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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:03

Zoonymie (étude du nom) de l'  Hespérie de l'Ormière (ex-Hespérie de la Mauve), Pyrgus malvae (Linnaeus, 1758).

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

— Pyrgi Hübner, [1819] pluriel du latin Pyrgus. Dès 1695 avec Petiver, le maillage en damier des ailes a conduit à créer le nom de Fritillary, et depuis le "Fritillarius" de Poda en 1761, les espèces proches du papilio malvae  avec ses taches blanches comme des dès à jouer sur le fond brun sombre ont incité les auteurs à rivaliser dans le développement de la métaphore du jeu de dé : "Fritillum" de Denis & Schiffermüller en 1775 (fritillus : "table de jeu de dame ou cornet de dès"), "Orcus" de Cramer en 1782 (orca : "cornet à dès en tour"), "Tessellum" de Hübner 1803 (tessela : "cube de mosaïque taillé en dès"), "Alveus" de Hübner (Pyrgus alveus) 1803 ou "Alveolus" de Hübner 1803 (alveus, "table de jeu, damier" et alveolus: diminutif de alveus), jusqu'au nom de genre qui les rassemble tous, Pyrgi , de pyrgus : "cornet à dès en forme de petite tour, dont l'intérieur crénelé impose aux dès des cascades s'opposant aux tricheries".

 

malvae (Linnaeus, 1758). Contrairement au parti-pris de Linné d'attribuer à ses papillons des noms non-descriptifs pris dans l'Antiquité grecque ou latine, cet auteur avait choisi de nommer cette espèce selon la plante-hôte qu'il lui attribuait alors, la Mauve. Mal lui en prit, car la chenille ne se nourrit pas de Mauve (Malvaceae) mais de Rosaceae du genre Potentilla. Il est excusable puisque Carcharodus alceae (l'Hespérie qui se nourrit de Mauves) ne sera décrite par Esper qu'en 1780, et que les deux espèces sont confondues jusque là. 

 

— "Le Plein-Chant" Geoffroy 1762 est une superbe métaphore comparant les carrés blancs caractéristiques des ailes (cf supra la comparaison avec les dès à jouer) avec les notes (pourtant noires !) de l'écriture  de la musique grégorienne, ou "plain-chant". Nom initial de P. malvae repris par Engramelle en 1779, ce nom est actuellement réservé à Pyrgus alveus.

— "L'Hespérie de la Mauve" Latreille 1804 et Godart 1819 pour une espèce différente puis  Luquet 1986 s'est avéré inadéquat en raison du manque d'appètit de la chenille pour les Malvacées. G. Luquet a proposé en 2003 "Hespérie de la Reine-des-Prés", et en 2009  : "Hespérie de l'Ormière", nom moins répandu de la Reine-des-Près Filipendula ulmaria. En 2012, C. Perrein utilisait le nom d "'Hespérie de la Tormentille".

 

Madame la Baronne de l'Hespérie de l'Ormière présente ses papiers au nom de "La Mauve" :

                                   https://scontent-b-cdg.xx.fbcdn.net/hphotos-xap1/v/t1.0-9/10659415_561055137358854_6227646849572042456_n.jpg?oh=33359dd971d741c50b5307b699653398&oe=54BA1CA2

 

                     Nom scientifique.

 

 

 I.  Famille, Sous-famille, Tribu.

1°) Super-famille des Papilionoidea Latreille, 1802

2°) Famille des Hesperiidae Latreille, 1809 : [Hespéries ou Hespériides]  

  • Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]
  • Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925
  • Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 : [Hespériines, Hespéries fauves]

3°) Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : [Pyrgines, Hespéries noires]

  • Tribu des Erynnini Brues & Carpenter, 1932
  • Tribu des Pyrgini Burmeister, 1878
  • Tribu des Carcharodini Verity, 1940

4°) Tribu des Pyrgini Burmeister, 1878

— Genre Pyrgus Hübner, [1819]


2. Nom de genre :  Pyrgus Hübner [1819]

 

a) Description originale : 

  Jacob Hübner, Verzeichniß bekannter Schmettlinge., Augsburg ; Verfasser, 1816-1826 [1819],2,  page 109

 — Description :

 Familia E : Gemeine, Vulgares. Die Flügel schwarz, voll heller fleckgen.

1. Pyrgen, Pyrgi. Alle Flügel würflig weiß gefleckt ; die Senken unten weiß, färbig bandirt.


1169. Pyrgus Syrichtus Fabr. Syst. Pap. 394.  Orcus Cram. 334. J.

1170. P. Oilus Linn. Syst. Pap. 269. Tartarus Hübn. Pap. 716. 717.

1171. P. Orcus Cram.334.r.l ;

1172. P. Sidae Esp. Pap. 90.3.Hübn . Pap. 468

1173. P. Tesselum Hübn. Pap. 469 470.

1174. P. Carthami. Alveus Hübn. Pap. 461-463.

1175. P. Frittilum Schiff. Verz. Pap. A.3.  Malvae Linn. Syst. Nat. Pap. 267. Hübn. Pap. 464. 465. 506.

1176. P. Alveolus. Malvae Esp. Pap. 36.5. Hübn. Pap. 466.467.

1177. P. Sertorius. Sao Bergst. Nom. 40. 8. 9. Hübn. Pap. 471.472.

1178 . P. Vindex Cram. 353.G.H. 

 

 

— Type spécifique: sélectionné par Westwood en 1841 :  Papilio alveolus Hübner, [1803]= Papilio malvae Linnaeus, 1758.

 

 — ICZN 1954. Opinion 278. Addition to the Official List of Generic Names in Zoology of the names of ten genera of the Sub-order Rhopalocera of the Order Lepidoptera (Class Insecta) species of which were cited in the Tentamen, prepared by Jacob Hübner, which is believed to have been distributed to correspondents in 1806, a leaflet rejected in Opinion 97.Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature, 6(10): 135-178. page 139.

— Ce genre renferme en France les espèces suivantes

 

  • Pyrgus malvae (Linnaeus, 1758) Hespérie de l’Ormière  
  • Pyrgus malvoides (Elwes & Edwards, 1897)  Hespérie de l’Aigremoine. 
  • Pyrgus armoricanus (Oberthür, 1910)  Hespérie des Potentilles. 
  • Pyrgus alveus (Hübner, [1803])  Hespérie du Faux-Buis.
  • Pyrgus alveus alveus (Hübner, [1803]).
  • Pyrgus alveus accretus (Verity, 1925).
  • Pyrgus warrenensis (Verity, 1928)  L’Hespérie rhétique.
  • Pyrgus bellieri (Oberthür, 1910)  Hespérie des Hélianthèmes. 
  • Pyrgus serratulae (Rambur, [1839])  Hespérie de l’Alchémille.
  • Pyrgus carlinae (Rambur, [1839]) Hespérie de la Parcinière.
  • Pyrgus cirsii (Rambur, [1839])  Hespérie des Cirses.
  • Pyrgus onopordi (Rambur, [1839]) Hespérie de la Malope.
  • Pyrgus carthami (Hübner, [1813])  Hespérie du Carthame.
  • Pyrgus sidae (Esper, 1784)  Hespérie du Sida.
  • Pyrgus sidae occiduus (Verity, 1925).
  • Pyrgus andromedae (Wallengren, 1853)  Hespérie des frimas.
  • Pyrgus cacaliae (Rambur, [1839])  Hespérie du Pas-d’âne.

 

b) Origine et signification du nom Pyrgus selon divers auteurs.

 

— L. Glaser (1887) page 310 :

"πὐργος, lat. fritillum, Würfelbecher " 

— Arnold Spuler ( 1908) page 75 :

"πὐργος  Turm, auch griech. Ortsname."

"Πὐργος Tour, également grec. Toponyme."

— August Janssen (1980) page 45 :

"purgos = wachttoren, vandaar overdrachtelijk : beschermer."

"Purgos = tour de guet, d'où métaphoriquement: protecteur."

—A. Maitland Emmet (1991) page 145 :

"πὐργος  (purgos), a tower on a wall, a battlement ; presumably from the chequered terminal cilia ; cf Charcorodus, named by Hübner in the same work. Macleod's derivation from Pyrgi, a town in the Peloponnesus, is unlikely ; none of Hübner's generic names is certainly geographical."  

"πὐργος (purgos), une tour sur un mur, un rempart, probablement allusion à la frange à damier; cf Charcorodus, nommé par Hübner dans le même ouvrage. Macleod le fait dériver de Pyrgi, une ville dans le Péloponnèse, ce qui est peu probable : aucun des  noms génériques de Hübner n'est à coup sûrgéographique. "

— Hans-A. Hürter (1998) page 420 :

        Hürter cite d'abord Pauly :

"Mit unrecht hat man mit dem Fritillus [dem Würfelbecher], den Pyrgus identifiziert....Der Pyrgus ist eine auf der Spieltafel stehende, vielleicht befestigte Vorrichtung in Form eines kleinen Turmes ; in diesen werden die Würfel oben hineingeworfen ; sie rollen in ihm über mehrere Stufen hinab, um noch oberhalb des Alveus aus einer seitlichen Öffnung hervorzutreten und über eine dieser öffnung vorgelegte Treppe oder schiefe Ebene auf den Alveus herabzurollen." (Pauly, 13, Halbbd.,1910, page 108)

A rebours le Pyrgus a ont été identifié avec le Fritillus [cornet de dés]. Le Pyrgus est  dispositif  dressé sur ​​le plateau de jeu, peut-être fixé sous la forme d'une petite tour; dans ceux-ci, les dés sont jetés jusqu'à ce qu'ils roulent vers le bas sur plusieurs étapes avant d' émerger au-dessus de l' "Alvéus" (orifice ?) d'une ouverture latérale et rouler présenté par l'un de ces escaliers d'ouverture ou plan incliné sur le alvéus. (Traduction grossière que je ne tente pas d'améliorer puisque je propose d'autres descriptions française [Encyclopédie] de ce Pyrgus)

Deutung : Hier hat Glaser sicher die zutreffende Bedeutung von πὐργος   angegeben. Daß Hübner bei der Wahl des Gattungsnamens an den begriff "Turm, Burg, Stadtmauer" dachte, darf man wohl nicht annehmen. Viel eher ist in diesem Falle eine Beziehung zum Flügelmuster der zugehörigen Arten zu erkennen, einem Muster, das einem karierten oder gewürfelten Tuch âhnlich sieht. Tatsächlich gleichen die mitteleuropaïschen Pyrgus-Arten einander im Grundmuster der Flügelzeichnung sehr.

Hübner benutzte für die Benennung einer Pyrgus-Art auch den mit dem Würfelbecher in Zusammenhang stehenden Begriff alveus, während sich Poda und auch Schiffermüller des Namens für Würfelbecher fritillus bedienten : 213 frittilarius Poda, 221 fritillum Schiffermüller. 

Mit Pyrgus ist also das antike Spielgerät eines turmartigen Würfelbechern unterscheidet.

 

 "Interprétation: Ici, c'est  Glaser qui a certainement donné le vrai sens de πὐργος. Il ne faut pas suivre les auteurs qui pensent que Hübner avait à l'esprit dans le choix du nom générique la signification "tour, château, remparts de la ville,". Au contraire, il faut admettre dans ce cas une relation entre le motif de l'aile des espèces associées,et un motif comparable à des dés comme sur un tissu à carreaux. En effet, les espèces européennes du genre Pyrgus se ressemblent beaucoup par le motif de base du dessin de l'aile.

   Hübner a aussi utilisé dans la désignation d'une espèce de son genre Pyrgi le nom d' alvéus, lui aussi rencontré dans la description de ce cornet de dés [cf Pauly], tandis que Poda et  Schiffermüller avaient déjà utilisé le nom de cornet de dés fritillus :  Poda avec son n° 213 frittilarius,  et Schiffermüller avec son fritillum n° 221 . 

Avec Pyrgus donc est l'ancien dispositif de jeu d'une tour-comme des dés tasses est différent."


— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 238.

"Pyrgus : du grec pourgos, "tour", (monument), "tourelle érigée sur une muraille", (échauguette), "créneau" ; littéralement "crénelé", par probable allusion au motif des franges, entrecoupées de noir et de blanc. La dérivation à partir d'un toponyme grec, (Pyrgi, ville du Péloponnèse) proposée par Spuler et par Macleod est beaucoup moins vraisemblable."

— Perrein et al. (2012) page 102 :

"Étymologie : du grec purgos, "tour, rempart", allusion probable à l'impression de dentelure crénelée de la frange des ailes, selon Gérard Luquet (comm. pers)."

— Arizzabalaga & al. (2012) :

"Pyrgus Del grec: merlet; pel dibuix blanc i negre de la fimbria de les ales"

        "Du grec : "rempart", à cause du dessin noir et blanc de la frange des ailes"


c) Discussion zoonymique. Les entomologistes et le jeu de dés.

image Wikipédia

                           alt=Description de cette image, également commentée ci-après


L'épithète spécifique "Pyrgi" se révèle être l'un des plus passionnants de ceux qui sont proposés au zoonymiste. Certainement pas en suivant les propositions de Spuler (Hübner n'a aucune raison d'utiliser le nom de la ville grecque antique de Pyrgos et n'utilise pas de toponyme dans ses noms de genre), ni celle de Emmet suivi par Luquet puis par Perrein qui font dériver Pyrgi du nom grec Purgos, "Tour, rempart" en raison de l'aspect crénelé de la frange des ailes (ce qui en ferait un simple terme descriptif, inhabituel chez Hübner).  Mais dans le cadre du canevas des métaphores autour du jeu de dès, canevas qui se tisse d'auteur en auteur dans l'Europe des savants naturalistes dans un travail d'imitation en écho et de reprises en surenchères : j'avais déjà observé comment Denis & Schiffermüller pratiquait cet exercice dans un hommage à Linné et à ses noms dans leur propre onomastique :

Rimes et échos dans l'onomastique des rhopalocères du Wiener Verzeichniss de Denis & Schiffermüller 1775

Avant de démailler le réseau qui conduit au nom Pyrgi, j'en fournirai un fil d'Ariane par un résumé : les ailes des espèces de ce genre présentant des motifs blancs "cubiques" sur les ailes, comme les dès (ou les osselets) sur le tapis d'un plateau de jeu, plusieurs auteurs ont eu recours aux noms latins désignant ce jeu ou ces accessoires : Poda puis Denis & Schiffermüller avec le nom fritillus "cornet à dés", Cramer avec Orcus,   Hübner avec alveus ou alveolus "damier" puis Hübner encore avec pyrgus "cornet de dès en forme de tour". Maintenant, au travail.

c1) Coup d'œil au catalogue (Verzeichniß) de Hübner [1819]

Jacob Hübner a dressé une Systématique des Papillons dans son Verzeichniß ; celle-ci avait été débutée dans son Tentamen (précieuse liste manuscrite sur une feuille de papier), puis concrétisé dans ce Catlogue où les espèces sont classées Phalanx, Tribus, Stirps, Familia et enfin en Coitus, terme qu'il donne à nos Genres. Avec le Coitus Pyrgi, nous sommes dans la Phalanx I des Papiliones, dans la Tribu II des Gentiles, dans la 6ème Stirps des Astyci et dans la Familia E des Vulgares. 

— Cette Systématique qui est directement influencée par celle du  Systema Naturae de Linné est précieuse à considérer pour la compréhension des noms de genre : si la Tribu I est celle des Nymphales (avec des noms de Nymphes ou de personnages mythologiques), celle des Gentiles est consacrée aux Gens, les êtres non-mythologiques; elle contient notamment les Plebejus de Linné, ses "plébeiens" ou gens du peuple. Le Stirps des Astyci (latin astycus "urbain") rassemble les Plebeji urbicolae de Linné, ses "plébeiens urbains"; c'est bien là que Linné a décrit son Papilio malvae.  

Voir :  Noms des Papillons diurnes (rhopalocères) créés par Linné dans le Systema Naturae de 1758.

— La Familia E porte le nom de Vulgares, qui doit sans-doute se comprendre comme un qualificatif de ces Gentiles Astyci : des gens du peuple, urbains, et vulgaires. (la Familia A était celle des Celebres, et on y trouve le sculpteur Phidias). Hübner donne cette description :Die Flügel schwarz, voll heller fleckgen que je me traduis ainsi :"Les ailes noires, complètement couvertes de taches brillantes".

— Le 1er Coitus est donc celui des Pyrgen (en allemand), Pyrgi (en latin).

Les caractères de ce genre sont : Alle Flügel würflig weiß gefleckt ; die Senken unten weiß, färbig bandirt.

Ma traduction se heurte à trois termes difficiles, würflig, Senken et bandirt : le dernier, ignoré des dictionnaires, est, dans les livres des naturalistes du XIXe, toujours associé à une couleur : Hübner le traduit lui-même en latin par fasciati (Sammlung p.17 ) et je déduis de band, "bande" le sens "coloré en bande", "traversé de bandes de couleur..". Le terme Senken est très régulier sous la plume de Hübner, et très rare sous celle des autres auteurs lorsqu'il ne se traduit pas par une idée de baisse ou de réduction; il qualifie l'aile et je le traduis par "revers". Mais c'est le terme würflig qui s'avère fructueux : en consultant würfelig on obtient "cubique". Soit la traduction: "L'ensemble des ailes sont couvertes de taches blanches cubiques ; le revers des ailes inférieures est blanc traversé de bandes de couleur. " 

Dans mon exploration sur le net de l'adjectif würfelig, j'ai été d'emblée dérouté vers le substantif Würfel : "Cube. Dé à jouer". Si je demande au moteur de recherche d'liiustrer cet adjectif par des images, il m'offre divers mets correspondant à des recettes où un ingrédient est coupé en dé :

                         images?q=tbn:ANd9GcRVombSmxw2ZnnN-9jj5sY

— Si je descends encore dans la Systématique de Hübner, au delà du Genre, je parviens aux Espèces. Le Genre Pyrgi en contient dix : 1169. Syrichtus Fabricius ; 1170. Oilus Linné. Tartarus Hübner ; 1171. Orcus Cramer ; 1172. Sidae Esper ;  1173. Tesselum Hübner ; 1174. Carthami ou Alveus Hübner ; 1175. Frittilum Schiffermüller ou Malvae Linné ; 1176. Alveolus. Créé ici par Hübner Malvae Esper ; 1177. Sertorius. Sao Bergstrasser ; 1178  Vindex Cramer.  

 Nous allons voir que dans cette liste, cinq noms ont rapport avec le jeu de dès : Orcus, Tesselum, Alveus, Frittilum, et Alveolus.


 c2. Un détour par James Petiver et ses Frittilary.

 

Parmi les quatre noms que je viens de citer, deux d'entre eux (Fritillum et Tesselum) me renvoient très précisément au commentaire que j'avais donné du nom Fritillary dans mon article sur la zoonymie de la Mélitée du Plantain ou Granvill Fritillary : je le reproduis ici :


 

 

 

 

A propos du nom Fritillaire / Fritillary.

Le nom de Fritillaire ne désigne en français qu'un genre (Fritillaria) de plantes (Liliacées) dont l'espèce-type est la Fritillaire pintade F. meleagris. Elles se caractérisent, et tirent du moins leur nom, du quadrillage pourpre et blanchâtre de leurs fleurs. D'ailleurs, elles se nomment aussi en anglais Chequered tulips, "tulipes échiquiers".

On désigne aussi dans le monde anglo-saxon sous le nom de groupe de " Fritillary" les papillons que nous appelons Damiers et Mélitées ; et c'est James Petiver qui les désigna ainsi le premier.

 En effet, les ailes des "Fritillary", comme les pétales des Fritillaires, sont quadrillées comme un jeu de Dames. Sur les ailes de certaines espèces, comme M. cinxia, les cases ont occupées par des pions. Dans d'autres espèces, la partie est finie et les pions sont rangés.

                                                 image Wikipédia, Fritillaire

                                         Description de cette image, également commentée ci-après

 

                               Hübner, planche 10, 2, 3 .melitee-du-plantain-hubner-pl.10.png

 

Mais quelle est l'origine de de drôle de nom ?

Il provient du latin fritillus, i, qui signifie "cornet de dés"  Sen. Apoc. 12, 3 ; Juv. 14, 5.. 

Au XVIe siècle, les médecins et pharmaciens, qui étaient botanistes, et les botanistes (qui étaient médecins ou pharmaciens), expliquaient comme Nicolas Lémery (un pharmacien) que le nom de la plante "Fritillaria [vient de] fritillo, "Damier", à cause que la fleur de cette plante est marbrée en Échiquier comme un Damier". (Traité universel des drogues simples, 1714). Il se contentait de reprendre ce qu'enseignait déjà Gaspar Bauhin (médecin) en 1594 dans son  Pinax theatri botanici page 91 : Fritillariam referemus,sic dictam ab abaco, in quo Scacorum ludus exercetur, quem Fritillum dici existimant nomen habet : " la Fritillaire, ainsi appelée du damier (abaco) utilisé au jeu des échecs, qu'il disent se nommer Fritillum."

 

  Pourtant, en 1715, Robert Morison signalait l'abus de langage qui avait fait croire aux botanistes-étymologistes...en herbe que le nom latin de fritillum désignait le plateau de jeu d'échec, alors qu'il ne désignait que le cornet servant à secouer des dès ou des jetons carrés:

 

   "Fritillariae nomen neque Latinum est, neque ab ullo veterum elegantium scriptorum usurpatum, sed non ita pridem fictum a à nescio quo plantarum rariorum cultore, qui cum florem hunc plurimis figuris ad instar quadratarum areolarum, obscure purpurascentibus pingi observaret, effigie Tabulae illius in quo ludus Scachorum ludi solet, putaretque eam Tabulam Antiquis Fritillum fuisse dictam coepit, ducta exinde similitudine, hunc florem appellare Frittillariam. At non parum fuit voce abusus ; Antiquis Fritillus non erat Tabula quadratis hujusmodi aerolis interpunctata, sed vasculum quoddam in quod primum indebantur tesserae seu aleae, ubi aliquamdiu agitatae, post mittebantur in alveolum, dictusque fuit fritillus, non a colore aut punctis variegatis, sed a sono, quem in eo jactatae tesserae aut aleae faciunt, vel quia per eum tesserae feruntur, Martialis sic ait,

Dum blanda vagus alea December, / Incertis sonant hinc et illinc Fritillis.

Sic aestimare licet quam stabili fundamento plantae huic nomenclatura Fritillariae adscibitur, non a latinis soluni, sed & germani Frittilarn & corrupte Flutillarn. "

 Robert Morison Plantarum historiae universalis oxoniensis seu herbarum ..., Volume 3, 1715 page 401


 Pourtant, un vitrail de la cathédrale de Chartres (Le Fils prodigue, XIIIe siècle) montre que l'on pouvait jouer aux échecs —ou du moins sur un damier—  avec des dès :


                    cathedrale_01.jpg

Pour Isidore de Séville (Etymologia), , le jeu de dès et le plateau sur lequel on joue sont synonymes : "alea id est lusus tabulae, inventa a Graecis in otio Trojani belli a quodam milite Alea nomine, a quo et ars nomen accepit. Tabula luditur pyrgo, calculis tesserisque."

 

 Le même mot, scacus (d'où dérive "échec") désignait au Moyen-Âge à la fois le jeu d'échec, et le jeu de dés pratiqué sur échiquier.

 Si le jeu d'échec (ludus scachorum ou Schifanoia) et son damier n'est qu'une étymologie approximative du nom Fritillaire, le cornet de dès des jeux de hasard latins m'incite à remarquer le mot de tessera, ae qu'emploie Robert Morison pour désigner les cubes du cornet, puisque ces tessères ont aussi bien désigné les dès (jactus tessarum, Liv. : coup de dés) que la tablette carrée pour écrire. 

Surtout, ce nom de tessera a été appliqué au domaine de la marqueterie et de la mosaïque :le latin tesserarius, désigne un ouvrier en marqueterie ou en mosaïque, tessellatus signifie "fait en mosaïque", et tessello, as, are, "paver de mosaïque".

  Où veux-je en venir ? Souvenons-nous de la note en bas de page du texte de Linné décrivant ce Papilio cinxia : "Fritillarii" vulgo dicti 132 ad 144, quum alae maculis fere tessellatae sint. "Les Fritillaires, dont les ailes sont "en mosaïque". Les ailes des Fritillaires portent, en mosaïque, les dès jadis sortis d'un beau jet de cornet.

 

      Je fus aussi récompensé de ce détour par les vieux ouvrages de botanique et par ces noms de Scachorum ludus et de Tabulam Antiquis Frittilum qui m'avaient intrigués comme les abracadabra ouvrant à des mondes inconnus, puisque, dans l'Histoire des insectes de John Ray, je découvris que James Petiver, le créateur du terme de Fritillary appliqué aux papillons, avait créé pour désigner une espèce très proche de son Fritillaire de Lincolnshire le nom de Papilio Fritillarica tabula Schaccariae in modum maculatae (voir Ray page 121 n°10) : un "papillon "fritillarique" en tablier d'échec dans le mode tacheté".

 

        C'est à  John Rea ( décédé en 1681, ne pas confondre avec John Ray l'ami de Petiver)  que l'on doit l'introduction du terme Fritillary, en botanique, dans la littérature anglaise dans son Flora, Seu, De Florum Cultura, Or, A Complete Florilege: Furnished with All the Requisites Belonging to a Florists, J.G. Marriott, 1665. C'est James Petiver qui utilisa la première fois le terme Fritillary en zoologie pour nommer six espèces de papillons à la page 35 de son Musei petiveriani de 1695-1699. 

Je compléterais ces explications par un extrait de l'article « Tessère », dans Charles Victor Daremberg et Edmond Saglio (dir.), Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines,‎ 1877-1919  (in Wikipedia) : 

"Dans l'antiquité romaine, une tessère (en latin tessera) était une sorte de jeton servant entre autres de billet d'entrée pour les spectacles.

Ce mot, qui vient probablement de la même racine que le grec Tessares, ne devait désigner à l'origine que des objets carrés, rectangulaires ou cubiques ; puis on l'a, dès l'Antiquité, appliqué à des objets de toutes formes qui servaient aux mêmes usages. On désigne ainsi sous ce nom :

  • des carreaux de pierre entrant dans la composition d'un carrelage. Les diminutifs tessella et tesserula ont été appliqués aux petits dés cubiques dont l'assemblage formait une mosaïque.

  • des tessères à jouer dont :

    • des dés cubiques, semblables aux dés modernes, et dont les six faces portaient six valeurs, de 1 à 6, représentées chacune par des points gravés en creux. [...]. L'usage le plus répandu était de jouer avec trois dés, mais depuis le commencement de l'Empire au moins on jouait souvent avec deux dés au lieu de trois.

    • des polyèdres à dix-huit, dix-neuf et vingt faces, 

    • des bâtonnets de jeu. 
    • des pions de jeu de forme ronde. 

  • des plombs de commerce. Fixés ou suspendus à une marchandise, ils jouent le rôle de cachets ou de sceaux.

  • des jetons de présence ou d'identité, signe de reconnaissance."

  • Ajoutons l'étymologie de tessera pour en affirmer le caractère carré : du grec ancien τέσσερα, téssera « quatre ».

     

 En résumé, le mot latin fritillus "cornet de dés" mais, aussi par extension, "plateau de jeu de dés" a été utilisé par les botanistes du XVIe siècle sous la forme fritillaria dans l'acceptation "Marbré en échiquier comme un damier", puis le nom de plante a été employé dans le néologisme anglais "Fritillary" par le botaniste et zoologiste londonien Petiver au début du XVIIe siècle pour divers papillons dont les ailes étaient marbrées ou  tachetées. Aujourd'hui, Fritillary rentre dans la composition du nom vernaculaire de divers Mélitées et Argynnines, mais aussi d'une Riodinidée, Duke of Burgundy Fritillary. Le nom latin tesselum désigne des pièces cubiques, notamment des dés à jouer. 

c3. Le Fritillarius de Poda 1761 et le Fritillum de Schiffermüller.

 
— c31; le fritillarius de Nicolaus Poda, 1761.
Insecta Musei Græcensis, quæ in ordines, genera et species juxta systema naturæ Caroli Linnæi. - pp. [1-4], 1-127, [1-12], Tab. 1-2. Graecus [= Graz]. (Widmanstadius). Page 79.

Poda donne parmi ses Papilio Plebejus urbicolae n° 53 ce Fritillarius décrit comme alis integerrimis subfuscis, areolis quadratis albis solitariis et contiguis, "ailes brunâtres, avec des carrés blancs isolés ou contigus". Le nom fritillarius s'interprète donc en fonction de ces carrés blancs comparés à ces dés sur un plateau de jeu (ou fritillus). 


— c32 : le fritillum de Denis & Schiffermüller, 1775.

 [Denis & Schiffermüller], 1775,  Systematisches verzeichniss des schmetterlinge der Wienergegend page 159 Familia A Papiliones plebeji urbicolae  n°3 

Kartenfalter P. Fritillum Le Plein-chant de Geoffroy  (P. fritillarius Poda)

Cette espèce est décrite après le Papilio Malvae et le Papilio Tages de Linné. Le nom de Fritillum est clairement choisi en continuité avec le P. Fritillarius de Poda.

— c.33 : Papilio plebejus urbicolae fritillum de Fabricius, 1787.

C'est la reprise du nom de Denis et Schiffermüller dans le Mantissa de Fabricius, page 91 n°824 

 

 

— c.4. Le papilio Orcus de Cramer.

        Pieter Cramer, De uitlandsche kapellen voorkomende in de drie waereld-deelen Asia, Africa en America, by een verzameld en beschreeven. IV. Deel. Beschryving van Plaat CCLXXXIX-CCCC. - Papillons exotiques des trois parties du monde l'Asie, l'Afrique et l'Amerique. Rassemblés et décrits. Tome quatrieme. Description des planches CCLXXXIX-CCCC. - pp. [1], 1-252, 1-29. Amsteldam, Utrecht. (Baalde, Wild). Page 87

Cramer ne donne pas d'explication sur le choix du nom de son orcus, se contentant d'indiquer :

Ce plébéien noble ressemble, en vertu des petites taches blanches sur le fond brun des ailes au Pap. Malvae d'Europe. mais il est plus grand. 

— Toi, ô lecteur : Fort bien, mais il n'y a à dans cet Orcus de Cramer, du nom latin Orcus, i "divinité infernale correspondant au Pluton grec" (Gaffiot), aucune allusion aux dés (tesselium) ou aux accessoires de jeu (table de jeu ou cornet fritillus) ! 

— Moi, ô scribouillard (savourant à l'avance l'effet produit) : Que si ! Oyez !

Louis Becq de Fouquières, 1873  Les jeux des anciens: leur description, leur origine, etc.

 

On appelait Orca chez les latins un vase que l'on plaçait comme cible à une certaine distance et dans l'étroite ouverture duquel on s'évertuait de faire pénétrer les noix (Ovide, poème Le Noyer) ou peut-être aussi parfois des osselets. Perse (III, 50 ou Festus (XIII) mentionne ce récipient à la forme volontairement grotesque. Bien. Mais le nom s'appliquait aussi au cornet de dès ou de trictrac. Car les anciens avaient pour les dés non seulement un cornet semblable à celui dont nous nous servons aujourd'hui, mais un autre, percé aux deux bouts, offrant une suite de degrés à l'intérieur. Les Grecs l'appelaient une tour (purgos), et il servait à éviter toute tricherie : on y remuait les dès et on les précipitait dans la tour dont ils dégringolaient les degrés. Or, c'est certainement la tour des Grecs, et non le cornet, que les Romains parfois appelaient l'Orca, par analogie au rôle que joue ce vase dans le jeu de noix que nous avons décrit ». (page 117)

    En somme l'Orca est un cornet de dès en forme de tour. Il est  fabuleux d'imaginer que Cramer a pu disposer de la documentation ou de la culture générale nécessaire pour créer ce nom. 

 

— c.5. Le papilio tesselum ,  le papilio alveolus et le papilio alveus du Sammlung de Hübner 1803. 

Dans le Sammlung europaïscher Schmetterlinge (Collection de papillons européens) publié en 1800-1803, dans sa famille E des Burger / Civiles, Hübner décrit page 69-70  les papilio Malvae L., Althae, Lavatherae Esp. et Tages L. puis, consécutivement les papilio Alveus, Tesselum, Fritillum avant de poursuivre avec P. Sertorius, P. Sidae etc. ( 17 espèces au total). 

- La série onomastique Alveus-Tesselum-Fritillum est significative en raison du regroupement des deux premières (dont Hübner est l'auteur) avec le P. frittilium, dont Hübner cite les auteurs Denis & Schiffermüller. [plus exactement, il écrit "Pap. Fritillum d. Ther", code derrière lequel sont désignés les deux anciens enseignants de l'Académie du Theresianum de Vienne (Ther = Theresianum). 

- Dans les descriptions de P. Alveus et de P. Fritillum, on retrouve l'adjectif würfelig :

Alveus :die oberen allein halbwürflig gelblichweiß gefleckt...unten die Oberen ...weißlich gewürfelt

Fritillum : Die Unteren schmußig, weiß, würflig gefleckt.

-Les trois noms sont font allusion aux marques carrée en forme de dès des ailes. Nous le savons déjà pour "Fritillum" : les ailes y sont comparées à un plateau de jeu où sont jetés des dès blancs. "Tesselum" évoque les tesserae ou dès à jouer romains, mais le terme tesselum, du latin tesella "carreau" en est un diminutif, avec  le sens spécifique de fragment de pierre, de terre cuite, ou de marbre employé dans les mosaïques de pavement ou de petit élément de forme régulière utilisé en marqueterie. En français, une tesselle.

 Le nom "Alveus"  m'incite à consulter le Gaffiot (la mise en gras est de moi):

-Alveolum : table à jouer.

-Alveolus : diminutif de alveus : petit vase, petit baquet. Table de jeu : Cicéron Fin.5,56 ; Arch.13. Navette de tisserand.

 

-Alveus : cavité ; baquet, auge. Coque, pirogue, canot. Table de jeu : Plin.37,13. Baignoire. Lit de rivière. Ruche.

- Hübner a aussi décrit une espèce sous le nom de Papilio alveolus. Je n'ai pas trouvé le texte descriptif, mais seulement les figures. Papilio alveus, fritillum et alveolus figurent sur la même planche (de la page) 92.

Au total nous avons :

- Papilio alveus Hübner, [1800-1803]; Samml. eur. Schmett. [1] : pl. 92, f. 461-463. et 99 f.506

- Papilio fritillum Hübner, [1800-1803]; Samml. eur. Schmett. [1] : pl.92 f.464-465

- Papilio alveolus Hübner, [1800-1803]; Samml. eur. Schmett. [1] : pl. 92, f. 466-467. et 116 f.597
- Papilio tesselum Hübner, [1800-1803]; Samml. eur. Schmett. [1] : pl.93  f. 469-470.
 Il est temps de préciser que les termes alveus ou alveolus, définit par Gaffiot comme "table à jouer", étaient donnés comme synonyme de Fritillus avec le sens de "damier", "table à jouer aux dès", dans les dictionnaires du XVIe siècle comme ceux d' Estienne : Thesaurus linguae latinae, 1531 et 1536, Dictionarium latinogallicum, 1552 Grand Dictionaire françois-latin, 1593-1614, et enfin Nicot : Thresor de la langue françoyse, 1606. Le nom fritillus y est associé aux articles sur le "Tablier" (plateau), sur le "Damier", le Pyrgus et le "Trictrac" :

 

— Tablier à jouër, Tabula lusoria, Alueolus, Alueus lusorius. Un tablier à jouër aux dez,  Fritillus. (id. Estienne, 1539 et 1549)

  —Fritillus, fritilli, m. g. Iuuenal. Un tablier pour jouer au dets, comme plusieurs exposent. Toutesfois est plus apparent, que c'est un petit vaisseau, dedens lequel on mettoit les dets, et puis apres les avoir remuez et hochez, on les jectoit dedens le tablier.

—Damier, Alueolus, Fritillus.

— Trictrac, m. acut. Est la face du damier en laquelle à ject, sort et rencontre des dez on jouë aux tables, le nom estant fait par onomatopoee du son_ des dez et cliquetis desdites tables en les remuant de lieu à autre, Fritillus, Lequel mot Latin est fait aussi par mesme onomatopoée, ainsi que Martial l'en dite en ces vers, Dum blanda vagus alea December Incertis sonat hinc et hinc fritillis,

Il se prend aussi pour tout ledit damier entier, comme, "Il a presté son trictrac," Fritillum commodato dedit, Et pour une particuliere sorte de jeu qui se jouë à dez et tables sur ledit damier. Car il y en a plusieurs sortes, comme, Toutes tables, le Pair, la Reinete, le Lourche, qui tous se jouënt à sort et adventure de dez et remuement de tables selon l'escheute des points marquez és six faces d'iceux dez.

 

 


 C.6. Le papilio Pyrgus de Hübner [1819].

Après avoir parcouru ce chemin passant par les Fritillary de Petiver, le Fritillarius de Poda, le Fritillium de Denis & Schiffermüller, l'Orcus de Cramer, les Tesselum, Alveus et Alveolus de Hübner, dont les noms renvoient tous aux images de petits cubes blancs, dès jetés sur une table, dès secoués dans un cornet ou tesselles de mosaïques, et après avoir constaté que, mise à part les espèces de Petiver, tous appartiennent à cette partie des Plebejus urbicolae qui allaient former nos Hespéries Noires, nous ne serons pas étonnés de voir que le nom sous lequel Hübner les a réuni dans son Verzeichniß de [1819], Pyrgi, pluriel de Pyrgus, se révèle être le nom d'un cornet de dés. 

 La simple consultation d'un dictionnaire du XVIe siècle nous le précise : 

        —Pyrgus  idem quod turricula, fritillus, fimus, orca, cornea

Pyrgus. Horat. Une petite boiste où les joueurs mettoyent les dets pour les jecter dedens le tablier.

Par la suite, les explications abondent :

Dictionnaire de Pierre Richelet - 1759 - ‎

[Pyrgus , fritillum.] Ce mot se dit en parlant de dez. C'est un morceau de corne en forme de petit gobelet rond  délié, dont on se sert pour mettre le dez quand on jouë. 

 M. Bescherelle, aîné, Dictionnaire national ou Dictionnaire universel de la langue française - Volume II (G-Z) (1856), p. 1033 :

Pyrgus Substantif masculin Antiquité romaine
Cornet en forme de tour dont on se servait pour mettre les dés aux différents jeux où ils étaient employés.

Encyclopédie Diderot-D'Alembert :

Osselets, jeu des, (Littérat.)  [...] Pour empêcher les tours de main, on se servoit de cornets, par lesquels on les faisoit passer. Ils étoient ronds en forme de petites tours, plus larges en - bas que par le haut, dont le col étoit étroit. On les appelloit turris, turricula, orca, pyrgus, phimus. Ils n'avoient point de fond, mais plusieurs degrés au - dedans, qui faisoient faire aux osselets plusieurs cascades, avant que de tomber sur la table,.... cela se faisoit avec grand bruit; & ce bruit faisoit encore donner au cornet le nom de fritellus.

...Il ne faut pas confondre le jeu des osselets, ludum talorum, avec le jeu de dez, ludum tesserarum; car on jouoit le premier avec quatre osselets, & l'autre avec trois dez: 

c.7. Conclusion.

  Quoique, pris individuellement, il puisse sembler étonnant que chacun de ces noms qui ont perdu pour nous leur sens non zoologique ait été choisi par leur créateur dans le dessein de créer une comparaison entre les taches blanches des ailes de leur espèce et la forme des dés ou des tesselles, la série présentée crée l'évidence : dès 1695 avec Petiver, le maillage en damier des ailes a conduit à créer le nom de Fritillary, et depuis le "Fritillarius" de Poda en 1761, les espèces proches du papilio malvae  avec ses taches blanches sur fond brun sombre ont incité les auteurs à rivaliser dans le développement de la métaphore des dès à jouer : Fritillum de Denis & Schiffermüller en 1775 (fritillus : "table de jeu de dame ou cornet de dès"), Orcus de Cramer en 1782 (orca : "cornet à dès en tour"), Tessellum de Hübner 1803 (tessela : "cube de mosaïque taillé en dès"), Alveus de Hübner (Pyrgus alveus) 1803 ou Alveolus de Hübner 1803 (alveus, "table de jeu, damier" et alveolus: diminutif de alveus), jusqu'au nom de genre final, Pyrgi Hübner [1819] (pyrgus : "cornet à dès en forme de petite tour à l'intérieur crénelé imposant aux dès des cascades"). 

  J'admire avec quel talent littéraire et quelle érudition les auteurs ont su développer la métaphore lapidaire (un seul coup de dès, "jactus tessarum") plutôt que de recourir aux adjectifs descriptifs et aux plantes-hôtes, exercice toujours pauvre est souvent aleatoire (si j'ose encore faire appel aux "alea"), comme le nom spécifique de Linné va nous le démontrer. 

        En 1819, Latreille et Godart se montreront parfaitement au courant du sens de ces différents noms en écrivant en note de la page 782 de leur Histoire naturelle : Papillon à coté du nom Hesperia tessellum : "Les noms de tesselum, fritillum, alveus et alveolus imposés par les auteurs à des espèces de cette division ne peuvent guère se rendre en français que par les mots damier & échiquier mais déjà employés pour désigner d'autres diurnes ; c'est pourquoi nous les avons rendu par des équivalents". En l'occurrence, leur Hesperia tesselum est traduit par Hesperia Plain-Chant  (cf. infra).


 3.  Nom d'espèce : Pyrgus malvae (Linnaeus, 1758)

a) Description originale

    Papilio malvae  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. Page 485.

 

n°167 P[apilio] P[lebejus] [urbicolae] alis denticulatis divarieatis nigris albo maculatis

Habitat in Malva, Althæa 

 

b) Références données par Linné.

Linné, 1746 Fauna suecica page 241-242 n° 749 [erreur pour 794]

— Linné It. œl. 3.

Ce sont deux "références primaires" (de première main car il en est l'auteur). Dans Fauna suecica, Linné y cite en référence Petiver (Musei et Gazophylacii) ainsi que les énigmatiques Act. Ups 1736 page 23 n°34 et It. Oeland.3

- Act. Ups. correspond aux Acta literaria et Scentiarum Sveciae Upsaliae publicata, Volume 4 publiés par la  Kungl. Vetenskaps-societeten i Uppsala : Linné y a publié la liste des animaux qu'il a observé en Suède en 1736 : Caroli Linneai Med. doct. & Soc. Reg. Lit. ac Scient. Memb. ANIMALIA per SVECIAM observata pp. 97-138 [ALSS 1742]. La description se trouve page 119 de l'exemplaire numérisé par Google, sous le n° 34 Papilio alis erectis obtusis dentatis nigris : punctis nigris tesselatis [on remarque l'adjectif tessellatis] (ailes dressées émoussées d'édentations noires ; mosaïque de points noirs). Le lieu de cette première observation de Linné en 1736 est donc la Suède.

- It. oeland :  La référence (Iter oeland = Voyage à Öland )  renvoie à la publication de 1745 rédigée par Linné à la suite de son voyage en 1741 aux îles situées au sud-est de la Suède, Gotland et Öland, ainsi que dans la région de la Suède placée au sud de Stockholm,  au cours duquel il s'intéressa aux runes et à l'archéologie, mais aussi —bien-sûr— à l' histoire naturelle. Le voyage, financé par le gouvernement suédois, a quitté Stockholm le 15 mai (ancienne datation) et le même jour l'expédition traversa la province de Sødermanland. Le lendemain 16 mai, quelques observations et récoltes furent réalisés à Trosa, et ce fut là que fut capturé le papillon que Linné nommera 17 ans plus tard P. malvae : l'espèce est décrite à la page 3 : "Papilio hexapus alis divaricatis denticulatis nigris albo punctatis." (papillon à six pattes, aux ailes dressées dentelées de noir à points blancs).

 Il en publia le compte-rendu en 1745 :

Carl Linnaei, Oländska och Gothländska Resa, pa Riksens högloflige Ständers befallning förrätted Ahr 1741med anmärkningar uti oeconomien, Natural Historien, Antiquiter . Kiesewetter : Stockholm, 1745, 8°., fig.

Publication en allemand : Reise durch Oeland und Gothland. Halle, 1764

Geoffroy le cite ainsi : It. oeland Itinerarium (Elandicum, ou voyage de Scanie) Ce dernier titre correspond à l'Iter Scanicum de Linné, 1736. 

Voir l'exemplaire numérisé par Gallica

 

 

— James Petiver 1702-1706 Gazophylacii page 56 tab. 36 fig.6 :

Pap. fuscus &c. Mus. nost. 325. Our Brown Marsh Fritillary. This and fig.9 I take to be Male and Female. They are not common.

— Maria Sibylla Merian 1683  Eur. I. t.48. [l'espèce représentée est actuellement identifiée comme Carcharodus alceae Esper, [1780] ]. La description se trouve page 95 :

Papillon : Kleine Garten-Pappel Rose /Espèce botanique Malva, folio hederaceo [Mauve à feuille de lierre, Mauve de Mauritanie]. Le texte cite aussi les noms de purpurfarben Pappel-Rosen ou de Mund-Rosen. Ces noms sont donnés comme des noms vernaculaires de l'Althaea rosea...ou de l'Alcea ("Rose papale").

 — Roesel, 1746  Insecten Belustigung I pap.2 t.10 [La planche 10 représente 7 figures, et Linné ne prècise pas celle qu'il donne en référence, ce qui laisse à penser que c'est l'ensemble des sept figures qui est citée. Les figures 1 à 4 sont des formes intermédiaires. les figures 5 et 6 représentent Carcharodus alceae Esper [1780] et la figure 7 Pyrgus carthami Hübner [1808-1813] ] La plante-hôte mentionnée est ici la Mauve de jardin Maluwe of Winterroos dans l'édition néerlandaise, que l'on trouve aussi sous le nom de Van witte maluwe of Althaea. (Althaea officinalis), notre Mauve blanche ou Guimauve officinale.

 

 © BHL Tab. X page 112+

                        Roesel-I--II--Tab-X-Alceae.png

— Réaumur, Mémoires ins. I T.2 fig. 6-7. La référence exacte donnée par Vallot est : planche XI fig. 6-7, "Papillon diurne qui tient ses ailes parallèles au plan de position et qui, quand il les redresse, ne les relève jamais assez pour qe les deux supérieures se touchent". [La planche représente en fait Carcharodus alceae Esper, [1780] ]

— Wilkes pap. 54 t.2 c.1 : il s'agit d'une simple copie de Roesel.

Bien que Linné ne le cite pas en référence directement, il faut aussi mentionner le Musei de Petiver, que cet auteur indique dans son Gazophylacii ; c'est la première description mondiale:

—James Petiver, 1699, Musei petiveriani, page 35 n° 325 :

Papiliunculus fuscus punctus plurimis albicantibus. Darbrown Marsh Fritillary. I first observed this (4) April 30 1696 in a Bog on Hampstead-Heath.

 

c) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type : Trosa, Södermanland*, Suède désignée par Hemming (1947) [Hemming, A. F. 1947. Opinion 181. On the type of the Genus Carcharodus Hübner, [1819], and its synonym Spilothyrus Duponchel, 1835 (Class Insecta, Order Lepidoptera), genera based upon an erroneously determined species. Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature, 2: 591-610. page 598].

W.H. Evans proposait en 1949 "Âlandinsel", îles Åland, Ahvenanmaa, Finlande (Funet et Perrein & al.). La lecture de l'exposé de Hemming explique son choix.

*Le Södermanland, ou la Sudermanie en français, est une province historique de Suède située sur la côte est, au sud de Stockholm. En Suède, le nom de la province est souvent abrégé en Sörmland.

 

— Selon Dupont & al. 2013,  Cette espèce a une répartition eurasiatique. En France, elle est présente dans la moitié nord. Elle est en situation parapatrique avec Pyrgus malvoides (Elwes & Edwards, 1897) au niveau d’une zone allant du nord de la région aquitaine au nord de la région Rhône-Alpes. Les chenilles se nourrissent sur diverses Potentilles.

 

— Selon Wikipédia, L'Hespérie de la mauve est un petit papillon d'une couleur marron foncé, muni aux 4 ailes d'une frange marginale blanche entrecoupée, aux antérieures d'une ornementation de taches blanches très marquées et aux postérieures d'une ligne submarginale de points blancs (ce qui la distingue de plusieurs espèces voisines). Le revers est plus clair, vert jaunâtre taché de blanc.

 Les plantes hôtes de sa chenille sont des Rosaceae : des Potentilles : Potentilla anglica, Potentilla anserina, Potentilla argentea, Potentilla erecta, Comarum palustre, Potentilla pedata, Potentilla sterilis, Potentilla neumanniana ; Agrimonia eupatoria, Filipendula ulmaria, Fragaria vesca, Rubus idaeus, Rubus saxatilis (Funet + Tolmann et Lewington)

 

 

d) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonyme : 

  • Hesperia malvae (Linnaeus, 1758)

  • Papilio malvae Linnaeus, 1758

  • Pyrgus malvae malvae (Linnaeus, 1758) :  De Jong, R. 1972. Systematics and geographic history of the genus Pyrgus in the palearctic region (Lep., Hesp.). Tidjschrift voor Entomologie, 115(1): 1-120.page 16

  • Syrichthus malvae (Linnaeus, 1758)

 

e) Origine et signification du nom  malvae

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

 — A. M. Emmet (1991) page 145 :

 "Malva the mallow genus ; incorrectly stated by Linnaeus to be that of the foodplants, probably through confusion with several related species, all much alike, which do feed on Malvaceae."

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 238 :

":du latin Malva, "Mauve" (genre botan

ique). Nom improprement établi par Linné comme celui d'une plante nourricière, vraisemblablement en raison de la confusion avec plusieurs espèces voisines, très ressemblantes, qui se développent effectivement sur les Mauves."

"—taras : Taras, héros grec d'après le nom duquel a été dénommé la ville italienne de Tarante (Taranto) Spuler, 1901-1908 :78)"

— Perrein et al. (2012) page 102 :

"Étymologie : du latin malva, "mauve", —du grec malakos, "mou"—, "de la mauve" pour Linné, plante-hôte présumée, aujourd'hui invalidée."

 

 

 

Discussion : 

  Linné classe cette espèce dans sa 5ème Phalange des Plebejus sous-divisions des urbicolae : cela signifie pour lui, dans le cadre onomastique qu'il s'est fixé page 458 du Systema Naturae, qu'il doit lui attribuer le nom propre d'un paysan (plutôt pour les Plebejus rurales) ou d'un habitant des villes de l'Ancienne Grèce : un cadre facile à respecter lorsqu'il s'agissait des Equites ou combattants légendaires de L'Iliade, des Heliconii ou Muses, des Nymphales ou Nymphes et encore des Danaïdes, dont les noms figurent dans de nombreuses compilations de l'Antiquité. Mais les Plebéiens sont, presque par définition, la plèbe des inconnus, des sans-gloires : des anonymes. Linné (ou ses collaborateurs) manquent soudain d'inspiration. Il fait appel à des artistes dont le nom a été conservé par la postérité, comme Philocles,Timantes, Athemon, Marsyas, Thamyras,  Phereclus, Lysippus qu'il place dans ses P. rurales, et comme les sculpteurs Phidias et Polyclète, qu'il place dans les urbicolae. Mais il doit faire appel aux noms des plantes-hôtes pour six de ses 17 rurales (betulae,  pruni, quercus, rubi, caricae , virgaureae), et pour  2 de ses 7 urbicolae,  bixae et malvae.

Parmi ce total de 8 noms de plante-hôte, 4 ne sont pas confirmées comme des plantes nourricières des chenilles :  caricae, virgauraea, bixae et malvae. Quand à Callophrys rubi la Ronce est loin d'être sa plante-hôte principale.

caricae : de Carica papaya ; en réalité la plante-hôte appartient aux Fabacées.

— virgauraea : de Solidago virgaurea ou Verge d'or. En réalité, les plantes-hôtes sont des Rumex, dont R. acetosella.

— bixae : de Bixa orellana L. 1753 = Roucou ; en réalité, la plante-hôte appartient aux Hypericaceae du genre Vismia.

— Malvae : genre décrit par Linné en 1753 et contenant les Mauves véritables comme M. sylvestris ou Grande Mauve, et M. alcea ou Alcée (à ne pas confondre avec l'Alcea ou Rose-trémière du Genre Alcea). En réalité, les chenilles de Pyrgus malvae se nourrissent sur les Potentilles.

Linné indique dans sa description de 1758 deux plantes-hôtes ("Habitat in..."), Malva et Althaea. Malva et Althaea sont des genres décrit par Linné en 1753. Les espèces du genre Malva sont les "vraies mauves" comme la Grande Mauve ou Malvia sylvestris ; le genre Althaea est celui des Guimauves avec Althaea officinalis ou Guimauve officinale.  Linné n'indiquait pas de plante dans le Fauna suecica de 1746 mais écrivait "Habitat primo vere in Pratis" (fréquente au printemps les Prés") ; il est très probable qu'il ne disposait pas lui-même de l'information et qu'il s'est fondé sur les données de seconde main des publications de Merian et de Roesel, qui donnent des figures des chenilles et chrysalides et indiquent les plantes  Kleine Garten-Pappel Rose (Althaea rosea...ou de l'Alcea pour Merian, et  Maluwe of Winterroos: pour Roesel). En 1758, la seule espèce de nos Pyrgini décrite est P. malvae, et Esper ne décrira le papilio alceae (Carcharodus alceae) qu'en 1780. C'est cette dernière qui se nourrir de diverses plantes du genre Malva et d'Althaea. Les deux espèces sont présentent dans les références données par Linné pour son papilio malvae.

Ces exemples illustrent les dangers auxquels un nomenclateur expose le nom qu'il crée lorsque celui-ci repose sur des caractères écologiques ou sur le nom de la plante-hôte, éléments susceptibles de changement en fonction des données actuelles de la science. Les noms propres mythologiques ou autre indépendant de l'espèce décrite résistent beaucoup mieux au temps qui passe.       

La discussion de Francis Hemmings pour l'ICZN en 1947.

Dans la discussion de l'Opinion 181 (Hemming, A. F. 1947. Opinion 181. On the type of the Genus Carcharodus Hübner, [1819], and its synonym Spilothyrus Duponchel, 1835 (Class Insecta, Order Lepidoptera), genera based upon an erroneously determined species. Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature 2: 591-610. page 598]), Francis Hemming étudie la question de savoir si Linné a décrit sous le nom de papilio malvae l'espèce que nous désignons sous le nom de Pyrgus malvae, ou bien s'il a décrit un spécimen de Carcharodus alceae Esper [1780] ou de Pyrgus carthami Hübner [1808-18013].

Les arguments permettant d'affirmer que Linné a bien décrit Pyrgus malvae dans son Papilio malvae du Syst. nat. de 1758 sont les suivants :

  • Linné s'appuie, en référence primaire (de première main) sur sa description du Fauna suecica de 1746 et de l'Iter Oelander de 1745, dont le spécimen a été récolté en Suède (cf. supra). Or ni C. alceae ni P. carthami ne fréquentent la Suède.
  • La description (diagnosis) de Linné en 1745 et 1746 mentionne des caractères qui ne correspondent pas à C. alceae : ailes noires (niger) au verso ; taches blanches (albo maculatis) des ailes postérieures.
  • La collection de Linné est conservée par la Linnean Society de Londres. Il s'y trouve un specimen identifié par Roger Verity en 1912 comme Pyrgus malvae mäle ; il ne s'y trouve ni C. alceae, ni P. carthami. Le premier président de la Linnean Society, Sir J.E. Smith a reçu cette collection après le décès du fils de Linné, et R. Verity en 1912 puis A.S. Corbet se sont assurés que le spécimen n'avait pas été ajouté plus tard (caractère de l'épingle) ou que l'étiquette n'avait pas été modifiée.

  On se reportera à la discussion originale pour la vérification de mon compte-rendu et pour le développement complet de l'argumentation.

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 


I. Les Noms français. 

 

1. Le Plein-Chant, Geoffroy, 1762.

  Étienne-Louis Geoffroy  1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. page 67 n°38.

  Geoffroy est très clair : l'espèce qu'il nomme Plein-chant, c'est le Papilio malvae de Linné dont il donne l'ensemble des références, It. oeland et Act. Ups. compris. références qu' il a consulté sans-doute plutôt que de les recopier, puisqu'il corrige l'erreur de pagination de la Fauna suecica (749 pour 794) commise par Linné. Les références de Geoffroy sont, en fait, précisément celles de la Fauna suecica de 1746.

En 1762, aucune autre espèce comparable n'a été décrite, et le papilio malvae de Linné inclut  encore le papilio alceae d'Esper 1780 et le papilio carthami d'Hübner 1813 ; par exemple. 

Geoffroy est également très clair sur le choix de son nom :

"Son corps et ses ailes sont en dessus d'un brun noir, et les ailes sont parsemées de points blancs quarrés, dont plusieurs se touchentCes points ressemblent par leur forme et leur position à des notes de plein-chant."

 

  

L'orthographe "plein-chant" pour désigner le Cantus planus , le chant plan (comme une plaine) sans altération, rupture ni accident est aujourd'hui remplacée par "Plain-chant", mais elle est utilisée au  XVIIIe siècle par Jean-Jacques Rousseau (mais sous forme d'un renvoi à "Plain-chant"), par l'Encyclopédie de Diderot, ou, puisque Geoffroy écrit en 1762, par le Dictionnaire de Pierre Richelet 1759 :

Plein-Chant , f. m. [ Planus cantus. ] II consiste à sçavoir & connoître les notes , & les sçavoir entonner, & à sçavoir joindre au ton des notes les paroles qui doivent être chantées , qui est ce qu'on apelle d'ordinaire chanter la lettre  

Image 

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Cette métaphore superbe comparant les "points blancs quarrés parsemant les ailes" avec les notes de la musique grégorienne est admirable de créativité et de pouvoir d'évocation, ...mais elle est embarrassante car les notes que nous connaissons sont certes carrées, mais noires sur le fond brun d'un parchemin ou blanc d'un papier.

Dictionnaire pratique et historique de la musique par Michel Brennet (1926)

« C'est dans les livres imprimés à Rome, sous la direction de Guidetti, à partir de 1582, que le chant romain commence à être noté en grosses notes pleines carrées avec points d'orgue, sans figures qui reproduisent le sens des ligatures anciennes, et des groupes d'origine neumatique. Trois figures de notes, la caudée ou longue à queue,notation9.jpg la carrée notation7.jpget la losangée,notation8.jpg, y sont employées sans représenter relativement l'une l'autre des valeurs absolues de durée. 

notation10.jpgLa notation carrée parvenue à ce stade, s'est maintenue jusqu'à nos jours pour le plain-chant. »  

 

Une visite à la cathédrale du Mans permet d'admirer ces notations et de constater que les anges ailés manient aussi bien le damier que la partition, comme s'ils voulaient venir, du ciel, illustrer un article sur la zoonymie des Pyrgi :

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Geoffroy poursuit sa description en associant des données issues de Linné, et d'autres issues de ses observations :

 "Les ailes sont bordées d'une frange noire et blanche, qui les fait paraître dentelées. Les ailes et le corps sont en dessous d'un gris brun, et l'on voit sur ce dessous des ailes des taches blanches, mais moins régulières qu'en dessus. Ce petit papillon se trouve dans les près dès le printemps*. Sa chenille a le corps gris, la tête noire et quelques taches jaunes autour du col. Elle a quelques poils courts. Elle vient sur le chardon à foulon**. Je ne l'ai point vu sur la mauve."

* Linné Fauna suecica : habitat prima vere, in Pratis

** Le chardon à foulon correspond à Dipsacus fullonum L., la Cardère, dont les inflorescences qui servaient à carder sont très appréciées par les papillons..adultes.

 


2. Le Plein-Chant  Engramelle, 1779.

 

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 195 n°  97 planche XLVI dessinée par  Fossier et gravée par Juillet.  

 Engramelle reprend la justification du nom donné par Geoffroy : "Ses ailes sont parsemées de beaucoup de taches blanches qui, pour la plupart, peuvent ressembler à des notes de Plein-chant".

Le Plein-chant succède à l'Échiquier n°96 et précède le Papillon Grisette.

 

 

3. "Hespérie de la Mauve", Latreille, 1804

Pierre André Latreille   Histoire naturelle, générale et particulière , Volume 14 page 123

    Latreille, qui crée alors son genre Hesperia,  décrit : 

1. l'Hespérie de la mauve Hesperia malvae = papilio malvae L.

2. L'Hespérie Grisette = Hesperia tages Fab. 

3. L'Hespérie Plein-chant = Hesperia Fritillum Fab.

4 Hespérie Echiquier, etc..

 

4  "Hespérie de la Mauve", Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Entomologie, ou Histoire naturelle Paris : Vve Agasse tome 9, page 725 et page 779  n°138 

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

5. "Hespérie de la Mauve"Godart 1821, Hespérie Fritillum Godart, 1822.

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, page 238-244 peinte par Vauthier et gravée par Lanvin.

Idem, Volume 2, 1822, pages 219 et suivantes

a) Depuis la description de Geoffroy et d'Engramelle, de nouvelles espèces ont été décrites, incitant Godart à faire, dès la publication de 1819, les distinctions suivantes : 

        Groupe C : Massue des antennes terminées par un crochet court et obtus : page 238

— XCI : Hespérie Plain-Chant = P. Malvae Linn. = Hesperia Fritillum var. Fabricius = Pap. Alveus Hübner = Papillon Plein-Chant Geoffroy et Engramelle. = Pap. Tesselum Hübner 

— XCII : Hespérie du Chardon Godart = P. Fritillum Fabricius = Pap. Malvae minor Esper = Pap. Alveolus Hübner. ( Plante-hôte : Cardère à foulon et chardon à bonnetier)

— XCIII : Hespérie Grisette = Pap. Tages Linné = La Grisette Geoffroy = Point-de-Hongrie Engramelle ( Plante-hôte Eryngium campestre selon Denis & Schiff.)

— XCIV Hespérie de la Mauve = P. Malvae Fabricius = P. alceae Esper = Papillon Grisette Engramelle = Pap. Althea Hübner (Plante-hôte Mauve sauvage et Passe-Rose)

En 1822, pour le volume 2, Godart écrit "   La synonymie du Plain-Chant (tome 1 page 238) étant insuffisante et inexacte, j'ai cru devoir la donner ici de nouveau" :

  • [Hespérie du ]Plain-Chant (nobis) Hesperia Fritillum var. Fabricius = Papilio Tesselum Hübner = Le Plein-Chant Geoffroy = Le Bigarré d'Engramelle. Pl.7 suppl.3 fig.97.
  • Hespérie Fritillaire = Hespérie Plain-Chant Latreille = Hesperia Fritillum Fabricius = Papilio Malvae Linné et Esper = Papilio Alveus Hübner = Le Plein-Chant  d'Engramelle fig.96 c et d.

On voit que Godart classe autrement le papilio malvae et il s'en justifie par une Observation page 226 où il dit tenir compte du fait que cette espèce vit en Suède, où ne se trouve pas le Tesselum d'Hübner.

 

Initiée par Latreille et Godart, suivis de Boisduval 1829, Duponchel 1844 bientôt suivis par les auteurs germaniques, ce brassage des noms et des espèces va devenir difficile à démêler sur le plan de la taxonomie jusqu'à la mise à plat  de Francis Hemming pour l'ICZN pour les noms scientifiques, et de Gérard Luquet pour les noms vernaculaires. Ainsi par exemple en 2014 :

  • Papilio fritillarius Poda 1761 = Pyrgus carthami Hübner [1808-1813] = "Hespérie du Carthame".
  • Papilio malvae Linnaeus 1758 = Pyrgus malvae (Linnaeus, 1758) = "Hespérie de l'Ormière" -ex "Hespérie de la Mauve"
  • Papilio alceae Esper [1780] = Carcharodus alceae Esper, 1780 = "Hespérie de la Passe-Rose".

 


6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait page 8  comme nom principal de cette espèce "L'Hespérie de la Mauve" (avec deux notes [2] et [6], et comme nom accessoire "l'Hespérie du Chardon". Il réfutait "Le Tacheté" (note [10]), "le Plain-Chant" — avec un renvoi bibliographique à un ouvrage de Le Cerf 1944— (note [10]) et "l'Hespérie Plain-Chant" (note [10])

— Note [2] Robert a proposé, pour désigner les espèces du genre Carcharodus, le nom collectif de "Spilothyres" (simple transcription du latin Spilothyrus, taxon synonyme de Carcharodus), et le nom collecttif de "Syrichtes" pour désigner les espèces appartenant aux genres Pyrgus et Syrichus. Je ne retiens pas ces deux noms, car leur application nécessiterait logiquement de créer également de nouveux noms collectifs pour les autres genres d'Hespérides. Par souci de simplicité, j'a préféré garder le nom d' "Hespérie" pour la quasi-totalité des espèces appartenant à cette famille.

— Note [10] C'est davantage pour respecter la tradition que je ne rejette pas définitivement le nom de "Plain-Chant" pour Pyrgus alveus. En réalité, ce nom prête plus ou moins à confusion, car, en raison de l'anarchie qui régnait dans la systématique des "Hespéries noires" (Pyrgines), il a été attribué par divers auteurs tantôt à P. alveus, tantôt à P. malvae, tantôt à P. carthami, voire peut-être à d'autres espèces.   Toutefois, d'après les descriptions des anciens auteurs, il semble bien que ce nom ait été créé pour P. alveus, et non pour d'autres espèces de Pyrgus.

 

7. La correction du nom vernaculaire par Gérard Luquet en 2007 et 2013.

On lit dans Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine de Dupont & al. 2013 (publication dont G. Luquet est co-auteur) ceci :  

  "Le nom « Hespérie de l’Ormière » a été introduit (Luquet, in Hofmann, 2007) pour remplacer « Hespérie de la Mauve », la chenille de Pyrgus malvae ne se développant nullement sur les Mauves (Malva spp.), comme l’avait cru Linné, mais sur des Rosacées, parmi lesquelles la Reine-des-prés, également dite « Ormière » (Filipendula ulmaria)."

 

La publication citée est la suivante : Luquet (Gérard Chr.), 2007 a. — Papillons. Traduction et adaptation française de « Schmetterlinge bestimmen leicht gemacht », de Helga Hofmann. 1-128, plus de 200 illustr. photogr. coul., 2 dessins en coul. Nathan éditeur, Paris [mars 2007].

C'est donc sous le nom de "Hespérie de l'Ormière" que Dupont & al. désignent Pyrgus malvae dans leur publication dont le caractère officiel participera à faire de ce zoonyme le nom 

 

 

7. L'étude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 232 et 238 :

"-Hespérie : d'Hespéria, l'une des Hespéries, les nymphes qui gardaient les pommes d'or d'Hera. Fabricius se complaisait à inventer des noms reposant sur des calembours ou possédant un double sens, de sorte qu'un lien avec le mot grec Hespera, "soir", est vraisemblable : aux papillons "nobles", les "Diurni", les papillons du plein jour, Fabricius a très bien pu vouloir opposer les espèces plus petites et plus humbles, celles de la faible lumière ou du demi-jour, donc, du soir. (Emmet, 1991:144) cela, bien entendu, ne préjuge en rien d'un vol crépusculaire des espècesconcernées. C'est du reste aussi l'opinion de Spuler (1901-19018 : 70) pour qui le nom générique Hespéria est forgé "sur hesperius, "qui concerne Hesperus", l'Étoile du soir [ou Étoile du berger], en raison des relations [de ce groupe de Lépidoptères] avec d'autres familles qui n'appartiennent pas aux Rhopalocères". L'inclusion originelle par Fabricius des Azurés dans les Hespéries exclut cependant la dérivation fondée sur une base, taxonomique telle que la suggère Pickard et al. "les Hesperiidae formant le lien entre les Diurni et les Nocturni" et reprise par Spuler."

"- Mauve : nom inapproprié, puisque l'espèce ne vit pas sur la Mauve (cf infra [pour cet article, supra, nom scient.]  malvae )."

                           

 

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Hesperia malviae dans leur texte page 254  puis le nom vernaculaire (?) de "Le Syrichtus malvae". 

 

—H. Bellmann / G. Luquet 2003 : "Hespérie de la Reine-des-Près".

— Doux & Gibeaux 2007 : "Hespérie de la Mauve".

— M. Chinery / G. Luquet 2012 : "Hespérie de l'Ormière"

— Lafranchis, 2000 : "Le Tacheté, l'Hespérie de la mauve" .

— Perrein et al. 2012 : "Hespérie de la Mauve, Hespérie de la Tormentille ".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Hespérie de la mauve"..

— Wikipédia : "Hespérie de la Mauve, ou Tacheté, ou Hespérie du Chardon ".

 

Commentaire :

  Quel pataques ! Pour un papillon aux ailes si caractérisées par leurs carrés blancs, quelle débauche de plante-hôtes dans cet entêtement dans l'erreur de caractériser l'espèce par la nourriture de sa chenille: Reine-des-Prés, Mauve, Ormière, Tormentille, Chardon !

 

Image © http://www.lepi-phila.eu/species.php

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III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

 

  • "Kleiner Wuerfel-Dickkopffalter" en allemand : « Petit papillon « grosse-tête » des Dés »
  • "Soumračník jahodníkový" en tchéque.
  •  "Kis busalepke" en hongrois
  • "Slezov pirgavac" en slovène
  •  "Spættet bredpande" en danois
  • "Aardbeivlinder" en néerlandais
  • "Mansikkakirjosiipi" en finnois 
  • "Ierdbeiflinter" en frisson
  • "Sljezov pjegavi debeloglavac"
  • "Bakkesmyger" en norvégien
  • "Smultronvisslare" en suédois
  • "Väike-täpikpunnpea" en estonien
  • "Powszelatek malwowiec" en polonais
  • "Mažoji hesperija" en lituanien
  • "Súmračník jahodový" en slovaque
  • "Толстоголовка мальвовая" en russe
  • "Esperia de la malva" en italien
  • "Ajedrezada menor" en espagnol
  • "Ebegümeci Zıpzıpı" en turc 

 

 

 

Langues celtiques  : 

L'espèce Pyrgus malvae est absente d'Irlande, d'Ecosse, de l'Île de Man. Elle n'y est donc pas nommée.

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "Gwibiwr birth" en gallois. : skipper grisonnant

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais selon M. Salmon (2000) page 378.

 

  • "Our Marsh Fritillary" : Petiver, 1699
  • "Mr Dandridge's March Fritillary" : Petiver, 1704.
  • "The Grizzled Butterfly" : Wilkes, 1747-1749.
  • "The Brown March Fritillary" : Berkenhout, 1769.
  • "The Grizzle" ; "The Gristle" : Harris, 1766 ; 1775. Berkenhout, 1769 ; Rennie, 1832.
  • "The Spotted Skipper" : Lewin, 1795.
  • "The Scarce Spotted Skipper" (ab.taras) : Lewin, 1795
  • "The Mallow" : Donovan, 1813.
  • "The Mallow Skipper" : Samouelle, 1819 
  • "The Grizzled Skipper" : Jermyn, 1824 ; Morris, 1853 ; Coleman, 1860 ; et la plupart des auteurs suivants.

Commentaires :

1. Le nom "Our Marsh Fritillary" est actuellement celui d'Euphydryas aurinia (Damier de la Succise).

2. Pour une raison qui m'échappe, M. Salmon ne donne pas ici mention du nom "Darbrown Marsh Fritillary" que je relève dans le Musei Petiveriani (1696) dans la référence donnée par Linné. Il ne mentionne pas non plus "Our Brown Marsh Fritillary" du Gazophylacci (1702-1706) de Petiver. 

3. N° 325 Darbrown Marsh Fritillary : ce nom succède dans le Musei de Petiver à celui de cinq autres Fritillary n°320 à 324 dont le n°322 est The April Fritillary (observé à "Hampstead et autres bois" en avril) et le n° 323 est The May Fritillary. "observé au même endroit que le précédent, mais rarement avant Mai". Le n°325 a été observé "  I first observed this (4) April 30 1696 in a Bog on Hampstead-Heath." "Je l'ai observé la première fois dans un marais à Hampstead-Heath le 30 avril 1696".  On ne peut nier l'effet humoristique volontaire de cette série où Marsh le Marais succède à April et à May au lieu de March le mois. On notera aussi que le nom de la Guimauve ou Althaea est "Marsh Mallow" ou Mauve des Marais...

C'est ce Musei petiveriani qui introduit dans la littérature le nom Fritillary à propos d' espèces animales, en l'occurence des papillons.

4. La confusion entre Marsh "marais" et March "mois de mars" s'accroit avec la mention par Salmon du nom de "Mr Dandridge's March Fritillary" : Petiver, 1704. En effet, Petiver indique dans le Tableau XXXVI de son Gazophylacii deux espèces : A6 "Our brown Marsh Fritillary" qui renvoie à Musei n°325, et A9  page 57 "Mr Dandridge Marsh Fritillary" décrit comme proche du  n°6 mais avec les taches plus grandes et moins nombreuses (the Spots on this are larger and fewer than Fig. 6), mais toujours petit, brun avec des taches blanches (Papiunculus fuscus, paucioribus  albicantibus). Quoiqu'il en soit des différences entre 6 et 9, le nom de ces deux espèces inclut Marsh Fritillary. La forme March Fritillary serait-elle une erreur de transcription de Salmon ? Cela semble le cas puisque dans le chapitre de Salmon consacré page 105 à Joseph Dandridge il écrit "Dandrige a été probablement le découvreur de deux espèces de papillons de Grande-Bretagne au moins, the Grizzled Skipper [P. malvae] et the Marsh Fritillary [E. aurinia], que Petiver nomment respectivement "Mr Dandridge's Marsh Fritillary" et "Dandridge's midling Black Fritillary". 

5. L'erreur de transcription Marsh/March a en tout cas été commise par Berkenhout qui écrit en 1769 : P. malvae, Grizzle, or Brown March Fibrillary. ( Synopsis of the Natural History of Great Britain and Ireland, Volume 1 page 130).

6. Grizzle (nom), grizzled (adj.) se traduisent par "grisonnant" "qui a les cheveux qui deviennent gris" avec la connotation évoquant la chevelure d'une personne âgée, ainsi que l'image "poivre et sel" d'un passage vers le gris. Voir notre ours "Grizzly", dont l'étymologie est donné par le CNRTL ainsi : " grizzly bear « ours gris, grisâtre » , l'adj. grizzly étant formé sur grizzle correspondant à l'ancien français grisel (français moderne gris*).

Le terme est censé donner une bonne image de "l'immanquable pattern noir et blanc des ailes" (UKbutterflies), mais je trouve que les images de damiers, de dés ou de notes de musique grégorienne sont plus parlantes, dans le contraste alterné du noir et du blanc, que ce nom évoquant des nuances de gris.

7. Skipper (du moyen-néerlandais ou de l'ancien-allemand shipper, schipper) "capitaine de navire" est le nom collectif anglo-saxon de nos Hespérides. Associé à Grizzled, il forme une image amusante : le "Capitaine grisonnant".


 

            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : Pyrgus

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Pyrgus malvae

— UK Butterflies : Pyrgus malvae

— lepiforum :  Pyrgus malvae

— jardinsauvage.fr :  Pyrgus malvae

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  qui interdit un lien direct. Suivre donc accueil ->Lepidoptera ->etc...  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :

ARRIZABALAGA (Antoni ) & al. 2012   "Proposta de noms comuns per a les papallones diürnes (ropalòcers) catalanes",  Butll. Soc. Cat. Lep., 103: 5-28. En ligne 

 

http://www.museugranollersciencies.org/uploads/arrizabalaga-et-al-butlleti-103.pdf 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

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 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

— Numen. The Latin lexicon :  http://latinlexicon.org/index.php

 



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Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

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Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

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Geoffroy latin par Fourcroy :  http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

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Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

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Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

Hübner,Sammlung europäischer Schmetterlinge. http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/5/mode/1up

et planches V1 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89172#page/5/mode/1up

 et V2 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89173#page/3/mode/1up etc..

ICZN F. Hemmings    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/50753#/summary

Bulletin : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/51603#/summary

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

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Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

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Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

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Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Linné, Species Plantarum http://www.biodiversitylibrary.org/item/13829#page/1/mode/1up

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

Oberthür, Études http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8792#/summary

 1910 (4) http://www.biodiversitylibrary.org/page/10532070#page/299/mode/1up

Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

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http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

Rottemburg : 

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Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

Scopoli Entomologia carniolica 1763

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Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

Tutt vol.1 1906 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof08tutt#page/n8/mode/1up

Tutt vol.2 1908 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof09tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v3 1909 :http://archive.org/stream/naturalhistoryof10tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

 

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:47

Zoonymie (étude du nom) du papillon le Cardinal, Argynnis pandora  ([Denis & Schiffermüller], 1775).

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

— Argynnis, Fabricius, 1807 : cet auteur danois ami de Linné a créé 49 noms génériques, dont, selon la règle qu'il s'était fixé, près de la moitié sont des épithètes de Vénus (Aphrodite en Grèce) : c'est le cas pour l'épiclèse Argynnis Argunnis ´Αργυννίς «D'Argynnos (toponyme et anthroponyme)» , épiclèse d'Aphrodite (´Αφροδίτη )  du nom de son temple Argyneion  bâti selon la légende par Agamemnon roi de Mycènes sur les bords du fleuve Céphise en souvenir de son amant le jeune Argynnus qui s'y était noyé. Le rapprochement lointain et fortuit avec le grec arguros "argent" a sans-doute été inspiré bien plus tard à Emmet (1991) par les taches argentées des ailes. 

 

pandora ([Denis & Schiffermüller], 1775) désigne Pandore de la mythologie, Première Femme de l'humanité et piège cruel envoyé par Zeus qui sait que cette merveille fatale ouvrira aux hommes la porte de tous les malheurs. Michael Denis  crée avec ce zoonyme un astucieux doublon du Paphia de Linné, espèce très semblable à Pandora, en reprenant les mêmes lettres initiales et finales,  pour donner à la Vénus paphienne déesse du désir et de la beauté un contrepoint maléfique ou ironique.

 

— "Le Cardinal" est le nom donné à cette espèce par le père augustin Engramelle en 1779  "à cause du pourpre qu'elle a en dessous aux ailes supérieures"  : allusion bien-sûr à la pourpre cardinalice, couleur très coûteuse extraite jadis du murex, allant du violet au rose et symbole honorifique depuis les romains. Ce nom expressif a été adopté par les anglais et les allemands, les suédois et les norvégiens, les estoniens et les finnois, et les macédoniens.

 

 

 

   I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

 

a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815.

Cette famille comporte (je suivrai Dupont & al. (2013) ) 8 sous-familles en France :

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 
  • Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886
  • Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

b) Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822

 

Selon Dupont & al., Pelham & al. (2008), se référant aux travaux de Koçak (1981), considèrent Heliconiinae Swainson, 1827, comme invalide, au motif que le nom donné par Swainson est fondé sur le nom générique Heliconius Latreille, 1804, qui est un homonyme d’Heliconius Kluck, 1780. Ces auteurs préconisent l’utilisation d’Heliconiinae Swainson, 1822 (planche 92, « Heliconiae »).

 

 

c) Tribu des Argynnini Swainson, 1833 : les Argynnes.

Pour la systématique des Argynnini Dupont & al. suivent les travaux de Simonsen & al. (2006).


d) Sous-tribu des Argynnina Swainson, 1833 


  • Genre Issoria Hübner, [1819]
  • Genre Brenthis Hübner, [1819]
  • Genre Argynnis Fabricius, 1807

 

 

 

 

    

2. Nom de genre Argynnis, Fabricius, 1807: 


                                            200px-Fabricius_Johann_Christian_1745-18

 

a) Description originale : 

 

Argynnis, "Systema glossatorium", in  "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges""Nach Fabricii systema glossatorum Tom 1" , in Johann Karl Wilhelm Illiger*, Magazin für Insektenkunde, Karl Reichard Braunschweig [Brunswick] (6) page 283. L'espèce-type, celle sur laquelle se base la description, est  Papilio paphia Linnaeus, 1758.

*Illiger est le fils d'un marchand de Brunswick. Il fut l'élève de Johann Hellwig (1743-1831), un célèbre entomologiste. Le comte  von Hoffmannsegg (1766-1849), naturaliste et grand collectionneur, remarque alors le jeune homme et lui confie, afin qu'il les étudie, ses collections zoologiques. Illiger continue d'étudier les insectes et fait paraître la revue Magazin für Insektenkunde de 1802 à 1807. Les recommandations de Fabricius, de l'université de Kiel, lui valent un titre de docteur honoraire en 18061. Lorsque le musée zoologique de Berlin ouvre ses portes en 1810, Hoffmannsegg lui donne le poste de conservateur, fonction qu'il conservera jusqu'à sa mort.

 

  L'histoire de la publication du Systema glossatorum de Fabricius est en elle-même le petit roman tragique et complexe d'un manuscrit perdu. Ce nom de Systema glossatorum suppose d'abord que l'on sache que Fabricius, dont la classification des insectes reposait sur la structure des pièces buccales  utilisait le terme de Glossata (les Glossates) pour désigner les Lépidoptères, ou Papillons : en d'autres termes, il s'agit de sa Classification des Lépidoptères, la dernière de sa série des Systema après Systema eleutheratorum [les coléoptères] Kiliae 1801, Systema rhyngotorum [les hémiptères], Brunsvigae 1803, Systema piezatorum [les hyménoptères], Brunsvigae 1804 et Systema antliatorum [les diptères], Brunsvigae 1805.

 Le manuscrit du dernier des Systema a été terminé le 4 mars 1806 et envoyé à Reichard, le même éditeur que les précédents à Brunswig, et qui éditait aussi le Magazin für Insektenkunde d'Illiger.  C'est dans la sixième et dernière parution de cette revue que Illiger écrivit un article sur "La dernière classification par genre des papillons des genres linnéens Papilio et Sphinges", Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges (cité supra, 1807 pp 277-289), anticipant la parution du premier volume de la Systema Glossatorum, annoncée pour Pâques 1808. Quant à Fabricius, il donna un résumé de son ouvrage dans  "Zeitung fur Literatur und Kunst in den Konigl. Danischen Staaten," Kiel, 11. Sept. 1807 (pp. 81-84) sous le titre: "Etatsrath Fabricius Rechenschaft an das Publikum fiber seine Classification der Glossaten. Joh. Christ. Fabricii systema glossatorum, Vol. I "

  Hélas, avant que ne paraisse le livre, l'éditeur fit faillite, et ses créanciers saisirent le matériel et vendirent les travaux en cours à des chiffonniers. On ignore ce qu'est devenu le manuscrit original de Fabricius, mais néanmoins, les sept premiers feuillets déjà imprimés de son livre ont été conservés, en trois exemplaires. L'un de ceux-ci  est maintenant à la Bibliothèque du Musée zoologique de Berlin : elle comporte les pages 1-112 avec la page de titre et s'intitule Systema glossatorum, sans mentionner "volume I". Elle a fait l'objet d'un fac-similé publié par F. Bryk en 1938. Un autre exemplaire appartenait à K.A Dohrn à Szczecin [Stettin], qui l'a légué au Musée zoologique de Szczecin ; après la seconde guerre mondiale, il devint la propriété de la Bibliothèque Royale de Copenhague. Il comprend les pages 3-112, sans la page de titre. Enfin, l'American Museum of Natural History de New-York  détient depuis au moins 1903 le troisième exemplaire. Il ne se compose que des pages 1-80, page de titre incluse. 

  Comme Dohrn signale que le numéro 6 de la revue d'Illiger avait brûlé lors d'un incendie chez l'imprimeur, Brik pense que le manuscrit de Fabricius a été détruit lors du même incendie. Ce manuscrit ne devait porter que sur le volume I, puisque la liste des genres, par laquelle Fabricius débute (page 9-12) ne comporte pas les Noctuidae et les Geometridae.

 Felix Brik (1938) sembla avoir utilisé une épreuve de la bibliothèque de la Berliner Naturforschung Gesselschaft, publiant un fac simile qui apporte les noms de nouvelles espèces par rapport à Illiger. (J Chr Fabricius Systema Glossatorum Nature 143, 784 (13 Mai 1939). Par son Opinion n° 137 du 30 octobre 1942, l'ICZN établi que les noms génériques publiés par Illiger sont à créditer à "Fabricius (in Illiger), 1807" et par extension de l'Opinion n° 137, les noms triviaux du fac-similé de Briks sont indiqués "Fabricius (in Brik), 1938".  

 

 Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes.

 

Sources du paragraphe: 

 SL Tuxen Annu Rev. Entomol.1967,  http://www.annualreviews.org/doi/pdf/10.1146/annurev.en.12.010167.000245

Voir aussi Taeger, Nota lepidopterologic 2001

 https://archive.org/stream/notalepidoptero242001soci#page/n89/mode/2up/search/fabricius

 Zimmer, 2012 http://dezimmer.net/eGuide/Lep2.1-T-Z.htm

 

 

 

— Description : 

 Taster zwei, dreigliedrig : zweites Glied vor der inner Spitze erweitert. Fühler geknoft : Kolbe zusammengedrükkt, scheibenförmig. (Putzfüfse).

*Zahnrandige Flügel

Pap. Paphia, Cynara, Cethosia, Aglaja.

** ganzrandige Flügel.

Pap. Liriope, Morpheus, Hermes.

41 Art.


 

 

 

— Type spécifique: Papilio Paphia,Linnaeus, 1758,  sélectionné par Latreille en 1810.


b) Sous-genres.

Ce genre renferme  4 sous-genres

— Sous-genre Speyeria Scudder, 1872

Selon  Dupont & al. : "Speyeria Scudder, 1872 : Fauna Europaea maintient l’emploi du sous-genre Mesoacidalia Reuss, 1926, qui isole les espèces paléarctiques des espèces néarctiques, regroupées dans le genre Speyeria Scudder, 1872. Les travaux de Simonsen & al. (2006) ont montré que ces deux groupes appartenaient à la même lignée monophylétique au sein du genre Argynnis. Nous maintenons Speyeria comme nom du sous-genre, celui-ci ayant la priorité.".

Scudder, "A systematic Revision of some of the American Butterflies : with brief notes on those known to occur in Essex County, Mass.", 4th Annual Report of the Peabody Academy of Sciences, [1871], Salem, 1872, p. 44.

  • Argynnis aglaja (Linnaeus, 1758) Grand Nacré.

— Sous-genre Fabriciana Reuss, 1920

  • Argynnis niobe (Linnaeus, 1758) Chiffre.
  • Argynnis adippe ([Denis & Schiffermüller], 1775) Moyen Nacré.
  • Argynnis elisa Godart, 1823 Nacré tyrrhénien.

— Sous-genre Pandoriana Warren, 1942

  • Argynnis pandora ([Denis & Schiffermüller], 1775) Cardinal.

— Sous-genre Argynnis Fabricius, 1807.

  • Argynnis paphia (Linnaeus, 1758) Tabac d’Espagne.  

 

 Origine et signification du nom  Argynnis.

 


 

— A. Spuler p. 

 

—A. Maitland Emmet (1991) page 154 : 

- Argynnus, a lady beloved by Agammemnon. After her death he erected a temple in her honour where Aphrodite (Venus) was worshipped ; thus Argynnis came to be used as an epithet of Aphrodite. This was fabricius's family name for all the larger fritillaries wich had been called "Perlati" by Latreille (1804) because of the pearly markings on the underside ; with his fondness for word play, fabricius is probably punning on arguros, ; silver, with references to these underside markings.

— Hans A. Hürter (1998) : 

 

—Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 

: "Argynnis : transcription du mot "Argynne" (Argunnos ou Argynnus), nom d'une femme aimée d'Agamemnon. Après la mort de celle-ci, il fit ériger un temple en son honneur où on rendait un culte à Aphrodite (=Venus) ; c'est ainsi qu'Argynne devint une épithète d'Aphrodite . Argynnis fut utilisé par Fabricius en tant que nom de famille pour désigner les "Nacrés" de grande taille, appelès "perlati" par Latreille (1804) en raison des motifs perlés (= nacrés) de leur revers. Du fait de son goût prononcé pour les jeux de mot, Fabricius a probablement usé d'un calembour fondé sur le mot grec arguros ("argent") par allusion aux taches argentées du revers des Nacrés.

— Perrein & al. (2012) page 338 : 

Étymologie : de Argennos ou Argynnos, jeune homme de Béotie d'une grande beauté, favori d'Agamemnon, le légendaire roi de la mythologie grecque ; selon Emmet (1991), probable jeu de mot de Fabricius avec le grec arguros "argent", allusion aux taches nacrées du revers des ailes des espèces de la famille qu'il dénomme ainsi.


Discussion.

 Fabricius a confié qu'il avait puisé les noms de genre qu'il a créé pour ses papillons diurnes dans le (vaste) répertoire des épithètes de Vénus (ou Aphrodite pour les grecs) alors que ses genres de papillons de nuit recevaient les surnoms de Diane/Artémis, déesse lunaire:

  Fabricius, dans sa présentation du Systema glossatorum  (déjà cité, in Zeitung für Literatur und Kunst in den Königl . Dänischen Staaten [ Kiel ] , Septembre 11 1807, p. 83), donne des indications précieuses sur ses règles d'attribution des noms : il écrit qu'il est en train de changer un certain nombre de nom donnés par Linné car il souhaite faire apparaître le nom de la plante hôte. "Les noms de genre ne posent pas de problèmes importants, il faut seulement éviter qu'ils soient trop longs, et qu'ils ne soient pas déplaisants à l'oreille. Pour les papillons de jour, j'ai choisi différents épithètes [cognomina] de Vénus, et pour les papillons de nuit, ceux de Diane. Ils semblent être les plus appropriés. Leurs homologues grecs [qualificatifs d'Aphrodite ou d'Artémis] ont tendance à être durs, longs et désagréables."

        Pour une fois, Emmet reconnaît en l'un des noms de genre de Fabricius une épithète de la déesse Aphrodite, mais, parce qu'il méconnaît le passage que je viens de citer, il hésite à adhérer complètement à cette hypothèse. Pour lui, Fabricius est un farceur, et ce parti-pris le pousse à surinterpréter le nom choisi par l'auteur danois pour y projeter ses propres associations. Or, l'association entre l'épithète Argynnis et le grec Arguros "Argent" se crée d'autant plus facilement que toutes les descriptions spécifiques des Nacrés utilisent le mot latinargenteis.  Pour n'importe quel spécialiste des papillons, le nom Argynnis évoque d'abord la série latin argenteis, grec arguros, "argent". Bien que les recherches étymologiques ne confirment pas cette interprétation digne d'Isidore de Séville, Emmet ne parvient pas à y renoncer et l'impute à l'esprit de Fabricius. Mais la tendance de ce savant aux jeux de mots n'est attesté que... chez Emmet, et dissimule le plus souvent la difficulté éprouvée face à la liste des épithètes de Vénus.

Il est vrai que, pour Emmet en 1991 et encore aussi en 2014 pour celui qui dispose désormais des moteurs de recherche pour étudier ces noms, il est bien difficile d'imaginer que Fabricius ait eu une connaissance si encyclopédique de la littérature grecque (Aphrodite) et latine (Vénus) pour réunir une liste des épithètes alors que les références auxquelles renvoient chaque nom sont ponctuelles, dispersées, peu accessible. Bien-sûr, Fabricius a du simplement utiliser une liste issue d'une compilation, d'un dictionnaire ou d'une monographie dédiée à Vénus / Aphrodite. Mais c'est vite dit, car aucune des sources auxquelles il pouvait alors avoir accès ne donne l'ensemble des épithètes.

La source la plus évidente est le Mémoire sur Vénus de l'hélleniste Pierre-Henri Larcher (1726-1812) : Mémoire sur Vénus   par M. Larcher, de l'Académie des Scineces et belles-Lettres de Dijon, Paris, chez Vallade, 355 pp. Je rappelle que Johan Christian Fabricius (1745-1808) tout en enseignant à Kiel en hiver, séjournait tous les étés à partir de 1790 à Paris auprès de ses amis Pierre-André Latreille, Cuvier, Olivier, Geoffroy et Lamarck. Cet ouvrage lui était donc d'accès facile.

Or, le Mémoire sur Vénus donne dans son "Troisième Index des Noms, Surnoms et principales épithètes de Vénus" près de 250 entrées de son texte.

La liste des 49 noms de genre crée en 1807 par Fabricius contient 19 noms qui sont des épiclèses d'Aphrodite ou de Vénus : comme on le voit, Fabricius n'a pu s'inspirer de Larcher que dans 16 cas au plus. Fabricius a complété Larcher avec une autre source.

Liste des 49 noms de genre :


  • Urania : Larcher renvoie à Céleste page 8-76
  • Amathusia Larcher page 45
  • Papilio
  • Zelima
  • Morpho : Larcher page 168.
  • Cethosia
  • Castnia : Larcher page 85
  • Eupotea
  • Apatura :
  • Limenitis :
  • Cynthia
  • Vanessa
  • Biblis
  • Hipparchia
  • Neptis : Larcher donne Nephthys page 33
  • Brassolis
  • Paphia : Larcher page 42-43
  • Melanitis : Larcher Melaenis et Melanis page 148-149
  • Argynnis Larcher page 174-175
  • Thais
  • Idea
  • Doritis : Larcher page 113
  • Pontia : Larcher page 111
  • Colias : Larcher page 30 et 152
  • Haetera : Larcher donne Etaera page 83.
  • Acraea : Larcher page 51, 112-113
  • Mechanitis : Larcher page 71.
  • Libythea : Larcher donne Libitina page 237
  • Helicopis
  • Hesperia
  • Lycaena
  • Erycina Larcher page 187.
  • Myrina [Larcher Myrica]
  • Thecla
  • Nymphidium
  • Danis
  • Emesis
  • Thymele
  • Helias
  • Pamphila
  • Laothoe
  • Sphinx
  • Sesia
  • Aegeria
  • Zygaena
  • Glaucopsis
  • 49. Procris
Liste des 19/20 épiclèses de Vénus identifiables dans cette liste : l'astérisque signale les 15 épithètes cités par Larcher.

 

1. Urania* « amour céleste »

2. Amathusia*  : de la ville d'Amathus, à Chypre

5. Morpho* : (aux belles formes, aux formes changeantes)

7. Castnia* : du Mont Kastion, en Pamphylie

8. Eupolea (euploea) : de l'heureuse navigation

9. Apatura : Aphrodite apatouria ou apatouros, « la décevante»

10 Limenitis : des ports

11. Cynthia : (épithète de Diane , mais désigne plutôt ici la courtisane vénusienne des Élégies de Properce)

12. Vanessa ( Vanessa, créature de Vénus dans le conte de Swift, Cadenus et Vanessa)

15. Neptis* : neptis Veneris, Ov. M. 4, 530 : la petite-fille de Vénus (= Ino) ; ou Nephthys déesse égyptienne assimilée à Vénus.

17. Paphia* : du temple de Paphos, à Chypre.

18. Melanitis* : ou Melanis "de la nuit", "la ténébreuse"

19. Argynnis* : Venus argennis, d'Argennus, favorite d'Agamemnon.

20. Thaïs : courtisane célèbre dévouée à la déesse Vénus.

22. Doritis* : Vénus doritis, "la bienfaitrice" qui avait selon Pausanias son temple à Cnide

23. Pontia* : de la mer profonde

24. Colias* : du temple de Colias, en Attique

25. Haetera* ; Hétaïra, protectrice des courtisanes. 

26. Acraea* : Protectrice des acropoles et des lieux élevés.

27. Mechanitis* : l'ingénieuse à ourdir des ruses, son surnom à Megalopolis.

33. Erycina* : du mont Erix, en Sicile.

 36. Nymphidium (des mariages)

 

Mais pour Argynnis, Larcher consacre deux pages (174-175) à cet épithète  :

...et sur les bords du Céphise un Temple de Vénus Argynnis, bâti par Agamemnon, en l'honneur d'Argynnus, qu'il avait aimé, et qui s'était noyé dans les eaux du Céphise, où il prenait plaisir à nager. C'est ce que nous apprend en partie Phanoclés (Clemens Alexandrin. Cohortat. al. Gentes, tom.I. Page 32 lin.20) dans son ouvrage sur les Amours ou les Beaux, et en partie Athénée (Athén. Deipnosophist. Lib. XIII cap. VIII page 603 D) dans le texte duquel il faut lire argynne au lieu de […] Properce (Propertii Lib. 115. Eleg. VII vers 21.) parle aussi de cet Argynnus et de l'amour qu'eut pour lui Agamemnon. :

Sunt Agamemnoniastestantia littora curas

  Quae notat Argyni poena natantis aqua

 

Une synthèse très complète est proposée en ligne par Vinciane Pirenne-Delforge dansL’APHRODITE GRECQUE : j'en donne ici un copié-collé : © Presses universitaires de Liège, 1994

 4. Argyneion

4.1. Localisation

La seule référence géographique explicite est le Céphise. Divers fleuves de Grèce portent ce nom, mais les textes sont clairs sur ce point : c’est en Béotie que l’événement s’est déroulé. L’antique Céphise prenait sa source en Phocide et se jetait dans le lac Copaïs. Il est donc naturel de situer l’Argyneion dans cette région127.

4.2. Épiclèse

Le lien entre un lieu et un personnage mythique éponyme est fréquent en Béotie ; les fils d’Athamas ponctuent ainsi la toponymie béotienne : Ptoös, Coronos, Schoineus, Onchestos, Érythos, pour ne citer qu’eux 128. Or Argynnos est un descendant d’Athamas chez Stéphane de Byzance. La légende remplit une fonction étiologique et vise à expliquer l’épiclèse topographique d’Aphrodite.

4.3·Légende

  Le thème du jeune homme qui meurt noyé est également attesté à Thespies où se plaçait le décès de Narcisse 129. La mort des adolescents, qu’ils soient garçons ou filles, est largement exploitée dans les légendes béotiennes 130 et s’identifie fréquemment à un sacrifice, volontaire ou non, pour le salut de la communauté. On a pu montrer que de telles réminiscences de sacrifice humain n’étaient probablement que la symbolisation mythique de la mort initiatique des jeunes gens soumis aux rituels du passage de l’enfance à l’âge adulte 131. Deux exemples suffiront. Lophis, tué par son père à qui l’oracle de Delphes avait intimé l’ordre de mettre à mort la première personne qu’il rencontrerait sur le territoire d’Haliarte, fit naître de son sang une rivière providentielle pour une population privée d’eau 132 ; Métioché et Ménippé, filles d’Orion à qui Athéna avait enseigné à tisser la toile tandis qu’Aphrodite leur accordait une grande beauté, se sacrifièrent pour sauver Orchomène de la peste 133.

Le cas d’Argynnos est quelque peu différent puisque sa mort relève apparemment d’un accident. Cependant, l’insertion de son histoire dans un contexte initiatique permet d’expliquer diverses composantes du récit qui, sinon, restent incomprises.

  Agamemnon, dont la flotte est en rade à Aulis, est un exemple de roi-guerrier, amoureux, de surcroît, d’un adolescent. Or ce type de relation pédérastique, dans les sociétés militaires, présentait un caractère religieux et initiatique134. Tout comme la Crète et Sparte, la Béotie, au dire de Plutarque, connaissait une telle situation, particulièrement illustrée par le bataillon sacré des amants de Thèbes135. Les législateurs auraient institutionnalisé les relations entre hommes mûrs et adolescents pour assouplir dès l’enfance le tempérament brutal de leurs compatriotes136.

  • S’il est difficile d’expliquer pourquoi Agamemnon, hormis son caractère guerrier, a été adjoint aux aventures malheureuses d’Argynnos, il n’y a pas lieu de voir en Aphrodite une intruse 137. Même si le contexte ferait a priori préférer Apollon ou Artémis, protecteurs attitrés des rituels d’adolescence, la composante amoureuse de la relation justifie la présence de la déesse. Thésée aussi se mit sous sa protection avant le voyage en Crète, qui devait le mener à la sexualité adulte 138. Les spécificités régionales peuvent également avoir été déterminantes 139 :

C’est pour le même motif qu’ils ont aussi, et avec raison, intronisé dans leur cité la déesse que l’on dit fille d’Arès et d’Aphrodite, persuadés que là où les natures guerrières et combatives ont le plus de relation et de commerce avec la séduction et les Grâces, l’État jouit, grâce à Harmonie, de l’organisation la plus équilibrée et la plus parfaite.

 

Quelle que soit la cohérence de l’analyse, elle autorise peu de conclusions fermes, tant à propos de la nature exacte du culte rendu à Aphrodite Argynnis que d’un point de vue chronologique. Raoul Lonis a naguère cherché à expliquer l’implication de certains dieux dans les choses de la guerre car, hormis le problématique Arès, il n’y a pas de divinités spécifiques en ces matières140. « La fonction guerrière des divinités à l’époque classique résulte [...] du long compagnonnage qu’elles entretiennent avec les futurs guerriers pendant toutes les étapes de leur croissance et de leur formation141 ». Ce serait donc le caractère courotrophe d’Aphrodite qui permettrait de justifier sa participation paradoxale à la vie militaire 142. Si toutes les analyses des cultes d’Aphrodite menées par cet auteur n’emportent pas également la conviction, il apparaît cependant que les prérogatives d’Aphrodite en Béotie, que ce soit à Thèbes ou dans l’Argyneion 143, trouvent là une explication heureuse.

  • Notes :

123 Athénée, XIII, 603d : Ἀγαμέμνονά τε Ἀργύννου ἐρασθῆναι λόγος, ἰδόντα ἐπὶ τῷ Κηφισῷ νηχόμενον ἐν ᾧ καὶ τελευτήσαντα αὐτὸν (συνεχῶς γὰρ ἐν τῷ ποταμῷ τούτῳ ἀπελούετο) θάψας εἵσατο καὶ ἱερὸν αὐτόθι Ἀφροδίτης Ἀργυννίδος. Athénée indique ensuite qu’une autre version fait d’Hyménée l’éraste d’Argynnos.

124 Stéph. Byz, s.v. [Ἀργύννιον] (Meineke, p. 114) .... Ἄργυννος, υἱὸς Πεισιδίκης τῆς Λεύκωνος τοῦ Ἀθάμαντος τοῦ Σισύφου τοῦ Αἰόλου, ἐρώμενος Ἀγαμέμνονος, Βοιωτός, ὄς ἀνιὼν εἰς τὸν Κηφισσὸν τελευτᾷ. ἀφ’ οὗ Ἀργυννίδα τὴν Ἀφροδίτην ἐτίμησε. λέγεται καὶ Ἀργουνίς. Ἀριστοφάνης δὲ Ἀργύνειον διὰ διφθόγγου. ὁ οἰκήτωρ Ἀργύννιος.

125 Ce qui n’est pas sans fondement puisque, dans un autre fragment, il fournit l’orthographe exacte d’une épiclèse de Zeus tout en en précisant l’origine : 379 F 2 Jacoby (FGrH, III B, p. 247), et le commentaire au fragment (IIIb Kommentar, p. 163).

126 Argynnos est peut-être attesté chez Hésiode, mais ce n’est guère assuré :Hés, fr. 70 Merkelbach-West. Cf. M. West, The Hesiodic Catalogue of Women, Oxford, 1985, p. 66-67. – La légende de l’amour d’Agamemnon pour le jeune homme apparaît encore chez le poète hellénistique Phanoclès qui mentionne également l’élévation du sanctuaire à Aphrodite (fr. 5 Powell [Collectanea Alexandrina, p. 108], cité par Clém. Alex, Protr., II, 38, 2 : Ἀγαμέμνονα τῶν Ἑλλήνων βασιλέα Ἀργυννίδος νεὼν Ἀφροδίτης εἵσασθαι ἐπ’ Ἀργύννῳ τῷ ἐρωμένῳ. – Le thème de l’amour du roi pour le jeune homme est vaguement repris et déformé chez Plutarque, Mor., 990d-e. Properce, III, 7, 21, évoque les rivages de Béotie qui furent témoins du chagrin d’Agamemnon après la mort d’Argynnos. Ce serait selon lui la raison pour laquelle il aurait différé le départ de la flotte et dû sacrifier Iphigénie. – D’après G. Wentzel, art. Argynnos, in RE, II, 1 (1895), c. 799, toutes les attestations dépendent de Phanoclès ; il ne considère apparemment pas qu’Aristophane de Béotie ait pu en parler.

127 A. Schachter fournit des arguments supplémentaires : à Copaïs, on a découvert une inscription comprenant l’anthroponyme Argounion (IG, VII, 2781, 1. 34). À Éleusis, une tombe du milieu du ive siècle av. J.-C. porte le nom de trois femmes originaires de Scaphlai, dont l’une s’appelle Argounis (SEG, XV, loi). S.N.Koumanoudis, RPh, 35 (1961), p. 99-105, surtout 100-101, pose l’hypothèse que la ville de Scaphlai, dont la localisation est inconnue, se situait près d’Argynion.

128 R.J. Buck, op. cit. (n. 2), p. 58-59.

129 Conon, 26 F 1 (XXIV) Jacoby (FGrH, I, p. 197-198) ; Ovide, Mét., III, 339 sq. ;Paus, IX, 31, 7.

130 Cf. A. Schachter, art. cit. (n. 28), p. 19-21.

131 P. Bonnechere, Le sacrifice humain en Grèce ancienne, Liège, 1994. Cf. aussi A. Brelich, Paides e Parthenoi, Roma, 1969 ; Κ. Dowden, Death and the Maiden, London, 1989 ; P. Brulé, La fille d’Athènes, Paris, 1987.

132 Paus, IX, 33, 4.

133 Nicandre chez Antoninus Liberalis, Mét., 25. – Le métier à tisser et la beauté signifient que les jeunes filles avaient atteint l’âge du mariage. Cf. C. Calame, Les chœurs de jeunes filles en Grèce ancienne, I, Rome, 1979, p. 343-344, 408 ; P.Brulé, op. cit. (n. 131), p. 301-302.

134 H. Jeanmaire, Couroi et Courètes, Lille, 1938, p. 450-460 ; B. Sergent,L’homosexualité dans la mythologie grecque, Paris, 1984.

135 Plut, Dialogue sur l’amour, 76ld-e ; Pélopidas, 18.

136 La tradition veut que le tombeau d’Iolaos – neveu et éromène d’Héraclès – ait reçu les serments échangés entre les amants. Cf. A. Schachter, op. cit. (n. 1), p. 36, n. 2, qui évoque brièvement le caractère initiatique de la légende d’Argynnos.

137 Comme le suggère A. Schachter, op. cit. (n. 1), p. 36, n. 2.

138 Cf. supra, p. 35-37.

139 Plut, Pélopidas, 19, 1 (trad. R. Flacelière, É. Chambry), cf. infra, p. 446-447.

140 R. Lonis, Guerre et religion en Grèce à l’époque classique, Paris, 1979.

141 Ibid., p. 318.

142 Ibid., p. 211-213.

 


        On trouve aussi ce substantif dans la liste des Epiclèses rassemblées par le CRESCAM de l'Université de Rennes : http://www.sites.univ-rennes2.fr/lahm/crescam/aff_fiche.php?id=97

 

 

Argunnis ´Αργυννίς «D'Argynnos (toponyme et anthroponyme)» , épiclèse d'Aphrodite (´Αφροδίτη )
Source 1 :Aristophane de Béotie, cité par Stéphane de Byzance, s.v. [Argynnion] IVe a.C.
Source 2 : Athénée, XIII, 603 d IIIe s. p. C.

 

 


Origine et signification du nom du sous-genre Speyeria.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 104 :

genre dédié au médecin Adolph Speyer (°28-IV-1812, Arolsen, † 14 XI-1892, Rhoden, Waldeck) par Samuel Hubbard Scudder (° 1837-†1911), paléontologiste et bibliothécaire à l'université de harvard (Cambridge, Massachusetts).

—Perrein & al. (2012) page 347:

"Étymologie : en l'honneur d'Adolph Speyer,(1812-1892), entomologiste et médecin allemand."

 

 3.  Nom d'espèce :   Argynnis pandora ([Denis & Schiffermüller], 1775). 


a) Description originale

        P.[apilio] pandora,  [Denis, J. N. C. M. & Schiffermüller, I.] 1775. Ankündung eines systematischen Werkes von den Schmetterlingen der Wienergegend, herausgegeben von einigen Lehrern am k. k. Theresianum. Wien [Vienne], Augustin Bernardi . 322 pp. Page 176

— Description :


[Famille] K :
Halsdornraupen Larvae spinosae 
Silberreiche Falter Papilio Nobiles L. Les argentés Geoffroy.
Unbeck. raub ....
Blankolivenbrüner und purpurröthlichter F[alter] P.[apilio] Pandora.

 

Chenilles épineuses ...

Papillons argentés, Papilio Nobiles L. , Les argentés de Geoffroy. 

Chenille inconnue.

Papillon de couleur olive-brun et rouge-pourpre : P. Pandora.

 

 b) Localité et répartition.

 — Localité-type :  Le titre de Denis et Schiffermüller indique "der Wienergegend" "des environs de Vienne", Autriche. N.B : ce titre est inspiré par celui de Geoffroy, Histoire des insectes "des environs de Paris".

 

— Selon Dupont & al. 2013, cette  espèce est présente en Afrique du Nord, dans le sud de l’Europe, en Anatolie, dans le Caucase et la région iranienne-touranienne. Elle est aussi présente dans le massif du Pamir en Inde et au Pakistan. En France, elle est signalée du littoral atlantique et du domaine méditerranéen. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Violettes.

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

— Liste des synonymes :

  • Argynnis pandora pandora ([Denis & Schiffermüller], 1775)

  • Pandoriana maja (Cramer, 1775) : Papilio maja Cramer, P. [1775]. De uitlandsche kapellen, voorkomende in de drie waereld-deelen Asia, Africa en America. I Deel.. Utrecht, (1779). 155 pp. Page 39

  • Pandoriana pandora ([Denis & Schiffermüller], 1775)

  • Papilio maja Cramer, 1775

  • Papilio pandora [Denis & Schiffermüller], 1775

— Références bibliographiques

  • Warren, B. C. S. 1942. "Genus Pandoriana gen. nova. (Lep.: Nymphalidae). A preliminary discussion." The Entomologist, 75: 245-246.

 

Sous-espèces : Tshikolovets retient deux sous-espèces en Europe et le bassin méditerranéen :

- pandora [Denis & Schiffermüller], 1775.

- seitzi Fruhstorfer, 1908. Localité-type : Alger, Algérie.


c) Origine et signification du nom  pandora

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

— A. Maitland Emmet (1991) page 154 :

Pandora was the first woman on earth, wrought by Hephaestus at the bidding of Zeus to bring misery upon the human race. All the gods bestowed on her two-edged gifts (pan (neut.), all. doron, a gift), one of them a box containing every human ill, all of which escaped when she opened it.

        Pandore était la première femme sur la terre, forgé par Héphaïstos sur l'ordre de Zeus, pour apporter la misère à la race humaine. Tous les dieux lui ont remis des cadeaux à deux tranchants (pan (neut.), "Tous". Doron, "un cadeau"), dont l'un d'eux était une boîte contenant tous les maux humains, qui se sont tous échappés quand elle l'ouvrit.

 

— Perrein et al. (2012) page 342 :

Étymologie : de Pandore, du grec pan, "tout" et dôron "présent", la première femme modelée par Héphaïstos, douée de la vie par Athéna et ornée par les dieux de toutes les perfections dans le mythe d'Hésiode. Mais Zeus la destinait à la punition de la race humaine à laquelle Prométhée venait de donner le feu divin et lui confia une boîte ou plutôt une jarre renfermant tous les mots : dévorée de curiosité, Pandore ouvrit la jarre et tous les mots se répandirent sur l'humanité, ne laissant au fond que l'espérance.

 

 

                     Discussion zoonymique: 

 

Les Travaux et les Jours d'Hésiode.

        Dans la mythologie, Épiméthée (en grec ancien Ἐπιμηθεύς / Epimêtheús, « qui réfléchit après coup »)  passe vraiment pour le Gaston Lagaffe grec. Tout le contraire de son frère Prométhée dont le nom signifie " celui qui réfléchit avant". Donc, notre Nigaud, à la création du monde, prétendit se charger de répartir les différentes qualités entre les espèces animales. Il y parvient, il est content, mais...problème, il a oublié l'être humain : plus aucune qualité à donner à l'homme ! Il est bête !


Tant-pis, son frère qui n'avait pas encore révélé qu'il était Superman mais qui est très fort, prend une dose de potion magique et va dérober le feu du Ciel à la barbe de Zeus. Et, comme il se méfie comme de la peste de la vengeance de Zeus, il recommande soigneusement à Epiméthée de refuser tout cadeau venant du dieu. Zeus ricane : son cadeau n'est pas du genre à se voir refuser, c'est, tout simplement, la Première Femme.

   En achevant ces mots, le père des dieux et des hommes sourit et commanda à l'illustre Vulcain de composer sans délais un corps, en mélangeant de la terre avec l'eau, de lui communiquer la force et la voix humaine, d'en former une vierge douée d'une beauté ravissante et semblable aux déesses immortelles ; il ordonna à Minerve de lui apprendre les travaux des femmes et l'art de façonner un merveilleux tissu, à Vénus à la parure d'or de répandre sur sa tête la grâce enchanteresse, de lui inspirer les violents désirs et les soucis dévorants, à Mercure, messager des dieux et meurtrier d'Argus, de remplir son esprit d'impudence et de perfidie. Tels furent les ordres de Jupiter, et les dieux obéirent à ce roi, fils de Saturne. Aussitôt l'illustre Vulcain, soumis à ses volontés, façonna avec de la terre une image semblable à une chaste vierge ; la déesse aux yeux bleus, Minerve, l'orna d'une ceinture et de riches vêtements ; les divines Grâces et l'auguste Persuasion lui attachèrent des colliers d'or, et les Heures à la belle chevelure la couronnèrent des fleurs du printemps. Minerve entoura tout son corps d'une magnifique parure. Enfin le meurtrier d'Argus, docile au maître du tonnerre, lui inspira l'art du mensonge, les discours séduisants et le caractère perfide. Ce héraut des dieux lui donna un nom et l'appela Pandore, parce que chacun des habitants de l'Olympe lui avait fait un présent pour la rendre funeste aux hommes industrieux.

Oui, "Pandore" signifie "tous les dons". Polydore signifie "plusieurs dons". Théodore "Don de Dieu" et ainsi de suite. Simple ? Sauf que Pandore signifie plutôt pantôn dôra "don de tous les dieux".

 

  Après avoir achevé cette attrayante et pernicieuse merveille, Jupiter ordonna à l'illustre meurtrier d'Argus, au rapide messager des dieux, de la conduire vers Épiméthée. Épiméthée ne se rappela point que Prométhée lui avait recommandé de ne rien recevoir de Jupiter, roi d'Olympe, mais de lui renvoyer tous ses dons de peur qu'ils ne devinssent un fléau terrible aux mortels. Il accepta le présent fatal et reconnut bientôt son imprudence.

Il est bête, mais il est bête cet Épiméthée !

Auparavant, les tribus des hommes vivaient sur la terre, exemptes des tristes souffrances, du pénible travail et de ces cruelles maladies qui amènent la vieillesse, car les hommes qui souffrent vieillissent promptement. Pandore, tenant dans ses mains un grand vase, en souleva le couvercle, et les maux terribles qu'il renfermait se répandirent au loin. L'Espérance seule resta. Arrêtée sur les bords du vase, elle ne s'envola point, Pandore ayant remis le couvercle, par l'ordre de Jupiter qui porte l'égide et rassemble les nuages. Depuis ce jour, mille calamités entourent les hommes de toutes parts : la terre est remplie de maux, la mer en est remplie, les maladies se plaisent à tourmenter les mortels nuit et jour et leur apportent en silence toutes les douleurs, car le prudent Jupiter les a privées de la voix. Nul ne peut donc échapper à la volonté de Jupiter.

 

II. La Théogonie du même Hésiode.

Dans sa Théogonie, Hésiode reprend la notion de "présent fatal" sous forme d'une série d'oxymores :

Voir le texte dans deux versions :

http://philoctetes.free.fr/theogonie.htm

http://mercure.fltr.ucl.ac.be/hodoi/concordances/hesiode_theogonie_01/lecture/12.htm

 

—vers 570 "fléau fatal" κακὸν ἀνθρώποισιν 

— vers 585 :" fléau décevant", "chef-d'œuvre funeste" kalòn kakòn ant'agathoîo , avec l'oxymore kalos (beau) et kakos (mauvais : cf cacophonie)

Αὐτὰρ ἐπεὶ δὴ τεῦξε καλὸν κακὸν ἀντ' ἀγαθοῖο

ἐξάγαγ' ἔνθα περἄλλοι ἔσαν θεοὶ ἠδ' ἄνθρωποι,

 κόσμωι ἀγαλλομένηνγλαυκώπιδος ὀβριμοπάτρης

Quand il eut formé, au lieu d'un utile ouvrage, ce chef-d'oeuvre funeste, il amena dans l'assemblée des dieux et des hommes cette vierge orgueilleuse des ornements que lui avait donnés la déesse aux yeux bleus, fille d'un père puissant.

— vers 589 : "piège cruel" ou "fatale merveille" : δόλον αἰπύν 

 θαῦμα δ' ἔχ' ἀθανάτους τε θεοὺςθνητούς τ' ἀνθρώπους, 

ὡς εἶδον δόλον αἰπύν, ἀμήχανονἀνθρώποισιν· 

Une égale admiration transporta les dieux et les hommes dès qu'ils aperçurent cette fatale merveille ( δόλον αἰπύν) si terrible aux humains (ἀμήχανον ἀνθρώποισιν )  

— vers 590 : "fléau cruel"

 : ἐκ τῆς γὰρ γένος ἐστὶ γυναικῶν θηλυτεράων.

Τῆς γὰρ ὀλώιόν ἐστι γένος καὶ φῦλα γυναικῶν,

 πῆμα μέγαθνητοῖσι· μετ' ἀνδράσι ναιετάουσιν, 

οὐλομένης πενίης οὐσύμφοροι, ἀλλὰ κόροιο.

 ὡς δ' ὁπότ' ἐν σμήνεσσι κατηρεφέεσσιμέλισσαι

car de cette vierge est venue la race des femmes au sein fécond, de ces femmes dangereuses, fléau cruel vivant parmi les hommes et s'attachant non pas à la triste pauvreté, mais au luxe éblouissant

 

 

 "Pour se venger, il leur prépare aussitôt un fléau fatal. Par ordre du fils de Cronos, l'illustre boiteux façonne avec de l'argile la pudique image d'une vierge. Athéné aux yeux d'azur la revêt elle-même d'une blanche tunique, et elle-même lui attache sa ceinture; elle jette sur sa tête un voile d'un merveilleux travail ; elle orne ses cheveux de fleurs fraîchement écloses, de gracieuses guirlandes; enfin, elle place sur son front une couronne d'or, chef-d'œuvre de l'illustre Boiteux. Ce dieu l'avait travaillée de ses mains, pour complaire aux désirs de Zeus, de son illustre père. On y voyait, en grand nombre, ciselés avec un art admirable, les monstres que nourrissent la terre et la mer; une grâce divine brillait dans cet ouvrage; ces figures semblaient vivre et respirer. Lorsque le dieu a ainsi préparé ce fléau décevant, ce présent fatal, il amène la jeune fille, parée des dons de la déesse aux yeux d'azur, au père tout-puissant, dans l'assemblée des dieux et des hommes. Les dieux et les hommes admirent ce piège cruel à l'attrait duquel la race mortelle n'échappera pas. C'est d'elle que vient la race des femmes; c'est d'elle que viennent ces funestes compagnes de l'homme, qui s'associent à sa prospérité et non à sa misère.  "


                                                     220px-Pandora_-_John_William_Waterhouse.

                             John William Waterhouse Pandora (1896) 

 

 


Michael Denis et l'onomastique. 

 

Le père jésuite et néanmoins barde germanique Johann Nepomuk Cosmas Michael Denis (1729-1800) est le co-auteur avec Ignaz Schiffermüller du Catalogue viennois ou Wiener Verseichniss de 1775. Disons quen dans ce duo, il ne prit qu'une part accessoire au travail entomologiste, le dessin naturaliste et la constitution des collections étant confié au professeur de dessin Schiffermüller ; mais, comme professeur de latin et de rhétorique puis de Belles Lettres dans le collège de l'élite viennoise, le Theresianum, c'est certainement lui qui assura la mise en œuvre littéraire de la publication. On peut penser (je pense ) que le choix des noms relève de ses compétences. Or, j'ai montré que ce choix, loin de relever du hasard de mots piochés dans un dictionnaire de noms mythologiques, relevait d'une écriture à contrainte semblable à un jeu d'échec dont le partenaire serait Linné, auteur principal des noms antérieurs. Dans chaque Famille, Denis crée ses nouveaux noms en imitant, ou en répondant par rime ou par écho, aux noms linnéens.

La famille K des Silberreiche à laquelle appartient Pandora renferme 10 espèces, dont 8 ont déjà été nommées par Linné dans ses Nymphales : Paphia (épithète de Vénus), Adippe, Aglaja (Aglaé une des Grâces), Niobé, Latonia, Euphrosyne (une autre Grâce) et Dia (divinité romain de la croissance et de la fécondité). 

Denis crée trois noms : Pandora qu'il place en premier juste avant Paphia, Pales et Daphné placées en fin de liste.

   L'effet de rime ou de ressemblance est manifeste entre Pandora et Paphia, qui partagent les deux mêmes premières lettres, le même nombre de syllabe, et la même lettre finale. La nouvelle espèce découverte par les viennois est très ressemblante au Papilio paphia, et il est donc habile de la part de Michael Denis que leurs deux noms se ressemblent aussi. Partant du nom Paphia, il a dû chercher dans la mythologie un autre nom féminin, débutant et se terminant de manière identique. S'il disposait d'un recueil de compilation des noms mythologiques, ce serait plus facile. Justement, la bibliothèque du Theresianum contenait (surement) le Pantheum miticum seu fabulosa deorum historia (1659) de  François-Antoine Pomey : un jésuite comme lui, professeur de latin et de rhétorique comme lui (mais au collège de la Trinité à Lyon). Il consulte l'Index rerum à Paphia, et il trouve 24 noms entourant ce dernier et débutant par -PA ; dont 4 seulement se terminent par -A : Palilia, Pandora, Patelina et Paventia.

  Pandora est, dans cet Index alphabétique, le plus proche de Paphia qu'il précède. Denis le choisit. Et passe à autre chose.

  Ce n'est que dans la nuit, lorsque son travail de la journée se décante, qu'il réalise comme il a eu la main heureuse. Il se remmémore les textes  concernant Pandore, les Fabulae d'Hyginus (assez pauvres), la Bibliothèque d'Apollodore (I,7,2 : "Pandora la Première femme"), et surtout la Théogonie d'Hésiode. Les mots lui reviennent : "Pandora le don fatal...la funeste merveille... Première Femme..., la femme archétypale" , Ève primordiale qui porte la poisse à l'humanité. Comme il est drôle de venir ainsi assembler un un couple entomologique Pandora/Paphia  la déesse Vénusavec Vénus ! De lier ainsi la Beauté divine avec le piège concocté par Zeus ! Le Désir avec le Désordre ! D'affirmer l'indivisible ambivalence du sexe, kalos et kakos, adorable et odieux, comme les mots dérivés de Vénus nous le conte aussi dans notre langue (vénérer et  vénérien). Il sourit. Joli coup ! Il a hâte d'en parler à Schiff.       

 

voir :

Rimes et échos dans l'onomastique des rhopalocères du Wiener Verzeichniss de Denis & Schiffermüller 1775


 

 

Chenille, chrysalide et plante-hôte

Nous avons vu que ni Engramelle, ni Godart ne décrivent la chenille ou la crysalide. De même en 1849, Duponchel ne traite pas de l'A. pandora dans son  Iconographie et histoire des chenilles. En 1912-1921, Oberthür décrit la chenille, la plante-hôte, mais déclare que la chrysalide est "inconnue probablement".

 

 

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 

 

 

I. Les Noms français. 

 

 

 

1. Le Cardinal,  Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume II  page 237,  planche LVIII Supplément IV n°15bis.  dessinée par  Noelle et gravée par Juillet .  

        Cette espèce que nous nommons le Cardinal à cause du pourpre qu'elle a en dessous aux ailes supérieures

Le titre de cardinal est, dans tous les esprits mais encore plus dans celui du Père Engramelle, religieux au couvent des Petits-Augustins de Paris, intimement lié à la "pourpre cardinalice" des cardinaux , qui est si bien la couleur de leur chapeau (le galero), de leur  soutane et de leur mozette qu'elle est comme emblématique de leur titre : la pourpre désigne par métonymie un vêtement, puis une fonction.  Si bien que désigner un animal (ou une plante, comme le glaieul) par le nom de Cardinal signale à chacun sa couleur rouge. C'est le cas en zoologie pour un passereau, Cardinalis cardinalis ou Cardinal rouge, et pour un poisson  le Cardinalis ou Néon rouge Paracheirodon axelrodi,  un coléoptère, le Cardinal pyrochroa cardinalis , etc...

 


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  Le substantif est emprunté au lat. ecclésiastique cardinalis (« relatif aux gonds », « cardinal, principal »)  dér. du lat. cardo « gond, pivot », d'où la notion d'une fonction fixe et importante, d'abord attesté comme adjectif pour désigner certains dignitaires eccliastique : pontifex cardinalis . Comme les nombres cardinaux, les points cardinaux, etc...,  les cardinaux sont des prêtres sur lesquels l'église s'appuie. 

La pourpre était extraite à prix d'or d'un coquillage, le murex, et les étoffes teintes étaient réservées sous les romains soit à l'empereur (la pourpre impériale) dont le manteau était entièrement pourpre, soit aux sénateurs qui se reconnaissaient à de larges bandes rouges verticales sur leur tunique (on les nommaient les laticlavi du nom même de ces deux bandes larges), soit aux chevaliers qui n'avaient droit qu'à des bandes étroites (angusticlavi). La teinte n'était pas rouge vermillon, mais allait du violet au rose en passant par le cramoisi. Aujourd'hui, l'adjectif de couleur "pourpre" désigne un rouge violacé profond.

                                               220px-Velours_pourpre.jpg

Connaissez-vous le tailleur du pape, et des cardinaux ? Il se nomme Gammarelli et fabrique les vêtements du pape depuis 1798. On trouve aussi Gammarelli des chaussettes réputées, non seulement pourpre, mais aussi rouges, comme celles que Fillon et Balladur ont rendu célèbres. L'adresse ? 34 rue Santa Chiara, à Rome.

 


Gammarelli-tailleur-du-pape.png


  Dans le cas du choix fait par Engramelle, le nom est bien plus approprié encore à ce papillon qu'aux autres espèces zoologiques que j'ai cité, car la teinte caractéristique des ailes est réellement pourpre plutôt que rouge vif.

 

Cardinal-Engramelle-planche-LVIII-suppl.-IV.png

 

 

 

3. Argynne Cynara , Latreille et Godart 1819

Pierre-André Latreille et Jean-Baptiste Godart 1819,  Encyclopédie méthodique, Histoire naturelle Paris : Vve Agasse tome 9, page 269  .      .

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

>5.  Argynne Cynara , Godart 1822,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1822, Seconde partie, départements méridionaux page 56 n°17    planche VII  fig. 1 et 2 peinte par Dumesnil et gravée par Lanvin.

 

"Le dessous des ailes est d'un rouge-pourpre-chatoyant".

 

Godart  donne à cette espèce le nom scientifique utilisé par Fabricius et Herbst .

La chenille n'est pas décrite, pas plus que la chrysalide ou la plante-hôte.

                  n74_w354                

 

 

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986 et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal "Le Cardinal" et "Le Nacré turquoise" (R. Rappaz, 1979) mais réfute "le Pandora" proposé par J.P Vanden Eeckhoudt (1965) mais simple transcription du nom scientifique.

 

7. Étude zoonymique des auteurs français :

 

 

— Perrein et al. 2012 page 343 : 

        Le nom de Cardinal, du latin cardinalis, de cardo, cardinis "gond, charnière" donné par Engramelle en 1779 fait allusion à la teinte rose carmin du revers des ailes, qui est celle des prélats élisant le pape.

 


8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Argynne pandora Schiff.  sans citer de nom vernaculaire.

 


—Bellmann / Luquet 2008 : "" .

— Blab / Luquet 1988 : 

— Chinery / Leraut  1998  : 

— Doux & Gibeaux 2007 : " ".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : " ". 

— Lafranchis, 2000 : "" .

— Perrein et al. 2012 : " ".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "".

— Wikipédia : " le Cardinal".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

 

 

  • The Cardinal" en anglais (M. Salmon 2000 ; UKbutterflies : Wikipédia 2014)
  • "Der Kardinal" ou "Grünes Silberstrich" en allemand  
  • "Kardinal" en norvégien
  • "Kardinal" en estonien
  • "Kardinaalsmantel" en néerlandais
  • "Kardinaalinviitta" en finnois
  • "Kardinalfjäril" en suédois
  • "Кардиналот"  en macédonien : "Cardinal"

 

  • "Mediterranean Fritillary"  en anglais
  • "Perleťovec červený" en tchèque : "Fritillaire rouge"
  • "Perlovec červený"  , "Fritillaire rouge"en slovaque 
  • "Перламутровка пандора" en russe : "Fritillaire Pandora"
  • "Zöldes gyöngyházlepke" en hongrois : "Fritillaire vert" , "Papillon perlé vert".

  • "Dostojka pandora" en polonais
  • "Bahadır" en turc
  • "Pandora" en catalan et en espagnol
  • "Pandorin šarenac"

 

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "Britheg y Canoldir" en gallois. "Fritillaire méditerrannéen".

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais selon M.Salmon (The Aurelians, 2000) .

     Première description anglaise par A.W. Bennet, 1911.

  • "The Cardinal " : Higgins & Riley, 1970 ; Emmet & Heath, 1989.
  • "The Mediterranean Fritillary" : Emmet & Heath, 1989.

  Les noms vernaculaires de A. pandora sont relativement récents, cette espèce n'étant pas observé, à deux exceptions prés, en Grande-Bretagne. Le nom de "Mediterranean Fritillary" ne semble pas justifié pour une espèce qui s'observe sur le littoral atlantique de la Bretagne.

Selon UKButterflies, 

          "Two sightings of this species, also known as the Mediterranean Fritillary, have been recorded – a female in a valley near Tintagel in East Cornwall in August 1911, and another female at Durdle Door, Lulworth, Dorset on 13th August 1969. This species is considered a very rare immigrant that is, undoubtedly, mistaken for a Silver-washed Fritillary and is therefore under-recorded."

 

 

M. Salmon (2000)  dans The Aurelians donne le détail de ces captures page 338-3339. 


             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : argynnis

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Argynnis pandora

— UK Butterflies :  The Cardinal

— lepiforum : 

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :


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— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

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  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

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        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

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—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:33
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Published by Jy Cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:09

Zoonymie (étude du nom)  du papillon le Monarque Danaus plexippus Kluk, 1780.

 


La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

      — Danaus Kluk, 1780 : selon Emmet (1991) ce nom vient de Danaos, roi d'Argos après avoir régné sur la Libye, qui eut de différentes femmes cinquante filles : les Danaïdes. Troisième des six "phalanges" suivant lesquelles Linné subdivise les Papiliones ou papillons de jour, les Danai ont des ailes régulières non découpées ["Alis integerrimis" ] et regroupent deux catégories : les Candidi  ["Alis albidis"], espèces ayant les ailes plutôt claires qui deviendront les Pièrides, et les Festivi ["alis variegatis"], espèces aux ailes bariolées aujourd'hui classées dans les Danainae et les Satyrinae.  

— Plexippus (Linné 1758)  : l'un des cinquante fils d'Aegyptos. Linné donne à ses Danai candidi l'un des noms des filles de Danaos, et à ses Danai festivi l'un des noms des fils d'Aegyptos : outre  Plexippus, on y trouve Chrysippus —Danaus chrysippus—,  Hyperantus — Aphantopus hyperantus —,  ou Pamphilus – Coenonympha pamphilus

— Le nom vernaculaire américain " Monarch" a été créé par Scudder en 1874 dans Psyche, a Journal of Entomology ; la forme française "Le Monarque" apparaît timidement au XXe siècle, au Canada et aux Antilles notamment, avant d'être clairement validée par Gérard Luquet en 1986. Depuis 2005, c'est la forme "Le Grand Monarque" qui est adoptée de préférence , par opposition au "Petit Monarque" Danaus chrysippus. Le spécialiste canadien du Monarque F. Urquhart  a défendu l'hypothèse que ce nom de Monarch se référerait à Guillaume III d'Orange-Nassau, stathouder de Hollande en 1672 et roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande en 1689 : il aurait été choisi par des protestants émigrés en Amérique après avoir échappé à la persécution des catholiques, la couleur orange du papillon rappellant le Prince d'Orange ;  ils lui auraient aussi donné le nom de "King Billy", surnom du roi Guillaume III chez les Irlandais et Écossais.

En 1817, Lamarck avait (mal) traduit Plexippus par "Danaïde pieds-liés", vité délaissé sauf en Amérique où il fut repris selon Scudder sous la forme "web-footed Danay".

 

 

 


              I. Nom scientifique.


 

1. Famille et sous-famille.

 a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815 (Les Nymphalides).


  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833]
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

b) Sous-famille des  Danainae Boisduval, [1833] (Danaines ou Monarques)

Dupont et al (2013), dont j'adopte la taxonomie, indiquent s'être référés aux travaux de Brower & al. (2010) pour la systématique de la sous-famille des Danainae.

c) Tribu des Danaini Boisduval, [1833]

 

d) Sous-tribu des Danaina Boisduval, [1833]

 

Cette sous-tribu comprend un seul genre en France, le Genre Danaus Kluk, 1780 

 

2. Nom de genre : Danaus Kluk, 1780

 

a) Description originale : 

      Danaus, Kluk, Krzysztof : 1780 Zwierząt Domowych I Dzikich, Osobliwie Kraiowych, Historyi Naturalney Początki I Gospodarstwo : Potrzebnych I Pozytecznych Domowych, Chowanie, Rozmnozenie, Chorob Leczenie, Dzikich Łowienie, Oswoienie, Zażycie : Szkodliwych Zas Wygubienie. Warsawie [Varsovie] w Drukarni J.K. Mosci i Rzeczypostpolitey u XX. Scholarum Piarum T. 4 : O Owadzie I Robaka page 83

En ligne :http://hint.org.pl/hid=A4011 dans la mise en ligne Google (la plus ancienne)

En français : Histoire domestique et nationale (Pologne) des animaux sauvages et de la ferme. Quatre tomes : T. 1:  O Zwierzętach ssaC  2: O Ptastwie (Volaille) T. 3: O Gadzie i Rybach (Reptiles et Poissons) T. 4: O Owadzie je Robaka (Insectes)

 

 Il existe plusieurs éditions. Le genre a été longtemps daté "Kluk, 1802" mais Balint & al. (2001) ont montré que la date initiale de publication de ce taxon était 1780.

— Type spécifique: sélectionnée par Hemming en 1993 : Papilio plexippus Linnaeus, 1758.


— Description originale : (sans respect de la graphie) 

 145 Rodzay III. Okragloskrzydt (Danaus) zawiera te Motyle dzienne, ktorych skrzydla sadobrze okrazone. Jedne sa biale, drugie pstrokater owoz wymieniaia sie i Gatunki. A Danaus biale,  B Danaus Pstrokate.

Reprise sous forme d'un Genre de la phalange crée par Linné des Danaides (Danai), avec ses deux sous-groupes des Danai Candidi blancs ( Danaus biale)  et Danai Festivi  bariolés (Danaus pstrokate). 

— Ce genre renferme deux Sous-genres :

  • sous-genre Anosia Hübner, [1816] auquel appartient Danaus chrysippus (Linnaeus, 1758) ou Petit Monarque. 
  • Sous-genre Danaus Kluk, 1780 auquel appartient Danaus plexippus (Linnaeus, 1758) ou Grand Monarque. 

 

 Origine et signification du nom 

— A. Maitland Emmet (1991) page 158:

Danaus, king of Argos, after whom the Argives and often the Greeks as a whole  were called Danai by Homer. The Danai formed one of the six tribes into which Linnaeus divided the butterflies, characterized by having "alis integerrimis", wings fully rounded, without tails, promineces or excavations ; he divided them into the Danai candidi, the white species now in the Pieridae, and the Danai festivi, the gaily-coloured species now in the Nymphalidae, especially the Danainae and Satyrinae. 


Hans A. Hürter (1998) : 

 

— Perrein et al. (2012) page 282 :

de Danaos, roi d'Argos après avoir régné sur la Libye, qui eut de différentes femmes cinquante filles : les Danaïdes. Troisième des six "phalanges" suivant lesquelles Linné subdivise les Papiliones ou papillons de jour, les Danai ont des ailes arrondies ["Alis intergerrimis" [sic, lire "integerrimis"]] et regroupent deux catégories : les Candidi  ["Alis albidis"], espèces ayant les ailes plutôt claires qui deviendront les Pièrides, et les Festivi ["alis variegatis"], espèces aux ailes plus bariolées aujourd'hui classées dans les Danainae et les Satyrinae.


Discussion.

      Perrein et al. donnent une excellente traduction adaptée du commentaire, lui-même définitif, de Emmet ; seule leur traduction incomplète du passage concernant le mot "integerrimis" en "aux ailes arrondies" demande un complément, car l'adjectif latin integer et son superlatif integerrimus signifient "intègre, non entamé", à comprendre ici comme "absolument sans entaille ni découpures, sans queue ni creux ni bosse" "aux contours parfaitement lisses".

     Le nom est basé sur la légende des Danaïdes :

  Après la mort de son père Bélos, Aegyptos roi d’Arabie et frère jumeau de Danaos le roi de Lybie s’empare de l’Égypte, à laquelle il donne son nom ; Aegyptos avait cinquante fils nés de différentes mères, et Danaos avait cinquante filles appelées les Danaïdes, nées également de différentes mères. A la mort de Bélos, Aegyptos presse alors son frère d’unir ses filles à ses fils, afin d’éviter des guerres de succession. Danaos suspecte un complot, et un oracle lui  ayant révélé que l’intention des fils de son frère était de tuer ses filles après les noces, (ou selon Eschyle, par l’aversion des Danaïdes pour un mariage consanguin) il décide de s’enfuir avec elles Avec l'aide d'Athéna, il construisit un bateau et, tous réunis, ils voguèrent vers la Grèce en passant par Rhodes et parvient jusqu’à Argos, où il devient roi.

Les fils d’Égyptos se rendent à Argos qu'ils assiègent, et contraignent Danaos à leur donner ses filles en mariage. Danaos promit de célébrer les mariages avec les fils d'Aegyptos aussitôt que le siège serait levé. Un mariage général fut décidé et Danaos forma les couples: Hypermnestre l'aînée et Gorgophoné épousèrent respectivement Lyncée et Protée car ils étaient de sang royal puis les autres selon la similitude de leur nom et enfin les dernières par simple tirage au sort. Le soir des noces, craignant toujours que se réalise la prédiction de l’oracle, Danaos ordonne à ses filles de cacher dans leurs cheveux une grande épingle dont elles se serviraient pour percer le cœur de leurs maris dès qu’ils dormiraient. Toutes obéissent sauf une, Hypermnestre, qui sauve son époux Lyncée et l’aide à s’enfuir. Par la suite, celui-ci revient et se venge en tuant les coupables ainsi que Danaos. Lyncée et Hypermnestre règnent alors sur Argos.

 

Dans la tradition tardive, arrivées aux Enfers, les Danaïdes sont jugées et précipitées dans le Tartare, condamnées à remplir éternellement des jarres percées. C'est le fameux « tonneau des Danaïdes ».

 

 

 

 3.  Nom d'espèce : Danaus plexippus Linnaeus, 1758

a) Description originale

Protonyme Papilio  plexippus Linnaeus, 1758 :

 Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ [Stockholm]. (Salvius). Tomus I: 824 pp. page 471 [http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]

— Description sous le n° 80:

- P[apilio] D[anais festivi] Alis integerrimis fulvis : venis nigris dilatatis margine nigro punctis albis 

"Papillon diurne appartenant aux Danai festivi, ailes jaune-fauve entières [non découpées et sans queue ?]  : larges veines noires avec points blancs dans la  bordure noire". (fulvis  jaune foncé, fauve, brun-roux)

 

 

 

- Alae primores  fascia alba ut in sequente, cui similis   

— Habitat in America septentrionalis   

 — les références données par Linné sont toutes britanniques et même londonnienne au sein d'un groupe d'amis en relation avec les colonies d'Amérique, notamment de Caroline et de Jalmaïque: 

  • James Petiver 1695-1703  Musei page 58 [erreur pour 52] n°527 : 

N° 527. Papilio carolinianus rusescens limbis nigris albis guttulis aspersis. This and the following, Mr Robert Rutherford, Surgeon, brought me from Carolina.

 

" Papillon des Carolines rougeâtre avec [aux ailes] à bordure noire "arrosée de gouttes blanches" . Celui-ci, comme le suivant, me fut ramené de Caroline par Mr Robert Rutherford, chirurgien". [Le suivant, le n°528 est très semblable (rufescens Papilio carolinianum, limbis Nigris, albis guttulis aspersis, bimaculatus) ce qui incite Pétiver à penser qu'il s'agit des formes mâle et femelle de la même espèce]

James Pétiver (v.1663-1718) est un pharmacien anglais, membre de la Royal Society et du Temple Coffee House Botany Club, connu pour ses travaux de botanique et d'entomologie. Pétiver a reçu de nombreux spécimens de plantes et de graines et d'autres documents de divers correspondants dans les colonies américaines. Le Temple Coffee House Botany Club (sans-doute la première société d'histoire naturelle au monde) était un club informel constitué d'une quarantaine de membres autour de la personnalité de Hans Sloane ; Pétiver en était un des membres les plus actifs, organisant des excursions autour de Londres, avec Martin Lister, Samuel Dale, Léonard Plukenet, Buddle, Charles Dubois, William Vernon etc. Des échanges s'établirent entre ce club et les colonies anglaises en Amérique. En Caroline du Sud, les correspondants étaient Edmund Bohun de Charles Town, Robert Ellis, l'apothicaire Georg Franklin, le capitaine William Halsted, et le chirurgien naval Robert Rutherford. 

  • John Ray, 1710 (publication posthume)  Historia Insectorum page 138 n°3 :

 Papilio Jamaicensis major  alis amplissimis, media parte fulvis cum nervis nigris, marginibus nigris, maculis et punctis albis crebris pulchre respersis

 "Un grand Papilio de Jamaïque, avec de très grandes ailes, dont la partie médiane est jaune-fauve avec des veines noires, et dont les bords noirs sont finement saupoudrés de taches et de points blancs rapprochés. "

 

  • Sir Hans Sloane  (1660-1753)  jam.2 p. 214 n° 239 f.5-6 : On ne s'étonne pas de trouver ici en troisième référence de Linné le membre éminent du Temple Coffee House Botany Club : ce médecin avait fait un séjour de quinze mois à la Jamaïque en 1687-88.

 Sloane, H. (1725). A voyage to the islands Madera, Barbadoes, Nieves, St. Christophers, and Jamaica, page 214 (website Biodiversity Heritage Library).

                                 220px-Hans_Sloane00.jpg

Dans sa description, il désigne le papillon comme "The common ferrugineous black with white spots", "le [papillon] commun ferrugineux [orange ?] et noir à points blancs"

 

  • Mark Catesby   (1743). The Natural History of Carolina  volume 2: page 88 . Le dernier auteur qui est cité par Linné est Mark Catesby . Son Histoire naturelle de la Caroline Partie 2 contient une brève description en anglais et en français du papillon, mais surtout une grande planche en couleur. (website Biodiversity Heritage Library). Catesby 1683-1749 avait étudié l'histoire naturelle à Londres avant de venir s'installer avec sa sœur en Virginie en 1712. Il revint à Londres en 1719 mais il repartit s'installer sur les conseils de Sir Hans Sloane en Caroline du Sud.


— Localité-type : Kendall, Etat de New-York, désignée par ICZN (1954):

  • ICZN (1954) : 225. 
    [Désignation de type subséquente] ICZN 1954. Opinion 282. Determination of the species to which the specific name plexippus Linnaeus, 1758, as published in the combination Papilio plexippus (Class Insecta, Order Lepidoptera) shall be held to apply. Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature, 6(14): 225-268. page 225  [http://www.biodiversitylibrary.org/page/34612586]

  • Hemming (1933) : 222. [Désignation de type subséquente] Hemming, A. F. 1933. Additional notes on the types of certain butterfly genera. The Entomologist, 66(845): 222-225. page 222.

Ce célèbre papillon du continent américain se comporte en visiteur occasionnel sur nos côtes.

— taxonomie linnéenne.

Cette espèce est classée par Linné en 1758 dans sa phalange des Danai et, parmi ceux-ci, dans les Danai festivi  avec 12 autres espèces (Midamus, Niavius, Enceladus, Obrinus, Perius, Chrysippus ...) . Ce sont les "Danaiens bariolés", qui portent pour la plupart le nom d'un des cinquante fils du roi Égyptos. Voir  Noms des Papillons diurnes (rhopalocères) créés par Linné dans le Systema Naturae de 1758.

  • midamus – Euploea midamus. Un fils d'Égyptos.
  • niavius – Amauris niavius. Un fils d'Égyptos.

  • enceladus – [nomen dubium]. Encelade, Un fils d'Égyptos.

  • obrinus – Nessaea obrinus. Un fils d'Égyptos.

  • perius – Parathyma perius. Un fils d'Égyptos, marié à Hyalé.

  • plexippus – Danaus plexipus. Un fils d'Égyptos.

  • chrysippus – Danaus chrysippus. Un fils d'Égyptos.

  • mineus – Mycalesis mineus. Un fils d'Égyptos.

  • hyperantus – Aphantopus hyperantus. Un fils d'Égyptos.

  • pamphilus – Coenonympha pamphilus. Un fils d'Égyptos.

  • xanthus – Catoblepia xanthus. Un fils d'Égyptos.

 

 

 

c) Origine et signification du nom plexippus. 

 

 Les interprétations des étymologistes :

 

— A. Maitland Emmet (1991) page 158 :

- the name of a Greek hero who took part in the boar hunt of Calydon and was killed by Meleager because he tried to take prize for success from Atalanta.

      " nom d'un héros grec qui a pris part à la chasse au sanglier de Calydon et a été tué par Méléagre parce qu'il a essayé de s'emparer du butin [—la peau du sanglier—] au dépens d' Atalante."

— Perrein et al. (2012) page 282 :

Étymologie : de Plexippos, héros grec qui fut tué par Méléagre au cours de la chasse du sanglier de Calydon.

 

Discussion : 

      Plexippus n'est certainement pas, dans l'esprit de Linné, ce Plexippos fils de Thestios et héros de la chasse de Calydon que mentionnent Emmet puis Perrein, mais bien-sûr son homonyme : l'un des cinquante fils d'Aegyptos. J'en ai donné la raison : il trouve place dans le Systema Naturae au cœur d'une série onomastique consacré à ces fils, en toute logique puisque ces noms désignent des Danai (nos Danaidae).

Les listes des cinquante Danaïdes et des cinquante fils d'Aegyptos varie suivant les auteurs,  soit Apollodore, Bibliothèque II, 1, 4-5, soit Eschyle, Les Suppliantes , soit  Hygin, Fables , soit Ovide, Héroïdes (XIV). Mais Linné puise sa source principale dans les Fables d'Hyggin, comme l'a montré Heller (1983), et c'est dans Hygin Fabulae CLXVIII et CLXX qu'est mentionné Plexippus. Il épouse Amphicomone, qui lui enfonce son épingle à cheveux dans le cœur comme prévu. Exit Plexippus...jusqu'à Linné.



 

 

 

 II.  Archéo-taxonomie.

 

      Anosia Hübner 1816 est devenu aujourd'hui le nom du sous-genre qui accueille Danaus chrysippus, mais jusqu'à Samuel Scudder (1889), le Monarque était désigné par le nom scientifique d'Anosia archippus. Lorsqu'il fut établit que la description du genre Danaus Kluk 1780 était antérieure à la description d'Hübner, le genre Anosia fut abandonné.

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 


I. Les Noms français. 

      Le papillon, espèce américaine migratrice rare en Europe, n'est pas décrit ni nommé par Geoffroy 1762, qui ne décrit que les papillons "des environs de Paris", ni par Engramelle 1779 qui traite des "Papillons d'Europe", ni par Godart 1821. 

 

 1.  Le Danaïde plexippe, Latreille, 1804


Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des ..., Volume 14  page 108
Latreille, qui ignore la publication de Kluk, crée ici  le Genre Danaïde ou Danaida : "Palpes n'allant point, ou que très peu au delà du front. Longueur des ailes presque égales à leur largeur. Espèce-type D. plexippus

La référence habituelle est "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, Paris : Déterville. vol.24. page 185.

 


2. Le Danaïde archippe, Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 184.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

Le nom archippe provient du papilio archippus de Fabricius Ent. syst. 3, 1 : 49 n°150.

      Cet Archippus  ( Ἅρχιππος, "maître des chevaux") ne se réfère pas au personnage briévement cité dans une épître de Paul aux Colossiens et à Philémon, mais, avec toute vraisemblance lorsqu'on connaît l'imprégnation des naturalistes du XVIIIe par la culture gréco-latine, au roi des Marses mentionné dans le Livre VII de l'Énéide de Virgile (Archippi regis missu, fortissimus Vmbro, Enéide Livre VII,752). Le nom est  tiré d'une ville, Archippa, censée fondée par Marsyas, éponyme des Marses, et engloutie dans les eaux du lac Fucin (cfr Pline, Histoire naturelle, 3, 12, 17).

 

 

3. "Danaïde pieds-liés", Jean-Baptiste de Lamarck 1817

Citons à titre de curiosité ce zoonyme. Jean Baptiste Pierre Antoine de Monet de Lamarck, Gérard Paul Deshayes, Henri Milne-Edwards Histoire naturelle des animaux sans vertèbres ...1839 page 86  retrouvé déjà dans l'édition de Lamarck 1817 page 26.  Il m'a semblé être une adaptation du nom anglais de "web-footed danay" utilisé (selon Scudder) par Emmons: cf. infra. Mais la publication d'Emmons (qui ne comporte d'ailleurs pas ce nom) date de 1854.

Je l'attribue donc à une [mauvaise] interprétation étymologique du nom de Plexippus comme tiré du latin plecto, ...plexus "tissé, lié ensemble" et du grec πουσ poys  "pieds" (cf. octopus, "huit pieds".

Bien que j'ignore l'étymologie réelle de Plexippus (Plexippos), on doit le décomposer en Plex- et -ippus /-ippos en raison des autres noms des fils d'Aegyptos comme Chrysippus et Evippe. Chrysippus est parfois compris comme lié à hippus, "cheval" (cheval caché). Homère dans l'Iliade qualifie Pelops de plexippos (πληξιππος) qui signifie "celui qui commande les chevaux", c'est-à-dire "bon conducteur de char" le cocher.

 

4. Apparition du nom Le Monarque : 1938 ?    

       

 4a. The Monarch Scudder, 1874.

 L'espèce est nommée en anglais (wikipédia) Monarch Milkweed, Common Tiger, Wanderer ou Black Weined Brown.  Si j'interroge le moteur de recherche sur "Monarque plexippus" dans les livres au XIXe siècle, je ne trouve aucune occurrence : le nom vernaculaire était inconnu en français.

L'entomologiste américain Scudder emploie le nom Monarch en 1889 : Anosia plexippus. The Monarch :

PLEXIPPUS. —The monarch. [The monarch (Scudder); the Archippus (Oosse) ; the Archippus butterfly (Harris); the storm fritillary (D'Urban); web-footed danay (Emmons) ; Queen of Spain butterfly (Ross) ; milk-weed butterfly (Burgess) ; Bermuda Butterfly (Jones) ; The Storm King (Moffat); The Storm Butterfly (Grote).]”  .

 .

En réalité, c'est en 1874 que Samuel H. Scudder a utilisé —et donc créé, il s'en attribue la paternité— ce nom, dans un article titré "English Names of Butterflies” publié par  Psyche, a journal of Entomology, la revue de la Cambridge Entomological Society fondée cette année là. (Psyche volume 1: pg.10), Scudder écrit “Danaus Plexippus — The Monarch. D’Urban le nomme the Storm Fritillary, mais ce n'est pas un Fritillaire. Gosse le nommait l' Archippus, mais ce n'est pas son nom correct. C'est l'un des plus grands de nos papillons, et il règne sur un vaste domaine."  

 

4b. Le nom "monarque".    

     a)  Les autres publications sont postérieures à cette date de 1874. On peut donc estimer que le nom vernaculaire  "Monarch" a été créé en 1874, sans-doute par Scudder. La première mention du nom Monarque en français daterait (toujours selon le moteur de recherche Google) de 1930 (in Yves Delage et Marie Goldsmith, "les Théories de l'évolution") et de 1938 : Société linnéenne de Lyon :  "Le mieux connu de ces émigrants est le Danaus plexippus, appelé aux États-Unis le Monarque, dont la chenille vit sur une plante du genre Asclepias." En 1938, "Monarque" est aussi cité par "Le Naturaliste Canadien" vol. 65 page 121. En 1950, une société valaisienne des sciences mentionne aussi ce nom. Soit quatre occurrences pour la première moitié du XXe siècle.

La seconde moitié du XXe siècle est riche d'une vingtaine de citations du nom Monarque, surtout dans des publications canadiennes ou antillaises.

le nom de "Monarque américain" est retrouvé dans deux publications de Robert Pinchon 1969 (Les Papillons) et 1973 (Nature antillaise) .

4c. Le Monarque, allusion à un roi protestant et orange ?

Les article Wikipédia "Danaus plexippus" en anglais et en néerlandais signalent que le nom de "Monarch" est un hommage au stathouder Guillaume III d'Orange-Nassau, prince protestant qui devint roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande en 1689 sous le nom de Guillaume III (William III) et que les irlandais et écossais avaient surnommé "King Billy". La couleur orange du papillon aurait incité les protestants émigrés en Amérique à nommer le papillon "Monarch" ou "King Billy".   La référence donnée par l'article anglais est  : Douglas W.S. Sutherland, "The monarch butterfly, our national insect", in Jean Ruth Adams,  (1992). Insect Potpourri: Adventures in Entomology. CRC Press. pp. 28–29. Cet auteur signale les dénominations de "archippus butterfly", "King Billy", "Milkweed butterfly" (papillon de l'Asclépias) et "wanderer" (vagabond) puis attribue à Fred Urquhart 1987 (grand spécialiste canadien du Monarque) cette notion d'un lien entre le nom de "Monarch" et les émigrés partisans du Prince d'Orange :

Fred Urquhart  "The Monarch Butterfly: International Traveler" (1987 ), introduction:

"The early settlers who came to North America from Europe, particularly those from England and Holland, were impressed by the sight of such a magnificent butterfly, and so they name it "monarch" after King William, prince of Orange, stateholder of Holland, and later king of England-its orange color no doubt suggesting the name. From"William" we get the vernacular "Billy," and hence the name "King Billy," which has also been applied to his butterfly."

Robert Pyle  1999 "Chasing Monarchs: Migrating with the Butterflies of Passage,"  reprend les affirmations de F. Urquhart, mais précise encore :

 

"Don[ald] Davis, a wonderfully knowledgeable monarch aficionado in Toronto, told me that his late grandfather knew these butterflies as "King Billies."

 

Gary Noel Ross  (2001 : « The Monarch: What's in a Name ! » News of the Lepidopterists' Society Volume 43, Number 1 page 21 )  chercha à enquêter sur ce sujet :

 

First, I contacted Donald Davis who eagerly shared with me some tidbits of family history. According to Don, his father (1915-2000) and his grandfather (1882-1962) both alluded to the monarch butterfly as "King Billy." Although born in Ontario, both ancestors were descendants of United Empire Loyalists who had migrated to Canada following the American Revolutionary War.

 

Voir aussi Harry Zirlin, "Monarch of a vast domain ; Taxonomist just Wanna have fun" American Butterfly, summer 2012.

 

En conclusion, il ne semble pas avéré avec certitude que le nom de "Monarch" ait été créé par les émigrès protestants en souvenir du Prince d'Orange, mais, le nom ayant été créé par Scudder (peut-être en raison du large royaume sur lequel régnait l'espèce), il a pu favoriser une telle association d'idée entre sa couleur orange et son nom de Monarch.

 

 

5. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal " Le Monarque" et comme nom accessoire "Le Monarque américain" (avec un renvoi vers une référence bibliographique d'un livre tchèque traduit par Pierre Blanchard en 1977).

Mais G. Luquet proposait, dans le même article, le nom de "Petit Monarque" pour Danaus Chrysippus

Je constate qu'en 2013, dans un article dont il est le co-auteur (Dupont et al) , G. Luquet utilise le nom vernaculaire de "Grand Monarque" (ici page  60).

 

 

 

 6. Mention particulière : Danais cleophile, Godart 1819.

 Jean-Baptiste Godart  est l'auteur d'une espèce de Monarque, Danaïde cléophile,  Danais cleophile qui fréquente la Jamaïque et de Saint-Domingue: Encyclopédie méthodique vol. 9 page 185. n. 32 .

Cléophile est dans la mythologie grecque l'une des femmes de Lycurgue, roi de l'Arcadie.

L'espèce est nommée "Carribean Queen"  "Reine des Caraïbes en anglais (avec un changement de sexe par rapport au Monarch) .

Godart a décrit son espèce au féminin, conformément au genre Danaïde féminin créé par son maître Latreille. Par contre, Linné avait mis au masculin ses espèces de sa Phalange Danaus (plexippus, chrysippus, midamus, misippus, niavius ​​...), de même que Fabricius avec  Alcippe, archippus, claudius, Corus, eresimus, erippus, gilippus, Hégésippe et tulliolus, et que Cramer avec melaneus et Mélanippe. On s'attendrait donc à trouver l'espèce corrigée sous le nom de "Danaus cleophilus". Mais selon la règle de l'ICZN art. 31.1 Cleophile est considéré comme un nom mis en apposition, et il conserve son orthographe d'origine. (d'après Wikipédia).

 

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

    a)  En anglais, le papillon a été  nommé  "Storm Fritillary", "Storm Butterfly" and "Storm King". : Fritillaire des tempêtes, Papillon des tempêtes et Roi des tempête. Harry Zirlin suggère que ces noms ont été attribués par les naturalistes anglais qui n'observaient cette espèce que lorsqu'elle était amené en Angleterre par les tempêtes atlantiques.

b) Le nom de "web-foot danai" attribué par Scudder à Emmons  est compris par Harry Zirlin comme lié " to the reduced forelegs that all brushfooted", à l'atrophie des pattes antérieures propre à tous les Nymphalidés", ces pattes qui étaient qualifiées de "palatines" par Réaumur. Les expressions "web-footed" ou "web-toed" signifient "pieds palmés" et désignent la syndactylie des orteils. L'adjectif  "webbed" signifie soit "palmé", "les doigts reliés par un repli de peau", soit "ressemblant à un filet ou une toile (d'araignée) (Zoology) (of certain animals) having webbed feet that facilitate swimming).

L'auteur de ce terme semble être Ebenezer Emmons dans son Natural History of New York, Part V, Volume 5  Agriculture, Albany 1854. page 202  Planche XXXVIII fig.1. Pourtant, je n'ai pas trouvé ce nom de "web-footed danai" dans le texte.

Mais ce terme de "web-foot" me semble, à la réflexion, dériver directement du "Danaïde pieds-liés" de Lamarck 1817 (supra).

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Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • " en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 


             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

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 ROBERT (Paul A.)  1934 — Les Papillons dans la nature, Delachaux et Niestlé : Neufchâtel et Paris,  405 p., 64 pl. couleurs books.google.fr/books?id=jSFDAAAAYAAJ

— RÖSEL VON ROSENHOF   1764-68  De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem, By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] BHL Library 
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SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

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— SODOFFSKY (Wilhem),1837. "Etymologische Untersuchungen ueber die Gattungsnamen der Schmetterlinge"  Bulletin de la Société Impériale des Naturalistes de Moscou. 10(6) : 76-97.

 — SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

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— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) 2012 A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.


 

                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

Albin :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN477852769

Billberg http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

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Denis et Schiffermüller : http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN574458115&IDDOC=441200

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Google : http://books.google.fr/books?id=79BYAAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=verzeichniss+Denis+et+schifferm%C3%BCller&hl=

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Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

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Linné, Species Plantarum http://www.biodiversitylibrary.org/item/13829#page/1/mode/1up

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

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Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

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Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

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http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

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Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

Tutt vol.1 1906 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof08tutt#page/n8/mode/1up

Tutt vol.2 1908 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof09tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v3 1909 :http://archive.org/stream/naturalhistoryof10tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

 

                                          


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:06

 

 

Zoonymie (étude du nom) du papillon la Mélitée  de la Lancéole Melitaea parthenoides Keferstein, 1851.

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

 

Résumé. 

 

— Melitaea Fabricius, 1807 : en 1991, Emmet écrivait : "Encore un nom de Fabricius  qui a intrigué les auteurs. Sodoffsky (1837) corrigeait en Melinaea qu'il dit être l'un des noms d'Aphrodite (Vénus); Pickard et al. le font dériver de  Melitaea, le nom d'une ville en Thessalie; Macleod du grec  μελοεις (melitoies), "miel", qui est selon lui un épithète d'Aphrodite ; et Spuler de μελιταίος (melitaios), "de ou appartenant à Malte" ".  Sachant que Fabricius s'est donné comme règle d'attribuer à ses papillons diurnes des noms de genre inspirés de ceux de Vénus ou de ses émules, il s'agit vraisemblablement de la Néréide Mélité, citée par Apollodore, Hésiode, Homère, Hyginus, et surtout par Virgile Énéide V :825, où elle accompagne le cortège glorieux de Neptune. On peut aimer y entendre un jeu de mot évoquant le miel et l'attrait des papillons pour le nectar. 

 

parthenoides Keferstein, 1851 : "qui ressemble à [l'Argynne] Parthenie", nom utilisé par Godart en 1819 par reprise du Papilio Parthenie, nom que Borkhausen avait proposé en 1788  pour le Papilio athalia minor d'Esper (l'actuel Melitaea aurelia, Nickerl, 1850). Parthenie, dérivé du grec παρθένος, « jeune fille, vierge » peut faire référence à une épithète de la déesse Athéna, Athéna Parthenos, (Minerve) pour laquelle le Parthenon a été bâti. L'espèce est nommée "Minerva" en espagnol.

— "La Mélitée de la Lancéole " : diverses études ont récemment montré que la chenille de cette Mélitée, contrairement à ce qui fut longtemps admis, ne se développe nullement sur les Scabieuses (Dipsacacées), mais sur les Plantains (Plantaginacées), et plus particulièrement sur le Plantain lancéolé, ou Lancéole (Plantago lanceolata). De ce fait, l’ancien nom de « Mélitée des Scabieuses »  créé par G. Luquet en 1986 a dû être abandonné au profit du nouveau nom de « Mélitée de la Lancéole » créé par le même auteur en 1997. En anglais, l'espèce est nommée "Meadow Fritillary", "Fritillaire des prairies", ce qui précise son biotope.

 

               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

 a) Famille des Nymphalidae (Les Nymphalides).

Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833]
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

b) Sous-famille des  Nymphalinae, Swainson, 1827

  • Tribu des Nymphalini Swainson, 1827
  • Tribu des Melitaeini Newman, 1870
  • Tribu des Charaxini Doherty, 1886

c) Tribu des Melitaeini Newman, 1870

  • Sous-tribu des Euphydryina Higgins, 1978
  • Sous-tribu des Melitaeina Newman, 1870
  • Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886

d) Sous-tribu des Melitaeina  Newman, 1870

      Un seul genre : Melitaea Fabricius, 1807


 

2. Nom de genre : Melitaea Fabricius, 1807

 

a) Description originale : 

      Fabricius, 1807, "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges", Magazin für Insektenkunde , Karl Reichard, Braunschweig [Brunswick] (6) page 285, n°29.

   Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes. Le 29eme des 49 genres de Fabricius cités dans l'article, Melitaea, contient 15 espèces, dont quatre sont nommées : Lucina, Cinxia, Cynthia, Maturna .  

 

— Type spécifique: M. cinxia 

— Description : cf Oberthür page 103

 

 a) La classification de Fabricius ou Systema glossata.

L'article cité en référence n'est pas écrit par Fabricius, mais par Johan Karl Wilhem Illiger. Illiger, qui fut conservateur du musée zoologique de Berlin en 1810, après avoir pris en charge les collections du comte von Hoffmannsegg,  a fait paraître la revue Magazin für Insektenkunde de 1802 à 1807. Dans celle-ci, il donne une présentation anticipée des genres de lépidoptères que Fabricius s'apprête à publier dans son Systema glossata ou Classification des Lépidoptères ; mais ce dernier livre n'a jamais été édité, en raison du déces de Fabricius en 1808, d'un incendie dans l'imprimerie et de la faillite de l'éditeur. (Voir S.L. Tuxen, 1967)

 

b) Étymologie du nom de genre.

 Je dois d'abord rappeler à nouveau la règle que Fabricius s'est fixée dans le choix de ses noms de genre des papillons de jour : les puiser autant que possible parmi les épithètes de Vénus/Aphrodite, déesse diurne, alors que les genres de ses papillons de nuit reçoivent les surnoms de Diane/Artémis ( Zoonymie du papillon Le Petit Sylvain Limenitis camilla.). C'est le cas de 19 à 20 des 49 genres :

1. Urania « amour celeste »

2. Amathusia  : de la ville d'Amathus, à Chypre

5. Morpho : (aux belles formes, aux formes changeantes)

7.Castnia : du Mont Kastion, en Pamphylie

8. Eupolea (euploea) : de l'heureuse navigation

9. Apatura : Aphrodite apatouria ou apatouros, « la décevante»

10 Limenitis : des ports

11. Cynthia : (épithète de Diane , mais désigne plutôt ici la courtisane vénusienne des Élégies de Properce)

12. Vanessa ( Vanessa, créature de Vénus dans le conte de Swift, Cadenus et Vanessa)

15. Neptis : neptis Veneris, Ov. M. 4, 530 : la petite-fille de Vénus (= Ino)

19. Argynnis : Venus argennis, d'Argennus, favorite d'Agamemnon.

20. Thaïs : courtisane célèbre dévouée à la déesse Vénus.

22. Doritis : Vénus doritis, "la bienfaitrice" qui avait selon Pausanias son temple à Cnide

23. Pontia : de la mer profonde

24. Colias : du temple de Colias, en Attique

25. Haetera ; Hétaïra, protectrice des courtisanes. 

26. Acraea : Protectrice des acropoles et des lieux élevés.

27. Mechanitis : l'ingénieuse à ourdir des ruses, son surnom à Megalopolis.

33. Erycina : du mont Erix, en Sicile.

 36. Nymphidium (des mariages)

 Il convient donc de se demander en priorité si Melitaea figure parmi les dénominations de Vénus. La réponse est négative ; on trouve à la rigueur  Melinaea dans un vers de Lycophon.

 Avant d'en débattre, je citerai auparavant les interprétations des entomo-étymologistes :

1) A.M. Emmet (1991) page 155.

—"Another of the names from Fabricius which has puzzled authors. Sodoffsky (1837) emended it to Melinaea, which he said was a surname of Aphrodite (Venus) ; Pickard et al. derive it from Melitaea, the name of a town in Thessaly ; Macleod from  μελοεις (melitoeis), "honeyed", according to him an epithet of Aphrodite ; and Spuler from  μελιταίος (melitaios), "of or belonging to Malta". Any one of the last three may be right. Fabricius placed the fritillaries in two families, the larger one in Argynnis, the smaller in Melitaea. Word-play was suggested for the former name and is possible here too, an association with μελι (meli), honey, from the butterflies's love of nectar, being intended ; μελιτειον meliteion, mead, is another possible source."

 "Encore un nom de Fabricius  qui a intrigué les auteurs. Sodoffsky (1837) corrigeait en Melinaea qu'il dit être un des noms d'Aphrodite (Vénus); Pickard et al. le font dériver de  Melitaea, le nom d'une ville en Thessalie; Macleod du grec  μελοεις (melitoies), "miel", qui est selon lui une épithète d'Aphrodite; et Spuler de μελιταίος (melitaios), "de ou appartenant à Malte". L'un quelconque des trois derniers peut être correct. Fabricius a placé les fritillaires dans deux familles, les plus grands dans les Argynnis, les plus petits dans ses Melitaea.  Un jeu de mot a été suggéré pour l'ancien nom [Argynnis] et est possible ici aussi, une association avec μελι (meli), miel, laissant sous-entendre l'attrait des papillons pour le nectar : et μελιτειον (meliteion), "hydromel", est une autre source."

 

2. W. Dale page 193 :

" Melitae'a, a town of Thessaly. Sodoffsky propose Melinaea, a surname of Venus, from mel-, "honey"."

"Melitaea, une ville de Thessalie. Sodoffsky propose Melinaea, surnom de Vénus, de mel-, "miel" "

 

3. Arnold Spuler (1908) page 21 :

     " Die Malteserin : Beiname der Artemis ?" : "La Maltaise : surnom d'Artémis ?"

4. Janssen, page 40 :

" bijnaam van Artemis, die cen tempel bezat te Melité".

"Surnom d'Artémis, qui avait un temple à Malte."

5. Ramann, page 64 :

"war der lateinische Name für Malta und möchte wohl dieser Name  als von Faltern, die daher stammen oder denen ähnlich sind, abzuleiten sein" :

"...était le nom latin de Malte"

6. Ludwig Glaser, page 123:

"Melitäerin' od Maltheserin, zunamen d. Diana."

"Melitäerin ou Maltaise, Surnom de Diane".

7. L. Glaser, 1863 page 24 in Hürter :

"Von melitaios, "malthesich", Melitaia, Zuname der Diana...Artemis, Athalia und alle übrigen Melitäen fuhren Namen oder zunamen der Göttin Diana".

8. Anton Spannert page 34 :

"Ein Beiname der diana mit Bezug auf ihre Verehrung zu Melita, dem heutigen Malta".

9. W. Sodoffsky page 80 :

" Richtiger von Melinaea ; denn Melitaia war eine Stadt in Thessalien, dagegen Melinaiaein Beiname von Venus, die Süsse ; von meli, "Honig". Vide Vollmer P. 1183".

10. H.A. Hürter (1998) page 243 :

 " Auch hier ist wie bei Limenitis eine der Regeln hilfreich, die Sodoffsky p. 78 aufgestellt hat : ".Uberall, wo man nicht auszeichnende Merkmale, die vielen Species einer Gattung gemein waren, auffand, oder wo eine gattung in mehrere Familien getheilt werden musste, da wählte man zur Bezeichnung derselben die veralteten Namen grieschischer Städte, Flüsse, Inseln und Personen, oder die Beinamen der Göttinnen".

Als Beiname der Artemis, wie manche Autoren meinen, erscheint Melitaea weder bei Bruchmann  noch bei Pauly noch bei Roscher. Deshalb liegt die Vermutung näher, dass Fabricius bei der Schaffung des Gattungsnamens wohl doch die antike Stadt Melitaia, latin Melitaea, im Sinn hatte."

11. Doux et Gibeaux (2007) page 146 :

Nom d'origine incertaine dérivant, selon les auteurs, soit d'une ville de Thessalie (Melitaea), soit des adjectifs melitoeis, "mielleux" (surnom que portait aussi  Aphrodite), ou melitaîos "maltais", voire d'un jeu de mots construit sur les substantifs grecs meli, "miel" ou meliteion, "hydromel", en raison de la propension de ces papillons à s'abreuver de nectar. Spuler (1901-1908) évoque avec doute l'hypothèse selon laquelle melitaéa serait une possible épithète d'Artémis.

12. Perrein et al. (2012)page 406.

"Probablement de Mélitée, d'un radical grec meli, "miel", fils de la nymphe Othreis et de Zeus, abandonné dans les bois par sa mère qui craignait la colère d'Hera, nourri au mile par un essaim d'abeilles, puis recueilli et élevé par un berger ; devenu un héros vigoureux, il fonda la ville de Melitaea, en Thessalie, où il régna en tyran".

 

Que disent les dictionnaires de mythologie gréco-latine ? 

  • Melina, ville de l'Argolide (Péloponèse). Vénus, la principale divinité de cette ville, en avait pris le surnom de Melinaea. ( Joseph Guadet Dictionnaire universel abrégé de géographie ancienne comparée, page 158).
  • Melinaea ΜΕΛΙΝΑΙΑ: surnom d'Aphrodite, venant de la ville de Méline (Étienne de Byzance. s. v, 454 ; Lycoph. 403.) in Aphrodite Titles. Ce surnom apparaît dans le Cassandre de Lycophon, au vers 403 : "la déesse de Castnium et de Melina".
  • Meliteus ΜΕΛΙΤΕΥΣ : fils de Zeus et d'une nymphe, qui, caché par sa mère pour échapper à la jalousie de Hera, fut élevé par des abeilles. Il aurait donné son nom à la ville de Melite en Phthia (Anton. Lib. 13) 
  • Melita : Malte, île de Mediterranée, et Melita, ville capitale de l'île.(Guadet, id)
  • Melita : lac de l'Acarnamie cité par Stabon. (id).
  • Melita ou Melite, Meleda, île du golfe Adriatique.(Guadet, id)
  • Melitaea, ville de Thessalie, au sud de Penée (Salampria). (Guadet, id) Citée par Strabon, mais aussi, sous le nom de Melitia, par Thucydide.
  • Melite: île de la côte Adriatique selon Agathemerus, Pline (Melita), ou Ptolémée (Melitina insula) Dictionary A. Macbean
  • Melite (Μελιτη, Melitê). Une Naïade ou nymphe du Mont Melite sur l'île mythique de Phaiakes (les Phaeaciens) ; fille du dieu fleuve Aegaeus, qui devint, par Heraclés, la mère de Hyllus, chez les Phéniciens.(Apollonius Rhodius, Argonautica 4. 538 ff ) Source:Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology. Elle est souvent associée à la nymphe du miel Makris.

  • Melite, l'une des Néréides, fille de Nereus et de Doris. (Hom. Il. xviii. 42; Hes. Theog. 246; Apollod. i. 2. § 7; Virg Aen. v. 825.)

  • Melite, une fille d'Erasinus d'Argos. 

  • Melite : selon Philochorus : fille de Myrmex.

 

Mes conclusions.

Pour les raisons présentées plus haut, il serait tentant de dire que Fabricius a choisi Melitaea comme une épithète de Vénus. Il aurait alors (ou le typographe) commis une faute sur une lettre puisque la  seule épithète connue est MelinaeaAphrodite de Méline en Argolide. Mais ce nom n'est attesté que par une seule source. Les hypothèses qui font dériver cette épithète de mel ou meli, "miel" sont néanmoins plaisantes.

  Je suis moins enclin que A.M. Emmet à croire que Fabricius dissimule des jeux de mots dans ses noms de genre, mais la proximité sémantique entre Melinaea et l'ensemble des nombreux noms construits sur le modèle Melit- a pu faciliter son choix. Rien ne peut non plus départager les partisans de Melita /Malte, Melitatea/ville de Thessalie. Enfin les recherches de H.A. Hürter ne lui ont pas permis, tout comme les miennes, de découvrir un culte de Diane/Artémis à Malte, ni une Diane qualifiée de Melitaea.

N.B. Les Amours de Méline de Le Baïf (1552) témoignent aussi de ce culte de Vénus :

 Employons ce doux vivre, ô ma Méline!

Çà donc, mignonne, viens-t'en.

Et me tend ta bouchette coraline.  

 

Correctif. 

Parmi les 49 noms de genre de Fabricius, tous sont féminins, mais tous ne sont pas des épithètes d'Aphrodite, et la fixation sur cette recherche m'a fait délaissé une autre piste. Elle est de taille. Dans l'Énéide de Virgile (source importante d'inspiration pour les nomenclateurs post-linnéens ou pour Linné lui-même) le Livre V cite la Néréide Mélité.

Souvenons-nous de l'histoire : Énée conduit son peuple depuis Troie vaincu vers une nouvelle terre, où établir un nouveau royaume : il parcourt les mers en quête de cette Hesperia (l'Italie) mais la déesse Junon s'acharne contre les Troyens. Énée vient de s'arracher aux bras de la reine de Carthage Didon et il a atteint la Sicile, où il doit faire escale. Le découragement s'empare du peuple ; les femmes inspirées par Junon mettent le feu aux navires, mais un incendie envoyé par Jupiter éteint l'incendie. Vénus, protectrice d'Énée, supplie Neptune d'accorder aux Troyens une traversée calme et une heureuse arrivée en Italie.  Neptune promet d'exaucer cette prière, mais exige toutefois en échange du salut des Troyens, une vie humaine (ce sera celle du pilote Palinure). Puis s'élançant avec toute sa suite sur son char, il fait régner le calme sur les flots. Voilà, ce sont les vers  799-826 du cortège de Neptune 

 

Tum uariae comitum facies, immania cete,

et senior Glauci chorus Inousque Palaemon

Tritonesque citi Phorcique exercitus omnis ;

laeua tenet Thetis et Melite Panopeaque uirgo,

Nisaee Spioque Thaliaque Cymodoceque


"Alors apparaissent diverses figures de sa suite : baleines immenses,

vieillards du chœur de Glaucus, Palémon, le fils d'Ino,

Tritons rapides et toute l'armée de Phorcus 

à sa gauche se tiennent Thétis et Mélité, et la vierge Panopée,

Niséé et Spio, ainsi que Thalie et Cymodocé." (Trad. Louvain B.C.S).

 

  Splendide tableau que ce départ plus grandiose encore que celui d'un départ de course trans-océanique, avec cette escorte de baleines, le sillage des rapides Tritons qui soufflent dans leurs trompes, Phorcus et ses monstres marins, Glaucus le pêcheur métamorphosé en dieu de la mer à queue de poisson, Palémon (Mélicerte) et sa mère Ino, qui en se jetant par desespoir dans la mer en sont devenus des divinités, et, surtout peut-être, les cinquante Néréïdes, les Nymphes filles de Nérée aux cheveux ornés de perles marines. Parmi elles, la mère d'Achille, Thétis [papilio Thetis Drury ou Rottemburg 1775), et puis Panopée, Spio [papilio spio Linné], Nisée [Nymphale Nésée], Thalie [papilio H. Thalia Linné] et Cymodocé [papilio Cymodoce Cramer,1777]. Et enfin Mélité, les vagues formant autour d'elle les gerbes d'écume qui honorent son teint ivoirine et qui provoquent les reflets cuisse-de-nymphe-émue  de sa peau. Comment Fabricius aurait-il pu oublier de tels vers ? Comment, cherchant le nom d'un parangon de beauté pour accompagner Thais et Vanessa, Cynthia ou Hipparchia, Thecla et Veleda et Vénus sous ses diverses épithètes ?


Pourquoi m'intéresser à une autre Nymphe du même nom, une Naïade citée par Apollodore de Rhodes IV:538, fille du dieu-fleuve Aigaios/Aegaeus et mère par Heracles d'Hyllos , qui vivait sur le Mont Mélite sur l'île de Phaiakes ? 

Pourquoi m'intéresser à la ville de Mélitéa, qui formait avec Péréa une sympolitie ou alliance de ville ? Pourquoi étudier les  causes du conflit entre Mélitéa et Narthakion, exposées dans la littérature ?

Comment se fait-il que cette Néréïde Mélité nous ait si longtemps échappé ? Son nom est citée par les quatre listes , celles de Apollodore, d'Hésiode, d'Homère (Iliade 18:39-40), et de Hyginus.

 

Ce genre est désormais divisé en sous-genres :

  • Melitaea Fabricius, 1807, 8 espèces en France dont M. cinxia.
  • Didymaeformia Verity, 1950, 3 espèces en France.

 a) Sous-genre Melitaea Fabricius, 1807

  • Melitaea cinxia (Linnaeus, 1758) Mélitée du Plantain.
  • Melitaea diamina (Lang, 1789) . Mélitée noirâtre.
  • Melitaea varia Meyer-Dür, 1851 . Mélitée de la Gentiane.
  • Melitaea parthenoides Keferstein, 1851 . Mélitée de la Lancéole
  • Melitaea aurelia Nickerl, 1850 . Mélitée des Digitales.
  • Melitaea helvetica Rühl, 1888 . Mélitée de Fruhstorfer.
  • Melitaea athalia (Rottemburg, 1775) . Mélitée du Mélampyre.
  • Melitaea deione (Geyer, [1832]). Mélitée des Linaires.

 b) Sous-genre Didymaeformia Verity, 1950

  • Melitaea ornata Christoph, 1893. Mélitée égéenne.
  • Melitaea phoebe ([Denis & Schiffermüller], 1775). Mélitée des Centaurées.
  • Melitaea didyma (Esper, 1778) . Mélitée orangée.   

 

 

 3.  Nom d'espèce : Melitaea parthenoides Keferstein, 1851.

a) Description originale

C[hristian] Keferstein, 1851 "Versuch einer kritisch-systematischen Aufstellung der europ. lepidopteren mit berüksichstigung der synonymie",  Stettiner entomologische Zeitung 12 page 244 

https://archive.org/stream/stettinerentomol12ento#page/244/mode/2up

L'auteur décrit comme variante de Melitaea athalia la variante b parthenie O. Herbst, puis la variante c parthenoides.

Var.c Parthenoides m. Schweiz. Parthénie Godart II pl. 9 f.78 H.S  tab. 30 f. 136-137.

 

— références données : l'Argynne parthénie de Godart, 1822. Godart se réfère lui-même à Papilio parthenie de Borkshausen, de Herbst, et d' Ochsenheimer. Voir Herbst, Natursystem der Schmetterlinge, Berlin page 283 fig. 1-4/ Borkhausen,/ Ochsenheimer

Le Papilio Parthenie de Borkhausen est identifiée actuellement comme  la Melitaea aurelia de Nickerl. Il le décrivait ainsi en 1788 dans Naturgesichte der europaïschen Schmetterlinge, Frankfurt, I. p.53 n°5 et II p.194 n°5 

Mit diesem Namen benenne ich denjenigen Falter, welchenherr Esper auf der 89 ten Tafel in der 1 ten und 2 ten Figur unter dem Namen Athalia minor abgebildet hat. In der Anlage der Zeichnung der oberen und unteren Seite kommt er falt völlig mit der Athalia überein, allein in der Grösse weicht er beträchtlich von ihr ab.

 

"Je désigne par ce nom l'espèce que Esper présente dans sa Planche 89 fig. 1 et 2 sous le nom d'Athalia minor. "

 —  Localité-type : Suisse.

— Plante hôte : divers Plantains, notamment le Plantain lancéolé Plantago lanceolata.

— Selon Dupont et al. "cette espèce est présente dans la péninsule Ibérique, en France et dans le nord de l’Italie. Elle est en limite d’aire en Allemagne, Suisse et Autriche".  

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

  • Papilio parthenie Godart 1819

 

 

c) Origine et signification du nom parthenoides. 

 

 Les interprétations des étymologistes 

— Doux et Gibeaux (2000) page 156 :

parthenoides : qui ressemble à la "parthenie" ; Parthénie : (du grec parthenios, "vierge", épithète d'Artémis.

— Perrein et al. (2012) page 422 :

De Parthénie, ancien nom de l'espèce au sens de Godart, 1819 et 1822, et de l'espèce proche Mellicta aurea (Nickerl, 1850) au sens de Borkhausen,1788. —épithète d'Artémis et nom d'une pléiade, du grec parthenos, "vierge" — et le suffixe -oides, du grec eidos, "apparence".

 

 II.  Archéo-taxonomie.

      1. Le genre.

      mellicta Billberg 1820


2. L'épithète spécifique.

      Longtemps, on a posé l'équation "parthenie Bkh. = parthenoides Kef.," comme Maurice Sand en 1879.

On trouve aussi Melitaea parthenoides (Esper, 1779) :http://www.european-lepidopteres.fr/Melitaea-parthenoides.html 

 

              III. Noms vernaculaires.

 


I. Les Noms français. 

 

 

1. L'Argynne parthénie , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 284  n°52.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

2. L'Argynne parthénie , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Tome second : départements méridionaux  Paris : Firmin Didot 1823, page 75 n°25 

 

      "Elle se rapproche extrêmement de l'athalia. Mais outre qu'elle est toujours plus petite et qu'elle a la frange plus blanche, le fauve domine davantage sur le dessus des ailes, par la raison que le noir n'y forme que de légers réseaux."

      image BHL planche 9

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6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal " La Mélitée des Scabieuses".

Mais en 2013, Dupont et al. précisaient :  "diverses études ont récemment montré que la chenille de cette Mélitée, contrairement à ce qui fut longtemps admis, ne se développe nullement sur les Scabieuses (Dipsacacées), mais sur les Plantains (Plantaginacées), et plus particulièrement sur le Plantain lancéolé, ou Lancéole (Plantago lanceolata). De ce fait, l’ancien nom de « Mélitée des Scabieuses »  a dû être abandonné au profit du nouveau nom de « Mélitée de la Lancéole ».

C'est dès 1997 que G. Luquet avait introduit ce changement de nom, dans sa traduction en français chez Nathan de l'ouvrage allemand de Thomas Ruckstulh  Schmetterlinge und Raupen bestimmen, kennenlernen, schützen 

Discussion :

La fragilité du système onomastique basé sur la plante-hôte — ou une autre donnée scientifique — apparaît clairement dans cet exemple, ou dans celui de l'Azuré des Mouillères, puisqu'un changement de nom s'impose moins de quinze ans après le choix du premier. Le choix de Linné, d'attribuer arbitrairement un nom-étiquette non descriptif se référant à une base de donnée indépendante (dans son cas, les noms de la mythologie grecque) montre ainsi sa supériorité : comme pour les noms propres, la validité d'un nom ne vient pas de son adaptation à l'objet ou l'être qui le porte, mais à l'usage et au consensus créé par celui-ci. Dupont n'a pas à changer de nom lorsqu'il déménage loin de son pont. Les meilleurs noms ne sont pas les plus remplis de connaissance.

 

 

7. Origine du nom vernaculaire selon les auteurs récents.

Luquet in Doux et Gibeaux (2007) :

Lancéole : Plantain lancéolé (plantago lanceolata).

Perrein et al. (2011) page 422 :

En référence à la plante nourricière, G. Luquet a proposé le nom de Mélitée de la Lancéole dans l'ouvrage de Th. Ruckstuhl (1997).  

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de "Melitaea parthenie Borkh"   puis abrègent cette forme en "Parthenie" dans leur texte sans faire usage d'un nom vernaculaire.

 

— Doux & Gibeaux 2007 : " La Mélitée de la Lancéole". Mellicta parthenoides.

— Perrein et al. 2012 : " Mélitée des Scabieuses, Mélitée de la Lancéole".

— Wikipédia : "Le Mélitée des scabieuses".


 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

 

  • "Damer dels prats" en catalan 
  • "Läntinen verkkoperhonen" en finnois
  • " Prydlig nätfjäril" en suédois
  • " Westlicher Scheckenfalter" en allemand :  Fritillaire de l'Ouest
  • " Meadow Fritillary" en anglais : Fritillaire des prairies.
  • "Minerva" en espagnol
  • "Westelijke parelmoervlinder" en néerlandais

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg : île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • " en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais .

 

 


             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : Mellicta    

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Melitaea parthenoides

— UK Butterflies : 

— lepiforum : melitaea parthenoides

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

— Numen. The Latin lexicon :  http://latinlexicon.org/index.php

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— ALDROVANDI (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae) 1602 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BILLBERG (Gustav John) : Enumeratio insectorum in Museo Gust. Joh. Billberg ,[Stockholm] :Typis Gadelianis, 138 p. http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

— BRIDGES (Charles A.) 1993 Bibliography (Lepidoptera: Rhopalocera)  2nd ed. C.A. Bridges in Urbana, Ill . Archiv.org. 

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Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1793 Ent Sys em    https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

Fourcroy voir Geoffroy.

Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

Geoffroy latin par Fourcroy :  http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Goedart par Lister 1685 : http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart 1822 tome II : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38003#page/9/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

 https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

1840 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/120628#page/9/mode/1up

Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

https://archive.org/details/CUbiodiversity1121039

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Linné, Species Plantarum http://www.biodiversitylibrary.org/item/13829#page/1/mode/1up

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

Oberthür, Études http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8792#/summary

 1910 (4) http://www.biodiversitylibrary.org/page/10532070#page/299/mode/1up

Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

Tutt vol.1 1906 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof08tutt#page/n8/mode/1up

Tutt vol.2 1908 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof09tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v3 1909 :http://archive.org/stream/naturalhistoryof10tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

 

                                          


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:05

Zoonymie (étude du nom) du papillon "la Piéride des Biscutelles" ou "Criblé-de-nacre" Euchloe crameri .

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

— Euchloe Hübner, [1819] : L'interprétation admise par tous les auteurs pour le nom de ce genre,  ""beau vert tendre", du grec eu, "bon", "bien", et khloe, "couleur vert clair de la végétation printanière" ; allusion à la teinte du revers des ailes postérieures" ne se justifie avec certitude que grâce à l'appui de l'étude du nom Synchloea "Ensemble d'espèces [à ailes] vert clair" qui le précéde dans le Verzeichniß de Hübner et qui rassemble les Pontia daplidice, callidice et chloridice.

— crameri (Butler, 1869) : Butler, qui allait devenir conservateur du Natural History Museum et qui en décrivit les collections, donna à l'espèce qu'il décrivait le nom de crameri en hommage au marchand et collectionneur hollandais Pieter Cramer (Amsterdam 1721-1776), auteur de 4 volumes de Papillons exotiques des trois parties du monde l’Asie, l’Afrique et l’Amérique (1775-1782). En effet, Butler donne comme référence à son espèce le papilio belia Cramer, 1782 décrit dans le dernier volume posthume, et que Cramer voyait comme la possible femelle du Papilio belia Linné, 1767 [ Anthocharis belia ou Aurore de Barbarie]. Butler ne valide pas cette idée, et crée donc une nouvelle espèce. 

 

— "Piéride des Biscutelles" Luquet 1986. Ce nom nom indique l'une des plante-hôtes de la chenille, Biscutella laevigata, ou Lunetière lisse (Brassicae) aux fruits en double écuelle ou en paire de lunettes. 

 — "Criblé-de-nacre" Luquet 1986 :  fait  allusion au revers des ailes postérieures, dont Cramer disait que "leur fond blanc est comme d'un nacre de perle luisant" en raison des irisations nacrées des nombreuses petites taches blanches qui les saupoudrent.

 

                     Nom scientifique.

 

 

 I.  Famille, Sous-famille, Tribu.

1°) Famille des Pieridaedes Swainson, 1820 : [Piérides ou Piéridides]

  • Sous-famille des Dismorphiinae Schatz, 1888 : [Dismorphiines : Piérides]
  • Sous-famille des Coliadinae Swainson, 1827 : [Coliadines : Coliades et Citrons].
  • Sous-famille des Pierinae Duponchel, 1835 : [Piérines : Piérides et Aurores].

 

2°) Sous-famille des Pierinae Duponchel, 1835 : [Piérines : Piérides et Aurores].
  • Tribu des Anthocharini Scudder, 1889
  • Tribu des Pierini Duponchel, 1835.

 

3°) Tribu des Anthocharini Scudder, 1889

—Genre Anthocharis Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, 1833
— Genre Euchloe Hübner, [1819]
— Genre Iberochloe Back, Knebelsberger & Miller, 2008 

 

2. Nom de genre :  Euchloe (Hübner, [1819].

 

a) Description originale : 

  Jacob Hübner, Verzeichniß bekannter Schmettlinge., Augsburg ; Verfasser, 1816-1826 [1819],2, page 94

 — Description :

Die Senken unter sehr zierlich bestäubt gefleckt *:

Euchloë Belia Esp. Pap. 92.1

 E. Ausonia, Hübner Pap. 416, 582-583.

E. Tagis,  Hübner Pap. 565-566

E.Midea, Hübner Manc. Vor. Midea

E. Cardamines Linn. Syst. Pap. 85. Hübn. Pap; 424 425 419 420 

E. Eupheno, Linn. Syst.Pap.  88 & Bélia 84. Hübn 421 422

E. Coeneos Aurora Cramer 299 A. B & C.D.

           *Le revers des ailes  très délicatement tachetées pollinisé ???

 

 

— Type spécifique: désignée par la Commission internationale en 1946 Euchloe ausonia Hübner, var. esperi Kirby, 1871 [= E. crameri Butler,1869]

— Ce genre renferme en France

  • Euchloe insularis (Staudinger, 1861) :  Marbré tyrrhénien. 
  • Euchloe crameri Butler, 1869 : Piéride des Biscutelles 
  • Euchloe simplonia (Boisduval, 1832) : Piéride du Simplon.

 

 

 Origine et signification du nom Euchloe.

 

— L. Glaser (1887) page 289 :

"Schönblühende"..., εὔχλοος , -η schön blühend"

— Arnold Spuler ( 1908) 1 page 7

   εὖ gut, und χλὀη  junges Grün.

— August Janssen (1980) page 38 :

"Griekse vrouwennaam, afgeleid van eu = goed en chloe = groene, jonge scheut. Slaat waarschijnlijk op de groene onderkant van de vleugels."

Nom féminin grec,de femme grecque, dérivé de eu = bon et chloe = vert, jeune pousse. Se réfère probablement à ​​la partie inférieure verte des ailes.

 

—A. Maitland Emmet (1991) page 147:

 εὖ (eu) welle, good ;  χλὀη (kloe), the light green colour of spring vegetation ; εὔϰλοος  (eukhloos) blooming : from the coloration of the hindwing underside.

 

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 44 :

Euchloe : "beau vert tendre", du grec eu, "bon", "bien", et khloe, "couleur vert clair de la végétation printanière" ; allusion à la teinte du revers des ailes postérieures.

— Perrein et al. (2012) page 163 :

Étymologie : du grec eu "bien" et kloê, "herbe verte". 

— Arizzabalaga & al. (2012) :

Euchloe : Pel color verd del revers de l’ala posterior 

 


Discussion.

       1. Systématique du Verzeichniß de Hübner.

Le "Coitus" ou Genre Euchloae de Hübner appartient à la Tribu II des Gentiles (les Humains, opposés aux Nymphes de la tribu I Nymphales), Stirps (Racine, embranchement) qui contient les Stirps des Agrodiaeti, des Archontes, des Andropoda, des Hypati, des Telchines et des Astyci.  Le 3ème Stirps des Andropoda est divisé en familles A, B, C et D des Voraciae, des Frugalia, des Fugacia et des Fidelia.  Chaque famille est divisée en genres qui portent chez Hübner le nom de "Coitus". Le dernier Coitus de la famille A des Voraciae se nomme Synchloae, et le premièr Coitus de la famille B des Frugalia se nomme Euchloae.

Les noms des genres des deux familles A et B sont :

Familia A : Frätzige, Voraciae

1. Aporien, Aporiae

2. Mylothriden, Mylothrides.

3.Appiaden, Appiades

4. Perhybriden, Perhybrides.

5. Deliaden Deliades

6. Catamien, Cataemiae

7. Pontien, Pontiae

8. Belenoiden, Belenoides.

9. Acräen, Acrae

10. Anaphäiden, Anaphaeides

11. Catophagen, Catophagae.

12. Synchloae.

 

Familia B  : Sparsame, Frugalia .

1. Euchloen, Euchloae

2. Leptosien, Leptosiae

3. Aphroditen, Aphroditae

 4. Ixiaden, Ixiaden

En résumé, le genre Coitus appartient à la Phalange des Papiliones, Tribu II Gentiles, Famille B  Frugalia. 

Ceci pour expliquer que l'organisation ou le choix des noms chez Hübner est loin d'être limpide. Et pour souligner que l'interprétation du nom Euchloae doit tenir compte du nom Synchloae qui le précède.

— La famille des Sparsame (Économes) ou des Frugalia (Frugales) est définie ainsi :

Der Leib schlang, auch die Flügel ziemlich schmal und zart.

"Le corps enveloppé (noué?), les ailes plutôt effilées et frêles."


2. Étude des noms Synchloae et Euchloae.

La partie commune aux deux noms  -chloae vient du grec ancien χλόη, chloè (« herbe naissante, pousse tendre, gazon d’un vert tendre ») apparenté à χλωρός, khloros (« vert-jaune »). Dans la mythologie, ΧλόηKhloè (« Chloé, divinité protectrice de la nature ») était l'autre nom de Déméter, la déesse des moissons. Le prénom Chloé apparaît dans le roman grec antique Amours Pastorales de Daphnis et Chloé, attribué à Longus (IIIe siècle).(W) 

Si on tient compte exclusivement de la description donnée par Hübner du genre Euchloae, rien ne permet d'affirmer avec certitude que, comme tous les commentateurs l'expliquent, le nom s'entend comme "beau vert tendre", du grec eu, "bon", "bien", et khloe, "couleur vert clair de la végétation printanière" ; allusion à la teinte du revers des ailes postérieures. (Luquet). Car la description du genre, qui devrait justifier ce nom en soulignant la présence de cette couleur et sa beauté, mentionne tout autre chose : le saupoudrage de taches nacrées du revers des ailes, celui qui incitera G. Luquet a créer le nom de "Criblé-de-nacre" pour E. crameriDie Senken unter sehr zierlich bestäubt gefleckt "Le revers des ailes très délicatement saupoudré".

Si on examine la description du genre Synchloae, on constate  d'une part qu'il contient les espèces "Callidice Hübn , Autodice Hübn, Chlorodice Hübn, Daplidice Linn., Belemia Hübn, Glauce Hübn", autrement dit  Pontia callidice ou "Veiné de vert", Pontia daplidicce ou "Marbré de vert" et Pontia chloridicce ou "Marbré Kurde". Toutes espèces dont le revers des ailes est rayé ou marbré de vert. D'autre part, Hübner en donne la description Die Senken unten grün gefleckt. "Les ailes inférieures tachetées de vert". Le nom Synchloae, avec le suffixe -syn "ensemble, en même temps" peut se comprendre alors comme " Ensemble de [papillons] vert tendre".

 C'est alors seulement que le nom Euchloae peut se définir par un coloris d'un vert peut-être plus beau (-eu) que le précédent.  

Par ailleurs, Hübner a également décrit l'espèce-type de ce Genre, son papilio ausonia dans le sammlung europäischer page 64 n° 12 avec une illustration dans le volume de Planches sous les n°582 et 583. La description est la suivante :

 Mattfleckiger Falter.  Die Flügel oben milchweiß, die oberen am Senenr ande kaum ein wenig gesprengelt, mit einem schwarzen Fleck und weißfleckiger, schwarzgrauer Spitze bezeichnet, die Unteren anscheinend graulich, und weiß gefleckt ; unten die Oberen vor der Spitze hell gelb gewölkt und dim Mitteraume mit einem mondförmigen weißgekernten schwarzen Fleck gezeichnet, die Unteren grün, gelb gemengt und mattweiß gefleckt. Heim : Italien. Syn. Pap. Belia Esp.

Papillon Tapis moucheté. Ailes supérieures blanc-lait, [...] Revers vert tacheté de jaune et blanc . Habite en: Italie. Synonyme Papilio. Belia Esper

 On voit que cette description n'insiste pas sur la couleur verte du revers des ailes inférieures, qui est juste signalée (grün).

E. ausonia Hübner Planche 113 (détail)n° 582 et 583 © BHL   


                                    Euchloae-ausonia-Hubner-583.png

En conclusion, l'interprétation admise par tous les auteurs pour le nom de genre Euchloe ,  ""beau vert tendre", du grec eu, "bon", "bien", et khloe, "couleur vert clair de la végétation printanière" ; allusion à la teinte du revers des ailes postérieures" ne se justifie avec certitude que grâce à l'appui de l'étude du nom Synchloea qui le précéde dans le Verzeichniß de Hübner.

 

 


 3.  Nom d'espèce :  E. crameri (Butler, 1869).

a) Description originale

        Euchloë crameri Butler, 1869 : Butler, Arthur Gardiner 1869. "Descriptions of species of Lepidoptera, confounded with others described by Linnaeus and Fabricius." The Entomologist's Monthly Magazine, London, 5: 270-273, page 271

 

Alae supra albae, da basin cinerae ; antica macula disco-cellulari, punctis minutis costalibus apiceque obscure cinereis, maculis tribus punctisque ciliaribus albis ; posticae immaculatae : corpus cinereum, prae-virescens, argento-hirtum ; antennae cinerae, albo-squamosae, puncto ad apicem clavae-fulvo.

Alae anticae subtus albae, maculâ disco-cellulari, pupillâ argenteâ punctisque costalibus nigris ; arca apicali olivaceo-viridi, maculas octo marginales, sub-argenteus, inaequales, limitante ; posticae olivaceo-virides, maculis plurimis inaequalibus argenteis ornatae ; corpus albido-viridescens.

 

Exp.alar.unc.1,lin.10S. Europe (obtained from Herr J.J. Becker)

 

c) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type  : Andalousie, Espagne, désignée par Rothschild, 1914 :Rothschild, W. 1914. A preliminary account of the lepidopterous fauna of Guelt-es-stel, Central Algeria. Novitates entomologicae, 21(4): 299-357.page 302.

— Selon Dupont & al. 2013,  Euchloe crameri est présent en Afrique du Nord, en Espagne, en France et le nord-est de l’Italie. Dans notre pays, l’espèce est principalement rencontrée en dessous de la latitude de Paris. Les chenilles se nourrissent sur diverses Brassicaceae.

— Selon Wikipédia, qui reprend Tolman et Lewington, La Piéride des biscutelles est un papillon blanc marqué de noir taché de blanc à l'extrémité de l'aile antérieure et d'une macule. Les ailes postérieures sont vert pâle (vert plus foncé sur le revers) tachées de blanc. Il vole d'avril à août, en une seule génération à éclosions échelonnées Les plantes hôtes sont principalement Biscutella laevigata et Iberis spathulata.

 

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

        Euchloe ausonia ausonia (Hübner, [1804])

Euchloe ausonia crameri Butler, 1869

Euchloe ausonia esperi auct. nec Kirby, 1871

Euchloe ausonia auct. nec Hübner, [1804]

Euchloë ausonia (Hübner, 1804)

Euchloe crameri crameri Butler, 1869

Euchloë crameri Butler, 1869

Papilio ausonia Hübner, 1804 : Hübner, J. [1799-1828]. I Horde, Phalanx I. Falter; Papiliones. in: Sammlung europaischer Schmetterlinge. Jacob Hübner, Augsburg. 3-74 page 64.

 & Illustration originale Hübner, J. [1799-1828] : I Horde, Phalanx I. Falter; Papiliones. in: Sammlung europaischer Schmetterlinge. Jacob Hübner, Augsburg. 3-74. 582, 583, Pl. 113

 

Sous-espèces :

      Tshikolovets retient quatre sous-espèces en Europe et dans le bassin méditerranéen :

- crameri Butler, 1869.

mauretanica Röber, 1907. Localité-type : Alger, Algérie.

- aegyptiaca Verity, 1910. Localité-type : Egypte.

sovinskyi Sheljuzhko, 1928. Localité-type : Astrakhān, Russie.


c) Origine et signification du nom  crameri.

        

 Les interprétations des étymologistes :

 

 — Hans-A. Hürter (1998) page 63.

Cramerus, i : latinisierter Eigenname ; wahrscheinlich.

Cramer, Pieter, gest. 1779. Er schrieb "die uitlandsche kapellen vorkomende in de drie waereld - dee Asia, Africa en America? 1779-1782." Da s Werk wurde in mehrere Sprachen übersetzt, auch ins Deutsch"

Happe, Andreas, Friedrich, akademischer naturalienmaler in Berlin, geb.1733, gest. 1802, "Abbildungen der Schmetterlinge aus den drei Weltheilen Asia, Afrika und Amerika. Aus der holländischer Ausgabe des Hrn. Cramer ins Deutsche übersetzt. berlin? 1783-84.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page  44 :

 crameri : genitif du patronyme latinisé Cramerus ; espèce dédiée à Pieter Cramer, entomologiste néerlandais (1721-1776 ou 1779).

— Perrein et al. (2012) page 163 :

 "Étymologie : en l'honneur de Pieter Cramer (1721-1776), entomologiste néerlandais.

— Arizzabalaga & al. (2012) :

Euchloe crameri Dedicada a P. Cramer, entomòleg alemany [sic] del XVIII s.  

 

Discussion : 

c1) Arthur Gardiner Butler (27 Juin 1844 à Chelsea, Londres - 28 Mai 1925 à Beckenham, Kent) était un entomologiste, ornithologue et arachnologiste anglais qui travailla au British Museum de 1863 à 1901 sur la taxonomie des oiseaux, des insectes et des araignées. En 1879, il devient conservateur adjoint du département des arthropodes et en 1895 du département d'entomologie. Il a été membre de la Société royale d'entomologie, de la Société linnéenne de Londres, et de la Société zoologique de Londres.Il est l'auteur de :

  • Monograph of the species of Charaxes, a genus of diurnal Lepidoptera. Proceedings of the Zoological Society of London 1865:622-639 (1866)
  • Catalogue of diurnal lepidoptera of the family Satyridae in the collection of the British Museum (1868)
  • Catalogue of Diurnal Lepidoptera Described by Fabricius in the Collection of the British Museum (1870)
  • Lepidoptera Exotica, or, Descriptions and illustrations of exotic lepidoptera (1869–1874)
  • Tropical Butterflies and Moths (1873)
  • Catalogue of the Lepidoptera of New Zealand (1874)
  • The butterflies of Malacca (1879).
  • "Catalogue of the butterflies of New Zealand"(1880)

Outre ces ouvrages, il faut signaler ses publications dans des revues scientifiques, qui firent de lui l'auteur de nombreux taxons : Le NMH recense 523 noms de genre de papillons ("butterflies and moths"). Simplement deux exemples outre celui de la description originale : 

— Butler, 1870. Entomologists Monthly Magazine 

—Butler, 1875. Annals and Magazine of Natural History. London : 4 genres, 5 espèces.

 

 

                                       220px-Arthur_Gardiner_Butler.jpg

c2) l'épithète crameri

La description originale de Butler donne l'indication expliquant qu'il ait baptisé son espèce Euchloë crameri. En effet, il lui donne comme référence "Papilio (D.C) Belia Cramer, Pap. exot., 4. Pl. 397 fig. A B (1782) but not of Linnaeus*."

L'astérisque renvoie à la note de bas de page suivante : * The ausonia of Hübner cannot stand for this species, but for Dr. Boisduval Simplonia.

Par cet épithète, Butler renvoie la paternité de E. crameri à Pieter Cramer 1782 et à sa description du papilio Belia. Non pas le Papilio belia Linnaeus, 1767 dont le Museum conserve un spécimen. et aussi  ici 

c3. Pieter Cramer.

 Wikipédia : "Pieter Cramer est un commerçant et un entomologiste hollandais, né le 21 mai 1721 à Amsterdam et mort le 28 septembre 1776 dans cette même ville. Ce marchand de laine espagnole, se passionne pour les insectes et constitue une importante collection notamment de papillons récoltés par les commerçants ou les colons hollandais au Surinam. Cramer souhaite pouvoir cataloguer sa collection, aussi engage-t-il le peintre Gerrit Wartenaar pour dessiner ses spécimens. Cramer demande aussi à Wartenaar d’illustrer les papillons détenus par d’autres collectionneurs dans les Pays-Bas.

Caspar Stoll (?-1795) trouvant la qualité de ses illustrations si bonne, qu’il encourage Cramer de publier une série de dessins. Commence alors la publication de Die uitlandische Kapellen voorkomende in de drie Waereld-Deelen Asia, Africa en America. Papillons exotiques des trois parties du monde l’Asie, l’Afrique et l’Amérique en 1775. Trente-quatre fascicules, regroupés en quatre volumes, paraissent jusqu’en 1779. Cramer meurt avant que la publication ne soit achevée, celle-ci est conduite à terme par Stoll qui fait également paraître un supplément en 1782.

De Uitlandsche Kapellen est une étape importante dans l’histoire de l’entomologie. Magnifiquement illustré par des gravures colorées à la main, il est le premier livre sur les papillons exotiques ordonné suivant le nouveau système développé par Carl von Linné (1707-1778). Plus de 1 650 espèces sont décrites, souvent pour la première fois."

 

L'ouvrage est consultable en ligne sur BHL. Il s'agit d'un texte bilingue néerlandais-français.

 http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/43777#/summary

le Papilio Belia est décrit page 225 du volume 4 :

 http://www.biodiversitylibrary.org/item/95058#page/450/mode/1up

Figure A. B. Belia. (Euchloe Belia) Ce papillon blanc Danaus ressemble à la femelle du Pap. Cardamines qui a été représentée par Rösel. Ins Tom 1, Pap. Diurn. Cl. 2 page 45. Tabl.8. Fig. 5.9 Mais quand on les compare exactement, on trouve que les extrémités des ailes supérieures sur les deux surfaces diffèrent beaucoup dans le dessein des taches noires, blanches et verdâtres, & de plus encore la tache noire du milieu de ces ailes varie très visiblement. Les ailes inférieures de la Fig. B ont aussi un dessein entièrement différent dans les taches vertes & leur fond blanc est comme d'un nacre de perle luisant. L'original avec lequel nous avons fait cette figure est une femelle, & je ne saurais dire si les Mâles ont aussi une tache couleur d'orange sur les ailes supérieures, comme celle du susmentionné Pap. Cardamines. En vertu de la description de Mr. Linnaeus, il faudrait conclure qu'il a eu devant soi un Mâle, et que les couleurs de son objet varient de celles de la Femelle que nous représentons ici. Elle a été prise à Smyrne, mais on la trouve pareillement sur la côte de Barbarie & dans la partie méridionale de la France en Provence & au Languedoc. Mr. C. Van Lennep échevin et conseiller de cette ville, me l'a prêtée, pour la faire dessiner.

 

Linn. Syst. nat. Page 761 n° 84, Pap. Dan. Cand.   Ernst & Engramelle Pap. d'Europe Cahier V. Pl. 52. Fig.108 C.D.  

 

 

Cramer, Buitenlandse vlinders. Planche 397.


n449_w481

 

c.4. origine du nom belia.

Selon Ochsenheimer et Spuler, repris pas Hürter, belia vient du village de Sain-Bel, commune du département du Rhône. Pourtant, Linné lorsqu'il crée cet épithète en 1767 (Syst. nat. p.767 n° 84)  signale que cette espèce habite "in Barbaria. Brander.", c'est-à-dire en Afrique du Nord.(Mauritanie ? Linné a nommé un papillon Maura parce qu'il l'avait reçu de Mauritanie envoyé par Brander). Barbaria signifie plutôt Alger, Erik Brander annobli en Skjöldebrand (1720-1814) correspondant de Linné étant consul de Suède auprès du Bey d'Alger. Il est difficile de penser que Linné connaisse ce village français, et qu'il possède une quelconque raison d'en donner le nom à un papillon d'Alger. 


Ambiguïtés de la taxonomie actuelle.

En 2007, G. Luquet écrivait dans Doux et Gibeaux (2007) en note de bas de page du nom Euchloe crameri :

 "Une ambiguïté persiste dans la dénomination des espèces du genre Euchloe. Hübner, en 1804, a décrit Euchloe ausonia (localité-type : nord de l'Italie). Boisduval, en 1828, publia Euchloe simplonia (localité-type : col du Simplon, reliant la Suisse à l'Italie du Nord) à l'aide d'une simple figure et d'un nom, puis sous la forme d'une description détaillée en 1832. De son coté Freyer, en 1929, décrivit un Euchloe simplonia distinct de celui de Boisduval. Enfin Butler, en 1869, publia Euchloe crameri (localité-type : Espagne).

E. crameri est une espèce atlanto-méditerranéenne de plaine connue de France, d'Espagne et d'Afrique du Nord (Maroc). E. simplonia est une espèce de haute montagne (alpine), connue de France, de Suisse, d'Autriche et d'Italie du Nord. Quant à E. ausonia, il s'agit d'une espèce de plaine à répartition orientale connue d'Italie, de Slovénie, de Croatie, de Bosnie-Herzégovine, de Serbie-Monténégro, de Macédoine, de Grèce et de Turquie."

 

En 2013, Dupont & al. (dont G.C. Luquet) écrivaient :

 

 En raison de l’imbroglio nomenclatorial qui régnait dans le courant des années quatre-vingt dans ce groupe  d’Euchloe sensu lato, les noms scientifiques utilisés dans le travail de l’un d’entre nous (Luquet, 1986 : [11])  pour les deux espèces présentes en France continentale y sont traités selon la conception « officielle » de l’époque, de sorte que les noms français y paraissent intervertis. Dans le travail concerné, le n°74 (« Euchloe ausonia Hb. ») correspond à l’espèce de haute montagne décrite du Simplon (l’actuel Euchloe simplonia Boisduval, la « Piéride du Simplon », « Piéride de la Roquette » ou « Piéride de la Rondotte »), tandis que le n°75  (« Euchloe simplonia Bsdv. », in errore pro « Freyer ») se rapporte à l’espèce planitiaire (l’actuel Euchloe crameri Butler, la « Piéride des Biscutelles » ou le « Criblé-de-nacre »). La confusion des deux taxa dans de nombreux travaux anciens rend nécessaire une révision critique des divers noms français utilisés dans ces travaux.  


              III. Noms vernaculaires.

 

Je viens d'évoquer la complexité de la taxonomie actuelle. Cela n'est rien par rapport à la situation dans laquelle les entomologistes se sont débattus depuis la publication de Linné en 1767 de son papilio Belia, et depuis les publications de Cramer 1782, Hübner [1819], Esper, Fabricius, ou Ochsenheimer. Il faudrait être plus qualifié que moi pour démêler cet écheveau. Certes, mon propos se limite à l'histoire des noms de papillons ; mais comment tracer les filiations qui assurent que telle espèce a jadis été nommée X, puis ensuite Y, et enfin Z, lorsque se multiplient des synonymies concurrentes, des X', X'', X''' et Z'''" où  nulle poule ne retrouverait sa brebis ? je me contente ici de suivre les quelques fils qu'Ariane a placé dans cette pelote. Ainsi, Cramer a indiqué pour son papilio belia une référence  chez Engramelle ; elle me servira de point de départ. C'est une façon comme une autre de raconter un roman où toute "vérité " est illusoire. Il est certain que l'Aurore de Provence est apparu à Cramer comme l'un des noms antérieurs de l'espèce qu'il décrivait ; Puis que Godart a modifié cette attribution.

 

Rappel des noms vernaculaires actuels:

Sous-famille des Pierinae Duponchel, 1835 : [Piérines : Piérides et Aurores].

Tribu des Anthocharini Scudder, 1889

—Genre Anthocharis Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, 1833

  • Anthocharis euphenoides Staudinger, 1869  Aurore de Provence.

  • A. belia Aurore de Barbarie

— Genre Euchloe Hübner, [1819]
  • Euchloe crameri Butler, 1869. Piéride des Biscutelles 

  • Euchloe simplonia (Boisduval, 1832)  Piéride du Simplon.

  • E. ausonia (Hübner 1803) Piéride de la Roquette ou Marbré oriental

 


I. Les Noms français. 

 

1. [L'Aurore de Provence],  Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 2   page 220 planche LII n°108 dessinée par  J.J Ernst .  

        Voilà donc la référence donnée par Cramer pour son P. belia. "L'Aurore de Provence" est actuellement le nom vernaculaire attribué par Luquet à Anthocharis euphenoides. Staudinger, 1869. En sachant que selon Dupont & al. (2013) "Leraut et d’autres auteurs rétrogradent euphenoides au rang de sous-espèce de belia Linnaeus, 1767 (localité-type : Algérie). Cette espèce est présente dans la péninsule Ibérique, le sud de la France et l’Italie. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Biscutelles.

        Engramelle, dans sa description, donne pour son spécimen des références vers le papilio eupheno de Linné, (SN XII p.762) de Esper et de Mullers

 

 

2.  [Piéride Eupheno, Piéride Belia,] Piéride ausonia , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Entomologie, ou Histoire naturelle Paris : Vve Agasse tome 9, page 126-128 .

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

N° 23 Piéride Eupheno = eupheno de Linné et belia Linn. (la femelle) = Aurore de Provence Engr.

n°24 Piéride Belia = belia de Cramer

n° 25 Piéride ausonia = ausonia Hübner.

 

3. [Piéride Euphéno, Piéride Bélia,] Piéride ausoniaGodart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821,  peinte par Vauthier et gravée par Lanvin.

Piéride Euphéno XII page 43 =P. eupheno & p. belia Linn. = P. eupheno Fabricius, Ochsenheimer, Esper, Hübner. = L'Aurore de Provence Engr.

"Linné a fait de cette espèce deux espèces différentes, en donnant le mâle sous le nom d'Eupheno, et la femelle sous celui de belia".

— Piéride Bélia XIII page 46 = P. belia Esper Tab. 92 fig.1 = P. belia Hübner fig. 417-418 = P.belia Cramer. 

Piéride Ausonia XIV page 48 = P. ausonia Illig. et Ochsen. =P. belia Esper tab. 94 fig.1 = P. belia Hübner fig.416 =  P. ausonia Hübner 482-483.

         

 

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5. Pieris Simplonia

Jean Alphonse Boisduval Icones historique des lépidoptères nouveaux ou peu connus ..., Volume 1 page 24 Pl.5 fig.4 , 5, 6.

Je place cette référence ici bien qu'il ne s'agisse pas d'un nom vernaculaire.


6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986 et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait page 11 n° 75 comme nom principal de Euchloe simplonia Bsdv. [sic, cf. supra "ambiguïtés.."] deux de ses créations, "La Pièride des Biscutelles" ainsi que "Le Criblé-de-nacre", puis il acceptait aussi "La Piéride alpine" utilisée par Rappaz. Il réfutait par contre "L'Aurore bélia" (avec une note 31) de J.P. Vanden Eeckhoudt (1965) et la "Piéride Bélia" de J.B. Godart (1821).

Note 31 :

Le nom d'"Aurore bélia" doit être totalement prohibé pour Euchloe simplonia. Primo, cette espèce n'est pas une "Aurore" ; secundo, ce nom prête à confusion, car il évoque Anthocharis belia [Linné, 1767]; tertio, le nom n'est que partiellement francisé, et ne peut donc être considéré comme un véritable nom vernaculaire".


 

 

7. L'étude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page  44 :

— "Biscutelle : Biscutella laevigata, la lunetière lisse (Brassicae), plante nourricière de la chenille."

—"Criblé-de-nacre : allusion aux nombreuses petites taches blanches du revers des ailes postérieures, qui présentent souvent en première génération des irisations nacrées."

La Biscutelle commune ou Lunetière lisse Biscutella laevigata L., 1771 (Wikipédia):

 Étymologie : Du latin bis « double » et scutella « écuelle », allusion au fruit en forme de paire de lunettes. Quant à laevigata, il signifie (en latin )« poli, lisse » (wwwfleursdusud.fr)

 

 

                           alt=Description de cette image, également commentée ci-après

 

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Euchloe belia Cramer dans leur texte page 57, sans nom vernaculaire. 

 

—Doux & Gibeaux 2007 : "La Piéride des Biscutelles".

— Lafranchis, 2000 : "La Piéride des Biscutelles" .

— Perrein et al. 2012 : "Piéride des Biscutelles, Marbré de Cramer. "dit aussi le Criblé-de-nacre" ".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Marbré de Cramer"..

— Wikipédia : " La Piéride des biscutelles ou Piéride de la roquette ou Criblé-de-nacre ou Piéride de Simplon ou Marbré de Freyer ".


 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  • "Westelijk marmerwitje" en néerlandais
  • "Westlicher Gesprenkelter Weißling" en allemand
  • "Białawiec zachodni" en polonais
  • "Western Dappled White" en anglais
  •  "Blanquiverdosa Moteada" en espagnol
  • "Marbrada comuna" en catalan : "Pel revers de les ales posteriors, marbrejat, i perquè és la més comuna del gènere"  

 L'espèce n'est pas observée dans les ïles Britanniques.      

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

        

            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : Euchloe

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Euchloe crameri

— UK Butterflies : Euchloe simplonia

— lepiforum : Euchloe crameri

— jardinsauvage.fr : Euchloe crameri

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  accueil ->Lepidoptera -> Pieridae -> E. simplonia et E. ausonia  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :

ARRIZABALAGA (Antoni ) & al. 2012   "Proposta de noms comuns per a les papallones diürnes (ropalòcers) catalanes",  Butll. Soc. Cat. Lep., 103: 5-28. En ligne 

 

http://www.museugranollersciencies.org/uploads/arrizabalaga-et-al-butlleti-103.pdf 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

— Numen. The Latin lexicon :  http://latinlexicon.org/index.php

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— ALDROVANDI (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae) 1602 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248 ou Gottingen

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BILLBERG (Gustav John) : Enumeratio insectorum in Museo Gust. Joh. Billberg ,[Stockholm] :Typis Gadelianis, 138 p. http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

— BRIDGES (Charles A.) 1993 Bibliography (Lepidoptera: Rhopalocera)  2nd ed. C.A. Bridges in Urbana, Ill . Archiv.org. 

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— DALE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 Archiv.org.

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

— ESPER (Eugenius Johannes Christian) Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur / mit Beschreibungen, herausgegeben mit Zusätzen von Toussaint von Charpentier. Leipzig : T.O. Weigel, [1776-1807 /1829-1839] En ligne BHL.

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http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

Tutt vol.1 1906 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof08tutt#page/n8/mode/1up

Tutt vol.2 1908 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof09tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v3 1909 :http://archive.org/stream/naturalhistoryof10tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

 

                                          


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:05

Zoonymie (étude du nom) du papillon le Damier de la Succise Euphydrias aurinia Rottemburg, 1775.

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

Résumé. 

 

Euphydryas Scudder, 1872 : du grec euphuês, "de bon goût, élégant" (qui a donné l'euphuisme, style littéraire précieux de l'Angleterre élisabethaine)  , et druas, druados, "dryade",  nymphe des bois, du grec ancien Δρυάδες / druádes, de δρῦς / drũs, qui signifie « chêne ».

Aurinia , (Rottemburg 1775) :  du nom d'une prophétesse vénérée en Germanie comme le rapporte Tacite (De Germania VIII,2). Elle est citée par Tacite avec Veleda, autre prophétesse germanique, et Rottemburg créa, dans le même article où il décrit aurinia, un Papilio velleda.

— "Le Damier de la Succise" est le nom créé par G. Luquet en 1986 en accolant à "Damier", choisi comme nom de groupe pour les  Euphydryas, celui d'une des plantes-hôtes, Succisa pratensis. Rottemburg avait décrit aurinia à partir d’une variété de Papilio cinxia décrite  par Geoffroy (1762) sous le nom de "Damier", pour décrire évidemment l'aspect réticulé noir sur fond fauve. Engramelle avait suivi en 1779 avec "Le Petit Damier à taches fauves". Le papillon avait été nommé Papilio artemis par le viennois Schiffermüller en 1775, et les auteurs français du XIXe siècle utilisèrent les formes vernaculaires d'"Argynne Artémis" (Godart, 1819) et de "Mélitée Artémis "(Lucas, 1834).

               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

 

a) Famille des Nymphalidae (Les Nymphalides).

Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833]

Tribu des Danaini Boisduval, [1833]

Sous-tribu des Danaina Boisduval, [1833]

Tribu des Neptini Newman, 1870

Tribu des Limenitidini Butler, 1870

  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822

Tribu des Argynnini Swainson, 1833

Sous-tribu des Boloriina Warren, dos Passos & Grey, 1946

Sous-tribu des Argynnina Swainson, 1833

  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840

 

  • Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827

Tribu des Nymphalini Swainson, 1827

Tribu des Melitaeini Newman, 1870

Sous-tribu des Euphydryina Higgins, 1978

Sous-tribu des Melitaeina Newman, 1870

Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886

Tribu des Charaxini Doherty, 1886

  • Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

Tribu des Satyrini Boisduval, [1833]

Sous-tribu des Parargina Tutt, 1896

Sous-tribu des Coenonymphina Tutt, 1896

Sous-tribu des Melanargiina Wheeler, 1903

Sous-tribu des Maniolina Grote, 1897

Sous-tribu des Erebiina Tutt, 1896

 

Sous-tribu des Satyrina Boisduval,  

b) Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827 (Les Nymphalines).

c) Tribu des Melitaeini Newman, 1870 (les Mélitées).

d) Sous-tribu des Euphydryina Higgins, 1978 (les Damiers)

  Un seul genre en France : Euphydryas Scudder, 1872

 

    

2. Nom de genre : Euphydryas, Scudder 1872.

 

a) Description originale : 

      Euphydryas Scudder, "A systematic Revision of some of the American Butterflies ; with brief notes on those known to occur in Essex County. Mass." 4th Annual Report of the Peabody Academy of Sciences (1871), Salem, 1872 page 48.

 

— Type spécifique: désignée par Scudder en 1872 : papilio phaeton Dury [1773], espèce nord-américaine.

— Description : 

— Ce genre renferme deux sous-genres en France

 a) Sous-genre Hypodryas Higgins, 1978

  • Euphydryas cynthia ([Denis & Schiffermüller], 1775). Damier de l’Alchémille.
  • Euphydryas maturna (Linnaeus, 1758). Damier du Frêne.
  • Euphydryas intermedia (Boisduval, 1833). Damier du Chèvrefeuille.
  • Euphydryas intermedia wolfensbergeri Frey, 1880.

b) Sous-genre Eurodryas Higgins, 1978

  • Euphydryas aurinia (Rottemburg, 1775). Damier de la Succise.
  • Euphydryas desfontainii (Godart, 1819). Damier des Knauties.

 

 Origine et signification du nom Euphydryas.

—A. Maitland Emmet (1991) page 155, étudiant le zoonyme Eurodryas Higgins, 1978 : 

 _ ενφυης (Euphuês), of goody shape ; Δρυας, (Druas), a Dryad or Nymph.

— Hans A. Hürter (1998) : 

 

—Doux et Gibeaux (2007) page 162 :

du grec eúphuès, "allure gracieuse", et dryas, "dryade" (ou nymphe des bois).

— Perrein et al. (2012) page 426:

du grec euphuês, "de bon goût, élégant", et druas, druados, nymphe des bois ou dryade (voir Minois dryas).

 

 

 

 

 

 3.  Nom d'espèce : Euphydryas aurinia (Rottemburg, 1775) 

a) Description originale

Protonyme Papilio aurinia Rottemburg, S. A. Von. 1775. "Anmerkungen zu den Hufnagelischen Tabellen der Schmetterlinge. Erste Abtheilung." Der Naturforscher, J.J Gebauer Halle  6: 1-34, page 5.

— Description :

"Des Geoffroy vierte Varietät nemme ich endlich Pap. Aurinia."

En effet, Rottemburg démembre à juste titre les quatre variétés que Geoffroy avait décrites en 1762 sous le seul nom de Damier comme des variétés de papilio Cinxia de Linné : il laisse à sa variété A le nom de Papilio cinxia, nomme sa variété B papilio Athalia, nomme sa variété C le papilio pilosellae et nomme enfin sa variété D Papilio aurinia.

  

 

— références données : Geoffroy 1762, Damier variété D.

— Localité-type : environs de Paris : Rottemburg décrit aurinia à partir d’une variété de Papilio cinxia décrite des environs de Paris par Geoffroy (1762). Cette espèce est présente dans toute la région paléarctique. Elle est signalée dans toute la France.

— Plantes-hôtes : voir sous-espèces infra.

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

 

  • Euphydryas aurinia aurinia (Rottemburg, 1775)

  • Euphydryas aurinia beckeri (Lederer, 1853)

  • Euphydryas aurinia debilis (Oberthür, 1909)

  • Euphydryas aurinia glaciegenita (Verity, 1928)

  • Euphydryas aurinia provincialis (Boisduval, [1828])

  • Euphydryas aurinia pyrenesdebilis (Verity, 1928)

  • Euphydryas aurinia salveyrei Mazel, 1982

  • Eurodryas aurinia (Rottemburg, 1775)

  • Melitaea artemis beckeri Lederer, 1853

  • Melitaea artemis debilis Oberthür, 1909

  • Melitaea artemis provincialis Boisduval, [1928]

  • Melitaea aurinia glaciegenita Verity, 1928

  • Melitaea aurinia pyrenesdebilis Verity, 1928

  • Melitaea aurinia valentini Nitsche, 1928

  • Melitaea beckeri Herrich-Schäffer, 1851

  • Melitaea debilis Oberthür, 1909

  • Melitaea glaciegenita Verity, 1928

  • Melitaea provincialis Boisduval, [1828]

  • Melitaea valentini Nitsche, 1928

  • Mellicta aurigna (Rottemburg, 1775)

  • Papilio aurinia Rottemburg, 1775

  • Papilio merope Prunner, 1798

 

Références bibliographiques INPN

  •  Herrich-Schäffer, G. A. W. 1851-[1852]. Systematische Bearbeitung der Schmetterlinge von Europa, Zugleich als Text, Revision und Supplement zu Jacob Hubner’s Sammlung europäischer Schmetterlinge. Erster band. Die Tagfalter. Regensburg. 164 pp page 22.

  • Higgins, L. G. 1978. "A revision of the genus Euphydryas Scudder (Lepidoptera: Nymphalidae)". The Entomologist's Gazette, 29(3): 109-115. page 114

  • Papilio merope Prunner, 1798 :  Prunner, L. (de) 1798. Lepidoptera Pedemontana illustrata. Augusta Taurinorum. (Guaita). 124 pp. page 73         [http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/reference?id=2129]

 

 

Sous-espèces :

 Leraut cité par Dupont et al. (2013)  retient la présence de  quatre sous-espèces en France : 

- aurinia Rottemburg, 1775.  Dupont et al. (2013) précisent, dans la description de la lignée liée au taxon aurinia Rottemburg, 1775 (localité-type : Paris) " Cette sous-espèce est  observée en France, Belgique, Pays-Bas, Suisse, Allemagne (sauf nord-est) et à l’extrême ouest de la République Tchèque. La zone-refuge au cours du dernier maximum glaciaire était vraisemblablement  localisée dans le sud des Pyrénées au niveau du bassin de l’Ebre. En France, la limite altitudinale se situe entre 1500 et 2000 m dans les Alpes et les Pyrénées. Les plante-hôtes principales sont Succisa pratensis Moench et Knautia arvensis (L.), mais les femelles pondent aussi sur Gentiana cruciata L., Scabiosa columbaria L. et différentes espèces de Chèvrefeuilles. Il existe un écotype des milieux humides et un écotype des milieux mésophiles à méso-xérophile. Ce taxon est présent dans toute la France."

- beckeri Lederer, 1853. Localité-type : Barcelone, Espagne. FAUNA EUROPAEA mentionne à tort  HERRICH-SCHÄFFER, 1851, en tant qu’auteur de ce taxon. La paternité en revient à LEDERER, 1853, qui décrit beckeri à l’appui des figures 569 et 570 d’HERRICH-SCHÄFFER, 1851. Ce taxon est considéré par certains auteurs comme une espèce distincte, notamment par GARCIA-BARROS (2003). Melitaea artemis beckeri Lederer, 1853 : Lederer (1853) :   Lederer, J. 1853. Versuch die europaïschen Lepidopteren (einschliessig del ihren habitus nach noch zur europaïsche fauna gehörigen arten Labradors, der asiatisches Turkei une der asiatischen Russlands) in möglichst natürliche reihenfolge zu stellen, nebst bemerkungen zu einigen familien und arten. 1. Abtheilung : Die Rhopaloceren. Abhandlungen des Zoologisch-Botanischen Gesellschaft in Wien, 2: 14-54. page 39 [http://www.biodiversitylibrary.org/page/11936736]

- debilis Oberthür, 1909. Localité-type : Larche, Alpes de Haute-Provence. Les plantes hôtes de ce taxon sont principalement des Gentianes mais aussi Succisa pratensisMelitaea artemis debilis Oberthür, C. 1909. Etudes de lépidoptérologie comparée. Fascicule III. Imprimerie Oberthür, Rennes. 415 pp. page 225 [http://biodiversitylibrary.org/page/10510094]

 

- provincialis Boisduval, 1828. Localité-type : Provence . La plante hôte principale est Cephalaria leucantha. Boisduval, J.-B. A. [1928] (1829). Europaeorum Lepidopterorum Index Methodicus. Paris. 103 pp. page 17

      Dupont et al. décrivent les lignées génétiques suivantes : aurinia Rottemburg, 1775, beckeri Lederer, 1853, debilis Oberthür, 1909, glaciegenita Verity, 1928, provincialis Boisduval, 1828, pyrenesdebilis Verity (les plantes hôtes de ce taxon sont principalement des Gentianes mais aussi Succisa pratensis) , 1928 et salvayrei Mazel, 1982 ( La plante-hôte de salvayrei est Cephalaria leucantha (L.)):

- Melitaea aurinia glaciegenita Verity, 1928 : Verity (1928) : Verity, R. 1928. "An essay on the origins of the geographical variations of the Rhopalocera in Europe exemplified by Melitaea aurinia, Rott".The Entomologist's record and journal of variation, 40(3): 41-45. page 43 [http://www.biodiversitylibrary.org/page/30202904]

-Melitaea aurinia pyrenesdebilis Verity, 1928  Verity, R. 1928. "An essay on the origins of the geographical variations of the Rhopalocera in Europe exemplified by Melitaea aurinia, Rott." The Entomologist's record and journal of variation, 40(6): 86-91. page 90  [http://www.biodiversitylibrary.org/page/30202999]

 


c) Origine et signification du nom aurinia. 

 

 Les interprétations des étymologistes :

 

— A. Maitland Emmet (1991) page 155:

 — the name of a prophetess revered by the ancient Germains and mentioned by Tacitus.

—Arnold Spuler (1908)  page 21 r 

 von aurum Gold, die Goldige; bei Tacitus Name einer Wahrsagerin d. alt. Deutschen.

 — August Janssen (1980) page 40

naam van een godin van de Germanen

"Nom d'une déesse des Germains"

—  Gustav Ramann (1870-1876), page 66.

ist ein Name, der gutes Gehör habend, bedeutet.

"Est un nom qui signifie "avoir une bonne oreille"."

— Anton Spannert (1888), page 35 :

ein Beiname der saturnia, von auron Gold stammend ; er deutet auf das goldene Zeitalter hin, das unter ihr und ihrem Gemahl Saturnius blühte.

— Doux et Gibeaux (2000) page 162:

Allusion à Aurinia, une prophétesse révérée par les anciens germains et mentionnée par Tacite (Spuler, 1901-1908 :21 ; Emmet, 1991 : 155) ; ou bien, mot forgé sur la latin aurum, "or" ; littéralement, "la Dorée" (Spuler, loc. cit.)

— Perrein et al. (2012) page 426 :

d'Aurinia, nom d'une prophétesse révérée par les anciens Germains et mentionnée par Tacite, d'après Emmet (1991).

— Hans-A. Hürter (1998) :

Mit Gold unmittelbar hat der Name aurinia sicherlich nichts zu tun, mit dem Gehör, wie Ramann meint, ebensowenig. Am nächstliegenden dürfte sein, dass Rottemburg 1775 entwerden den alten Namen der Stadt Saturnia im Sinn hatte oder den Beinamen der Juno (Hera) , oder die weissagende Frau aus Tacitus' "Germania". Auch hier dürfte Spuler der richtigen Fährte gefolgt sein.

 

     " Le nom aurinia n'a certainement rien à voir directement  avec l'or, pas plus qu'avec l'audition comme le pensait Ramann. Il est plus vraisemblable que Rottemburg avait en tête  l'ancien nom de la ville Saturnia*, ou le nom de Junon (Héra), ou la femme prophétique de la «Germania» de Tacite. Encore une fois, c'est Spuler qui est susceptible d'être sur la bonne voie."

* selon Pauly citant Pline II.52, Aurinia est le nom ancien de la ville de Saturnia en Étrurie. Plus précisément selon Diderot et son Encyclopédie : 

 SATURNIA Colonia, (Géog. anc.) ville d'Italie, dans l'Etrurie de Calétra, suivant ce passage de Tite - Live, l. XXXIX. c. lv. Saturnia colonia civium romanorum in agrum Caletranum deducta. On ignore si Calétra subsistoit alors, ou si elle étoit détruite. On prétend que les ruines de la ville Saturnia, se voyoient encore dans le dernier siecle, & Léander dit qu'on les nomme saturniana. Au lieu de Saturnia colonia, Ptolomée, l. III. c. j. écrit Saturniana colonia, & il la place dans les terres. Les habitans de cette ville sont appellés saturnini par Pline, l. III. c. v. & il ajoute qu'auparavant on les nommoit aurinini; ce qui fait conjecturer à Cellarius, Géog. ant. l. II. c. ix. que l'ancien nom de la ville étoit Aurinia. Encyclopédie (D. J.)

 


 Discussion : 

      Il est d'autant plus probable, voire certain, que Rottemburg emploie le nom d'Aurinia en pensant à l'ancienne prophètesse germaine citée par Tacite, qu'il crée plus loin le nom de Velleda (Der Naturforscher page 17) : or, ces deux noms vont de pair comme noms d'anciennes femmes de Germanie vénérées pour leurs pouvoirs de divination. ; et elles ne sont connues que par le livre de Tacite, qui les cite ensemble. 

  Rottemburg démembre  les quatre variétés que Geoffroy avait décrites en 1762 sous le seul nom de Damier comme des variétés de papilio Cinxia de Linné : il laisse à sa variété A le nom de Papilio cinxia, nomme sa variété B papilio Athalia,  sa variété C le papilio pilosella et nomme enfin sa variété D Papilio aurinia. Son nom est donc placé sous l'égide du nom "cinxia" de Linné (une épithète de Junon), mais ses créations d'Athalia, de pilosellae et de Aurinia n'ont guère de cohérence interne. Trouverons-nous cette cohérence si on étudie l'onomastique propre à Rottemburg (les noms qu'il a créé) ? On relève (Liste animalbase) :

  • actéon : mythologie grecque
  • alciphron : rhéteur et auteur de correspondances fictives grec du IIe siècle 
  • alexis : poésie bucolique de Virgile
  • arcas : Dans la mythologie grecque, Arcas est le fils de Zeus et de Callisto
  • aurinia : femme germanique citée par Tacite, et souvent associée à Velleda.
  • bellargus 
  • chiron : centaure de la mythologie grecque
  • cinxia : épithète de Junon "à la ceinture"
  • cyllarus : centaure de la mythologie grecque
  • diomedes : roi d'Argos en Grèce.
  • doryllas : dorylas, Centaure tué par Thésée.
  • euridice : aimée d'Orphée, mais titre aussi d'opéras.
  • géryon : un Géant que combattit Héracles.
  • icarus : Icare, fils de Dédale
  • ino : fille de Cadmos et d'Harmonie
  • Lycaon : roi d'Arcadie
  • phocas : empereur byzantin du VIIe siècle.
  • pilosellae : plante
  • semiargus
  • thetis : néréïde
  • tiphon : génie malfaisant 
  • tiresias : devin aveugle de Thèbes
  • tisiphone : l'une des Erynies.
  • velleda  :  vierge prophétesse celte ou germanique (völva) du temps de Vespasien. Citée par Tacite Livre IV.

La plupart de ces noms sont tirés de la mythologie grecque, mais on y trouve des intrus comme Alciphron, Phocas , et les deux héroïnes germaniques Aurinia et Velleda. 

 

Aurinia est citée avec Velleda dans le livre VIII de La Germanie (ou en latin De Origine et Situ Germanorum), "court traité de l'historien romain Tacite écrit aux alentours de l'an 98 et consacré aux peuplades germaniques vivant au-delà des frontières de l'Empire romain" (Wikipédia) :

 VIII 2 : Les Germains vont jusqu'à attribuer aux femmes un caractère que je dirais sacré et des aptitudes à la divination. Ils ne dédaignent pas leurs avis et ne se montrent guère indifférents à leurs oracles. Souvenons-nous de Véléda sous le règne du divin Vespasien ! Beaucoup l'ont tenue longtemps pour une divinité. Mais avant elle, ils ont aussi vénéré Aurinia et bien d'autres encore. Ce n'était pas par flagornerie ni dans l'idée d'en faire des déesses.

Cette traduction de l'Université de Louvain est accompagnée des notes suivantes :

Aurinia (VIII 2). Elle n'est pas autrement connue. Son prénom est celtique, comme c'était souvent le cas chez les Germains. Des manuscrits présentent la variante Albrinia que certains auteurs d'éditions critiques, tel Perret, préfèrent. On y voit une altération d' Albruna, "amie en laquelle les elfes ont mis leur confiance".

Véléda (VIII 2). Elle appartenait à la tribu des Bructères. Cf. XXXIII 1. Tacite lui fait jouer dans le soulèvement de Civilis (69-70 P.C) un rôle au moins aussi important que ce dernier. Cf. Hist IV 61, 3-5; 65, 7-9 ; V 22, 9; 24, 2. Un bref extrait de Stace (Silv. I 4, 90) permet d'établir que Véléda, prisonnière en 77 ou 78 du général romain C. Rutilius Gallicus, fut amenée à Rome, où elle vécut, semble-t-il, quelques années.

On lit aussi que le mot Alrune ( dans Tacite Aurinia) vient probablement, dit Sprengel, de runa, qui chez Ulfilas veut dire secret, et qui a un rapport évident avec le suédois rœna.

Rottemburg lisait-il Tacite, ou a-t-il trouvé ces noms dans une compilation (le Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins de François Sabbathier Paris 1768 cite Athalia et Aurinia mais non Veleda), ou dans un article d'un journal ?

En 1756 était paru un ouvrage de Jean-Christophe Dommerich (1723-1767), "De Aurinia et Veleda, feminis Germanorum fatidicis, ad Taciti Germ. c. VIII "...Ce livre d'un recteur d'école à Wolfenbüttel était édité à "Wolfenbuttelum : Bindseil," mais un autre ouvrage* du même auteur fut publiée à Halle par Francke.Or, on se rappelle que la revue Der Naturforscher était éditée à Halle-sur-Saale en Basse-Saxe, haut-lieu culturel et scientifique avec la Leopoldina.

*, M. Johan Christoph Dommerichs Rectors der Herzogl. Schule zu Wolfenbüttel, Subpriors des Klosters Riddagshausen, Adjunctus der philosophiischen Facultät auf der Julius Carls Academie, und Ehrenmitgliedes der latein. Geselschaft in Jena, und der Königl. Deutschen zu Göttingen schriftmäßige Gedanken von der Salbung des Erlösers der Menschen

 A noter, pour ouvrir une fausse piste, qu'on trouve en botanique le nom de Aurinia saxatilis , la "Corbeille d'or".


En conclusion, l'indice du zoonyme Velleda Rottemburg,1775 créé dans la même publication indique que son papilio Aurinia prend bien le nom d'une ancienne prophètesse vénérée en Germanie comme le rapporte Tacite (De Germania VIII,2). Mais la justification de ce nom reste ignorée, bien qu'il honore, comme cinxia, comme artemis, des femmes ou déesses de l'antiquité, et, comme athalia, des héroïnes célèbres de la scène théâtrale ou lyrique.

  

 

 

 II.  Archéo-taxonomie.

1. Le genre.

      Melitaea


2. L'épithète spécifique.

      Melitaea artemis Hübner pour Oberthür ou Melitaea aurinia Rott. sont des dénominations utilisées du XIXe au XXe siècle.

 

Découverte de la chenille.

      Je n'ai pas encore pu préciser l'auteur et la date de la découverte, tardive, de la chenille.

              III. Noms vernaculaires.

 


I. Les Noms français. 

 

1. Le Damier Geoffroy, 1762.

 Geoffroy, E. L. 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome II. Durand, Paris. 690 pp. page 45 n°12

Le Damier [en 1785 édition Fourcroy Papilio cinxia]. Quatre variétés A, B, C et D :

 

Variété D : Papilio alis dentatis fulvis nigro reticulatis & punctatis, utrinque fasciis tribus flavis.

La quatrième [variété] a les mailles de la seconde ety les points de la troisième, et outre cela trois bandes jaunes transverses sur les quatre ailes, tant en dessus qu'en dessous ; le reste de ses ailes est fauve.

C'est  cette variété D que Ruttemburg nommera Papilio aurinia en 1775.


 2. Le Le Petit Damier à taches fauves Engramelle, 1779.

— Jacques Louis Florentin Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 64 n°17 fig. 28 a-b par  J.J Ernst gravée par Ransonnette.  

 

— Jacques Louis Florentin Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 319 3ème supplément planche 3 fig. 28 c par  J.J Ernst gravée par Ransonnette.  

 

 3. L'Argynne Artémis, Argynnis Artemis , Latreille et Godart 1819

 Latreille & Godart, Encyclopédie Méthodique. Histoire naturelle Entomologie, ou histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes Encyclopédie Méthodique Paris : Vve Agasse 9 (1): 3-328 (1819) page 285.  et (2): 329-828 ([1824]) 

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

      Les auteurs font d'abord, sans souci d'antériorité, référence au Papilio artemis de Fabricius 1787, Mantissa insectorum 2, page 61 n°579 et Entomologia syst. 1793. Fabricius signalait pourtant que Papilio artemis avait été décrit avant lui en 1775 par Denis et Schiffermüller dans leur catalogue viennois en addendum de leur famille L des Scheckichte Falter page 322

Le Wiener Verzeichnis de Schiffermüller est daté de 1775 et publié avant septembre 1775. L'article de Rottemburg dans le Naturforscher date de 1775 également, mais la Commission Internationale de Nomenclature Zoologique  ICZN a estimé dans son Opinion 516 que "the name Papilio artemis is a primary junior homonym of Papilio artemis Drury, 1773 ; it is a junior subjectif synonym of papilio aurinia of Rottemburg, 1775". En effet, l'ordre de priorité des travaux de 1775 est la suivante : Fabricius 1775 - Rottemburg 1775 - Fueßlin 1775 - [Denis & Schiffermüller] 1775 - Cramer 1775 (Cramer 1779). Ce nom avait été employé par Drury (Illustration of natural history pl. X page 17, nom cité dans le sommaire) en 1773 pour un tout autre papillon, et sous la forme arthemis. Voir Limenitis arthemis (Drury, 1773)

Le nom de Papilio artemis a été repris par Hübner, Illiger, Ochsenhauser. latreille et Godart le rapproche de Papilio maturna et de Papilio pye.

5. Argynne artémis  , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1823, Catalogue méthodique page 71 planche IVtert. fig.3  dessinée et peinte par vautheir et gravée par Lanvin.

      n118_w358

 

      6. La Mélitée artémis, Lucas 1834.

Pierre Hippolyte Lucas, Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe page 55

              

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal "le Damier de la Succise", qu'il crée pour l'occasion.  Il acceptait "L'Artémis" (Rappaz); "Le Damier printanier"  mais rejetait  "La Mélitée des marais", "la Mélitée de la Scabieuse" Devarenne et  le" Damier des marais".

Il ajoutait les notes suivantes :

"Je propose de réserver le nom collectif de "Damier" aux seules espèces du genre Euphydryas (y compris Eurodryas et Hypodryas, considérées ici comme de simples synonymes d'Euphydryas), et d'attribuer le nom collectif de "Mélitée" à toutes les autres espèces des autres genres de Melitaeini (Melitaea, Didymaeformia, Cinclidia et Mellicta)".

"Les noms « Mélitée des marais » et « Damier des marais » créés respectivement par Pujol et Aubert (1972) puis par Joël Minet (1984) [dans des traductions d'ouvrages anglais  respectivement de Godden et de Carter] pour Euphydryas aurinia, sont de simples adaptations du nom vernaculaire anglais de l'espèce, « Marsh Fritillary ». Si ces adaptations s'appliquent aux populations britanniques, en revanche, elles ne coïncident que très partiellement avec les preferenda écologiques de cette espèce sur le Continent. Il n'est donc pas souhaitable de retenir ces deux noms."

"Le nom de « Mélitée de la Scabieuse » créé par Devarenne pour Euphyrdas aurinia est la simple adaptation du nom vernaculaire allemand de l'espèce, « Skabiosen-Sheckenfalter ». Pour les raisons évoquées dans la note n°88, il conviendra de rejeter ce nom, d'autant plus qu'il désigne une autre espèce, à savoir Mellicta parthenoides, et que la Scabieuse n'est pas la plante-hôte préférentielle d'Euphydryas aurinia."

 

 

7. Etude du nom vernaculaire par les auteurs récents.

— Doux et Gibeaux (2007) page 162 :

Damier :  allusion à la disposition des dessins alaires chez les espèces de ce genre (rappelant parfois un damier). Succise : Mors-du-diable (Succisa pratensis), l'une des plantes nourricières de la chenille.

— Perrein et al. (2012) page 426 : néant


8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent page 116 le nom scientifique de "M[elitaea] Artemis Hübn. = Aurinia Rott."  et continuent à parler de Melitaea artemis dans leur texte sans aucun nom vernaculaire. 

—Bellmann / Luquet 2008 : "" .

— Blab / Luquet 1988 : 

— Chinery / Leraut  1998  : 

— Doux & Gibeaux 2007 : "Le Damier de la Succise ".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : " ". 

— Lafranchis, 2000 : "" .

— Perrein et al. 2012 : " Damier de la Succise, Artémis".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "".

— Wikipédia : "Damier de la Succise ou Damier des marais".


 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  • "El brocat vaiable"   en catalan
  • "Hedepletvinge" en danois
  • "Der Skabiosen-Scheckenfalter" ou "Goldener Scheckenfalter", "Abbiss-Scheckenfalter"en allemand
  • "La doncella de ondas"  en espagnol
  • "Teelehe-mosaiikliblikas" en estonien
  • "Sompeparlemoerflinter" en frison
  • "Punakeltaverkkoperhonen" en finlandais
  • "Mocsári tarkalepke" en hongrois
  • "Auksuotoji šaškytė" en lituanien
  • "De moerasparelmoervlinder"  en néerlandais
  • "Przeplatka aurinia" en polonais
  • "Шашечница Авриния" en russe
  • "Travniški postavnež"  en slovène
  • "Väddnätfjärile" ou  "eärenprisnätfjärile  en suédois.

 

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "Britheg y gors cymraeg" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais .

 

     " Marsh Fritillary" : le Fritillaire des marais.


             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet :    Euphydryas

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Euphydryas aurinia

— UK Butterflies : Marsh Fritillary

— lepiforum : aurinia

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner .

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; . http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

 

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— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

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 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

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— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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— MERIAN (Maria-Sibylla) Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par  Universitätsbibliothek Heidelberg;

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— PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767  Version Books.Google 

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                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

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Google : http://books.google.fr/books?id=79BYAAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=verzeichniss+Denis+et+schifferm%C3%BCller&hl=

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Scopoli Entomologia carniolica 1763

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Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

Tutt vol.1 1906 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof08tutt#page/n8/mode/1up

Tutt vol.2 1908 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof09tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v3 1909 :http://archive.org/stream/naturalhistoryof10tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

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Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

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Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

 

                                          


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 20:59

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom. 

 

 

Résumé. 

 

— Araschnia :   Hübner [1819] : des noms latins aranea "araignée", araneum "toile d'araignée" et Arachnea "Héroïne des Métamorphose d'Ovide transformée en araignée. Hübner  donne l'origine de ce nom en caractérisant le genre ainsi : Alle Flügel unten spinnennetzförmig weiß gezeichnet  "L'ensemble des ailes inférieures couvertes d'un réseau blanc en toile d'araignée". 

OU BIEN 

Ce nom qui évoque immédiatement au naturaliste les araignées, et la classe des Arachnida, est simple à comprendre si on le rapproche de la description donnée par Hübner dans sa description du Genre Araschnia :  Alle Flügel unten spinnennetzförmig weiß gezeichnet  "L'ensemble des ailes inférieures est couvert d'un réseau blanc en toile d'araignée". Pourtant, il n'est pas clair sur le plan linguistique. D'abord parce que le nom "araschnia", avec son -s- central, n'existe ni en grec, ni en latin avant l'invention qu'en fait  Hübner. Il faut donc arracher cette lettre -s- en supposant qu'il s'agit d'une faute de graphie ou de copie, et c'est toujours faire violence au zoonyme que de procéder ainsi. Ensuite, parce que les dictionnaires mentionnent soit le nomaranea, "araignée", soit le nom arachnea, ae f. "Arachné" (en grec ancien Ἀράχνη / Arákhnê), "jeune fille changée en araignée". Nous aurions donc ici dans Araschnia une fusion des noms aranea "araignée" et araneum "toile d'araignée" contaminée par le personnage mythologique d'Arachnée la femme-araignée, et par une lettre -s- égarée dans l'esprit de Hübner. 

Quoiqu'il en soit, ce nom de genre rappelle sa principale caractéristique, le réticule de lignes blanches sur fond fauve qui a, sous une autre regard, suscité le nom de "Carte Géographique".

 

— levana (Linné, 1758) : ce nom appartient, dans le Systema Naturae de Linné, à une série de six noms consécutifs qui désignent des divinités de la Rome primitive en lien avec la vie domestique et la gestation :  Rumina (pour l'allaitement),  Levana, Prorsa, Lucina (pour la naissance)Maturna (lorsque le blé était arrivé à maturité) et Cinxia (pour délier la ceinture lors de la nuit de noce). Levana  est  invoquée par le pater familias lorsqu'il tient l'enfant nouveau-né dans ses bras pour le reconnaître : le mot latin est dérivé du verbe levare, lever, soulever, car le père prend l'enfant placé à terre par la mère, et le soulève. Prorsa est tiré de l'adjectif latin prorsus (prosus), a, um : droit, qui va en droite ligne : elle permet un accouchement eutocique. Elle est aussi nommée Postvorta et forme un couple avec sa sœur Porrima (ou Antevorta) selon que le sens de la présentation du bébé. (levana, prorsa et porrima sont trois formes printanière, estivale et intermédiaire d'Araschnia levana).

— La "Carte Géographique" est un nom créé en 1779 par Jacques Louis Engramelle qui écrivait "Les nervures jaunes des ailes en dessous, disposées à peu près comme des chemins et des rivières sur un plan, dont les intervalles seraient remplis par des terrains de différences nuances,"  Il distinguait la Carte Géographique Brune (A.levana prorsa), Rouge, et fauve (levana levana).  Le nom fut repris par Godart en 1821, et adopté par G. Luquet en 1986.

 

               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Nymphalidae (Les Nymphalides).

Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833]

Tribu des Danaini Boisduval, [1833]

Sous-tribu des Danaina Boisduval, [1833]

Tribu des Neptini Newman, 1870

Tribu des Limenitidini Butler, 1870

  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822

Tribu des Argynnini Swainson, 1833

Sous-tribu des Boloriina Warren, dos Passos & Grey, 1946

Sous-tribu des Argynnina Swainson, 1833

  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840

 

  • Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827

Tribu des Nymphalini Swainson, 1827

Tribu des Melitaeini Newman, 1870

Sous-tribu des Euphydryina Higgins, 1978

Sous-tribu des Melitaeina Newman, 1870

Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886

Tribu des Charaxini Doherty, 1886

  • Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

Tribu des Satyrini Boisduval, [1833]

Sous-tribu des Parargina Tutt, 1896

Sous-tribu des Coenonymphina Tutt, 1896

Sous-tribu des Melanargiina Wheeler, 1903

Sous-tribu des Maniolina Grote, 1897

Sous-tribu des Erebiina Tutt, 1896

Sous-tribu des Satyrina Boisduval,  


b) Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827 (Les Nymphalines) :

c) Tribu des Nymphalini Swainson, 1827

  • Genre Nymphalis Kluk, 1780 
  • Genre Aglais Dalman, 1816
  • Genre Vanessa Fabricius, 1807
  • Genre Polygonia Hübner, [1819]
  • Genre Araschnia Hübner, [1819]

 

 

 

 

    

2. Nom de genre : Araschnia Hübner [1819]

 

a) Description originale : 

  Jakob Hübner, Verzeichniss bekannter Schmettlinge  Augsburg, Verfasser 1816-1829 [1819] 3  page 37 : Phalanx I (Papiliones) Tribu I (Nymphales), Stirps VI (Hamadryades), Familia D (Angulatae), Coitus 6 : Araschnien, Araschniae

https://archive.org/stream/verzeichnissbeka00hb#page/n43/mode/2up

— Type spécifique: papilio levana Linné

— Description :

Alle Flügel unten spinnennetzförmig weiß gezeichnet

 "L'ensemble des ailes inférieures couvertes d'un réseau blanc en toile d'araignée"

 

Scudder, S. H. 1875. "Historical sketch of the generic names proposed for Butterflies: a contribution to systematic nomenclature". Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, 10: 91-293 page 117 [http://www.biodiversitylibrary.org/page/3076956]


 Origine et signification du nom 

— Arnold Spuler (1908)  page  20 :

Arachnia (pro Araschnia)= άραχνία Spinne, wegen der Gitterzeichnung der levana.  

"Arachnia (pour Araschnia) = άραχνία "araignée", en raison du dessin réticulé de levana.

 — August Janssen (1980) page 39 :

arachné = spin, spinneweb ; slaat op de tekening op de onderkant van de vleugels

"Arachné = toile d'araignée; se réfère au dessin sur la face inférieure des ailes"

—  L. Glaser (1887) page  356 :

Aranea F. (Helicon.) "Spinne", i.q. Arachne (άράχνη) Weberin, von d. Pallas in eine Spinne verw. (Ov[ide] M[étamorphoses] VI.5)

— A. Maitland Emmet (1991) page 154.

Araschnia : αραχνον (arakhnion), a spider's web : from the jagged termen of the wings.

—Hans A. Hürter (1998) : 

ne donne pas de conclusion après avoir présenter différentes hypothèses : Aranea "araignée ; araneum "toile d'araignée" ; Arachne, es (l'héroïne des Métamorphoses d'Ovide) et Arachnida "Arachnidés".

 

—Doux et Gibeaux (2007) page 144:

du grec Arakhnion, "toile d'araignée", par allusion au dessin du revers des ailes, qui suggère l'entrelacs soyeux du piège des Arachnides.

— Perrein et al. (2012) page 402 :

de Araschné, déesse des fileuses et des brodeuses, élève d'Athéna qui l'empêche de se pendre en la transformant en araignée, par allusion au dessin du revers des ailes.

Discussion.

Ce nom qui évoque immédiatement au naturaliste les araignées, et la classe des Arachnida, est simple à comprendre si on le rapproche de la description donnée par Hübner dans sa description du Genre Araschnia :  Alle Flügel unten spinnennetzförmig weiß gezeichnet  "L'ensemble des ailes inférieures est couvert d'un réseau blanc en toile d'araignée". Pourtant, il n'est pas clair sur le plan linguistique. D'abord parce que le nom "araschnia", avec son -s- central, n'existe ni en grec, ni en latin avant l'invention qu'en fait  Hübner. Il faut donc arracher cette lettre -s- en supposant qu'il s'agit d'une faute de graphie ou de copie, et c'est toujours faire violence au zoonyme que de procéder ainsi. Ensuite, parce que les dictionnaires mentionnent soit le nom aranea, "araignée", soit le nom arachnea, ae f. "Arachné" (en grec ancien Ἀράχνη / Arákhnê), "jeune fille changée en araignée". Nous aurions donc ici dans Araschnia une fusion des noms aranea "araignée" et araneum "toile d'araignée" contaminée par le personnage mythologique d'Arachnée la femme-araignée, et par une lettre -s- égarée dans l'esprit de Hübner (peut-être sous l'influence du -χ- du nom grec άράχνη Arakhnion).

 Quoiqu'il en soit, ce nom de genre rappelle sa principale caractéristique, le réticule de lignes blanches sur fond fauve qui a, sous une autre regard, suscité le nom de "Carte Géographique".

 

Rappel  en forme de copié-collé :


arachne :  grec Ἀράχνη  1 -arachne, es, f. : un cadran solaire. 2 - Arachne, es, f. (Arachnea, ae, f.) : Arachné (jeune fille changée en araignée). antiquas exercet aranea telas,  Ov. M. 6 : "comme autrefois, araignée, elle tisse sa toile". 

— aranea, ae, f. : grec  άραχνία - 1 - araignée. - 2 - toile d'araignée. - 3 - fil très fin.

araneum, i, n. : - 1 - toile d'araignée. - 2 - cocon de chenille. - 

araneus :  A -araneus, i, m. : - 1 - araignée. - 2 - vive (poisson). - araneus mus, Plin. : musaraigne.  B -araneus, a, um : d'araignée. 

— Arachné ou Arachne (en grec ancien Ἀράχνη / Arákhnê), dans la mythologie gréco-romaine, est une jeune fille originaire de Lydie qui excellait dans l'art du tissage. Intriguée, Pallas se déguisa en vieille femme pour rendre visite à la jeune tisseuse et observer son travail. Arachné prétendit devant la déesse qu'elle était la meilleure tisseuse du monde, meilleure que Pallas elle-même. La déesse entra alors dans une grande colère en constatant qu'une simple mortelle pouvait prétendre être aussi adroite qu'elle. Elle révéla à Arachné sa véritable identité et organisa un concours avec la jeune femme. Pallas illustra sur sa toile les divers dieux de l'Olympe tandis qu'Arachné préféra tisser Zeus avec ses nombreuses amantes. Ce fut finalement la fille de Lydie qui gagna. Furieuse, Pallas déchira l'ouvrage d'Arachné. Humiliée, Arachné alla se pendre. La déesse, prise de remords, décida d'offrir une seconde vie à Arachné : elle la changea en araignée suspendue à son fil, pour qu'elle puisse à nouveau tisser sa toile. Le récit "Arachné et Minerve" des Métamorphoses d’Ovide, VI, 1-145 est la plus ancienne attestation connue de ce mythe, mentionné aussi par  les Géorgiques de Virgile. 

 

      Deux versions d'Arachné :

 

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      Levana et prorsa dessinés et peints  dans son kleiner Schmetterlingebuch par Hübner, qui est un remarquable artiste avant même d'être un auteur important pour la taxonomie :

http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/15/mode/1up

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 3.  Nom d'espèce : Araschnia levana (Linnaeus, 1758) 


a) Description originale 

Protonyme Papilio levana  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ [Stockholm]. Laurentii Salvii. Tomus I: 824 pp. page 480 sous le n° 133 

 [http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]

 

— Description :

P.[apilio] N[ymphalis]  alis dentatis variegatis ; subtus reticulatis : primoribus supra maculis aliquot albis.

Habitat in europae australioris   P. Forsskål. 

— références données : 

  • Roesel (August Johan) 1746  Insecten belustigung I Pap. 1 t.9 f.5-6

 

 

— Localité-type : Allemagne, désignée par Higgins & Riley (1975)]. Higgins, L. G. & Riley, N. D. 1975. A Field Guide to the Butterflies of Britain and Europe (3rd edition). Collins, London. 400 pp. page 89.

Linné donne comme source de son échantillon Pehr Forsskål, son disciple finlandais qui avait séjourné à Göttingen pour ses études. De même il fait référence à Roesel, entomologiste allemand.

— Selon Dupont et al. (2013) cette espèce est présente en Eurasie et dans la région orientale. Elle est signalée partout en France sauf dans la région Provence Alpes-Côte d’Azur et en Corse. Les chenilles se nourrissent principalement sur Urtica dioica L.

— taxonomie linnéenne.

Linné classe cette espèce dans sa phalange des Nymphales (les Nymphes) aux ailes dentelées et parmi celles-ci dans le second ensemble, celui des phalerati les "harnachés" qui, à la différence des gemmati, n'ont pas d'ocelles.  Noms des Papillons diurnes (rhopalocères) créés par Linné dans le Systema Naturae de 1758. 

 

b) Linné a, comme ses successeurs jusqu'en 1827, considéré comme deux espèces différentes les deux formes printanière (claire) et estivale (sombre) et les a nommé respectivement papilio levana et papilio prorsa. La description de P. prorsa s'impose donc:

Description : Papilio prorsa  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ [Stockholm]. Laurentii Salvii. Tomus I: 824 pp. page 480 sous le n° 134 

  P.[apilio] N[ymphalis]  alis dentatis subfuscis : fascia utrinque alba  : primoribus interrupta

Habitat in Urtica germaniae. 

 — références données :  

  • Roesel (August Johan) 1746  Insecten belustigung I Pap. 1 t.9 f. 6-7.

 

 

c) Origine et signification des noms levana  et prorsa  

 

 Les interprétations des étymologistes :

 

—Esper (1777-1829) page 206 :

P.N.Ph Levana, der gelbe Gittervogel, das Netz, P. Nymphal Phaler. Prorsa, der braune Gittervogel. Noch etwas in Rücksicht ihrer Namen ! Die Prorsa ist eine Gottinn (sic), der Gebährenden, die Levana eine Beschützerinn der Kinder gewesen ; und so ist die Verwandtschaft beeder Zweyfalter in der That auch in der Benennung ganz artig bemerkt 

 

"Le Papilio Nymphales phalerati Levana, "la Grille Jaune", "le Filet", et le P.N.p. Prorsa, "la Grille Brune" : Même leur nom est remarquable ! Car Prorsa est une déesse de l'enfantement, et Levana une protectrice des enfants; et ainsi, la relation qui existe entre les deux papillons dans les faits se retrouve aussi bien dans leur désignation "


— Arnold Spuler (1908)  page 20

   röm Gottheit.

"divinité romaine"

  — August Janssen (1980) page 40:

Romeinse godin, beschermster der geboorte

"Déesse romaine, patronne de l'accouchement"

— A. Maitland Emmet (1991) page 154 :

levana : The name of an obscure Roman goddes raised (levo, to lift) from the earth.

— Doux et Gibeaux (2007) page 144 :

-levana : nom d'une obscure divinité romaine surgie de la terre (mot forgé sur le verbe latin levare, s'élever". -prorsa : du latin prorsus, "tout droit " (Spuler, 1901-1908 :20). -porima : transcription du mot grec pórimos, "inventif", "ingénieux" (Spuler, 1901-1908 :20)

— Perrein et al. (2012) page 402 :

Étymologie : de Levana, nom d'une divinité féminine de la religion romaine primitive invoquée à la naissance du nouveau-né pour que le père le reconnaisse.

 

 

 

 

Discussion : 

      Levana et Prorsa forment un ensemble onomastique car ce sont, parmi les noms de Nymphales qui sont tous ceux de divinités ou d'héroïnes antiques, deux divinités de la Rome antique (des Di Indigites) invoquées soit à la naissance, soit pendant l'accouchement. Cette série est en réalité plus nombreuse,  car on trouve aussi Lucina, Maturna et Cinxia (qui viennent juste après Levana et Prorsa), et Rumina (qui précède levana). Nous avons donc dans la liste des Nymphales six noms successifs de Di-Indigites.  Rumina protège lors de l'allaitement, Lucina était invoquée aussi autour de la naissance, Maturna lorsque le blé était arrivé à maturité, Cinxia lors de la nuit de noce. Parmi les Nymphales gemmati, nous trouvons Feronia n°95, déesse rurale des bois et des fontaines, et Jurtina n° 104 (vraisemblable erreur pour Juturna, déesses des fontaines).

1. levana  

 L'épithète levana renvoie à l'un des di indigetes romains, ces dieux de la Rome antique : c'est "une déesse invoquée par le pater familias lorsqu'il tient l'enfant nouveau-né dans ses bras pour le reconnaître".  Le mot latin est dérivé du verbe levare, lever, soulever, car le père prend l'enfant placé à terre par la mère, et le soulève. 

2. Prorsa 

Dans la Rome antique, Prorsa ou  Prorsa Postverta est également l'une des Di ingites  :une divinité de la Rome antique qui présidait aux accouchements et dont le nom est dérivé de l'adjectif latin prorsus (prosus), a, um : droit, qui va en droite ligne, direct. 

Quando igitur inquit contra naturam forte conversi in pedes brachiis plerumque diductis retineri solent aegriusque tunc mulieres enituntur, huius periculi deprecandi gratia arae statutae sunt Romae duabus Carmentibus, quarum altera Postverta cognominatast, Prorsa altera a recti perversique partus et potestate et nomine. — Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, livre XV : …si l'enfant se présente de travers, on invoque la déesse Prorsa, qui doit le pousser en avant.

3. Formes Porima (ou Porrima).

Il s'agit d'une forme intermédiaire are, noire à bande fauve

Porima Ochsenheimer = porrima Hübner (1790-1793) est non valide pour ICZN Opinion 975. Hübner's pamphlet 'Der Schmetterlinge Lepidoptera Linnaeieuropäisches Heer, [1790-1793]': rejected for nomenclatorial purposes. http://www.biodiversitylibrary.org/part/6126#/summary

     Porrima ou Antevorta est également une divinité romaine , considérée comme la sœur de Prorsa Postverta avec laquelle elle forme un couple de contraires : 

  1. Ovide  invoque Porrima et Postverta : tes sœurs ou les compagnes de ta fuite, ô nymphe duMénale. On dit que l'une chantait le passé (Postvorta), et que l'autre, d'un regard prophétique, plongeait dans l'avenir (Antevorta). elles accompagnaient Carmenta

  2. Dans l' antique religion romaine, Antevorta était une déesse de l'avenir, également connu sous le nom Porrima. Elle et sa soeur Postverta (ou Postvorta) ont été décrits comme des compagnons ou des frères et sœurs de la déesse Carmenta, parfois appelé "le Carmentae". [1] Ils ont peut-être été à l'origine de deux aspects de Carmenta, à savoir ceux de sa connaissance de l'avenir et le passé (comparer le Janus à deux visages).

  3. Antevorta et Postvorta avaient deux autels à Rome et étaient invoquées par les femmes enceintes pour qu'elles les protègent contre les dangers de l'accouchement. Antevorta intervenait croyait-on lorsque le bébé naissait tête la première, et Postverta lorsque les pieds venaient en premier.

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 

Son nom provient du motif de réseau de traits blancs qui orne le revers de l'aile et évoque un réseau routier sur une carte.  

 

I. Les Noms français. 

 

1. La Carte Géographique brune, la Carte Géographique fauve et la Carte Géographique rouge, Engramelle, 1779.

-La Carte Géographique brune : Jacques Louis Florentin Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 22 planche 8 n°8 a-e. par  J.J Ernst gravée par J.J. Juillet. 

- La Carte Géographique fauve : Jacques Louis Florentin Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 24 planche 8 fig. 9 a-f par  J.J Ernst gravée par J.J. Juillet. 

-la Carte Géographique rouge, Idem  I page 254 planche 56 Supplément 2 fig.8 a-b bis

      "Esper le nomme Le Barreau jaune"

A propos de la Carte Géographique Brune, Engramelle écrit :

Les nervures jaunes des ailes en dessous, disposées à peu près comme des chemins et des rivières sur un plan, dont les intervalles seraient remplis par des terrains de différences nuances, présentant naturellement l'idée d'une Carte Géographique, ces couleurs nous ont déterminé à lui donner ce nom ; et le dessus des ailes étant toujours brun noirâtre, nous y avons ajouté l'épithète brune pour la distinguer de l'espèce indiquée sous le numéro 9 de cette planche, dont elle diffère essentiellement. (op. cité page 24)

 

2. La Vanesse Prorsa et la Vanesse lévana , Latreille et Godart 1819

Latreille (P.A) et Godart (J.B) Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 311-312 n°34 (V.Prorsa) et n°35 (V. lévana).

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

3. La Vanesse Carte-Géographique brune et la  Vanesse Carte-Géographique-fauve  , Godart 1821,


— La Vanesse Carte-Géographique-brune :  Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1823, Catalogue méthodique page 105 planche XXXIV  = Papilio prorsa Linné.

La Vanesse Carte-Géographique-fauve : Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1823, Catalogue méthodique page 108 planche XXXIV  = Papilio levana Linné.


Ces dénominations sont reprises en 1834 par Pierre Hippolyte Lucas page 61. Pourtant, dès 1827, Boisduval avait démontré que levana et prorsa n'était qu'une seule espèce.

 

Nous avons démontré d'après des expériences précises dans un Mémoire que nous avons lu en 1827 à la Société philomatique, que les Vanessa Prorsa et Levana ne formaient qu'une seule et même espèce, et que l'on pouvait presque à volonté obtenir l'une ou l'autre de ces variétés. C'est un fait qui doit être trop connu maintenant pour qu'il soit besoin d'en parler à nouveau.   

Venons-en donc à l'ouvrage de Boisduval :!

4.Chenilles et chrysalides. Boisduval 1832.

 J. A. Boisduval,P. Rambur,A. Graslin    Collection iconographique et historique des chenilles  Volume 1 planche 3 fig. 3 à 6


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6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal " La Carte géographique" et comme nom accessoire "Le Jaspé" de l'auteur suisse Rappaz.

Puis il décrit :

  • A. levana levana L. "La Carte géographique fauve" ; la "Carte géographique jaune" ; le "Jaspé jaune" .
  • A. levana prorsa L. "La Carte géographique noire" ; la "Carte géographique brune" ; le "Jaspé brun".


Discussion :

      Heureusement, le nom de Jaspé, qui n'avait pas d'autre légitimité que de figurer dans un bouquin suisse au moment où G. Luquet faisait son enquête onomastique, n'est pas utilisé, bien qu'il continue à être repris par le site du Muséum, et répété par les auteurs mal informés qui y puisent leur  source.

 

 

 

7. Étude des noms vernaculaires par Luquet.

— G. Luquet (2007) in Doux et Gibeaux : page 144 :

Carte géographique : nom donné par Engramelle en 1779, par allusion aux dessins du revers des ailes "suggérant des chemins et des rivières sur un plan, dont les intervalles seraient remplis par des terrains de différentes couleurs".

 

 

— Christian Perrein et al. (2011) :

Engramelle (1779) donne le nom de Carte géographique à trois espèces — rouge, brune et fauve — dont le revers des ailes lui suggère "des chemins et des rivières sur un plan".

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

—Bellmann / Luquet 2008 : "La Carte géographique" .

— Blab / Luquet 1988 : "Carte géographique" 

— Chinery / Leraut  1998  : "Carte géographique"

— Doux & Gibeaux 2007 : "La Carte géographique ".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : " ". 

— Lafranchis, 2000 : "La Carte géographique" .

— Perrein et al. 2012 : " Carte géographique".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : " Carte géographique".

— Wikipédia : "La Carte géographique".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

 

  •   "Landkärtchen" en allemand
  • "European Map" en anglais
  • "Teranyina" en catalan
  • "Mažasis dilgėlinukas" en letton
  •  "Babôčka sieťkovaná" en slovène
  •  "Babočka síťkovaná" en tchèque
  • "Левантийска пеперуда" en bulgare
  • "Prótea" en espagnol
  •  "Pókhálós lepke" en magyar
  • "Пестрокрыльница изменчивая"en russe
  • "Landkaartje" en néerlandais
  • "Karttaperhonen" en finnois
  • "Nældesommerfugl" en danois
  • "Europeisk kartsommerfugl" en norvégien
  • "Kartfjäril" en suédois
  • "Rusałka kratkowiec" en polonais
  • "Isırgan Kelebeği" en turc

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • " Mantell fapadeiniog" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais .

 

 


             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet :    Araschnia

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Araschnia levana

— UK Butterflies : Araschnia levana

— lepiforum : 

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner .

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; . http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up page 11

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

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Doubleday & Westwood  http://www.biodiversitylibrary.org/item/49323#page/5/mode/1up

 

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

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Fabricius 1793 Ent Sys em    https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

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Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

Fourcroy voir Geoffroy.

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Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

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Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

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Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

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Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Linné, Species Plantarum http://www.biodiversitylibrary.org/item/13829#page/1/mode/1up

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

Oberthür, Études http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8792#/summary

 1910 (4) http://www.biodiversitylibrary.org/page/10532070#page/299/mode/1up

Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

Tutt vol.1 1906 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof08tutt#page/n8/mode/1up

Tutt vol.2 1908 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof09tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v3 1909 :http://archive.org/stream/naturalhistoryof10tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

 

                                          


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 20:40

Zoonymie (origine du nom)  du papillon le Morio, Nymphalis antiopa (Linnaeus, 1758).

 

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

Résumé. 

— Nymphalis, Kluk, 1780 : reprise comme nom de genre de celui de la quatrième "phalange" parmi les six dans lesquelles Linné a réparti en 1758 ses Papilio ou papillons diurnes. Le savant suédois y organisait cet ensemble comme la société grecque pendant la Guerre de Troie, avec ses Cavaliers, ses Héros, ses Divinités, ses Muses et ses Nymphes, lesquelles peuplaient les bois les monts et les sources. Les Nymphes (du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille ») regroupaient alors 57 espèces aux ailes dentelées soit ocellées (Nymphalis gemmati "ornées de joyaux" ou sans ocelles (Nymphalis phalerati ou "harnachées"). De ce riche groupe, le genre ne contient plus que trois espèces en France.

 —  Antiopa (Linnaeus, 1758)  est l'héroïne, toujours belle, de diverses légendes de la mythologie grecque ; celle de la fille de Nyctée, séduite par Zeus, poursuivie par la haine de son père et vengée par ses enfants Amphion et Zéthos est racontée par Apollodore III,5,5 : son récit y est suivi par celui d'Oedipe.

— "Le Morio" Geoffroy, 1762 est le nom vernaculaire français créé par Étienne-Louis Geoffroy par adaptation du nom latin "vulgaire" Morio choisi par Linné dans sa Fauna suecica de 1746. Ce dernier a-t-il voulu créer une comparaison avec la Morion ou Morio du Livre 37 de l'Histoire Naturelle de Pline, qui est une sorte de topaze noire ? Ou plutôt, comme le suggère le Petit Robert 2011, ("p.-ê.de maure, more « brun »") l'a-t-il  tiré de Maurus, "maure", du latin Maurus « Africain » à cause de la couleur sombre de ce papillon ? Car Linné, puis son élève Fabricius, suivis de nombreux naturalistes, ont donné l'épithète spécifique morio à de nombreuses espèces animales caractérisées par leur couleur noire. Le Morio a été repris par Engramelle en 1779, Godart en 1821, et officialisé par G.C. Luquet en 1986.

 


 

 

               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815.

Cette famille comporte (Je suivrai Dupont & al. (2013) ) 7 sous-familles en France :

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 
  • Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • .Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886 

 

 

b)  Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827

Cette Sous-famille comporte deux Tribus en France :

  • Tribu des Nymphalini Swainson, 1827
  • Tribu des Melitaeini Newman, 1870

c) Tribu des Nymphalini Swainson, 1827 :

Elle comporte 5 genres en France :

  • Genre Nymphalis Kluk, 1780 
  • Genre Aglais Dalman, 1816
  • Genre Vanessa Fabricius, 1807
  • Genre Polygonia Hübner, [1819]
  • Genre Araschnia Hübner, [1819]

 


 

    

2. Nom de genre : Nymphalis Kluk, 1780

 

a) Description originale : 

   Nymphalis,  Jan Krzysztof Kluk  1780 : Hist. nat. pocz. gospod.* volume IV page 86  (Books Google)

*Historyja naturalna zwierzat domowych i dzikich, osobliwie kraiowych, historyi naturalney poczatki, i gospodarstwo : potrzebnych I pozytecznych donowych chowanie, rozmnozenie, chorob leczenie, dzikich lowienie, oswaienie : za·zycie; szkodliwych zas wygubienie. 4 vols. 

 N.B : selon Dupont & al. (2013), Balint & al. (2001) ont montré que la date initiale de publication de ce taxon était 1780 (et non 1802)

 

— Type spécifique: déterminé par Hemming en 1933 ( Entomologist 66(845): 223) : Papilio polychloros Linnaeus, 1758.

— Description : en polonais ici 

Description par Latreille 1804 page 184  : Palpes allant au delà du front, une demi fois au moins que la tête.

— Ce genre renferme 3 espèces en France :

  • Nymphalis polychloros (Linnaeus, 1758) : Grande Tortue.
  • Nymphalis xanthomelas ([Denis & Schiffermüller], 1775) : Vanesse du Saule. [Espèce migratrice]
  • Nymphalis antiopa (Linnaeus, 1758) : Morio.  

 

 Origine et signification du nom Nymphalis

— A. Maitland  Emmet (1991) : 

Numphè, a bride, a nymph, all to often made a bride against her will by a lascivious god. The nymphs were lesser deites associated with springs, groves, moutains, etc, good entomological habitats. The Nymphales formed the fourth of the phalanges into wich Linnaeus divided the butterflies, Kluk being considered the first to have used the name in a generic sense.

— Hans A. Hürter (1998) : 

 

—Doux et Gibeaux (2000) page 128

Nymphalis : de Nymphe, « fiancée », « nymphe ». Les nymphes étaient des petites divinités associées aux sources, aux bosquets et aux montagnes, tous bons habitats entomologiques.

— Perrein et al. (2012) page 379 : 

Étymologie : des Nymphales de Linné, du grec numphè "jeune mariée". Dans la mythologie grecque, les Nymphes, divinités secondaires, peuplent la campagne, les bois et les eaux. Elles sont les esprits des champs et de la nature en général, personnifiant la fécondité et la grâce. Quatrième des six "phalanges" suivant lesquels Linné subdivise les Papiliones ou papillons de jour, les Nymphales ont les ailes plutôt denticulées "Alis denticulatis" et regroupent deux catégories : les "Gemmati Alis occelatis" et les "Phalerati Alis caecis absque ocellis" suivant la présence d'ocelles aux ailes.


Discussion.

 

Archeo-taxonomie : le genre Nymphalis de Latreille 1804.

Traduction (avec correction) de l'article du NHM en ligne.  commentant le statut d'homonyme junior du nom de genre Nymphalis, Latreille 1804

Ce nom est basée sur la publication de Latreille dans le Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts ..., Volume 24 (Tableau méthodique) page 184 et 199.  

  Selon Hemming (1967) :

   Latreille, qui n'était pas au courant de l'article publié par Kluk deux ans plus tôt a indiqué qu'il se considérait lui-même comme l'auteur de ce nom de genre en y accolant un astérisque (page 184). A la page 199 du Nouveau dictionnaire, Latreille cité comme appartenant à ce genre (a) Papilio atalanta Linnaeus et (b) ce qu'il a appelé " Papilio morio".

  Une telle espèce nominale  Papilio morio n'existe pas stricto sensu, mais on peut supposer que Latreille avait à l'esprit le Papilio antiopa de Linné,  espèce qui a été connue en France sous le nom vernaculaire "Le Morio". Ce n'est cependant que pure spéculation et la position est que Papilio atalanta est la seule espèce nominale citée par Latreille et est donc le type-espèces de Nymphalis Latreille, 1804, par monotypie.

  Avant la découverte de l'article de Kluk de 1802 le nom Nymphalis a été attribué à Latreille, mais la plupart des auteurs ignoraient sa publication de  1804 dans le Nouveau  Dictionnaire et considérèrent  son travail comme ayant été publié pour la première de l'année suivante  en 1805, dans l'Histoire Naturelle Insectes de Sonnini et Buffon, IV, 82. 

Le nom Nymphalis Latreille est invalide comme étant un homonyme de Nymphalis Kluk, 1802. L'espèce type du genre Nymphalis Latreille,1804 est devenue plus tard l'espèce type du genre Vanessa  Fabricius, 1807 et est actuellement placées dans ce genre. 

   Papilio morio Retzius 1783, a été proposé comme l'espèce type pour Nymphalis Latreille, 1804, par Wagener, 1995, Die Tagfalter der Turkei unter der Berucksichtigung angrenzenden Lander. Spezieller Teil. Nymphalidae. Band 2. Fundortverzeichnis, Sammlerverzeichnis, Literaturverzeichnis, Indices, p. 1008.    

      NHM :

 

  "The word "Nymphalis" is one of a number used by Linnaeus in 1758 and his immediate successors for terms intermediate between the generic name Papilio Linnaeus and groups of species referred to the genus so named. The claim of these terms to be recognized as having been published as generic names was rejected by the Commission in its Opinion 124 (1936, Smithson. miscell. Coll. 73 (No. 8) : 1-2 ; republished in facsimile in 1958 (Opin. int. Comm. zool. Nom. 1 (B) : 465-466)). The word "Nymphalis", together with the other words used in a similar sense in the XVIIIth century were later employed as generic names, and it proved difficult to determine what was the first genuine usage as a generic name. As shown above, it was Kluk who in 1802 who first so used the name here in question. The name Nymphalis Kluk has been placed on the 0fficial List of Generic Names in Zoology as Name No. 703."

 Le mot «Nymphalis" est l'un de ceux utilisés  par Linné en 1758 et ses successeurs immédiats pour les termes intermédiaires entre le nom générique Papilio Linné et groupes d'espèces visés au genre ainsi nommé. La demande de ces termes pour être reconnu comme ayant été publié en tant que noms génériques a été rejetée par la Commission dans son avis 124 (1936, Smithson miscell (n ° 73 Coll 8):... 1-2; réédité en fac-similé en 1958 (.. Opin int Comm zoul de Nom 1 (B):... 465-466)). Le mot «Nymphalis", ainsi que les autres termes utilisés dans le même sens au XVIIIe siècle ont été plus tard utilisé comme noms génériques, et il s'est avéré difficile de déterminer ce qui était la première utilisation réelle comme un nom générique. Comme indiqué ci-dessus, il était Kluk qui, en 1802, qui le premier a utilisé le nom de sorte ici en question. Le nom Nymphalis Kluk a été placé sur la Liste du 0fficial de noms génériques en zoologie comme Nom n ° 703.

 

 3.  Nom d'espèce : Nymphalis antiopa (Linnaeus, 1758)

a) Description originale

Protonyme Papilio  antiopa  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. Page 476 et 477. [http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]

 

— Description :

P[apilio] N[ymphalis] [Phalerati] Alis angulatis nigris limbdo albido

 

— références données : 

  • Fauna suecica de Linné 1746 page  232   n°772 sous le nom vulgaire de Morio.
  • Jonston ins. t.9 et 11
  • John Ray, Hist. insect. 135, 136.
  • De Geer, Ins. I t.21 fig. 8 et 9.
  • Wilkes, Pap. 58 t.2 a 10.
  • Roesel Ins. I t.1 p. 1.

Habitat in Betula, Salicae, etiam in Americae. Kalm. ("Vit dans les Bouleaux et les Saules")

 

 

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

  • Euvanessa antiopa (Linnaeus, 1758)

  • Papilio antiopa Linnaeus, 1758 

 

c) Origine et signification du nom antiopa . 

 

 Les interprétations des auteurs :

 

— Arnold Spuler (1908)  page 17 :

gr. Frauenname.

  — August Janssen (1980) page 39 :

dochter van een legendarische koning van Thebes

— A. Maitland Emmet (1991) page 153 :

Antiope : after giving birth to twins sons, Amphion and Zethus, by Zeus, Antiope married Lycus, king of Thebes. He later divorced her in favour of Dirce.

— Doux et Gibeaux (2000) page  132 :

Antiopa : Antiope, personnage mythologique qui, après avoir donné naissance à deux fils jumeaux, Amphion et Zéthus (Zêthos), conçus avec Zeus, épousa Lycos, roi de Thèbes. Celui-ci la répudia pour épouser Dircé (Dirké), laquelle s'employa à persécuter Antiope. Amphion et Zéthus, pour venger leur mère, s'emparèrent de Dircé, et l'attachèrent aux cornes d'un taureau, qui la mit en pièce.

— Perrein et al. (2012) page 379 :

Étymologie : d'Antiope, fille du dieu-fleuve Asopos ou de Nyctée roi de Thèbes célèbre dans toute la Grèce antique pour sa beauté extraordinaire : elle fut aimée de Zeus qui s'unit à elle sous la forme d'un Satyre.

— Hans-A. Hürter (1998) page 216 :

Bei Pauly sind 11 gestalten des Namens Antiope, bei Roscher 9 solche aufgeführt ; davon sind vornehmlich 2 von Interesse : zum einen die Tochter des Asopos, des flussgottes des Gegend um Sikyon, oder Tochter des Nykteus in Boiotien und zum anderen Amazone namens Antiope. Die Gemahlin des Pieros, Mutter des 9 piërischen Musen sowie die Schwester des Meleagros spielen in der Sage keine bedeutende rolle.

 

Somit ist die Annahme gerechtfertigt, dass Linné bei der Namensgebung Antiope, die Tochter des Nykteus, vor Augen hatte.

  Trad : "Pauly donne pour le nom d'Antiope onze personnages différents, et Roscher en cite neuf ; mais deux peuvent retenir notre intérêt. D'une part  la fille d'Asopos, le dieu-fleuve de la zone autour de Sicyone, ou fille de Nyctée en Béotie,  et d'autre part l' Amazone appelée  Antiope. L'épouse de Pierus, mère des neuf Muses et  sœur de Méléagre ne tient aucune place significative ici.

Ainsi, l'hypothèse est justifiée que Linné avait à l'esprit en nommant ce papillon Antiope, la fille de Nyctée".

 

Discussion : 

 Peu d'arguments dans l'étude de l'onomastique de Linné ne permettent de préciser si nous avons ici affaire à Antiope de Thèbes, ou à l'Amazone Antiope, épouse de Thésée. Les deux légendes sont rapportées par Hygin, dont les Fables sont l'une des sources principales de l'auteur suédois. (— Classical mythology in the « Systema Naturae » of Linnaeus, pp.333-357 par John L. Heller). 

  De même, parmi les 34 noms choisis par Linné pour ses Nymphales phalerati, on ne décèle pas de ligne directrice permettant de choisir l'une ou l'autre des héroïnes homonymes. 

Peut-on considérer qu'une Amazone n'est pas une Nymphe, et qu'Antiope fille du dieu-fleuve Asopos rentre mieux dans le groupe des Nymphales de Linné ?  

On choisira selon ses préférences, et on découvrira les récits mythologiques selon sa curiosité, mais nous quittons ici le champ de la zoonymie des lépidoptères et de l'étude des œuvres de Linné.

 J'aime le récit d'Apollodore Livre III, 5,5 (Hugo Bratelli, 2002) car il  s'achève par l'évocation du sort de Laïos , fils de Labdacos et père d'Oedipe : tout le destin d'Oedipe s'y inscrit dans les fatalités transgénérationnelles. Oedipe sera "exposé" (abandonné aux bêtes sauvages) sur le mont Cythéron comme Amphion et Zéthos et il en gardera le pied gonflé (oedi-pes). Du boiteux ( sens de labdacos) au gaucher ( sens de laïos),  l'écart par rapport à la norme se développe ici :

   Antiope était la fille de Nyctée, et Zeus fit l'amour avec elle. Quand elle fut enceinte, son père la chassa, et la jeune femme se réfugia à Sicyone, auprès du roi Épopée qu'elle épousa. Lors d'un accès de désespoir, Nyctée se donna la mort, ayant laissé à Lycos le soin de punir Épopée et Antiope. C'est ainsi que Lycos marcha sur Sicyone qu'il conquit ; il tua Épopée, et captura Antiope. En cours de route, près d'Éleuthères en Béotie, Antiope mit au monde deux jumeaux. Ils furent aussitôt exposés, mais un bouvier les trouva et les éleva ; il les appela l'un Zéthos et l'autre Amphion. Zéthos s'occupait du bétail ; Amphion, lui, s'entraînait au chant lyrique, avec l'instrument que lui avait donné Hermès. Lycos et sa femme Dircé avaient enfermé Antiope, et la maltraitaient continuellement. Or un jour, les liens qui maintenaient Antiope se défirent tout seuls ; la femme s'enfuit en cachette ; elle arriva à la cabane des deux garçons, et leur demanda l'hospitalité. Quand Zéthos et Amphion surent qu'il s'agissait de leur mère, ils tuèrent Lycos, et attachèrent Dircé à un taureau, puis ils jetèrent son cadavre au fond d'une source qui, de son nom, s'appela Dircé. Ayant pris le pouvoir, les deux frères fortifièrent la ville : les pierres suivaient le son de la lyre d'Amphion. Laïos fut expulsé de la ville ; il fut accueilli par Pélops, dans le Péloponnèse. Laïos enseigna à Chrysippe, le fils de Pélops, comment guider un char. Mais il tomba amoureux de lui, et l'enleva.

 

 

              III. Noms vernaculaires.

     Préambule : le nom est créé par Linné en 1746. 

 Dans sa Fauna suecica (Faune de Suède) de 1746, Linné décrit ce papillon aux ailes noires avec la mention "vulgo Morio".  La majuscule indique bien qu'il mentionne un nom propre.  Linné l'a-t-il lui-même emprunté à un autre auteur ? Il mentionne trois sources, John Ray dans son Historia insectorum de 1710, Jonston dans son Historiae naturalis insectis de 1657 et "Hoffnagel" (Hufnagel). Ce nom de Morio n'est pas retrouvé chez ces auteurs.

  Comme il n'avait pas encore conçu son système de dénomination binominale qu'il appliquera en 1758, Linné a tenté dans sa Fauna suecica d'attribuer à certains papillons diurnes des noms : il l'a fait sans rigueur (ne donnant un nom précédé de -vulgo-  qu'à 26 Papilio sur 36 et à aucun papillon nocturne, selon son inspiration peut-être) et en alternant les noms descriptifs, les séries arbitraires (Cour royale ; mythologie) ou quelques reprises de noms anciens (Oculus pavonis). Dans tous les cas, ces noms sont écrits en latin : Linné ne rapporte pas des noms vernaculaires en usage en Suède ou ailleurs, pour la simple raison qu'au XVIIIe siècle, les papillons ne sont pas nommés selon leur espèce. Ce sont des noms savants, inventés pour faciliter les échanges entre naturalistes.

  La diversité des 25 autres noms ne permet pas de comprendre ce que signifie ce nom "Morio", qui est le premier de la liste et n'appartient pas à une série. Puisque tous les autres sont en latin, on peut affirmer que ce Morio est un terme latin, mais dans le latin des savants du XVIIIe et non obligatoirement dans le latin classique. Il n'existe pas de nom propre latin correspondant (Quicherat 1858, vocabulaire latin-français des noms propres de la langue latine).

 Le premier réflèxe est de penser, surtout sous la plume du botaniste et médecin qu'est Linné , à l'Orchis morio ou Orchis Bouffon et d'évoquer le nom latin qui figure dans tous les dictionnaires latin :

 mŏrĭo, ōnis, m. 

           - cf. gr. μῶρος.
        1 - un fou, un bouffon.
           - Plin.  Ep. 9, 17, 1 ; Mart. 8, 13, 1 
        2 - un imbécile.
           - Aug. Ep. 166, 17.
        3 - un monstre, une personne contrefaite.
           - Mart. 6, 39, 17.

C'est ainsi qu'en ornithologie  le Morus bassanus correspond à notre Fou de Bassan.

Mais si on peut trouver des arguments pour attribuer à l'Orchis morio une telle clef étymologique ( voir  L'Orchis Bouffon Orchis morio à Crozon.), l'exercice devient plus difficile lorsqu'on recherche quel brin de folie, quelle allure bouffone présenterait le papillon étudié ici.  

Si on reprend les dictionnaires latin-français, en recherchant les plus anciens, on trouve celui de François Noël en 1852 qui indique, outre morio, onis, ceci :

Morion, onis, m. Pline : sorte de pierre précieuse de couleur noire.

Linné aurait-il écrit fautivement Morio à la place de Morion ? Le dictionnaire étymologique de Ferdinand Jacob (1883) tolère cette forme en indiquant :

Morio ou Morion, onis : sorte de topaze noire.

Parmi les premiers dictionnaires de noms propres, celui de Charles Estienne (1553) ne comporte pas ce nom, de même que l'Onomasticon de Conrad Gessner page 198 (1550) alors que l'Onomasticon d'Ambrosio Calepino (1550) donne page 283 :

  • Moriones : stulti*, principium delirae. Martial, Livre 8 : Morio dictus erat, viginti milibus emi**.  
  • Morio [una pietra preciosa] : lapis preciosi nomen. Plin. libro 36 capi 10.

* stultus = sot, stupide, idiot.

 **Ambroise Calepin cite Martial 8,13 :

Morio dictus erat: uiginti milibus emi./ Redde mihi nummos, Gargiliane: sapit. 

A Gargilianus : "C'est un fou, disais-tu : je l'ai acheté vingt mille sesterces. Rends-moi mon argent, Gargilianus ; c'est un sage."  

Nous sommes alors renvoyés au Livre XXXVII de l'Histoire naturelle de Pline (source favorite de Linné), Livre consacré à la minéralogie et qui indique au chapitre 63 "Des morions, celui de l'Inde est très noir, transparent, et se nomme pramnion ; celui dans lequel se mêle la couleur du rubis vient d'Alexandrie, et de Chypre celui dans lequel se mêle la couleur de la sarde." Une note du traducteur de 1833 commente : "Morio. C'est la tourmaline à base de magnésie (elle est noire, brune ou verte mais le plus souvent noire et très éclatante)". Linné pouvait lire, par exemple, l'édition de Hardouin (Paris, 1723) dans le texte latin page 792  : Morio in India, quae nigerrimo colore translucet, vocatur Pramnion ; in qua miscetur et carbunculi colos, Alexandrinum"

Pour compliquer les choses, notons que chez Pline, morion désigne aussi la graine de mandragore qui rend fou (HN, 25, 148). 

Conclusion provisoire :

Nous aboutissons donc à l'hypothèse selon laquelle Linné aurait donné à ce papillon le nom courant (je traduis ainsi son -vulgo- ) de Morio en l'empruntant au nom d'une sorte de topaze noire citée par Pline dans son Histoire Naturelle. En effet, la caractéristique principale du papillon, dans la description de Linné du moins, est la couleur noire ourlée de blanc (alis angulatis nigris : margine postico albido).

Poursuite de l'enquête :

Néanmoins, j'éprouve de confuses réticences à adopter cette proposition. Elle est trop savante, plus que les autres noms de la Fauna suecica. Linné, devant la couleur noire des ailes, se serait souvenu de cette mention de Pline ? 

  Je remarque qu'à la fin du XVIIe et au début du XIXe siècle, de nombreuses espèces recevront cet épithète de morio pour indiquer leur couleur noire : le Dasytes morio velu et noir (Lucas), l'Ichneumon morio, noir également ; l'Ophion morio, "très-noir" (1811), le Psoque morio de Latreille, le Taon morio Taleinus morio, l'Eumolpus morio " noir obscur", le Pentatome morio, "Pentatoma Jusco-nigra nitens", On trouve souvent ce qualificatif sous la plume d'Olivier comme synonyme de "noir" : le Bombille morio,  l'Helops morio, le Forficule morio . L'édition 1789 —posthume— de la Fauna suecica  cite  Cantharis morio : (nigra), Tenebrio morio, Chrysomela morio (la Négresse) Curculio morio, Cerambyx morio ( thorace spinoso niger). Outre l'entomologie, on trouve aussi un lichen morio, à la croûte noirâtre et en conchyliliogie le Fusus ou Murex morio ou Fuseau Noir. L'Heaulme echinopore ou Morio echinophorus tient son nom, par contre, de la forme de casque ( le morion) de ce coquillage.

  Linné lui-même est à l'origine du nom du Murex Morio  avec le M majuscule des noms propres dans son Systema naturae de 1758 page 753  pour désigner  ce testacée nigra fascia alba, "noir strié de blanc".

En 1761, sa Fauna suecica  nommait ainsi page  250 le Cimex Morio (actuel Sehirus morio)  et page 470 l'Anthrax Asilus morio. décrit comme hirsutus niger et aussi connu sous les noms d'Anthrax maura, Anthrax nigrita, Musca maura.

En 1767, il décrira le Bombyx Morio  dans Systema naturae page 828 avec une description assez semblable au Murex : alis nigris atro striatis "aux ailes noires striées de sombre". Ce papillon porte actuellement le nom de Pentophera morio et le site Funet indique son nom vernaculaire allemand de "Trauerspinner" et le nom français de "Le Nègre".

En 1766, il décrit le Turdus morio, ou Jaunoir du Cap de Bonne-Espérance dont (Bory de Saint-Vincent ) les parties supérieures sont d'un noir brillant irisé, les inférieures d'un noir mat.

 En 1767 également, il décrit Tabanus morio, le Taon noir.

Au total, le site Animalbase dénombre 46 taxons avec l'épithète spécifique morio, dont 30 sont dues à Fabricius, disciple de Linné.

 Il est donc possible d'affirmer que, à partir de 1746, l'épithète Morio (avec une majuscule sous la plume de Linné) ou morio (sans majuscule sous la plume des autres naturalistes) s'est imposé  dans le vocabulaire du latin scientifique de la fin du XVIIIe et du premier quart du XIXe avec la signification de " de couleur noire" notamment en entomologie, ornithologie, conchyliologie.

Il est aussi remarquable que dès 1754, un compilateur de Linné,  François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois mentionne le papillon Morio dans son Système naturel du règne animal, par classes, familles ou ordres, genres page 129   en adaptant la forme latine Morio dans la forme française "Le Maure".

 Quoique l'on ne puisse tout à fait exclure qu'en 1746, Linné n'ait pas utilisé le nom "vulgaire" Morio de son papillon par emprunt à la pierre noire proche du topaze décrite par Pline au premier siècle de notre ère, la multiplicité des emplois successifs de ce nom pour de nombreuses espèces animales pour en désigner la couleur sombre ou noire indique une contamination par le mot latin maurus "de Mauritanie, Africain" avec sa signification élargie de "Noir, noir". On retrouve cette possibilité évoquée dans l'étymologie de Morio comme nom de famille  ["morio" est un nom de famille rare, forme italienne de more, sobriquet désignant celui qui est brun de peau comme un maure."] ou dans celle du nom des champignons morilles [ : "à cause de leur couleur noire"]. Comme l'écrivait Gilles Ménage dans son dictionnaire de 1694 " Je croy que tous ces mots ont été faits de morus, dans la signification de noir, fait de Maurus." Voir plus haut le nom "La Négresse" donnée en 1789 par C. de Villers à Chrysomela morio.


  Au terme de mon enquête, j'ai été conforté dans cette conclusion en constatant que c'était aussi celle que reprenait le Petit Robert 2011 dans son article consacré à notre papillon:

 "MORIO [mɔʀjo] n. m.–1762 : latin des zoologistes, p.-ê. de maure, more « brun »"

ou aussi celle de l'Encyclopédie Universelle du site http://fracademic.com/

 

Emprunté au latin scientifique moderne morio (cf. LINNÉ Syst. Nat. 1770, t.1, 2e part., p.722, 1193 et 1221), lui-même probablement tiré de Maurus, v. maure, du latin Maurus « Africain » à cause de la couleur sombre de ce papillon.  

 

 

 

 


I. Les Noms français. 

 

1. Le Morio, Geoffroy 1762

— Étienne-Louis Geoffroy,  1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744 p. page 35.

   Geoffroy cite comme référence la Fauna suecica  de Linné (1746) dans laquelle l'auteur suédois mentionne pour cette espèce le nom vulgaire de Morio. Geoffroy est donc le créateur du nom français "Le Morio" par adaptation de sa forme latine due à Linné. 

2.  Le Morio, Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 1 planche 1 par  J.J Ernst gravée par J.J. Juillet.   

 

 3. Le Nymphale morio,  Latreille, 1817

Le Règne animal III, Les crustacés, les arachnides et les insectes Paris, Deterville 1817 page 546.

 

 

4. La Vanesse Antiope, Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodiqueParis : Vve Agasse tome 9, page 308 n°28 .

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

5. La Vanesse morio , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1823,  page 93 n° XXX. Planche V dessinée par Delarue et gravée par Naquet.

 

PAPILIO MORIO. (Linn. Faun. Suec. ) PAPILIO ANTIOPA. (Linn.Syst. Nat.) Envergure, 3 pouces environ. Le dessus des quatre ailes est d'un noir-rougeâtre et velouté, avec une bande jaunâtre, terminale, large, plus ou moins saupoudrée de noirâtre etc,.    

 

 

      

              

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal " le Morio" et comme autres  noms admissibles " le Manteau royal" —créé par Luquet en 1983— ; le "Velours" de l'auteur suisse R. Rappaz 1979 et  le" Manteau-de-deuil". Comme il le signale en note 80 le nom de "Manteau-de-deuil" cité par l'auteur suisse Paul-A. Robert en 1934 est la traduction littérale du nom vernaculaire allemand "Trauermantel". Il conviendrait donc d'en éviter l'emploi, selon la règle énoncé par C.G. Luquet page 5.

 

7. Étude zoonymique des auteurs français :

— Doux et Gibeaux 2007  page 132 :

Morio (nom donné par Geoffroy en 1762) : d'après le Dictionnaire de l'Académie française, Supplément de 1827, « entom., du latin morio, « topaze enfumée », à cause de la couleur de ce papillon ».

 

— Perrein et al. 2012 page 379 : 

Le nom français Morio donné par Geoffroy (1762) vient du latin morio "topaze enfumée", sorte de pierre devenant brun-noir pourpre au feu.

 

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

 

 

— Doux & Gibeaux 2007 : "Le Morio ".

 

— Perrein et al. 2012 : "Morio".

 

— Wikipédia : "Le Morio".


 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

      en allemand selon Esper : Der Trauermantel. Pleureusenvogel. Ici illustré (fig.3 et 4) par Hübner :HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; . http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

      

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas encore de nom en breton ; 

  • "Mantel alarus " en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

 

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

  Zoonymie des Rhopalocères : bibliographie.

  

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Nymphalis antiopa

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 20:37

Zoonymie du papillon la Lucine, Hamearis lucina (Linnaeus, 1758).

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

Hamearis Hübner, [1819] : selon Emmet (1991) du grec ἀμα (hama), "en même temps que" et ἔαρ (eär), "printemps", allusion à la période de vol des imagos.

 

lucina (Linnaeus, 1758) : du nom d'une divinité romaine primitive ou indigitamenta, Lucina, dont le nom issu de lux, lucis "lumière signifie "qui donne jour (à)" car elle protège les femmes qui l'invoquent lors de l'accouchement : chez les Classiques ce nom devient une épithète de Junon lucina, déesse des accouchements et de la Lumière. Mais elle peut, sur ordre de Junon, s'asseoir comme une vieille sur le seuil, genoux croisés et doigts entrelacés pour bloquer la délivrance dans l'accouchement de Hercule par Alcmène (Ovide, Met.9). Dans la publication originale de Linné, cette espèce est encadrée par Rumina, Levana, Prorsa, Maturna et Cinxia, qui sont également des noms de divinités romaines protectrices de la petite enfance, dans une série de "di indigetes" qui révèle, chez le savant suédois, l'accès à une source bibliographique inhabituelle, les Syntagmata de Deis (1565) de Giraldi.

 

— Noms vernaculaires : "Le Fauve à taches blanches" Engramelle, 1779 ; "L'Argynne Lucine" Godart, 1821 ;  "L'Éricine Lucine", Duponchel, 1849. "La Lucine". G. Luquet,1986. Malgré une reprise de l'épithète scientifique, le nom Lucine possède une sonorité poétique et une concision lapidaire qui l'ont rendu attachant. La robe sombre des ailes, échiqueté d'éclats or et argent a pu inciter Moses Harris a créer en 1766 le nom de "Duke of Burgundy", les ducs de Bourgogne Philippe le Bon et Charles le Téméraire portant le collier de la Toison d'or sur le drap noir commémoratif de la mort de Jean sans Peur.

 

                     Nom scientifique.

1°) Famille des Riodinidae Grote, 1895. Les Riodinidés. The Metalmarks

 

A.M. Emmet, 1991 page 151 :

 "From the genus Riodina Westwood, 1851, one of a group of anagrammatic or nearly anagrammatic names formed from Diorina Boisduval ; others are Diorhina Doubleday, E. and Riodinia Westwood. The derivation appears to be from διος (dios), divine, noble, remarkable ; ρις, ρινος, (rhis, rhinos), the nose ; from the long, porrect labial palpus characteristic of certain genera. The dropping of the aitch in the original name Diorina by Boisduval is usual with a French author."

 

Diorina : Le NHM (National History Museum) cite, à propos du genre Diorina,  Morisse plutôt que Boisduval comme auteur valide du genre : Morisse,1838 "Essai sur les genres Erycina, Diorina et Zeonia" Annales de la Société Entomologique de France, 6, pp. 417-428 page 421.

  En effet, bien que Morisse écrive "genre Diorina, Boisd[uval]", la publication de Boisduval n'est pas connue et Morisse se baserait sur des notes manuscrites de Boisduval. A. Morisse, du Havre, déclare dans son introduction avoir travaillé sur la collection de et avec l'aide de son ami parisien Boisduval. Charles Dessaline d'Orbigny qualifie Diorina de "nom de fantaisie". Diorina est le nom valide, et Diorhina Doubleday, 1847 (. List Spec. lepid. Insects Colln Br. Mus. (2) : 3.) est son nom junior.

 Riodina 

 Le nom Riodina  Westwood, 1851 , in Doubleday. Gen. diurn. Lep. 2 : 430 a été introduit par Westwood en remplacement du nom Erycina Fabricius, 1807 déclaré invalide par homonymie. 

Riodina Westwood [1851], fut placé sur la liste officielle des noms de genre valides en zoologie par l'Opinion 1073 de l'ICZN  : Bulletin of Zoological Nomenclature, 33 (3-4) : 172.

Riodinidae Grote, 1895 (1827), [genre du typeRiodina] fut placée sur la liste officielle des noms de Famille valides en Zoologie par la même Opinion de l'ICZN. 

Le Genre Riodina était inclu dans la sous-famille des Lycaenidés : Riodininae par Ackery et al., in Kristensen (1999), mais elle figure depuis  Lamas (2008) dans la Famille de Riodinidae : Rionininae.

 


2°) Sous-famille des Nemeobiinae Bates, 1868

Du  grec nemos "forêt, bois" et bios, "vie" : "qui vit dans les bois". 

 

 

2. Nom de genre :  Hamearis Hübner, [1819]

 

a) Description originale : 

        Hamearis, Jacob Hübner, Verzeichniß bekannter Schmettlinge., Augsburg ; Verfasser, 18816-1826 [1819],2, page 19

        — Description :

         Coitus 6 : Hamearien, Hamearides. Die Flügel benderlen gitterartig schweiz bezeichnet, am Saume mit äugigen Fleckgen geziert.

  • 126 Hamearis abarissa
  • 127 H. Epule
  • 128 H. lucina.

 

— Type spécifique: H. lucina Linnaeus, 1758, sélectionnée par Curtis en 1830.

— Ce genre renferme une seule espèce Hamearis lucina (Linnaeus, 1758)

—Synonyme : Nemeobius Stephens, 1827, Illustrations of British Entomology I p. 28.

 

 

 Origine et signification du nom Hamearis 

 

 

—A. Maitland Emmet (1991) page 151 : 

ἀμα (hama), at the same time as ; ἔαρ (eär), the spring : from the flight season of the next species. [lucina]

 

— Perrein et al. (2012) page 182 : 

"Étymologie : du grec hama, "en même temps que" et ear, "printemps", allusion à la période de vol des imagos."

— Arizzabalaga & al. (2012) 

Hamearis :  Del grec: vol de primavera


— site http://www.213.cz/etymologievyrazu.html
 Z řeckého ama = společně 
a z ear = jaro, petrklíč. .Du grec ama= "ensemble" et -ear =  "printemps,primevère"


Discussion.

               Le nom de genre Hamearis ne semble pas d'interprétation simple. J'ai pensé trouver de l'aide en plaçant ce nom dans son contexte de la classification de Hübner dans son Catalogue (verzeichniß). Les espèces sont réparties en Phalanges, Tribus, Stirps, Familles, et genres ou Coitus. Les rhopalocères appartiennent à la Phalange des Papiliones avec deux Tribus, les Nymphales ou Nymphes et les Gentiles ou Nobles, en continuité avec les six Phalanges du Systema Naturae de Linné. Chez Hübner, ses Nymphales —qui nous concernent ici— sont répartis en 9 Stirps ("racines") qui reçoivent le nom des différentes sortes de nymphes : Néréides, Limnades, Napaeae, Lemoniades, Dryades, Hamadryades. Ces Stirps sont divisés en Famille.

Le genre Hamearis appartient au 3ème Stirps des Napaeae regroupant les "Rurales" de Linné et Fabricius (ensemble regroupant des espèces de petite taille, comme les Piérides et les Azurés) 

Les "Nappées" sont dans la mythologie les nymphes des fleurs et des vallées.

Hamearis appartient à la première Famille, nommée Familia A : Gemeine, Frequentes. ("communs"). Elle est décrite comme Beyderley Flügel mit vielen kleinen Flecken geziert." Ailes ornées de nombreuses petites taches" et contient les genres suivants :

1. Euribyen, Euribiae : Dans la mythologie grecque, Eurybie (en grec ancien Εὐρύβια « la vaste violence »), fille de Pontos (le Flot) et de Gaïa (la Terre), est une divinité marine primordiale (avec Nérée, Thaumas, Phorcys et Céto). Elle est l'épouse du Titan Crios, de qui elle conçoit Astréos, Pallas et Persès. Hésiode la surnomme Eurybie « au cœur de fer ».

 2. Hamanumiden, Hamanumidae. Du grec hama "ensemble, en même temps" et numidos, "nomades". (Cf Hamadryades)

3. Polystichten, Polystichtes : comparer avec les fougères Polystichum : des mots grecs polys,"beaucoup" et stichos, "rangée".

4. Synargen, Synarges : du gerc syn-, ensemble.

5. Echenaien, Echenaides. : Echenaïde nymphe de Sicile tombée amoureuse de Daphnis, fils de Hermés et qui lui interdit d'aimer une autre femme sous peine de tomber aveugle . Il finit par céder aux demandes d'une princesse sicilienne qui l'enivra : Théocrite  Idylles

6. Hamearien, Hamearides.

7. Aphaciten, Aphacites. : Aphacite, surnom d'Aphrodite.

 

Nous avons vu que l'interprétation proposée pour le nom Hamearis par Emmet en 1991 et traduite par Perrein & al. en 2012 est : "Étymologie : du grec hama, "en même temps que" et ear, "printemps", allusion à la période de vol des imagos."  

 Néanmoins, on devrait avoir alors la forme Hamaearis. En outre, si la période de vol de H. lucina débute en avril et s'achève en mi-juin (Perrein & al.), c'est peu dire que cela n'est guère spécifique, et que au contraire cela regroupe de très nombreux genres. 

Certes, je n'ai pas de meilleure proposition. Parmi les sept genres de la Famille A des Napaeae, trois reçoivent des noms propres de nymphe (Echenaïde), ou de divinité (Euribia ; Apahcite), mais ce n'est pas le cas de Hamaeris qui reste inexpliqué comme  les genres Hamanumidae,  Polystichtes et Synarges. Rien ne permet de relier ces noms avec celui de nymphes (puisqu'ils appartiennent aux Nymphales et aux Napaeae). Néanmoins, le nom de la Famille A, Gemeine ("commun), Frequentes (fréquents) incite à constater que les noms Hamanumidae,  Polystichtes et Synarges et Hamearis ont un point commun, celui de comporter, dans la première moitié, l'idée de groupe, d'Ensemble dans l'acceptation mathématique du terme. Hama ou ham- = "ensemble", polys = "plusieurs, nombreux", et sun-, syn- = "ensemble, en même temps". Je suggère que Hübner a composé des sortes de synonymes du nom "Genre" en zoologie, "ensemble d'espèces ayant des caractères communs" en faisant des variations onomastiques sur cette notion de communauté. Les papillons sont des espèces qui volent dans la même période de l'année (hamanumidae, nomades ensembles ; polystiches, "en plusieurs rangs", synarges, "en même temps", hamearis "en même temps [au printemps]). Il est possible qu'il ait eu recours à cette astuce de composition aussi pour le genre Coenonymphae, "nymphes en commun". 

En conclusion, le rapprochement avec trois autres genres de la même famille des Gemeins (Communs) m'incite à valider la première part de l'hypothèse de A.M. Emmet voyant en Hamearis un nom composé du grec ἀμα (hama) "en même temps". Je reste dubitatif pour la seconde partie de la démonstration  ἔαρ -ear, "printemps" ; certes Godart signale en 1819-21 que la Lucine vole au mois de mai, et donc Hübner peut disposer de cet élément de phénologie. Enfin le rapprochement que fait Arizzabalaga avec la primevère (Primula), la plante-hôte de la Lucine vient clore poétiquement ce parcours, sans penser que cela exprime  une intention de Hübner. Dans sa description du Sammlung europäischer Schmetterlinge, page 8, Hübner précise seulement que "Alle diese gattungen fliegen auf Blumenreichen Plätzen vor und in Waldern".  

 Cela illustre les parcours de l’indo-européen commun *wésr̥  (« printemps ») qui a donné le grec ancien ἔαρ, éar, le lituanien vasara, le sanskrit वसन्त, vasanta (« printemps »), le russe весна, le latin ver, veris "printemps" puis le prima vera, "premier printemps" et notre primevère.

 

 

 

 3.  Nom d'espèce :  H. lucina (Linnaeus, 1758)

a) Description originale

Protonyme Papilio lucina  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. Page 480

 

N° 135 P[apilio] N[ymphalis] [Phalerati] Alis dentatis fuscis testaceo-maculatis, subtus fasciis duabus macularum albidarum.

— Habitat in Europa

b) références données par Linné: 

— James Petiver 1702-1706? Gazophylaci page 25  t.16 fig.10:
A.10 Papilio fritillarius minor Mus. nostr. 324. This hath been caught about Cambridege, but rare about London.

 — John Ray, 1710 Historia insectorum  page 122 n°12.

 

Papilio fritillarius minor Mus. pet. 324. Mr Vernon's small fritillary, Gaz. nat. t.16 f.10. Supina corporeis parte[...] 

 This was first observed by Mr. Vernon about Cambridge, afterwards in Hornsey-Wood near London by Mr. Handley and by Mr. Dandridge at Boxhill, and is pretty common about Dulwich.

— Non cité par Linné, mais par Petiver : James Petiver, 1695 Musei petiveriani page 35 n°324 :    
Papilio fritillarius minor. Mr Vernon's   Small Fritillary. Observed first by him in Cambridgeshire, and since that in Horney-Wood near London by Mr. Handley.

Par ce premier nom vernaculaire mondial de Mr Vernon's Small Fritillary, Petiver a placé cette espèce parmi le groupe informel mais puissant des Fritillary, forme anglaise équivalente de notre mot Damier ou Échiquier : or, les autres Frittilary sont des Mélittées et des Argynnes, donc de la famille des Nymphalidae, à laquelle n'appartient pas H. lucina.

c) Localité-type, répartition et description.

 — Localité-type  : Angleterre, désignée par R. Verity ( 1943. Le Farfalle diurne d'Italia 2. Divisione Lycaenida. Marzocco, Firenze. 2: 401 pp. Page 385.) en tenant compte de la première description donnée par james petiver et citée par Linné.

 Cette désignation est contestée par Honey, M. R. & Scoble, M. J. 2001. Linnaeus's butterflies (Lepidoptera: Papilionoidea and Hesperioidea). Zoological Journal of the Linnean Society, 132(3): 277-399. page 344.

— Selon Dupont & al. 2013, cette espèce a une répartition européenne. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Primevères.

— La Lucine est un papillon marron orné de rangées de damiers orange avec une partie basale marron et la ligne submarginale de damiers chacun centré par un triangle marron. Le revers est orange orné d'une ligne submarginale de triangles marron et aux postérieures de rangées de damiers blancs. Il vole en une seule génération en mai juin ou en deux générations entre avril et juin puis juillet et septembre selon la latitude et l'altitude. La Lucine réside dans les clairières et sur les lisières herbues . (Wikipédia)

 

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

 

  • Hamearis lucina fulva (Osthelder, 1925)

  • Hamearis lucina lucina (Linnaeus, 1758)

  • Nemeobius lucina (Linnaeus, 1758)

  • Papilio lucina Linnaeus, 1758

 

Curtis, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres : Pl. 316. 

 

Sous-espèces :

 Leraut retient la présence de deux sous-espèces en France : 

  •  lucina Linnaeus, 1758.
  •  fulva Osthelder, 1925. Localité-type : Bavière, Allemagne.

 


c) Origine et signification du nom  lucina.

        

 Les interprétations des étymologistes :

— Eugen J. C. Esper (1777-1829)  page 209

"Man könnte sich wundern, wie dieser Zweyfalter zu dem Namen Lucina , dem Namen des geburtsgöttin, gekommen ist. doch, wer sich entsinnet, daß dieses weiland auch ein Name des Mondes gewesen; daß Lucina etwas kleinäugiges heißt ;daß dieser Zweyfalter mondförmige Flecken, daß er in selbigen keine Augen, daß er dieses als etwas ihn charakterisierendes hat : der wird keine weiteren  Benennungsgründe begehren"

— Gustav Ramann (1870-1876), page 47 :

"wird als beiname, sowohl von der Juno, als von der diana gebraucht ; beide als beistand bei den geburten. bei der diana hat der name den Begriff der Lichtbringerin." 

— Anton Spannert (1888), page31 :

 "die Gottin des Lichtes und auch des lebtens."

— L. Glaser (1887) page 120:

"Geburtsgöttin, Zuname d. Diana"

— Arnold Spuler ( 1908) 1 page 52:

 "von lucus der Hain, Beiname der Iuno."

  — August Janssen (1980) page 42 :

"bijname van Diana" 

— A. Maitland Emmet (1991) page  151:

   "Lucina, the goddess who brings light or to light, hence the goddess of childbirth. Linnaeus gives reference only to Petiver and Rays and follows them in placing this species among the fritillaries ; Petiver seems to have originated the vernacular name "fritillary" and it is given as well in a footnote by Linneaus (1758 p. 480)."

 

 — Hans-A. Hürter (1998) page 291:

 Kirchenväter

Verfasser grundlegender kirchlicher Schriften des christlichen Altertums, deren Lehren von der Kirche anerkannt wurden. "Väter" nannte das christliche Volk schon im 2. Jhdt?.n. Chr. seine Bischöfe. Auf die verstorbenen "patres" berief man sich als auf die Zeugen christlicher Tradition. Erst vom 4. Jhrt. an gab man diesen Ehrentitel auch anderen von der Kirche als rechtgläubig  anerkantnten christlichen Schriftstellern der Antike; bekannte Kirchenväter z.B. :Ignatius, Tertullianus, Eusebios, Cyprianus, Athanasios, Gregorios, Chrystostomos, Ambrosius, Hieronymus, Augustinus etc. (nach Duden, S.1165, und Lamer IX, S.365).

"Indigetes wie Cinxia, Lucina usw sind Erfindungen der Priester, eine Juno Cinxia, Lucina u.s.w. gehört dem Glauben des Volkes an...

...Lucina ist bei Tertulianus der Indiges, der producat in lucem (zum Licht hervorbringt, zum Licht hinf¨hrt)"..."wo ausgeführt wird, daß der Indiges Lucina von Iuno Lucina verschieden ist..." (Rorscher,2,bd.,1. Abt., 1890-1894, S. 174 u.203)

 "Die Römer sezten Eileithyia mit Lucina oder Iuno Lucina, der Göttin der Geburt, gleich" (Rose, S.49)

Und so weiter page 291-292

—Luquet in  Doux et Gibeaux (2007) page 164  :

" : du latin Lucina "Lucine", l'une des épithètes de Junon, la divinité italique, puis romaine, qui présidait aux accouchements ; lucina dérive du latin lux, lucis "lumière" (Lucine, déesse de l'Enfantement, est littéralement "celle qui met au jour" les enfants). Selon certains auteurs, Lucina dériverait du mot latin lucus, qui signifie "bois", "bosquet", "bois sacré" ; cette interprétation est manifestement érronée."

 

— Perrein et al. (2012) page 182 :

  "Étymologie : de Lucina, épithète de Junon, déesse de la mythologie romaine qui apporte la lumière —ou éclaire—et préside aux accouchements en mettant au jour : du latin lux, "lumière"."

— Arizzabalaga & al. (2012) 

"Hamearis lucina Lucina, deessa de la llum i de donar a llum"

 

Discussion : 

        Hormis Hürter, les auteurs précédents ont présenté Lucina comme une épithète de Junon (ou de Diane) alors que nous allons avoir la preuve que Linné désignait sous ce nom non pas une déesse du Panthéon de la Rome républicaine ou impériale, mais une petite divinité primitive de l'héritage italique, sacralisation des périodes clefs de l'existence ou des actes de la vie quotidienne afin de se protéger des dangers inhérents aux transitions : la santé, l'enfantement et la petite enfance y prennent naturellement une grande place, mais les travaux agricoles et les phénomènes météorologiques également (vents, foudre), dans un total de deux cent divinités tutélaires, parfois nommées di indigetes (du verbe indigeto  - appeler (un dieu) par son nom, invoquer une divinité), ou indigitamenta ( du nom du livre des pontifes mentionnant leur liste).   Lucine, dont le nom évoque le latin lux, lucis "lumière" (mais aussi lucus, "bosquet") est celle qu'on invoque lors de l'accouchement, lorsque l'enfant "voit le jour". Comme tous les autres di indigetes, Lucine a été la cible des attaques des Pères de l'Église dans leur lutte contre le polythéisme et le paganisme : Tertullien notamment (De Anima) dénonce les superstitions des femmes appelant Lucine à leur rescousse.

L'hypothèse qui évoque la Mater lusina comme l'une des  étymologies de la fée-sirène Mélusine témoigne de la sédimentation sur ce personnage de croyances très anciennes.

Auparavant, voyons comment Lucina est mentionnée par Horace, Virgile et Ovide, auteurs chers à Linné :

a) Lucina dans le Carmen saeculare d'Horace.

Lucine y est ici donnée comme un synonyme latin de la déesse grecque Ilithya

Rite maturos aperire partus
Lenis, Ilithyia, tuere matres,
Siue tu Lucina probas uocari
     Seu Genitalis :

 

Toi qui fais murir le fruit de l'amour,
Ô douce Ilithyie, protège les mères
– Toi qu'aussi parfois on nomme Lucine
     Ou bien Genitrix –

Ilithya est, dans l'Iliade XIX qualifiée de "celle qui préside aux douloureux accouchements", celle "qui appelle à la lumière". Son nom évoque la racine ἐλευθ- (de ἐλεύσομαι, « venir, aller ») : Ilithyie serait « celle qui vient » ou « celle qui fait venir ».

 

b) Lucina dans les Bucoliques de Virgile, quatrième  Églogue. 

 C'est dans ce poème que Lucine, protectrice des accouchées, est  assimilée à Diane, sœur d'Apollon :

Églogue IV : 10 : Casta fave Lucina : tuus jam regnat Apollo

  "Souris, chaste Lucine, à cet enfant naissant; avec lui d'abord cessera l'âge de fer, et à la face du monde entier s'élèvera l'âge d'or: déjà règne ton[frère] Apollon."

c) Lucina dans les Métamorphoses d'Ovide, livre IX. 

 Lucine apparaît dans le récit nommé Alcmène et Galanthis (IX, 273-323) : elle y est, non pas la jalouse  Junon elle-même [Hera pour les Grecs], mais sa déléguée pour contrarier l'accouchement d'Alcmène que Jupiter a séduite. Or, Alcmène va donner naissance à Hercule, et l'enjeu est de taille.

Le personnage de Lucine est donc ici intéressant puisqu'il est ambivalent : la divinité dispose du pouvoir de mener le travail obstétrical à son terme, mais aussi d'en bloquer l'issue. Comme les femmes romaines dont l'accouchement se prolonge, Alcmène va invoquer Lucine, l'appeler à son secours, mais ce sera en vain. La maléfique Lucina a croisé ses genoux et y a entrelacé ses doigts, tenant ainsi serré le fil de déroulement du travail libérateur. La déesse sera finalement vaincue par la ruse de la servante Galanthis, qui payera son rire moqueur en étant transformée en belette (animal dont on pensait depuis Aristote et Pluatrque qu'il enfantait par l'oreille et accouchait par la bouche). 

 

[9,280]  Alcmène lui tint ce discours : " Puissent les dieux t'être favorables, et abréger pour toi les douleurs de l'enfantement, lorsqu'au moment d'être mère, tu appelleras Lucine à ton secours, Lucine, que la haine de Junon rendit impitoyable pour moi ! Le temps où le vaillant Alcide devait naître était arrivé. Déjà le Soleil entrait dans le dixième signe. Le poids extraordinaire qui chargeait mon sein annonçait l'œuvre de Jupiter;[9,290] je ne pouvais le supporter plus longtemps. Mes horribles douleurs semblent se réveiller encore en te les racontant; car c'est en souffrir une seconde fois que de m'en souvenir.

Septem ego per noctes, totidem cruciata diebus, Fessa malis, tendensque ad cœlum brachia, magno Lucinam Nixosque pares clamore vocabam. 

"Pendant sept jours et sept nuits, accablée par un travail horrible, et les bras tendus au ciel, j'appelais à grands cris Lucine et les dieux qui président à la naissance des mortels.

Lucine enfin paraît, mais séduite et gagnée par la barbare Junon, à qui elle a promis ma mort. Dès qu'elle entend mes cris, elle vient s'asseoir sur un autel antique, aux portes du palais; et, sur ses genoux qu'elle croise, pressant ses doigts entrelacés,

[9,300] elle prononce à voix basse, des mots secrets qui prolongent le travail et les douleurs. Je m'épuise en efforts. Dans mon désespoir, de vains reproches d'ingratitude accusent Jupiter. J'invoque le trépas. Mes cris auraient pu émouvoir les rochers. Les dames thébaines sont autour de moi; elles font des vœux, et m'adressent d'inutiles consolations. Une de mes esclaves, née dans une condition obscure, la blonde Galanthis, à me servir, à me plaire constamment empressée, soupçonne que l'implacable Junon agissait pour me nuire;[9,310] et, tandis qu'elle va, vient, sort, et rentre sans cesse, elle aperçoit la déesse sous le portique assise, entrelaçant toujours ses doigts sur ses genoux croisés : "Ô qui que vous soyez, dit-elle, félicitez Alcmène : ses maux sont finis, elle est devenue mère ". Lucine de dépit se lève à ces mots; elle relâche ses genoux et ses doigts, et soudain je suis soulagée : Hercule voit le jour. 

"On dit que Galanthis ayant trompé Lucine, éclata de rire; tandis qu'elle riait encore, la déesse irritée saisit ses blonds cheveux, la renverse, et l'empêche de se relever : soudain ses bras en jambes sont changés; [9,320] elle conserve son ancienne agilité; elle est blonde encore; mais elle a perdu sa première forme; et, parce que sa bouche facilita l'enfantement d'Alcmène par un mensonge, belette, elle enfante par la bouche, et fréquente familièrement les toits qu'habitent les mortels." 

 



d) Ovide, Métamorphoses, IX : 960 : Iphis et Ianthé.

 

 

Téléthuse redoute l'accouchement car son mari, trop pauvre, a décidé de tuer son enfant s'il s'agit d'une fille. Mais le cortège d'Isis apparaît à Téléthuse, la déesse lui conseillant de garder l'enfant quel qu'en soit le sexe. Ainsi, la jeune crétoise  Iphis est élevée comme un garçon à l'insu de tous : Lucine est mentionnée dans le discours d'Isis comme une figure métaphorique de la délivrance :

nec dubita, cum te partu Lucina leuarit, tollere quicquid erit.

 

[9,690]  Isis lui parle ainsi : "Ô toi qui me fus toujours chère, cesse de t'affliger. N'exécute point l'ordre de ton époux; et lorsque Lucine t'aura délivrée, quel que soit le sexe de ton enfant, ne crains pas de le conserver. Je suis une divinité secourable; j'exauce qui me prie.

 


Alcmène Galanthis et Lucine
Rusconi Giovanni - Montpellier - 1533  

                          image030.jpg

 

L'accouchement d'Alcmène, gravure de Virgil Solis pour le livre IX des Métamorphoses d'Ovide (1581). 

                                  220px-Virgil_Solis_-_Alcmena.jpg

N.b : en 1775, Cramer a donné le nom de la servante Galanthis à un papillon américain, un Nymphalidae Charaxinae nommé actuellement Siderone galanthis. Il nomma aussi en 1775 un papillon d'Inde et de Madagascar papilio Alcmène. Galanthis prend dans les Métamorphoses d'Antoninus Liberalis le nom de Galinthias : c'est aussi l'épithète spécifique d'un papillon, Spilopastes galinthias Hopffer, 1856.

e) Lucina et les autres auteurs latins

Je pourrais encore citer les Heroides VI d'Ovide, les Élégies de Tibulle (III,4), la pièce Aulularia de Plaute (IV,7), ou les Adelphes de Térence (III,4)...

Miseram me, differor doloribus. Iuno Lucina, fer opem: serva me, obsecro. He :  "Ah! que je souffre! quelles douleurs! Junon Lucine, à mon secours! Aie pitié de moi, je t'en conjure!", 

... ou l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien (XVI, 105). Ou encore ... Ah, basta !

f) Lucine, Linné, et la série des six di indigetes :

     Mais le sujet d'étude du zoonymiste n'est ni la religion romaine, ni la mythologie, ni la littérature latine,— même s'il ne boude pas son plaisir de satisfaire sa libido sciendi,— mais la découverte des raisons du choix du nomenclateur.  Ici, le nom Lucina  s'intègre chez Linné dans une série de six divinités , Rumina, Levana,  Prorsa, Lucina, Maturna et Cinxia, dont les noms  se succèdent à la page 480 du Systema Naturae de 1758 du n° 132 au n°137.  Dans ce contexte, Lucina n'est plus une épithète de Junon, mais appartient à ces divinités primitives protégeant respectivement l'allaitement, la reconnaissance du nouveau-né par le père, l'accouchement eutocique, la naissance, la croissance du blé, et la nuptialité. Cette série de di indigetes permet donc d'affirmer que c'est à ce titre, et non sous la forme postérieure de Junon lucina, que cette divinité est citée (Cinxia deviendra également une épithète de Junon dans la Rome classique). Or, si les autres noms auxquels Linné fait appel pour composer son grand système onomastique des Noms Propres des lépidoptères avec ses Phalanges des Chevaliers grecs et troyens, des Muses de l'Hélicon, des Danaïdes et de leurs maris et des Nymphes, trouvent pour la plupart leur source dans un ouvrage d'un auteur latin, les Fabulae d' Hyginus, ces six noms ne sont pas cités par Hyginus, ce qui révèle que Linné a disposé d'une autre source. John Lewis Heller a identifié celle-ci comme étant le Syntagmata de Giraldi.

 

d) Lucine (et les autres) dans les compilations mythologiques disponibles à Linné.

 Aborder l'étude d'un nom linnéen par le biais des ouvrages de sa bibliothèque ou, à défaut, des ouvrages disponibles à son époque semble plus judicieux que de l'étudier à partir de nos propres données encyclopédiques.  

Les Syntagmata de Giraldi, érudit humaniste à la cour d'Este à Ferrare après avoir été disciple de Pic de la Mirandole et au service du cardinal Rangoni, est l'une des compilations des données de la littérature grecque et latine, classées par thèmes et réalisés à la Renaissance par des érudits. Quatre de celles-ci ont été particulièrement consultées et diffusées:

—Giraldi , Giglio Gregorio (1479-1552) 1565  Lelio-Gregorio Gyraldi De Deis Gentivm Libri Sive Syntagmata XVII. : Quibus varia ac multiplex Deorum Gentium Historia, Imagines ac Cognomina, plurimaque simul multis hactenus ignota explicantur, clarissimeque tractantur. Lugduni : haeredes J. Junctae . Edition princeps :  De dei gentium varia multiplex et historia Basles, Johannes Oporinus 1548. Edition révisée et augmentée Basles, 1560. Edition tardive dans l'Opera Omnia par Johannes Jens, Leyden 1696, 

—Natale Conti : Mythologiae sive explicationum fabulorum 1567 (La Mythologie, )

— Vincenzo Cartari, Imagini delli dei degl'Antichi Francesco Martolini Venice 1556 (Images des dieux, )

— Boccace, de Genealogia, deorum gentilium (La généalogie des dieux, traduit en français en 1531).

Dans la Généalogie des dieux de Boccace, on trouve Lucina employé deux fois [  1, 11   utero iacere, eo quod inuocata Lucina  fauere partui noluisset ob id / 1, 11; non erat enim Lucina  non nascituro seu partui non] et Lucinam une fois [ 1,3 :cum non haberet quam inuocaret Lucinam,  madens tota in sudorem uidebatur]. Dans l'édition annoté par Mycillus, on trouve trois occurrences dans la Table : page 88 Lucina est une appellation de Luna. Page 89 on lit " Dicunt eam etiam vocari Lucina, ut in odis Horaius. Te Lucinam probas vocari &c. quam parturientium deam vocant, & cur sic dicta sit, paulopost dicetur" . Page 303 on lit   Iuppiter apud Superos dixisset die illa nasciturum hominem qui omnibus circumvicinis dominaretur, Iuno id fecit iuramen- to confestim descendit in terras et retinuit Lythiam, quam nos Lucinam dicimus, deam parturientium, apud uxorem Ste- leni pregnantem iam septem mensium, et ex utero eius eduxit filium VII mensium, qui vocatus est Euristeus

 

 mais on ne trouve ni Prorsa, ni Rumina, ni Maturna : ce n'est pas la source de Linné. 

L'ouvrage de Giraldi, communément nommée De Deis (l'Histoire des dieux) ou surtout les Syntagmata, a été publié à Lyon en 1565, après une première édition de 1548, mais a été précédé de son Syntagma de Musis publié en 1511 par Matthias Schürer à Strasbourg et qui est une autre source pour les Heliconii de Linné. C'est une somme monumentale de près de 800 pages qui fait la compilation de 473 auteurs grecs et latins. Quatre cent soixante-treize auteurs ! Giraldi avait sans-doute profité de son séjour entre 1527 et 1533 au château de Mirandole pour bénéficier de la bibliothèque mirandolesque, puis de son amitié avec Celio Calcagnini, qui conservait dans sa bibliothèque 1249 ouvrages.

Les petites divinités de la Rome ancienne sont décrites dans un chapitre nommé  Miscellanei dei. Giraldi signale d'emblée qu'il prend ses informations dans les écrits de Varron. Lucine elle-même n'y est que brièvement citée, comme synonyme de Partunda. 

Partunda dea parientiuem, lucina alio loco leges

"Partunda, divinité de l'accouchement ; on trouve ailleurs "Lucina" ".

Le nom de Partunda (de partus, "accouchement") évoque à l'entomologiste le theclinae brésilien Calycopis partunda, qui a été décrit par William Chapman Hewitson en 1877 sous le nom initial de Thecla partunda. Le jésuite François Pomey écrit " Je ne vous dirai rien au sujet de Partunda pour épargner votre pudeur. Saint Augustin m'en avertit lui-même quand il dit de cette divinité parcatur humanae verecundiae ". J'ignore ce que ce voile de pudeur dissimule, mais cela doit être particulièrement choquant, car Pomey a décrit sans aucune vergogne le dieu Priape ou Mutinus, et le fait que "Les Matrones par un culte aussi modeste que religieux [sic] obligeaient la nouvelle mariée de s'asseoir sur la figure qui le représentait ."

 

http://reader.digitale-sammlungen.de/resolve/display/bsb10196853.html

                                             180px-Lilio_Gregorio_Giraldi_De_deis_gen

 

— Lire : K.A.E Enenkel,  Giraldi and Havrech, mythographers  in Gilbert Tournoy Humanistica Lovaniensia


e) Jean-François Pomey, autre source possible de Linné ?

        C'est John Lewis Heller qui a démontré que Linné avait eu recours aux Syntagmata de Giraldi, avec comme argument que cet ouvrage contenait la série des six noms de divinités primitives (Rumina, Levana,  Prorsa, Lucina, Maturna et Cinxia) . Mais Linné aurait pu également les trouver dans le livre du jésuite J.F. Pomey : 

 François-Antoine Pomey 1732 Méthode pour apprendre l'histoire des faux dieux ou l'antiquité.

On y trouve en effet les chapitres suivants :

  • Les dieux nuptiaux. page 416. cf Manturna (sic) et Cinxia
  • Les divinités qui présidaient aux femmes enceintes. p.419  
  • Les divinités qui présidaient aux femmes en couche. p. 420 : Lucina ; Prorsa.
  • Les divinités qui présidaient à la naissance des enfants. p. 422 : Levana, Rumina
  • Les divinités qui présidaient aux adultes. p. 424. 
Voici la description de Lucina : 

La première était Junon Lucine. On la représentait avec une main libre comme pour recevoir l'enfant au sortir du sein de sa mère. Elle tenait de l'autre un flambeau allumé qui signifiait la lumière du jour qu'elle communiquait par le moyen de ce flambeau, aux enfants qui venaient au monde 
J'ajouterai que l'on trouve dans ces listes des noms qui seront utilisé par Linné (Latone ; leucothoe ; Aegeria) ou par Fabricius (Edusa) ou par Hufnagel (Statilinus). 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 

I. Les Noms français. 

 

 

 

1. Le  Fauve à taches blanches,  Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1             page 61  n°25   Planche XVI fig.25 a-b dessinée par  J.J Ernst .  

 

 

 2. Nymphale Lucine  Latreille, 1804

Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés  Volume 14 page 35 n°30.

 

 

3. Argynne Lucine , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Entomologie, ou Histoire naturelle Paris : Vve Agasse tome 9, page 288 n°57 .

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

4. Argynne Lucine, Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, page 82 n° XXVI  planche 4quart. fig.3 peinte par Vauthier et gravée par Lanvin.

Godart ne donne ni la description de la chenille ou de la chrysalide, ni l'identification de la plante-hôte.


        Planche 4quart © BHL                 

        n130_w346

 

 

5. Éricine Lucine, Duponchel 1849.

Duponchel, 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère,  page 86

Duponchel décrit en 1849 la chenille, sa chrysalide et les plante-hôtes, "différentes espèces de Primevères (Primula)".  Planche IX ©BHL fig.33 a et b peinte par Dumenil.


                       n106_w330

     

 La première description en français des stades intermédiaires est donnée en 1835 par  Adrien-Prudent  de Villiers, et Achille Guenée  dans les Tableaux synoptiques des lepidopteres d'Europe, : "Vit en juin et septembre, sur la primevère Primula officinalis et différentes espèces de Rumex."


 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986 et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal "La Lucine" et écarte en raison de sa longueur "la Fauve à taches blanches" et en raison de sa donnée erronée "la Faune* à taches blanches"

* nom (fautif) mentionné par Eric Verbist 1982, Les Noms vernaculaires de France et de Belgique,  de inheemse namen van de Lepidoptera van België an Frankrijk (lexique français/néerlandais/anglais), 244p. 5 pl. institut Libre Marie Haps édit., Bruxelles.

 

 

 

7. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Nemeobius lucina mais ne citent dans leur texte page  de nom vernaculaire.

 

— Doux & Gibeaux 2007 : "La Lucine ".

— Lafranchis, 2000 : "Lucine" .

— Perrein et al. 2012 : " Lucine".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "La Lucine".

— Wikipédia : "La Lucine  ".


 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

 

  • "Gullvivefjäril en suédois : de Gullviva, "Primevère"
  • Schluesselblumen-Wuerfelfalter en allemand, Perlbinde Frühlingsscheckenfalter 
  • "Pavasarinis margūnas" en lithuanien
  • "Noppaperhonen" en finnois
  • "Terningsommerfugl" en danois
  • "Kockáslepke" en hongrois : papillon cube
  • "Gaiļbiksīšu sīkraibenis" en letton … de la primevère
  • "Pegavac" en serbe : Typique
  • "Люцина" en macédonien
  • "Pestrobarvec petrklíčový" en tchèque
  • "Smeđi pirgavac" 
  • "Wielena plamowstęg" en polonais
  • "İncilikelebek" en turc
  • "Nurmenukuliblikas" en estonien
  • "Hájovník prvosienkový" en slovène
  • "Люцина" en ukrainien ou en russe. "Lucina"
  • "sleutelbloemvlinder" en neerlandais Papillon de la Primevère
  • "Papallona de la prímula" en catalan : "Per l’especificitat de la planta nutrícia, la prímula (Primula spp.)"
  • "Perico en espagnol

 

Commentaire sur les noms allemands.

— Schluesselblumen-Wuerfelfalter : "papillon-cube de la Primevère". La Primevère est nommée "Schluesselblume" en raison de la ressemblance de l'inflorescence avec un trousseau de clefs.  Le nom allemand Wuerfel signifie "dés à jouer" allusion aux marques noires des ailes, ou, indirectement, au nom "fritillary" qui dérive du latin fritillus,i "cornet à dés", puis du bas-latin désignant le plateau de jeu sur lequel se lancent les dès, et, par là, le damier : tous les papillons aux ailes mouchetées de noir dur fond jaune ou fauve est nommé Fritillary en anglais 

— Frühlingsscheckenfalter  "Fritillaire du Printemps"

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— Hübner nommait Papilio lucina "Randäugiger Falter" dans son Sammlung europäischer Schmetterlinge 

— Esper le nommait dans Die Schmetterlinge page 106 Tab. XVI fig.1 "Die kleinste Perlenbinde- The Least Frittilary : "Le plus petit des Fritillaires (des Damiers ; des Perlés) : ce nom reprend la constatation faite par Petiver dans son Gazophylacii : "It's the least of all the Fritillaries yet' known".

— Müllers : Das Fleckenbande : la bande tachetée.

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "coegfritheg" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais selon M. Salmon (2000).

 

  • "Mr Vernon's Small Fritillary" : Petiver, 1699  & 1717 ; J. Ray, 1710.
  • "The Duke of Burgundy Fritillaria", ou "The Burgundy" : Harris, 1766.
  • "The Duke" : Rennie, 1832.
  • "The Duke of Burgundy Fritillary" : Morris, 1853 ; South, 1906 ; et la plupart des auteurs suivants.
  • "The Duke of Burgundy" : Helsop, 1959.

William Vernon (ca 1660-1735), est surtout connu par ses voyages en Amérique et par les spécimens qu'il en adressa à ses amis James Petiver et John Ray ; mais ce fut aussi le premier naturaliste anglais spécialisé dans les papillons de nuit. Et ce fut le découvreur de trois papillons rares : Hamearis lucina, Pontia daplidice et Argynnis lathonia. C'était un homme cultivé, né à Hertfortshire, et qui avait suivi ses études à Cambridge, où il finit sa vie comme membre du Peterhouse College. On pense qu'il fut élu à la Royal Society en 1702, bien qu'il n'ait jamais signé le registre. Il était aussi membre du Temple Coffee-House Botany Club de Londres, où se rassemblaient à dates régulières des botanistes et des naturalistes, ce qui lui permis de rencontrer Hans Sloane, Petiver et Martin Lister. Il rencontra aussi Eleanor Glanville, dont il écrit "Une dame vint à la ville avec la plus prestigieuse collection de papillons [...] qui nous rendit honteux". Il était l'un des meilleurs amis de John Ray, à qui il rendit rapidement visite avant sa mort, le trouvant "très vieilli et très affecté corporellement", mais avec l' esprit encore "très vert". 

En 1698, Vernon fit un voyage dans les colonies d'Amérique pour une longue expédition financée par la Royal Society et le Gouverneur du Maryland pour "Observer et décrire tous les produits naturels de tout genre". Petiver raconte comment Vernon, often over a Commemorative Glass wisht to arrive their [there] before the Moss-cropping Season". Vernon était impatient de découvrir de nouveaux papillons américains, chose assez aisée à l'époque. Il resta au Maryland environ un an, écrivant à cette occasion avec enthousiasme à Sir Hans Sloane pour décrire sa découverte de "plusieurs Curiosités des Sciences Naturelles" qu'il se promettait de décrire une fois rentré. En quittant l'Amérique, il ramenait un milliers d'insectes, dont la plupart était certainement nouveaux pour la science. 

Vernon collectionnait manifestement les papillons dès 1696, date la plus probable de sa capture de Hamearis lucina, ou, comme Petiver l'inscrit dans son catalogue, de "Mr Vernon's Small Fritillary". Il semble que le Pontia daplidice, que Petiver nomma "Mr Vernon's half-Mourner" ("le Demi-deuil de Mr Vernon"), et le "Riga Fritillary", nom sous lequel était connu Argynnis lathonia, furent capturés plusieurs fois au même endroit à White Wood, près de Gamlingay, dans le comté de Cambridgeshire. La liste de Petiver suggère que Vernon captura son premier P. daplidice vers 1699, après son retour d'Amérique, et qu'il en attrapa plusieurs autres par la suite. Il est possible que l'un d'entre eux soit le spécimen du Hope Department d'Oxford, daté de mai 1702, et considéré par E.B.Ford comme l'un des plus ancines spécimens de papillon existant. (il serait le plus ancien "pinned and set butterfly"). On ignore si ces papillons migrateurs s'étaient temporairement établis dans le Comté de Cambridgeshire, ou si quelqu'un avait relaché à l'insu de Vernon des papillons importés. Mais on rêve encore de la partie de chasse aux papillons longue de neuf miles que raconte dans un courrier l'entomologiste J.C.Dale, où Vernon déjà âgé ramena plus de soixante sortes de papillons ! [Traduction non qualifiée et non certifiée du texte de M. Salmon The Aurelians, page 108]

 


Origine du nom The Duke of Burgundy Fritillary.

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Ce nom est considéré comme une énigme, à moins que, comme Chambers en 1946, on le déclare  "just as attractive (Chamber's Journal, 1946).P. J. Torrie, (Crossways, Broomrigg Road, Fleet, Hampshire) déclare que malgré de longues recherches il n'a pas trouvé de réponse satisfaisante à cette question, et Denis Owen rétorqua en écrivant que "Duke of Burgundy Fritillary est un grand nom pour un petit papillon assez insignifiant, et comme Mr Torrie j'ai essayé pendant des années de retracer l'origine de ce nom, mais sans succès" (1985). La manière la plus "british" de s'en tire est d'utiliser l'humour, comme Francis Orpen Morris  en 1864 qui donnait  dans A History of British Butterflies le commentaire suivant  de sa planche  :  

 The high-soudning and sesquipedalian name of this small species is by no means in harmony with its diminutive size. So far, the name is appropriate, in that Dukes and these butterflies are alike somewhat rare, and from my blazon of the plate it will be see that the latter, as is only Ducal, have numerous quarterings.

 Cet humour est plagié en 1890 par W. Dale page 82  de son History of our British Butterflies :

 

Why this little butterfly was named the Duke of Burgundy must remain a mystery, as the high sounding and sex-quipedalian name is by no means in harmony with the diminutive size of the species, but "Parvum parva decent », says the proverb.  

Ce nom sesquipédal  (du latin : "qui fait un pied et demi de long", interminable) a été créé par Harris  : 

 "The Duke of Burgundy Fritillary, commonly called the Burgundy, is one of the four Fritillaries which want the silver spots, and is the least of them all. They always fly in woods very high above the grass. Their most plentiful time of flight is about the middle of May. They are very Nimble, yet I cannot say they are difficult to take."

 

Puisque les recherches achoppent depuis près de 250 ans, Harris me charge de vous donner la solution : le duc de Bourgogne Philippe le Bon (1396-1467) devint duc après l'assassinat par les Armagnacs de son père Jean sans Peur le 10 septembre 1419 lors de l'entrevue de Montereau: 

Ne pouvant venger ce meurtre immédiatement,  , Philippe fils unique de Jean sans Peur, décide alors d’adopter pour lui-même et les gens de sa maison un deuil qui ne finira jamais et de ne se vêtir que de noir toute sa vie durant :   loin d’être de simples robes de bures, ses vêtements noirs sont au contraire d’une beauté et d’une richesse extraordinaire. Les teinturiers flamands vont ainsi développer un savoir faire unique à partir de la noix de galle pour produire de « très beaux noirs, solides et brillants ». Et cette mode va déferler sur toute l’Europe.

 C’est aussi Philippe III de Bourgogne qui créa le très prestigieux ordre de La Toison d’Or. 

Ce collier, avec ses pièces d'or sur un drap noir, crée un effet de damier qui a incité Moses Harris à comparer les ailes sombres à taches or et argent de H. lucina avec la tenue du Duc de Bourgogne. La comparaison fonctionne aussi avec Charles le Téméraire :

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            Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : hamearis

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Hamaeris lucina

— UK Butterflies : Hamearis 

— lepiforum : Hamearis lucina

jardinsauvage.fr : Hamearis lucina

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :

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http://www.museugranollersciencies.org/uploads/arrizabalaga-et-al-butlleti-103.pdf 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

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 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

— Numen. The Latin lexicon :  http://latinlexicon.org/index.php

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

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— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

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— GOEDART (Jan), 1685, Johannes Goedartius de Insectis nin methodum redactus cum notularum additione, operâ M. Lister, e Regia Societate Londinensi, Smith : London, 1685 : Bibl. Strasbourg

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

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— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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