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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:03

 Zoonymie du papillon le Cuivré fuligineux Lycaena tityrus (Poda, 1761).

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

Résumé. 

— Lycaena Fabr, 1807: du grec loukaïna, "louve", Comme la plupart des noms génériques de Fabricius, il s'agit d'un épithète d'Aphrodite, "La Louve porte-sceptre des Dieux" des Hymnes orphiques. 

— tityrus (Poda, 1761), du nom d'un pâtre de la première Églogue de Virgile, gardant ses brebis et jouant de la flûte en s'entretenant avec Mélibée. Ce nom est d'usage récent, puisqu'il fut oublié aussitôt créé au profit de duos de noms :  Papilio Xanthe et Circe (Denis & Schiffermüller 1775), Hesperia Xanthe et Garba (Fabricius) ; mais  pendant le XIXe et la moitié du XXe siècle, les faveurs allaient souvent au nom de dorilis (Hufnagel, 1766). L'antériorité du tityrus de Poda affirmée en 1911 ne permit de vaincre le dorilis d'Hufnagel que vers 1935.

— Notre nom de "Cuivré fuligineux" est une création de G. Chr. Luquet en 1986 : si le terme de Cuivré qualifie un groupe de douze espèces françaises remarquables par la couleur fauve feu métallique de leurs ailes, l'épithète "fuligineux", "couvert de suie", signale le brun sombre des ailes du mâle. En 1762, Geoffroy, reprenant un nom que Linné avait délaissé, nomma cette espèce "l'Argus myope", car elle n'a que 42 "yeux" ouverts alors que le géant Argus en possède cent. Engramelle reprit ce nom plaisant en 1779.  Godart (1821) créa le nom grinçant de Polyommate Xanthé, qui peut être oublié.  

  


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Lycaenidae, William Elford Leach, 1815. Les Lycènes.

 La référence de la publication originale de Leach ne fut pas facile à trouver, d'autant qu'elle se cacha derrière le nom de Brewster.  La voici : 

       Leach, William Elford, 1790-1836  "Insecta" pp. 329-336."Entomology". pp 646-747 in D. Brewster éditeur, Brewster's Encyclopaedia Edinburgh, [Edinburgh, volume 9, 1, 04/1815 pp. 57-172  : selon Sedborn 1937] [Philadelphia, E. Parker,1816? selon BHL Library]  page 718. [ Article publié anonymement et attribué à Leach, qui avait annoté son propre manuscrit]

Voici un autre lien, c'est plus sûr :https://archive.org/details/CUbiodiversity1121039

      L' Edinburgh Encyclopædia était une encyclopédie en 18 volumes, imprimée et publiée par William Blackwood  et éditée par David Brewster entre 1808 et 1830. En rivalité avec l'Encyclopædia Britannica publiée à Edimbourg,  elle était considérée comme étant la meilleure sur les sujets scientifiques ; la plupart des articles étaient rédigés par le physicien D. Brewster, qui fut recteur de l'Université  de 1859 à 1869, mais elle faisait appel à d'éminents contributeurs. 

  Ce n'est qu'en 1832 que Joseph Parker de Philadelphia, et Whiting et  Watson de New York éditèrent la version américaine.

    Cette publication de Leach  donne la première bibliographie jamais publiée en entomologie. Cet auteur, alors bibliothécaire adjoint en zoologie au British Museum, a fondé également les ordres Phasmida, anoploures, thysanoures et Rhaphidides, les familles hémiptères Pentatomidae, Coreidae, Belostomidae; la famille de diptères Tipulidae et la famille des hyménoptères Chrysididae.

 

Leach et les anagrammes de Caroline.

   Puisque mon sujet est la zoonymie, je ne laisserai pas passer l'occasion de signaler les particularités des créations onomastiques de W. Leach. On dit en effet qu'il avait été amoureux d'une certaine Caroline, dont on ne sait si elle était son épouse, sa sœur, ou sa maîtresse, mais dont il s'ingénia, l'année de ses 28 ans, à dissimuler les acronymes de son prénom dans ses noms de genre de crustacés, tels que Anilocra (1818), Canolira (1818), Cinolara (1818), Conilera (1818), Nelocira (1818), Nerocila (1818), et Rocinela (1818) ! D.M. Damkaer, qui relate cette originale série (The Copepodologist cabinet, page 148) en citant Stebbing, 1893 et Gosse, 1860,  aurait pu citer aussi Lironeca 1818 / Livoneca 1818, ou Olencira 1818. Ses successeurs s'amusèrent à poursuivre le jeu avec Renocila (Miers, 1880), Alcirona (Hansen, 1890 ), Lanocira(Hansen, 1890 ) et  Corilana (Kossman, 1880), Nalicora (Moore, 1902) , Orcilana (Nierstrasz, 1931) , Creniola (Bruce, 1987) et Norileca (Bruce, 1990).

Ces noms ont été publiés dans le Dictionnaire d'histoire naturelle Tome 12, Levraut, Le Normant : Paris 1818, page 69-75  dans lequel Leach était chargé de l'article Crustacés. Page 74, il écrit page 74 "Je crois utile de donner la liste des noms de tous les genres de crustacés qui ont été publiés jusqu'à ce jour", de Aegée, Aeglée jusqu'à Zoé, Zozime, Zuzare.  Voir la liste de tous les noms de crustacés créés par Leach ici. Mais c'est dans l'article Cymothoadées page 338 que les genres sont présentés. Ils débutent, est-ce un hasard, par le genre Eurydice Belle (on connaît l'air de Gluck Che farò senza Euridice "J'ai perdu mon Eurydice, rien n'égale mon malheur"..) Les noms de genre en français sont les anagrammes de Caroline, et leurs espèces se déroulent comme une longue marche orphique appelant de l'Hades les entomologistes : Nélocire de Swainson, Conilère de Montaigu,  Rocinèle de Devonshire, [Aega (une nymphe)], Canolire de Risso, Anilocre de Cuvier, Olencire de Lamarck, Nérocile de Blainville, Livonèce* de Redman ou de Rafinesque, puis se termine (après Cymothoa de Fabricius) par son Limnorie, qui porte le nom d'une Néreïde.

* Livonèce  Il s'agit d'une faute typographique pour Lironeca, comme en témoigne une version anglaise du texte français, écrit de la main de Leach et conservé aux archives de la Société linnéenne de Londres  , dans lequel il a clairement écrit Lironeca. De même, dans sa liste donnée page 74 du même dictionnaire, c'est le terme Lironecée qui est indiquée.  Dans la réédition du dictionnaire,  Latreille a corrigé   à plusieurs reprises  "Livoneca / Livonèce" par "Lironeca / Lironèce".  La Commission Internationale de nomenclature zoologique a néanmoins déterminé  "Livoneca" comme la forme valide pour ce genre. Dans un article paru en 1994 dans le Bulletin de nomenclature zoologique, Ernest H. Williams , Jr. et Thomas E. Bowman  ils ont défendu l'orthographe originale de Lironeca et demandé  à la  Commission Internationale de nomenclature zoologique de décider que Livoneca est une orthographe originale incorrecte de Lironeca.

 Dans ses manuscrits inédits , il avait également utilisé  le nom Cilonera . " Ibid . ( Note 116 , p.402

Depuis près de 200 ans, des esprits curieux ont tentés de savoir qui se cachait derrière Caroline. Leach n'était pas marié, n'avait pas de maîtresse connue, si tant est que son dévouement pour la science, ses fonctions au Muséum et ses publications incessantes [ son Entomology de 1815 est un travail considérable] lui en ait laissé le temps. Il avait une sœur, mais elle se prénommait Jenny. On a pensé à Caroline de Suède, à l'astronome Caroline Herschel, à Caroline de Brunswick et à Caroline Clift, la fille du naturaliste William Clift ; il pourrait s'agir d'une simple combinaison aléatoire de phonèmes. 

  J'ai tout de suite pensé au poème d'Edgar Poe : Annabel Lee.

 

It was many and many a year ago,
 In a kingdom by the sea,
That a maiden there lived whom you may know
 By the name of Annabel Lee;—
And this maiden she lived with no other thought
 Than to love and be loved by me.

[...]

 

 

And so, all the night-tide, I lie down by the side
Of my darling, my darling, my life and my bride
 In the sepulchre there by the sea—
 In her tomb by the side of the sea.

 


 Quel merveilleux moyen d'élever un Tombeau à un amour d'enfance que d'immortaliser le nom de l'aimée dans le marbre de l'onomastique zoologique des animalcules marins, et de le laisser se refermer sur l'indicible secret ?

La Caroline de Leach rejoint alors — pour moi seul —la Vanessa de Fabricius, et les amours que Nabokov a exprimé pour mieux les cacher dans le personnage de sa nymphette Lolita.

 

 (N.B Ces données sont issues de la présentation d'un travail artistique inspiré par ce thème : voir :http://www.victoriamanning.com/statement/elfortiana/elfortiana_statement.html. L'auteur y évoque les autres pistes possibles, telles que  Cornelia, Caroli Linné, Lonicera, Craniola, Carniola, Coraline, Caroline, Cerniola, et Arenicola.)

  Leach ne se limitait ni au prénom de Carolina, ni aux isopodes, ni à l'année 1818 : il avait déjà osé nommer un martin pêcheur australien  Dacelo Leach 1815, par anagramme du genreAlcedo des martins-pêcheurs de la vieille Europe. Ses créations avaient parfois le don d'irriter, et en 1842, six ans après la mort de Leach , le Comité de l'Association britannique sur la " Révision de la nomenclature botanique et zoologique " a éliminé les noms Azéka et Assiminea pour leur absence de sens.  En 1900 , le révérend Knight a  enquêté sur ces noms ...et a découvert que ces  "nonsense names" correspondaient sans-doute à la ville biblique de Azekah et  à Assémani, un «grand savant oriental ". De plus,  lors de l'examen des dizaines d'autres noms, il a également conclu que Leach semblait avoir une prédilection particulière pour les indications géographiques et des noms dérivés de personnes, ayant souvent une origine biblique ou oriental . (Journal of conchology , Vol. 9, n ° 9, Janvier 1900)

 

 

 

La famille Lycaenidae tient son nom du genre Lycaena de Fabricius (1807). Elle comprend les Blues ou Azurés, les Coppers ou Cuivrés et les Hairstreaks ou Thécla, et nos Argus, soit les sous-familles des  Polyommatinae Swainson, 1827, Lycaeninae [Leach, 1815] et Theclinae Butler, 1869.

 

 

b) sous-famille des Lycaeninae, [Leach, 1815]. Les Lycènines.

Un seule tribu :

c) Tribu des Lycaenini [Leach, 1815]. Les Cuivrés.

Cette tribu ne contient (en France) que le genre Lycaena depuis le regroupement récent (cf. infra) sous ce nom des genres Heodes, Helleia, Thersamolycaena, Thersamonia et Paleochysophanus.

 

 

 

 

    

2. Nom de genre : Lycaena Fabricius, 1807

   Lycaena Fabricius,  "Nach Fabricii systema glossatorum" in Magazin für Insektenkunde. (K. Illiger) Braunschweig [ Brunswick] 6 page 285, n°32.

Type spécifique: Papilio phlaeas Linnaeus.

  Cette publication est parue en avant-première pour informer les amateurs de la nouvelle division en 49 genres par lesquels Fabricius répartissait ses papillons diurnes (parmi lesquels in accueillait les Sphinx, les Sésie ou les Zygènes). Le Systema glossatorum, la taxonomie complète desGlossata, ainsi que Fabricius nommait les lépidoptères, devait paraître en 1808, mais la faillite de l'éditeur et la mort de l'entomologiste danois n'a pas permis cette parution.

  Le genre Lycaena est le 32ème des 49 genres ; il est divisé dans la publication originale en trois groupes, dont seuls sont donnés les noms de quelques unes des 150 espèces prévues. Parmi ces noms se trouvent hesperia virgaureæ et hesperia phlæas.

LERAUT considère les taxa Lycaena Fabricius, 1807, Helleia Verity, 1943, Heodes Dalman, 1816, Thersamolycaena Verity, 1957 et Palaeochrysophanus Verity, 1943, comme des genres différents. Provisoirement, Dupont et al. ( 2013) adoptent le nom de genre Lycaena pour toutes les espèces présentes en France : Donc, le genre contient actuellement les sept espèces suivantes :

Lycaena helle ([Denis & Schiffermüller], 1775). Cuivré de la Bistorte.

  • Lycaena helle arduinnae Meyer, 1980.
  • Lycaena helle arvernica Bernardi & De Lesse, 1952.
  • Lycaena helle deslandesi Hemming, 1932.
  • Lycaena helle eneli Betti, 1977.
  • Lycaena helle leonia (Beuret, 1926).
  • Lycaena helle magdalenae Guérin, 1959.
  • Lycaena helle perretei Weiss, 1977.

Lycaena phlaeas (Linnaeus, 1761). Cuivré commun. [Présent en Corse]

Lycaena alciphron (Rottemburg, 1775). Cuivré mauvin.

  • Lycaena alciphron alciphron (Rottemburg, 1775).
  • Lycaena alciphron gordius (Sulzer, 1776).

Lycaena dispar (Haworth, 1802) (141). Cuivré des marais.

Lycaena hippothoe (Linnaeus, 1761). Cuivré écarlate.

  • Lycaena hippothoe hippothoe (Linnaeus, 1761).
  • Lycaena hippothoe eurydame (Hoffmannsegg, 1806).

Lycaena tityrus (Poda, 1761) (143). Cuivré fuligineux.

  • Lycaena tityrus tityrus (Poda, 1761).
  • Lycaena tityrus subalpina (Ad. Speyer, 1851).

Lycaena virgaureae (Linnaeus, 1758). Cuivré de la Verge-d’or.

 


 

Étymologie.

1.  Sodoffsky  page 81.  

     " Lycaena. Von ly.., Wölfin. Wie passt die unter die Göttingen hier ? Besser schon wäre :Lycia, Beiname der Diana (v. Vollmer*, I.c page 602.) ; noch besser aber ein Beiname der Venus, etwa : Migonitis, von …, "vermischen, vermengen". V . Vollmer I.c p. 1203."

*Dr. W. Vollmer, voliständiges Wörterbuch der Mythologie aller Nationen. Stuttgart 1836.

— Trad : "Lycaena, du grec ..., "la louve". Comment passe-t-on ici [au nom d']une divinité ? Ce serait mieux avec Lycia, épithète de Diane (Vollmer I. page 602), et encore mieux d'après un épithète de Vénus, par exemple Migonitis, du grec ... "mélangé, réuni". Voir Vollmer I page 1203."

 Vénus/Aphrodite Migonitis (du grec "unir", latin misceo, "s'unir (sexuellement)" cf. Virgile, Mista Deo mulier) est vénérée selon Pausanias (Livre III chap. 22) à Gytheion  pour l'union conjugale. Elle avait reçu ce nom après que Pâris se soit uni à elle sur l'île voisine de Cranaé. Mais comment Sodoffsky passe-t-il de lycaena à Migonitis ?

 


 

2.  A.M. Emmet 1991 page 148:

 

"Lycaena est l'une des trois familles (Thecla, Lycaena  et Hesperia) entre lesquelles Fabricius répartit ses Théclas, Cuivrés et Azurés après qu'il les ait séparés du groupe des Skippers. Ce nom [créé par Fabricius en 1807] a été donné à cette Famille malgré qu'il soit postérieur au nom Cupido de Schrank 1802 et de Polyommatus de Latreille 1804, qui recouvraient tous les deux les mêmes groupes.

 "Le nom provient peut-être du grec lukaina, "louve", mais les auteurs ont boudés cette explication. Sodoffsky suggéra en 1807 "Lycia, épithète de Diane". Pickard et al. citent Sodoffsky sans autre  alternative ; Macleod, avec plus de vraisemblance, propose Lukaios, d'Arcadie, soulignant que plusieurs espèces portent le nom de bergers arcadiens. Une autre possibilité encore est Lukeion, le Lycée, un gymnase athénien, faisant référence aux activités animées des papillons. Néanmoins, les noms scientifiques  n'ont pas besoin de trouver leur légitimité dans des caractéristiques entomologiques et la première interprétation est sans-doute la bonne, même si elle peut renvoyer aux autres suggestions en écho. Le problème est le même pour d'autres noms créés par Fabricius, comme Zygaena, dans lequel il semble se livrer spirituellement à une sorte d'argot rimé, poursuivant un train de pensée avant de conclure par les sonorités d'un terme polysémique."

 A.M. Emmet aborde toujours les noms de genre de Fabricius avec la conviction qu'il a devant lui ce que Pef a baptisé un Motordu. D'autre part, il ignore la règle que s'est fixé l'entomologiste danois, et qu'il respecte assez souvent, qui consiste à choisir ses noms génériques des papillons diurnes parmi les épithètes de Vénus/Aphrodite, et ceux des nocturnes parmi ceux de Diane/Artémis. Or, selon A. Spuler, Vénus est bien surnommée "La Louve" (voir Glaser 1882 page311). Spannert reprend aussi cette hypothèse. Néanmoins, la louve est plutôt un animal liè à Artémis, et je n'ai pas trouvé de confirmation de cette hypothèse dans les listes d'épiclèses de Vénus.(ici) A contrecœur, j'allais l'abandonner, non sans m'amuser à évoquer les associations entre lupanar / Lupa, "louve", mais aussi "courtisane, prostituée" c'est à dire, "prêtresse de Vénus", en quelque sorte. Cette association me fait découvrir, à la page 135 du Mémoire sur Vénus de Pierre-Henri Larcher (1775), la référence que je cherchais : Les Hymnes orphiques 54 [52], vers 11. La traduction qu'en donne Leconte de Lisle sous le titre Parfum d'Aphrodite est la suivante : 

      Ouranienne, célébrée par mille hymnes, Aphrodite qui aimes les sourires, née de l’écume, Déesse génératrice, qui te plais dans la nuit noire, vénérable, nocturne, qui unis, pleine de ruses, mère de la nécessité, toutes les choses sortent de toi, car tu as soumis le Kosmos et tout ce qui est dans l’Ouranos et dans la mer profonde et sur la terre fertile, ô Vénérable ! Conseillère de Bakkhos, qui te réjouis des couronnes et des noces, mère des Érôs, qui aimes les lits nuptiaux, qui accordés en secret la grâce, visible et invisible, aux beaux cheveux, Louve porte-sceptre des Dieux, génératrice, qui aimes les hommes, très-désirable dispensatrice de la vie, qui unis les vivants par des nécessités invincibles et qui saisis, à l’aide de tes charmes, d’un désir furieux, la race innombrable des bêtes sauvages, viens, Déesse née dans Kypros, sois-nous favorable, belle Reine, soit que tu souries dans l’Olympos, soit que tu parcoures tes demeures dans la Syriè qui abonde en encens, soit que, sur tes chars ornés d’or, tu visites les rives fertiles du fleuve Aigyptos ; soit que, sur les hauteurs qui dominent l’onde marine, tu te réjouisses des danses circulaires des hommes, ou que tu te plaises, sur la terre divine et dans ton char rapide, au milieu des Nymphes aux yeux bleus, le long des sables du rivage ; soit que, dans la royale Kypros qui t’a nourrie, les belles vierges et les nouvelles mariées, ô Bienheureuse, te célèbrent par leurs hymnes, toi et l’ambrosien Adônis, viens, ô belle et très-désirable Déesse ! Je t’invoque avec un cœur innocent et par des paroles sacrées.

 

 

Les Hymnes orphiques Hýmnoi pròs Mousaîon ou Ὕμνοι πρὸς Μουσαῖον sont un recueil de 87 ou 88 hymnes d'origine incertaine, datant sans doute du IIe ou IIIe s. ap. J.-C., chacun étant une invocation à une divinité. - Il en existe  trois manuscrits connus de la traduction latine : Codex Laurentianus XXXVI, 35 ; Codex Ottobonianus Lat. 2966 , et le Codex Vaticanus 6891 qui relève d'une autre tradition que les précédents.

Si Fabricius ne les avaient pas sur sa table de chevet, sans-doute pouvait-il en trouver le contenu (ces hymnes sont très riches en épiclèses : cf. M. Hopman-Govers) dans des compilations. 


 L'hypothèse qu'énonce Emmet, de rapprocher le Lycée d'Athènes, Λύκειον / Lúkeion, cet ancien gymnase où se réunissait les péripatéticiens élèves d'Aristote, est fantaisiste, avec sa comparaison entre les évolutions des athlètes et le vol des papillons. Le lien avec le Mont Lykaion, ou Mont Lycée en Arcadie, consacré à Zeus Lycien, depuis que Lycaon fils de Pelasgos en avait institué le culte, correspond d'avantage aux habitudes onomastiques de Linné.

Hans-Arnold Hürter développe une très brillante réflexion sur les liens sémantiques entre les mots grecs  Likeri Lycoreia , Lycoreus , Lykaios et Lykeios et les dérivés du grec λευκος [leukos], « blanc, brillant », de l’indo-européen commun *lewk  (« briller, brillant > clair, vu > voir ») qui donne le latin lux, lumen "lumière",, l’allemand Licht, Leuchte, l’anglais light. Ainsi jadis déjà on comprenait le nom d' Apollon Lycios comme "dieu de la lumière", ou comme "né en Lycie", soit parce qu'il avait débarrassé la région de Sicyone des loups. Ce rapprochement est très séduisant pour une famille de papillons cuivrés ou azurés, mais Hürter après avoir joué autour de cette idée comme un phalène autour de la flamme, rappelle doctement que les noms de Linné sont attribués de manière parfaitement arbiraire, sans ressemblance ou relation avec les taxons qui les reçoivent.

Enfin, le lien entre entre le Papilio lycaon nommé par Kühn en 1774 (Misis lycaon) et le genre lycaena 1807 reste spéculatif.

        

 

 

 2. L'Ancien genre Heodes (Dalman, 1816).

 

      Heodes Dalman, "Försölk till systematisk Uppställning af Sveriges Fjärilar", Kungliga Svenska vetenskapsakademiens Handlingar, Stockholm, 1816, 37(1), p. 63.

Étymologie : 

—Perrein et al. 2012 : "à rapprocher du radical grec héo-, héoth, que l'on retrouve dans héos, "aurore", par extension "orient", point cardinal où le ciel prend la couleur de l'or au soleil levant, par allusion à la teinte dorée de l'avers des ailes".

 Cet aussi l'hypothèse de Janssen (1988). Hans-A. Hürter en donne une analyse approfondie et conclue  à une formation associant Eos ou Heos avec la lettre d de liaison et le suufixe -es, comme dans Ixo-d-es.

Dans la mythologie grecque, Éos (en grec ancien Ἠώς / Êốs ou Ἕως / Héôs) est une Titanide, déesse de l'Aurore.  Elle est la fille des Titans Hypérion et Théia, et la sœur d'Hélios (le Soleil) et de Séléné (la Lune).

 

Elle est souvent affublée des épithètes homériques « aux doigts de rose » (ῥοδοδάκτυλος / rhododáktulos), « en robe de safran » (κροκόπεπλος / krokópeplos), ou « aux avant-bras de rose » (ῥοδόπηχυς / rhodópêkhus). Homère et Hésiode la présentent également comme « enfant du matin » (ἠριγένεια / êrigéneia).

 


 3.  Nom d'espèce : L. tityrus (Poda, 1761)

 

a) Description originale

Tityrus. 46. P[apilio] Plebeji rurales]  Poda, N. 1761. Insecta Musei Græcensis, quæ in ordines, genera et species juxta systema naturæ Caroli Linnæi. Graecus [= Graz]. (Widmanstadius). 127 pp. Page 77.

 

Nicolaus (ou Nikolaus) Poda von Neuhaus (1723-1798), jésuite qui enseigna les mathématiques à l’université de Graz de 1758 à 1765 tout en étant conservateur de l’observatoire et en réunissant  une collection d’histoire naturelle. Il fait paraître en 1761 à Graz Insecta Musei Graecensis premier ouvrage purement entomologique à suivre la nomenclature binomiale de Carl von Linné (1707-1778).Outre une collection de minéraux, il avait constitué une importante collection d’insectes dont on a perdu la trace.

— Localité-type : Graz, Autriche

Cette espèce est présente dans une grande partie de l’Europe jusqu’au massif de l’Altaï. Elle est observée dans toute la France. Les chenilles se nourrissent principalement sur Rumex acetosa L.

 

— Description : 

alis subangulatis fuscis nigro punctatis : utrinque punctis ocellaribus marginalibus, subtus luteis subocellis plurimis.

Puncta ocellaria annulo fracto ferrugineo. Alarum pagina inferior variat colore luteo vel cinereo.

 

 

 

 

Synonymes (INPN, Muséum).

  • Heodes dorilis (Hufnagel, 1766) 
  • Heodes tityrus (Poda, 1761) 
  • Papilio circe [Denis & Schiffermüller], 1775 
  • Papilio dorilis Hufnagel, 1766 
  • Papilio tityrus Poda, 1761 
  • Papilio xanthe [Denis & Schiffermüller], 1775 
  • Polyommatus xanthe ([Denis & Schiffermüller], 1775)  

 

 

Leraut retient la présence de cinq sous-espèces en France :

- catherinei Verity, 1948. Localité-type : Cauterets, Hautes-Pyrénées.

- dorilis Hufnagel, 1766. Localité-type : environs de Berlin, Allemagne.

- italorum Verity, 1919. Localité-type : Lucca, Toscane, Italie.

- pallidepicta* Verity, 1934. Localité-type : Mont Ventoux, Vaucluse.

- subalpina Ad. Speyer, 1851. Localité-type : Patscherkofel, Autriche.

Le taxon subalpina est considéré par certains auteurs comme une espèce distincte (Parenzan & Porcelli, 2005-2006).

* de pallere, "pâlir" et picta "peinte".

 

 

étymologie. 

       Poda a baptisé notre fuligineux du doux nom du chevrier joueur de flûte de la première églogue des Bucoliques de Virgile : Tityre. Il a en réalité repris trois noms que Linné avait utilisé dans son Fauna suecica de 1746 : Coridon, Alexis et Tithyrus, trois noms de bergers des Bucoliques. Mais, dans le Systema Naturae de 1758 (et de 1764), Linné se donna comme régle de ne faire appel qu'au monde grec, et de banir tout nom de poésie latine hormis l'Énéide (épopée liée au monde grec). 

 Corydon et Alexis apparaissent dans le deuxième des dix églogues de Virgile : Corydon se plaint d'être dédaigné par Alexis, dont il est amoureux. 

Tityre est l'un des deux bergers de la première églogue, et il s'entretient avec Mélibée. Virgile a repris à son modèle le poète grec Théocrite le berger Tityre qui, dans la première Idylle  (l'idylle du Chevrier, ou Amaryllis) se plaignait du mépris de la belle nymphe Amaryllis  :

"Je chante pour Amaryllis, alors que mes chèvres paissent sur la montagne sous la conduite de Tytire. Tytire, ami de mon cœur, fais paître mes chèvres et conduis-les à la fontaine. Prends garde au bouc blanc de Libye, qu'il ne te frappe de ses cornes." (Théocrite).

Dans l'églogue de Virgile, Amaryllis est la femme ou la maîtresse de Tityre, qui est assez âgé. Grace à celle-ci, il a pu se rendre à Rome, avoir un entretien avec Octave, et obtenir que ses champs ne soient pas confisqués pour être donné aux guerriers victorieux. Il est donc serein, et joue de la flûte contre un hêtre. Mélibée (du grec meliboes, "doux comme le chant du cygne) au contraire, est obligé de fuir sa terre et ses biens, Octave ayant distribué des terres à ses généraux pour les remercier. 

      " Melebeus:

                        Tityre, tu patulae recubans sub tegmine fagi

                        silvestrem tenui Musam meditaris avena

                        nos patriae finis et dulcia linquimus arua;

                        nos patriam fugimus ; tu, Tityre, lentus in ombra

                        formosam resonare doces Amaryllida siluas. "

 

  ( Couché sous le vaste feuillage de ce hêtre, tu essayes, ô Tityre, un air champêtre sur tes légers pipeaux. et nous, chassés du pays de nos pères, nous quittons les douces campagnes, nous fuyons la patrie. Toi, Tityre, étendu sous de frais ombrages, tu apprends aux échos de ce bois à redire le nom de la belle Amaryllis. Trad M.Nisard, 1850.).

Dans la septième églogue, nous retrouvons Mélibée, désigné comme arbite d'un concours de chant entre Corydon et Thyrcis. 

La poésie bucolique de Théocrite et celle de Virgile va fournir à l'onomastique des papillons un grand nombre de noms, mais jamais sous la signature de Linné. Ce sont soit des noms vernaculaires français (créés par Geoffroy en 1762), soit des noms scientifiques, dont certains n'ont plus cours. Citons :

Le Mélibée ou Fadet de l'Elyme : Coenonympha hero

 Le Tircis , Pararge aegeria

L'Amaryllis Pyronia tithonus

 Lycaena tityrus, ...l'Argus myope.

Glaucopsyche alexis (Poda, 1761), l'Azuré des cytises.

Lysandra coridon (Poda, 1761) Argus bleu nacré.

Le  Palémon ( ou Fadet des garrrigues ou Doré)  : Coenonympha dorus.

Papilio menalcus Herbst p. 319

Polyommate Damon.    

 Il reste à comprendre pourquoi Théocrite a nommé son berger Tityros. Ce nom évoque les mots grecs Τιτυρος  Tityros Τιτυροι Tityroi (latin : Tityre Tityri), signifiant "De la flûte de berger", une flûte à deux tuyaux (les tityrinos) dont jouent, sur les vases grecs rustiques les génies qui accompagnent de leur musique et de leurs danses lubriques le dieu Dionysos. Ainsi, les Tityroi accompagnaient les  Satyroi (satyres), Silenoi (Silenes), Bakkhai (Bacchantes), ou Lenai et étaient comme eux petits, velus, aux oreilles d'âne et dotés d'une longue queue comme l'explique Strabon dans sa Géographie.

  Voir : http://www.theoi.com/Georgikos/SatyroiTityroi.html                                  

Tityros ( Τίτυρος) était l'ancien nom d'un promontoire au nord-ouest de l'île de Crète; un sanctuaire de la déesse Dictynna  (dont le nom a été donné par Esper à l'actuel Melitaea diamina) s'y trouvait.

 

 Strabon, Géographie 10. 3. 7 (trad. Jones) (géographe grec C1ST BC à C1ST AD):

 

— Doux et Gibeaux (2000) :

"Tityrus : Tityre (tityrus), nom d'un pâtre mythique mentionné par Virgile dans ses Églogues (1 : 1) : "tityre, tu patulae recubans sub tegmine fagi" ("Tityre, toi qui es assis à l'ombre de l'opulente frondaison d'un hêtre".) On notera au passage que de nombreux Lycènes portent des noms de pâtres arcadiens (cf. par exemple coridon, alcon, etc.)."

 

— Perrein et al. (2012) :

Tityrus est le nom d'un berger —cité par Virgile dans les Églogues— qui chante assis sous uh hêtre. Dans la mythologie grecque, les Tityres sont des génies à figure humaine et à corps couvert de peaux de bêtes, représentés dansant et jouant de la flûte, accompagnant le cortège dyonisiaque".

 

 

 

Archeo-taxonomie.

L'étude de ce nom doit maintenant être associée à d'autres, avec lesquels il est tissé selon des motifs compliqués.

1. Fauna suecica de Linné, 1746 : Argus myops.

 Dans cette publication qui précède le Systema Naturae de 1758, (le point d'origine de la nomenclature avant lequel aucune description ne peut être validée), Linné décrit page 247 n° 805, le :

papilio hexapus alis rotundatis : supra fuscis, subtus punctis nigris quadraginta duobus. "Papillon aux ailes arrondies, brun au dessus, quarante-deux points noirs au dessus" Vulgo : argus myops. Habitat in ericetis.

Il appartient à un groupe de papillons nommés Argus (oculatus, fuscus, caecus), vivant "in ericetis" (dans les landes). On sait que dans la mythologie Argus est un géant "aux cent yeux". Linné a-t-il nommé celui-ci "myops" parce qu'il n'avait que quarante-deux yeux ?

 

1bis Fauna suecica, Linné, 1746 : Papilio tithyrus.

Selon Linné lui-même, qui y fait référence dans son Systema naturae de 1767 dans sa description de Papilio Pamphilus, il aurait nommé son papillon 789 du Fauna suecica de 1746 "papilio tithyrus". Cette référence "tithyrus, fauna suecica n°789" est reprise par différents auteurs, dont Latreille et Godart. Mais je ne trouve pas mention de ce nom en consultant le texte page 240. Un oubli ? Il viendrait juste après Papilio Coridon n° 786 et Papilio Alexis n° 787. 

2. Dans le Systema Naturae de 1758, ce papillon Argus myops devient Papilio rubi (cf. Callophrys rubi) page 483 n° 154... mais il n'habite plus les landes ou les bruyères, mais la ronce! Ses ailes ne sont plus rondes (alis rotundatis) mais "dentato-subcaudatis" ! Et où sont passés les 42 points noirs ?.

3. Puisque Linné a fait ainsi disparaître son argus myops, la description de Papilio tityrus par Poda en 1761 acquiert donc sa légitimité. Mais, étonnamment, Poda, au lieu de respecter la logique de dénomination des Plebejus rurales (des noms de sculpteurs ou d'artistes grecs),  lui donne un nom de berger acadien qui complète la série débutée dans la Fauna suecica (Alexis et Corydon) pour des papillons à quatre pattes fonctionnelles (tetrapus).  Poda reprend à son compte les noms de Linné puisqu'il décrit, juste à la suite de son tityrus, un P. Alexis et un P. coridon.

4. L'année suivante (1762), Geoffroy decrit l'Argus myops de Linné dans son Histoire des insectes : il le nomme, très logiquement, "l'Argus myope" (cf infra, noms vernaculaires). Ce papillon appartient à un groupe nommé par Geoffroy Les Argus parce qu'ils sont ocellés, et comportant le Mars, l'Argus bleu (argus ocellatus de la Fauna suecica), le Demi-Argus (pas de référence à Linné), l'Argus brun (argus fuscus de la Fauna suecica), l'Argus Myope, l'Argus vert ou l'Argus aveugle (argus caecus de la Fauna suecica, Papilio rubi du Systema Naturae), Le Bronzé (n°807 butyracea vulgaris de la Fauna suecica) et le Miroir.

4' Scopoli s'interroge en 1763 sur son papilio Alexis variété 4 : est-ce le tityrus de Poda ?

5. En 1766, Hufnagel décrit dans son Tabel von den tagvögeln un Papilio Dorilis "schwarzlich grau mit einigen schwarzen flecken. Unten blaßgelb mit vielen schwarzen Flecken von ungleicher Grösse". "gris noirâtre avec des taches noires. Dessous jaune pâle avec de nombreuses taches noires de taille inégale ". Ne pas confondre avec dorylas, créé par Denis et Schiffermüller en 1775 (Polyommatus dorylas, l'Azuré du Mélilot).

 

6. En 1775, les auteurs viennois  Denis & Schiffermüller reprennent les papillons décrits par Geoffroy, Linné et Poda sous le nom de "Schmallschildraupen /Larvae oblongos cutatae" — "Goldglanzende Falter" traduisant "Les Bronzés" de Geoffroy page 180. Ils décrivent successivement :

1. P. virgauraea L.

2. P. hippothoe L.

3. P. Chryseis.

4. P. Helle.

5. P. Phlaeas L.

6. P. Xanthe (P. Tityrus Poda)

7. P. Circe (L'Argus myope Geoffroy).

Nous avons donc trois séquences :

  • argus myops de Linné 1746>> Argus Myope Geoffroy 1762 >> Papilio Circe D&S 1775,
  • P. tityrus Poda 1761>>> P. Xanthe D&S 1775. 
  • P. dorilis de Hufnagel.

 

7. Pour simplifier, en 1777 Esper décrivit ce papillon sous le nom de Phocas !

 Il inscrit par ses références son nom dans la séquence : argus myops de Linné 1746>> Argus Myope Geoffroy 1762 >> Papilio Circe D&S 1775. 

Esper, tome I, page 339 XXXV, suppl. XI fig. 1-2

Image BHL :

 cuivre-fuligineux-esper-Pl-35.png

 

8. Fabricius décrit en 1787 (Mantissa ins. T.II p. 81 n° 731) le P.R. Xanthé, mais aussi l'espèce suivante n° 732 le P.R. Garbus.

9. Fabricius en 1797 (Ent. Syst. em tome 3 pars 1 page 312) renomme ces papillons Hesperia Xanthe (= Xanthe = Phocas) n° 182 et Hesperia Garbas (= Circe) n°183.

 

10. En 1819, Godart réunit toutes ces dénominations comme une seule espèce qu'il nomme Polyommate Xanthé. (le nom de tityrus a été pris par Fabricius [Hesperia tityrus Ent Syst em  III pars 1 n° 331 ] qui a nommé ainsi une de ses Hespéries vivant en Amérique, et ce nom apparaît page 2362 dans les plebejus urb. d'une édition de 1789 du Systema Naturae par Gmelin).

11. De 1819 à maintenant.

Mais néanmoins, on trouvera des auteurs pour utiliser l'un ou l'autre de ces noms tout au long du XIXe ou du XXe siècle. Pour Staudinger, il se nomma Dorilis, et pour W.F. Kirby, L. Dorilas (Hufn). En régle général, on s'attacha, en utilisant un nom, à rappeler l'autre par des équations telles que Xanthe (Fabr.) = Dorilis (Hufn.).

Le tityrus de Poda resta dans l'ombre jusqu'au début du 20e siècle : la première mention de son nom dans les publications, avec son genre Heodes, survient en 1929. Première mention en langue française en 1939, première mention en France en 1949.

C'est semble-t-il en 1911 que tityrus fut exhumé par le Pr. L. G. Courvoisier, dans un article  "Synonymie der Palearktischen Lycaeniden"  paru dans ? Ent. Zeitschr , XXIV, n°50, 1911. et  Intern. entom. Zeitschr. Guben 6 p. 71, 1912. Pendant longtemps, "tityrus, Poda 1761" garda comme une étiquette la mention "(= dorilis—ou dorilas— Hufn). En 1918, on écrivait "Chrysophanus tityrus Poda, mieux connu sous le nom de dorilis (Hufn)"

Ce n'est qu'en 1935 que  l'injonction  :" C. tityrus Poda doit remplacer C[hrysophanus] dorilis (Hufn)" parut dans les Annales de la Société Entomol. De France.

Tityrus fut associé au XXe siècle aux genres Chrysophanus, Loweia Tutt 1906 et, Palaeolowiea Verity 1934. Heodes apparut vers 1929 : Lycaena tityrus est tout récent (v.2010) et les publications du début du XXIe siècle utilisent Heodes tityrus.

 Étymologie des synonymes.

  • Dorilis :a)  Doris, fille de l'Océan et de Thétis, épouse de Nérée, mère des Néréides. Étymologie peu claire pour Hürter. b)Doritis : surnom de Vénus à Cnide : Doris ou Doritis
  • Xanthé : une Océanide selon la liste d'Hésiode.
  • Circé : magicienne de la mythologie grecque, qualifiée par Homère de "polypharmakon", "aux multiples drogues".
  • Garbus/Garba : on signale un roi du Maroc ou de Grenade — un Sarassin— cité dans les Grandes Chroniques de France, XVIe siècle. C'est le nom d'un vent de mer dans le Languedoc (1727). Thomas Grabus écrivit une Somme médicale summa. medic. scien. tract. 
  • Phocas : nom d'un empereur byzantin (de 602 à 610). Il existe aussi des saints Phocas à Sinope et à Antioche.

 

 

 

 

 

 

              II. Noms vernaculaires.

 

 

 

 

I. Les Noms français. 

 

1.  L'Argus myope, Geoffroy, 1762.

 L'Argus myope, Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 64 n° 33.

 Nous avons vu que Geoffroy reprenait ici le nom Argus myops créé par Linné en 1746 dans sa Fauna suecica dans une courte série argus oculatus, fuscus, myops et caecus, Argus ocellé, brun, myope, et aveugle.

Geoffroy a lui même créé un groupe des Argus, dans lequel il décrit le Mars, l' Argus bleu (l'oculatus de Linné), le Demi-Argus, l'Argus brun (le fuscus de Linné), l'Argus myope, l'Argus vert ou Argus aveugle (caecus de Linné), le Bronzé (butyracea vulgaris de Linné) et le Miroir.

 S'ils se référent tous au héros ou géant mythologique Argos Panoptes, qui a cent yeux pour mieux surveiller la génisse Io, parce qu'ils ont tous des "yeux" ou ocelles, ils évoquent aussi par leurs couleurs cuivrées ("bronzées") le fait que le nom d'Argus viendrait de la racine grecque arg-, qui signifie « quelque chose de brillant » (cf. argyros signifie « argent »).

  Si Argus possède cent yeux, un argus myops est un argus dont certains yeux sont fermés, selon l'étymologie de notre mot "myope", et du latin myops, ōpis, "qui a la vue basse" car le grec gr. μυώψ, ωπος évoque μύω, múô (« fermer ») + ὤψ, ốps (« œil »). Or Linné a compté 42 yeux sur les ailes de cet argus myope, il en ferme donc plus de la moitié.

 

On est aujourd'hui étonné de voir que, lorsque le livre de Geoffroy a été édité par Fourcroy en 1785 dans une édition en latin compatible avec les exigences de la communauté savante, cette espèce reçut le nom de Papilio rubi alors que son Argus vert (le "vrai" P. rubi) reçut celui de Papilio caecus. Cela témoigne seulement du désarroi dans lequel se trouvaient les entomologistes soucieux de s'en tenir scrupuleusement aux descriptions de Linné, lorsque ces descriptions ne recouvraient pas les espèces existantes.

 

 


2. L'Argus myope, Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 183  n° 89 Planche 43 par J.J Ernst gravée par J.J. Juillet  1779.  

 

 


3. Polyommate Xanthé, Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 666,".

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

 

6. Le Polyommate Xanthé , Godart 1821,

Hesperia Xanthe et Hesperia Garbas (Fabr), Papilio Circe (Hübn), Argus myope (Geoffr.)

Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe,

 Paris : Crevot 1821/1823,  page 51 et page 196  Planche 9 secund.fig.3 peinte par C. Vauthier et gravées par Lanvin. 

  Pour une raison qui m'échappe, Godart, qui intègre souvent le nom créé par Geoffroy dans son Histoire des Lépidoptères, renonce ici à proposer le nom de "Polyommate myope" qu'on attendrait, et impose ce nom grinçant et latinisé de Polyommate Xanthé.

 

 Ce nom a été repris  par Hippolyte Lucas (1834) page 31, P.A. Duponchel et Guenée 1849  page 82, par Le Borgne de Kermorvan en 1836 (in E. Souvestre), Aristide Dupuis 1865.

 

 

La Chenille.

 

 Le Polyommate Xanthé. (Duponchel, 1849).

P.A.J. Duponchel, 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles page 82 n°32 Planche IX .  (B.H.L. Libr)

                       n106_w289

      

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose comme nom principal "Le Cuivré fuligineux"  et comme nom accessoire "L'Argus myope" de Geoffroy, tout en rejetant "Le Polyommate Xanthé" de Godart ("imité du latin"). Il donne en note le commentaire suivant : " J'ai proposé pour Lycaena phlaeas, Heodes virgaureae et H. tityrus les noms respectifs de "Cuivré commun", "Cuivré de la Verge-d'or" et "Cuivré fuligineux" dans un travail récent".

  Il s'agit de : Pfletschinger (Hans). Papillons. Traduit et adapté de l'allemand par G. Chr. Luquet. Fernand Nathan : Paris, 1986. 

 Le nom de Cuivré fuligineux est donc une création de G. Chr. Luquet en 1986. Cela illustre combien les traductions d'ouvrages étrangers ont été l'élément moteur du renouveau de nos noms vernaculaires.

Il permet à Luquet de constituer une série de douze Cuivrés, équivalent des Copper anglais : Cuivrés commun, de la Bistorte, de la Verge-d'or, des Balkans, fuligineux, mauvin, flamboyant, des marais, du Genêt, de l'Atlas, de l'Anatolie, et écarlate.

Ce terme de Cuivré est une allusion aux couleurs rouge feu, métalliques des ailes, que Geoffroy avait comparé au Bronze et que Luquet compare au Cuivre et à ses reflets.

Dans le nom d'espèce de Cuivré fuligineux, il prolonge habilement la métaphore métallurgique d'une forge dont la suie, échappée du foyer, vient ternir la plaque d'airain. en effet, "fuligineux" signifie "qui a la couleur noirâtre de la suie" par le bas-latin fuliginosus « couvert de suie », dérivé du latin classique fuligo, -inis « suie ». En effet, les ailes de cette espèce, surtout chez le mâle, sont, à la face supérieure, couleur de suie.

Ce n'est, bien-sûr, qu'une traduction du nom anglais "Sooty Copper", le.."Cuivré fuligineux", de "sooty", adjectif construit sur soot, "suie", et Copper, "Cuivre" ou "Cuivré". Mais le nom anglais n'est lui-même pas très ancien, la première occurence d'une publication l'employant sur le net datant de 1973.


7. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Chrysophanus Xanthé Fabr. (Dorilis Hufn.)  pour présenter ce papillon mais ne citent aucun nom vernaculaire .


—Bellmann / Luquet 2008 : "Le Cuivré fuligineux ".

— Chinery / Luquet 2012  : non décrit

— Doux & Gibeaux 2007 : "Le Cuivré fuligineux".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "Le Cuivré fuligineux, l'Argus myope". 

— Lafranchis, 2000 : " L'Argus myope, le cuivré fuligineux" .

— Perrein, 1012 : "Cuivré fuligineux" .

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : " Cuivré fuligineux".

— Wikipédia : "Le Cuivré fuligineux, l'Argus myope".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

      L'espèce n'est pas observée en Grande-Bretagne, sauf, selon le site UK Butterflies, à quatre reprises en 1887 : "Quatre spécimens de cette espèce ont été trouvés dans les îles britanniques. Le premier a été capturé à Lee, près de Ilfracombe en Août 1887, la deuxième à Kincardine-sur-Forth près de Fife, en Écosse, le troisième (une femelle) par un écolier à Seaford, East Sussex , en Août 1958, et le dernier au Grand Havre à Guernesey en Août 1966. Cette espèce n'est pas considérée migratoire. Cependant, on pense que les deux derniers spécimens auraient été menées par les vents dominants du continent vers les îles britanniques."

 

 

  •  "Brauner Feuerfalter" ou "Schwefelvögelchen" en allemand ("Le Cuivré ("couleur de feu") bruni, ou le Papillon Soufré")
  • "Brūnais zeltainītis"
  • "Manto oscuro" en espagnol
  • "Ohniváček černoskvrnný en tchèque ("Cuivré ...")
  • "Tamsusis auksinukas" en lithuanien
  • "Sort Ildfug"l en danois
  • "Barna tüzlepke" en hongrois 
  • "Bruine vuurvlinder" en néerlandais ("Papillon Feu bruni")
  • "Dansk Guldvinge" en suédois ("Papillon doré danois")
  •  "İslibakırgüzeli" en turc
  • "Pruun-kuldtiib" en estonien ("Papillo doré bruni")
  • "Sooty Copper" en anglais (Cuivré fuligineux")
  • "Czerwończyk uroczek"  en polonais 
  • "Tanskankultasiipi" en finnois
  • "Titiro" en italien
  • "Ohniváčik čiernoškvrnný " en slovaque

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  •  en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • Copor pyglyd" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR


Les autres publications jusqu'en 1819.

 

Muller, Faun. Sileciasa.  : P. Circe

Scopoli Ent. Carn. p. 180 Papilio Alexis variété 4.

Schoeffer, Icon. Tab..272 fig. 1,2.

Borkh. Pap. Europ. Part I p. 148 et 149 n° 8 et 9 / part.2 p. 222 et 223. : Pap. Xanthe et Circe.

Rossi, Fauna Etr. Tom. 2. p. 157 n°1039. Pap. Xanthe

Hübner, pap. Tab. 64 fig. 334-336.Papilio Circe.

Illiger : Papilio Xanthe et Pap. Circe.

Ochsenheimer, Pap. Eur. Tom. I. : Pap; Circe

 

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : lycaena

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Lycaena tutyrus .

— UK Butterflies : lycaena tityrus .

— lepiforum : lycaena tityrus

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner  (ne décrit pas L. tityrus). 

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. http://www.biodiversitylibrary.o

rg/item/138312#page/35/mode/1up

 

                 I.  Étymologie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

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Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

et https://archive.org/stream/papillonsdeurop00ernsgoog#page/n159/mode/2up

Engramelle vol. 2 : http://books.google.fr/books/about/Papillons_d_Europe_peints_d_apr%C3%A8s_natur.html?id=jbS5ocRuGsYC&redir_esc=y

Engramelle vol. 3 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84701433

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 :

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Goedart par Lister 1685 : http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

 https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

1840 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/120628#page/9/mode/1up

Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Rééfrences Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

                                          

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:02

         Zoonymie (origine du nom) du papillon

  Le Cuivré commun Lycaena phlaeas, (Linnaeus, 1761).

 

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

Résumé. 

Lycaena Fabr, 1807: du grec loukaïna, "louve", Comme la plupart des noms génériques de Fabricius, il s'agit d'un épithète d'Aphrodite, "La Louve porte-sceptre des Dieux" des Hymnes orphiques.

phlaeas (L. 1761) : aucune étymologie n'est avérée, mais la plus séduisante est celle de Spuler (1901-1908 p. 58) qui évoque le grec phlégo, "je brûle", qualifiant la couleur feu des ailes.

—  les noms vernaculaires. Alors que Linné avait choisi en 1743 le nom de "Beurré" (butyracea), Geoffroy préféra en 1762 celui de "Bronzé", couleur bronze, c'est à dire jaune cuivre. Engramelle (1779) le modifia en Argus Bronzé, Latreille en 1803 en Papillon Argus Bronzé ;  en 1821, Godart, avec son regrettable Polyommate Phlaeas ne donne qu'une translation de son nom scientifique.  En 1986, G. Chr. Luquet  créa le nouveau nom de Cuivré commun, calqué sur le "Common Copper" anglais, et l'institua en nom principal, tout en conservant L'Argus Bronzé et Le Bronzé en noms accessoires.  Dans tous les cas, nos noms vernaculaires soulignent la couleur des ailes, qui est l'élément remarquable du papillon.


  

 


curhub10.jpg

 

      Image : http://delta-intkey.com/britin/images/curhub10.jpg

 

    


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Lycaenidae, William Elford Leach, 1815.

 La référence de la publication originale de Leach ne fut pas facile à trouver, d'autant qu'elle se cacha derrière le nom de Brewster.  La voici : 

       Leach, William Elford, 1790-1836  "Insecta" pp. 329-336."Entomology". pp 646-747 in D. Brewster éditeur, Brewster's Encyclopaedia Edinburgh, [Edinburgh, volume 9, 1, 04/1815 pp. 57-172  : selon Sedborn 1937] [Philadelphia, E. Parker,1816? selon BHL Library]  page 718. [ Article publié anonymement et attribué à Leach, qui avait annoté son propre manuscrit]

Voici un autre lien, c'est plus sûr :https://archive.org/details/CUbiodiversity1121039

      L' Edinburgh Encyclopædia était une encyclopédie en 18 volumes, imprimée et publiée par William Blackwood  et éditée par David Brewster entre 1808 et 1830. En rivalité avec l'Encyclopædia Britannica publiée à Edimbourg,  elle était considérée comme étant la meilleure sur les sujets scientifiques ; la plupart des articles étaient rédigés par le physicien D. Brewster, qui fut recteur de l'Université  de 1859 à 1869, mais elle faisait appel à d'éminents contributeurs. 

  Ce n'est qu'en 1832 que Joseph Parker de Philadelphia, et Whiting et  Watson de New York éditèrent la version américaine.

    Cette publication de Leach  donne la première bibliographie jamais publiée en entomologie. Cet auteur, alors bibliothécaire adjoint en zoologie au British Museum, a fondé également les ordres Phasmida, anoploures, thysanoures et Rhaphidides, les familles hémiptères Pentatomidae, Coreidae, Belostomidae; la famille de diptères Tipulidae et la famille des hyménoptères Chrysididae.

 

Leach et les anagrammes de Caroline.

   Puisque mon sujet est la zoonymie, je ne laisserai pas passer l'occasion de signaler les particularités des créations onomastiques de W. Leach. On dit en effet qu'il avait été amoureux d'une certaine Caroline, dont on ne sait si elle était son épouse, sa sœur, ou sa maîtresse, mais dont il s'ingénia, l'année de ses 28 ans, à dissimuler les acronymes de son prénom dans ses noms de genre de crustacés, tels que Anilocra (1818), Canolira (1818), Cinolara (1818), Conilera (1818), Nelocira (1818), Nerocila (1818), et Rocinela (1818) ! D.M. Damkaer, qui relate cette originale série (The Copepodologist cabinet, page 148) en citant Stebbing, 1893 et Gosse, 1860,  aurait pu citer aussi Lironeca 1818 / Livoneca 1818, ou Olencira 1818. Ses successeurs s'amusèrent à poursuivre le jeu avec Renocila (Miers, 1880), Alcirona (Hansen, 1890 ), Lanocira (Hansen, 1890 ) et  Corilana (Kossman, 1880), Nalicora (Moore, 1902) , Orcilana (Nierstrasz, 1931) , Creniola (Bruce, 1987) et Norileca (Bruce, 1990).

Ces noms ont été publiés dans le Dictionnaire d'histoire naturelle Tome 12, Levraut, Le Normant : Paris 1818, page 69-75  dans lequel Leach était chargé de l'article Crustacés. Page 74, il écrit page 74 "Je crois utile de donner la liste des noms de tous les genres de crustacés qui ont été publiés jusqu'à ce jour", de Aegée, Aeglée jusqu'à Zoé, Zozime, Zuzare.  Voir la liste de tous les noms de crustacés créés par Leach ici. Mais c'est dans l'article Cymothoadées page 338 que les genres sont présentés. Ils débutent, est-ce un hasard, par le genre Eurydice Belle (on connaît l'air de Gluck Che farò senza Euridice "J'ai perdu mon Eurydice, rien n'égale mon malheur"..) Les noms de genre en français sont les anagrammes de Caroline, et leurs espèces se déroulent comme une longue marche orphique appelant de l'Hades les entomologistes : Nélocire de Swainson, Conilère de Montaigu,  Rocinèle de Devonshire, [Aega (une nymphe)], Canolire de Risso, Anilocre de Cuvier, Olencire de Lamarck, Nérocile de Blainville, Livonèce* de Redman ou de Rafinesque, puis se termine (après Cymothoa de Fabricius) par son Limnorie, qui porte le nom d'une Néreïde.

* Livonèce  Il s'agit d'une faute typographique pour Lironeca, comme en témoigne une version anglaise du texte français, écrit de la main de Leach et conservé aux archives de la Société linnéenne de Londres  , dans lequel il a clairement écrit Lironeca. De même, dans sa liste donnée page 74 du même dictionnaire, c'est le terme Lironecée qui est indiquée.  Dans la réédition du dictionnaire,  Latreille a corrigé   à plusieurs reprises  "Livoneca / Livonèce" par "Lironeca / Lironèce".  La Commission Internationale de nomenclature zoologique a néanmoins déterminé  "Livoneca" comme la forme valide pour ce genre. Dans un article paru en 1994 dans le Bulletin de nomenclature zoologique, Ernest H. Williams , Jr. et Thomas E. Bowman  ils ont défendu l'orthographe originale de Lironeca et demandé  à la  Commission Internationale de nomenclature zoologique de décider que Livoneca est une orthographe originale incorrecte de Lironeca.

 Dans ses manuscrits inédits , il avait également utilisé  le nom Cilonera . " Ibid . ( Note 116 , p.402

Depuis près de 200 ans, des esprits curieux ont tentés de savoir qui se cachait derrière Caroline. Leach n'était pas marié, n'avait pas de maîtresse connue, si tant est que son dévouement pour la science, ses fonctions au Muséum et ses publications incessantes [ son Entomology de 1815 est un travail considérable] lui en ait laissé le temps. Il avait une sœur, mais elle se prénommait Jenny. On a pensé à Caroline de Suède, à l'astronome Caroline Herschel, à Caroline de Brunswick et à Caroline Clift, la fille du naturaliste William Clift ; il pourrait s'agir d'une simple combinaison aléatoire de phonèmes. 

  J'ai tout de suite pensé au poème d'Edgar Poe : Annabel Lee.

 

It was many and many a year ago,
 In a kingdom by the sea,
That a maiden there lived whom you may know
 By the name of Annabel Lee;—
And this maiden she lived with no other thought
 Than to love and be loved by me.

[...]

 

 

And so, all the night-tide, I lie down by the side
Of my darling, my darling, my life and my bride
 In the sepulchre there by the sea—
 In her tomb by the side of the sea.

 


 Quel merveilleux moyen d'élever un Tombeau à un amour d'enfance que d'immortaliser le nom de l'aimée dans le marbre de l'onomastique zoologique des animalcules marins, et de le laisser se refermer sur l'indicible secret ?

La Caroline de Leach rejoint alors — pour moi seul —la Vanessa de Fabricius, et les amours que Nabokov a exprimé pour mieux les cacher dans le personnage de sa nymphette Lolita.

 

 (N.B Ces données sont issues de la présentation d'un travail artistique inspiré par ce thème : voir :http://www.victoriamanning.com/statement/elfortiana/elfortiana_statement.html. L'auteur y évoque les autres pistes possibles, telles que  Cornelia, Caroli Linné, Lonicera, Craniola, Carniola, Coraline, Caroline, Cerniola, et Arenicola.)

  Leach ne se limitait ni au prénom de Carolina, ni aux isopodes, ni à l'année 1818 : il avait déjà osé nommer un martin pêcheur australien  Dacelo Leach 1815, par anagramme du genre Alcedo des martins-pêcheurs de la vieille Europe. Ses créations avaient parfois le don d'irriter, et en 1842, six ans après la mort de Leach , le Comité de l'Association britannique sur la " Révision de la nomenclature botanique et zoologique " a éliminé les noms Azéka et Assiminea pour leur absence de sens.  En 1900 , le révérend Knight a  enquêté sur ces noms ...et a découvert que ces  "nonsense names" correspondaient sans-doute à la ville biblique de Azekah et  à Assémani, un «grand savant oriental ". De plus,  lors de l'examen des dizaines d'autres noms, il a également conclu que Leach semblait avoir une prédilection particulière pour les indications géographiques et des noms dérivés de personnes, ayant souvent une origine biblique ou oriental . (Journal of conchology , Vol. 9, n ° 9, Janvier 1900)

 

 

 

La Famille Lycaenidae tient son nom du genre Lycaena de Fabricius (1807). Elle comprend les Blues ou Azurés, les Coppers ou Cuivrés et les Hairstreaks ou Thécla, et nos Argus, soit les sous-famille des  Polyommatinae Swainson, 1827, Lycaeninae Leach, 1815 and Theclinae Swainson, 1831.

 

 

b) sous-famille des Lycaeninae, Leach, 1815.

Un seule tribu :

c) Tribu des Lycaenini [Leach, 1815]. Les Cuivrés.

Cette tribu ne contient (en France) que le genre Lycaena depuis le regroupement récent sous ce nom des genres Heodes, Helleia, Thersamolycaena, Thersamonia et Paleochysophanus.

 

    

2. Nom de genre : Lycaena Fabricius, 1807

   Lycaena Fabricius,  "Nach Fabricii systema glossatorum" in Magazin für Insektenkunde. (K. Illiger) Braunschweig [ Brunswick] 6 page 285, n°32.

Type spécifique: Papilio phlaeas Linnaeus.

  Cette publication est parue en avant-première pour informer les amateurs de la nouvelle division en 49 genres par lesquels Fabricius répartissait ses papillons diurnes (parmi lesquels in accueillait les Sphinx, les Sésie ou les Zygènes). Le Systema glossatorum, la taxonomie complète des Glossata, ainsi que Fabricius nommait les lépidoptères, devait paraître en 1808, mais la faillite de l'éditeur et la mort de l'entomologiste danois n'a pas permis cette parution.

  Le genre Lycaena est le 32ème des 49 genres ; il est divisé en trois groupes. Seuls les noms de quelques unes des 150 espèces prévues. Parmi ces noms se trouvent hesperia virgaureæ et hesperia phlæas.

 

Étymologie.

1.  Sodoffsky  page 81.  

     " Lycaena. Von ly.., Wölfin. Wie passt die unter die Göttingen hier ? Besser schon wäre : Lycia, Beiname der Diana (v. Vollmer*, I.c page 602.) ; noch besser aber ein Beiname der Venus, etwa : Migonitis, von …, "vermischen, vermengen". V . Vollmer I.c p. 1203."

*Dr. W. Vollmer, voliständiges Wörterbuch der Mythologie aller Nationen. Stuttgart 1836.

— Trad : "Lycaena, du grec ..., "la louve". Comment passe-t-on ici [au nom d']une divinité ? Ce serait mieux avec Lycia, épithète de Diane (Vollmer I. page 602), et encore mieux d'après un épithète de Vénus, par exemple Migonitis, du grec ... "mélangé, réuni". Voir Vollmer I page 1203."

 Vénus/Aphrodite Migonitis (du grec "unir", latin misceo, "s'unir (sexuellement)" cf. Virgile, Mista Deo mulier) est vénérée selon Pausanias (Livre III chap. 22) à Gytheion  pour l'union conjugale. Elle avait reçu ce nom après que Pâris se soit uni à elle sur l'île voisine de Cranaé. Mais comment Sodoffsky passe-t-il de lycaena à Migonitis ?

 


 

2.  A.M. Emmet 1991 page 148:

 

"Lycaena est l'une des trois familles (Thecla, Lycaena  et Hesperia) entre lesquelles Fabricius répartit ses Théclas, Cuivrés et Azurés après qu'il les ait séparés du groupe des Skippers. Ce nom [créé par Fabricius en 1807] a été donné à cette Famille malgré qu'il soit postérieur au nom Cupido de Schrank 1802 et de Polyommatus de Latreille 1804, qui recouvraient tous les deux les mêmes groupes.

 "Le nom provient peut-être du grec lukaina, "louve", mais les auteurs ont boudés cette explication. Sodoffsky suggéra en 1807 "Lycia, épithète de Diane". Pickard et al. citent Sodoffsky sans autre  alternative ; Macleod, avec plus de vraisemblance, propose Lukaios, d'Arcadie, soulignant que plusieurs espèces portent le nom de bergers arcadiens. Une autre possibilité encore est Lukeion, le Lycée, un gymnase athénien, faisant référence aux activités animées des papillons. Néanmoins, les noms scientifiques  n'ont pas besoin de trouver leur légitimité dans des caractéristiques entomologiques et la première interprétation est sans-doute la bonne, même si elle peut renvoyer aux autres suggestions en écho. Le problème est le même pour d'autres noms créés par Fabricius, comme Zygaena, dans lequel il semble se livrer spirituellement à une sorte d'argot rimé, poursuivant un train de pensée avant de conclure par les sonorités d'un terme polysémique."

 A.M. Emmet aborde toujours les noms de genre de Fabricius avec la conviction qu'il a devant lui ce que Pef a baptisé un Motordu. D'autre part, il ignore la règle que s'est fixé l'entomologiste danois, et qu'il respecte assez souvent, qui consiste à choisir ses noms génériques des papillons diurnes parmi les épithètes de Vénus/Aphrodite, et ceux des nocturnes parmi ceux de Diane/Artémis. Or, selon A. Spuler, Vénus est bien surnommée "La Louve" (voir Glaser 1882 page 311). Spannert reprend aussi cette hypothèse. Néanmoins, la louve est plutôt un animal liè à Artémis, et je n'ai pas trouvé de confirmation de cette hypothèse dans les listes d'épiclèses de Vénus.(ici) A contrecœur, j'allais l'abandonner, non sans m'amuser à évoquer les associations entre lupanar / Lupa, "louve", mais aussi "courtisane, prostituée" c'est à dire, "prêtresse de Vénus", en quelque sorte. Cette association me fait découvrir, à la page 135 du Mémoire sur Vénus de Pierre-Henri Larcher (1775), la référence que je cherchais : Les Hymnes orphiques 54 [52], vers 11. La traduction qu'en donne Leconte de Lisle sous le titre Parfum d'Aphrodite est la suivante : 

      Ouranienne, célébrée par mille hymnes, Aphrodite qui aimes les sourires, née de l’écume, Déesse génératrice, qui te plais dans la nuit noire, vénérable, nocturne, qui unis, pleine de ruses, mère de la nécessité, toutes les choses sortent de toi, car tu as soumis le Kosmos et tout ce qui est dans l’Ouranos et dans la mer profonde et sur la terre fertile, ô Vénérable ! Conseillère de Bakkhos, qui te réjouis des couronnes et des noces, mère des Érôs, qui aimes les lits nuptiaux, qui accordés en secret la grâce, visible et invisible, aux beaux cheveux, Louve porte-sceptre des Dieux, génératrice, qui aimes les hommes, très-désirable dispensatrice de la vie, qui unis les vivants par des nécessités invincibles et qui saisis, à l’aide de tes charmes, d’un désir furieux, la race innombrable des bêtes sauvages, viens, Déesse née dans Kypros, sois-nous favorable, belle Reine, soit que tu souries dans l’Olympos, soit que tu parcoures tes demeures dans la Syriè qui abonde en encens, soit que, sur tes chars ornés d’or, tu visites les rives fertiles du fleuve Aigyptos ; soit que, sur les hauteurs qui dominent l’onde marine, tu te réjouisses des danses circulaires des hommes, ou que tu te plaises, sur la terre divine et dans ton char rapide, au milieu des Nymphes aux yeux bleus, le long des sables du rivage ; soit que, dans la royale Kypros qui t’a nourrie, les belles vierges et les nouvelles mariées, ô Bienheureuse, te célèbrent par leurs hymnes, toi et l’ambrosien Adônis, viens, ô belle et très-désirable Déesse ! Je t’invoque avec un cœur innocent et par des paroles sacrées.

 

 

Les Hymnes orphiques Hýmnoi pròs Mousaîon ou Ὕμνοι πρὸς Μουσαῖον sont un recueil de 87 ou 88 hymnes d'origine incertaine, datant sans doute du IIe ou IIIe s. ap. J.-C., chacun étant une invocation à une divinité. - Il en existe  trois manuscrits connus de la traduction latine : Codex Laurentianus XXXVI, 35 ; Codex Ottobonianus Lat. 2966 , et le Codex Vaticanus 6891 qui relève d'une autre tradition que les précédents.

Si Fabricius ne les avaient pas sur sa table de chevet, sans-doute pouvait-il en trouver le contenu (ces hymnes sont très riches en épiclèses : cf. M. Hopman-Govers) dans des compilations. 


 L'hypothèse qu'énonce Emmet, de rapprocher le Lycée d'Athènes, Λύκειον / Lúkeion, cet ancien gymnase où se réunissait les péripatéticiens élèves d'Aristote, est fantaisiste, avec sa comparaison entre les évolutions des athlètes et le vol des papillons. Le lien avec le Mont Lykaion, ou Mont Lycée en Arcadie, consacré à Zeus Lycien, depuis que Lycaon fils de Pelasgos en avait institué le culte, correspond d'avantage aux habitudes onomastiques de Linné.

Hans-Arnold Hürter développe une très brillante réflexion sur les liens sémantiques entre les mots grecs  Likeri Lycoreia , Lycoreus , Lykaios et Lykeios et les dérivés du grec λευκος [leukos], « blanc, brillant », de l’indo-européen commun *lewk  (« briller, brillant > clair, vu > voir ») qui donne le latin lux, lumen "lumière",, l’allemand Licht, Leuchte, l’anglais light. Ainsi jadis déjà on comprenait le nom d' Apollon Lycios comme "dieu de la lumière", ou comme "né en Lycie", soit parce qu'il avait débarrassé la région de Sicyone des loups. Ce rapprochement est très séduisant pour une famille de papillons cuivrés ou azurés, mais Hürter après avoir joué autour de cette idée comme un phalène autour de la flamme, rappelle doctement que les noms de Linné sont attribués de manière parfaitement arbiraire, sans ressemblance ou relation avec les taxons qui les reçoivent.

Enfin, le lien entre entre le Papilio lycaon nommé par Kühn en 1774 (Misis lycaon) et le genre lycaena 1807 reste spéculatif.

        

 


  Nom d'espèce :

 n° 1078 Papilio phlaeas      Linnaeus, C. 1761. Fauna Svecica sistens animalia Sveciæ Regni: mammalia, aves, amphibia, pisces, insecta, vermes. Distributa per classes & ordines, genera & species, cum differentiis specierum, synonymis auctorum, nominibus incolarum, locis natalium, descriptionibus insectorum. Editio altera, auctior.. Stockholmiæ. (L. Salvii). 578 pp. page 285.

"Habitat in pratis Westmanniae" : Localité-type : Västmanland, Suède. L'espèce est observée dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces d’Oseille.

 

 

       Origine du nom selon A.M.Emmet 1991,  page 149.

" Écrit par Linné avec une diphtongue qui peut être lue soit comme -æ, soit comme  -œ, phleo, phloïo,"j'attele", "je déborde", "je fleuris", différents adjectifs ayant été construits sur cette racine comme épithètes de déesses comme Proserpine, Aphrodite et Bacchus ; en latin, le verbe floreo, "je fleuris", est dérivé de la même racine : de la couleur cuivrée brillante, suggérant la splendeur des fleurs. Tout ceci est assez compliqué, et Spuler préfère faire dériver le nom de phlego, "flamber", qui se réfère à la couleur fondamentale du papillon."

 Hans-Arnold Hürter cite différentes pistes, pour n'en retenir aucune:

  • Phlégias ou Phlégyas (en grec ancien Φλεγύας / Phlegúas) est roi des Lapithes en Thessalie.
  • Phleia surnom d'Aphrodite et de Déméter.
  • Phleius, ville du nord-est du Péloponèse.
  • Phleon, Φλεων  surnom de Dionysos "le Luxuriant (feuillage)".
  • Phlias, fils de Dyonisos, 
  • Phloia, désignant Coré (Perséphone).
  • le verbe grec phleo, phleien fleurir, épanouir sa floraison, abonder, couler en abondance.

 Quoiqu'en dise Emmet, le mot écrit par Linné semble être Phlæas, la diphtongue -æ se retrouvant plusieurs fois dans le texte, par exemple dans "habitat in pratis Westmanniæ" où elle ne peut pas prêter à discussion.

       Je peux évoquer aussi les plantes nommée Phléon et Phleos par Théophraste, citée dans les Grenouilles d'Aristophane comme vivant dans les marais, par Pline (H.N. LIV,22)d'où viennent le Phleum pratense, nom donné par Linné en 1753 à une graminée ( Fléole des prés). Linné ne mentionne pas la plante hôte, identifiée actuellement comme le Rumex, mais dit seulement que le papillon vit dans les prés.

  J'ai aussi recherché sans succès l'étymologie de la plante Rytiphlaea tinctoria, de la pentatomide du Brésil phlaea paradoxa, des hémiptères nommés phlaea ou phloea, de lejophlaea...

   J'en arrive à la sage conclusion de H.A. Hürter et de Ochsenheimer qui constatant qu'aucune étymologie n'est obtenue sans faire violence au terme linnéen, acceptent l'idée que seul Linné sait ce qu'il a voulu signifier. Et Hürter ajoute : "Auch hier gilt : Namen sind zum Nennen da !", "Encore une fois, les Noms sont là pour Nommer !" Autrement dit, ils ont pour fonction principale de poser sur une espèce une étiquette qui fasse consensus, et non pas de nous faire réviser notre mythologie. C'est "l'arbitraire du signe". Ce qui ne nous interdit nullement de laisser le nom déployer la roue de paon de toutes ses évocations, lesquelles s'enrichissent de toutes les recherches effectuées.

 

 

 

Synonymes (INPN, Muséum).

 

Chrysophanus phlaeas polaris Courvoisier, 1911.

Chrysophanus phlaeoides Staudinger, 1901.
Heodes phlaeas (Linnaeus, 1761) .
Lycaena phlaeas aestivus Zeller, 1847.
Lycaena phlaeas nigrioreleus (Verity, 1920).
Lycaena phlaeas phlaeas (Linnaeus, 1761) . 
Papilio phlaeas Linnaeus, 1761 .
Rumicia phlaeas nigrioreleus Verity, 1920.  


LERAUT retient la présence de trois sous-espèces en France :

- phlaeas Linnaeus, 1761. Localité-type : Västmanland, Suède.

- nigrioreleus Verity, 1920. Localité-type : Florence. Localisé dans le sud de l’Europe.

 

- aestivus Zeller, 1847. Localité-type : Etna, Sicile. Localisé en Corse.

Emmet donne l'étymologie des sous-espèces suivantes :

— subsp. eleus (Fabricius, 1798 ), du grec Eleus, d'Elis, ville du Péloponèse.

page 430 n° 180.

— subsp. hibernica Goodson, 1948 : "cette sous-espèce se trouvant en Irlande."

 

 

 

 

                II. Noms vernaculaires.

 

 

1.  Le bronzé , Geoffroy, 1762.

 Le bronzé, Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 65 n° 35.

Le Bronzé, P. virgaureæ, Geoffroy in Fourcroy, Entomologia Parisiensis, 1785 p. 246 n°35.

Dans ses références, Étienne-Louis Geoffroy cite James Petiver, John Ray, Rösel von Rosenhof, et la Fauna suecica de 1746 de Linné page 247 n° 807 .

 Si on se rend sur cette page de Linné, on trouve indiqué un nom qualifié de "vulgo", par lequel, avant qu'il n'institue sa grande dénomination binominale du Systema Naturae de 1758, Linné s'essaie à donner quelques noms de son cru, alors que la règle parmi les savants était de désigner une espèce par une "phrase spécifique" latine. La phrase spécifique est : papilio hexapus ; alis rotundatis fulvis ; utrinque nigris punctis, " Papillon à six pattes ; ailes arrondies fauves ; et des deux cotés [ou sur les deux ailes] des points noirs".

 Le nom de Linné est Butyracea vulgaris. On peut le traduire par "Le Beurré commun", le papillon suivant n° 808 étant le Butyracea albo-maculata ou "Beurré à points blancs".

 Il m'apparaît évident que cet adjectif de "beurré" qualifie la couleur, celle, par exemple, des gants "beurre frais" qui furent si prisés des aristocrates. Le spécimen de papillon de la collection  de Linné avait-il perdu la vivacité de son éclat ? Geoffroy trouva sans-doute peu à son goût cette beurrée trop pâle et préféra baptiser le papillon Le Bronzé, un décalque très proche du nom choisi par son maître. 

 Là encore,il faut distinguer le bronze comme matière (alliage de cuivre et d'étain), et le bronze comme couleur. Aujourd'hui, la "couleur bronze" est un brun verdâtre qui ne rend pas mieux compte des ailes de notre papillon que le "beurre frais". Mais jadis, la préparation vendue par les marchands de couleur était de deux sortes : le bronze rouge, et le bronze jaune, ou doré; elle était faite à partir de limaille de cuivre, et le dictionnaire de l'Académie définissait ainsi en 1835 le teint bronzé : " teint qui approche de la couleur du cuivre". Autrement dit, il n'y a guère de différence alors entre "cuivré" et "bronzé".Elle correspond, dans la poésie latine, au qualificatif "airain, aes, aeri.

  La recherche de cet adjectif dans l'Encyclopédie méthodique, entomologie de 1819 en révèle un usage fréquent pour qualifier la couleur des ailes ; ou plutôt, on découvre que cet adjectif est plutôt utilisé pour moduler une autre teinte et souligner son éclat métallique, puisqu'il se décline en noir-bronzé, vert-bronzé, bleu-bronzé, bronzé-pâle, verdâtre-bronzé, bronzé-bleuâtre.

 Seulement voilà. 

  Après avoir décrit ses deux "Beurrés" dans sa "Faune de Suède" (Fauna suecica) de 1746, Linné décrivit sous un seul nom ses butyracea dans sa grande, fameuse et inaugurale Dixième édition de son Systema Naturae de 1758 page 484 n° 161. Son Papilio plebejus virgaureae renvoie à ses numéros 807 et 808, avec le nom commun de Butyracea.

[N.B. On peut établir une relation entre ce nom de Butyracea et le nom anglais des papillons de jour, "butterfly", littéralement "beurre-insecte" beaucoup plus ancien, et qui a peut-être son origine dans le nom donné aux papillons jaunes. ]

Lorsque, à Paris, en 1760 peut-être (alors qu'il écrit son livre qui sera publié en 1762), Geoffroy décrit son Bronzé, il ne peut donc lui donner comme référence linnéenne du Systema Naturae que le P. virgaureae, puisqu'il n'a pas encore sous les yeux la deuxième édition de 1761 du Fauna Suecica décrivant page 285 les deux espèces Phlaeas et Virgauraea. (On note en passant que Linné y supprime ses deux butyracea de 1746, désormais rancis).

  Latreille, en 1803, aura beau jeu d'écrire que   "Le Bronzé de Geoffroy est le papilio phlæas de Linné, et non son papilio virgaureæ, comme il l'avait cru". Comme il l'avait cru !!! Comment faire si on ne dispose pas des noms pour désigner la chose!

Les deux papillons se distinguent par les points blancs du recto des ailes, présents uniquement chez L. virgaureæ. Ces points blancs ne sont pas signalés par Geoffroy, qui a parfaitement décrit, le L. phlæas, alias butyracea vulgaris. Et il a parfaitement renvoyé son lecteur aux illustrations de Rösel tome 3 supplément tableau 45 figure 5,6.

  Linné, lui, donne dans son S.N ces références de Rösel avec ses illustrations de phlaeas dans la description de son virgaureæ. De même, il donne l'illustration de John Ray, un phlaeas  manifeste, comme un virgaureae. Forcément, il a mélangé les deux!

Vous me suivez ?

Voici les illustrations de Rösel : cliquez, les images sont superbes !

tableau XXXVII tBMYpacPpC36AK-pXe5oR6VA2yYi5XxHce8rmxNn

 

tableau XLV :

 

Ou bien comparez les deux espèces d'après Hübner (Pl. 15)

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 2. L'Argus Bronzé, Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 186  Planche 43 n°91 par J.J. Ernst gravée par J. Juillet,  1779. 

   Sans-doute Engramelle considéra-t-il que, si on pouvait créer les noms  Le Citron, l'Aurore, le Nacré, L'Azuré, le Soufré, le Souci ou La Grisette, l'adjectif  Le Bronzé ne pouvait s'employer seul, dans le célibat d'un autre nom. Bref, on ne pouvait (pas encore, cela sera possible en 1979) le substantiver si facilement, et il fallait le renvoyer à son statut ancillaire au service d'un nom propre. Cela peut se comprendre, mais pourquoi avoir choisi le nom d'Argus (le géant aux cent yeux) alors que ce papillon n'est nullement ocellé, mais seulement tacheté ?

 

3. Le Phlaeas , Charles de Villers, 1789.

Phlaeas, C. de Villers, Caroli Linneai Entomologia, 1789, page 70 n°125

 

4.  P[apilio]  Walckenaer 1802.

Walckenaer Faune parisienne 1802 page 262 

 

5. Le Papillon Argus Bronzé  Latreille, 1803.

Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, Paris : Detreville vol. 17, 1803 page 89.


6. Le Polyommate Phlæas, Godart et Latreille, 1819.

LATREILLE (P.A), GODART (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9,  1819, page 670 n° 167. 

 

7. Le  Polyommate Phlæas, Godart 1821.

 

Le Polyommate Phlæas : Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823 page 204 n° LXXII planche X peinte par Delarue et gravée par Auguste Duménil. 

On notera l'emploi du terme "bronzé" comme couleur dans la description :

"Le dessus des premières ailes est d'un fauve-bronzé luisant, avce des points noirs, et le contour d'un brun noirâtre".

 Ce nom n'est pas une réussite, car il est trop long, déplaisant à l'oreille et, surtout, qu'il retranscrit le nom scientifique.

 

 Ce nom  a pourtant été repris par Hippolyte Lucas 1834, page 69 ; Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) ; Pierre Boitard 1843 ; P.A. Duponchel en 1849, page 18 ; Maurice Sand, 1862 ; ...

 

 


6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose de retenir le nom Le Cuivré commun* qu'il a créé en 1986 comme nom principal, et l'Argus bronzé et le Bronzé comme noms accessoires.

  LUQUET (Gérard Chr.) 1986 —in : PFLETSCHINGER (Hans). Papillons. traduit et adapté de l'allemand par G. Chr. Luquet. 80 p., 88 illustr. photogr. coul. Collection "Miniguides nathan tout terrain". Fernand Nathan édit. Paris.

 Dans cet ouvrage, G.Chr Luquet a proposé les noms de Cuivré commun pour L. phlaeas, de Cuivré fuligineux pour Heodes tityrus et de Cuivré de la Verge d'or pour L. virgaureae. Le parallèle est évident avec les noms anglosaxons de Common Copper (Cuivré commun), Scarce Copper (Cuivré rare) et Sooty Copper (Cuivré-Suie, Cuivré Fuligineux).

  Dans le dernier quart du XXe siècle, le sens du qualificatif "bronzé" s'était considérablement enrichi, mais en se détournant de sa valeur de couleur d'un objet pour s'appliquer presque exclusivement au visage et à son teint brun. Le mot "bronzage" dont le premier usage date de 1845, et qui qualifiait encore un procédé de lithographe, proche de la dorure, ne fut plus entendu que comme un synonyme de "hâle solaire", en moins désuet. Il est désormais parfaitement représentatif d'une époque, celle de la société des loisirs, de vacances sur les plages de la Côte d'Azur, de séjours de sports d'hiver , puis des "golden boys" où le teint bronzé était la marque d'une aisance financière génératrice de bonne santé et de vacances éternelles à Paradise Bay. Le terme lui-même faisait partie, autant que le phénomène de recherche de brunissement de la peau, d'un vocabulaire qu'il était de bon ton — ou de bon teint — d'adopter. C'est en 1978 que cette mode, ce symbole dans lequel une société reconnaissait sa recherche individualiste du bien-être, inspira le film "Les Bronzés", suivi l'année suivante (sept ans avant le choix d'un nouveau nom par G.Chr. Luquet) de "Les Bronzés font du ski", et du succès qu'on lui connaît.

 

Edward Hopper, (pas Copper !) :

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 Ce teint qui était si soigneusement évité par les élégantes du XVIIIe comme témoignant d'une flétrissure réservée aux matelots et aux paysans se mit à évoquer une peau "abricot mûr" gorgée de sucs, brûlante de désirs, ivre de mer ou d'astre radieux. Comme on était loin des techniques du doreur-bronzeur d'accessoires !

 Un peu plus tard, l'adjectif "bronzé" fut utilisé par euphémisme ironique pour désigner la couleur noire de la peau et le racisme qu'elle peut engendrer.

 Le Dictionnaire de l'Académie Française en témoigne : en 1684, le verbe "bronzer" n'a qu'un seul sens "peindre en couleur de bronze" une statue, un vase. En 1798 (lorsque le nom du papillon fut créé), la même définition se complète par : "On bronze aussi des canons de fusil pour les préserver de la rouille. Il signifie aussi, Teindre en noir; et en ce sens il ne se dit guère qu'en parlant Des gants et des souliers qu'on porte dans le deuil. Bronzer des gants. Faire bronzer des souliers." Ce n'est qu'en 1932 que s'y ajoute la mention"Par analogie, Teint bronzé, Teint couleur de bronze."  

C'est dire combien, en 1986, il a pu paraître opportun de dégager le nom vernaculaire de Lycaena phæas de la dérive sémantique de son ancien nom de Bronzé. Le terme de "cuivré" a été employé dans notre langue dans des contextes très proches de celui de "bronzé", mais ne s'est pas chargé des mêmes connotations. Le CNRTL témoigne de son emploi substantivé  comme nom de couleur de peau :" Des femmes mauresques, des belles cuivrées à peine vêtues (Loti, Spahi,1881, p. 320)", et aussi de son usage comme terme technique en peinture : " 1730 ouvrage cuivré « fausse dorure, avec du cuivre en feuille » (Savary des Bruslons, Dict. Univ. de commerce)".  

 

 


7. Noms vernaculaires contemporains :

      Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Chrysophanus  phlaeas, mais cite "l'Argus bronzé d'Engramelle" page 198.

 


—Bellmann / Luquet 2008 : Le Cuivré commun.

— Chinery / Luquet  2012 : Le Cuivré commun.

— Doux & Gibeaux 2007 : Le Cuivré commun.

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : Le Cuivré commun ou le Bronzé

 — Lafranchis, 2000 : Le Bronzé, le Cuivré commun.

— Perrein, 1012 : Cuivré commun.

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : Cuivré commun.

— Wikipédia : " Le Cuivré commun, le Bronzé".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  Les traductions par moteur de recherche sont approximatives...leurs intérêts est de faire apparaître les thèmes principaux de désignation : d'abord la couleur (Cuivré, Or, Feu), puis la taille (petit), la présence d'ocelles ou de taches (Argus...moucheté), avec l'absence de métaphores réelles (évocations), et de vrai nom propre indépendant d'une description visuelle.

 On note la reprise de notre Argus Bronzé en italien (Argo bronzeo).

  • Pikkukultasiipi en finnois ("Petites ailes d'or").

  • Small Copper ou Common Copper ou American Copper en anglais ("Petit cuivré, Cuivré commun, Cuivré américain")

  • Kleiner Feuerfalter en allemand ("Petit papillon de feu"). On trouvait aussi Kleine Feuervogel : Goeze, 1787, p. 41) et Feuervögelchen (Higgins et Riley)

  • Kleine vuurvlinder en néerlandais

  • Parastais zeltainītis en letton.

  • Mažasis auksinukas en lituanien 

  • Lille ildfugl en danois ("Petit cuivré")

  • Közönséges tüzlepke en hongrois

  • Mindre guldvinge en suédois ("Petit papillon doré")

  • Liten guldvinge ("Petit papillon doré")

  • Gyllenvinge

  • Leek-kuldtiib en estonien

  • Ildgullvinge en norvégien

  • Ohniváček černokřídlý en tchèque

  • Ohniváčik čiernokrídly en slovaque

  • argo bronzato, argo bronzeo en italien ("Argus bronzé")

  • Manto bicolor en espagnol .

  • Rotgeta ou Rogeta en catalan

  • Beneklibakırgüzeli en turc  ("Papillon cuivré tacheté").

  •  

    червонец пламенный, червонец пятнистый en russe ("Ducat couleur feu, Ducat tacheté")

  • Czerwończyk żarek en polonais ("Lycène Zarek").

                                                                Timbres-poste - Pays-Bas - Lycaena feu de phlaeas-petit papillon

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  • en irlandais

  • Cobbrag veg en mannois.
  • umhachan beaga  en gaélique écossais*

  • an t-umhach beag en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • Copor bach , coprau bach* en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 

 

  • The small golden black-spotted Meadow Butterfly : Petiver, 1699. ("Le petit papillon des prés doré à points noirs")
  • The Small Tortoise-shell : Petiver, 1717. ("La Petite Tortue")
  • The Copper : Harris,1766 ; Rennie, 1832 ; Stephens, 1856. ("Le Cuivré")
  • The Small golden black-spotted Butterfly : Berkenhout, 1769. ("Le petit papillon doré à points noirs")
  • The Small Copper : Lewin, 1795 ; Samouelle, 1819 ; Brown, 1832 ; Morris, 1853 ; et la plupart des auteurs suivants. ("Le Petit Cuivré")
  • The Common Copper : Haworth, 1803 ; Donovan, 1808 ; Jermyn, 1827 ; Humphreys et Woods, 1841 ; Wood, 1852 ; Morris, 1853 ; Newman, 1871 ; Newman et Leeds, 1913. ("Le Cuivré commun")
  • The Common Small Copper : Morris, 1853. ("Le Petit Cuivré commun").

 Ce Common Copper ou Small Copper s'oppose au" Large Copper" L. dispar, au "Scarce Copper" L. virgaureæ, et au "Purple-Edged Copper" L. hippotœ.

 

 

      Anecdote : Dans Lolita de Nabokov, Madame Vanessa van Ness  est accompagnée par un Dr Cooper. Jeu de mot entre Cooper, "tonnelier" et Copper, "Cuivré", pour placer une autre allusion aux lépidoptères ? 

 

 

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Liens et Sources.

— Funet : lycaena.

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Lycaena phlaeas.

— UK Butterflies : Lycaena phlæas.

 

 

Images : voir les superbes dessins de Hübner:

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/69604#/summary 

 

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— CURTIS, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres.             http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

— DAVE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 BHL library.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. 

  http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religieux Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— ESPER (Eugenius Johannes Christian) Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur / mit Beschreibungen, herausgegeben mit Zusätzen von Toussaint von Charpentier. Leipzig : T.O. Weigel, [1829-1839] En ligne BHL.

  — FABRICIUS (Johann Christian) 1807  "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge [...], Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

— FABRICIUS (Johann Christian) 1787  Fabricii Mantissa insectorum Hafniae 1787 en ligne Goettingen.

— FABRICIUS (Johann Christian)  1798  Supplementum Entomologiae systematica , Hafniae.

 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus

insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

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— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.

      Liste complète des références des auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 :http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Latreille et Godart 1819 :  https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Röselhttp://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

                

 

 



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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:01

 Zoonymie (origine du nom) des papillons la Mégère et le Satyre, Lasiommata megera (Linnaeus, 1767).

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé.

— Lasiommata, Westwood, 1841 : vient du grec lasios, "chevelu", et ommata (pl.) "les yeux" : car ce genre se caractérise par des yeux velus.

— megera Linné, 1767:  avec Alecto et Tisiphone, c'est l'une des trois Erynies, les déesses de la Vengeance ; son nom Mégaira signifie "la Haine".

— Noms vernaculaires : les noms de Le Satyre, pour désigner le mâle, et La Mégère, pour la femelle, ne sont utilisés que depuis 1986, date à laquelle Gérard C. Luquet a proposé une liste de noms vernaculaires qui a su se faire adopter. Il résout ainsi une situation auparavant confuse, puisque Linné avait utilisé le nom de satyrus pour son futur papilio maera ; Geoffroy, en 1762, nomma Le Satyre un papillon qu'il croyait être maera, le P. megera n'étant pas encore décrit. Engramelle (1799) repris ce nom ; Latreille en 1803 crée le nom de Papillon Satyre, et redresse "l'erreur" de Geoffroy ; mais ayant créé le genre Satyre (1810), il ne peut plus l'utiliser comme nom d'espèce et Godart 1821 nomme le papillon Le Satyre mégère, nom qui fut dès lors seul utilisé.

 

 

 On reconnaît le mâle à la plage androconiale qui traverse en oblique l'aile antérieure.

 

    


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

Nymphalidae, Satyrinae.

a) la Famille des Nymphalidae Rafinesque 1815. (fr. Les Nymphalides, angl. Brush-footed Butterflies).

 Rafinesque, C.S. 1815: Analyse de la nature, ou tableau de l'univers et des corps organisés.Palerme. L'Imprimerie de Jean Barravecchia. en français, 224 pp page 127. "Les Nymphales, quatre pattes droites, quatre pattes ambulatoires". Les Nymphales sont, pour Rafinesque, une Sous-famille de la famille Ropalocera ; elle comporte alors 23 "genres".

  Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) est un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, qui a passé son enfance à Marseille avant de s'installer à Palerme comme herboriste. puis à Philadelphie. 

  Ce grand collectionneur en histoire naturelle s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. Grand admirateur de Linné, nom dont il prénomme son fils, il débute son Analyse de la nature par cette dédicace : "La nature est mon guide, et Linnaeus mon maître".

  (Cette famille comporte actuellement 13 sous-familles.

 Son nom vient de Nymphales, nom de la quatrième phalange de la nomenclature de Linné, aux ailes dentelées (alis denticulatis) et divisée en gemmati (ailes ocellées) et phalerati (ailes ornées). Le nom est dérivé du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille » et désigne dans la mythologie grecque les divinités féminines de la nature, généralement considérées comme les filles de Zeus et du Ciel, remarquablement belles, et qui peuplaient la plupart des lieux naturels: forêts et bois, vallées fertiles et bocages, sources et rivières, montagnes et grottes…  

b) Sous-famille des Satyrinae Boisduval, 1833.

Il réunit des groupes nommés en anglais Graylings, Ringlets, Browns et Heaths.

La description originale est peut-être tirée  des  Icones historique des lépidoptères nouveaux ou peu connus ..., Volume 1 (mais datées de 1832) page 128.

 

 

c) Tribu : Satyrini Boisduval, 1836.

    

2. Nom de genre : Lasiommata, Westwood, 1841.

Lasiommata Westwood, 1841; in Humphreys & Westwood, British Butterflies and their transformations London [Londres], Smith 1841, [ed. 1] page 65

Type spécifique: Papilio megera Linnaeus sélectionnée par Scudder en 1875 page 202.

      Le terme de Lasiommata est expliqué par Westwood dans sa publication : " derived from the grec lasios, "hirtus", and omma, "oculus", from the hairiness of te eyes" (vient du grec lasios, chevelu, et ommata (pl.) les yeux : car ce genre se caractérise par des yeux velus).

Le genre est décrit ainsi : 

 This genus is at once distinguished from all the other Hipparchiides by having the eyes thickly clothed with hairs, in addition to which the palpi are very slender, moderately clothed to the tip beneath with long hairs, the terminal joint being very shorts ; the wings, especially the posterior pair, are denticulated, and considerably varied, the fore wings with one, and the hind ones with five or six eyes ; the antennae are straight, distinctly annulated with black and white, and with the club pyriform ; the mediastinal and median vein are more or less swollen at the base, the anal one being simple.

[...]This genus corresponds with the first section of Hipparchia of Curtis annd Stephens, and with Duponchel's fifth group Vicicoles, the species being stated to occur in the neighbourhood of habitations. Stephens more correctly states that they frequent woods, lanes, and highways. The form Hübner's two groups, Pararge and Dira.

.

Les auteurs n'y rattachent alors que deux espèces : L. aegeria et L. megaera. La première sera classée comme Pararge aegeria, le Tircis.

Actuellement, à L. megaera se sont ajoutées en Europe : Lasiommata maera (L. 1758) l'Ariane ou Némusien, Lasiommata meadewaldoi (Rothschild, 1917) ou Lasiommata maera meadewaldoi (Rothschild, 1917) au Maroc ; Lasiommata paramegaera (Hübner, 1824) en Corse et en Sardaigne ; Lasiommata petropolitana (Fabricius, 1787) ou Gorgone en Europe et Asie tempérée. 

  Il faudrait ajouter un commentaire essentiel: cette publication est un parfait objet d'art par les délicieuses illustration de Henry Noël Humphreys, un maître de l'art de l'enluminure. Sur l'exemplaire de BHL Library, je n'ai pas trouvé la planche 18, représentant L. megaera ; la copie de l'exemplaire de Lyon par Google Books est désastreuse : à défaut planche 18.

 


  Nom d'espèce :

 

P[apilio] N.[ymphalis] [Gemmatus] megera Linnaeus, 1767; Syst. Nat. (Edn 12) 1 (2): 771, 

Linnaeus, C. 1767. Systema naturæ, Tom. I. Pars II. Editio duodecima reformata. Holmiæ [Stockholm]. Laurentii Salvii. 533-1327 page 771.

L'espèce appartient, dans la classification de Linné, (ici) aux Nymphalis, aux ailes denticulées le groupe des Nymphes (on attend donc le nom d'une divinité grecque), et le sous-groupe des gemmati, ornés de "gemmes" c'est à dire d'ocelles. 

  Elle n'est pas décrite dans l'édition principale, la 10ème de 1758, mais dans la 12ème de 1767. C'est que cette espèce pose quelques difficultés aux entomologistes, notamment par sa ressemblance avec Maera (l'Ariane) : dans sa 10e édition, Linné avait décrit maera, puis en 1767, il écrit de megera " simile maera sed alae supra luteae fusco fasciatae, nec totae fuscae "semblable à maera, mais les ailes supérieures sont jaunes strièes de brun, et non toutes brunes".

 Cette difficulté va être responsable de confusions dans nos dénominations. Geoffroy s'y trompera (mais il écrit avant la 12e édition). On lit dans l'ouvrage de Westwood page 67 que les anglais eurent leur part : Linné ayant placé l'illustration de Wilkes représentant une megaera dans ses références de maera, "wich evidently induced Berkenhout to give megaera under the name of maera". Of course.

Reprenons doucement, pour présenter les problèmes que va poser le nom vernaculaire français. Linné avait donné deux descriptions successives de papilio maera dans les ouvrages qui précèdent le Systema naturae, et qui se nomment Fauna suecica, 1ère édition de 1746, 2nde édition de 1761. Dans la première édition, page 238 n° 785, Linné donne à ce futur maera (il ne le nomme ainsi qu'en 1758) le nom vulgaire ("vulgo") de satyrus.

 Dans sa deuxième Fauna suecica de 1761, le papillon...qui porte désormais le nom de P. maera, abandonne son "vulgo, satyrus". Dans cette édition, Linné ne parle pas encore du P. megera, qu'il confond encore avec maera.

 Geoffroy, qui va décrire son papillon mégère à ce moment (1762), et qui se fonde scrupuleusement sur Linné, va l'identifier comme P. maera et va le baptiser Le Satyre en souvenir du satyrus de Linné. Les ennuis vont commencer lorsque Linné décrira 5 ans plus tard P. megera. Voir la suite plus bas.

La localisation du type est  Austria, Denmark : Autriche, Danemark.

Le nom megera (orthographe de Linné), ou plus rigoureusement megaera est celui d'une des trois Erynies : Mégère (Μέγαιρα / Mégaira, « la Haine »), Tisiphone (Τισιφόνη / Tisiphónê, « la Vengeance ») et Alecto (Ἀληκτώ / Alêktố, « l'Implacable » : Dans la mythologie grecque, les Érinyes (en grec ancien Ἐρινύες / Erinúes, d'ἐρίνειν / erínein, « pourchasser, persécuter »), ou parfois « déesses infernales » (χθόνιαι θεαί / khthóniai theaí), sont des divinités persécutrices. Selon Eschyle elles sont transformées en σεμναὶ / semnaì, « vénérables », après l'acquittement d'Oreste, occasion à laquelle Athéna aurait obtenu d'elles qu'elles devinssent des divinités protectrices d'Athènes sous le rôle de gardiennes de la justice. Plus tard, Euripide les a identifiées avec les Euménides (grec Εὐμενίδες / Eumenídes, « les Bienveillantes »).

Elles correspondent aux Furies (en latin Furiæ ou Diræ*) chez les Romains. Elles personnifient la malédiction lancée par quelqu'un et sont chargées de punir les crimes pendant toute la vie de leur auteur.Ces divinités vengeresses hideuses ont :de grandes ailes ;des serpents pour cheveux (comme les Gorgones), des fouets et des torches, et du sang qui coule de leurs yeux.

* Dira : ancien genre de lépidoptère : voir synonymes 

 


 

 

Synonymes (INPN, Muséum).

 Dira megera (Linnaeus, 1767) 

 Lasiommata megera megera (Linnaeus, 1767) 

 Papilio megera Linnaeus, 1767 

Pararge megaera (Linnaeus, 1767)

 

 

 

 

                II. Noms vernaculaires.

 

 

 

1. Le Satyre , Geoffroy, 1762.

Le Satyre, , Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 50-51 n°19.

 J'ai expliqué plus haut que Geoffroy, alors qu'il donne la description de ce qui va être nommé Papilio megera en 1767, ne peut donner à son papillon que le nom de l'espèce semblable, papilio maera. Il emprunte donc à Linné le nom de Satyre, qui lui convient parfaitement, car, s'il désigne une créature mythologique dyonisienne, à l'animalité fantasque et lubrique, accompagnant les ménades dans leurs débordements, hantant les lieux sauvages, c'est aussi un personnage de la tragi-comédie à succès Le Berger fidèle, comme Myrtil, Amaryllis et Corydon.

  Et puis ce papillon des bois et des jardins, aux yeux brillants, aimant se poser sur les pierres ou s'accouder à un mur en été, franchissant paresseusement quelques mètres devant vos pas avant de reprendre sa sieste, s'accommode bien de ce surnom qui tempérera, plus tard, celui, terrible, de mégère.

                   

                    Dessin1-79.jpg

Image :http://www.european-lepidopteres.fr/spip.php?id_article=235&page=art_lep_vernaculaire

 

 

En général tous ont les ailes en dessus variées et comme nébuleuses par un mélange de brun et de fauve. Les mâles ont ordinairement plus de brun ; souvent toutes leurs ailes sont brunes en dessus, avec une bande fauve seulement sur les bords, qui est entrecoupées par des nervures brunes. : d'autres fois outre cette bande il y a sur le reste des ailes des taches fauves. Les femelles ont leurs ailes fauves en dessus ; il y a seulement quelques raies brunes ondées. Les ailes supérieures ont en dessus vers l'angle un œil noir avec la pupille blanche : souvent cet œil est allongé et a deux pupilles blanches ; enfin quelquefois à coté de cet œil il y en a un très petit comme un point du coté extérieur, qui cependant, malgré sa petitesse, a une prunelle blanche bien distincte. Les ailes inférieures ont en général trois yeux, dont un placé à coté du ventre, est très petit, et quelquefois manque, en sorte qu'alors il n'y en a que deux ; d'autres fois au contraire il y en a quatre au lieu de trois.

 

 

 2. Le Satyre, Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 118 planche 26 n°50 fig. a-b-c-d par J.J. Ernst gravée par J. Juillet,  1779. 

 Cette fois-ci, en 1779, le Révérend-Père de l'ordre des augustins Engramelle peut identifier, dans la collection de Gigot d'Orcy, l'espèce megera, puisqu'elle a été décrite dans la 12è édition de 1767. Mais, non, il donne en référence la bonne page 771, mais le n° 141 maera ! L'espèce suivante, qu'il nomme Némusien planche 26 n°51, renvoie inversement au n° 142 de Linné, son megera !

 

3. P.[Gemmati] megera (mégère) , Charles de Villers, 1789.

Mégère, C. de Villers, Caroli Linneai Entomologia, 1789, page 24. Ce nom de mégère n'est qu'une traduction du nom latin linnéen. De Villers donne en référence de ce megera la figure 51 d'Engramelle, le Némusien... Comme il le remarque en observation: Obs.2 : Pap; Megeram et Maeram confuderunt aliqui descriptores : "ils ont été confondu par certains descripteurs".

 

4.  P[apilio] Maegaera (P[apillon] magaera) Walckenaer 1802.

Walckenaer Faune parisienne 1802 page 262 n°4. Malgré une traduction qui ne lui a pas demandé beaucoup d'efforts il parvient à commettre deux erreurs : maegaera et magaera sont tous les deux fautifs !

 

 

5. Le Papillon satyre, Papilio megera Latreille, 1803.

Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, Paris : Detreville vol. 17, 1803 page  67.

Latreille est le premier à rétablir l'identification des espèces précédemment décrites :

  "C'est à tort que Geoffroy a rapporté au papillon satyre le synonyme du papillon maera de Linnaeus. trompé par cette fausse application, Degeer a ensuite copié la même faute. [...] La description que Linnaeus donne du papillon megera convient évidemment au papillon satyre de Geoffroy".

  6. Le groupe des Satyres de Latreille de 1804 à 1819.

     6a) 1804.

En 1804, P.A. Latreille propose dans son Tableau méthodique une nouvelle classification qui poursuit la classification de Linné de 1758. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, Paris : Déterville. vol.24.

Sixième Ordre : Lépidoptères. Divisé en Diurnes et Nocturnes.

—Section I. Diurnes : deux familles, Papillonides et Sphingides.

   I. Papillonides : deux divisions : Antennes rapprochées à la base / Antennes écartées.

Ia) Antennes rapprochées : deux groupes : à 4 pattes ambulatoires / à 6 pattes.

Ia1) Le groupe à 4 pattes ambulatoires est divisé en Nymphales, Nacrés et Satyre. Ce dernier groupe est divisé en deux genres : Héliconien, et Danaïdes

Ia2) Le groupe à 6 pattes ambulatoires comprend les Papillons ; les Parnassiens ; les Pieris ; les Polyommates.

Ib) Antennes écartées : les Hespéries.

 

Les Satyres sont donc ici des papillons diurnes à antennes rapprochées à leur base et à 4 pattes ambulatoires qui se distinguent par : 

  • des ailes rondes.
  • des palpes très comprimés.
  • un dernier article cylindro-conique

Les Héliconiens se distinguent entre autre par leurs ailes longues et étroites, alors que les Danaïdes ont des ailes de longueur égale à la largeur.

6b) Le groupe Hipparchia de Fabricius 1807.

         Johan Christian Fabricius a classé P. maera (et vraisemblablement megera) dans le genre Hipparchia en 1807 dans l'article suivant : "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges""Nach Fabricii systema glossatorum Tom 1" , in Johann Karl Wilhelm Illiger*, Magazin für Insektenkunde, Karl Reichard Braunschweig [Brunswick] (6) page 281

6c). Le groupe des Satyres Latreille 1810.

En 1810, Latreille, dont l'ami Fabricius est décédé en 1808 sans publier sa classification, propose une nouvelle classification. Elle comporte trois sections désormais, Diurnes, Crépusculaires (Sphingides) et Nocturnes. Les Diurnes comportent deux familles, les Papillonides et les Hespéries.

 Le groupe des Papillonides comprend 15 genres, dont le Genre 559 Satyre (Satyrus).

Le genre Satyre reprend les genres Amathusia, Brassolis, Haetera et Hipparchia de Fabricius.

 

6d). Le Genre des Satyres Latreille 1819.

Latreille (P.A) Godart (J.B),  Encyclopédie méthodique. Histoire Naturelle. Entomologie, ou histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes. Vol. 9. Paris : Vve Agasse, 1819, 828 pp.

Cette classification de Latreille est présentée à nouveau en 1819 par Godart dans  Encyclopédie méthodique. Vol. 9 page 9 ...mais avec des modifications. Les Papillonides comptent maintenant 20 genres. Le genre Satyre ne recoupe plus que une partie du genre Haetera et les Hipparchia de Fabricius et/ou les Maniola de Schrank. Le genre Satyre est décrit page 460 dans un tableau qui lui est propre et qui donne une  liste de 185 espèces dont beaucoup sont exotiques. Il est caractérisé par des éléments concernant les palpes, les antennes, la cellule discoïdale, la chenille et la chrysalide.

  Les espèces françaises sont les Satyres maera,  Mégère, égérie (Tircis), Galathée (Demi-deuil), Déjanire (la Bacchante), circé (le Silène), briseis (L'Hermite), Hermione (le Sylvandre), Sémelé (l'Agreste), alcyone (le Mercure), Fauna (le Faune), actaea (Grand Nègre des Bois), méduse, hyperanthus (Tristan), Janira (Myrtil), Tithonius (sic) (l'Amaryllis), Hero (Moelibée), Arcanius (Céphale), Pamphile (Procris). 

  Ce genre portant le nom de Satyre n'autorisait plus les auteurs à utiliser le nom vernaculaire Satyre de Geoffroy pour désigner Papilio megera de Linné : il s'appela donc Le Satyre mégère (Godart, 1819)

 

7. Le Satyre mégère ,  Godart 1821.

" Satyre mégère": Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823 page 160 n° LIII planche XXV 7 sext. peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin. .

                      papillon-megera-et-maera-godart.png

 

 

 

 

 Ce nom "Le Satyre mégère " a été repris par Hippolyte Lucas 1834, page 69 ; Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) ; Pierre Boitard 1843 ; P.A. Duponchel en 1849, page 18.

Le nom de "Mégère" est employé de façon isolée, par exemple dans le Dictionnaire classique d'Histoire naturelle vol. 10 de 1826 par Bory de Saint-Vincent ; par Aristide Dupuis en 1863.

 


6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose de retenir les noms de Le Satyre (♂) et La Mégère (♀). Il ne commente pas ce choix, qui crée pourtant un changement important. Pendant la période 1823-1980, ce papillon a été appelé Le Satyre mégère, (hormis Paul Girod en 1912) en raison de l'erreur initiale de Geoffroy d'une part, du genre Satyre créé par Latreille d'autre part, et de l'absurdité de nommer un papillon Le Satyre Satyre. J'ignore néanmoins pourquoi Luquet n'a pas opté pour un seul nom, La Mégère. J'ignore aussi pourquoi, au lieu d'admettre les deux noms, il a réservé l'usage du nom masculin pour le mâle, et le nom féminin pour la femelle.

  Son avis a été suivi par tous les auteurs ; sur le terrain, le nom de Mégère semble être utilisé majoritairement sans considération de sexe.




7. Noms vernaculaires contemporains :

Entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle, les lépidoptéristes français cessèrent de mentionner le nom vernaculaire et parlèrent entre eux du megera. On le vérifie, pour la littérature bretonne, dans le "Catalogue raisonné des lépidoptères" (1882) de Griffith  et la "Contribution à la faune des lépidoptères du Finistère".( 1910) de C. Picquenard .

 Ainsi également Oberthür et Houlbert dans la Faune armoricaine (1912-21) utilisent le nom scientifique Pararge megaera, à l'exclusion de toute mention du nom vernaculaire.

 


—Bellmann / Luquet 2008 :

— Chinery / Luquet  2012 : 

— Doux & Gibeaux 2007 : 

— Higgins & Riley /Luquet 1988 :

 — Lafranchis, 2000 :

— Perrein, 1012 : Satyre (mâle), Mégère (femelle).

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : 

— Wikipédia : "La Mégère ou Le Satyre".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

Les anglais le nomment the Wall Brown, ("le Mur Brun"), et les allemands Mauerfuchs, ("Mur-renard"). L'allusion au renard renvoie à la couleur fauve, et la référence au mur à l'habitude, presque une manie, de la mégère de stationner ailes ouvertes au 2/3 sur toute surface dénudée, y compris les murs. On la rencontre souvent posée sur les sentiers côtiers, où nos pas l'a font décoller pour se reposer quelques mètres plus loin.

 

 

  Les traductions par moteur de recherche sont approximatives...

  • Mauerfuchs en allemand et en autrichien ("Renard ou fauve du mur").
  • Vejrandøje en danois 
  • Argusvlinder en néerlandais ("papillon Argus")
  • Argusflinteren frison ( "papillon Argus")
  • Gelsvamargis satyras en lituanien (Satyre jaune ...)
  • Okáč en tchèque (zední = mur)
  • Vörös szemeslepke en hongrois ("papillon au point rouge")
  • Mūru samtenis en letton ("le Souci du mur ").
  • Očkáň múrový en slovaque ("satyre fauve maçon")
  • Svingelgräsfjäril  ou  Tegelfjäril  en suédois ("papillon des fétuques ; papillon brique")
  • Ruostepapurikko en finlandais ("rouille-gris pommelé")
  • Sydlig ringvinge en norvégien (du sud)
  • Küçük Esmerboncuken turc ("le petit ocellé brun")
  • Osadnik megera en polonais
  • Saltacercas en espagnol (le Saute-barrière)

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  • The wall en irlandais

  • Donnag y voalley en mannois.
  • donnag a' bhalla en gaélique écossais*

  • donnagan a' bhalla ou donnagan ballach en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • Gweirlöyn y cloddiau ou gweirloynod y cloddiau* en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

 

 

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

Première mention : Moffet 1634 fig.

  • The Golden marbled Butterfly, with black Eyes : Petiver, 1699.
  • The London Eye, with a black List mâle : Petiver, 1717
  • The London Eye, femelle : Petiver, 1717.
  • The Great Argus Butterfly : Wilkes, 1741-42 ; Berkenhout, 1769.
  • The Wall : Harris, 1766 ; Haworth, 1803 ; Humphrey et Westwood, 1841 ; Jermyn, 1824 ; Morris, 1853 ; South, 1906 ; et la plupart des auteurs suivants.
  • The Orange Argus : Lewin, 1795.
  • The Gatekeeper : Samouelle, 1819 ; Morris, 1853.
  • The Speckled Wall : Morris, 1853.
  • The Wall Brown : W.F. Kirby, 1906 ; Newman et Leeds, 1913 ; Heslop, 1959.

 

 

 

                                      Lasiommata megera - Mauerfuchs.jpg

 

Liens et Sources.

Funet : lasiommata.

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : lasiommata megera.

Images : voir les superbes dessins de Hübner:

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. 213 http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/69604#/summary 

 

 

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— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— DAVE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 BHL library.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. 

  http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

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—Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, Paris : Detreville vol. 17, 1803 ici

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— LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 369. Paris : Dufart.

 

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 —LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

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 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

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— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou ,n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p.

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—SPULER  (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL:http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

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  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.

      Liste complète des références des auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 :http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Latreille et Godart 1819 :  https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

                

 




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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:00

Zoonymie (histoire du nom) du papillon l' Azuré du Thym ou Azuré de la Sarriette, Pseudophilotes baton (Bergstrasser, 1779).

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

Résumé. 

— Pseudophilotes, Heuret, 1958. Du grec pseudo-, "qui ressemble à", et philotes, genre créé par Scudder en 1876. Le genre Pseudophilotes de Heuret réunit des espèces qui se rapprochent du genre Philotes, mais doivent être distingué par les caractères des genitalia mâles. Le nom du genre Philotes de Scudder trouve son origine de son nom soit dans le nom du macédonien Philotes, compagnon d'Alexandre le Grand et chef de sa cavalerie, soit dans celui de Philotês, fille de la Nuit et divinité allégorique de l'union sexuelle et de l'amour sensuel. 

— baton, (Bergsträsser, 1779) : viendrait du nom de l'écuyer du devin Amphiaraos, roi d'Argos et qui fut engloutit dans une crevasse devant Thèbes avec son char et son cocher. Baton, comme son maître, fut vénéré comme un demi-dieu dans la Grèce antique.

— Ce papillon a d'abord été nommé "L'Argus bleu-violet" par Engramelle en 1779, puis "le Polyommate hylas" par Godart en 1821. En 1986, G.C. Luquet créa les noms "L'Azuré de la Sarriette", en nom principal, et "L'Azuré du Thym" en nom accessoire, tout en admettant "L'Argus du Thym" et "le Pointillé" d'origine suisse. Puis Gérard Luquet a recommandé d'abandonner l'usage de "L'Azuré de la Sarriette", cette plante (Satureja) n'étant pas consommée par la chenille, qui, en milieu naturel, mange les fleurs des divers Thyms.

— Avant d'être classé parmi les Pseudophilotes, ce papillon l'a été dans les genres   Polyommatus de Latreille (1804), Lycaena de Fabricius (1807), Scolitantides de Hübner, 1819, Philotes Scudder 1876 voire Turania Bethune-Baker 1914.  

De même, il a été longtemps cité (jusqu'au XXe siècle) sous le nom hylas créé par Denis et Schiffermüller en 1775, notamment sous le nom de Lycaena hylas. Hylas est le nom d'un jeune homme aimé par Héraclès, dans l'expédition des Argonautes, mais si beau que des nymphes d'une source le capturèrent et que ses compagnons le cherchèrent en vain.  Les autres épithètes spécifiques Amphion (Esper) et Hylactor (Bergsträsser) sont cités pour mémoire.

Sa chenille verte veinée de rouge, et ses œufs, n'ont été décrits que tardivement au cours du XXe siècle.

 

 

 

               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Lycaenidae, William Elford Leach, 1815. Les Lycènes. 

       Leach, William Elford, 1790-1836  "Insecta" pp. 329-336, "Entomology". pp 646-747 in D. Brewster éditeur, Brewster's Encyclopaedia Edinburgh, [Edinburgh, volume 9, 1, 04/1815 pp. 57-172  : selon Sedborn 1937] [Philadelphia, E. Parker,1816? selon BHL Library]  page 718. [ Article publié anonymement et attribué à Leach, qui avait annoté son propre manuscrit]

  

La famille des Lycaenidae Leach, [1815] tient son nom du genre Lycaena de Fabricius (1807). il comprend les Blues ou Azurés, les Coppers ou Cuivrés et les Hairstreaks ou Thécla, et nos Argus, soit les sous-familles des  Polyommatinae Swainson, 1827, Lycaeninae [Leach, 1815] et Theclinae Butler 1869.

 Ses 6000 espèces mondiales représentent un tiers des Papilionoidea. La majorité a développé des stratégies d'associations facultative ou obligatoire avec les fourmis, qui vont du parasitisme au mutualisme. Les chenilles et les chrysalides utilisent des signaux chimiques et acoustiques pour manipuler les fourmis dans le sens de la myrmécophylie. La présence d'une glande dorsale, située en général sur le 10ème segment exsudant un liquide sucré comparable au miellat des pucerons est un caractère largement partagé par les chenilles de lycénidés myrmécophiles et connu depuis 1894 . On parle alors de chenilles trophobiontes. Toutefois, certaines espèces ont mis au point des stratégies plus complexes pour inciter les fourmis à les adopter et à les transporter au sein de leurs fourmilières.

 

b) Sous-famille des  Polyommatinae Swainson, 1827.

Elle tient son nom du genre Polyommatus créé par  Latreille en 1804; "Tableau méthodique des Insectes" in Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle appliqué aux arts, principalement à l'Agriculture et à l'Économie rurale et domestique, par une Société de naturalistes et d'agriculteurs ; avec des figures des trois Règnes de la Nature, Paris : Deterville, an XII [1804] 24 (6) p. 185 et 200, espèce-type: Papilio icarus Rottemburg.

Polyommatus vient du grec polus "beaucoup", et omma, ommatos, "œil" : c'est un qualificatif du géant Argos qui disposait de cent yeux, dont cinquante étaient toujours ouverts. C'est lui que la jalouse Héra envoya surveiller Io, transformée en génisse après ses amours avec Zeus.

  Ce nom est en rapport avec les nombreux ocelles des ailes des papillons bleus.

On le trouve déjà chez Aldrovandi sous la forme équivalente de  Papiliones polyophtalmi.

Cette sous-famille contient, en France, 18 genres :

  • Leptotes Scudder, 1876
  • Lampides Hübner, [1819]  
  • Cacyreus Butler, 1897
  • Cupido Schrank, 1801
  • Celastrina Tutt, 1906
  • Maculinea Eecke, 1915 
  • Pseudophilotes Beuret, 1958
  • Scolitantides Hübner, [1819]
  • Iolana Bethune-Baker, 1914
  • Glaucopsyche Scudder, 1872
  • Plebejus Kluk, 1780 
  • Aricia [Reichenbach], 1817
  • Plebejides Sauter, 1968
  • Eumedonia Forster, 1938
  • Cyaniris Dalman, 1816
  • Agriades Hübner, [1819]
  • Lysandra Hemming, 1933
  • Polyommatus Latreille, 1804.

 

 

    

2. Nom de genre : Pseudophilotes, Beuret 1958.

 

a) Description originale : 

 

Beuret, H. 1958. "Zur systematischen Stellung einiger wenig bekannter Glaucopsychidi (Lepidoptera, Lycaenidae)". Mitteilungen der Entomologischen Gesellschaft Basel [Bâle] (n. f.), 8(6): 81-100 page 100. Si j'ai bien compris un article de Mattoni 1977, H. Beuret a isolé ce genre Pseudophilotes de celui des Philotes à partir de l'étude des genitalia mâles et des androconia, et y a inclus, outre le type spécifique P. baton, les espèces vicrama Moore 1865 , abencerragus Pierret 1837 et bavius Eversman 1832.

 

— Type spécifique: Papilio baton 

— Description : non disponible

 

— Ce genre renferme 8 espèces dont une seule espèce en France.

— L'auteur : le Dr Henry Beuret-Stadelmann (1901-1961), entomologiste suisse de Bâle rédacteur en chef du  Mittelungen der Entomologischen Gesellschaft Basel  s'est surtout consacré à l'étude des Lycaenidés. Il est l'auteur de Die Lycaenidae der Schweiz, Entomologisch Gesellschaft Basel, 1953, 420 p.

 

 Origine et signification du nom Pseudophilotes.

 

— Hans A. Hürter (1998) : cet auteur n'étudie que le nom Philotes de Scudder (page 330). Sa conclusion est : 

Man darf wohl annehmen, daß er -dem Vorbild Linnés folgend- die mythische Gestalt Hesiods Philotes, die Gottheit der Liebslust, im Sinn hatte und nicht die historische Gestalt Philotas, den Freund und Feldherrn Alexanders d. Gr. Für diese Annahme spricht sehr deutlich die Endung -es statt -as.

 -Trad. Il faut supposer que, suivant ainsi l'exemple de Linné, il a à l'esprit la figure mythique d'Hésiode Philotès, la divinité de l'amour convoitise, et non la figure historique de Philotas, l'ami et le général d'Alexandre le Grand. Très clairement en faveur de cette hypothèse plaide fortement la terminaison -es et non -as.

 

—Doux et Gibeaux (2000) page 210:

Du grec pseudo, "faux", et de Philotes, nom d'un autre genre de Lycénidé ; littéralement, "faux Philotes". Philotes, transcription de Philotês, la personnification grecque de l'affection. Elle est généralement considérée comme l'une des filles de Nix (déesse de la Nuit) et comme la sœur d'Apatè (personnification de la duperie), de Géras (personnification de la vieillesse) et d'Éris (déesse de la discorde).

 

— Perrein et al. (2012) page 243 :

du grec pseudos "faux", et Philotes, ancien nom du genre pour différents auteurs, peut-être de Philotès, personnification de la Tendresse dans la mythologie grecque.

 

Discussion.

 

      Ce nom est composé du nom de genre Philotes, précédé du grec pseudo, qui se traduit par "faux", mais d'avantage, en zoologie, par "proche de, qui ressemble à" (CNRTL, B). Il incite donc à 

rechercher le genre Philotes, créé par Scudder en 1876 :  (Polyommatinae) : Scudder, 1876 ; Bull. Buffalo Soc. nat. Sci. 3 : 116 , TS : Lycaena regia Boisduval. C'est un genre  monotypique ne contenant actuellement que  Philotes sonorensis, l' Orpin bleu ou Sonoran Blue  trouvé dans la Californie , le Colorado et le nord du Mexique. 
Les autres noms de genre de lépidoptères de Scudder donnent une idée de son style : Speyeria en  1872, puis en 1876 : Callypsyche, Calycopis, Eupsyche, Hyporautis, Brephidium, Leptotes, Phaedrotes, Philotes, Tharsalea, Chalceria, Gaeides, Epidemia
Cet auteur ne donne aucune indication sur le choix de ce nom. On remarque une série rimée Leptotes/Phaedrotes/Philotes. (Leptotes signifie "délicat " en grec, Phaedrote n'a pas de signification claire).
 Puisque nous ne disposons pas d'autres renseignements, force est de nous tourner vers les dictionnaires grecs :  (Φιλότης; Philótēs),  personnification de la sexualité et de l'amour sensuel. Elle est, dans la Théogonie Hésiode, (v 224) la fille de Nyx (la Nuit) et la sœur des Moires. Chez les auteurs latins, elle est fille de Nyx et d'Érèbe ; Hygins la nomme Amicitia et Cicéron dans  De natura Deorum III, 17, la nomme Gratia. Elle passe aussi pour être, en opposition avec Neikea, la Querelle, l'esprit de l'amitié et de l'affection.

Comme l'avait remarqué H.A. Hürter, Philotes ou Philotas est aussi selon Quintus Curcius Rufus, le nom d'un des compagnons et capitaines d'Alexandre, fils de Parménon. Son nom apparaît sous la forme Philote dans le Roman d'Alexandre du XIIe siècle ( Bnf Ms fr. 3472). Wikipédia indique, pour "Philotas" :
Philotas (en grec ancien Φιλώτας / Philôtas) est l'un des plus proches compagnons d'Alexandre le Grand et l'un de ses officiers. Il est aussi le fils de Parménion, l'un des principaux généraux d'Alexandre. Philotas, lors de l'expédition en Asie, porte le titre d'Hipparque et dirige la cavalerie lourde macédonienne des Compagnons (hétairoi) (environ 1500 à 1800 cavaliers) en particulier à la bataille de Gaugamèles (331).

Philotas et son père n'approuvent pas la poursuite de l'expédition vers les provinces de l'empire perse aussi éloignées que l'Arie et la Drangiane (frontières de l'Iran et de l'Afghanistan actuel). Le fils se trouve impliqué en automne 330 dans un complot contre la vie du roi. Il est convaincu de n'avoir pas révélé au souverain le danger qui le menaçait. Sur les accusations de Cratère, particulièrement virulent dans cette affaire, l'assemblée des Macédoniens le condamne à être lapidé à Phrada-Prophtasia (ouest de l'Afghanistan). Un peu plus tard, son père Parménion est assassiné sur ordre d'Alexandre.

  Cette hypothèse serait anecdotique si on ne trouvait pas, parmi les noms de Lycénidés, d'autres noms de Macédoniens comme Alketas, Amyntas (nom porté par trois rois de Macédoine), Polysperchon, ou Admète. H.H. Hürter n'y est pas favorable car le nom du genre est "Philotes" et non pas "Philotas", mais j'ai signalé que cette forme en -es est bien attestée pour désigner le compagnon d'Alexandre, en tout cas dans les ouvrages français. Je rappellerai aussi que, chez Linné, les Plebeii (auxquels les Azurés appartiennent) reçoivent des noms de personnages historiques et noms de divinités. 

En conclusion, le genre Philotes de Scudder trouve son origine soit dans Philotês, fille de la Nuit et divinité allégorique de l'union sexuelle et de l'amour sensuel, soit dans Philotes, compagnon d'Alexandre le Grand et chef de sa cavalerie. Le genre Pseudophilotes de Heuret réunit des espèces  proche du genre Philotes, mais dont les caractères des genitalia mâles les en distinguent.

 

 

 

 

 

 

 

 3.  Nom d'espèce : Pseudophylotes baton (Bergsträsser, 1779).

a) Description originale

Protonyme Papilio baton

Bergsträsser, J. A. B. 1779. Nomenclatur und Beschreibung der Insecten in der Graffschaft Hanau-Münzenberg wie auch der Wetterau und der angränzenden Nachbarschaft dies und jenseits des Mains mit erleuchteten Kupfern. Zweiter Jahrgang. Hanau. (Stürner). 79 pp. page 18. Illustration planche 60 fig. 6-8.

 

— Localité-type :  Hanau, Hesse, Allemagne. Selon Dupont et al. (2013) cette espèce est présente dans le sud-ouest de l’Europe. Elle est signalée dans presque toute la France. Les chenilles se nourrissent principalement sur différentes espèces de Thym.

Les larves sont soignées par les fourmis Lasius alienus et Myrmica scabrinodis. (Wikipédia)

— Description :

P.P.R. Alis rotundatis integerrimis, fusco coeruleis nigroque notatis, subtus canis, crocataque in posticis fascia.

 

bergstrasser-Pseudophilotes-baton-planche-60--6-8.png

— références données : néant.

 

b) L'auteur : Bergsträsser ou Bergstraesser

      Johann Andreas Benignus Bergsträsser (1732-1812) est un naturaliste allemand de Hanovre. Il a également travaillé sur l'invention de télécommunications à des fins militaires , utilisant pour cela des signaux lumineux (miroirs, fusées ), acoustiques ( explosions , trompettes , tirs d'artillerie ) ou par fumigène; en 1784, plusieurs années avant l' invention de Chappe, il a inventé le télégraphe optique, destiné à assurer la communication entre Leipzig et Hambourg.

 

  Il était né à Idstein, fils de l'écrivain local Gottfried Wilhelm, et petit-fils d'un armurier de renom. Il avait été diplômé de l'école secondaire dans sa ville natale, puis il avait étudié la théologie et la philologie à l'Université d'Iéna ( 1751 ) et l'Université de Halle ( 1752 ). De 1756 à 1758, il était professeur dans un orphelinat de Halle. Ensuite, pour plus d'un an, il s'installe aux Pays-Bas, où il sollicita le poste d'aumônier de l'ambassade à Madrid. En 1760, il  accepta  le poste de Recteur de l' Evangelical Gymnasium —l'École luthérienne latine— de Hanovre. En 1775, nommé à la cathédrale de Ratisbonne, il a reçu le titre de professeur de philosophie. En 1774, il a reçu le grade de conseiller du consistoire (Konsistorialrat). Il est mort le 24 Décembre 1812 à Hanovre.

Il a laissé de nombreux ouvrages consacrés à la pédagogie, la théologie et l'histoire naturelle et il correspondait avec Albrecht von Haller et Goethe .

En entomologie, outre deux opuscules scolaires, il a publié un traité sur les insectes de Hanovre et de Wetterau, connu sous le titre abrégé de Nomenclatur.

1. Entomologia erxlebeniana in scholarum usus concinnata. Hanoviae: Typis Orphanotrophei, 1776 :books.google. Idem, 1784 : books.Goggle.

2. Nomenclatur und Beschreibung der Insecten in der Grafschaft Hanau: Münzenberg wie auch der Wetterau und der angränzenden Nachbarschaft dies und jenseits des Mains mit erleuchteten Kupfern. Hanau: Im Verlage des Verfassers

  • première année, 1778  : http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN587684321&IDDOC=534241
  • Deuxième année, 1779 :  http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN587686561&IDDOC=528546
  • Troisième année, 1779
  • Quatrième année, 1780
  • Planches :  http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN587691166&IDDOC=441517

3. Icones papilionum diurnorum quotquot adhuc in Europa occurrunt descriptae. Hanoviae, 1779 :  Volume 2  (P. baton planche 2 fig.6, 7, 8)     Volume 3

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4. Abbildungen und Beschreibungen aller bekannten europäischen Tagfalter. Hanau 1779.

 

 

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

Papilio baton Bergsträsser, 1779
Philotes baton (Bergsträsser, 1779)
Pseudophilotes baton albonotata (Sagarra, 1926)  
Pseudophilotes baton baton (Bergsträsser, 1779)
Pseudophilotes baton praepanoptes (Verity, 1928)  
Pseudophilotes panoptes praenoptes (Verity, 1928)  
Scolitantides baton rassa albonotata Sagarra, 1926  
Turania hylas praepanoptes Verity, 1928

 

 

Sous-espèces :

 Leraut cité par Dupont et al. (2013)  retient la présence de trois sous-espèces en France :

- baton Bergsträsser, 1779.

- albonotata Sagarra, 1926. Localité-type : Barcelone. Sagarra, I. (de) 1926. Anotacions a la lepidopterologia iberica IV (1). Butlletí de la Institució Catalana d'Història Natural, 2(6): 128-139 page 138 . Le terme albonotata signale les espaces blancs antémarginaux du dessus des ailes de la femelle.

- praepanoptes Verity, 1928. Localité-type : Plateau d’Ambollas, Villefranche-de-Conflent, Pyrénées-Orientales. Mazel, R. 2007. Pseudophilotes baton panoptes Hübner, 1813 bona subspecies (Lepidoptera, Lycaenidae). Revue de l'Association roussillonnaise d'Entomologie, 16(2): 38-47. Le terme praepanoptes se réfère à l'Azuré Cordouan Pseudophilotes panoptes Hübner, 1813.

On rattache à cette sous-espèce praenoptes le Turania hylas praepanoptes de Roger Verity, 1928 : Races paléarctiques de Grypocères et de Rhopalocères à distinguer et homonyme à remplacer. Bulletin de la société entomologique de France, 8: 140-144 page 143.

 

 

c) Origine et signification du nom baton. 

 

 Les interprétations des étymologistes :

 

— Arnold Spuler (1908)  page  62. 

 Wagenlenker des Königs Amphiaraos von Argos, gr. Männername.

-Trad. Aurige du roi Amphiaros d'Argos. Nom grec d'homme.

 — August Janssen (1980) page 44.

Wagenmenner van koning Amphiaraos van Argos.  

-Trad. Cocher du roi Amphiaros d'Argos.

—  Gustav Ramann (1870-1876), page 35.

Ist der Name in den alten Sprachen für Brombeere. 

-Trad. Nom ancien de la mûre.

— Anton Spannert (1888), page 27.

Name eines Wagenlenkers bei Amphiaraos, König von Argos, der bei einer Wettfahrt vor Theben in eine Erdspalte versank.

-Trad. Nom d'un conducteur de char à Amphiaraos, roi d'Argos, qui, lors d'une course devant Thèbes est tombé dans une crevasse.

— Doux et Gibeaux (2000) page 210 :

baton : Baton, conducteur du char du roi d'Argos, Amphiaraos ; nom propre d'homme, en grec ancien.

— Perrein et al. (2012) page 243:

      De baton, le conducteur de char d'Amphiaraos, devin et chef de guerre, protégé par Zeus et Apollon. 

— Hans-A. Hürter (1998) :

du grec ό Βάτωυ, -ωυος, latin baton, -onis.  

Hans-A. Hürter signale que la Paulys Realencyclopädie mentionne 8 personnages du nom de Baton, mais donne en citation que ce qui concerne le conducteur du char d'Amphiaraos.

 

 

Discussion : 

 

1. Selon Animalbase, Bergsträsser est l'auteur de 32 noms d'espèces de papillons diurnes (Papilio) :1779 agropoeus, arctophonus, arctophylax, argalus, argester, argiphontes, argyra, argyrobius, argyrocapelus, argyrocopus, argyroela, argyrognomon, argyrophalara, argyrophylax, argyrotoxus, astrarche, athene, baton, bellargus, bronte, byzas, byze, byzene, byzenus, candaon, candybus, corydonis, damoetas, damon, daphnis, dimus, drusilla, hipponoe, hylactor, mamers, nausithoe, nausithous, nelo, oceanus, pampholyge, philonome, philonomus, phobus, polysperchon, pseudolus, salacia, sao, telegone, telegonus, thersanon, 1780 agrotera, daphne, delia, euclea, lye, phryxa, 1783 aktaeon, cyanopteros, daedale, hekate, melicerta, parthenie, taras.

2. Dans le dictionnaire latin Gaffiot, je trouve :

— Bāto, ōnis, m. : Baton. - 1 - chef germain, fait prisonnier par Germanicus. --- Ovide P. 2, 1, 46. - 2 - fils de Longarus, roi des Dardaniens. --- Liv. 31, 28.

Les dictionnaires mythologiques du XVIIIe (Chompré, Sabatthier)  font de Baton l'écuyer ou le cocher du roi Amphyraüs, mais François Sabbathier propose aussi six autres personnages de ce nom :

— Baton (Pausanias, Attique page 126) était du même sang qu'Amphiaraüs, et descendait comme lui de Mélampus. Il lui servait d'écuyer dans les combats ; et après la déroute des Argiens devant Thèbes, la terre s'étant ouverte sous les pieds d'Amphiraüs, le maître, le char et l'écuyer disparurent tout à la fois,. Ceux d'Argos avaient consacré une chapelle à Baton.

— Baton, natif de Sinope, historien grec. On ne sait pas en quel temps il a vécu.

— Baton, poète comique, dont on ignore aussi le temps. On croit qu'il pourrait être contemporain d'Antiphane, et plus ancien que Ctésibius, qui passe pour l'auteur des horloges automates.

— Baton, ou Bato, (Tite-Live Livre 31 c.18) fils de Longarus, roi des Dardaniens. Ce prince, deux ans avant l' Ère chrétienne, vint offrir ses services aux Romains, lorsqu'ils allaient faire la guerre aux Macédoniens.

  — Baton, Bato, (Strabon p. 314) chef des Pandoniens. Il fit révolter cette nation contre les Romains, sous l'empire d'Auguste, l'an de Rome 757, et de J.C. 6.

 François Sabbathier 1772 Dictionnaire abrégé pour l'intelligence des auteurs classiques grecs page 583.

Il paraît logique de choisir dans cette liste le cocher d'Amphiaraos, mais rien n'explique ce choix de Bergsträsser. A défaut, cela permet de découvrir de roi Amphiaraos, un célèbre devin d'Argos, et le culte chtonien qui lui est rendu dans divers sanctuaires à Thèbes, Argos et Lerne, mais surtout à Oropos dont l'Amphiareion donnait lieu à des oracles réputés? Selon Pausanias, on y sacrifiait un bélier, on étendait sur soi la peau  et, allongé, on attendait la révélation d'un rêve, selon le procédé de "l'incubation".   

 

 

 II.  Archéo-taxonomie.

      1. Le genre.

      Ce papillon après avoir été classé dans le groupe Papilio de Linné, qui regroupait tous les papillons diurnes, a été classé dans le genre Polyommatus de Latreille (1804), puis/ou dans le genre Lycaena de Fabricius (1807). En 1907 par exemple, W.F. Kirby utilisait encore le nom de Polyommatus hylas, et en 1908 W. Tutt utilisait Polyommatus baton. En majorité, c'est néanmoins le nom de Lycaena baton qui a été utilisé au XXe siècle. A partir de 1890 et jusqu'au XXIe siècle on le trouve aussi sous la bannière du genre Scolitantides Hübner, 1819. Lors de la publication de Beuret 1958, il était souvent classé comme Philotes baton, et cette appellation perdura jusqu'à la fin du XXe siècle (Higgins et Riley, 1970 par exemple). Verity le nommait en 1928 Turania hylas, reprenant le genre Turania Bethune-Baker 1914.

 


2. L'épithète spécifique.

En des temps où les règles de taxonomie n'étaient pas fixées, ce papillon porta plusieurs noms au gré de l'entomologiste ; Hylactor (Bergstr.), Amphion (Esper, De Villers), mais surtout Hylus ou Hylas ( Fabricius ; Denis & Schiffermüller ; Illiger ; Herbst. ; Borkh. ; Petag. : Brahm ; Latreille ; Godart, Duponchel et Boisduval).

D'où l'usage fréquent à la fin du XIXe siècle de l'équation "baton (Bergstr.) = Hylas".

 Ce Papilio Hylas avait été décrit par Denis et Schiffermüller 1775 puis par Hübner 

 

Origine du nom Hylas. 

— Arnold Spuler (1908)  page 65.

Freund und begleiter des Herakles  

-Trad. Ami et compagnon d'Héraclès.

 

—  Gustav Ramann (1870-1876), page 40.

...war ein schöner Knabe, Liebling des Herkules und verschwand  beim Argonautenzung, indem ihn die Najaden des Brunnens beim wasserschöpfen hinabgezogen hatten. 

-Trad. ...était un beau jeune-homme, aimé par Héraclès et perdu par l'équipage des Argonautes, après que les Naïades de la fontaine l'aient entraîné alors qu'il puisait de l'eau.

 

 

— Hans-A. Hürter (1998) :

Υλας , ον, latin Hylas, ae ; 1. Sohn des Dryopterkönigs Theiodamas (Θειοδαμας, lat. Theodamas), Begleiter und Liebling des Herakles auf der Argonautenfahrt, beim Wasserschöpfen in Mysien von den Nymphen in den Quell hinabgezogen. 2. Hundename. 

-Trad. Hylas, 1. Fils du roi des Dryopes Theodamas, favori et compagnon de Héraclès dans l'expédition des Argonautes, tiré vers le bas alors qu'il puisait de l'eau en Mysie par les Nymphes de la source. 2. Nom de chien.


Discussion    

Dans la mythologie grecque, Hylas (en grec ancien Ύλας / Hylas) est le fils de Théodamas, roi des Dryopes et l'éromène d'Héraclès.

Il participe à l'expédition des Argonautes et fait une halte en Bithynie près des côtes de Mysie avec ses compagnons. Étant allé puiser de l'eau à la cascade, il est enlevé par les nymphes du lieu qui, éprises de sa beauté, l'entraînèrent dans les profondeurs à jamais. Héraclès, inquiet de ne voir revenir le beau Hylas, erra dans les bois aidé du Lapithe Polyphème à la recherche de son amant disparu, gémissant et l'appelant en vain. Pendant ce temps, les Argonautes, profitant d'une brise favorable, avaient levé l'ancre, sans attendre le retour des quelques héros descendus à terre. Polyphème demeura dans le pays et fonda la ville de Cios, sur laquelle il régna. Héraclès, de son côté, promit aux Mysiens de les laisser en paix s'ils continuaient à rechercher Hylas. (Wikipédia consulté le 20/02/2014)

Le personnage d'Hylas est cité par les auteurs suivants :

 

  • Pseudo-Apollodore, Bibliothèque mythologique I, 9, 17-19 1175 .

  • Hésiode, Théogonie .

  • Homère, Iliade , Odyssée.

  • Ovide, Métamorphoses Livre II Naïadumque tener crimine raptus Hylas.

  • Valerius Flaccus, Livre IV.

  • Pausanias, Description de la Grèce.

  • Properce, Élégies  (I, 20, "A Gallus").

  • Virgile, Géorgiques Livre III , Itinera electronica.

     

    [3,1] Te quoque, magna Pales, et te memorande canemus 
    pastor ab Amphryso, uos, siluae amnesque Lycaei. 
    cetera, quae uacuas tenuissent carmine mentes, 
    omnia iam uulgata: quis aut Eurysthea durum 
    aut inlaudati nescit Busiridis aras? 
    cui non dictus Hylas puer et Latonia Delos 
    Hippodameque umeroque Pelops insignis eburno, 
    acer equis? temptanda uia est, qua me quoque possim 
    tollere humo uictorque uirum uolitare per ora. 

     

     

            3,1] Toi aussi, grande Palès, et toi, ô mémorable, nous te chanterons, pâtre de l'Amphryse, et vous, forêts et rivières du Lycée. Les autres sujets de poèmes qui auraient charmé les esprits oisifs sont maintenant trop connus. Qui ne connaît ou le dur Eurysthée ou les autels de l'infâme Busiris? Qui n'a dit le jeune Hylas, et la Latonienne Délos, et Hippodamie, et, reconnaissable à son épaule d'ivoire, Pélops, écuyer fougueux? Il me faut tenter une route où je puisse moi aussi m'élancer loin de la terre et voir mon nom vainqueur voler de bouche en bouche.
  • Virgile, Bucoliques Églogue IV, 44 :

6,40] rara per ignaros errent animalia montis. Hinc lapides Pyrrhae iactos, Saturnia regna, Caucasiasque refert uolucris, furtumque Promethei. His adiungit Hylan nautae quo fonte relictum  clamassent, ut litus Hyla, Hyla, omne sonaret;  [6,45] et fortunatam, si numquam armenta fuissent, Pasiphaen niuei solatur amore iuuenci. 

  Il dit les pierres jetées par Pyrrha, le règne de Saturne, les vautours du Caucase, et le vol de Prométhée ; Hylas perdu sous l'onde, et qu'appelaient en vain ses compagnons ; Hylas, Hylas, que redemandait au loin la rive.

 

N.B Hector Berlioz, passionné depuis l'enfance par les vers de Virgile, a consacré le n°38 de ses Troyennes au chant du matelot Hylas rêvant à son pays natal qu'il ne reverra plus.

 

Hylas capturé par les nymphes, Berthel Thorvaldsen, 1831.

                      

 

                                  

 

La succession des différentes publications et des descriptions:

1) Ce sont les Viennois Denis et Schiffermüller qui ont décrit en premier en 1775 le papillon Hylas parmi leur famille N des Vieläugichte Falter (ou Papiliones Polyophtalmi, les Argus de Geoffroy ou Campagnards de Sebae). La chenille leur était inconnue, mais ils décrivent l'espèce en la nommant "hellblauer schwarzgestrichelter Falter* — P. Hylas" : 

  • Denis & Schiffermüller 1775 Wiener Verzeichniss famille N n°16. Papilio Hylas.page 185 n° 17.

*papillon bleu clair pointillé de noir.

Connaissant la fréquence avec laquelle Denis et Schiffermüller puisent dans les personnages des œuvres de Virgile pour baptiser leurs espèces, nous avons une confirmation que ce nom désigne le jeune et beau Hylas qu'enlevèrent les nymphes et que chercha en vain Héraclès.

 La collection de Schiffermüller a suivi ce dernier lorsqu'il partit prendre  un poste de directeur d'enseignement à Linz, et Fabricius, qui lui rendit visite puis résida chez lui pour inventorier la collection, a vu ce papillon Hylas, qu'il mentionne en 1793 sous l'orthographe Hylus. Schrank visita aussi cette collection.

En effet,  Fabricius indique en 1793 dans Ent. Syst Em : "Habitat in Austria Mus. Dom. Schieffermylle", de même que les deux papillons précédents celui-ci dans son texte, Adonis et Dorylas

 

2) Jacob Hübner, ami de Schiffermüller, a décrit ce Papilio Hylas en [1796] dans son Sammlung europäischer Schmetterlinge  et donne une illustration planche 66 fig. 325-327. 

3) Ce nom a été repris par les auteurs suivants :

 

  • Schneider D.1787  Systematische beschreibung  page 241. n°145 Papilio Hylas. et page 258 n° 158 Papilio Amphion
  • Fabricius, 1787 Mantissa Ins. tome 2 page 75 n° 696. Papilio P.R. Hylus.
  • Fabricius, 1793 Ent. Syst. Em. Tome 3 pars 1 page 300 n° 136. Hesperia Hylus.
  • Petagna Vincent 1792 , Institutiones Entomologiae, Napoli, tome I page 488 n° 128.
  • Illiger, N. Augs (2), 273 n°16. Papilio Hylas.
  • Brahm, Ins. kalend. part. I page 242 n°137. Papilio Hylas
  • Herbst 1794 Natursystem tab. 315 fig. 9-11 Papilio Hylas.
  • Ochsenheimer F., 1808 Die Schmetterlinge von Europa tome I.
  • Oberthür, 1910 Études de Lépidoptérologie comparée,1910 fasc.4 page 290.
  • Verity, 1928, Turania hylas

Hübner, Planche 66 fig. 325-327.

              n134_w433

 

 

4) E.J.C. Esper, (vers 1776) décrit le papillon sous le nom de Papilio Amphion et donne une illustration. Die Schmetterlinge in abbildungen  Volume I part.2 page 18 (description) ;  planche 53 Cont.III fig.1.  "Papilio rurales Amphion, das Argus Amphion."  Dans la mythologie grecque, Amphion (en grec ancien Ἀμφίων / Amphíôn) est le fils de Zeus et d’Antiope, et le frère jumeau de Zéthos. Ce nom est reprit par :

 

  • Bork Pap. Eur. part. II page 227 n°11 Papilio Amphion.
  • Borkh Rhein Magaz. part I Papilio Amphion.

 

 

      Esper, Die Schmetterlinge I, Planche 53 fig.1 Papilio rurales Amphion Image BHL library :

Le mâle vu du dessus et du dessous.

 papilio-amphion-esper-tab.-53.png

 

 

5) Signalons aussi que Bergsträsser avait donné une description de cette espèce sous le nom de Papilio Hylactor dans la même Nomenclatur dans laquelle il décrivait Papilio baton. Hylactor est le nom de l'un des chiens d'Actéon. La proximité des noms Hylmactor et Hylas est-elle due au hasard ?

  • Bergstr. 1779 Nomenkl. tab. 47 fig.7-8 Papilio Hylactor
  • Bork Pap. Eur. part. I page 160 et 278 Papilio Hylactor

Quoique ces explications sont suffisamment étoffées, je ne peux passer sous silence que Linné avait nommé un de ses nymphalidés Papilio hylas dans son Systema Naturae de 1758 : ce papillon d'Asie  est connu sous le nom de Neptis hylas L.

 

On constate donc que le papillon a porté les noms de hylas, hylus,  amphion, hylactor et baton, mais que la première description est celle de Denis et Schiffermüller 1775 sous le nom Hylas. M'étonnant que l'épithète baton soit validé au mépris de l'antériorité dont bénéficie hylas, j'ai présumé que la Commission avait estimé que la description des auteurs viennois avait été jugée insuffisante. Lorsque j'ai lu, sous la plume de Roger Verity,  les lignes suivantes, je me suis senti compris :

" Il m'a semblé utile de rappeler ici [Verity utilise le nom hylas qu'il accompagne d'un signe (= baton)] que le nom d'hylas de Schiffermüller, 1775 (non 1776) a le droit de priorité sur celui de baton (1779) et qu'il est temps, une fois pour toutes, de l'introduire dans l'usage courant, car il n'est pas raisonnable de le considérer comme un « nomen nudum », à cause de la description trop sommaire qui l'accompagne, quand bien même des descriptions plus longues ne valent pas d'avantage et quand bien grand nombre de noms de son auteur sont acceptés, tout en étant dans les mêmes conditions."

Est-ce pour compenser cette "injustice" qu'une espèce proche, Pseudophilotes vicrama, Moore 1865 porte le nom d'Azuré de Schiffermüller après avoir été nommée Philotes vicrama schiffermulleri par Hemming 1929 et Turana baton anteschiffermulleri par Verity en 1936 ? (Roger Verity,  Ent. Rec. . J. Var 48 (11-12) (Suppl.): 5)

 

 


 

Découverte de la chenille.

   La chenille, ou les stades intermédiaires, sont ignorés par Engramelle ou par Godart (1821), de même que par Duponchel en 1849. En 1804, Millière avait certes donné la description de la chenille de Lycaena hylas, var. panoptes, mais, selon les travaux de l'Université de Rennes en  1922 "bien que Lycaena Baton soit un Papillon assez commun, la chenille de l'espèce-type n'a pas été jusqu'ici décrite, du moins à notre connaissance ; celle que nous représentons ci-après appartient à l'une de ses variétés". Je n'ai pas trouvé à quelle date elle a été finalement décrite pour la première fois, ni quand les œufs ont été identifiés : peut-être M. Koch 1956, Wir bestimmen Schmetterlinge, Berlin, et A. Bergmann, 1952?. De même, les photographies ou illustrations de cette chenille de 11 mm de long, verte à bourrelets rouge ponctués de blanc, sont rares sur le net. Je renvoie à cette adresse :http://pathpiva.wifeo.com/pseudophilotes-baton-l5.php

 Tolman et Lewington expliquent que les œufs sont pondus sur les fleurs, parfois sur pédoncule foliaire. Les chenilles s'y développent, puis, dans les capsules. Elles sont soignées par les fourmis Lasius alienus et Myrmica scabrinodis. On apprend par ailleurs que la femelle pond un œuf à la fois. 

              III. Noms vernaculaires.

 


I. Les Noms français. 

 

1. L'Argus Bleu-violet Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 176  planche 40  fig. 85 e-f par  J.J Ernst gravée par J.J. Juillet.  

 


2. P.R. Amphion (Hylus)  De Villers, 1789

Charles de Villers, Caroli Linnaei Entomologia  page 421 n°148

 

 3. Polyommate Hylas  Latreille,

Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle tome 27 page 497.  



4. Le Polyommate Hylas, Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 687 n° 216.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

5. Le Polyommate Hylas , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1823, Catalogue méthodique page et page 218 n° 80 planche XIter fig. 3 ♂ .

L'auteur donne en synonyme Hesperia Hylas de Fabricius, Papilio Amphion d'Esper, et l'Argus Bleu-violet d'Engramelle. 

    "Le dessus du mâle est d'un bleu violet, avec le bord postérieur noirâtre. Le dessus de la femelle est noirâtre, avec la base violâtre. Dans l'un et l'autre, la frange est coupée de noir.

Le dessous des deux sexes est d'un gris-cendré, avec une multitude de points noirs., oculaires. Il y a en outre à l'extrémité des secondes ailes une rangée transverse de cinq taches fauves, presque quadrangulaires.

 

On le trouve, au mois d'août, dans les bois de Boulogne, de Vincennes, etc."

Image Biodiv. Herit. Library :

              n318_w327

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal "Azuré de la Sarriette". Il crée en outre "L'Azuré du Thym" en nom principal,  "'L'Azuré du Thym" en nom accessoire, et accepte aussi "L'Argus du Thym*" et "L'Argus pointillé**".

* Michel Devarenne, 1983, Guide des papillons dans leur milieu naturel, Ed. Duculot : Paris ; Gembloux.

**Raphy Rappaz, 1979, Les papillons du Valais (Macrolépidoptères), Ed. R. Rappaz : Sion. C'est probablement une traduction de l'allemand, correspondant au  Vieläugichte Schwarzgestrichelter des auteurs viennois.

 Les zoonymes "l'Azuré de la Sarriette" et "l'Azuré du Thym" sont créés à cette occasion par G. Chr. Luquet qui regroupe l'immense majorité des 83 espèces de la sous-famille des Polyommatinae sous les noms de Azurés et de Sablés (et quelques-uns sous le nom d'Argus ou  de Bleu nacré). C'est ainsi un équivalent des "Blues" anglo-saxons, mais utilisant un terme de couleur plus précieux, ouvrant aux évocations métaphoriques de l'azur (le ciel), de l'Azur (en poésie, l'idéal, la pureté, l'infini), de la "pierre d'azur" (lapis lazuli), tout en restant en filiation avec la palette des noms de couleur employés par Geoffroy et Engramelle pour désigner les papillons (le Citron, l'Aurore, le Souci, etc.)             

  L'Azuré de la Sarriette est, dans sa liste, l'un des de 63 Azurés. Cette stratégie lui permet d'indiquer, par le nom vernaculaire, l'appartenance à un groupe aux caractéristiques communes, comme le permet le nom de genre pour le nom scientifique. Cela allège aussi l'effort de mémoire, car il suffit de retenir le second terme du nom vernaculaire, qui sera généralement soit un nom géographique (Azuré canarien, de l'Argolou, d'Anatolie, d'Oranie, cordouan, sarde, crétois...), soit d'un milieu,  soit surtout le nom de la plante-hôte (Azuré de la Luzerne, du Trèfle, des Nerpruns, des Cytises, etc, etc.).

 

Néanmoins, en 2013, Dupont, Luquet, Demerges et Drouet (Dupont et al. 2013) estiment désormais que :

"des deux nouveaux noms communs proposés pour cette espèce (Luquet, 1986 : [15]), « Azuré de la Sarriette » et « Azuré du Thym », il convient de donner la préférence au second, le statut de plante-hôte de la Sarriette n’étant pas avéré, même si la chenille de ce Lycène l’accepte en captivité (Nel, 1982*).

* Sans-doute :  "Sur la biologie de Pseudophilotes baton Bergstr. en Provence (Lep. Lycaenidae)" J Nel - Alexanor, 1982

      C'est, à l'évidence, G.C. Luquet qui est à l'origine de ce revirement, et, en 2007, alors qu'il supervisait la publication du Les papillons d'Île-de-France et de l'Oise de Doux et Gibeaux, ces auteurs n'avaient utilisé dans leur présentation de Pseudophilotes baton le seul nom de "L"Azuré du Thym". C'est aussi le cas du guide de Bellmann et Luquet 2008

Discussion :

Comme on le verra infra, la plupart des auteurs ont suivi la recommandation de Luquet d'abandonner le nom Azuré de la Sarriette. 

      Certes, selon Tolman et Lewington 2009, les plantes hôtes sont divers Thymus et Lavendula dont Thymus vulgaris, Thymus serpyllum, T. nitens, Lavandula latifolia, L. angustifolia, L. stoechas,  Satureja montana, S. hortensis,  Mentha suaveolens, M. rotunda, M. longifolia, Calaminta nepeta (J. Nel, Alexanor 1985). Mais J. Nel a précisé que la chenille ne se nourrissait de Lavandes, de Sarriettes (Satureja) et de Menthes qu'en situation d'élevage.

Les sarriettes appartiennent au genre Satureja, et on en distingue  deux espèces principales: 

  • la sarriette des jardins ou sarriette commune : Satureja hortensis L., qui est une plante annuelle ;

  • la sarriette vivace ou sarriette des montagnes : Satureja montana L., qui est un sous-arbrisseau.

 

 

 

7. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de " Lycaena baton Bergstr. = L. Hylas Hübner "  puis citent dans leur texte page 213 le nom vernaculaire L'Argus bleu-violet.


—Bellmann / Luquet 2008 : "Azuré du Thym" .

— Blab / Luquet 1988 : non consulté.

— Chinery / Leraut  1998  : non décrit.

— Doux & Gibeaux 2007 : " l'Azuré du Thym".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "L'Azuré de la Sarriette ". 

— Lafranchis, 2000 : "L'Azuré du Thym" .

— Perrein et al. 2012 : "Azuré de la Sarriette, Azuré du Thym ".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Azuré du Thym".

— Wikipédia : "L'Azuré de la Sarriette ou Azuré du Thym".


 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 


  • "Baton Blue" en anglais, (Le Bleu baton).
  • "Graublauer Bläuling" en allemand (Le Bleu gris-bleu)
  • "Klein tijmblauwtje" en néerlandais (Petit Argus du Thym)
  • "Modraszek baton" en polonais (Azuré baton)
  • "Batone" en italien
  • "Falso abencerragus" en espagnol.(Faux abencerragus : P. abencerragus est l'Azuré de la Cléonie)  

 

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • " en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

Frederic Moore (texte), JN Ficht (illustration), 1910-1911 Lepidoptera Indica. Volume 8 : Scolitantitdes baton = Pseudophilotes baton (mâle, femelle, mâle dessous) :

 

                                             ScolitantidesBaton 640 2.jpg

 

 

               

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais .

 

  Pseudophilotes baton n'existe pas en Grande-Bretagne.


             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet :    Pseudophilotes

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Pseudophilotes baton

— UK Butterflies : Non décrit.

— lepiforum : pseudophilotes baton

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner (P.philotes n'y est pas représenté).

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; . http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

 

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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— SCHAEFFER (Jacob-Christian)  Iacobi Christiani Schaefferi  1766Icones Insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae = Natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten Regensburg [Ratisbonne]: gedruckt bey H.G. Zunkel, [1766?-1779?] ; Gravure par Haid, Johann Jacob (1704-1767), 5 tomes in-4° avec 220 planches coloriées VOL. II Google

SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

 — SCUDDER, S. H. 1875. "Historical sketch of the generic names proposed for Butterflies: a contribution to systematic nomenclature". Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, 10: 91-293. 

— SODOFFSKY (Wilhem),1837. "Etymologische Untersuchungen ueber die Gattungsnamen der Schmetterlinge"  Bulletin de la Société Impériale des Naturalistes de Moscou. 10(6) : 76-97.

 — SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

— SWAMMERDAM (Jan) 1685 Historia insectorum generalis et 1737-38 Biblia naturae (Leyde)

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— TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

 

— WESTWOOD (J O) & HUMPHREYS (Henry Noël),1841. British butterflies and their transformations, William Smith : London  BHL

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— WILKES (Benjamin), 1747-49 The english moths and butterflies, etc... London : printed for the author  Books.Goggle

— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) 2012 A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.


 

                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

Albin :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN477852769

Billberg http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boisduval Tableau meth. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97190k/f1.image.pagination.r=Boisduval.langFR

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

Denis et Schiffermüller : http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN574458115&IDDOC=441200

http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN574458115&DMDID=&LOGID=LOG_0002&PHYSID=PHYS_0009

Google : http://books.google.fr/books?id=79BYAAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=verzeichniss+Denis+et+schifferm%C3%BCller&hl=

fr&sa=X&ei=AHYGU5vEAfC00QXu1IBo&ved=0CDIQ6AEwAA#v=

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Doubleday & Westwood  http://www.biodiversitylibrary.org/item/49323#page/5/mode/1up

 

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

 http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

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Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

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Fourcroy voir Geoffroy.

Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

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Geoffroy latin par Fourcroy :  http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

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Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

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Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

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Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

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Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

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Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

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Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

Scopoli Entomologia carniolica 1763

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Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

Tutt vol.1 1906 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof08tutt#page/n8/mode/1up

Tutt vol.2 1908 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof09tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v3 1909 :http://archive.org/stream/naturalhistoryof10tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

 

                                          

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:00

Zoonymie (origine du nom) du papillon

  Le Petit Collier argenté Boloria selene

 ([Denis et Schiffermüller], 1775).

 


   La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, "animal" et ónomaὄνομα, "nom") est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom. 

 

 

   De sorte que les yeux noyés dans ce grand astre, tantôt l'un le prenait pour une lucarne du ciel par où l'on entrevoyait la gloire des bienheureux; tantôt un autre, persuadé des fables anciennes, s'imaginait que possible Bacchus tenait taverne là-haut au ciel, et qu'il y avait pendu pour enseigne la pleine lune; tantôt un autre assurait que c'était la platine de Diane qui dresse les rabats  d'Apollon ; un autre, que ce pouvait bien être le Soleil lui-même, qui s'étant au soir dépouillé de ses rayons, regardait par un trou ce qu'on faisait au monde quand il n'y était pas. ( Histoire Comique des États et Empires de la Lune. Savinien Cyrano de Bergerac, 1662)

 


 

 

 

 

Résumé.

Boloria Moore, 1920 : ce genre passait pour un néologisme vide de sens, mais il reprend en réalité le nom de Bolor, une grande chaîne de montagne formant la partie est du Pamir, chez les Ouïghours : la plupart des espèces décrites par Moore dans ce genre fréquentant des altitudes de 3500 à 4500 mètres.

— sous-genre Clossiana Reuss, 1920, du nom d'Adolf Gustav Closs, président d'une association d'entomologistes berlinois qui fit paraître en 1919 un ouvrage sur les papillons de la région de Berlin.

selene : du nom de la déesse Séléné, fille de Titans et sœur du Soleil et de l'Aurore. Vêtue d'une robe d'argent, elle parcourt le ciel de la nuit sur son char tiré par ses chevaux blancs ; elle forme, avec Artémis et Hécate, une triade lunaire où elle préside à la Pleine Lune. C'est surtout l'amante du bel Endymion, berger à qui elle sut obtenir qu'il conserve éternellement sa beauté juvénile.

—   Étienne Louis Geoffroy  avait nommé en 1762 "Collier argenté" les deux Colliers, (avant la description de Papilio selene 13 ans plus tard),  par allusion à la chaîne de lunules triangulaires argentées bordant le revers des ailes postérieures. Une fois que les deux espèces très proches Papilio euphrosyne et P. selene eurent été décrites en 1775, Engramelle put en 1779 créer les noms de "Grand Collier" (euphrosyne) et de "Petit Collier" (selene). Godart céda en 1821 à une disgracieuse transposition du nom latin "L'Argynne selene" , puis en 1986, Gérard Chr. Luquet remis à l'honneur "Le Petit Collier argenté". Ce nom rejoint les noms  de Small Pearl-bordered Fritillary (Petit Damier à bordure nacrée) en anglais et de Braunfleckiger Perlmutter (Nacré tacheté de brun) pour décrire les reflets nacrés et ronds comme des perles alignés au dessous des ailes.

 


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

      Nymphalidae ; Heliconiinae ; Argynnini ; Boloriina. 

A. Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815

 

1.  Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]

2. Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 

3.Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870

4.Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 

5.Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840

6. Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827

7 .Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886.

 8.Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

B. Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 

Pelham & al. (2008), se référant aux travaux de Koçak (1981), considèrent Heliconiinae Swainson, 1827, comme invalide, au motif que le nom donné par Swainson est fondé sur le nom générique Heliconius Latreille, 1804, qui est un homonyme d’Heliconius Kluck, 1780. Ces auteurs préconisent l’utilisation d’Heliconiinae Swainson, 1822 (planche 92, « Heliconiae »).

Le nom Heliconiinae provient du genre heliconius créé par Kluk, 1780; Hist. nat. pocz. gospod. 4: 82.

 


 C. Tribu des Argynnini Swainson, 1833Hopeatäplät en suédois,  Fritillaries en anglais. Argynnes ou Nacrés).

Du nom Argynnis créé par Fabricius en 1807 d'après un épithète de Vénus. Argynnus était une femme aimé par Agammemnon, et à qui il érigea après sa mort un temple où Aphrodite/Vénus était vénérée. Ce nom servit pour désigner la famille des fritillaires nommée auparavant "Perlati" par Latreille en raison de l'aspect nacrée des faces postérieures des ailes. A.M. Emmet soupçonne Fabricius d'avoir joué sur le rapprochement avec le grec arguros, "argent", en lien avec cette couleur argentée des ailes.

 Cette tribu des Argynnes se divise, pour les espèces françaises, en deux sous-tribus:

  • Sous-tribu des Boloriina Warren, dos Passos & Grey, 1946 auquel appartient le genre Boloria Moore, 1900
  • Sous-tribu des Argynnina Swainson, 1833.

 Histoire des Argynnes.

  • 1777 : Scopoli crée le groupe argyreus, qui inclut quelques argynnes.
  • 1807 : Fabricius créé un Genre Argynnis (espèce-type: P. paphia). 
  • 1810. Latreille, dans ses Considérations page , regroupe sous son Genre Argynne les genres Argynnis et Melithaea de Fabricius.
  • 1821 : Godart reprend le genre Argynne regroupant les genres Argynnis et Melitaea de Fabricius, soit des espèces vulgairement nommées alors  Damiers et Nacrés (page 50).
  • Une sous-famille Argynninae est issue de la publication de  Duponchel, 1835 

 

 

2. Nom de genre : Boloria, Moore, 1900.

 

a) publication originale.

 Boloria Moore, 1900; Lepidoptera Indica, 4 page 243, TS: Papilio pales Denis & Schiffermüller. 

Il comporte en France dix espèces, dont quatre dans le sous-genre Clossonia : outre B. selene, ajoutons le grand Collier argenté B. euphrosyne (Linnaeus, 1758), le Nacré porphyrin B. titania (Esper, [1793]), et la Petite Violette B. dia (Linnaeus, 1767).

b) étymologie du nom de genre.

    Selon A.M. Emmet (1991), le nom vient  "du grec βολος (bolos), un filet à poisson : du schéma réticulaire des ailes".

H. A. Hürter ne croit pas à cette étymologie, et rappelle l'opinion de Emmet lui-même, qui indiquait à propos du genre Chazara que la plupart des noms de Moore était des néologismes vides de sens. C'était vrai aussi de Ladoga, Moore 1898, et sans-doute de noms d'espèces comme bimbisara, ananta, anjana, cartica, celebica, clinia, duryodana, jumbah, mahendra, manasa, et cetera, ou de ceux que l'on peut découvrir en feuilletant le Lepidoptera indica.                 Quoique... le cocasse bimbisara se révèle être issu du nom de Bimbisâra, premier roi de la dynastie indienne du Magadha, et il faut peut-être chercher la source des noms de Frédéric Moore dans la culture indienne.

On sait que Frederic Moore (Londres 1830-Londres 1907) était conservateur du Muséum de la Compagnie anglaise des Indes orientales.

  La chaîne montagneuse de Bolor forme en géographie, avec celle de l'Himalaya, le Système Bolor-Himalaya, et sépare, en territoire chinois, le Thianchan-nianlou, avec le Turkestan indépendant. C'est du moins la description qu'en donnaît Adrien Balbi en 1843 (page 237). On comprend qu'il s'agit là de quelque chose de plus conséquent que le filet à poissons d'Arthur Maitland Emmet. Bolor était aussi le nom des peuplades qui y vivaient. Le Bolor, ou Belour tagh, en ouïgour Boulit tagh, signifierait Mont des Nuages ou des Cristaux (Bolor), mais accueille aussi le Mont des Oignons, ou Montagnes Bleues (Malte-Brun, Géogr. Univ. p. 9). C'est là que Marco Polo observa cet air raréfié empéchant un feu de s'entretenir, là que Humbolt décrivit de rares cols à travers une contrée âpre et impraticable. Le Bolor tâgh ! Un nom oublié mais qui remplissait de respect et d'effroi les voyageurs de jadis. Un décor de Jules Verne! 

 On le situe mieux comme la chaîne longitudinale située à l'est du Massif du Pamir, s'étendant des Monts Kunlun (haut-lieu du Taoïsme) au sud jusqu'à l'est du chaînon Trans-Alaï. On le trouve sur les cartes sous les noms de Chaînon Kasgar, Cordillière Kunlun, et ses sommets culminants sont le Kongur Tagh (7649m) et le Mustagh Ata. Il appartient tout entier à la province chinoise du Xinjiang ou Turkestan oriental, chez les Ouïgours. C'est Marco Polo qui lui donna le nom de Bolor, lors de son voyage en Chine en 1271 (ici).

 

                                    350px-Mt_Kongur_Lake_Karakul_Xinjiang_Ch

 En 1959, Antoine Mostaert publia les Chroniques mongole écrite par  Rasipungsu-y (1774) sous le titre de Bolor Erike (Cleaves, Cambridge, Mass. 5 vol.) :  ce manuscrit Dai Yuwan-u Bolor Erike biçig ou "Ecrits Chapelets de cristaux des Dai Yuwan" est constitué de neuf cahiers en papier chinois.

 Mon hypothèse prend plus de poids lorsqu'on reprend la lecture de Lepidoptera indica après ce sèjour parmi les purs Cristaux sertis dans l'Azur.

—La première espèce du genre Boloria, B. sipora, a été trouvé dans une vallée du Cachemire (vallée de Boorzil). Sipora ou Sipura est une petite île au large de Sumatra.

B. generator se trouve en Turkestan, en Afghanistan, dans la vallée de Skoro la (maps), à des altitudes de 11000 pieds, soit 3350 mètres.

B. hegemone se plait dans les Montagnes Célestes (Tian Shan), à Namangan (Ouzbékistan), au nord ladak, et à 15 000 pieds d'altitude.

B. jerdoni (ex cashmirensis Moore, 1874) se trouve...au Cachemire entre 6500 et 8500 pieds d'altitude.

B. chitralensis, vient de Chitral, Shitrâl au nord du Cachemire.

B. gemmata vient de l' est de l'Himmalaya, à haute altitude.

B. altissima habite la vallée du Chumbi, (3000 mètres), Sikkim, à la frontière tibétaine, au Bhotan.

B. Mackinnonii vient du Nord-Ouest de l'Himalaya : Mackinnon l'a trouvé à 11 000 pieds dans la vallée de Buspa.

B. clara vient du nord-ouest de l'Himalaya, à 14 000 pieds d'altitude.

    Je crois avoir montré que l'hypothèse que Moore ait donné le nom de montagnes mythiques, Bolor tagh ou Monts de Cristal à un genre où il décrit des papillons qui vivent entre 3500 et 4500 mètres d'altitude n'a rien de fantaisiste.

 Cette trouvaille me permet aussi de reconsidérer l'aphorisme de Emmet sur le nom de Chazara, néologisme vide de sens : il suffit de le placer dans le moteur de recherche pour obtenir la réponse : Chazar "forme alternative de Khazar"...région citée de nombreuse fois par Moore.

 D'une façon générale, les espèces du genre Boloria semble être capable d'affronter les conditions extrêmes, puisqu'on y trouve le Nacré lapon B. chariclea et le Nacré polaire B. polaris, papillons de la toundra arctique, ou le Nacré boréal B. frigga.

N.b : il est aussi possible de reconsidérer le cas du nom de genre Lopinga, Moore, 1893 (cf. La Bacchante Lopinga achine) : la publication Lepid. indic. (2) page 11 indique que les papillons ont été découverts par Oberthür lors de son voyage au Yunnan. Or, les géographes du XVIIIe parlaient d'un Mont Loping en Chine, mais, surtout, la région de Luoping se situe dans le Yunnan à 228 km de Kunming, et semble une hypothèse sérieuse pour le nom de Lopinga.

 

B.Division en sous-genres.

-Sous-genre Clossiana Reuss, 1920 

  • Boloria selene ([Denis & Schiffermüller], 1775). Petit Collier argenté.
  • Boloria euphrosyne (Linnaeus, 1758). Grand Collier argenté.
  • Boloria titania (Esper, [1793]) (220). Nacré porphyrin.
  • Boloria dia (Linnaeus, 1767). Petite Violette.

 -Sous-genre Proclossiana Reuss, 1926.

  • Boloria eunomia (Esper, 1800). Nacré de la Bistorte.

 -Sous-genre Boloria Moore, [1900]

  • Boloria pales ([Denis & Schiffermüller], 1775). Nacré subalpin
  • Boloria napaea (Hoffmannsegg, 1804). Nacré des Renouées.
  • Boloria aquilonaris (Stichel, 1908). Nacré de la Canneberge.
  • Boloria graeca (Staudinger, 1870). Nacré des Balkans.
  • Boloria graeca tendensis Higgins, 1930.

Le Sous-genre Clossiana Reuss,  1920 (= Boloria).

Clossiana : Reuss, 1920, "Die Androconien von Yramea cytheris Drury und die nächtstehenden analogen Scuppenbildungen bei Dione Hbn. und Brenthis Hbn.[Lep.]" Entomologische Mitteilungen, Berlin-Dahlem, 9 : 192 nota 1, TS: Papilio selene Denis & Schiffermüller

 

Étymologie ou origine du nom Clossiana.

— Selon Perrein et al. "En l'honneur de Johan Friedrich Closs ou Clossius (1735-1787), médecin, bibliothécaire et écrivain allemand, (biographie) ou de son fils Karl Friedrich Closs (1768-1797), professeur d'anatomie et chirurgie à Tubingue.

—Selon H.A. Hürter :

"Clossius, i,"

- nom propre latinisé de G. Adolf Closs.(http://de.wikipedia.org/wiki/Gustav_Adolf_Closs).

zu araschnia clossi Kombach äussert sich der Erstbeschreiber Krombach.

"...ich benenne dasselbe zu Ehren des verdienten Vorsitzenden des Berliner Entomologen Bundes, Herrn G. Adolf Closs." (Krombach, Berlin, in : Entomologische Mitteilungen, hrsggb. vom Verein zür Förderung des Deutschen Entomologischen Museums, 1916, Bd. V. S, 299).

Zur Form clossi Heinr. von Erebia lappona esp. (Erebia lappona Esp. is in Glaser, S. 128, als Varietät von Er manto Wien. aufgeführt ; Er. lappona Thunberg 1791 als Synonym zu Er. pandrose Bkh. 1788 ist damit nicht gemeint) bemerkt der Erstbeschreiber Geh. Rechnungsrat Rudolf Heinrich-Charlottenburg ;

...Ich benenne die form zu Ehren des verdienten Vorsitzenden des berliners Entomologenbundes, herrn Kunstmaler A. Closs ab. ♀ clossi ab. nova. (Rudolf Heinrich-Charlottenburg in : "Eine neue Form from Erebia laponna Esp. ♀" in : Int. Ent. Zs.11, 1917,1918.

Jannsen, p. 40 : " (?) Klotho = een van drie schikgodinnen" .

Jannsen meint die Moiren, die jedem Menschen sein Geschick (Glück, Unglück, bsd. den Tod) zuteilen, lat. Parca, dt. die Parzen. Gewöhnlich werden 3 moiren angenommen, Klotho, Lachesis, Atropos.

-anus, -ana, -anum 

Erweiterungssuffix und adjektivisches suffix : zum Eigenschaftswort machende Nachsilbe, besonders bei Eigennammen und Ortsnamen. Deutsch = -isch.

Deutung.

Jansses zeigt mit dem Fragezeichen in Klammern an, dass er seiner Ableitung von der Schicksalsgöttin Klotho nicht sicher ist.

Der Autor von Clossiana, Th. Reuss, schreibt 1921 einen Artikel über Mel. pyronoides in : Int. Ent. Zs. 15, S.5, also nur wenig später als Krombach und Heinrich ; demzufolge war er ein Zeitgenosse Closs's. Somit dürfte nahe liegen, dass er die Gattung Closs zu Ehren benannt hat und nicht etwa nach der Moire Klotho, zumal deren Latinisierung  zu Clossiana grammatisch mehr als unkorrekt wäre.

 

Th. Reuss hat unter dem Namen Clossiana einige Scheckenfalterarten von der einst sehr umfangreichen Gattung Argynnis abgetrennt."

Traduction approximative :

L'auteur de Clossiana, Th. Reuss, a écrit en 1921 un article sur pyronoides Mel dans: Int. Ent. Zs 15, p.5, alors qu'un peu plus tard que Krombach et Heinrich, donc il était un contemporain de Closs de. Ainsi est susceptible d'être proche, qu'il a nommé le genre en l'honneur Closs et ne recherche pas la Moire Clotho, surtout depuis leur romanisation à Clossiana serait grammaticalement plus incorrects.

 

E Reuss a séparé certaines espèces fritillaire du genre une fois très vaste Argynnis sous le nom Clossiana.

Ma conclusion pour Clossania.

      1) Selon Wikipédia, Albert Franz Theodor Reuss, né le 23 mai 1879 à Munich, mort le 24 décembre 1958 à Berlin, fils de Delphina Garbois et de l'occultiste et franc-maçon Albert Karl Theodor Reuss (1855-1923), est un herpétologiste, lépidoptériste et peintre allemand autodidacte connu pour les dizaines de nouveaux taxons qu'il a décrits, sans fondement scientifique, au cours de la période 1923-1939. Reuss vit et travaille à Berlin où il gagne sa vie en vendant du venin de serpents et des papillons. Il a tout d'abord un intérêt pour les lépidoptères, puis ne s'intéresse qu'aux vipères par la suite. Il est aussi un peintre talentueux, les serpents sont les sujets de la plupart de ses œuvres. Il est l'auteur des taxons Macrovipera Reuss, 1927, Acridophaga Reuss, 1927, Vipera eriwanensis Reuss, 1933, et pour les lépidoptères de noms (invalides) comme Fabriciana R. 1920, synonyme d'Argynnis, Melitaea cinxia brenthis Reuss, 1921 Fabriciana adippe bischoffi Reuss, 1922, Fabriciana taliana Reuss, 1922.

2) Vivant à Berlin, il a pu connaître Adolf Gustav Closs— ou Closzs— (6 mai 1864-3 septembre 1938 à Berlin), auteur de Die Grossschmetterlinge des Berliner Gebiets : Im Auftrage des Berliner Entomologen Bundes (E.V.) bearbeitet, Adolf Closs und E. Hannemann Meusser : Berlin 1919 -79 pages : "Les Grands papillons de la région de Berlin, publié au nom de la fédération des Entomologistes de Berlin".

 En effet, cette publication précède d'une seule année celle de Reuss.

 

3. Nom d'espèce : Boloria selene ([Denis et Schiffermüller], 1775)

 

  a) la publication originale.

 

 Protonyme : P[apilio] selene [Denis, J. N. C. M. & Schiffermüller, I.] 1775. Systematische Verzeichniss der Schmetterlinge der Wienergegend  Ankündung eines systematischen Werkes von den Schmetterlingen der Wienergegend, herausgegeben von einigen Lehrern am k. k. Theresianum. Vienne. 322 pp, page 321.

— Localité-type :  environs de Vienne, Autriche

Cette espèce a selon Dupont et al. (2013) une répartition eurasiatique de la péninsule Ibérique jusqu’à l’île de Sakhaline. Elle est considérée comme présente sur le continent nord-américain. En France, cette espèce est absente du sud-est.

Les chenilles se nourrissent principalement sur Viola palustris L. 

— Description : Röthlichtockergelber unten braun und Silberflechticher.

 

 

b) Synonymes (INPN, Muséum) et sous-espèces.

  • Clossiana selene ([Denis & Schiffermüller], 1775) 
    Papilio selene [Denis & Schiffermüller], 1775     

 

c) étymologie.

 Il est bien réducteur de traduire selene (en grec ancien Σελήνη / Selếnê) par "lune", ou de l'assimiler à Artémis :

— A.E. Emmet  (1991): " σεληνη, selene, la lune ; aussi utilisé comme un titre d'Artémis (Diane), déesse de la lune."

 — Spuler 1 (1908) page 26  : "Mond, Göttin des Mondes." Lune, déesse de la lune.

Certes, le dictionnaire latin ne nous aide guère avec la mention "Selene, es, Séléné, prénom de femme". Mais la mythologie grecque fait d'elle à travers la Bibliothèque d'Apollodore I,2,2  ou la Théogonie d'Hésiode (375) la fille des Titans Hypérion et Théia, sœur d'Hélios (le Soleil) et d'Éos (l'Aurore). Selon l'Hymne homérique à Hélios, elle serait la fille d'Hélios et d'Euryphaessa.

  Décrite comme une belle femme à la beauté étincelante, vêtue d'une robe blanche ou argentée,  après s'être baignée dans l'Océan, elle parcourt le ciel nocturne dans un char argenté tiré par deux chevaux, ou par des bœufs blancs obtenus pour avoir cédé à Pan. Sur sa tête, ou dans ses cheveux brille un croissant de lune.

  Elle s'est vouée au blanc et à la couleur argent, et Pan, pour la séduire, dut se transformer en bouc à poils blancs ; Zeus lui fit cadeau d'une magnifique toison blanche, et elle lui donna deux enfants, Pandia et d'Ersé (la Rosée). Mais  son amour le plus célèbre fut pour le beau berger  Endymion avec qui elle eut cinquante filles. Elle obtint pour lui qu'il dorme d'un sommeil éternel dans une grotte du Mont Latmos tout en conservant toute sa beauté. 

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 Ce fut plus tard qu'elle fut assimilé à Hécate et à Artémis, et encore plus tard qu'elle donna son nom aux Sélénites, qui vivent dans la lune, et au Sélénium. Si Hécate représente la Nouvelle Lune ou Lune noire, sa puissance fertile et ses maléfices, si Artémis est la douce Lune croissant et décroissant, Séléné est la Pleine Lune.

Elle passe ici sur ce marbre romain du IIe siècle, entourée de l'étoile du matin Phosphoros et de l'étoile du soir Hesperos.

 

                                  280px-Altar_Selene_Louvre_Ma508.jpg

 

 

                II. Noms vernaculaires.

 

       Il existe deux "Collier argentés", le Grand, Clossiana euphrosyne (Linné, 1758), et le Petit Boloria selene, qui portent tous les deux un rang de lunules claires sur le bord marginal des ailes. Ils diffèrent peu par la taille (1 à 2 mm de plus pour le Grand), et ce critère est insuffisant à les distinguer, ce qui explique qu'ils ont été décrit sous le même nom d' Euphrosyne par Linné en 1758. Les différences sont :

— 1. Face supérieure des ailes :

 a) la rangée de points noirs est au centre de la bande post-discale du Grand Collier alors qu'il est décentré vers la périphérie des ailes du Petit. 

b) les lunules claires du bord marginal, qui constituent le "collier" sont en forme de demi-lunes ou de triangles  chez le Grand, et de Pleines Lunes chez le Petit (qui porte le nom de la Lune, Séléné).

c) les ailes sont fauve orangé chez le grand, et fauve plus terne chez le Ptit.

— 2. Face inférieure des ailes :

a) critère le plus facile, le discret point cellulaire argenté du Grand est remplacé par un point noir bien visible au centre d'une case orangée du Petit.

b) la bordure de lunules rondes est surmontée d'accents circonflexes noirs chez le Petit, alors que ces chevrons sont orangés chez le Grand.

Voir la confrontation annotée des deux espèces sur le site lepiforum.

 

Je commencerai par présenter le "Collier argenté" de Geoffroy : il n'est une description spécifique reconnue de B. selene, qui n'a été décrit qu'en 1775 mais pourtant c'est cette description qui a créé son nom vernaculaire : Engramelle le divisera ensuite en un Petit et un Grand Collier.

 

 

o) Le Collier argentré, Geoffroy, 1762.

Etienne-Louis Geoffroy, 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762  volume 2 page 44 n° 11.

Geoffroy donne les références suivantes :

 - Linné, Syst. Nat. Édit. 10, page 41, n° 142. Papilio nymphalis euphrosyne.

- Linné, Fauna suecica782. Le papillon est nommé Princeps (le Prince) mais il renvoie  aux deux descriptions de Petiver et de Ray :

- Petiver, mus.p. 35 n° 322. Papilio fritillarius maculatus praecox.

- Ray, ins. p. 120 n°;7 ; Papilio fritillarius major...

Les quatre références sont liées entre elles par leurs renvois réciproques, et les deux dernières références que ces auteurs anglais nommaient le Fritillaire d'Avril,sont actuellement considérées comme correspondant à Boloria selene (cf. partie IV). Pourtant, euphrosyne désigne le Grand Collier argenté Clossiana euphrosyne. Geoffroy a donc donné, sous le nom de Collier argenté, la description du Petit Collier argenté. Voici cette description, qui explique le choix du nom.

  "Les ailes de cette espèce sont en dessus de couleur jaune, et plus pâle que dans les précédentes, avec des nervures, des bandes transverses noires, et une double rangée de points de même couleur distincts et isolés, qui parcourent les bords des ailes. Le dessous des ailes supérieures est semblable au dessus, si ce n'est que la couleur jaune est encore plus pâle, et que les taches noires sont moins marquées.

    Les ailes inférieures pareillement jaunes, ont chacune en dessous neuf taches argentées ; savoir, sept triangulaires qui parcourent le bord inférieur de l'aile, et forment comme un collier argenté ; une huitième plus grande située dans le milieu de l'aile ; et une neuvième plus petite vers son bord extérieur."  

J'y vois clair désormais : je croyais que le "collier" était celui des points noirs, et que l'adjectif "argenté" en était détaché. Non, le collier, ce sont les neuf taches "triangulaires" argentées.    


1. Le Petit Collier Argenté , Engramelle 1779 

 Jacques Louis Engramelle 1779, Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 2 page 59  n° 23 planche XVI par J.J Ernst gravée par .

      et deux variétés Tome I page 319 Suppl. III planche III n° 23 c-f. 

     Engramelle explique le nom dans sa description du Grand Collier argenté : "Le principal ornement des ailes consiste en sept belles taches argentées disposées sur le bord de ses ailes en forme de collier : il leur doit leur nom".

 2. Papilio Selène, Latreille,1803.

Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, Déterville : Paris, 1803 tome XVII page 55

et Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, Déterville : Paris, 1816, Tome II

 

3. Argynne séléné, Godart et Latreille, 1819.

 Argynne séléné, Argynnis selene, Latreille (P.A), Godart (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9, 1819, page 277 n° 43.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 


4. Argynne SélénéGodart 1821.

 : Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823, page et page 64 n° XVIII  Planche IVtert. fig. 4 peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin. 

Godart ne suit pas Engramelle dans ses noms de Petit et Grand Collier argenté, peut-être parce qu'il s'impose de faire précéder le nom vernaculaire d'espèce par un nom de genre : il nomme donc euphrosyne "Argynne Collier-argenté", et selene "Argynne séléné"  .

   Ce nom  a  été repris par tous les auteurs : par Hippolyte Lucas (1834) page 46, P.A. Duponchel en 1849 page 53, par H. Milne-Edward en 1835, Aristide Dupuis 1865, etc.  De même Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau Systématique des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) page 165, utilise ce nom de Argynne séléné.

 

 

La Chenille.

 Argynne séléné (Duponchel, 1849).

P.A.J. Duponchel, 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles page 128 n° 52 Planche XVII  fig. 52 par P.  Duménil .  (B.H.L. Libr)

                  

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6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose pour Clossiana selene le nom principal  de "Le Petit Collier argenté", et conseille d'éviter l'emploi de "Le Nacré fléché" par un sigle réservé aux "noms équivoques, pouvant prêter à confusion avec d'autres espèces"; En note, il ajoute "Les noms de "Nacré fléché" et de "Nacré sagitté" créés par Rappaz* respectivement pour Clossiana selene et C. euphrosyne, me paraissent sémantiquement trop apparentés pour exprimer une quelconque différence entre les deux espèces, et se révèlent de ce fait peu appropriés. Il convient d'en éviter l'emploi, d'autant qu'il existe pour ces deux Nacrés deux noms traditionnels consacrés par l'usage et parfaitement adéquats".

*Rappaz (Raphy), 1979.— Les Papillons du Valais (Macrolépidoptères). R. Rappaz éditeur : Sion (Valais).


7. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert, dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de  Argynnis selene pour présenter ce papillon. 


—Bellmann / Luquet 2008 : " Petit Collier argenté".

— Chinery / Luquet 2012  : non décrit

— Doux & Gibeaux 2007 : "Petit Collier argenté".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "Petit Collier argenté". 

— Lafranchis, 2000 : "Petit Collier argenté" .

— Perreinet al., 2012 : Clossiana selene "Petit Collier argenté" .

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Petit Collier argenté".

— Wikipédia : "Le petit Collier argenté ou Boloria à taches argentées".

Le nom "Boloria à taches argentées" semble être employé au Quebec : il est mentionné par Yves Dubuc en 2007 dans les Insectes du Quebec  : un guide d'identification Broquet ed, 456 p.

 


 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

      Les éléments de dénomination, retrouvés dans tous les pays, concernent soit le motif en damier (fritillaire) des ailes, soit la couleur argent ou nacrée —comme le nacre des perles— des taches de leur face inférieure. La métaphore du collier n'est pas reprise hors de France.

 

  • Boloria à taches argentées au Canada
  • Braunfleckiger-Perlmutterfalter en allemand ("le papillon nacré tacheté de brun").
  • Small Pearl-bordered Fritillary en anglais ("petit damier perlé sur les bords").
  •  Silver-bordered Fritillary ou Silver Meadow Fritillary aux USA
  • Pievinis perlinukas en lithuanien ("Fritillaire parfumé")
  • Perleťovec dvanáctitečný en thèque ("fritillaire bordé de perles")
  • Zilveren maan en néerlandais ("Lune argentée")
  • Brunfläckig pärlemorfjäril en suédois (le papilon nacré tacheté de brun") ou Ängspärlefjäril
  • Brunlig perlemorsommerfugl en danois ("le papillon tacheté de brun")
  • Fakó gyöngyházlepke en hongrois ("papillon jaunâtre perlé")
  • Brunflekket perlemorvinge en norvégien ("le papillon nacré tacheté de brun")
  • Harilik kannikesetäpik en estonien
  • Dostojka selene en polonais
  • Niittyhopeatäplä en finnois
  • Perlada castaña en espagnol ("le châtain nacré")
  • Perlovec dvanásťškvrnný en slovaque 
  • Перламутровка селена en russe. (" le nacré de Séléné).

      Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • dealain-dè nan-oirean neamhnaid bheaga  en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  •  Britheg berlog fach / brithegion perlog bach  en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

A propos des noms allemands.

     a) Étymologie de Perlmutter : Perlmutter signifie "nacre, nacre de perle" et dérive du latin mater perlarum — mère de la perle — désignant l'huître perlière, puis par restriction, la nacre, couche interne de la coquille.

Au XIXe siècle, B. selene se nommait der taube Perlmutterfalter. Perlmutterfalter était alors le nom des Argynnis, qui comprenaient parmi les Perlmutterfalter  kleiner (A. lathonia), grösster (Paphia),  kleinster (Euphrosyne), tauber (selene), mittler (Adippe), grosser (Aglaja). (Ludwig Glaser 1857 Naturgeschichte der Insecten p. 120).

b) Boloria selene se nomme braunfleckiger Perlmutterfalter (à taches brunes), alors que Clossiana euphrosyne (notre Grand Collier) se nomme Silverfleckiger Perlmutterflater (à taches argentées): 

c) Le site Wikipédia signale un autre nom, "Sumpfwiesen-Perlmuttfalter", ("le Nacré des prairies marécageuses ou des tourbières"?) qui ne semble pas attesté avant 1964. 

Quelques auteurs de langue allemande :

—Fabricius, Entomologia Systema.tome 3 pars I page 147 n° 451.

— Esper, tome I, tableau XXX, suppl. VI, f. 1. variété Papilio Eup page 325

— Ochsenheimer, Pap. Eur. tome I p. 55.

Hübner Pl. 8, fig. 1-2 : Braunfleckiger Perlmutterfalter :

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IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 

  • The April Fritillary : Ray, 1710 ; Petiver, 1717 ; Morris, 1853.
  • The Small pearl Border Fritillary : Wilkes, 1741-42.
  • The May Fritillary : Lewin, 1795.
  • The Pearl Border Fritillary : Haworth, 1803.
  • The Pearly Border Likeness : Samouelle, 1819.
  • The Small Pearl-bordered : Jermyn, 1824 ; Morris, 1853 ; et la plupart des auteurs suivants.
  • The Silver Spot Fritillary : Rennie, 1832. 

Lewin PL. XIII fig. 3-4 (BHL)

     n58_w428

— Petiver (James), 1695 Musei petiveriani centura IV & V page 35 n° 322 : Papilio frittilarius maculatus praecox, The April Fritillary. I observe this in Hampstead and others woods about April.

— John Ray 1710, Historia insectorum p. 120 n° 7 Papilio Fritillarius Major, alis fulvis, superne maculis nigris tesselatis. Pap. Fritil. maculatus praecox, The April Fritillary Pet. mus. 322.

— James Petiver, Papilionum brittaniae icones : in Opera, 13-14 : Papilio frittilaria maculata precox. April Fritillary. This has many white and Siver spots below, by which it chiefly differs from fig. 18.

— Lewin, 1795 The papilios of Great Britain, page 30 sp. XIV May Fritillary (Euphrasia, Linnaeus ; Small Pearl Border, Harris).

 — Westwood (J O) & Humphreys (Henry Noël), British butterflies and their transformations, William Smith : London 1841. page 40, species 4, planche IX.

—C. W.Dale, 1890, The History page 190

 —Melitaea selene Stephens, 1827 H. i; 34.

 

J'ai déjà commenté le nom de Fritillary, issu de la plante Fritillaire par comparaison avec l'aspect en damier des pétales de l'une et des ailes de l'autre, alors que le nom de la plante provient du latin fritillus, "cornet de dé".  Zoonymie du papillon la Mélitée du Plantain, Melitaea cinxia.

 On peut imaginer le contenu de ce cornet de dés rempli de dés (tesselae ou tesserae en latin) renversé sur le tapis des ailes comme autant de cubes d'une mosaïque (tesselatus, voir la description de John Ray).

  Les fritillaires sont un nom de groupe non scientifique et hétérogène recoupant partiellement la tribu des Argyninnes, nos Damiers et Nacrés, bien qu'en Amérique certains Mélités (les "checkerspots ou crescentspots") soient nommés ainsi. Ils ont tous en commun une coloration variant entre le brun-orangé et le jaune-fauve, et des marques noires ou brunes en damier ou en taches sur les ailes. Le dessous des ailes est souvent marqué de bandes ou de taches nacrées ou argentées, formées par des écailles blanches réfléchissant la lumière solaire.

 


             Bibliographie, liens et Sources.

 

— Funet : Clossiana. 

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Boloria selene .

— UK Butterflies : Boloria selene.

— lepiforum : Boloria selene

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner: pl. 8.

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ;http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up 

 

                 I.  Étymologie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

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Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

  — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:58

 Zoonymie (origine du nom) du papillon  le Paon-du-jour, Aglais io (Linné, 1758).

 

I found it and I named it, being versed

in taxonomic Latin ; thus became

godfather to an insect and its first

describer — and I want no other fame.

Vladimir Nabokov, Poems.

 

 

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé.

Aglais, Dalman 1816 vient du grec ἀγλαΐα, aglaḯa (« splendeur, brillance »); cette espèce était rangée sous la bannière du genre Vanessa, puis Inachis (du nom du dieu-fleuve Inachos, le père de la belle Io), mais ce qualificatif  d'aglaia convient parfaitement à l'une des plus éblouissantes espèces de rhopalocères.

 Aglais io (Linnaeus, 1758) : Selon les Métamorphoses d'Ovide, Io a été poursuivie par le regard concupiscent de Zeus,  par le regard jaloux de la déesse Héra, puis, transformée en génisse, par les cent yeux panoptiques d'Argos, avant que son surveillant ne soit décapité par Hermes et que ses yeux ne viennent orner le plumage du paon royal de Héra. Comme les ocelles du beau papillon avaient été comparés aux yeux du paon, Linné, après l'avoir nommé oculus pavonis, le baptisa Papilio io ; belle revanche de la femme-génisse sur sa rivale ! 

— les noms vernaculaires français ont été La Reine (d'après la description de Moffet qui débutait par Omnium Regina) ; Le Paon de jour (Geoffroy 1762), qui traduit le pavonis de Linné mais le différencie du Paon de nuit ; L'Œil de paon (Geoffroy, 1762), traduction de oculus pavonis ; Le Paon du jour (Engramelle, 1779) ; La Vanesse io, copie du nom scientifique alors en usage (Latreille, 1819) ; La Vanesse Paon de jour (Godart, 1821) ; et enfin depuis la recension de Luquet en 1986 : Le Paon-du-jour. Tous ces noms  honorent l'élément le plus remarquable du papillon, ses quatre ocelles qui partagent avec les "yeux" du plumage du paon leur capacité à iriser les rayons lumineux en couleurs chatoyantes.

.

Voir sur ce blog mes 90 articles de zoonymie des papillons diurnes de Bretagne :

Zoonymie (origine du nom) des papillons diurnes de Bretagne.

http://www.lavieb-aile.com/2015/11/zoonymie-origine-du-nom-des-papillons-diurnes-de-bretagne.html

 

 

               I. NOM SCIENTIFIQUE.

 

1. Famille et sous-famille.

Famille : Nymphalidae

Sous-famille : Nymphalinae

Tribu : Nymphalini.

    

2. Nom de genre : Aglais Dalman, 1816.

 

Aglais, :  Dalman, J. W. 1816. Försök till systematisk Uppställning af Sveriges Fjärillar. (Fortsåttning). Kongliga Svenska Vetenskaps-Akademiens Handlingar, Stockholm,1816(2): 48-101 page 56.  

  Johan Wilhelm Dalman (1787-1828) est un médecin et un naturaliste suédois qui, après des études à Lund et à Uppsala, se passionna pour l’entomologie et la botanique. Il reçoit son doctorat en 1817 à l’université d'Uppsala. C'est l'année suivante qu'il publie, à 29 ans ses Tentatives de présentation systématique des papillons de la Suède.

Il donnera plus tard analecta entomologia 1823  BHL dans lesquels il proposera de nouveaux genres en entomologie. Il deviendra bibliothécaire de l’Académie des sciences de Suède, puis directeur du jardin zoologique, puis démonstrateur de botanique à l’institut Carolinska de Stockholm.

 Aglais vient du latin Aglaia, lui-même du grec ancien Ἀγλαΐα, Aglaḯa, dérivé de ἀγλαΐα, aglaḯa (« splendeur, brillance »), dérivé de ἀγλαός, aglaós (« splendide », « brillant »).

  Certes, Aglaé est, dans la mythologie, la plus jeune des trois Charites (Grâces), les autres étant Euphrosyne et Thalie. Messagère d’Aphrodite, elle est selon Hésiode l’épouse d’Héphaïstos. Elle représente la beauté dans ce qu’elle a de plus éblouissant, la « splendeur ». Mais elle  donne déjà son nom à notre Grand nacré, Argynnis aglaja [graphie ancienne d'aglaia], (Linné 1758).

   Je retiens donc comme étymologie d'Aglais "splendide" (que ni le Paon du jour ni la Petite Tortue ne déméritent), et laisse au Grand Nacré celle liée à la Grâce Aglaé.

 Voir l'étymologie de A. Spuler p. 30 : "eine der 3 Grazien".

 

Le Paon-du-jour a été classé auparavant dans les genres Nymphalis, Vanessa ou Inachis. Ce sont des recherches de biologie  moléculaire qui ont conduit à le ranger dans le genre Aglais, où il rejoint la Petite Tortue : voir Dupont et al, 2013 qui indiquent "Nous suivons la proposition de WAHLBERG & NYLIN (2003) de considérer le genre Inachis Hübner, [1819] comme un synonyme du genre Aglais."

 

   Synonyme : Inachis.

  Inachis Hübner, 1819 : Verzeichniß bekannter Schmettlinge, Augsburg, Verlasser 1816-1826  [1819], 3, p. 37., : épithète de Io, fille du dieu-fleuve Inachos (en grec ancien Ἴναχος / Inakhos) fleuve de l'ancienne Argolide, qui passait à Argos, et est aujourd'hui le Najo ou Pianizza. On le donne aussi parfois comme fils de Thétis et de l'Océan et premier roi mythique d'Argos.

 

 

3. Nom d'espèce : Aglais io, (Linné, 1758).

      P[apilio Nymphalis gemmatus] io Linnaeus, 1758 :  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: Regnum animale, (10e éd) 824 pp. page 472 n°88.

Localité-type : Suède, désignée par HONEY & SCOBLE (2001)  Linnaeus's butterflies (Lepidoptera: Papilionoidea and Hesperioidea). Zoological Journal of the Linnean Society, 132(3): 277-399 page 336.

 Dans la classification de Linné, cette espèce appartient aux Papilio (papillons de jour) Nymphales (aux ailes dentelées), gemmati ( aux ailes ocellées), in alis omnibus (ocelles sur les deux ailes). Il choisit les noms de ces Nymphes dans le répertoire des divinités féminines de la mythologie grecque ou latine, et, au premier papillon qui inaugure ses 22 Nymphes, il donne celui de la belle Io, fille du fleuve Inachus et prêtresse d'Hera devenue la maîtresse de Zeus. Nous allons voir que ce nom n'est pas sans rapport avec les ocelles ou yeux ... du paon.

 En effet, Linné, dans son ouvrage précédent Fauna Suevica, page 776 avait nommé cette espèce oculus pavonis, "œil de paon". Dans la première édition de Fauna suevica de 1746, page 235 il donne en référence bibliographique pour cette espèce Goed[art] lat.p.23 f.1, oculus pavonis et Pet[iver] mus[ei] p. 34 n° 314 Papilio oculus pavonis dictus, "le papillon dit œil de paon". Le Musei petiveriani a été composé en 1695-1703, et l'auteur signale qu'il reprend un nom plus ancien. Un peu plus tard, John Ray, également cité ici, donne cette description : (Raj, ins, 122 n°13) : papilio elegantissima ad urticariam accedens, singulis alis maculis oculos imitandis ""une tache sur l'aile imitant un œil". 

  Pour obéir à son dessein de classifier ses papillons avec de nouveaux noms cohérents par rapport à sa taxonomie, Linné allait réussir un beau coup dont il devait être satisfait : trouver la Nymphe la plus évocatrice de l'ancien nom d' "œil de paon".

  Tout le récit des aventures de Io est celui de sa fuite éperdue de la Thessalie jusqu'en Égypte, d'abord pour échapper à Zeus/Jupiter, puis à la jalouse Héra/Junon. Et, comme dans toute fuite, tout le récit, émaillé de métamorphoses, est aussi celui du rôle persécuteur des yeux et du regard. L'histoire est bien connu par le récit qu'en donne Ovide dans le Livre I de ses Métamorphoses :je donne ici le résumé de la traduction de Boxus et Poucet, 2005.

" Jupiter aperçoit Io, décide de la posséder malgré elle, l'empêche de fuir en couvrant la terre de ténèbres, et lui ravit son honneur. Junon soupçonnant que cette obscurité soudaine couvre une infidélité de son mari, descend sur terre, mais Jupiter, pour soustraire Io à la fureur de son épouse, la transforme en une génisse d'une beauté éclatante. Junon, jalouse et méfiante, obtient que la génisse lui soit offerte en cadeau et décide de la confier à la garde d'Argus. (1, 588-624).

  Réduite à courir les pâturages et à ne plus émettre que des mugissements, la génisse Io, impitoyablement surveillée par Argus* aux cent yeux, arrive au bord de l'Inachus et parvient, en traçant des signes sur le sol à l'aide de son sabot, à se faire reconnaître. Argus revient arracher Io à son père consterné, et l'emmène en un lieu où il pourra mieux la surveiller. (1, 625-667)

Jupiter apitoyé par le sort de Io dépêche Mercure sur terre, avec mission de supprimer Argus. Se faisant passer pour un berger jouant sur une flûte de roseaux, Mercure s'approche d'Argus qui, séduit par ses récits et ses chants, cherche à résister à la torpeur qui le gagne en lui demandant l'origine de ce nouvel instrument. (1, 668-688)

Mercure raconte à Argus l'histoire de Syrinx, naïade adepte de Diane et vouée à la virginité. Pour échapper aux poursuites de Pan, elle obtint d'être métamorphosée par les eaux du Ladon qui lui barrait la route, si bien que Pan ne put saisir que des roseaux. En découvrant que, lorsqu'il soupirait, l'air traversant les roseaux produisait une mélodie agréable, Pan songea à assembler des roseaux avec de la cire pour en faire la flûte de Pan, à qui il donna le nom de syrinx. (1, 689-712)

Mercure, dont les récits avaient triomphé de la vigilance d'Argus, endormit complètement le monstre à l'aide de sa baguette magique, puis le décapita d'un coup d'épée. Junon recueillit alors les yeux éteints d'Argus, pour en parer la queue du paon, son oiseau sacré. (1, 713-724).

Habitée par l'Érinye suscitée par Junon, Io fuit à travers le monde et, découragée, échoue en Égypte, d'où elle implore Jupiter de mettre fin à ses malheurs. Jupiter ayant juré solennellement à Junon qu'elle n'aurait plus rien à craindre de sa rivale Io, il rend à celle-ci sa forme primitive. Io devient en Égypte la très honorée déesse Isis, tandis que leur fils, connu sous le nom d'Épaphus, est honoré avec sa mère dans des temples. (1, 724-749)."

*Argus, surnommé Panoptès (« Celui qui voit tout »), est un géant doté d'une force peu commune, héros purificateur de monstres et veilleur infatigable. Il avait selon les variantes, un seul œil, ou quatre yeux, deux devant et deux derrière, ou bien encore une infinité d'yeux répartis sur tout le corps. Ovide lui attribue ici cent yeux.

 

 

Synonymes.

Inachis io (Linnaeus, 1758) 

 Nymphalis io (Linnaeus, 1758) 

 Papilio io Linnaeus, 1758

Vanessa io (Linnaeus, 1758)

Papilio io Linnaeus, 1758

 

 

                II. NOMS VERNACULAIRES.

        La Reine ;  Le paon de jour ou l'œil de paon  (Geoffroy, 1762) ; Le Paon du jour (Engramelle, 1779) ; La Vanesse Io (Latreille, 1819) ; La Vanesse Paon de jour (Godart) ; puis, depuis Gérard  Luquet : Le Paon-du-jour,  Le Paon de jour (Geoffroy), le Paon (Geoffroy), L'Œil-de-Paon (Geoffroy). En Normandie : La Cocarde (Gibeaux).

 

0. Avant l'Âge des Noms : Thomas Moffet, en latin.

Thomas  Moffett, (ou Mouffet, Muffet) (1553-1604) édita son Théâtre des insectes en 1589, mais celui-ci ne fut publié, pour des raisons économiques qu'en 1634, avec de médiocres gravures en bois au lieu des gravures originales. Ce premier ouvrage de l'entomologie est en fait une compilation de  Wotton,  de l’Écluse, Penny, Knivett, Bruer et surtout peut-être Gessner, dont il reprend de façon posthume le traité. On y trouve une illustration du Paon du jour, encore dépourvu de nom propre, mais avec l'une des plus belles descriptions entomologiques latines : page 99 :

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Quarta Omnium Regina dici potest ; nam extremis alis, veluti adamantes quatuor in pala Hyacinthina radiantes, miras opulentias ostendunt, imo fere adamanti & Hyacintho oculum effodiunt. Lucent enim pulcherrimè (ut Stellae). Scintillasque iricolores circumfundunt : his notis ita dignoscitur, ut reliquum corpus describere (licet varis pictum coloribus) supervacaneum esset.

 Comment puis-je traduire cela, sachant que je n'ai trouvé qu'une traduction en anglais ? 

  "Cette quatrième espèce peut être considérée comme la Reine de toutes les autres ; A l'extrémité des ailes, on pourrait croire à quatre diamants scintillants sertis dans autant d'améthystes, d'une opulence époustouflante, telle que le diamant et l'œil de Hyacinthe eux-mêmes s'en trouvent aveuglés. Ils brillent comme les plus belles étoiles ; ils scintillent et répandent des éclats d'arc en ciel. Ces éléments remarquables sont suffisamment faciles à reconnaître pour que la description du reste du corps (peint de diverses couleurs) soit superflu."

 On trouve certes dans le texte latin le mot oculum, de oculus, "œil", mais il n'est pas associé à pavonis, le paon, mais à Hyacintho, qui peut désigner une fleur (jacinthe), une pierre précieuse (améthyste), ou un héros mythologique, Hyacinthos. J'ignore donc qui, le premier, créa la métaphore liant ces ocelles adamantins au plumage du Paon.

 A la page 90, Moffet avait donné une illustration de notre Paon-de-nuit,  en le qualifiant de Regem Papilionum et en décrivant ses "quatuor magnas singulas multi colore oculo donatas, quorum pupilla nigris, iris, circulis et semicirculis mellinis, flammeis, albis, nigris pulcherrimè distincta". 

      N.B : Avant l' Âge des noms, et longtemps après dans les références,  le papillon a été désigné par les premiers mots de la description de Moffet, Omnium regina : c'est sans-doute ce qui explique que Duméril signale l'emploi de son nom de Papillon Reine (in Dictionnaire,  Cuvier 1827 page 27)

 

0' Avant l'Âge des noms : en français, Réaumur.

Dans ses Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, tome I mémoire 10 page 441 planche 25 figure 1,2 par Simmoneau, Réaumur montre comment, réduit à l'état infantile (latin in privatif, fari "parler") doit bredouiller une description en brandissant son illustration, seul moyen de montrer alors de quoi il parlait :

 "La figure 1 est celle d'un papillon de la seconde classe des diurnes, qui tient ses ailes perpendiculaire au plan de position et qui n'est appuyé que sur quatre jambes, dont les deux du même coté. La figure 2 est celle du même papillon, qui tient ses ailes ouvertes et qui montre le dessus de toutes les quatre. Elles ont chacune une belle tache en œil de plume de paon. La troisième est la chenille épineuse de l'ortie". 

  Je voudrais lui crier par dessus les siècles : "Paon-du-jour, le Paon-du-jour"!

 

 

 

1. Le paon de jour ou l'œil de paon, Geoffroy, 1762.

 "Le paon de jour ou l'œil de paon" (ni majuscule ni tiret, ni article "du"), Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 36 n°2 .

  Geoffroy reprend ici le nom de Linné oculus pavonis (oeil de paon) dans la Fauna suevica (dont il suit la méthode, cf. titre et préface de son livre) ; il suit aussi James Petiver 1699, non seulement dans son nom latin, mais aussi dans son "Peocock's Eyes", le premier nom vernaculaire connu de l'espèce.

Dans l'édition de 1785 par Fourcroy, page 234 le nom devient P[apilio] jo,  Le Paon du jour, ou l'œil du Paon.

  Le nom du paon apparaît dans sa description : "Le paon, ou l'œil du paon, est très aisé à reconnaître par les yeux du paon, qu'il porte en dessus, au nombre de quatre, un sur chaque aile, ce qui lui a fait donner le nom qu'il porte."

 

C. Gibeaux le voit comme "une allusion aux ocelles ornant les ailes, et aux mœurs diurnes de l'adulte". Car le Paon du jour forme, dans l'onomastique de Geoffroy, un doublet avec son Grand Paon de nuit, page 100. Moffet ne les avait rapproché que par deux descriptions assez proches par leurs termes communs, oculus, iris, pulcherrimè, et en les désignant tous les deux (Regem et Regina) comme les souverains des papillons. Linné avait nommé l'espèce diurne oculus pavonis en 1746, et avait décrit le Grand Paon de nuit en 1758 sous le nom de Phalaena pavonis. Geoffroy, conscient que le nom de Œil de paon, traduction de l' ancien nom oculus pavonis, pouvait s'appliquer aux deux espèces et introduire une confusion, créa donc les deux Paon de jour et Paon de nuit. Il créera aussi le Petit Paon et le Paon moyen parmi les phalènes et le Demi-paon parmi les Sphinx, 

 

 

             oeil-de-paon.jpg

Aile de paon, Source de l'image : http://northanger.livejournal.com/452711.html

 

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 2. Le Paon du jour , Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1  page 5 n°2  planche 2 fig. a-f par J.J. Ernst et Lanvin,  1779. 

      Engramelle cite Geoffroy " Les belles taches dont il est orné l'ont fait appeler le Paon du jour ou l'Œil de Paon", mais il modifie "Paon de jour" en notre "Paon du jour". Pour l'anecdote, dans ses références, il commet un lapsus calami  en écrivant Geoffroy "Le ¨Paon du jour ou l'Œil du jour" avant l'édition de Fourcroy.

  Comme on le voit, entre les deux noms de Goeffroy, il retient le seul qui soit une création originale et non une copie du nom latin ancien. 

  On appréciera peut-être comme moi combien ce nom de Paon du jour ou Paon de jour est poétique : on peut entendre en sourdine "le point du jour" et son  lumineux éveil, ou (sans aller jusqu'au "petit pan de mur jaune !)  le "pan de jour", un pan de mur éclairé par le jour entré dans la pièce où on dort, ou le coté inédit et éphémère du "plat du jour", ou toute autre évocation de ce vocable dont le sens nous surprend et laisse flotter notre imagination. 

 

 

 3. P[apillon] Io Walckenaer 1802.

Walckenaer Faune parisienne 1802 page 268.

Le nom est peu significatif, cet auteur se contentant de donner une traduction du nom linnéen.

 

 4. La Vanesse Io , Latreille et Godart 1819.

   Latreille (P.A) Godart (J.B),  Encyclopédie méthodique. Histoire Naturelle. Entomologie, ou histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes. Vol. 9. Paris : Vve Agasse,1819 828 pp,  page 311 .

  Dans cette publication, Godart, disciple de Latreille qui est lui-même ami de Fabricius et qui a créé son genre Vanesse en 1810 par similitude avec le Vanessa de Fabricius 1807, reste très près du nom scientifique Vanessa io

 

5. La Vanesse Paon de jour Godart 1821.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823 page 96 n° XXXI planche 5 peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin.

  J.B. Godart prend d'avantage de liberté pour donner un nom vernaculaire qui garde la structure binominale du nom scientifique, mais qui reconnaît l'originalité du nom de Geoffroy. Il le cite même en début de sa notice,  "Le paon, ou l'œil du paon, est très aisé à reconnaître par les yeux du paon, qu'il porte en dessus, au nombre de quatre, un sur chaque aile, ce qui lui a fait donner le nom qu'il porte. Cette phrase de Geoffroy, et l'excellente figure jointe à notre texte, peuvent nous dispenser de parler du dessus des ailes" et il restitue la graphie "Paon de jour" exacte.

 

image lavieb-aile : Godart, Planche 5, aimable autorisation de la  Médiathèque de Quimper.

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 Ce nom "Paon de jour" a été repris par J.V. Audouin 1823 ;  Bory de Saint-Vincent 1823 ; Boisduval, Rambur et Graslin 1832 ; Hippolyte Lucas 1834 ; Henri Milne-Edwards 1841 ; P.A. Duponchel en 1849 ; A. Dupuis 1863 ; Joannes Chatin 1883.

 Le "Paon du jour" est d'emploi plus rare.

Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836), utilise l'ancienne forme La Vanesse io.

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose de retenir pour Inachis io le nom principal  Le Paon-du-jour, d'admettre en nom accessoire Le Paon de jour (Geoffroy), le Paon (Geoffroy), L'Œil-de-Paon (Geoffroy), et d'écarter, à juste titre, l'Œil-de-Paon-du-Jour mentionné par le suisse P.A. Robert en 1960 par simple traduction littérale de la forme allemande Tagpfauenauge.

L'INPN cite sans discrimination (2013) : Paon-du-jour (Le), Paon de jour (Le), Oeil -de-Paon-du-Jour (Le), Paon (Le), Oeil-de-Paon (L').

 

7. Noms vernaculaires contemporains :

Entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle, les lépidoptéristes français cessèrent de mentionner le nom vernaculaire "au profit du" nom Vanessa io. On le vérifie, pour la littérature bretonne, dans le "Catalogue raisonné des lépidoptères" (1882) de Griffith  et la "Contribution à la faune des lépidoptères du Finistère".( 1910) de C. Picquenard .

— Oberthür et Houlbert dans la Faune armoricaine (1912-21) utilisent le nom scientifique Vanessa io et réussissent l'exploit de ne pas utiliser une seule fois le nom vernaculaire qu'ils dédaignent ; pourtant, dans leur texte, ils sont contraints d'utiliser, avec la paire de pincettes des guillemets, et (double précaution) en italique, l'expression "œil de paon". :" Un grand «œil de Paon (1)» moucheté de bleu et cerclé de blanc jaunâtre se voit prés de l'angle apical".

      Comme si chacun ne savait pas in petto comment se nomme ce papillon, ils ajoutent en note ce commentaire comme des ethnographes chez les zoulous : (1)"l'expression est de Geoffroy" ...sous-entendu "et surtout pas de nous" ! 

 

—Bellmann / Luquet 2008 : "Inachis io, le Paon-du-jour, le Paon de jour"

— Blab / Luquet 1988 : ? 

— Chinery / Luquet  2012 : "Inachis io, Paon-du-jour".

— Doux & Gibeaux 2007 : "Inachis io, Le Paon-du-jour".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "Inachis io, le Paon-du-jour"

 — Lafranchis, 2000 : "Inachis io, le Paon-du-jour".

— Perrein, 1012 : "Inachis io, Paon-du-jour".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Aglais io, Paon du jour".

— Wikipédia : "Aglais io, Paon du jour, Le Paon-du-jour .

 

8. Nom régional : La Cocarde.

Christian Gibeaux  signale que, demeurant en Normandie, il a longtemps connu le Paon-du-jour sous la seule dénomination de La Cocarde, liée bien-sûr aux "ocelles sub-apicaux à reflets métalliques, variés de jaune et violacé aux ailes antérieures, bleus aux ailes postérieures". (Doux et Gibeaux, 2007 p. 134). La Revue de l'Avranchin de 1884 page 100 mentionne bien ce nom, mais l'associe au Vulcain Vanessa atalanta.

 

 9. Les fameux yeux du Paon-du-jour.

Puisque ces oculi sont les éléments qui déterminent toute leur onomastique, qu'ont-ils à nous apprendre. 

 

                                 _Io_MU.PNG_Io_MD.PNG

                                     http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

Ils ont/auraient un rôle aposématique d'intimidation, par l'effroi que cause l'ouverture brutale des ailes en flash devant un prédateur. (on sait que les insectes peuvent choisir entre la stratégie de camouflage et celle d'avertissement de danger). Cette coloration d'avertissement prévient le prédateur des risques qu'il encoure en cas de consommation, ou, après une première expérience, fixe la mémorisation du signal. Aglais io possède une face des ailes consacrée au mimétisme de camouflage (crypsis en anglais) par ses teintes grises, et qui fonctionne grâce à leur immobilité lorsqu'ils sont posés sur des feuilles. Une étude a comparé ainsi le Robert-le-diable, qui utilise le camouflage, la petite Tortue, mi-camouflage et mi-effroi, et Aglais io, la reine de l'intimidation, placée devant des mésanges bleues. Le point fort de Robert, ce sont les "couleurs disruptives" que lui valent les profondes découpures de ses ailes et le contraste de ses couleurs : ces lignes brisées dissimulent mieux un individu sur un fond hétérogène qu'une couleur unie. A. Vallin et coll. ont pu observer que Robert-le-diable est découvert plus tard que les autres, et qu'il se garde bien de bouger s'il est attaqué, alors que les deux autres cliquent des ailes lors de l'attaque. Paon-du-jour, confiant en ses terribles yeux, ouvre ses ailes beaucoup plus tôt que Petite Tortue, qui attend que l'oiseau soit plus proche. 

  Très bien, mais quelle est l'efficacité du système qui fait la fierté d'Œil-de-Paon sur le sentier de la guerre ? Il en est très satisfait, car il a échappé à 100% des attaques des bleues mésanges, alors que 22%  seulement de ceux de la tribu des Robert-le-Diable ont échappés au bec des voraces, et que 8 % des Petites Tortues n'ont pas été scalpées. Paon, Diable ou Tortue, il faut choisir le bon totem! Plus sérieusement, on peut penser que l'organisation des couleurs en ocelles ajoute une efficacité supplémentaire par rapport aux couleurs elle-mêmes. Leur forme géométrique régulière mais hypnotisante sont le choix opposé aux "couleurs disruptives" et aux brisures des formes. Ces ocelles imitent les deux yeux d'un animal beaucoup plus gros et plus dangereux que le papillon que le prédateur s'apprête à gober.

 

 

A Vallin, S Jakobsson, J Lind, C Wiklund -"Crypsis versus intimidation—anti-predation defence in three closely related butterflies"  Behavioral Ecology and Sociobiology, 2006 (59) 455-459- Springer

 

 

Martin Stevens Predator perception and the interrelation between different forms of protective coloration Proc. R. Soc. B 22 June 2007 vol. 274 no. 16171457-1464  

http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/274/1617/1457.full.pdf+html

Les Paon du jour ont un autre secret : en cliquant des ailes, elles produisent de violents sons et ultra-sons qui éloignent les chauve-souris.  

 

 

M Olofsson, S Jakobsson, C Wiklund -  "Auditory defence in the peacock butterfly (Inachis io) against mice (Apodemus flavicollis and A. sylvaticus)"…Behavioral Ecology and, Sociobiology 2012 - Springer

http://link.springer.com/article/10.1007/s00265-011-1268-1#page-1

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  J'ai longtemps espéré trouver, dans un dialecte, un patois ou une langue étrangère, un nom qui nous permette, comme dit Proust de l'artiste de génie, de regarder la réalité avec d'autres verres ; mais ici, nous n'échapperons pas à l'Œil du paon, dans toutes les langues.    

 

  • Pfauenaug en dialecte alémanique (Paon du jour)

  • Dagpåfugleøje en danois 'Paon du jour)

  • La mariposa pavo real en espagnol (le papillon paon)

  • Tagpfauenauge en allemand (L'Œil-de-Paon-du-Jour )

  • Päevapaabusilm en estonien

  • Deipau-each en frison

  • Neitoperhonen en finnois

  • Peacag en mannois (le Paon)

  • Danje paunče en croate (Paon du jour)

  • Pawownik en serbe

  • Nappali pávaszem en hongrois (paon du jour)

  • Páfiðrildi en islandais

  • La Vanessa io o Occhio di pavone en italien (la Vanesse Io ou l'Œil de paon)

  • Spungė en lituanien (Paon)

  • Dagpauwoog en néerlandais (Paon du jour)

  • Rusałka pawik en polonais ( la nymphe du paon ?)

  • Babôčka pávooká en slovaque (papillon paon)

  • Павлиний глаз en russe.

  • Påfågelöga en suédois. (œil de paon ?)

  • Сонцевик павиче око en ukrainien (Œil de paon)

  • Babočka paví oko en tchèque

  • Paó de dia en catalan : (Paon de jour)

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  • Péacóg (féileacán) en irlandais (le Paon)

  • peacag  en mannois (le Paon)
  • Colleach-peucaig ; coilich-pheucaig en gaélique écossais*
  • mentyll peunod :peucagan ; peucag en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (cymraeg).

  •  pas de nom en breton ; Mantell paun ? 

  • Mantell paun en gallois (papillon paon).

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.

 

http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

      Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

640px-Inachis_io_stamp_deutschland.JPG

 

File:1973 Moth Butterfly 400.jpg

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 

The Peacock's Eye [L'Œil de Paon] : Petiver, 1699 ; Buddle, c1700 ; Ray, 1710 ; Albin, 1720.

 

The Peacock Butterfly [Le Papillon Paon] (Wilkes, 1741-42 ; Harris, 1766 ; et la plupart des auteurs suivants.

 

 

Liens et Sources.

Funet : nymphalis .

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Aglais io.

Images : voir les superbes dessins de Hübner: page 5.

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. 213 http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/69604#/summary 

 

 

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— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— DAVE (Charles William) The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London .1890 BHL library.

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— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. 

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— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

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 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

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— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.

      Liste complète des références des auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 :http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Geoffroy  :    

tp://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up">http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

 

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Latreille et Godart 1819 :  https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologiacarniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

                

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Rhopalocères.
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:57

     Zoonymie (origine du nom) du papillon                 le Souci Colias crocea (Geoffroy in Fourcroy, 1785).

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.


Résumé.

 — Colias (Fabricius, 1807) : épithète de Vénus, lié au nom d'un cap de la côte orientale de l'Attique (Grèce), où était édifié un temple et une statue dédiés à Vénus. 

Crocea, (Geoffroy in Fourcroy, 1785) : féminin du latin croceus, "de couleur safran", qualifiant les ailes d'un jaune orangé. Le nom connut une singulière aventure, car le papillon fut d'abord confondu par Linné avec son Papilio hyale, puis nommé Colias edusa Fabricius (celui-ci l'avait décrit en 1787) avant que l'on découvre l'antériorité de Geoffroy vers 1870; mais le nom d'auteur fut celui de Fourcroy, qui avait donné la seule édition latine valide. Ce Colias croceus Fourcroy fut mal accepté par les entomologistes, qui utilisaient encore edusa au XXe siècle. Vers 1965, on corrigea le nom en Colias croceus Geoffroy in Fourcroy. Il restait à accorder l'adjectif au nom féminin du nom de genre, et ce n'est qu'à la fin du XXe siècle que la forme valide Colias crocea (Geoffroy in Fourcroy, 1785) fut acceptée (presque) partout.

— Le Souci : nom d'une couleur jaune orangé semblable à celle de la fleur du Calendula. Le nom de la fleur, Souci, vient du bas latin solsequia, "suivre le soleil", soit en se tournant vers lui, soit en s'ouvrant et se refermant selon sa présence. Le nom a été créé par Geoffroy en 1762, repris par Engramelle en 1779, modifié en "Coliade Souci" en 1821 par Godart qui exigeait une structure binominale, abandonné lorsque les savants méprisaient leur propre langue et parlaient d'edusa, et enfin restauré par Gérard C. Luquet en 1986 sous sa forme la plus simple, Le Souci, qui s'impose désormais.  

On doit donc, fait rare, le nom spécifique et le nom vernaculaire à Étienne-Louis Geoffroy, au médecin qui fut le père de l'entomologie française, et qui donna à la langue française des noms de papillons rares, riches en évocations poétiques littéraires et sensorielles que nous sommes les seuls à posséder : un patrimoine culturel.

 

 

 


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

Famille : Pieridae Duponchel 1832 

Sous-famille : Coliadinae, Swainson 1827. Elle réunit les Coliadini, les Goniopterygini et les Euremini : en anglais, The Yellows, Sulphurs, and the Emigrants.  

Tribu Coliadini 

 

 

 

2. Nom de genre : Colias, Fabricius, 1807.

 

  Le genre Colias a été créé par Johan Christian Fabricius en 1807 dans l'article suivant : "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges""Nach Fabricii systema glossatorum Tom 1" , in Johann Karl Wilhelm Illiger*, Magazin für Insektenkunde, Karl Reichard Braunschweig [Brunswick] (6) page 284. n° 24. L'espèce-type, celle sur laquelle se base la description, est Papilio hyale Linnaeus (le Soufré) .

*Illiger a publié dans sa revue les prémisses d'un livre de Fabricius sur sa classification des lépidoptères, son Systema glossata. Il se contente d'y indiquer l'organisation en genres, laquelle était une nouveauté. Le livre lui-même ne parut jamais, en raison de la faillite de l'éditeur, et du décès de Fabricius en mars 1808. Voir le récit détaillé ici : Zoonymie du papillon la Belle Dame, Vanessa Cardui (Linné, 1758).

 

 Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes.

 Kôlias Κωλιάς «De Kolias» : épithète de Vénus/Aphrodite.  Nom d'un cap de la côte orientale de l'Attique (Grèce), proche de Phalère, l'un des ports d'Athènes. Il y était édifié un temple et une statue dédiés à Aphrodite (Vénus pour les grecs)  selon Strabon (Livre IX page 612) et Pausanias (Description de l'Attique ou Livre I, chapitre 1 page 5). Les anciens prenaient plaisir à rapprocher le nom grec de celui de Kolios, "membre" ; plus précisément, Hesychius compare la forme du promontoire "au pied de devant d'une victime, kólos κωλος ", ce jeu de mot sur Kôlias (Colias) et kôlê ("penis") se retrouvant chez qu'Aristophane (Nuées, v.49-52). D'autres, plus respectueux, disait que l'endroit avait pris ce nom  "de la cuisse (kôlê) de la victime sacrificielle volée par un corbeau et déposée en l'endroit nommé cap Kôlias".

  Se rendre au sanctuaire de Vénus à Kolias tenait plus de l'Embarquement pour Cythère que du pèlerinage de Lourdes. On connaît peut-être la pièce d'Aristophane, Lysistrata, où les femmes font la grève du sexe pour obliger leurs maris à renoncer aux guerres. La pièce commence par une déclaration furieuse de Lysistrate contre les Athéniennes qu'elle a convoquées pour réfléchir à un moyen d'obtenir la paix : il n'y a personne !

 LYSISTRATA, d'abord seule. - Voyez pourtant ! si on les avait convoquées au temple de Bacchus, ou de Pan, ou de Vénus Coliale, ou de Génétyllide, la foule des tambourins ne permettrait pas même de passer

   "Toutes les divinités citées par Lysistrate étaient favorables à la débauche", indique en note le traducteur Georges G. Toudouze. La déesse de Kolias y était vénérée comme présidant (comme Bacchus et Pan) aux plaisirs de l'amour, mais aussi à l'union conjuguale, alors qu'un culte voisin était rendu à une déesse Génétyllide protectrice des engendrements. (Le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio en ligne). Les femmes athéniennes se rendaient au cap Kolias le deuxième jour des Thesmophories, ce qui laisse soupçonner une fusion du culte de Déméter (fécondité) avec les deux cultes précédents. La prêtrise du temple était exercée par une femme. 

 Fabricius s'était donné la règle d'attribuer aux genres qu'il créait pour son Systema glossata (Système des lépidoptères) des épithètes de Vénus (épiclèses pour l'épithète grec) aux papillons diurnes, et inversement, des épithètes de la déesse lunaire Diane/Artémis aux genres de papillons de nuit. le genre Colias rentre dans cette série, en numéro 24, après les genres Doritis (Vénus bienfaitrice) et Pontia (protectrice de la mer profonde). A.M. Emmet 1991, qui ignorait manifestement cette convention de Fabricius, attribue ce choix de nom Colias et Pontias liés à la déesse de la beauté "peut-être simplement parce que les papillons eux-mêmes étaient beaux". Pour la même raison, et parce qu'il suspecte toujours Fabricius d'être un joyeux farceur ("his fondness for punning names and word play"), Emmet rapproche Colias du grec κολιας, kolias, un poisson de la famille des thons décrit par Aristote, avec un jeu de mot avec khole, kholos, "bile" (cf notre mélancolie, bile noire"), en raison de leur couleur jaune. Cette étymologie liée au poisson d'Aristote et de Pline avait été dénichée chez Ramann, 1870 p. 18, qui comparait le vol rapide de ce papillon très coloré aux mouvements ondulatoires de la nage des thons. Le même rapprochement est aussi cité par Spannert. Ah, si non e vero... mais Glaser 1887 a souligné la différence entre les noms grecs Κωλιάς  et κολιας

 Dans ce genre où il plaçait 35 espèces aux ailes jaunes , Fabricius distingue deux types : ceux aux ailes arrondies (Papilio palaeno, hyale, glaucippe) et ceux aux ailes anguleuses (Papilio rhamni, cleopatra) qui rentreront plus tard parmi les Gonepteryx. Les autres Pieridae blancs se trouvaient dans le genre Pontia (94 espèces, dont P. crataegi, rapae, daplidice, elathea, belia).


Le genre fut repris par Latreille en 1810 sous le nom de Coliade.

 

 

3. Nom d'espèce :  Colias crocea (Geffroy in Fourcroy, 1785).

 

P[apilio] croceus, Fourcroy, A. F. 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). Volume 2 pages 232-544. page 250.

 P. alis luteis limbo nigro, primariis maculâ nigrâ, secundaris fulvâ.

3a. Croceus et edusa : la règle de l'antériorité auctoriale, et la règle des noms binominaux en latin.  

  Étienne-Louis Geoffroy avait décrit en 1762 dans le second volume de son Histoire abrégée des insectes page 75 n° 48 son Souci, ses trois variétés, A et B Papilio alis croceis, C papilio alis sulphureis, et sa référence au Papilio croceus de James Petiver (1703). 

 Cette description le plaçait en position de premier auteur, car Linné en 1758 (S.N. 10 p. 468) avait considéré par erreur ce papillon comme une variété de son Papilio hyale, l'actuel Colias hyale (Le Soufré), et ne l'avait donc pas décrit ; d'autre part, Petiver était "hors jeu", car la nomenclature ne reconnaît que les auteurs postérieurs à 1758.

  Mais Geoffroy n'avait pas utilisé, dans cette première édition, la dénomination binominale latine qui donne droit, selon les règles de la Commission de Nomenclature, à la reconnaissance du titre d'auteur d'une espèce. [Il ne s'agit pas ici des noms de genre : parmi les 59 noms de génériques, nouveaux, des deux volumes de son histoire des insectes, 19 ont été validés et inscrits sur la liste officielle, dont, pour les papillons, pterophorus . Voir le cas n° 2292 du Bulletin of Zoological Nomenclature de juin 1991 page 107 ].

  On trouvait en outre que les deux in-quatro de Geoffroy étaient trop volumineux pour être facilement consultés ; aussi demanda-t-on à l'auteur un abrégé, allégé de sa partie historique et générale et de ses planches illustrées  mais conservant la classification. Un livre de poche en quelque sorte, semblable au Botanicon Parisiensis pour les plantes. Il se mit à l'ouvrage, mais ce médecin réputé ne trouvant plus le temps nécessaire, c'est Antoine-François Fourcroy (1755-1809), un ami, docteur en médecine, disciple d'Étienne-Louis en entomologie, titulaire de la chaire de chimie au Jardin du Roi (comme Étienne-François Geoffroy, le père de notre auteur, de 1712 à 1730) qui se chargea d'éditer un petit (2 volumes in-12°) abrégé où Geoffroy ajoute 250 espèces indiquées par une astérisque (aucune parmi les papillons de jour), mentionnant la taille en longueur et largeur de l'espèce et sa localisation du milieu, bois, champs, prés, jardins (la localisation géographique est donnée dans le titre  in agro parisiensi, "des environs de Paris" ) mais se dispensant de la description de l'insecte, de ses mœurs, des références bibliographiques.

   Surtout, Fourcroy remplaça les noms par des dénominations binominales.  Ainsi, dans l'exemple de notre Souci, le titre "48 Papilio alis luteis. Le Souci"  (ou l'adjectif croceus apparait dans le texte), par le laconique mais suffisant "48. P. croceus, le Souci".  Comparer Geoffroy et Fourcroy : plus d'une page de texte d'un coté, 17 courtes lignes dans l'autre.

  Bizarrement, lorsqu'en 1799 l'ouvrage initial de Geoffroy fut réédité dans une " Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable", l'auteur ne se soucia pas d'ajouter la dénomination latine linnéenne. Non pas qu'il s'opposa, comme Buffon (Geoffroy était du coté de Réaumur, opposé à Buffon qui se moquait des entomologistes), au système binominal et aux idées de Linné, mais l'importance de cette présentation ne lui est pas apparue aussi cruciale qu'elle l'était. Manifestement, l'édition abrégée n'a pas été faite pour résoudre la non-conformité linnéenne de la première édition.

 

  Le premier à avoir utilisé le nom de croceus pour désigner ce papillon fut James Petiver en 1703 (Gazophylacii naturae et artis : deca primas-deca decima,page 14) ; puis, il fut suivi par John Ray en 1710 (Historia insectorum p. 112), qui utilisa l'adjectif au féminin, crocea. Petiver avait décrit le mâle et la femelle sous deux noms différents, the Saffron butterfly et The Spotted saffron Butterfly, puis Ray rassembla le couple sous le même nom. Leur description n'est pas validable, car elles précèdent celle de Linné 1758, le point d'origine de la Nomenclature.

Linné lui-même ne décrivit pas ce papillon, qu'il pensa être une variété de son Papilio hyale. Fabricius, en 1807, en créant son genre Colias, y plaça tous les papillons jaunes, y compris son Papilio edusa, nom sous lequel il avait décrit le "croceus" en 1787. Latreille et Godart  suivirent Fabricius en 1819 en utilisant le nom Colias edusa ; puis pendant près de 50 ans, Colias edusa fut le nom par lequel les français désignaient leur Souci, et les anglais leur Clouded Yellow.

  En 1871, W.F. Kirby, dans un gigantesque recensement des genres et espèces de papillons remarqua que Geoffroy, dans l'édition de Fourcroy, avait décrit le Colias edusa deux ans avant Fabricius sous le nom de croceus ; en toute logique, il proposa l'abandon de edusa au profit de croceus, et donna la description suivante : Colias (Fabr) . C. croceus Fourcr. (Pap.C.) Ent. Paris II p. 250 (1785). Papilio edusa de Fabricius et Colias edusa de Godart étaient relégués à la place de synonymes déclassés. Voir W.F. Kirby 1871 A synonymic catalogue of diurnal Lepidoptera / by London :J. Van Voorst, 1871. 882 pages. Page 490.

 Quelle révolution ! Voici ce que l'on put lire :

 "Colias edusa is one of the best-known names in entomological nomenclature, and is has represented our Clouded Yellow butterfly sever since 1787. In 1785, a gentleman, probably fond of children, named Fourcroy, published a pamphlet in order to amuse their minds, and chose for his subjects the insects caught near Paris [ Note : « Fourcroy's book, in which the autor does not even adopt the Linnean genera, is a very poor pamphlet, written without pretension, and exclusively intended for tyros and boys. Such a book has no scientific claim whatever ; no greater claim than a mere catalogue, for it does not describe insects, but merely gives a notice of them in three or four words » Dr H. Schaum, Ent. Ann. 1860, p. 121 »] The Clouded Yellow is found there : and Mr Fourcroy in 1785 thought croceus an expressive name, and taught it to his boys. Now, either Mr Fourcroy had a very small sale, or his boys never thought enough of his teaching to make themselves into entomologists. It happened, therefore, that after the boys grew up they forgot all about croceus, and everyone has gone on very nicely in the same ignorance for eighty-six years. We are, I think, justified in assuming that none of Mr. Fourcroy's original subscribers are now active entomologists, ans also that his book is now consulted even by the little boys of Paris. No other book in the world contains the name. Fabricius gave the name Edusa two years only after Mr Fourcroy wrote. As Fabricius was known and Mr Fourcroy was not, Edusa was the name used ; and no one of his generation, or the last either, has employed any other for the insect.

   In 1871, Mr W.F. Kirby publishes a big Catalogue, and he tells us to abandon the name Edusa of Fabricius and take up Mr . Fourcroy's croceus !

   In 1871, Dr. Staudinger publishes his Catalogue, and does not recognise Mr. Fourcroy's name, nor Mr. Fourcroy either,—not even quoting him in his list of authors. So far so good ; we are all content for this time to hang to Dr Staudinger, and leave Mr. Fourcroy's new pupil to amuse himself with the pretty croceus (which we let him have all to himself). But it is a most unfortunated thing that the latter will no rest satisfied [ …]

  L'auteur cite, pour s'en offusquer, l'opinion de Staudinger : "To refuse to restore the old name on the pretext that the name is entirely unknown, and that its introduction is inconvenient, would be the mark of an obtues and, I might say, almost egotistical intelligence".  Staudinger, Catalogue, Préface pp xvi-xvii.

  William Arnold Lewis A Discussion of the Law of Priority in Entomological Nomenclature. 1872, page 35.

  En effet, pendant un siècle, le nom de Geoffroy comme auteur n'apparaissait pas et les auteurs étrangers ne mentionnaient que Colias edula, Fabricius 1787. Puis, on vit apparaître "Colias croceus, Fourcroy 1785" sous la plume des auteurs allemands, Spuler en 1908 semblant être le premier; mais les auteurs prenaient soin, comme Oberthür en 1922, de préciser entre parenthèse  "(C.edula, Fabr)".

 La première mention de "Colias croceus Geoffroy" dans une publication remonte à la revue Transactions, Volumes 18 à 19 en 1968. Nouvelle mention en 1970 dans le guide  A Field Guide to the Butterflies and Burnets of Spain de  William Bridgeman Lambe Manley, ‎H. G. Allcard, page 133 : "Colias croceus Geoffroy (edusa Fabricius) ".  1980 par la revue Entomologist's Gazette, Volumes 31 à 32. 

  La première mention de "Colias crocea Geoffroy" se trouve en 1963 dans Insects in colour par Landin, Hahnewald, et Riley  Page 91, suivie en  1971 par ...la Revue de Zoologie Et de Botanique Africaines de H. Schouteden puis en 1975 de  The classification of European butterflies de Lionel George Higgins, Collins, 1975 - 320 pages. 

 

Voir aussi : 

Annales de la Société entomologique de France 1859 p. CCIII: intervention de Reiche sur la nomenclature entomologique.

L. Gangbauer et L. v. Heyden, Über die Entomologia parisensis von Geoffroy und Fourcroy, Wiener Entomologische Zeitung, XXV. Jahr, 1906 p. 301-302.  

 

3b. Croceus ou crocea ? 

Le nom de genre Colias est féminin : son épithète spécifique doit donc être crocea, comme dans Colias edula. Mais Fourcroy a publié Papilio croceus comme protonyme, au masculin accordé à Papilio.

  C'est l'opinion défendue dans l'Entomologist volume 82 1949 -page 275 : "Colias crocea (Fourcroy). The generic name Colias occurs in the classics as a feminine. When Fourcroy described a species under the name Papilio croceus (1785, Ent. Paris, 2:250), it is evident that he used the Latin adjective applicable ...etc....

 Mais cet avis alimenta une controverse dans la même revue sous la plume de  G. H.Hopkins, E., 1951 dans l'article  The gender of the name Colias. Entomologist 59: 175-176, cet auteur préférant maintenir l'ancien nom masculin jusqu'à ce que la Commission Internationale se soit prononcée sur le genre de Colias. 

 On peut constater que les deux genres sont utilisés aujourd'hui, mais que le Muséum, son site de l'INPN, et Gérard Luquet, utilisent le féminin "Colias crocea Geoffroy in Fourcroy, 1785" : Dupond et al, 2013 ont donné l'avis officiel suivant :

"4) Colias crocea (Geoffroy in Fourcroy, 1785) [Papilio croceus Geoffroy in Fourcroy, 1785. Localité-type : environs de Paris] La combinaison d’origine, Papilio croceus doit, conformément à la règle de l’accord grammatical (article 34.2. du Code de Nomenclature), être remplacée par Colias crocea, le nom générique Colias étant du féminin, et le mot crŏcĕus (-a, -um) correspondant en latin à un adjectif (« de la couleur du safran », « jaune safran », « safrané »)." 

 

3c. Étymologie de crocea.

féminin du latin croceus : "jaune safran". Il s'agit selon de Pyrame de Candolle (1813) « d'un rouge-jaune très foncé et très intense »

 Les noms de couleur en -eus ont été créés par Pline à partir de noms de matière, en passant, par exemple, de aureus, "en or", à aureus, "couleur d'or, par un procédé peut-être comparable à celui qui a transformé les matières Or, Argent, Citron, Orange, Cerise, Café, Chocolat, Fuschia, Souci, en noms de couleur. Ainsi sont nés en latin les adjectifs de couleur  argenteus (argent), aereus (bronze), sulphureus (soufre), murreus (terre d'Orient), cereus (cireux), et...croceus.

 Pour qualifier la couleur jaune, les latins peuvent donc choisir l'adjectif aureus, mais aussi flavus, luteus (issu de la gaude), melilotos (comme le miel), luridus, crocinus ou croceus. Ce dernier nom a eu longtemps un usage propre à la poésie pour désigner une couleur jaune dorée, safranée ou orangée, notamment pour qualifier l'Aurore. Si Horace, Catulle, Tibulle ou Lucrèce ne l'emploient pas, on le trouve onze fois chez Virgile et 7 fois chez Ovide. Ainsi, il décrit, dans l'Énéide, l'acanthe brodée sur un voile, le lit de l'Aurore (Énéide I et IX), les ailes d'Iris ou la Chlamide de Chlorée. Dans les Géorgiques (3 occurences), c'est l'adjectif décrivant la couche dorée ou safranée de l'Aurore. Dans la quatrième Bucolique, la nuance tire vers le jaune safrané pour décrire la Gaude. On le voit, il est réservé à la description des matières les plus nobles, voire divine, peut-être en raison de la rareté du safran, évoquant un luxe raffiné.

 De même, Ovide, loin de galvauder cet adjectif, fait appel à lui dans ses Métamorphoses pour décrire les teintes safranées du char de l'Aurore, le centre du narcisse, le vêtement d'Hyménée ou les joues de l'Aurore.

(Voir la thèse de Michel Brillard, Les couleurs dans la poésie latine au Ier siècle av.J.C,  Paris Sorbonne 2012, en ligne).

L'adjectif est donc dérivé du nom latin crocus, qui ne signifie pas "crocus" (le crocus sativa est une fleur violette dont seules les étamines d'où sont tirées le safran, sont orange vif), mais "safran". Le latin crocus vient du grec krokos, "safran", qui signifie aussi "poil, filament" en référence à la finesse des stigmates, et qui dériverait de l'hébreu  kardôm. Parallèlement, dans la langue arabe classique al kharkôm désigne la poudre jaune à usage culinaire qui provient d'une autre plante : le curcuma.


  Korkos est aussi le nom du héros d'un mythe grec ; ce jeune homme très beau, amoureux de la nymphe Smilax et ami d'Hermès,  fut tué accidentellement, frappé en pleine tête par le disque lancé par Hermès,pendant une partie de lancer de disque. Trois gouttes de sang coulèrent de sa blessure sur le sol. C’est alors qu’une petite fleur mauve apparue qui depuis porte son nom. La fleur de Safran devint alors, le symbole de la vie et de la résurrection.

On en trouve la description dans la Matière Médicale de Dioscoride 1:26 qui distingue le crocus sativum et le crocus silvestre. Le crocus est aussi mentionné par Pline :21:1 et Theophraste Histoire des plantes, 6,6,10.

 

  Le crocus et le safran étaient bien connus des médecins comme Fourcroy et Geoffroy, plus particulièrement du Safran du Gâtinois qui figurait dans toutes les pharmacopées et passait pour le meilleur. Chardon de Courcelles (le médecin-chef du port de Brest, qui avait édité la Matière Médicale de Geoffroy Père) le cite dans ses Formules de 1769 ; en 1779, il figure parmi les médicaments de l'hôpital et des coffres de mer confectionnés par l'apothicairerie de Brest. Liste des drogues utilisées pour l'hôpital de la marine de Brest et pour les coffres de mer en 1777.  et    Les plantes et drogues utilisées à l'hôpital maritime de Brest en 1769. Ce Roi des végétaux, cette Panacée végétale (Geoffroy, page 46) est "apéritif, digestif, résolutif, et un peu astringent. Il atténue la masse du sang, li recrée les esprits, c'est pourquoi on l'appelle cordial, et on le prescrit dans la syncope, les palpitations, et aussi contre les poisons [etc... etc...]".



 

 

Synonymes.

Colias crocea Geoffroy, 1785

Colias crocea (Fourcroy, 1785) 

Colias croceus (Fourcroy, 1785)

Colias edusa (Fabricius, 1787)

Papilio croceus Geoffroy in Fourcroy, 1785

Papilio edusa Fabricius, 1787

 

Papilio (Danai (Candidi)) edusa Fabricius, 1787

      Fabricius, J. C. 1787. Mantissa insectorvm sistens eorvm species nvper detectas adiectis characteribvs genericis, differentiis specificis, emendationibvs, observationibvs. Tom. II. - pp. [1], 1-382. Hafniae. (Proft).page 23 .

le nom Edusa désigne une divinité de la Rome antique de type indigitamenta, lorsque la religion romaine était de type animiste et disposait de divinités mineures pour toutes les activités domestiques : Edusa était la "déesse de la nourriture qui veillait sur les jeunes enfants lorsqu'ils mangeaient leurs premiers aliments solides." (wikipédia). Son nom provient du verbe latin edo, edere, "manger", lui-même issu comme le grec ancien  ἔδω, edô  de l’indo-européen commun *h₁ed-, heĝh-. Voir eat en anglais et essen en allemand. 

  Une divinité proche est Edulica, la protectrice des enfants, qui donne son nom à un genre de pyralidae.

 L'adjectif edulis, issu du même verbe edere, signifie "comestible" : il sert d'épithète au Cèpe de Bordeaux Boletus edulis, parmi de très nombreux autres exemples.

 Tout cela n'indique pas que les papillons du genre (caduque) edula aient un rapport à la nourriture, mais seulement que, lorsqu'il est le nomenclateur de milliers d'espèces d'insectes, un auteur fasse appel aux gisements inépuisables de noms de la religion et la mythologie antique, comme une réserve d'étiquettes numérotées. 

 

Edusa Gold : un personnage de Nabobov... et sa sœur Electra.

  Dans le roman Lolita de Nabokov, 2nde partie, chap. XV,(page 1027 de l'édition Pléiade) Humbert Humbert et Lolita, en voiture, croisent dans une autre voiture "une jeune femme mince et cependant athlétique et d'une éclatante beauté (ou l'avais-je vue) avec un teint florissant et des cheveux cuivrés et brillants qui lui descendaient jusqu'aux épaules" dont Lolita donne le nom : Edusa Gold. Sous la plume du passionné de lépidoptères qu'était Nabokov, ce nom évoque immédiatement le Papilio edusa de Fabricius, et je n'ai pas été surpris de voir cette idée partagée par Dieter E. Zimmer dans sa page web consacrée aux papillons de Nabokov. : http://www.dezimmer.net/eGuide/Lep2.1-D-E.htm.

  Si on en doutait, on en trouve une confirmation au chapitre XX (p. 1051) :" Comme me l'avait dit la sœur d'Edusa, Electra Gold". On trouve dans l'Encyclopédie méthodique vol. 9 de 18 la description de Coliade edusa page 101-102, suivie page 103 par celle de la Coliade Electre, Colias Electra "du Cap de Bonne Espérance", décrite par Linné dans son  Systema Naturae 1767 p. 764 n° 101.

 Curieusement, alors qu'une note du "The annotated Lolita " d'Appel signale que Nabokov expliquait que cet Electra était "un proche allié du papillon nommé Souci [Colias croceas]",  Dieter E. Zimmer a recherché en vain une piéride nommée electra et ne résoud pas la devinette.

 En réalité, le jeu de mot onomastique est voilé par le fait que Nabokov, au lieu de choisir le nom d'une espèce du groupe des Cuivrés (Copper) pour nommer ces deux filles bronzées dont l'une est une  resplendissante monitrice de tennis, puise dans le groupe des Coliades (Yellows) qui sont certes Soufré, Ambré, Fluoré et Souci, mais qui sont moins adaptés que les Cuivrés, dont le Cuivré commun que Geoffroy nommait le "Bronzé". D'autant que, dans le contexte d'érotisme langagier du roman, ces Lycénines contenaient L. virgauraea, Cuivré de la Verge d'or que Nabokov fait apparaître pour sa nouvelle The Eyes (écrit en russe en 1930 mais traduit en anglais en 1965).



 La forme Colias crocea helice Hübner 

Si le dimorphisme sexuel de l'espèce est notable, le polymorphisme de la femelle l'est encore davantage, et Hübner a décrit le morphe Helice (du grec ε ́ λ ι ξ, -ι κ ο ς « spirale »)  d' une femelle particulièrement blanche.

Le nom helice peut provenir (Hürter, 1998)  soit de la ville de Helike, du Mont Helikon en Béotie, (en spirale, tortueux), lieu de villégiature des muses ; soit de Helike fille de l'une des Danaïdes, soit du nom de la fille de Lychaon,; soit (Spuler) de celui d'une des nymphes nourricières de Zeus, identifiée à Callisto. Kronos la poursuivie pour la punir d'avoir élevé Zeus, et il la transforma en une constellation, la Grande Ourse. Ou encore, sur le mont Cithéron en Béotie, les deux frères Helikon et Kithairon s'étaient livrés à un concours de musique relaté par Corinne, la poétesse béotienne. Vaincu, Helikon se donna la mort. (ici).

  Le plus simple semblerait de rapprocher ce nom  de la phalange des Heliconii de Linné, mais Coleas croceus appartient plutôt à la phalange des Danaïdes, Candidi.

A défaut, je laisse cette Helike polymorphe parmi les muses, à jouer de l'hélicon sur le mont Hélikon.

 C. Oberthür  a aussi  nommé helicina une forme femelle plus blanche qu'orange (1880; Bull. Soc. Ent. Fr.: 145).

 

                II. Noms vernaculaires.

 

 1. Le Souci, Geoffroy, 1762.

 Le Souci, variété A et B,  Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 75 n°48.

 Geoffroy (comme Petiver avant lui) décrit le mâle et la femelle comme deux variétés : 

  La première A est en dessus de couleur de souci, avec une large bordure noire, plus étroite cependant aux ailes inférieures. De plus, les ailes supérieures ont dans leur milieu une tache noire ronde qui tranche sur la couleur souci, et les inférieures ont dans le haut une tache de couleur fauve assez vive.

 

La seconde B diffère de la première, en ce que la bordure de ses ailes est moins noire et plus large, et qu'elle est panachée de taches citronées, au nombre d trois ou quatre sur chaque aile, tant supérieures qu'inférieures. Elle paraît être simple variété de la première.

 J'extrais les qualificatifs en rapport avec la dénomination : "couleur de souci" puis "la couleur souci". 

  On voit que Geoffroy ne donne pas à son papillon le nom de la plante, mais un nom de couleur :  il n'écrit pas " la couleur du souci " ou bien "jaune comme le souci" mais emploie le nom du Calendula métaphoriquement, avec suppression du terme comparatif comme.

  Est-il l'auteur de cette métaphore ? La "couleur souci" appartenait-elle dèjà au vocabulaire ? 

  L'Académie française donne dans son Dictionnaire de 1694 : "SOUCI : Sorte de fleur jaune, qui a une odeur forte. Un bouquet de souci, couleur de souci, il est jaune comme un souci." Puis, dans l'édition de 1718  :"On dit proverbialement « être jaune comme souci » pour dire « avoir le visage extrêmement jaune » ".

On en trouve un exemple dans Le Teinturier parfait de 1708 : " le jaune d'or, l'aurore couleur de souci, l'orange nacarat, la fleur de grenade , le ponceau et la couleur de feu"

  Le nom de couleur va s'affranchir de l'article et se nommer "couleur souci" : 

— "La seconde espèce [de capucines] s'appelle grande , d'autant que sa feuille & sa fleur font plus grandes du double que la première ; sa tige s'élève aussi plus haut sa fleur est veloutée , de couleur souci , veinée de rouge."  de Combles, L' Ecole Du Jardin Potager, 1749.

— "dans tous les temps de l'année plusieurs fleurs bien nuancées de différentes couleurs , d'un jaune pâle , ou de couleur de feuille morte , parsemée de gris , avec un contour de couleur Souci." É. Ganeau , ‎F. Plaignard - 1750 Mémoires pour L'Histoire des Sciences et des Beaux Arts  page 173.

 — "L'hyacinthe ..sa couleur est celle d'un rubis un peu orangé ; celle du Portugal tire sur le souci, et est un peu plus tendre". Histoire naturelle, d'Argenville 1755 (minéralogie).

 —  l'auteur décrit la substance que l'on tire de Naples pour la peinture : le Giallolino qui est « jaune-souci comme le soufre » et « cette substance qui, avait une belle couleur souci, est devenue couleur citron pâle » Histoire de l'Académie royale des sciences 1769.

 

 Une fois encore, le talent littéraire de Geoffroy est évident : non seulement il évite soigneusement les termes qu'ont employé ses prédécesseurs étrangers (le safran de james Petiver, il esquive la tentation de la traduction simple de Crocea par un benêt "Le Crocus", mais il va chercher, dans le vocabulaire des coloristes, ce qualificatif exact de la couleur des ailes, proche de celle du soufre. Comme il l'a fait pour Le Citron et L'Aurore, il utilise un nom de couleur qui est en elle-même évocatrice d'autre chose, et qui fait image. Il faut, pour déguster sa métaphore, comprendre l'ellipse Le [papillon couleur] Souci, avec ses évocations de teintes d'étoffes, de pierres précieuses, de carnation (ictérique), de fleurs choisies, à une époque où on parlait encore de taffetas gommés puce et noisette, de rubans paille, de souliers pistache, de garnitures jonquille, de ceinture soufre, de "gants demi-longs entourés d'une petite corde souci et blanche", de rideaux ponceau ou de nappe cerise.

N.B : comme tout nom propre, le nom Souci doit rester invariable au pluriel.

Les auteurs cités par Geoffroy sont Aldrovandi Insectes page 242 fig 6 ; Petiver, gazophylacium [1702], tableau 14 n°11 Papilio croceus apicibus nigricantibus et  Roesel Insectes vol. 3 tableau 46 fig. 4 et 5.

  La fleur jaune qui porte le nom de Souci et qui a donné son nom à la couleur est une Composée, Calendula officinalis, très connue par les pharmaciens (l'arrière-grand-père, le grand-père et l'oncle de E-L. Geoffroy) et par les médecins (lui-même et son père), qui la décrivent dans leurs Codex et Matières Médicales.

  Le nom Souci vient  du bas latin solsequier, qui signifie, "tournesol",  "qui suit le soleil" car les inflorescences du souci s'ouvrent à l'ascension de l'astre du jour, et se ferme quand il se couche.

 De même, le Calendula tire son nom du cours du soleil, car il vient de Calende, le premier jour de chaque mois "parce que  ses fleurs se renouvellent tous les mois." Selon Nicolas Lemery (d'une grande famille de pharmaciens et médecins proches des Geoffroy) :"cette plante a été appelée Calendula , parce qu'elle fleuri aux premiers jours des mois appelés calendes". Le calendula pluvialis, lui, annonce la pluie en se fermant : le contraire du parapluie


 2. Le Souci , Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 226 planche 124 n°111 et page 297 planche 79 supplément 25 fig. 11 f-g. par J.J. Ernst,  1779. 

  "Le milieu des ailes supérieures est d'un souci un peu plus pâle qu'en dessous".

 

 

 3. P[apillon] Souci Walckenaer 1802.

Walckenaer Faune parisienne 1802 page 268. Le nom scientifique est encore celui de Linné, Papilio hyale.


 4. Coliade Édusa , Latreille et Godart 1819.

   Latreille (P.A) Godart (J.B), Encyclopédie méthodique. Histoire Naturelle. Entomologie, ou histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes. Vol. 9. Paris : Vve Agasse,1819 828 pp,  page 100.

 Latreille a formé son groupe Coliade en le calquant sur le genre Colias de Fabricius ; Godart donnera en 1823 la précision "Partie des Danaïdes blanches (Linné)" pour rappeler la classification initiale où Linné (1758) avait séparé ses Danaïdes (Papilio Danaus) en Candidi ("blanches" mais aussi jaunes) et en Phalerati (bariolées). Ces Candidi sont désormais réparties en Piérides (blanches...) et en Coliades (jaunes). 

 Godart, sous l'influence de son maître Latreille, ami de Fabricius, respecte le nom de l'auteur danois. 

5.  Coliade Souci Godart 1821.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823 page 48-1 n°5  planche 2 secund peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin.

 Comme il le fait parfois, Godart abandonne le nom utilisé en 1819 avec Latreille pour un nom francophone, et se place sous le drapeau de Geoffroy en reprenant son nom de Souci ; mais, comme toujours, il respecte sa régle d'une structure binominale avec le genre Coliade de Latreille en premier. Il reprend aussi le vocable de Geoffroy : "Le dessus des ailes est d'un jaune-souci."


 

 Ce nom a été repris par J.V. Audouin 1823 ; Pierre Boitard 1828 Bory de Saint-Vincent 1823 ; Boisduval, Rambur et Graslin 1832 ; Hippolyte Lucas 1834 ; P.A. Duponchel en 1849 ; A. Dupuis 1863 


6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose "Le Souci" en unique nom vernaculaire. Le site du Muséum INPN donne le seul et même nom. 


7. Noms vernaculaires contemporains :

— Oberthür et Houlbert dans la Faune armoricaine (1912-21) utilise le nom scientifique C[olias] edusa pour désigner cette espèce, avant d'utiliser des formules comme "en Ille-et-Vilaine, nous voyons edusa...à Rennes, un nombreux passage d'edusa, ... la grande année des edusa". Le beau nom dédaigné du Souci n'est présent qu'en légende d'une méchante illustration, gratifié d'un "Le Souci de Geoffroy" qui le renvoie ad patres. Oberthür utilisait donc encore, 40 ans après que l'antériorité du croceus de Geoffroy ait été révélée, le vieux vocable edusa !

 Ce langage scientiste est révolu, et on lit avec plaisir C. Perrein et al. citer le texte d'Oberthür en corrigeant : "En Bretagne, au début du siècle, il était assez exceptionnel de rencontrer un Souci au printemps (Oberthür, 1909)" (Exceptionnels, les Souci ? Eh oui, on ne trouvait plus que des edusa !).

Malgré ma mauvaise humeur, je pointe, dans le texte d'Oberthür et Houlbert, la notion d' "années edusa", car les auteurs anglais utilisaient la même expression d' Edusa Years" pour saluer les explosions migratoires massives et spectaculaires, comme celle de 1932, 1943 et 1955, ou celles, selon les sites, de 1821, 1828, 1835, 1842, 1877, 1900, 1947, 1949, 1983, 1992, 1994, 1996 et 2000 ! 

 

 


—Bellmann / Luquet 2008 : espèce non présentée. 

— Blab / Luquet 1988 : Le Souci.

— Chinery / Luquet  2012 : Le Souci.

— Doux & Gibeaux 2007 : Le Souci.

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : Le Souci.

— Lafranchis, 2000 : Le Souci.

— Perrein, 1012 : Souci.

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : Le Souci.

— Wikipédia : "Le Souci".

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  • Dark Clouded Yellow ou Common Clouded Yellow en anglais
  • Der Postillon, ou PostillionGroßes PosthörnchenGelbes Posthörnchen, Wander-Gelbling ou Wandergelbling ou Orangeroter Kleefalter en allemand. (le postillon, le grand cor de postillon , le cor de postillon jaune, le randonneur jaune, le papillon rouge-orange du trèfle) 
  • Oranje luzernevlinder en néerlandais (le papillon orange de la luzerne)
  • GroguetaLa grogueta ou papallona del alfals en catalan (le jaune, le papillon de la luzerne).
  • yw llwydfelyn en gallois (le gris jaune).
  • Buighag ny shamrag en mannois (gaelg)
  • Kolia arrunt en basque (euskara) (le Colias commun)
  • Etelänkeltaperhonen en finnois. (papillon jaune du sud)
  • Vandregulvinge en norvégien.
  • Oranje Luzerneflinter en frison (papillon orange de la luzerne).
  • Oranje luzernevlinder en néerlandais.
  • Stepinis gelsvys en lituanien (Lesser soufre)
  • Желтушка шафрановая, Zheltushka safran,safran jaunisse en russe.
  • Zhaltushka en bulgare
  • Navadni senožetnik en slovène
  • Rödgul höfjäril en suédois (jaune rougeâtre clouded). 
  • Colias común, amarilla en espagnol
  • Sarı azamet en turc (Grandeur jaune).
  • Orange høsommerfugl en danois (l'orange opacifié).
  • Szlaczkoń siarecznik en polonais.

 

D'où vient le nom allemand de "Postillon" ? Est-ce une comparaison à la tenue jaune de l'uniforme des anciens postiers allemands, ou bien, comme le laisse entendre les noms de Posthörnchen*, une allusion (que je ne comprends pas) au cor de postillon**, semblable peut-être à la trompe du papillon ? [ Sur lepiforum, je trouve ceci, qui indique que les allemands eux-mêmes ne comprennent pas mieux le nom de Postillon, qu'ils pensent d'origine française :Über die Richtigkeit der Schreibweise für den Falter - "Postillion" oder "Postillon" - (Letzteres, da der Name ja aus dem Französischen stammt) ist schon viel diskutiert worden. Das wird wohl weiterhin jeder so halten, wie er will. "Wandergelbling" oder "Wander-Gelbling" wäre eine salomonische Lösung. Ansonsten gibt es noch die Namen: "Posthörnchen“, „Achter“, „Wander-Heufalter“, „Orangeroter Kleefalter"]

* Le  mollusque Gyraulus albus (O.F. Müller, 1774) : Weisses Posthörnchen évoque le cor par sa coquille en spirale, tout comme Spirula spirula, Das Posthörnchen.

** La Sérénade no 9 KV 320 en ré majeur de Mozart, est dite «Posthorn» car c'est un cor de Postillon qui tient le second solo du second menuet.

         Der Postillon                                                      images?q=tbn:ANd9GcRcbpPTwCVHdUU3REyji27image : telefonmuseumgehrer.beepworld.de

 

                            220px-DDR-1964-002.jpg

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

Première illustration : Mouffet, 1634, Insectorum theatrum page 100.

  • The Saffron Butterfly : male, Petiver 1703 ; Ray, 1710 ; Berkenhout 1769 ; Harris 1775 ; Newman et Leeds 1913.
  • The Spotted Saffron Butterfly : female, Petiver 1717 ; les deux sexes : Newman et Leeds 1913.
  • The Clouded Yellow : Wilkes, 1741-42 ; Harris, 1766 ; Jermyn, 1824 ; Coleman, 1860 ; et la plupart des auteurs suivants.
  • The Clouded Orange : Lewin, 1795.
  • The White Clouded Yellow (ab.helice) : Haworth, 1803 ; Jermyn, 1824 ; Rennie, 1832.
  • The Clouded Saffron : Rennie, 1832 ; Coleman, 1860.
  • The Common Clouded Yellow : Yeslop, 1959.

 J'interprète le nom anglais Clouded Yellow (littéralement "le jaune nuageux, assombri") comme décrivant l'encadrement noir des ailes jaunes.

 

Liens et Sources.

Funet : Colias .

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : le Souci.

Images : voir les superbes dessins de Hübner :http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Jacob_H%C3%BCbner 

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. 213 http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/69604#/summary 

 

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

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— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

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— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

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— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou ,n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p.

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SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

—SPULER  (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL:http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

— TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789).https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.

      Liste complète des références des auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 :http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Latreille et Godart 1819 :  https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologiacarniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaerhttp://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

                

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:56

   Zoonymie (origine du nom) du papillon                 la Belle Dame, Vanessa Cardui (Linné, 1758).

      [Cynthia cardui (Linné, 1758)].

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.


Résumé.

— Vanessa (Fabricius, 1807), nom de genre choisi par Fabricius comme équivalent d'un épithète de la déesse Vénus, et qu'il a emprunté au poème autobiographique de Swift Cadenus et Vanessa (1713). L'un des zoonymes les plus passionnants par ses multiples résonances et par l'emploi romanesque qu'en a fait le romancier et spécialiste des lépidoptères Vladimir Nabokov.

— Cynthia (Fabricius 1807) : est un des épithètes de Diane, selon A.M. Emmet. J'y vois plutôt la courtisane aux charmes de laquelle Properce, au début de notre ère, consacra ses Élégies.

— cardui (Linné, 1758) : du latin "chardon" qui désigne l'un des genres des nombreuses plantes-hôtes (Carduus nutans, Carduus pratensis, etc.).

— nom vernaculaire : "La Belle Dame", créé en 1762 par Geoffroy en traduction du Bella donna de Linné 1746 ou du papilio bella donna de Petiver (1699) reprend un nom latin plus ancien encore qui célébrait la beauté exceptionnelle des ailes en l'associant avec celle des élégantes qui utilisait la belladone Atropia belladona (Belle Dame) pour dilater leurs pupilles. Le nom est repris par le R.P. Engramelle en 1779, mais l'influence du nom scientifique linnéen va se faire sentir avec Walckenaer en 1807 (Le Papillon du chardon) puis  avec le premier nom de Godart, sa "Vanesse du chardon". Il corrige ce choix en 1821 et sa "Vanesse Belle Dame" est l'un des sommets de l'onomastique entomologique, réunissant tout l'éventail des sonorités de la célébration de Vénus. Depuis G.C. Luquet, "la Vanesse des Chardons" comme nom principal, et comme nom accessoire "la Belle-Dame"  en ex aequo avec "la Vanesse de l'Artichaut" (sic); "la Vanesse du Chardon", et "la Nymphe des Chardons".  

 

 

 


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

Nymphalidae, nymphalinae, tribu Nymphalini.

a) la Famille des Nymphalidae Rafinesque 1815. (fr. Les Nymphalides, angl. Brush-footed Butterflies).

 Rafinesque, C.S. 1815: Analyse de la nature, ou tableau de l'univers et des corps organisés. Palerme. L'Imprimerie de Jean Barravecchia. en français, 224 pp page 127. "Les Nymphales, quatre pattes droites, quatre pattes ambulatoires". Les Nymphales sont, pour Rafinesque, une Sous-famille de la famille Ropalocera ; elle comporte alors 23 "genres".

  Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) est un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, qui a passé son enfance à Marseille avant de s'installer à Palerme comme herboriste. puis à Philadelphie. 

  Ce grand collectionneur en histoire naturelle s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. Grand admirateur de Linné, nom dont il prénomme son fils, il débute son Analyse de la nature par cette dédicace : "La nature est mon guide, et Linneus mon maître".

  (Cette famille comporte actuellement 13 sous-familles.

 Son nom vient de Nymphales, nom de la quatrième phalange de la nomenclature de Linné, aux ailes dentelées (alis denticulatis) et divisée en gemmati (ailes ocellées) et phalerati (ailes ornées). Le nom est dérivé du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille » et désigne dans la mythologie grecque les divinités féminines de la nature, généralement considérées comme les filles de Zeus et du Ciel, remarquablement belles, et qui peuplaient la plupart des lieux naturels: forêts et bois, vallées fertiles et bocages, sources et rivières, montagnes et grottes…   

 

 

b) Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827 (Les Nymphalines ; Admirals ou Tortoiseshells en anglais).

William Swainson 1827, ("A Sketch of the Natural Affinities of the Lepidoptera Diurna of Latreille". — Phil. Mag., n. s. 1 (1): 185, 187); genre-type: Nymphalis Kluk, 1780.  

Elle comporte les Nymphales, les Sylvains, les Nacrés ou Argynnes, les Vanesses, les Damiers et les Mélitées.

William Swainson (1779-1855) est un ornithologue, collectionneur (20 000 insectes...) et surtout illustrateur d'histoire naturelle auteur des Zoological Illustrations où il initie l'emploi de la technique de lithographie.

c)  Tribu des Nymphalinii Rafinesque 1815 ou Swainson, 1827 


2. Nom de genre : Vanessa Fabricius, 1807 (ou Cynthia, ex Pyrameis).

 

Le genre Vanessa a été créé par Johan Christian Fabricius en 1807 dans l'article suivant : "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges""Nach Fabricii systema glossatorum Tom 1" , in Johann Karl Wilhelm Illiger*, Magazin für Insektenkunde, Karl Reichard Braunschweig [Brunswick] (6) page 281. L'espèce-type, celle sur laquelle se base la description, est  Papilio atalanta Linnaeus, notre Vulcain.

*Illiger est le fils d'un marchand de Brunswick. Il fut l'élève de Johann Hellwig (1743-1831), un célèbre entomologiste. Le comte  von Hoffmannsegg (1766-1849), naturaliste et grand collectionneur, remarque alors le jeune homme et lui confie, afin qu'il les étudie, ses collections zoologiques. Illiger continue d'étudier les insectes et fait paraître la revue Magazin für Insektenkunde de 1802 à 1807. Les recommandations de Fabricius, de l'université de Kiel, lui valent un titre de docteur honoraire en 18061. Lorsque le musée zoologique de Berlin ouvre ses portes en 1810, Hoffmannsegg lui donne le poste de conservateur, fonction qu'il conservera jusqu'à sa mort.

 

  L'histoire de la publication du Systema glossatorum de Fabricius est en elle-même le petit roman tragique et complexe d'un manuscrit perdu. Ce nom de Systema glossatorum suppose d'abord que l'on sache que Fabricius, dont la classification des insectes reposait sur la structure des pièces buccales  utilisait le terme de Glossata (les Glossates) pour désigner les Lépidoptères, ou Papillons : en d'autres termes, il s'agit de sa Classification des Lépidoptères, la dernière de sa série des Systema après Systema eleutheratorum [les coléoptères] Kiliae 1801, Systema rhyngotorum [les hémiptères], Brunsvigae 1803, Systema piezatorum [les hyménoptères], Brunsvigae 1804 et Systema antliatorum [les diptères], Brunsvigae 1805.

 Le manuscrit du dernier des Systema a été terminé le 4 mars 1806 et envoyé à Reichard, le même éditeur que les précédents à Brunswig, et qui éditait aussi le Magazin für Insektenkunde d'Illiger.  C'est dans la sixième et dernière parution de cette revue que Illiger écrivit un article sur "La dernière classification par genre des papillons des genres linnéens Papilio et Sphinges", Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges (cité supra, 1807 pp 277-289), anticipant la parution du premier volume de la Systema Glossatorum, annoncée pour Pâques 1808. Quant à Fabricius, il donna un résumé de son ouvrage dans  "Zeitung fur Literatur und Kunst in den Konigl. Danischen Staaten," Kiel, 11. Sept. 1807 (pp. 81-84) sous le titre: "Etatsrath Fabricius Rechenschaft an das Publikum fiber seine Classification der Glossaten. Joh. Christ. Fabricii systema glossatorum, Vol. I "

  Hélas, avant que ne paraisse le livre, l'éditeur fit faillite, et ses créanciers saisirent le matériel et vendirent les travaux en cours à des chiffonniers. On ignore ce qu'est devenu le manuscrit original de Fabricius, mais néanmoins, les sept premiers feuillets déjà imprimés de son livre ont été conservés, en trois exemplaires. L'un de ceux-ci  est maintenant à la Bibliothèque du Musée zoologique de Berlin : elle comporte les pages 1-112 avec la page de titre et s'intitule Systema glossatorum, sans mentionner "volume I". Elle a fait l'objet d'un fac-similé publié par F. Bryk en 1938. Un autre exemplaire appartenait à K.A Dohrn à Szczecin [Stettin], qui l'a légué au Musée zoologique de Szczecin ; après la seconde guerre mondiale, il devint la propriété de la Bibliothèque Royale de Copenhague. Il comprend les pages 3-112, sans la page de titre. Enfin, l'American Museum of Natural History de New-York  détient depuis au moins 1903 le troisième exemplaire. Il ne se compose que des pages 1-80, page de titre incluse. 

  Comme Dohrn signale que le numéro 6 de la revue d'Illiger avait brûlé lors d'un incendie chez l'imprimeur, Brik pense que le manuscrit de Fabricius a été détruit lors du même incendie. Ce manuscrit ne devait porter que sur le volume I, puisque la liste des genres, par laquelle Fabricius débute (page 9-12) ne comporte pas les Noctuidae et les Geometridae.

 Felix Brik (1938) sembla avoir utilisé une épreuve de la bibliothèque de la Berliner Naturforschung Gesselschaft, publiant un fac simile qui apporte les noms de nouvelles espèces par rapport à Illiger. (J Chr Fabricius Systema Glossatorum Nature 143, 784 (13 Mai 1939). Par son Opinion n° 137 du 30 octobre 1942, l'ICZN établi que les noms génériques publiés par Illiger sont à créditer à "Fabricius (in Illiger), 1807" et par extension de l'Opinion n° 137, les noms triviaux du fac-similé de Briks sont indiqués "Fabricius (in Brik), 1938".  

 

 Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes.

    Dans son genre n° 11, Cynthia, Fabricius cite en exemple les Papilio Arsinoë, Interrogationis, Oenone, Jatrophae Cardui, Alliovia et annonce 95 espèces au total.

  Dans le genre n° 12, Vanessa, Fabricius classe les Papilio Io, atalanta, urticae, et levana et un total de 30 espèces annoncées.

 Ceux effectivement décrites dans les pages de Fabricius étaient io, antiopa, bibla, cacta, protogenia, amestris et lamina .

  Puisque le genre Cynthia, et son espèce cardui, étaient décrits en 1807, ce nom aurait du s'imposer, par son antériorité, à celui de Vanessa cardui, où l'espèce fut plus tard classée. Mais, "pour des raisons sentimentales" (qu'elle ignore d'habitude), en 1944, la Commission internationale sur la règle de nomenclature zoologique ICZN a décidé qu'une exception devait être faite et que le genre Vanessa, plus connu, pourrait être gardé. Nabokov a fait remarquer à ce sujet: " Sur un strict et à mon avis et en nécessaire application de la loi de priorité, le nom Cynthia F. (1807) et Westwood (1840 ; Type : Papilio cardui L.) aurait dû prendre le pas sur Vanessa F. Le ICZN a décidé autrement ( pour des raisons sentimentales ) " (les Papillons de Nabokov, p. 596 cité par Zimmer 2012).   

Sources du paragraphe: 

 SL Tuxen Annu Rev. Entomol.1967,  http://www.annualreviews.org/doi/pdf/10.1146/annurev.en.12.010167.000245

Voir aussi Taeger, Nota lepidopterologic 2001

 https://archive.org/stream/notalepidoptero242001soci#page/n89/mode/2up/search/fabricius

 Zimmer, 2012 http://dezimmer.net/eGuide/Lep2.1-T-Z.htm

 

 

Étymologie des mots Vanesse et Vanessa.

1) Selon A. M. Emmet (1991),

"le nom vanessa est issu du poème de Jonathan Swift Cadenus et Vanessa, (1726, en ligne) dans lequel le prénom Vanessa est un déguisement pour Esther Vanhombrugh [sic : corrigez en Vanhomrigh]. Comme d'autres noms créé par Fabricius, il a été un casse-tête pour les commentateurs, Sodoffsky le corrigeant en 1837 en Phanessa, du verbe grec phainein, "briller", phane, "torche", et phanos, "lampe". Dans cette recherche d'un nom convenable pour cette famille de papillon brillamment colorés, ces mots grecs ont pu traverser l'esprit de Fabricius qui, faisant appel à ses habituels jeux de mots, choisit un mot qui fait écho à leurs sonorités. La littérature anglaise lui était familière à la suite de ses divers séjours en Grande Bretagne et il a pu souhaiter témoigner de sa reconnaissance en faisant appel à un auteur anglais plutôt qu'à un auteur classique."

 2) Sodoffsky (1837) page 80 :

"Vanessa : Besser, Phanessa. In der griechischen Mythologie, sowie in der ägyptischen, war phanos, der Liebesgott, der Beiname von Amor. Phanesse wäre demnach der weibliche Liebesgott, mithin die in dieser Schmetterlings-Abtheilung, regierende Venus" ( Vanessa, ou, mieux, Phanessa. Dans la Mythologie grecque, mais aussi égyptienne, Phanos, le dieu de l'amour, le surnom d'Amour/Cupidon. Phanesse serait donc sa parèdre, la déesse de l'amour, et donc, dans cette classification des papillons, la classe de Vénus.

 

3) A. Spuler (1901-1901) :

"Vanessa : wohl von  φαίνω Glanz, wegen der schönen Färbung der arten, abgeleitet." (Vanessa : probablement dérivé de  φαίνω, «éclat» en raison de la belle coloration des espèces.

4) G. Ramann (1870-76) :

"Ob dieser Name wohl von vanesco vergehen, verschwinden abzuleiten sein dürfte. Also falter , weiche  in ihrem Flug rasch kommen und rasch verschwinden" (Probablement du latin vanesco, "s'évanouir, de dissiper, disparaître", pour qualifier la façon dont ces papillons, par leur vol, s'éclipsent rapidement).

5) Johannes Leunis, Synopsis des naturgeschischte, Hanovre, 1860 p. 524 :

"richtiger Phanessa, von phanos, fackel, Sonne". (Correctemment phanessa, du grec phanos, "torche", "Soleil").

6) Glaser cité par Hürter :

"Eckige ...Flügel, die sie eitel (vanessa von vanus) in der Sonne öffnen und schliessen , als ob damit prunkend". (place leurs ailes comme si elles s'ouvraient et se refermaient en vain (Vanessa : de vanus, "vain") ostensiblement au soleil.

7) Spannert, cité par Hürter :

"eigenschaftwort aus vannus  schwinge  gebildet ; der wegfall  eines consonanten findet sich häufig... Der Gattung zeichnet  sich besonders  durch den überaus  stark geschwungenen Saum der Flügel, namentlich der vorderen, aus. Die überwiegende Mehrzahl  der Tagfalter hat ganzrandige Flügel. Bisherige Ableitungen phaino , glänze, phano  Fackel, Sonne, Leunis" (le mot est formé sur le latin vannus "van", d'après une caractéristique des ailes, et la perte d'une consonne est fréquente ... Le genre est caractérisée par le bord très fortement incurvé  de l'aile, en particulier à l'avant.)

8) Dictionnaire français CNRTL  :

" Étymol. et Hist. 1810 (Latreille, Considérations gén. sur l'ordre naturel des animaux, p. 354 ds Quem. DDL t. 25). Du lat. sc. mod. vanessa, nom donné par Fabricius à un genre de Lépidoptères diurnes (1807, Mag. f. Insektenk., 6, 281 ds Neave), mot d'orig. obsc. (FEW* t. 21, p. 278b). D'apr. Guir. Lex. fr. Étymol. obsc. 1982, vanesse représenterait le lat. vanities « vanité, frivolité »."

 *FEW désigne l'ouvrage suivant : Walther von Wartburg " Französisches Etymologisches Wörterbuch. Eine Darstellung des galloromanischen Sprachschatzes". Leipzig 1922 en cours de publication.

9) Le Robert historique de la langue française 2010 :

VANESSE n. f. est un emprunt (1810) au latin scientifique vanessa (1807), d'origine inconnue, que P. Guiraud rattache au bas latin vanities « vanité, frivolité », dérivé du latin classique vanus (→ vain)". 

10) Pierre Guiraud, Dictionnaire des étymologies obscures, Payot 1982 page 519 :

  "Vanesse, espèce de papillon, 1836. Étymologie inconnue (B.W). Vanesse représente le latin vanities,« vanité, frivolité », sous une forme dialectale ou, plus vraisemblablement, savante (sans dégagement de yod en avant). Nul nom ne convient mieux au genre des vanessides, espèce de papillons remarquables par leur vol rapide et sautillant, leur beauté, leurs riches et élégantes couleurs ; parmi lesquels la belle dame, le paon du jour."


Étude critique.

1. Vanessa et Jonathan Swift : 1713.

  L'hypothèse suggérée par Emmet est séduisante, qui considère que Fabricius rend hommage par son genre Vanessa au personnage éponyme d'un poème, Cadenus and Vanessa, que Jonathan Swift (1667-1745) a écrit en à Windsor en 1713 mais qui n'a été publié qu'en 1726. C'est une origine parfois admise du prénom Vanessa, très prisé aux États-Unis, mais qui n'est apparu qu'à partir de 1970. (En 1998-99, ce prénom faisait partie du top 10 en Allemagne à la 8 et 9e position).

  Effectivement, le danois Johannes Christian Fabricius (1745-1808)  a séjourné en Écosse puis à Londres lors d'un voyage de 1766 qui le mena ensuite en Italie pour examiner les collections d'Aldrovandi. Puis, de 1772 à 1775, il passe ses étés à Londres où il étudie notamment les insectes rapportés par Solander et Banks de leur voyage. Mais à partir de 1790, il séjourne tous les étés à Paris, étudiant cette fois la collection entomologique d'Olivier et devient ainsi l'ami de Pierre André Latreille (1762-1833), l'auteur du genre Vanesse. 

 

  Emmet aurait pu étayer sa thèse non seulement sur ces séjours londoniens, mais aussi sur le goût de Fabricius pour les jeux de mots, qui aura pu en faire un amateur de l'onomastique de Swift. Car aucun auteur, à ma connaissance, n'usa et n'abusa comme Jonathan Swift du privilège de baptiser ses personnages et les lieux où il les fait évoluer à sa guise, conjurant l'arbitraire des signes en nouant dans chaque nom des clefs et des secrets, des citations occultes, des messages codés pour déjouer les censures, des doubles sens contradictoires, des allitérations sibyllines.

En outre, Fabricius a confié qu'il avait puisé les noms de genre qu'il a créé pour ses papillons diurnes dans le (vaste) répertoire des épithètes de Vénus (ou Aphrodite pour les grecs) alors que ses genres de papillons de nuit recevaient les surnoms de Diane/Artémis, déesse lunaire:

  Fabricius, dans sa présentation du Systema glossatorum ( déjà cité, in Zeitung für Literatur und Kunst in den Königl . Dänischen Staaten [ Kiel ] , Septembre 11 1807, p. 83), donne des indications précieuses sur ses règles d'attribution des noms : il écrit qu'il est en train de changer un certain nombre de nom donnés par Linné car il souhaite faire apparaître le nom de la plante hôte. "Les noms de genre ne posent pas de problèmes importants, il faut seulement éviter qu'ils soient trop longs, et qu'ils ne soient pas déplaisants à l'oreille. Pour les papillons de jour, j'ai choisi différents épithètes [cognomina] de Vénus, et pour les papillons de nuit, ceux de Diane. Ils semblent être les plus appropriés. Leurs homologues grecs [qualificatifs d'Aphrodite ou d'Artémis] ont tendance à être durs, longs et désagréables."


Nous allons voir que Vanessa peut passer pour un néo-épithète de Vénus, désignant une "créature de Vénus", sorte de Venussa depuis la parution du poème de Swift.

 

b) Swift et Cadenus et Vanessa.

Dans le poème Cadenus et Vanessa, on lit habituellement que Cadenus serait l'anagramme de Decanus, "chef de file de dix", ou dean,  "doyen", mais Swift ne devint doyen de la cathédrale Saint-Patrick de Dublin qu'en 1713, alors que le poème a été composé en 1712. Vanessa réunit Van (homrigh) et Hessy, le diminutif d'Esther, son élève de 22 ans plus jeune que lui, Esther Vanhomrigh. 

           File:Millais - Vanessa, 1868.jpg

 

 Esther Vanhomrigh (1688-1723) fille d'un riche marchand hollandais, avait fait la connaissance de Swift à Londres en 1707 : elle avait 19 ans et lui était alors quadragénaire. Elle avait perdu son père en 1703, et Swift devint son tutor (précepteur, sans la sévérité de ce terme) mais aussi son modèle dont elle devint amoureuse ; en 1714, à la mort de sa mère, elle le suivit à Dublin.

Le poème Cadenus et Vanessa, écrit en 1712, daté de 1713, publié en 1726, met en scène la déesse Vénus, qui, pour lutter contre le désintérêt des Bergers à l'égard des Nymphes, crée sa Nymphe idéale parée de tous les charmes, mais dotée aussi par Pallas de toutes les qualités "viriles" de la réflexion. Cette Vanessa trop sage déplaît autant aux frivoles nymphes qu'aux bergers, mais Cupidon, lassé de la voir résister aux charmes de l'amour, la rend amoureuse de son tutor l'écrivain Cadenus, de vingt-deux ans son aîné : embarrassé par ce feu soudain, Cadenus tente de la ramener à une amitié fondée sur les complicités littéraires et les échanges intellectuels. Quand à Vénus, qui ne semblent pas avoir lu la satire de la frivole vanité féminine à laquelle Swift se livre dans ce poème, elle conclut que puisque les bergers dédaignent ses nymphes, c'est qu'ils sont fous, et qu'il faut administrer aux femmes un grain de folie supplémentaire pour mieux les rapprocher. 

 

 

Cadenus et Vanessa : onomastique.

Outre la fusion du début du nom et du prénom d'Esther Vanhomrigh, le nom Vanessa contient d'autres résonances, et  peut se décomposer en van du latin vanus, "vain" et -esse forme verbale du latin sum, "être" : "celle qui est vaine".  On peut aussi y entendre le nom Vénus (le prénom qui a précédé celui de Vanessa était celui de Venisse), associé à la finale de Godness (déesse). On remarque que le nom Cadenus contient  quatre des cinq lettres de Vénus. En somme, la forge littéraire de Swift a pu faire fondre, pour son nouvel alliage, les métaux suivants : Vénus + Godness + Vanished/Vanities + Van[homrigh + Esther/Hessy. Ce qui, pour la récipiendaire du poème, est, somme toute, très flatteur.

 J'ai cité plus haut les auteurs qui attribue l'origine du nom de genre Vanessa ou de son équivalent français Vanesse au latin vanus, ou, pour P. Guiraud, vanities. Mais si Swift l'a glissé insidieusement dans sa propre création onomastique, le mot anglais vanished qui devait avoir le plus de signification pour lui. Or, le verbe intransitif vanish, s'il procède bien du latin  vanus , en a retenu son sens de "vide", car il signifie "disparaître, s'éclipser, s'évanouir" avec une idée de rapidité ou de soudaineté. Sa forme en moyen anglais, vanisshen est une altération du vieux français esvanir, esvanish, lui-même issu du latin esvanescere. ( voir supra G. Ramann proposant de voir le mot vanesco comme étymologie de Vanessa).

 Loin d'introduire un jugement critique sur le caractère vaniteux de sa maîtresse Esther, il ouvre à d'autres interprétations, comme le caractère fugace de la beauté, de l'existence ou des sentiments, ou trahit l'angoisse de la perte de l'être aimé, et qui conduit un artiste à métamorphoser celui-ci en une œuvre d'art  : Esther Vanhomrigh, disparue depuis des siècles, demeure sous la forme impérissable de Vanessa.

 

Sources et liens pour ce paragraphe :

— traduction et adaptation de Cadenus and Vanessa en prose : Antoine Yart Idée de la poësie angloise, ou traduction des meilleurs poëtes anglois par l'abbé Yart, de l'Académie des Belles-Lettres, sciences et arts de Rouen. Paris 1756, pages 140 et ss.

— Traduction de Cadenus and Vanessa en vers : Émile Pons, Œuvres complètes de Swift, édition La Pléiade, 1965.

 

— Encyclopédie Larousse.

— Louise Barnett Jonathan Swift in the Company of Women, Oxford 2007  pp 21-26

— Journal to Stella en ligne.

 

2. Vanessa,  Fabricius et Latreille : 1807-1810.

   a) Je ne retiendrai pas la seconde hypothèse, adoptée par Spuler, Sodoffsky, Leunis, pour expliquer le nom de genre vanessa de Fabricius et qui passe par la "correction" du nom Vanessa en Phanessa, pour le rattacher aux mots grecs  phainein, φαίνω "briller" ou phano, "torche". La glose peut alors être infinie, notamment sur phainein, issu du proto-indo-européen  *bha- doué « d'ambivalence sémantique », car signifiant à la fois “ éclairer, briller ” (phainoi, phami), et « expliquer, parler » (phêmi [ϕημί], fari en latin) ; on peut rappeler  que phainô vient de phôs [ϕῶὖ], « la lumière » et de phao, "briller", ou citer notre mot "phénomène", qui en est issu. Mais il faut une certaine complaisance envers ces auteurs pour admettre le passage de vanessa à phanessa.

 Citons, au passage, l'anecdotique proposition étymologique de Spannert, le vannus, "van"  qui exige des contorsions lexicales avant de permettre une comparaison du panier d'osier avec la courbure des ailes.

  b)  Il reste l'hypothése de Glaser reprise par Pierre Giraud dans son lexique français des étymologies obscures (Payot, 1982) puis par nos lexicographes français les plus honorables : le lien avec le bas latin vanities « vanité, frivolité », dérivé du latin classique vanus (→ vain) :

  "Vanesse, espèce de papillon, 1836. Étymologie inconnue (B.W). Vanesse représente le latin vanities,« vanité, frivolité », sous une forme dialectale ou, plus vraisemblablement, savante (sans dégagement de yod en avant). Nul nom ne convient mieux au genre des vanessides, espèce de papillons remarquables par leur vol rapide et sautillant, leur beauté, leurs riches et élégantes couleurs ; parmi lesquels la belle dame, le paon du jour."

 Bien que le Paon du jour n'appartienne pas au genre Vanessa, et que le nom de Vanesse soit apparu en 1810 et non en 1836, c'est pour ma part l'hypothèse qui me séduit le mieux : Fabricius, le facétieux compositeur de zoonymes à doubles fonds a pu maquiller la racine vanus pour se moquer ainsi des nymphes (nymphalidae), déesses de l'Hamour et autres Belles Dames (bella donna) dont la coquetterie n'est pas la moindre des "qualités" et de les baptiser Les Vaniteuses à leur insu, comme toutes les Vanessa qui les suivront. Rien ne l'empêcherait, cherchant à dissimuler cette vanitas, de se souvenir du poème de Swift Cadenus and Vanessa, et d'en adopter le prénom pour mieux se couvrir. Mais rien n'empêcherait non plus, je l'ai dit, le satirique Swift d'avoir caché lui-même dans son mot-valise Vanessa, non seulement les fragments du nom de sa jeune élève follement éprise de lui, mais aussi la critique ironique du caractère vain de cet amour. 

  Car on se méfiera d 'attribuer trop vite au mot les significations que nous attribuons couramment à "vanité", sous l'influence de l'adjectif "vaniteux", du "vanity case" (minaudière, nécessaire de toilette : voir Vanity table) : celui lié au "caractère d'une personne satisfaite d'elle-même et étalant complaisamment son plaisir de paraître :orgueil ". Longtemps, le mot a signifié tout autant, comme le mot anglais vanity, "ce qui est vain, futile ou inutile,", "vide, vain, oisif ; ce qui est vide, de vaine apparence", voire "mensonge, tromperie".

  Si, dans mon esprit, je l'applique à la coquetterie frivole (celle que Swift critique si joliment dans son poème) traditionnellement liée à la féminité et à la beauté, c'est que ce genre de Fabricius appartient à la famille des Nymphalides, les Nymphes, et que les espèces qui y entreront, notamment dans le genre Vanesse de P.A. Latreille, portent des noms féminins, dont la plupart se termine par -a. Voir cette liste énumérée par Latreille et Godart en 1819, Encyclopédie méthodique Histoire naturelle (9) page 291).

c) J'ai expliqué pourquoi les noms de genre de Fabricius sont liés au nom de Vénus, car ils reprennent les épithètes de la déesse en ses différentes attributions (Limenitis protectrice des ports ; Pontia protectrice de la mer ; Acraea protectrice des lieux élevés ; Euploea de la navigation ; Nymphidium protectrice des mariages ; Melanitis de la nuit ) et en ses différents sanctuaires (à Colias, à Paphios, à Amathus en Chypre, sur le mont Kastion, sur le mont Erix, en Cnide —doritis la bienfaitrice—) ou selon le nom de ses courtisanes (Thaïs, Argennus, Neptis sa petite-fille) ou selon ses qualités (Urania la céleste, Morpho aux belles formes ou aux formes changeantes, Apatura la trompeuse, Mechanitis l'ingénieuse à ourdir des ruses). Maintenant que nous savons combien la Vanessa du poème de Swift est liée à Vénus, il n'est pas exagéré de penser que Fabricius, lorsqu'il recherchait ses noms "vénusiens", s'est souvenu de Cadenus et Vanessa et a créé le genre Vanessa comme un épithète moderne de Vénus.


Au total, je pense que l'hypothèse de A.M. Emmet est juste, et que Fabricius a bien puisé dans le poème Cadenus et Vanessa pour créer son nom de genre dans une série vouée à Vénus. Y a-t-il perçu lui-même les sous-entendus onomastiques renvoyant à Vénus elle-même, aux mots latins vanus et vanities, aux mots anglais vanished et godness ? Connaissait-il même l'origine du nom fondée sur le nom d'Esther Vanhomrigh? Cela correspondrait volontiers à son goût pour le jeu des mots, dont il fait preuve selon Emmet dans d'autres créations de nom.

 Si, par hasard, la richesse de résonance ce nom lui a échappé, elle n'a pas échappé à Vladimir Nabokov, romancier, professeur de littérature, et spécialiste chevronné des lépidoptères connaissant Fabricius aussi bien qu'il connaissait Swift,  qui baptisa Vanessa Van Ness [vanessa vanesse] la mère —la forme imago— de l'une des nymphettes de son roman Lolita (1955).

  

 

 2. Nom de genre encore utilisé : Cynthia (Fabricius, 1807).

Fabricius, 1807 : "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges", "Nach Fabricii systema glossatorum" , in Johann Karl Wilhelm Illiger, Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) page 281. Dans la même page où il décrit le genre Vanessa, Fabricius décrit Cynthia.

  Dans ce genre, Fabricius classe les Papilio oenone, Jatrophae, cardui et allionia.  

Selon A.M. Emmet 1991, Cynthia est le nom d'une montagne de l'île de Delos, lieu de naissance de Diane, qui reçut ainsi l'épithète de Cynthia. Le prénom Cynthia ayant été popularisé en Angleterre par les poètes lyriques"

 C'est effectivement le sens le plus courant de Cynthia, du mot grec kynthios signifiant « qui vient du mont Kynthos », comme épithète d'Artémis la vierge chasseresse, déesse lunaire, froide, chaste, indomptée et indomptable, avant de désigner dans la poésie et le théâtre élisabéthain la lune elle-même. C'est elle qui s'impose à l'esprit romantique de Chateaubriand dans sa fameuse Invocation à Cynthia du Livre V de la 4e partie des Mémoires d'Outre-tombe, où il évoque les nuits romaines.     

   Soit :   "Cynthia, puisque la déesse Diane-Artémis était née sur le Cynthe" ; Ovide, Her., 16, 74 ; Sil. Ital., IV, 480 

  Mais le genre Cynthia figure, lui, dans la liste de Fabricius publiée par Illiger, au numéro 10, juste avant son n°11 Vanessa, parmi les autres noms liés à Vénus, aux antipodes de Diane/ Artémis : je peux suggérer que la Cynthia de Fabricius n'est pas celle de la mythologie, mais celle de la poésie élégiaque latine : c'est la Cynthia de Properce (47 av. J.C-16 ap. J.C), celle qui apparaît dans cet extrait de l'Élégie III : 

 

"Le duvet fléchissait mollement sous le poids de Cynthie. Deux dieux téméraires, Bacchus et l'Amour, m'enflammaient à l'envi, et m'excitaient à approcher de cette tête légèrement posée sur un bras d'albâtre, à la soutenir moi-même de mes mains, à cueillir un baiser et à savourer tous ses charmes : mais je n'osais troubler le repos de mon amante, moi qui avais éprouvé déjà ses reproches et son courroux. Mon regard, du moins, restait attaché sur elle comme celui d'Argus sur la forme trompeuse d'Io. Tantôt je détachais de mon front une couronne, et je la déposais sur le tien, ô ma Cynthie ; tantôt j'aimais à toucher ta chevelure en désordre, et à charger furtivement tes mains de quelque fruit mais ces offrandes ne pouvaient rien contre un sommeil ingrat, et bientôt elles s'échappaient en roulant sur ton sein. "

 S'agit-il d'une vierge lunaire, ou d'une courtisane de Vénus ?

 

 

3. Le genre Vanessa (Fab.1807) est repris par Pierre-André Latreille en 1810 sous le nom de Genre des Vanesses  dans ses  Considérations générales sur l'ordre naturel des animaux composant les classes des Crustacés, des Arachnides et des Insectes; avec un tableau méthodique de leurs genres, disposés en familles. Paris: F. Schoell, 444 pp. pp. 354. Ce genre Vanesse regroupe les deux genres Cynthia et Vanessa de Fabricius. Latreille le définit ainsi : "Antennes terminées subitement en un bouton court, turbiné ou ovoïde ; palpes entièrement contigus, et terminées insensiblement en pointe (formant par leur réunion une sorte de bec)."

 


3. Nom d'espèce : Vanessa cardui (Linné, 1758).

 Protonyme P[apilio] N[ymphalis gemmatus] Cardui, n° 107, alis dentatis fulvis albo nigroque variegatis ; posticis utrinque ocellis quatuor :  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. p 475.

  Dans Fauna Svecica de 1746 page 236, Linné avait employé le nom de bella donna [Belle Dame] n°778 avec la mention vulgo "vulgaire, vernaculaire" .

 L'épithète spécifique cardui, du latin carduus "chardon" se traduit donc "du chardon", pour qualifier selon Linné la plante hôte. certes l'espèce fréquente les chardons du genre Carduus C. nutans, C. pratensis, mais aussi les Circes, Cirsium vulgare ou Cirse lancéolé, C. oleraceum ou Cirse maraîcher, ainsi qu'un très grand nombre d'autres plantes comme le Groseillier épineux, l'Ortie dioïque, la Mauve musquée, la Vipérine commune, les Cucurbitaceae, Fabaceae, Vitaceae, Brassicaceae, et l'Artichaut qui est mentionné dans les noms vernaculaires.

 

 

 


 

                II. Noms vernaculaires.


 La belle dame (Geoffroy, 1762) ; La Belle-Dame (Engramelle, 1779) ; Le Papillon du chardon (Walckenaer, 1807) ; La Vanesse du chardon (Godart 1819) ; La Vanesse Belle-Dame (Godart, 1821) ; Depuis G.C. Luquet, "la Vanesse des Chardons" comme nom principal, et comme nom accessoire "la Belle-Dame" ; "la Vanesse de l'Artichaut" ; "la Vanesse du Chardon", et "la Nymphe des Chardons".

0. Avant l'Âge des Noms :  Réaumur 1734.

 Réaumur ( René -Antoine Ferchault) Mémoires pour servir à l'histoire des  insectes  Vol.1 page 444 planche 26 fig. 11, 12 par Simonneau.

 Imagine-t-on qu'avant Linné (1758) ou Geoffroy (1762), on ne disposait d'aucun nom pour désigner la Belle Dame ?   Réaumur s'exprimait essentiellement en faisant référence à sa planche d'illustration: "La Figure 8 est celle d'une chenille épineuse que j'ai nourrie des grandes feuilles d'une espèce de chardon, qui ressemblent à celles d'acanthe. Tout le long du dos elle a une raye jaunâtre ; les cotés sont d'un brun gris. [...] La figure 11 est celle du papillon de cette chenille, vû par dessus. La figure 12 est celle du même papillon, ayant les ailes droites, et posée sur quatre jambes[...] Il est de la seconde classe des diurnes."

 

 1. La belle dame, Geoffroy, 1762.

 Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 41 n°7.

  Geoffroy commente ainsi ce nom : "L'élégance des couleurs de ce papillon l'a fait appeler la belle-dame, bella donna ". On a vu que Linné, dans sa Fauna svecica de 1746, avait employé ce nom de bella donna, mais Geoffroy cite en référence le musei petiveriani de James Petiver, qui a le premier (1695) mentionné cette appellation : Petiver mus. p. 35 n° 326 Papilio eleganter variegatus, agilis, bella donna dictus.  

  Bella donna dictus, "nommé la belle dame", indique que ce nom n'a pas été inventé par Petiver, mais est plus ancien. Les anglais l'adapteront sous forme de leur "Painted Lady", Femme Peinte ou Femme Fardée, qui a le mérite de conserver le double sens de bella donna. On sait en effet que ce nom fait allusion au maquillage, et plus spécifiquement aux effets de la belladone, Atropa Belladonna, dont les élégantes italiennes usaient, sous forme de pommade ophtalmique, pour séduire les hommes par leurs grands yeux noirs, aux pupilles dilatées par l'effet mydriatique de l'atropine.

  Le nom de Belle Dame de Geoffroy semble perdre ce charme des renvois métaphoriques du nom et de ses allusions à la belladone et au maquillage. Il n'en n'est rien, mais nous avons oublié que Belle Dame était le nom vernaculaire de la belladone (wikipédia), terme utilisé par exemple par Hidegarde de Bingen. Le médecin parisien Geoffroy connaissait parfaitement les propriétés et les dangers de la Belle Dame, son père Étienne-François étant l'auteur de la Matière Médicale qui en enseigne l'usage : Traité de la Matière médicale ; Des plantes de notre pays page 285, où il mentionne que les coquettes italiennes l'utilisaient bien pour se "peindre", c'est-à-dire, à l'époque, se blanchir : " Les Dames d'Italie font avec le suc ou l'eau distillée de cette plante un fard  dont elles se frottent le visage, pour rendre blanche la peau qui était rouge. C'est de là qui lui vient le nom de belladonna." 

 M.A. Salmon écrit dans The Aurelians que "Le nom peut donc être vu comme une allusion au mélange de teintes de carnation et de marques noires sur les ailes, qui rappellent les visages peints des courtisanes à l'époque de Hogarth et Molière".

            gravures_lepidopteres_diurnes_-_vanesse_belle-dame.jpg

          (Godart, Histoire naturelles des Lépidoptères, 1823, planche 5 secund.)

 


 2. La Belle-Dame, Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1  page 20  n°7  planche VII  fig. a-g par J.J. Ernst,  1779.

 

  "La beauté des couleurs et l'élégance de la forme ont fait donner à ce superbe papillon le nom de Belle Dame. Ce nom lui convient en effet d'autant mieux que la parure de ses trois états semble avoir été plus recherchée que dans les espèces précédentes".

Engramelle donne en référence, outre Geoffroy et Linné, Esper Tome I tableau X page 133 avec la mention d'un nom vernaculaire en français, "Chardonneret" ; mais il s'agit de la traduction du nom vernaculaire allemand (Distelsint) et néerlandais (Distelvlind). Esper, qui cite Geoffroy, donne une transcription erronée du nom vernaculaire sous la forme de La Belle Donne. Méfions-nous des versions de seconde main !


 

 3. Papillon du chardon, Walckenaer 1802.

Walckenaer Faune parisienne 1802 page 262.


 4.  Vanesse du Chardon, Latreille et Godart 1819.

   Vanesse du chardon : Latreille (P.A) Godart (J.B), Encyclopédie méthodique. Histoire Naturelle. Entomologie, ou histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes. Vol. 9. Paris : Vve Agasse, 828 pp, tableau page 296, texte page 323 n° 62.

 Ce nom est la simple traduction de Vanessa cardui, le nom scientifique que les auteurs (Latreille qui a créé le genre en 1810, et Godart, qui est alors le "second" de Latreille depuis le décès d'Olivier).

5.  Vanesse Belle-Dame Godart 1823.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot page 102 n°33, Planche 5 secund peint par C. Vauthier et gravée par Lanvin.

Illustration ici.

 Pour une raison d'antériorité peut-être, ou pour d'autres raisons dont je ne peux que le féliciter, Jean-Baptiste Godart décide de renoncer à Vanesse des Chardons et de reprendre le nom créé par Geoffroy en l'associant (il est très attaché à la structure binominale des noms, même vernaculaires) au nom Vanesse. 

  Ce rapprochement est très heureux puisqu'il réunit Vanesse, genre porte-drapeau de la divine féminité vénusienne, et clin d'œil vers sa vanité éventuelle, à l'un des accessoires de maquillage tiré de son vanity-case, la Belladone, en français galant Belle-Dame, la plante qui rend les regards langoureux. On assiste presque à un défilé de mode, on entend presque fuser les sifflements admiratifs, bruisser la soie et le satin, dans les effluves de parfums capiteux. Ahhh...Vanesse Belle-Dame !  

 Ce nom a été repris par Pierre Boitard 1828 page 301 ; Hippolyte Lucas 1834 ; Bory de Saint-Vincent 1836 ; O.F Constant en 1840 ; Henri Milne-Edwards en 1841 ; P.A. Duponchel en 1849 ; Paul Girod 1912 .

6. La Vanesse de l'Artichaut.

La première attestation de ce zoonyme retrouvée en ligne date de 1928, dans la Revue de Zoologie Agricole et Appliquée - Volumes 27 à 28 - page 157 dans un contexte où les papillons, ou du moins leur chenilles, sont considérées comme des nuisibles, au même titre que "les doryphores, les termites et la mouche des cerises" dont il faut rechercher la parade phyto-sanitaire. 

 R. Poisson, H. Des Abbayes et F. Barbotin  donnèrent — sans utiliser ce zoonyme— une description des dégats (relatifs) causés aux artichauts de la ceinture légumière bretonne en 1939 dans leur article "Sur une migration de la Vanesse du chardon Vanessa cardui en Bretagne", Bulletin de la Société scientifique de Bretagne : Sciences mathématiques, physiques et naturelles,  Rennes : Société scientifique de Bretagne 1939, T.16 page 116. L'attaque des chenilles ne concernent que la côte malouine, et seulement quelques communes, comme celle de Saint-Servan ; la ponte survint en juin, et le 8 juillet, les feuilles rongées logeaient chacune 80 chenilles. Le 25 juillet, certaines feuilles étaient réduites à leurs nervures principales, mais les chenilles, qui avaient resisté à un traitement nicotiné, avaient été mangées par une troupe d'étourneau, et les chrysalides qui restaient avaient été attaquées par les Diptères tachinides, les Hyménoptères Apantales et Pteromalus.

En 2000, la deltamethrine conservait une extension d'emploi dans la lutte contre le "Ravageur".

Ce nom vernaculaire est utilisé notablement au Canada, où on redoute de voir V. cardui attaquer les cultures de soya, le tourneslo et l'artichaut avec la même virulence que dans le Mid-ouest des Etats-Unis et au Mexique, où un deuxième semis est parfois nécessaire. (Agriréseau 2011)

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose "la Vanesse des Chardons" comme nom principal, et comme nom accessoire "la Belle-Dame" ; "la Vanesse de l'Artichaut*" ; "la Vanesse du Chardon", et "la Nymphe des Chardons**". 

 La "Vanesse Belle-Dame" passe donc aux oubliettes, et l'antique "Belle-Dame" de Geoffroy et Engramelle est ramenée au même rang que la "Vanesse de l'Artichaut" !

*Ce nom, dont la plus ancienne mention sur le net date de 1940 (Bull sc. pharmacol.), est surtout employé, non pas par les entomologistes, mais par les maraîchers, jardiniers, phytopharmaciens, lorsque l'on veut faire apparaître ce papillon comme nuisible, et en protéger les cultures. 

** : trouvé par G.C. Luquet dans Paul-A. Robert 1960, Les Papillons dans la nature, Delachaux et Niestlé, Neufchâtel (Suisse).



7. Noms vernaculaires contemporains :

— Oberthür et Houlbert dans la Faune armoricaine (1912-21) utilise le nom scientifique pour désigner V. cardui, mais, incidemment, dans leur texte sur la chrysalide, cite le nom vernaculaire "La Belle Dame" (page 91). 

Les auteurs contemporains ont suivi les propositions de G. Luquet, mais restent très attachés à "La Belle-Dame".

—Bellmann / Luquet 2008 : "La Vanesse des Chardons, la Belle-Dame"

— Blab / Luquet 1988 : "la Vanesse des Chardons"

— Chinery / Luquet  2012 : "La Belle-Dame"

— Doux & Gibeaux 2007 : "La Vanesse des Chardons".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "La Vanesse des Chardons ou la Belle-Dame."

— Lafranchis, 2000 : "La Belle-Dame".

— Perrein, 1012 : "Vanesse des Chardons, Belle-Dame".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 :"Belle dame".

— Wikipédia : "La Vanesse du Chardon ou Vanesse des Chardons, [...] appellé Belle-Dame"

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  • Ohdakeperhonen en finnois (papillon du chardon).
  • Painted Lady en anglais. (La Dame Peinte, ou Fardée)
  • Tistelfjäril ou Tistelfuks en suédois (Papillon du chardon) 
  • Distelvlinder en néerlandais (Papillon du chardon).
  • Stikelflinter en frison (Papillon du chardon).
  • Tidselsommerfugl en danois (Papillon du chardon). 
  • Tistelsommerfugl en norvégien (Papillon du chardon).
  • Vanesa de los cardos ou Bella Dama o Cardero en espagnol (Vanesse du chardon ; Belle Dame du chardon). 
  • La papallona dels cards ou papallona del card en catalan (Papillon du chardon)
  • Bela-dama ou vanessa-dos-cardos en portuguais (Belle-Dame ou Vanesse du chardon).
  • Vanessa del Cardo en italien (Vanesse du chardon).
  • Distelfalter en allemand (Papillon du chardon).
  • Usninukas en lituanien (Papillon du chardon).
  • Foillycan yn onnane en mannois (île de Man) (Papillon du chardon).
  • Rusałka osetnik en polonais (la Dame-sirène)
  • Farfalla cardaghja en corse (Papillon du chardon).
  • Mantell dramor en gallois (Manteau étranger )
  • Wóstowy kadźenc en serbocroate
  • Perîdanka qîvaran en kurde (Papillon ...)
  • Bogáncslepke en hongrois
  • Babočka bodláková en tchéque (Papillon dame)
  • Diken Kelebegi en turc (Papillon du chardon).
  • Ohakaliblikas en estonien (Papillon du chardon)
  • Чертополоховка Бабочка репейница en russe (Femme fardée : papillon femme trop fardée).
  • Osatnik en slovène
  •  Дяволска пеперуда en bulgare ( Papillon du diable).
  • Stričkov šarenjak en croate
  •  ヒメアカタテハ(姫赤立羽 ヒメアカタ  en japonais.

 

                                    Faroese_stamp_682.jpg

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

Première illustration : Mouffet, 1634.

  • Papilio Bella Donna: Petiver*, 1699 ; Ray, 1710 ; Linaeus, 1746. (La Belle Dame)
  • "The Painted Lady" : Petiver, 1699, 1704 ; Buddle, c.1700 ; ray, 1710 ; Wilkes, 1741-42 ; Harris, 1766 ; et la plupart des auteurs suivants. (La Femme Fardée)
  • "The Thistle Butterfly" : Lewin, 1795. (Le Papillon du Chardon).

*Petiver (Mus. p. 35 n° 326)  le présente ainsi : papilio eleganter variegatus, agilis, belladona dictus. Ce belladona dictus, "appellé belladonna", signifie qu'il n'est pas lui-même l'auteur du nom, mais qu'il reprend une tradition plus ancienne.


 

 

Liens et Sources.

Funet : Vanessa.

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Vanessa cardui.

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

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Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

Réaumurhttp://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

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Scopoli Entomologiacarniolica 1763

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 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

                

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:47

Zoonymie (origine du nom) du papillon le Robert-le-Diable, Polygonia c-album (Linné, 1758).

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 


Résumé.

Polygonia (Hübner, 1819) vient des racines grecques qui a donné notre nom polygone, " à plusieurs angles" : il renvoie ici à la découpe particulièrement anguleuse des ailes.  

c-album (Linné, 1758) : ce nom latin se traduit en "C-blanc" et désigne la marque blanche de la face inférieure de l'aile postérieure, en forme de lettre, lue par Linné comme un C.

— Les noms vernaculaires créés par Geoffroy en 1762 sont "Le Gamma", justifié si on décrypte la lettre alaire comme un G (gamma en grec), et "Le Robert-le-Diable", en raison de la découpe "à la diable" du bord échancré des ailes, et de la "couleur de diable enrhumé", bariolée de fauve, de noir et de feu. Le nom lui-même est tiré d'un des romans les plus populaires du XVIIe au XIXe, La terrible et merveilleuse vie de Robert le Diable, d'après une légende du XIIIe siècle.  

  Les autres noms vernaculaires ont été "le Papillon C blanc" , De Geer 1771 ; "Le Gamma", Engramelle 1779 ; "le Papillon Gamma", Olivier et Latreille 1803 ; "Vanesse C-blanc",  Godart 1821 ; "Vanesse Gamma", Godart 1821, Lucas 1834, Duponchel, 1849 ; "Vanesse c.blanc", Le Borgne de Kermorvan 1836. 

    Depuis Gérard Luquet 1986,  "Le Gamma" est le nom principal, et  "le C blanc" ; "le C-blanc" ; "le Robert-le-Diable" et "la Vanesse Gamma" sont les noms acceptés.

 

 

I. Nom scientifique

Lepidoptera.


1. Nom de famille et sous-famille :

      

 a) la Famille des Nymphalidae Rafinesque 1815. (fr. Les Nymphalides, angl. Brush-footed Butterflies).

 

Rafinesque, C.S. 1815: Analyse de la nature, ou tableau de l'univers et des corps organisés. Palerme. L'Imprimerie de Jean Barravecchia. en français, 224 pp page 127. "Les Nymphales, quatre pattes droites, quatre pattes ambulatoires". Les Nymphales sont, pour Rafinesque, une Sous-famille de la famille Ropalocera ; elle comporte alors 23 "genres".

Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) est un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, qui a passé son enfance à Marseille avant de s'installer à Palerme comme herboriste. puis à Philadelphie. 

 

Ce grand collectionneur en histoire naturelle s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. Grand admirateur de Linné, nom dont il prénomme son fils, il débute son Analyse de la nature par cette dédicace : La nature est mon guide, et Linneus mon maître.



Cette famille comporte actuellement 13 sous-familles.

 Son nom vient de Nymphales, nom de la quatrième phalange de la nomenclature de Linné, aux ailes dentelées (alis denticulatis) et divisée en gemmati (ailes ocellées) et phalerati . Le nom est dérivé du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille » et désigne dans la mythologie grecque les divinités féminines de la nature, généralement considérées comme les filles de Zeus et du Ciel, remarquablement belles, et qui peuplaient la plupart des lieux naturels: forêts et bois, vallées fertiles et bocages, sources et rivières, montagnes et grottes…   

 

 

b) Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827 (Les Nymphalines ; Admirals ou Tortoiseshells en anglais).

William Swainson 1827, ("A Sketch of the Natural Affinities of the Lepidoptera Diurna of Latreille". — Phil. Mag., n. s. 1 (1): 185, 187); genre-type: Nymphalis Kluk, 1780.  

Elle comporte les Nymphales, les Sylvains, les Nacrés ou Argynnes, les Vanesses, les Damiers et les Mélitées.

William Swainson (1779-1855) est un ornithologue, collectionneur (20 000 insectes...) et surtout illustrateur d'histoire naturelle auteur des Zoological Illustrations où il initie l'emploi de la technique de lithographie.

c)  Tribu des Nymphalinii Rafinesque 1815 ou Swainson, 1827 .

 

2. Nom de genre : Polygonia Hübner, 1819.

 Polygonia Hübner, [1819]; Verzeichniß bekannter Schmettlinge (sic) Augsburg, Verlasser 1816-1826 [1819] (3) page 36, Type spécifique Papilio c-aureum Linnaeus. 

 Vient du grec ancien πολύς - polys, "plusieurs" et γωνία - gōnia, "angle", par référence à l'aspect très découpé des ailes.

Dans certains documents, (Funet) ce papillon peut être classé dans le genre Nymphalis Kluk, 1780 au lieu de Polygonia.  


3. Nom d'espèce : (Linnaeus, 1758).

C.album 115 P. [apilio] N[ymphalis] alis angulatis fulvis nigro-maculatis ; posticis subtus C.albo notatis,   Linnaeus, Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ [Stockholm]. Laurentii Salvii, 1758. Tomus I: 824 pp, page 477 n°115 .

  Le nom c-album, "c-blanc" en latin, vient de la marque discale de la face inférieure de l'aile postérieure, lue par Linné et quelques autres comme dessinant la lettre C.

 

 

 

II. Noms vernaculaires.

        "Le Gamma" Geoffroy 1762 ; "Le Robert-le Diable" Geoffroy, 1762  "le Papillon C blanc" , De Geer 1771 ; "Le Gamma", Engramelle 1779 ; "le Papillon Gamma", Olivier et Latreille 1803 ; "Vanesse C-blanc", "Vanesse Gamma", Godart 1821 ; "Vanesse Gamma", Lucas 1834, Duponchel, 1849 "Vanesse c.blanc", Le Borgne de Kermorvan 1836.

     Depuis Gérard Luquet 1986  "Le Gamma" est le nom principal, et  "le C blanc" ; "le C-blanc" ; "le Robert-le-Diable" ; "la Vanesse Gamma" sont les noms acceptés.

 

 

0. Avant l'Âge des Noms : Réaumur, la Bedaude, 1734.

   Réaumur, [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748  "Dixième mémoire, De l'industrie des chenilles qui se pendent verticalement par le derrière la tête en bas pour se métamorphose. Comment la Crisalide se trouve penduë par la queuë dans la place où étoit la Chenille ; Et de quoi dépend la belle couleur d'or de plusieurs espèces de Crisalides". Mémoires pour servir à l'histoire des insectes,  1734 page 429 planche XXVII.

  L'industrieux Réaumur porte tout son intérêt aux chenilles et aux mystères de leurs métamorphoses, plutôt qu'aux imagos, et c'est donc la chenille du papillon (qui ne porte pas encore le nom de Polygonia c-album, ni aucune autre sorte de nom), qu'il baptise La bedaude : "Celle que l'arrangement bizarre de ses couleurs m'a fait nommer la bedaude". Il décrit pourtant le papillon, mais sa tache argentée et les découpures de ses ailes ne lui inspire pas de nom : " il y a pourtant sur le même coté de chaque aile inférieure une tache presqu'argentée, et qui tient un peu de la figure du croissant.[...] Le contours de ses ailes sont telles qu'elles semblent déchirées par endroit." La curiosité scientifique est là, mais le réflexe de dénomination-taxonomie attendra Linné pour paraître évident à chacun.

  Littré donne la définition suivante du nom bedaude : "Bedeau, la bédeaude ou bedaude étant ainsi dite à cause qu'elle porte, comme le bedeau, un habit de deux couleurs, c'est-à-dire un rochet blanc sur une soutane noire".

Costume de bedeau, catalogue Biais aîné, 1883 Bnf impr.

 

A4058F_M01.JPG


 1. Le gamma ou robert-le-diable , Geoffroy, 1762.

Étienne-Louis Geoffroy, Docteur en médecine 1762,  Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744 p.,  page 39 .

  Dans la traduction latine de l'Histoire des insectes par Fourcroy en 1785, le nom devient g-album.

 

a) La chenille bedeau : "Sa chenille épineuse est brune sur le coté et a sur le dos une large bande longitudinale blanche qui ne va pas jusqu'aux quatre premiers anneaux, et qui la fait ressembler à l'habillement d'un bedeau, d'où elle a reçu le nom de chenille bedeaueruca* bicolor ;  elle se trouve sur le houblon, le groselier,  et quelques autres arbres".

 * du latin eruca, ae, "chenille".

 

 

b)  "Les ailes de cette espèce sont très anguleuses, et comme déchiquetées à leurs bords. En dessus, elles sont fauves, avec plusieurs taches noires, dont quelques unes, au nombre de quatre ou cinq, sont isolées, et les autres tiennent ensemble. Au dessous, elles sont plus ou moins  brunes, ondées de différentes nuances et quelquefois d'un peu de bleu, et de plus, les ailes inférieures ont chacune dans leur milieu en dessous une tache blanche de la forme d'un G. Cette tache a fait donner à ce papillon le nom de gamma, et sa couleur de diable enrhumé, ainsi que la découpure singulière de ses ailes l'ont fait nommer par d'autres, robert-le-diable ". 

  On constate que Geoffroy n'endosse ni la paternité du nom de Gamma ni celle de Robert-le-Diable. Engramelle, plus tard, écrit également "D'autres lui ont donné le nom de Robert-le-Diable, à cause de sa couleur et de la découpure de ses ailes". Mais qui sont ces "autres" ? Le nom n'étant pas cité par Réaumur, nous sommes amenés à penser que ces auteurs ont employé (mais pas nécessairement écrit ou publié) ce nom entre 1734 et 1762. Le terme n'est pas utilisé hors de France. Hélas, les documents manquent sur les amateurs ou collectionneurs français de papillon pendant cette période.

  Ce zoonyme, véritable patrimoine lexicologique comme beaucoup des noms de Geoffroy, reprend celui  d'un héros d'une légende apparue au début du XIIIe siècle dans un roman La Terrible et merveilleuse vie de Robert le Diable, lequel après fut homme de bien. (édition de 1738 par Garnier le jeune, imprimeur-libraire rue du Temple - 46 pages  sur Gallica ). Je présente cette légende en annexe. On peut penser que le personnage, dans sa période "diabolique" qui précéde sa conversion et qui ne constitue pas la principale partie du récit, mais son préambule, a pu passer en raison de son immense popularité pour un "type" associé à tout ce qui était " moult fort terrible et fort espouvantable", déchaîné, fait de bruit et de fureur, et opposé à l'ordre et à l'harmonie. L'expression "à la Robert-le-Diable" pouvait qualifier un décor, une voix, un mets ("Crêpes de langoustines et mignons de veau à la Robert le Diable, c'est-à-dire fortement parfumés à l'estragon sur fonds d'artichauts"), un chef  "connu à dix lieues à la ronde pour ses équilles à la Robert-le-Diable et bien d'autres chefs-d'œuvre culinaires",  une coiffure (in Balzac mis à nu de Charles Léger, 1928 :"Affichant des airs vainqueurs, il se fit coiffer à la Robert le Diable, laissa pousser ses moustaches mal plantées, et inonda sa personne de parfums capiteux. Ici, comme dans toutes ses recherches successives, il était d'après quelqu'un".)  

  On peut comprendre donc que l'aspect de fauve farouche du papillon, son allure dépenaillée et sauvage,les lignes sinueuses, (serpentines !) des contours frangés de ses ailes ainsi que leur découpe agressive, taillée au couteau, ses couleurs mêlant le roux satanique, le feu, la braise et la suie ait incité les naturalistes à évoquer le héros sanguinaire, méphitique et méphistophélique de leur temps.  

  On ne s'étonnera pas de voir Geoffroy, membre de l'élite parisienne des Lumières (ce médecin fréquente les scientifiques les plus en vue, qui enseignent, comme son père le faisait, au Jardin des Plantes) et amateur d'"humanités" grecques et latines, dédaigner les goûts populaires pour les romans de chevalerie que leur propose, en version d'Épinal, la Bibliothèque bleue. Lui nommera ses papillons Amaryllis et Tircis, Corydon et Myrtil, Céphale et Bacchante, Silène et Faune, et s'il nomme Tristan, c'est sans-doute de Tristan L'Hermitte qu'il s'agit. Ni Fierabras ni Huon, ni Perceval : Geoffroy n'est pas Don Quichotte !

 Mais c'est Geoffroy qui, par une association littéraire astucieuse, renforce le pouvoir évocateur du nom en qualifiant la couleur des ailes de "couleur de diable enrhumé". 

La couleur "diable enrhumé".

 Ce terme désuet est mentionné au XVIIIe siècle : "On dit, burlesquement, d'une couleur manquée et peu agréable, couleur de diable enrhumé. L'Académie ne met pas cette expression, et il n'est pas trop sûr de s'en servir". Dictionnaire critique de la langue française par l'abbé Jean-François Féraud Marseille, 1787

  C'est un mélange de couleurs chamarrées qui jurent entre elles :  "Jamais on n'a fait du blanc en mêlant ensemble ces sept couleurs, soit en poudre, soit en liqueur, soit en pâte, soit en mettant l'un sur l'autre les sept verres des sept couleurs différentes : on a toujours fait par ce mélange une couleur qui n'a pas d'autre nom que celui de « diable enrhumé» ".(Joseph Étienne Bertier 1764 : Principes physiques, pour servir de suite aux Principes ..., Volume 2 Paris : Impr royale page 546).

Il est traduit dans les dictionnaires français-anglais (Abel Boyer 1776 ; Louis Chambaud 1776 ou 1815) par « thunder and lightning colour », "couleur de tonnerre et de foudre".

 Il est utilisé en dehors de toute connotation diabolique ou malséante pour désigner, par exemple, en 1805 dans un catalogue un «œillet diable enrhumé ».

On le trouve mentionné dans de très nombreux ouvrages d'histoire naturelle pour désigner un passereau très coloré, le "Tangara diable enrhumé ou Tangara tacheté de Cayenne : ce tangara est fort commun à Cayenne, où on lui donne le nom de « diable enrhumé », apparemment à cause du mélange de ses couleurs " (Encyclopédie méthodique: Histoire naturelle, Oiseaux, tome second Paris : Panckoucke, 1784.)

 Vers la moitié du XIXe siècle et dès  1835, l'expression en vient à qualifier une voix, par exemple dans Eugène Sue, Les Mystères de Paris, 1845, « crier comme un diable enrhumé ».

 On voit l'habileté de Geoffroy à faire appel au nom —pittoresque— d'une couleur appropriée aux ailes du Gamma pour établir un lien entre les caractéristiques du papillon et le nom qu'il a reçu.

  L'aspect découpé des ailes n'est "diabolique" que si on se rapporte aux valeurs médiévales, où tout ce qui n'était pas uni et homogène, mais rayé, zébré, ponctué, taché, ...et déchiqueté relevait du Malin et était infamant (Cf M. Pastoureau, l'étoffe du diable, une histoire de la rayure et des tissus rayés, Seuil, 1991).

 Mais aujourd'hui, je ne sais plus si le Robert-le-Diable a réellement des allures de faune démoniaque et enragé avec ses ailes embrasées par les feux infernaux, ou si mon regard et mon jugement ont internalisées le théâtre qu'ouvre grand pour moi l'Onomastique : je ne vois plus la réalité sans le masque de son nom propre, collé comme la tunique de Nessos.

 

 


 2. Papillon C blanc, De Geer 1771.

    GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771. Tome second première partie page 193 n° 3 . 

 

 

3. Le Gamma , Engramelle 1779 .

   Jacques Louis Florentin Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 14 n° 5 Planche V  par J.J. Ernst, gravée par J.J. Juillet.  1779.  

  

 

4. (Le C. blanc), de Villers, 1789.

VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789) page 44 n° 74.

 Le nom donné par de Villers n'est pas à proprement parler un nom vernaculaire, il est la traduction à titre indicatif (entre parenthèses) du nom scientifique linnéen.

 

5. Papillon Gamma, Olivier et Latreille 1803.

 

 Olivier et P.A. Latreille, Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, tome XVII Paris : Deterville, 1803 page 43.   

 

6, Vanesse C-blanc. Latreille et Godart 1819.

 Latreille et Godart, Encyclopédie méthodique, Histoire naturelle, Paris : Vve Agasse, Tome 9 vol. 116, 1819 page 

 

7 . Vanesse C-blanc, Vanesse Gamma , Godart 1821 et la plupart des auteurs du XIXe siècle.

— Vanesse C-blanc, Vanessa C-album, Vanesse Gamma, Jean Baptiste Godart, "Tableau méthodique des lépidoptères" in Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1823 Vol.1, page 40.

 

— Vanesse Gamma, Papilio C-album (Linn), Le Gamma ou Robert-le-Diable (Geoffr). Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p, page 40.   page 85, n° XXVII planche dessinée par [Antoine Charles] Vauthier et gravée par Lanvin.

Le "genre  Vanesse" est créé (Tableau méthodique, page 40) par Godart à partir des genres Vanessa et Cynthia de Fabricius ( Syst. glossat.) regroupant les Nymphales phalerati de Linné.

— Vanesse Gamma, Hippolyte Lucas 1834 ; Duponchel, Chenilles 1849 page 102 n°39.

 — :  Boisduval, Chenilles 1834 page .

— Vanesse c.blanc : Le Borgne de Kermorvan in Souvestre, 1836 page 165.

 

 



6. Revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

Dans son article paru dans Alexanor, Gérard Christian Luquet retient  Le Gamma en nom principal, et en admet aussi : le C blanc ; le C-blanc ; le Robert-le-Diable ; la Vanesse Gamma. Il rejette la Dentelle* ; la (sic) Gamma** ; le Papillon-C ***.

*R.Rappaz, Les Papillons du Valais, 1979. appartient aux noms jugés "trompeurs,... erronés, ...inexacts".

** J.P. Vanden Eeckhoudt, Papillons de jour, 1965 : "le nom de "Gamma" est du genre grammatical masculin. Il convient donc d'écrire le "Gamma" pour Polygonia c-album et le "Gamma égéen" pour P. egea". (Note 86)

      *** P.A. Robert, Les insectes 2, Lépidoptères 1960. "Le nom de "Papillon-C" cité par Robert pour Polygonia c-album est la traduction littérale de l'un des noms vernaculaires allemands de cette espèce ("C-Falter") " Note 87.

  Je regrette que Le Robert-le-Diable n'ait pas été placé en nom principal. La fréquentation des naturalistes sur le terrain montre combien ce nom reste employé. Certains noms propres devraient être protégés au même titre qu'un monument, comme patrimoine culturel, en raison de  leur histoire et leur passé. Pour l'instant (2013), le site collectif Wikipédia cite Robert-le-diable comme seul nom vernaculaire.

 


7. Noms vernaculaires contemporains :

Au début du XXe siècle, Charles Oberthür et Constant Houlbert ( 1912-1921) utilisent le nom scientifique, mais dans le cours du texte (page 101) on trouve "...un C ou un G blanc, d'où les noms de C.album ou de Gamma qui lui furent donnés par les anciens auteurs", tournure qui fait comprendre que ces noms n'ont plus cours. A la page suivante, les auteurs utilisent l'imparfait pour écrire " Robert-le-Diable ou Gamma, ainsi que l'appelait le P. Engramelle, etc..."

 

Higgins & Riley /Luquet 1988 : Robert-le-Diable .

Bellmann / Luquet  2008 : Le Gamma, le Robert-le-Diable .

Chinery / Leraut : Le Robert-le-Diable ou le Gamma.

Doux et Gibeaux / Luquet 2007 : Le Gamma, le Robert-le-Diable . 

Lafranchis, 2000 : Le Robert-le-Diable, le Gamma.

Perrein, 2012 : Gamma, Robert-le-Diable. .

Tolman et Lewington / Leraut 2009 : Robert le Diable.

Wikipédia : Robert-le-Diable.

 

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

   La liste suivante permet de mesurer combien un nom vernaculaire comme le "Robert-le-Diable" est un patrimoine lexical rare et précieux face à la stéréotypie des dénominations purement descriptives des autres langues.

  • Vinbärsfuks en suédois ("fuks groseille")
  • Hvit c en norvégien ("C blanc.")
  • Gehakkelde aurelia en néerlandais ("balbutié aurelia")
  • C-Falter en allemand ("Papillon C") ; ou Weißes C
  • Comma en anglais ("Virgule")
  • Herukkaperhonen en finnois ("papillon du groseiller")
  • Det hvide C en danois.  ("Le C blanc")
  • Rusałka ceik en polonais.
  • C-betűs lepke en Hongois ("Papillon Lettre C")
  • Babočka bílé C en tchèque  ("Papillon C. blanc").
  • Väike-kärbtiib en estonien ("petit ?")
  • Karpytūnė en Lituanien.
  • C-flinter en frison ("papillon C").
  • C-blanca en espagnol.

  Un papillon alphabet...

  Nous avons vu que la marque blanche de l'aile postérieure avait été vue comme un croissant par Réaumur ; Petiver en 1717 y voit une virgule, Linné a lu la lettre C, Geoffroy un G, d'autres un delta (Polygonia delta-album Joseph, 1819, synonyme). Esper a lu pour sa part la lettre F, et le nomme Nymph. Phal. F.album  (Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur. Th. I, Bd. 2 (8): 168, pl. 87). 

 . 

 

 

 

 IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 Première mention : Mouffet, 1634.

  • The silver, pale, jagged-wing, and small Commas : Petiver, 1717. ( "Le petit Virgule, argenté, pâle et aux ailes échancrées" )
  • the Comma Butterfly : Wilkes, 1741-42 ; Harris, 1766, et la plupart des auteurs suivants. Le Papillon Comma, ou Papillon Virgule".

"Comma" est, en grec, désigne la virgule : il qualifie ici bien-sûr la marque blanche de la face inférieure de l'aile, départageant les amateurs de papillons anglo-saxons avec le Comma, les francophones avec le Gamma, et les autres européens linnéens avec le C. 

 

 


 

 

      ANNEXE : LE ROMAN DE ROBERT LE DIABLE.

 

 

"Dans la ville de Rouen au pays de Normandie naquit un enfant qui fut nommé Robert le Diable, qui est un nom fort épouventable ; mais la cause pourquoi il fut ainsi nommé, je le vais présentement raconter. [...] Si je conçois aujourd'hui un enfant, qu'il soit la proie du Diable, dès à présent je lui donne de bonne volonté. [...] Lors le duc engendra un enfant qui fit plusieurs maux en sa vie, comme vous le verrez ci-après ; car naturellement il était enclin à tous vices et délits, ; mais toute fois à la fin il se corrigea et se convertit si bien qu'il paya une amende salutaire de ses forfaits à Dieu, cet à la fin il fut sauvé, comme le témoigne assez amplement l'histoire de sa vie."

  Robert le Diable, initialement un roman de chevalerie basé sur le vieux thème folklorique et littéraire du brigand repenti reprend de nombreux éléments d'une tradition orale pour devenir, entre le XVII et le XIXe siècle, Le roman populaire par excellence. 

   Les manuscrits Français 24405 et Français 25516 de la Bibliothèque nationale représentent la version la plus ancienne du texte, écrit en vers par un clerc anonyme au début du XIIIe siècle. Le récit procède à la reformulation chrétienne d'un substrat païen indo-européen et d'une tradition orale populaire.   Il y eut ensuite deux remaniements : un Mystère au XIVe siècle et un Dit de Robert-le Diable au XVe siècle qui présentent déjà d'importantes modifications par rapport au texte primitif. Les premiers textes imprimés datent du début de l'imprimerie et parmi ces incunables, le plus ancien fut imprimé à Lyon en 1446 ; une édition parisienne date du début du XVIe siècle. Illustrés de belles vignettes sur bois, et suivant d'assez près le texte du Mystère et surtout du Dit, ils seront l'origine de toutes les éditions populaires. En effet, alors que les ouvrages précédents concernaient une population aisée et cultivée, va se développer une édition de colportage semi-clandestine distribuée dans les campagnes, par son entrée dans la Bibliothèque bleue dès 1620. Recouverts d'une fragile couverture de papier bleu, sans permis d'imprimé, souvent sans date ni lieu d'impression (mais imprimés à Troyes, Rouen, Paris puis dans diverses villes de province), les volumes de la Bibliothèque bleue accumulent les coquilles et comportent des coupures du texte qui supprimaient les motivations et émotions des protagonistes au profit de l'action ; apparus au XVII et XVIIIe siècles, ils trouvent leur apogée au XIXe siècle, et Robert le Diable est l'une des valeurs les plus sûres. Le succès du roman est tel que Meyerbeer en fait un opéra , mais le livret de Scribe n'a plus grand chose à voir avec l'original et tient plutôt du mélodrame. Réédité jusqu'en 1862, Robert le Diable change alors de statut et devient objet d'étude : les textes anciens sont alors édités. En 1909-1910, il entre dans le domaine du cinéma muet.

 L'histoire.

     Le récit raconte comment la femme du duc de Normandie, par dépit de ne pouvoir avoir d'enfant, voua à Satan un enfant à sa conception, enfant surnommé Robert le Diable et qui  terrifia la contrée par ses exactions (on discerne ici le thème de Merlin, héros rédempteur marqué par ses origines diaboliques). Son enfance est marquée par le meurtre de son précepteur et les violences exercées contre les autres enfants ; son investiture comme chevalier lui donne l'occasion d'exterminer les meilleurs participant du tournoi organisé en son honneur au Mont-Saint-Michel. Mis hors-la-loi, il devint le Capitaine de tous les mauvais garçons du pays et se livre, comme Gilles de Rais, aux pillages, coupant les gorges, forçant les hommes et violant les femmes et les nonnes, profanant les églises, incendiant l'abbaye d'Arquès, "tuant sept hermittes dans un bois", jusqu'au jour où il parvient au château d' Arquès où il rencontre sa mère. Celle-ci lui révèle la malédiction qui pèse sur lui, et Robert se repentit immédiatement et part en pèlerinage à Rome, où il se confesse au Pape. Il va trouver alors un ermite qui lui indique sa pénitence : contrefaire le fou, rester muet et disputer sa nourriture aux chiens.  Viennent ensuite sept années de pénitence à la cour de l'empereur de Rome, dont il devient le fou (la folie pénitentielle succédant à la folie destructrice du début). Mais les Turcs déclarent la guerre contre l'empereur et envahissent l'Italie, tandis que son Sénéchal le trahit et sert le camp des Infidèles. Robert, qui reçoit d'un ange un cheval et une armure,  secourt l'armée par trois fois en conservant l'incognito, et est blessé par un chevalier. le Sénéchal félon prétend être responsable des victoires remportées par Robert, mais la fille de l'empereur, muette jusqu'alors, démasque l'usurpateur et révèle les exploits de Robert. Dans la version médiévale, l'ermite annonce à Robert le pardon de ses fautes et il finit saintement sa vie dans la solitude, l'ascèse et la prière. Il est enseveli à Saint-Jean de Latran avant qu'un seigneur du Puy vienne dérober ses ossements et fonder une abbaye. Dans les versions postérieures au XIIIe, Il épouse la fille de l'empereur puis devient duc de Normandie.

Les textes.

 a) Version initiale en vers.

Le poème a été composé à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Deux versions du texte nous sont parvenues à travers les deux manuscrits qui subsistent aujourd’hui : BnF., Français 25516 et Français 24405  Pour É. Gaucher, le Français 25516 (manuscrit A, seconde moitié du XIIIe siècle) remonte à un original perdu, contrairement à l’hypothèse de Loseth pour qui les deux manuscrits seraient passés par un intermédiaire perdu . Le Français 25516 a été édité par Trébutien en 1837, puis par Löseth en 1903. Le Français 24425 ou Manuscrit B date du fin XIVe-début XVe.

— Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits, Français 25516 : Beuve de Hantone; Élie de Saint-Gille; Aiol; Robert le Diable.par le Maître du Graal. Enlumineur, 1275-1290.

— Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits, Français 24405. 14-15e siècle.

—Le roman de Robert le Diable, en vers du XIIIe siècle, publié pour la première fois d'après les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, par G.-S. Trébutien, Paris : Silvestre 1837. Google.

—Robert le Diable, roman d'aventures publié par E. Löseth, Paris, Firmin Didot pour la Société des anciens textes français, 1903, xlviii + 264 p.

b) Le Mystère de Robert le Diable,

Cy commence un miracle de Nostre Dame : BnF Ms Fr 820, XIVe siècle.

 

Miracle de Nostre Dame de Robert le Dyable, filz du Duc de Normendie, a qui il fu enjoint pour ses meffaiz qu'il feist le fol sans parler et depuis ot Nostre Seignor mercy de li, et espousa la fille de l'Empereur.

réécriture moderne par Fournier, historiographe en 1879 Gallica :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k37226h

c) Le Dict de Robert le Deable, XVe siècle. 

Guillot de Paris : "Le dit de Robert le Diable" in Dits, fabliaux et pièces diverses,1301-1400 Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 24432, f. 202ra-215rb, 254 quatrains monorimes : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075147

BnF Ms Fr 1881

BnF Ms Fr 12604

 

d) versions imprimées.

 

—édition de Jacques Oudot (Troyes, 1715)

— édition  de Jean Oursel (Rouen, 1715)

— La terrible et merveilleuse vie de Robert le Diable , Lequel après fut Homme de Bien,  Garnier, Troye, 1738. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k721663/f19.image

— édition de Jean de Castilhon (1763) Google.

— édition du comte de Tressan (1784).

Image : http://www.ecoles.cfwb.be/argattidegamond/Contes/Chaperon/Colportage.htm

image005.jpg  

 

Robert le Diable. Édition bilingue. Publication, traduction, présentation et notes par Élisabeth Gaucher, Paris, Champion (Champion Classiques. Moyen Âge, 17), 2006, 512 p.

Élisabeth Gaucher, « Robert le diable : une « œuvre ouverte » », Cahiers de recherches médiévales [En ligne], 2 | 1996, mis en ligne le 04 février 2008, consulté le 05 novembre 2013. URL : http://crm.revues.org/2483 ; DOI : 10.4000/crm.2483

Bauduin Pierre : "Gaucher (Elisabeth). Robert le Diable. Histoire d'une légende".  Revue belge de philologie et d'histoire 2006 Volume   84 pp. 126-1268  

Lise Andries La Bibliothèque bleue : les réécritures de Robert le Diable Littérature1978Volume 30 pp. 51-66 Persée http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/litt_0047-4800_1978_num_30_2_1154

 

 

 

 

[Robert le diable : neuf maquettes de costumes / par François-Gabriel-Guillaume Lepaulle] - 10

 

 

 

Liens et Sources.

Funet :  Nymphalis.

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Polygonia c-album.

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religieux Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes  Benoît Louis Prévost; A J Defehrt Paris : Chez Calixte-Volland : Chez Rémont, an VII [1798-1799 Tome deuxième. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771.Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica .  Tome second première partie 616 pages,  ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— HIGGINS (L. G.) et RILEY (N. D.) 1988. Guide des Papillons d'Europe : Rhopalocères. Troisième édition française. Traduction et adaptation par Th. Bourgoin, avec la collaboration de P. Leraut, G. Chr. Luquet et J. Minet. Delachaux et Niestlé édit., Neuchâtel ,1988, 455 pages.

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

— LATREILLE, P. A., 1804. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, vol.24, Paris : Déterville.

— LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 369. Paris : Dufart.

 —LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

— LATREILLE (P.A), GODART (J.B) , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9 1819. https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), Faune entomologique armoricaine. Lépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.


— PERREIN (Christian) 2012 , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes   Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL.  Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

— SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

— SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

SPULER  (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL:http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

— TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789).https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille et Godart 1819 :  https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Fabricius :  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

—  Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

 

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:38

 

 

      Zoonymie du papillon Machaon ou Grand Porte-Queue, Papilio machaon Linnaeus, 1758.

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

Pin pa ni caille,
Le roi des papillons,

Se faisant la barbe,
Se coupa le menton.

 

Un, deux, trois, de bois ;
Quatre, cinq, six, de buis ;
Sept, huit, neuf, de bœuf ;
Dix, onze, douze, de bouse ;
Va-t’en à Toulouse. »


      Voir aussi :  Les caudataires Machaon et Phaéton de la Marine : délices de l'onomastique navale.

Résumé.

Papilio Linné, 1758 : du latin papilio, onis, "papillon".

machaon Linné 1758 :  Dans la mythologie grecque, Machaon (en grec ancien Μαχάων / Makháôn), fils d'Asclépios (dieu de la médecine) est un héros de la guerre de Troie, soignant avec son frère Podalire les cavaliers grecs, puis se cachant dans le cheval de Troie pour prendre possession de la ville avec d'autres chefs. 

— Les noms vernaculaires ont été successivement : Le Grand papillon à queue, du fenouil (Geoffroy, 1762); le Papillon Basse-la-Reine (de Geer, 1771 / Meiran, 1730); le Grand Porte-Queue (Engramelle, 1779); le  Papillon Machaon (Godart, 1819 et 1821) ; le Grand-Carottier (Godart, 1821); le Machaon (Luquet, 1986). L'usage actuel a consacré Le Machaon en priorité, ainsi que le Grand Porte-queue. Hormis le Machaon, transposition du nom scientifique, ces noms attirent l'attention sur la forme remarquable des ailes, aux prolongements effilés (ressemblant aux "filets" des hirondelles rustiques, ce qui explique que le machaon soit nommé en anglais Swallowtail, queue d'hirondelle) ; sur les plantes hôtes (fenouil et carotte) et sur la grande taille (30 à 50 mm d'envergure) Le curieux Basse-la-Reine semble transposé du hollandais pour souligner la splendeur toute royale de l'espèce.

 

 

I. Nom scientifique

Lepidoptera.


1. Nom de famille et sous-famille :

Papilionidae Latreille 1802 (Papilionides), Papilioninae, Tribu Papilionini  (Latreille, 1802) (Papilionines).

 

 


2. Nom de genre : Papilio, Linné, 1758.

Espèce-type Papilio machaon Linnaeus, 1758.

 P.[apilio] E.[ques] Machaon, Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp, page 458.

  Pour Linné, les Papilio regroupent tous les papillons de jour. Les comparant aux armées grecque et troyenne de la guerre de Troie, il les divisent, selon les caractères de leurs ailes, en 6 phalanges, dont la première est celle des Equites ou Chevaliers, séparés en Troiani (Troyens) et Achivi (Achéens, donc Grecs). Le goupe des Papilio va être réduit à ces seuls Achéens, ou plutôt à une seule sous-division crée par Linné, les Achivi alis fasciatis (ses n° 20 à 40) dont la seule espèce européenne est alors (1758) le n° 27 Papilio machaon, qui est donc Eques Achivus, chevalier achéen. Ses compagnons sont Ulysse, Agamemnon, Diomède, Patrocle, Pyrrhus, Leilus, Ajax, Antilochus, Protesilaus, Nestor, Télémaque, Achille, etc. En 1764, il ajoutera une seconde espèce européenne, Podalire. 

 

 Linné a repris le nom latin papilio, onis, "papillon", qui n'a pas d'étymologie plus ancienne. Notre propre nom français dérive de la forme accusative latine papilionem, au XIIe siècle avec la forme paveillon, d'emblée avec le sens d' "insecte lépidoptère". Ce paveillon, qui conduira à notre pavillon, "tente d'armée aux deux rideaux en forme d'ailes de papillon", se transformera sous l'effet d'une altération expressive répétant la lettre p (pap) pour imiter le battement des ailes. Cette sorte d'onomatopée s'entend aussi — ou mieux — dans d'autres langues : farfalla en italien,  papallona en catalan, barbotela en portuguais, parpaillo en occitan (et ur valafenn en breton).

  Si on aime jouer avec les mots, on peut rapprocher ces sonorités de clappement d'ailes de celles de paupière, dans sa forme palpébral, issu du latin palpebra formé de la base pal-pare, qui a le sens originel de "toucher doucement, battre doucement". On dit d'un enfant gagné par le sommeil et dont les paupières papillonnent que "ses yeux parpalègent" ; on parle aussi d'un "baiser papillon" pour désigner un geste tendre effectué par battement des paupières. Et il est si poétique d'imaginer les paupières de l'être aimé(e) endormi comme deux papillons posés sur une fleur !

 

      Emmet (1991) page 145:

Papilio Linnaeus,1758 —papilio, a butterfly : the name was applied by Linnaeus to all the butterflies. Schrank (1801) restricted it to the Nymphalidae but Latreille (1804) reassigned it to the phalanx Equites, and later it was still further restricted to this genus.

Trad : Papilio, un papillon : le nom fut employé par Linné pour désigner tous les papillons diurnes. Schrank en restreignit l'usage en 1801 aux seuls Nymphalidés, Latreille (1804) à la seule phalange des Equites, et plus tard le nom fut encore limité à ce seul genre.

 

 

3. Nom d'espèce : Papilio machaon Linnaeus, 1758.

P.[apilio] E.[ques] Machaon, Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp, page 462 n° 27.

 [http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]  

 

 

  Machaon est d'une famille qui se consacre à la Santé puisque son père n'est autre qu' Asclépios, dieu de la médecine que le centaure Chiron lui avait enseigné, et lui-même fils d'Apollon et de Coronis la Corneille. La mère de Machaon est la nymphe Epione "celle qui soulage les maux", il compte parmi ses sœurs Hygie, déesse de la santé et de l'hygiène, et Panacée, déesse qui soigne tout par les remèdes à base de plante, ou Acèso, déesse de la guérison.

  Ses deux frères sont Podalire, médecin, et Télésphore, dieu de la convalescence. Il est marié à Anticlia, de qui il a Alexanor, Sphyros*, Polémocratès, Nicomachos et Gorgasos.

* l'un des synonymes de Papilio machaon est Papilio sphyrus (Hübner, 1823).

 

  Machaon et Podalire sont tous les deux des héros de la guerre de Troie, accompagnant les combattants achéens venus venger l'honneur de Ménelas dont l'épouse Heléne a été enlevé par Pâris. Ils mènent trente nefs thessaliennes de Trikké, Ithomé et Œchalie. Habiles chirurgiens, ils exercent leur art auprès des blessés grecs, Machaon soignant notamment Ménélas et Podalire Philoctète. Dans l'Iliade, Machaon est blessé par Paris  à l'épaule droite d'une flèche à trois pointes : Et, aussitôt, Idoméneus dit au divin Nestôr :— Ô Nestôr Nèlèiade, gloire des Akhaiens, hâte-toi, monte sur ton char avec Makhaôn, et pousse vers les nefs tes chevaux aux sabots massifs. Un médecin vaut plusieurs hommes, car il sait extraire les flèches et répandre les doux baumes dans les blessures. Il parla ainsi, et le cavalier Gérennien  Nestôr [Νέστωρ Γερήνιος , Nestor Gerēnios, de Gérénia en Méssénie] lui obéit. Et il monta sur son char avec Makhaôn, fils de l’irréprochable médecin Asklèpios. Et il flagellait les chevaux, et ceux-ci volaient ardemment vers les nefs creuses. (Rhapsodie XI) 

 

Selon Quintus de Smyrne, ils feront également partie des guerriers présents dans le cheval de Troie qui mena la ville du roi Priam à sa perte. Selon Virgile (Énéide, 2, 265), Machaon était même le premier de ceux qui sortirent du cheval.

 Mais Machaon mourut lors de la prise de Troie sous les coups du fils de Télèphe. Ses ossements furent rapportés par le vieux Nestor chez lui à  Gérénia en Méssénie, dans un sanctuaire où les malades venaient chercher la guérison.

 

 On aime à croire que Machaon  (en grec ancien Μαχάων / Makháôn) tient son nom de makhaira, "couteau", car il excelle en chirurgie : c'est lui qui soigne Ménélas atteint d'une flèche, ôtant celle-ci puis appliquant des remèdes sur la plaie. C'est à son propos qu'Idoménée eut ce commentaire devenu proverbial : "un médecin, à lui-seul, vaut beaucoup d'hommes".

  Selon d'autres sources ici, Machaon se rattache au verbe grec makhestai, "combattre, lutter".

 

  On désigna les deux frères médecins Machaon et Podalire comme les Asclépiades, puis ce nom engloba leurs descendants, une famille noble prétendant descendre directement d'Asclépios, et dont certains étaient prêtres-médecins : la médecine était dans la Grèce antique, un sacerdoce exercé dans des asclépeions ou temples de soins (incubation) dont les plus connus se trouvaient à Cos et à Épidaure. Enfin, depuis Hippocrate l'Asclépiade, ce sont tous les médecins qui sont désignés sous ce terme. Leur caducée comporte le "bâton d'Asclepios", portant le miroir de la prudence, et autour duquel s'enroule la Couleuvre d'Esculape. Le caducée des pharmaciens comporte pour sa part la coupe d'Hygie, sœur de Machaon.


 

Machaon, son frère Podalire et son fils Alexanor ont donné leur nom à trois Porte-Queues, Papilio machaonIphiclides podalirius et Papilio alexanor. Parmi les synonymes, variantes et sous-espèces de Machaon, je relève  Papilio machaon sphyrus (Rothschild, 1895) (du nom du fils de Machaon) et Papilio machaon var. hippocrates (C. & R. Felder, 1864). Enfin, Nicomaque, autre fils guérisseur de Machaon figure dans la famille très médicale des Porte-Queue :  Papilio polites nicomaque Fruhstorfer, 1909 (synonyme).

  Nicomachos et  Gorgasos était vénéré ensemble dans un sanctuaire de Phares en Messénie (Pausanias, IV,30) par les malades et les estropiés: est-ce Gorgasos qui y figure sous le nom altéré de Papilio machaon ssp gorganus (Fruhstorfer, 1922) ?  J'ai la bonne surprise de constater que H.A. Hürter (1988, p. 41) s'est posé la même question et y a consacré un paragraphe entier pour conclure, comme moi, à une faute d'orthographe. Ce nom gorganus  est cité ainsi  dans la description originale de l' article Der bekannteste mitteleuropäische Tagfalter noch ohne Namen ("Les papillons les plus connus d'Europe centrale encore sans nom"):  "Papilio machaon L. Reg. Pal. exclus. Madeira et Insulae Canariae [...]d) : P. machaon gorganus FRUHST, P. machaon ESPER, HÜBNER, auctores,...Germania, Austria, Europ. centr.". Il est d'autant plus probable que Fruhstorfer ait commis une faute gorganus / gorgasus que c'est lui qui avait déjà créé Papilio polites nicomaque 13 ans auparavant.

 L' épouse de Machaon a donné son nom à Lachnoptera anticlia anticlia (Hübner, 1819), un heliconiiné d'Afrique ; sa mère Epione baptise des papillons de nuit, dont l' Epione marginée Epione repandaria (Hufnagel, 1767).

  Cette famille de toubib, toujours tirée à quatre épingles (surtout dans les collections des chasseurs de papillon), possède d'étranges secrets et est passée maître en aposématisme, cet art d'effrayer les prédateurs. Machaon concocte dans ses alambics des phyltres à base de carotène que sa chenille libère par ses osmeterium en cas de danger. Leurs osmatéries repoussent les Oiseaux, Lézards, Fourmis, (ais non les Guèpes, Vespula germanica étant au contraire attirée par l'odeur de carotte des chenilles pour les croquer alors que des ichneumonidés les parasitent  (H. Descimon 1991).  De même, les larves  du Machaon se nourrit de la Rue fétide, ou Ruta gravaeolens, grande plante médicinale répulsive pour les insectes (puces et pucerons), mais que machaon ne craint pas. En outre, cette espèce sait détourner à son profit les pigments qui lui servent à orner sa livrée de telle façon qu'elle décourage les prédateurs. Elle est inféodée aux Ombellifères et aux Rutacées, plantes qui n'ont pas de parenté botanique mais qui ont en commun des huiles essentielles ( celle du fenouil fœniculum vulgare par exemple, qui parfume nos pastis).

 

 

 

Synonymes.

 Papilio machaon machaon Linnaeus, 1758 


 

II. Noms vernaculaires.

Le Grand papillon à queue, du fenouil (Geoffroy, 1762); le Papillon Basse-la-Reine (de Geer, 1771 / Meiran, 1730); le Grand Porte-Queue (Engramelle, 1779); le Papillon Machaon (Godart, 1819 et 1821) ; le Grand-Carottier (Godart, 1821); le Machaon (Luquet, 1986).


0. Avant l'Âge des Noms : Réaumur.

RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes  Tome I : Chenilles et Papillons : Paris : Imprimerie Royale,  planches gravées par Simoneau.

Mémoire 11 : De l'industrie des chenilles, qui, pour se métamorphoser, se suspendent par un lien qui leur embrasse le dessus du corps ; et des crisalides qui sont suspendues par le même lien, page 484-486.

planche 29 fig. 9. 

planche 30 fig. 1 à 11. : "La figure 1 est celle du papillon à queüe de la belle chenille du fenouil", posé sur six jambes dont trois sont marquées ppp.

 Réaumur décrit ensuite la chenille (c'est sur elle que porte son intérêt), avec ses "cornes" rétractiles (son osmeterium orangé  dont les sécrétions éloignent les prédateurs), et la façon, détaillée avec minutie, avec laquelle la chenille se fixe à la tige de fenouil ; puis il décrit la chrysalide.

n618_w525 


 1. Le grand papillon à queue, du fenouil. Geoffroy, 1762.

Étienne-Louis Geoffroy, Docteur en médecine 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. pages 54-55 n°23.

  Geoffroy, qui a créé de magnifiques noms originaux pour les nymphalides par lesquels il a débuté son ouvrage, aborde ici sa deuxième famille, celle des Papillons à six pieds, et le premier groupe d'entre eux, les Grands Porte-Queues. Plutôt que de reprendre le nom de Machaon de Linné, qu'il cite, il utilise un nom descriptif associant trois qualificatifs, la taille, le caractère caudé de la queue, et l'une des plantes hôtes, le fenouil. Sur le plan de la création onomastique, il est évident que ce choix n'est pas heureux. Il est possible que Geoffroy se soit inspiré de la dénomination anglaise Swallowtail ( Wilkes 1741), Queue d'Hirondelle, bien qu'il ne cite pas ce dernier auteur dans ses 17 références. Mais en réalité, nous venons de voir qu'il reprend le "papillon à queüe, du fenouil" de Réaumur, transformant un fragment de phrase en nom propre.

  

 2. Papillon Basse la Reine, De Geer 1771. (Maria Sybilla  Merian, 1730)

    GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771. Tome second première partie page 185 .

Godart 1819 et 21 cite ce nom avec la graphie Basse-la-Reine avec la référence Merian, Eur. p. 13  pl.38.:

Merian, Maria Sibylla, - Marret, Jean, De Europischen insecten : naauwkeurig onderzogt, na't leven geschildert, en in print gebragt door /Tot Amsterdam : J.F. Bernard,1730 : page 20 pl. 38. : "Uit deze Pop is de schoone Kapelle, die by de Leif hebbers genaamt word basse la reine, in April en Mai, ook wel in December te vooschyn gekomen, die schoon geel en met swart verçiert is."

 La tentative de traduction du texte ne me permet pas de comprendre d'où peut provenir ce nom, ou à quoi il fait allusion. (" de la chrysalide de ce beau papillon, que les naturalistes nomment communément Basse la Reine, sort quelquefois en avril et mai, et aussi en décembre, un papillon jaune orné de noir" ). Il a été repris par différents auteurs au XVIIIe siècle. Ce qui est étonnant, c'est que ce nom en français apparaisse dans un texte écrit en hollandais par une naturaliste et peintre allemande.

 L'hypothèse que je formule, après avoir découvert que le Machaon et Iphicildes podalirius sont désignés en néerlandais par les noms de Konninginnepage et de Koningspage, puis que le nom néerlandais page désigne la famille des papilionidae (Swallowtail), et donc que ces noms signifiaient Papilionides de la reine, et Papilionides du Roi, est que "Basse-la-Reine" est une francisation grossière de Konninginepage en Page-la-Reine puis Basse-la-Reine. 

  Parmi les auteurs anglais Petiver 1699 avait nommé le machaon Royal William ; Rennie le nomma The Queen (la Reine) en 1832. Puis plusieurs ( J.O Westwood 1841, H.G. Adams 1854) citent une référence Papilio Regina de Geer Gen. 6-30. On retrouve cette mention royale dans les noms catalans Papallona reina.

 

http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/64/mode/1up

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f197.image.r=.langFR

3. Le Grand Porte-Queue Engramelle 1779 .

   Jacques Louis Florentin Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 146  n° 68 planche 34 a;b;c; par J.J. Ernst, gravée par ? Stignand,  1779.  

4. Le Machaon, de Villers, 1789.

VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789) page 3

 

5. Le papillon Machaon, Latreille et Godart 1819.

  • P.A Latreille, Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle Paris : Deterville 1819, t.XXIV. n°89 page 57.

 

5 . Papillon Machaon , Godart 1821.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Tableau méthodique p. 11, et page 38 dessinée par [Antoine Charles] Vauthier et gravée par Lanvin.

  • Idem,  Latreille et Godart, Encyclopédie méthodique, Histoire naturelle, Paris : Vve Agasse,Tome 9 vol. 116, 1819.
  • Idem, Hippolyte Lucas 1834.
  • Idem Le Borgne de Kermorvan in Souvestre, 1836 page 165.

6. Le Grand-Carottier Godart, 1821).

 Godart cite simplement cette dénomination (Histoire naturelle, 1821 p.40) : "Le fenouil, le peucédan à feuilles menues sont les plantes sur lesquelles on trouve le plus souvent cette chenille. Elle aime également la carotte sauvage et la carotte cultivée. Aussi les paysans de certaines contrées donnent-ils au papillon le nom de Grand-Carottier".

 

6. Revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 Gérard Christian Luquet place Le Machaon en nom principal et accepte aussi Le Grand Porte-Queue, Le Grand Carottier , La Queue d'Hirondelle* (en Suisse). Il écarte, en raison de leur longueur et complexité excessive, Le Papillon Basse-la-Reine, et le Grand Papillon à queue du Fenouil de Geoffroy.

 Ce nom fait l'objet d'une note : "Il semble que ce soit par erreur que Rappaz (Les Papillons du Valais, Sion : 1979) indique avoir lui-même créé le nom de "Queue d'Hirondelle" pour Papilio machaon. Je l'ai en effet rencontré dans plusieurs ouvrages publiés antérieurement au sien. Apparemment, le nom de "Queue d'Hirondelle" est courant en Suisse ; il n'est du reste probablement que la traduction du nom allemand de l'espèce, "Schwalbenschwanz", de même que le nom de "Voilier" attribué en Suisse à Iphiclides podalirus est vraisemblablement aussi la traduction du nom vernaculaire allemand du "Flambé" ("Segelfalter").

 En toute logique, G.C. Luquet aurait donc pu l'écarter pour le motif qu'il a établi : "Les noms traduits d'une langue étrangère, ou imités du latin, mais peu adaptés aux réalités francophone ; il convient d'en éviter l'emploi" (p. [5].


7. Noms vernaculaires contemporains :

Au début du XXe siècle, Charles Oberthür et Constant Houlbert ( 1912-1921) utilisent le nom de "Le Grand Porte-Queue de Geoffroy" (p. 39 fig. 49).

 

Higgins & Riley /Luquet 1988 : Le Machaon, le Grand Porte-Queue.

Bellmann / Luquet  2008 : Le Machaon, le Grand Porte-Queue.

Blab / Luquet 1988 : Machaon

Doux et Gibeaux / Luquet 2007 : Le Machaon.

Lafranchis, 2000 :Le Machaon, le Grand Porte-Queue

Perrein, 2012 : Machaon, Grand Porte-Queue.

Tolman et Lewington / Leraut 2009 : Machaon.

Wikipédia : Le Machaon ou Grand Porte-queue.

 

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

      Ils reprennent le plus souvent l'un des équivalents de ceux que nous avons vus : Machaon ; Queue d'Hirondelle : Reine.

  A noter les qualifications de "chevalier", peut-être en rapport avec la classe des Equites achivi où Linné avait classé le machaon.  

  • Ritariperhonen en finnois : "papillon chevalier".
  • Makaonfjäril en suédois : "papillon machaon".
  • Riddarfjäril  en suédois : "papillon chevalier".
  • Schwalbenschwanz en allemand : "Queue d'Hirrondelle".
  • Swellesturtflinter en frison.
  • Swallowtail Common ou Yellow Swallowtail en anglais : "Queue d'Hirondelle".
  • Old World Swallowtail ou Artemisia Swallowtail en américain
  • Koninginnepage en néerlandais : "Papilio reine" ... Le Flambé Iphiclides podalirius se nomme Koningspage en néerlandais. Page = Papilionidae ou Swallowtails 
  • Ridderkapelle en néerlandais : "papillon chevalier".
  • Otakárek fenyklový en tchèque : "Rare machaon."Lastovičar en slovène
  • Svalehale en danois : "Queue d'Hirondelle".
  • Kırlangıçkuyruk en turc : "Queue (kuyruk) d'Hirondelle"  
  • Maxaon en azeri (azerbaïdjan).
  • Borboleta cauda-de-andorinha en portuguais : "papillon queue d'hirondelle".
  • El Macaón en espagnol.
  • papallona rei, papallona reinapapilió, rei de papallones ou papallona tigre en catalan.  
  • Macaone en italien.  
  • Paź królowej   en polonais.

et :

  • Ar papilio Machaon en Bretagne
  •  Galo (coq) ou boiña (béret) en Galice. 
  • Farfalla finuchjaghja en Corse.
  • Macaon (parpalhòl) en Occitan

 IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

      Première mention Moffet, 1634.

  • The Royal William :Petiver, 1699 ; Newman et Leeds, 1913.
  • The Swallow-tails or Swallowtail : Wilkes 1741-42 ; Harris 1766 ; Jermyn, 1824 ; South, 1906 ; Newman et Leeds, 1913 ; et la plupart des auteurs suivants.
  • The Queen  Rennie, 1832.
  • The Swallow-tailed Butterfly : Coleman, 1860.
  • The Common Swallowtail : Heslop, 1959.

 

V. Autres descriptions.

Linné, Fauna suecica n° 791.

— Scopoli, entomologia carniolica p. 166.

— Fuesli, Ins. n° 543.

— Esper, tome I, page 31, tableau 1 fig. 1.

— Seb. Mus 4, tableau 32 fig.9.

— Petiver, Mus. page 35 n° 328.

— Columnae Ecphr. 2, page 85 tableau 86.

— Mouffet, Theatrum ins.ed. lat. page 99 tableau 968.

— Gronov. Zoolog. 725.

— Harris, tableau 36 fig.9.

— Mullers Systema nat. tome 5 page 575 tableau 15 fig.3.

— Ray, Hist. ins. p. 110 n°1.

— Robert, icon i8.

— Wilkes, p. 47 tableau I n°1

— Merret, Pinax, rer. brit. 198.

— Jonston, Ins. p. 40 n°2 tableau 7.

— Rösel von Rosenhof, tome I Cl. II page i tableau I Pap. diurn.

— Biblioth. regiana par. page 4 n°1, 2 varietas n°4.  

— Höfnagel, ins. I, tome 12 

— Frisch. germ, 2, p.41 tome 10.

— Aldrovandi, Ins. 96 n.5-6 f.1.

— Lewin, Ins. tableau 34,


 

 106c

 

machaon 0103cc

 

 

Sources et liens.

Liens et Sources.

Funet : Papilio 

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Machaon.

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religieux Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes  Benoît Louis Prévost; A J Defehrt Paris : Chez Calixte-Volland : Chez Rémont, an VII [1798-1799 Tome deuxième. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771.Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica .  Tome second première partie 616 pages,  ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

 

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— HIGGINS (L. G.) et RILEY (N. D.) 1988. Guide des Papillons d'Europe : Rhopalocères. Troisième édition française. Traduction et adaptation par Th. Bourgoin, avec la collaboration de P. Leraut, G. Chr. Luquet et J. Minet. Delachaux et Niestlé édit., Neuchâtel ,1988, 455 pages.

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

— LATREILLE, P. A., 1804. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, vol.24, Paris : Déterville.

— LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 369. Paris : Dufart.

 —LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

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 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

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— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), Faune entomologique armoricaine. Lépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.


— PERREIN (Christian) 2012 , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes   Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL.  Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

— SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

— SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

SPULER  (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL:http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

— TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789).https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

De Geer : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Boisduval chenille 1832 : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Geoffroy BHL :1762 :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

Engramelle :http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Latreille 1804 :http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Fabricius :http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763 http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 

 

 — Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

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