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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 18:26

Zoonymie (étude du nom) de la Petite Violette Boloria dia (Linnaeus, 1767).

 

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

— Boloria Moore, 1920 : ce genre passait pour un néologisme vide de sens, mais il reprend en réalité le nom de Bolor, une grande chaîne de montagne formant la partie est du Pamir, chez les Ouïghours. C'est à Marco Polo que l'on doit la première description du Bolor Tagh en 1271 ; et en 1892 il est traversé par un héros de Jules Verne, Claudius Bombarnac. La plupart des espèces décrites par Frédéric Moore dans ce genre Boloria fréquentant des altitudes de 3500 à 4500 mètres : Moore était conservateur du Musée de la Compagnie anglaise des Indes orientales.

— sous-genre Clossiana Reuss, 1920, du nom d'Adolf Gustav Closs, président d'une association d'entomologistes berlinois qui fit paraître en 1919 un ouvrage sur les papillons de la région de Berlin.

dia (Linné, 1767) : divinité de la jeunesse — comme la déesse grecque Hébé— ou de la croissance agricole — comme Céres—sous le nom de "Dea Dia" dans la religion romaine primitive : c'est l'un des huit noms de  di-indigetes  (divinités des premiers romains) dont Linné a baptisé ses Nymphales ; non seulement Lucina et  Cinxia (dont Linné souligne la ressemblance avec Dia), mais aussi  Levana et Prorsa, Rumina et Maturna

—C'est Engramelle qui en 1779, après avoir nomme le Papilio daphné "La Grande Violette", donna le nom de "La Petite Violette" à B. dia. Il fut repris par Godart en 1821 ("Argynne Petite-Violette") et les auteurs suivant, avant d'être confirmé par G. Luquet en 1986 dans sa forme initiale de "Petite Violette". Le nom pourrait se rapporter à la plante-hôte ( du genre Viola), mais il signale plutôt la teinte caractéristique du revers des ailes postérieures.

 


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

      Nymphalidae ; Heliconiinae ; Argynnini ; Boloriina. 

A. Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815

 

1.  Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]

2. Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 

3.Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870

4.Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 

5.Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840

6. Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827

7 .Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886.

 8.Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

B. Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 

Pelham & al. (2008), se référant aux travaux de Koçak (1981), considèrent Heliconiinae Swainson, 1827, comme invalide, au motif que le nom donné par Swainson est fondé sur le nom générique Heliconius Latreille, 1804, qui est un homonyme d’Heliconius Kluck, 1780. Ces auteurs préconisent l’utilisation d’Heliconiinae Swainson, 1822 (planche 92, « Heliconiae »).

Le nom Heliconiinae provient du genre heliconius créé par Kluk, 1780; Hist. nat. pocz. gospod. 4: 82.

 


 C. Tribu des Argynnini Swainson, 1833 ( Hopeatäplät en suédois,  Fritillaries en anglais.Argynnes ou Nacrés).

Du nom Argynnis créé par Fabricius en 1807 d'après un épithète de Vénus. Argynnus était une femme aimée par Agammemnon, et à qui il érigea après sa mort un temple où Aphrodite/Vénus était vénérée. Ce nom servit pour désigner la famille des fritillaires nommée auparavant "Perlati" par Latreille en raison de l'aspect nacrée des faces postérieures des ailes. A.M. Emmet soupçonne Fabricius d'avoir joué sur le rapprochement avec le grec arguros, "argent", en lien avec cette couleur argentée des ailes.

 Cette tribu des Argynnes se divise, pour les espèces françaises, en deux sous-tribus:

  • Sous-tribu des Boloriina Warren, dos Passos & Grey, 1946 auquel appartient le genre Boloria Moore, 1900
  • Sous-tribu des Argynnina Swainson, 1833.

 Histoire des Argynnes.

  • 1777 : Scopoli crée le groupe argyreus, qui inclut quelques argynnes.
  • 1807 : Fabricius créé un Genre Argynnis (espèce-type: P. paphia). 
  • 1810. Latreille, dans ses Considérations page , regroupe sous son Genre Argynne les genres Argynnis et Melithaea de Fabricius.
  • 1821 : Godart reprend le genre Argynne regroupant les genres Argynnis et Melitaea de Fabricius, soit des espèces vulgairement nommées alors  Damiers et Nacrés (page 50).
  • Une sous-famille Argynninae est issue de la publication de  Duponchel, 1835 

 

d. Sous-tribu des Boloriina Warren, dos Passos & Grey, 1946

Genre Boloria Moore, 1900

 

2. Nom de genre : Boloria, Moore, 1900.

 

a) publication originale.

 Boloria Moore, 1900; Lepidoptera Indica, 4 page 243, TS: Papilio pales Denis & Schiffermüller. 

Il comporte en France dix espèces, dont quatre dans le sous-genre Clossonia :  le grand Collier argenté B. euphrosyne (Linnaeus, 1758), le Petit Collier argénté B. selene, le Nacré porphyrin B. titania (Esper, [1793]), et la Petite Violette B. dia (Linnaeus, 1767).

 

 


b) étymologie du nom de genre.

    Selon A.M. Emmet (1991), le nom vient  "du grec βολος (bolos), un filet à poisson : du schéma réticulaire des ailes".

H. A. Hürter ne croit pas à cette étymologie, et rappelle l'opinion de Emmet lui-même, qui indiquait à propos du genre Chazara que la plupart des noms de Moore était des néologismes vides de sens. C'était vrai aussi de Ladoga, Moore 1898, et sans-doute de noms d'espèces comme bimbisara, ananta, anjana, cartica, celebica, clinia, duryodana, jumbah, mahendra, manasa, et cetera, ou de ceux que l'on peut découvrir en feuilletant le Lepidoptera indica.                 Quoique... le cocasse bimbisara se révèle être issu du nom de Bimbisâra, premier roi de la dynastie indienne du Magadha, et il faut peut-être chercher la source des noms de Frédéric Moore dans la culture indienne.

On sait que Fredéric Moore (Londres 1830-Londres 1907) était conservateur du Muséum de la Compagnie anglaise des Indes orientales.

  La chaîne montagneuse de Bolor forme en géographie, avec celle de l'Himalaya, le Système Bolor-Himalaya, et sépare, en territoire chinois, le Thianchan-nianlou, avec le Turkestan indépendant. C'est du moins la description qu'en donnaît Adrien Balbi en 1843 (page 237). On comprend qu'il s'agit là de quelque chose de plus conséquent que le filet à poissons d'Arthur Maitland Emmet. Bolor était aussi le nom des peuplades qui y vivaient. Le Bolor, ou Belour tagh, en ouïgour Boulit tagh, signifierait Mont des Nuages ou des Cristaux (Bolor), mais accueille aussi le Mont des Oignons, ou Montagnes Bleues (Malte-Brun, Géogr. Univ. p. 9). C'est là que Marco Polo observa cet air raréfié empêchant un feu de s'entretenir, là que Humbolt décrivit de rares cols à travers une contrée âpre et impraticable. Le Bolor tâgh ! Un nom oublié mais qui remplissait de respect et d'effroi les voyageurs de jadis. Un décor de Jules Verne! 

 "Claudius Bombarac" est un roman de Jules Verne paru chez J. Hetzel en 1892 : le héros, reporter ambulant pour "le XXe siècle" écrit au chapitre XVII :

  "Nous sommes lancés sur les rails d’un chemin de fer chinois à voie unique, traînés par une locomotive céleste, conduits par des mécaniciens de race jaune. [...]Notre train ne marche qu’à une vitesse modérée depuis qu’il a quitté Kachgar. Sur l’horizon opposé se dessinent les massifs du plateau de Pamir, puis, vers le sud-ouest, s'arrondit  Bolor, c'est-à-dire la ceinture kachgarienne, où pointe la cime du Tagharma"

 On le situe mieux comme la chaîne longitudinale située à l'est du Massif du Pamir, s'étendant des Monts Kunlun (haut-lieu du Taoïsme) au sud jusqu'à l'est du chaînon Trans-Alaï. On le trouve sur les cartes sous les noms de Chaînon Kasgar, Cordillière Kunlun, et ses sommets culminants sont le Kongur Tagh (7649m) et le Mustagh Ata. Il appartient tout entier à la province chinoise du Xinjiang ou Turkestan oriental, chez les Ouïgours. C'est Marco Polo qui lui donna le nom de Bolor, lors de son voyage en Chine en 1271 (ici).

 

                                    350px-Mt_Kongur_Lake_Karakul_Xinjiang_Ch

 

 En 1959, Antoine Mostaert publia les Chroniques mongole écrite par  Rasipungsu-y (1774) sous le titre de Bolor Erike (Cleaves, Cambridge, Mass. 5 vol.) :  ce manuscrit Dai Yuwan-u Bolor Erike biçig ou "Écrits Chapelets de cristaux des Dai Yuwan" est constitué de neuf cahiers en papier chinois.

 Mon hypothèse prend plus de poids lorsqu'on reprend la lecture de Lepidoptera indica après ce séjour parmi les purs Cristaux sertis dans l'Azur.

—La première espèce du genre BoloriaB. sipora, a été trouvé dans une vallée du Cachemire (vallée de Boorzil). Sipora ou Sipura est une petite île au large de Sumatra.

— B. generator se trouve en Turkestan, en Afghanistan, dans la vallée de Skoro la (maps), à des altitudes de 11000 pieds, soit 3350 mètres.

B. hegemone se plait dans les Montagnes Célestes (Tian Shan), à Namangan (Ouzbékistan), au nord ladak, et à 15 000 pieds d'altitude.

— B. jerdoni (ex cashmirensis Moore, 1874) se trouve...au Cachemire entre 6500 et 8500 pieds d'altitude.

— B. chitralensis, vient de Chitral, Shitrâl au nord du Cachemire.

— B. gemmata vient de l' est de l'Himmalaya, à haute altitude.

— B. altissima habite la vallée du Chumbi, (3000 mètres), Sikkim, à la frontière tibétaine, au Bhotan.

— B. Mackinnonii vient du Nord-Ouest de l'Himalaya : Mackinnon l'a trouvé à 11 000 pieds dans la vallée de Buspa.

— B. clara vient du nord-ouest de l'Himalaya, à 14 000 pieds d'altitude.

    Je crois avoir montré que l'hypothèse que Moore ait donné le nom de montagnes mythiques, Bolor tagh ou Monts de Cristal à un genre où il décrit des papillons qui vivent entre 3500 et 4500 mètres d'altitude n'a rien de fantaisiste.

 Cette trouvaille me permet aussi de reconsidérer l'aphorisme de Emmet sur le nom de Chazara, néologisme vide de sens : il suffit de le placer dans le moteur de recherche pour obtenir la réponse : Chazar "forme alternative de Khazar"...région citée de nombreuse fois par Moore.

 D'une façon générale, les espèces du genre Boloria semble être capable d'affronter les conditions extrêmes, puisqu'on y trouve le Nacré lapon B. chariclea et le Nacré polaire B. polaris, papillons de la toundra arctique, ou le Nacré boréal B. frigga.

N.b : il est aussi possible de reconsidérer le cas du nom de genre Lopinga, Moore, 1893 (cf. La Bacchante Lopinga achine) : la publication Lepid. indic. (2) page 11 indique que les papillons ont été découverts par Oberthür lors de son voyage au Yunnan. Or, les géographes du XVIIIe parlaient d'un Mont Loping en Chine, mais, surtout, la région de Luoping se situe dans le Yunnan à 228 km de Kunming, et semble une hypothèse sérieuse pour le nom de Lopinga.

 

B. Division en sous-genres.

-Sous-genre Clossiana Reuss, 1920 

  • Boloria selene ([Denis & Schiffermüller], 1775). Petit Collier argenté.
  • Boloria euphrosyne (Linnaeus, 1758). Grand Collier argenté.
  • Boloria titania (Esper, [1793]). Nacré porphyrin.
  • Boloria dia (Linnaeus, 1767). Petite Violette.

 -Sous-genre Proclossiana Reuss, 1926.

  • Boloria eunomia (Esper, 1800). Nacré de la Bistorte.

 -Sous-genre Boloria Moore, [1900]

  • Boloria pales ([Denis & Schiffermüller], 1775). Nacré subalpin
  • Boloria napaea (Hoffmannsegg, 1804). Nacré des Renouées.
  • Boloria aquilonaris (Stichel, 1908). Nacré de la Canneberge.
  • Boloria graeca (Staudinger, 1870). Nacré des Balkans.
  • Boloria graeca tendensis Higgins, 1930.

 

Le Sous-genre Clossiana Reuss,  1920 .

Clossiana : Reuss, 1920, "Die Androconien von Yramea cytheris Drury und die nächtstehenden analogen Scuppenbildungen bei Dione Hbn. und Brenthis Hbn.[Lep.]" Entomologische Mitteilungen, Berlin-Dahlem, 9 : 192 nota 1, TS: Papilio selene Denis & Schiffermüller

 

Étymologie ou origine du nom Clossiana.

— Selon Perrein et al.

"En l'honneur de Johan Friedrich Closs ou Clossius (1735-1787), médecin, bibliothécaire et écrivain allemand, (biographie) ou de son fils Karl Friedrich Closs (1768-1797), professeur d'anatomie et chirurgie à Tubingue.

—Selon H.A. Hürter :

"Clossius, i,"- nom propre latinisé de G. Adolf Closs.(http://de.wikipedia.org/wiki/Gustav_Adolf_Closs).

zu araschnia clossi Kombach äussert sich der Erstbeschreiber Krombach.

"...ich benenne dasselbe zu Ehren des verdienten Vorsitzenden des Berliner Entomologen Bundes, Herrn G. Adolf Closs." (Krombach, Berlin, in : Entomologische Mitteilungen, hrsggb. vom Verein zür Förderung des Deutschen Entomologischen Museums, 1916, Bd. V. S, 299).

Zur Form clossi Heinr. von Erebia lappona esp. (Erebia lappona Esp. is in Glaser, S. 128, als Varietät von Er manto Wien. aufgeführt ; Er. lappona Thunberg 1791 als Synonym zu Er. pandrose Bkh. 1788 ist damit nicht gemeint) bemerkt der Erstbeschreiber Geh. Rechnungsrat Rudolf Heinrich-Charlottenburg ;

...Ich benenne die form zu Ehren des verdienten Vorsitzenden des berliners Entomologenbundes, herrn Kunstmaler A. Closs ab. ♀ clossi ab. nova. (Rudolf Heinrich-Charlottenburg in : "Eine neue Form from Erebia laponna Esp. ♀" in : Int. Ent. Zs.11, 1917,1918.

 Jannsen, p. 40 : " (?) Klotho = een van drie schikgodinnen" .

Jannsen meint die Moiren, die jedem Menschen sein Geschick (Glück, Unglück, bsd. den Tod) zuteilen, lat. Parca, dt. die Parzen. Gewöhnlich werden 3 moiren angenommen, Klotho, Lachesis, Atropos.

-anus, -ana, -anum 

Erweiterungssuffix und adjektivisches suffix : zum Eigenschaftswort machende Nachsilbe, besonders bei Eigennammen und Ortsnamen. Deutsch = -isch.

Deutung.

Jansses zeigt mit dem Fragezeichen in Klammern an, dass er seiner Ableitung von der Schicksalsgöttin Klotho nicht sicher ist.

Der Autor von Clossiana, Th. Reuss, schreibt 1921 einen Artikel über Mel. pyronoides in : Int. Ent. Zs. 15, S.5, also nur wenig später als Krombach und Heinrich ; demzufolge war er ein Zeitgenosse Closs's. Somit dürfte nahe liegen, dass er die Gattung Closs zu Ehren benannt hat und nicht etwa nach der Moire Klotho, zumal deren Latinisierung  zu Clossiana grammatisch mehr als unkorrekt wäre.

 

Th. Reuss hat unter dem Namen Clossiana einige Scheckenfalterarten von der einst sehr umfangreichen Gattung Argynnis abgetrennt."

Traduction approximative (!)  de Hürter :

L'auteur de Clossiana, Th. Reuss, a écrit en 1921 un article sur pyronoides Mel dans: Int. Ent. Zs 15, p.5, alors qu'un peu plus tard que Krombach et Heinrich, donc il était un contemporain de Closs . Ainsi est susceptible d'être proche, qu'il a nommé le genre en l'honneur Closs et ne recherche pas la Moire Clotho, surtout depuis leur romanisation à Clossiana serait grammaticalement plus incorrects.

 E Reuss a séparé certaines espèces fritillaire du genre une fois très vaste Argynnis sous le nom Clossiana.


Ma conclusion pour Clossania.

      1) Selon Wikipédia, Albert Franz Theodor Reuss, né le 23 mai 1879 à Munich, mort le 24 décembre 1958 à Berlin, fils de Delphina Garbois et de l'occultiste et franc-maçon Albert Karl Theodor Reuss (1855-1923), est un herpétologiste, lépidoptériste et peintre allemand autodidacte connu pour les dizaines de nouveaux taxons qu'il a décrits, sans fondement scientifique, au cours de la période 1923-1939. Reuss vit et travaille à Berlin où il gagne sa vie en vendant du venin de serpents et des papillons. Il a tout d'abord un intérêt pour les lépidoptères, puis ne s'intéresse qu'aux vipères par la suite. Il est aussi un peintre talentueux, les serpents sont les sujets de la plupart de ses œuvres. Il est l'auteur des taxons Macrovipera Reuss, 1927, Acridophaga Reuss, 1927, Vipera eriwanensis Reuss, 1933, et pour les lépidoptères de noms (invalides) comme Fabriciana R. 1920, synonyme d'Argynnis, Melitaea cinxia brenthis Reuss, 1921 Fabriciana adippe bischoffi Reuss, 1922, Fabriciana taliana Reuss, 1922.

2) Vivant à Berlin, il a pu connaître Adolf Gustav Closs— ou Closzs— (6 mai 1864-3 septembre 1938 à Berlin), auteur de Die Grossschmetterlinge des Berliner Gebiets : Im Auftrage des Berliner Entomologen Bundes (E.V.) bearbeitet, Adolf Closs und E. Hannemann Meusser : Berlin 1919 -79 pages : "Les Grands papillons de la région de Berlin, publié au nom de la fédération des Entomologistes de Berlin".

 En effet, cette publication précède d'une seule année celle de Reuss.

 

 

  

 

 

 

 3.  Nom d'espèce :  Boloria dia (Linnaeus, 1767)

a) Description originale

Protonyme Papilio dia Linnaeus, 1767 : Linnaeus (1767) : Systema naturæ, Tom. I. Pars II. Editio duodecima reformata. Holmiæ. (Salvius). 533-1327 page 785.  [http://biodiversitylibrary.org/page/42926184]

 

 

— Description :

207. P[apilio] N[ymphalis][phalerati] alis dentatis fuscis testaceo maculatis ; subtus maculis quatuor ordinibusque punctorum duobus argenteis.

"Papillon diurne de la phalange des Nymphales phalerati ; Ailes dentelées jaune-fauve  ".

— références données par Linné.

August Johann Roesel von Rosenhof 1746 Insecten Belustigung 4  tableau XVIII f.3 [erreur pour fig.4 ?] La figure de Roesel est celle d'un Cinxia.

 

 Origine du spécimen de Linné .

— Habitat in Austria D. Jacquin.

 

 Le baron Nikolaus Joseph von Jacquin, docteur en médecine, est un botaniste néerlandais du xviiie siècle, né à Leyde le 16 février 1727, mort à Vienne le 24 octobre 1817 qui se mit au service de l'Empire d'Autriche après avoir étudié à Paris auprès de Bernard de Jussieu (1699-1777).

Il part ensuite pour Vienne où il passera l’essentiel de son existence à l'invitation de l'impératrice Marie-Thérèse (1717-1780). Il devient, en 1752, botaniste auprès de l’empereur François Ier (1708-1765). Il réunira une importante collection de plantes, d’animaux et de minéraux.

Jacquin devient membre de la Royal Society en 1788 et membre associé à l’Académie des sciences en 1804. Il est notamment l’auteur de Selectarum Stirpium americanarum (1763), d’Hortus botanicus Vindobonensis (trois volumes, 1770-1776), illustré par Franz Anton von Scheidel qui est un catalogue des plantes du jardin botanique deSchönbrunn, de Floræ Austriacæ (cinq volumes, 1773-1774) ou Flore d’Autriche, et d’Icones plantarum rariorum (1781–1793). Carl von Linné (1707-1778) lui a dédié le genre Jacquinia.  

Commentaire complémentaire de Linné.

    Similis Lucinae, sed major, tamen minor Cinxia quibus superior alae similima. posticae subtus  maculis variis circiter 4  argenteis et guttis pallidis variis  ; postice series transversa ocellorum minimorum caecorum, praeter seriem ipsam marginalem e maculis argenteis.

 — Localité-type : Autriche

 

Selon Dupont & al. 2013, Cette espèce est présente dans presque toute la région paléarctique sauf en Afrique du Nord. Elle est   signalée dans presque toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Violettes.

c) Synonymes  INPN (Muséum).

Liste des synonymes :

  • Clossiana dia (Linnaeus, 1767) 
  • Papilio dia Linnaeus, 1767 

 

 

 

d) Origine et signification du nom  dia. 

        

 Les interprétations des étymologistes :

— Esper (1777-1829) page 223 :

"P.N.Ph.Dia, der kleine Silberpunkt. Ob derselbe aber von einer Dia, welche Göttin der Jugend war, oder von dius, göttlich, oder einem andern ähnlichen Wort, seine Benennung erhalten, darauf kommt es mir und meinen Lesern nicht an"

Trad. approx. "PNPh.Dia, le petit point d'argent. Ni moi ni mes lecteurs se sauront si Dia désigne la déesse de la jeunesse, ou  un rayon, une divinité, ou  autre chose d'équivalent.

 

—Gustav Ramann (1870-1876), page 73 

"hiess eine Insel bei Creta , auch hat die Insel naxos diesen Namen geführt "

"Une île près de la Crête a porté ce nom, avant de porter celui de Naxos" 

— L. Glaser (1887) page 125 :

 "Dia od. hebe, Dienerin d. olymp. Götter."

"Dia ou Hebe, échanson des dieux de l'Olympe" *

[*Hébé était dite Dia ou Ganymeda lorsqu'elle servait aux dieux l'ambroisie, avant d'être remplacée par Ganymède.] 

 —Anton Spannert (1888), page  38:

"ein Beiname für Hebe nach der Insel Naxos, die in ältester Zeit Dia hieß ; sier war Dienerin für die Götter des Olymps."

Une épithète d' Hébé en vigueur près de l'île de Naxos, qui était nommé Dia dans les anciens temps : elle était l'échanson des dieux de l'Olympe

 

— Arnold Spuler ( 1908)  page 28:

"gr? Eigennamme"

— August Janssen (1980) page 40 :

"bijnamm van de godin Ceres."

"épithète de la déesse Céres."

— A. Maitland Emmet (1991) page 154 :

"— either Dia, an ancien name for the island of Naxos, or dia (diva), a goddess."

traduction : voir Luquet infra

— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 120 :

"Dériverait soit du toponyme Dia, l'ancien nom de l'île de Naxos, soit soit du latin dia (diva) "divine" ("déesse") (Emmet 1991 :154. Anthroponyme grec, selon Spuler (1901-1908 : 28)."

 

— Perrein et al. (2012) page 364  :

"Étymologie : de Dia, nom de plusieurs personnages mythologiques, notamment une fille de Lycaon, roi d'Arcadie, mais aussi d'une île voisine de la Crête, appelée plus tard Naxos (Emmet (1991) suggère également une contraction de diva, "déesse". "

 

— Hans-A. Hürter (1998) :

"Deutung : nach welcher Dia Linné die Art benannte, läßt sich heute nicht mehr klären ; er hat sich zu den von ihm verwendeten Namen in seinem Werk nicht geäußert. So kann man bestenfalls annehmen, daß er vielleicht die Tochter des Deïoneus meinte, die Mutter des Peirithoos wurde ; denn 163 pirithous ist auch von ihm benannt. Es kann aber ebenso gut der Beiname von Artemis oder Aphrodite sein. Jede Spekulation hierüber ist müßig."

   "Interprétation: Linné n'ayant pas commenté les noms de sa publication,  ce qu'il avait à l'esprit a été perdu. On peut supposer au mieux que ce nom désigne la fille de Deïoneus, qui était la mère de Pirithous ; l'espèce pirithous est également nommé de lui. Ce peut être aussi bien l'épithète d'Artémis ou Aphrodite.  Toute spéculation à ce sujet est inutile "...  

 

 

Discussion : 

1°) Dans la mythologie grecque Dia (Grec: Δία ou Δῖα, «céleste», «divine» ou «celle qui appartient à Zeus") peut se référer à:

—Dia, une déesse vénérée à Phlionte et Sicyone. Elle a été considérée par les habitants comme identiques à Hébé : Strabon, Geographica 8. 6. 24 : « A Phlionte, ainsi qu'à Sicyone, on voit un temple de Dia ; c'est le nom qu'on y donne à Hébé. »  Sicyone  (en grec ancien Σικυών / Sikyốn) était une cité grecque du Péloponnèse, située sur un plateau, non loin du golfe de Corinthe. Elle était réputée être l'une des plus anciennes cités de Grèce.

Dans la mythologie grecque, Hébé (en grec ancien Ἥϐη / Hếbê), fille de Zeus et d'Héra, est une déesse personnifiant la Jeunesse, la Vitalité et la Vigueur des jeunes. Elle protège les jeunes mariées. Son équivalent romain est Juventas.  Avant l'arrivée de Ganymède sur l'Olympe, elle sert d'échanson aux dieux. Une tradition sans doute tardive la donne pour épouse d' Héraclès.

— Dia, fille de Deioneus ou Eioneus, épouse d'Ixion (qui a tué son père afin de ne pas payer la dot) et mère de la Lapithe Pirithous,

— Dia, fille du roi Lycaon (Galanthus sœur de Callisto). [ Tzetzes dans Lycophron 480; scholie d' Apollonius Rhodius, Argonautica, 1. 1213; Etymologicum Magnum, 288. 33]

— Dia, fille d'Eole. [Scholie de l' Odyssée 10. 6 ]

—Dia, fille ou mère ou Porthaon et Thersite par Agrius. [Scholie de l' Iliad, 2. 212 ] [Tzetzes, Chiliades, 7. 888 ]

—Dia, autre nom de l'épouse de Pirithous Hippodamie . [Scholie du Bouclier d'Heracles, 178

  On lit aussi dans un de ces Dictionnaires qui pourrait servir de sources aux auteurs naturalistes :

NOËL (Fr.) 1803 : Dictionnaire de la fable, ou mythologie grecque, latine ..., Volume 1 :
-Dia , nom sous lequel Hébé était honorée spécialement chez les Sidoniens, qui lui avaient élevé un temple célèbre. D'autres prétendent qu'elle était la même que Cybèle. Une divinité de ce nom fut particulièrement honorée par les Voconces, peuples des Gaules ; et l'on croit que la ville de Die, en Dauphiné, n'est ainsi nommée que parce que les Voconces avaient consacré ce lieu au culte de Diane
-Dia : une autre Dia était fille de Deion, et mère de Pirithous, qu'elle eut d'Ixon.
-Dia, nom que les Sibériens donnent à l'une de leurs principales divinités, et que l'on trouve sur leurs médailles, ou Numismata sacra.

 

2°) Nous serions donc incapable de savoir si Linné avait à l'esprit la déesse Hébé sous son nom de Dia, le déesse gauloise vénérée chez les Voconces, ou encore une autre Dia mentionnée dans la mythologie grecque. 

Mais dans sa description, Linné signale que cette espèce est très semblable à Lucina et à Cinxia. Ces deux noms sont issus de la liste des divinités romaines primitives, nommées Di indigetes par Wissova, et qui relevaient d'une religion plutôt animiste, sans clergé, de pratique privée, centrée sur la vie domestique et tout particulièrement sur la vie féminine et l'enfantement. Ainsi Lucine est liée à la naissance, et Cinxia à la défloration de la nuit de noces. Linné avait puisé dans cette liste dans son édition de 1758 dans une série de six espèces, six Nymphales numérotées 132 à 137 : Rumina, Levana, Prorsa, Lucina, Maturna et Cinxia. On pouvait s'attendre à ce qu'il ait à nouveau recours à cette liste ( j'ignore qu'elle en était sa source) dans son édition de 1767. Si on consulte la liste qu'en dresse Wikipédia, on trouve bien ; Dia, déesse de la jeunesse. D'autres sites http://www.unrv.com/culture/minor-roman-god-list.php en font une déesse de la croissance (agricole) sous le nom de Dea dia. On cite aussi Dia Lucrii, déesse du profit.

Grâce à cette nouvelle clef à entrer dans un moteur de recherche, le travail avance vite car cette Dea Dia est bien connue, y compris par les auteurs qui rédigeaient à l'époque de Linné .  

Dea Dia est une divinité romaine  protectrices des champs qui nous est connue par le culte que lui rendait la confrérie des Frères Arvales (arva, terres labourées) : Dea Dia signifie en latin déesse lumineuse. Son culte, local et très ancien n'est connu que par les inscriptions trouvées dans la vigne des Ceccarelli, à Rome, relevées par Jean Gruter (Inscriptiones antiquae totius urbis Romanae in absolutissimum corpus redactae, Heidelberg, 1603 ). Les cérémonies religieuses des Frères Arvales étaient célébrées dans le bois sacré de Dea Dia, bois de lauriers et de chênes. 

Elle est parfois assimilée à Céres ou à la déesse grecque équivalente  Démeter.  Sa fête, les Ambarvales (du latin ambire arva, "tourner autour des champs" — trois fois selon Virgile—) célébrée trois jours en mai, avait pour but d'attirer sa bénédiction sur les champs, comme les Rogations chrétiennes

 

 

 

 

II.  Archéo-taxonomie.

      1. Le genre.

Clossania, utilisé jusqu'en 2011.

 


2. L'épithète spécifique.

 

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

I. Les Noms français. 


 

1. La Petite Violette  Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 57  planche XV n°21  dessinée par  J.J Ernst et gravée par Ransonnette. 

et Idem, page 244 planche 60 suppl. 6 fig. 21c

"Les ailes inférieures sont très brillantes, étant nuancées de jaune, rouge, brun, violet blanc et argent. [...]  Ce papillon paraît deux fois l'an, au mois de Mai et au mois d'Août. Il habite communément les Forêts, et se pose volontiers sur la fleur de violette.

Esper tome I planche XVI, fig.4

Kleemann, suppl. Tome I planche XL fig. A.B.

Le Baron de Geer, tome a partie I. Planche I. fig. 12."


A la lecture de cette description, on conclurait que le nom a été attribué en relation avec la plante-hôte ; mais pour l'espèce précédente, qui est nommée la Grande Violette (identifiée par Latreille comme papilio Daphne),  la plante-hôte n'est pas mentionnée, alors que la couleur violette apparaît dans la description des ailes de la femelle (page 56):

"On y voit du violet, du rouge, du jaune du verdâtre et du blanc."

 On en conclue, malgré un doute, que le nom de cette espèce lui a été attribué en raison de sa couleur, il est vrai caractéristique.

La Grande Violette figure 20 et la Petite Violette fig. 21. : 

 

Petite-violette-Boloria-dia-Engramelle-fig-21.png

2.  Papillon La Petite Violette, Pierre-André Latreille 1797.

La Petite Violette, Latreille 1797 . Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières: histoire naturelle: page 16 et planche 58 n°10

 3. La Petite Violette, Olivier et  Latreille, 1803

Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle PAN-PIL tome 17 page 53.  

http://books.google.fr/books?id=NCO49v8_bpAC&pg=PA53&dq=petite+violette+papillon&hl=fr&sa=X&ei=6AUsVP-LBOGCsQTa2oKgBQ&ved=0CCAQ6AEwAA#v=onepage&q=petite%20violette%20papillon&f=false


4. L'Argynne Dia , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 275 .

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

La chenille et la chrysalide y sont décrits, ainsi que la plante-hôte Viola odorata.

 

 

5. Argynne Petite-Violette, Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, Catalogue méthodique page 66 n° XIX planche 4 secund. peinte par Vauthier et gravée par Lanvin.

                         

"La Petite-Violette ressemble aux deux espèces précédentes [euphrosyne et selene] par le dessus des quatre ailes ; seulement la couleur fauve y est un peu plus foncée. Le dessous des ailes supérieures ne diffère de la surface opposée que parce que le bord terminal est entre-coupé de jaune et de ferrugineux, et parce qu'il y a vis-à-vis du sommet une nuance d'un blanc violâtre. […] La chenille vit sur plusieurs espèces de Violettes."

 


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        La Chenille.

 Argynne Petite Violette (Duponchel, 1849).

P.A.J. Duponchel, 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles page ... Planche XVII  fig. 53 par P.  Duménil .  (B.H.L. Libr)

                  

      n164_w330

              

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal "La Petite Violette" et réfute le "Nacré Violet" de Rappaz*.

 

*Rappaz (Raphy), 1979.— Les Papillons du Valais (Macrolépidoptères). R. Rappaz éditeur : Sion (Valais).

 

 

7. Étude zoonymique des auteurs français :

— Doux et Gibeaux 2007  page 120 :

        "Violette : allusion à la teinte du revers des ailes postérieures."

 

— Perrein et al. 2012 page 364: 

        pas de commentaires étymologiques

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Argynnis dia   puis citent dans leur texte page 132  le nom vernaculaire de "La Petite Violette".

—Bellmann / Luquet 2008 : "" .

— Blab / Luquet 1988 : 

— Chinery / Leraut  1998  : 

— Doux & Gibeaux 2007 : "La Petite Violette ".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : " ". 

— Lafranchis, 2000 : "" .

— Perrein et al. 2012 : "Petite Violette ".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "".

— Wikipédia : "La Petite Violette".


 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  • "Magerrasen-Perlmutterfalter" ou "Hainveilchen-Perlmutterfalter" en allemand
  •  "Donzella violeta"  en catalan
  •   "Kis gyöngyöházlepke" en hongrois
  • " Pieni hopeatäplä" en finnois 
  • "Perleťovec nejmenší " en tchèque 
  • "Perlada Violeta" en espagnol 
  • "Paarse parelmoervlinder" en néerlandais
  • "Violett pärlemorfjäril" en suédois
  •  "Violet perlemorsommerfugl" en danois
  •  "Dostojka dia" en polonais
  •  "Morinci" en turc
  •   "Tkalčev šarenac "
  •  "Perlovec najmenší"
  •   "Перламутровка дия "
  • "Tume-kannikesetäpik" 
  • "Mažasis perlinukas" en lithuanien
  • " Tkačeva bolorija"
  • "The Weaver's Frittilary" ou "Violet Fritillary" en anglais:

       Weaver's Fritillary :  Ce nom de Weaver's Frittillary est associé à Richard Weaver (ca. 1790-1860) à son Musée de Birmingham et ses 5000 spécimens, mais surtout à sa (?) capture de deux Boloria dia près de Londres : selon UKButterflies, "Plusieurs enregistrements de cette espèce d'Europe centrale existent. Des documents historiques signalent un individu pris au début des années 1800 à Sutton Park, près de Tamworth, dans le Warwickshire par M. Richard Weaver, un marchand d'insectes basé à Birmingham. Un autre a été pris près de Maidenhead, Berkshire en 1857 et à Worcester Park dans le Surrey en 1872 Deux spécimens ont été prises près de Tunbridge Wells dans le Kent Ouest en 1876 et un autre près de Christchurch, dans le Hampshire, en 1887 Un autre a été pris sur le 16 mai 1899 près de Bentley bois, Ipswich, Suffolk est et l'autre dans la forêt de Dean, West Gloucestershire en 1907.  On pense que tous les exemples de cette espèce sont le résultat d'introductions, soit délibérée ou accidentelle."

Voir Michael Salmon, The Aurelians page 131
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Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "Britheg borffor" en gallois.   soit "Fritillaire violet"

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 


             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet :  boloria

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Boloria dia

— UK Butterflies : boloria dia

— lepiforum : 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :


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        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

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— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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                           III. Boite à liens. 

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— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 17:57

 

Zoonymie (étude du nom) du papillon le Flambé Iphiclides podalirius (Linnaeus, 1758).

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

— Iphiclides Hübner, [1819] : du nom de l'argonaute Iphiclos, compagnon de Jason [et non d'Iphicles demi-frère d'Hercule] puisque Hübner accompagne ce nom, dans le groupe des Héros de sa systématique, de celui de onze autres argonautes. Iphiclos est un des Thestiades (fils de Thestios, roi de Pleuron en Etolie et d'Eurythemis). 

Podalirius Linné 1758 : dans la mythologie grecque, Podalire (en grec ancien Ποδαλείριος / Podaleírios) est, comme son frère Machaon un héros de la guerre de Troie, à la fois combattant et chirurgien : fils d'Asclépios, dieu de la médecine, et de sa femme Épione, il mène avec son frère trente nefs thessaliennes vers Troie où il devient, toujours avec son frère, médecin du camp achéen, soignant ainsi Philoctète, détenteur de l'arc et des flèches d'Héraclès, et sans lequel, suivant l'oracle d'Hélénos, Troie ne peut être prise. 

—"Le Flambé" : la comparaison avec le Taffetas flambé, tissu de soie dont la chaîne est chinée, remonte à Réaumur (1734) qui écrivait  "les taches qui sont dessus, sont noires, faites en espèce d'ondes, ou de flammes, qui imitent celles des taffetas qu'on nomme flambés". Mais Réaumur ne se soucie pas d'attribuer des noms, et c'est Geoffroy qui crée le nom vernaculaire en 1762 ; celui-ci est suivi par Engramelle en 1779, Godart en 1819, et le nom s'impose ainsi sans autre concurrent, avant d'être consacré officiellement par Gérard Luquet, qui mentionne néanmoins l'utilisation en Suisse du nom "Le Voilier", traduction du Segelfalter allemand. 

 

               I. Nom scientifique.

 

1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Papilionidae Latreille, 1802.

Deux sous-familles :

  • Sous-famille des Parnassiinae Duponchel, 1835
  • Sous-famille des Papilioninae Latreille, 1802

Origine du nom de famille Papilionidae :

Emmet (1991) page 145:

Papilio Linnaeus,1758 —papilio, a butterfly : the name was applied by Linnaeus to all the butterflies. Schrank (1801) restricted it to the Nymphalidae but Latreille (1804) reassigned it to the phalanx Equites, and later it was still further restricted to this genus.

Trad : Papilio, un papillon : le nom fut employé par Linné pour désigner tous les papillons diurnes. Schrank en restreignit l'usage en 1801 aux seuls Nymphalidés, Latreille (1804) à la seule phalange des Equites, et plus tard le nom fut encore limité à ce seul genre.

  Pour Linné, les Papilio regroupent tous les papillons de jour. Les comparant aux armées grecque et troyenne de la guerre de Troie, il les divisent, selon les caractères de leurs ailes, en 6 phalanges, dont la première est celle des Equites ou Chevaliers, séparés en Troiani (Troyens) etAchivi (Achéens, donc Grecs). Le goupe des Papilio va être réduit à ces seuls Achéens, ou plutôt à une seule sous-division crée par Linné, les Achivi alis fasciatis (ses n° 20 à 40) dont la seule espèce européenne est alors (1758) le n° 27 Papilio machaon, qui est donc Eques Achivus, chevalier achéen. Ses compagnons sont Ulysse, Agamemnon, Diomède, Patrocle, Pyrrhus, Leilus, Ajax, Antilochus, Protesilaus, Nestor, Télémaque, Achille, etc. En 1764, il ajoutera une seconde espèce européenne, Podalire. 

 

 Linné a repris le nom latin papilio, onis, "papillon", qui n'a pas d'étymologie plus ancienne. Notre propre nom français dérive de la forme accusative latine papilionem, au XIIe siècle avec la forme paveillon, d'emblée avec le sens d' "insecte lépidoptère". Ce paveillon, qui conduira à notre pavillon, "tente d'armée aux deux rideaux en forme d'ailes de papillon", se transformera sous l'effet d'une altération expressive répétant la lettre p (pap) pour imiter le battement des ailes. Cette sorte d'onomatopée s'entend aussi — ou mieux — dans d'autres langues : farfalla en italien,  papallona en catalan, barbotela en portuguais, parpaillo en occitan (et ur valafenn en breton).

  Si on aime jouer avec les mots, on peut rapprocher ces sonorités de clappement d'ailes de celles de paupière, dans sa forme palpébral, issu du latin palpebra formé de la base pal-pare, qui a le sens originel de "toucher doucement, battre doucement". On dit d'un enfant gagné par le sommeil et dont les paupières papillonnent que "ses yeux parpalègent" ; on parle aussi d'un "baiser papillon" pour désigner un geste tendre effectué par battement des paupières. Et il est si poétique d'imaginer les paupières de l'être aimé(e) endormi comme deux papillons posés sur une fleur !

 

 

 

 

Sous-famille des Papilioninae Latreille, 1802.

 Cette sous-famille comporte deux Tribus :    

a) Tribu des Leptocircini Kirby, 1896 :  Genre Iphiclides Hübner, [1819]

 

b) Tribu des Papilionini Latreille, 1802 : Genre Papilio Linnaeus, 1758

 

 

 

 

    

2. Nom de genre : Iphiclides Hübner, [1819].

 

a) Description originale :

  • Iphiclides Hübner, [1819]; Verzeichniß bekannter Schmettlinge (sic), Augsburg, Verfasser, 1816-1826 [1819]. (6): 82.

 

— Type spécifique: Papilio podalirius Linnaeus 

— Description : Die Senken lang und lang geschwäntz ; alle Glies der streisig angelegt.

Dans la systématique d'Hübner, celui-ci crée une Stirps nommée Achontes regroupant les Equites de Linné, il divise ce groupe en trois familles des Héros (Heroici), des Dominantes et des Sapientes. Chaque famille est elle-même divisée en Verein ou Société (Coitus en latin), celle des Héros comprenant 12 Verein. Les Iphiclides représente la première Verein de la famille des Héros, et elle comprend les Iphiclides Dolicaon, Antiphates, Meges, Protesilaus, Podalirius, Ajax, Aristeus, Sinon, Pompilius, Antheus et Agamemnon.

Stirps II :Archontes

  • Famille A :Heroici : 12 Verein ou Coitus : 

Verein des Iphiclides. 11 espèces : Dolicaon, etc...

Verein des Jasoniadae 

 des Euphoeadae,

des Heraclidae,

des Laertiades,

des Menelaidae,

des Achillidae,

des Idaidae,

des Zetidae,

des Opheidae,

des Nestoridae,

des Calaidae,

 

  • Famille B : Dominantes : 7 Verein

Verein des..;

  • Famille C : Sapientes : 2 Verein

Verein des ...

   Les autres Verein des Héros sont celles des Jasoniadae, des Euphoeadae, des Heraclidae, des Laertiades, des Menelaidae, des Achillidae, des Idaidae, des Zetidae, des Opheidae, des Nestoridae, et des Calaidae, liste dont le point commun est de réunir les Argonautes Iphiclos, Jason, Euphemos, Hercule, Laërte, Achille, Idas,  Zétes, Orphée, Nestor,  Calaïs. (Seuls les Menelaidae ne se rattachent pas au nom d'un Argonaute, malgré l'existence de Méléagre et de Menetios). 

  Cette cohérence interne de la liste des genres de la famille des Héros de Hübner incite à ne pas suivre l'interprétation étymologique la plus évidente, qui rattache le nom Iphiclides à Iphicles fils d'Amphytrion et d'Alcmène et demi-frère d' Hercule (c'est l'interprétation adoptée par Emmet 1991 et repris par Perrein et al. 2012), mais de rapporter les Iphiclides à Iphiclos  fils de Thestios, dont le nom apparaît dans les listes des Argonautes tant chez  les Argonautiques orphiques que dans Apollonios de Rhodes, Diodore de Sicile "Iphicles"), Hygin, le pseudo-Apollodore et Valerius Flaccus. (Wikipédia). Ce nom d'Iphiclos est en réalité celui de deux argonautes, Iphiclos fils de Thestios roi d'Etolie et frère de Clyménos (Apollonios de Rhodes I, 201 et Flaccus I, 370 : "Ainsi Clymenos, la poitrine frappée par sa puissante rame, et Iphiclos son frère entraînent le bateau...") et oncle maternel de Méléagre, et Iphiclos frère d'Alcimède, oncle maternel de Jason (Flaccus I, 473), et qui appartient aux dix argonautes qui, selon Flaccus, ne rament pas. (Argonautides); ce second Iphiclos . Les renseignements sur ce héros sont néanmoins différents selon les auteurs, même si on tente d'éviter les confusions liées à la synonymie. Appuyons nous sur ce passage des  Argonautiques d'Apollonius de Rhodes Livre I vers 190-201

 

 

C'est ainsi que Méléagros, encore adolescent, pénétrait dans la magnanime compagnie des héros. Aucun d'eux, je crois, excepté Héraclès, ne se serait joint à l'expédition, supérieur à lui, si, restant dans sa patrie, il avait été encore élevé, ne fût-ce qu'une seule année, parmi les Étoliens. D'autre part, son oncle maternel l'accompagna dans le même voyage. C'était un homme habile à combattre avec la lance et aussi de pied ferme, le Thestiade* Iphiclos.

*les Thestiades : les enfants de Thestios, roi de Pleuron, et d'Eurythemis : leurs fils Iphiclos, Euippos, Plexippos et Eurypylos, et leurs filles Léda, Althée et Hypermnestra. 

 

 

— Ce genre renferme 1 espèce en France.

  • Iphiclides podalirius (Linnaeus, 1758)  Flambé. 

 

b) caractéristiques.

 http://www.nhm.ac.uk/research-curation/research/projects/butmoth/search/GenusDetails.dsml?NUMBER=23464.0

Podalirius Swainson, 1833 . Zool. Illustr. (2) 3 : pl.105. 

Hemming (1967) stated:-

The name Podalirius Swainson is invalid, as it is a junior homonym of the name Podalirius Latreille, 1802 (Hist. nat. Fourmis : 430), a name which, when suppressed by the Commission in Opinion 151 for the purposes of the Law of Priority, was kept alive for the purposes of the Law of Homonymy. Further, even if Podalirius Swainson were not invalid under the Law of Homonymy, it would still be an invalid name, as it is a junior objective synonym of Iphiclides Hübner, Iphiclides Hübner, 1819: 82.

 

Origine et signification du nom Iphiclides .

 

—  A.M. Emmet (1991) page 146 :

 Iphiclides Hübner,1819 — one related to Iphicles, a half-brother of Hercules.

Traduction : Se réfère à Iphicles, demi-frère d'Hercule.

 

— Hans A. Hürter (1998):

 

 

—Doux et Gibeaux (2007) page 26:

Iphiclides, mot dérivé d'Iphiclès, nom du demi-frère d'Hercule.

 

— Perrein et al (2012) page 128:

Étymologie : d'Iphiclès, fils d'Amphitrion et d'Alcmène, plus jeune d'une nuit que son frère jumeau Héraclès —ou Hercule pour les latins— fils de Zeus et d'Alcmène !

 

Discussion.

      cf. supra. 

 

 

 

 

 

 3.  Nom d'espèce : Iphiclides podalirius (Linnaeus, 1758).

 

a) Description originale

 

 P.[apilio] E.[quites] podalirius, Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp, page 463 

L'espèce est décrite par Linné en note de bas de page. 

 

 — habitat in Europae australis et Africae. (Linné) ; Plante-hôte selon Linné : Brassica.

— Localité-type : Selon Dupont et al. 2013, : Livourne, Toscane, Italie, lectotype désigné par ICZN (1954).Cette espèce a une répartition sud-européenne-touranienne. Les chenilles se nourrissent principalement sur Prunus spinosa L. et Prunus mahaleb L.

"Les références bibliographiques et localités citées par Linné pour l'espèce nominale Papilio podalirius ont clairement montré qu'il avait confondu ensemble sous ce nom deux taxons distincts, l'un se produisant en Europe centrale et du sud, à l'exclusion de l'Espagne; l'autre en Espagne et pour une longue étendue de la Méditerranée africaine littoral; c' était à la première de ces taxons que le nom podalirius spécifique a toujours été appliquée alors que le second, qui ne se distinguait pas jusqu'en 1832, a été également bien connu par le nom spécifique fieisthamelii (Papilio feisthamelii Duponchel, 1832, dans Godart, Hist. nat .. LEPID Père, Suppl 1 (Diurnes): 7, pl 1, fig 1 - femelle).... En 1913 (J. Soc Lond linn, Zool 32:.... 174-175) Verity a attiré l'attention sur le fait que la seule syntype de Papilio podalirius conservé dans la collection de Linné à Londres était une femelle, pas des espèces européennes toujours connu sous le nom podalirius mais des feisthamelii Afrique du Nord Papilio des espèces et a suggéré que le nom podalirius devrait être transféré à des espèces connues comme feisthamelii. L'adoption de ce cours aurait eu un effet plus inquiétant sur ​​la nomenclature accepté et aurait été extrêmement confuse. Le document de Verity a donc été délibérément ignoré par les systématiciens, qui ont continué à utiliser les noms podalirius et feisthamelii spécifique en ce sens jusqu'à présent accepté. Il était évident, cependant, que, à un moment approprié, il serait nécessaire de demander à la Commission de régulariser la situation d'une certaine façon convenable. En 1945, une demande sur ce cas a été soumis à la Commission en ce sens par le regretté Steven Corbet. L'objectif général de cette demande a été approuvée par la Commission, qui a décidé que la meilleure solution serait d'utiliser ses pleins pouvoirs pour désigner comme lectotype de cette espèce nominale un des spécimens décrits dans l'un des ouvrages sur les papillons européens dont les références bibliographiques ont été cités par Linné dans la description originale de Papilio podalirius. L'échantillon sélectionné par la Commission était celle décrite par Ray en 1710:, qe Ray avait déclaré avoir prise près du port de Livourne en Toscane; (Hist Ins III, n ° 3...) en même temps la Commission a désigné la localité ci-dessus pour être le "restreint Localité" pour cette espèce nominale. L'effet de ces décisions a été définitivement pour confirmer le nom podalirius spécifique comme le nom du taxon européen habituellement si connu, et de laisser le nom feisthamelii que le nom valide pour le taxon espagnol et nord-africaine. Cette décision a été promulguée dans l'avis de la Commission 263, qui a été publié en 1954 (Opin int Comm Zool Nom 5:..... 329-342). Dans le même avis les noms spécifiques podalirius Linnaeus, 1758, et feisthamelii Duponchel, 1832 (tous deux publiés en combinaison avec le nom générique Papilio), ont été placés sur la liste officielle des noms spécifiques en tant que noms de Zoologie n ° 77 et n ° 78 respectivement . (Hemming 1967 in National Hystory Museum)"

— Description par Linné : Hic tam multa habet cum Protesilao communia, ut Larva magis innotescat, antequam vere distinguatur.

Lepiforum

 

Sur la même page, l'espèce Protesilaus est décrite comme très voisine de Podalirius, (peut-être les variétés d'une seule espèce) mais habitant en Amérique septentrionale ; Quatre références bibliographiques par Pétiver, Sloanne, Merian, Sch. et Catesby. Il donne alors une description spécifique suivante : Alis caudatis subconsoloribus albidis ; fasciis fuscis : unica subtus sanguinea, angulo ani rubro.

— références données par Linné: (étudiées infra):

  • Ray Insect. III n°3
  • Roesel Ins. 2 pap.2 t.2
  • Réaumur insectes. I Planche 11 figure 3 et 4. 

 

 

b) synonymes (INPN) et sous-espèces.

 

  • Iphiclides podalirius podalirius (Linnaeus, 1758).
  • Iphiclides podalirius feisthamelii (Duponchel, 1832).

     Selon Dupont et al. 2013, LERAUT et FAUNA EUROPAEA considèrent feisthamelii Duponchel, 1832 (localité-type : Barcelone, Catalogne, Espagne), comme une sous-espèce de podalirius. Certains auteurs considèrent ce taxon comme une espèce à part entière (TSHIKOLOVETS, 2011). Les travaux de WIEMERS et GOTTSBERGER (2010), fondés sur le séquençage du gène mitochondrial CO1 et de deux gènes nucléaires EF-1α et ITS2 montrent des résultats contradictoires. 

Synonymie :

Iphiclides podalirius (Scopoli, 1763) 
Papilio podalirius Linnaeus, 1758 

Références bibliographiques

  • Iphiclides podalirius (Linnaeus, 1758) : Coutsis & Van Oorschot (2011) 
    [Identification] Coutsis, J. C. & Van Oorschot, H. 2011. Differences in the male and female genitalia between Iphiclides podalirius and Iphiclides feisthamelii, further supporting species status for the latter (Lepidoptera: Papilionidae).Phegea, 39(1): 12-22.

  • Wiemers & Gottsberger (2010) 
    [Analyses moléculaires] Wiemers, M. & Gottsberger, B. 2010. Discordant patterns of mitochondrial and nuclear differentiation in the Scarce Swallowtail Iphiclides podalirius feisthamelii (Duponchel, 1832) (Lepidoptera: Papilionidae). Entomologische Zeitschrift, 120(3): 111-115

  • ICZN (1954) 
    [Taxonomie] ICZN 1954. Opinion 263. Designation, under the Plenary Powers, of a description to represent the lectotype of the nominal species Papilio podalirius Linnaeus, 1758 (Class Insecta, Order Lepidoptera). Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature, 5(24): 329-342. [http://www.biodiversitylibrary.org/page/34655130]

  • Scudder (1872) : 65. 
    [Taxonomie] Scudder, S. H. 1872. A systematic Revision of some of the American Butterflies; with brief notes on those known to occur in Essex County, Mass. Annual Report of the Trustees of the Peabody Academy of Science, 4: 24-83.

 

 

c) Origine et histoire du nom podalirius. 

 

 

—  A.M. Emmet (1991) page 146 :

 Podalirius (Scopoli, 1763) — the brother of Machaon, and also a doctor who participated in the Trojan War.

Traduction : Un frère de Machaon, lui aussi médecin qui participa à la guerre de Troie.

— Doux et Gibeaux (2007) page 26 :

Podalirius : Podalire (Podalirius), frère de Machaon, lui aussi médecin ayant participé à la guerre de Troie.

 

— Perrein et al. (2012) page 128 :

étymologie : de Podalirios, médecin de la mythologie grecque, fils d'Asclepios et frère de Machaon, qui participe à la guerre de Troie comme combattant et praticien. 

 

 

3. Nom d'espèce : Papilio machaon Linnaeus, 1758.

P.[apilio] E.[ques] Machaon, Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp, page 462 n° 27.

 [http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]  

 

Je ne peux pas faire mieux que de reproduire les termes de l'article Wikipédia :


Dans la mythologie grecque, Podalire (en grec ancien Ποδαλείριος / Podaleírios) est un héros de la guerre de Troie.

Il est le fils d'Asclépios, dieu de la médecine, et de sa femme Épione ; il est donc le frère de Machaon. Comme lui, il est un prétendant déçu à la main d'Hélène de Sparte. Fidèle au serment de Tyndare, il mène avec son frère trente nefs thessaliennes de Trikké, Ithomé et Œchalie selon le Catalogue des vaisseaux.

À Troie il devient, toujours avec son frère, médecin du camp achéen :

« [Machaon et Podalire] furent d'un grand secours aux Grecs dans cette guerre, traitant avec beaucoup de succès ceux d'entre eux qui étaient blessés. Aussi s'acquirent ils une très grande réputation et le besoin qu'on avait de leur art fut cause qu'on les exempta des combats et de toutes les autres fonctions militaires. »
(Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, IV, 71 ; trad. de l'Abbé Terrasson)

Il soigne ainsi Philoctète, détenteur de l'arc et des flèches d'Héraclès, et sans lequel, suivant l'oracle d'Hélénos, Troie ne peut être prise. Cependant, une allusion de l'Iliade (IX, 833) parle d'un des deux frères blessé et l'autre « [soutenant] dans la plaine le dur combat contre les Troyens » ; Quintus de Smyrne les compte en outre parmi les guerriers présents dans le cheval de Troie.

À la fin de la guerre, il choisit selon le pseudo-Apollodore la voie de terre et fait partie de ceux qui enterrent le devin Calchas, à Colophon (VI, 2). Il interroge ensuite l'oracle de Delphes pour savoir où s'établir et reçoit le conseil de « s’installer dans la ville où, si le ciel tombe, il ne subira aucun dommage. » Il s'installe donc à Chersonèse en Carie, dans une cuvette entourée de montagnes (VI, 18).

Pausanias rapporte pour sa part qu'il s'égare lors de son retour en mer et s'installe à Syros, également en Carie.   

  

   On désigna les deux frères médecins Machaon et Podalire comme les Asclépiades, puis ce nom engloba leurs descendants, une famille noble prétendant descendre directement d'Asclépios, et dont certains étaient prêtres-médecins : la médecine était dans la Grèce antique, un sacerdoce exercé dans des asclépeions ou temples de soins (incubation) dont les plus connus se trouvaient à Cos et à Épidaure. Enfin, depuis Hippocrate l'Asclépiade, ce sont tous les médecins qui sont désignés sous ce terme. Leur caducée comporte le "bâton d'Asclepios", portant le miroir de la prudence, et autour duquel s'enroule la Couleuvre d'Esculape. Le caducée des pharmaciens comporte pour sa part la coupe d'Hygie, sœur de Machaon.

  Machaon, son frère Podalire et son fils Alexanor ont donné leur nom à trois Porte-Queues, Papilio machaonIphiclides podalirius et Papilio alexanor. Parmi les synonymes, variantes et sous-espèces de Machaon, je relève  Papilio machaon sphyrus (Rothschild, 1895) (du nom du fils de Machaon) et Papilio machaon var. hippocrates (C. & R. Felder, 1864). Enfin, Nicomaque, autre fils guérisseur de Machaon figure dans la famille très médicale des Porte-Queue :  Papilio polites nicomaque Fruhstorfer, 1909 (synonyme).

  Nicomachos et  Gorgasos était vénéré ensemble dans un sanctuaire de Phares en Messénie (Pausanias, IV,30) par les malades et les estropiés: est-ce Gorgasos qui y figure sous le nom altéré de Papilio machaon ssp gorganus (Fruhstorfer, 1922) ?  J'ai la bonne surprise de constater que H.A. Hürter (1988, p. 41) s'est posé la même question et y a consacré un paragraphe entier pour conclure, comme moi, à une faute d'orthographe. Ce nom gorganus  est cité ainsi  dans la description originale de l' article Der bekannteste mitteleuropäische Tagfalter noch ohne Namen("Les papillons les plus connus d'Europe centrale encore sans nom"):  "Papilio machaon L. Reg. Pal. exclus. Madeira et Insulae Canariae [...]d) : P. machaon gorganus FRUHST, P. machaon ESPER, HÜBNER, auctores,...Germania, Austria, Europ. centr.". Il est d'autant plus probable que Fruhstorfer ait commis une faute gorganus / gorgasus que c'est lui qui avait déjà créé Papilio polites nicomaque 13 ans auparavant.

 L' épouse de Machaon a donné son nom à Lachnoptera anticlia anticlia (Hübner, 1819), un heliconiiné d'Afrique ; sa mère Epione baptise des papillons de nuit, dont l' Epione marginée Epione repandaria (Hufnagel, 1767).

  Cette famille de toubib, toujours tirée à quatre épingles (surtout dans les collections des chasseurs de papillon), possède d'étranges secrets et est passée maître en aposématisme, cet art d'effrayer les prédateurs. Machaon concocte dans ses alambics des phyltres à base de carotène que sa chenille libère par ses osmeterium en cas de danger. Leurs osmatéries repoussent les Oiseaux, Lézards, Fourmis, (ais non les Guèpes, Vespula germanica étant au contraire attirée par l'odeur de carotte des chenilles pour les croquer alors que des ichneumonidés les parasitent  (H. Descimon 1991).  De même, les larves  du Machaon se nourrit de la Rue fétide, ou Ruta gravaeolens, grande plante médicinale répulsive pour les insectes (puces et pucerons), mais que machaon ne craint pas. En outre, cette espèce sait détourner à son profit les pigments qui lui servent à orner sa livrée de telle façon qu'elle décourage les prédateurs. Elle est inféodée aux Ombellifères et aux Rutacées, plantes qui n'ont pas de parenté botanique mais qui ont en commun des huiles essentielles ( celle du fenouil fœniculum vulgare par exemple, qui parfume nos pastis).

 

 

 

    

                         Archéo-taxonomie de l'espèce.

L'étude de ce nom doit maintenant être associée à d'autres, avec lesquels il est tissé selon des motifs compliqués.

1.  Les publications qui précèdent celle de Linné 1758.

Placées dans l'ordre chronologique :

 

  • Merian  Papillons d'Europe II page 163 fig. 44 figure supérieure : description de la plante-hôte et de la chenille ???
  • James Petiver 1704 gazophylacii  
  • John Ray, 1710 Historia insectorum, page 111 n°3
  • Réaumur 1734 insectes. I Planche 11 figure 3 et 4. 
  • Réaumur, 1734 Mémoires pour servir à l'histoire des Insectes. I. 
  • Johann August Roesel 1746 Insecten belustigung I. tab.2, 1-4.

 

 

b) James Petiver 1704 gazophylacii  

 

c) John Ray 1710 Historia insectorum, page 111 n°3:

 

d) Merian : ici planche 163 (page 87) http://documents.univ-toulouse.fr/150NDG/T2/PPN07558171X.pdf 

e) Réaumur1734 Mémoires pour servir à l'histoire des Insectes. I. 

 

 

g) Johann August Roesel 1746 Insecten belustigung I. Classe 2. page 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

              II. Noms vernaculaires.

 

 

 

I. Les Noms français. 

 

1. Avant l'âge des noms : Réaumur. 

 

Réaumur [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes   Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. Tome I page 272  et planche 11 fig.3 et 4

 

"Vers la fin de juillet on trouve assez souvent aux environs de Paris un grand et beau papillon de cette classe, dont je n'ai pas vu la chenille, mais on peut la voir dans la 94eme planche des Insectes d'Europe de Mme Merian ; elle l'a nourrie de feuillage de prunier sauvage. Le fond de la couleur de ce papillon est citron clair..les taches qui sont dessus, sont noires, faites en espèce d'ondes, ou de flammes, qui imitent celles des taffetas qu'on nomme flambés. De part et d'autre de l'appendice qui forme une queue à chaque aile inférieure, il y a des taches en forme d'yeux, cinq en tout, et leur intérieur est rempli par un beau bleu nué ; il n'y a que le milieu de l'œil le plus proche du corps, qui soit feuille morte"

 

  Le "taffetas flambé" n'est pas une description propre à Réaumur, c'est au contraire un terme technique précisément défini comme "celui dont la chaîne est chinée" : dans l'Encyclopédie, Diderot et d'Alembert expliqueront que " Tous les taffetas, sous quelque dénomination qu'ils puissent être, sont montés & travaillés comme il vient d'être démontré; est-ce un taffetas noir, tramé d'organsin, il sera nommé taffetas lustré; est-t-il chiné par la chaine, c'est un taffetas flambé; a-t-il  3/4 d'aunes de large, ou7/8 ou une aune, c'est une laise; a-t-il 7/8 de large, & de couleur, c'est un taffetas d'Angleterre; a-t-il demi-aune de large, & des bandes de différentes couleurs, c'est un taffetas rayé; a-t-il soixante portées & tramé à deux bouts, c'est un taffetas à la bonne femme." Il existe encore le taffetas mince, l' armoisin; la toulousine. Puis l'auteur reprend :" la chaîne est-elle teinte par parties, c'est un taffetas flambé." Je passe sur la bourre; le simpleté, le doubleté et le tripleté; le petit gros - le gros-de-Naples ; le poulx de soie ou la moire. L'important est de comprendre que ce vocabulaire technique est très étendu et et que les naturalistes puisent largement dedans pour créer de toute pièce le vocabulaire de leur science qui est, elle, quasi dénuée de langage. Aussi retrouvera-t-on les coquillages (dont les collections sont aussi à la mode que celle des papillons, mais moins fragiles) dotés des noms de "Satin", Taffetas pointillé", "Taffetas flambé", etc. (La conchyliologie, ou histoire naturelle des coquilles de mer, d'eau douce Page 497)

 On retrouvera le terme de " taffetas flambé"  sous la plume de Nerval pour décrire un tissu dont la couleur n'est pas uniforme, présente des jaspures, des marbrures. [Sylvie] avait trouvé une grande robe en taffetas flambé, qui criait du froissement de ses plis (Nerval, Filles feu,Sylvie, 1854, p. 606), et sous la plume artiste d'E. de Goncourt, pour décrire l'acajou de garniture d'une cheminée, mais cette fois, substantivé : [faite] avec des flambés (E. de Goncourt). Enfin Colette (très avertie en matière de papillon par son fil Maurice Dudevant (Maurice Sand), décrivait en 1912 "De lourds morios traînant le velours épais de leurs ailes, des flambés jaunes et rayés comme des tigres"(Colette, Naiss. jour, 1928, p. 27).

 

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2. Le Flambé, Etienne Louis Geoffroy, 1762.

 

  C'est Geoffroy qui créa le zoonyme "Le Flambé" en 1762, en l'empruntant au texte de Réaumur. Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 56 n° 24 .

"Mais nous ne connaissons point sa chenille, qui doit sûrement ressembler à celle de l'espèce précédente."

 

— Dans l'édition latine par Fourcroy en 1785 de l'Histoire des insectes de Geoffroy page , cette espèce est nommée Papilio flammaeus, alors que Linné l'a déjà décrit comme Papilio podalirius, et que le volume d'Engramelle en donnait la référence.

 

 

 

3. Le Flambé , Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 150 n°69  par J.J Ernst gravée par J.J. Juillet  1779.  

Engramelle décrit la chenille, et donne comme plante-hôte principale l'épine-vinette.

 

4.  Le Papillon flambé, Latreille (et Godart) 1818.

Tableau encyclopédique et méthodique des trois régnes de la nature, Crustacés, arachnides et insectes, Vol. 24 Paris, Veuve Agasse 1818 Planche 9 et surtout Planche 49  fig.1 (imago), 2 et 3 (chenille et chrysalide).

5. Le Papillon podalire, Latreille et Godart 1819.

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 50       .

 

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

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6. Le Papillon Flambé , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821/1823, page  36 peinte par . 

La chenille y est décrite. Les plantes-hôtes citées sont le pêcher, le pommier, l'amandier, l'épine-vinette, le prunier et le prunellier.

La chrysalide est également décrite (première description en France).

 

 Ce nom a été repris  par Hippolyte Lucas (1834) page 34 et par les auteurs qui l'ont suivi.

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose comme nom principal "Le Flambé", tout en admettant, en Suisse, "Le Voilier". Ce zoonyme est accompagné d'une note 23 qui précise :

[...] de même que le nom de "Voilier" attribué en Suisse à Iphiclides podalirius est vraisemblablement la traduction du nom vernaculaire allemand du "Flambé" ("Segelfalter").

 

 

7. Étude onomastique vernaculaire des auteurs précédents.

 a) Doux et Gibeaux 2007 page 26 :

  Flambé : faisant allusion aux dessins alaires, qui rappellent les motifs des "tissus flambés" du XVIIIe siècle (Réaumur, 1734).

b) Perrein et al (2012) page 128 :

  Son nom français lui vient de la description de Réaumur suivant laquelle "les taches qui sont dessus, sont noires, faites en espèce d'ondes, ou de flammes, qui imitent celles des taffetas qu'on nomme flambés".

 

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

— Perrein et al., 2012 : "Flambé".

 

— Wikipédia : " Flambé".

 

    

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  • "Papallona zebrada aranesa" en catalan
  • " Scarce Swallowtail" en anglais
  • "Podalirijus"
  • "Vidlochvost ovocný" en slovène
  • "Лястовича опашка" 
  • "Otakárek ovocný " en tchèque
  • "Chupa leche" en espagnol
  • "Kardfarkú pillangó" 
  • "Jadralec"
  • "Подалирий"
  • "Sydeuropæisk svalehale " en danois
  • "Koningspage" en néerlandais
  • "Purjeperhonen" 
  • "Подалірій"
  • "Segelfalter"
  • "Prugasto jedarce"
  • "Paź żeglarz" en polonais
  •  "Segelfjäril" en suédois
  • "Puriliblikas"
  •  "Podalirio" en italien
  • "Coada rândunicii"
  • "Erik Kırlangıçkuyruğu" en turc.

     

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet :  Iphiclides

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Iphiclides podalirius

— lepiforum : http://www.lepiforum.de/lepiwiki.pl?Iphiclides_Podalirius

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :

 

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— MERIAN (Maria-Sibylla) 1683  Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par  Universitätsbibliothek Heidelberg;

 

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                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

Abréviations de références utilisées par Linné et autres auteurs : Animalbase

Fabien RaimbaultA la recherche des noms d'insectes...ou les principes de la recherche étymologique appliquée à l'entomologie :http://www7.inra.fr/opie-insectes/pdf/i86raimbault.pdf

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

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Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Rééfrences Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

 

 

 

                                          

 
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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Rhopalocères.
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 17:52

Zoonymie du papillon "le Sylvain azuré" Limenitis reducta Staudinger, 1901.

 

 

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

 

Résumé.    

— Limenitis Fabricius, 1807 : du grec signifiant "gardienne ou protectrice des ports", qui peut être une épithète de Diane ou de Vénus. Sachant la convention que s'est fixée Fabricius de nommer ses genres de papillons diurnes selon un épithète de Vénus, Limenitis s'applique volontiers à  Aphrodite limenia, la déesse étant vénérée sous ce nom à Hermione et à Égine.

reducta Staudinger, 1901 : cet auteur décrivait cette espèce alors comme une variante de Camilla  Schiffermüller (et non de L. camilla Linné)  par la phrase  alarum maculis fasciaque albis reductis.  Reductis (de reduco, ere "restreindre" mais aussi "ramener à soi")  s'applique donc aux "bandes et taches blanches des ailes". Or, celles-ci ne sont pas plus réduites que chez L. camilla, au contraire. "Ramenées vers soi" ?

  —"Sylvain azuré" : le nom "Le Silvain azuré" (sic) a été créé par Engramelle en 1779  mais pendant tout le XIXe siècle et une partie du XXe siècle, il a servi, sous la forme de "Le Sylvain azuré", à désigner le Papilio camilla de Linné. Le nom a été attribué à Limenitis reducta en 1986 par G. Luquet, qui reprend l'allusion au reflet bleu visible sur le dessus des ailes de cette espèce, reflet qui a fait donné le nom d'azuritis au sous-genre créé par J. Boudinot dans la même année 1986.

 

    


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815.

 (fr. Les Nymphalides, angl. Brush-footed Butterflies).

 [ N.B : j'observe ici la taxonomie présentée par Dupont & al. (2013). Ces auteurs remarquent dans leur note 209 : "Pelham & al. (2008), se référant aux travaux de Koçak (1981), considèrent Nymphalidae Swainson, 1827, comme invalide, au motif que le nom donné par Swainson est fondé sur le nom générique Nymphalis Latreille, 1804, qui est considéré non comme un synonyme, mais un homonyme de Nymphalis Kluck, 1780. Ces auteurs préconisent l’utilisation de Nymphalidae Rafinesque, 1815 (page 127 : « Sous-famille des Nymphalia »). Rafinesque intégre dans ce taxon de nombreux genres de Nymphalidae. Pour la systématique de cette famille nous avons suivi les travaux de Wahlberg & al. (2009)."]

 Rafinesque, C.S. 1815: Analyse de la nature, ou tableau de l'univers et des corps organisés.Palerme. L'Imprimerie de Jean Barravecchia. en français, 224 pp page 127. "Les Nymphales, quatre pattes droites, quatre pattes ambulatoires". Les Nymphales sont, pour Rafinesque, une Sous-famille de la famille Ropalocera ; elle comporte alors 23 "genres".

  Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) est un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, qui a passé son enfance à Marseille avant de s'installer à Palerme comme herboriste. puis à Philadelphie. 

  Ce grand collectionneur en histoire naturelle s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. Grand admirateur de Linné, nom dont il prénomme son fils, il débute son Analyse de la nature par cette dédicace : "La nature est mon guide, et Linnaeus mon maître".

 

 Son nom vient de Nymphales, nom de la quatrième phalange de la nomenclature de Linné, aux ailes dentelées (alis denticulatis) et divisée en gemmati (ailes ocellées) et phalerati (ailes ornées). Le nom est dérivé du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille » et désigne dans la mythologie grecque les divinités féminines de la nature, généralement considérées comme les filles de Zeus et du Ciel, remarquablement belles, et qui peuplaient la plupart des lieux naturels: forêts et bois, vallées fertiles et bocages, sources et rivières, montagnes et grottes…  

 Cette famille comporte (Je suivrai Dupont & al. (2013) ) 7 sous-familles en France :

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 
  • Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • .Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886 

 

b) sous-famille des Limenitidinae  Butler 1870.

— type-genus: Limenitis Fabricius, 1807.

— Dupont et al. (2013), qui me sert de référentiel taxonomique, donne comme auteur pour cette sous-famille Butler, 1870. et non Behr, H., 1864 ["On Californian Lepidoptera. No. IV."  Proc. Calif. Acad. Sci. 3 (2): 127);] 

 

http://archive.org/stream/museumsaeriaemit00linn#page/306/mode/1up

 

  • Tribu des Neptini Newman, 1870 

Genre Neptis Fabricius, 1807

  • Tribu des Limenitidini Butler, 1870.

 

c) Tribu des Limenitidini Behr, 1864.

  • Genre Limenitis Fabricius, 1807
 

— Ce genre renferme 3 Sous-genres

  • a) Sous-genre Limenitis Fabricius, 1807 :
Limenitis populi (Linnaeus, 1758) . Grand Sylvain.
  • b) Sous-genre Azuritis Boudinot, 1986
Limenitis reducta Staudinger, 1901. Sylvain azuré. 
  • c) Sous-genre Ladoga Moore, 1898
Limenitis camilla (Linnaeus, 1764) . Petit Sylvain.

 

 

2. Nom de genre : Limenitis, Fabricius, 1807

 a) Description originale : 

 Fabricius, 1807, "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges", Magazin für Insektenkunde , Karl Reichard, Braunschweig [Brunswick] (6) page 285, n°32.

   Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes. Le 11ème des 49 genres de Fabricius cités dans l'article contient 14 espèces, dont trois sont nommées : Populi, Niavius et Camilla. Populi est l'espèce-type.

Ce genre est désormais divisé en trois sous-genres :

 - Sous-genre Limenitis Fabricius, 1807 Limenitis populi (Linnaeus, 1758). Grand Sylvain.

   - Sous-genre Azuritis Boudinot, 1986 Limenitis reducta Staudinger, 1901 . Sylvain azuré. [Présent en Corse]

   -Sous-genre Ladoga Moore, 1898 Limenitis camilla (Linnaeus, 1764) . Petit Sylvain.  

 La classification de Fabricius ou Systema glossata.

L'article cité en référence n'est pas écrit par Fabricius, mais par Johan Karl Wilhem Illiger. Illiger, qui fut conservateur du musée zoologique de Berlin en 1810, après avoir pris en charge les collections du comte von Hoffmannsegg,  a fait paraître la revue Magazin für Insektenkunde de 1802 à 1807. Dans celle-ci, il donne une présentation anticipée des genres de lépidoptères que Fabricius s'apprête à publier dans son Systema glossata :

 

  L'histoire de la publication du Systema glossatorum de Fabricius est en elle-même le petit roman tragique et complexe d'un manuscrit perdu. Ce nom de Systema glossatorum suppose d'abord que l'on sache que Fabricius, dont la classification des insectes reposait sur la structure des pièces buccales  utilisait le terme de Glossata (les Glossates) pour désigner les Lépidoptères, ou Papillons : en d'autres termes, il s'agit de sa Classification des Lépidoptères, la dernière de sa série des Systema après Systema eleutheratorum [les coléoptères] Kiliae 1801, Systema rhyngotorum [les hémiptères], Brunsvigae 1803, Systema piezatorum [les hyménoptères], Brunsvigae 1804 et Systema antliatorum [les diptères], Brunsvigae 1805.

 Le manuscrit du dernier des Systema a été terminé le 4 mars 1806 et envoyé à Reichard, le même éditeur que les précédents à Brunswig, et qui éditait aussi le Magazin für Insektenkunde d'Illiger.  C'est dans la sixième et dernière parution de cette revue que Illiger écrivit un article sur "La dernière classification par genre des papillons des genres linnéens Papilio et Sphinges", Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges (cité supra, 1807 pp 277-289), anticipant la parution du premier volume de la Systema Glossatorum, annoncée pour Pâques 1808. Quant à Fabricius, il donna un résumé de son ouvrage dans  "Zeitung fur Literatur und Kunst in den Konigl. Danischen Staaten," Kiel, 11. Sept. 1807 (pp. 81-84) sous le titre: "Etatsrath Fabricius Rechenschaft an das Publikum fiber seine Classification der Glossaten. Joh. Christ. Fabricii systema glossatorum, Vol. I "

  Hélas, avant que ne paraisse le livre, l'éditeur fit faillite, et ses créanciers saisirent le matériel et vendirent les travaux en cours à des chiffonniers. On ignore ce qu'est devenu le manuscrit original de Fabricius, mais néanmoins, les sept premiers feuillets déjà imprimés de son livre ont été conservés, en trois exemplaires. L'un de ceux-ci  est maintenant à la Bibliothèque du Musée zoologique de Berlin : elle comporte les pages 1-112 avec la page de titre et s'intitule Systema glossatorum, sans mentionner "volume I". Elle a fait l'objet d'un fac-similé publié par F. Bryk en 1938. Un autre exemplaire appartenait à K.A Dohrn à Szczecin [Stettin], qui l'a légué au Musée zoologique de Szczecin ; après la seconde guerre mondiale, il devint la propriété de la Bibliothèque Royale de Copenhague. Il comprend les pages 3-112, sans la page de titre. Enfin, l'American Museum of Natural History de New-York  détient depuis au moins 1903 le troisième exemplaire. Il ne se compose que des pages 1-80, page de titre incluse. 

  Comme Dohrn signale que le numéro 6 de la revue d'Illiger avait brûlé lors d'un incendie chez l'imprimeur, Brik pense que le manuscrit de Fabricius a été détruit lors du même incendie. Ce manuscrit ne devait porter que sur le volume I, puisque la liste des genres, par laquelle Fabricius débute (page 9-12) ne comporte pas les Noctuidae et les Geometridae.

 Felix Brik (1938) sembla avoir utilisé une épreuve de la bibliothèque de la Berliner Naturforschung Gesselschaft, publiant un fac similé qui apporte les noms de nouvelles espèces par rapport à Illiger. (J Chr Fabricius Systema Glossatorum Nature 143, 784 (13 Mai 1939). Par son Opinion n° 137 du 30 octobre 1942, l'ICZN établi que les noms génériques publiés par Illiger sont à créditer à "Fabricius (in Illiger), 1807" et par extension de l'Opinion n° 137, les noms triviaux du fac-similé de Briks sont indiqués "Fabricius (in Brik), 1938".       

Sources du paragraphe: 

 SL Tuxen Annu Rev. Entomol.1967,  http://www.annualreviews.org/doi/pdf/10.1146/annurev.en.12.010167.000245

Voir aussi Taeger, Nota lepidopterologic 2001

 https://archive.org/stream/notalepidoptero242001soci#page/n89/mode/2up/search/fabricius

 

Étymologie du nom de genre limenitis.

        Si, en latin, il existe le nom limen, inis, "seuil, porte, maison, borne, frontière", qui ne doit pas nous égarer,  c'est un autre nom latin, Limenitis signifiant "des ports", du grec ancien Λιμενιτις(de λιμήν, "un port, havre"), qui fournit l'étymologie necessaire.

 D'où provient ce qualificatif "des ports" ?

 Fabricius, dans sa présentation du Systema glossatorum ( déjà cité, in Zeitung für Literatur und Kunst in den Königl . Dänischen Staaten [ Kiel ] , Septembre 11 1807, p. 83), donne des indications précieuses sur ses règles d'attribution des noms : il écrit qu'il est en train de changer un certain nombre de nom donnés par Linné car il souhaite faire apparaître le nom de la plante hôte. "Les noms de genre ne posent pas de problèmes importants, il faut seulement éviter qu'ils soient trop longs, et qu'ils ne soient pas déplaisants à l'oreille. Pour les papillons de jour, j'ai choisi différents épithètes [cognomina] de Vénus, et pour les papillons de nuit, ceux de Diane. Ils semblent être les plus appropriés. Leurs homologues grecs [qualificatifs d'Aphrodite ou d'Artémis] ont tendance à être durs, longs et désagréables."

 Dans ces conditions, il semble probable que le genre limenitis soit en relation avec l'épiclèse d'Aphrodite Limenia Λιμενια, protectrice des ports.( http://www.theoi.com/Cult/AphroditeTitles.html)

 

 Cet épithète, avec ceux de Limenites, Limentis et Limenoscopus (Limenitês, Limenitis, Limenodkopos), signifient " protecteur/trice ou superintendant/e des ports" : c'est le surnom de plusieurs divinités comme Zeus (Callimach. Fragm.114, 2e ed. Bentl.), Artemis (Callim. Hymn. dans Dian. 259), Aphrodite (Paus. ii. 34. § 11; Serv. ad Aen. i. 724), Priapus (Anthol. Palat. x. 1, 7), et de  Pan (Anthol. Palat. x. 10.) http://www.mythindex.com/greek-mythology/L/Limenia.html.  Effectivement, Aphrodite n'a pas l'exclusivité de ce titre, et son inverse nocturne Artémis le reçut également : "Limenitis, Limniatis, Limnatis,Limnea, nom donné par les pêcheurs à Diane, qui l'invoquaient comme la déesse des marais et des étangs" P. Chompré, 1778 Dict. portatif de la Fable.

 Une autre difficulté est que l'épithète exact que reçoit Aphrodite est plutôt Limenia ou λιµνήσιος Limnesia,  "des Ports" que Limenitis, qui est attesté pour Diane.

 Néanmoins, plusieurs textes attestent l'existence de ce culte rendu à Aphrodite Limenia, protectrice des ports, le plus récent et le plus universitaire corroborant le travail le plus ancien, que Fabricius a pu consulter pour rechercher ses épithètes de Vénus :

 1) Gérard de la Chau (abbé), Dissertation sur les attributs de Vénus, Paris : Lamy, 1780 page8.

 et Pierre-Henri Larcher, Mémoire sur la déesse Vénus 1776 page 111 :

  "La dénomination de Limenia ou Limnesia paraît plus restreinte et plus bornée [que celles de Marina et de Pelagia], et bornée seulement aus ports sur lesquels Vénus était censée veiller, comme on le voit dans une épigramme de l 'Anthologie et comme on l'apprend de Servius. (Est Limnesia Venus qu portibus praest Servius in Aenid.I). Cette dernière épithète est citée par Pausanias (Corinthiae, 2, 34,11 ) qui dit que l'on voyait à Hermione une statue de Vénus limenia de marbre blanc, remarquable par sa hauteur et sa beauté."

2. Marie-Karine Lhommé : Un commentaire en catalogue, les Vénus du Servius Daniélis (AEN. 1, 720)   Eruditio Antiqua 4 (2012) : 313-355.

" Vénus des ports.

"est et Limnesia, quae portubus praeest"

  Vénus est liée à la mer par sa naissance de l’écume des flots, mais elle ne semble pas spécialement liée aux ports côté romain. C’est Portunus qui préside aux ports, comme le dit la glose de SD dans les mêmes termes : SD 5, 241 : PORTVNVS deus marinus qui portubus praeest. « Portunus : dieu marin qui a la protection des ports. »

À Hermione, Pausanias (2, 34, 11) évoque une Aphrodite Pontia kai Liménia et à plusieurs autres reprises, côté grec, des sanctuaires d’Aphrodite sont situés sur des côtes, à proximité de sanctuaires de Poséidon.

Les errances d’Énée en Méditerranée donnent lieu à la consécration de nombreux temples d’Aphrodite sur des îlots ou en bord de mer. Denys d’Halicarnasse (1, 51, 3) signale, parmi d’autres toponymes liés à Énée, un promontoire appelé Port-Aphrodite, au lieu-dit Athénaion, qui fut le premier endroit où Énée mit le pied en Italie : τοῦτο δὲ τὸ χωρίον ἐστὶν ἀκρωτήριον καὶ ἐπ´ αὐτῷ θερινὸς ὅρµος, ὃς ἐξ ἐκείνου λιµὴν Ἀφροδίτης καλεῖται. « Cet endroit est un promontoire qui offre un mouillage l’été, et qu’on appelle depuis ce moment port d’Aphrodite. »

Limnesios peut être interprété différemment (voir les sens proches en grec de λιµήν, port et de λίµνη, marais, mer) comme lorsqu’ Isidore (Etym. 17, 33) rapporte un autre nom de la centaurée : Centauream Graeci vocant quoniam a Chirone Centauro fertur reperta. Eadem et λιµνήσιος, quia locis humectis nascitur. « Les Grecs l’appellent Centaurée parce que c’est le centaure Chiron qui la découvrit, comme on le rapporte. La même est appelée aussi limnesios, parce qu’elle naît des lieux humides.» On retomberait alors sur une Vénus née de l’humidité, née de la mer."

 

3. Le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de C.Daremberg et E.Saglio (1877-1919) Tome I vol.1 page 308 :

 

" Une double fête de Poséidon et d'Aphrodite Limnesia et Galenaia, c'est-à-dire , qui apaise la mort et conduit au port, avait lieu à Égine. D'abord on offrait un sacrifice au dieu des mers en mémoire de ceux qui étaient morts en naviguant, puis on se livrait à une joie dissolue en célébrant les bienfaits de la déesse de l'amour. En Acarnanie également, Aphrodite était fêtée comme déesse marine par des combats navals " Plutarque, Quaestr. gr.44 ; Athen. XIII, 55, 95.


 

Les entomologistes qui se sont penchés sur le nom Limenitis ont retrouvés les mêmes données que moi, mais Sodoffsky (1837) page 81 [Limenitis : beiname der Venus, der Diana und anderer Gottheit. Cf Vollmer, 1143]  comme Westwood et Humphrey (1841) page 60 [Limenitis : "one of the name of Venus : Vollmer, 1143] renvoient à la même référence, celle de Vollmer.

1836 :http://books.google.fr/books?id=HhMYAAAAIAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 

 

A.M.Emmet (1991) qui ignore la règle que s'est fixée Fabricius, signale bien le grec limenitis, "gardien de port", une épithète attribuée aux dieux qui protègent les ports, et se demande si Fabricius ne s'est pas souvenu que le premier spécimen de Sylvain avait été capturé par David Krieg dans la ville portuaire de Leghorn. Il avait été adressé à Pétiver, qui le nomma Papilio Livornicus, " the Leghorn White admiral ".


 Les autres étymologies (selon Hürter) :

— Arnold Spuler : page 14 : Beiname einer griechischen  Göttin, "épithète d'une déesse grecque".

— Janssen page 39 : Limné = moeras, de voedselplant van Limenitis populi, populier, groeit op vochtige plaatsen, " Limne signifie -marais-, la plante hôte le peuplier poussant dans les endroits humides".

 

— Ramann page 52: Jedenfalls kömmt der Name dieser Unterabtheilung der Nymphaliden vonlimen, die Schwelle, die Grenze, der Weg her, weil die Limeniten, welche den deutschen Namen Eisvögel führen, am häufigsten auf Waldwegen angetroffen werden , " Quoiqu'il en soit le nom de cette sous-division des Nymphalidae vient du latin limen, le seuil, la frontière, ou ici la route parce que les limenitinés qui portent en allemand le nom de Eisvögel, " sont le plus souvent observés le long des sentiers forestiers".

— Dale page 128 : Limenitis, a greek word signifying harbour keeping, an epithet applied  to several divinities, but especially to Diana. "Limenitis, mot grec signifiant "gardien des ports", un épithète qui s'applique à plusieurs divinités, mais spécialement à Diane".

 

—Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 122 (traduction de Emmet 1991)

Limenitis : de grec Limenitis, "gardien du port", épithète appliquée aux divinités qui protégeaient les ports. Ce nom n'a aucun rapport avec l'entomologie, Fabricius a peut-être voulu rappeler en créant ce nom, que le premier Sylvain récolté et décrit en Grande-Bretagne avait été capturé dans la ville portuaire de Leghorn en 1703 (Emmet, 1991 :152). Épithète d'une déesse grecque selon Spuler (1901-1908 :14).

 


 

 

 


Le genre Limenitis présente une vingtaine d'espèces, mais trois  sont rencontrées en Bretagne : le Grand Sylvain Limenitis populi, le Petit Sylvain Limenitis camilla, et le Sylvain azuré L. reducta. J'ai décrit ce dernier ici :L' Alto Merse, reserve naturelle de Toscane.

Je rappelle les différences entre les deux derniers:

L. camilla dispose d'une double rangée de points noirs sur la face inférieure de l'aile postérieure.

L.reducta ne dispose que d'une simple rangée de points noirs sur cette face inférieure, mais la coloration de cette face est plus rougeâtre.  Sur le recto, l'aile antérieure du L. reducta offre une marque blanche supplémentaire bien marquée, entre les taches principales et la tête ( L. camilla présente, au mieux, une trace blanchâtre).

 

— Ce genre renferme 3 Sous-genres

a) Sous-genre Limenitis Fabricius, 1807 :

  • Limenitis populi (Linnaeus, 1758) . Grand Sylvain.

b) Sous-genre Azuritis Boudinot, 1986 : Boudinot, J. 1986. "Description d'un genre nouveau parmi les Limenitini palearctiques (Lepidoptera, Nymphalidae)". Nouvelle Revue d'Entomologie, 2(4): 403-409.

  • Limenitis reducta Staudinger, 1901. Sylvain azuré. 

c) Sous-genre Ladoga Moore, 1898

  • Limenitis camilla (Linnaeus, 1764) . Petit Sylvain.

 

Origine du terme azuritis J. Boudinot 1986 :

 — Luquet in Doux et Gibeaux 2007 :126.

"néologisme fondé sur le mot azur, faisant allusion au reflet bleu visible sur le dessus des ailes de l'espèce-type du genre. Le suffixe -itis est emprunté au nom du genre apparenté Limenitis".

 — Perrein et al. (2012) page 372:

Étymologie : du français azur "bleu intense" — du latin médiéval azzurum, emprunté à l'arabe lazaward, lui-même du mot persan désignant la pierre et la couleur du lapis-lazuli — et la finale -itis, calquée sur celle de l'ancien nom de genre Limenitis.

 

 3.  Nom d'espèce : Limenitis reducta Staudinger 1901.


a) Description originale

  • Limenitis camilla reducta Staudinger, 1901 Staudinger, Otto. & Rebel, H. 1901. Catalog der Lepidopteren des palaearctischen Faunengebietes. I. Theil: Famil. Papilionidae – Hepialidae. Berlin (Friedländer & Sohn). 411 pp. Page 22. 

 

— Description : 

135 Camilla Schiff. S.V. p.182 ; Hb. 106-7 ; O.I, 1, 142 ; God. I,6,3,tert.2 ; Rühl 331, 774 ; Lucilla Esp. 38, 2;    Bkh. I, 25 ; ab Pythonissa Mill. Ic, t.8, f.1 [♀ab. supra unicolor nigra]

En marge : Eur m. et c. 51°. As. min. Syr. Kurd. Arm. oc.

a) v. Reducta  Stgr. alarum maculis fasciaque albis reductis.  En marge :  Arm. or ; Hyrc.

Traduction proposée :  ailes ayant des taches et des bandes blanches en nombre réduit (par rapport à L. camilla Schiff.) OU "ailes aux taches et bandes blanches ramenées en arrière" (donc plus étendues). Cf infra discussion.

— références données : id.

 

— Localité-type : "Hankynda",  Stepanakert, Haut-Karaback, Azerbaïdjan, désigné par Sigbert Wagener in Hesselbarth & al. (1995)

Selon Dupont et al. cette espèce est présente dans le sud de l’Europe, en Anatolie, au Moyen-Orient jusqu’en Irak, dans le Caucase, en Arménie et les montagnes du nord de l’Iran. Elle est signalée presque partout en France sauf dans le nord où elle est plus rare. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Chèvrefeuilles.

 

 

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

a) Liste des synonymes :

 

  • Azuritis reducta prodiga (Fruhstorfer, 1909)

  • Azuritis reducta schiffermuelleri (Higgins, 1932)

  • Azuritis reducta (Staudinger, 1901)

  • Limenitis anonyma Lewis, 1872  : Lewis, W. A. 1872. "New Names for European Butterflies."Zoologist, 7(30): 3074-3075.

  • Limenitis camilla prodiga Fruhstorfer, 1909 : Fruhstorfer, H. (von) 1909.  "Neue Limenitis-Rassen". Internationale entomologische Zeitschrift, 3(17): 94-95. page 94 [http://www.biodiversitylibrary.org/page/37071471]

  • Limenitis camilla reducta Staudinger, 1901

  • Limenitis reducta prodiga Fruhstorfer, 1909

  • Limenitis reducta schiffermulleri Higgins, 1933

  • Limenitis schiffermulleri Higgins, 1933 : proposé par Lionel G. Higgins en l'honneur de l'un des auteurs du catalogue de Vienne.

  • Papilio camilla [Denis & Schiffermüller], 1775 : [Denis, J. N. C. M. & Schiffermüller, I.] 1775. Ankündung eines systematischen Werkes von den Schmetterlingen der Wienergegend, herausgegeben von einigen Lehrern am k. k. Theresianum.. Vienne. 322 pp. Page 172 [http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN574458115&DMDID=DMDLOG_0006&LOGID=LOG_0008&PHYSID=PHYS_0178]

 

b) Sous-espèces : Leraut cité par Dupont et al. (2013) retient la présence de deux sous-espèces en France : 

  •  schiffermulleri Higgins, 1933 (schiffermuelleri Higgins, 1932 in LERAUT, 1997). Localité-type environ de Vienne, Autriche.
  •  prodiga Fruhstorfer, 1909. Localité-type : Le Salève, Haute-Savoie.

 

Références bibliographiques INPN

  • Hesselbarth et al. (1995) 
    Hesselbarth, G., Van Oorschot, H. & Wagener, S. 1995. Die Tagfalter der Turkei unter Berücksichtigung der angrenzenden Länder: (Lepidoptera Papilionoidea and Hesperioidea). Band 1-3. Selbstverlag Sigbert Wagener, Bocholt (Dld): 2201 pp.

  • Limenitis reducta Staudinger, 1901
    ICZN 1959. Opinion 562. Suppression under the Plenary Powers of the specific name anonyma Lewis (W.A.), 1872, as published in the combinationLimenitis anonyma (Class Insecta, Order Lepidoptera). Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature, 20(29): 311-328.page 311

  • Limenitis schiffermulleri Higgins, 1933
    ICZN 1959. Opinion 562. Suppression under the Plenary Powers of the specific name anonyma Lewis (W.A.), 1872, as published in the combinationLimenitis anonyma (Class Insecta, Order Lepidoptera). Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature, 20(29): 311-328. page 311

  • Papilio camilla [Denis & Schiffermüller], 1775 [Denis, J. N. C. M. & Schiffermüller, I.] 1775. Ankündung eines systematischen Werkes von den Schmetterlingen der Wienergegend, herausgegeben von einigen Lehrern am k. k. Theresianum.. Vienne. 322 pp. Page 172 [http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN574458115&DMDID=DMDLOG_0006&LOGID=LOG_0008&PHYSID=PHYS_0178]

  • Lewis (1872) : 3074.  Lewis, W. A. 1872. New Names for European Butterflies. Zoologist, 7(30): 3074-3075.

 

c) Origine et signification du nom reducta.

 

 Les interprétations des auteurs :

 

— Arnold Spuler (1908)  page 340 n°15 :

"Die Verringerte" 

"La réduction"


  — August Janssen (1980) page 

 


— Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page  126

"reducta : du latin reductus, "réduit". Ce mot fait allusion à la réduction de la fascie et des taches blanche de la sous-espèce de "camilla" que Staudinger entendait décrire sous ce nom."


— Perrein et al. (2012) page 372:

"Étymologie : du latin reductus, de reducere, "ramener, rétablir"."



— Hans-A. Hürter (1998) page 202 : 

"Deutung : Da für die beiden Arten L. camilla und L. reducta unter anderen 1 bzw.2 schwarze Punktreihen auf der unterseite charakteristisch sind, kann angenommen werden, dass Staudinger 1901 bei der Namensgebung ausdrücken wollte, dass reducta gegenüber der seit 1763 (Higgins) / 1764 (Ebert) bekannten camilla um Punktreihe "reduziert", vermindert sei. Eine Auslegung im Sinne  von "die zurückgezogen, einsam lebende Art" wird Staudingers Überlegungen sicherlich nicht gerecht."

 

 

Trad. Google ! : "Interprétation: Parce que sur le fond sont caractéristiques des deux espèces L. camilla et L. reducta sous d'autres 1 et 2 rangées de points noirs respectivement, on peut supposer que, en 1901, Staudinger a voulu exprimer en nommant que reducta sur la depuis 1763 (Higgins) / 1764 (Ebert) camilla connu "réduite" au point numéro, est réduit. Une interprétation en termes de «les retraits, les espèces vivantes isolées" sont des considérations certainement pas juste de la part de Staudinger ." 


Discussion : 

 

Le mot -reductis figurant dans la phrase spécifique donnée par Staudinger dans sa description de -reducta ( qui était pour lui une variante du Camilla de Denis et Schiffermüller), c'est certainement l'interprétation de ce terme, dans le contexte de la phrase spécifique, qui en détermine le sens.

Staudinger écrit : alarum maculis fasciaque albis reductis. Je peux la traduire par "ailes ayant des taches et des bandes blanches en nombre réduit (par rapport à Camilla Schiff.)". Mais cela ne correspond pas du tout à ce qui est attendu. Je rappelle que  L. reducta différe de L. camilla (Linné, car j'ignore comment est le papilio camilla de Schiffermüller) non seulement par  son lustre bleuté à la surface de l'aile, non seulement par la présence d'une seule rangée de points noirs sur la face inférieure de l'aile postérieure au lieu de deux pour camilla, mais aussi parce que sur le recto, l'aile antérieure du L. reducta offre une marque discoïdale blanche supplémentaire bien marquée, entre les taches principales et la tête ( L. camilla présente, au mieux, une trace blanchâtre). 

Limenitis camilla sur un forum :

azuritis2.jpg

Mais Christian Perrein souligne judicieusement que le verbe reducere signifie "ramener, rétablir". Le dictionnaire me donne reductus, a, um : part. passé de reduco. - 1 - "ramené, rendu." - 2 - "ramené en arrière". - 3 -  "retiré, à l'écart, en retrait, éloigné". Cela permet (peut-être ) de comprendre -reductis non pas bêtement par "réduit", mais presque au contraire par "ramené en arrière". 

Le même dictionnaire donne aussi pour le verbe reduco, ere le sens de "ramener vers soi" qui peut alors presque s'entendre  comme un drap blanc que le papillon ramenerait sur lui : le blanc est alors, non pas "réduit", mais au contraire plus étendu Ouf ! 

Conclusion : Avec certitude, on peut affirmer que le terme reducta de Staudinger s'applique aux taches et aux bandes blanches des ailes. Et proposer d'entendre -reductis comme "ramené vers soi".

 

 

 II.  Archéo-taxonomie.

1. Le genre.

      En 2011, Perrein & al. décrivent le Sylvain azuré comme Azuritis reducta Boudinot, 1986.


2. L'épithète spécifique.

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

           Le nom "Le Silvain azuré" (sic) a été créé par Engramele en 1779  mais pendant tout le XIXe siècle et une partie du XXe siècle, il a servi, sous la forme "Le Sylvain azuré", à désigner le Papilio camilla de Linné. Le nom a été attribué à Limenitis reducta en 1986 par G. Luquet, qui reprend l'allusion au reflet bleu visible sur le dessus des ailes de cette espèce, reflet qui a fait donné le nom d'azuritis au sous-genre créé par J. Boudinot dans la même année 1986.



I. Les Noms français. 

 

 1 . Le Silvain azuré, Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 32 planche XI fig.14  par J.J. Ernst gravée par J. Juillet,  1779. 

Engramelle donne en référence l'espèce représenté par Drusy V.II.Tab. XVI fig.1-2. Puis il ajoute :

" Cramer, 10ème cahier pl. 114 fig. C.D le nomme Sibilla. Esper, t. I, tab. XXXVIII sup. 14 f.2 l'appelle Lucilla.

 

 

  Le nom vernaculaire de Silvain après s'être transformé en Sylvain est attesté en France depuis la parution de l'ouvrage d'Engramelle, avec quatre espèces :

- le Grand Sylvain ou Sylvain, Papillons d'Europe, pl  IX n°10 et X n°11

 -le Petit Sylvain, pl XI n°13

 -le Sylvain azuré , pl. XI n° 14

 -et le Sylvain coenobite pl. X n° 12 .

 

Mais ces noms vernaculaires ont été reliés aux noms scientifiques  de la manière suivante durant tout le XIXeme siècle :

Grand Sylvain : Nymphalis populi

Petit Sylvain  : Nymphalis Sibylla,

Sylvain azuré : Nymphales camilla,

Sylvain coenobite : Nymphales lucilla.

     Aussi tous les Dictionnaires d'Histoire Naturelle, les Encyclopédies, Godart et Duponchel dans leur Histoire Naturelle des Lépidoptères, A. Dupuis dans son guide des papillons, (1863), Hippolyte Lucas dans l'Histoire naturelle des lépidoptères ( 1834), Boisduval dans la Collection des chenilles  ( 1832), et Cuvier, et Latreille, Émile Blanchard, Pierre Boitard, les Sociétés linnéennes même considérèrent que le Sylvain azuré se nommait camilla, et que le Petit Sylvain portait le nom de Sibilla.  

 

 Le nom vient du latin sylva, la forêt, les bois, ou plutôt du nom latin du dieu des forêts, Sylvanus ou Silvanus. Dans la religion antique des romains, Sylvain appartient aux Dii, et il cherche à pénétrer dans les maisons : "Voilà donc l'enfant sorti sans danger du sein de sa mère. Mais, les dieux ne l'abandonnent par; et continuent à l'accompagner en bataillons serrés. On craint que Sylvain ne vienne tourmenter sa mère et ne pénètre dans la maison où elle repose : afin d'éloigner le sauvage esprit des bois, on lui rappelles le présence des hommes dans la demeure, d'abord en frappant le seuil de la porte d'un coup de la hache du bûcheron, puis en le heurtant encore du pilon du meunier et enfin en le balayant avec le balai du moissonneur". Dictionnaire   

 En poésie, ce sont de petits êtres qui accompagnent les faunes et fréquentent les bois. En zoologie, il qualifie les espèces qui vivent dans les bois (pas toujours : le Chevalier sylvain Tringa glaerola). Parmi les papillons, l' Hespérie du dactyle est nommée la Sylvaine.

 Il s'accorde bien à un papillon de la famille des Nymphalides, au vol féerique de Peter Pan.

 

2. [Nymphale Camille ] Latreille 1818:

Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle vol. 23 page 146:

 Nymphale Camille, Papilio camilla Linné, Le Sylvain azuré d'Engramelle 

 

3. Nymphale Camilla, Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 403.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

4.  Nymphale Sylvain azuré, Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821,  page 119 n° XXXVIII . Planche 6 tert dessinée par Vauthier et gravée par Lanvin.

Le Nymphale Sylvain-azuré. Papilio camilla (Fab.) Papilio rivularis (Scop.) Le Sylvain azuré (Engram. Pap. d'Europe).

Le Sylvain-azuré se distingue du précédent [Petit-Sylvain] par les principaux caractères que voici : le dessous des ailes au lieu d'être brun presque noir et d'un bleu verdâtre chatoyant et présente au bord de derrière une ligne de points d'un bleu pâle. etc...


                     n182_w346

 

              

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal " Le Sylvain azuré" et réfute "le (sic) Camille" cité par P.A Robert et par C. de Villers (1789). Il ajoute en note 

   Il donne en note le commentaire suivant :

" Comme je l'ai indiqué dans l'introduction de ce travail, les noms vernaculaires d'Azuritis reducta et de Ladoga camilla ont été couramment intervertis dans la littérature entomologique, manifestement en raison de la confusion qui a longtemps régné dans la nomenclature latine de ces deux espèces (reducta Stgr = camilla D. & S. ; camilla L. =sibilla L.) Égaré par cette situation confuse, J. Lupold, adaptateur d'O. Danesh, a même été jusqu'à créer un "Petit Sylvain azuré", "hybride lexical" particulièrement révélateur de ce contexte passablement équivoque. La récente création par Boudinot (Nouvelle revue d'Entomologie,* N.S., 2 (4), 1985 (1986) : 403-409) du genre azuritis  pour le "Sylvain azuré" devrait mettre un fin à cette situation, puisqu'elle introduit un moyen mnémotechnique simple permettant d'associer correctement, sans risque d'erreur, le nom vernaculaire et le nom scientifique correspondant de cette espèce."

 *Description d'un genre nouveau parmi les Limenitini palearctiques (Lepidoptera, Nymphalidae). Actuellement un sous-genre de Limenitis, où se classe L. reducta.

 

 

7. Étude zoonymique des auteurs français :

— Doux et Gibeaux 2007  page 126 :

Sylvain : divinité protectrice des bois et des champs (mythologie romaine).

 

 

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de " Limenitis camilla (Fab.)  puis citent dans leur texte page 86 le nom vernaculaire : "le Sylvain azuré était autrefois commun à Rennes où on pouvait le voir volant dans les jardins autour de la ville".

—Bellmann / Luquet 2008 : "" .

— Blab / Luquet 1988 : 

— Chinery / Leraut  1998  : 

— Doux & Gibeaux 2007 : "  Le Sylvain azuré".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : " ". 

— Lafranchis, 2000 : "" .

— Perrein et al. 2012 : " Sylvain azuré ".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "".

— Wikipédia : " Sylvain azuré".


 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.


  • "Southern White Admiral" en anglais
  • "Blauschwarzer Eisvogel" ou "Zaunlilienfalter" en allemand
  • "Ninfa de arroyos" en espagnol ,
  • "Nimfa mediterrània" en catalan,
  • "Kék lonclepke" en hongrois, 
  • "Blauwe ijsvogelvlinder" en néerlandais

 

  le nom allemand "Eisvogel".

 "Eisvogel", littéralement "glace-oiseau", est le nom vernaculaire du Martin-pêcheur, bien qu'on ignore les raisons d'un tel surnom, généralement attribué aux couleurs métalliques "glacées" du plumage (par le vieil allemand eisan, "chatoyer, briller").

 Le "Kleine Eisvogel" est notre Petit Sylvain, le Blauschwarzer (Bleu-noir) Eisvogel notre Sylvain azuré L. reducta, et le Großer Eisvogel est notre Grand Sylvain L. populi.

 J'ignore pour quelle raison ces papillons sont nommées ainsi, mais les trois Limenitis ont des couleurs chatoyantes, c'est à dire changeant de couleur comme l'œil des chats selon l'angle de vue.

 

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • pas de nom  en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

        

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet :  Limenitis    . 

 

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Limenitis reducta

— UK Butterflies : 

— lepiforum : Reducta

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner (pour Limenitis populi)

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; . http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :


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— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 17:51

Zoonymie (étude du nom) du papillon "le Grand Sylvain" Limenitis populi (Linnaeus, 1758).

 

 

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

 

Résumé.    

— Limenitis Fabricius, 1807 : du grec signifiant "gardienne ou protectrice des ports", qui peut être une épithète de Diane ou de Vénus. Sachant la convention que s'est fixée Fabricius de nommer ses genres de papillons diurnes selon un épithète de Vénus, Limenitis s'applique volontiers à  Aphrodite limenia, la déesse étant vénérée sous ce nom à Hermione et à Égine.

— populi (Linnaeus, 1758) : du latin signifiant "du Peuplier", le nom générique de la plante-hôte. Linné lui attribuait dans sa description le Peuplier tremble populus tremulae L., mais a eu la sagesse de ne pas indiquer l'espèce botanique ;  on apprit vite que la chenille se nourrissait aussi de P. alba et nigra. 

 —"Grand Sylvain" : Engramelle a décrit en 1779 le mâle sous le nom de "Silvain" et la femelle sous celui de "Grand Silvain", avec ce commentaire: "On a nommé ce papillon le Silvain, parce que sa résidence ordinaire est dans les grandes forêts".  Latreille puis Godart réunirent le couple sous le nom de "Nymphale du Peuplier" puis Godart utilisa en 1821 le nom de "Nymphale Grand-Sylvain". Oberthür utilisait au début du XXe siècle la forme "Le Grand Sylvain", que Luquet officialisa en 1986.

 

 


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815.

 (fr. Les Nymphalides, angl. Brush-footed Butterflies).

 [ N.B : j'observe ici la taxonomie présentée par Dupont & al. (2013). Ces auteurs remarquent dans leur note 209 : "Pelham & al. (2008), se référant aux travaux de Koçak (1981), considèrent Nymphalidae Swainson, 1827, comme invalide, au motif que le nom donné par Swainson est fondé sur le nom générique Nymphalis Latreille, 1804, qui est considéré non comme un synonyme, mais un homonyme de Nymphalis Kluck, 1780. Ces auteurs préconisent l’utilisation de Nymphalidae Rafinesque, 1815 (page 127 : « Sous-famille des Nymphalia »). Rafinesque intégre dans ce taxon de nombreux genres de Nymphalidae. Pour la systématique de cette famille nous avons suivi les travaux de Wahlberg & al. (2009)."]

 Rafinesque, C.S. 1815: Analyse de la nature, ou tableau de l'univers et des corps organisés.Palerme. L'Imprimerie de Jean Barravecchia. en français, 224 pp page 127. "Les Nymphales, quatre pattes droites, quatre pattes ambulatoires". Les Nymphales sont, pour Rafinesque, une Sous-famille de la famille Ropalocera ; elle comporte alors 23 "genres".

  Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) est un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, qui a passé son enfance à Marseille avant de s'installer à Palerme comme herboriste. puis à Philadelphie. 

  Ce grand collectionneur en histoire naturelle s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. Grand admirateur de Linné, nom dont il prénomme son fils, il débute son Analyse de la nature par cette dédicace : "La nature est mon guide, et Linnaeus mon maître".

 

 Son nom vient de Nymphales, nom de la quatrième phalange de la nomenclature de Linné, aux ailes dentelées (alis denticulatis) et divisée en gemmati (ailes ocellées) et phalerati (ailes ornées). Le nom est dérivé du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille » et désigne dans la mythologie grecque les divinités féminines de la nature, généralement considérées comme les filles de Zeus et du Ciel, remarquablement belles, et qui peuplaient la plupart des lieux naturels: forêts et bois, vallées fertiles et bocages, sources et rivières, montagnes et grottes…  

 Cette famille comporte (Je suivrai Dupont & al. (2013) ) 7 sous-familles en France :

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 
  • Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • .Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886 

 

b) sous-famille des Limenitidinae  Butler 1870.

— type-genus: Limenitis Fabricius, 1807.

— Dupont et al. (2013), qui me sert de référentiel taxonomique, donne comme auteur pour cette sous-famille Butler, 1870. et non Behr, H., 1864 ["On Californian Lepidoptera. No. IV."  Proc. Calif. Acad. Sci. 3 (2): 127);] 

 

http://archive.org/stream/museumsaeriaemit00linn#page/306/mode/1up

 

  • Tribu des Neptini Newman, 1870 

Genre Neptis Fabricius, 1807

  • Tribu des Limenitidini Butler, 1870.

 

c) Tribu des Limenitidini Behr, 1864.

  • Genre Limenitis Fabricius, 1807
 

— Ce genre renferme 3 Sous-genres

  • a) Sous-genre Limenitis Fabricius, 1807 :
Limenitis populi (Linnaeus, 1758) . Grand Sylvain.
  • b) Sous-genre Azuritis Boudinot, 1986
Limenitis reducta Staudinger, 1901. Sylvain azuré. 
  • c) Sous-genre Ladoga Moore, 1898
Limenitis camilla (Linnaeus, 1764) . Petit Sylvain.

 

 

2. Nom de genre : Limenitis, Fabricius, 1807

 a) Description originale : 

 Fabricius, 1807, "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges", Magazin für Insektenkunde , Karl Reichard, Braunschweig [Brunswick] (6) page 285, n°32.

   Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes. Le 11ème des 49 genres de Fabricius cités dans l'article contient 14 espèces, dont trois sont nommées : Populi, Niavius et Camilla. Populi est l'espèce-type.

Ce genre est désormais divisé en trois sous-genres :

 - Sous-genre Limenitis Fabricius, 1807 Limenitis populi (Linnaeus, 1758). Grand Sylvain.

   - Sous-genre Azuritis Boudinot, 1986 Limenitis reducta Staudinger, 1901 . Sylvain azuré. [Présent en Corse]

   -Sous-genre Ladoga Moore, 1898 Limenitis camilla (Linnaeus, 1764) . Petit Sylvain.  

 La classification de Fabricius ou Systema glossata.

L'article cité en référence n'est pas écrit par Fabricius, mais par Johan Karl Wilhem Illiger. Illiger, qui fut conservateur du musée zoologique de Berlin en 1810, après avoir pris en charge les collections du comte von Hoffmannsegg,  a fait paraître la revue Magazin für Insektenkunde de 1802 à 1807. Dans celle-ci, il donne une présentation anticipée des genres de lépidoptères que Fabricius s'apprête à publier dans son Systema glossata :

 

  L'histoire de la publication du Systema glossatorum de Fabricius est en elle-même le petit roman tragique et complexe d'un manuscrit perdu. Ce nom de Systema glossatorum suppose d'abord que l'on sache que Fabricius, dont la classification des insectes reposait sur la structure des pièces buccales  utilisait le terme de Glossata (les Glossates) pour désigner les Lépidoptères, ou Papillons : en d'autres termes, il s'agit de sa Classification des Lépidoptères, la dernière de sa série des Systema après Systema eleutheratorum [les coléoptères] Kiliae 1801, Systema rhyngotorum [les hémiptères], Brunsvigae 1803, Systema piezatorum [les hyménoptères], Brunsvigae 1804 et Systema antliatorum [les diptères], Brunsvigae 1805.

 Le manuscrit du dernier des Systema a été terminé le 4 mars 1806 et envoyé à Reichard, le même éditeur que les précédents à Brunswig, et qui éditait aussi le Magazin für Insektenkunde d'Illiger.  C'est dans la sixième et dernière parution de cette revue que Illiger écrivit un article sur "La dernière classification par genre des papillons des genres linnéens Papilio et Sphinges", Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges (cité supra, 1807 pp 277-289), anticipant la parution du premier volume de la Systema Glossatorum, annoncée pour Pâques 1808. Quant à Fabricius, il donna un résumé de son ouvrage dans  "Zeitung fur Literatur und Kunst in den Konigl. Danischen Staaten," Kiel, 11. Sept. 1807 (pp. 81-84) sous le titre: "Etatsrath Fabricius Rechenschaft an das Publikum fiber seine Classification der Glossaten. Joh. Christ. Fabricii systema glossatorum, Vol. I "

  Hélas, avant que ne paraisse le livre, l'éditeur fit faillite, et ses créanciers saisirent le matériel et vendirent les travaux en cours à des chiffonniers. On ignore ce qu'est devenu le manuscrit original de Fabricius, mais néanmoins, les sept premiers feuillets déjà imprimés de son livre ont été conservés, en trois exemplaires. L'un de ceux-ci  est maintenant à la Bibliothèque du Musée zoologique de Berlin : elle comporte les pages 1-112 avec la page de titre et s'intitule Systema glossatorum, sans mentionner "volume I". Elle a fait l'objet d'un fac-similé publié par F. Bryk en 1938. Un autre exemplaire appartenait à K.A Dohrn à Szczecin [Stettin], qui l'a légué au Musée zoologique de Szczecin ; après la seconde guerre mondiale, il devint la propriété de la Bibliothèque Royale de Copenhague. Il comprend les pages 3-112, sans la page de titre. Enfin, l'American Museum of Natural History de New-York  détient depuis au moins 1903 le troisième exemplaire. Il ne se compose que des pages 1-80, page de titre incluse. 

  Comme Dohrn signale que le numéro 6 de la revue d'Illiger avait brûlé lors d'un incendie chez l'imprimeur, Brik pense que le manuscrit de Fabricius a été détruit lors du même incendie. Ce manuscrit ne devait porter que sur le volume I, puisque la liste des genres, par laquelle Fabricius débute (page 9-12) ne comporte pas les Noctuidae et les Geometridae.

 Felix Brik (1938) sembla avoir utilisé une épreuve de la bibliothèque de la Berliner Naturforschung Gesselschaft, publiant un fac similé qui apporte les noms de nouvelles espèces par rapport à Illiger. (J Chr Fabricius Systema Glossatorum Nature 143, 784 (13 Mai 1939). Par son Opinion n° 137 du 30 octobre 1942, l'ICZN établi que les noms génériques publiés par Illiger sont à créditer à "Fabricius (in Illiger), 1807" et par extension de l'Opinion n° 137, les noms triviaux du fac-similé de Briks sont indiqués "Fabricius (in Brik), 1938".       

Sources du paragraphe: 

 SL Tuxen Annu Rev. Entomol.1967,  http://www.annualreviews.org/doi/pdf/10.1146/annurev.en.12.010167.000245

Voir aussi Taeger, Nota lepidopterologic 2001

 https://archive.org/stream/notalepidoptero242001soci#page/n89/mode/2up/search/fabricius

 

Étymologie du nom de genre limenitis.

        Si, en latin, il existe le nom limen, inis, "seuil, porte, maison, borne, frontière", qui ne doit pas nous égarer,  c'est un autre nom latin, Limenitis signifiant "des ports", du grec ancien Λιμενιτις(de λιμήν, "un port, havre"), qui fournit l'étymologie necessaire.

 D'où provient ce qualificatif "des ports" ?

 Fabricius, dans sa présentation du Systema glossatorum ( déjà cité, in Zeitung für Literatur und Kunst in den Königl . Dänischen Staaten [ Kiel ] , Septembre 11 1807, p. 83), donne des indications précieuses sur ses règles d'attribution des noms : il écrit qu'il est en train de changer un certain nombre de nom donnés par Linné car il souhaite faire apparaître le nom de la plante hôte. "Les noms de genre ne posent pas de problèmes importants, il faut seulement éviter qu'ils soient trop longs, et qu'ils ne soient pas déplaisants à l'oreille. Pour les papillons de jour, j'ai choisi différents épithètes [cognomina] de Vénus, et pour les papillons de nuit, ceux de Diane. Ils semblent être les plus appropriés. Leurs homologues grecs [qualificatifs d'Aphrodite ou d'Artémis] ont tendance à être durs, longs et désagréables."

 Dans ces conditions, il semble probable que le genre limenitis soit en relation avec l'épiclèse d'Aphrodite Limenia Λιμενια, protectrice des ports.( http://www.theoi.com/Cult/AphroditeTitles.html)

 

 Cet épithète, avec ceux de Limenites, Limentis et Limenoscopus (Limenitês, Limenitis, Limenodkopos), signifient " protecteur/trice ou superintendant/e des ports" : c'est le surnom de plusieurs divinités comme Zeus (Callimach. Fragm.114, 2e ed. Bentl.), Artemis (Callim. Hymn. dans Dian. 259), Aphrodite (Paus. ii. 34. § 11; Serv. ad Aen. i. 724), Priapus (Anthol. Palat. x. 1, 7), et de  Pan (Anthol. Palat. x. 10.) http://www.mythindex.com/greek-mythology/L/Limenia.html.  Effectivement, Aphrodite n'a pas l'exclusivité de ce titre, et son inverse nocturne Artémis le reçut également : "Limenitis, Limniatis, Limnatis,Limnea, nom donné par les pêcheurs à Diane, qui l'invoquaient comme la déesse des marais et des étangs" P. Chompré, 1778 Dict. portatif de la Fable.

 Une autre difficulté est que l'épithète exact que reçoit Aphrodite est plutôt Limenia ou λιµνήσιος Limnesia,  "des Ports" que Limenitis, qui est attesté pour Diane.

 Néanmoins, plusieurs textes attestent l'existence de ce culte rendu à Aphrodite Limenia, protectrice des ports, le plus récent et le plus universitaire corroborant le travail le plus ancien, que Fabricius a pu consulter pour rechercher ses épithètes de Vénus :

 1) Gérard de la Chau (abbé), Dissertation sur les attributs de Vénus, Paris : Lamy, 1780 page8.

 et Pierre-Henri Larcher, Mémoire sur la déesse Vénus 1776 page 111 :

  "La dénomination de Limenia ou Limnesia paraît plus restreinte et plus bornée [que celles de Marina et de Pelagia], et bornée seulement aus ports sur lesquels Vénus était censée veiller, comme on le voit dans une épigramme de l 'Anthologie et comme on l'apprend de Servius. (Est Limnesia Venus qu portibus praest Servius in Aenid.I). Cette dernière épithète est citée par Pausanias (Corinthiae, 2, 34,11 ) qui dit que l'on voyait à Hermione une statue de Vénus limenia de marbre blanc, remarquable par sa hauteur et sa beauté."

2. Marie-Karine Lhommé : Un commentaire en catalogue, les Vénus du Servius Daniélis (AEN. 1, 720)   Eruditio Antiqua 4 (2012) : 313-355.

" Vénus des ports.

"est et Limnesia, quae portubus praeest"

  Vénus est liée à la mer par sa naissance de l’écume des flots, mais elle ne semble pas spécialement liée aux ports côté romain. C’est Portunus qui préside aux ports, comme le dit la glose de SD dans les mêmes termes : SD 5, 241 : PORTVNVS deus marinus qui portubus praeest. « Portunus : dieu marin qui a la protection des ports. »

À Hermione, Pausanias (2, 34, 11) évoque une Aphrodite Pontia kai Liménia et à plusieurs autres reprises, côté grec, des sanctuaires d’Aphrodite sont situés sur des côtes, à proximité de sanctuaires de Poséidon.

Les errances d’Énée en Méditerranée donnent lieu à la consécration de nombreux temples d’Aphrodite sur des îlots ou en bord de mer. Denys d’Halicarnasse (1, 51, 3) signale, parmi d’autres toponymes liés à Énée, un promontoire appelé Port-Aphrodite, au lieu-dit Athénaion, qui fut le premier endroit où Énée mit le pied en Italie : τοῦτο δὲ τὸ χωρίον ἐστὶν ἀκρωτήριον καὶ ἐπ´ αὐτῷ θερινὸς ὅρµος, ὃς ἐξ ἐκείνου λιµὴν Ἀφροδίτης καλεῖται. « Cet endroit est un promontoire qui offre un mouillage l’été, et qu’on appelle depuis ce moment port d’Aphrodite. »

Limnesios peut être interprété différemment (voir les sens proches en grec de λιµήν, port et de λίµνη, marais, mer) comme lorsqu’ Isidore (Etym. 17, 33) rapporte un autre nom de la centaurée : Centauream Graeci vocant quoniam a Chirone Centauro fertur reperta. Eadem et λιµνήσιος, quia locis humectis nascitur. « Les Grecs l’appellent Centaurée parce que c’est le centaure Chiron qui la découvrit, comme on le rapporte. La même est appelée aussi limnesios, parce qu’elle naît des lieux humides.» On retomberait alors sur une Vénus née de l’humidité, née de la mer."

 

3. Le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de C.Daremberg et E.Saglio (1877-1919) Tome I vol.1 page 308 :

 

" Une double fête de Poséidon et d'Aphrodite Limnesia et Galenaia, c'est-à-dire , qui apaise la mort et conduit au port, avait lieu à Égine. D'abord on offrait un sacrifice au dieu des mers en mémoire de ceux qui étaient morts en naviguant, puis on se livrait à une joie dissolue en célébrant les bienfaits de la déesse de l'amour. En Acarnanie également, Aphrodite était fêtée comme déesse marine par des combats navals " Plutarque, Quaestr. gr.44 ; Athen. XIII, 55, 95.


 

Les entomologistes qui se sont penchés sur le nom Limenitis ont retrouvés les mêmes données que moi, mais Sodoffsky (1837) page 81 [Limenitis : beiname der Venus, der Diana und anderer Gottheit. Cf Vollmer, 1143]  comme Westwood et Humphrey (1841) page 60 [Limenitis : "one of the name of Venus : Vollmer, 1143] renvoient à la même référence, celle de Vollmer.

1836 :http://books.google.fr/books?id=HhMYAAAAIAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 

 

A.M.Emmet (1991) qui ignore la règle que s'est fixée Fabricius, signale bien le grec limenitis, "gardien de port", une épithète attribuée aux dieux qui protègent les ports, et se demande si Fabricius ne s'est pas souvenu que le premier spécimen de Sylvain avait été capturé par David Krieg dans la ville portuaire de Leghorn. Il avait été adressé à Pétiver, qui le nomma Papilio Livornicus, " the Leghorn White admiral ".


 Les autres étymologies (selon Hürter) :

— Arnold Spuler : page 14 : Beiname einer griechischen  Göttin, "épithète d'une déesse grecque".

— Janssen page 39 : Limné = moeras, de voedselplant van Limenitis populi, populier, groeit op vochtige plaatsen, " Limne signifie -marais-, la plante hôte le peuplier poussant dans les endroits humides".

 

— Ramann page 52: Jedenfalls kömmt der Name dieser Unterabtheilung der Nymphaliden vonlimen, die Schwelle, die Grenze, der Weg her, weil die Limeniten, welche den deutschen Namen Eisvögel führen, am häufigsten auf Waldwegen angetroffen werden , " Quoiqu'il en soit le nom de cette sous-division des Nymphalidae vient du latin limen, le seuil, la frontière, ou ici la route parce que les limenitinés qui portent en allemand le nom de Eisvögel, " sont le plus souvent observés le long des sentiers forestiers".

— Dale page 128 : Limenitis, a greek word signifying harbour keeping, an epithet applied  to several divinities, but especially to Diana. "Limenitis, mot grec signifiant "gardien des ports", un épithète qui s'applique à plusieurs divinités, mais spécialement à Diane".

 

—Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 122 (traduction de Emmet 1991)

Limenitis : de grec Limenitis, "gardien du port", épithète appliquée aux divinités qui protégeaient les ports. Ce nom n'a aucun rapport avec l'entomologie, Fabricius a peut-être voulu rappeler en créant ce nom, que le premier Sylvain récolté et décrit en Grande-Bretagne avait été capturé dans la ville portuaire de Leghorn en 1703 (Emmet, 1991 :152). Épithète d'une déesse grecque selon Spuler (1901-1908 :14).

 


 

 

 


Le genre Limenitis présente une vingtaine d'espèces, mais deux seules sont rencontrées en Bretagne : le Petit Sylvain Limenitis camilla, et le Sylvain azuré L. reducta. J'ai décrit ce dernier ici :L' Alto Merse, reserve naturelle de Toscane.

Je rappelle les différences entre les deux:

L. camilla dispose d'une double rangée de points noirs sur la face inférieure de l'aile postérieure.

L.reducta ne dispose que d'une simple rangée de points noirs sur cette face inférieure, mais la coloration de cette face est plus rougeâtre.  Sur le recto, l'aile antérieure du L. reducta offre une marque blanche supplémentaire bien marquée, entre les taches principales et la tête ( L. camilla présente, au mieux, une trace blanchâtre).

 

— Ce genre renferme 3 Sous-genres

a) Sous-genre Limenitis Fabricius, 1807 :

  • Limenitis populi (Linnaeus, 1758) . Grand Sylvain.

b) Sous-genre Azuritis Boudinot, 1986 : Boudinot, J. 1986. "Description d'un genre nouveau parmi les Limenitini palearctiques (Lepidoptera, Nymphalidae)". Nouvelle Revue d'Entomologie, 2(4): 403-409.

  • Limenitis reducta Staudinger, 1901. Sylvain azuré. 

c) Sous-genre Ladoga Moore, 1898

  • Limenitis camilla (Linnaeus, 1764). Petit Sylvain.

 

 

 3.  Nom d'espèce : Limenitis populi (Linnaeus, 1758).


a) Description originale :

Papilio populi  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. page 476 [http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]

— Description :

n° 111  P[apilio] N[ymphales] [phalerati] alis dentatis fuscis albo fasciatis maculatisque ; subtus luteis albo fasciatis; maculis caerulescentibus.

 

— références données par Linné : 

— John Ray (1710)  Historia insectorum page 127 n°3. Papilio mediae magnitudinis elegantissima... Il s'agit d'une erreur de Linné, erreur de référence ? mais aussi erreur d'espèce  (avec L. camilla), puisque L. Populi n'est pas observé aux Îles Britanniques, et que par conséquent John Ray n'a pas pu l'y observer.

— Clerck (1753) : Act. Stockh. 1753 page 278 t.7

— August Roesel 1746 Insecten belustigung app. I t. 33 fig. 1-2

—Johan Leche   Novae insectorum species, quas dissertationis Academicae loco, praeside Joanne Leche, proponit Isaacus Uddman. Aboae, Jakob Merckel 1753, in-4°, 48 pages, 2 feuilles de planches (pliées) . Abrégé en : Uddm. diss; page 75 fig.15

J'ai déjà expliqué "zoonymie du Colias hyale" qui était le médecin suédois Johan Leche, et qui était Isaac Uddman (1731-1781) qui avait dédicacé cette thèse à son maître Linné pour utilisation dans la seconde édition de la Fauna suecica de 1761.

— "Habitat in Populo tremula" ("la chenille vit sur le Peuplier tremble".

— Localité-type: Suède et Finlande, désignée par Honey & Scoble ( 2001) :

 Honey, M. R. & Scoble, M. J. 2001. Linnaeus's butterflies (Lepidoptera: Papilionoidea and Hesperioidea). Zoological Journal of the Linnean Society, 132(3): 277-399., page 371.

— Selon Dupont et al. (2013) cette espèce a une répartition eurasiatique. Elle est présente de l’ouest de l’Europe jusqu’au nord-est de la Chine. En France, elle est signalée principalement dans un grand quart nord-est, le Massif Central et les Alpes. Les chenilles se nourrissent principalement sur Populus tremula L.

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

 Liste des synonymes :

  • Papilio populi Linnaeus, 1758 

d) Références bibliographiques INPN

 

  • Dalman, J. W. 1816. Försök till systematisk Uppställning af Sveriges Fjärillar. (Fortsåttning). Kongliga Svenska Vetenskaps-Akademiens Handlingar, 1816(1): 48-101. page 55.

 

4) Origine et signification du nom populi.

 

 Les interprétations des auteurs :

 

— L. Glaser page 122 :

d.R. fast nur an Populus tremula, Zitterpappel od.,Espe.

— Arnold Spuler (1908)  page 15 :

      Populus Pappel


 — August Janssen (1980) page 39

Populus = populier

 — Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page  122 :

populi : génitif du substantif latin Populus, "Peuplier".

  — Hans-A. Hürter (1998) page 203 :

Deutung : Linne hat dem Grossen Eisvogel 1758 den Namen nach der beobachtung der Raupe gegeben, die "an Zitterpappel (populus tremulae L.) lebt, gelegentlich auch an anderen Pappelarten" (Higgins, S. 67). Es ist anzunehmen, dass Linné schon dies "gelegentlich auch an anderen Pappelarten " wahrgenommen hat ; so nannte er die Art folgerichtig nach dem Gattungsnamen der pappeln und nicht nach dem Artnamen der Espe.

 Interprétation: Linne a  nommé cette espèce en 1758 après avoir vu la chenille "sur un Peuplier-tremble (Populus tremulae L.) , et occasionnellement sur d'autres espèces de peupliers "(Higgins, p. 67) Il est probable que Linné l'avait déjà vu "de temps en temps dans d'autres espèces de peupliers" perçus, il a nommé l'espèce Papilio populi  logiquement par le nom générique des peupliers et non pas selon les noms des espèces de Peuplier-tremble.

 


Discussion : 

      Rien n'est plus simple que cet épithète spécifique populi, du latin signifiant "du peuplier" et Populus étant le nom de genre la plante-hôte.

 

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 



I. Les Noms français. 

 

 1 . Le Silvain (♂); le Grand Silvain (♀), Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 26   planche IX fig.10 Page 27 t X n°11  par J.J. Ernst gravée par J. Juillet,  1779. 

Après avoir décrit le mâle comme une espèce distincte sous le nom un papillon nommé "Le Silvain" page 26 (où le mâle de L. populi est représenté planche IX fig. 10 a-d) , Engramelle décrit la femelle page 27 et planche X sous le nom de "Le Grand Silvain" avec sa chenille, "qui vit solitaire sur le tremble", sa chrysalide "suspendue par la queue" et l'imago, dont une femelle est donnée en illustration figure 11c et d. 

Engramelle donne en référence du Grand Silvain le papilio populi de Linné, Roesel Insect. III, 33,1-2 et Esper I, 12 fig.1. 

 

 Le nom vient du latin sylva, la forêt, les bois, ou plutôt du nom latin du dieu des forêts, Sylvanus ou Silvanus. Dans la religion antique des romains, Sylvain appartient aux Dii, et il cherche à pénétrer dans les maisons : "Voilà donc l'enfant sorti sans danger du sein de sa mère. Mais, les dieux ne l'abandonnent par; et continuent à l'accompagner en bataillons serrés. On craint que Sylvain ne vienne tourmenter sa mère et ne pénètre dans la maison où elle repose : afin d'éloigner le sauvage esprit des bois, on lui rappelle le présence des hommes dans la demeure, d'abord en frappant le seuil de la porte d'un coup de la hache du bûcheron, puis en le heurtant encore du pilon du meunier et enfin en le balayant avec le balai du moissonneur". Dictionnaire   

 En poésie, ce sont de petits êtres qui accompagnent les faunes et fréquentent les bois. En zoologie, il qualifie les espèces qui vivent dans les bois (pas toujours : le Chevalier sylvain Tringa glaerola). Parmi les papillons, l' Hespérie du dactyle est nommée la Sylvaine.

 Il s'accorde bien à un papillon de la famille des Nymphalides, au vol féerique de Peter Pan.

L'intention d'Engramelle en choisissant ce nom est très claire : page 26

 "On a nommé ce papillon le Silvain, parce que sa résidence ordinaire est dans les grandes forêts ; Il est fort commun dans les forêts d'Alsace et des environs de Francfort ; on le trouve aussi dans quelques forêts de France, comme celles de Fontainebleau et de Senart ; mais il est plusieurs cantons de l'Europe qui en sont privés."

 Je ne résiste pas au plaisir de citer la suite :

 

"Ce papillon est d'un naturel sauvage ; on l'approche très difficilement, et par cette raison il n'est pas aisé à attraper. Il se pose ordinairement à terre sur les grands chemins où il trouve quelque humidité ou des excréments humains. Dans son vol rapide, il bat continuellement des ailes. Avant de se poser, il fait plusieurs petits circuits autour de la place à peu de distance de la terre : c'est dans ce moment, si on veut s'en emparer, qu'il faut s'approcher, se placer à huit à dix pas de l'endroit, et rester immobile jusqu'au moment où il se pose, pour ne pas l'effrayer. Dans cette attitude, le Chasseur avec le filet à la main, préparé et élevé à la hauteur d'un pied, s'élance sur lui pour l'en couvrir à l'instant qu'il se fixe : sans cela on tenterait inutilement de le surprendre."

 

 

2. Nymphale du peuplier Latreille 1818:

Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle vol. 23 page 146:

 

 

3." Nymphale du Peuplier" , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 402

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

4.  "Nymphale Grand-Sylvain" , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821, page 112  planche 6 secund   dessinée par Vauthier et gravée par Lanvin.

 

                     n176_w358

                     

5. "Nymphale Grand-Sylvain" Duponchel, 1849.

Duponchel n°68 page 162.  et planche XXV. fig. 69.  

              

                           n232_w330

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal " Le Grand Sylvain " et comme nom accessoire "La Nymphale du Peuplier". 


7. Étude zoonymique des auteurs français :

— Luquet in Doux et Gibeaux 2007  page 126 :

Sylvain : divinité protectrice des bois et des champs (mythologie romaine).

 

 

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de "Limenitis populi"   puis citent dans leur texte page 83 le nom vernaculaire : "le Grand Sylvain". 

—Bellmann / Luquet 2008 : "" .

— Blab / Luquet 1988 : 

— Chinery / Leraut  1998  : 

— Doux & Gibeaux 2007 : "  Le Grand Sylvain".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : " ". 

— Lafranchis, 2000 : "" .

— Perrein et al. 2012 : " Grand Sylvain ".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "".

— Wikipédia : " Le Grand Sylvain".


 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  • "Poplar Admiral" en anglais : "L'Amiral (du) Peuplier"
  • "Großer Eisvogel " en allemand : "le Grand oiseau de glace"
  • "Poppelsommerfugl" en danois, "le Papillon du Peuplier"
  • " Голяма тополова пеперуда"  en bulgare : "Grand Papillon du Peuplier."
  • " Haapaperhonen" en finnois, le "Papillon du Tremble."
  • "De Skylger flinter"  en frison, "Papillon "Skylger"
  • " Nagy nyárfalepke" en hongrois : "Grand Papillon du Peuplier"
  • "Didysis juodmargis" en lituanien, "Grand Noir et Blanc"
  • " Grote ijsvogelvlinder"  en néerlandais : le "Grand Amiral"
  • " Ospesommerfugl" en norvégien, le "Papillon du Tremble" (Osp ou Asp)
  • " Pokłonnik osinowiec"   en polonais, 
  • "Ленточник тополёвый"   en russe, Papillon (?) du Peuplier.
  • "Aspfjäril" en suédois Papillon du Tremble (cf. norvégien)
  • et "Стрічкарка тополева" en ukrainien.

  le nom allemand "Eisvogel".

 "Eisvogel", littéralement "glace-oiseau", est le nom vernaculaire du Martin-pêcheur, bien qu'on ignore les raisons d'un tel surnom, généralement attribué aux couleurs métalliques "glacées" du plumage (par le vieil allemand eisan, "chatoyer, briller").

 Le "Kleine Eisvogel" est notre Petit Sylvain, le Blauschwarzer (Bleu-noir) Eisvogel notre Sylvain azuré L. reducta, et le Großer Eisvogel est notre Grand Sylvain L. populi.

 J'ignore pour quelle raison ces papillons sont nommées ainsi, mais les trois Limenitis ont des couleurs chatoyantes, c'est à dire changeant de couleur comme l'œil des chats selon l'angle de vue.

Le nom anglais Poplar Admiral appartient lui aussi à une série, celle des Amiraux:

Il y a eu le Red Admiral en 1699 (Vanessa atalanta) puis le White Admiral (Limenitis camilla) en 1703 dont le nom dérive du pavillon identifiant l'escadre de l'amiral de la flotte (red), et l'escadre du vice-amiral (white) : voir http://www.lavieb-aile.com/article-zoonymie-du-papillon-vulcain-vanessa-atalanta-2-121428566.html

 

 


Il y eut aussi plus tard le Blue Admiral Kaniska canace (Linn. 1763) asiatique et un Yellow Admiral Vanessa itea (Fabr.1775) d'Australie.

 140px-Nymphalidae_-_Kaniska_canace_perak   alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Il y eut encore l'American White Admiral, Limenitis arthemis arthemis,  

120px-Limenitis_arthemis%2C_Qu%C3%A9bec_  

Il y eut sa sous-espèce Red-Spotted Admiral Limenitis arthemis astyanax.

 

Maintenant, si on regarde l'espèce qui est étudiée dans cet article, le Poplar Admiral :

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

...nous comprenons que tous ces noms sont attribués en rapport avec une bande de couleur ("fascie") qui traverse l'aile de toutes ces espèces comme un étendard, ou, pour rester dans la Marine, un pavillon. Dommage que le nom de l'Amiral du Peuplier manque d'allure et fasse très terre à terre, car ses couleurs blanc/bleu-roi/orange sur fond de drap noir sont majestueuses.

(Toutes les images viennent des articles Wikipédia concernés)


Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • pas de nom  en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

        

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet :  Limenitis    . 

 

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : limenitis populi

— UK Butterflies : 

— lepiforum :  

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner (pour Limenitis populi)

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; . http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

 

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— MERIAN (Maria-Sibylla) Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par  Universitätsbibliothek Heidelberg;

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— PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

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— PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767  Version Books.Google 

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SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

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                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

Albin :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN477852769

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Scopoli Entomologia carniolica 1763

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Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

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Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

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Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

 

 

                                          

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 17:44

Zoonymie du Petit Nacré Issoria lathonia.


La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

 

issoria, Hübner, [1819]  de Issoria, épithète d'Artémis en son temple du mont Issorion, près de Sparte, en Laconie, Grèce : Pausanias localise ce sanctuaire dans un quartier de Sparte, et Plutarque près de Pitane en Laconie.

 — lathonia (Linnaeus, 1758) du latin Latonia, "fille de Latone " ; épithète d'Artémis soulignant qu'elle est née, avec son frère jumeau Apollon, de Latone ou Léto (en latin Latona, en grec Λητώ or Λαθώ), et de Zeus.   

— "Petit Nacré" Geoffroy, 1762 : Cet auteur donne l'origine du nom en décrivant les faces inférieures des ailes supérieures et leur "sept ou huit taches nacrées bien marquées vers l'angle extérieur de l'aile", ou celle des ailes inférieures, "jaunes avec une trentaine de taches argentées sur chacune". Le nom est repris par les auteurs suivants et consacré par G. Luquet en 1986. (Voir Grand Nacré)

 

 

 

 

                 I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

 

a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815.

Cette famille comporte (je suivrai Dupont & al. (2013) ) 8 sous-familles en France :

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 
  • Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886
  • Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

b) Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822

 

Selon Dupont & al., Pelham & al. (2008), se référant aux travaux de Koçak (1981), considèrent Heliconiinae Swainson, 1827, comme invalide, au motif que le nom donné par Swainson est fondé sur le nom générique Heliconius Latreille, 1804, qui est un homonyme d’Heliconius Kluck, 1780. Ces auteurs préconisent l’utilisation d’Heliconiinae Swainson, 1822 (planche 92, « Heliconiae »).

 

 

c) Tribu des Argynnini Swainson, 1833 : les Argynnes.

Pour la systématique des Argynnini Dupont & al. suivent les travaux de Simonsen & al. (2006).


d) Sous-tribu des Argynnina Swainson, 1833 


  • Genre Issoria Hübner, [1819]
  • Genre Brenthis Hübner, [1819]
  • Genre Argynnis Fabricius, 1807

 

 

 

 

    

2. Nom de genre : Issoria Hübner, 1833.

 

a) Description originale :

Jacob Hübner [1819] Verzeichniß bekannter des Schmettlinge  versaßt von Jacob Hübner Augsburg bey der verfasser zu finden 1816-1826,2. page 31

Ce genre appartient, dans la systématique de Hübner, au "stirps" des Dryades regroupant des Nymphales phalerati de Linné, et parmi ces dryades, à la deuxième famille des Phaleratae dont c'est le deuxième genre ou Coitus dans le langage de l'auteur. 

Stirps V :Dryades : Familia B Phaleratae Coitus 2 Issorien, Issoriae :

Die Flügel, vorzüglich die Senken, fast eckig ; unten mit augenähnlichen Zeichen bemerkt.

  • 249. Issoria egista Cramer 281 C.D
  • 250 I. anticlia. Laodice Cram. 157 E.F.
  • 251 I. lathonia Linn. Syst. pap. 213.  Hübn. pap. 59-60.


Trad :" Les ailes, en particulier ...., presque carrés.  ci-dessous avec des ...

  Les autres Coitus  de cette Famille sont :1. Argynnides 3. Acidaliae 4. Dionae 5. Colaenes 6. Argyronomae. 

— Type spécifique: papilio lathonia Linnaeus, 1758, sélectionné par Scudder en 1875.

 

   — Ce genre renferme une dizaine d'espèces selon Nic.funet.fi, mais une seule espèce en France, I. lathonia.

— Archéo-taxonomie :

        Swainson, W. (1827) A Sketch of the Natural Affinities of the Lepidoptera Diurna of Latreille. The Philosophical magazine : or Annals of chemistry, mathematics, astronomy, natural history and general science. Journal Article Philosophical Magazine Series 2 1(3) 180-188 (1827)

 

 

Scudder, S. H. 1875. Historical sketch of the generic names proposed for Butterflies: a contribution to systematic nomenclature. Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, 10: 91-293. page 198 [http://www.biodiversitylibrary.org/page/3076956] 


 Origine et signification du nom générique Issonia.

— August Janssen (1980)  page 40 :

Issos = zeestad in Kilikië (Cilicië).

" de Issos, ville du littoral de la Cilicie.

 — Hans A. Hürter (1998) page 286-287 :

Cet auteur ne donne pas d'interprétation personnelle mais donne les citations suivantes :

"Hügel an der Stadtgrenze Spartas nahe am Stadtteil Pitane (η Πιτανη, ης , das schönste der vier Quartiere der Stadt Sparta im NW). Auf ihm lag ein Heiligtum der Artemis Issoria. (Pauly, 18. Hlbbd., 1916, S. 2247, und Mgrriech S. 557)

Issoria, Epiklesis der Artemis in Lakonien ...leitet den Namen vom Berge Issorion bei Sparta ab... (Pauly, 18. Halbbd. 1916 S.2246)

Issoria, beiname der Artemis von dem Berg Issorion in Lakonien. Eine Hauptstätte des Kultus der Artemis Issorai war... im südwestlichen Lakonien (Pausanias) ; ein in der Nähe von Pitane gelegenes heiligtum dieser Göttin erwähnt Plutarch. (Rorscher, 2, Bd.,1. Abt., 1890-1894, S.552)

 

Trad : "Colline à la périphérie de Sparte, près du quartier de Pitane (η Πιτανη, ης, le plus beau des quatre quartiers de la ville de Sparte dans le nord-ouest). On y trouvait  un sanctuaire d'Artémis Issoria. (Pauly, 18 Hlbbd., 1916, p 2247 et .... p 557) 

 " Issoria, Epiclèse d'Artémis en Laconie ... dérive du nom de la montagne Issorion à Sparte ..." (Pauly, 18 Halbbd. 1916 page 2246) 

   "Issoria, l'épithète d'Artémis au Mont Issorion en Laconie. L'un des  lieux de culte principal d'Artémis Issorai était ... dans le sud-ouest de Laconia (Pausanias); un autre situé près de Pitane sanctuaire de cette déesse est mentionné par Plutarque." (Rorscher, 2, Vol., Premier ... De 1890 à 1894, page 552)

—Luquet in Doux et Gibeaux (2007) page 110 

: "étymologie non élucidée".

— Perrein et al. (2012) page 351 : 

"Étymologie : d'Issoria, une des nombreuses épithètes qualifiant la déesse Artémis —Diane pour les latins — dans la mythologie grecque."


Discussion.

        A l'époque de Linné, ou du mois en 1773, le Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins  ..Volume 22., de François Sabbathier donnait des informations assez claires sur le nom Issoria : 

— Diane Isora (Diana Isora) avait un temple à Sparte. Pausanias dit qu'on l'appelait aussi Diane Limnéa ; & il ajoute que ce n'était pas Diane à proprement parler, mais la Britomartis des Crétois. Cette Diane Isora pourrait bien être la même que celle qui suit.

— Diane Issoria, Diana Issoria, était honorée d'une manière particulière par les habitants de Teuthrone*.

        *Teuthrone : (Géog. anc.) ville du Péloponnèse, sur le golfe de Laconie. Ptolémée, liv. III. c. xvj. la marque entre Coene & Las. Pausanias dit qu'en descendant du Pyrrhicus à la mer, on trouve la ville de Teuthrone, & que Teuthrus athénien en était regardé comme le fondateur. On rendait dans cette ville un culte particulier à Diane Issorienne. Il y avait une fontaine appelée Naias, & l'on comptait cent cinquante stades de Teuthrone à l'extrémité du promontoire Taenarum. Louis de Jaucourt (D.J.) Encyclopédie de Diderot et d'Alembert  1765

 

Cinq ans plus tard, le Dictionnaire abrégé de la fable: pour l'intelligence des poëtes, de Pierre Chompré 1778 indiquait seulement : "Issoria , surnom de Diane."

 Les auteurs anciens sont :

a) Plutarque (Œuvres de Plutarque, Volume 6 Livre 52) commenté par Jacques Amyot dans ses Observations page 543 

"Une sédition s' étant élevée à Sparte , dit-il , un grand nombre de gens  armés s'emparèrent d'une montagne consacrée à Diane à Issoria , près de Pitane ». Issorium est selon Étienne de Bysance une montagne de Laconie. Pitane est une petite  ville de la Laconie, dont la position n'est donnée d'une manière précise par aucun ancien.

b) Polyen. Stratag. LII ch.I §.14

c) Stéphane de Byzance. Issoria, du nom d'une montagne appelée Issorion, une montagne de la Laconie.

d) Pausanias dans son Voyage historique de la Grèce [annoté par N. Gedoyn 1731] Livre III chapitre XIV, Voyage en Laconie: 

 ‎Dans le même quartier vous verrez le temple de Neptune Hippocurius , et celui dé Diane Eginéa ; en retournant vers le Lesché vous trouverez sur votre chemin le temple de Diane Issoria [Le texte dit Diane Issora, mais Etienne de Bysance dit Issoria, d'une montagne nommée Issorion] , autrement dite Limnéa [d'un endroit de la Messénie, appelé Limné] ; ce n'est pas même de Diane à proprement parler, mais de Britomarchis

 

Je peux donc conclure en rejoignant les conclusions de Hürter : Issoria, épithète d'Artémis en son temple du mont Issorion, près de Sparte, en Laconie, Grèce : Pausanias localise ce sanctuaire dans un quartier de Sparte, et Plutarque près de Pitane en Laconie. 

 

Si nous examinons les autres noms de genre de cette famille des Phaleratae de Hübner, nous trouvons :

1. Argynnides : du genre de Fabricius Argynnis, épiclèse d'Aphrodite.

2. Issoria : épiclèse d'Artémis

3. Acidaliae : épiclèse d'Aphrodite.

4. Dionae : de Dioné, mère d'Aphrodite.

5. Colaenes : épiclèse d'Artémis en Attique selon Pausanias I, 31 : "Quant à Colaenis, qu'on adore à Myrrhinonte, je crois qu'elle a pris son nom de Kolônos". 

6. Argyronomae : voir le nom d'espèce argyrognomon. "Celui qui éprouve l'argent", ou bien "Nom de la philosophie hermétique, argyronomie, autre nom de la pierre philosophale ou sel argentifique".

Cette liste possède donc une certaine cohérence dans le choix de nom qui sont des épithètes des déesses Aphrodite et Artémis, pour quatre d'entre eux, ou qui se rapportent à ces déesses.

 

 

 

 3.  Nom d'espèce : Issoria lathonia (Linnaeus, 1758)  

a) Description originale

Protonyme Papilio lathonia  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. Page 481.

 

— Description :

n° 141 P[apilio] N[ymphalis] [Phalerati] Alis dentatis fulvis nigro maculatis : subtus maculis XXXVII argenteis.

Alae  maculis argentesi  primorum 7, posticarum 21.

Habitat in Europa.

 

 — Localité et répartition :

-- Localité-type : a) Suède, désignée par  Honey, M. R. & Scoble, M. J. 2001. "Linnaeus's butterflies (Lepidoptera: Papilionoidea and Hesperioidea)". Zoological Journal of the Linnean Society, 132(3): 277-399. page 341. Basée sur Verity 1950 qui se fonde sur la citation du Fauna suecica (Habitat frequens Upsaliae) et sur l'échantillon de la collection de Linné.

 -- Selon Dupont & al. 2013, cette espèce est présente en Afrique du Nord, de l’ouest de l’Europe à l’ouest de la Sibérie, en Asie Mineure, dans la région iranienne-touranienne et dans l’Himalaya. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Violettes.

b) Références données par Linné.      

— Linné 1746, Fauna suecica n° 781Papilio tetrapus, alis rotundatis dentatis fulvis, nigro maculatis, subtus maculis 37 argenteis. Principissa. Habitat frequens Upsaliae.

— James Petiver 1699 Musei petiveriani page 51 n° 520

Papilio rigensis aureus minor maculis argenteis subtus perbelle notatus; This is very lately received from the ingenious Dr David Krieg, Fellow of our Royal Society, who observed it about Riga.

 Le médecin et botaniste allemand David Krieg (667-1713), était originaire de Schwarzenberg en Saxe et avait étudié à l'Université de Leipzig (1691-1694) puis a vécu pendant un certain temps à Riga  (sur la mer Baltique)  d'où il adressa de nombreux spécimens d'oiseaux, de fossiles, de serpents, d'insectes ou de plantes à l'apothicaire Petiver avant de s'installer à Londres en 1696.   Il y a rejoint les membres du Temple Coffee House Botany Club  et a visité Oxford, Cambridge et Essex où il a rencontré John Ray. Au début de 1698, il a voyagé de l'Europe vers les États-Unis en même temps que l'Anglais William Vernon sous le patronage de Petiver et Sir Hans Sloane. Krieg recueilli plantes, d'insectes et de coquillages pendant environ cinq mois avant de revenir à Londres.  À la mi-1699 Krieg retourné à Riga et pratiqué la médecine là-bas, bien que le ville était très pauvre et il ne semble pas avoir apprécié. En 1701, il a été en mesure de partir pour Paris afin de travailler comme médecin au comte de Guiscard-Magny, mais le comte voulait que Krieg l'accompagne  dans une campagne militaire ce qu'il refusa. De retour à Riga via Strasbourg et Leipzig, il a passé les dernières années de sa vie dans cette ville de Livonie. Malheureusement, après sept ans passés à Riga, Krieg a été victime de la peste ou la famine qui  frappa les 22.000 habitants de cette ville après l'invasion russe. Sources: GF Frick, 1987, «explorations botaniques et découvertes dans le Maryland colonial".

— John Ray 1710 Historia insectorum page 120 n°6 : The LESSER SILVER-SPOTTED FRITILLARY

 

Species est pulchra, & ab aliis congeneribus satis distincta. A.D. David Kreig (sic) Riga transmissam primo accepit D. Petiver postea etiam a D.Vernon, D . antrobus, & aliis circa Cantabrigiam inventa est.

J. Ray signale les premires spécimens autochtones en Grande-Bretagne, provenant de Gamlingay sur la côte de Cambridge ("Cantabrigiam") et récolté par William Vernon et son protégé Robert Antrobus.

— Hoffn. pict. t.II f.2

 — Roesel Insecten Belustigung app. I. t. 10.

— Robert. ic. t.12

Maria Sibylla Merian De europische insecten 2 t. CLVII fig.super  © Biodiversitylibrary :

 


 merian-pl.-CLVII-Issoria-lathonia.png

 

 

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

 néant

Voir aussi

Papilio valdensis Esper, [1804]; Die Schmett., Suppl. Th 1 (10): 112, pl. 115, f. 4

http://www.archive.org/stream/dieschmetterling00espe#page/112/mode/1up

 

 

c) Origine et signification du nom  lathonia.

        

 Les interprétations des étymologistes :

— Esper  page 241 :

 "P.N. Ph Lathonia, der kleinere Perlenmuttervogel.

Die Lathona in der Fabelgeschichte, hat den Apoll und die Diana als Zwillinge zur Welt gebracht. Aus einer Lathona in dem Reich der Papilionen, konnten die Zwillingen gleichenden Falter Euphrosyne und Niobe nun auch wohl entstanden seyn. Warum aber dieser papilio lathonia heißt, errathe ich nicht."

Papilio Nymphalis lathonia  le plus petit des Fritillaires. 

Lathona dans la mythologie a mis au monde Apollon et Diane comme des jumeaux . D'un Lathona dans le domaine de Papilio, les papillons jumeaux comparatifs Euphrosyne et Niobe pourraient maintenant être également bien développé ????. Mais pourquoi ce  papillon se nomme lathonia, je ne peux pas le deviner. "

 

 

—  Ochsenheimer 1807 page 80 :

 Fußnote zu : Pap. Latonia :

Den Namen Latonia hatte Diana von ihrer Mutter Latona (gr. Λητώ )  , welcher, da die meisten Benennungen der Perlmutter-Falter von Beynamen der Diana entlehnt sind, vorzuziehen ist. Das -h muß aber darin wegfallen.

                 Note: Pap Latonia .: 

Le nom Latonia de Diane lui venait de sa mère Latone (gr. Λητώ), qui, comme la plupart des noms de la mère-papillon sont empruntés à des épithètes de Diane, est préférable. Mais le h doit être éliminé ici. 

 —Gustav Ramann (1870-1876), page 76 :

"Auch ohne H, also Latonia, Latona, Enkelin des Coelus und der Terra, des Himmels und der Erde, wurde die Mutter des Apollo und der Diana. das bei Latona eingeschobene -i bedeutet : der Latona zugehörig." 

«également sans H, soit Latonia, Latona, petite-fille de Coelus et Terra, du ciel et de la terre, était la mère d'Apollon et de Diane. La lettre-i ajoutée au nom Latona signifie "qui appartient à Latona" [de Latona].

— Anton Spannert (1888), page 38 :

"Tochter d. Latona, Zun.d. Diana".

"Fille de Latona, c'est à dire Diane"

— Arnold Spuler ( 1908) 1 page 29:

"Beiname der Artemis"

"Epithète d'Artémis"

 

 — A. Maitland Emmet (1991) page  154 :

        Λητώ or Λαθώ, Lat. Leto or Latonia, the mother of Apollo and Artemis ; cf [Eugnosta] lathoniana and [Crambus] lathoniellus

 

   — August Janssen (1980) page 40 :

"Bijnaam van Diana, dochter van Lathone"

"Epithète de Diane, fille de Latone."

— Doux et Gibeaux (2007) page 110  :

        Mot forgé sur le nom de Latone (=Léto) (Emmet, 1991 :154). Fille des Titans, Léto (Lêtô ou Lathô), aimée de Zeus, devint la mère d'Apollon et d'Artémis; elle ne put mettre ceux-ci au monde, à Délos, qu'après avoir erré longtemps, poursuivie par la jalousie d'Héra. Pour leur mère, Apollon et Artémis massacrèrent les enfants de Niobé. Léto a été identifié par les Romains à Latone (Latona) la déesse de la Santé. Latonia serait une épithète d'Artémis, selon Spuler (1901-1908 : 29).

 

— Perrein et al. (2012) page 351:

Étymologie : de Latone ou Léto, fille de Céos et de Phœbé, une des nombreuses maîtresses de Zeus, mère d'Apollon et d'Artémis.

— Hans-A. Hürter (1998) page 287:

        "Die latonische", die Tochter der Latona -Artemis.

Deutung.

Lat(h)onia ist ein beiname der Artemis und bedeutet "Tochter der Leto". Linné und andere Autoren haben vielfach beinamen von Göttinnen, besonders aber der Artemis, zur Benennung von Tagfaltern verwendet. Da Artemis und Apollon hier häufig im Zusammenhang mit tagfalternamen erscheinen, war es sinnvoll, die Geschichte ihrer Geburt, die von zahlreichen antiken Schriftstellern berichtet wird, darzustellen.

 Trad. : Lat(h)onia est une épithète d'Artémis, qui signifie «fille de Leto." Linné et d'autres auteurs ont souvent utilisés pour nommer les papillons les épithètes de déesses, mais surtout d'Artémis. Puisque Artémis et Apollon apparaissent souvent ici dans le cadre de ces noms de papillons noms, il était utile de présenter l'histoire de sa naissance, qui est rapportée par de nombreux auteurs anciens.      

 

Discussion : 

 

           Le nom scientifique lathonia a été attribué par Linné dans la dixième édition de 1758 du Systema Naturae, à la page 481, sous le numéro 141. Il a classé ce papillon parmi les Nymphales* et à l'intérieur de ce groupe parmi les Phalerati, ce qui, dans le cas de ce Nacré, doit nous retenir un peu. Le qualificatif de phalerati signifie en latin "porteur de phalères", les phalères étant des plaques de métal brillant suspendu au cou des chevaux, puis les décorations militaires ou les ornements des praticiens, puis désigna toute parure clinquante. 

  * Les Nacrés ont ensuite quitté les Nymphales pour rejoindre les Heliconii.

   On se souvient aussi que Linné avait pris le parti de distribuer des noms de la mythologie grecque à ces papillons : ici, après Paphia et Cytherea (deux épithètes d'Aphrodite) et Aglaja (une des trois Grâces), il choisit Lathonia. Ce nom est interprété par les auteurs de deux façons différentes, soit comme l' une des épithètes de la déesse Artemis. "Lathonia fille de Latone", soit comme désignant Latona, le nom romain de la déesse Leto, mère d' Artemis.

a. L'orthographe Lathonia.

Notons d'emblée que l'orthographe Lathonia de Linné a géné, et gêne encore beaucoup d'auteurs : parmi ses contemporains du XVIIIe ou les entomologistes du XIXe, certains ont respecté la forme Lathonia, mais d'autres ont corrigé en Latonia. Ou en Lathona.

  En effet, je ne retrouve par le moteur de recherche aucune forme "Lathonia" avant la publication de Linné en 1758, ni parmi les auteurs classiques de langue latine, ni parmi les auteurs du XVIe au XVIIIe ; la forme  "Lathona"  apparaît dans quelque éditions d'Ovide de 1534 ou de rares autres exceptions. Il est logique de considérer cette orthographe comme un lapsus calami, et les auteurs du Wiener Verzeichniss de 1775 ont corrigé (page 177) en Latonia, fort de l'autorité de Michael Denis, professeur de latin puis de Belles Lettres.  De même, en 1821, Godart (ancien professeur de Lycée) donne la forme Argynne Latonia, Argynnis Latonia. Ferdinand Ochsenheimer (Die Schmetterlinge von Europa 1807-1835) procède de même.

Nous allons voir que cette lettre -h que Hürter place entre parenthèse n'interfère pas tellement avec le sens donné à ce zoonyme, et que tout l'enjeu repose sur la lettre -i.

b. Sens du mot latin Latonia.

Lorsque l'on consulte le dictionnaire latin Gaffiot, le sens à donner au nom latonia est très clair :


 Latona--ae-Gaffiot.png

Latonia-Gaffiot.png

 

Cette lecture n'est pas propre à Gaffiot, et se retrouve chez tous les lexicographes, y compris les auteurs antérieurs à Linné comme le  Dictionarium latino-gallicum  de Jean Boudot et Jean Des Roches (1731 et 1785) :

Latona, ae : f. Latone, mère d'Apollon et de Diane.

Latonia, ae.f. Surnom de Diane // Surnom de l'Isle de Délos.

Latonigenae, arum. f. plur. Apollon et Diane.

Latonius, a, um. Qui concerne Latone.

De même, le dictionnaire en ligne de M Enrico Olivetti et Mme Francesca Olivetti donne :

Latona, ae (arch. -as), f. : Latone (fille de Titan Céus, mère d'Apollon et de Diane).

Latonigena, ae, m. f. : né(e) de Latone.

Latonius, a, um : de Latone.

Latonia (virgo), Virg. : Diane.

On trouve encore :

—Lātōnĭa (Latoniă, Latoniæ) nom féminin  littéralement [fille de Latone], matronyme attribué à Diane.

 

 Nous pouvons donc affirmer avec certitude et preuve à l'appui que Linné, en utilisant la forme Lat(h)onia et non Lat(h)ona a baptisé l'espèce Papilio lathonia de l'épithète de Diane (Artémis pour les grecs).

Rappel mythologique. (Wikipédia, sauf [..]) 

        Léto (en grec ancien Λητώ / Lêtố, en latin Latona, d'où le nom romain Latone)  : D'après Hésiode, elle est la fille du Titan Céos et de sa sœur Phébé. Selon les premiers mythographes, elle est l'épouse de Zeus avant que celui-ci n'épouse Héra. L'un des Hymnes homériques la mentionne ainsi dans l'histoire de Niobé, et Homère la montre amie des Troyens pendant la guerre de Troie, tout comme son fils Apollon. Des auteurs postérieurs brodent sur cette histoire. Léto devient l'une des nombreuses maîtresses de Zeus encourant la colère d'Héra : cette dernière interdit à la terre d'accueillir la parturiente et décrète que ses enfants ne devraient pas naître dans un lieu où brillait le soleil. Elle fait poursuivre Léto par le serpent Python. Léto erre donc jusqu'à trouver l'île d'Ortygie (ou Astérie, ainsi nommée car fondée par sa sœur Astéria), qui, flottant entre la terre et la mer, n'encourt pas la malédiction d'Héra. Zeus accroche l'île au fond de la mer, et l'île prend le nom de Délos (en grec Δῆλος Dễlos, « visible, manifeste »). Léto y donne naissance à Artémis-« Lune » et Apollon-« Soleil ». 

Mais Héra n'arrête pas pour autant ses tourments. Après avoir accouché de ses deux enfants, Léto se rend en Lycie et un jour, elle décide de faire la toilette de ses enfants dans le Xanthe. [ Un jour, arrivée au sud de l’actuelle Turquie, elle s’approche d’un étang pour s’y désaltérer. Des paysans du lieu l’en empêchent et, furieuse, elle leur lance une malédiction qui les métamorphose en grenouilles. C’est cet épisode, rapporté par Ovide dans le Livre VI de ses Métamorphoses, qui inspire le célébrissime bassin de Latone au château de Versailles. ]

[Diane sortant de naître , sert de sage-femme à sa mère pour accoucher d'Apollon.]

Ses deux enfants lui gardent donc un profond amour filial. Apollon tue le monstrueux serpent Python qui avait persécuté sa mère pendant sa grossesse ou encore massacre, avec sa sœur Artémis, presque tous les enfants de Niobé pour avoir osé se comparer à leur mère.

Son nom est également attaché à celui de Tityos, qui tente d'abuser d'elle, mais est durement châtié. Léto est vénérée à Délos en même temps que ses deux enfants . Elle y a un petit temple situé entre le temple d'Apollon et le lac sacré. Son culte est également célébré à Argos. Avec Héra, elle préside à la naissance des hommes, et les mères, dans leurs angoisses et leurs souffrances, lui adressent des invocations. Mais son principal sanctuaire, le Létoon, se trouvait en Lycie, au sud-ouest de la Turquie actuelle.

     Apollodore, Bibliothèque (I, 2, 2 ; I, 4, 1).

                  Hésiode, Théogonie (v. 404 & 918).
                  Homère, Odyssée  (XI, 580).
                 Ovide, Métamorphoses (VI, 185 et suiv.).



 

c. Occurrence de Latonia dans les textes classiques.


On sait que Linné puisait ses sources chez Hygins et ses Fabulae, chez Virgile et chez Ovide. Quels sont les textes où le mot Latonia apparaît ?

 c1. Virgile, Géorgiques.

— Géorgiques livre III  §1 vers 6 : 

  non dictus Hylas puer et Latonia  Delos ? Hippodameque umeroque Pelops insignis eburno

 Qui n'a chanté le jeune Hylas, l'île flottante de Latone, et Hippodamé, et Pélops à l'épaule d'ivoire ? (ou "Qui n'a dit le jeune Hylas, et la Latonienne Délos, et Hippodamie, et, reconnaissable à son épaule d'ivoire, Pélops, écuyer fougueux?")

Ce premier exemple ne sert pas la démonstration puisque dans ce vers archi-répété, Latonia est traduit (avec une difficulté qui se ressent) par "de Latone"  et s'applique à Délos, île où la mère d'Artémis lui a donné naissance. Léto est vénérée à Délos en même temps que ses deux enfants . Elle y a un petit temple situé entre le temple d'Apollon et le lac sacré. 

Mais Artémis a été aussi nommée Délie "celle qui est née à Delos" : voir la Délie de Maurice Scève. 

 

c2.  Virgile, Enéide, Livre XI, 532.

Velocem interea superis in sedibus Opim, unam ex uirginibus sociis sacraque caterua, compellabat et has tristis Latonia uoces ore dabat 

Pendant ce temps, au royaume céleste, la fille de Latone  parla à la véloce Opis, une des vierges de son bataillon sacré ; de sa bouche sortaient ces paroles empreintes de tristesse :

Traduction Bibliotheca Classica Selecta - (Louvain) qui donne le commentaire suivant :

 

 "Latonia "la fille de Latone" (11, 532). C'est l'Artémis grecque, fille de Latone et soeur d'Apollon, identifiée à la Diane latine dans son rôle de déesse de la chasse et de protectrice des forêts. Sur le modèle de l'Artémis grecque, Diane présente à Rome une personnalité complexe : elle est perçue aussi comme la Lune (Phébé) dans le ciel, et comme Hécate dans les Enfers."

 

 c3. Ovide, Métamorphoses Livre I. la nymphe Syrinx

Falleret et posset credi Latonia ; si non

Corneus huic arcus, si non foret aureus illi

« et on l'eut prise pour la fille de Latone, si

son arc d'ivoire eut été d'or , comme celui de la déesse ;

Il est clair qu'ici, Latonia désigne Diane/Artémis, vierge chasseresse dont l'arc est un attribut.

 

 

c4. Ovide  Métamorphoses Livre VIII vers 390.

 

Ancée se vante de triompher d'un sanglier, et périt.

[8,390] turba nocet iactis et, quos petit, impedit ictus. 
ecce furens contra sua fata bipennifer Arcas 
"discite, femineis quid tela uirilia praestent, 
o iuuenes, operique meo concedite!" dixit. 
"ipsa suis licet hunc Latonia protegat armis, 
inuita tamen hunc perimet mea dextra Diana." 
talia magniloquo tumidus memorauerat ore 
ancipitemque manu tollens utraque securim 
institerat digitis pronos suspensus in ictus: 
occupat audentem, quaque est uia proxima leto,

[8,390] une foule de traits qui se choquent, se nuisent, et volent au hasard. Armé d'une hache, l'arcadien Ancée, que sa fureur entraîne à sa perte : "Compagnons, s'écrie-t-il, apprenez à distinguer les exploits d'un guerrier de ceux d'une femme, et cédez le prix aux miens. Que Pallas [autres traductions : Diane] elle-même protège ce monstre et le défende avec ses armes, malgré Pallas [Diane] je l'abattrai sous mes coups". Il achevait à peine ce superbe discours, il prend à deux mains sa hache à double tranchant, se dresse sur ses pieds, mesure le coup qu'il va porter, lorsque le sanglier l'attaque,

(Bizarrement, les louvanistes de la Bibliotheca Classica selecta traduisent Lathonia, puis Diana par Pallas (Athénée) et non par Diane comme l'ensemble des traducteurs).


C5. Ovide, Métamorphoses Livre VIII vers 540

 

[8,540] adfusaeque iacent tumulo signataque saxo 
nomina conplexae lacrimas in nomina fundunt. 
quas Parthaoniae tandem Latonia clade 
exsatiata domus praeter Gorgenque nurumque 
nobilis Alcmenae natis in corpore pennis 
adleuat et longas per bracchia porrigit alas 
corneaque ora facit uersasque per aera mittit. 
Interea Theseus sociati parte laboris 
functus Erectheas Tritonidos ibat ad arces. 
clausit iter fecitque moras Achelous eunti 

 et couchées sur le marbre de son tombeau, baisent son nom et le baignent de pleurs. La fille de Latone se trouve enfin assez vengée. Les soeurs de Méléagre, si l'on excepte Déjanire et Gorgé, sont changées en oiseaux. Leurs bras sont de longues ailes; un bec remplace leur bouche qui gémit, et la déesse les fait errer dans les plaines de l'air. Cependant Thésée, après avoir partagé les dangers de la chasse de Calydon, reportait ses pas vers la ville où régna Érechthée. Grossi par les torrents, Achéloüs l'arrête à son passage.


 c6. Ovide, Les Tristes   Elégies Livre III seconde élégie

 

Nec vos , Pierides , nec stirps Latonia , vestro

Docta Sacerdoti turba tulistis opem ? 

Et vous, Muses, troupes savantes, vous Apollon dieu des vers, brillant fils de Latone

 Les traducteurs comprennent, en raison du contexte, Latonia comme Apollon. Il est, comme Diane, "de Latone".


C7. Ovide,  Les Tristes, Livre V

[5,1,50] et tacitus casus dissimulare tuos." 
Exigis ut nulli gemitus tormenta sequantur, 
acceptoque graui uulnere flere uetas? 
Ipse Perilleo Phalaris permisit in aere 
edere mugitus et bouis ore queri. 
55 Cum Priami lacrimis offensus non sit Achilles, 
tu fletus inhibes, durior hoste, meos? 
Cum faceret Nioben orbam Latonia proles, 
non tamen et siccas iussit habere genas. 
Est aliquid, fatale malum per uerba leuare: 

 

[5,1,50] et dévorer tes chagrins dans le silence. C'est exiger qu'on souffre la torture sans pousser un gémissement, c'est défendre de pleurer, au malheureux atteint d'une blessure grave. Phalaris même permettait à ses victimes d'exhaler leurs plaintes à travers la bouche mugissante du taureau de Pérille. Achille ne s'offensa point des larmes de Priam ; et toi, plus cruel qu'un ennemi, tu m'interdis les pleurs ! Quand le fils de Latone immola les enfants de Niobé, il ne l'obligea point à voir sa vengeance d'un oeil sec. C'est une consolation, dans un mal nécessaire, de pouvoir s'en plaindre :

 

Autre exemple où Latonia désigne Apollon plutôt que sa sœur.

c8. Ovide, Ibis, vers 470.

L’Ibis est un libelle du poète latin Ovide, écrit durant ses années d’exil à Tomis sur les bords de la Mer Noire.

[470] Ut satus Hipponoo, Dexitheaeque pater, 
Ut soror Autonoes, ut cui matertera Maia, 
Ut temere optatos qui male rexit equos; 
Ut ferus Aeolides, ut sanguine natus eodem, 
Quo genita est liquidis quae caret Arctos aquis, 
475 Ut Macelo rapidis icta est cum coniuge flammis, 
Sic, precor, aetherii uindicis igne cadas. 
Praedaque sis illis, quibus est Latonia Delos 
Ante diem rapto non adeunda Thaso: 
Quique uerecundae speculantem labra Dianae, 

 

[470] comme il les lança sur le fils d'Hipponoüs, sur le père de Dosithoé, sur la soeur d'Autonoé, sur le neveu de Maïa, sur le guide imprudent du char paternel, objet de tous ses vœux, sur le farouche fils d'Eole, et sur celui qui naquit du même sang que l'Arctos aux ondes glacées. Comme la Macédonienne et son époux qui furent frappés de la foudre, puisses-tu tomber toi-même sous ses feux vengeurs ; puisses-tu être la proie de ces animaux qui, après la mort prématurée de Thrasus, ne durent plus revoir Delos, chère à Latone ; qui déchirèrent le chasseur dont les regards avaient surpris la chaste Diane,

 "Delos chère à Latone" : le nom Latonia n'est pas ici traduit comme se rapportant à Diane, citée plus loin, mais à sa mère.

 

Je conclus de cette revue de la littérature classique que le sens de Latonia n'y est pas univoque et qu'il désigne souvent Diane, il peut aussi renvoyer à Apollon, ou encore qualifier Délos comme île de Latone. Aussi, aurais-je été bien embarrassé de me prononcer sur le sens à donner au Lathionia de Linné, si les dictionnaires n'étaient, sur ce point, péremptoires.

 

 Dommage, j'ai un faible pour Latone, depuis que j'en ai admiré les formes dans le parc de Versailles : Fontaine de Latone. Latone et ses enfants de Gaspard et Balthazar Marsy.  1670, Château de Versailles


© Copyright 2008-2014  'Sculptures de rue'© http://versailles.sculpturederue.fr/page197.html

                                    Versailles_Bassin-Latone_Marsy_Latone_B.

 

 

 

 

 

 

              III. Noms vernaculaires.

 

 

 

I. Les Noms français. 

 

 

 

1. Petit Nacré , Geoffroy, 1762.

 Étienne-Louis Geoffroy  1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. page 43-44 

Parmi les espèces de sa deuxième famille "à chenilles épineuses et à ailes arrondies", Geoffroy décrit le Grand Nacré n° 9 et le Petit Nacré n°10. Ce dernier fait explicitement référence au Papilio lathonia de Linné. L'origine du nom est donnée dans la description des taches de la face inférieure des ailes supérieures couleur jaune avec "sept ou huit taches nacrées bien marquées vers l'angle extérieur de l'aile", et des ailes inférieures, "jaunes avec une trentaine de taches argentées sur chacune".

Geoffroy déclare qu'il en ignore la chenille "qui doit être épineuse".

 

2.Le Petit Nacré ,  Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 60

n°24 planche n°16 fig. a-d dessinée par  J.J Ernst .  

Idem I page 332 supplément 3 planche 8 fig. 24 e (var)

          La chenille, la chrysalide s'y trouvent décrites. Mais les plante-hôtes sont erronées : ortie et plantain. 

 

 


3. Argynne Latonia , Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 267 n°26 .

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

        La chenille, la chrysalide et la plante-hôte (pensée ou Viola tricolor) s'y trouvent décrites.

 

4. Argynne Petit-Nacré  , Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821,  page  59 n° XVI planche 4 tert. fig. 1- peinte par Vauthier et gravée par Lanvin.

 


             n118_w358

                         

 

 

    Argynne Petit Nacré  

 DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. page 123

 et planche 16 fig.49 dessinée par Dumenil et gravée par Dupreel. ©BiodiversityHeritageLibrary

              

                          n160_w330

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986 et le nom vernaculaire actuel.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal " Le Petit Nacré" et réfute "Le Latonia" (Vanden Eeckhoudt 1965) et "La Lathone" (C. de Villers, 1789).

 

7. Étude zoonymique des auteurs français :

— Doux et Gibeaux 2007  page 104 :

Nacré, (Engramelle, 1779) allusion à l'ornementation de la face inférieure" :

 

 

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Argynnis lathonia suivi immédiatement —ce qui est rare— du nom vernaculaire en italique Le Petit Nacré  puis citent à nouveau ce nom dans leur texte page 130.

—Bellmann / Luquet 2008 : "Petit Nacré" .

 

— Doux & Gibeaux 2007 : "Petit Nacré ".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "Petit Nacré ". 

— Lafranchis, 2000 : "Petit Nacré" .

— Perrein et al. 2012 : " Petit Nacré".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Petit Nacré".

— Wikipédia : " Petit Nacré".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

 

  • "Queen of Spain Fritillary" en anglais 
  • "Perlmutterfalter" en allemand "petit papillon perlé"
  • "Mirallets" en catalan  
  • "Sofia" en espagnol 
  • "Kleine parelmoervlinder" en néerlandais : "petit Fritillaire", "Petit papillon perlé"
  • "Helmihopeatäplä" en finnois : "petit Fritillaire", "Petit papillon perlé"
  • "Perleťovec menšíSølvkåpe" 
  • "Storfläckig pärlemorfjäril" en suédois
  • "Sølvkåpe" en norvégien.
  • "Storplettet perlemorsommerfu" en danois
  • "Obična sedefica"
  • "Dostojka latonia" en polonais : "Argynne latonia"
  • "İspanyol Kraliçesi" en turc
  • "Silbriger-Sidabrinis perlinukas"
  • "Perlovec malý" en slovaque
  • "Седефка" en bulgare
  • "Közönséges gyöngyházlepke" en hongrois
  • "Srebrna sedefica " 
  • "Перламутровка латона" en russe : "Fritillaire brillant"
  • "lytse parlemoerflinter" en frison 
  • Sidabrinis perlinukas" en lituanien "...argenté "

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "Britheg sbaen" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

IV. Les noms vernaculaires en anglais selon M. Salmon (The Aurelians, 2000).


 Ce papillon est extrémement rare en Angleterre et observé lors de mouvements migratoires :

This butterfly is an extremely rare immigrant to the British Isles with the first record from Gamlingay in Cambridgeshire in 1710. It was first noticed in numbers in 1818 and was seen every year until 1885 - with the highest total of 50 records in 1872. Since then, sightings are few and far between with an additional 42 records up until 1939. Between 1943 and 1950 an additional 75 records were added and, since then, there has again been a dearth of sightings with no sightings at all in some years. In 2009 several individuals were seen near the Sussex coast, including a sighting of a mating pair. Even so, there have been less than 400 sightings in total since it was first discovered. (UKbutterflies)

 .

Première description de William Vernon ou Robert Antrobus, début 1700 ; Ray, 1710.

  • "The Riga Fritillary" : Petiver, 1702 ; Ray, 1710.
  • "The Lesser Silver-spotted" : Ray, 1710 ; Petiver, 1717 ; Donvan, 1794 ; Newman, & Leeds, 1913.
  • "The Queen of Spain Fritillary" : Harris, 1775 ; Donovan, 1794 ; Haworth, 1803, et la plupart des auteurs suivants.
  • "The Scalloped-winged Frittilary" : Lewin, 1795
  • "The Princess" : Rennie, 1832.

 

        Westwood pl. VI page 49 planche XI fig. 4-7 : ©BioHeritageLibrary

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             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : issoria

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Issoria lathonia

— UK Butterflies : Issoria lathonia 

— lepiforum : Issoria lathonia

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

— Numen. The Latin lexicon :  http://latinlexicon.org/index.php

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— ALDROVANDI (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae) 1602 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248 ou Gottingen

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BILLBERG (Gustav John) : Enumeratio insectorum in Museo Gust. Joh. Billberg ,[Stockholm] :Typis Gadelianis, 138 p. http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris

 : Roret, 1828,  Gallica

— BRIDGES (Charles A.) 1993 Bibliography (Lepidoptera: Rhopalocera)  2nd ed. C.A. Bridges in Urbana, Ill . Archiv.org. 

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

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— DAREMBERG (C.) et SAGLIO (E.),  Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines  (1877-1919) Univ. de Toulouse Le Mirail :http://dagr.univ-tlse2.fr/sdx/dagr/rechercher.xsp?qid=sdx_q3&hpp=51&p=7&filtre=A

— DALE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 Archiv.org.

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DUPONCHEL   P.A.J. (1835) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, par M. J.-B. Godart. Continuée par P.-A.-J. Duponchel. Diurnes. Supplément aux tomes premier et deuxième. http://www.biodiversitylibrary.org/item/37742#page/11/mode/1up

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

— ESPER (Eugenius Johannes Christian) Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur / mit Beschreibungen, herausgegeben mit Zusätzen von Toussaint von Charpentier. Leipzig : T.O. Weigel, [1776-1807 /1829-1839] En ligne BHL.

  — FABRICIUS (Johann Christian) 1807  "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge [...], Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

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— FABRICIUS (Johann Christian)  1798  Supplementum Entomologiae systematica , Hafniae.

 — FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

— FUESSLI (Johan Caspar) Verzeichniss der ihm bekannten Schweizerischen Inseckten : mit einer augemahlten Kupfertafel: nebst der Ankhundigung eines neuen Insecten Werks Joh. Caspar Fuesslins 1775.  BHL libr

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

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  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

 

                                          


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 17:42

Zoonymie (étude du nom) du Grand collier argenté Boloria Euphrosyne (Linnaeus, 1758).

 

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

        — Boloria Moore, 1920 : ce genre passait pour un néologisme vide de sens, mais il reprend en réalité le nom de Bolor, une grande chaîne de montagne formant la partie est du Pamir, chez les Ouïghours. C'est à Marco Polo que l'on doit la première description du Bolor Tagh en 1271 ; et en 1892 il est traversé par un héros de Jules Verne, Claudius Bombarnac. La plupart des espèces décrites par Frédéric Moore dans ce genre Boloria fréquentant des altitudes de 3500 à 4500 mètres : Moore était conservateur du Musée de la Compagnie anglaise des Indes orientales.

— sous-genre Clossiana Reuss, 1920, du nom d'Adolf Gustav Closs, président d'une association d'entomologistes berlinois qui fit paraître en 1919 un ouvrage sur les papillons de la région de Berlin.

— euphrosyne (Linnaeus, 1758) : l'une des trois Grâces ( Charites des grecs) avec Aglaia et Thalia. Euphrosyne (en grec ancien Εὐφροσύνη / Euphrosúnê, « la Joie ») personnifie l'Allégresse. En 1743; Linné avait nommé cette espèce Princeps, "le Prince".

 

— En 1762,  Étienne Louis Geoffroy  avait nommé "Collier argenté" nos deux Colliers, (avant la description de Papilio selene 13 ans plus tard),  par allusion à la chaîne de lunules triangulaires argentées bordant le revers des ailes postérieures. Une fois que les deux espèces très proches Papilio euphrosyne et P. selene eurent été décrites en 1775, Engramelle put en 1779 créer les noms de "Grand Collier" (euphrosyne) et de "Petit Collier" (selene). Godart  nomma cette espèce  "Argynne Collier-argenté" en 1821 puis en 1986, G. Luquet remis à l'honneur "Le Grand Collier argenté". Cette comparaison à un collier de perles se retrouve dans le nom anglais de  "Pearl-bordered Fritillary" ( Damier à bordure nacrée) en anglais et de "Silberfleck Perlmutter" en allemand  pour décrire les reflets nacrés comme des perles alignés au dessous des ailes.


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

      Nymphalidae ; Heliconiinae ; Argynnini ; Boloriina. 

A. Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815

 

1.  Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]

2. Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 

3.Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870

4.Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 

5.Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840

6. Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827

7 .Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886.

 8.Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

B. Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 

Pelham & al. (2008), se référant aux travaux de Koçak (1981), considèrent Heliconiinae Swainson, 1827, comme invalide, au motif que le nom donné par Swainson est fondé sur le nom générique Heliconius Latreille, 1804, qui est un homonyme d’Heliconius Kluck, 1780. Ces auteurs préconisent l’utilisation d’Heliconiinae Swainson, 1822 (planche 92, « Heliconiae »).

Le nom Heliconiinae provient du genre heliconius créé par Kluk, 1780; Hist. nat. pocz. gospod. 4: 82.

 


 C. Tribu des Argynnini Swainson, 1833 ( Hopeatäplät en suédois,  Fritillaries en anglais.Argynnes ou Nacrés).

Du nom Argynnis créé par Fabricius en 1807 d'après un épithète de Vénus. Argynnus était une femme aimée par Agammemnon, et à qui il érigea après sa mort un temple où Aphrodite/Vénus était vénérée. Ce nom servit pour désigner la famille des fritillaires nommée auparavant "Perlati" par Latreille en raison de l'aspect nacrée des faces postérieures des ailes. A.M. Emmet soupçonne Fabricius d'avoir joué sur le rapprochement avec le grec arguros, "argent", en lien avec cette couleur argentée des ailes.

 Cette tribu des Argynnes se divise, pour les espèces françaises, en deux sous-tribus:

  • Sous-tribu des Boloriina Warren, dos Passos & Grey, 1946 auquel appartient le genre Boloria Moore, 1900
  • Sous-tribu des Argynnina Swainson, 1833.

 Histoire des Argynnes.

  • 1777 : Scopoli crée le groupe argyreus, qui inclut quelques argynnes.
  • 1807 : Fabricius créé un Genre Argynnis (espèce-type: P. paphia). 
  • 1810. Latreille, dans ses Considérations page , regroupe sous son Genre Argynne les genres Argynnis et Melithaea de Fabricius.
  • 1821 : Godart reprend le genre Argynne regroupant les genres Argynnis et Melitaea de Fabricius, soit des espèces vulgairement nommées alors  Damiers et Nacrés (page 50).
  • Une sous-famille Argynninae est issue de la publication de  Duponchel, 1835 

 

d. Sous-tribu des Boloriina Warren, dos Passos & Grey, 1946

Genre Boloria Moore, 1900

 


 

2. Nom de genre : Boloria, Moore, 1900.

 

a) publication originale.

 Boloria Moore, 1900; Lepidoptera Indica, 4 page 243, TS: Papilio pales Denis & Schiffermüller. 

Il comporte en France dix espèces, dont quatre dans le sous-genre Clossonia :  le grand Collier argenté B. euphrosyne (Linnaeus, 1758), le Petit Collier argénté B. selene, le Nacré porphyrin B. titania (Esper, [1793]), et la Petite Violette B. dia (Linnaeus, 1767).

 


b) étymologie du nom de genre.

    Selon A.M. Emmet (1991), le nom vient  "du grec βολος (bolos), un filet à poisson : du schéma réticulaire des ailes".

H. A. Hürter ne croit pas à cette étymologie, et rappelle l'opinion de Emmet lui-même, qui indiquait à propos du genre Chazara que la plupart des noms de Moore était des néologismes vides de sens. C'était vrai aussi de Ladoga, Moore 1898, et sans-doute de noms d'espèces comme bimbisara, ananta, anjana, cartica, celebica, clinia, duryodana, jumbah, mahendra, manasa, et cetera, ou de ceux que l'on peut découvrir en feuilletant le Lepidoptera indica.                 Quoique... le cocasse bimbisara se révèle être issu du nom de Bimbisâra, premier roi de la dynastie indienne du Magadha, et il faut peut-être chercher la source des noms de Frédéric Moore dans la culture indienne.

On sait que Fredéric Moore (Londres 1830-Londres 1907) était conservateur du Muséum de la Compagnie anglaise des Indes orientales.

  La chaîne montagneuse de Bolor forme en géographie, avec celle de l'Himalaya, le Système Bolor-Himalaya, et sépare, en territoire chinois, le Thianchan-nianlou, avec le Turkestan indépendant. C'est du moins la description qu'en donnaît Adrien Balbi en 1843 (page 237). On comprend qu'il s'agit là de quelque chose de plus conséquent que le filet à poissons d'Arthur Maitland Emmet. Bolor était aussi le nom des peuplades qui y vivaient. Le Bolor, ou Belour tagh, en ouïgour Boulit tagh, signifierait Mont des Nuages ou des Cristaux (Bolor), mais accueille aussi le Mont des Oignons, ou Montagnes Bleues (Malte-Brun, Géogr. Univ. p. 9). C'est là que Marco Polo observa cet air raréfié empêchant un feu de s'entretenir, là que Humbolt décrivit de rares cols à travers une contrée âpre et impraticable. Le Bolor tâgh ! Un nom oublié mais qui remplissait de respect et d'effroi les voyageurs de jadis. Un décor de Jules Verne! 

 "Claudius Bombarac" est un roman de Jules Verne paru chez J. Hetzel en 1892 : le héros, reporter ambulant pour "le XXe siècle" écrit au chapitre XVII :

  "Nous sommes lancés sur les rails d’un chemin de fer chinois à voie unique, traînés par une locomotive céleste, conduits par des mécaniciens de race jaune. [...]Notre train ne marche qu’à une vitesse modérée depuis qu’il a quitté Kachgar. Sur l’horizon opposé se dessinent les massifs du plateau de Pamir, puis, vers le sud-ouest, s'arrondit  Bolor, c'est-à-dire la ceinture kachgarienne, où pointe la cime du Tagharma"

 On le situe mieux comme la chaîne longitudinale située à l'est du Massif du Pamir, s'étendant des Monts Kunlun (haut-lieu du Taoïsme) au sud jusqu'à l'est du chaînon Trans-Alaï. On le trouve sur les cartes sous les noms de Chaînon Kasgar, Cordillière Kunlun, et ses sommets culminants sont le Kongur Tagh (7649m) et le Mustagh Ata. Il appartient tout entier à la province chinoise du Xinjiang ou Turkestan oriental, chez les Ouïgours. C'est Marco Polo qui lui donna le nom de Bolor, lors de son voyage en Chine en 1271 (ici).

 

                                    350px-Mt_Kongur_Lake_Karakul_Xinjiang_Ch

 

 En 1959, Antoine Mostaert publia les Chroniques mongole écrite par  Rasipungsu-y (1774) sous le titre de Bolor Erike (Cleaves, Cambridge, Mass. 5 vol.) :  ce manuscrit Dai Yuwan-u Bolor Erike biçig ou "Écrits Chapelets de cristaux des Dai Yuwan" est constitué de neuf cahiers en papier chinois.

 Mon hypothèse prend plus de poids lorsqu'on reprend la lecture de Lepidoptera indica après ce séjour parmi les purs Cristaux sertis dans l'Azur.

—La première espèce du genre BoloriaB. sipora, a été trouvé dans une vallée du Cachemire (vallée de Boorzil). Sipora ou Sipura est une petite île au large de Sumatra.

— B. generator se trouve en Turkestan, en Afghanistan, dans la vallée de Skoro la (maps), à des altitudes de 11000 pieds, soit 3350 mètres.

B. hegemone se plait dans les Montagnes Célestes (Tian Shan), à Namangan (Ouzbékistan), au nord ladak, et à 15 000 pieds d'altitude.

— B. jerdoni (ex cashmirensis Moore, 1874) se trouve...au Cachemire entre 6500 et 8500 pieds d'altitude.

— B. chitralensis, vient de Chitral, Shitrâl au nord du Cachemire.

— B. gemmata vient de l' est de l'Himmalaya, à haute altitude.

— B. altissima habite la vallée du Chumbi, (3000 mètres), Sikkim, à la frontière tibétaine, au Bhotan.

— B. Mackinnonii vient du Nord-Ouest de l'Himalaya : Mackinnon l'a trouvé à 11 000 pieds dans la vallée de Buspa.

— B. clara vient du nord-ouest de l'Himalaya, à 14 000 pieds d'altitude.

    Je crois avoir montré que l'hypothèse que Moore ait donné le nom de montagnes mythiques, Bolor tagh ou Monts de Cristal à un genre où il décrit des papillons qui vivent entre 3500 et 4500 mètres d'altitude n'a rien de fantaisiste.

 Cette trouvaille me permet aussi de reconsidérer l'aphorisme de Emmet sur le nom de Chazara, néologisme vide de sens : il suffit de le placer dans le moteur de recherche pour obtenir la réponse : Chazar "forme alternative de Khazar"...région citée de nombreuse fois par Moore.

 D'une façon générale, les espèces du genre Boloria semble être capable d'affronter les conditions extrêmes, puisqu'on y trouve le Nacré lapon B. chariclea et le Nacré polaire B. polaris, papillons de la toundra arctique, ou le Nacré boréal B. frigga.

N.b : il est aussi possible de reconsidérer le cas du nom de genre Lopinga, Moore, 1893 (cf. La Bacchante Lopinga achine) : la publication Lepid. indic. (2) page 11 indique que les papillons ont été découverts par Oberthür lors de son voyage au Yunnan. Or, les géographes du XVIIIe parlaient d'un Mont Loping en Chine, mais, surtout, la région de Luoping se situe dans le Yunnan à 228 km de Kunming, et semble une hypothèse sérieuse pour le nom de Lopinga.

 

B. Division en sous-genres.

-Sous-genre Clossiana Reuss, 1920 

  • Boloria selene ([Denis & Schiffermüller], 1775). Petit Collier argenté.
  • Boloria euphrosyne (Linnaeus, 1758). Grand Collier argenté.
  • Boloria titania (Esper, [1793]). Nacré porphyrin.
  • Boloria dia (Linnaeus, 1767). Petite Violette.

 -Sous-genre Proclossiana Reuss, 1926.

  • Boloria eunomia (Esper, 1800). Nacré de la Bistorte.

 -Sous-genre Boloria Moore, [1900]

  • Boloria pales ([Denis & Schiffermüller], 1775). Nacré subalpin
  • Boloria napaea (Hoffmannsegg, 1804). Nacré des Renouées.
  • Boloria aquilonaris (Stichel, 1908). Nacré de la Canneberge.
  • Boloria graeca (Staudinger, 1870). Nacré des Balkans.
  • Boloria graeca tendensis Higgins, 1930.

 

Le Sous-genre Clossiana Reuss,  1920 (= Boloria).

Clossiana : Reuss, 1920, "Die Androconien von Yramea cytheris Drury und die nächtstehenden analogen Scuppenbildungen bei Dione Hbn. und Brenthis Hbn.[Lep.]" Entomologische Mitteilungen, Berlin-Dahlem, 9 : 192 nota 1, TS: Papilio selene Denis & Schiffermüller

 

Étymologie ou origine du nom Clossiana.

— Selon Perrein et al.

"En l'honneur de Johan Friedrich Closs ou Clossius (1735-1787), médecin, bibliothécaire et écrivain allemand, (biographie) ou de son fils Karl Friedrich Closs (1768-1797), professeur d'anatomie et chirurgie à Tubingue.

—Selon H.A. Hürter :

"Clossius, i,"- nom propre latinisé de G. Adolf Closs.(http://de.wikipedia.org/wiki/Gustav_Adolf_Closs).

zu araschnia clossi Kombach äussert sich der Erstbeschreiber Krombach.

"...ich benenne dasselbe zu Ehren des verdienten Vorsitzenden des Berliner Entomologen Bundes, Herrn G. Adolf Closs." (Krombach, Berlin, in : Entomologische Mitteilungen, hrsggb. vom Verein zür Förderung des Deutschen Entomologischen Museums, 1916, Bd. V. S, 299).

Zur Form clossi Heinr. von Erebia lappona esp. (Erebia lappona Esp. is in Glaser, S. 128, als Varietät von Er manto Wien. aufgeführt ; Er. lappona Thunberg 1791 als Synonym zu Er. pandrose Bkh. 1788 ist damit nicht gemeint) bemerkt der Erstbeschreiber Geh. Rechnungsrat Rudolf Heinrich-Charlottenburg ;

...Ich benenne die form zu Ehren des verdienten Vorsitzenden des berliners Entomologenbundes, herrn Kunstmaler A. Closs ab. ♀ clossi ab. nova. (Rudolf Heinrich-Charlottenburg in : "Eine neue Form from Erebia laponna Esp. ♀" in : Int. Ent. Zs.11, 1917,1918.

 Jannsen, p. 40 : " (?) Klotho = een van drie schikgodinnen" .

Jannsen meint die Moiren, die jedem Menschen sein Geschick (Glück, Unglück, bsd. den Tod) zuteilen, lat. Parca, dt. die Parzen. Gewöhnlich werden 3 moiren angenommen, Klotho, Lachesis, Atropos.

-anus, -ana, -anum 

Erweiterungssuffix und adjektivisches suffix : zum Eigenschaftswort machende Nachsilbe, besonders bei Eigennammen und Ortsnamen. Deutsch = -isch.

Deutung.

Jansses zeigt mit dem Fragezeichen in Klammern an, dass er seiner Ableitung von der Schicksalsgöttin Klotho nicht sicher ist.

Der Autor von Clossiana, Th. Reuss, schreibt 1921 einen Artikel über Mel. pyronoides in : Int. Ent. Zs. 15, S.5, also nur wenig später als Krombach und Heinrich ; demzufolge war er ein Zeitgenosse Closs's. Somit dürfte nahe liegen, dass er die Gattung Closs zu Ehren benannt hat und nicht etwa nach der Moire Klotho, zumal deren Latinisierung  zu Clossiana grammatisch mehr als unkorrekt wäre.

 

Th. Reuss hat unter dem Namen Clossiana einige Scheckenfalterarten von der einst sehr umfangreichen Gattung Argynnis abgetrennt."

Traduction approximative  de Hürter :

L'auteur de Clossiana, Th. Reuss, a écrit en 1921 un article sur pyronoides Mel dans: Int. Ent. Zs 15, p.5, alors qu'un peu plus tard que Krombach et Heinrich, donc il était un contemporain de Closs de. Ainsi est susceptible d'être proche, qu'il a nommé le genre en l'honneur Closs et ne recherche pas la Moire Clotho, surtout depuis leur romanisation à Clossiana serait grammaticalement plus incorrects.

 E Reuss a séparé certaines espèces fritillaire du genre une fois très vaste Argynnis sous le nom Clossiana.


Ma conclusion pour Clossania.

      1) Selon Wikipédia, Albert Franz Theodor Reuss, né le 23 mai 1879 à Munich, mort le 24 décembre 1958 à Berlin, fils de Delphina Garbois et de l'occultiste et franc-maçon Albert Karl Theodor Reuss (1855-1923), est un herpétologiste, lépidoptériste et peintre allemand autodidacte connu pour les dizaines de nouveaux taxons qu'il a décrits, sans fondement scientifique, au cours de la période 1923-1939. Reuss vit et travaille à Berlin où il gagne sa vie en vendant du venin de serpents et des papillons. Il a tout d'abord un intérêt pour les lépidoptères, puis ne s'intéresse qu'aux vipères par la suite. Il est aussi un peintre talentueux, les serpents sont les sujets de la plupart de ses œuvres. Il est l'auteur des taxons Macrovipera Reuss, 1927, Acridophaga Reuss, 1927, Vipera eriwanensis Reuss, 1933, et pour les lépidoptères de noms (invalides) comme Fabriciana R. 1920, synonyme d'Argynnis, Melitaea cinxia brenthis Reuss, 1921 Fabriciana adippe bischoffi Reuss, 1922, Fabriciana taliana Reuss, 1922.

2) Vivant à Berlin, il a pu connaître Adolf Gustav Closs— ou Closzs— (6 mai 1864-3 septembre 1938 à Berlin), auteur de Die Grossschmetterlinge des Berliner Gebiets : Im Auftrage des Berliner Entomologen Bundes (E.V.) bearbeitet, Adolf Closs und E. Hannemann Meusser : Berlin 1919 -79 pages : "Les Grands papillons de la région de Berlin, publié au nom de la fédération des Entomologistes de Berlin".

 En effet, cette publication précède d'une seule année celle de Reuss.

 

 

 3.  Nom d'espèce :  Boloria euphrosyne (Linnaeus, 1758)

a) Description originale

Protonyme Papilio Euphrosyne  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. Page 481 


[http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]

— Description :

142. P[apilio] N[ymphalis] alis dentatis fulvis nigro-maculatis : subtus maculis IX argenteis.

Papillon diurne de la phalange des Nymphales phalerati; Ailes dentelées jaune-fauve tachetées de noir : neuf taches argentées sur la face inférieure .

 — Habitat in Europa & America septentrionali

 — Alae maculis argenteis :posticarum 9 ; harum I disci, I baseos.

 — Localité-type : Suède, désignée par Honey & Scoble (2001) d'après la mention dans la Fauna suecica : Honey, M. R. & Scoble, M. J. 2001. "Linnaeus's butterflies (Lepidoptera: Papilionoidea and Hesperioidea)". Zoological Journal of the Linnean Society, 132(3): 277-399. page 324.

 

— Selon Dupont & al. 2013, cette espèce a une répartition eurasiatique. Elle est aussi présente en Anatolie et dans le Caucase. Elle est  signalée dans presque toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Violettes.


— références données par Linné.

1. Linné  Fauna suecica  1743  n°782 "Princeps". Linné avait tenté dans sa Fauna suecica de donner des noms pour éviter les "phrases spécifiques", longues descriptions alors en usage pour désigner une espèce. Il précède ces noms de la mention vulgo  qu'il ne faut pas comprendre comme "nom vulgaire, vernaculaire". Il essaye diverses voies et il vient ici de débuter une série de noms en relation avec une cour royale : Imperator (qui deviendra Paphia), Rex (qui deviendra Aglaia), Principissa (qui deviendra Lathonia), Comes (qui deviendra Cinxia), et pour la future Euphrosyne, il décerne le titre de "Princeps" (Prince). Comme ce sont des noms-étiquettes délivrées au fur et à mesure, il ne faut établir aucun rapport entre les deux noms de Princeps et d'Euphrosyne.

2. James Pétiver Musei petiveriani prima centuria page 35 n°382. [erreur de Linné n°322]

A. 322 Fritillarius maculatus praecox THE APRIL FRITILLARY. I observe this in Hampstead and other Woods about April.

3. John Ray (1710)  Historia insectorum page 120 n.7 :

7. Fritillarius major alis fulvis, superno maculis nigris tesselatis. Pap. Fritil. maculatus  praecox THE APRIL FRITILLARY Mus. Pet. 322 [...] Hanc sepiem primum ostendit D. Dale.

 

 

c) Synonymes  INPN (Muséum).

Liste des synonymes :

  • Clossiana euphrosyne (Linnaeus, 1758)

  • Papilio euphrosyne Linnaeus, 1758

  • Papilio fingal Herbst, 1800 : Herbst, J. F. W. 1800. Natursystem Aller Bekannten In- Und Ausländischen Insekten: Als Eine Fortsetzung Der Von Büffonschen Naturgeschichte : Nach Dem System Des Ritters Carl Von Linne Bearbeitet. Berlin. 334 pp. page 92.  [http://www.archive.org/stream/natursystemalle15herbgoog#page/n7/mode/2up]

 

 

 

d) Origine et signification du nom  Euphrosyne. 

        

 Les interprétations des étymologistes :

— Gustav Ramann (1870-1876), page 

— Anton Spannert (1888), page 

— Arnold Spuler ( 1908) 1 page :

 

— A. Maitland Emmet (1991) page 154 :

The name of one of the three Grâces who personified elegance and beauty : see aglaja and athalia (Thalia)

 

 — August Janssen (1980) page 

— Doux et Gibeaux (2007) page 118 :

Euphrosyne : nom de l'une des trois Grâces, qui personnifiait la grâce et la beauté.

 

— Perrein et al. (2012) page 362 :

Étymologie : d'Euphrosyne, une des trois Grâces — les Charites pour les Grecs— qui personnifient la Beauté et l'Élégance avec Aglaé (voir Speyeria aglaia) et Thalie (voir Melitaea Athalia), passant aussi pour être à l'origine des esprits de la végétation.

— Hans-A. Hürter (1998) :

 

 

 

Discussion : 

        Dans la mythologie grecque, Euphrosyne (en grec ancien Εὐφροσύνη / Euphrosúnê, « la Joie ») ou Euthymie (Εὐθύμία / Euthúmia, « la Confiance ») est l'une des trois Charites, fille de Zeus et de l'Océanide Eurynomé  ou de l'Heure Eunomie (ou selon Hygin, d'Érèbe et de Nyx) et sœur d'Aglaé et de Thalie. Elle représente la Joie poussée à son sommet, l'Acclamation, la Bonne chère, le Courage, la Confiance, l’Allégresse, la Jubilation, l'Hilarité, le Plaisir, la Gaieté et la Joie de vivre. (Wikipédia).

Le nom signifie littéralement eu-, "bon" et -phrèn "esprit".

 Sachant que la source préférée de Linné pour le choix de ses noms furent les Fables d'Hygin, il est intéressant d'y lire le passage qui cite Euphrosyne comme fille de Nox et Erebo:

Hygin, Fabulae,  :P r a e f a t i o

      I. Ex Caligine Chaos: ex Chao et Caligine Nox Dies Erebus Aether. ex Nocte et Erebo Fatum Senectus Mors Letum +Continentia Somnus Somnia Amor id est Lysimeles, Epiphron +dumiles Porphyrion Epaphus Discordia Miseria Petulantia Nemesis Euphrosyne Amicitia Misericordia Styx;  Parcae tres, id est Clotho Lachesis Atropos ; Hesperides, Aegle Hesperie +aerica.  

 

 "<Préface>  De la Nuée, le Chaos. Du Chaos et de la Nuée, la Nuit, le Jour, l'Érèbe, l'Éther. De la Nuit et de l'Érèbe, le Destin, la Vieillesse, la Mort, le Trépas, <la Lutto1, le Sommeil, les Songes ou Ce-Qui- Rompt-Les-Bras, Épiphron, Dumiles, Porphyrion, Épaphos, la Discorde, le Malheur, l'Impudence, Nemesis, Euphrosyne, l'Amitié, la Pitié, le Styx; les trois Parques, c'est-à-dire Clotho, Lachésis, Atropos; les Hespérides, Aéglé, Hespérié, Aerica. " traduction Hyginus Jean-Yves Boriaud. LE LIVRE DES FABLES DE JULIUS HYGIN, AFFRANCHI D'AUGUSTE .

On voit que dans ce texte Euphrosyne n'est pas cité comme l'une des trois Grâces, et que, fille d'Erèbe qui est un dieu personnifiant les Enfers, elle n'est pas en compagnie très gracieuse avec Discorde et Malheur.

Si on consulte la Théogonia d'Hésiode (Trad. Leconte de L'isle) on lit vers 907-909 :

Et Eurynomè enfanta les trois Kharites aux belles joues, elle, l’Okéanide, qui avait une beauté parfaite : Aglaiè, Euphrosynè et l’aimable Thaliè.   

Un autre éclairage de ce nom sous la plume de Linné est de considérer les noms des 33 autres papillons Nymphales phalerati : si on écarte ceux qui mentionnent une plante-hôte, ou un caractère spécifique, on trouve une série de six déesses romaines primitives. Les autres noms ne permettent pas de dégager une cohérence évidente. On remarque seulement que Euphrosyne est précédée par Aglaja mais que le nom Thalia n'est pas attribué, ce qui surprend.

 

 

  • antiopa – Nymphalis antiopa. Reine des Amazones, amoureuse de Thésée.

  • dirce – Colobura dirce. Femme qui maltraita Antiope Hygin fab.8

  • amathea – Anartia amathea. Néreide citée par Homère (Iliade XVIII) avec Panope, Galathea, Orythia, Maera, : "comas-pulchra alathea".

  • atalanta – Vanessa atalanta. Héroïne championne de course épouse d'Hippomène. (Hygin Fab.185) 

  • venilia – Pantoporia venilia. Déesse des vents, mère de Juturna et de Turnus

  • alimena – Hypolimnas alimena . ?? Lieu en Sicile (Salines)

  •  leucothoe – Athyma perius. Fille du roi de Perse séduite par Helios sous l'apparence de sa mère.

  • phaetusa – Dryadula phaetusa.Fille d'Helios et de Neaera, sœur de Lampetia. Hygin F.154.

  • bolina – Hypolimnas bolina.Nymphe dont l'histoire (elle est poursuivie par Apollon et se jette dans la mer)  n'est connue que par Pausanias VII 23, 4, mais qui est nommée par Giraldi dans une liste de nymphes dont Aegeria et Juturna. 

  • clytia – Papilio clytia. Amant malheureux de Leucothoé.

  • neaerea – Pyrrhogyra neaerea. Nymphe ou Oceanide mère de Lampetia et Phaetusa par Helios (Hom. Odyss)

  • acesta – Tigridia acesta. Jeune troyenne mère d'Aceste et femme du dieu fleuve Crimisos . Ou ville sicilienne qui prit le nom d'Aceste (Virg. Énéide, 5)

  • panope – Papilio clytia. Panope, Nymphe cité par Homère (Iliade XVIII )
  • paphia – Argynnis paphia. Epithète de Vénus.
  • cytherea – Adelpha cytherea. Epithète de Vénus.

  • aglaja – Argynnis aglaja. Aglaia ou Aglaé, l'une des trois Grâces avec Thalia et Euphrosyne.

  • lathonia – Issoria lathonia. Lathona, mère d'Apollon et d'Artémis.

  • euphrosyne – Boloria euphrosyne : L'une des trois Grâces.

  • niobe – Argynnis niobe. Fille de Tantale et épouse d'Amphion (Hygin IX)

 

 

 

                     Les Trois Grâces, Lucas Cranach l'Ancien (1531)  

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                II. Noms vernaculaires.

 

       Il existe deux "Collier argentés", le Grand, Clossiana ou Boloria euphrosyne (Linné, 1758), et le Petit Boloria selene, qui portent tous les deux un rang de lunules claires sur le bord marginal des ailes. Ils diffèrent peu par la taille (1 à 2 mm de plus pour le Grand), et ce critère est insuffisant à les distinguer, ce qui explique qu'ils ont été décrit d'abord sous le même nom d' Euphrosyne par Linné en 1758. Les différences sont :

— 1. Face supérieure des ailes :

 a) la rangée de points noirs est au centre de la bande post-discale du Grand Collier alors qu'il est décentré vers la périphérie des ailes du Petit. 

b) les lunules claires du bord marginal, qui constituent le "collier" sont en forme de demi-lunes ou de triangles  chez le Grand, et de Pleines Lunes chez le Petit (qui porte le nom de la Lune, Séléné).

c) les ailes sont fauve orangé lumineux chez le Grand, et fauve plus terne chez le Petit.

— 2. Face inférieure des ailes :

a) critère le plus facile, le discret point cellulaire argenté du Grand est remplacé par un point noir bien visible au centre d'une case orangée du Petit.

b) la bordure de lunules rondes est surmontée d'accents circonflexes noirs chez le Petit, alors que ces chevrons sont orangés chez le Grand.

Voir la confrontation annotée des deux espèces sur le site lepiforum.

 

Lorsque Geoffroy créa son nom vernaculaire, seul le Papilio euphrosyne avait été décrit par Linné, et Geoffroy ne créa donc qu'un seul nom. C'est Engramelle qui le divisa en deux noms d'espèces.

 

 

o) Le Collier argenté, Geoffroy, 1762.

Etienne-Louis Geoffroy, 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762  volume 2 page 44 n° 11.

Geoffroy donne les références suivantes :

 - Linné, Syst. Nat. Édit. 10, page 41, n° 142. Papilio nymphalis euphrosyne.

- Linné, Fauna suecica n° 782. Le papillon est nommé Princeps (le Prince) mais il renvoie  aux deux descriptions de Petiver et de Ray :

- Petiver, mus.p. 35 n° 322. Papilio fritillarius maculatus praecox.

- Ray, ins. p. 120 n°;7 ; Papilio fritillarius major...

Les quatre références sont liées entre elles par leurs renvois réciproques, et les deux dernières références que ces auteurs anglais nommaient le Fritillaire d'Avril, sont actuellement considérées comme correspondant à Boloria selene (cf. partie IV). Pourtant, euphrosyne désigne le Grand Collier argenté Clossiana euphrosyne. Geoffroy a donc donné, sous le nom de Collier argenté, la description du Petit Collier argenté. Voici cette description, qui explique le choix du nom.

  "Les ailes de cette espèce sont en dessus de couleur jaune, et plus pâle que dans les précédentes, avec des nervures, des bandes transverses noires, et une double rangée de points de même couleur distincts et isolés, qui parcourent les bords des ailes. Le dessous des ailes supérieures est semblable au dessus, si ce n'est que la couleur jaune est encore plus pâle, et que les taches noires sont moins marquées.

    Les ailes inférieures pareillement jaunes, ont chacune en dessous neuf taches argentées ; savoir, sept triangulaires qui parcourent le bord inférieur de l'aile, et forment comme un collier argenté ; une huitième plus grande située dans le milieu de l'aile ; et une neuvième plus petite vers son bord extérieur."  

J'y vois clair désormais : je croyais que le "collier" était celui des points noirs, et que l'adjectif "argenté" en était détaché. Non, le collier, ce sont les neuf taches "triangulaires" argentées.    


1. Le Grand Collier Argenté , Engramelle 1779 

 Jacques Louis Engramelle 1779, Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 58  n° 22   planche XVI dessinée par J.J Ernst .

      et var. Tome I page 249 planche 61 Suppl. 7  fig.28 c-d. 

     Engramelle explique le nom dans sa description du Grand Collier argenté :

"Le principal ornement des ailes consiste en sept belles taches argentées disposées sur le bord de ses ailes en forme de collier : il leur doit leur nom".

 

2. Argynne euphrosyne, Godart et Latreille, 1819.

Latreille (P.A), Godart (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9, 1819, page 276 n° 42.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

3. Argynne Collier argenté Godart 1821.

 : Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821,  page 61 n° XVIII  Planche IVtert.  par C. Vauthier et gravée par Lanvin. 

Godart ne suit pas Engramelle dans ses noms de Petit et Grand Collier argenté, peut-être parce qu'il s'impose de faire précéder le nom vernaculaire d'espèce par un nom de genre : il nomme donc euphrosyne "Argynne Collier-argenté", et selene "Argynne séléné"  .

Il décrit la chenille mais déclare que "la chrysalide [lui] est inconnue".

 


                      n118_w346

 

 

 

        La Chenille.

 Argynne Collier argenté (Euphrosyne) (Duponchel, 1849).

P.A.J. Duponchel, 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles page ... Planche XVII  fig. 52 par P.  Duménil .  (B.H.L. Libr)

                  

      n164_w330

              

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986, et le nom vernaculaire actuel.

 

             Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose pour Clossiana euphrosyne  le nom principal  de "Le Grand Collier argenté", et conseille d'éviter l'emploi de "Le Nacré sagitté" par un sigle réservé aux "noms équivoques, pouvant prêter à confusion avec d'autres espèces". En note, il ajoute "Les noms de "Nacré fléché" et de "Nacré sagitté" créés par Rappaz* respectivement pour Clossiana selene et C. euphrosyne, me paraissent sémantiquement trop apparentés pour exprimer une quelconque différence entre les deux espèces, et se révèlent de ce fait peu appropriés. Il convient d'en éviter l'emploi, d'autant qu'il existe pour ces deux Nacrés deux noms traditionnels consacrés par l'usage et parfaitement adéquats".

*Rappaz (Raphy), 1979.— Les Papillons du Valais (Macrolépidoptères). R. Rappaz éditeur : Sion (Valais).


7. Étude zoonymique des auteurs français :

— Luquet in Doux et Gibeaux 2007  page 116 :

"Nom faisant allusion à la ligne caténaire de lunules antémarginales argentées du revers des ailes postérieures."      

 

— Perrein et al. 2012 page 362 : 

"Le nom de Collier argenté que lui donne Geoffroy (1762) fait allusion à la chaîne de lunules argentées submarginales au revers des ailes postérieures."

 

8. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Argynnis euphrosyne mais ne citent pas de nom vernaculaire. 

 


— Doux & Gibeaux 2007 : " Le Grand Colier argenté".

— Perrein et al. 2012 : " Grand collier argenté ".

— Wikipédia : " Le Grand collier argenté ou Nacré sagitté".


 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.


  • "Veilchen-Perlmutterfalter" ou Siberfleck-Perlmutterfalter en allemand
  • " Pearl-bordered Fritillary" en anglais
  • "Donzella rogenca" en catalan
  • "Árvaácska-gyöngyházlepke" en hongrois
  • "Prolećna bolorija " en serbe
  • "Perleťovec fialkový " en tchèque
  • "Perlada rojiza" en espagnol
  • " Zilvervlek Pursuhopeatäplä" en néerlandais
  • "Rødlig perlemorsommerfug" en dannois 
  • " Rødflekket perlemorvinge" en norvégien
  •  "Prydlig pärlemorfjäril" en suédois
  •  "Dostojka eufrozyna" en polonais
  •  "Beyazinci" en turc 
  • "Varane kannikesetäpik" en 
  • " Miškapievis perlinukas " en lithuanien
  •  "Perlovec jahodníkový" en slovène
  • "Sulverskiif" en frison occidental
  •  "Перламутровка евфросина" en russe.

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "Britheg berlog" en gallois. "Perle nacrée"

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

               

 

 

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet :  Boloria

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Boloria euphrosyne

 

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :


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— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

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        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

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— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 17:23

 

Zoonymie (étude du nom) du papillon le Misis  Hyponephele lycaon (Rottemburg, 1775)

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé. 

 

Hyponephele Muschamps, 1915. Nom créé pour placer le lycaon, alors placé dans le genre Epinephele de Hübner [1819], dans un genre propre : le nom Hyponephele n'est que le contre-pied d'Epinephele par symétrie des suffixes épi- "au dessus" et hypo- "au-dessous, le nouveau genre s'inscrivant en dessous du premier. Par contre, Hübner avait introduit dans la construction de son genre le mot grec Νεφέλη / Nephélê, de νέφος / néphos, " nuage " "Nuées", afin de qualifier l'aspect du revers des ailes, "gris-nuage". Dans la classification de Hübner, ce genre appartient à sa famille des Wolkige ou Nubilae, "Les Nébuleux".

lycaon : nom qui évoque dans la mythologie le roi Lycaon, métamorphosé par Zeus en loup en punition de lui avoir servi en repas de la chair humaine. Chez la femelle de H. lycaon, les deux ocelles noirs pupillés sur fond fauve des ailes supérieures évoquent le regard du loup.

 

—" Le Misis" Engramelle, 1779. Nom de berger dans les pastorales du XVIIIe siècle. Misis rejoint ainsi la série des papillons aux noms de bergers et bergères comme Tircis , Myrtil et Amaryllis. Godart  lui donna en 1822 le nom de "Satyre Eudora", du nom de l'ancien nom spécifique,  Papilio eudora d'Esper. Luquet choisit en 1986 le nom de "Misis" mais cite aussi "le Lycaon" et "le Bioculé" d'un auteur suisse.

 

 

           I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815.

Cette famille comporte (Je suivrai Dupont & al. (2013) ) 8 sous-familles en France :

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833] 
  • Sous-famille des Limenitidinae Butler, 1870
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822 
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • .Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886
  • Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

b) Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

Dupont & al. (2013) s' appuient sur les travaux de PEÑA & al. (2006) pour la systématique des Satyrinae.

 c) Tribu des Satyrini Boisduval, [1833]Les Satyrines ou Satyres


  • Sous-tribu des Parargina Tutt, 1896
  • Sous-tribu des Coenonymphina Tutt, 1896 
  • Sous-tribu des Melanargiina Wheeler, 1903
  • Sous-tribu des 
  • Sous-tribu des Erebiina Tutt, 1896
  • Sous-tribu des Satyrina Boisduval, [1833]

d) Sous-tribu des Maniolina Grote, 1897 :

  • Genre Pyronia Hübner, [1819] 
  • Genre Maniola Schrank, 1801
  • Genre Aphantopus Wallengren, 1853
  • Genre Hyponephele Muschamps, 1915

 

    

2. Nom de genre : Hyponephele Muschamps, 1915.

 

a) Description originale : 

  Muschamp, P. A. H. 1915. The Ci-devant genus Epinephele. The Entomologist's record and journal of variation, 27(7/8): 152-156. page 156 [http://biodiversitylibrary.org/page/8930480]

 — Description : description des genitalia par Muschamp

 

— espèce spécifique : 

   — Ce genre renferme deux espèces en France :

  • Hyponephele lupina (O. Costa, [1836]) le Louvet.
  • Hyponephele lycaon (Rottemburg, 1775) le Misis.

 

 Origine et signification du nom Hyponephele

— Hans A. Hürter (1998) page 166 :

 

Ὑπὀ Hypo : unter unterhalb ; hinunter, hinab in, hinter

  ἡ νεφελεη, ἡς

1. Wolke, Gewölk, Nebel ; Dunkel, Finsternis

2. dichte menge ; Schar ; Schwarm, Haufe 

Deutung.

Wenn man den Begriff « Wolke, bewölkt, umwölkt » auf die Färbung der Flügel bezieht, könnte man Epinephele bewölkten, also dunklen Flügeloberseiten (epi-) zuordnen und Hyponephele bewölkten, also Flügelunterseiten (ὑπὀ). Betrachtet man aber die diesen Gattungen zu gehörigen Arten, (für Epinephele die ManiolaArten) so wird rasch deutlich, daß eine solche rein sprachliche Deutung unzutreffend ist ; dann könnten auch viele andere Gattungen und Arten zu Epinephele und Hyponephele gestellt werden.

 Wahrscheinlich hat Hübner -von der mythologischen Gestalt Nephele ausgehend – eine Wortschöpfung vorgenommen, wie in  anderen Fällen auch. Bei der Aufspaltung der Gattung lag es nahe, an Stelle der Vorsilbe epi- die Vorsilbe hypo- zu setzen, um so einen verwandten Gattungsnamen zu erhalten.

Da Hübner über seine Namensbildungen keine Erläuterung hinterlassen hat, kann nur vermutet werden, was er im Sinne hatte.

               Essai de traduction :

Ὑπὀ (Hypo): sous ci-dessous; vers le bas, vers le bas derrière 

  ἡ νεφελεη, ἡς 

1. nuage, nuages​​, brouillard; Sombre, l'obscurité 

2. Volume dense; foule; Essaim, foule 

Interprétation. 

Si on estime que le terme «nuage, nuageux, nébuleuse» fait référence à la couleur des ailes, on pourrait comprendre le nom Epinephele comme "ailes supérieures (epi) d'aspect nuageux  sombre   et Hyponephele "face inférieure des ailes d'aspect nuageux, au  dessous  (hypo- ὑπὀ). Mais en regardant ces genres appartenant à des espèces (pour Epinephele l'espèce Maniola) il sera rapidement évident qu'une telle interprétation purement linguistique est incorrecte ; de plus, de nombreux autres genres et espèces pourraient être invités à être classées comme  Epinephele et Hyponephele

  Probablement Hübner - à partir d' une figure mythologique Nephele au départ - a fait un néologisme, comme dans d'autres cas. Avec la division du genre, il était naturel de placer le préfixe 'épi-, le préfixe hypo pour définir, de façon à obtenir un nom de genre liées. 

Puisque Hübner n'a laissé  aucune explication sur la formation de son nom, nous ne pouvons que deviner ce qu'il avait en tête.

 

Discussion.

         a) Le Catalogue ou Verzeichniss de Hübner publié entre 1816 et 1821 est divisé en Phalanx, Stirps, Familia et Coitus, ses genres. Le 6ème Coitus de la 4ème Famille (des Nubilae) de la 9ème Stirps  (Orcéades = Satyri des Fabricius) de la 1ère Phalange des Papiliones porte le nom d'Epinephele et se trouve à la page 59. 

Familia D : Wolkige, Nubilae (Nuageux, Nébuleux).

         Die Flügel oben düsterfärbig, unten wolkig angelegt.

"La face supérieure des ailes sombres, la face inférieure "couverte de nuages"."

[...]

6. Epinephelen, Epinephelae. (nuageux au dessus, ou, au dessus des nuées ?)

Die Flügel ober graulichbraun; unten die Schwingen rostgelb, die Senken trübgrau wolkig. "Les ailes supérieures brun grisâtre; rouille jaune sous les ailes, le revers ​​gris-nuage terne.Familia D : Wolkige, Nubilae (Nuageux, Nébuleux)

         Die Flügel oben düsterfärbig, unten wolkig angelegt.

"La face supérieure des ailes sombres, la face inférieure "couverte de nuages"."

 1. Hipparchien, Hipparchiae

2. Minoen, Minoes.

3. Eumeniden, Eumenides

4. Oeneiden, Oeneides, 

5. Pyronien, Pyroniae

6. Epinephelen, Epinephelae. (nuageux au dessus, ou, au dessus des nuées ?)

Die Flügel ober graulichbraun; unten die Schwingen rostgelb, die Senken trübgrau wolkig. "Les ailes supérieures brun grisâtre; rouille jaune sous les ailes, le revers ​​gris-nuage terne.

  •  
    •  
      •  
        • Janira (= jurtina)
        • Eudora (= lycaon)
        • Synclimene (= climene)

b) Dans son article de 1915,  Muschamp part de la constatation que le genre Epinephele est très hétérogène et qu'il contient en réalité plusieures genres ; ce qui va l'amener à créer un nouveau genre. A l'époque où il écrit le genre Epinephele contenait sept espèces, jurtina, nurag, lycaon, narica, tithonus, ida et pasiphaë. Muchamps estime qu'il est temps de fonder la taxonomie de ces espèces sur l'étude de leur genitalia. Celle de lycaon  lui permet de démontrer la différence de cette espèce avec les autres, et notamment avec janira, argument qui justifie de créer un nouveau genre. Il écrit :

Both Familia and Coitus are, naturally enough, purely colour arrangements. The first mentioned Epinephele is janira n°565, and this is followed by eudora, esp. (=lycaon, Rott.), and by synclimene (climene, Esp.). We turn to the 5th Coitus, the Pyroniae, and we find the three butterflies that have been since placed with janira, viz, thithonus, ida, and narica. We have thus a name provided for the tithonus group ; Pyronia tithonus. Pasiphae, Hübner calls it pasyphae (p.60), has its place in the next Familia — the Marmotae [sic]— and belongs to the third Coitus, the Tisiphonae ; now, as tisiphone (our glacialis var. Pluto) has its uncontested place among the Erebiae, we may safely utilize the name Tisiphone for the pasiphae group. I don't think I am wrong in assuming that no author has till now separated lycaon from janira, so there is nothing for it but to find it a new name ; I should propose then, the new generic name Hyponephele. P.A.H.M.           

 

             "[...] Je ne pense pas me tromper en disant qu'aucun auteur n'a déjà séparé lycaon de janira ; par conséquent, il ne reste plus d'autre solution que de créer un nouveau nom ; je propose donc le nouveau nom de genre Hyponephele."

 

   Janira = jurtina restera dans le genre Epinephele Hübner, puis rejoindra le genre Maniola lorsque l'antériorité de Schrank 1801 sera avérée. Il est manifeste dans l'article de Muschamp que son nouveau nom de genre n'est pas choisi selon des critères liès à la signification sémantique de Hyponephele ; pour être plus clair, il ne s'embarrasse pas de savoir quel est le sens étymologique d'Epinephele, mais il en crée une sorte de duplicata en miroir : face à Epi-nephele, il crée Hypo-nephele, à seule fin de fonder un nouveau cadre pour recevoir son lycaon. Si Hübner a — comme je le crois— placé une intention descriptive derrière son Epinephele, ce n'est pas le cas de Muschamp. On comprend donc que le raisonnement développé par Hürter, qui voulait donner une signification commune aux deux noms (ailes supérieures nébuleuses pour Epinephele, et alors donc  ailes inférieures nébuleuses pour Hyponephele, or cela ne fonctionne pas) trouve ici sa limite."



c) L'origine de l'Epinephele de Hübner.

Il me paraît certain que le nom Epinephele ne trouve pas son sens dans les personnages de la mythologie grecque portant le nom de Néphélé (1. l'ancêtre des centaures, une nuée qui s'unit avec Ixion ; 2.Néphélé (épouse d'Athamas), mère de Phrixos et Hellé.), mais du  grec ancien Νεφέλη / Nephélê, de νέφος / néphos, « nuage », en latin Nebula ou Nubes) et qu'il se décompose en épi-, "au dessus" et nephele, "nébuleux". Deux solides arguments sont à notre disposition.

Le premier est le nom de la Famille à laquelle appartient le genre Epinephele :  Familia D : Wolkige, Nubilae (Nuageux, Nébuleux). Nom qui est renforcé par les caractères de cette famille : Die Flügel oben düsterfärbig, unten wolkig angelegt. "La face supérieure des ailes sombres, la face inférieure "couverte de nuages"." Le terme wolkig tapé sur mon clavier fait apparaître cette image :

                                       images?q=tbn:ANd9GcR_oJnN59pcNYlzQrO6KNy

Le second argument, qui renforce le premier, réside dans la description du genre Epinephele lui-même : il s'agit de la reprise de l'adjectif wolfigDie Flügel ober graulichbraun; unten die Schwingen rostgelb, die Senken trübgrau wolkig. "Les ailes supérieures brun grisâtre; jaune-rouille [fauve]  sous les ailes, le revers ​​gris-nuage terne. 

 

On voit que la seconde partie du nom est un adjectif de couleur qualifiant l'aspect gris nébuleux des ailes. Seul la première partie, Epi- est déconcertante si on pense que ce suffixe décrit la face supérieure des ailes. Il ne reste plus qu'à penser autrement, en pensant par exemple aux papillons posés, les ailes repliés ne laissant voir "au dessus" que le gris de leurs ailes. Penser autrement ? C'est ce à quoi je vais m'employer dans ma conclusion. 

© article wikipédia

220px-Hyponephele_lycaon.jpg 

 

Conclusion 

Le nom de genre Hyponephele, du grec hypo-, en dessous" et -nephele, "Nuées" a été créé par Muschamp en 1915 pour accueillir dans un nouveau genre l'espèce lycaon, classé alors dans le genre Epinephele Hübner [1819], du grec epi-, "au dessus" et -nephele : venant s'inscrire après, en dessous, ou en complément de l'ancien genre, il en constitue un sorte d'équivalent ou de double inversé sur le plan sémantique, sans souci de la signification étymologique d'Epinephele qui échappait d'ailleurs peut-être d'ailleurs à Muschamp ou ne le préoccupait pas.

  Jacob Hübner a certainement construit par contre son nom Epinephele, placé lui-même dans la Famille Nebulae (Les Nébuleux) pour qualifier la couleur grise terne du revers des ailes inférieures (worfig = "nuageux" en allemand, adjectif utilisé dans la description de ce revers. Mais au dessus (epi- en grec) de cette couverture nuageuse émerge le pan jaune fauve de l'aile supérieure, comme un ciel radieux ici centré par un cercle noir. (image Wikipédia)

           alt=Description de cette image, également commentée ci-après 220px-Hyponephele_lycaon_downside.jpg


 3.  Nom d'espèce : Hyponephele lycaon (Rottemburg, 1775).


a) Description originale

Papilio lycaon Rottemburg, 1775 :  Rottemburg, S. A. V. 1775. Anmerkungen zu den Hufnagelischen Tabellen der Schmetterlinge. Erste Abtheilung. Der Naturforscher, 6: 1-34, page 17
Pap. Lycaon. Nymphalis Gemmatus.
Dieser Vogel gleicht sehr dem Pap. Iurtina und Ianira Linnaeus (Pap. Pamphilus Hufnagel) auch unterscheiden sich bende Geschlechter auf eben die Arte, wie den jenen. Das Weibchen ist foldendergestalt gezeichnet : die oberflügel sind auf der obern Seite röthlich gelb, wie beym pap. Iurtina, an der Einlenkund dunkelbraun, mit einer breiten dunkelbraunen Einfassung. Sie haben zwei Augen, das eine in der obern Spitze das andre unter diesem im unter Winkel. Diese benden Augen sind schwarz, das obere mit einer weissen Pupille, das untere aber allezeit ohne Pupille ; zuweilen hat auch das odere Auge keine Pupille. Einige haben dicht untern den obern Auge einen kleinen schwarzen Punkt ...etc...

 

 

c)  Localité-type et répartition.

 — Localité-type : environs de Berlin, Allemagne

 Leraut (et Funet, et Hürter) citent comme auteur Kühn, 1774. Le nom lycaon Kühn, 1774 est invalide car le nom de genre Papilio n’est jamais mentionné dans l’ouvrage. Pourtant Rottemburg ne se déclare pas  être l'auteur de ce nom, comme il le fait dans ses autres créations (exemple page 11 "ich nemme ihn pap. Alciphron"). 

 — Selon Dupont & al. 2013 Tshikolovets retient deux sous-espèces

  • nikokles Fruhstorfer, 1909. Localité-type  : Simplon, Suisse. Ce taxon est présent en France (Massif-Central et sud-est),  en Suisse, dans le nord de l’Italie, le sud de l’Allemagne et l’ouest de  l’Autriche
  •  macrophthalma Fruhstorfer, 1909. Localité-type : Castille, Espagne. Ce taxon est présent en France dans les Pyrénées-Orientales.

 — Selon Dupont & al. 2013, cette espèce est présente de la péninsule Ibérique à la Transbaïkalie. Elle est aussi présente en Anatolie. Les chenilles se nourrissent sur diverses Poaceae. 

— description Wikipédia : "Le Misis est un papillon de taille moyenne au verso de couleur marron clair mordoré avec chez le mâle une bande androcomiale étroite et interrompue par les nervures et un seul ocelle à l'apex peu visible et chez la femelle une large bande marginale plus claire portant aux antérieures deux ocelles foncés cerclés de clair.

Le revers des antérieures est orangé bordé de brun avec un ocelle chez le mâle, deux chez la femelle et des postérieures de couleur variable, grisâtre, brun grisâtre ou blanchâtre."

 

c) Synonymes  INPN (Muséum) et sous-espèces.

Liste des synonymes :

  • Epinephele lycaon macrophthalma Fruhstorfer, 1909 :  Fruhstorfer, H. (von) 1909. Neue Palaearkten.Internationale entomologische Zeitschrift, 3(21): 117-121, page 120.

  • Epinephele lycaon nikokles Fruhstorfer, 1909 : Fruhstorfer, H. (von) 1909. Neue Palaearkten.Internationale entomologische Zeitschrift, 3(21): 117-121 page 120.

  • Hyponephele lycaon macrophthalma (Fruhstorfer, 1909)

  • Hyponephele lycaon nikokles (Fruhstorfer, 1909)

  • Hyponephele lycaon (Kühn, 1774)

  • Papilio lycaon Rottemburg, 1775

 

Sous-espèces : 

 — Selon Dupont & al. 2013 Tshikolovets retient deux sous-espèces

  • nikokles Fruhstorfer, 1909. Localité-type  : Simplon, Suisse. Ce taxon est présent en France (Massif-Central et sud-est),  en Suisse, dans le nord de l’Italie, le sud de l’Allemagne et l’ouest de  l’Autriche
  •  macrophthalma Fruhstorfer, 1909. Localité-type : Castille, Espagne. Ce taxon est présent en France dans les Pyrénées-Orientales.

 

c) Origine et signification du nom : 

        

 Les interprétations des étymologistes :

— Gustav Ramann (1870-1876), page 98 :

war ein König in Arcadien, welcher Menschen schlachtete und seinen Gästen vorsetzte. Als er den bei ihm eingekehrten Jupiter (Zeus), "ebenfalls schlachten wollte, wurde er von diesem in einen Wolf verwandelt"

— L. Glaser (1887) page 130 :

König in Arkadien

 — Anton Spannert (1888), page 49 :

ein König von Arkadien, der von Zeus seiner Frevelthaten wegen in einen Wolf verwandelt wurde

— Arnold Spuler ( 1908) 1 page 45 :

König von Arkadien, von Zeus in einer Wolf verwandelt.

— Hans-A. Hürter (1998) page 169: 

Cet auteur détaille les 3 personnages mythologiques connus sous le nom de Lycaon avant de conclure :

Deutung. Lycaon 2, der vater des Pandaros, war nicht so bekannt, daß ihn der Erstbeschreiber Kuehn 1774 bei der Namensgebung im Sinn hatte; Lycaon 1, der Sohn des Priamos, könnte es schon eher gewesen sein, er war ja auch Bruder des Polydoros, nach dem Staudinger 64 polydorus benannte.

Vieles spricht dafür, daß Kuehn den Lycaon 3, König von Arkadien, meinte, der von antiken Schriftstellern am häufigsten beschrieben wurde. So sehen es auch Spuler und Ramann. Bemerkenswert sind seine Töchter Dia und Helike, ferner sein Enkel Arkas. Nach ihnen sind ebenfalls Tagfalter benannt.

 

 

 

Discussion : 

        Il ne me paraît pas crucial pour l'étude de la manière dont les naturalistes ont nommé les espèces de papillons de s'étendre sur des débats mythologiques. Ce qui est évident, c'est que, pour Kuhn (l'auteur vraisemblable de ce nom) comme pour Rottemburg qui en donna la première publication valide, le nom de Lycaon évoque un personnage mythologique transformé en loup. Le plus connu étant le roi d'Arcadie, je retiens ce fils de Pélasgos et de Mélibée, et le récit du premier Livre des Métamorphoses d'Ovide (v.209-240)  selon lequel Lycaon  avait, par impiété et bravade, servi comme repas à Jupiter transformé en mendiant  les membres d'un jeune otage qu'il avait égorgé. Pour le punir, Jupiter le transforma en loup, ce qui est conforme à l'origine de son nom (du grec ancien Λυκάων : "loup" / Lykáôn). Ce nom ne nécessite pas de connaître les détails d'une légende assez complexe pour renvoyer, dans la culture européenne, au  motif du « loup-garou » et de la lycanthropie, récurrent dans le folklore universel.

 Bien que je répugne à interpréter —du moins chez Linné— les noms propres des espèces en relation avec des caractéristiques descriptives de celles-ci, je me permets de remarquer que, dans la description originale, les deux yeux noirs éclairés par une pupille claire m'évoque (et aurait pu évoquer à l'auteur) des yeux de loup.

 

              II. Noms vernaculaires.

 

 

 

 

I. Les Noms français. 

 

 

 

1. Le Misis,  Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1  page 127 n°55 Planche XXVIII fig. 55 a-b dessinée par  J.J Ernst et gravée par Juillet.  

— référence : Esper tome I tab. 45 Supp. 21 fig. 1 page 374.

a)  Mysis est un personnage  d'une comédie de Térence ( 190- 159 avant Jésus-Christ) , l'Andrienne  : Mysis y est la servante de la jeune Glycère.

b) Misis ou Mysis est un nom de berger dans de nombreuses pastorales du XVIIIe siècle. Juste avant la parution des Papillons d'Europe (1779) le nom apparaît dans une multitude d'ouvrages. Ainsi, "Mysis et Glaucé: poème en trois chants", traduit du grec par l''Abbé Seran de La Tour en 1748. Ou le "Misis et Glaucé" de M. de Chenevières, et que celui-ci avait adressé à Voltaire : ce dernier y fait allusion dans la lettre 112 de sa Correspondance, en 1756.  En 1777, Jean-Jacques Rousseau donne, dans les "Extraits divers de divers auteurs" Le Prix de la Constance " tiré de tous les Opéras de Quinault, et où les personnages sont Misis, Eglé (aimée de Misis), Tircis (tiens!), et le chœur de Bergers et de bergères. on y trouve ces vers admirables : 

— Misis :J'aimerai toujours ma bergère.

— Églé : J'aimerai toujours mon berger.

— Misis : Mon amour est sincère. J'aimerai toujours ma bergère.

— Églé : Mon cœur ne peut changer. J'aimerai toujours mon berger.

Dans les Œuvres Complètes du cardinal de Bernis de 1767  Mysis apparaît dans la Romance Amours infortunés de Mysis et Zara alors qu'il est aimé d'Églé dans le Poème Les Quatre Saisons.

Dans les Lettres Athéniennes de Crébillon Fils (1771), Mysis est "une vile courtisane".  Jean-François Marmontel est l'auteur d'un Mysis et Délie de 1743.  Blin de Sainmore écrit un dialogue entre deux bergers, Daphnis et Misis ; le berger Floridan prend le masque de Misis dans un Ballet héroïque de 1773 ; etc...

Dans l'ouvrage d'Engramelle, le Misis succède à l'Amarillis (nom d'une bergère des Bucoliques de Virgile) et au Mirtil (nom d'un berger des Bucoliques) ; il précède Procris et Céphale (couple de la mythologie), puis le Daphnis (berger des Bucoliques), et le Moelibée (idem). Il est donc tout à fait logique que, dans une telle compagnie pastorale, ce soit le berger Misis, et non la servante Mysis de Térence, qui soit deviné sous le nom de ce papillon, dans une série débutée par Geoffroy dans son Histoire des insectes de 1762. 

 

3. Satyre Eudora, Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 541 n° 164.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

 

4. Satyre Eudora  Godart 1822.

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1822 , Diurnes seconde partie, Départements méridionaux page 128  n° XLVIII

Planche XVIII  fig. 1-2 (mâle) et 3 (femelle) dessinée par Dumenil et gravée par Lanvin.

 


XLVIII SATYRE EUDORA

Papilio Eudora (Fab. Hübn., Illig. Ochen.)

Papilio Janirula et Papilio Eudora (Esp.)

Le Misis (Engram.)

Le dessus des deux sexes est d'un brun clair et un peu chatoyant, avec un point noir vis-à-vis du sommet des ailes supérieures du mâle, et deux points semblables mais plus gros et alignés sur une bande fauve à l'extrémité des ailes supérieures de la femelle. le mâle a en outre vers le milieu du bord interne des dites ailes une raie noirâtre oblique en épi ou formés par des poils divergents.

Le dessous des premières ailes est fauve, avec le pourtour brun et deux yeux noirs à prunelle blanche dans la femelle, un seul œil dans le mâle. Le dessous des secondes ailes est d'un cendré brunâtre, avec une bande plus pâle dépourvue nde taches, et se faisant plus ou moins sentir sur la surface opposée.

 


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5. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

  Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet proposait comme nom principal "Le Misis" et admet en nom accessoire Le Lycaon" cité par M. Devarenne en 1983 et "Le Bioculé" cité par Rappaz en 1979.


 

6.  Noms vernaculaires contemporains :

 

 

— Lafranchis, 2000 : "Le Lycaon, Le Misis" .

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Misis".

— Wikipédia : "La Lycaon, ou Misis, ou Bioculé ".

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  • "Kleines Ochsenauge" en allemand
  • "Grauw  zandoogje" en néerlandais
  • "Idänhäränsilmä" en finnois

               

 

 

 

        Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : Hyponephele

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Hyponephele lycaon

— UK Butterflies : non décrit

— lepiforum :  Hyponephele lycaon

— site remarquable :  Mapování a ochrana motýlů České republiky

  http://www.lepidoptera.cz/motyli/index.php?s=motyli&id=170

— Site de l'Association Rousillonaise d'Entomologie :  qui interdit un lien direct. Suivre donc accueil ->Lepidoptera ->etc...  ;  http://r.a.r.e.free.fr/ :  

 

 

 

                 I.  Zoonymie des lépidoptères :

ARRIZABALAGA (Antoni ) & al. 2012   "Proposta de noms comuns per a les papallones diürnes (ropalòcers) catalanes",  Butll. Soc. Cat. Lep., 103: 5-28. En ligne 

http://www.museugranollersciencies.org/uploads/arrizabalaga-et-al-butlleti-103.pdf 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

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— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

 

— WESTWOOD (J O) & HUMPHREYS (Henry Noël),1841. British butterflies and their transformations, William Smith : London  BHL

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— WILKES (Benjamin), 1747-49 The english moths and butterflies, etc... London : printed for the author  Books.Goggle

— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) 2012 A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.


 

                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

Mythologie Grecque : Myth Index http://www.mythindex.com/greek-mythology/Names-E.html

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

Albin :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN477852769

Billberg http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

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Boisduval 1832 Icones I http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k441589r

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Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Cramer  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/43777#/summary

Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

Denis et Schiffermüller : http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN574458115&IDDOC=441200

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Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

Fourcroy voir Geoffroy.

Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

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Geoffroy latin par Fourcroy :  http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

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Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

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Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

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Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

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Hübner  Verzeichniß [1819] :https://archive.org/stream/verzeichnissbeka00hb#page/n7/mode/2up

ICZN F. Hemmings    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/50753#/summary

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Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

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Linné, Species Plantarum http://www.biodiversitylibrary.org/item/13829#page/1/mode/1up

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Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

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Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Philatélie : http://www.lepi-phila.eu/species.php

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

Tutt vol.1 1906 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof08tutt#page/n8/mode/1up

Tutt vol.2 1908 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof09tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v3 1909 :http://archive.org/stream/naturalhistoryof10tutt#page/n4/mode/1up

Tutt v4 1914 : http://archive.org/stream/naturalhistoryof04tut#page/n4/mode/1up

 

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 12:36

        Zoonymie des 49 noms de genre de Lépidoptères créés par Fabricius en 1807.

 

Comme pour l'article sur les noms de genre de Hübner, il s'agit ici d'un document de travail destiné à éclairer mon étude des noms de papillon, et que je partage en ligne. "Work in process !"

La classification des Lépidoptères par Hübner [1819].

Noms des Papillons diurnes (rhopalocères) créés par Linné dans le Systema Naturae de 1758.

 

 https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Fabricius, dans sa présentation du Systema glossatorum ( déjà cité, in Zeitung für Literatur und Kunst in den Königl . Dänischen Staaten [ Kiel ] , Septembre 11 1807, p. 83), donne des indications précieuses sur ses régles d'attribution des noms : il écrit qu'il est en train de changer un certain nombre de nom donnés par Linné car il souhaite faire apparaître le nom de la plante hôte. Il ajoute : "Les noms de genre ne posent pas de problèmes importants, il faut seulement éviter qu'ils soient trop longs, et qu'ils ne soient pas déplaisants à l'oreille. Pour les papillons de jour, j'ai choisi différents épithètes [cognomina] de Vénus, et pour les papillons de nuit, ceux de Diane. Ils semblent être les plus appropriés. Leurs homologues grecs [qualificatifs d'Aphrodite ou d'Artémis] ont tendance à être durs, longs et désagréables."

  Effectivement, parmi les 49 noms de genre choisis par Fabricius, 18 (en gras) sont des épithètes connus de Vénus/Aphrodite ;

1. Urania épithète de Vénus Ourania : « amour celeste »

2. Amathusia : épithète de Vénus  de la ville d'Amathus, à Chypre

3. Papilio

4. Zelima Nom de plusieurs héroïnes orientales de Contes et Comédies du XVIIIe ; soit bergère, soit sultane ou princesse, mais toujours charmante.

5. Morpho : épithète de Vénus : (aux belles formes, aux formes changeantes)

6. Cethosia. Cethosis Ramses, roi d'egypte ?

7.Castnia : épithète de Vénus  : du Mont kastion, en Pamphylie

8.Eupolea (euploea) épithète de Vénus  : de l'heureuse navigation

9.Apatura : épithète de Vénus : Aphrodite apatouria ou apatouros, « la décevante»

10 Limenitis. épithète de Vénus : des ports

11. Cynthia : épithète de Diane/Artémis  née sur le mont Kynthe, mais peut désigner aussi la courtisane vénusienne des Élégies de Properce.  Étymologiquement, Cynthia vient du mot grec kynthios signifiant « qui vient du Kynthos ». En effet en Grèce, sur l'île de Délos, se trouve le mont Kynthos, lieu mythique où seraient nés la déesse Artémis et son frèreApollon. De ce fait, Artémis est parfois appelée Cynthia1.

 

12. Vanessa. Du nom de l'héroïne d'un conte de Swift.

13. Biblis : Ovide, métamorphoses IX 446-665 : Biblis et Caunus, nés de Milètos et de la nymphe Cyanée : Biblis éprouve pour son frère "une flamme criminelle" et tente de le séduire mais Caunus restant de marbre, Biblis qui ne tarit pas de pleurs se transforme en fontaine. http://en.wikipedia.org/wiki/Byblis

14. Hipparchia de Maronée (Thrace) : sœur du philosophe cynique grec Métrocles, elle tombe amoureuse du philosophe Cratès de Thèbes malgré sa laideur :

Elle refuse les prétendants les plus riches et menace de se suicider si ses parents ne lui permettent pas de l'épouser. Ces derniers acceptent de le rencontrer. Cratès se déshabille devant eux, en adressant ce discours à Hipparchia : « Voilà ton fiancé et tout son avoir, décide-toi en conséquence, car tu ne saurais être ma compagne à moins d'adopter aussi mes habitudes de vie » Hipparchia n'hésite pas : elle conclut avec Cratès un mariage de chien (ϰυνογαμίαν)  (Diogène Laërce)

15. Neptis : neptis Veneris, Ov. M. 4, 530 : la petite-fille de Vénus (= Ino) / Ou Nephthys déesse égyptienne assimilée à Vénus.

16. Brassolis : jeune-fille d'un poème d'Ossian, amoureuse de Grudar  :

"Le farouche Cairbar vint à la vallée où Brassolis, la plus belle de ses sœurs, chantait, solitaire, le chant de la tristesse." : il lui confie son bouclier taché de sang : c'est celui de Grudar. Elle s'élance vers le bléssé et meurt avec lui. De leurs tombes naissent deux ifs solitaires qui tentent d'unir leur feuillage "Brassolis était la beauté de la plaine, et Grudar  l'ornement de la colline".

https://www.yumpu.com/fr/document/view/16691526/ossian-barde-du-iiie-sile-poes-gaiques/47

 

17. Paphia épithète de Vénus.  de Paphios, à Chypre.

18. Melanitis épithète de Vénus. (de la nuit)

19. Argynnis épithète de Vénus  : Venus argennis, d'Argennus, favorite d'Agamemnon.

20. Thaïs : courtisane célèbre dévouée à la déesse Vénus.

21. Idea : épithète de Vénus   Mont Ida, lieu de naissance de Zeus.

22. Doritis : épithète de Vénus  Vénus doritis, "la bienfaitrice" qui avait selon Pausanias son temple à Cnide

23. Pontia : épithète de Vénus  :  de la mer profonde

24. Colias : épithète de Vénus  :du temple de Colias, en Attique

25. Haetera ; épithète de Vénus  : Hétaïra, protectrice des courtisanes. 

26. Acraea : épithète de Vénus  :Protectrice des acropoles et des lieux élévés.

27. Mechanitis : épithète de Vénus  : l'ingénieuse à ourdir des ruses, son surnom à Megalopolis.

28. Libythea : De Libye + -thea, "déesse" : Io et son fils Epaphos ? La fille d'Epaphos ?

Ou Libye et Io, deux princesses ?

  • in Linné-Gmelin-Bergman (Rudolstadt) 1789 page 2262 Danaus n°394; cité par Donovan 1800 http://books.google.fr/books?id=9sxcAAAAcAAJ&pg=PT194&dq=28.+Libythea+:&hl=fr&sa=X&ei=

1848VPXCJITCObapgIAF&ved=0CCIQ6AEwAA#v=o

nepage&q=28.%20Libythea%20%3A&f=false

Cité par Thomas Pennant, ‎Johann Reinhold Forster, ‎John Aikin - 1790 - ‎Lire - ‎Autres éditions

Cité par Glossata VI Sesies insectorum de Fabricius page 41 pour une espèce d'Inde

http://books.google.fr/books?id=BXd81HIuTAwC&pg=PA69&lpg=PA69&dq=io+libyenne&source=bl&ots=

uS7zpkJGsF&sig=EaLQbjeoCAiGTRdgv2Z323dccCs&hl=fr&sa=X&ei=xtI8VO-bOIjMPc_BgKgF&ved=0CEQQ6AEwBg#v=onepage&q=io%20libyenne&f=false

Arès et d'Aphrodite, et de Cadmos, fils de Libye et de Poséidon.

Dans la mythologie grecque, Épaphos est le fils de Zeus et d'Io.

Il est enlevé après sa naissance par la jalouse Héra, et livré aux Curètes mais Zeus, irrité, tue ses gardiens et le délivre.

Devenu grand, Épaphos a une querelle avec Phaéton, prétendant que celui-ci n'est pas fils du Soleil comme il s'en vante ; c'est là l'origine du malheur de Phaéton.

Il devient roi d'Égypte et épouse Memphis, fille du Nil, en l'honneur de laquelle il fonde la ville de Memphis et de qui il a une fille, Libye.

29. Melitaea (Melinaea?)

30. Helicopis :"qui oculi volubiles"  Pierre Chompré - 1754 - Helicops , pis: fille qui séduit par des œillades , qui sourcille.

31. Hesperia

32. Lycaena

33. Erycina : épithète de Vénus  :  du mont Erix, en Sicile.

34. Myrina :peut désigner Myrina, reine des Amazones ; Myrina fille de Créthée, épouse de Thoas ; Myrina fille de Teucros, épouse de Dardanos

35. Thecla

36. Nymphidium : épithète de Vénus  : (des mariages)

37. Danis 

38. Emesis Erreur pour Nemesis ?

39. Thymele : autel de sacrifice pour Dionysos dans les théatres grecs anciens C'était sur le Thymélé que se faisaient les danses, et qu'on chantait les chœurs. OU  THYMÉLÉ (Θυμέλη). Musicienne, ou mime ou actrice, et poétesse célèbre du temps de. Domitien, dont elle semble avoir été la favorite, / Baladine courtisane de Dormitien.

 

40. Helias :  Issu du grec ancien : Ἡλίας ou Ἠλίας, c'est la version grecque du prénom biblique Élie.   Ou : forme féminine d'Helios, personnification deu soleil dans la mythologie grecque : "Fille du soleil" :

Dans la mythologie grecque, les Héliades ou Helias, filles d'Hélios et de Clymène, sont les sœurs de Phaéton. À la mort de celui-ci, elles se montrèrent inconsolables, le pleurant sans cesse, de sorte que leurs larmes se solidifièrent en ambre et qu'elles-mêmes se changèrent en peupliers. Leur nombre et leurs noms varient selon les auteurs ; on peut citer : Astris, Dioxippe, Églé, Éthérie, Hélia, Mérope et Phœbé, voire parfois Lampétie et Phaéthuse. Voir Apollonios de Rhodes, Argonautiques  (IV) :Hygin, Fables  (CLIV) ; Ovide, Métamorphoses (II, 340 et suiv.).

 

41. Pamphila : Pamphila (Παμφίλη) d'Epidaure  était une historienne de grande réputation qui vécut sous le règne de Néron.  Mentionnée par la Scuda, par Aulugelle, par Diogène Laërce et par Photius. Son oeuvre principale est ἱστορικὰ ὑπομνήματα, ou Commentaires historiques   

 

42. Laothoë : Dans la  mythologie grecque, Laothoe (Λαοθόη) peut se référer aux femmes suivantes: 

  • Laothoe, une épouse de Priam, roi de Troie, et la mère de Lycaon et Polydore. Son père était Altes, roi des Leleges.  
  • Laothoe, l'une des filles de Thespius et de Megamede. Elle donna à Héraclès, un fils  Antiphos.  
  • Laothoe, mère de Thestor par Idmon. 
  • Laothoe, femme du vieux troyen Clytius. 
  • Laothoe, fille de Menetus, possible mère de l'Argonaute (Eurytus) et d' Échion par Hermès.  
  • Laothoe, épouse de Porthaon, mère de Stéropé, Stratonice et Eurythemiste.

43 : Sphinx : figure féminine de la mythologie (la Sphinge) :  la fille de Typhon (ou d'Orthos) et d'Échidna. Elle est représentée avec un buste de femme, un corps de chat et des ailes d'oiseau.

 

44 : Sesia. Rivière du Milanais, qui se jette dans le Pô

45 : Aegeria : Egérie ; réemploi de Papilio aegeria Denis et Schiffermüller 1775. Nymphe des sources, que Numa Pompilius épousa et qui le conseilla dans son gouvernement.

46 : Amata : reine du Latium dans le Livre XII de    Éneide de Virgile XII.593-613.

Amata est, dans la mythologie romaine, l’épouse du roi du Latium Latinus, fils de Faunus, petit-fils de Picus et par ce dernier arrière-petit-fils de Saturne, et la mère de Lavinia. Elle a tout d’abord donné le jour à un fils, qui meurt en bas-âge, puis à une fille, Lavinie ou Lavinia. Elle souhaite fiancer sa fille Lavinie à son neveu Turnus, roi des Rutules, avant l’arrivée des Troyens. Mais les oracles en décident autrement, malgré son opposition de la voir se marier avec Énée, mais son mari Latinus célèbre le mariage. Amata pousse alors Turnus à déclarer la guerre à Énée. Pendant cette guerre, croyant Turnus mort au combat et se trouvant responsable du désastre, elle se suicide de désespoir.

47 : Zygaena

48: Glaucopis : Surnom ou épithète de Pallas Athénée (Minerve). Les Grecs ont donné à cette Déesse le surnom de Glaucopis, et les Latin celui de Cesia,, parce qu'elle avait les yeux pers, de couleur perse, c'est-à-dire, d'un bleu tirant sur le vert *, car , selon l'Académie. Françoise, la couleur 'perse est entre le vert et le bleu.

 49 : Procris. Fille d'Eréchtée à la beauté remarquable, aimée de Céphale mais dont le couple est déchiré par la jalousie.

 Sur les épithètes d'Aphrodite, voir : http://www.theoi.com/Cult/AphroditeTitles.html

 

Conclusion : 

Sur les 49 noms de genre créés par Fabricius en 1807, 18 sont des épithètes avérées de Vénus / Aphrodite. On trouve une épithète de Diane (Cynthia) et une épithète de Minerve (Glaucopis). Une vingtaine d'autres noms correspondent à des femmes célèbres, le plus souvent par leurs amours : beaucoup renvoient donc indirectement à Vénus. 27 noms se terminent par -a ou -ia évoquant une forme féminine, et l'immense majorité (ou la totalité) des noms sont féminins. Ils renvoient majoritairement à des personnages féminins mythologiques ou légendaires, ou de la littérature.

 

 

Byblis et Caunus, Laurent Delvaux 1734


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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 12:03

La classification des Lépidoptères par Jacob Hübner [1819]

Note à usage personnel pour me permettre de comprendre comment Hübner crée ses noms de genre. Je l'améliorerai peu à peu, mais je le mets en ligne pour contribuer à la connaissance de ce travail pour les francophones.

https://archive.org/stream/verzeichnissbeka00hb#page/n0/mode/2up

http://www.biodiversitylibrary.org/creator/9722#/titles

http://www.sciencemag.org/content/66/1696/4.extract

260px-PortraitHuebner.jpg

 

      Titre de la publication originale : 

Verzeichniß bekannter des Schmettlinge 

versaßt von Jacob Hübner

Augsburg bey der verfasser zu finden 1816.

 

Plan général.

Hübner répartit ses lépidoptères en neuf Phalanges (rang qui rappelle le terme utilisé par Linné pour diviser ses Papilio). Chaque phalange est elle-même divisée en Tribus, les Tribus en Stirps, les Stirps en Familia et les Familia en Coitus.

Le texte est écrit en allemand mais la systématique est donnée en allemand et en latin. L'ensemble prend ainsi le nom de SCHMETTLINGE (sic) LEPIDOPTERA.

Les rangs sont :

  • Horde / Phalanx équivalent à nos Sous-Ordres
  • Rotte / Tribus équivalent à nos Super-familles
  • Stamm / Stirps équivalent à nos Familles
  • Familie / Familia équivalent à nos Sous-familles
  • Berein / Coitus. équivalent à nos Genres.

[note : A - coitus, a, um : part. passé de coeo, coire, coivi (coii), coitum : - intr. - 1 - (en parl. des pers.) aller ensemble, se réunir, se rencontrer. - 2 -  s'accorder, se joindre, s’unir, faire alliance, s'allier, se liguer, convenir de. - 3 - combattre, en venir aux mains. - 4 - s'unir, s'accoupler. - 5 - se rapprocher, faire corps, se condenser, se réunir (en parl. de ch.).

 B -coitus, us, m. : - 1 - action de se joindre, de se réunir, réunion, rapprochement. - 2 - union charnelle, accouplement. ]

 

PHALANX I : FALTER, PAPILIONES.

  • TRIBU I :  Nymphalen / Nymphales : 9 Stirps.
  • TRIBU II : Gentiles  : 6 Stirps.

PHALANX II : SPHINX.

  • TRIBU I : Papilionides
  • TRIBU II : Hymenopteroides
  • TRIBU III : Legitimae

PHALANX III : PHALAENAE (BOMBYCES in Tentamen)

  • TRIBU I : Sphingidoides
  • TRIBU II : Verae
  • TRIBU III : Fodicantes

PHALANX IV : NOCTUAE

  • TRIBU I : Bombycoides
  • TRIBU II : 
  • TRIBU III : Semigeometrae

PHALANX V : GEOMETRAE

  • TRIBU I : Amplae
  • TRIBU II : Tenues
  • TRIBU III : Aequivocae

PHALANX VI : PYRALIDES

  • TRIBU I : Geometrices
  • TRIBU II : Vulgares
  • TRIBU III : Difformes

PHALANX VII : TORTRICES

  • TRIBU I : Lascivae
  • TRIBU II : Pigrae

PHALANX VIII : TINEAE

  • TRIBU I : Certae
  • TRIBU II : Incertae
  • TRIBU III : Mirabiles

PHALANX IX : ALUCITAE

  • TRIBU I : Indubidatae

 

La classification de Hübner pour les rhopalocères.

Je détaille la première Phalange, celles des Papiliones, nos rhopalocères..

PHALANX I : FALTER, PAPILIONES.

TRIBU I :  Nymphalen / Nymphales : 9 Stirps.

1er Stirps : Nereides.

Nymphes marines filles de Nérée

Familia A : Vitraea.

1. Hymenites.

2. Ithomiae.

3. Eleriae.

4. Thyridiae.

5. Aeriae.

6. Ceratinae.

Familia B : Fulvae.

1. Saides.

2. Dismorphiae.

3. Mechanitae.

4. Eveides
5. Melinaeae

Familia C : Festivae.

1. Migonites

2. Suniades.

3. Apostraphiae.

Familia D : Caeruleae.

1. Sycioniae.

2. Ajantes. 

2ème Stirps : Limnades.

Dans la mythologie grecque, les limnades — ou encore lyumnades, lymnades ou limnatides — étaient des nymphes des lacs.

Ces dernières étaient capables de lire dans les âmes des hommes et prenaient la forme d’être aimé pour les dévorer. Ces personnages, nymphes des eaux stagnantes, se nourrissant d’ambroisie, avaient le pouvoir de rester toujours belles et jeunes.

Bien qu’occupant un rang inférieur dans la hiérarchie divine, elles étaient cependant admises dans l’Olympe et étaient vénérées par les mortels.

Il existe deux types de limnades :

 

  • les Astacides ;

  • les Limnées. (W)

 

Familia A : Thalasssicae.

1. Amaures.

2. Hestiae.

Familia B : Ferrugineae.

1. Euploeae.

2. Anosiae.

Familia C : Mutabiles.

1. Trepsichroes

2. Crastiae

3. Salpinges.

2. Didones.

 

3ème Stirps : Napaeae page 17 (Rurales L. et Fab.).

Les Nappées sont les nymphes des fleurs et des vallées.

Familia A : Gemeine ["commun"], Frequentes.

1. Euribyen, Euribiae [Dans la mythologie grecque , Euribia (en grec ancien  «la grande violence» par εὐρύς Eurus , «grand», «large» et βία Bia , «force», «violence») est un Pontide , fille de Gaïa (la Terre) et  de Pontus (la mer). Divinité mineure de la mer primordiale (avec Nereo , Taumante , Phorcys et Ceto ) , sous le règne de Poséidon . Apollodore , Bibliothèque mythologique et Hésiode, Théogonie]

2. Hamanumiden, Hamanumidae. [Grec Hama = ensemble. En latin Numidia, en grec nomadia (Νομαδια), nom évoquant le pays des nomados (νομαδος) qui changent de pâturage ; c'est-à-dire les nomades.]

3. Polystichten, Polystichtes [cf Fougère Polystichum : des mots grecs polys, beaucoup et stichos, rangée]

4. Synargen, Synarges 

5. Echenaien, Echenaides. [Echenaï, ou Echenaïde nymphe de Sicile tombée amoureuse de Daphnis, fils de Hermés et qui lui interdit d'aimer une autre femme sous peine de tomber aveugle . Il finit par céder aux demandes d'une princesse sicilienne qui l'enivra : Théocrite  Idylle]

6. Hamearien, Hamearides. [ Du grec Hama "ensemble", "en même temps", et  de êr ou ear, "printemps" ?] 

7. Aphaciten, Aphacites. [épithète d'Aphrodite]

 

 

 

Familia B : Zartlich, Subtiles.

1. Thysonoten Thysonotes.

2 Peplien, Pepliae.

3. Mesosemien, Mesosemiae.

4. Chariden, Charides

5. Bäoten, Baeotes.

6. Emesis, Emeses.

 

 

Familia C : Paradiesiche, Paradiseae.

1. Erycinen, Erycinae

2.  Helicopen, Helicopes

3. Hexuropteren, Hexuropterides.

4. Ancyluren, Ancylures.

5. Syrmatien, Syrmatiae

 

Familia D : Glänzende, Nitidae.

1. Lycänen, Lycaenae.

2. Euselasien, Euselasiae.

3. Erythien, Erythiae.

4. Anatolen, Anatoles

5. Thisben, Thisbae.

6. Pandemonen, Pandemones.

 

Familia E : Gröbliche, Agrestes.

1. Hesperien, Hesperiae.

2. Melaniden, Melanides.

3. Synmachien, Synmachiae.

4. Hyphilarien, Hyphilariae

 

 

 

4ème Stirps : Lemoniades. page 26 (Phalerati L., Satyri Fab.)

Nymphes des plaines et des prairies.

 

5ème Stirps : Dryades. page 29 (Phalerati L., Satyri Fab.).

 Les dryades nom issu du grec ancien Δρυάδες / druádes, de δρῦς / drũs, qui signifie « chêne » sont, dans la mythologie grecque, trois nymphes, des déesses mineures liées aux chênes en particulier, et aux arbres en général. Le nom de dryades fut plus tard utilisé pour désigner les figures divines présidant au culte des arbres et de la forêt. Elles sont généralement considérées comme des créatures très timides qui se montrent rarement, sauf à la déesse Artémis qui est réputée être l'amie de la plupart des nymphes.  (W)

 

Familia A : Reticulatae

1. Phiciodae

2. Brenthides.

Familia B : Phaleratae. 

1. Argynnides : du genre de Fabricius Argynnis, épiclèse d'Aphrodite.

2. Issoria : épiclèse d'Artémis

3. Acidaliae : épiclèse d'Aphrodite.

4. Dionae : de Dioné, mère d'Aphrodite.

5. Colaenes : épiclèse d'Artémis en Attique selon Pausanias I, 31 : "Quant à Colaenis, qu'on adore à Myrrhinonte, je crois qu'elle a pris son nom de Kolônos". 

6. Argyronomae : voir le nom d'espèce Plébejus argyrognomon. "Celui qui éprouve l'argent", ou bien "Nom de la philosophie hermétique, argyronomie, autre nom de la pierre philosophale ou sel argentifique". Nom interprété comme arguros, "argent" et gnomon, "cadran solaire" en rapport avec la disposition des taches argentées des ailes.

 

6ème Stirps : Hamadryades page 32. (Nymphales L. et Fab.)

 

Dans la mythologie grecque, les hamadryades (en grec ancien Ἁμαδρυάδες / Hamadryádes) ou adryades (en grec ancien Ἀδρυάδες / Adryádes) sont des nymphes des arbres. Elles sont comparables aux dryades, sauf qu’elles sont liées à un seul arbre, et meurent avec lui s’il est abattu.(Wikip)  Empr. au lat. imp. hamadryas, -adis «  nymphe des bois  » lui-même du grec  α ̔ μ α δ ρ υ α ́ ς, -α ́ δ ο ς   (< α ́ μ α « ensemble » et δ ρ υ ̃ ς « arbre, en partic. chêne ») « nymphe dont la vie est liée à celle d'un arbre ». (CNRTL). Au nombre de huit, elles habitaient le mont d'Oita au Phthiotide. Elles envoutaient les humains et non-humains d'un regard.

 Familia A :  Decorae

1. Vanessae

2. Pyrameides

Familia B : Simplices

1. Preces

2. Anarteae

3. Temenes

4. Junionae

5. Alcyoneides

Familia C : Fallaces

1. Apaturae. épiclèse d'Aphrodyte.

2. Historides.

Familia D :  Angulatae.

1. Athenae

2. Polygoniae.

3. Eugoniae.

4. Inaches. 

5. Elymniades.

6. Araschniae. 

 

 

7ème Stirps : Najades. page 36 (Nymphales L. et Fab.)

Dans la mythologie grecque, les naïades (du grec Ναιάδες / Naiádes ou Ναίδες / Naídes ou Νάιτιδες / Náitides de νάειν / náein, « couler ») étaient des nymphes aquatiques qui vivent dans les eaux douces, en particulier les rivières, les sources, les fontaines, etc. (W)

 

Familia A Modestae.

1. Jaerae

2. Callianirae

3. Partheni

Familia B. Alacres.

1. Cymothae

2. Euxanthae

3 Panopeae.

4. Euphaedrae

5. Symphaedrae.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

8ème Stirps Potamiden, Potamides. Equites de Linné, Nymphales de Fabricius.

http://www.archive.org/stream/verzeichnissbeka00hb#page/n53/mode/1up

Dans la mythologie grecque, les potamides sont des nymphes aquatiques principalement attachées aux fleuves et rivières.  

Familia A Caudatae. "Caudées" Die Senken auffallend gezähnt und die Zähne theils schwanzförmig verlangert "Les ailes dentelées de façon remarquable, et une partie des dents prolongée en forme de queue".

1. Eribden, Eriboeae, d'Eriboe, nom d'une Amazone selon Diodore.

2. Marpesiae, de Marpesius, Marpesse, nom de l'île de Paros.

3. Pallen, Pallae

4. Cöen, Coeae. de Coeus, l'un des Titans.

5. Anaen, Anaeae : du nom latin Aeneis du héros troyen "Énée" dans l'Iliade d'Homère. Nom de gere encore valide.

  • Anaea  Troglodyta Fab.
  • Laërtias Laertes Cram. Du nom de Laërte, père d'Ulysse dans l'Odyssée d'Homère
  • Leonida Cram. Du nom du roi de Sparte.
  • Riphea Cram. de Riphée, nom d'un compagnon d'Énée dans l'Énéide de Virgile Livre II, 528.
  • Acidalia Arachne Cram. Acidalie, surnom de Vénus l'Acidalienne dans l'Énéide I:720 de Virgile par reprise du nom d'une sorce de Béotie où  la déesse et ses compagnes les Grâces aiment à se baigner. 

Familia B Stolze, Superbae

1.

Familia C Conspicuae

 

 

9ème Stirps Oreaden : Oreades page 52 Gemmati Linn., Satyri Fabr.

Dans la mythologie grecque, les Oreades ou Orestiades étaient des nymphes des montagnes (grec ὄρος = montagne) et des grottes. 

    

Familia A : Zweydeutige, Dubiae

1. Tänaren, Taenares

2. Cithäriaden; Cithaeriades

3 . Pierides

Familia B : Streisige, Strigatae (marqués de sillons)

 

1. Euptychien, Euptychiae : cf. genre actuel Euptychyia Satyrinae

2. Megistonen, Megistones

 

3.  Mycalesiden, Mycalesides

Familia C : Ausgezeichnete, Distinctae (Excellent, remarquable)

1 : Faunen, Faunes.

2. Taygtetiden, Taygetides.

3. Lethen, Lethae.

4. Hypnen, Hypnae.

5. Cäroen, Caeroes

6. Hipionen, Hipiones

 

 

Familia D : Wolkige, Nubilae (Nuageux, Nébuleux) p.57

         Die Flügel oben düsterfärbig, unten wolkig angelegt.

"La face supérieure des ailes sombres, la face inférieure "couverte de nuages"."

 1. Hipparchien, Hipparchiae

2. Minoen, Minoes.

3. Eumeniden, Eumenides

4. Oeneiden, Oeneides, 

5. Pyronien, Pyroniae : épiclèse de la déesse grecque Artémis en son sanctuaire du mont Krathis en Argolide: Artemis Pyrônia, du grec ancien πῦρ, pûr « feu »," Artémis de la flamme", car son temple fournissait le feu sacré des Lernaia (mystères de Déméter à Lerne) en Argolide.

Die Flügel oben oraniengelb, schwärzlichbraun, gesâumt ; die Schwingen mit einem zweykernigen Augflect, die Senken kaum mit weißen Puncten gezeichnet.

Les ailes supérieures jaune-orange bordées de brun-noir ; les .. avec deux  .. les bordures à peine punctuées de blanc.

562 Pyronia Tithone

6. Epinephelen, Epinephelae. (nuageux au dessus, ou, au dessus des nuées ?)

Die Flügel ober graulichbraun; unten die Schwingen rostgelb, die Senken trübgrau wolkig. "Les ailes supérieures  brun grisâtre; rouille jaune sous les ailes, le revers ​​gris-nuage terne.

  •  
    •  
      • Janira
      • Eudora
      • Synclimene

 

Familia E : Mormorirte, Marmoratae. (marbré)

1 : Parargae

2

3

4

5

6

7

Familia F : Schattige, Umbrosae (Ombragé)

1

2

3

4

5

6

 

Familia G :  Gleichfärbige , Subtinctae (de même couleur —uni?— Couvert)

1 : Gorgones

2 : Maniolae

 

Familia H : Gefäumte, Fimbriatae (frangés)

1 : Neonymphen, neonymphae; 4 espèces.

2 : Cönonymphen, Coenonymphae. 11 espèces. TS C. Oedipe, Oedippus Fabr.

 

 

 

 

 

 

 

                 TRIBU II : Gentilen, Gentiles : 6 Stirps.

Gens, gentis : race, souche. Gentilis, e : "gens", "membre d'une famille"

gentiles (post-classique): les barbares, les étrangers, les païens.

Si on le rapproche du nom de la tribu I (Nymphales), Gentiles peut avoir le sens de "Les gens, les personnes humaines", "les êtres non mythologiques" et cela devrait rassembler ainsi, dans la systematique de Linné, les héros (combattants grecs et troyens ou Equites) et les Gens du peuple ou Plebejus. Il reste à le vérifier maintenant.

Kennzeichen : Die Ohren vorwärts gebogen. Die Aerme mit Klauen wie die Träger und Füße, besezt.

 

 

 

1er Stirps. Agrodiäten Agrodiaeti page 66.

Nom composé cf. Agriades, Agrochola, Agrius, Agroters, Agrumenia de Hübner

 Grec ἀγρός, agrós  et latin ager, "champ" /Grec  δίαιτα (díaita) "la vie". La "vie des champs", la "vie aux champs", les Paysans ??

Die Streichler kalschnauzig, die Wangen weiß geränget, die Ohren ziemlich kurz, langkolbig. Die Stutzen, vorzüglich, die Aerme, kurz.

 

Familia A : Junge, Adolescentes.

 

Die Ohren ziemlich dickfolbig. Die Flügel rundlich stumpf, oben blau, unten blatz.

Les antennes en bulbes assez épais. Les ailes  émousséesde façon arrondie, bleu au-dessus, pâle en dessous.

1. Eumäen, Eumaei

2. Nomiaden, Nomiadae.

3. Agraiden, Agriadae (Agrius,a,um = agrios, a,um = non cultivé, sauvage)

4. Scolitantiden, Scolitantidae

5. Lycäiden, Lycaeidae

6. Everen, Everae.

7. Hemiargen, Hemiargi.

8. Lampiden, Lampidae  Du latin lampas, adis (??), "flambeau, torche".

Dans la mythologie grecque, Zéthos ou Zéthus (en grec ancien Ζήθος / Zếthos, en latin Zethus), fils de Zeus et d’Antiope, est le frère jumeau d’Amphion.

 

Die Flügel unten voll grauer Streise, die Senken zierlich gefleck

 Les ailes entièrement (striées de) gris, les bordures finement mouchetées 

L. Numerius, Zethus, Helius, Baaliston, Boeticus, Plato, Archius, Celerio, Aratus 

 9. Hyreen, Hyrëi. Hyreus est, selon Ovide, Fastes V, un berger de Béotie devenu le père d'Orion. Le genre Hyreus invalide (préemploi Stephens, 1816) a incité Butler a créer le genre Cacyreus en 1897.

 

                                        Die Flügel unten marmorähnlich gefleckt.  

La face inférieure des ailes tachetées et comme marbrées

 692 Hyreus lingeus Cramer [espèce-type de Cacyreus]

693 H. Palaemon Cramer

694 H. Misenes Cramer

10. Castalien, Castalii. Nom d'une fontaine de Delphes ou de la naïade en qui elle trouve son origine.

11. Pepliphori, Pepliphori. Porteur de voile (peplum) ?

 

Familia B : Anfäßige, Villicantes (les "fermiers", exploitants agricoles).

1. Jamiden, Jamidae

2

3

4

5

6

7

8

9

 

 

 

Familia C :Bewafnete, Armati  : "personne armée"

 

2ème Stirps   Archonten, Archontes. page 82. Equites

Dans la plupart des cités grecques, les archontes (en grec ancien ἄρχοντες / árkhontes, de ἄρχω / árkhô, « commander, être le chef ») sont des dirigeants. (W)  Il s'agit donc d'un équivalent de la phalange des Equites de Linné.

 

Familia A : Heroische, Heroici

Familia B : Herrschende, Dominantes

Familia C : Weise, Sapientes

 

 

3ème Stirps  Andropoden, Andropoda page 90.

des mots  grecs andros homme et  pied.  Diogène, à qui on demandait : d'où vient le nom d'andropodes donné aux esclaves, répondit : parce qu'ils ont des pieds d'homme et une âme semblable à la tienne (Diog., liv. VI)

 

Familia A : Frätzige, Voraciae

1. Aporien, Aporiae

2. Mylothriden, Mylothrides.

3.Appiaden, Appiades

4. Perhybriden, Perhybrides.

5. Deliaden Deliades

6. Catamien, Cataemiae

7. Pontien, Pontiae

8. Belenoiden, Belenoides.

9. Acräen, Acrae

10. Anaphäiden, Anaphaeides

11. Catophagen, Catophagae.

12. Synchloae.

 

Familia B  : Sparsame, Frugalia page 94.

Der Leib schlang, auch die FLügel ziemlich schmal und zart.

1. Euchloen, Euchloae

Die Senken unter sehr zierlich bestäudt gefleckt : E. Belia, E. Ausonia, E. Tagis, E.Midea, E. Cardamines E. Eupheno, E. Coeneos

2. Leptosien, Leptosiae

3. Aphroditen, Aphroditae

4. ixiaden, Ixiaden

 

Familia C, Flüchtige, Fugacia. page 96

Familia D Treulich, Fidelia.

4ème Stirps :  Hypaten, Hypati. page 99.

Hypaton, i de la ville d'Hypaton, Ethiopie / Hypatie, mathématicienne

Familia A : Ernsthafte, Graves

Familia B. Strenge, Severi

 

 

5ème Stirps: Telchinen, Telchines. p. 100

Dans la mythologie grecque, les Telchines (en grec ancien Τελχινες / Telkhines) sont des divinités inférieures rattachées à l'île de Rhodes. Doués d'aptitudes créatrices et techniques, ils apparaissent assez semblables aux Dactyles (W).  

Familia A

 

6ème Stirps: Astycen, Astyci. p. 102. (Urbicolae Linn. et Fab.)

latin Astycus, a, um adj : "de la capitale, urbain" : correspond donc à "urbicolae"

Die Stirn breit ; die Streichler dick beharrt, kuzschnauzig  ; die Ohren, an ihrem regelgen mit einem  Löckgen gefeßt am ende hackenförmig ; die Flügel ziemlich dikt, sehr maßig groß.

 

Familia A. Berühmte, Celebres.

1. Pyrrhopygen, Pyrrhopygae

2. Phociden, Phocidae

3. Astrapen, Astrapae

4. Cecropen, Cecropae.

 

 

 

Familia B. Tapfere, Fortes.

Die Senken am aftereck sehr verlängert.

1. Telegonen, Telegoni.

2. Goniuren, Goniuri

3. Proteiden Proteidae

 

Familia C Förmilche, Formales. p. 105

1. Thraciden, Thracidae

2. Epargyreen, Epargyrei

3. Cöliaden, Coeliadae

4. Taliden Talidae

5. Telemiaden, Telemiadae

6. Celänorrhinen, Celaenorrhini

7. Colpoden, Colpodae

8. Gegenen, Gegenae

9. Phleboden, Phlebodae

 

 

Familia D : Veltliche, Veteres p.107

Familia E : Gemeine, Vulgares. (Les Communs, les Vulgaires)

Die Flügel schwarz, voll heller fleckgen

1. Pyrgen, Pyrgi. Alle Flügel würflig weiß gefleckt ; die Senken unten weiß, färbig bandirt.

2. Tharopen, Tharopes

3. Aetheien, Aetheii

 

 

Familia F : Vorsichtige, Cauti. Les Méfiants

Die Flügel durchsichtig gefleckt in buntem Grunde ; die Senken ziemlich zähnig gezähnt.

"Les ailes transparentes tachetées de motifs colorés ; les [inférieures ? ] dentelées de manière assez acérée" (?)

1. Eryciden, Erycidae    

2. Myscelen, Mysceli

3. Carcharodonten, Carcharodontes. Die Flügel bunt gemischt, die Senken zackig gezähnt. "Les ailes de diverses couleurs,   les inférieures dentelées en dent-de-scie.".

 

  •  
    •  
      • 1189.  Carcharodus Lavatherae  
      • 1190. C. Altheae Hübn. Pap. 452-453.
      • 1191 . C. Malvae Shiff. 

4. Pythoniden Pythonidae.

5. Ephyriaden, Ephyriadae.

 

 

Familia G : Muntere, Vigilantes. ("Les Éveillés ou Vigilants")

Alle Flügel schwarz und gelb, wechselnd angelect. (Tous les ailes noires et jaunes, appliquées alternativement.)

1. Scopten, Scoptae.

2. Cyclopiden, Cyclopidae.

3. Trapeziten, Trapezitae.

4. Phemiaden, Phemiadae

5. Augiaden, Augiadae

6. Thymelicen, Thymelici.

Die Flügel fast ganz gelb und ungefleckt (Les ailes presque entièrement jaune et sans tache)

  •  
    •  
      • 1219 Thymelicus Actaeon Esp. Pap. 36 4 Hübn. pap. 488-490.
      • 1220 T. Pustula.
      • 1221 T. Vibex.
      • 1222 T. Venula Hübn. Pap. 665-669
      • 1223 T. Virgula Hübn. Pap. 660-663.
      • 1224. T. Vitellia.
      • 1225 T. linea Shiff. Verz. Pap. A 5 Thaumas Esp. Pap. 36 2,3 Hübn. pap. 285-287.
      • 1226 T. Puer. 

7. Apausten, Apausti 

8. Brontiaden, Brontiadae

 

 

 

Zwente Horde, Phalanx secunda : Schwärmer, SPHINGES. p. 115

Tribu prima : Papilioniden, Papilionides

1er Stirps : Zygänen, Zygaenae

 

 

       Dans le Tentamen : 1er Stirps : Rustici. 2ème Stirps : Principes. 3ème Stirps : Mancipia. 4ème Stirps : Consules. 5ème Stirps : Urbani.

 

LE TENTAMEN.

http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/11651#/summary

1) 

Holland WJ. EXIT HUEBNER'S TENTAMEN. Science. 1927 Jul 1;66(1696):4-6.

 

http://worldtracker.org/media/library/Science/Science%20Magazine/science%20magazine%201920-1939/root/data/Science_1920-1939/pdf/1927_v066_n1696/p1696_0004.pdf

"THE secretary of the International Commission on Zoological Nomenclature has the honour to invite attention of the zoological profession to the fact that application has been made for the suspension of the International Rules, in the case of Hübner’s (1806) ‘Tentamen’ in order to establish its nomenclatorial availability."

C'est une petite feuille de format quarto dont le titre est Tentamen determination digestionis atque denominationis singularum stirpium Lepidopterum at, peritis ad inspiciendum et dijudicandum communicatum, a Jacobo Hübner.

A la fin, l'auteur ajoute un avertissement : Ne expectet quis, ordinem hunc nullam amplius correctionem esse desideraturum, verumtamen magis satisfaciet necessitati, quam praevius quivis. Familis indicantis supersedere malui ».

Linné avait décrit 535 espèces en les classant en 192 Papilio, 38 Sphinx et 305 Phalaena.

 

Biographie Wikipédia

Jakob Hübner (ou Jacob Huebner) est un entomologiste allemand, né le 20 juin 1761 à Augsbourg et mort le 13 septembre 1826 dans cette même ville.

Il étudie le dessin de 1778 à 1780 à la Annenschule (école Sainte-Anne), puis l'eau-forte et la xylographie.

Il étudie particulièrement les papillons et commence à faire paraître ses premiers articles en 1785. Il fait des séjours en Ukraine et à Vienne à partir de 1789, où il fait la connaissance d'Ignaz Schiffermüller (1727-1806) avec lequel il garde des liens d'amitié sa vie durant. Hübner gagne sa vie en étant dessinateur pour une manufacture de textile.

Ses travaux, finement illustrés, s’attachent notamment à l’étude des différents stades de ces insectes. Il contribue à l’amélioration de la taxinomiemoderne pour les lépidoptères. Sa collection est acquise en 1935 par la Royal Entomological Society de Londres.

Son nom est très souvent abrégé dans les publications entomologiques en Hbn.

Liste partielle des publications

  • 1785: Abbildungen und Beschreibungen noch nicht abgebildeter und noch unbeschriebener Schmetterlinge mit illuminierten Kupfern

 

  • 1786–1790: Beiträge zur Geschichte der Schmetterlinge 

  • 1791: Verzeichnis europäischer Schmetterlinge nach systematischer Ordnung durch Synonymen, Abbildungen und Anmerkungen

  • 1793: Sammlung auserlesener Vögel und Schmetterlinge, mit ihren Namen herausgegeben auf hundert nach der Natur ausgemalten Kupfern

  • 1793–[1842]: Geschichte europaischer Schmetterlinge (Histoire des papillons européens) (1806-1824) 

  • 1796–[1838]:[1] Sammlung europäischer Schmetterlinge (Collection sur les papillons européens) (1796-1805).

  • 1806–[1838]:[1] Sammlung exotischer Schmetterlinge (Collection sur les papillons exotiques), deux volumes, (1806-1834). Augsburg. Avec Carl Geyer et Gottlieb August Wilhelm Herrich-Schäffer (1799-1874),  

  • 1806: Tentamen determinsationis, digestionis atque demonationis singularum stirpium Lepidopterorum, peritis ad inspiciendum et dijudicandum communicatum (1806)

  • 1816: Verzeichniss bekannter Schmettlinge

  • 1818-1837: Zuträge zur Sammlung exotischer Schmettlinge, bestehend in Bekundigung einzelner Fliegmuster neuer oder rarer nichteuropäischer Gattungen. Augsburg, Jacob Hübner, 49 pp. (1819)

  • 1822: Systematisch-alphabetisches Verzeichnis aller bisher bey den Fürbildungen zur Sammlung europäischer Schmetterlinge angegebenen Gattungsbenennungen 

  • 1843-1856: Systematische Bearbeitung der Schmetterlinge von Europa

 

 

220px-Huebner_Tafel_aus_Sammlung_Schmett 220px-Huebner_Tafel_aus_Geschichte_Schme

 

Letters to Editor

Nature 118, 591-591 (23 October 1926) | doi:10.1038/118591b0

Zoological Nomenclature: Hübner's (1806) ‘Tentamen.’

C. W. STILES

Sources et liens.

 

Worterbuch der Naturgeschichte, dem gegenwärtigen Stande der Botanik, Mineralogie und Zoologie angemessen, Weimar 1825 Erster band A-Bir

http://books.google.fr/books?id=929eAAAAcAAJ&pg=PA90&dq=agrodiaeti&hl=fr&sa=X&ei=

pq5MVML_N4S4OtnFgNgF&ved=

0CDIQ6AEwAg#v=onepage&q=agrodiaeti&f=false 

— Hübner, Sammlung exotischer Schmetterlinge:

http://books.google.fr/books?id=x21cAAAAcAAJ&pg=PA8&lpg=PA8&dq=Agrodi%C3%A4ten&source=bl&ots=ZRawRIuRn7&sig=

agcgfkUSvaEU6PHa55Et_Fxyt7U&hl=fr&sa=

X&ei=TbJMVM2iKYbKObf9gfgN&ved=0CCoQ6AEwAQ#v=onepage&q=Agrodi%C3%A4ten&f=false

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 11:49

Jessé, Vierge et démone, et Immaculée Conception. Notre-Dame-de-Populo (Itron Varia Populo) à Landudal.

 

   La chapelle Notre-Dame-de-Populo à Landudal (29) conserve en son chœur une statue de la Vierge éponyme. Il s'agit d'une "Vierge à démone", selon l'expression de Louis Thomas reprise par Himoko Amemiya, ces deux auteurs ayant dressé le recensement de ce thème iconographique dans la statuaire bretonne. A mon tour, j'en collectionne les exemples avec excitation, d'autant qu'un grand nombre sont intégrés à des Arbres de Jessé qui sont mes motifs de prédilection. Mes découvertes récentes de Démones  sont celles de la chapelle de Kerdévot, de l'église de Plourin-les-Morlaix ou de l'église de Locquirec. L'intérêt est, entre autre, d'y déceler les indices de l'influence des "immaculistes", partisans de l'Immaculée Conception à une époque où ce n'était pas un dogme, mais un point de théologie débattu avec ardeur.  

 

  Or, à Landudal, quoique Jessé soit absent ainsi que son Arbre aux douze rois, il est évident que nous avons affaire à une Vierge de l'Immaculée Conception, car elle se tient sur un croissant de lune comme la Mulier amicta sole de l'Apocalypse. Surtout,  on peut lire sur une banderole les mots ESSE VIRGO CONCIPIET, citation du verset de la prophétie d'Isaïe Is 7:14 Ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitur nomen eius Emmanuel. "Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel". C'est la citation fondatrice du thème de l'Arbre de Jessé, mais c'est aussi, par l'affirmation de la virginité de la Mère du Méssie, un argument fort des thèses immaculistes, par une confusion entre la virginité biologique de la conception, et l'absence du péché originel de Marie.

Tout est donc limpide :

1°) Notre-Dame-de-Populo est représentée en Femme de l'Apocalypse Ap.12:1-5 

1 Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête [mulier amicta sole et luna sub pedibus eius  et in capite eius corona duodecim stellarum]; 2 elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l'enfantement. 3 Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d'un diadème. 4 Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s'apprête à dévorer son enfant aussitôt né. 5 Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu'auprès de Dieu et de son trône

2°) Par la citation d'Isaïe 14:7, la virginité de cette femme est affirmée, ainsi que son lien avec la dynastie royale de David fils de Jessé.

3°) Cette Vierge est couronnée par deux anges, ce qui souligne à la fois son lien avec la Maison de David, et son appartenance à la royauté glorieuse de son Fils.

4°) la Mère et l'Enfant tiennent ensemble la tige d'une fleur, vraisemblablement un lys.

C'est une statue en bois polychrome de 1,70m de hauteur, datée du fin XVIe ? (C. Prigent) et située dans une niche du XVIIIe encadrée de deux colonnes torses ornées d'enroulement de vignes — feuilles, pampres et grappes—. La "démone" a la joue gauche écrasée par le soulier de la Vierge ; de sa longue chevelure émergent deux longues cornes ; Ses seins ne passent pas inaperçus, pas d'avantage que ses mamelons mais ils laissent la vedette au ventre gonflé et à son nombril épanoui. 


                   181c

 

                      182c

                            183cc

 

Tout est limpide ? 

Oui, mais regardons bien la photographie supra que j'ai prise légèrement de biais : on peut ainsi suivre la queue de la démone, malgré ses tons sombres. On la voit monter parallèlement à la jambe gauche de la Vierge jusqu'à la partie inférieure du la banderole. Alors, elle se recourbe comme l'extrémité d'une trompe d'éléphant et vient saisir le rouleau du phylactère ! Sur place, lorsqu'on peut faire varier le point de vue, c'est beaucoup plus évident que sur la photo.

 Cela veut dire qu'au lieu d'opposer radicalement le Mal démoniaque et le Bien marial, l'artiste a fait en sorte de créer une boucle : tête de démone / Soulier droit de la Vierge / Corps de la Vierge / Bras droit / Main droite de Marie/ Lis de la virginité/ Main droite de Jésus / Bras et corps de Jésus / Bras gauche et main gauche de Jésus / Texte ECCE VIRGO CONCIPIET / Queue de la démone / Ventre et poitrine / etc...

Celle que je dénomme "démone" pour reprendre la tradition, et surtout parce qu'elle n'est ni tout à fait l'Ancienne Ève ni tout à fait Satan, pourrait bien représenter le Péché Originel, que Marie rachète mais n'abolie pas. La boucle que nous venons de suivre comme un anneau de Moebius sans fin apparaît, grâce à l'artifice trouvé par le concepteur de l'œuvre, comme le cycle de la Rédemption, et Marie y tient le rôle de Médiatrice. Non pas la flèche sommitale inaccessible, mais la voie de passage par lequel le péché gravite (ce n'est peut-être pas correct sur le plan théologique), est racheté et revient. 

Ici, une circulation s'établirait entre la Nouvelle Ève et l'Ève pécamineuse dans une conception dynamique et en devenir du Salut. 


Discussion.

Je n'ai trouvé aucun indice direct d'une relation entre cette statue (sur laquelle les données scripturaires sont rares) et le culte de l'Immaculée Conception. 

La chapelle est datée par deux inscriptions lapidaires entre son début en 1539 (dédicace dans le chœur) et son parachévement en 1548 (transept sud). Mais elle contient des statues du XVe siècle. On attribue son nom au datif du latin populus,i, m. "peuple" dans le sens "construite pour le peuple", l'église paroissiale Saint-Tugdual se révélant trop petite par rapport à l'affluence attirée par le marché et les foires au XVIe siècle. On évoque aussi le latin populus,i, f.  "peuplier". Mais ces hypothèses ne tiennent pas compte de l'existence d'autres sanctuaires dédiés à cette Vierge : 

a) Chapelle de Notre-Dame-de-Populo à Vieu sur les hauteurs de Don, diocèse de Belley.A la sortie de Don, Notre Dame de Populo - Champagne-en-Valromey ain est une commune française, située dans le département de l'Ain en région Rhône-Alpes.

Cette chapelle, construite d'abord en aval du pont de Saint-Germain et tout à fait sur le bord du gouffre, au fond duquel mugissent les eaux réunies de l'Arvière et du Groin, fut transférée vers le milieu du XVIIe siècle, sur un monticule qui domine le village. Le prébendier qui la desservait était à la nomination du seigneur de Montaigre (à Linod). Il ne reste plus trace de la chapelle primitive, ni de la seconde, qui a été démolie au xixe siècle. L'emplacement de cette dernière est marqué par un gracieux monument, œuvre d'art et de goût, élevé par les soins de M. Agniel, curé de Vieu. La chapelle de Notre-Dame-de-Populo se trouve de nos jours  oratoire construit en 1862 en souvenir d'une chapelle édifiée près du pont du Diable.

 Je remarque qu'elle était fêtée le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception.

 

b) Bourg-en-Bresse : Chapelle Notre-Dame de Populo,  oratoire construit sur un mamelon en souvenir d'une chapelle.

c) Draguignan, Chapelle Notre-Dame de Populo construite par les frères Minimes en 1632.

d ?) Var, église de Barjols

Surtout, cette Notre-Dame de Populo est sans-doute la transposition de Madonna del Popolo, qui a donné son nom à l'église Santa-Maria del Popolo — Sainte-Marie-du Peuple— de Rome. Celle-ci a été reconstruite entre 1472 et 1477 par Sixte IV, le pape franciscain qui institua un culte de l'Immaculée Conception. Sixte IV eut deux cardinaux français, Charles de Bourbon (évêque de Lyon, directement lié à la collégiale de Moulins et sa chapelle de la Conception, et très attaché comme tous les Bourbons aux thèses immaculistes) et Pierre de Foix, évêque de Vannes. 

Citons encore la paroisse Madonna del Popolo de Vérone.

Il est donc très vraisemblable que le vocable de cette chapelle ne trouve pas son origine dans une anecdote locale, mais à un culte attesté en France et sans-doute liée à l'église de Rome. 

 

Poursuivons l'enquête :



                                LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES.

1. L'inscription de 1539.

188c.jpg

 

JEHAN Seigneur : de : Quelen : et : du vieulx : Chastel  : et damoyselle : Marie de K[er]goet : sa compaigne : ont faict : faire : ceste : chapelle en lhonneur de nostre Da [m]e de Populo : lan :  M:VccXXX:IX : Laurens : Luyen : Myseur.


      Selon l'un des recteurs de landudal, la légende veut que Jehan de Quélen, (dit "Seigneur de Quistinic"), ait entrepris un pèlerinage à Jérusalem (le "Grand pèlerinage" effectué souvent pour expier une faute grave). Tombé prisonnier des Turcs, il invoqua Notre-Dame-de Popolo, vénérée à Rome depuis 1099 en commémoration de la reconquête du Tombeau du Christ par les Croisés. Sauvé miraculeusement, il revint à Landudal accompagné d'un Turc.

       Voici ce qu'en dit le chanoine Abgrall 1901 :

 

 "L'église est sous le vocable de Notre-Dame-de-Populo. Ce vocable est-il antérieur à la construction de l'églis actuelle, qui remonte à 1539. A-t-il pour origine un pélerinage* quelconque d'un seigneur en Italie ?"

*[ou un voyage ? ]

 

.... "L'origine de cette chapelle a sa légende, comme si elle remontait aux Croisades, et cependant elle ne date que du commencement du XVIème siècle. Cette légende est empruntée à celle de Notre-Dame de Belean, au diocèse de Vannes. Voici comment elle était racontée par M. le comte de Kerguélen, vers 1855 : « Une tradition, encore toute vivante dans le pays, raconte que le Sr. de Quélen, se rendant en pèlerinage en Terre-Sainte, avec un domestique breton, fut fait prisonnier par les Turcs. Les pirates, poursuivis par un vaisseau du Roi, prirent le parti de se défaire de leurs prisonniers, et dans la pensée de les retrouver, les enfermèrent dans un coffre en bois qu'ils jetèrent à la mer. Dans cette situation critique, le Sgr. de Quélen fit voeu de bâtir une église à Notre-Dame de Populo, s'il échappait à ce danger. Après avoir été longtemps ballotté par les flots, le coffre sembla s'arrêter sur la terre ferme. " Seigneur, dit le domestique, je crois entendre chanter le coq de Kersaviou ". Des passants ont aperçu le coffre ; il s'ouvre sous leurs efforts, et les deux voyageurs se retrouvent dans leur paroisse de Landudal ». C'est bien l'histoire du chevalier du Garo à Bélean ; mais, pour Landudal, il y a une variante, ce n'est pas le domestique du seigneur qui l'aurait accompagné, mais bien son gardien, qui était turc, et qu'on s'empressa d'enterrer sur le lieu même où il fut trouvé, non loin du bourg, où l'on planta une croix qui s'y voyait encore, il n'y a pas longtemps, sur le chemin de Landudal à Briec, et s'appelait Croaz-an-Turc. Mais cette croix ne se saluait pas, par horreur pour la doctrine du Croissant. M. de Kerguélen ajoutait, selon les on dit de la paroisse, et ceci paraît plus vraisemblable, que « le chevalier de Quélen, fidèle à sa promesse, voulut faire bâtir une chapelle ; mais la fabrique s'y opposa, parce qu'il existait déjà une église au bourg, et qu'on ne voulait pas d'une charge inutile. Le Sr. de Kélen insista, en disant que la construction de cette chapelle inutile constaterait d'autant mieux le miracle qu'il voulait rappeler ». Le coffre qui avait ramené le Sgr. de Quélen fut longtemps conservé dans l'église de Notre-Dame de Populo, et s'y voyait encore au commencement du XIXème siècle ; mais, écrit M. du Marchallach, vers 1855, « il fut brûlé récemment sur les ordres du Curé de Briec, pour effacer un souvenir qui rattachait trop les paroissiens à leur trève de Landudal ».  


2.  Inscription de 1548 :

Au-dessus de la porte de l'aile sud du transept, porte avec moulures prismatiques dont l'accolade à crochets et fleuron coupe les pinacles, comme à Pleyben : "LAN M. Vc XLVIII. DECEDA. JEHAN. SEIGNEUR DE QUELEN. ET DU VIE CHASTEL. LORS. COMANCA. FRANCOYS : SON : FILS : ET : DAMOISELLE ANNE : DV : QUELENNEC : SA : COMPAIGNE : A : FAIRE : PARACHEVER : CESTE : CHAPELLE"

3. Porte nord.

"Le côté Nord est tout particulièrement remarquable par le grand développement du bras du transept, dans lequel on pénètre par une porte fort artistique accostée de deux pilastres ou deux grosses colonnettes rondes ornées de losanges en creux, avec tailloirs surmontés d'une couronne comtale d'où surgit la continuation du pilastre formant base de pinacle contournée en spirale, la pyramide de couronnement étant garnie de multiples crossettes. Au-dessus de la double nervure prismatique qui encadre la porte s'élève une riche contrecourbe saillante rehaussée de crochets en feuilles de chardon. Plus haut que le fleuron du sommet, une inscription gothique donne cette touchante invocation : "Maria Mater gratiae - Tu nos ah hoste protege". " (Chanoine J.M. Abgrall) 

4. Cuve baptismale.

A la fin du XIXème siècle, tout près de la porte Ouest, contre le mur d'angle du cimetière, se trouvait une cuve baptismale retirée de l'église, séparée de sa base par une rupture irrégulière du fût où on pouvait lire : "CE : PRESANT ... LAN : 1580".  

 

 


                Du coté gauche du chœur.

Pour ne négliger aucun indice, précisons que la niche du coté de l'évangile abrite une statue de saint Guillaume. Elle est surmontée d'un médaillon représentant la Vierge, alors que la niche de N.D. de Populo est surmontée du médaillon représentant saint Jean. D'autres pensent qu'ils s'agit "des portraits des seigneurs donateurs".

 


                  163c.jpg

 

 



 



ANNEXE 

  Louis Thomas a recensé  19 Arbres de Jessé sculptés en Bretagne dont 6 en Finistère (outre Locquirec, Plounevezel, Plouzevedé/Berven, Plourin-les-Morlaix, St-Thégonnec, St-Yvi) dont un sous-groupe de 13 avec Démones.

  Ces Démones fascinent Louis Le Thomas, qui leur a consacré un article particulier, et les classe en deux figurations anthropomorphiques, celle de Démone-Serpent ou anguiforme, ou ophioure (ou "Echidna"), et celles, plus rares, de Démone-poisson (ou "Néreïde"). Il  voit dans ces formes qui "relèvent d'une gynécomorphie du Serpent de la tentation"  "l'occasion rare, dans l'iconographie religieuse; d'une étude du nu féminin, bustes et torses de démones ayant été, dans les Arbres de Jessé bretons, traités avec une verve évidemment complaisante et un réalisme particulièrement suggestif" car elles ont "pour attribut principal des mamelles orthomorphes, discoïdes, d'un galbe partout très exagéré" dont le mérite est néanmoins de consoler le fidèle des démons et démones de l'iconographie religieuse, très souvent affligées de mamelles pendantes, à titre péjoratif, et d'inspiration probablement monacale". Souvent, hélas, ces "exubérance mammaire a servi de prétexte à une chirurgie iconographique correctrice particulièrement tenace afin, presque partout, de réduire —sinon de supprimer— cette exubérance en pratiquant des amputations, alors qu'aux personnages "cacheurs" de Molière suffisait...le mouchoir".

 A la question qu'avait posé le chanoine Abgrall (Est-ce Éve ? Est-ce le serpent qui l'a trompé ?), Louis Le Thomas répond : c'est le Serpent, car il tend la pomme plutôt qu'il ne s'en saisit, mais aussi en raison de ses caractères chtoniens : main griffue, tête cornue, animalité.

 

Voir :

La Vierge à la démone de la chapelle de Kerdévot.

  L'Arbre de Jessé sculpté de l'église de Locquirec.

L'Arbre de Jessé de l'église de Plourin-les-Morlaix (Finistère).

L' arbre de Jessé de l'église de Saint-Aignan (56).

L'arbre de Jessé de la chapelle de La Trinité à Cléguerec (56).


Sources et Liens.

  — ABGRALL (Jean-Marie)  (1901) "Landudal , église, chapelle", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère tome XXVIII page 115  

— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko) Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129 Résumé : Le thème principal de cette etude est de voir quel role la femme non-humaine - et notamment la femme qui appartient au monde maritime - a joue au japon et en bretagne, a travers les recits relatifs a l'epouse surnaturelle. Pour la bretagne, les recherches s'etendent egalement sur l'iconographie religieuse representant l'etre semi-humain telles la sirene et la femme-serpent. La region conserve dans ses chapelles de nombreuses statues des xvie et xviie siecles figurant ce type faites par des artisans locaux. L'imagination populaire s'epanouit ainsi dans la femme non-humaine de deux facons en bretagne : dans l'expression orale et dans l'expression plastique ce qui nous offre une occasion inestimable d'etudier leur compatibilite dans leur contexte socioculturel. Les recits qui traitent le theme du mariage entre l'etre humain et l'etre non-humain revelent la conception de l'univers d'une societe. L'autre monde ou les etres de l'autre monde sont en effet une notion fonctionnelle qui permet a la societe de maintenir l'ordre interne par une intervention externe fictive : la suprematie du fondateur du japon s'explique par la transmission d'une puissance surnaturelle par sa mere du royaume maritime, alors qu'en bretagne, la destruction de la cite legendaire d'is est causee par une fille maudite nee d'une fee. Le premier volume de cette etude est compose de trois parties : i. L'autre monde dans la tradition populaire au japon, ii. Recits relatifs au mariage au japon et en bretagne, iii. Iconographie d'une femme semi-humaine. Le deuxieme volume est un inventaire des differents types de representation semi-humaine en bretagne.

 

LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.

— LE THOMAS (Louis) 1963 "Les Arbres de Jessé bretons", première partieBulletin de la société Archéologique du Finistère 165- 196.

 — LE THOMAS (Louis) 1963, "Les Arbres de Jessé bretons", troisième partieBulletin de lasociété Archéologique du Finistère pp. 35-72.

 — LEPAPE (Séverine) 2004 Étude iconographique de l’Arbre de Jessé en France du Nord du xive siècle au xviie siècle Thèse Ecole des Chartes http://theses.enc.sorbonne.fr/2004/lepape

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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