de l'astronome Hipparchus "à cause des yeux" (Glaser) ou "du bord de fuite des ailes" (Kraft) est voué à l'échec.

Le plus probable est encore une dérivation latinisée d'Hipparque avec la terminaison -ia en tant que commandant de la cavalerie, après le tyran ait été considéré comme un «deux homme dans l'état" dans la cité-État d'Athènes (??).


—Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 92:

Hipparchia : nom formé sur le nom d'Hipparque, célèbre astronome grec du IIe siècle avant Jésus-Christ. Son catalogue des étoiles fut conservé par Ptolémée. peut-être les ocelles alaires, très visibles portés par certaines espèces du genre ont-ils suggéré des étoiles à Fabricius.

 

— Perrein et al. (2012) page  328: 

Étymologie : de Hipparchos ou Hipparque de Nicée — selon Emmet (1991)— le célèbre mathématicien et astronome grec du IIe siècle avant J.C, qui dressa le premier catalogue d'étoiles ; Hipparchia est aussi une belle et jeune héroïne athénienne qui épousa Cratès, le vieux philosophe et le plus répugnant des cyniques du IVe siècle avant J.C.


Discussion.

Critique de l'interprétation de Sodoffsky.

Soddofsky ne trouve pas mieux dans son dictionnaire que le grec Hipparchia, du grec ancien ἱππαρχία, hipparkhia "hipparchie", division de cavalerie de l'ancienne Grèce de 500 hommes, commandée par un hipparque et provenant du grec  ἵππος, híppos "cheval", et - ἀρχός, archos "chef". Il constate que ce sens est incongru, mais il n'a rien d'autre dan son jeu. "Je passe" ? Non, il propose de remplacer Hipparchia par Melania, une épithète de Vénus "la noire". Le tour est joué !

Le plus stupéfiant est que Janssen reprenne cette étymologie en 1980, et que Hans A. Hürter "qu'on a connu plus judicieux", la valide à son tour comme la plus probable après un examen soigneux des auteurs germaniques et du dictionnaire grec. A aucun moment la solution qui se présente aujourd'hui en premier lorsqu'on tape "Hipparchia" sur Google (" Une philosophe cynique") n'est évoquée. Étrange scotome.

 

Critique de l'interprétation de Emmet.

Alors que le nom donné par Fabricius est féminin —Hipparchia—, Emmet choisi d'y voir une référence à un personnage masculin, Hipparchus, (Hipparque, en grec ancien Ἵππαρχος  hipparchos) ce qui est contraire au choix de l'auteur danois  dont les 49 noms de genre de 1807  sont soit des épithètes de Vénus, soit des noms de femmes légendaires ou d'amantes célèbres. Lorsqu'on aborde un nom générique de Fabricius, on doit rechercher a priori soit Vénus, soit une femme remarquable.  

Voir : Sur les noms de genre des Lépidoptères créés par Fabricius en 1807..

 Pour justifier ce  choix, Emmet suggère que Fabricius a pu, face aux ocelles de certaines espèces de ce genre, y voir les étoiles décrites l'astronome. Tordu, non?  Outre que le passage des yeux (ocelles) aux étoiles suppose une vue courte, cette suggestion est contraire à tous les usages de Linné et de Fabricius en matière d'onomastique, les noms propres étant distribués pour créer une convention consensuelle (noms étiquettes), mais jamais pour décrire un trait caractéristique d'une espèce.

Cette hypothèse est pourtant reprise par Luquet 2007, qui traduit littéralement le texte d'Emmet, et par Perrein 2012, qui s'en démarque in fine en proposant Hipparchia " belle et jeune héroïne athénienne" en alternative.


Hipparchia, philosophe cynique jusque dans son choix amoureux.

                                                                

La philosophie cynique, dont le tonneau de Diogène de Sinope est l'attribut emblématique plus élégant que ses masturbations publiques, enseigne le mépris des convenances et un splendide refus des modes, des honneurs et des richesses. L'histoire de la belle Hipparchia, qui vivait à Maronée en Thrace à la fin du IVe siècle avant de rejoindre Cratès à Athènes vient lui servir d'illustration, et on lit avec jubilation  les épisodes racontés par Diogène Laërce dans le Livre VI de ses Vies et doctrines des philosophes antiques Traduction Robert Genaille, 1933 :

  Les discours de ces philosophes convertirent encore la sœur de Métroclès, Hipparchia. Comme lui, elle était de Maronée. Elle s’éprit si passionnément de la doctrine et du genre de vie de Cratès qu’aucun prétendant, fût-il riche, noble ou bien fait, ne put la détourner de lui. Elle alla jusqu’à menacer ses parents de se tuer si elle n’avait pas son Cratès. Cratès fut invité par eux à la détourner de son projet : il fit tout ce qu’il put pour cela, mais finalement, n’arrivant pas à la persuader, il se leva, se dépouilla devant elle de ses vêtements, et lui dit : « Voilà votre mari, voilà ce qu’il possède, décidez-vous, car vous ne serez pas ma femme si vous ne partagez mon genre de vie. » La jeune fille le choisit, prit le même vêtement que lui, le suivit partout, fit l’amour avec lui au grand jour, et alla avec lui aux repas. Un jour où elle vint à un repas chez Lysimaque, elle confondit Théodore, surnommé l’Impie, par le raisonnement suivant : « Ce que Théodore ferait sans y voir une injustice, Hipparchia peut aussi le faire sans injustice. Or Théodore peut se frapper sans dommage, donc Hipparchia, en frappant Théodore, ne lui fait aucun dommage. » L’autre ne répondit rien, mais lui souleva son vêtement. Mais Hipparchia n’en fut ni frappée, ni effrayée, bien que femme. Et comme il lui disait : « Qui donc a laissé sa navette sur le métier ?» elle lui répondit : « C’est moi, Théodore, mais ce faisant, crois-tu donc que j’ai mal fait, si j’ai employé à l’étude tout le temps que, de par mon sexe, il me fallait perdre au rouet ? »

On raconte encore bien d’autres bons mots de cette femme philosophe.

On connaît de Cratès un recueil de lettres où il raisonne fort bien, et dont le style est proche de celui de Platon. Il a fait des tragédies dans le style élevé de la philosophie, comme celle-ci :

Je n’ai pas pour patrie une seule ville, une seule tour, un seul toit ;

L’univers entier est la ville, la maison,

La demeure qui m’est préparée.

 

Il mourut très vieux, et fut enterré en Béotie.

 


   Mais Fabricius, qui ne disposait pas d'Internet, connaissait-il cela ? Certainement, car les œuvres de Diogène Laërce étaient parfaitement connues des étudiants, et constituaient le B-A-BA de l'initiation à la philosophie. En outre, si Fabricius utilisait des compilations de noms célèbres pour aider sa mémoire à trouver des noms, il pouvait trouver dans l'une des plus connues, le Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins  de François Sabbathier page 196  un parfait résumé des notions nécessaires.

 

Lorsque Fabricius propose sur un plateau une si belle figure, pourquoi bouder son plaisir ? 

J'imagine la tête des parents d'Hipparchia lorsque son amant s'est mis à poil devant eux, et j'imagine surtout le grand rire clair qui a saisi la philosophe qui lui a sauté au cou. Je suis sûr que ce rire retentissait dans les rues d'Athènes lorsque Cratès entrait chez les gens qu'il ne connaissait pas, avec sa jambe boiteuse et son dos bossu, sous prétexte d'apaiser leurs querelles (Hipparchia se bidonnait, mais les gens étaient ravis). Je les imagine dansant sur l'agora, ou lui faisant le poirier dans le métro, sa petite monnaie tombant de ses poches, tandis qu'elle rigole, elle rigole ... Les autres épouses n'accompagnent pas ainsi leur mari mais restent at home. Homais ! 

 

 II.  Archéo-taxonomie du genre.

        Kudrna, O. 1977. A Revision of the genus Hipparchia Fabricius. Classey, Faringdon: 300 pp. Page 12.

 

 

 

 3.  Nom d'espèce : Hipparchia semele (Linnaeus, 1758)


a) Description originale

Protonyme Papilio semele  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. Page 474.

 

— Description :

P[apilio] N[ymphalis] [gemmati] Alis dentatis fulvo nogroque nebulosis : primotibus utrinque ocellis duobus ; posticis supra unico.

Habitat in Europae Sylvis.


b) références données par Linnè : 


— Linné, 1746 Fauna suecica  page 238  n° 784 : Linné attribue, dans une première tentative de simplifier la dénomination des espèces alors déterminée par une longue "phrase spécifique" en latin, un premier Nom Propre : "Faunus". Il ajoute : Habitat in sylvis petrosis non infrequens. "Vit dans les forêts rocheuses [non peu peuplées ??]".
 
— James Petiver, Gazophylacii (1702-1706). page 22 t. 14 fig. 9

Papilio oculis nigris subtus marmoreus . The Tunbridge Grayling. Very rare about London.

 — James Petiver Musei petiveriani 1699 : référence uniquement donné dans le Fauna suecica : page 34 n°307.  
Papilio oculis nigris subtus marmoreus  The Black-ey'd Marble Butterfly. I caught this the last Summer at Tunbridge, but  have not yet observed it about London.  

— John Ray 1710  Historia insectorum page 128 n°6 : 

Papilio majuscula, alis pullis, cum duplici in exterioribis maculâ luteâ, & duplici oculo nigris. […] Haec à D. Tillema Bobarto ad me transmissa est. Huic similis anno 1697. mihi communicata est ab ingeniosissimo viro D. Davide Kreig M.D. Annabergensi Saxone, in collibus Gogmagog dictis agri Cambridgensis inventa, allis pullis, transversa areâ latâ é fulvo flacitante infra mediam longitudinem ductâ, & ad imum prope marginem extensa (etc...)


John Ray mentionne ici Tilleman ou Tillemant Bobart (1645-1724), fils de Jacob Bobart qui était le directeur du premier Jardin Botanique d'Oxford et frère de Jacob Bobart le Jeune, professeur de botanique à Oxford . Puis il mentionne l'allemand David Krieg qui adressa à Petiver et à Ray des échantillons d'histoire naturelle depuis ses séjours à Riga, en Angleterre, ou en Amérique. Le spécimen de J.Ray semble lui avoir été adressé par Krieg après avoir été découvert dans les colines calcaires de Gog Magog (reprise en toponyme d'un célèbre nom biblique)  près de Cambridge.

— Roesel 1746 , Insecten Belustigung  app.vol.. 3  t.34 fig.6.
Dans l'édition néerlandaise de Kleeman :

De bleck-bruine, oraje-geele WOUD-VLINDER*, met den zwarten Oogspiegel. Behoorende tot de eerste Classe des Dagvlinders

* Papillon des forêts.
Planche XXXIV © BHL :

            n244_w298

c) Localité-type et répartition.

  — Localité-type :  Suède, désignée par Honey, M. R. & Scoble, M. J. 2001. Linnaeus's butterflies (Lepidoptera: Papilionoidea and Hesperioidea). Zoological Journal of the Linnean Society, 132(3): 277-399. page 379.

 

Selon Dupont & al. 2013, c'est une espèce européenne. Elle est présente presque partout en France. Les chenilles se nourrissent sur  diverses Poaceae.

 

d) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

  •  Eumenis semele cadmus Fruhstorfer, 1908
  • Hipparchia semele cadmus (Fruhstorfer, 1908)

  • Hipparchia semele semele (Linnaeus, 1758)

  • Hipparchia wilkinsoni Kudrna, 1977

  • Papilio semele Linnaeus, 1758

  • Satyrus cadmus Fruhstorfer, 1908   

 

Sous-espèces : 

 Leraut retient la présence de deux sous-espèces en France :

- semele Linnaeus, 1758.
- cadmus Fruhstorfer, 1908. Localité-type : Environ du col de Klausen, Suisse Fruhstorfer, H. V. 1908. Neue palaearktische Satyriden.Internationale entomologische Zeitschrift, 2(2): 9-10. page 9. [http://www.biodiversitylibrary.org/page/37086446] 

 


c) Origine et signification du nom  semele.

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

— Anton Spannert (1888), page 45:

eine Geliebte des Jupiter, die ihm Bacchus gebar.

— Arnold Spuler ( 1908) 1 page 43 :

        gr. Tochter des Cadmus, Mutter des Bacchus. 

 — L. Glaser page 129.

Tocht.d. Cadmus, Jupiter's geliebte, Mutter d. Bacchus.

— A. Maitland Emmet (1991) page 156  : nous recopie le dictionnaire mythologique :

Semele, a beautiful mortal who was beloved by Zeus and became the mother of Dionisius (Bacchus)    by him. Hera, the wife of Zeus and always jealous (with good reason) persuaded her to ask Zeus to appear in his full splendour . Accordingly he did so as the god of thunder and she was consumed by the lightning. Zeus saved her son and later immortalized her.  

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 92 :  qui traduit Emmet :

semele : fille de Cadmus, Sémélé, une ravissante mortelle, était aimée de Zeus, et devint par lui la mère de Dionysos (Bacchus). Héra, l'épouse de Zeus, toujours jalouse (et à bon escient !) , persuada Sémélé de demander à Zeus de lui apparaître dans toute sa splendeur. Accordant cette faveur à Sémélé, Zeus se montra sous l'apparence du dieu du tonnerre et Sémélé fut consumée par l'éclair. Zeus sauva son fils, et, plus tard, il l'immortalisa. 

 

— Perrein et al. (2012) page 328:

Étymologie : de Sémélé, fille de Cadmos et d'Harmonie, mère de Dionysos, aimée en vain par Actéon avant que Zeus ne s'éprenne de ses charmes dans la mythologie grecque.

 

Discussion : 

        Le nom d'espèce semele choisi par Linné ne prête à aucune discussion : il s'agit de Sémélé, maîtresse de Zeus qui périt foudroyée pour avoir, sur la suggestion de l'épouse trompée Héra, exigé de son divin amant qu'il se montre, non seulement "dans son naturel", mais dans la fougue de ses amours avec la déesse : « Donne-toi à moi, paré comme tu l'es d'habitude lorsque tu étreins la Saturnienne [Héra], quand vous engagez les ébats de Vénus » ! «qualem Saturnia » dixit « te solet amplecti, Veneris cum foedus initis da mihi te talem ! » Rêve insensé d'une mortelle —de toute mortelle sans-doute —, auquel on ne survit pas. 

Le nom de l'héroïne était d'autant plus susceptible de venir à l'esprit de Linné en 1758 que G.F. Haendel avait composé en 1743 son opéra Sémélé.

 

 

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 

I. Les Noms français. 

        Avant de recevoir un nom vernaculaire français, cette espèce avait été nommée de 1699 à 1746 d'une part en anglais sous les noms que je traduis comme je peux  de  Papillon marbré aux yeux noirs (Petiver), Grisâtre brun de Tunbridge,  Grisâtre (Petiver), ou d'Aile inférieure rocheuse (Wilkes), d'autre part en allemand et en néerlandais sous le nom de  Papillon des Forêts (Roesel), et enfin en latin par Linné sous le nom de Faune. Ces précédents vont-ils influencer le choix d'un nom français ?

 

1. L'Agreste ,  Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1   page 76   n° 38 planche XXII  dessinée par  J.J Ernst .  

        Je peux penser que le nom d'Agreste a été choisi en raison de la description qu'Engramelle donne de son habitat :

"Cette espèce […] habite les campagnes, les montagnes arides, pierreuses et les forêts sablonneuses.

 

Ce nom correspond à la substantivation de l'adjectif agreste, du latin agrestis « des champs ». Gaffiot donne plus précisément pour -agrestis dans son dictionnaire "1-Relatif aux champs, champêtre, agreste. 2. Agreste, grossier, inculte, brut, sauvage. "  

Le CNRTL détaille aussi les sens que peut prendre l'adjectif agreste :

1. Vx, techn. Propre aux terres incultes, ou aux campagnes à culture primitive.

a) [En parlant d'êtres vivants, de fruits, d'objets., etc., de dimension gén. modeste]

− Arboric., Bot. Qui croît sans être cultivé. Fruit agreste; plante agreste  :

− Entomol. [En parlant d'oiseaux, d'insectes, etc.] ,Épithète qu'on donne, comme nom spécifique, à plusieurs insectes (...) qui habitent les terrains non cultivés.``  :

b) Myth. [En parlant des petites divinités de la campagne] :

2. [En parlant de la nature ou de phénomènes de la nature] Qui a gardé son aspect primitif ou peu cultivé. Site, lieu agreste :

3. Au fig. [En parlant de pers., d'usages ou de comportements hum.] a) D'une simplicité rustique. Humeur agreste, mœurs agrestes. b) Péj. Trop près de l'état naturel, inculte, grossier :

Stylistique − Agreste/champêtre. Les 2 adjectifs ont en commun qu'ils évoquent la terre proche de l'homme qui y vit. "Champêtre emporte avec lui une idée de culture, qu'exclut le mot agreste"."Agreste marque l'état sauvage, la solitude d'un lieu, tandis que champêtre n'emporte pas la même idée.".

Ce nom correspond donc bien aux mœurs ce cette espèce, qui fréquente les massifs incultes couverts de landes, les dunes de sable, les prairies côtières et carrières désaffectées,  sites abrités, ensoleillés et secs où la végétation est clairsemée. L'attrait pour les lieux pierreux est aussi signalé dans le nom vernaculaire anglais "Rock Grayling". 

Néanmoins, ce nom apparaît chez Engramelle après sa propre description  des espèces suivantes : Silène, Silvandre, L'Hermite,  Faune.  Silène et Faune étant des Satyres, il est possible de voir en Agreste le nom collectif de divinités mineures des milieux ruraux (sens 1b du CNRTL) au même titre que les Hamadryades fréquentent les arbres, les Néreïdes la mer et les Naïades les eaux douces. Le plus probable est qu'Engramelle joue sur les deux emplois de l'adjectif pour les associer dans son substantif. D'autant que Linné avait donné à cette espèce le nom de Faunus dans sa Fauna suecica de 1746.

 

 

 

2Le Satyre agreste, Latreille 1819

Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle: appliquée aux arts, à ..., Volume 30 page 228

 

3. Le Satyre sémélé, Latreille et Godart, 1819.

 Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Histoire naturelle. Tome 9 / . Entomologie, ou Histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes, par M. Latreille,

  Paris : Vve Agasse tome 9, page 516 n°111 .

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

4. Le Satyre Agreste, Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, page 139 n°44  planche 7 tert.  figure 1 peinte par Vauthier et gravée par Lanvin.

© Planche : BiodiversityHeritageLibrary

                         

 

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5.  Le Satyre Agreste, Duponchel, 1849.

  DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. page 190 et Planche XXVIII dessinée par Blanchard et gravée par Melle Plée. © BiodiversityHeritageLibrary.


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6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986 et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait page 24 n° 393 comme nom unique "L'Agreste".

 

7. Étude zoonymique des auteurs français :

— Luquet in Doux et Gibeaux 2007  page  92:

        "Agreste : du latin ager, champ : littéralement, "des champs", par allusion aux biotopes fréquentés par le papillon"

— Perrein et al. 2012 page  : 

"L'Agreste, du latin ager, "champ", est le nom donné par Engramelle (1779)."

 

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de  Satyrus semele  puis citent dans leur texte page  le nom vernaculaire de "Satyre agreste" page 155.

—Bellmann / Luquet 2008 : "L'Agreste" .

— Doux & Gibeaux 2007 : "L'Agreste ".

— Lafranchis, 2000 : "L'Agreste" .

— Perrein et al. 2012 : " L'Agreste".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Agreste".

— Wikipédia : "L'Agreste  ".

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

Traductions indicatives bricolées sur Google...


  • "Ockerbindige Samtfalter" ou  "Rostbinde" en allemand : Papillon suffusé d'ocre ou "suffusé de rouille" ?

  • "Faune lleonat" en catalan : Faune fauve ?

  •  "Pardo-rubia" en espagnol : Pardo blond

  •  "Parastais silsamtenis"

  • " Skalnik semele" en polonais,

  • "Okáč metlicový " en tchèque : Petit Skipper ...

  • "Očkáň metlicový " en slovaque Petit Skipper ..;

  • "Кафявопетнистият сатир"  en bulgare :"Satyre Kafyavopetnistiyat"

  • "Pušyninis satyras " en lituanien "satyre Pusyninis"

  • "Barna szemeslepke" en hongrois : Papillon brun à points"

  • "Hietaheinäperhonen"  en finnois

  • "Obični sivac" en croate ou bosniaque. "pâle commun"

  •  "Heivlinder" en néerlandais

  • Heideflinter” en frison

  • " Sandrandøje"  en danois 

  • "Sandgräsfjäril" en suédois  

  • "Rõmmesilmik"  en estonien 

  • "Kystringvinge"  en norvégien

  • "Семела" en russe

 

 

 

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "Glassag (foillycan)" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • " Gweirlöyn llwyd" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais .

  • The Black-eyed marble Butterfly (Petiver, 1699)
  • The Brown Tunbridge Grayling, mâle : Petiver, 1703; 1717.
  • The Tunbridge Grayling, femelle : Petiver, 1703 ;1717. Les deux sexes : Newman & Leeds, 1913.
  • The Rock Underwing : Wilkes, 1741-42 ; Samouelle, 1819 ; Newman & Leeds, 1913.
  • The Grailing : Harris, 1766.
  • The Grayline : Harris, 1775.
  • The Black-eyed Marbled Butterfly  : Berkenhout, 1769 ; Donovan, 1799.
  • The Great Argus : Lewin, 1795.
  • The Grayling : Haworth, 1803 ; Samouelle, 1819 ; Jermyn, 1824 ; Morris, 1853, et la plupart des auteurs suivants.
  • The Rock-eyed Underwing : Morris, 1853.

Le premier nom de Petiver "Black-eyed marble Butterfly"  (Papillon marbré aux yeux noirs)  est une traduction de sa description latine Papilio oculis nigris subtus marmoreus (papillon à ocelles noirs et dessous marbré). Le second zoonyme "Brown Tunbridge Graying" inclut le lieu géographique de la capture de ce papillon, Tunbridge, lieu de cure de l'ouest du Kent célèbre pour ses sources. Il contient aussi le substantif Grayling, construit de gray, "gris" et du suffixe diminutif -ling qui désigne souvent en anglais un salmonidé proche de la truite, à la peau grise ; aussi peut-on le traduire par Petit-Gris : c'est le "Petit-Gris brun de Tunbridge".

 

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : hipparchia

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Hipparchia semele

— UK Butterflies :  hipparchia semele

— lepiforum : hipparchia semele

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :


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— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

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        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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 FRISCH (Johann Leonhard.) 1730 . Beschreibung von allerley Insecten in Teutsch-Land : nebst nützlichen Anmerckungen und nöthigen Abbildungen von diesem kriechenden und fliegenden inländischen Gewürme : zur Bestätigung und Fortsetzung der gründlichen Entdeckung : so einige von der Natur dieser Creaturen herausgegeben : und zur Ergäntzung und Verbesserung der andern (1730)  Berlin : Verlegts Christ. Gottl. Nicolai  https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

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— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:46

Zoonymie du papillon le Tabac d'Espagne Argynnis paphia.

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

— Argynnis, Fabricius, 1807 : cet auteur danois ami de Linné a créé 49 noms génériques, dont, selon la règle qu'il s'était fixé, près de la moitié sont des épithètes de Vénus (Aphrodite en Grèce) : c'est le cas pour l'épiclèse Argynnis Argunnis ´Αργυννίς «D'Argynnos (toponyme et anthroponyme)» , épiclèse d'Aphrodite (´Αφροδίτη )  du nom de son temple Argyneion  bâti selon la légende par Agamemnon roi de Mycènes sur les bords du fleuve Céphise en souvenir de son amant le jeune Argynnus qui s'y était noyé. Le rapprochement lointain et fortuit avec le grec arguros "argent" a sans-doute été inspiré bien plus tard à Emmet (1991) par les taches argentées des ailes. 

 

paphia (Linnaeus, 1758) : épiclèse d'Aphrodite. Aussitôt née de l'écume (aphros en grec) créée par le sperme d'Ouranos le Firmament, la déesse de l'Amour posa le pied sur le rivage de Chypre à Paphos où un sanctuaire la vénérera. Dans le Systema naturae, P. paphia précède P. cytherea, qui reprend le nom du second temple de la déesse : Linné s'inspire sans-doute de l'Énéide de Virgile qui associe les deux sanctuaires. 

 

— "Tabac d'Espagne" : nom créé par Geoffroy en 1762 par comparaison de la couleur des ailes avec celle du tabac en poudre, dont  Séville avait le monopole de la fabrication. C'était une couleur ocre rougeâtre due à l'addition au tabac d'une poudre minérale, l'almagro extraite de la région de Mazarrón en Espagne. Le nom a été repris par Engramelle en 1779, Godart en 1821 et G. Luquet en 1986.  

 

 

 

   I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

 

a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815.

Cette famille comporte (je suivrai Dupont & al. (2013) ) 8 sous-familles en France :

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 
  • Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886
  • Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

b) Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822

 

Selon Dupont & al., Pelham & al. (2008), se référant aux travaux de Koçak (1981), considèrent Heliconiinae Swainson, 1827, comme invalide, au motif que le nom donné par Swainson est fondé sur le nom générique Heliconius Latreille, 1804, qui est un homonyme d’Heliconius Kluck, 1780. Ces auteurs préconisent l’utilisation d’Heliconiinae Swainson, 1822 (planche 92, « Heliconiae »).

 

 

c) Tribu des Argynnini Swainson, 1833 : les Argynnes.

Pour la systématique des Argynnini Dupont & al. suivent les travaux de Simonsen & al. (2006).


d) Sous-tribu des Argynnina Swainson, 1833 


  • Genre Issoria Hübner, [1819]
  • Genre Brenthis Hübner, [1819]
  • Genre Argynnis Fabricius, 1807

 

 

 

 

    

2. Nom de genre Argynnis, Fabricius, 1807: 


                                            200px-Fabricius_Johann_Christian_1745-18

 

a) Description originale : 

 

Argynnis, "Systema glossatorium", in  "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges""Nach Fabricii systema glossatorum Tom 1" , in Johann Karl Wilhelm Illiger*, Magazin für Insektenkunde, Karl Reichard Braunschweig [Brunswick] (6) page 283. L'espèce-type, celle sur laquelle se base la description, est  Papilio paphia Linnaeus, 1758.

*Illiger est le fils d'un marchand de Brunswick. Il fut l'élève de Johann Hellwig (1743-1831), un célèbre entomologiste. Le comte  von Hoffmannsegg (1766-1849), naturaliste et grand collectionneur, remarque alors le jeune homme et lui confie, afin qu'il les étudie, ses collections zoologiques. Illiger continue d'étudier les insectes et fait paraître la revue Magazin für Insektenkunde de 1802 à 1807. Les recommandations de Fabricius, de l'université de Kiel, lui valent un titre de docteur honoraire en 18061. Lorsque le musée zoologique de Berlin ouvre ses portes en 1810, Hoffmannsegg lui donne le poste de conservateur, fonction qu'il conservera jusqu'à sa mort.

 

  L'histoire de la publication du Systema glossatorum de Fabricius est en elle-même le petit roman tragique et complexe d'un manuscrit perdu. Ce nom de Systema glossatorum suppose d'abord que l'on sache que Fabricius, dont la classification des insectes reposait sur la structure des pièces buccales  utilisait le terme de Glossata (les Glossates) pour désigner les Lépidoptères, ou Papillons : en d'autres termes, il s'agit de sa Classification des Lépidoptères, la dernière de sa série des Systema après Systema eleutheratorum [les coléoptères] Kiliae 1801, Systema rhyngotorum [les hémiptères], Brunsvigae 1803, Systema piezatorum [les hyménoptères], Brunsvigae 1804 et Systema antliatorum [les diptères], Brunsvigae 1805.

 Le manuscrit du dernier des Systema a été terminé le 4 mars 1806 et envoyé à Reichard, le même éditeur que les précédents à Brunswig, et qui éditait aussi le Magazin für Insektenkunde d'Illiger.  C'est dans la sixième et dernière parution de cette revue que Illiger écrivit un article sur "La dernière classification par genre des papillons des genres linnéens Papilio et Sphinges", Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges (cité supra, 1807 pp 277-289), anticipant la parution du premier volume de la Systema Glossatorum, annoncée pour Pâques 1808. Quant à Fabricius, il donna un résumé de son ouvrage dans  "Zeitung fur Literatur und Kunst in den Konigl. Danischen Staaten," Kiel, 11. Sept. 1807 (pp. 81-84) sous le titre: "Etatsrath Fabricius Rechenschaft an das Publikum fiber seine Classification der Glossaten. Joh. Christ. Fabricii systema glossatorum, Vol. I "

  Hélas, avant que ne paraisse le livre, l'éditeur fit faillite, et ses créanciers saisirent le matériel et vendirent les travaux en cours à des chiffonniers. On ignore ce qu'est devenu le manuscrit original de Fabricius, mais néanmoins, les sept premiers feuillets déjà imprimés de son livre ont été conservés, en trois exemplaires. L'un de ceux-ci  est maintenant à la Bibliothèque du Musée zoologique de Berlin : elle comporte les pages 1-112 avec la page de titre et s'intitule Systema glossatorum, sans mentionner "volume I". Elle a fait l'objet d'un fac-similé publié par F. Bryk en 1938. Un autre exemplaire appartenait à K.A Dohrn à Szczecin [Stettin], qui l'a légué au Musée zoologique de Szczecin ; après la seconde guerre mondiale, il devint la propriété de la Bibliothèque Royale de Copenhague. Il comprend les pages 3-112, sans la page de titre. Enfin, l'American Museum of Natural History de New-York  détient depuis au moins 1903 le troisième exemplaire. Il ne se compose que des pages 1-80, page de titre incluse. 

  Comme Dohrn signale que le numéro 6 de la revue d'Illiger avait brûlé lors d'un incendie chez l'imprimeur, Brik pense que le manuscrit de Fabricius a été détruit lors du même incendie. Ce manuscrit ne devait porter que sur le volume I, puisque la liste des genres, par laquelle Fabricius débute (page 9-12) ne comporte pas les Noctuidae et les Geometridae.

 Felix Brik (1938) sembla avoir utilisé une épreuve de la bibliothèque de la Berliner Naturforschung Gesselschaft, publiant un fac simile qui apporte les noms de nouvelles espèces par rapport à Illiger. (J Chr Fabricius Systema Glossatorum Nature 143, 784 (13 Mai 1939). Par son Opinion n° 137 du 30 octobre 1942, l'ICZN établi que les noms génériques publiés par Illiger sont à créditer à "Fabricius (in Illiger), 1807" et par extension de l'Opinion n° 137, les noms triviaux du fac-similé de Briks sont indiqués "Fabricius (in Brik), 1938".  

 

 Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes.

 

Sources du paragraphe: 

 SL Tuxen Annu Rev. Entomol.1967,  http://www.annualreviews.org/doi/pdf/10.1146/annurev.en.12.010167.000245

Voir aussi Taeger, Nota lepidopterologic 2001

 https://archive.org/stream/notalepidoptero242001soci#page/n89/mode/2up/search/fabricius

 Zimmer, 2012 http://dezimmer.net/eGuide/Lep2.1-T-Z.htm

 

 

 

— Description : 

 Taster zwei, dreigliedrig : zweites Glied vor der inner Spitze erweitert. Fühler geknoft : Kolbe zusammengedrükkt, scheibenförmig. (Putzfüfse).

*Zahnrandige Flügel

Pap. Paphia, Cynara, Cethosia, Aglaja.

** ganzrandige Flügel.

Pap. Liriope, Morpheus, Hermes.

41 Art.


 

 

— Type spécifique: Papilio Paphia,Linnaeus, 1758,  sélectionné par Latreille en 1810.


b) Sous-genres.

Ce genre renferme  4 sous-genres

— Sous-genre Speyeria Scudder, 1872

Selon  Dupont & al. : "Speyeria Scudder, 1872 : Fauna Europaea maintient l’emploi du sous-genre Mesoacidalia Reuss, 1926, qui isole les espèces paléarctiques des espèces néarctiques, regroupées dans le genre Speyeria Scudder, 1872. Les travaux de Simonsen & al. (2006) ont montré que ces deux groupes appartenaient à la même lignée monophylétique au sein du genre Argynnis. Nous maintenons Speyeria comme nom du sous-genre, celui-ci ayant la priorité.".

Scudder, "A systematic Revision of some of the American Butterflies : with brief notes on those known to occur in Essex County, Mass.", 4th Annual Report of the Peabody Academy of Sciences, [1871], Salem, 1872, p. 44.

  • Argynnis aglaja (Linnaeus, 1758) Grand Nacré.

— Sous-genre Fabriciana Reuss, 1920

  • Argynnis niobe (Linnaeus, 1758) Chiffre.
  • Argynnis adippe ([Denis & Schiffermüller], 1775) Moyen Nacré.
  • Argynnis elisa Godart, 1823 Nacré tyrrhénien.

— Sous-genre Pandoriana Warren, 1942

  • Argynnis pandora ([Denis & Schiffermüller], 1775) Cardinal.

— Sous-genre Argynnis Fabricius, 1807.

  • Argynnis paphia (Linnaeus, 1758) Tabac d’Espagne.  

 

 Origine et signification du nom  Argynnis.

 

—A. Maitland Emmet (1991) page 154 : 

- Argynnus, a lady beloved by Agammemnon. After her death he erected a temple in her honour where Aphrodite (Venus) was worshipped ; thus Argynnis came to be used as an epithet of Aphrodite. This was fabricius's family name for all the larger fritillaries wich had been called "Perlati" by Latreille (1804) because of the pearly markings on the underside ; with his fondness for word play, fabricius is probably punning on arguros, ; silver, with references to these underside markings.

— Hans A. Hürter (1998) : 

 

—Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 

: "Argynnis : transcription du mot "Argynne" (Argunnos ou Argynnus), nom d'une femme aimée d'Agamemnon. Après la mort de celle-ci, il fit ériger un temple en son honneur où on rendait un culte à Aphrodite (=Venus) ; c'est ainsi qu'Argynne devint une épithète d'Aphrodite . Argynnis fut utilisé par Fabricius en tant que nom de famille pour désigner les "Nacrés" de grande taille, appelès "perlati" par Latreille (1804) en raison des motifs perlés (= nacrés) de leur revers. Du fait de son goût prononcé pour les jeux de mot, Fabricius a probablement usé d'un calembour fondé sur le mot grec arguros ("argent") par allusion aux taches argentées du revers des Nacrés.

— Perrein & al. (2012) page 338 : 

Étymologie : de Argennos ou Argynnos, jeune homme de Béotie d'une grande beauté, favori d'Agamemnon, le légendaire roi de la mythologie grecque ; selon Emmet (1991), probable jeu de mot de Fabricius avec le grec arguros "argent", allusion aux taches nacrées du revers des ailes des espèces de la famille qu'il dénomme ainsi.


Discussion.

 Fabricius a confié qu'il avait puisé les noms de genre qu'il a créé pour ses papillons diurnes dans le (vaste) répertoire des épithètes de Vénus (ou Aphrodite pour les grecs) alors que ses genres de papillons de nuit recevaient les surnoms de Diane/Artémis, déesse lunaire:

  Fabricius, dans sa présentation du Systema glossatorum  (déjà cité, in Zeitung für Literatur und Kunst in den Königl . Dänischen Staaten [ Kiel ] , Septembre 11 1807, p. 83), donne des indications précieuses sur ses règles d'attribution des noms : il écrit qu'il est en train de changer un certain nombre de nom donnés par Linné car il souhaite faire apparaître le nom de la plante hôte. "Les noms de genre ne posent pas de problèmes importants, il faut seulement éviter qu'ils soient trop longs, et qu'ils ne soient pas déplaisants à l'oreille. Pour les papillons de jour, j'ai choisi différents épithètes [cognomina] de Vénus, et pour les papillons de nuit, ceux de Diane. Ils semblent être les plus appropriés. Leurs homologues grecs [qualificatifs d'Aphrodite ou d'Artémis] ont tendance à être durs, longs et désagréables."

        Pour une fois, Emmet reconnaît en l'un des noms de genre de Fabricius une épithète de la déesse Aphrodite, mais, parce qu'il méconnaît le passage que je viens de citer, il hésite à adhérer complètement à cette hypothèse. Pour lui, Fabricius est un farceur, et ce parti-pris le pousse à surinterpréter le nom choisi par l'auteur danois pour y projeter ses propres associations. Or, l'association entre l'épithète Argynnis et le grec Arguros "Argent" se crée d'autant plus facilement que toutes les descriptions spécifiques des Nacrés utilisent le mot latinargenteis.  Pour n'importe quel spécialiste des papillons, le nom Argynnis évoque d'abord la série latin argenteis, grec arguros, "argent". Bien que les recherches étymologiques ne confirment pas cette interprétation digne d'Isidore de Séville, Emmet ne parvient pas à y renoncer et l'impute à l'esprit de Fabricius. Mais la tendance de ce savant aux jeux de mots n'est attesté que... chez Emmet, et dissimule le plus souvent la difficulté éprouvée face à la liste des épithètes de Vénus.

Il est vrai que, pour Emmet en 1991 et encore aussi en 2014 pour celui qui dispose désormais des moteurs de recherche pour étudier ces noms, il est bien difficile d'imaginer que Fabricius ait eu une connaissance si encyclopédique de la littérature grecque (Aphrodite) et latine (Vénus) pour réunir une liste des épithètes alors que les références auxquelles renvoient chaque nom sont ponctuelles, dispersées, peu accessible. Bien-sûr, Fabricius a du simplement utiliser une liste issue d'une compilation, d'un dictionnaire ou d'une monographie dédiée à Vénus / Aphrodite. Mais c'est vite dit, car aucune des sources auxquelles il pouvait alors avoir accès ne donne l'ensemble des épithètes.

La source la plus évidente est le Mémoire sur Vénus de l'hélleniste Pierre-Henri Larcher (1726-1812) : Mémoire sur Vénus   par M. Larcher, de l'Académie des Scineces et belles-Lettres de Dijon, Paris, chez Vallade, 355 pp. Je rappelle que Johan Christian Fabricius (1745-1808) tout en enseignant à Kiel en hiver, séjournait tous les étés à partir de 1790 à Paris auprès de ses amis Pierre-André Latreille, Cuvier, Olivier, Geoffroy et Lamarck. Cet ouvrage lui était donc d'accès facile.

Or, le Mémoire sur Vénus donne dans son "Troisième Index des Noms, Surnoms et principales épithètes de Vénus" près de 250 entrées de son texte.

La liste des 49 noms de genre crée en 1807 par Fabricius contient 19 noms qui sont des épiclèses d'Aphrodite ou de Vénus : comme on le voit, Fabricius n'a pu s'inspirer de Larcher que dans 16 cas au plus. Fabricius a complété Larcher avec une autre source.

Liste des 49 noms de genre, en gras ceux qui se trouvent dans Larcher :


  • Urania : Larcher renvoie à "La Céleste" page 8-76. l'épithète exacte est Ourania.
  • Amathusia Larcher page 45
  • Papilio
  • Zelima
  • Morpho : Larcher page 168.
  • Cethosia
  • Castnia : Larcher page 85
  • Eupotea
  • Apatura :
  • Limenitis :
  • Cynthia
  • Vanessa
  • Biblis
  • Hipparchia
  • Neptis : Larcher donne Nephthys page 33
  • Brassolis
  • Paphia : Larcher page 42-43
  • Melanitis : Larcher Melaenis et Melanis page 148-149
  • Argynnis Larcher page 174-175
  • Thais
  • Idea
  • Doritis : Larcher page 113
  • Pontia : Larcher page 111
  • Colias : Larcher page 30 et 152
  • Haetera : Larcher donne Etaera page 83.
  • Acraea : Larcher page 51, 112-113
  • Mechanitis : Larcher page 71.
  • Libythea : Larcher donne Libitina page 237
  • Helicopis
  • Hesperia
  • Lycaena
  • Erycina Larcher page 187.
  • Myrina [Larcher Myrica]
  • Thecla
  • Nymphidium
  • Danis
  • Emesis
  • Thymele
  • Helias
  • Pamphila
  • Laothoe
  • Sphinx
  • Sesia
  • Aegeria
  • Zygaena
  • Glaucopsis
  • 49. Procris
Liste des 19/20 épiclèses de Vénus identifiables dans cette liste : l'astérisque signale les 15 épithètes cités par Larcher.

 

1. Urania* « amour céleste »

2. Amathusia*  : de la ville d'Amathus, à Chypre

5. Morpho* : (aux belles formes, aux formes changeantes)

7. Castnia* : du Mont Kastion, en Pamphylie

8. Eupolea (euploea) : de l'heureuse navigation

9. Apatura : Aphrodite apatouria ou apatouros, « la décevante»

10 Limenitis : des ports

11. Cynthia : (épithète de Diane , mais désigne plutôt ici la courtisane vénusienne des Élégies de Properce)

12. Vanessa ( Vanessa, créature de Vénus dans le conte de Swift, Cadenus et Vanessa)

15. Neptis* : neptis Veneris, Ov. M. 4, 530 : la petite-fille de Vénus (= Ino) ; ou Nephthys déesse égyptienne assimilée à Vénus.

17. Paphia* : du temple de Paphos, à Chypre.

18. Melanitis* : ou Melanis "de la nuit", "la ténébreuse"

19. Argynnis* : Venus argennis, d'Argennus, favorite d'Agamemnon.

20. Thaïs : courtisane célèbre dévouée à la déesse Vénus.

22. Doritis* : Vénus doritis, "la bienfaitrice" qui avait selon Pausanias son temple à Cnide

23. Pontia* : de la mer profonde

24. Colias* : du temple de Colias, en Attique

25. Haetera* ; Hétaïra, protectrice des courtisanes. 

26. Acraea* : Protectrice des acropoles et des lieux élevés.

27. Mechanitis* : l'ingénieuse à ourdir des ruses, son surnom à Megalopolis.

33. Erycina* : du mont Erix, en Sicile.

 36. Nymphidium (des mariages)

 

Mais pour Argynnis, Larcher consacre deux pages (174-175) à cet épithète  :

...et sur les bords du Céphise un Temple de Vénus Argynnis, bâti par Agamemnon, en l'honneur d'Argynnus, qu'il avait aimé, et qui s'était noyé dans les eaux du Céphise, où il prenait plaisir à nager. C'est ce que nous apprend en partie Phanoclés (Clemens Alexandrin. Cohortat. al. Gentes, tom.I. Page 32 lin.20) dans son ouvrage sur les Amours ou les Beaux, et en partie Athénée (Athén. Deipnosophist. Lib. XIII cap. VIII page 603 D) dans le texte duquel il faut lire argynne au lieu de […] Properce (Propertii Lib. 115. Eleg. VII vers 21.) parle aussi de cet Argynnus et de l'amour qu'eut pour lui Agamemnon. :

Sunt Agamemnoniastestantia littora curas

  Quae notat Argyni poena natantis aqua

 

Une synthèse très complète est proposée en ligne par Vinciane Pirenne-Delforge dansL’APHRODITE GRECQUE : j'en donne ici un copié-collé : © Presses universitaires de Liège, 1994

 4. Argyneion

4.1. Localisation

La seule référence géographique explicite est le Céphise. Divers fleuves de Grèce portent ce nom, mais les textes sont clairs sur ce point : c’est en Béotie que l’événement s’est déroulé. L’antique Céphise prenait sa source en Phocide et se jetait dans le lac Copaïs. Il est donc naturel de situer l’Argyneion dans cette région127.

4.2. Épiclèse

Le lien entre un lieu et un personnage mythique éponyme est fréquent en Béotie ; les fils d’Athamas ponctuent ainsi la toponymie béotienne : Ptoös, Coronos, Schoineus, Onchestos, Érythos, pour ne citer qu’eux 128. Or Argynnos est un descendant d’Athamas chez Stéphane de Byzance. La légende remplit une fonction étiologique et vise à expliquer l’épiclèse topographique d’Aphrodite.

4.3·Légende

  Le thème du jeune homme qui meurt noyé est également attesté à Thespies où se plaçait le décès de Narcisse 129. La mort des adolescents, qu’ils soient garçons ou filles, est largement exploitée dans les légendes béotiennes 130 et s’identifie fréquemment à un sacrifice, volontaire ou non, pour le salut de la communauté. On a pu montrer que de telles réminiscences de sacrifice humain n’étaient probablement que la symbolisation mythique de la mort initiatique des jeunes gens soumis aux rituels du passage de l’enfance à l’âge adulte 131. Deux exemples suffiront. Lophis, tué par son père à qui l’oracle de Delphes avait intimé l’ordre de mettre à mort la première personne qu’il rencontrerait sur le territoire d’Haliarte, fit naître de son sang une rivière providentielle pour une population privée d’eau 132 ; Métioché et Ménippé, filles d’Orion à qui Athéna avait enseigné à tisser la toile tandis qu’Aphrodite leur accordait une grande beauté, se sacrifièrent pour sauver Orchomène de la peste 133.

Le cas d’Argynnos est quelque peu différent puisque sa mort relève apparemment d’un accident. Cependant, l’insertion de son histoire dans un contexte initiatique permet d’expliquer diverses composantes du récit qui, sinon, restent incomprises.

  Agamemnon, dont la flotte est en rade à Aulis, est un exemple de roi-guerrier, amoureux, de surcroît, d’un adolescent. Or ce type de relation pédérastique, dans les sociétés militaires, présentait un caractère religieux et initiatique134. Tout comme la Crète et Sparte, la Béotie, au dire de Plutarque, connaissait une telle situation, particulièrement illustrée par le bataillon sacré des amants de Thèbes135. Les législateurs auraient institutionnalisé les relations entre hommes mûrs et adolescents pour assouplir dès l’enfance le tempérament brutal de leurs compatriotes136.

  • S’il est difficile d’expliquer pourquoi Agamemnon, hormis son caractère guerrier, a été adjoint aux aventures malheureuses d’Argynnos, il n’y a pas lieu de voir en Aphrodite une intruse 137. Même si le contexte ferait a priori préférer Apollon ou Artémis, protecteurs attitrés des rituels d’adolescence, la composante amoureuse de la relation justifie la présence de la déesse. Thésée aussi se mit sous sa protection avant le voyage en Crète, qui devait le mener à la sexualité adulte 138. Les spécificités régionales peuvent également avoir été déterminantes 139 :

C’est pour le même motif qu’ils ont aussi, et avec raison, intronisé dans leur cité la déesse que l’on dit fille d’Arès et d’Aphrodite, persuadés que là où les natures guerrières et combatives ont le plus de relation et de commerce avec la séduction et les Grâces, l’État jouit, grâce à Harmonie, de l’organisation la plus équilibrée et la plus parfaite.

 

Quelle que soit la cohérence de l’analyse, elle autorise peu de conclusions fermes, tant à propos de la nature exacte du culte rendu à Aphrodite Argynnis que d’un point de vue chronologique. Raoul Lonis a naguère cherché à expliquer l’implication de certains dieux dans les choses de la guerre car, hormis le problématique Arès, il n’y a pas de divinités spécifiques en ces matières140. « La fonction guerrière des divinités à l’époque classique résulte [...] du long compagnonnage qu’elles entretiennent avec les futurs guerriers pendant toutes les étapes de leur croissance et de leur formation141 ». Ce serait donc le caractère courotrophe d’Aphrodite qui permettrait de justifier sa participation paradoxale à la vie militaire 142. Si toutes les analyses des cultes d’Aphrodite menées par cet auteur n’emportent pas également la conviction, il apparaît cependant que les prérogatives d’Aphrodite en Béotie, que ce soit à Thèbes ou dans l’Argyneion 143, trouvent là une explication heureuse.

  • Notes :

123 Athénée, XIII, 603d : Ἀγαμέμνονά τε Ἀργύννου ἐρασθῆναι λόγος, ἰδόντα ἐπὶ τῷ Κηφισῷ νηχόμενον ἐν ᾧ καὶ τελευτήσαντα αὐτὸν (συνεχῶς γὰρ ἐν τῷ ποταμῷ τούτῳ ἀπελούετο) θάψας εἵσατο καὶ ἱερὸν αὐτόθι Ἀφροδίτης Ἀργυννίδος. Athénée indique ensuite qu’une autre version fait d’Hyménée l’éraste d’Argynnos.

124 Stéph. Byz, s.v. [Ἀργύννιον] (Meineke, p. 114) .... Ἄργυννος, υἱὸς Πεισιδίκης τῆς Λεύκωνος τοῦ Ἀθάμαντος τοῦ Σισύφου τοῦ Αἰόλου, ἐρώμενος Ἀγαμέμνονος, Βοιωτός, ὄς ἀνιὼν εἰς τὸν Κηφισσὸν τελευτᾷ. ἀφ’ οὗ Ἀργυννίδα τὴν Ἀφροδίτην ἐτίμησε. λέγεται καὶ Ἀργουνίς. Ἀριστοφάνης δὲ Ἀργύνειον διὰ διφθόγγου. ὁ οἰκήτωρ Ἀργύννιος.

125 Ce qui n’est pas sans fondement puisque, dans un autre fragment, il fournit l’orthographe exacte d’une épiclèse de Zeus tout en en précisant l’origine : 379 F 2 Jacoby (FGrH, III B, p. 247), et le commentaire au fragment (IIIb Kommentar, p. 163).

126 Argynnos est peut-être attesté chez Hésiode, mais ce n’est guère assuré :Hés, fr. 70 Merkelbach-West. Cf. M. West, The Hesiodic Catalogue of Women, Oxford, 1985, p. 66-67. – La légende de l’amour d’Agamemnon pour le jeune homme apparaît encore chez le poète hellénistique Phanoclès qui mentionne également l’élévation du sanctuaire à Aphrodite (fr. 5 Powell [Collectanea Alexandrina, p. 108], cité par Clém. Alex, Protr., II, 38, 2 : Ἀγαμέμνονα τῶν Ἑλλήνων βασιλέα Ἀργυννίδος νεὼν Ἀφροδίτης εἵσασθαι ἐπ’ Ἀργύννῳ τῷ ἐρωμένῳ. – Le thème de l’amour du roi pour le jeune homme est vaguement repris et déformé chez Plutarque, Mor., 990d-e. Properce, III, 7, 21, évoque les rivages de Béotie qui furent témoins du chagrin d’Agamemnon après la mort d’Argynnos. Ce serait selon lui la raison pour laquelle il aurait différé le départ de la flotte et dû sacrifier Iphigénie. – D’après G. Wentzel, art. Argynnos, in RE, II, 1 (1895), c. 799, toutes les attestations dépendent de Phanoclès ; il ne considère apparemment pas qu’Aristophane de Béotie ait pu en parler.

127 A. Schachter fournit des arguments supplémentaires : à Copaïs, on a découvert une inscription comprenant l’anthroponyme Argounion (IG, VII, 2781, 1. 34). À Éleusis, une tombe du milieu du ive siècle av. J.-C. porte le nom de trois femmes originaires de Scaphlai, dont l’une s’appelle Argounis (SEG, XV, loi). S.N.Koumanoudis, RPh, 35 (1961), p. 99-105, surtout 100-101, pose l’hypothèse que la ville de Scaphlai, dont la localisation est inconnue, se situait près d’Argynion.

128 R.J. Buck, op. cit. (n. 2), p. 58-59.

129 Conon, 26 F 1 (XXIV) Jacoby (FGrH, I, p. 197-198) ; Ovide, Mét., III, 339 sq. ;Paus, IX, 31, 7.

130 Cf. A. Schachter, art. cit. (n. 28), p. 19-21.

131 P. Bonnechere, Le sacrifice humain en Grèce ancienne, Liège, 1994. Cf. aussi A. Brelich, Paides e Parthenoi, Roma, 1969 ; Κ. Dowden, Death and the Maiden, London, 1989 ; P. Brulé, La fille d’Athènes, Paris, 1987.

132 Paus, IX, 33, 4.

133 Nicandre chez Antoninus Liberalis, Mét., 25. – Le métier à tisser et la beauté signifient que les jeunes filles avaient atteint l’âge du mariage. Cf. C. Calame, Les chœurs de jeunes filles en Grèce ancienne, I, Rome, 1979, p. 343-344, 408 ; P.Brulé, op. cit. (n. 131), p. 301-302.

134 H. Jeanmaire, Couroi et Courètes, Lille, 1938, p. 450-460 ; B. Sergent,L’homosexualité dans la mythologie grecque, Paris, 1984.

135 Plut, Dialogue sur l’amour, 76ld-e ; Pélopidas, 18.

136 La tradition veut que le tombeau d’Iolaos – neveu et éromène d’Héraclès – ait reçu les serments échangés entre les amants. Cf. A. Schachter, op. cit. (n. 1), p. 36, n. 2, qui évoque brièvement le caractère initiatique de la légende d’Argynnos.

137 Comme le suggère A. Schachter, op. cit. (n. 1), p. 36, n. 2.

138 Cf. supra, p. 35-37.

139 Plut, Pélopidas, 19, 1 (trad. R. Flacelière, É. Chambry), cf. infra, p. 446-447.

140 R. Lonis, Guerre et religion en Grèce à l’époque classique, Paris, 1979.

141 Ibid., p. 318.

142 Ibid., p. 211-213.

 


        On trouve aussi ce substantif dans la liste des Epiclèses rassemblées par le CRESCAM de l'Université de Rennes : http://www.sites.univ-rennes2.fr/lahm/crescam/aff_fiche.php?id=97

 

 

Argunnis ´Αργυννίς «D'Argynnos (toponyme et anthroponyme)» , épiclèse d'Aphrodite (´Αφροδίτη )
Source 1 :Aristophane de Béotie, cité par Stéphane de Byzance, s.v. [Argynnion] IVe a.C.
Source 2 : Athénée, XIII, 603 d IIIe s. p. C.

 

 


Origine et signification du nom du sous-genre Speyeria.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 104 :

genre dédié au médecin Adolph Speyer (°28-IV-1812, Arolsen, † 14 XI-1892, Rhoden, Waldeck) par Samuel Hubbard Scudder (° 1837-†1911), paléontologiste et bibliothécaire à l'université de harvard (Cambridge, Massachusetts).

—Perrein & al. (2012) page 347:

"Étymologie : en l'honneur d'Adolph Speyer, (1812-1892), entomologiste et médecin allemand."

 

 

 3.  Nom d'espèce : Argynnis paphia (Linnaeus, 1758).

a) Description originale

Protonyme Papilio paphia  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. Page  471 [http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]

— Description :

138 : P[apilio] N[ymphalis] [Phalerati] Alis angulatis fulvis nigro maculatis :subtus lineis argenteis transversis.

Papillon de la phalange des Nymphales, groupe des phalerati : ailes anguleuses jaunes à taches noires ; face inférieure traversée par des lignes argentées.

— Habitat in Urtica. ([la chenille] vit sur les Orties)

 — références données par Linné : 


1.  Linné C. Fauna suecica d page 236 n° 779 : Imperator. 
2. James Petiver 1699 , Musei page 35 n° 321.

papilio fritillarius major lineis subtus argenteis THE GREATER SILVER-STREAKED FRITTILLARY. I once met with this in the Physcik Garden at Chelsea

3. John Ray, 1710 Historia insectorum page 119 n°4

                               THE GREATER SIVER-STROAKED FRITTILARY.
 
4. Roesel 1746  Insecten Belustigung I, I, t.7.
5. Wilkes 1741-42 Papillons t.2 a.7 : "The Great Fritillary" .

 — Localité-type et répartition

Localité-type : Suède, désignée par Honey & Scoble (2001) : Honey, M. R. & Scoble, M. J. 2001. Linnaeus's butterflies (Lepidoptera: Papilionoidea and Hesperioidea). Zoological Journal of the Linnean Society, 132(3): 277-399. page 359.

Selon Dupont & al. 2013, cette espèce a une répartition paléarctique. Elle est aussi présente en Chine et en Corée. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Violettes.

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

a) Liste des synonymes :

  • Argynnis immaculata Bellier, 1862

  • Argynnis paphia dives Oberthür, 1908

  • Argynnis paphia immaculata Bellier, 1862

  • Argynnis paphia paphia (Linnaeus, 1758)

  • Papilio paphia Linnaeus, 1758

  • Papilio valesina Esper, 1798 :  Esper, E. J. C. & Charpentier, T. (von) 1789-[1804]. Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur. Europäische Gattungen. Supplemente. Fortsetzung der europäischen Smetterlinge. Erster Abschnitt. Zu dem Geschlecht der Tagschmetterlinge. Weigel, T. O., Leipzig. 120 pp. Page 73.

        Zoonymie : valesina : adaptation du nom Le Valaisien donné par Engramelle (1779) à une forme observée en Suisse. Papillons d'Europe n°15 ter page 316,II du 3ème supplément. Cf infra nom vernaculaire. Ses ailes sont d'un gris très sombre délicatement voilé de verdâtre.

b) sous-espèces : Leraut retient deux sous-espèces :

- paphia Linnaeus, 1758.

- immaculata Bellier, 1862 (localité-type : Corse) qui caractérise les populations corses  : Argynnis paphia immaculata Bellier, 1862 : Bellier de La Chavignerie, J.-B. E. 1862. Variétés nouvelles de Lépidoptères observées en Corse et décrites. Annales de la société entomologique de France, 4(2): 615-616. page 616 : "les ailes inférieures sont en dessous d'un vert très foncé, et entièrement dépourvues de bandes argentées", donc sans taches (macula), im/maculata.

 


 

c) Origine et signification du nom  

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

— A. Maitland Emmet (1991) page  154:

Paphia (fem.), of Paphos, a town on the west coast of Chypre. After her birth among the waves (see Pontia), Aphrodite (Venus) came ashore at Paphos which therefore became one of the principal centres for her worship and she is often referred to as Paphia , the Paphian goddess.

Traduction : cf Doux et Gibeaux.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 102  :

        paphia : paphienne, originaire de Paphos, ville de Chypre. Née parmi les vagues, Aphrodite, poussée par Zéphir, rejoignit la côte de Paphos, qui devint par la suite l'un des principaux lieux de culte qui lui sont consacrés ; elle est souvent désignée sous le nom de déesse "paphienne".

 

— Perrein et al. (2012) page 338:

Étymologie :de paphia, surnom d'Aphrodite — Vénus pour les latins, de Paphos, ville sise à l'Ouest de Chypre et important lieu de pélerinage de la déesse de l'Amour. 

 

Discussion : 

 

        images?q=tbn:ANd9GcQs-0fK0_4jJFI838uSEgC   Mascle a l'arxipèlag d'Estocolm

                 images : Vénus ici,         A. paphia là.

 


        A la différence de Fabricius, qui créa un Papilio aphrodyte 1787 et donna on l'a vu, à 19 noms de genre celui d'une épiclèse d'Aphrodite, Linné n'a consacré à la déesse de la beauté et de l'amour que deux de ses noms de papillons : papilio paphia et papilio cytherea. Si j'ignore tout de la vie sexuelle du savant suédois, je sais par contre qu'il trouve souvent son inspiration dans l'Énéide de Virgile; sans-doute s'est-il souvenu de ces passages du Livre X connus par cœur : tout d'abord la supplique de Venus aurea, la Vénus d'or à Zeus :

est Amathus, est celsa mihi Paphus atque Cythera Idaliaeque domus

Je possède Amathonte, et la haute Paphos, et Cythère, et ma demeure d'Idalie:

et la réponse de Junon sous forme d'une reprise :

est Paphus Idaliumque tibi, sunt alta Cythera: 

quid grauidam bellis urbem et corda aspera temptas? 

Tu possèdes Paphos et Idalie, tu possèdes l'altière Cythère:

Pourquoi provoquer d'âpres coeurs, et une ville lourde de guerres? 


Linné n'a créé que Paphia et Cytherea, mais le troisième sanctuaire mentionné dans ces vers, celui d'Idalia n'a pas attendu plus longtemps que 1773 pour que Drury ne l'applique à un papillon, notre Speyeria idalia.

Mais en choisissant Paphia et Cytherea, Linné honore les épithètes liées aux sanctuaires les plus "chauds" de la déesse, celui de Paphos sur l'île de Chypre et celui de l'île de Cythère. Certes Cythère nous est d'avantage connue depuis l'Embarquement de Watteau ou le poème de Verlaine, mais Dominique Ingres a peint une Vénus à Paphos  que j'ai du voir au Musée d'Orsay à coté de sa Vénus anadyomène qui me l'avait occultée. 

                  Vénus à Paphos

Mais à Paphos, la déesse était vénérée sous la forme d'une pierre oblongue, comme en témoigne un fresque de Pompei (H. Roux, Herculanum et Pompéi, tome III, cinquième série, planche 7, pp.16 sqq (éd. 1875)): une sorte d'ombilic ou de borne, une pyramide blanche, une obélisque, 

              paphos.gif

 

  Pourtant, la Vénus de Paphos ressemble plus pour nous à celle de Boticelli : le sperme d'Ouranos s'est épandu dans la mer en une blanche écume qui donne forme à Aphrodite (aphros = écume). Celle-ci sort de l'eau et pose pied sur le rivage de Paphos. :  Sandro Boticelli, La naissance de Vénus, date estimée avant 1499 , Galerie des Offices, Florence, Italie).


                                 220px-Sandro_Botticelli_-_La_nascita_di_


        Le mythe de la naissance de Vénus est relaté par Hésiode dans sa Théogonie. Ouranos, dont la haine pour ses enfants nés de Gaïa (la Terre) le conduit à les cacher au sein de la Terre au lieu de les élever dans la lumière, va subir une terrible vengeance. En effet, Gaïa crée l’acier, fabrique une serpe et demande à un de ses fils, le Titan Cronos, de castrer Ouranos. Ce geste criminel éloigne à jamais le Ciel de la Terre et libère les enfants. Cronos jette les testicules de son père dans la mer ; de ces restes, sans union, la Terre fait naître d’autres puissances. Du sang naissent les Érinnyes, les Géants et certaines nymphes. Une écume (aphros , en grec) se forme autour des organes paternels et de cette écume surgit Aphrodite (Vénus, en latin), comme le décrit Hésiode : « De cette écume une femme se forma, qui toucha d’abord à Cythère la divine, d’où elle fut ensuite à Chypre [Paphos] qu’entourent les flots ; et c’est là que prit terre la belle et vénérée déesse qui faisait autour d’elle, sous ses pieds légers, croître l’herbe, et que les dieux aussi bien que les hommes appellent Aphrodite pour s’être formée d’une écume, ou encore Cythérée, pour avoir abordé Cythère, ou Cyprogénaia pour être née à Chypre battue par les flots … ». De plus, l’Hymne homérique à Aphrodite dit que : « La belle Aphrodite à la couronne d’or, la Déesse vénérée qui a pour apanage tous les hauts lieux de Chypre, l’île marine où le souffle puissant de l’humide Zéphyr la porta, sur les vagues de la mer mugissante, dans la molle écume : les Heures (filles de Zeus et de Thémis, Eunomia, Dikè et Eiréné qui ont pouvoir sur les saisons) au diadème d’or l’accueillent avec joie, et lui donnent des vêtements immortels. »

 

 

 

 II.  Archéo-taxonomie.

      1. Le genre.

 

        Latreille, P. A. 1810. Considérations générales sur l'ordre naturel des animaux composant les classes des crustacés, des arachnides et des insectes; avec un tableau méthodique de leurs genres, disposés en familles. Paris. 444 pp. Page 440.

 


2. L'épithète spécifique.

 

 


 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 

 

 

I. Les Noms français. 

 

 

 

1." Le Tabac d'Espagne", Geoffroy, 1762.

 Étienne-Louis Geoffroy  1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. page 42 n° 8

L'espèce porte le n°8 de la Première famille, §II "à chenille épineuse et à ailes arrondies". Geoffroy la décrit ainsi :

 

 

 

Les ailes de cette grande et belle espèce sont en dessus de couleur fauve ou de tabac d'espagne, avec quelques raies longitudinales, et plusieurs rangées de taches noires rondes, qui suivent la direction du contour de l'aile. En dessous, les ailes supérieures sont comme en dessus ; mais les inférieures ont des bandes transverses un peu obliques et comme ondées, de couleur d'argent ou de nacre., et de plus elles sont lavées d'une petite teinte de vert. J n'ai jamais trouvé la chenille de ce beau papillon. M. Aubriet* l'avait eue chez lui, où elle était éclose des œufs que le papillon avait pondus. Elle était épineuse, mais elle périt faute de nourriture, M. Aubriet ne connaissant point les feuilles dont elle de nourrit, et lui en ayant offert plusieurs sans succès. Le papillon se trouve dans les bois, et est difficile à trouver.


*sans-doute Claude Aubriet, (1665-1742) dessinateur de planches de botanique et d'histoire naturelle, peintre du Jardin du Roi (où Geoffroy père enseignait) et  pour l'Académie des Sciences, dont Geoffroy père et fils étaient membre. Il a donné son nom à l'aubriette, Aubretia. Vu la date de décès d'Aubriet, ce témoignage est antérieur de plus de 20 ans à la rédaction ou la parution du livre de Geoffroy.

 

Comme pour de nombreux noms de papillons créés par Geoffroy, ce dernier choisit le nom d'une couleur, nom de couleur elle-même issue d'un matériau ou d'un objet  (Citron, Souci, Aurore, Bronzé, Cuivré, Nacré, ...). Car "tabac d'espagne" (sans majuscule dans le texte) est bien le nom, certes rare,  d'une couleur, intermédiaire entre une métaphore ([de la couleur du] tabac d'Espagne) et un nom de couleur "tabac-d'espagne" qi serait parfaitement entré dans les usages. On lit par exemple dans la description d'une reliure en 1835 "de basane, mi parties couleur tabac de France, couleur tabac d'Espagne. 

La même année où Geoffroy publie son Histoire des insectes, sort  la quatrième édition du dictionnaire de l'Académie avec cette définition du tabac :

 

TABAC. s.m. ou NICOTIANE. s.f. Plante originaire d'Amérique. Elle fut apportée en France par Nicot, Ambassadeur du Roi François II, auprès de Sébastien, Roi de Portugal. Elle fut présentée au grand Prieur & à la Reine; ce qui lui fit donner les noms d'Herbe de l'Ambassadeur, herbe au grand Prieur, herbe à la Reine, Nicotiane. Quant au nom de Tabac, il lui vient de l'île de Tabaco, d'où le premier a été apporté en Espagne. Les Naturels du pays l'appellentPetun.

 

Tout le monde connoît les usages ordinaires de cette plante. Elle est encore employée en Médecine comme vomitif, comme vulnéraire, pour les maladies de la peau, & dans quelques autres occasions. Bon tabac. Un rouleau de tabac. Du tabac en rouleau. Du tabac en corde. Fumer une pipe de tabac. Mâcher du tabac. Tabac en mâchicatoire. Prendre du tabac en poudre par le nez. Raper du tabac. Tabac d'Espagne. Tabac rapé. Tabac de Pongibon. Tabac de Malte, du Brésil, de S. Domingue. Du tabac de la Havanne.


 

 Le tabac est alors tout autant un usage (en priser la poudre) qu'un médicament (contre les céphalées, depuis Catherine de Médicis), qui entre comme tel dans la Matière Médicale, cette pharmacopée dont Etienne-François Geoffroy père de notre auteur fut le spécialiste reconnu. Aussi celui-ci en décrit-il les dangers ("L'autre exemple qu'il rapporte ,  d'une personne que l'usage immodéré du Tabac d'Espagne rendit aveugle" ). J' ignore si Etienne-Louis, dans sa comparaison, parle en consommateur de tabac, en médecin, ou en esthète du vocabulaire des couleurs.

Le concurrent en Matière médicale avait été Nicolas Lémery : c'est lui qui écrit en 1709 dans son Nouveau recueil des plus beaux secrets de médecine  Volume 3 :" Le véritable Tabac d'Espagne est tout à fait fin et rougeâtre, il faut pour en faire de semblable prendre du Tabac rouge et grené et le piler au mortier ", ce qui nous précise cette teinte rougeâtre de ce tabac.

Réaumur, en 1734, avait déjà utilisé cette métaphore en Histoire naturelle, pour qualifier la couleur prise par les chenilles dans ses Mémoires  pour servir à l'histoire des insectes, Volume 2 page 254 : "ils restent blancs, et ils le font encore quelque temps après que la transformation est finie. Leur peau jaunit ou roussit ensuite peu à peu, & devient de couleur de tabac d'Espagne..." : il y a bien du roux, du vieux roux dans ce coloris. 

De même, Valmont de Romare écrit en 1776 "On trouve quelquefois, dans les balles de quinquina, une écorce rougeâtre comme le tabac d'Espagne..".

Mais ce n'est qu'après quelques recherches que je découvris que ce que l'on nommait "tabac d'Espagne" était du tabac en poudre (à priser) : c'est le Dictionnaire universel de la géographie commerçante  de Jacques Peuchet et André Morelle Paris [1798] page 803  qui indique:

"...le tabac en poudre, connu dans toute l'Europe sous le nom de Tabac d'Espagne et venant de Cuba [ moulu par monopole depuis 1684 par les 40 moulins et les 3000 ouvriers de la Fabrique royale de tabac à Séville]. Pendant longtemps, on a défendu sous les peines les plus sévères l'usage de tout autre tabac, appelé rapé par opposition au vrai tabac d'Espagne qui comme on sait est broyé en poudre extrêmement fine à laquelle on unit une espèce d'ocre (almazarou) qui lui donne sa couleur et son onctuosité."

Nous connaissons maintenant le secret de cette couleur rougeâtre : l'"almazarou" qui participe à l'affinage (repaso) du tabac! Mais qu'est-ce ?

Pour lui donner cette couleur rougeâtre qu’on lui connoît, on y mêle une certaine quantité de cette terre rouge & fine qui s’appelle Almagro, & qui se trouve dans un petit village aux environs de Carthagene, nommé Almazarron* ; non-seulement elle colore le tabac, mais elle fixe son volatil, elle lui communique cette suavité qu’il a au tact & à l’odorat. Il n’existe de cette même terre dans aucune partie de l’Europe. (Peyron Jean-François (1783). Essais sur l’Espagne. Nouveau Voyage en Espagne fait en 1777 et en 1778. Londres : P. Elmsly, 2 vol.1783 :277, t. I, cité par I. Aguila Solana)  

*La ville et le port de Mazarrón se trouvent près de la Méditerranée, au Sud-est de l'Espagne, dans la Région de Murcie. Les mines  — l'almagro , ocre rouge et grasse, est une espèce de minerai ferrugineux — y sont exploités depuis Hannibal.


C'est le talent de Geoffroy de donner ce nom de "Tabac d'Espagne" pour la postérité, plutôt qu'un "Le Grand Papillon Rougeâtre" auquel nous avons échappé. Mais nous devons éviter d'imaginer que cela renvoit à la couleur du tabac tel que nous le connaissons.

 


2." Le Tabac d'Espagne"  Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 34 planche 12 fig. 15 a-f  dessinée par  J.J Ernst .  

Idem, page 256 planche 57 suppl. 3 fig. 15 i-k (var.) , et fig. 15 l (var.)

        Engramelle décrit cette fois-ci la chenille et la chrysalide, ainsi que la plante-hôte : "elle ne mange que des feuilles de pieds de violette".

— Idem, Le Valaisien, page 316 planche 2 3ème suppl. fig.15 a-b tert. : c'est notre Argynne paphia valesina.

 

Nous l'avons copié du cabinet de Mr Gigot d'Orcy. Cet amateur l'a pris dans le Valais, parmi une grande quantité de semblables  

 

3. "l'Argynne Paphia" , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 268 .

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/268/mode/2up

 

4.  "Argynne Tabac d'Espagne" , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, page 51   planche 3 secund. fig.1 peinte par Vauthier et gravée par Lanvin.

          

Le dessus des ailes est couleur de tabac d'Espagne ou d'un fauve-gai dans le mâle, d'un fauve verdâtre dans la femelle, ... 


                              n98_w346

 

 

              

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986 et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal " Le Tabac d'Espagne" en admettant aussi "Le Nacré vert", "La Barre argentée" et "l'Empereur". Ces deux derniers noms sont accompagnés d'une note :

Note 71 : Le nom de "Barre argentée" créé par Robert pour Argynnis paphia est la traduction littérale de l'un des noms vernaculaires allemands de ce

tte espèce (Silberstrich). Quand au nom d'"Empereur", il semble bien provenir de la traduction incorrecte d'un autre nom vernaculaire allemand de la même espèce : "Kaisermantel" (littéralement "Manteau impérial").

 

7. Étude zoonymique des auteurs français :

— Doux et Gibeaux 2007  page  102 :

Tabac d'Espagne : allusion à la couleur du tabac importé d'Espagne (Geoffroy, 1762, semble le premier à lui donner ce nom vernaculaire).

 

— Perrein et al. 2012 page 338 : 

Le nom français est donné par Geoffroy (1762) qui évoque sa couleur "fauve ou de tabac d'Espagne".

 

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Argynnis paphia   puis citent dans leur texte page 124  le nom vernaculaire de "Tabac d'Espagne" avec les références de Geoffroy.


—Bellmann / Luquet 2008 : "Tabac d'Espagne" .

— Blab / Luquet 1988 : " Tabac d'Espagne". 

— Chinery / Leraut  1998  : "Tabac d'Espagne"

— Doux & Gibeaux 2007 : " Le Tabac d'Espagne".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : " Tabac d'Espagne". 

— Lafranchis, 2000 : "Le Tabac d'Espagne" .

— Perrein et al. 2012 : "Tabac d'Espagne ".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Tabac d'Espagne".

— Wikipédia : " le Tabac d'Espagne ".


 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  • "Der Kaisermantel"  en allemand : le "manteau impérial"
  • "Silver-washed fritillary" en anglais le "Fritillaire au lavis argenté" 
  • "Венерина седефка" en bulgare, "Vénus sedefka"
  • "Argentada comuna" en catalan, "le [Papillon] argent commun"
  • "Kejserkåben "  en danois "le manteau impérial, la cape impériale"
  • "Rohetäpik" en estonien
  •  "Nacarada" en espagnol "Nacré"
  • "Keisarinviitta "en finnois : "Manteau impérial"
  • "Keizersmantel" en frison "Manteau impérial"
  • "Lielais meža raibenis"  en letton : "Grand (papillon) sauvage"
  • "nagy gyöngyházlepke" en hongrois, "Grand papillon de perle"
  • "De keizersmantel"   en néerlandais, "Manteau impérial"
  • "Keiserkåpe" en norvégien, "Cape ou manteau imprériale"
  • "Perłowiec malinowiec", "dostojka malinowiec" en polonais, "Fritillaire nacré, Fritillaire délavé"
  • "Perlovec striebristopásavý" en slovaque, "Argenté perlé"
  • "Gospica"  en slovène, (de la ville de Gospic ?)
  • "Silverstreckad pärlemorfjäril" en suédois, "Papillon perlé (ou Fritillaire) à points d'argent"

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg : île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "Britheg arian" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 


        HÜBNER page 9 :

                                   n12_w245

 

               

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais (in The Aurelian Legacy M. Salmon (2000).

 

        Première description par James Pétiver 1699.

  • "The Greater Silver-streaked Fritillary" : Petiver, 1699 ; Newmann & Leeds, 1913.
  • "The Silver-stroaked Fritillary" : Ray, 1710.
  • "The Greater Siverstreakt Orange Fritillary" (mâle) : Petiver, 1717.
  • "The Greater Silverstreakt Golden Fritillary" (femelle) : Petiver, 1717
  • "The Great Fritillary" : Wilkes 1741-42 ; Berkenhout, 1769.
  • "The Silver-washed Fretillaria" : Harris, 1766.
  • "The Siver-wash Fritillary" : Harris, 1775.
  • "The Silver Streak Fritillary" : Lewin, 1795 ; Rennie, 1832.
  • "The Silver Stripe Fritillary" : Donovan, 1798 ; Brown, 1832.
  • "The Silver-washed Fritillary" : Haworth, 1803 ; Samouelle, 1819 ; Humphreys & Westwood, 1841, et la plupart des auteurs suivants.
  • "The Greenish Silver-washed Fritillary" (f. valesina) : Howarth, 1973.

Cette espèce du groupe anglo-saxon  des Damiers (Fritillary) est grande (Great), striée de bandes argentées (Silver-streaked, Silver Stripe), avec un lavis argenté (Silver-washed) qui de teinte de vert dans la forme valesina (Greenish Silver-washed) ; le mâle est fauve orangé vif (Orange) alors que la femelle est fauve terne (Golden). Tous ces noms emboitent les adjectifs descriptifs, sans métaphore.

 


 

V. Argynne Paphia et Vladimir Nabokov.


         S'il y eut un auteur qui fut à la fois passionné par les papillons dont il reste l'un des spécialistes chevronnés, et un être dévoré par le culte de Vénus sous couvert d'un style entomologique parfaitement détaché de l'Eros, ce fut bien Nabokov. J'ai déjà montré à propos des Vanesses comment Vanessa était une néo-épithète de Vénus sous la plume de Swift puis celle de Nabokov, et j'ai montré aussi comment l'onomastique du romancier russe était envahie par la lettre V qui est l'initiale de son prénom Vladimir comme celui de son épouse Véra. Ces deux V se mêlent parfois dans le nom de héros comme Walter. Les initiales complètes de l'auteur sont V.N,  prononcer Véhen ou Vén : c'est le début de "Vénus", et c'est le nom du héros Van Veen de Ada ou l'Ardeur . Mais ce V et ce N envahissant  se retrouvent dans Vanessa Van Ness (Lolita). De même, le titre de son autobiographie Conclusive Evidence serait choisi, selon son propre aveu, à l'entrelacement des deux sons affronté -ve et -ev.  (Boyd 629).

Voir aussi  :  Susan Elizabeth Sweeney, « The V-Shaped Paradigm: Nabokov and Pynchon », paru dans Cycnos, Volume 12 n°2, mis en ligne le 25 juin 2008, URL :http://revel.unice.fr/cycnos/index.html?id=1475.  

   Vénus en personne s'invite dans le roman Ada en la forme de la "Villa Vénus" : "Sans joie, il sentit se dérouler pesamment le solide serpent du désir : avec amertume, il regretta de ne pas avoir épuisé le démon à la Villa Vénus"; Or j'apprends que le titre initial d'Ada était précisément "Villa Vénus" (avec son double V).

Le tableau de Boticeli "Naissance de Vénus" est présent dans l'œuvre romanesque 3 fois dans "Regarde, regarde les arlequins !", deux fois dans "Lolita", une fois dans "Rire dans la nuit", une fois encore dans "Brisure à senestre".

 

    On ne s'étonnera donc pas de voir Nabokov se passionner pour Argynnis paphia, tant comme entomologiste que comme romancier.

Comme auteur, Paphia apparaît dans deux de ses romans, Pnine (1957) et Ada (1969).

1) Pnine.

Dans ce roman le Pr Pnine qui enseigne à l'université Wainwell  a un fils Victor et une épouse Lise-Liza-Elizaveta, une psychiatre qui le trompe avec un autre psychiatre, le Dr Wind.

Le nom de notre papillon apparaît page 177  du roman :

One afternoon, as in concentrated ecstasy I was spreading, underside up, an exceptionally rare aberration of the Paphia Fritillary, in which the silver stripes ornamenting the lower surface of its hindwings had fused into an even expanse  of metallic gloss, a footman came up with the information that the old lady requested my presence. […] a Russian translation of Arthur Schnitzler's three-act Liebelei.

2) Ada ou l'Ardeur.

Le nom apparaît ici à la page 528 , servant à baptiser un salon de beauté (évidemment) de Mont Roux :

On Wednesday, October 22, in the early afternoon, Dorothy, 'frantically' trying to 'locate' Ada (who after her usual visit to the Three Swans was spending a couple of profitable hours at Paphia's 'Hair and Beauty' Salon) left a message for Van, who got it only late at night when he returned from a trip to Sorcière, in the Valais, about one hundred miles east, where he bought a villa for himself et ma cousine, and had supper with the former owner, a banker's widow, amiable Mme Scarlet and her blond, pimply but pretty, daughter Eveline, both of whom seemed erotically moved by the rapidity of the deal.   

Comme lépidoptérologiste, il est certain que Nabokov s'intéressait aux formes rares de Paphia, et c'est bien en autoportrait qu'il se peint sous les traits de Van, dans l'extrait cité de Ada que je traduis maintenant : 

"Un après-midi, alors que, dans un état de concentration extatique j'étais occupé à déployer ailes inférieures vers le haut une forme exceptionnellement rare d'aberration d'Argynne Paphia , dans lequel les bandes d'argent ornant la face inférieure de ses ailes postérieures avait fusionné en une étendue  de la même brillance métallique, [etc...]"

Dans le second extrait, il est probable (on peut se fier à la perversité de l'écrivain) que Nabokov ait mentionné "in the Valais" juste après Paphia, puisque l'une des formes rares est précisément paphia valesiana Esper, 1798  le Valaisien d'Engramelle qu'il conviendrait de nommer La Valaisienne car seules les femelles sont concernées, leurs ailes étant plus sombres et suffusée de vert. 

C'est l'occasion de s'intéresser à ces aberrations, avec ce texte de Richard South (1906).

 

 

The Silver-washed Fritillary (Argynnis paphia).

The wings of this fine butterfly are fulvous, with the veins and spots black; the spots on the hind wings are band-like, and the central spots on the fore wings are sometimes connected. The female is paler than the male, and is without the heavy black scales (androconia) on veins 1, 2, and 3; the basal third of the fore wing, and a larger area of the hind wing, tinged with greenish.

The form of the female with all the wings greenish is the var. valesina (Plate 52), and between this and the type there are various intergrades, one of which is shown on the plate.

Specimens with white spots on the fore wings, and chiefly in the males, are sometimes not uncommon in the New Forest, as, for instance, in the year 1893, when quite a large number were secured. Very much more rarely white spots occur on all the wings (Plate 57, Fig. 1). In a very remarkable male specimen, taken in the New Forest in 1881, the central area of all four wings is black, and the veins beyond are broadly edged with the same colour. A curious female aberration has the central black spots much reduced or absent, whilst those on the outer margin are united, and form elongate blotches between the veins, the upper one being wedge-shaped. Aberrations of the valesina form, similar to that figured [Pg 85]on Plate 57, Fig. 2, and Fig. 25 on next page, are not often met with; the ground colour is greenish, but much suffused and clouded with black. Now and then gynandrous specimens are obtained, the one side normal male and the other side typical female, or var. valesina.



 


                            i_148.jpg

R. South, Fig. 25. Aberration of var. valesina.

                                  i_162.jpg

Richard South,Pl. 57. 1, 2 Silver-washed Fritillary vars. 3 High Brown Fritillary var.


255.JPG http://insectnet.proboards.com/thread/5065/british-fritillary-aberrations

 

Mais, en matière de sexualité, ce qui devait intéresser par dessus tout Nabokov, se sont les formes gynandromorphes c'est-à-dire qui tient à la fois des caractères du mâle et de la femelle : ce gynandromorphisme peut être bilatéral, ou unilatéral (et n'intéresser qu'un seul coté des ailes). Voir des exemples sur UKbutterflies.

 :

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             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : argynnis

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : argynnis paphia

— UK Butterflies : argynnis paphia

— lepiforum : argynnis paphia

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner .

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; . http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

 

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                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

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 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

 

                                          


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:38

Zoonymie (étude du nom) du papillon L'Hespérie du  Dactyle, Thymelicus lineola (Ochsenheimer, 1808).

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

 

— Thymelicus Hübner, [1819] : cet adjectif latin signifie "relatif au théâtre" alors que le nom latin thymelicus signifie "acteur, musicien". Hübner n'explicite pas ce nom, mais sa proximité avec Thymele, un nom de genre créé en 1807 par Fabricius pour des Hespéries noires, suggère que ce dernier ait servi de modèle. Tous les noms de genre de Fabricius sont des noms de femme, et Thymélé était, sous Domitien, une actrice de mime, partenaire de Latinus, l'ami intime de l'empereur (Martial I,4 et Juvénal I,36 et VI,66). Elle était donc une "thymelica"("comédienne"). En reprenant indirectement le nom Thymele sous forme d'un nom dérivé, Hübner rend hommage à son prédécesseur, tout en créant un cadre  pour les Hespéries fauves. 

 

lineola, (Ochsenheimer, 1808) : forme diminutive du latin linea, signifiant "petit trait, tiret" par allusion à la strie androconiale des ailes antérieures du mâle, décrite par Ochsenheimer en comparaison avec celle du Papilio linea (notre T. sylvestris) : "Le trait noir des ailes supérieures du mâle est mince comme un cheveu, et parfaitement rectiligne". Elle est plus fine que celle de linea. Cette structure faite d'écailles spécialisées libératices de phéromones est particulièrement remarquable dans les genres Thymelicus et Hesperia puisque c'est elle qui suscite les noms de linea, lineola, et comma par des naturalistes qui en ignoraient la fonction. 

— L'espèce, facilement confondue avec T. sylvestris, est nommée "Hespérie lineola" par Godart en 1819 et par Duponchel en 1832. Les auteurs suivants parlent d'"Hesperia lineola" jusqu'en 1986 où Gérard Luquet crée le nom "Hespérie du Dactyle". Le Dactyle pelotonné est l'une des Graminées dont se nourrissent les chenilles.

 

 

 

 

                     Nom scientifique.

 

 

 I.  Famille, Sous-famille, Tribu.

1°) Super-famille des Papilionoidea Latreille, 1802

2°) Famille des Hesperiidae Latreille, 1809 : [Hespéries ou Hespériides]  

  • Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]
  • Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925
  • Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

3°) Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

  • Tribu des Thymelicini Tutt, 1905
  • Tribu des Baorini Doherty, 1886
  • Tribu des Hesperiini Latreille, 1809

 

4°)Tribu des  Thymelicini Tutt, 1905
  • Genre Thymelicus Hübner, [1819]


2. Nom de genre : Thymelicus  Hübner, [1819] 

 

a) Description originale : 

        Thymelicus Hübner, Verzichniss bekannter Schmettlinge, Augsburg, Verfasser, 1816-1826 [1819], 8, page 113.

— Type spécifique: papilio Acteon Rottemburg 1775 Naturforscher :30  par désignation subséquente par Butler 1870 Ent. mon. Mag. 7(76) :94  

— Ce genre renferme en France

  • Thymelicus sylvestris (Poda, 1761) Hespérie de la Houque.
  • Thymelicus lineola (Ochsenheimer, 1808)  Hespérie du Dactyle. 
  • Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775)  Hespérie du Chiendent. 

—Synonymes juniors :

  • Thymelinus ; Stephens, 1835: 405.Ill. Br. Ent. (Haustellata) 4 (3): 405 (missp.)
  • Thymeticus ; Edwards, 1871: 274.
Genre ? synonymes (Funet)
— Adopoea Billberg, 1820; Enum. Ins. Mus. Billb. : 81, TS: Papilio linea Denis & Schiffermüller— Pelion Kirby, 1858; List. Brit. Rhop.: [3], TS: Papilio linea Denis & Schiffermüller
cf.  [NHM]

 

 

b) Origine et signification du nom thymelicus selon divers auteurs.

 

 

—A. Maitland Emmet (1991) page 143 :

"θυμελικὀς (thumelicos), a member of the chorus in Greek drama : the chorus were the dancer and the name reflects the lively movements of the butterflies. A variant of Thymela, the name Fabricius (1807), bestowed on the black skippers (Pyrginae), but now regarded as a junior synonym of Erynnis Schrank, 1801."

θυμελικὀς (thumelicos), un membre du chœur dans la tragédie grecque: le chœur était les danseurs et le nom reflète les mouvements animés de papillons. Une variante deThymela, Fabricius (1807) nom  attribué aux skippers noirs (Pyrginae), mais maintenant considéré comme un synonyme junior de Erynnis Schrank, 1801.

— Hans-A. Hürter (1998) page 446 :

Diverses citations sur le nom grec thymelicos, sans interprétation.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 254 :

"du grec Thoumelikos, membre d'un chœur dans l'art dramatique grec. Les choristes étaient à la fois les danseurs et le nom fait allusion aux mouvements très vifs de ces papillons."

— Perrein et al. (2012) page 115 :

"du grec thumelikos "choriste, danseur" qui occupe le thymélé, autel devenu une sorte d'estrade dans le théâtre grec ; sans-doute influencé par Thymela, nom donné par Fabricius à une famille regroupant toutes les Hespéries noires au vol vif et rapide."

— Arizzabalaga & al. (2012) :

 "Thymelicus : pels timèlics, els músics del cor en el teatre grec"


c) Discussion 

  c1) Taxonomie selon Hübner.

     Dans la classification des espèces de papillons de son catalogue (Verzeichniss), Hübner  répartit les Lepidoptera en Phalanx, ( Papiliones, Sphinx, Bombyx etc.,). Les Papiliones sont divisés en Nymphales (Nymphes) et en Gentiles ("les gens", êtres humains). Ces Gentiles sont divisés en Strips, Familia et Coitus, les Genres de Hübner.  La 6ème Stirps  se nomme Astycen, Astyci. p. 102. (Urbicolae Linn. et Fab.), du latin Astycus, a, um adj : "de la capitale, urbain" : correspond donc à "urbicolae". Nous pouvons nous attendre à trouver des noms en rapport avec cette urbanité, mais aussi à y voir rassemblé les Lycènes et les Hespéries que Linné avait décrit dans ses "Plebeji urbicolae", ses Plébéiens des villes.

  Cette Stirps des Astyces contient 8 familles de A à H. Elles se nomment  Celebres, Fortes, Formales, Veteres, Vulgares, Cauti, Vigilantes et Juvenes. (Célèbres, Forts, "Typiques"?, Vieux, Communs, Méfiants, Éveilés et Jeunes). 

Notre Genre appartient à la Familia G : Muntere, Vigilantes. ("Les Éveillés ou Vigilants"). Elle est définie ainsi : Alle Flügel schwarz und gelb, wechselnd angelect. (Tous les ailes noires et jaunes, appliquées alternativement.). On y trouve 8 Genres, le Genre Thymelicus étant le septième. Le Genre Thymelicus appartient donc à la Tribu des Gentiles, Stirps des Astyci, Familia des Vigilantes. Autrement dit, pour nous aider à comprendre le nom propre,   aux "Gens", "des villes" "vigilants", dont la famille comprend :   

1. Scopten, Scoptae. (du grec σκοπέω - skopeō, « regarder quelque chose, examiner », ? Cf. les termes Scoptophobie, Scoptophilie.

2. Cyclopiden, Cyclopidae.

3. Trapeziten, Trapezitae. : Les changeurs, les banquiers.

4. Phemiaden, Phemiadae

5. Augiaden, Augiadae [d''Augias, Argonaute : les fils d' Augias]

6. Thymelicen, Thymelici. 

Die Flügel fast ganz gelb und ungefleckt (Les ailes presque entièrement jaune et sans tache).

  • 1219 Thymelicus Actaeon Esp. Pap. 36 4 Hübn. pap. 488-490.

  • 1220 T. Pustula.

  • 1221 T. Vibex.

  • 1222 T. Venula Hübn. Pap. 665-669

  • 1223 T. Virgula Hübn. Pap. 660-663. [= P. lineola selon Godart1819]

  • 1224. T. Vitellia.

  • 1225 T. linea Shiff. Verz. Pap. A 5 Thaumas Esp. Pap. 36 2,3 Hübn. pap. 285-287. [= sylvestris]

  • 1226 T. Puer. 

7. Apausten, Apausti 

8. Brontiaden, Brontiadae de Brontes, l'un des Cyclopes.

Il est difficile de discerner une cohérence et un fil conducteur parmi ces noms de Familles et de Genres. Les Citadins (Astyces) sont répartis selon diverses qualités assez banales et certainement sans rapport avec les espèces qui les composent. Certains noms concernent la vision (Vigilantes, Scoptae, Cyclopes, Brontiades).       


c2. Le nom thymelicus.

Gaffiot traduit l'adjectif latin thymelicus,a, um (grec thymelicos) par "relatif au théâtre ; le nom thymelicus, i par "musicien de théâtre" et par "acteur". On trouve aussi le féminin thymelica, ae : "actrice, comédienne", et enfin thymele, es ou thymela, ae "autel de Dionysos dans le théâtre grec ; par extension, "théâtre". On trouve aussi pour ce dernier nom collatinus.fltr.ucl.ac.be/jano/  "(une estrade au centre de l'orchestre du théâtre grec, près de laquelle se tenait le chef du chœur)".

 Hübner emploie bien pour son première espèce Thymelicus Actéon la forme au masculin. Il n'y a aucune raison de ne pas donner au genre Thymelicus le sens "relatif au théâtre". 

Il n'y a aucune raison non plus pour, comme le fait Emmet suivi par Luquet qui en donne une traduction, de partir du nom grec thymelikos, et encore moins de vouloir trouver une relation entre les choristes musiciens et danseurs du théâtre et le comportement en vol des espèces du genre Thymelicus. Les noms servent à catégoriser les boites de classement des espèces, mais non d'en décrire le contenu (même si on connaît des contre-exemples comme Carcharodus). Lorsque le texte descriptif du Genre est, à l'évidence, en relation avec son nom, nous sommes autorisés à reconnaître l'allusion ; ce n'est pas le cas ici où le Genre est caractérisé par la couleur jaune unie des ailes.

 A la rigueur, ce genre  qui appartient "aux gens -de la ville- vigilants" tient son nom d'une activité propre à la ville et à l'urbanité (le théâtre) et dont on est spectateur (vigilant + fonction scopique évoquée supra). 

Notule : le théâtre et la couleur jaune.

Si on cherche à établir une relation entre le nom thymelicus "relatif au théâtre" et la description du genre ("Les ailes presque entièrement jaune et sans tache"), on peut se demander si, dans l'antiquité (ou dans l'Allemagne de Hübner), la couleur jaune était emblématique des acteurs. Il n'est n'est rien. Sur scène —et dans la vie quotidienne romaine—la couleur jaune était le propre de la courtisane ou prostituée. 

" Le jaune, chez les Grecs, n’a pas la signification de luxure et de débauche qu’il a à Rome 4 : il s’agit d’une couleur quasi-virginale puisqu’elle est celle des mariés. En revanche, à Rome, le jaune désigne la courtisane 5. Le spectateur de théâtre ne s’y trompe pas quand il voit apparaître sur la scène de théâtre le costume jaune. Il sait que c’est celui de la courtisane, au même titre que le blanc est celui des vieillards, le multicolore indique les jeunes personnes, le bariolé signale le proxénète et le pourpre distingue les riches."  

4 Dans l’ouvrage de Sabatier, on découvre également qu’à Rome le jaune est tellement associé à l’image de la courtisane que les cheveux des prostituées étaient recouverts d’une perruque blonde. Comme il l’écrit à propos de Messaline, elle « quittait la couche de Claude, couvrait ses cheveux noirs d’une perruque blonde – attribut de la débauche – et, enveloppée d’une cape de nuit, accompagnée d’une esclave, elle pénétrait dans le réceptacle de la prostitution » (ibid., p. 52).

 

 

5 Jérôme Carcopino, dans sa remarquable étude intitulée La Vie quotidienne à Rome à l’apogée de l’Empire (Paris, Hachette, 1939), décrit le théâtre à Rome, son fonctionnement, ses codes, et il précise que « les costumes drapés à la grecque ou à la romaine en situaient l’action et la condition sociale : blancs pour les vieillards, multicolores pour les jeunes gens, jaunes pour les courtisanes, pourpres pour les riches, rouges pour les pauvres, une courte tunique pour les esclaves, une chlamyde pour les soldats, un pallium roulé pour les parasites et bariolé pour les entremetteurs » ( p. 258 ).

Véronique Bui, « Le châle jaune des prostituées au XIXe siècle : signe d’appartenance ou signe de reconnaissance ? », Fabula / Les colloques, Séminaire "Signe, déchiffrement, et interprétation", http://www.fabula.org/colloques/document939.php

c3. La piste liée à Thymele, Fabricius.

a) En 1807, Fabricius publia une liste de 49 noms de genre, dont celui n°39 de Thymele  (et non Thymela). ce genre incluait 3 groupes de noms d'espèces Hesperia Proteus, Mercatus, Acastus / Thrax, Guetus, Bixae/  Aracinthus, Malvae, Tages.

Les trois derniers noms correspondent pour nous à Heteropterus morpheus, Pyrgus malvae etErynnis tages. Le genre Thymele Fab. accueille donc, comme le souligne Emmet, des Hespéries noires ou Pyrgines.

Dans la classification de Hübner, on les trouve ainsi :

— aracinthus : Astyces, Famille G des Vigilantes, Genre des Cyclopes

 malvae : Astyces, Famille E Vulgares , genre Pyrgus 

 tages : Astyces, Famille D Veteres, genre Nisoniadae.

D'autres Hespéries se retrouvent dans le genre Pamphila de Fabricius : ce sont Comma, Paniscus, Fritillum et Lavaterae.

b) la proximité sémantique des genre Thymele Fabricius et Thymelicus Hübner impose de considérer que le premier a servi de modèle au second, pour accueillir de nouvelles espèces bien différentes des Pyrgines noires puisque leurs ailes sont au contraire entièrement jaunes (et non sombres tachetées de blanc en damier).

J'ai déjà montré que Denis et Schiffermüller avaient créé beaucoup de leurs noms en les affiliant à un nom de Linné servant de modèle, tâchant de reprendre soit la syllabe initiale soit la syllabe finale (ce que j'ai nommé le "domino onomastique"), soit en respectant le même nombre de lettres, soit par d'autres effets de miroir du nom modèle (même source d'inspiration, même sens). Il paraît probable que Hübner, pour créer un genre complémentaire du Thymele de Fabricius, ait cherché dans le dictionnaire (ou dans sa mémoire) le mot latin le plus proche de Thymele. Dans le dictionnaire Gaffiot, trois mots se succèdent  Thymele –Thymelica –Thymelicus. Hübner fait "domino" par la partie [thymel] commune aux deux noms de genre, dans ce jeu où les naturalistes européens rendent hommage à leurs prédécesseurs par reprise des briques sémantiques pour édifier leurs propres noms.

Par contre, ce jeu d'imitation/dépassement se joue, dans cet exemple, au détriment du sens. Il existe, bien-sûr, une communauté de sens entre thymele et thymelicus si on se contente de consulter les définitions du dictionnaire et de constater que thymele 1 vient d'un mot grec désignant, dans le théâtre antique en demi-cercle, l'autel du centre de l'orchestra et qui servait d'autel pour offrir des sacrifices à Bacchus puis pouvait constituer un décor de la pièce (monument, ...) , cacher le souffleur, porter le joueur de flûte et parfois le chorège. Ce sens est donc en parenté avec celui de thymelicus "relatif au théâtre, à la scène".

Mais chez Fabricius, la majorité des 49 noms de genre sont des noms féminins, ceux des épithètes de Vénus, de courtisanes, de femmes illustres : sa Thymele correspond à la deuxième définition donnée par Gaffiot  "Nom de femme Martial 1 5,5 ; Juvénal 1:36" :  il s'agit de Thymélé (Θυμέλη), musicienne, actrice -mime, et poétesse célèbre du temps de Domitien, dont elle semble avoir été la favorite. Elle aurait été la première à introduire sur scène une sorte de danse nommé thymelinos. Il est exclu que Fabricius ait placé un "Thymele-autel du théâtre grec" en véritable intrus au sein de sa liste de noms féminins. Mais sous l'Empire, les pantomimes, musiciens et chanteurs adoptaient souvent desn noms à consonnance grecque ou orientale. Le partenaire de Thymélé était Latinus, ami intime de l'empereur et qui n'hésitait pas à adresser Thymélé auprès de riches commanditaires

Certes, si Hübner avait choisi la forme Thymelica ("comédienne"), la cohérence de sens avec le nom Thymélé de l'actrice courtisane aurait été assurée. Mais son masculin Thymelicus qu'une raison adjacente lui a imposé, vient rompre la jolie réussite d'une filiation des sons et d'une filiation des sens. Il nous faut désormais un raisonnement tortueux pour le percevoir.

Juvénal Satyre VI,66:

Où trouver une épouse, aux vertus domestiques,
Et digne de tes vœux? Est-ce sous nos portiques?
L’amphithéâtre a-t-il, dans son immensité,
Une femme qu’on puisse aimer en sûreté?
Quand Bathylle, jouant sa molle pantomime,
Danse, Tuccia brûle; Apulla qui s’anime,
Comme aux bras d’un amant, soupire, a le frisson;
Et Thymèle, ignorante encore, prend leçon.*
Puis, lorsque le théâtre est clos et n’a personne,
Quand le barreau, tout seul, de voix criardes sonne,
Pendant ces jours si longs qui, des jeux Plébéiens,
Séparent tristement les Mégalésiens,
On les voit manier, dans leur ennui fantasque,
Le thyrse d’Accius, la ceinture, et le masque.
Urbicus dans l’exode imite Autonoé.

 (trad. Raoul, 1842, citée par Remacle)

* autre traduction :"l'attention immobilise Thymèle : encore innocente, Thymèle apprend" 

 

 

 

 

 3.  Nom d'espèce : Thymelicus lineola (Ochsenheimer, 1808).


a) Description originale

Papilio lineola Ochsenheimer, F. 1808. Die Schmetterlinge von Europa. Erster Band. Zwente Abtheilung. Fleischer, Leipzig. 241 pp, p. 230.
Description :

19. PAP. LINEOLA

P. alis integerrimis divaricatis fulvis concoloribus, foeminae immaculatis, maris lineola nigra tenuiore.
 Scriba, Journal, III. S.244 Entomologische Bemerkungen.
Ich führe diesen Falter, der vielleicht sehr oft mit dem vorhergehenden verwechselt wird, als eigene Art auf und flüße mich auf das einstimminge Urtheil meiner entomologischen Freunde, die ich darüber zu Rathe zog. 
Die Größe und Gestalt ist die des P. Linea ; die Borderflügel sind jedoch etwas bretiter und stumpfer ; die Farbe ist heller und röthlichgelb. Der Mann  führt auf den Borderflügeln einen seinen, haardünnen schwarzen Strich, in gerader Richtung, und die Kolbe der Fühler ist unten schwarz, da sre bey dem P. Linea beständig rostgelb ist. Die Unterseite der Borderflügel ist einfärbig röthlichgelb, die hinteren sind blässer, beynahe weißlichgelb, gegen den Innenrand hellgelb.
Ich glaube, daß diese angegebenen Merkmale hinreichen, diesem Falter, der in mehreren Gegenden Deutschlands mit dem P. Linea zu gleicher Zeiterscheint, also nicht etwa eine zweyte, abweichende Generation seyn kann, die Rechte der Art zu sichern. Eine vollständige Auseinandersetzung der beyden Falter sindet sich in Scriba's Journal am angez. Orte

Traduction :

                     19. PAPILIO LINEOLA

Papillon aux ailes conjointes et écartées (entrebâillées) de couleur jaune-fauve, femelle sans marque noire, mâle avec une fine ligne noire.

Scriba, Journal, III. Observations entomologiques p.244.

Je présente ce papillon, qui est peut-être très souvent confondue avec la précédente, comme une espèce distincte en m'appuyant sur l'avis unanime de mes amis entomologiques que j'ai consulté ce sujet.

La taille et l'allure sont celles de P. Linea. Cependant, ses ailes supérieures sont plus larges, et plus obtuses ; la couleur en est d'une fauve plus clair. Le trait noir des ailes supérieures du mâle est mince comme un cheveu, et parfaitement rectiligne. La massue de ses antennes est noire en dessous, alors qu'elle est ferrugineuse chez Linea. Le dessous des ailes supérieures est d'un fauve uniforme. Le dessous des ailes inférieures est d'un blanc jaunâtre, avec la région de l'angle interne d'un jaune clair.

Je crois que les caractéristiques indiquées ici suffissent à faire de ce papillon une deuxième espèce distincte ; il est rencontré en même temps que le P. Linea dans plusieurs parties de l'Allemagne . Une discussion complète des deux papillons se trouve dans le Journal de Scriba*.

 

*Ludwig Gottlieb Scriba (1736 - 1804) théologien et entomologiste allemand, était le rédacteur en chef du Journal die Liebhaber der Entomologie (1790-1791) qui contient des descriptions de nouvelles espèces. Seuls les trois volumes de cet ouvrage ont été publiés.  

 

c) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type : "Deutschland" dans le texte d'Ochsenheimer : Allemagne

 

— Selon Dupont & al. 2013,  Leraut écrit Thymelicus lineolus. Le mot latin lineola (= « petite ligne ») correspond à un substantif féminin placé en apposition dans la combinaison binomiale d’origine, et non à un adjectif (l’adjectif correspondant en latin est lineolatus, -a, -um).

Cette espèce a une répartition paléarctique. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles s’observent sur diverses Poaceae.

— Selon Wikipédia, "Comme tous les Hesperiidae, l'hespérie du dactyle porte ses ailes antérieures partiellement redressées quand il est posé. C'est un petit papillon d'une envergure de 24 mm à 28 mm aux ailes sont orange vif bordées de marron. Le mâle présente au recto de l'aile antérieure une courte ligne androconiale noire. La chenille est vert pâle ornée d'une bande dorsale foncée et de bandes claires sur les flancs L'Hespérie du dactyle vole en une seule génération de début mai à août. Elle hiverne au stade de chenille formée dans l'œuf. Les plantes hôtes de sa chenille sont de nombreuses graminées, Agropyron repens, Arrhenatherum elatius, Calamagrostis epigejos, Dactylis spp.Deschampsia caespitosa, Elytrigia repens, Phleum arvense et Phleum pratense. L'Hespérie du dactyle réside en Afrique du Nord, dans toute l'Europe sauf l'Irlande, le nord de l'Angleterre et de la Scandinavie, et tout le centre de l'Asie jusqu'à la région du fleuve Amour. Elle a été introduite en Amérique du Nord en 1910. L'Hespérie du dactyle est présente dans toute la France métropolitaine sauf en Île-de-France et en Corse.  L'Hespérie du dactyle réside dans des prairies fleuries à herbe haute."

 

— Parmi les trois Thymelicus qui sont des Hespéries fauves à ligne noire (mâle), Acteon est d'un jaune brunâtre ou olivâtre avec des taches jaunes, alors que sylvestris et lineola sont d'un fauve uni (sans taches claires), avec des nervures noires au nord externe. On distingue ces deux faux jumeaux par l'extrémité de leurs antennes, les massues antennaires étant orange chez T. sylvestris et noires chez T. lineola]. La ligne androconiale est plus longue et plus marquée chez T. sylvestris, et plus courte et moins marquée chez T. lineola.

 

 

 

 

 

d) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

  • Adopaea lineola (Ochsenheimer, 1808)

  • Hesperia lineola (Ochsenheimer, 1808)

  • Papilio lineola Ochsenheimer, 1808

  • Thymelicus lineola lineola (Ochsenheimer, 1808)

  • Thymelicus lineolus (Ochsenheimer, 1808)



 

Sous-espèces.

            Selon Dupont & al. (2013) Tshikolovets retient deux sous-espèces en Europe et dans le bassin méditerranéen :

- lineola Ochsenheimer, 1808.

- semicolon Staudinger, 1892. Localité-type : Tazoult, Algérie.

Le taxon kushana Wyatt, 1961 (localité-type : Montagne de Shiva, Badakhshān, l’Afghānistān) caractérise des populations à l’est de la région iranienne.

 

e) Origine et signification du nom 

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

— August Janssen (1980) page 

 — A. M. Emmet (1991) page 144 :

"lineola , dim. of linea, a small line : from the male sex-brand which is shorter than that of the last species [sylvestris], then known as linea. "

— Hans-A. Hürter (1998) page .

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 256 :

": lineola "petite ligne", par allusion à la strie androconiale présente à l'avers de l'aile antérieure, chez le mâle."

— Perrein et al. (2012) page 117 :

"Étymologie : du latin linea, "ligne", —proprement "fils de lin"—et le suffixe diminutif -ola, allusion au petit trait androconial du mâle."

 

 

— Arizzabalaga 2012 :   

        : De línia, per la forma lineal de l’androconi del mascle

 

 

Discussion : 

Le dictionnaire latin indique :

 — linea (linia), ae, f. : - 1 - fil, cordon, ficelle. - 2 - cordeau. - 3 - ligne (tracée), raie. - 4 - trait (de pinceau).

— lineola, ae, f. : petite ligne, petit trait.      

  Puisque le nom Hesperia Comma (la Virgule) nous a introduit à lire les motifs noirs des ailes des Hesperiinae comme des caractères d'imprimerie, signalons que le trait d'union se dit en latin ducta lineola. Le trait d'union, c'est le "tiret du 6", c'est le signe moins, c'est beaucoup plus court que le tiret demi-cadratin Alt 0150 – (qui sert d'incise) ou que le tiret cadratin Alt 0151  — qui sert à initier le dialogue. Confondre le trait d'union - avec le tiret — est grave, car le trait d'union unit et le tiret divise.

 Lineola n'existe que par linea et lui est relatif. C'est vrai dans le dictionnaire latin, et c'est vrai aussi pour les deux espèces de Thymelicus ; hélas, c'est moins explicite désormais où le nom de Thymelicus linea de Schiffermüller ou de Muller, familier à nos (arrière-grands-) pères a été remplacé par le Thymelicus sylvestris de Poda. Posons une nouvelle fois l'équation sylvestris= thaumas= linea et oublions, le temps de cette explication, les deux premiers noms. Rentrons dans le cerveau de Ferdinand Ochsenheimer (1767-1822), acteur de théâtre –mais oui, pas de cinéma– mais aussi entomologiste capable de rédiger les  volumes de ses Papillons d'Europe.

Pendant qu' il joue –comme ici en 1801– le personnage de Talbot dans Jungfrau von Orléans de Friedrich Schiller, ou qu'il joue sur les principales scènes d'Allemagne (Berlin, Mayence, Mannheim, Francfort, où il est passé voir les collections de lépidoptère du banquier J.C Gerning ) puis en Autriche en 1807 (l'année qui précède sa description du lineola), il poursuit assidûment sa passion d'enfance pour les papillons.

                                    220px-Friedrich_Pecht%2C_Schiller-Galeri

  En novembre 1807 il déménage à Vienne ; c'est la ville où les deux jésuites Denis et Schiffermüller ont publié leur Wiener Verzeichnißde 1775. Schiffermüller, qui conservait les collections, est mort l'année précédente à Linz.  Dans ce livre est décrit page 160 le Papilio linea ou Schmelenfalter. Papilio linea, c'est le nom placé sous les spécimens dans toutes les collections : "le papillon au trait". Ce nom linea  répond et reprend en latin le "bande noire" créé par Geoffroy en 1762, cela est explicite dans la duplication de Denis et Schiffermüller qui le citent ; et cette bande noire décrivant chez Geoffroy la marque brun sombre de la face supérieure de l'aile antérieure du mâle, il est clair pour chacun que cette linea, cette ligne, ce trait se réfère à la même marque.

Dans la description d'Ochsenheimer fait de son lineola, tout le texte se réfère au linea  : "La taille et l'allure sont celles de P. Linea. Cependant, ses ailes supérieures sont plus larges, et plus obtuses ; la couleur en est d'une fauve plus clair. Le trait noir des ailes supérieures du mâle est mince comme un cheveu, et parfaitement rectiligne. " On voit que Ochsenheimer n'écrit pas qu'elle est plus courte, mais qu'elle est plus mince. Comme un cheveu "Haardünnen schwarzen Stricht".

Dans la compréhension du zoonyme spécifique lineola, nous sommes donc conduit à considérer ce "petit trait" comme "trait plus mince [que celui du papilio linea]". 

 

Voir :  Les androconies des Hespéries : influence sur les Noms Propres des Thymelicini.

 


              III. Noms vernaculaires.

 

 

 


I. Les Noms français. 


1. "Hespérie lineola" , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique : Entomologie, ou Histoire naturelle des crustacés et des insectes, Paris : Vve Agasse tome 9, page 771 n°119.

On y lit la traduction de la description d'Ochsenheimer, suivi de l'équation :

Papilio lineola Ochsenheimer = P. virgula Hübner ♂fig.660-661 , ♀ fig.662-663.


2.  "Hespérie lineola " , Duponchel 1832.

     P.A.J. Duponchel in J-B. Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris :Méquignon-Marvis 1832, Supplément I page 253 n°92, planche 41 (page 565) fig.1 à 3 peinte par P. Dumenil et gravée par Melle Plée.

 

Duponchel énumère les deux caractéristiques spécifiques qui distinguent linea (T. Sylvestris) et lineola :

  • le trait noir des ailes du mâle est "moins noir, plus grêle et plus droit".
  • dans les deux sexes : le dessous des antennes est noir, et non ferrugineux.


Voir Planche XLI ici : openlibrary.org


Mâle

        img/dessins papillon diurnes/hesperie lineola male.jpg

Mâle dessous (massue des antenns noires):

 img/dessins papillon diurnes/hesperie lineola male (dessous).jpg

femelle :

        img/dessins papillon diurnes/hesperie lineola femelle.jpg

 

  

 

3. "Hesperia lineola".

Les auteurs français suivants utiliseront plus volontiers le nom scientifique Hesperia lineola sans faire mention d'un nom vernaculaire : c'est le cas de Boisduval Ind. meth. page 26 ; Boisduval 1832 Icon. p. 243 ; Hippolyte Lucas 1849 p. 365. On ne retrouve le nom de "Hespérie lineola" qu'en 1879, dans un Mémoire de la Société académique de Saint-Quentin.


4. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

Dans son article Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe paru dans Alexanor en 1986, Gérard Luquet crée le nom  Thymelicus lineolus (sic) le nom de "Hespérie du Dactyle",et admet en nom accessoire celui de l'"Hespérie européenne" (au Canada) mais il réfute "Le Ligné" nom employé par le suisse Rappaz, et "l'Hespérie orangée" employé par David Carter et Joel Minet 1984, décision commentée par sa note [19].

Note [19] : L'emploi du nom de « Ligné »pour désigner Thymelicus lineolus doit être évité, car ce nom peut prêter à confusion avec l'un des noms vernaculaires de Polyommatus amandus  (« l' Argus ligné »). Par ailleurs le nom d' «Hespérie orangée » n'est guère précis pour désigner Thymelicus lineolus, dans la mesure où il peut s'appliquer à de nombreuses espèces d'Hespériines. Il faudrait mieux l'éviter également.


On sait que Gérard Luquet a donné à la quasi-totalité de nos Hesperiidae (Hespéries ou Hespérides) un nom composé sur le schéma "L'Hespérie de" + plante-hôte ou "L'Hespérie de" + localisation géographique ou milieu écologique. Cela représentait (en 1986) parmi les 34 Pyrgines ou "Hespéries noires" 33 cas (l'exception concernant "le Point-de-Hongrie" et parmi les 12 de nos Hespériines ou "Hespéries fauves" 9 cas (exception : le Miroir, la Virgule et la Sylvaine). Sur ces 46 espèces, 26 reçoivent les noms d'une plante-hôte, les autres un nom géographique (ottomane, almoravide, levantine, pont-euxine, saoudienne, ...).

Le nom de l'Hespérie fauve  "Hespérie du Dactyle" est donc construit sur ce schéma.

Quand au Dactyle, Dactylis glomerata, il tient son nom du fait que sur la tige, "l'extrémité de l'épi formant un groupe d'épillets assez gros suivi par deux autres plus petit" (Wikipédia), comme , dans un doigt, la phalange est suivie de la phalangine plus courte et de la phalangette rikiki.

                       alt=Description de cette image, également commentée ci-après

 

5. L'étude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 256 :

—"-Hespérie : d'Hespéria, l'une des Hespéries, les nymphes qui gardaient les pommes d'or d'Hera. Fabricius se complaisait à inventer des noms reposant sur des calembours ou possédant un double sens, de sorte qu'un lien avec le mot grec Hespera, "soir", est vraisemblable : aux papillons "nobles", les "Diurni", les papillons du plein jour, Fabricius a très bien pu vouloir opposer les espèces plus petites et plus humbles, celles de la faible lumière ou du demi-jour, donc, du soir. (Emmet, 1991:144) cela, bien entendu, ne préjuge en rien d'un vol crépusculaire des espècesconcernées. C'est du reste aussi l'opinion de Spuler (1901-19018 : 70) pour qui le nom générique Hespéria est forgé "sur hesperius, "qui concerne Hesperus", l'Étoile du soir [ou Étoile du berger], en raison des relations [de ce groupe de Lépidoptères] avec d'autres familles qui n'appartiennent pas aux Rhopalocères". L'inclusion originelle par Fabricius des Azurés dans les Hespéries exclut cependant la dérivation fondée sur une base, taxonomique telle que la suggère Pickard et al. "les Hesperiidae formant le lien entre les Diurni et les Nocturni" et reprise par Spuler."

 

 

— Dactyle : plante nourricière de la chenille (Dactylis glomerata, le Dactyle pelotonné).

 

                           

 

6. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Adopaea lineola  puis emploient dans leur texte le nom de l'Hesperia lineola qui n'est pas un nom vernaculaire.

—H. Bellmann / G. Luquet 2003 page 112: " Hespérie du Dactyle".

— Doux & Gibeaux 2007 : "L'Hespérie du Dactyle".

 

— Lafranchis, 2000 : "L'Hespérie du dactyle" .

— Perrein et al. 2012 : "Hespérie du Dactyle".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Hespérie du Dactyle"

— Wikipédia : "L’Hespérie du dactyle ou le Ligné ou Hespérie orangée ou (au Canada) Hespérie des graminées ou Hespérie européenne".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  • "Essex Skipper" en anglais
  • "Schwarzkolbiger Braundickkopf" en allemand "l'Hespérie Bulbe noir" (?)
  • "Zwartsprietdikkopje"  en néerlandais
  • "Dorada linea corta" en espagnol : "Le Doré à la ligne courte".
  • "Daurat de punta negra" en catalan ( Pel tret distintiu a l’extrem de les maces de les antenes) : "Le Doré à pointes noires", à cause de la couleur des massues des antennes.
  • "Juodbuožis storgalvis" en lituanien :
  • "Súmračník čiarkový " en slovaque
  • "Толстоголовка-тире" en russe
  • "Soumračník čárečkovaný" en tchèque
  • "Vanalas busalepke" en hongrois
  • "Debelorubi livadar " en serbe
  • "Streg-bredpande" 
  • "Lauhahiipijä" en finnois 
  • "Smeđi debeloglavac"
  • "Timoteismyger" en norvégien
  • "Mindre tåtelsmygare" en suédois
  • "Harilik viirgpunnpea" en estonien
  • "Adopea a fascia nera" en italien : "Adopea à bande noire"
  • "Karłątek ryska" en polonais
  • "Siyah Antenli Zıpzıp" en turc 

 

 

Langues celtiques  : 

 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas encore de nom en breton ; 

  • " Gwibiwr bach cornddu" en gallois. : 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

IV. Le nom vernaculaire anglais d'après M. Salmon (2000).

        Première description aux Îles Britanniques par Hawes, [1888], 1890

   L'Hespérie forme des colonies discrètes qui varient d'un petit nombre de personnes à plusieurs milliers. Là où il se produit, il peut donc être très commun. Cette espèce est très similaire en apparence au Small Skipper (T. sylvestris) et, en raison de cette similitude, n'a pas été reconnu comme une espèce distincte avant 1889. Le mâle se distingue de la femelle par la sex-brand sur ses ailes antérieures, qui est une courte ligne d'écailles odorantes spécialisées. Malgré son nom, l'Hespérie Essex se trouve maintenant sur une grande partie de la moitié sud de l'Angleterre, il a été enregistré la première fois au Pays de Galles en 2000 et à Wexford dans le sud-est de l'Irlande en 2006. Sur le continent britannique, il est généralement trouvé au sud d'une ligne entre le Dorset et le North Lincolnshire. On croit que l'augmentation de la distribution est favorisé par les remblais arides et herbeux où l'on trouve souvent sur les autoroutes et les grands axes routiers qui ont agi en tant que corridors - permettant cette espèce d'atteindre de nouveaux endroits plus facilement. (Traduit de UK Butterflies).

  En 1890, F.W. Hawes publia dans The Entomologist sa découverte de 3 spécimens de Hesperia lineola Ochsenheimer mâles, capturés en juillet 1888 et intégrés dans sa collection comme de curieuses variétés de Hesperia thaumas (=sylvestris), puis reconsidérés comme H. lineola deux ans plus tard. Chacun  se rendit illico auprès de ses chères armoires vitrées pour vérifier le dessous des antennes des papillons épinglés avec l'étiquette H. thaumas (alias linea) : mais oui, les  Lineola étaient là, capturés des années plus tôt dans le Kent ou dans le Sussex, dans le Suffolk ou le Nottinghamshiren et jusqu'à Tauton dans le Sumerset ! 


  • "The New Small Skipper" : Furneaux, 1894 ; Newman & Leeds, 1913 ; Heslop, 1959.
  • "The Scarce Small Skipper" : W.F. Kirby, 1896 ; W.E. Kirby, 1906 ; Newman & Leeds, 1913.
  • "The Lineola Skipper" : Coleman, 1897.
  • "The Essex Skipper" : South, 1906 ; Newman & Leeds, 1913 ; et la plupart des auteurs suivants.

 

      

            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : thymelicus lineola

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) :thymelicus lineola

— UK Butterflies :thymelicus lineola

— lepiforum : thymelicus lineola

— jardinsauvage.fr : thymelicus lineola

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  qui interdit un lien direct. Suivre donc accueil ->Lepidoptera ->etc...  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

        Biblographie complète : 

Zoonymie des Rhopalocères : bibliographie.

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:36
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Zoonymie (étude du nom) du papillon L'Hespérie du Chiendent, Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775).

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

— Thymelicus Hübner, [1819] : cet adjectif latin signifie "relatif au théâtre" alors que le nom latin thymelicus signifie "acteur, musicien". Hübner n'explicite pas ce nom, mais sa proximité avec Thymele, un nom de genre créé en 1807 par Fabricius pour des Hespéries noires, suggère que ce dernier ait servi de modèle. Tous les noms de genre de Fabricius 1807 sont des noms de femme, et Thymélé était, sous Domitien, une actrice de mime, partenaire de Latinus, l'ami intime de l'empereur (Martial I,4 et Juvénal I,36 et VI,66). Elle était donc une "thymelica"("comédienne"). En reprenant indirectement le nom Thymele sous forme d'un nom dérivé, Hübner rend hommage à son prédécesseur, et continue son travail en créant cette fois un cadre  pour les Hespéries fauves. 

Actéon Rottemburg, 1775 : du nom du héros mythologique, petit-fils de Cadmos, chasseur bien connu pour avoir surpris la déesse vierge et sauvage Artémis lors de son bain dans sa vallée privée de Gargathie. Offensée, elle transforma le malheureux en un cerf qui fut dévoré aussitôt par ses propres chiens, comme le raconte Ovide en ses Métamorphoses, livre III, 138-252.

—  En 1819 Godart place cette espèce dans le genre Hespérie de Latreille (1804) sous le nom de  "Hespérie Actéon". L'usage de ce nom a été abandonné jusqu'en 1986, où Gérard Luquet a créé "Hespérie du Chiendent", dans sa série de 26 noms assoçiant "Hespérie" au nom de l'une des plante-hôtes. Les Chiendents sont un ensemble de Graminée dont Elymus repens est emblématique par ses rhizomes rampants.

 

 

                     Nom scientifique.

 

 

 I.  Famille, Sous-famille, Tribu.

1°) Super-famille des Papilionoidea Latreille, 1802

2°) Famille des Hesperiidae Latreille, 1809 : [Hespéries ou Hespériides]  

  • Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]
  • Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925
  • Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

3°) Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

  • Tribu des Thymelicini Tutt, 1905
  • Tribu des Baorini Doherty, 1886
  • Tribu des Hesperiini Latreille, 1809

 

4°)Tribu des  Thymelicini Tutt, 1905
  • Genre Thymelicus Hübner, [1819]


2. Nom de genre : Thymelicus  Hübner, [1819] 

 

a) Description originale : 

        Thymelicus Hübner, Verzichniss bekannter Schmettlinge, Augsburg, Verfasser, 1816-1826 [1819], 8, page 113.

— Type spécifique: papilio Acteon Rottemburg 1775 Naturforscher :30  par désignation subséquente par Butler 1870 Ent. mon. Mag. 7(76) :94  

— Ce genre renferme en France

  • Thymelicus sylvestris (Poda, 1761) Hespérie de la Houque.
  • Thymelicus lineola (Ochsenheimer, 1808)  Hespérie du Dactyle. 
  • Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775)  Hespérie du Chiendent. 

—Synonymes juniors :

  • Thymelinus ; Stephens, 1835: 405.Ill. Br. Ent. (Haustellata) 4 (3): 405 (missp.)
  • Thymeticus ; Edwards, 1871: 274.
Genre ? synonymes (Funet)
— Adopoea Billberg, 1820; Enum. Ins. Mus. Billb. : 81, TS: Papilio linea Denis & Schiffermüller— Pelion Kirby, 1858; List. Brit. Rhop.: [3], TS: Papilio linea Denis & Schiffermüller
cf.  [NHM]

 

 

b) Origine et signification du nom thymelicus selon divers auteurs.

 

 

—A. Maitland Emmet (1991) page 143 :

"θυμελικὀς (thumelicos), a member of the chorus in Greek drama : the chorus were the dancer and the name reflects the lively movements of the butterflies. A variant of Thymela, the name Fabricius (1807), bestowed on the black skippers (Pyrginae), but now regarded as a junior synonym of Erynnis Schrank, 1801."

 Trad : θυμελικὀς (thumelicos), un membre du chœur dans la tragédie grecque: le chœur était les danseurs et le nom reflète les mouvements animés de papillons. Une variante de Thymela, Fabricius (1807) nom  attribué aux skippers noirs (Pyrginae), mais maintenant considéré comme un synonyme junior de Erynnis Schrank, 1801.

— Hans-A. Hürter (1998) page 446 :

Diverses citations sur le nom grec thymelicos, sans interprétation.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 254 :

"du grec Thoumelikos, membre d'un chœur dans l'art dramatique grec. Les choristes étaient à la fois les danseurs et le nom fait allusion aux mouvements très vifs de ces papillons."

— Perrein et al. (2012) page 115 :

"du grec thumelikos "choriste, danseur" qui occupe le thymélé, autel devenu une sorte d'estrade dans le théâtre grec ; sans-doute influencé par Thymela, nom donné par Fabricius à une famille regroupant toutes les Hespéries noires au vol vif et rapide."

— Arizzabalaga & al. (2012) :

 "Thymelicus : pels timèlics, els músics del cor en el teatre grec"


c) Discussion 

  c1) Taxonomie selon Hübner.

     Dans la classification des espèces de papillons de son catalogue (Verzeichniss), Hübner  répartit les Lepidoptera en Phalanx, ( Papiliones, Sphinx, Bombyx etc.,). Les Papiliones sont divisés en Nymphales (Nymphes) et en Gentiles ("les gens", êtres humains). Ces Gentiles sont divisés en Strips, Familia et Coitus, les Genres de Hübner.  La 6ème Stirps  se nomme Astycen, Astyci. p. 102. (Urbicolae Linn. et Fab.), du latin Astycus, a, um adj : "de la capitale, urbain" : correspond donc à "urbicolae". Nous pouvons nous attendre à trouver des noms en rapport avec cette urbanité, mais aussi à y voir rassemblé les Lycènes et les Hespéries que Linné avait décrit dans ses "Plebeji urbicolae", ses Plébéiens des villes.

  Cette Stirps des Astyces contient 8 familles de A à H. Elles se nomment  Celebres, Fortes, Formales, Veteres, Vulgares, Cauti, Vigilantes et Juvenes. (Célèbres, Forts, "Typiques"?, Vieux, Communs, Méfiants, Éveilés et Jeunes). 

Notre Genre appartient à la Familia G : Muntere, Vigilantes. ("Les Éveillés ou Vigilants"). Elle est définie ainsi : Alle Flügel schwarz und gelb, wechselnd angelect. (Tous les ailes noires et jaunes, appliquées alternativement.). On y trouve 8 Genres, le Genre Thymelicus étant le septième. Le Genre Thymelicus appartient donc à la Tribu des Gentiles, Stirps des Astyci, Familia des Vigilantes. Autrement dit, pour nous aider à comprendre le nom propre,   aux "Gens", "des villes" "vigilants", dont la famille comprend :   

1. Scopten, Scoptae. (du grec σκοπέω - skopeō, « regarder quelque chose, examiner », ? Cf. les termes Scoptophobie, Scoptophilie.

2. Cyclopiden, Cyclopidae. (nommée ainsi car ce genre reçoit Steropes et Brontes de Schiffermuller, deux noms de Cyclopes)

3. Trapeziten, Trapezitae. : Les changeurs, les banquiers.

4. Phemiaden, Phemiadae

5. Augiaden, Augiadae [d''Augias, Argonaute : les fils d' Augias ; le p. Augias de Linné appartient au genre précédent]

6. Thymelicen, Thymelici. 

Die Flügel fast ganz gelb und ungefleckt (Les ailes presque entièrement jaune et sans tache).

  • 1219 Thymelicus Actaeon Esp. Pap. 36 4 Hübn. pap. 488-490.

  • 1220 T. Pustula.

  • 1221 T. Vibex.

  • 1222 T. Venula Hübn. Pap. 665-669

  • 1223 T. Virgula Hübn. Pap. 660-663.

  • 1224. T. Vitellia.

  • 1225 T. linea Shiff. Verz. Pap. A 5 Thaumas Esp. Pap. 36 2,3 Hübn. pap. 285-287. [= sylvestris]

  • 1226 T. Puer. 

7. Apausten, Apausti 

8. Brontiaden, Brontiadae de Brontes, l'un des Cyclopes.

Il est difficile de discerner une cohérence et un fil conducteur parmi ces noms de Familles et de Genres. Les Citadins (Astyces) sont répartis selon diverses qualités assez banales et certainement sans rapport avec les espèces qui les composent. Certains noms concernent la vision (Vigilantes, Scoptae, Cyclopes, Brontiades).       


c2. Le nom thymelicus.

Gaffiot traduit l'adjectif latin thymelicus, a, um (grec thymelicos) par "relatif au théâtre ; le nom thymelicus, i par "musicien de théâtre" et par "acteur". On trouve aussi le féminin thymelica, ae : "actrice, comédienne", et enfin thymele, es ou thymela, ae "autel de Dionysos dans le théâtre grec ; par extension, "théâtre". On trouve aussi pour ce dernier nom "une estrade au centre de l'orchestre du théâtre grec, près de laquelle se tenait le chef du chœur".

 Hübner emploie bien pour son première espèce Thymelicus Actéon la forme au masculin. Il n'y a aucune raison de ne pas donner au genre Thymelicus le sens "relatif au théâtre". 

Il n'y a aucune raison non plus pour, comme le fait Emmet suivi par Luquet qui en donne une traduction, de partir du nom grec thymelikos, et encore moins de vouloir trouver une relation entre les choristes musiciens et danseurs du théâtre et le comportement en vol des espèces du genre Thymelicus. Les noms servent à catégoriser les boites de classement des espèces, mais non d'en décrire le contenu (même si on connaît des contre-exemples comme Carcharodus). Lorsque le texte descriptif du Genre est, à l'évidence, en relation avec son nom, nous sommes autorisés à reconnaître l'allusion ; ce n'est pas le cas ici où le Genre est caractérisé par la couleur jaune unie des ailes.

 A la rigueur, ce genre  qui appartient "aux gens -de la ville- vigilants" tient son nom d'une activité propre à la ville et à l'urbanité (le théâtre) et dont on est spectateur (vigilant + fonction scopique évoquée supra). On voit bien que cela n'est pas très solide.

Notule : le théâtre et la couleur jaune.

Si on cherche à établir une relation entre le nom thymelicus "relatif au théâtre" et la description du genre ("Les ailes presque entièrement jaune et sans tache"), on peut se demander si, dans l'antiquité (ou dans l'Allemagne de Hübner), la couleur jaune était emblématique des acteurs. Il n'est n'est rien. Sur scène —et dans la vie quotidienne romaine—la couleur jaune était le propre de la courtisane ou prostituée. 

" Le jaune, chez les Grecs, n’a pas la signification de luxure et de débauche qu’il a à Rome 4 : il s’agit d’une couleur quasi-virginale puisqu’elle est celle des mariés. En revanche, à Rome, le jaune désigne la courtisane 5. Le spectateur de théâtre ne s’y trompe pas quand il voit apparaître sur la scène de théâtre le costume jaune. Il sait que c’est celui de la courtisane, au même titre que le blanc est celui des vieillards, le multicolore indique les jeunes personnes, le bariolé signale le proxénète et le pourpre distingue les riches."  

4 Dans l’ouvrage de Sabatier, on découvre également qu’à Rome le jaune est tellement associé à l’image de la courtisane que les cheveux des prostituées étaient recouverts d’une perruque blonde. Comme il l’écrit à propos de Messaline, elle « quittait la couche de Claude, couvrait ses cheveux noirs d’une perruque blonde – attribut de la débauche – et, enveloppée d’une cape de nuit, accompagnée d’une esclave, elle pénétrait dans le réceptacle de la prostitution » (ibid., p. 52).

5 Jérôme Carcopino, dans sa remarquable étude intitulée La Vie quotidienne à Rome à l’apogée de l’Empire (Paris, Hachette, 1939), décrit le théâtre à Rome, son fonctionnement, ses codes, et il précise que « les costumes drapés à la grecque ou à la romaine en situaient l’action et la condition sociale : blancs pour les vieillards, multicolores pour les jeunes gens, jaunes pour les courtisanes, pourpres pour les riches, rouges pour les pauvres, une courte tunique pour les esclaves, une chlamyde pour les soldats, un pallium roulé pour les parasites et bariolé pour les entremetteurs » ( p. 258 ).

Véronique Bui, « Le châle jaune des prostituées au XIXe siècle : signe d’appartenance ou signe de reconnaissance ? », Fabula / Les colloques, Séminaire "Signe, déchiffrement, et interprétation", http://www.fabula.org/colloques/document939.php


c3. La piste liée à Thymele, Fabricius.

a) En 1807, Fabricius publia une liste de 49 noms de genre, dont celui n°39 de Thymele  (et non Thymela). ce genre incluait 3 groupes de noms d'espèces Hesperia Proteus, Mercatus, Acastus / Thrax, Guetus, Bixae/  Aracinthus, Malvae, Tages.

Les trois derniers noms correspondent pour nous à Heteropterus morpheus, Pyrgus malvae et Erynnis tages. Le genre Thymele Fab. accueille donc, comme le souligne Emmet, des Hespéries noires ou Pyrgines.

Dans la classification de Hübner, on les trouve ainsi :

aracinthus : Astyces, Famille G des Vigilantes, Genre des Cyclopes

malvae : Astyces, Famille E Vulgares , genre Pyrgus 

tages : Astyces, Famille D Veteres, genre Nisoniadae.

D'autres Hespéries se retrouvent dans le genre Pamphila de Fabricius : ce sont Comma, Paniscus, Fritillum et Lavaterae.

b) la proximité sémantique des genre Thymele Fabricius et Thymelicus Hübner impose de considérer que le premier a servi de modèle au second, pour accueillir de nouvelles espèces bien différentes des Pyrgines noires puisque leurs ailes sont au contraire entièrement jaunes (et non sombres tachetées de blanc en damier).

J'ai déjà montré que Denis et Schiffermüller avaient créé beaucoup de leurs noms en les affiliant à un nom de Linné servant de modèle, tâchant de reprendre soit la syllabe initiale soit la syllabe finale (ce que j'ai nommé le "domino onomastique"), soit en respectant le même nombre de lettres, soit par d'autres effets de miroir du nom modèle (même source d'inspiration, même sens). Il paraît probable que Hübner, pour créer un genre complémentaire du Thymele de Fabricius, ait cherché dans le dictionnaire (ou dans sa mémoire) le mot latin le plus proche de Thymele. Dans le dictionnaire Gaffiot, trois mots se succèdent  Thymele –Thymelica –Thymelicus. Hübner fait "domino" par la partie [thymel] commune aux deux noms de genre, dans ce jeu où les naturalistes européens rendent hommage à leurs prédécesseurs par reprise des briques sémantiques pour édifier leurs propres noms.

Par contre, ce jeu d'imitation/dépassement se joue, dans cet exemple, au détriment du sens. Il existe, bien-sûr, une communauté de sens entre thymele et thymelicus si on se contente de consulter les définitions du dictionnaire et de constater que thymele 1 vient d'un mot grec désignant, dans le théâtre antique en demi-cercle, l'autel du centre de l'orchestra et qui servait d'autel pour offrir des sacrifices à Bacchus puis pouvait constituer un décor de la pièce (monument, ...) , cacher le souffleur, porter le joueur de flûte et parfois le chorège. Ce sens est donc en parenté avec celui de thymelicus "relatif au théâtre, à la scène".

Mais chez Fabricius, la majorité des 49 noms de genre sont des noms féminins, ceux des épithètes de Vénus, de courtisanes, de femmes illustres : sa Thymele correspond à la deuxième définition donnée par Gaffiot  "Nom de femme Martial 1 5,5 ; Juvénal 1:36" :  il s'agit de Thymélé (Θυμέλη), musicienne, actrice -mime, et poétesse célèbre du temps de Domitien, dont elle semble avoir été la favorite. Elle aurait été la première à introduire sur scène une sorte de danse nommé thymelinos. Il est exclu que Fabricius ait placé un "Thymele-autel du théâtre grec" en véritable intrus au sein de sa liste de noms féminins. Mais sous l'Empire, les pantomimes, musiciens et chanteurs adoptaient souvent desn noms à consonnance grecque ou orientale. Le partenaire de Thymélé était Latinus, ami intime de l'empereur et qui n'hésitait pas à adresser Thymélé auprès de riches commanditaires

Certes, si Hübner avait choisi la forme Thymelica ("comédienne"), la cohérence de sens avec le nom Thymélé de l'actrice courtisane aurait été assurée. Mais son masculin Thymelicus qu'une raison adjacente lui a imposé, vient rompre la jolie réussite d'une filiation des sons et d'une filiation des sens. Il nous faut désormais un raisonnement tortueux pour le percevoir.

Juvénal Satyre VI,66:

Où trouver une épouse, aux vertus domestiques,
Et digne de tes vœux? Est-ce sous nos portiques?
L’amphithéâtre a-t-il, dans son immensité,
Une femme qu’on puisse aimer en sûreté?
Quand Bathylle, jouant sa molle pantomime,
Danse, Tuccia brûle; Apulla qui s’anime,
Comme aux bras d’un amant, soupire, a le frisson;
Et Thymèle, ignorante encore, prend leçon.*
Puis, lorsque le théâtre est clos et n’a personne,
Quand le barreau, tout seul, de voix criardes sonne,
Pendant ces jours si longs qui, des jeux Plébéiens,
Séparent tristement les Mégalésiens,
On les voit manier, dans leur ennui fantasque,
Le thyrse d’Accius, la ceinture, et le masque.
Urbicus dans l’exode imite Autonoé.

 (trad. Raoul, 1842, citée par Remacle)

 * autre traduction :"l'attention immobilise Thymèle : encore innocente, Thymèle apprend"

 

  


 3.  Nom d'espèce : Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775).


a) Description originale

Papilio acteon Rottemburg, 1775 Rottemburg, S. A. V. 1775. Anmerkungen zu den Hufnagelischen Tabellen der Schmetterlinge. Erste Abtheilung. Der Naturforscher, 6: 1-34, page 30

Papilio Acteon. Plebejus urbicolae.

   Er hat dieser Vogel viel Aehnlichkeit mit dem Pap. Thaumas Hufnag. Oder Pap. Sylestris Podae, und ich bin noch einigermassen zweifelhart, ob er eine wirklich verschiedene Art ausmacht. Er unterscheidet sich von dem Pap. Thaumas durch folgendes : er ist etwas kleiner als dieser. Die Oberseite aller vier Flügel ist viel dunkler, und beynahe braun, die Unterseite aber ist mit jenem von einerley Farbe. Auf den Oberflügeln zeiget sich ein bogenförmiger Fleck, welcher fast einen halben Zirkel formiret, dessen beyden Schenkel nach der Einlenkung zugekehrt sind. Dieser Fleck stehet nicht weit vom äussern Rande, er fängt vom obern Rande an, gehet aber nicht bis an den untern Rand, sondern endigt sich in der Mitte der Oberflügel. Man siehet diesen Fleck auf der obern und untern Seite, jedoch unten etwas undeuclicher. Es hat dieser Vogel kein schwarzes Comma, wie das Männchen vom Pap ; Thaumas, sondern er gleichet mehr dem Weibchen dieses letztern Vogels. Ich habe diesen Vogel niemals selbst gefangen, sondern erst kürzlich zwey Stück von einem Freuude aus Landsberg an der Warthe erhalten. Da dieser Vogel sich niemals in unsrer Gegend zeigt, ohnerachtet Pap. Thaumas hier jährlich in Menge zu fingen, und die oben beschriebeyne Unterscheidungszeichen bey allen Exemplaren dieser Art, so ich bey meinem obgedachten Freunde gesehen, immer einerlen waren, so ist es mir wahrscheinlich, daß dieser Vogel eine besondere Species, und nicht bloß eine Spielart vom pap. Thaumas sey.

 

 

 Essai de trad : Il existe beaucoup de ressemblance entre cette espèce et le Papilio thauma Hufn. ou Papilio sylvestris Poda, et j'hésite encore à savoir s'il faut la considérer comme une espèce propre. Elle diffère du papilio thaumas par les éléments suivants : elle est un peu plus petite ;    les parties supérieures des quatre ailes sont beaucoup plus sombres, et très proche du brun, mais le dessous des ailes est de la même couleur que p. thaumas. Sur les ailes supérieures, une tache en forme d'arc qui forme presque un demi-cercle dont les deux jambes sont tournés vers l'intérieur. Cet endroit se trouve non loin de la marge extérieure, il commence à partir du bord supérieur, mais en va pas à l'autre bord, mais se retrouve dans le milieu de l'aile supérieure. [On voit cet endroit sur la face supérieure et moins, mais en légère baisse undeuchlicher]. Ce papillon n'a pas de virgule noir comme le Papilio mâle Thaumas, mais les  femelles des deux espèces sont très proches. Je n'ai jamais attrapé ce papillon, mais j'en ai récemment reçu deux exemplaires d'un ami de Landsberg-an-der-Warthe. Il n'est jamais rencontré dans notre région, en dépit de l'arrivée chaque année  du Pap. Thaumas ici, et d'après  les signes distinctifs décrits ci-dessus dans toutes les copies de cette espèce, [alors je l'ai vu dans mes amis imaginaires, toujours einerlen], il me semble probable, que ce papillon  est une espèce distincte et non pas simplement une variante du Papilio Thaumas.


c) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type :  « Landsberg an der Warthe » dans le texte de Rottemburg, actuellement  Gorzów Wielkopolski, Pologne d'après Verity 1948.

 

— Selon Dupont & al. 2013, cette espèce est présente en Europe, en Afrique du Nord et en Asie Mineure. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles s’observent sur diverses Poaceae, principalement Elytrigia atherica (Link) et Elytrigia repens (L.).

 

— Selon Wikipédia, C'est un petit papillon d'une envergure de 22 mm à 26 mm au dessus des ailes marron orangé à marron suivant les lieux de résidence avec aux antérieures chez le mâle une ligne androconiale longue et fine. Le revers est d'une couleur plus claire, beige jaune. La chenille est de couleur vert pâle ornée d'une ligne foncée. L'Hespérie du chiendent vole en une seule génération de début mai à août, mais la sous-espèce Thymelicus acteon christi présente aux Canaries, aurait deux ou trois générations. Elle hiverne au stade de chenille. Les plantes hôtes de sa chenille sont de nombreuses poacées, Agropyron sp. dont Agropyron repens, Brachypodium sp. (Brachypodium pinnatum, Brachypodium sylvaticum), Bromus sp., Calamagrostis epigejos, Elytrigia repens, Holcus lanatus, Poa annua. L'Hespérie du chiendent réside dans toute l'Europe jusqu'au 54°N, aux îles Canaries, en Afrique du Nord, au Liban et en Asie Mineure. L'Hespérie du chiendent est présente dans presque toute la France métropolitaine. Elle est absente de quelques départements dont ceux d'Île-de-France et de Corse .L'Hespérie du chiendent réside dans les milieux herbus fleuris: talus, bords de routes et friches.

 

 

— Parmi les trois Thymelicus qui sont des Hespéries fauves à ligne noire (mâle), Acteon est d'un jaune brunâtre ou olivâtre avec des taches jaunes, alors que sylvestris et lineola sont d'un fauve uni (sans taches claires), avec des nervures noires au bord externe. On distingue ces deux faux jumeaux par l'extrémité de leurs antennes, le dessous des massues antennaires étant orange chez T. sylvestris et noire chez T. lineola].

 

 

 

d) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

 

  • Adopaea actaeon (Rottemburg, 1775) :[Mauvaise application du nom] ICZN 1976. Opinion 1058. Suppression of Papilio actaeon Fabricius, 1775 (Lepidoptera). Bulletin of Zoological Nomenclature, 33(1): 22-23, page 22 [www.biodiversitylibrary.org/page/12225955]
  • Hesperia acteon (Rottemburg, 1775)
  • Papilio actaeon Fabricius 1775  [Mauvaise application du nom] ICZN 1976. Opinion 1058. Suppression of Papilio actaeon Fabricius, 1775 (Lepidoptera). Bulletin of Zoological Nomenclature, 33(1): 22-23 page 22 
  • Papilio acteon Rottemburg, 1775
  • Thymelicus actaeon (Rottemburg, 1775)
  • Thymelicus acteon acteon (Rottemburg, 1775)
  • Thymelicus heydeni Plötz, 1884

 

 

Sous-espèces.

            Selon Dupont & al. (2013) Tshikolovets retient trois sous-espèces en Europe et dans le bassin méditerranéen :

acteon Rottemburg, 1775.

- orana Evans, 1949. Localité-type : Maroc.

christi Rebel, 1894. Localité-type : Les Canaries, Espagne. Ce taxon est considéré comme une espèce à part entière par Fauna Europaea.

 

e) Origine et signification du nom acteon

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

 — A. M. Emmet (1991) page 144 :

Actaeon, a Greek hunter who surprised Artemis whilst she was bathing and was turned by her into a stag : thereupon he was set on and devoured by his own hounds. (Traduction : cf Luquet infra)

 

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 258 :

Actéon (Actæon), un chasseur grec qui surprit Artémis tandis qu'elle était au bain, et qui fut métamorphosé par elle en cerf ; là dessus, elle lança contre lui ses propres chiens qui le dévorèrent (Emmet, 1991 : 144) ; petit-fils de Cadmus, (Spuler 1901-1908 : 72). Le Phénicien Cadmus (en grec Kadmos) est le fondateur de Thèbes, en Boétie.

— Perrein et al. (2012) page 120 :

d'Actéon, chasseur ayant une meute de chiens dont la légende raconte qu'ayant surpris Artémis se baignant nue dans une source, la déesse le métamorphosa en cerf aussitôt dévoré par ses propres chiens.

 

 

— Arizzabalaga 2012 : 

 Acteó, jove caçador convertit en cérvol per Àrtemis

 

Discussion : 

      On sait que l'entomologiste allemand S. A. von Rottemburg qui vivait à Klemzig près de Züllichau (devenue Neumark, Pologne) travaillait  dans les années 1770 à décrire précisément  les collections d'un autre entomologiste allemand, Johann Siegfried Hufnagel (1724-1795), lequel avait déjà publié des observations sur les lépidoptères dans le Berlinisches Magazin entre 1756 et 1767.

Rottemburg publiait ses résultats dans la revue Der Naturforscher, importante revue d'histoire naturelle éditée entre 1774 et 1804 par J.E.I. Walch à Halle, et à laquelle contribuèrent des figures aussi connues que  J.S. Schröter, J.F. Gmelin, J.E. Walch, C. Kleemann, De Geer et J. Schreber. 

Les noms de papillon créés par Rottemburg sont les suivants (Animalbase):

 Acteon ; alciphron ; alexis ; arcas ; athalia ; aurinia ; bellargus ; chiron ; cinxia ; cyllarus ; diomedes ; dorilas ; euridice ; geryon ; icarus ; ino ; lycaon ; phocas ; pilosellae ; semiargus ; thetis ; typhon ; tiresias ; tisiphone ; velleda.

        Cette liste contient trois "intrus", Athalia, reine d'Israël, et Velleda, vierge prophéteresse germanique ; et pilosellae, plante-hôte. Tous les autres noms appartiennent à la mythologie grecque. On peut donc affirmer que le nom Actéon correspond au héros mythologique, petit-fils de Cadmos, chasseur bien connu pour avoir surpris la déesse vierge et sauvage Artémis lors de son bain dans sa vallée privée de Gargathie. Offensée, elle transforma le malheureux en un cerf qui fut dévoré aussitôt par ses propres chiens, comme le raconte Ovide en ses Métamorphoses, livre III, 138-252

            175px-NAMA_Act%C3%A9on.jpg                  300px-Actaeon_Caserta.jpg

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 


I. Les Noms français. 


0. Latreille a créé son genre Hespérie (Hesperia) en 1804 :

Histoire générale des crustacés et des insectes vol.14 page 123 n°481.


1. "Hespérie Actéon" , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique : Entomologie, ou Histoire naturelle des crustacés et des insectes, Paris : Vve Agasse tome 9, page 772 n° 121

 Cet article mentionne les références alors disponibles parmi les auteurs germaniques :

— Esper 1 page 345 tab.XXXVI Suppl. XII: Der Schmetterlinge von beiden Seite ("Le papillon des deux cotés"?)

— Hübner pap. tab 96 pap 488, 489, (mâle) ; 490 (femelle) et texte page 73 n°17    Ockerfärbiger Falter.

 

4.  "Hespérie Actéon ", Godart 1822,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Volume 2 Duirnes : Départements méridionaux Paris : Crevot 1822, page 217 n° LXXX planche XXVII fig.3-4  peinte par Duménil et gravée par Lanvin.


LXXX HESPÉRIE ACTÉON.

Papilio Actæon

(Esp. Hubn. Borkh. Schneid. Ochsen.)

Envergure, 11 à 12 lignes.

"Cette espèce fait le passage de l'Hespérie Bande-Noire à l'Hespérie Sylvain. Elle a le dessus d'un fauve-brun, avec une double raie longitudinale et un arc transverse de sept petites taches d'un fauve plus clair vers la côte des ailes supérieures. Le milieu de ces ailes est marqué dans le mâle d'une ligne noire oblique, et il y a sur les ailes inférieures de la femelle un arc presque semblable à celui dont je viens de parler.

Le dessous des premières ailes est fauve chez les deux sexes, avec le sommet d'un gris-verdâtre, et précédé d'un arc de petites taches pâles qui ne sont que la répétition de celles qu'on voit sur la surface opposée.

Le dessous des secondes ailes est d'un gris-verdâtre, avec l'angle interne largement fauve.

Le corps a le dessus roussâtre, et le dessus blanchâtre. Les antennes sont noirâtres et annelées de jaune, avec le bout de la massue ferrugineux.

 

Paraît vers la fin juin et au commencement d'août. M. Cotty de Brécourt*, excellent observateur que j'aurais plus d'une fois l'occasion de citer, l'a prise abondamment aux environs de Dieppe et de La Rochelle, mais toujours sur la pente des collines incultes et exposées au midi."

* A priori, Henry-François Lenez Cotty de Brécourt, (Étrépagny (27) 1826 - 1895), Général de division, Inspecteur général permanent de la Cavalerie.  Gendre de  Louis-Alphonse de BRÉBISSON (1798-1872) ami de Boisduval, botaniste et  lui-même fils de Jean-Baptiste de Brébisson, entomologiste distingué. On le suppose en garnison à La Rochelle dans les années 1815-1820, en compagnie du capitaine de Villiers l'aîné.


 

Images du mâle dessus et dessous : http://raf.dessins.free.fr/2bgal/blog.php?id_img=13755

        13755

 

13754

 

 

Les auteurs suivants abandonneront l'usage du nom vernaculaire et utiliseront, comme Oberthür en 1910 dans le volume 4 de ses Études, le nom de l'Hesperia acteon.

 

2. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

Dans son article Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe paru dans Alexanor en 1986, Gérard Luquet crée pour l'espèce Thymelicus acteon le nom de "Hespérie du Chiendent" et réfute celui d'« Hespérie Actéon » par une note [18]. 

Note [18] : Le nom d' « Hespérie Actéon » n'est guère heureux (association d'un substantif féminin avec un nom masculin), d'autant plus qu'il n'est que la francisation du nom latin de l'espèce (Thymelicus acteon). En outre, il peut prêtre à confusion avec l'un des noms vernaculaires de Satyrus actaea (Satyrines).

On sait que Gérard Luquet a donné à la quasi-totalité de nos Hesperiidae (Hespéries ou Hespérides) un nom composé sur le schéma "L'Hespérie de" + plante-hôte ou "L'Hespérie de" + localisation géographique ou milieu écologique. Cela représentait (en 1986) parmi les 34 Pyrgines ou "Hespéries noires" 33 cas (l'exception concernant "le Point-de-Hongrie") et parmi les 12 de nos Hespériines ou "Hespéries fauves" 9 cas (exception : le Miroir, la Virgule et la Sylvaine). 26 d'entre elles reçoivent les noms d'une plante-hôte, les autres un nom géographique (ottomane, almoravide, levantine, pont-euxine, saoudienne, ...).

Le nom de l'Hespérie fauve  "Hespérie du Chiendent" est donc construit sur ce schéma.  

Le Chiendent est un terme collectif désignant parmi les Graminées  plusieurs espèces, dont la plus répandue est le Chiendent officinal (aux propriétés émollientes et diurétiques) ou Chiendent commun Elymus repens (=Agropyron repens =  Elytria repens). Selon une fausse étymologie, son nom  viendrait de l'usage qu'en font les chiens pour se purger. Ses tiges souterraines ou rhyzomes sont si envahissantes pour les jardins que son nom est synonyme d'une calamité tenace : "quel vrai chiendent !".

Le Genre Elymus (dérivé du grec elymos, "millet") a été créé par Linné ; en latin, repens signifie stricto sensu "imprévu, subit" mais on préfère le faire dériver du verbe repo, repsi, reptum, ere "ramper" pour le traduire par "rampant". 

http://www.biodiversitylibrary.org/item/148264#page/130/mode/1up

                                           alt=Description de cette image, également commentée ci-après

 

 

 

 

3. L'étude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 258 :

— "-Hespérie : d'Hespéria, l'une des Hespéries, les nymphes qui gardaient les pommes d'or d'Hera. Fabricius se complaisait à inventer des noms reposant sur des calembours ou possédant un double sens, de sorte qu'un lien avec le mot grec Hespera, "soir", est vraisemblable : aux papillons "nobles", les "Diurni", les papillons du plein jour, Fabricius a très bien pu vouloir opposer les espèces plus petites et plus humbles, celles de la faible lumière ou du demi-jour, donc, du soir. (Emmet, 1991:144) cela, bien entendu, ne préjuge en rien d'un vol crépusculaire des espèces concernées. C'est du reste aussi l'opinion de Spuler (1901-19018 : 70) pour qui le nom générique Hespéria est forgé  sur hesperius, "qui concerne Hesperus", l'Étoile du soir [ou Étoile du berger], en raison des relations [de ce groupe de Lépidoptères] avec d'autres familles qui n'appartiennent pas aux Rhopalocères". L'inclusion originelle par Fabricius des Azurés dans les Hespéries exclut cependant la dérivation fondée sur une base, taxonomique telle que la suggère Pickard et al. "les Hesperiidae formant le lien entre les Diurni et les Nocturni" et reprise par Spuler."

 

— "Chiendent, plante nourricière de la chenille."

 

                           

 

4. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Adopaea actæon,  mais n'emploient aucun nom vernaculaire.

—H. Bellmann / G. Luquet 2003 : non représentée.

— Doux & Gibeaux 2007 : "L'Hespérie du Chiendent". 

— Lafranchis, 2000 : "L'Actéon, Hespérie du chiendent" .

— Perrein et al. 2012 : "Hespérie du Chiendent".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Hespérie du Chiendent".

— Wikipédia : " Hespérie du Chiendent ou Actéon".

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  • Mattscheckiger Braun-Dickkopffalter en allemand
  • Dorada Oscura  en espagnol
  • Daurat fosc en catalan (Per la coloració, fosca en relació amb la de les altres dues espècies del gènere)
  • Súmračník žltoškvrnný en slovaque
  • Soumračník žlutoskvrnný en tchèque
  • Rottemburgov debeloglavac en croate
  • Tamni livadar en serbe.
  •  Csíkos busalepke en hongrois
  • Tummahiipijä en finnois
  • Dwerchgroukopke en frison 
  • Dwergdikkopje en néerlandais
  • Fläckig tåtelsmygare en suédois 
  • Karłątek akteon en polonais
  • Sarı Lekeli Zıpzıp en turc
  • Толстоголовка актеон en russe

 

Langues celtiques  : 

 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas encore de nom en breton ; 

  • "Gwibiwr Lulworth " en gallois. : 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Le nom vernaculaire anglais selon M. Salmon (2000) .

 

 

  • "The Lullworth Skipper" : Curtis, 1833, et tous les auteurs suivants.

       

Selon UK Butterflies,  le Lulworth Skipper a été découvert en 1832 sur une partie de la côte autour du village de Lulworth dans le Dorset. Cette espèce forme des colonies distinctes, dont certaines peuvent être très grand, contenant plusieurs milliers de personnes. La femelle est très reconnaissable au croissant pâle orange sur ses ailes antérieures, qui manque ou est très peu marqué chez le mâle. Le mâle est de couleur plus foncée, et dispose d'une marque androconiale (sex-brand) sur chaque aile antérieure composée d'une ligne très fine d'écailles odorantes. Comme son nom l'indique, la répartition de cette espèce est centrée autour de Lulworth dans le Dorset, entre Weymouth et l'île de Purbeck. Elle est absente des Îles Anglo-normandes. En Grande-Bretagne, cette espèce est à la limite nord de son aire, et se trouve rarement à plus de 5 miles de la côte. Cependant, ce n'est pas une espèce maritimes, sauf en Grande-Bretagne

 

Selon M. Salmon, le 15 août 1832, James Charles Dale, fils de riches propriétaires terriens de Glanville's Wootton dans le Norset, captura trois nouvelles espèces jamais observé en Grande-Bretagne, dont un T. acteon. On dit que Dale, après avoir parcouru à cheval 20 miles à partir de Glanville's Wootton atteignit  Durdle Door, sur le littoral, près de Lulworth Cove, où il trouva un nombre considérable de nouvelles hespéries sur la falaise dans les hautes herbes et les chardons. 
John Curtis était un grand ami de Dale, avec qui il avait mené en 1825 une expédition en Ecosse au cours de laquelle ils avaient décrit 30 nouvelles espèces d'insectes. Ce fut lui qui publia la découverte faite par J.C. Dale, dans le volume 10 de sa British Entomology publiée en 1833. Le site de découverte, aussi nommé "Burning Cliff", devint rapidement un lieu très fréquenté par les chasseurs de papillon, qui mentionnent des récoltes de 100 "Lullworth Skipper" par chasseur, (80 en une heure) associés à des P. linea.
John Curtis, 1833 British Entomology vol. 5 page 16 n°442 ©BHL

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            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : thymelicus acteon

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : thymelicus acteon

— UK Butterflies : thymelicus acteon

— lepiforum : thymelicus acteon 

— jardinsauvage.fr : thymelicus acteon

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  qui interdit un lien direct. Suivre donc accueil ->Lepidoptera ->etc...  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

                Bibliographie des Zoonymies : voir :

Zoonymie des Rhopalocères : bibliographie.

 

              

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:25

Zoonymie (étude du nom) du papillon L'Hespérie de la Houque, Thymelicus sylvestris (Poda, 1761).

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

 — Thymelicus Hübner, [1819] : cet adjectif latin signifie "relatif au théâtre" alors que le nom latin thymelicus signifie "acteur, musicien". Hübner n'explicite pas ce nom, mais sa proximité avec Thymele, un nom de genre créé en 1807 par Fabricius pour des Hespéries noires, suggère que ce dernier ait servi de modèle. Tous les noms de genre de Fabricius sont des noms de femme, et Thymélé était, sous Domitien, une actrice de mime, partenaire de Latinus, l'ami intime de l'empereur (Martial I,4 et Juvénal I,36 et VI,66). Elle était donc une "thymelica"("comédienne"). En reprenant indirectement le nom Thymele sous forme d'un nom dérivé, Hübner rend hommage à son prédécesseur, tout en créant un cadre  pour les hespéries fauves.

— sylvestris Poda, (1761) :     L'épithète spécifique qui signifie "qui vit dans les forêts" (sylvestre) est des plus simples à interpréter puisque  Poda lui-même s'en charge en écrivant  dans sa description originale Habitat in sylvis : "Vit dans les bois" : du latin silva /sylva, ae, :"forêt, bois" "parc, bosquet".

— "La Bande noire", Geoffroy, 1762 décrit la bande sombre androconiale des ailes supérieures du mâle (dont la fonction n'est connue que depuis R. Barth, 1944). "L'Hespérie linéa" Godart, 1819 fait allusion à la même ligne mais reprend le nom scientifique synonyme Papilio linea (Muller puis Denis & Schiff). Avec "L'Hespérie Bande-Noire", Godart, 1821, se décide à reprendre le nom de Geoffroy. "L'Hespérie de la Houque", nom créé par G. Luquet en 1986 sur la structure Hespérie (l'ancien nom de genre de Latreille) + plante-hôte. La Houque ou Houlque (latin holcus) est l'un des Genres de Graminées dont se nourrissent les chenilles (Houlque laineuse et Houlque molle).

 

 

 

                     Nom scientifique.

 

 

 I.  Famille, Sous-famille, Tribu.

1°) Super-famille des Papilionoidea Latreille, 1802

2°) Famille des Hesperiidae Latreille, 1809 : [Hespéries ou Hespériides]  

  • Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]
  • Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925
  • Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

3°) Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

  • Tribu des Thymelicini Tutt, 1905
  • Tribu des Baorini Doherty, 1886
  • Tribu des Hesperiini Latreille, 1809

 

4°)Tribu des  Thymelicini Tutt, 1905
  • Genre Thymelicus Hübner, [1819]


2. Nom de genre : Thymelicus  Hübner, [1819] 

 

a) Description originale : 

        Thymelicus Hübner, Verzichniss bekannter Schmettlinge, Augsburg, Verfasser, 1816-1826 [1819], 8, page 113.

— Type spécifique: papilio Acteon Rottemburg 1775 Naturforscher :30  par désignation subséquente par Butler 1870 Ent. mon. Mag. 7(76) :94  

— Ce genre renferme en France

  • Thymelicus sylvestris (Poda, 1761) Hespérie de la Houque.
  • Thymelicus lineola (Ochsenheimer, 1808)  Hespérie du Dactyle. 
  • Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775)  Hespérie du Chiendent. 

—Synonymes juniors :

  • Thymelinus ; Stephens, 1835: 405.Ill. Br. Ent. (Haustellata) 4 (3): 405 (missp.)
  • Thymeticus ; Edwards, 1871: 274.
Genre ? synonymes (Funet)
Adopoea Billberg, 1820; Enum. Ins. Mus. Billb. : 81, TS: Papilio linea Denis & Schiffermüller— Pelion Kirby, 1858; List. Brit. Rhop.: [3], TS: Papilio linea Denis & Schiffermüller
cf.  [NHM]

 

 

b) Origine et signification du nom thymelicus selon divers auteurs.

 

 

—A. Maitland Emmet (1991) page 143 :

"θυμελικὀς (thumelicos), a member of the chorus in Greek drama : the chorus were the dancer and the name reflects the lively movements of the butterflies. A variant of Thymela, the name Fabricius (1807), bestowed on the black skippers (Pyrginae), but now regarded as a junior synonym of Erynnis Schrank, 1801."

θυμελικὀς (thumelicos), un membre du chœur dans la tragédie grecque: le chœur était les danseurs et le nom reflète les mouvements animés de papillons. Une variante de Thymela, Fabricius (1807) nom  attribué aux skippers noirs (Pyrginae), mais maintenant considéré comme un synonyme junior de Erynnis Schrank, 1801.

— Hans-A. Hürter (1998) page 446 :

Diverses citations sur le nom grec thymelicos, sans interprétation.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 254 :

"du grec Thoumelikos, membre d'un chœur dans l'art dramatique grec. Les choristes étaient à la fois les danseurs et le nom fait allusion aux mouvements très vifs de ces papillons."

— Perrein et al. (2012) page 115 :

"du grec thumelikos "choriste, danseur" qui occupe le thymélé, autel devenu une sorte d'estrade dans le théâtre grec ; sans-doute influencé par Thymela, nom donné par Fabricius à une famille regroupant toutes les Hespéries noires au vol vif et rapide."

— Arizzabalaga & al. (2012) :

 "Thymelicus : pels timèlics, els músics del cor en el teatre grec"


c) Discussion 

  c1) Taxonomie selon Hübner.

     Dans la classification des espèces de papillons de son catalogue (Verzeichniss), Hübner  répartit les Lepidoptera en Phalanx, ( Papiliones, Sphinx, Bombyx etc.,). Les Papiliones sont divisés en Nymphales (Nymphes) et en Gentiles ("les gens", êtres humains). Ces Gentiles sont divisés en Strips, Familia et Coitus, les Genres de Hübner.  La 6ème Stirps  se nomme Astycen, Astyci. p. 102. (Urbicolae Linn. et Fab.), du latin Astycus, a, um adj : "de la capitale, urbain" : correspond donc à "urbicolae". Nous pouvons nous attendre à trouver des noms en rapport avec cette urbanité, mais aussi à y voir rassemblé les Lycènes et les Hespéries que Linné avait décrit dans ses "Plebeji urbicolae", ses Plébéiens des villes.

  Cette Stirps des Astyces contient 8 familles de A à H. Elles se nomment  Celebres, Fortes, Formales, Veteres, Vulgares, Cauti, Vigilantes et Juvenes. (Célèbres, Forts, "Typiques"?, Vieux, Communs, Méfiants, Éveilés et Jeunes). 

Notre Genre appartient à la Familia G : Muntere, Vigilantes. ("Les Éveillés ou Vigilants"). Elle est définie ainsi : Alle Flügel schwarz und gelb, wechselnd angelect. (Tous les ailes noires et jaunes, appliquées alternativement.). On y trouve 8 Genres, le Genre Thymelicus étant le septième. Le Genre Thymelicus appartient donc à la Tribu des Gentiles, Stirps des Astyci, Familia des Vigilantes. Autrement dit, pour nous aider à comprendre le nom propre,   aux "Gens", "des villes" "vigilants", dont la famille comprend :   

1. Scopten, Scoptae. (du grec σκοπέω - skopeō, « regarder quelque chose, examiner », ? Cf. les termes Scoptophobie, Scoptophilie.

2. Cyclopiden, Cyclopidae.

3. Trapeziten, Trapezitae. : Les changeurs, les banquiers.

4. Phemiaden, Phemiadae

5. Augiaden, Augiadae [d''Augias, Argonaute : les fils d' Augias]

6. Thymelicen, Thymelici. 

Die Flügel fast ganz gelb und ungefleckt (Les ailes presque entièrement jaune et sans tache).

  • 1219 Thymelicus Actaeon Esp. Pap. 36 4 Hübn. pap. 488-490.

  • 1220 T. Pustula.

  • 1221 T. Vibex.

  • 1222 T. Venula Hübn. Pap. 665-669

  • 1223 T. Virgula Hübn. Pap. 660-663.

  • 1224. T. Vitellia.

  • 1225 T. linea Shiff. Verz. Pap. A 5 Thaumas Esp. Pap. 36 2,3 Hübn. pap. 285-287. [= sylvestris]

  • 1226 T. Puer. 

7. Apausten, Apausti 

8. Brontiaden, Brontiadae de Brontes, l'un des Cyclopes.

Il est difficile de discerner une cohérence et un fil conducteur parmi ces noms de Familles et de Genres. Les Citadins (Astyces) sont répartis selon diverses qualités assez banales et certainement sans rapport avec les espèces qui les composent. Certains noms concernent la vision (Vigilantes, Scoptae, Cyclopes, Brontiades).       


c2. Le nom thymelicus.

Gaffiot traduit l'adjectif latin thymelicus,a, um (grec thymelicos) par "relatif au théâtre ; le nom thymelicus, i par "musicien de théâtre" et par "acteur". On trouve aussi le féminin thymelica, ae : "actrice, comédienne", et enfin thymele, es ou thymela, ae "autel de Dionysos dans le théâtre grec ; par extension, "théâtre". On trouve aussi pour ce dernier nom collatinus.fltr.ucl.ac.be/jano/  "(une estrade au centre de l'orchestre du théâtre grec, près de laquelle se tenait le chef du chœur)".

 Hübner emploie bien pour son première espèce Thymelicus Actéon la forme au masculin. Il n'y a aucune raison de ne pas donner au genre Thymelicus le sens "relatif au théâtre". 

Il n'y a aucune raison non plus pour, comme le fait Emmet suivi par Luquet qui en donne une traduction, de partir du nom grec thymelikos, et encore moins de vouloir trouver une relation entre les choristes musiciens et danseurs du théâtre et le comportement en vol des espèces du genre Thymelicus. Les noms servent à catégoriser les boites de classement des espèces, mais non d'en décrire le contenu (même si on connaît des contre-exemples comme Carcharodus). Lorsque le texte descriptif du Genre est, à l'évidence, en relation avec son nom, nous sommes autorisés à reconnaître l'allusion ; ce n'est pas le cas ici où le Genre est caractérisé par la couleur jaune unie des ailes.

 A la rigueur, ce genre  qui appartient "aux gens -de la ville- vigilants" tient son nom d'une activité propre à la ville et à l'urbanité (le théâtre) et dont on est spectateur (vigilant + fonction scopique évoquée supra). 

Notule : le théâtre et la couleur jaune.

Si on cherche à établir une relation entre le nom thymelicus "relatif au théâtre" et la description du genre ("Les ailes presque entièrement jaune et sans tache"), on peut se demander si, dans l'antiquité (ou dans l'Allemagne de Hübner), la couleur jaune était emblématique des acteurs. Il n'est n'est rien. Sur scène —et dans la vie quotidienne romaine—la couleur jaune était le propre de la courtisane ou prostituée. 

" Le jaune, chez les Grecs, n’a pas la signification de luxure et de débauche qu’il a à Rome 4 : il s’agit d’une couleur quasi-virginale puisqu’elle est celle des mariés. En revanche, à Rome, le jaune désigne la courtisane 5. Le spectateur de théâtre ne s’y trompe pas quand il voit apparaître sur la scène de théâtre le costume jaune. Il sait que c’est celui de la courtisane, au même titre que le blanc est celui des vieillards, le multicolore indique les jeunes personnes, le bariolé signale le proxénète et le pourpre distingue les riches."  

4 Dans l’ouvrage de Sabatier, on découvre également qu’à Rome le jaune est tellement associé à l’image de la courtisane que les cheveux des prostituées étaient recouverts d’une perruque blonde. Comme il l’écrit à propos de Messaline, elle « quittait la couche de Claude, couvrait ses cheveux noirs d’une perruque blonde – attribut de la débauche – et, enveloppée d’une cape de nuit, accompagnée d’une esclave, elle pénétrait dans le réceptacle de la prostitution » (ibid., p. 52).

 

 

5 Jérôme Carcopino, dans sa remarquable étude intitulée La Vie quotidienne à Rome à l’apogée de l’Empire (Paris, Hachette, 1939), décrit le théâtre à Rome, son fonctionnement, ses codes, et il précise que « les costumes drapés à la grecque ou à la romaine en situaient l’action et la condition sociale : blancs pour les vieillards, multicolores pour les jeunes gens, jaunes pour les courtisanes, pourpres pour les riches, rouges pour les pauvres, une courte tunique pour les esclaves, une chlamyde pour les soldats, un pallium roulé pour les parasites et bariolé pour les entremetteurs » ( p. 258 ).

Véronique Bui, « Le châle jaune des prostituées au XIXe siècle : signe d’appartenance ou signe de reconnaissance ? », Fabula / Les colloques, Séminaire "Signe, déchiffrement, et interprétation", http://www.fabula.org/colloques/document939.php

 

c3. La piste liée à Thymele, Fabricius.

a) En 1807, Fabricius publia une liste de 49 noms de genre, dont celui n°39 de Thymele  (et non Thymela). ce genre incluait 3 groupes de noms d'espèces Hesperia Proteus, Mercatus, Acastus / Thrax, Guetus, Bixae/  Aracinthus, Malvae, Tages.

Les trois derniers noms correspondent pour nous à Heteropterus morpheus, Pyrgus malvae etErynnis tages. Le genre Thymele Fab. accueille donc, comme le souligne Emmet, des Hespéries noires ou Pyrgines.

Dans la classification de Hübner, on les trouve ainsi :

— aracinthus : Astyces, Famille G des Vigilantes, Genre des Cyclopes

 malvae : Astyces, Famille E Vulgares , genre Pyrgus 

 tages : Astyces, Famille D Veteres, genre Nisoniadae.

D'autres Hespéries se retrouvent dans le genre Pamphila de Fabricius : ce sont Comma, Paniscus, Fritillum et Lavaterae.

b) la proximité sémantique des genre Thymele Fabricius et Thymelicus Hübner impose de considérer que le premier a servi de modèle au second, pour accueillir de nouvelles espèces bien différentes des Pyrgines noires puisque leurs ailes sont au contraire entièrement jaunes (et non sombres tachetées de blanc en damier).

J'ai déjà montré que Denis et Schiffermüller avaient créé beaucoup de leurs noms en les affiliant à un nom de Linné servant de modèle, tâchant de reprendre soit la syllabe initiale soit la syllabe finale (ce que j'ai nommé le "domino onomastique"), soit en respectant le même nombre de lettres, soit par d'autres effets de miroir du nom modèle (même source d'inspiration, même sens). Il paraît probable que Hübner, pour créer un genre complémentaire du Thymele de Fabricius, ait cherché dans le dictionnaire (ou dans sa mémoire) le mot latin le plus proche de Thymele. Dans le dictionnaire Gaffiot, trois mots se succèdent  Thymele –Thymelica –Thymelicus. Hübner fait "domino" par la partie [thymel] commune aux deux noms de genre, dans ce jeu où les naturalistes européens rendent hommage à leurs prédécesseurs par reprise des briques sémantiques pour édifier leurs propres noms.

Par contre, ce jeu d'imitation/dépassement se joue, dans cet exemple, au détriment du sens. Il existe, bien-sûr, une communauté de sens entre thymele et thymelicus si on se contente de consulter les définitions du dictionnaire et de constater que thymele 1 vient d'un mot grec désignant, dans le théâtre antique en demi-cercle, l'autel du centre de l'orchestra et qui servait d'autel pour offrir des sacrifices à Bacchus puis pouvait constituer un décor de la pièce (monument, ...) , cacher le souffleur, porter le joueur de flûte et parfois le chorège. Ce sens est donc en parenté avec celui de thymelicus "relatif au théâtre, à la scène".

Mais chez Fabricius, la majorité des 49 noms de genre sont des noms féminins, ceux des épithètes de Vénus, de courtisanes, de femmes illustres : sa Thymele correspond à la deuxième définition donnée par Gaffiot  "Nom de femme Martial 1 5,5 ; Juvénal 1:36" :  il s'agit de Thymélé (Θυμέλη), musicienne, actrice -mime, et poétesse célèbre du temps de Domitien, dont elle semble avoir été la favorite. Elle aurait été la première à introduire sur scène une sorte de danse nommé thymelinos. Il est exclu que Fabricius ait placé un "Thymele-autel du théâtre grec" en véritable intrus au sein de sa liste de noms féminins. Mais sous l'Empire, les pantomimes, musiciens et chanteurs adoptaient souvent desn noms à consonnance grecque ou orientale. Le partenaire de Thymélé était Latinus, ami intime de l'empereur et qui n'hésitait pas à adresser Thymélé auprès de riches commanditaires

Certes, si Hübner avait choisi la forme Thymelica ("comédienne"), la cohérence de sens avec le nom Thymélé de l'actrice courtisane aurait été assurée. Mais son masculin Thymelicus qu'une raison adjacente lui a imposé, vient rompre la jolie réussite d'une filiation des sons et d'une filiation des sens. Il nous faut désormais un raisonnement tortueux pour le percevoir.

Juvénal Satyre VI,66:

Où trouver une épouse, aux vertus domestiques,
Et digne de tes vœux? Est-ce sous nos portiques?
L’amphithéâtre a-t-il, dans son immensité,
Une femme qu’on puisse aimer en sûreté?
Quand Bathylle, jouant sa molle pantomime,
Danse, Tuccia brûle; Apulla qui s’anime,
Comme aux bras d’un amant, soupire, a le frisson;
Et Thymèle, ignorante encore, prend leçon.*
Puis, lorsque le théâtre est clos et n’a personne,
Quand le barreau, tout seul, de voix criardes sonne,
Pendant ces jours si longs qui, des jeux Plébéiens,
Séparent tristement les Mégalésiens,
On les voit manier, dans leur ennui fantasque,
Le thyrse d’Accius, la ceinture, et le masque.
Urbicus dans l’exode imite Autonoé.

 (trad. Raoul, 1842, citée par Remacle)

* autre traduction :"l'attention immobilise Thymèle : encore innocente, Thymèle apprend" 

 

 

 3.  Nom d'espèce : Thymelicus sylvestris (Poda, 1761).


a) Description originale

Papilio sylvestris, Poda N. 1761. Insecta Musei Græcensis, quæ in ordines, genera et species juxta systema naturæ Caroli Linnæi digessit Nicolaus Poda [...]. Graecus [= Graz]. (Widmanstadius). 127 pp.,  page 79.

Sylvestris. 51. P.[apilio] P.[lebeius] alis integerrimis flavis limbo sussescentes ; primoribus supra linea transversa lanceolata nigra.
Habitat in sylvis.
.

c) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type :  "ad Graecium", Graz, Styrie, Autriche

 

— Selon Dupont & al. 2013, cette espèce est présente en Afrique du Nord, en Europe, en Anatolie et au Moyen-Orient. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles s’observent sur diverses Poaceae.

 

— Selon Wikipédia, "Comme tous les Hesperiidae, l'Hespérie de la Houque porte ses ailes antérieures partiellement redressées quand il est posé. C'est un petit papillon d'une envergure de 26 mm à 30 mm aux ailes orange vif bordées de marron. Le mâle présente au recto de l'aile antérieure une grande ligne androcomiale noire. . L'Hespérie de la houque vole en une seule génération de début mai à août. Elle hiverne au stade de chenille formée dans l'œuf.  Les plantes hôtes de sa chenille* sont de nombreuses poacées (graminées), dont Brachypodium sylvaticum, Deschampsia, Holcus, (Holcus lanatus et Holcus mollis), Oryzopsis, Phleum (Phleum arvense et Phleum pratense) L'Hespérie de la houque réside en Afrique du Nord, dans toute l'Europe sauf l'Irlande, le nord de l'Angleterre et de la Scandinavie, et tout le Moyen-Orient,. L'Hespérie de la houque est présente dans toute la France métropolitaine sauf en Corse. L'Hespérie de la houque réside dans les friches, les prairies fleuries, au bord des routes."

* Je rappelle que les chenilles des Hespéries ne sont jamais libres mais qu'elles s'abritent à la façon des Tordeuses dans des feuilles qu'elles rattachent avec des brins de soie.

— Parmi les trois Thymelicus qui sont des Hespéries fauves à ligne noire (mâle), Acteon est d'un jaune brunâtre ou olivâtre avec des taches jaunes, alors que sylvestris et lineola sont d'un fauve uni (sans taches claires), avec des nervures noires au nord externe. On distingue ces deux faux jumeaux par l'extrémité de leurs antennes, les massues antennaires étant orange chez T. sylvestris et noires chez T. lineola].

 

 

 

 

 

d) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

 

  • Adopaea sylvestris (Poda, 1761)
  • Adopaea thaumas (Hufnagel, 1766)
  • Hesperia thaumas (Hufnagel, 1766)
  • Papilio flavus Brünnich, 1763
  • Papilio sylvestris Poda, 1761
  • Papilio thaumas* Hufnagel, 1766 :  W. F. 1766. Tabelle von den.Tagvögeln der hiesigen Gegend, woraus denen Liebhabern der Insekten Beschaffenheit, Zeit, Ort und andere Umstände der Raupen und der daraus entstehenden Schmetterlinge bestimmt werden. Berlinisches Magazin, oder gesammlete Schriften und Nachrichten für die Liebhaber der Arzneiwissenschaft, Naturgeschichte und der angenehmen Wissenschaften überhaupt, 2(1): 54-90.page 62
  • Thymelicus flavus (Brunnich, 1763)
  • Thymelicus sylvestris sylvestris (Poda, 1761)

 

*Spuler 1 (1908: 72L) Thaumas: "père des Harpies pour les grecs."

 

Sous-espèces.

            Selon Dupont & al. (2013) Tshikolevts retient deux sous-espèces en Europe et dans le bassin méditerranéen :

- sylvestris Poda, 1761.

- syriacus Tutt, 1905. Localité-type : Syrie.

 

e) Origine et signification du nom sylvestris

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

— August Janssen (1980) page 45 :

"tot het woud behorend" 

             "Appartenant à la forêt"

 — A. M. Emmet (1991) page 143 :

  "silvestris, sylvestris, pertaining to a wood : from the habitat, but rather inapt since the species occurs mainly on rough grassland. However, this name set a fashion and several of the others given to skippers refer to woods, hunting or woodlands deities." 

silvestris, sylvestris, se rapportant à un bois: d'après l'habitat, mais le nom n'est plus adapté depuis les espèces occupent pricipalement la prairie aride. Cependant, ce nom a fait école et plusieurs autres noms données aux Hespéries se rapportent aux bois, à la chasse ou aux  divinités forestières.

— Hans-A. Hürter (1998) page 446 :

"Deutung : Die Art besiedelt u.a. Waldränder u. -lichtungen ; grasreiche, wiesenartige Flächen an Dämmen, Böschungen usw. ...aber auch an Waldrändern und -wegen sowie auf Lichtungen werden oft beflogen (nach Weideman, Bd 2, S. 332 und Ebert, Bd.2, S. 418)

Solche Teilbeobachtungen könnten Poda 1761 dazu bewogen haben, der Art diesen Namen zu geben : im/am Walde vorkommend/lebend." 

Interprétation: Cette espèce fréquente  les bords peuplées de forêts, les zones herbeuses et les prairies comme les barrages, digues, etc ... mais aussi les bords du bois et des sentiers et les clairières. Ces observations partielles pourraient avoir incité Poda en 1761 a donner à ce genre ce nom: "vivant dans les bois ".

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 254 :

du latin silvestris, "sylvestre", "forestier", par allusion aux milieux fréquentés par cette espèce.

 

— Perrein et al. (2012) page 115:

du latin sylvestris, "forestier", de sylva, "forêt".

 

— Arizzabalaga 2012 :   

 Que viu a les selves i als boscos

"Qui vit dans les jungles [?] et les bois"

 

Discussion : 

          L'épithète spécifique est des plus simples à interpréter puisque  Poda lui-même s'en charge en écrivant  Habitat in sylvis : "Vit dans les bois". du latin silva /sylva, ae, 1."forêt, bois" mais aussi (Gaffiot) 2."parc, bosquet", ou, au pluriel, 3."arbres, arbustes, plantes".

 Au pluriel, ce datif sylvis conviendrait donc à toute sorte de plante-hôtes ! 

Selon UK Butterflies, "cette espèce habite les prairies rude, où les hautes herbes poussent, et peuvent se développer sur les bords de routes, à côté des haies, sur les pelouses des falaises calcaires, dans les clairières et le long des promenades forestières. La plante hôte principale est la Houlque laineuse une herbe commune dans les Îles Britanniques, bien que d'autres graminées sont également utilisés."

 

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 


I. Les Noms français. 


1. La Bande noire, Geoffroy, 1762.


 Étienne-Louis Geoffroy  1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. page 66 n°37.

 


Cette espèce est la première des trois de la famille des Estropiés, nom qui est sans-doute une traduction de l'adjectif latin divaricatis qui qualifie les ailes. « écartées l'une de l'autre ». Mais l'adjectif français dérivé de l'italien stroppiare «  priver de l'usage d'un membre » rend mieux compte de l'allure bancale ou blessée du papillon qui semble avoir du mal à étendre complètement, « bien », ses ailes, comme une fenêtre dont des volets sont coincés. Dans l'édition latine par Fourcroy en 1785 de l'Histoire abrégée des insectes, la bande noire porte le nom de Papilio divaricatus.

 

 

 

 

Papilio alis divaricatis fulvis, limbo nervisque nigris, primariis macula oblonga nigra.
Petiver gaz. Tab. 34, fig.7, 8, 9.
La bande noire.
Longueur 5 lignes, largeur 1 pouce.
Le port d'ailes de ce papillon & de ceux de cet ordre, est singulier. Lorsqu'il est en repos, ses ailes inférieures sont presque parallèles au plan de position, pendant que les supérieures sont relevées, sans cependant se toucher & être tout à fait perpendiculaires. La couleur de ces ailes est fauve, mais elles sont bordées de brun ou de noir, & elles ont des nervures de la même couleur. Les supérieures ont de plus une tache longue transverse dans leur milieu, qui est pareillement de couleur noire. En dessous, les ailes sont toutes fauves, mais d'une teinte plus pâle. […] On trouve fréquemment ces papillons dans les prés en automne.

2. La Bande noire, variété : Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 192  planche n° 145 figure 95 e-f.    dessinée par  J.J Ernst .  

Engramelle décrit sous le même nom deux "variétés", en réalité deux espèces : la première est Ochlodes sylvanus (95 fig. a,b,c,d,g,h) et la seconde est Thymelicus sylvestris (95 e-f): aux ailes plus fauves, moins couvertes de brun, avec une ligne noire très étroite.

3. "Hespérie linéa " , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique : Entomologie, ou Histoire naturelle des crustacés et des insectes, Paris : Vve Agasse tome 9, page 770 n°118.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 Denis & Schiffermüller ont décrit en 1775 leur Papilio linea*, couramment considéré comme un synonyme junior de T. sylvestris; mais les auteurs viennois ne l'ont pas publié comme l'une de leur créations, mais en donnant la référence de Muller, 1766. Le nom s'écrit donc Papilio linea Müller, 1766. ( Allioni, Mélang. Phil. Math. Soc. R. Turin : 192.) 

 *Papilio linea Denis & Schiffermüller, 1775; Ankündung eines systematischen Werkes von den Schmetterlingen der Wienergegend: 160

     Nous avons donc les équations synonymiques  suivantes   Papilio sylvestris (Poda 1761) = Papilio flava Pontoppidan, 1763 = Papilio linea Müller, 1766 = Papilio thaumas Hufnagel, 1766 = Papilio flavus Müller, 1776 = Papilio flava Brünnich, 1763 = Hesperia thaumas Hufnagel, 1766.

En consultant l'article de Latreille et Godart, c'est sous le nom de Papilio linea ou Hesperia linea que cette espèce a été désignée par Fabricius, Hübner (cf supra espèce n°1225 de son genre Thymelicus), Illger, Schaeffer, Bergstrasser, Ochsenheimer, Schrank (Erynnis linea). Les autres auteurs utilisent le nom de P. thaumas de Hufnagel, et le nom de P. sylvestris n'est pas cité.

Il est donc tout à fait logique que Godart et Latreille utilisent le nom d'Hespérie Linea.


4.  "Hespérie Bande noire" , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, page 233 n°88     Planche 12 figure 3   peinte par Vauthier et gravée par Lanvin.

 

 

LXXXVIII HESPERIE BANDE-NOIRE

Hesperia linea (Fab.)

Papilio Thaumas (Esp.)

La Bande noire (Geoffr.)

Variété de la Bande noire (Engr. Pap. d'Eur.).

Le dessus des deux sexes est fauve, avec les bords et les nervures d'un brun-noirâtre. Le mâle a en outre, vers le milieu des premières ailes, une ligne noire oblique et étroite. Le dessous de ces mêmes ailes est fauve, avec la base noirâtre et l'extrémité d'un cendré jaunâtre. Le dessous des secondes ailes est d'un cendré jaunâtre, avec l'angle interne largement fauve. Le corps est roussâtre en dessus, grisâtre en dessous. Les antennes sont noires et annelées de jaune pâle. 

Cette Hespérie se trouve communément dans les bois, dans les grands jardins, etc., à la fin de juillet et au commencement d'août.

 

Planche © BHL

                          n334_w337

 

 

 

 

5. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

Dans son article Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe paru dans Alexanor en 1986, Gérard Luquet  crée pour Thymelicus sylvestris le nom "L'Hespérie de la Houque", et admet en nom accessoire "Le Thaumas" et "la Bande noire". 

On sait que Gérard Luquet a donné à la quasi-totalité de nos Hesperiidae (Hespéries ou Hespérides) un nom composé sur le schéma "L'Hespérie de" + plante-hôte ou "L'Hespérie de" + localisation géographique ou milieu écologique. Cela représentait (en 1986) parmi les 34 Pyrgines ou "Hespéries noires" 33 cas (l'exception concernant "le Point-de-Hongrie") et parmi les 12 de nos Hespériines ou "Hespéries fauves" 9 cas (exception : le Miroir, la Virgule et la Sylvaine). 26 d'entre elles reçoivent les noms d'une plante-hôte, les autres un nom géographique (ottomane, almoravide, levantine, pont-euxine, saoudienne, ...).

Le nom de l'Hespérie fauve  "Hespérie de la Houque" est donc construit sur ce schéma. 

Le CNRTL définit ainsi la Houlque :

Plante graminée des régions tempérées, généralement caractérisée par des feuilles velues, une panicule blanchâtre, et dont certaines espèces sont utilisées pour leurs propriétés comestibles ou fourragères. Hou(l)que odorante, hou(l)que saccharine, hou(l)que sorgho. Les houques molles (...) graminées de nos contrées (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 59). La Houque laineuse (H. lanatus) fournit un fourrage qui n'a pas grande valeur (Plantefol,Bot. et biol. végét., t. 2, 1931, p. 294).

 Étymol. et Hist. 1778 bot.houque (Lamarck, Flore françoise ds Congrès intern. de ling. et philol. rom., 13, 1971, t. 1, p. 713); 1789 houlque ou houque (Encyclop. méthod. Agric. t. 4, p. 697). Empr. au lat. Impér. holcus « espèce de graminée indéterminée » (André Bot.), d'orig. incertaine. 

 

6. L'étude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 232 et 238 :

"-Hespérie : d'Hespéria, l'une des Hespéries, les nymphes qui gardaient les pommes d'or d'Hera. Fabricius se complaisait à inventer des noms reposant sur des calembours ou possédant un double sens, de sorte qu'un lien avec le mot grec Hespera, "soir", est vraisemblable : aux papillons "nobles", les "Diurni", les papillons du plein jour, Fabricius a très bien pu vouloir opposer les espèces plus petites et plus humbles, celles de la faible lumière ou du demi-jour, donc, du soir. (Emmet, 1991:144) cela, bien entendu, ne préjuge en rien d'un vol crépusculaire des espècesconcernées. C'est du reste aussi l'opinion de Spuler (1901-19018 : 70) pour qui le nom générique Hespéria est forgé "sur hesperius, "qui concerne Hesperus", l'Étoile du soir [ou Étoile du berger], en raison des relations [de ce groupe de Lépidoptères] avec d'autres familles qui n'appartiennent pas aux Rhopalocères". L'inclusion originelle par Fabricius des Azurés dans les Hespéries exclut cependant la dérivation fondée sur une base, taxonomique telle que la suggère Pickard et al. "les Hesperiidae formant le lien entre les Diurni et les Nocturni" et reprise par Spuler."

 

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 254 :

Houque : plante nourricière de la chenille (Holcus, famille des Graminées)

 

7. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent page 238 le nom scientifique de Adopaea thaumas Hüfn (le genre Adopaea Billberg est synonyme de Thymelicus, cf. supra) mais ne font pas usage d'un nom vernaculaire. 

—H. Bellmann / G. Luquet 2003 : " Hespérie de la Houque (page 112)".

— Doux & Gibeaux 2007 : "L'Hespérie de la Houque".

— Lafranchis, 2000 : "La Bande noire, l'Hespérie de la houque" .

— Perrein et al. 2012 : "Hespérie de la Houque".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Bande noire"

— Wikipédia : " L'Hespérie de la Houque ou Bande Noire ou Thaumas".

 

 

 


 


 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

 

  • "Small Skipper" en anglais  :"petit Skipper, petite Hespérie"
  • "Braunkolbiger" "Braundickkopf" en allemand : "Hespérie brune"
  • "Daurat de punta taronja" en catalan, "Le Doré à pointe orange" ( "Daurats" : pel seu color daurat ;"Daurat de punta taronja" : pel tret distintiu a l’extrem de les maces de les antenes  "Le Doré à pointes oranges" selon Arizzabalaga)     
  • "Dorada linea larga" en espagnol : le Doré à grande ligne" 
  • "Karłątek ceglasty" en polonais  
  • "Sarı Antenli Zıpzıp" en turc : Hespérie à antennes jaunes
  • "Soumračník metlicový" en tchèque  
  •  "Súmračník metlicový " en slovaque 
  •  "Skråstregbredpande" en danois : "Hespérie à barre oblique"
  •  "Raudonbuožis storgalvis " en lituanien 
  •  "Tankorubi livadar" en serbe
  •  "Barna busalepke"  en hongrois
  •  "Etelänhiipijä"  en finnois
  • "Geelsprietdikkopje" en néerlandais : Hespérie à ..jaune 
  • "Stor Tåtelsmygare" en suédois
  •  "Толстоголовка лесная" en russe : Hespérie de la forêt.

 

Langues celtiques  : 

 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas encore de nom en breton ; 

  • " Gwibiwr bach" en gallois. : 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Le nom vernaculaire anglais selon M. Salmon (2000).

 

Selon le site UK Butterflies, "Ce skipper jaune d'or est souvent trouvé se prélassant sur la végétation, ou faisant de brefs  vols bourdonnants parmi les hautes tiges des graminées. Malgré son nom, les quatre espèces d'Hespéries que l'on trouve dans les îles britanniques sont de la même taille ou sont plus petites que "Small" Skipper. Ce papillon est très répandue sur le continent britannique, au sud d'une ligne allant du Westmorland àl'ouest et le nord du Northumberland, à l'est. Il est absent de l'Irlande, de l'île de Man et les îles Anglo-Normandes. Cette espèce vit en colonies distinctes de taille petite ou grande."

 

première observation en Angleterre Petiver, 1704 

  • "The streaked golden Hog : male", Petiver, 1704.
  • "The spotless golden Hog, female" : Petiver, 1704
  • "The Small Skipper" : Harris, 1766, et la plupart des auteurs suivants.
  • "The Great Streak Skipper" : Rennie, 1832
  • "The Common Small Skipper" : Heslop, 1959.


 

 

 

 

            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : Thymelicus sylvestris

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) :  Thymelicus sylvestris

— UK Butterflies :  Thymelicus sylvestris

— lepiforum :  Thymelicus sylvestris

— jardinsauvage.fr :  Thymelicus sylvestris

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  qui interdit un lien direct. Suivre donc accueil ->Lepidoptera ->etc...  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

        Bibliographie des Zoonymies : voir :

Zoonymie des Rhopalocères : bibliographie.

 

              

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:20

Zoonymie (étude du nom) de la Virgule Hesperia comma (Linnaeus, 1758). 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

—Hesperia, Fabricius, 1793 : Parmi les 15 noms de "Genre" créés par Fabricius en 1793, les deux premiers, Papilio et Hesperia, accueillent les rhopalocères : les plus grands dans les Papilio, les plus petits (Phalange des Plébeiens de Linné, nos Lycènes et Hespéries) dans les Hesperia. Rien ne permet de savoir si Fabricius choisit ici le nom d'une des nymphes gardant le jardin des Hespérides et ses pommes d'or conférant l'immortalité, ou le nom du Pays du Couchant (l'Espagne ou l'Italie pour les Grecs) et notamment l'Italie, but ultime du troyen Énée guidant son peuple dans l'Énéide de Virgile : Hesperia y sonne comme une Terre Promise.  

— comma, Linné, 1758 : du grec kómma, "virgule". Allusion à la forme de la strie androconiale noire présente sur la face supérieure des ailes antérieures, chez les mâles.

— "Le Papillon Virgule", de Geer 1771  : "Les ailes supérieures ont en dessus une tache allongée en forme de trait noir, qui quelquefois a du luisant & qui est dirigé selon la longueur de l'aile. Comme ce trait ressemble en quelque sorte à une virgule, on s'en est servi pour la dénomination du Papillon." Ce nom n'a pas été utilisé, et les auteurs du XIXe et XXe siècle ont employé le nom de "L'Hespérie Comma", Latreille et Godart 1821, jusqu'à ce que G. Luquet ne recommande en 1986 "La Virgule", actuellement adopté partout. 

 

 

 

 

                     Nom scientifique.

 

 

 I.  Famille, Sous-famille, Tribu.

1°) Super-famille des Papilionoidea Latreille, 1802

2°) Famille des Hesperiidae Latreille, 1809 : [Hespéries ou Hespériides]  

  • Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]
  • Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925
  • Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

3°) Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

  • Tribu des Thymelicini Tutt, 1905
  • Tribu des Baorini Doherty, 1886
  • Tribu des Hesperiini Latreille, 1809

 

4°)Tribu des Hesperiini Latreille, 1809
  • Genre Hesperia Fabricius, 1793
  • Genre Ochlodes Scudder, 1872]

 


2. Nom de genre : Hesperia Fabricius, 1793. 

a) Description originale : 

        Joh. Christ. Fabricii 1793, Entomologia systematica emendata et aucta : Secundun classes, ordines, genera, species, adjectis synonimis, locis, observationibus, descriptionibus /. Hafniae [Copenhague] :Impensis Christ. Gottl. Proft.,1792-1799. 3(1) page 258


        Palpi duo compressi, hirti, apice cylindri , nudi. Antennae clava oblonga, saepius uncinata.

- Rurales : espèces n°1-231

- Urbicolae : espèces n°232-349

— Type spécifique: papilio comma L; sélectionné par Dalman en 1816 : Dalman, J. W. 1816. Försök till systematisk Uppställning af Sveriges Fjärillar. (Fortsåttning). Kongliga Svenska Vetenskaps-Akademiens Handlingar, 1816(2): 199-225, page 200.

— Ce genre renferme en France une seule espèce, H. comma

 

 

b) Origine et signification du nom hesperia selon divers auteurs.

 

—Constant Duméril (1827) page 222 :

étym. mythologique : hesperis, "du soir".

—Gustav Ramann, (1870-76) :

"Die Abendländischen ;..."

             L'Ouest, le Pays du Couchant

— L. Glaser (1887) page 132 :

"Abendschwärmerchen", Füchschen (von Hesperus, Abendstern)"

    "... ( de Hesperus, l'Étoile du Soir)"  

— Anton Spannert (1888) page 53 :

"hesperus Abenstern, hesperius den Abendstern betreffend.."

               hesperus l' Étoile du Soir, hesperius,  concernant l'Étoile du Soir.

 — Arnold Spuler ( 1908) page 70 :

""hesperius" (sic!) den hesperus, Abendstern betreffend ..."

hesperius, l'hesperus, ou Étoile du Soir.

— August Janssen (1980) page 45 :

"G. esperios = avond.".

Du Grec esperios = soir.

—A. Maitland Emmet (1991) page 144 :

—one of the Hesperides, the nymphs who garded the golden apples of Hera. Linnaeus (1758) had divided the butterflies into six phalanges, the first four containing the larger or "noble" species and the sixth the "Barbari", the barbarians or foreigners which did not fit into the first five categories. Fabricius took the fifth group, the "Plebeji parva", the little commorers, out of Papilio and placed them in a new family, Hesperia. Linnaeus had subdivided the Plebeji into two groups, the Plebeji urbicolae, "city commoners" for the skippers, and Plebeji rurales  "country commoners" for the blues. Fabricius placed both groups into Hesperia. Schrank (1798-1803) separated them under the names erynnis and Cupido. latreille (1804) accepted this classification, but used the Fabrician name Hesperia for the skippers and introducted a name of his own, Polyommatus, for the blues. This may not have pleased Fabricius, as alter (1807) he used Hesperia and Lycaena for his two blue families. Latreille's usage of Hesperia for the skippers had priority and the name stayed with that family again the wishes of Fabricius. The application of the name has been steadily whittled down and now it is applied to a small genus with a single British representative ; it is, however, usu Latreille, the source of the family name. Fabricius was fond of devising names that were puns or had double meanings and a link with ἕσπερα (hespera), evening, is likely, the noble butterflies constituting the "Diurni", the species  of broad daylight, and the humble smaller species those of the small light or twilight ; there is, of course, no implication of crepuscular flight. The original inclusion of the blues precludes the derivation on taxonomic grounds suggested by Pickard et al., "the Hesperidae forming the connecting link between the Diurni and Nocturni".


L'une des Hespérides, les nymphes qui Garde les pommes d'or de Hera. Linné (1758) avait divisé les papillons en six phalanges, les quatre premiers contenant les espèces de grande taille ou «nobles» et la sixième les «Barbari", les barbares ou étrangers qui ne rentraient pas dans les cinq premières catégories. Fabricius sortit des Papilio le cinquième groupe, les " Plebeji parva", les petits plébéiens, et les a placés dans une nouvelle famille, Hesperia. Linné avait subdivisé les Plebeji en deux groupes, les Plebeji urbicolae, "roturiers de la ville" pour les hespéries, et Plebeji Rurales "roturiers de pays» pour les "blues" anglais [nos lycènes]. Fabricius placé les deux groupes dans Hesperia. Schrank (1798-1803) les sépara ensuite sous les noms Erynnis et Cupido. Latreille (1804) a accepté cette classification, mais utilise le nom Fabricien Hesperia pour les hespéries et introduisit  un nom de sa composition, les  Polyommates, pour les lycènes. Cela a pu ne pas avoir plu à  Fabricius, puisque par la suite (1807) il a utilisé Hesperia et Lycaena pour ses deux familles de lycènes. L'utilisation par Latreille de Hesperia pour les hespéries avait la priorité et le nom est resté avec cette famille contre la volonté de Fabricius. L'application de ce nom s'est réduit progressivement et maintenant il n'est  appliqué à un petit genre avec un seul représentant britannique; Il est, cependant, usu Latreille, la source du nom de Famille. Fabricius aimait concevoir des noms qui sont des jeux de mots ou ayant un double sens, et un lien avec ἕσπερα (hespera), le soir, est probable, les nobles papillons constituant le "Diurni", les espèces de grand jour, et les plus petites espèces humbles ceux de la petite lumière ou au crépuscule; sans néanmoins, bien entendu, aucune notion de vol crépusculaire. L'inclusion initiale des lycènes dans ce genre ne permet pas de considérer, avec Pickard et al., que «Les Hesperidae forment le lien entre les Diurni et les Nocturni".

 

— Hans-A. Hürter (1998) page 453-454 :

Deutung : Hesperia kann als femininum von Hesperius,a, um  ( wird im Lateinischen groß geschrieben, weil es von einem Eigennamen abgeleitet ist), angesehen werden und bedeutet dann "die Abendliche". Ebenso kann es sich aber auch um den Hesperidennamen handeln. 

Was Fabricius, der den Namen 1793 erstmals veröffentliche, sich dabei dachte, ist nicht mehr zu ermitteln. 

Interprétation : Hesperia peut aussi être considéré comme le féminin de Hesperius, un, um (est avec une majuscule en latin, car il est dérivé d'un nom propre), et signifier alors «le Soir". Mais il  peut aussi être lu, de même, comme le nom Hespérides.

Il n'est plus possible de déterminer ce que Fabricius, qui a publié le nom pour la première fois  en 1793,  a pensé.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 232 :  

"-Hespérie : d'Hespéria, l'une des Hespéries, les nymphes qui gardaient les pommes d'or d'Hera. Fabricius se complaisait à inventer des noms reposant sur des calembours ou possédant un double sens, de sorte qu'un lien avec le mot grec Hespera, "soir", est vraisemblable : aux papillons "nobles", les "Diurni", les papillons du plein jour, Fabricius a très bien pu vouloir opposer les espèces plus petites et plus humbles, celles de la faible lumière ou du demi-jour, donc, du soir. (Emmet, 1991:144) cela, bien entendu, ne préjuge en rien d'un vol crépusculaire des espèces concernées. C'est du reste aussi l'opinion de Spuler (1901-19018 : 70) pour qui le nom générique Hespéria est forgé sur hesperius, "qui concerne Hesperus", l'Étoile du soir [ou Étoile du berger], en raison des relations [de ce groupe de Lépidoptères] avec d'autres familles qui n'appartiennent pas aux Rhopalocères". L'inclusion originelle par Fabricius des Azurés dans les Hespéries exclut cependant la dérivation fondée sur une base, taxonomique telle que la suggère Pickard et al. "les Hesperiidae formant le lien entre les Diurni et les Nocturni" et reprise par Spuler."

 

— Perrein et al. (2012) page 122 :

 d'Hesperia, l'une des Hespérides nymphes du Couchant, gardiennes du jardin aux pommes d'or ; lors de sa création par Fabricius, cette famille regroupait des petites espèces, notamment des Lycènes.

— Arizzabalaga & al. (2012) :

Hesperia :  Les Hesperides, vigilants del jardi del mateix nom; del grec: ponent, occident 


c) Discussion 

Hans Hürter a raison de dire qu'il est aujourd'hui impossible de savoir ce qui a motivé le choix de Fabricius. En 1793, celui-ci consacre son Entomologie systématique à ce qu'il nomme les Glossata (en raison de la spiritrompe "lingua spiralis inter palpos"), correspondant aux Lepidoptera de Linné. Il les répartit en 15 groupes : . Le caractère le plus remarquable des noms de cette liste est...son hétérogénéitè tant grammaticale (noms masculins et féminins) que génétique, puisque certains noms sont repris de Linné (Papilio, Sphinx, Bombyx, Noctua, Pyralis (Pyralides chez Linné) Phalaena Tinea, Alucita) ou de Geoffroy (, Pterophorus). Cossus est un nom d'espèce chez Linné, 1758 et chez Geoffroy, reprise d'un nom de Pline. Les noms créés par Fabricius sont (sauf erreur) Hesperia, Sesia, Zygaena, Hepialus, Hyblaea. Cette fois-ci, le genre féminin l'emporte, mais n'est néanmoins pas exclusif. Hyblaea est le nom d'une ville ancienne, Megara Hyblaea. Zygaena est le nom du Requin marteau depuis Gessner ou Aristote. Sesia viendrait selon Emmet du nom grec d'un papillon de nuit ou de sa chenille (sees). Hepialus est issu du grec hepialos nom d'un papillon de nuit chez Aristote, le grec hepialos qui désigne aussi une fièvre témoignant de l'attrait fébrile des papillons vers la lampe. 

Comme nous le voyons, ces données, par leur diversité, ne nous aident pas. 

Les diverses solutions proposées sont :

  • Hesperus, du grec Hesperos  [cf. Vesper qui a donné vêpres] : "l'étoile du soir" c'est à dire la planète Vénus à la tombée de la nuit, et qui est proche de la Lune. C'est notre "étoile du berger". A contrario, Phosphorus est l'étoile du matin.  [En réalité, il s'agit dans les deux cas de la même planète, mais cela, nous ne le savons qu'a posteriori grâce aux connaissances astronomiques. La phrase "Hesperus est Phosphorus" (deux noms propres différents désignent la même réalité) ouvre à de longs débats en philosophie du langage, et il est amusant de la croiser dans cet article de zoonymie).

 

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  • Hesperis est l'heure du soir. Elle est fille d'Hesperos et mère des Hespérides.
  • Hesperius est Hesperis ; elle est associée à Aphrodite (Vénus) en raison de sa beauté.
  • Les Hespérides sont des nymphes, filles d'Hesperus ; puisque celui-ci est associé au soir, il est aussi lié à l'occident, le coté où le soleil se couche (lat. occidere, "tomber"). Ces nymphes sont donc les gardiennes d'un jardin situé à l'extrême ouest du monde antique, en Afrique du nord ou en Espagne. leur nom et leur nombre varient selon les auteurs. Elles sont trois selon Hésiode : Aegle, «lumière éblouissante»), Erytheia  et Hesperethusa («soleil couchant»).  Pseudo-Apollodore en nomme : Aigle , Erytheia, Hesperia et Arethusa.  Fulgence donne quatre Hespérides, nommés: Aegle, Hespérie, Medusa . Apollonius de Rhodes les nomme  Aigle, Erytheis et  Hespera. Hyginus dans sa préface des Fabulae les nomme names  Aegle, Hesperie and Aerica. Selon d'autres sources, les trois filles d'Hesperus  sont Ægle, Arethusa et Hesperethusa. Petrus Apianus en nomme sept qui sont les filles d'Atlas : Aegle, Erythea, Arethusa, Hestia, Hespera, Hesperusa et Hespereia.
  • Malgré ce choix, la recherche du mot "hesperia" par moteur de recherche entre 1750 et 1770 juste avant la publication de Fabricius) donne un tout autre sens : Hesperia est non pas le nom d'une nymphe, mais celui d'une terre : soit le lieu mythique où se trouve le jardin d' Héra et où pousse l'arbre aux pommes d'or qui procure l'immortalité à celui qui les croque. Je jardin est gardé par les Hespérides, mais aussi par un dragon à cent têtes, Ladôn. Plus généralement, toute la partie Occidentale de l'Europe était appelée Hesperia. L'Italie s'appelait Hesperia magna ou proxima , et l'Espagne était Hesperia ùltima 
  • Dans l'Énéide de Virgile, Hesperia est le nom poétique de l'Italie, pays promis aux Troyens après la destruction de leur ville par les Grecs : Énée guide les siens vers cette terre où il établira son royaume comme vers un littéral Far West dont la conquête justifie d'affronter tous les dangers et, pour Énée recueilli par Didon à Carthage, de s'arracher aux bras de la reine. Pour  Linné et de Fabricius, et tous leurs contemporains, nourris au lait de la poésie de Virgile et d'Horace, Hesperia désigne d'abord le but de l'épopée d'Énée.

Pour choisir parmi ces propositions, il me paraît légitime d'écarter les formes qui s'écartent de celle choisie par Fabricius : Hesperus, Hesperius, Hesperis et Hespera. 

Par contre, je ne peux choisir entre l'Hesperia la nymphe des Hespérides et l'Hesperia italique de l'Énéide. Les naturalistes-nomenclateurs ont largement fait appel aux œuvres de Virgile pour nommer les papillons, tant le poète de Mantoue a nourri leur formation scolaire (voir l'épigraphe de l'Histoire des insectes de Geoffroy et celles du Verzeichniss de Denis & Schiffermüller). Bien que les noms géographiques soient rares sous la plume de Fabricius, le nom Hybleia en donne pourtant un exemple patent. Le point final de la destination des Troyens est une suite logique de l'histoire racontée par Linné dans les noms des cinq phalanges des Equites (les guerriers Grecs et Troyens), des Heliconii (les Muses guidées par Apollon), des Nymphales (les Nymphes) et de Danaïdes reconstituant tout le monde enchanté de l'Antiquité grecque selon Homère et Hyginus.

 D'un autre coté, les Nymphes, êtres féeriques et gracieux des lieux naturels, sont si bien accordées à l'image des papillons qu'il pouvait être très tentant pour Fabricius de puiser encore dans le répertoire de leur nom comme l'avait fait Linné. 

L'Enéide, origine du nom de genre de papillon Hesperia, Fabricius, 1793.  

 

 

 


 3.  Nom d'espèce : Hesperia comma (Linnaeus, 1758).


a) Description originale

Papilio comma,  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824, page 484

Comma N° 162. P.[apilio] P.[lebejus] [urbicolae] —alis integerrimis divaricatis fulvis ; punctis albis lineolaque nigra.

b) Références données par Linné. 

— Linné, 1746, Fauna suecica n°793 page 241.
"Papilio hexapus  alis divaricatis integerrimis fulvis ; punctis albis, lineaque nigra. 
Act. Ups. 1736 p. 23 n°33 Papilio alis erectis ovatis integerrimis testaceo-griseis, tesserulis albis linea nigra sub superioribus.
Habitat in Pratis."
Ici, Linné fait référence à l'inventaire de la faune de Suéde, telle qu'il l'a publiée en 1736. - Act. Ups. correspond en effet aux Acta literaria et Scentiarum Sveciae Upsaliae publicata, Volume 4 publiés par la  Kungl. Vetenskaps-societeten i Uppsala : Linné y a publié la liste des animaux qu'il a observé en Suède en 1736 : Caroli Linneai Med. doct. & Soc. Reg. Lit. ac Scient. Memb. ANIMALIA per SVECIAM observata pp. 97-138 [ALSS 1742]. La description se trouve page 119 de l'exemplaire numérisé par Google, sous le n° 33. 
 Cette référence permet à Verity de préciser la localité-type : Suède.

—Maria-Sibylla Merian, 1683 surin. tab. 63 f.2.

c) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type :  Suède, désignée par  Honey, M. R. & Scoble, M. J. 2001. Linnaeus's butterflies (Lepidoptera: Papilionoidea and Hesperioidea). Zoological Journal of the Linnean Society, 132(3): 277-399, page 314. Pour Verity (1940) : "in Europa", Suède méridionale, par considération de la première citation, celle de la Fauna suecica, d'autant que les échantillons de Linné sont encore conservés.

 

— Selon Dupont & al. 2013,  cette espèce est présente dans la région paléarctique et la région néarctique. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur des Fétuques du groupe ovina L et sur Nardus stricta L.

— Selon Wikipédia, C'est un petit papillon d'une couleur marron moutarde avec sur son revers des taches blanc argenté caractéristiques.La chenille est de diverses couleurs, verte, marron grisâtre quelquefois rose foncé. Le Comma est univoltin, il vole en une seule génération entre mi-juin et mi-septembre. Il hiverne au stade d'œuf ou de très jeune chenille. Les plantes hôtes de sa chenille sont des Poaceae, principalement Festuca ovina mais accepte aussi Lotus corniculatus, Ornithopus perpusillus. Le Comma réside sur friches sèches et sur pelouses.


 

 

 

d) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

  • Augiades comma (Linnaeus, 1758)

  • Hesperia comma comma (Linnaeus, 1758)

  • Papilio comma Linnaeus, 1758

 

 

Sous-espèces.

            Selon Dupont & al. (2013)   Tshikolovets  retient trois sous-espèces en Europe et dans le bassin méditerranéen :

- comma Linnaeus, 1758

- benuncas Oberthür, 1912. Localité-type : Tazoult, Algérie. Les pièces génitales de ce taxon sont différentes (Higgins, 1975).

- pallida Staudinger, 1901. Localité-type : Syrie. Ce taxon semble en situation parapatrique avec la lignée nominative dans les Balkans.  

 

e) Origine et signification du nom comma

        

 Les interprétations des étymologistes :

—Gustav Ramann, (1870-76) page 111:

"Das Wort Comma heisst eigentlich ein Einschnitt und bedarf wohl als bekanntes Interpunktionszeichen keiner Erklärung."

 

— L. Glaser (1887) page 133 :

(Komma, od. Beistrich)

— Anton Spannert (1888) page 53 :

"Einschnitt Komma ; wegen der entsprechenden Zeichnung auf den Oberflügeln [sic!] des Mannes."

 — Arnold Spuler ( 1908) page 72:

nach dem komma-artigen  Fleck beim♂ (dem beistrichförmigen Duftschuppenfleck).

D'après la tache en forme de virgule du mâle (la tache androconiale)

— August Janssen (1980) page 45 :

de kommavormige vlek van riekschubben op de voorvleugels van het mannetje".

 D'après la tache androconiale en forme de virgule sur les ailes du mâle

 — A. M. Emmet (1991) page 144 :

  "κομμα (komma), the comma, from the sex-brand on the male forewing. In classical Greek κομμα signified a "period" or sentence in a speech, or the caesura or pause in a line of verse ; later it became the name of a mark of punctuation, cf. [thymelicus] linea and lineola . Linnaeus' description is brief and ambiguously worded. He speaks of white spots without stating that they are on the hingwind underside. In consequence early British authors like Harris (1775) conclued that comma was the name of the Large Skipper which (unless they were right) is not described in Systema Naturae. It is significant that Linnaeus makes no reference to the descriptions of the large skipper by Petiver and Ray. "

  "κομμα (Komma), la Virgule, de l'androconie sur l'aile antérieure du mâle. En grec classique κομμα signifie une «période» ou une phrase dans un discours, ou la césure ou pause dans un vers; plus tard, il est devenu le nom d'une marque de ponctuation, cf. [Thymelicus] linea et lineola. La description de Linné est brève et formulés de manière ambiguë. Il parle de taches blanches sans préciser qu'ils sont sur la face inférieure des ailes postérieures. Par conséquent les premiers auteurs britanniques comme Harris (1775) concluent que  Comma est le nom du Large Skipper [Ochlodes sylvanus] qui (sauf si ils avaient raison) n'est pas décrit dans le Systema naturae. Il est significatif que Linné ne fait aucune référence à la description du Grand Skipper par Petiver et Ray.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 260 :

comma : du grec kómma, "virgule". Allusion à la forme de la strie androconiale présente à l'avers des ailes antérieures, chez les mâles.

— Perrein et al. (2012) page 122 :

du grec komma, "morceau, segment", par la suite une marque de ponctuation: la virgule ; en raison du gros trait androconial du mâle. 

— Arizzabalaga 2012 :    

Hesperia comma Per la forma en coma de l’androconi del mascle  

 

Discussion : 

Tout a été dit, un point c'est tout.

...sauf ceci :  Les androconies des Hespéries : influence sur les Noms Propres des Thymelicini.

 

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 


I. Les Noms français. 

 

1. Le Papillon Virgule, Charles de Geer, 1771

Charles de Geer,1771  Mémoires pour servir à l'histoire des insectes 2 (1) page 189 Planche 1 figure 4 et 5.

 

"Papillon à ailes d'un jaune d'ocre en dessus avec un trait noir, & verdâtres en dessous à taches quarrées blanches. Il est petit, mais le corps est fort gros à proportion de l'étendue des ailes, qui sont étroites et peu longues. Le dessus des ailes est d'un jaune d'ocre tirant sur l'orange, mêlé de nuances plus claires & de nuances brunes, surtout vers le bord postérieur. Les ailes supérieures ont en dessus une tache allongée en forme de trait noir, qui quelquefois a du luisant & qui est dirigé selon la longueur de l'aile. Comme ce trait ressemble en quelque sorte à une virgule, on s'en est servi pour la dénomination du Papillon. Le dessous des ailes, dont la couleur est verdâtre, a plusieurs taches quarrées blanches. La tête et le corps, qui sont gros et massifs, sont couverts de poils verdâtres placés sur un fond noir. Les antennes & leur bouton sont d'un jaune d'ocre, mais du coté extérieur le bouton est noir."


2. "Hespérie Comma" , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique : Entomologie, ou Histoire naturelle des crustacés et des insectes, Paris : Vve Agasse tome 9, page 769 n°115.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

3.  "Hespérie Comma " , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, page 237 n°90 Planche   peinte par Vauthier et gravée par Lanvin.

 


4. L'Hespérie Comma, la chenille, Duponchel, 1849.

—Philogène Auguste Joseph Duponchel 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. BHL.Library page 214.

"Cette chenille vit sur la Coronille variée (Coronilla varia)" [ce qui ne s'est pas confirmé]


Planche XXXI fig.90. © BHL.

        n278_w312

 

 

5. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

Dans son article Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe paru dans Alexanor en 1986, Gérard Luquet recommande pour Hesperia comma l'emploi du nom vernaculaire "La Virgule" (avec une note [20]) mais écarte  "Le Comma", imitation du nom scientifique.

note [20] "Il semble que ce soit par erreur que Rappaz indique avoir lui-même créé le nom de "Virgule" pour l'Hesperia comma. Je l'ai en effet relevé dans d'autres ouvrages publiés antérieurement au sien." 

 

 

6. L'étude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 260 :

Simple traduction du nom scientifique de l'espèce .

 

                           

 

7. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de 

—H. Bellmann / G. Luquet 2003 : "La Virgule ".

— Doux & Gibeaux 2007 : "La Virgule".

— Lafranchis, 2000 : "La Virgule" .

— Perrein et al. 2012 : "Virgule".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "La Virgule"

— Wikipédia : " Le Comma (ou Virgule)".

 

8.  Discussion.

  Signe de ponctuation ayant la forme d'un petit trait courbé vers la gauche (,), placé à droite et au bas d'un mot pour séparer les membres d'une phrase ou indiquer une pause faible, la virgule est emprunté au latin classique virgula « petite baguette, petite verge », à cause de sa forme. 

Le nom vernaculaire La Virgule, comme le nom scientifique H. comma appartiennent aux noms de papillons faisant appel à un signe typographique : soit un point , ou un deux-points, soit des lettres ou des chiffres, qu'ils écrivent parfois eux-mêmes ( Autographa gamma et iota) sur leurs ailes : je citerais ainsi bipunctaria et bipunctella, bipunctosa, c-album, c-nigrum, charactera, gamma, graphodactyla, iota ipsilon, l-album, l-nigrum, lamda, lambdella, leucographa, mi, ni, nigripunctella, notata, psi,  sigma, unipunctata, v-ata, v-flava, w-album, w-latinum, ypsillon et zeta. 


 


 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

La dénomination est dominée soit par la virgule noire de la face supérieure des ailes antérieures, soit par les taches blanc-argent de la face inférieure des postérieures.

  • "Silver-spotted Skipper" en anglais. "Skipper à points d'argent."
  • "Komma-Dickkopffalter" en allemand "Le Grosse-tête Virgule"
  • "Dard de taques blanques" en catalan  Nom de genre "Dards" "Pel seu vol directe i rapid" Nom spécifique "Dard de taques blanques" "Per les taques blanques al revers de l’ala posterior" "La Flêche (le dard) à taches blanches".
  • "Gelsvažalis storgalvis" en lituanien
  • "Súmračník bieloškvrnný" en slovaque : "Skipper points blancs"
  • "Soumračník čárkovaný" en tchèque "Skipper pointillé"
  • "Dorada manchas blancas" en espagnol : "Doré à taches blanches".
  • "Vesszős busalepke" en hongrois
  • "Tačkasti skelar" en serbe
  • "Kommabredpande" en danois
  • "Kommavlinder" en néerlandais papillon Comma
  • "Valkotäpläpaksupää" en finnois 
  • "Livadni debeloglavac" en croate 
  • "Kommasmygger" en norvégien : Skipper comma
  • "Silversmygare" en suédois : Skipper argent.
  • "Komapunnpea" en estonien : Hesperie Comma
  • "Esperia comma" en italien Hespérie comma
  • "Karłątek klinek" en polonais Hespérie comma
  • "Gümüş Benekli Zıpzıp" en turc. Hespérie aux points d'argent.

 

Langues celtiques  : 

 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas encore de nom en breton ; 

  • " Gwibiwr arian" en gallois. : 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Le nom vernaculaire anglais selon M. Salmon (2000).


Première observation Moffet ? 1634, Merret, 1666, Harris, [1772] 1775.

  • "The Pearl Skipper" Harris, 1775 ; Donovan,1800 ; Samouelle, 1819 ; Rennie, 18332 ; Humphrey & Westwood, 1841 ; Wood, 1852 ; Morris, 1853 ; Stephens, 1856 ; Newman, 1860 ; W.E. Kirby, 1906 ; Newman & Leeds, 1913.
  • "The August Skipper" : Lewin, 1795.
  • "The Silver-spotted Skipper" : Haworth, 1803 ; Jermyn, 1824 ; Morris, 1853 ; Newman, 1871 ; Furneaux, 1894 ; South, 1906 ; et la plupart des auteurs suivants.


 

 

 

 

            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : Hesperia comma.

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Hesperia comma.

— UK Butterflies : Hesperia comma.

— lepiforum : Hesperia comma.

— jardinsauvage.fr : Hesperia comma.

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  qui interdit un lien direct. Suivre donc accueil ->Lepidoptera ->etc...  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

 

        Bibliographie :  Zoonymie des Rhopalocères : bibliographie.

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:18

Zoonymie de l'Hespérie de l'Alcée Carcharodus alceae (Esper, 1780).

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

Carcharodus Hübner [1819]du grec Kapxàpoôouç karkharodous: "qui a des dents pointues", pour qualifier l'aspect dentelé des franges des ailes. Hübner a défini la Famille des "Méfiants" à laquelle appartient son genre par la mention die Senken ziemlich zähnig gezähnt. ("la marge des ailes dentelées de manière assez acérée"), et le genre lui-même par la phrase:  Die Flügel bunt gemischt, die Senken zackig gezähnt. ("Les ailes de diverses couleurs, les marges dentelées en dent-de-scie."). Difficile d'être plus clair sur la signification du nom.

— alceae Esper, 1780. Esper a indiqué dans sa description originale qu'il nommait cette espèce selon le genre de la plante-hôte Alcea rosae ou "Gartenmalve" dont se nourrissait la chenille. Il s'agit de notre Rose trémière, (Rose d'Oustremer) ainsi nommée parce qu'elle aurait été ramenée d'Orient au XIIe siècle lors des Croisades. La chenille se nourrissant aussi de divers Mauves (Malvacées) plus sauvages et plus autochtones, la plupart des auteurs ont vu dans cette épithète spécifique -alceae une allusion à Malva alcea, la Mauve Alcée.

 

— Le nom vernaculaire "Le papillon Grisette" a été créé par Geoffroy en 1762  et repris par Engramelle en 1779 pour désigner Erynnis tages. En 1821, à une période de confusion dans les e mutiples dénominations européennes des Hesperiidae, Godart  a appliqué le nom "Papillon Grisette" de Engramelle à Carcharodus alceae, tout en le renommant "L'Hespérie de la Mauve". Face à cette confusion, Gérard Luquet a créé en 1986 le nom de l'"Hespérie de la Passe-Rose" du nom rare de la Rose trémière A. rosea. Puis, regrettant en 1997 le caractère allochtone (importé) de cette plante-hôte, il a remplacé ce nom par celui de l' "Hespérie de l'Alcée" en référence à Malva alcea

 

 

                     Nom scientifique.

 

 

 I.  Famille, Sous-famille, Tribu.

1°) Super-famille des Papilionoidea Latreille, 1802

2°) Famille des Hesperiidae Latreille, 1809 : [Hespéries ou Hespériides]  

  • Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]
  • Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925
  • Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

3°) Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]

  • Tribu des Erynnini Brues & Carpenter, 1932
  • Tribu des Pyrgini Burmeister, 1878
  • Tribu des Carcharodini Verity, 1940

4°) Tribu des Carcharodini Verity, 1940.

  • Genre Carcharodus Hübner, [1819]
  • Genre Spialia Swinhoe, 1912
  • Genre Sloperia Tutt, 1906 

 

 


2. Nom de genre :  Carcharodus, Hübner, [1819].

a) Description originale : 

 

Carcharodus Hübner, [1819] : Carcharodontes,  Jacob Hübner, Verzeichniß bekannter Schmettlinge, Augsburg ; Verfasser, 1816-1826 [1819], (7) page 110
Description : 

 Die Flügel bunt gemischt, die Senken zackig gezähnt.   

  •  

    -1189.  Carcharodus Lavatherae  Esp. page 82 4 Tages Sulz. Gesch. 19 6 7 Hübn. pap. 455 454.
    -1190. C. Altheae Hübn. Pap. 452-453.
    -1191 . C. Malvae Shiff. verz.pap. A 1; Hübn. pap. 450-451. Alceae Esper pap. 51 3

     

— Type spécifique: Papilio alceae Esper (ICZN), cf Hübner n°1191 supra.

— Ce genre renferme en France les espèces suivantes

  • Carcharodus alceae (Esper, 1780) Hespérie de l’Alcée. 
  • Carcharodus lavatherae (Esper, 1783) Hespérie de l’Epiaire.
  • Carcharodus baeticus (Rambur, [1839]) Hespérie de la Ballote.
  • Carcharodus floccifer (Zeller, 1847)  Hespérie de la Bétoine. [C. Altheae Hbn ]

— Description (Oberthür Faune armor. 1921)

"...réuni certains Hespéridés dont les ailes inférieures portent sur leurs bords des dents nombreuses et fortes. La massue des antennes est droite est très forte et ovoïde, le thorax très large et l'abdomen un peu plus long que les ailes inférieures. Les ailes supérieures sont ornées de taches transparentes ou vitrées et le repli du bord costal surtout à la base est très prononcé.

Les chenilles sont d'un grisâtre plus ou moins mélangé de rouge ; elles vivent sur les feuilles des malvacées qu'elles enroulent en une sorte de cornet pour se chrysalider."

En Bretagne, où  s'observaient alors les deux espèces C. alceae et C. altheae Hbn. (actuel C. floccifer), Oberthür donnait comme critère de différenciaition l'aspect des ailes inférieures, ornées chez C. floccifer "d'une tache blanche très nette et de trois ou quatre taches grisâtres mais très distinctes" alors que C. alceae ces ailes inférieures portaient "des ilots grisâtres assez confus, mais sans taches blanches véritables et bien distinctes."

b) Origine et signification du nom Carcharodus selon divers auteurs.

 

— Arnold Spuler ( 1908) page 73:

"Gr. scharf-, spitzzähnig"

— August Janssen (1980) page 45 : 

—A. Maitland Emmet (1991) page 145 :

 "Kapxàpoδouς (karkharodous), with sharp, jagged teeth : the teeth are, presumably, the conspicuous bars in the terminal cilia."  

— Hans-A. Hürter (1998) page 416 :

"Deutung : Es handelt  sich um eine Gattung von "Faltern mit deutlich gezacktem saum der Hinterflügel" (F-W II,S.105). In diesem Falle hat sich Hübner bei der Namensgebung vom Aussehen der Falter leiten lassen. "

"Interprétation: Il s'agit un genre de papillons "dont la marge  des ailes postérieures est clairement découpée en dents de scie"(FW II, p.105). Dans ce cas, Hübner s'est laissé guidé dans la dénomination par l'aspect du papillon."     

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 232

 ": mot grec signifiant "pourvu de dents tranchantes, pointues". Les dents sont, présumablement, les motifs fortement festonnés de la marge postérieure."

— Perrein et al. (2012) page 95 :

"Étymologie : du grec karcharias, "requin" et odous, odontos, "dent", allusion probable à l'impression de la denture acérée de la frange des ailes d'après Luquet (comm. pers.)"

— Arizzabalaga & al. (2012) :

"Del grec: amb dents esmolades; pel dibuix de les fímbries de les ales"

"Du grec : "dents pointues" en raison du dessin de la marge des ailes".    


c) Discussion 

  Hübner a classé ses papillons dans son Catalogue (Verzeichniss) en Phalanx, Tribus,  Stirps, Familia et Coitus, lesquels sont les équivalents de nos Genres. 

Dans la Phalange I des Papiliones, dans la seconde Tribu des Gentiles et la 6ème Stirps des Astyces (les "Urbains" qui accueillent les Plebejus urbicolae de Linné), la Famille  F nommée Vorsichtige, Cauti. "Les Méfiants" est définie par la description suivante : Die Flügel durchsichtig gefleckt in buntem Grunde ; die Senken ziemlich zähnig gezähnt. "Les ailes transparentes tachetées de motifs colorés ; les [bordures ] dentelées de manière assez acérée" (?). Il est possible qu'ils soient nommés "Méfiants" parce qu'ils montrent ainsi les crocs, vu l'insistance de la répétition "zähnig gezähnt" (zahn = dent). 

Après celui des Erycides et des Mysceli, le Genre des Carcharodonten, Carcharodontes (en allemand puis en latin) est le 3ème Coitus de cette Famille aux dents aiguisées. Ce genre est décrit pour sa part ainsi :  Die Flügel bunt gemischt, die Senken zackig gezähnt. "Les ailes de diverses couleurs,   les [bordures, franges] dentelées en dent-de-scie.".

L'étymologie du nom de genre Carcharodus, du grec Kapxàpoôouç  (karkharodous) : composé de karcharos = "aiguisé" et odous = "dent", soit  "qui a des dents aiguisés". On voit par ce qui précède que ce nom n'est pas seulement une "allusion probable" (Perrein & al) envisagée "presumably" (Emmet), "présumablement" (Luquet) mais une qualification certaine et argumentée de l'aspect dentelé de la marge des ailes. La seule difficulté, que je retrouve dans la plupart des noms génériques de Hübner, étant de traduire son usage — qui lui est propre— du mot Senken, lequel se traduit actuellement par 'abaissement", réduction, baisse" ou par "contre-alésage", que je peux peut-être rapprocher de "chanfrein". Puis passer de "chanfrein" à "bord de fuite". Et ainsi à l'idée de bordure, de frange ou de marge de l'aile. 

Pour mémoire, Carcharodon est un genre de requin qui contient notamment Carcharodon carcharias le Grand requin blanc.

 

 3.  Nom d'espèce : Carcharodus alceae (Esper, 1780).


a) Description originale

—Texte : Papilio alceae  Esper, E. J. C. 1780-1786. Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur mit Beschreibungen. Erster Theil zwenter Band welcher die Fortsebungen der Tagschmetterlinge. Erlangen. (Walther). 190 pp. Page 4.

P.[apilio] Pl.[ebejus] Urb.[icolae]  Alceae.  Der Falter der Gartenmalve.

Alis denticulatis divaricatis fuscis nigro-maculatis, superioribus maculis pellucidis in apice tribus, in disco quatuor, sparsis.

  Man hat  diesen Falter für eine Abänderung des P. Malvae, sonag beyde für einerlen Gattung erklärt. Dies habe ich schon in der Beschreibung des letztern erwähnt. Rösel hat denselben nach der 7. Figur seiner X. tafel in Abbildung geliefert, und beyde für zufällige Abweichung erklärt.

 Wir ist seitdem eine genauere Untersuchung angelegen gewesen. Seit einigen Jahren kam wir gerade die Raupe dieses P. Alceae, so nenne ich ihn von der gewöhnlichsten Futterpflanze, der alcea rosea, unserer gemeinen Gartenmalve, besonders häusig zu handen. 

Zu Versuchen, deren ich benöthiget war, gaben sie zuverläßige Probe. Ich fand sie fast zu jeder Zeit auf besagtem Gewächs, von dem ich zur Bezeichnung desselben den  Namen geborgt. In den ersten Tagen des Frühlings entdecken sich schon auf dem vorjährigen Laub überwinterte Raupen in ausgewachsener Grösse. Zugleich fand ich Chrysaliden, die sich etwa schon im spätesten herbst verwandelt.

[...] Bey dem P. Malvae ist der rand gleichsausend, und die Flecken daran sind nicht in Spitzen verlängert, sondern vierlieckig gebildet. Die Unterseite sämlicher Flügel ist von dunkler Farbe, mit braun und grünlicher Mischung. Tener führt sie heller, mehr mit Weissem und Gelben vermengt. Nach der Grösse hat man ihn um die Hälfte kleiner, abre auch um vieles beträchtlicher  gefunden, als vorliegende Abbildung erweitzt. Er erscheint in gleichen Zeiten und Orten mit dem P. malvae.  Herr Sulzer hat ihn für den P. Tages L. erklärt 

 ...

 


— Illustration originale Esper, E. J. C. 1780-1786. Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur mit Beschreibungen. Erster Theil zwenter Band welcher die Fortsebungen der Tagschmetterlinge. Erlangen. (Walther). 190 pp. Fig. 3. Tab.LI. Continuat. I

 

c) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type : « Erlangen », Bavière, Allemagne d'après Verity (1940)

 

— Selon Dupont & al. 2013, cette espèce a une répartition sud-européenne-touranienne. Elle est aussi présente dans la péninsule arabique et au Cachemire. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses Malvaceae.

— Selon Wikipédia, "L'Hespérie de l'alcée est un petit papillon d'une envergure de 25 mm à 34 mm qui présente un dessus marbré de marron, marron foncé et gris et la marge des ailes postérieures est dentelée. Le revers est plus clair et les antérieures des mâles n'ont pas de touffe de poil."

 

 

d) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

Carcharodus alceae alceae (Esper, 1780)
Carcharodus alceae corsicus Picard, 1948
Carcharodus alceae magnaustralis (Verity, 1924)
Papilio alceae Esper, 1780
 

Carcharodus alceae (Esper, 1780) :Hemming, A. F. 1947. Opinion 181. On the type of the Genus Carcharodus Hübner, [1819], and its synonym Spilothyrus Duponchel, 1835 (Class Insecta, Order Lepidoptera), genera based upon an erroneously determined species. Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature, 2: 591-610.

[Désignation de type subséquente] ICZN 1954. Opinion 270. Addition to the Official List of Generic Names in Zoology of the names of five nominal genera of butterflies (Class Insecta, order Lepidoptera, originaly established with misitentified type species, for witch type species in harmony with accustomed usage where designated under the Plenary power in 1935. Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature, 6: 25-40. page 34

[Nomenclature] Heppner, J. B. 1981. The dates of E. J. C. Esper's Die Schmetterlinge in Abbildungen… 1776–[1830]. Archives of Natural History, 10: 251-254.

 

e) Origine et signification du nom alceae.

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

 —Anton Spannert (1888) page 51 :

 malva alcea Sigmars Malve 

                Sigmars Malve : nom vernaculaire de Malva alcea (on trouve Sigmarskraut, Sigmarswurz, )

— Spuler (1901-1908) page 74 :

Nach Malva alcea benannt"

— August Janssen   (1980) page 45 :

 Malva alcea = vijfdelig kaasjeskruid (een van de voedselplanten van de rups)

Malva alcea, la Mauve cinq-pièces [Vijfdelig Kaasjeskruid = nom vernaculaire de la Mauve Alcée] (l'une des plante-hôtes de la chenille)



— A. M. Emmet (1991) page 145 :

Alcea, a genus of Malvaceae, or Malva alcea, a species of mallow not found in Britain : from the larval foodplants.

"Alcea, un genre de Malvacée, ou Malva alcea, espèce de Mauve absente de Grande-Bretagne : des plantes-hôtes de la chenille"

—Hans-A. Hürter (1998) page 416 :

Deutung : Ein Schüler des Aristoteles, Phainias, vergleicht "die kreisrunde vielfächerige Malven-Frucht treffend mit einem Kuchen : sie erinnert auch an einen runden Käse, woher die deutsche Benennung der Malve als Käsekraut, Käsepappel, französisch herbe à fromage, niederländisch Kaasjeskruid" kommt. (nach Pauly, 27, Halbbd., 1928, S.923)

So gesehen ist die Dartstellung von Janssen richtig, doch beziehen sich die Ausführungen in Pauly zu Käselkraut /Käselpappel wiederum auf die "Roßmalve, Malva sylvestris L., die in Griechenland wie in Italien verbreitetste Art." Hieran wird deutlich, wie auch in der Botanik die Verwendung von Namen in der landessprache zu Verwirrung führt.

Es gibt keinen Anlaß, die Ausführungen in Schauer oder Fitter anzuzweifeln, so daß Sigmarswurz bzw. Rosen-Malev zu akzeptieren ist.

Was jedoch der Erstbeschreiber Esper unter der "Gartenmalve", die er "alcea rosea" nennt, versteht, ist unklar. Vielleicht haben sich auch hier Übertragungsfehler (1780!) eingesschlichen und er meint statt alcea Althaea und anstelle von rosa rosea, dann hätte man eine Eibisch-Art, die in Fitter, S.142 mit "Stockrose, Althaea rosea" bezeichnet ist. Allerdings ist sie für Deutschlands als "selten" gekennzeichnet ; sie kann also nicht Esper "Gartenmalve" sein.

Wahrscheinlich war die in Schauer S.76 vorgestellte "Rosen-Malvae, Malva alcea L. " Espers "Gartenmalve" und inspirierte ihn zu der Namensgebung für den Dickkopffalter. Diese "Rosen-malve" kommt in "fast ganz Europa zerstreut" vor ; damit hätte man dann auch eine verbindung zu der Malvenart, die Dioskoridas als ἀλκαἰα beschrieben hat.

Commentaire de cette interprétation : bien que Hürter soit le seul auteur à citer le texte original de Esper (citation non reproduite ici car elle précède son interprétation), il n'en déduit pas clairement que Esper mentionne Alcea rosea, et non Malva alcea comme plante-hôte et donc comme origine du nom scientifique de la nouvelle espèce de papillon. Hürter peine à déterminer quelle est la plante désignée par Esper comme "Gartenmalve" bien que Fitter lui indique qu'il s'agit de Althaea rosea la Rose trémière (Stockrose), car cet auteur la qualifie de "rare" en Allemagne". Dommage.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 232 :

: nom forgé sur celui de Malva alcea (Malvacées)

— Perrein et al. (2012) page 95 :

du latin alcea "mauve, guimauve" -du grec alkea, même sens-, "de la mauve" pour Esper. 

— Arizzabalaga 2012 :

 

: Per una de les seves plantes nutrícies, l’alcea o malví bord

 

 

Discussion : 

 

Dans sa description originale,  Esper établit soigneusement la différence avec le papilio Malvae de Linné, et donne clairement le nom de la plante-hôte :

... so nenne ich ihn von der gewöhnlichsten Futterpflanze, der alcea rosea, unserer gemeinen Gartenmalve, besonders häusig zu handen.

"Aussi je nomme cette espèce du nom de la plante-hôte la plus commune de la chenille, Alcea rosea, notre très répandue "Mauve des jardins"." 

Il s'agit donc sans ambiguïté d'Alcea rosea L., (synonyme Althaea rosea L.)  la "Rose trémière" ou "Passe-Rose", dont les noms vernaculaires allemands sont actuellement  "die Gewöhnliche Stockrose",  "Stockmalve", "Garten-Pappelrose", "Bauernrose" ou "Garten-Stockrose".  Elle appartient à la sous-famille des Malvoidae. En 1800, elle était nommée Große Gartenmalve, Gartenpappel ou Stockrose. C'est une espèce qui croît dans les jardins champêtre, et son nom de "Rose Trémière", raccourci de "Rose d'Outremer*" indique qu'elle aurait été introduite au XIIe siècle à l'occasion du retour de Croisades. 

*Le terme passe-rose date de 1234, tandis que le nom trémière, qui est une altération de rose d'oustremer, date de 1500.

  Linné a décrit le genre Alcea dans Species plantarum de 1753 page 687 avec deux espèces ; A. rosea (Malva rosea de Bauhin) et A. ficifolia (à feuilles de figuier).

A la page 689, Linné décrit aussi, dans le genre Malva, l'espèce malva alcea (Alcea vulgaris major de Bauhin). Il s'agit cette-fois de la Mauve Alcée, qui ne pousse pas dans les jardins mais dans les prés, les haies et les chemins.    

 La consultation du texte original d'Esper n'incite pas à accepter l'interprétation du nom spécifique  -alcea par Spuler ("nommé d'après Malva alcea") ou dans la seconde partie de Emmet (" Alcea, un genre de Malvacée, ou Malva alcea, espèce de Mauve) puisque  Alcea (rosea) signalée par Esper ne peut être assimilée à malva alcea.

 

 

Conclusion : Bien qu'il soit parfaitement établi que les plante-hôtes de Carcharodus alceae sont diverses Malvacées* dont Malva alcea et Alcea rosea, historiquement le nom spécifique Carcharodus alceae Esper, 1780 est déterminé par le nom de genre Alcea et renvoie à la Rose trémière Alcea rosea.

* Liste selon Erwin Rennwald (lepiforum) : Malva moschata, Malva alcea, Malva sylvestris, Malva sylvestris var. mauritiana, Malva neglecta, Alcea rosea (= Althaea rosea) , Althaea officinalis (Guimauve), Lavatera thuringiaca, Abutilon theophrasti, Malvella sherardiana, Chrozophora tinctoria .

 

 

 

                                       alt=Description de cette image, également commentée ci-après

 

Par ailleurs, nous retrouvons ici une partie des réflexions développées au sujet de Pyrgus malvae, à qui Linné avait attribué comme plante-hôte les Mauves, par assimilation peut-être avec les descriptions de Merian et de Roesel. 

Zoonymie de l' Hespérie [de la Mauve ou] de l'Ormière, Pyrgus malvae.      

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 


I. Les Noms français. 

 

 Nous entrons dans un système de dénomination confus, où les noms cités ne désigneront pas toujours exactement notre Carcharodus alceae actuel, mais témoigneront néanmoins sur le plan historique de la mise en place des tentatives de dénomination des naturalistes français depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, tandis que s'affineront la connaissance des espèces, et celle de leur plante-hôtes.

 

 1." Le Papillon Grisette", Geoffroy 1762  = P. tages.

 Geoffroy page 68 n° 39  donne son papillon comme le papilio tages de Linné. Ce nom n'est donc pas celui du Papilio alceae de Esper, qui n'est d'ailleurs pas encore décrit.

        Je rappelle qu'au XVIIIe siècle, la Grisette n'est pas seulement (voir définition du CNRTL) une jeune couturière d'abord facile, mais une étoffe : depuis 1306 au masculin (griset) c'est un drap de couleur grise, puis depuis 1651 une étoffe grise de peu de valeur : on dit "une culotte de grisette, des gilets de grisette", et en emploi adjectivé "une robe grisette".

Comme toujours chez Geoffroy, le nom propre n'est jamais directement un adjectif de couleur  ("le papillon gris", "le petit gris", "le grisâtre") mais toujours un matériau : ici la couleur grise a donné naissance à un matériau précis (étoffe grise et bon marché) et ce substantif est revenu qualifier la couleur de la "robe" des ailes d'un papillon. D'où la puissance métaphorique du nom de papillon (du temps où le nom du tissu était compris) qui renvoyait d'abord à un textile (évocations non seulement visuelles mais tactiles, sonores, ou olfactives), puis aux jeunes demoiselles qui le portaient (évocations émotionnelles et mnésiques, élargissement de l'image à un contexte), éventuellement encore à des références littéraires.

Littéraires ? Voici Jean de la Fontaine (Contes et Nouvelles en vers, 1665-1674):

"Sous les cotillons des grisettes  Peut loger autant de beauté Que sous les jupes des coquettes.
 

"Une grisette est un trésor Car, sans se donner de la peine, Et sans qu'aux bals on la promène, On en vient aisément à bout"

"Par où le drôle en put croquer, Il en croqua ; femmes et filles, Nymphes, grisettes, ce qu'il put, Toutes étaient de bonne prise"

 

Ou bien au XIXe : 

 

Elle passa, je crois qu'elle m'avait souri. 
C'était une grisette ou bien une houri. 
Je ne sais si l'effet fut moral ou physique, 
Mais son pas en marchant faisait une musique.   

Cette musique...vous l'avez reconnu à son pas : Victor Hugo.

 

2 "Le Papillon Grisette" 

 Jacques Louis Engramelle 1779, Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 198   n°98 Planche XLVI  dessinée par  Fossier et gravée par Juillet.  

Engramelle désigne sous ce nom le papilio tages, dont il donne les références suivantes : 

  • Linné S.N. 12e éd. page 795 n°268
  • Fabricius, Ent. page 535 n°398
  • Mullers S.N tome 5 page 632 n°268
  • Esper I Tab. XXIII fig.3 page 306 : P. Tages "le Papilion grisette".
  • Roesel I classe II page 59

Pourtant, sous le même nom, les naturalistes suivants (Godart) semblent avoir reconnu deux espèces différentes (actuellement, la planche de Engramelle numérisée par Google est de trop piètre qualité pour pouvoir être étudiée) et avoir considéré que le Papillon Grisette de Geoffroy était le Papilio tages que Engramelle a donné sous le nom de Point-de-Hongrie...et que le Papillon Grisette de Engramelle correspondait au Papilio alceae de Esper :

— "Papillon Grisette" Geoffr. = P. tages L. = Point-de-Hongrie Engr.

— "Papillon Grisette" Engr. = 1) P. tages L.  

                                     2) P. alceae Esp. = Hespérie de la Mauve Godart.

 

 

3. Hespérie de la Mauve, Hespérie Grisette, etc. Latreille, 1804

Pierre André Latreille   Histoire naturelle, générale et particulièreVolume 14 page 124

    Latreille, qui crée alors son genre Hesperia,  décrit : 

1. l'Hespérie de la Mauve Hesperia malvae = papilio malvae L. = Le Plein-Chant Geoffroy

2. L'Hespérie Grisette = Hesperia tages Fab. = Papillon Grisette Geoffroy et Engr.

3. L'Hespérie Plein-chant = Hesperia Fritillum Fab. = Plein-Chant d'Engramelle Suppl.3 Pl.7

4 à 7 Hespérie Echiquier, Bande Noire, Miroir, Protée 

 

4  Hespérie de la Mauve Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Entomologie, ou Histoire naturelle Paris : Vve Agasse tome 9, page 725 et page 779  n°138 

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 C'est sous ce nom que les auteurs classent le papilio alceae Esper 1780.


5. "Hespérie de la Mauve", Godart 1821.

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, page 243 planche XII secund einte par Vauthier et gravée par Lanvin.

a) Depuis la description de Geoffroy (1762) et d'Engramelle (1779), de nouvelles espèces ont été décrites, incitant Godart à faire, dès la publication de 1819, la mise au point suivante :

        Groupe C : Massue des antennes terminées par un crochet court et obtus : page 238

— XCI : Hespérie Plain-Chant = Pap. Malvae Linn. = Hesperia Fritillum var. Fabricius = Pap. Alveus Hübner = Papillon Plein-Chant Geoffroy et Engramelle. = Pap. Tesselum Hübner 

— XCII : Hespérie du Chardon Godart = P. Fritillum Fabricius = Pap. Malvae minor Esper = Pap. Alveolus Hübner. ( Plante-hôte : Cardère à foulon et chardon à bonnetier)

— XCIII : Hespérie Grisette = Pap. Tages Linné = La Grisette Geoffroy = Point-de-Hongrie Engramelle ( Plante-hôte Eryngium campestre selon Denis & Schiff.)

— XCIV Hespérie de la Mauve = P. Malvae Fabricius = P. alceae Esper = Papillon Grisette Engramelle = Pap. Althea Hübner (Plante-hôte Mauve sauvage et Passe-Rose)

Planche XII secund fig. 5 © BHL :

                       n340_w346

 

Initiée par Latreille et Godart, suivis de Boisduval 1829, Duponchel 1844 bientôt suivis par les auteurs germaniques, ce brassage des noms et des espèces va devenir difficile à démêler sur le plan de la taxonomie jusqu'à la mise à plat  de Francis Hemming pour l'ICZN pour les noms scientifiques, et de Gérard Luquet pour les noms vernaculaires. Ainsi par exemple en 2014 :

  • Papilio fritillarius Poda 1761 = Pyrgus carthami Hübner [1808-1813] = "Hespérie du Carthame".

  • Papilio malvae Linnaeus 1758 = Pyrgus malvae (Linnaeus, 1758) = "Hespérie de l'Ormière" -ex "Hespérie de la Mauve"

  • Papilio alceae Esper [1780] = Carcharodus alceae Esper, 1780 = "Hespérie de l'Alcée"]

 

 

 

 

 

 

6. L'Hespérie de la Mauve, Duponchel 1849 : la chenille.

Les plante-hôtes tiennent une place suffisamment importante dans cette zoonymie pour que la chenille y soit présente.

 

 P.-A.-J. Duponchel.  1849   Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir de complément à l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel  page 217-218  planche XXXII  dessinée par Delarue et gravée par Melle Perrot.

 

"Cette chenille vit dans les champs sur les différentes espèces de Mauves et dans les jardins sur la passe-rose ou rose trémière (Althaea rosea). Elle roule sur elle-même l'extrémité des feuilles dont elle se nourrit, en forme une espèce de cornet, et s'y tient cachée jusu'à sa dernière transformation, de sorte que ce cornet renferme également sa chrysalide, qui est arrondue, d'un brun rougeâtre,et couverte d'une poussière bleuâtre ou blanchâtre comme certaines Noctuélites [...]

Note : il parait constant que Linné n'a pas connu cette espèce, et que celle qu'il appelle Malvae est notre Tesselum (Plain-Chant). C'est Fabricius qui le premier a commis l'erreur, et tous les autres qui sont venus depuis l'ont propagée en la copiant : il est trop tard aujourd'hui pour la rectifier." 

Planche XXXII © BHL Figure 92 a-d

                           n286_w320

7. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

7a. "Hespérie de la Passe-Rose", Luquet, 1986.

 Dans son article Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe paru dans la revue  Alexanor en 1986, Gérard Luquet crée le nom de "Hespérie de la Passe-Rose" (note 2) et écarte les noms de "la Grisette" (note 1),  "L'Hespérie de la Guimauve" (Charles de Villers 1789) (note 3) et  "l'Hespérie de la Mauve " (Godart 1822) ( note 6)

 

— Note [1] : Le nom de "Grisette" a été improprement attribué par plusieurs auteurs à Erynnis tages ; il désigne en réalité Carcharodus alceae et doit être uniquement réservé à cette espèce.

Malgré cette note (au contenu peut-être inversé malencontreusement ?), G. Luquet dote le nom Grisette d'un symbole signifiant "Nom homonyme, ayant servi à désigner indifféremment plusieurs espèces. Il convient d'en bannir strictement l'emploi".

— Note [2] Robert a proposé, pour désigner les espèces du genre Carcharodus, le nom collectif de "Spilothyres" (simple transcription du latin Spilothyrus, taxon synonyme de Carcharodus), et le nom collectif de "Syrichtes" pour désigner les espèces appartenant aux genres Pyrgus et Syrichus. Je ne retiens pas ces deux noms, car leur application nécessiterait logiquement de créer également de nouveaux noms collectifs pour les autres genres d'Hespérides. Par souci de simplicité, j'a préféré garder le nom d' "Hespérie" pour la quasi-totalité des espèces appartenant à cette famille.

— Note [3] Le nom d' "Hespérie de la Guimauve" convient parfaitement à Carcharodus alceae, dont la chenille se développe sur diverses espèces de Malvacées, parmi lesquelles la Guimauve et la Rose trémière (ou Passe-Rose); toutefois ce nom prête à confusion, car il a également été employé pour désigner C. Flocciferus, manifestement comme simple traduction d'un des autres noms latins de cette espèce (altheae Hb. = altheae auct., emend. injuste taxa synonymes de C. flocciferus), dont la chenille vit par ailleurs sur d'autres végétaux.

— Note [6] Le nom d'"Hespérie de la Mauve" ayant été réservé à Pyrgus malvae, on doit en proscrire l'emploi pour Carcharodus alceae et C. flocciferus.

 

 

 

 7b. L'"Hespérie de l'Alcée" Luquet, 1997. La correction du nom vernaculaire par Gérard Luquet en 1997 et 2013. 

On lit dans Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine de Dupont & al. 2013 (publication dont G. Luquet est co-auteur) ceci :   

 "Le nom « Hespérie de l’Alcée » a été introduit (Luquet, in Ruckstuhl, 1997) pour remplacer « Hespérie  de la Passe-Rose », qui se référait à un végétal (Althaea rosea, dite aussi « Rose trémière ») constituant certes  une plante nourricière de l’espèce, mais allochtone*, et donc peu représentatif de la biologie de cette Hespérie  en Europe occidentale."

 

 *En écologie, le qualificatif allochtone est utilisé pour désigner des espèces d'origine étrangère au biome local. Il s'agit le plus souvent d'organismes introduits par l'homme, soit volontairement, dans une perspective économique ou esthétique, soit accidentellement (Wikipédia).

  Gérard Luquet  a organisé les noms vernaculaires des 50 espèces d' Hesperidae de France en leur attribuant pour la plupart (42/50) un nom de groupe "L'Hespérie de..."  suivi du nom de la plante-hôte (26 d'entre eux) ou d'une indication géographique pour les espèces à territoire limité. Ce cadre lui impose donc, pour Carcharodus alceae, de placer le nom d'une plante-hôte après "L'Hespérie de...". Il s'est aussi donné comme règle d'éviter la reprise du nom scientifique latin, y compris sous forme francisée. Il a donc créé en 1986 le nom de "Hespérie de la Passe-Rose", rejetant "l'Hespérie de la Mauve" de Godart 1822 qu'il a attribué à Pyrgus malvae et "l'Hespérie de la Guimauve" pour risque de confusion avec C. flocciferus

 En 1997, un scrupule l'a incité à supprimer ce nom et cette référence à la Passe-Rose condamnable car d'origine étrangère (allochtone) au profit de "l'Hespérie de l'Alcée", l'Alcée désignant cette fois-ci la Mauve Alcée Malva alcea. 

Ce choix pose les problèmes suivants :

  • un nom vernaculaire étant un support de communication entre amateurs, et non un condensé des connaissances scientifiques les plus actuelles, tout changement de nom entraîne un risque de mauvaise communication (malentendus, ambiguités) entre les personnes acquises au nouveau nom et ceux qui ont conservé l'usage de l'ancien. Surtout lorsque ce changement est introduit par le biais d'une traduction d'un ouvrage étranger, et non par une publication dans une revue de référence. Ce n'est qu'en 2013 que G. Luquet fera mention de ce nom dans la Révision Taxonomique et Nomenclaturale publiée sous la tutelle du Museum et du Service du Patrimoine naturel de la "Direction de la Recherche, de l'Expertise et de la Valorisation". 
  • Le nouveau "Hespérie de l'Alcée"  est — en apparence— calqué sur le nom scientifique C. alceae.
 

 

8. L'étude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 232

                           "-Hespérie : d'Hespéria, l'une des Hespéries, les nymphes qui gardaient les pommes d'or d'Hera. Fabricius se complaisait à inventer des noms reposant sur des calembours ou possédant un double sens, de sorte qu'un lien avec le mot grec Hespera, "soir", est vraisemblable : aux papillons "nobles", les "Diurni", les papillons du plein jour, Fabricius a très bien pu vouloir opposer les espèces plus petites et plus humbles, celles de la faible lumière ou du demi-jour, donc, du soir. (Emmet, 1991:144) cela, bien entendu, ne préjuge en rien d'un vol crépusculaire des espèces concernées. C'est du reste aussi l'opinion de Spuler (1901-19018 : 70) pour qui le nom générique Hespéria est forgé sur hesperius, "qui concerne Hesperus", l'Étoile du soir [ou Étoile du berger], en raison des relations [de ce groupe de Lépidoptères] avec d'autres familles qui n'appartiennent pas aux Rhopalocères". L'inclusion originelle par Fabricius des Azurés dans les Hespéries exclut cependant la dérivation fondée sur une base, taxonomique telle que la suggère Pickard et al. "les Hesperiidae formant le lien entre les Diurni et les Nocturni" et reprise par Spuler."

"—Alcée : la Mauve alcée (Malva alcea), l'une des plantes nourricières de l'espèce."

"L'espèce, dite aussi "Hespérie de la Passe-Rose" [...]"

— Perrein & al. 2012) :

G. Luquet a proposé le nom d'Hespérie de l'Alcée dans l'ouvrage de Th. Ruckstuhl (1997). 

 


9. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Carcharodus alceae mais ne citent pas de nom vernaculaire. 

—H. Bellmann / G. Luquet 2003 : "L'Hespérie de l'Alcée ".

— Doux & Gibeaux 2007 : "L'Hespérie de l'Alcée".

— Lafranchis, 2000 : "La Grisette, l'Hespérie de l'alcée" .

— Perrein & al. 2012 : "Hespérie de la Passe-Rose, Hespérie de l'Alcée, ".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Hespérie de l'alcée".

— Wikipédia : "L'Hespérie de l'alcée ou grisette ".

 

 

 


 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  • "Mallow Skipper" en anglais (Skipper de la Mauve)
  • "Malven-Dickkopffalter" en allemand (papillon grosse-tête —Hespérie— de la Mauve)
  • "Kaasjeskruiddikkopje" en néerlandais
  • "Piquitos castana" en espagnol 
  • "Capgròs comú"  en catalan : "Capgrossos Perquè tenen un cap gros en relació amb la resta del cos.  Capgròs comú Perquè és l’espècie més comuna del gènere (Malva alcea)" Arizzabalaga
  • "Súmračník slezový " en slovaque
  • "Soumračník slézový" en tchèque
  • "Slezov skelar" en serbe
  • "Katostbredpande" en danois 
  • "Mályva-busalepke" en hongrois 
  • "Malvakirjosiipi" en finnois
  • "Tsiiskrûdengroukopke" en frison occidental
  • "Hatmi Zıpzıpı" en turc
  • "Warcabnik ślazowiec" en polonais
  • "Толстоголовка альцея" en russe.

 

 

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

        Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.

  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welsh, cymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • " Gwibiwr yr hocys" en gallois. "le Skipper de la Mauve".

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 

 

               

 

 

IV. Le nom vernaculaire anglais selon M. Salmon (2000).

        Selon UK Butterflies, un mâle et une femelle furent capturés dans le Surrey en juin 1923. On considère généralement qu'ils avaient été introduits accidentellement, l'espèce n'étant pas migratoire.

 

  • "Surrey Skipper" : Frohawk, 1923.
  • "The Mallow Skipper" : Higgins & Riley, 1970 

 

 

            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : Carcharodus alceae

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Carcharodus alceae

— UK Butterflies : Carcharodus alceae

— lepiforum : Carcharodus alceae 

— jardinsauvage.fr : Carcharodus alceae 

— Site des papillons de la République Tchèque par Jiří Beneš et Martin Konvička

   :http://www.lepidoptera.cz/motyli/index.php?s=motyli&id=102

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  qui interdit un lien direct. Suivre donc accueil ->Lepidoptera ->etc...  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :

—ARRIZABALAGA (Antoni ) & al. 2012   "Proposta de noms comuns per a les papallones diürnes (ropalòcers) catalanes",  Butll. Soc. Cat. Lep., 103: 5-28. En ligne 

 

http://www.museugranollersciencies.org/uploads/arrizabalaga-et-al-butlleti-103.pdf 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum. 2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

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— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

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TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

 

— WESTWOOD (J O) & HUMPHREYS (Henry Noël),1841. British butterflies and their transformations, William Smith : London  BHL

— WILKES (Benjamin) 1773 One hundred and twenty Copper plates of English moths and butterflies ... with a natural history London : Benjamin Wilkes   Books.google.

— WILKES (Benjamin), 1747-49 The english moths and butterflies, etc... London : printed for the author  Books.Goggle

— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) 2012 A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.


 

                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

Mythologie Grecque : Myth Index http://www.mythindex.com/greek-mythology/Names-E.html

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

Albin :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN477852769

Billberg http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boisduval Tableau meth. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97190k/f1.image.pagination.r=Boisduval.langFR

Boisduval 1832 Icones I http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k441589r

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Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Cramer  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/43777#/summary

Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

Denis et Schiffermüller : http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN574458115&IDDOC=441200

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Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

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Fabricius 1793 Ent Sys em    https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

Fourcroy voir Geoffroy.

Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

Geoffroy latin par Fourcroy :  http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Goedart par Lister 1685 : http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

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Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

1840 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/120628#page/9/mode/1up

Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

Hübner,: Sammlung europäischer Schmetterlinge. http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/5/mode/1up

et planches V1 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89172#page/5/mode/1up

 et V2 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89173#page/3/mode/1up etc..

Hübner [1819] verzeichniss : http://www.archive.org/stream/verzeichnissbeka00hb#page/n10/mode/1up

ICZN F. Hemmings    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/50753#/summary

Bulletin : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/51603#/summary

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Linné, Species Plantarum http://www.biodiversitylibrary.org/item/13829#page/1/mode/1up

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

Oberthür, Études http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8792#/summary

 1910 (4) http://www.biodiversitylibrary.org/page/10532070#page/299/mode/1up

Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Philatélie : http://www.lepi-phila.eu/species.php

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

Tutt vol.1 1906 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof08tutt#page/n8/mode/1up

Tutt vol.2 1908 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof09tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v3 1909 :http://archive.org/stream/naturalhistoryof10tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/


 


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:16

Zoonymie (étude du nom) de l' Hespérie des Sanguisorbes Spialia sertorius. (Hoffmannsegg, 1804)

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

Spialia Swinhoe 1912 : ce nom est resté jusqu'à présent énigmatique mais il dérive sans-doute du résultat d'une construction bâtie sur le nom spécifique linnéen "spio" (Hespéride Spialia spio, Linnaeus, 1767) complété du suffixe adjectival -alia. Dans la mythologie, la nymphe Spio (grec speion, "grotte") est le nom d'une des 50 Néréides fréquentant les grottes sous-marines, au même titre que ses sœurs Niso et Sao ((papilio Niso Linnaeus, 1767 et papilio sao, Bergstrasser, 1779, deux autres espèces du même genre Spialia).  Godart avait fait remarquer en 1819 la ressemblance entre les Hespérides spio de Linné  et galba de Fabricius, l'espèce-type du genre Spialia.

— sertorius (Hoffmannsegg, 1804) : il ne peut s'agir que de la citation du nom de Quintus Sertorius, général romain dont la vie a été mise en parallèle par Plutarque avec celle d'Eumène. Après le succès de son adversaire Sylla, il partit en Espagne et combattit auprès des tribus Lusitanienne. Ce héros des Portugais fut assassiné par Perpenna.

— "Le Tacheté" Engramelle, 1780 est une allusion évidente aux taches blanches des ailes. . "L'Hespérie Sao", Godart, 1819 et 1822 reprend le nom de papilio Sao utilisé par Hübner en 1804 pour désigner cette espèce : Sao est le nom de l'une des 50 Néréides ou Nymphes sous-marines. "L'Hespérie des Sanguisorbes" a été créé par G. Luquet en 1986 dans le cadre de sa série de 42 "Hespérie de..." : la Petite Pimprenelle Sanguisorba minor est l'une des plante-hôtes de l'espèce.

 

 

 

 

 

                     Nom scientifique.

 

 

 I.  Famille, Sous-famille, Tribu.

1°) Super-famille des Papilionoidea Latreille, 1802

2°) Famille des Hesperiidae Latreille, 1809 : [Hespéries ou Hespériides]  

  • Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]
  • Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925
  • Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

3°) Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]

  • Tribu des Erynnini Brues & Carpenter, 1932
  • Tribu des Pyrgini Burmeister, 1878
  • Tribu des Carcharodini Verity, 1940

4°) Tribu des Carcharodini Verity, 1940: 

  • Genre Carcharodus Hübner, [1819]
  • Genre Spialia Swinhoe, 1912
  • Genre Sloperia Tutt, 1906


2. Nom de genre :  Spialia Swinhoe (1912)

 

 

a) Description originale : 

 

Spialia Swinhoe, [1912]; in Moore F (continué par Charles Swinhoe) , Lepidoptera Indica  vol. X Rhopalocera Family Hesperidae (concluded) London, Lowell Reeve et Co, 1912-1913 [1912], page 99.

 Differs from both Hesperia and Pyrgus in having no costal fold to the forewing in the mâle, and from the former also in having neither the tuft of hairs on the hind tibiae nor the hairy appendages from the breast at the base of the hindlegs ; vein 12 of the forewing is also not straight, but somewhat recurved before bending up the costa, and the antennae are shorter, being usually less than the lenght of the costa of forewing. The imago rests with the wings closed over its back ; when basking in the sun it keeps them three-quarters open.

 

          
       
— Type spécifique:  désigné par Swinhoe Hesperia galba Fabricius, espèce indo-birmane.
 cf. Hesperia galba Fabricius, 1793. Entomologia systematica : 352 n°337.

— Type specimens: Type status inconnu ; Pays, localité et dépositeur inconnus. (selon NHM)

— Nom junior : Spiala ; Hemming, 1967: 416.  
— Ce genre renferme en France les espèces suivantes :
  • Spialia sertorius (Hoffmannsegg, 1804)  Hespérie des Sanguisorbes.
  • Spialia therapne (Rambur, 1832)  Hespérie tyrrhénienne. 

 

 

b) Origine et signification du nom Spialia selon divers auteurs.

   

— August Janssen (1980) page  45

"onzekere afleiding "

"origine incertaine." 

— Hans-A. Hürter (1998) page 434 :

— Σπειὠ episch statt  σπεῖος (Pape II, S.918)

— σπἑος, -ov : Höhle, Grotte

 -alis, adjektivisches Suffix, eine Nachsilbe die an den Wortstamm angehängt aus einem Substantiv oder Verb ein Adjektiv macht mit der Bedeutung : Beziehungen verschiedener Art, etwa den deutschen Silben -lich oder -ig entsprechend : 1. Allgemeine Beziehungen. 2. örtliche Beziehungen. 3. Vorkommen. 4. "versehen mit etwas" a)...b) systematische Gruppen die Neutrum Pluralis mit der Endung -alia... (nach Werner, S.40) 

Deutung : Der vorstehende Gruppen einer Ableitung des Namens - Höhlen artige- ergibt keinen Sinn. Auch wenn man die Nereïde Speio (Σπειὠ ), eine der 50 Töchter des Nereus bemühen würde (Pauly,2,Reihe,6. Halbbd.,1929, S.1586) käme man nicht weiter. So bleist uns verschlossen, was Swinhoe mit diesem Gattungnamem im Sinne hatte.     

Traduction ébauchée :

- Σπειὠ  lieu épique σπεῖος (Pape II, S.918) 

- Σπἑος, -ov: grotte, caverne 

-alis,  suffixe adjectival, un suffixe à ajouter à la tige d'un verbe ou un nom pour en faire un adjectif : les relations de toutes sortes, comme les syllabes allemands -lich ou -ig en conséquence: 1. Les relations générales. 2. Les relations locales. 3. occurrence. 4. "fourni avec quelque chose" a) ... b) groupes systématiques neutre pluriel fin -alia ... (selon Werner, p.40) 

Interprétation: Les noms formés par dérivation des mots grecs ci-dessus, comme - Grotte- artige- n'ont pas de sens. Même si l'on devait chercher à en créer autour du nom de la Néréide Speio (Σπειὠ), l'une des 50 filles de Nérée (Pauly, 1929) cela n'aurait pas plus de sens. Donc, nous renonçons à savoir ce que Swinhoe avait à l'esprit avec ce nom de genre.

 

 

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 236:

étymologie non élucidée.

— Perrein et al. (2012) page 100:

Étymologie : obscure, peut-être du grec Spilos, "tache".

— Arizzabalaga & al. (2012) :

 Del grec: amb taques. 

du grec : "tacheté"

 

 


c) Discussion 

 

 La première règle à respecter pour comprendre un nom de genre d'un auteur est de regarder le contexte de sa publication originale, et les autres noms de genre qui y sont créés. La seconde règle est de connaître l'auteur et ses habitudes onomastiques. Pas toujours facile.

 c1. Charles Swinhoe est un naturaliste britannique, né à Calcutta le 29 août 1836 (ou 1838) et mort à Londres le 2 décembre 1923.

Colonel dans l'armée britannique en Inde, il l'un des huit fondateurs de la Bombay Natural History Society. Il est le frère du fameux naturaliste (ornithologue notamment) Robert Swinhoe (1836-1877), qui fut consul de Taïwan.

Il explora Kandahar avec Lord Roberts en 1880 et y collecta 341 oiseaux. Il fit paraître de nombreux articles dans The Ibis sur les oiseaux du sud de l'Afghanistan et du centre de l'Inde. 

Il rassemble également l'une des grandes collections de lépidoptères d'Inde de son temps. Il rédige deux volumes sur les papillons de nuit dans la série Lepidoptera indica.

Il a également publié dans les Annals and Magazine of Natural History. Avec E. C. Cotes il a publié un Catalogue of the Moths of India (Calcutta, 1887-1889. Il avait réuni l'une des plus grandes collections de lépidoptères indien à l'époque (40 000 spécimens de 7000 espèces et 400 nouvelles espèces décrites par lui).  il a poursuivi la revue Lepidoptera Indica après la mort de Frédéric Moore en 1907. Il a également écrit une révision des genres de la famille Liparidae couvrant 1130 entrées.

c.2. Noms de genre de Swinhoe.

  Le site du National Museum History donne la liste de ses  234 noms de genre dont Swinhoe est l'auteur entre environ 1885 et 1923, dont l'immense majorité se termine par -a , d'autres  par ia, et quelques-uns par -is, -es, -us voire -os. On reconnaît dans beaucoup de noms la présence de racines grecques (brachi- -ptero, -callo, penta-, phyllo- etc..).

Les autres noms de genre créés dans  Lepidoptera India de 1912 sont : Gecana, Hantanus, Pola, Sartora, Tothrix, Zehala 

Parmi les Hespéridés, on peut aussi citer Burara, 1893.

  Je ne dégage aucune stratégie générale de dénomination dans ces noms de genre de Swinhoe. Averti par l'étymologie du genre Boloria de Moore, je recherche, mais  sans succès un nom géographique (Inde, Ceylan, Birmanie) correspondant à Spial-, Spiali.  

c3. Spialia, du papilio spio.

Par contre, je retrouve la piste explorée par Hürter, celle de la Néreide Spio (grec Speio), divinité mythologique des grottes sous-marines, dont le nom appartient à la liste des 50 filles de Nérée citée par Hesiode, Homère (Iliade 18), Apollodore, Hygin et Virgile.

Virgile, Géorgiques IV v.338 trad. Marc Legrand 1896:

 

Sous le dais clair de l'eau profonde, Cyrèné
Entendit. Autour d'elle, heureux groupe sans crainte,
Les Nymphes travaillaient les riches toisons teintes,
Toutes, leurs beaux cheveux sur leur col promenés,
Drymo, Xantho, Spio, Ligea, Phyllodoce,
Thalia, Néséé, non loin de Cymodoce,
Lycorias la blonde et Gydippe à côté 
- L'une encor vierge, l'autre à peine ayant tenté
Lucine, - puis aussi deux filles immortelles
D'Océanus, Clio, Béroé, dont encor
La beauté rayonnait dans des vêtements d'or,
Deiopée, Ephyre, Opis, et, tout près d'elles,
La rapide Aréthuse enfin loin de ses traits.

 

 

Hürter avait abandonné cette piste qui ne semble étayer par rien. Mais sans-doute a-t-il méconnu l'existence du Papilio Spio de Linné, actuelle Spalia spio (Linnaeus, 1764) en anglais The Mountain Sandman ou Spio Grizzled Skipper: Linné a donné ce nom à un Hespéridé qui lui avait été adressé de la ville du Cap (Afr. du Sud)  par son correspondant Tulbagh, gouverneur du Cap. Ses noms synonymes sont Syrichtus spio et Papilio vindex Stoll, 1781.  Il est observé en Afrique tropicale sud et en Arabie du sud-ouest.

 

référence :

—Papilio spio Linnaeus, 1764; Mus. Lud. Ulr.  page 338 n° 156

https://archive.org/details/museumsaeriaemit00linn

http://www.biodiversitylibrary.org/item/103505#page/246/mode/2up


— Papilio spio Linnaeus, 1767; Syst. Nat. (Edn 12) 1 (2): 796 n°271  
P[apilio] P[lebejus] alis integerrimis reversis nigricantibus undique albomaculatis. Habitat at Cap b. Spei. D. Tulbagh.
J'ai cru un instant que Linné avait créé son "spio" ( je rappelle que le nom grec de la Néréide est Speio) en allusion avec le mot Spei que je découvrais dans la phrase citée ci-dessus; puis je compris que les trois mots "Cap b. Spei" se lisaient comme un tout, "Cap Bonna Spei", ou Cap de Bonne-Espérance. Mais il s'agit plutôt d'un rapprochement dû au hasard, cette mention Cap b. Spei se retrouvant aussi  pour les espèces précédentes et suivantes (M.L.U. n°155 Pitho, 157 Niso, et 158 Protumnus. Non, Spio désigne bien la Néréide et, d'ailleurs, l'espèce suivante Papilio Niso désigne aussi une Néréide ("Néso" pour Hésiode, forme plus respectueuse de l'ancien grec, mais la forme Niso est citée dans le dictionnaire de Claustre (1765) ou dans l'Encyclopédie Théologique de l'abbé Migne (1855). 

 

        Un argument supplémentaire pour faire dériver le nom de genre Spialia (espèce-type S. galba Fab.) se trouve dans une remarque de Latreille et Godart dans leur Histoire naturelle vol. 9 page 785 à la fin de leur notice sur leur Hespérie galba n°149 : " Cette espèce pourrait bien être le P[apilio] Spio de Linné".

Un autre argument est que parmi les espèces proches se trouve le papilio sao:  car Sao (grec Saṓ Σαώ) est aussi le nom d'une Néreïde (citée uniquement cette fois par Apollodore et Hésiode). Swinhoe l'admet dans son Genre et décrit page 103 de son article la Spialia Sao Bergstrasser Nomenclature ii Pl. 40 fig.8-9 (1779) & Hübner Eur. Schmett i fig. 471-472 (1803). Latreille décrit cette Hespérie Sao page 782 du Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle, et Godart en 1822 à la page 227 de son Histoire naturelle. Cette Spialia Sao est aujourd'hui une forme synonyme de la Spialia sertorius que nous étudions ici.

Conclusion : je propose de voir dans le nom de genre Spialia de Swinhoe le résultat d'une construction bâtie sur le nom spécifique linnéen "spio" (Hespéride Spialia spio, Linnaeus, 1767) complété du suffixe adjectival -alia. 

 


 3.  Nom d'espèce : Spialia sertorius Hoffmannsegg 


a) Description originale

     
Papilio sertorius Hoffmannsegg, 1804:  Hoffmansegg [sic], J. C. 1804. Alphabetisches Verzeichniss zu J. Hubner's Abbildungen der Papilionen mit den beigefungen vorzüglichsten Synonymen. Magazin für Insectenkunde (Illiger), 3: 181-206, p. 203.
          Dans cette "liste alphabétique des noms de planches de papillons de J. Hubner davec les essais d'accompagnement par des synonymes", Hoffmansegg propose sertorius en remplacement de sao Hübner, 1803 homonyme de sao Bergstrasser, 1779. Son texte n'indique que :
Sao T. 93 f. 471-472. Sertorius n. 
Ce qui se décrypte sans-doute comme
"Sao Planche 93 figure 471-472 . Sertorius nobis."

Hoffmannsegg ne fournit aucune explication sur la nécessité de proposer un nom remplaçant celui de Hübner et sur l'existence d'une homonymie avec Bergstrasser.

c) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type :  Allemagne ;  "Deustchland, in mehreren Gegenden", en prenant en compte la citation de Hoffmannsegg par J. Hübner dans Sammlung europaïscher Schmetterlinge [1793-1841].

— Selon Dupont & al. 2013,  cette espèce est présente en Afrique du Nord et dans le sud-ouest de l’Europe. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles s’observent sur Sanguisorba minor Scop.

 

— Selon Wikipédia , "C'est un petit papillon d'une envergure de 22 mm à 26 mm, au dessus des ailes marron roux à frange blanche entrecoupée, orné de quelques petites taches blanches. Le revers est de couleur jaune orangé taché de blanc. L'Hespérie des Sanguisorbes vole en deux générations de début avril à juin puis de juillet à août. Les plantes hôtes de sa chenille sont des Sanguisorba, dont Sanguisorba minor et Sanguisorba magnolii pour Spialia sertorius ali, des Rubus dont Rubus idaeus, des Potentilla dont Potentilla verna. L'Hespérie des Sanguisorbes est présente dans presque toute la France métropolitaine, elle n'est absente que de quelques départements dont le Finistère. En Corse, c'est Spialia sertorius therapne (Spialia therapne) qui est présente. L'Hespérie des Sanguisorbes réside dans les milieux broussailleux fleuris."

 

d) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

  • Papilio sao Hübner, 1800

  • Papilio sao Hübner, [1803] : [Illustration originale] Hübner, J. [1799-1828]. I Horde, Phalanx I. Falter; Papiliones. in: Sammlung europaischer Schmetterlinge. Jacob Hübner, Augsburg. 3-74, Fig. 471,472 Pl. 93. 

On remarquera que le texte de Hübner correspondant à cette Planche, page 71 du même ouvrage volume 1 décrit cette espèce n° 8 sous le nom de
 Kleinwürfliger Falter Papilio Sertorius : Die Flügel oben purpurschwarz, weiß gefleckt und weiß, schwarzzähnig, befränzt ; unten die Oberen schwarzgrau, roströhtlich gesent, weißlich gewürfelt, die unteren hell röthelroth, roströthlich gesent und auch weißlich geflekt.
Heim : Deustchland, in mehreren Gegenden.
Syn : Pap. Sertorius Hoffm. Sao Bergstr.
J'en déduis que ce texte a été rédigé postérieurement aux Planches. 

© BHL : 
  sao_nom_nov_sertorius_pl_93_fig_471_s.gi  sao_nom_nov_sertorius_pl_93_fig_472_s.gi
 
  • Spialia hibiscae Hemming, 1936 :  Hemming, A. F. 1936. On the identity and the systematic position of eight species of Rhopalocera described by Jacob Hübner in his Der Schmetterlinge Lepidoptera Linnei [1790] - [1793]. Proceedings of the Royal Entomological Society of London (B), 5(6): 121-125, p. 124.

  • Spialia sertorius sertorius (Hoffmannsegg, 1804) :  De Jong, R. 1974. Systematics and evolution of the Palaearctic Spialia species (Lepidoptera: Hesperiidae). Tidjschrift voor Entomologie, 117(6): 225-274, p. 244.

  • Syrichthus sao (Hübner, 1800)


Sous-espèces.

Tshikolovets retient trois sous-espèces en Europe et dans le bassin méditerranéen :

  •  sertorius Hoffmannsegg, 1804.
  •  ali Oberthür, 1881. Localité-type : Tazoult, Algérie. Les pièces génitales de ce taxon sont différentes (De Jong, 1974b)
  • therapne Rambur, 1832. Ce taxon endémique de Corse est considérée comme une une espèce par Leraut et Fauna Europaea.

 

Le Papilio sao de Bergstrasser, homonyme du sao Hübner.

 

Bergsträsser, J. A. B. 1779. Nomenclatur und Beschreibung der Insecten in der Graffschaft Hanau-Münzenberg wie auch der Wetterau und der angränzenden Nachbarschaft dies und jenseits des Mains mit erleuchteten Kupfern herausgegeben von Joh. Andr. Benignus Bergsträßer (...). Zweiter Jahrgang. . Hanau. (Stürner). - pp. 1-79 page 67

Bergstrasser le présente comme un Papilio malvae en plus petit, et renvoie par une astérisque au "Papilio malvae minor Esper I tab. 36 fig.5 cf. W. sch 159 3 in der note." 

 


e) Origine et signification du nom sertorius.

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

—Hans-A. Hürter (1998) page 435 :

cet auteur consacre deux pages à Quintus Sertorius, détaillant les mots Marius, Pompejus, Perperna, Keltiberer et citant les extraits de l'encyclopédie de A.F. Pauly consacrés à Quintus Sertorius.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 236:

": allusion possible mais incertaine à Quintus Sertorius (123-72 av.  J.C), général romain, partisan de Marius ; après la victoire de Sylla, il conduisit une guerre de guérillas en Espagne, puis fut assassiné par Perpenna."

— Perrein et al. (2012) page  100 :

   "Étymologie : en l'honneur de Quintus Sertorius avant J.C. , général romain dont Plutarque a écrit la biographie, qui combattit en Lusitanie et devint gouverneur des Espagnes, y créant un État."

— Arizzabalaga 2012 :

 Sertori, cabdill lusità que va fer la guerra a l’Imperi Romà   

Discussion : 

        Tous les auteurs sont unanimes pour  voir dans le nom créé par Hoffmannsegg celui du général romain Quintus Sertulius, et il semble impossible de proposer une autre solution, et, en même temps, d'expliquer l'introduction de ce nom dans l'onomastique des lépidoptères. Dans sa liste alphabétique, Hoffmannsegg crée onze autres noms, dont certains sont encore valides :

  • Aristaea
  • Egeria
  • Aelia
  • Oebalus : dans la mythologie grecque, le roi de Sparte Oebalus /ˈɛbələs/ ( Οἴβαλος) fils de Cynortas, était le second mari de la princesse Gorgophone et par là le beau-père de  Persée. 
  • Pheretes :[Albulina orbitulus]  fils, comme Merméros de Médée et de Jason
  • Neoclides : fils de neocles (Themistocle)
  • Napae : Boloria napae : Nom de nymphes.
  • Pumilio : Gegenes pumilio : du latin pumilius, « nain » « de petite taille »
  • Medesicaste : Dans la mythologie grecque, Médésicaste est le prénom de deux princesses troyennes :Médésicaste fille de Laomédon, une des Nauprestides ;et Médésicaste fille de Priam.
  • Ines Melanargia ines  
  • Alcetas : Cupido alcetas

Comme on le voit, on ne peut pas dégager une cohérence interne à ce système de noms ; on n'y trouve aucun autre général romain.  

Le fait que Sertorius soit l'un des Hommes Illustres dont Plutarque narre la biographie ne donne aucun éclaircissement sur le choix de ce nom. On sait que le principe de l'ouvrage de Plutarque est de rapprocher deux vies d'hommes célèbres, d'où son titre Vies parallèles des hommes illustres. Il aurait été amusant que la Vie de Sertorius soit couplée avec celle d'un homme dont on retrouve le nom comme nom de papillon, mais la vie de Sertorius est comparée à celle d'Eumène. Eh bien oui, Pieter Cramer a bien nommé une espèce du Surinam papilio eumene en 1776 : c'est notre Mesosemia euseme, un Riodinae. Ce n'est pas si amusant que cela, car aucun rapprochement n'étant possible entre les deux papillons au même titre qu'entre les deux Hommes Illustres. Ou bien je n'ai pas le talent de Plutarque.

        On pourrait penser aussi que Sertorius soit seulement construit sur une racine sertor- complété d'un suffixe. Sertor est attesté comme un nom personnel (praenomen), peu fréquent,  sous la République romaine, et signalé par Varron.  Il a été rattaché à de fausses étymologies ; ainsi dans  De Praenominibus ("En ce qui concerne les Praenomina"), Julius Paris tire Sertor de Satio , "un champ planté"; tandis que Festus le voit dérivé à partir de la même racine que adsertor, "défenseur, libérateur, une personne qui affirme devant un juge le statut libre ou esclave de l'autre". Chase croit que le prénom était probablement d'origine ombrienne, et était l'équivalent du mot latin servator, "celui qui protège ou conserve" . Son sens serait donc similaire à la praenomen plus commun Servius .

        Il est difficile de s'inspirer de ces éléments pour comprendre l'origine de ce nom choisi par Hoffmannsegg.

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 


I. Les Noms français. 

 

1. "Le Tacheté"  Engramelle, 1780.

Jacques Louis Engramelle 1780 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 2 page 329   Planche 7 Supplément 3 n° 97ter par  J.J Ernst gravée par J.J. Juillet.  

La justification de ce nom est évidente par l'aspect des ailes, mais ce dernier a le défaut d'être très peu spécifique et assez prosaïque. Dans les pages suivantes (p. 330) Engramelle crée les noms de Bigarré et Chamarré pour diversifier son vocabulaire, 

2. "Hespérie Sao" Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Entomologie, ou Histoire naturelle Paris : Vve Agasse tome 9, page 782 n° 144

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses. 

3. "Hespérie Sao"  , Godart 1822,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1822,  page 227 n° LXXXIII Planche XXVIII dessinée par Dumenil et gravée par Perrot Fils

LXXXIII HESPÉRIE SAO (1)

Latr. nouv. dict. d'hist. nat. 2e édit.

Hesperia Sao (nobis).

Papilio Sao Hübn. Schoef. Ochsenh. 

Le Tacheté (Pl. 7 Suppl. 3 fig. 97 c.d. ter. Engram.)

 (1) Nom d'une Néréide)

[...] "Le dessous des ailes inférieures est d'un rouge brique plus ou moins foncé avec trois bandes transvereses de taches blanches inégales".

Comme l'indique Godart, et comme nous l'avons vu lors de l'étude du nom de genre Spialia, Sao est l'une des 50 Néréides, nymphes sous-marines filles de Nérée et dont la liste est donnée par la Bibliothèque d'Apollodore, la Théogonie d'Hésiode, l'Iliade d'Homère et les Fabulae d'Hyginus : Sao n'est citée que par les deux premiers auteurs. Ce nom est donc relié à celui de deux autres espèces, papilio spio et papilio niso qui sont deux Hespérides décrites par Linné en 1767 (dans sa phalange des Plebejus, les Hesperidae n'ayant pas d'existence), et qui reprennent aussi le nom de Néréides. Le choix du nom par Hübner en 1804 et de Bergstrasser en 1779 est donc parfaitement compréhensible comme souci de poursuivre cette série onomastique. Linné avait auparavant (1758)  puisé dans la liste des 50 sœurs pour nommer huit de ses Nymphales : orythia, maera, galathea, lige[i]a,  [helie], , amathea, leucothoe, panope.

 

 

 © BHL

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2. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

Dans son article Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe paru dans Alexanor en 1986, Gérard Luquet propose et crée pour cette espèce le nom de "Hespérie des Sanguisorbes", et il admet aussi "La Sao" et "La Roussâtre" (cité par le suisse Rappaz) mais réfute "Le Tacheté" d'Engramelle en accompagnant cette opinion d'une note [8]

Note [8] : Engramelle utilise le nom de "Tacheté" indifférement pour Spialia sertorius et pour Pyrgus malvae. Il convient donc de rejeter ce nom, car il prête à confusion."

 Pourtant, Engramelle n'a nommé qu'un seul "Le Tacheté" , celui cité en référence ci-dessus (97ter Suppl.III), et ce sont ses successeurs qui ont hésité à y voir  soit le malvae de Linné, soit le sao d'Hübner, soit d'autres espèces, dans la confusion qui régnait alors à propos des Hespéries: Latreille et Godart le citent  en effet à la fois dans leur description de leur Hespérie du Chardon (P. alveolus ? ) dans laquelle ils écartent la possibilité d'y voir P. malvae , soit dans celle de leur Hespèrie Sao n°144. Godart dans le volume 2 de son Histoire naturelle des lépidoptères page 229 sépare d'une part les figures c et d du Tacheté d'Engramelle, qu'il rattache à son Hespérie Sao, et d'autre part les figures a et b du Tacheté d'Engramelle rattaché à son Hespérie du Chardon ou Papilio malvae minor de Esper. On ne voit pas le nom  "Le Tacheté" rattaché au papilio malvae de Linné, et le risque de confusion évoquée par Luquet entre Pyrgus malvae et Spialia sertorius pour écarter ce nom d'Engramelle était sans-doute faible.  

Le nom créé par Godart, "l'Hespérie Sao", aurait pu, me semble-t-il,  être cité par G. Luquet.  

Lorsqu'il a créé son onomastique vernaculaire, Gérard Luquet a réuni des Hesperidae sous le nom de "Hespérie" suivi d'un déterminant, le plus souvent le nom de la plante-hôte. Dans Doux et Gibeaux 2007 page 232, il commente ce nom d'Hespérie :

"-Hespérie : d'Hespéria, l'une des Hespéries, les nymphes qui gardaient les pommes d'or d'Hera. Fabricius se complaisait à inventer des noms reposant sur des calembours ou possédant un double sens, de sorte qu'un lien avec le mot grec Hespera, "soir", est vraisemblable : aux papillons "nobles", les "Diurni", les papillons du plein jour, Fabricius a très bien pu vouloir opposer les espèces plus petites et plus humbles, celles de la faible lumière ou du demi-jour, donc, du soir. (Emmet, 1991:144) cela, bien entendu, ne préjuge en rien d'un vol crépusculaire des espèces concernées. C'est du reste aussi l'opinion de Spuler (1901-19018 : 70) pour qui le nom générique Hespéria est forgé "sur hesperius, "qui concerne Hesperus", l'Étoile du soir [ou Étoile du berger], en raison des relations [de ce groupe de Lépidoptères] avec d'autres familles qui n'appartiennent pas aux Rhopalocères". L'inclusion originelle par Fabricius des Azurés dans les Hespéries exclut cependant la dérivation fondée sur une base, taxonomique telle que la suggère Pickard et al. "les Hesperiidae formant le lien entre les Diurni et les Nocturni" et reprise par Spuler."

Nous trouvons donc parmi les Pyrginae (ses "Hespéries noires") et  les Hespériinae (ses "Hespéries fauves") 42 espèces portant un nom composé sur le cadre "Hespérie de..." sur 50 espèces au total. 26 d'entre elles reçoivent les noms d'une plante-hôte, les autres un nom géographique (ottomane, almoravide, levantine, pont-euxine, saoudienne, ...).

Spialia sertorius reçoit donc le nom de  ses plante-hôtes, sous forme de l'Hespérie des Sanguisorbes. Le genre Sanguisorba, de la famille des Rosacea, a été créé par Linné en 1753, ce nom latin —ittéralement "qui absorbe le sang" —  provenant de l'usage thérapeutique de Sanguisorba officinalis : selon  la croyance chère à Paracelse appelée "théorie des signatures", selon laquelle l'aspect des plantes est censé évoquer les affections qu'elles peuvent guérir, on croyait que ses fleurs rouges indiquaient qu'elle était efficace dans le traitement des hémorragies. La pimprenelle aurait réellement des propriétés hémostatiques, dues à la présence de tanins en forte concentration dans la racine. (Wikipédia).

Dupont & al. 2013 mentionne que la chenille se nourrit de Sanguisorba minor. Il s'agit de la Petite Pimprenelle. Le CNRTL indique à propos de l'étymologie de ce nom qu'il provient du latin médiéval pipinella "boucage" et que sa première mention en 1265 le fut sous la forme de pimpernele pour désigner un boucage (cf. Apiacée Pimpinella saxifraga ou Pimprenelle blanche) ; et la première utilisation de "pimprenelle" dans le sens moderne de "sanguisorbe" date de 1549. Image Wikipédia


                                   alt=Description de cette image, également commentée ci-après

 

3. L'étude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 236 :

-Hespérie : voir plus haut (renvoi à l'Hespérie de l'Alcée)

-Sanguisorbes : plantes nourricières de la chenille. Dans le texte, on lit : "La chenille vit sur la petite Sanguisorbe (ou Petite Pimprenelle, Sanguisorba minor)."

                                   

 

4. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de H[esperia]Sao Hübn. puis utilisent dans leut texte page 250 le nom vernaculaire de "L'Hespérie Sao".

—H. Bellmann / G. Luquet 2003 : "L'Hespérie des Sanguisorbes ".

— Doux & Gibeaux 2007 : "L'Hespérie des Sanguisorbes". 

— Lafranchis, 2000 : "L'Hespérie des Sanguisorbes, La Roussâtre" .

— Perrein et al. 2012 : "Hespérie des Sanguisorbes".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Hespérie des Sanguisorbes"

— Wikipédia : " L'Hespérie des Sanguisorbes".

 

 

 


 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  • "Red Underwing Skipper" en anglais, "Skipper au revers des ailes rouge"
  • "Roter Dickkopffalter" en allemand "Hespérie ou Skipper ["papillon grosse-tête"] rouge"
  • "Sertorio" en espagnol
  • "Murri de la pimpinella"  : "Murris" Pel tipus de vol, ràpid i imprevisible "Murri de la pimpinella"  Per l’especificitat de la planta nutrícia, la pimpinella (Sanguisorba minor) (Arizzabalaga)
  • "Kalkgerslângroukopke" en frison occidental : Hespérie de la pimprenelle
  • "Kalkgraslanddikkopje" en néerlandais
  • "Powszelatek sertor" en polonais.

 

 

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : spialia

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : spialia sertorius

— UK Butterflies : non décrit

— lepiforum :  spialia sertorius

— jardinsauvage.fr :  spialia sertorius

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  qui interdit un lien direct. Suivre donc accueil ->Lepidoptera ->etc...  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :

ARRIZABALAGA (Antoni ) & al. 2012   "Proposta de noms comuns per a les papallones diürnes (ropalòcers) catalanes",  Butll. Soc. Cat. Lep., 103: 5-28. En ligne 

http://www.museugranollersciencies.org/uploads/arrizabalaga-et-al-butlleti-103.pdf 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

— Numen. The Latin lexicon :  http://latinlexicon.org/index.php

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— ALDROVANDI (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae) 1602 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248 ou Gottingen

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BILLBERG (Gustav John) : Enumeratio insectorum in Museo Gust. Joh. Billberg ,[Stockholm] :Typis Gadelianis, 138 p. http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

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Doubleday & Westwood  http://www.biodiversitylibrary.org/item/49323#page/5/mode/1up

 

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http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1793 Ent Sys em    https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

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Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

Fourcroy voir Geoffroy.

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Geoffroy latin par Fourcroy :  http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

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Goedart par Lister 1685 : http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

1822 V2 : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38003#page/9/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

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Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

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Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

Hübner,Sammlung europäischer Schmetterlinge. http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/5/mode/1up

et planches V1 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89172#page/5/mode/1up

 et V2 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89173#page/3/mode/1up etc..

ICZN F. Hemmings    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/50753#/summary

Bulletin : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/51603#/summary

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Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

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Linné, Species Plantarum http://www.biodiversitylibrary.org/item/13829#page/1/mode/1up

Linné, 1764 MLU  https://archive.org/details/museumsaeriaemit00linn

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Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

Oberthür, Études http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8792#/summary

 1910 (4) http://www.biodiversitylibrary.org/page/10532070#page/299/mode/1up

Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Philatélie : http://www.lepi-phila.eu/species.php

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

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Rottemburg : 

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Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

Scopoli Entomologia carniolica 1763

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Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

Tutt vol.1 1906 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof08tutt#page/n8/mode/1up

Tutt vol.2 1908 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof09tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v3 1909 :http://archive.org/stream/naturalhistoryof10tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:12

Zoonymie (étude du nom) du Miroir Heteropterus morpheus (Pallas, 1771).

 

 

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

Heteropterus Duméril, 1806 : Constant Duméril précise lui-même l'origine et le sens de ce nom :  "du grec ἑτεροιος "irrégulière", πτερον "ailes"  :  ailes supérieures verticales, les inférieures repliées en position de repos". Cette asymétrie boiteuse de position des ailes avait incité Geoffroy en 1762 à nommer ces papillons "Les Estropiés".

— Morpheus, (Pallas, 1771) : Morphée est une divinité des rêves prophétiques décrit par Ovide comme "celui qui est un maître dans l'art d'imiter la figure humaine," (Métam. Livre XI) ; il est souvent représenté un miroir à la main et des ailes dans le dos. Il est possible que Pallas ait été influencé dans sa dénomination par le nom de Miroir donné 9 ans auparavant par Geoffroy 

— "Le Miroir", Geoffroy 1762 : cet auteur expert en métaphores  indique la raison de ce nom par sa description au revers des ailes postérieures d' "une douzaine de grandes taches blanches qui se touchent presque, & qui se trouvant entourés d'une bordure brune, ressemblent à des miroirs."   L'image est si parlante qu'elle a été reprise par Engramelle en 1779, Latreille en 1804, Godart en 1821 puis les auteurs suivants avant d'être avalisée par G. Luquet en 1986. Etienne-Louis Geoffroy a été le premier auteur à décrire cette espèce, mais son nom étant en français et non en latin, sa préséance sur Pallas n'est pas validée par l'ICZN.

  

 

 

 

 

 

 

                     Nom scientifique.

 

 

 I.  Famille, Sous-famille, Tribu.

1°) Super-famille des Papilionoidea Latreille, 1802

2°) Famille des Hesperiidae Latreille, 1809 : [Hespéries ou Hespériides]  

  • Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]
  • Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925
  • Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

3°) Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925. 

 — Genre Carterocephalus Lederer, 1852

— Genre Heteropterus Duméril, 1806.


2. Nom de genre :   Heteropterus Duméril, 1806

a) Description originale : 

        Duméril, A. M. C. 1806. Zoologie analytique, ou méthode naturelle de classification des animaux, rendue plus facile à l'aide de tableaux synoptiques. - pp. i-xxxiii [= 1-33], 1-344. Paris. (Allais). page 271.

L'auteur se présente lui-même en page de titre :

Constant Duméril, docteur en médecine, professeur d'anatomie et de physiologie à l'École spéciale de médecine de Paris, membre des sociétés philomatique, de l'École de médecine et médicale d'émulation de Paris, membre associé des académies royales de Madrid, de Barcelone et de Carthagène, de l'académie de médecine de Marseille, associé correspondant des sociétés d'émulation de Rouen, Amiens, Poitiers et Abbeville, de la société médicale et de celle de médecine pratique de Montpellier, de la société des sciences et arts de Mayence, etc...

L'épigraphe qui suit, Parva sed apta " Petite mais suffisante" est à appliquer bien-sûr dans son esprit à sa Zoologie plutôt qu'à la valeur de sa carrière.

                                        220px-Andr%C3%A9_Marie_Constant_Dum%C3%A

 

André Marie Constant Duméril (Amiens 1774- Paris 1860), commandeur de la Légion d'honneur, peut continuer à nous fixer de ce regard satisfait car ce fut l'un des grands zoologistes français.

Il devient médecin très jeune et devient, à 19 ans, prévôt d'anatomie à l'École de médecine de Rouen. En 1800, il vient à Paris et collabore à la rédaction des Leçons d'anatomie comparée de Georges Cuvier (1769-1832). En 1801, il est nommé des travaux anatomiques et donne des cours à l'École de médecine de Paris. Il obtint en 1801, à la Faculté, la chaire d'anatomie, qu'il échangea plus tard contre celles de physiologie et de pathologie. Sous la Restauration, il est élu membre de l'Académie des sciences en 1816 et succède, dès 1803, à Lacépède (1756-1825) à la chaire d'herpétologie et d'ichtyologie au Muséum national d'histoire naturelle. Il avait été nommé membre de l'Académie de médecine dès sa fondation. Il publie en 1804 un Traité élémentaire d'Histoire naturelle (1804), puis  fait paraître en 1806 sa Zoologie analytique qui couvre l'ensemble du règne animal et qui montre les relations entre les genres mais ne mentionne pas les espèces. Il fait paraître entre 1834 et 1854 les neuf volumes de l’Erpétologie générale ou Histoire naturelle complète des reptiles . Son principal ouvrage entomologique est intitulé Entomologie analytique (1860, deux volumes). Son fils Auguste Duméril (1812-1870), est également zoologiste important. (d'après Wikipédia)

Un point important : c'est à Duméril que l'on doit le terme de "Rhopalocère" (sous la graphie Ropalocère et avec son étymologie "du grec ροπαλον  ropalos, "masse, massue", κερας, ceras, "corne") .

 

 

Description : dans un souci très didactique et sous forme de tableaux (ici le tableau n°171) Duméril classe les "Globulicornes ou Ropalocères" (lépidoptères à antennes terminées en massue) en trois catégories, les Papillons (masses des antennes droites ; ailes planes ou verticales dans le repos), les Hespéries (masse des antennes en crochet, ailes planes ou verticales dans le repos) et les Hétéroptères (masse des antennes en crochet comme les Hespéries, mais ailes situées obliquement et croisées dans le repos).  

Il ajoute en note :

  "Les Hétéroptères (heteropterus) ont un port tout-à-fait différent de celui des papillons. Leurs ailes sont plus épaisses ; les inférieures dépassent les supérieures dans l'état de repos, ce qui a déterminé plusieurs naturalistes à les désigner sous le nom de papillons estropiés."  

 

— Type spécifique: Papilio aracinthus Fabricius 1775 = Papilio morpheus  Pallas, 1771.  Déterminé ultérieurement par Hemming en 1934 in The Generic Names of the Holarctic Butterflies. British Museum, London. 1: 184 pp. Page 167.

— Ce genre est monotypique :

  • Heteropterus morpheus (Pallas, 1771)  Miroir.

 

Datation du nom de genre : 1805.

 — L'ouvrage de Duméril fut traduit en allemand la même année par Froriep: 

  Constant Duméril ; Analytische Zoologie aus dem Französischen, mit Zusatzen von L. F. Froriep Weimar : Im Verlage des Landes-Industrie-Comptoirs, 1806 vi, 343 p. 22 cm. En ligne 

— Mais la date exacte de parution de l'ouvrage français est en réalité 1805, une édition légèrement corrigée paraissant en 1806 en même temps que la traduction allemande, comme l'a établit Steven M. S. Gregory dans son article   The two ‘editions’ of Duméril’s Zoologie analytique, and the potential confusion caused by Froriep’s translation Analytische ZoologieZoological Bibliography 2010 1(1) ; aussi les noms de genre attribués à Duméril devraient mentionner la date de 1805.

Plus de détails en 1823.

En 1823, Duméril fait paraître ses Considérations générales sur la Classe des Insectes  Paris, Levrault , 495 pp, il donne dans sa description des Lépidoptères page 222  et Planche 41 fig.6-9 deux nouvelles indications. La première est l'étymologie et la définition de son nom heteropterus : "du grec ἑτεροιος "irrégulière", πτερον "ailes"  : masse des antennes en crochet ; ailes supérieures verticales, les inférieures repliées en position de repos"

La seconde se trouve dans la planche 41, fig 6-9 : alors que le genre Heteropterus n'avait encore reçu aucun nom d'espèce, Duméril y fait figurer le nom vernaculaire "le Miroir".

 

Image© Google p. 455 Planche 41 dessinée par Prêtre sous la direction de Turpin et gravée par Victor. 

Heteroptere-Miroir-Dumeril-1823-pl.41.png

 

Dès 1832, et pour la première fois, Duponchel nomma sous la nouvelle dénomination le genre Heteropterus  dans Histoire naturelle des Lépidoptères de France Suppl.1 (Diurnes) page 413, et en énuméra trois espèces :

Ailes supérieures seules relevées, mais non conniventes dans le repos.

  • Aracynthus* (Steropes) Europe, (bois marécageux) 
  • Paniscus (Brontes) Europe Nord de la France
  • Sylvius Brunswick. 

 *Papilio aracinthus Fabricius, 1777 est considéré comme un synonyme junior de Papilio morpheus Pallas, 1771.

 

b) Origine et signification du nom  Heteropterus selon divers auteurs.

 

 

  — L. Glaser (1887) page 294 :

Andersflüger' (Hesperidae) [sic!] (ἑτερος, verschieden oder anders πτερον, Flügel)

 

— Arnold Spuler ( 1901-1908) page 70 :

Der mit anderen Flügeln.

— Oberthür et Houlbert (1912)

: Le nom d'Heteropterus, choisi par Duméril en 1806, a pour but d'indiquer la grande différence d'ornementation qui se remarque entre les ailes supérieures et les ailes inférieures de ces Papillons, en dessous.


— August Janssen (1980) page 45

eteros = verschillend ; pteron = Flügel.

 

—A. Maitland Emmet (1991) page 143 :

"heteros, other, different ; pteron, a wing : from the exceptionally broad wings, shaped differently from those of most skipper butterflies."

Trad : Heteros "autre, différent" ; pteron "ailes" : allusion à l'exceptionnelle largeur des ailes, d'une forme différente de celle de la plupart des papillons de jour"

— Hans-A. Hürter (1998) page 438 :

Deutung : Duméril schuf den Gattungsnamen ἑτεροπτερον latinisierte ihn und änderte dabei das geschlecht von Neutrum ins Masculinum, so daß daraus Hetero-pter-us wurde.

 Glaser gibt wörtlich Übersetzung, Spüler eine erklärende. Leide fehlt der Bezug zu "anders" : die Flügel sind anders als wer oder was, verschieden von wem.

Interprétation: Duméril a créé le nom de genre en latinisant  ἑτεροπτερον ...

Glaser donne une traduction littérale, Spuler une interprétation. On souffre d'un manque de référence pour «différent»: il n'est pas indiqué si les ailes sont différentes en ceci ou en cela. 

 

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 252 :

Heteropterus : littéralement, « celui qui est pourvu d'ailes différentes », par allusion à l'exceptionnelle largeur des ailes, comparée à celles des autres Hespéries.

— Perrein et al. (2012) page 112 :

 

Étymologie : du grec heteros, « autre, différent » et pteron, « aile », allusion à la différence de forme entre les ailes antérieures et postérieures ou à l'exceptionnelle taille des ailes comparée à celle des autres genres d'Hespéries, selon Gérard Luquet.

 

— Arizzabalaga & al. (2012) :

   Del grec: ales diferents de les de la resta de família d’aquest gènere  

 

 


c) Discussion 

 Ici comme ailleurs, la compréhension du sens du nom "hétéroptère" de Duméril ne peut faire l'économie de la lecture de la publication originale. Duméril, qui a un souci exemplaire de fournir l'explication des noms qu'il emploie, ainsi que leur étymologie : en 1805 il nous explique que 

 —"Les Hétéroptères (heteropterus) ont un port tout-à-fait différent de celui des papillons. Leurs ailes sont plus épaisses ; les inférieures dépassent les supérieures dans l'état de repos, ce qui a déterminé plusieurs naturalistes à les désigner sous le nom de papillons estropiés", 

  puis en 1823 il précise que

—le nom vient  "du grec ἑτεροιος "irrégulière", πτερον "ailes"  :  ailes supérieures verticales, les inférieures repliées en position de repos".

Ce caractère hétéro-, "autre", "différent" des ailes ne concerne donc ni leur forme, ni leur taille, ni leur couleur, mais leur position.

Si on en doutait encore, on pourrait chercher à comprendre ce à quoi Duméril fait allusion avec cette histoire de "papillons estropiés". C'est tout simple, il s'agit d'une classification de Geoffroy en 1762 pour accueillir ses papillons plebéiens urbicoles, et il en donne la description suivante :

 "Le port d'ailes de ce papillon & de ceux de cet ordre est singulier. Lorsqu'il est en repos, ses ailes inférieures sont presque parallèles au plan de position, pendant que les supérieures sont relevées, sans cependant se toucher, & être tout-à-fait perpendiculaires." (Histoire des insectes 2 page 66)

C'est cette position singulière qui donne aux papillons des allures d'estropiés, ce qui sera parfaitement compris et cité pendant la premier quart du XIXe siècle dans les dictionnaires d'histoire naturelle : deux exemples :

 

"Les urbicoles, ou papillons estropiés de Geoffroy, ont les ailes inférieures presque horizontales dans le repos" .

 

"ESTROPIÉ, adj. Épithète donnée par Geoffroy aux papillons de jour qui, dans l'état de repos , tiennent leurs ailes inférieures horizontales, et les supérieures relevées , de sorte qu'ils ont l'apparence d'insectes à ailes luxées."   Antoine-Jacques-Louis Jourdan - 1834 -Dictionnaire raisonné, étymologique, synonymique et polyglotte.

Et c'est encore cette singularité qui définit pour Duponchel le genre des Hétéroptères en 1832  :

Ailes supérieures seules relevées, mais non conniventes dans le repos. 


Pour être plus explicite encore, observons que ce nom d'Estropiès sera traduit dans le texte de Geoffroy  édité en latin sous la forme  de Divaricati : participe présent pluriel de divarico, avec le sens "écartés l'une de l'autre". En parlant des ailes.

L'explication de ce nom avait été donnée par Duméril : les neuf auteurs précédents (y compris Oberthür !) n'ont manifestement pas été la lire, ni dans l'ouvrage en français, ni dans sa traduction allemande.

 


 3.  Nom d'espèce Heteropterus morpheus  (Pallas, 1771)


a) Description originale

Papilio morpheus Pallas, 1771 Pallas, P. S. 1771. Reise durch verschiedene Provinzen des Rußischen Reichs. Erster Theil. Kayserliche Academie der Wissenschaften, St. Petersburg. 504 pp, page 471.
        Papilio Morpheus (Plebei. Urbicola.)

Magnitudo Papilionis Virgaureae, capite minus crasso quam affines. Alae supra fusco-nigrae, albo denticulatae, primores apice macula una alteraue lutea, minuta. At subtus secundariae, flavae, maculis crebis, ovalibus, albo subargenteis, linea nigra inclusis, quasi fenestratae, primariae tantum lunula disei pallida, macula versus apicem nigro cincta flava et margine flavae. In fruticetis circa. Samaram rarior, nec nisi vesperi apparet.

 

 Traduction au péril de mon incompétence : "Papillon de la taille du Virgaureae, tête moins épaisse. Ailes supérieures fauve-sombre, dentelées de blanc, petite tache jaune  à la pointe des antérieures. La face inférieure jaune  des ailes postérieures, nombreuses taches jaunes ovales blanc-argenté cernées d'une ligne noire et comme vitrées ; [ ?? sous les antérieures,  dise de lunule pâle, tache jaune et noir et marge jaune.]

Vit autour des buissons. Plus rare à Samara où il n'apparaît que le soir."

 

b) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type : « circa Samaram », environs de Samara, Russie

— Selon Dupont & al. 2013,  cette espèce a une répartition eurasiatique. Elle est présente du nord-ouest de la péninsule Ibérique jusqu’à la péninsule Coréenne. En France, les populations sont localisées dans la moitié ouest de la France avec une aire de répartition actuellement disjointe de celle des autres populations européennes. L’espèce est éteinte dans les Alpes-Maritimes et le Var. Ces dernières étaient vraisemblablement en connexion avec les populations de la péninsule Italienne. Les chenilles s’observent principalement sur Molinia caerulea (L.). 

— Selon Wikipédia, "Le Miroir est un papillon de taille moyenne avec une envergure qui varie de 32 mm à 38 mm. Le dessus est marron assez foncé et c'est le revers qui est caractéristique avec des ailes antérieures marron dans la partie recouverte par l'aile postérieure et dans la partie visible la même ornementation qu'aux postérieures, sur un fond ocre trois lignes de taches ovales blanches cernées de noir et une bordure blanche coupée de noir. Le Miroir est univoltin, il vole en une seule génération en juin-juillet.

Les plantes hôtes de sa chenille sont des poacées (graminées): Brachypodium dont Brachypodium sylvaticum, Calamagrostis dont Calamagrostis canescens, Eriophorum, Poa annua, Molinia dont Molinia caerulea,Phragmites australis.

Le Miroir se rencontre dans le centre et le sud de l'Europe, le centre de l'Asie et en Corée. En Europe, il forme plusieurs isolats, l'un constitué de la côte nord de l'Espagne et de tout l'ouest de la France, un second, petit, entre l'est de la Belgique, le nord de la Hollande et l'ouest de l'Allemagne et un très grand troisième allant à partir du nord de l'Italie, l'Autriche, jusqu'au Danemark et le sud-est de l'Europe, toute l'Europe centrale et la Turquie.

En France, il est présent dans tout l'ouest jusqu'à l'Île-de-France, la Nièvre, l'Allier, le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire, le Cantal, l'Aude et la Haute-Garonne. Le Miroir réside dans les prairies humides, les bois clairs proches de marécages.


c) Peter Pallas et son Voyage en Russie.      

 

 

Peter Simon Pallas (1741, Berlin - 1811) est un zoologiste et botaniste allemand qui se mit au service de l'Empire russe et de la Grande Catherine.

                                         alt=Description de cette image, également commentée ci-après

En avril 1767, Pallas est nommé par Catherine II de Russie professeur d'histoire naturelle à l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg. Il arrive en Russie à la fin de juillet 1767 avec sa femme et leur petite fille. 

La Grande Catherine s'intéresse à l'étude des ressources naturelles de son empire, et après sa propre expédition de 1767 de Saint-Pétersbourg jusqu'à Simbirsk décide de favoriser les travaux des savants dans ce sens. Pallas est choisi pour diriger une expédition en Sibérie dans la région d'Orenbourg pour y collecter des spécimens d'histoire naturelle. Elle part de Saint-Pétersbourg le 21 juin 1768 et est composée de plusieurs groupes. Le premier, outre Pallas, comprend trois jeunes étudiants, Nikita Sokolov et Vassili Zouïev (futurs académiciens), ainsi que d'Anton Weber, d'un dessinateur, Nikolaï Dmitriev, et d'un taxidermiste, Pavel Choumski. L'expédition se rend dans les gouvernements de Russie centrale, puis dans la région de la Volga, vers la Caspienne et ensuite vers l'Oural, la Sibérie occidentale, l'Altaï, la région du lac Baïkal et la Transbaïkalie. L'expédition prend fin le 30 juin 1774. Les autres groupes de l'expédition, qui prennent par la suite des itinéraires différents, sont dirigés par le botaniste suédois Johann Peter Falck (1732-1774), auquel succède le géographe allemand Johann Gottlieb Georgi (1729-1802) en 1772 ; le naturaliste russe Ivan Lepekhine (1740-1802)  ; le naturaliste allemand Samuel Gottlieb Gmelin (1744-1774), qui meurt dans l'actuel Daguestan prisonnier par des tribus montagnardes locales, et enfin le naturaliste allemand Johann Anton Güldenstädt (1745-1781).

Il faut suivre sur la carte l'itinéraire suivi par Pallas en partant de Saint-Petersbourg de juin 1768 à 1770 , date à laquelle il atteint  Oufa et y termine pendant l'hiver son récit de voyage Reise durch verschiedene Provinzen des Rußischen Reichs, publié à Saint-Pétersbourg en 1771 : un parcours qui, sans compter les va-et-vient de l'expédition, totalise 2500 km. En 1768 Pallas part donc de Saint-Pétersbourg vers Novgorod, Moscou, Kassimov, , Penza, Simbirsk, Samara, Stavropol et de nouveau à Simbirsk. Après un hivernage à Simbirsk, l'expédition se rend de nouveau en mars 1769 à Stavropol, puis à Samara et Syzran et le village de Serny (aujourd'hui Sernovodsk); après être retournée à Samara, l'expédition traverse le village de Borsk et se rend à Orenbourg, puis à Yaïtsk, avant de passer l'hiver à Simbirsk ; ensuite elle longe le fleuve Oural jusqu'à Gouriev, puis traverse la steppe jusqu'à Oufa, où Pallas s'installe jusqu'en 1770. 

 A 860 km au sud-est de Moscou, Samara où Pallas observe "dans les buissons"  l' Heteropterus morpheus, est située dans les méandres de la Volga, dont elle est un port important ; elle est actuellement connue pour la construction de véhicules spatiaux ; c'est ici que fut construit l'engin qui mit Youri Gagarine en orbite en 1961. Mais à l'époque de Pallas, c'était, avec ses 2000 maisons, un centre commercial de vente de poissons frais ou salés, où les Tatars de Kasimov venaient vendre leurs peaux d'agneau, les Kosaques venaient acheter leur blé, tandis que de nombreux batiments remontaient ou descendaient le fleuve.

 

d) Synonymes  INPN (Muséum).

Liste des synonymes :

  • Papilio aracinthus Fabricius, 1777  Fabricius, J. C. [1777] (1776). Genera insectorum eorumque characteres naturales secundum numerum, figuram, situm et proportionem omnium partium oris adiecta mantissa specierum nuper detectarum. Chilonii. (Bartsch). 310 pp page 271
  • Papilio morpheus Pallas, 1771
  • Papilio steropes Denis & Schiffermüller, 1775

 

Synonyme non mentionné et donc non validé peut-être par le Museum (ou omis ?) :

  • Papilio speculifer, Geoffroy in Fourcroy, 1785. (page 246)
—Origine du nom aracinthus :

- Aracinthe, montagne de Boétie toute couverte de pierres, près de la ville de Thèbes,  citée par Virgile (Églogue 2) et par Properce Livre 3.

-Aracinthis : Épithète de Minerve  (Pierre Chompré, Aubin-Louis Millin Dictionnaire portatif de la fable, pour l'intelligence des poètes ..., Volume 2 page 669)

— Origine du nom Steropes :

Il s'agit du nom de l'un des trois Cyclopes :  Brontès (Βρόντης / Bróntês,« Tonnerre »), Stéropès (Στερόπης / Sterópês, « Éclair ») et Argès (Ἄργης / Árgês, « Foudre »)

 

 

 

e) Origine et signification du nom morpheus :

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

  — Ramann page 111 :

"war der Sohn des Somnus, der den Menschen die Träume brachte" 

— Arnold Spuler ( 1901-1908) page 70 :

Gott des Schlafes 

— August Janssen (1980) page 45

God van de slaap.

 — A. M. Emmet (1991) page 143:

the god of dreams,  who was adept at mimicking the appearence and mannerisms of human beings. 

—Hans-A. Hürter (1998) page 438

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 252 :

    Morpheus : Morphée, dieu du sommeil, par allusion à la couleur sombre du dessous des ailes, qui évoque la nuit.

 

— Perrein et al. (2012) page  112 :

 Étymologie : de Morphée, dieu des songes, un des mille enfants du Sommeil, chargé d'endormir les hommes et de repaître leur imagination, qui se déplace rapidement sans bruit grâce à ses ailes. Aussi excelle-t-il à revêtir mille formes différentes — d'où son nom, du grec morphê —et à prendre la démarche, le visage, l'air et le ton de voix de ceux qu'il veut représenter.


— Arizzabalaga 2012 :

 Morfeu, fill d’Hipnos, un déu alat que provocava la son 

 

Discussion : 

       Pallas ne donne pas d'indication sur l'origine du nom morpheus. La consultation des noms donnés par Pallas en 1771 à d'autres papillons : argiades, [Everes argiades] ianthe, laodice, medusa, orion [Scolithandites orion], palaemon, phryne, pyrausta, sappho, tarpeia, ne donne guère d'indice, tout en indiquant la prévalence des noms inspirés par la mythologie grecque. 

  Selon Wikipédia, "Morphée (en grec ancien Μορφεύς / Morpheús, de μορφή / morphế, « forme ») est, dans la mythologie grecque, une divinité des rêves prophétiques. Il est, selon certains théologiens antiques, le fils d'Hypnos (le Sommeil) et de Nyx (la Nuit), et selon d'autres, la principale divinité des mille Oneiroi engendrés par Nyx seule. Il a pour vocation d'endormir les mortels.

Il est souvent représenté par un jeune homme tenant un miroir à la main et des pavots soporifiques de l’autre, avec des ailes de papillon battant rapidement et silencieusement, qui lui permettent de voler. Il donne le sommeil en touchant une personne avec ses pavots. Il lui donne également des rêves pour la nuit. Pour se présenter aux mortels, il se transforme en être cher (d'où son nom signifiant « forme »), permettant aux mortels l'espace d'un instant de sortir des machinations des dieux.

On le retrouve notamment dans l'œuvre d'Ovide. Messager des dieux, il apparaît généralement dans le sommeil des rois comme un humain sous forme de fantasme. Il est peut-être le rêve envoyé par Zeus auprès d'Agamemnon dans l’Iliade, mais dans ce passage, il n'est pas explicitement nommé. Il joue un rôle important dans l'histoire d'Alcyone et Céyx."

L'article de Wikipédia fournit un indice important, si l'information "souvent représenté par un jeune homme tenant un miroir à la main " est fiable (je ne suis pas parvenu à en trouver confirmation) puisque Pallas écrit en 1770, alors que l'ouvrage de Geoffroy est l'une des quelques sources d'information en entomologie, et qu'il est vraisemblable qu'il en dispose. Aussi peut-il être influencé par le nom vernaculaire "Le Miroir" et choisir Morphée comme personnage porteur de miroir. Par ailleurs, le miroir est, en lui-même, proche de Morphée, la divinité qui prend tous les visages. 

L'essentiel des informations sur Morphée sont données dans le Livre IX des Métamorphoses d'Ovide dans un passage où Iris, sur ordre de Junon, fait envoyer  un Songe à Alcyoné, épouse du roi Céyx qui a péri en mer. (11, 616-632) Morphée, sous les traits de Céyx naufragé, se présente à Alcyoné endormie, lui décrit son naufrage et lui demande de ne pas le laisser sans funérailles. (11, 650-676)

 

At pater e populo natorum mille suorum

excitat artificem simulatoremque figurae

Morphea ; non illo quisquam sollertius alter

exprimit incessus uultumque sonumque loquendi ;

adicit et uestes et consuetissima cuique

"Alors de la foule de ses mille rejetons, le père va réveiller

celui qui est un maître dans l'art d'imiter la figure humaine,

Morphée ; nul autre ne reproduit plus habilement que lui 

une démarche, un visage et le timbre d'une voix et, par surcroît,

les tenues et les propos les plus caractéristiques de chacun."


Morphée (11, 635) n'est pas le dieu du Sommeil,Hypnos/Somnus, mais un de ses fils. Son nom lui viendrait de sa capacité à prendre de multiples formes (morphè, en grec). On voit que la description faite par Ovide pour Morphée pourrait aussi définir le Miroir.

La statue de Morphée par Poussin (1679) dans le Bosquet de la Girandole de Versailles ne montre pas  de miroir. © MariaAntonia 2007-2014

 

© 2007-2010 by J.S.

 

La statue de Houdon (Musée du Louvre ) ne tient pas non plus de miroir, pas plus que l'on ne trouve cet accessoire dans la peinture de Morphée et Iris de Pierre-Narcisse Guérin (1811).

                              220px-Guerin_Morpheus%26Iris1811.jpg

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 


I. Les Noms français. 

   

 

 

1."Le Miroir ", Geoffroy, 1762.

 Étienne-Louis Geoffroy  1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. page 66 n°36.

     36. Papilio nigro-fuscus nitens, alis subtus limbo dentato fulvo, secundaris maculis duodecim albis*. Le miroir. Longueur 6 lignes, largeur 15 lignes. La couler des ailes en dessus est assez brillante, quoique toute brune : il n'y a que deux petites taches jaunâtres au milieu du bord supérieur des ailes de dessus. En dessous, les ailes supérieures sont du même brun, avec une bordure dentelée de couleur jaune qui termine l'aile. Les ailes inférieures ont une pareille bordure, & de plus une douzaine de grandes taches blanches qui se touchent presque, & qui se trouvant entourés d'une bordure brune, ressemblent à des miroirs. Je n'ai jamais rencontré ce papillon qui m'a été donné. Il avait été pris au bois de Boulogne.

*"Papillon noir-brun, brillant, revers des ailes fauves à marge indentée, ailes postérieures à douze taches blanches"

 Remarques.

1) Geoffroy est le premier auteur à donner la description de cette espèce ; mais n'ayant pas donné de nom latin (il ne le fera qu'en 1785 dans l'édition de Fourcroy avec le nom de Papilio speculifer), malgré la diagnose en latin, il est exclu de la validation établie par l'ICZN. Je lui rends néanmoins hommage ici.

2) Il donne la description de cette espèce au sein de sa famille III des "Argus" (ou papillons à ocelles, nommés ocelliferi dans l'édition de Fourcroy), ne faisant débuter ses Estropiès (divaricati) qu'à la suite du Miroir. L'espèce qui le précède est son "Bronzé", papilio virgaureae (taille 5 lignes x 13). En 1758, Linné avait classé nos Hesperiidae dans la même Phalange que les Lycaeniidae, celle des Plebejus, sous-catégorie des urbicolae (on y trouve les papilio comma, malvae et tages, alors que les papilio argus, argiolus, rubi et virgaureae appartiennent aux Plebejus rurales). 

3) L'espèce qui précède le Miroir est le Bronzé, papilio virgaureae Linné. Or, la description originale de Pallas pour son morpheus commence par " Magnitudo Papilionis virgaureae" ce qui indique d'une part que Pallas place également virgaureae et morpheus dans le même groupe, mais peut-être aussi qu'il avait à sa disposition l'Histoire des insectes de Geoffroy.

4) C'est donc  le chapitre suivant que Geoffroy consacre à ses "Estropiés". 

 


2."Le Miroir "  Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 191 n° 94 Planche XLIV dessinée par  Ernst et gravée par J.J. Juillet.  

Dans sa description, Engramelle ne reprend pas la comparaison de Geoffroy avec le miroir et se contente de signaler les grandes taches blanches du revers des ailes postérieures.

Il cite en référence Esper, 1, XLI, Suppl. XVII fig.1 page 361 Steropes

 

3. "Hespérie Miroir" Latreille, 1804.

Histoire naturelle :générale et particulière des crustacés et des insectes    vol. 14 page 124

 

4. "Hespérie Aracynthus" , Latreille et Godart 1819. 

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Entomologie ou Histoire naturelle Paris : Vve Agasse tome 9, page 775 .


Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses. Il cite Hesperia aracinthus (Fabricius), Papilio steropes (Wien. verz, Esper, Illiger, Bergstrasser, Ochsenheimer, Borkhausen,  Hübner, Schneider, Lang, Devillers) , Papilio morpheus Pallas, Erynnis speculum Schrank, Le Miroir (Geoffroy, Engramelle)

 

5.  "Hespérie Miroir" , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, page 229 n° LXXXVIII peinte par Vauthier et gravée par Lanvin.

 LXXXVIII. HESPERIE MIROIR

Hesperia aracinthus (Fabricius)

Papilio steropes (Hübner)

Erunnis speculum (Schr.)

Le Miroir (Geoffroy)

[...] Nota : Geoffroy a rangé ce Lépidoptère parmi les Argus et lui a donné le nom de Miroir, à cause des taches blanches du dessous des secondes ailes.

Planche XII ter fig.1 © BHL 

                     n350_w358

 

 

8. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

Dans son article Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe paru dans Alexanor en 1986, Gérard Luquet  propose de reprendre le nom « Le Miroir » de Geoffroy, et en nom accessoire « le Stérope » mentionné par Ch. De Villers en 1789 (mais qui est une transcription française du nom latin de Denis & Schiffermüller, 1775).

 

 

9. L'étude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page  252 :

 Miroir : nom proposé par Geoffroy (1762) faisant allusion aux taches blanches présentes au revers des ailes postérieures.

 

— Perrein & al. (2012) page 112 :

 Le nom français est attribué en 1762 par  Étienne Louis Geoffroy : les taches blanches ovalaires, cerclées de noir, du revers des ailes rappelant les anciens miroirs à main ovales.  

 

10. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Heteropterus morpheus, puis ajoutent page 234 : " cette jolie Hespéride, souvent désignée sous le nom de Miroir, est plus connue, dans les collections françaises, sous le nom de Steropes Aracynthus Fabr. […] L'Hespérie Miroir présente un vol très particulier ; elle vole par petits bonds, en fquelquz sorte en sautillant, dans les clairières herbues des forêts." 

 

—H. Bellmann / G. Luquet 2003 : non décrit

— Doux & Gibeaux 2007 : "Le Miroir ".

 

— Lafranchis, 2000 : "" .

— Perrein et al. 2012 : "Miroir".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "

— Wikipédia : " Le Miroir, ou Hespérie à miroirs".

 

 

 


 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

Six noms au moins ont repris l'image du miroir créé par Geoffroy. 


  • "Large Chequered Skipper" en anglais : "le Grand Skipper Échiquier"
  • "Spiegelfleck-Dickkopffalter" en allemand : "(Skipper -ou Hespérie- ou) Grosse-Tête- à taches en Miroir"
  • "Tükrös busalepke" en hongrois
  • "Karirani livadar" en slovène
  • "Soumračník černohnědý" en tchèque : "Skipper noir-brun"
  • "Espejitos" en espagnol : "miroir" Espejito désigne un petit miroir (de sac à main?) ; le film Espejito Espejito (Mirror Mirror) raconte l'histoire de Blanche Neige.
  • Saltiro en catalan : Nom de genre  Saltirons "Pel tipus de vol tan característic de les espècies papallones d’aquesta". Nom d'espèce " Saltiró"  : Únic representant d’aquest gènere a Catalunya
  • "Spiegeldikkopje" en néerlandais : "Skipper Miroir."
  • "Heinähiipijä" en finnois
  • "Spejlbredpande" en danois : "Skipper Miroir"
  • "Speilsmyger" en norvégien : "Skipper Miroir"
  • "Spegelsmygare" en suédois : "Skipper Miroir"
  • "Sedefasti debeloglavac" : 
  • "Rojnik morfeusz" en polonais : ...morpheus
  • "Beyaz Benekli Zıpzıp" en turc : " à taches blanches"
  • "Uneliblikas" en estonien
  • "Viksvinė hesperija" en lituanien : "Skipper des joncs (Carex)"
  • "Súmračník čiernohnedý" en slovaque: Súmračník brun-noir
  • "Толстоголовка морфей" en russe : "Skipper morpheus"

 

Langues celtiques  : 

 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas encore de nom en breton ; 

  • " " en gallois. : 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Le nom vernaculaire anglais .

 

 

 

 

            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : Heteropterus

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Heteropterus morpheus

— UK Butterflies : Heteropterus morpheus

— lepiforum : Heteropterus morpheus

— jardinsauvage.fr : Heteropterus morpheus

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  qui interdit un lien direct. Suivre donc accueil ->Lepidoptera ->etc...  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :

ARRIZABALAGA (Antoni ) & al. 2012   "Proposta de noms comuns per a les papallones diürnes (ropalòcers) catalanes",  Butll. Soc. Cat. Lep., 103: 5-28. En ligne 

 http://www.museugranollersciencies.org/uploads/arrizabalaga-et-al-butlleti-103.pdf 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up


 

 

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

PITKIN (Brian) JENKINS (Paul), sd.,  Butterflies and Moths of the World Generic Names and their Type-species, NHM, http://www.nhm.ac.uk/research-curation/research/projects/butmoth/search/index.dsml

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

— Numen. The Latin lexicon :  http://latinlexicon.org/index.php

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— ALDROVANDI (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae) 1602 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248 ou Gottingen

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BILLBERG (Gustav John) : Enumeratio insectorum in Museo Gust. Joh. Billberg ,[Stockholm] :Typis Gadelianis, 138 p. http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

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Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/


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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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