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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 17:28

La Jacinthe sauvage Hyacinthus non scriptus.

plus exactement Hyacinthoides non-scripta (L.) Chouard ex Rothm., 1944.


 

   Puisque les orchidées mâle et bouffon sont régulièrement nommées "jacinthes sauvages", je place ici cette photographie pour faire la différence ; en breton elle est nommée bokidi-koukou, pour-bran, roz-koukou ,  kilked-broen.

 


 019v

 

 C'est le port affaissé et fatigué de la tige sous le poids des clochettes qui l'a fait nommer aussi Endymion nutans, du nom de ce héros mythologique plongé dans un sommeil éternel par la déesse de la lune dont il était l'amant.


Linné, dans Species plantarum de 1753 page 316, la classe parmi les hyacinthus en suivant Bauhin et le Hyacinthus oblongo flore caeruleus major de son Pinax Theatri page 43 .

 Si le nom Jacinthe, Hyacinthus, vient des grecs Théophraste et Dioscoride, c'est au botaniste flamand Rembert Dodoens que revient en 1568 celui de Hyacinthus non scriptus, comme l'expliquent Daléchamps et Desmoulins.

 Dodoens écrit page 168 de Florum, coronariarum odoratarumque nonnullarum herbarum historia

 : cognominatur autem hic hyacinthus nons scriptus, ad differentiam nempe alteriius superius descripti qui luctus notas inscriptas habet. "Il porte maintenant ce nom pour le distinguer de l'autre décrit plus haut et qui porte les inscriptions de son trépas." (adaptation (très) personnelle).

  On estime que Dodoens a voulu marquer la différence avec la jacinthe mythologique, celle de la littérature grecque, où le héros Hyacinthe est aimé d'Apollon : alors que celui-ci lui apprend le lancer du disque, le beau Hyacinthe est frappé à la tempe par le disque et meurt ; de son sang naît une fleur, la Jacinthe, mais les larmes d'Apollon viennent marquer les pétales des lettres AIAI (hélas) (Ovide, Métamorphoses, livre X). Apollon s'écrit :


Nouvelle fleur écrite aux marques des douleurs

Tu iras imitant mes soupirs et mes pleurs

Le temps viendra après qu'un héros très illustre

Changé en cette fleur relèvera son lustre

Et en la même feuille on y lira son nom.


 Le "héros très illustre" est Ajax, dont le nom est proche d'AIAI.


  Nous comprenons maintenant pourquoi cette jacinthe des bois, dont les pétales ne portent aucun mot d'amour et de lamentation, porte l'épithète non scriptus.

 

ANNEXE : le texte latin : Trad.de A.-M. Boxus et J. Poucet, Bruxelles, 2008

 

Te lyra pulsa manu, te carmina nostra sonabunt

flosque nouus scripto gemitus imitabere nostros.

Tempus et illud erit, quo se fortissimus heros

addat in hunc florem folioque legatur eodem. ”

Talia dum uero memorantur Apollinis ore,

ecce cruor, qui fusus humo signauerat herbas,


desinit esse cruor Tyrioque nitentior ostro

flos oritur formamque capit quam lilia, si non

purpureus color his, argenteus esset in illis.

Non satis hoc Phoebo est (is enim fuit auctor honoris) ;

ipse suos gemitus foliis inscribit, et AI AI

flos habet inscriptum, funestaque littera ducta est.


"Ma lyre sous mes doigts, et mes chants retentiront pour toi

Et, fleur nouvelle marquée d'une inscription, tu symboliseras mes plaintes

Viendra aussi un temps où le plus vaillant des héros

Aura son nom sur les mêmes pétales et s'ajoutera à cette fleur.

Tandis qu'Apollon à la bouche véridique tient ces propos,

Voici que le sang, qui avait taché l'herbe en s'écoulant sur le sol

Cessa d'être du sang, et plus brillant que la pourpre tyrienne,

Une fleur éclot, qui par sa forme ressemblerait à un lys,

Si elle n'était pas pourpre et si les lys n'étaient pas argentés."


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Published by jean-yves cordier
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 21:36

Promenade naturaliste à Crozon : Cordulie bronzée, Petite Nymphe à corps de feu, Poliste, Point-de-Hongrie, Grémil prostré, etc...

 

   Tiens, le coucou ! Premier coucou, coucou tardif, tu me porteras chance, car voici bientôt les premières Aurores de la Cardamine, les premières Nymphes à corps de feu, les premières Cordulies bronzées, les premiers... Nous sommes le 30 avril, mais c'est aujourd'hui véritablement le Printemps. Ils reviennent ! Ils reviennent ! 

Notre promenade autour de l'ancienne gare de Perros-St-Fiacre près de l'étang de Kerloc'h nous ménera, en deux heures de temps, de découvertes en découvertes.

1. La Cordulie bronzée.

L'année dernière en 2012, mon article datait du 13 mai :  Cordulie bronzée et libellule fauve à Crozon. 

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2. La Petite Nymphe à corps de feu Pyrrhosoma nymphula.

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La zygène :

pas encore éclose :

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Le Point-de-Hongrie: 

 

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La guèpe et son nid de pâte à papier:

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L'Araignée-loup et les œufs portés derrière l'abdomen :

 

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Le Grémil étalè Lithodora prostrata: la Crozonnaise, quoi !


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Les autres plantes.

 

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Published by jean-yves cordier
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 12:23

 

Le "Lièvre aux pattes croisées de fatigue"

                      de Per Jaïn.


Exposition l'Art brut à l'Ouest à la Bibliothèque d'Étude de Brest ; commissaire Françoise Daniel.

Merci aux organisateurs pour cette belle exposition, et merci à la famille de Pierre Jaïn pour leur autorisation à publier ces images de leur collection.

 

1. "Le Lièvre aux pattes croisées de fatigue".

  Lui, fatigué ? Bien qu'il soit malséant d'utiliser à propos de ce lièvre un terme qui rappelle celui de  renard, je le décrirais plutôt comme goguenard. Oui oui, c'est vraiment Le Goguenard, avec tout ce que le mot, qui vient, paraît-il, de faire goguette, "se régaler", être en goguette, "être de bonne humeur", et surtout de l'ancien français gogue, "plaisanterie, raillerie", porte avec lui de taquinerie moqueuse.

  Monsieur est goguenard, il se marre in petto, c'est, avec son oreille gauche crânement inclinée, ses moustaches gasconnes, un bon vivant dont le meilleur passe-temps est de s'adosser contre le mur de son gîte et de vous regarder. Vous contempler le met en joie. Deviner votre prochaine bévue fait ses délices. Attendre patiemment que vous posiez le pied sur le râteau oublié dans l'herbe, ou que vous vous aperceviez que vous avez encore oublié vos clefs, constitue pour lui un bonheur gourmand et que vous savez renouveler avec, à son goût, un art consommé ; Monsieur est expert, il sait apprécier à sa valeur la manière dont vous vous y prenez pour arroser vos plates-bandes alors qu'il sait pertinemment qu'il va bientôt pleuvoir. 

  Plaisantin, il s'ingénie à vous poser un lapin.

Avec cela, le meilleur voisin du monde. 

 

                                  expo-art-brut-Per-jain 3756c

 

C'est à dessein qu'il a choisi ce titre : adepte du contre-pied, pour ne pas dire de la contrepèterie, il manie l'humour aussi bien que Magritte avec sa pipe. Et mine de rien, beaucoup de nos poètes farceur, nos Prévert, Dac, Queneau et notre La Fontaine, le jalousent car ils auraient bien aimé avoir le "Lièvre aux pattes croisées de fatigue" parmi les titres de leur catalogue.

 

 Ce Lièvre se suffit bien à lui-même. Qu'ai-je besoin de rajouter autre chose ? Je suis comme ma tante qui a toujours peur que les gens finissent son repas avec un petit creux. Alors je vous ai préparé :

En Deux, et du même auteur, La Femme et le Dragon. 

 

 

                                  expo-art-brut-Per-jain 3764c

 

 

                                    expo-art-brut-Per-jain 3759c

 

 

 

 Et en Trois, la Vierge de Victoire. 

 

                                expo-art-brut-Per-jain 3752c

 

 

 Cette exposition présente des œuvres de l'abbé Fouré, l'ermite de Rothéneuf, l' auteur des fameux rochers sculptés de Rothéneuf (entre Cancale et Saint-Malo), et des photographies de Gilles Ehrmann, mais je me suis intéressé à ces sculptures d'un agriculteur de Kerlaz (près de Douarnenez) Pierre Jaïn dit Per Jaïn ( 1904-1967), sculpteur sur bois, pierre et os, et connu également pour un petit orchestre de percussions bricolées qu'il avait installées à l'arrière de son jardin dans sa ferme à Kerlaz.  

  Son lièvre est présenté avec le panneau suivant : Lièvre aux pattes croisées de fatigue, entre 1955 et 1965 ; Bois sculpté, H. 72,5cm. Collection particulière. Animal aux significations multiples, le lièvre ou le lapin est symbole de fécondité, mais aussi de mauvaise augure.Ici, Pierre Jaïn personnifie un ami et voisin, reconnu pour son caractère facétieux et se moqueries (faisait-il "marcher" voire courir les gens ?) "

 

La Femme et le Dragon : œuvre présentée ainsi : "souche d'arbre sculptèe et peinte (rouge, vert, bleu), H :52 cm. Collection particulière."

La Vierge de Victoire : "entre 1956 et 1965. Bois sculpté et peint (rouge, jaune, bleu). H : 112 cm. Collection particulière. Cette sculpture polychrome est une interprétation très personnelle d'une Vierge de la Victoire, peinture sur verre espagnole du XVIIe siècle reproduite sur une carte-postale couleur détenue par l'artiste. A l'exception de la colombe du Saint-Esprit, on y retrouve des motifs floraux souvent employés par l'artiste".

 

 Je n'ai mis ici que trois tronçons de cette exposition : qu'attendez-vous ? Prenez vos jambes à votre cou et courez à la Bibliothèque de Brest voir la suite !


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Published by jean-yves cordier
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 20:10

C'était le bon temps de la peinture murale !

Une réclame pour l'apéritif Saint-Raphaël sur une maison du port de Fret (29).

  Faudrait-il la classer Monument historique ? 


 DSCN1059c

 

Faut-il la classer ? Ah, tous les nostalgiques qui ont trompé l'ennui des longs départs en vacance en Dauphine Gordini, en Aronde ou en 4L en déchiffrant ces messages multicolores, tous ceux qui ont collé, entre deux stations de métro, leur nez de mioche à la vitre pour lire les DUBO...DUBON......DUBONNET, tous ceux pour qui le coquillage SHELL, le biscuit LU, la SUZE, le BIRRH, le CINZANO le jambon OLIDA, la peinture RIPOLIN et BÉBÉ CADUM ont l'étrange et entêtant parfum de l'enfance, tous ceux là répondront en chœur CLASSEZ ! Préservez-nous ces lambeaux en ruine d'une France des petits commerces, des hommes-sandwiches, de la TSF ou de l'ORTF, de la Piste aux Étoiles et de la Deux-chevaux, des scoubidous et des porte-clefs, du hula hoop et du Jokari !

  Cette publicité pour l'apéritif St-Raphaël Quinquina montre dans un cercle l'image des "deux jumeaux" qui symbolisent les deux apéritifs, le blanc et le rouge, thème qui est apparu en 1932 (selon Wikipédia, et qui a été épurée en 1937 par l'affichiste Charles Loupot  dans un graphisme très inspiré par le cubisme, le futurisme et le surréalisme.

  Dans l'entre-deux-guerres, les deux supports publicitaires sont l'affichage et la presse écrite : chaque petite ville possède son ou ses ateliers de peinture Lettres et Décors qui réalisent ces peintures murales. 

      L'encart porte aussi la mention PUBLI-ARMOR Brest Emplacement réservé. Je n'ai retrouvé que la mise en vente en ligne d'une facture au nom de Publi-Armor datant de 1936.

 Il est possible que cette publicité soit plus ancienne, puisque le nom de marque est écrit en lettres capitales et non dans l'écriture manuelle qui lui succédera, et surtout que les deux jumeaux n'ont pas le caractère stylisé et cubique créé par Loupot.

  La peinture est très délavée, et le rouge du second personnage (un faux jumeau plus petit et plus rond) n'apparaît plus.


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Published by jean-yves cordier
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 20:24
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Published by Lavieb Aile
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 19:38

 Fou, j'erre.

Que ne suis-je la Fougère

Qui s'amuse en avril

à danser en bigoudis verts ? 

 

 

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Fou, j'erre,

Que ne suis-je la Fougère 

 Qui danse en tenue légère

Dans des dentelles de béryl ?

 


105c

 

Fou, j'erre,

Que ne suis-je  Fougère

Pour attirer les étrangères

A s'étendre sans péril

Sur mon parterre ?

 

 

                               107c

 

 Vraiment, Fougère,

Tu exagères,

Tu es indigne d'être  potagère

Avec ces manies puériles.


                   144c.jpg

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Published by jean-yves cordier
25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 23:31

 

L'Abeille Bourbon dans la glace à Brest.

 

 

 


abeille-bourbon 3885c

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Published by jean-yves cordier
25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 23:14

 

    Norma 1, "crane ship" en escale à Brest

      avec sa grue de 425 tonnes... et son remorqueur Sea Foxtrot.


 Au quai ouest du bassin n°5 est mouillé et amarré le navire-barge (lifting vessel/barge) ou navire-grue (traduction de crane-ship) NORMA-1.

Le Télégramme de Brest m'apprend que "Parti de Falmouth vendredi matin, le remorqueur Sea-Foxtrot est arrivé, samedi soir [20 avril], au quai ouest du cinquième bassin du port de commerce, où son agent de l'UAT l'a reçu. Le remorqueur néerlandais immatriculé à Flessingue tracte un imposant navire de travail de 82 m de long et de près de 2.000 tonnes de port en lourd, le Norma 1. Celui-ci, lancé en 1969 aux Pays-Bas par les chantiers De Biesboch [Dordrecht, Néderland], était jusqu'à présent sous pavillon néerlandais. Il vient d'être racheté par un armement de Dubaï, la compagnie Jawar Al Khaleej, à la fin du mois de mars. Le convoi qui, dans un premier temps, doit rallier Port-Saïd, en Égypte, a été contraint de se dérouter, les assureurs lui imposant des conditions de mer particulièrement drastiques, pas plus de deux mètres de houle. Des conditions qui ne devraient pas être remplies dans les prochains jours dans le golfe de Gascogne, d'où cette escale. Le Norma 1 est doté d'impressionnants moyens de levage sur son arrière. Il peut en effet soulever une charge de 425 tonnes en mettant en commun les forces de ses quatre grues."

 Le remorqueur : Géré par la société hollandaise Seacontractors, le Sea Foxtrot est un remorqueur d'ancrage. Long de 32, 27 m, d'une puissance moteur de 2 460 kW et équipé d'un treuil à doubles tambours, il affiche une traction de 50 t. Comme il est amarré à couple, je n'ai pas pu le photographier.

 

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  Le NORMA 1 est remarquable par sa grue S.W.L. de 425 tonnes avec une portée de 7 mètres, grue qui ridiculise un peu l'ancienne grue Paindavoine et sa capacitées de 6 tonnes de levage. Paindavoine n°4, une grue classée Monument historique à Brest.

  A telle enseigne que je me demande bien quels sont les objets marins ou portuaires qui exigent pour leur levage l'intervention d'un tel Hercule. L'épave du Titanic et ses 52250 tonnes ? 

 Un ami, qui aime soumettre au Pr Lavieb de taquines énigmes, nous interroge sur le sens des initiales S.W.L : la réponse fuse avec la force d'un cachalot (57 tonnes) lorsqu'il bondit hors de l'eau : S.W.L Safe Working Load, c'est la Charge Maximale Utile ou CMU, voyons !

  Construit en 1969, il mesure 82,50 m de long, 20,20m de large (j'y crois pas) et 4,10 m de T.E, avec une hauteur de 35 mètres, une capacité de charge de pontée de 1500 tonnes, une vitesse de 10 nœuds grâce à une machine de 2400 cv. IMO 8330073. Pavillon panaméen.

 


 

norma-1 3852c

 


 norma-1 3835c

 

                          norma-1 3841c

  C'est l'ancien NORMA alors de couleur noire et sous pavillon belge, et qui porte encore à la poupe le nom de son premier port d'attache, Bruges. On voit bien aussi que le chiffre 1 a été ajouté récemment.

 

norma-1 3844c

 

 

                          norma-1 3851c

 

http://www.ship-hunters.be/photo%20gallery/Fp/Special/N/Norma.htm

 

 

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Published by jean-yves cordier
25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 00:09

 

 

 Quelques images de la nuit dans le port de Brest.

 

  L'image la plus répandue, la carte-postale de Brest-la-nuit, c'est celle du Pont de Recouvrance, l'un des ponts les plus longs et les plus hauts d'Europe et qui, avec le passage du tramway, s'est modernisé en adoptant un éclairage par LED :  l’éclairage du cheminement piéton est assuré par des projecteurs à LED intégrés dans la main courante, et des projecteurs Led linéaires sont placés à la base des pylones pour mettre en lumière 4 piliers de 70 m de haut, éclairés sur 44 mètres. Ces projecteurs sont trichromiques et assurent une alternance cyclique et progressive de trois couleurs, rouge, bleu et verte.

  En pratique, c'est un illumination où défilent doucement, dans un léchage parfait du béton, des teintes vert clair, violettes, oranges  ou vermillon alors qu'en contre-bas, le long de la Penfeld, les pousseurs, les remorqueurs RCP12, le bateau-pilote ou le bateau-pompe sont rangés comme des Play-mobil dans une boite de jouet sous la garde de la Tour Vauban.

 


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  Si on quitte la Penfeld pour gagner les quais du port de commerce, on peut se faire plaisir en empruntant l'escalier Gabin : L'escalier du Cours Dajot à Brest : "l'escalier Gabin". et voir à quoi il ressemble la nuit :

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 Au port de commerce, cette nuit là, L'Abeille-Languedoc, l'Armorique et la Recouvrance sont amarrés au quai Malbert, l'Enez-Eussa 3 au premier éperon, l'Iroise, l'Ewan Emma de Morlaix, le Pourquoi-Pas et le Thalassa au 5ème bassin alors que, quai de la Douane au 3ème éperon, le Sea Foxtrott de Bruges est à couple de NORMA 1 avec sa grue herculéenne .


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Plus loin encore, dans la forme de radoub n°1, c'est le navire-cablier RAYMOND CROZE de France Telecom qui est en carénage:

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                                 images-de-nuit 3786v

 

Source : un site bien pratique que je découvre : marinetraffic.com

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Published by jean-yves cordier
24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 21:46

    L'Orchis mâle Orchis mascula (L.), L. 1755

 

Lieu : Rostellec (Le Fret) ; falaises de Postolonnec.

 

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                                                    orchis-mascula 4050c

 

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                                                orchis-mascula 4056ccc

 

 

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                                                        orchis-mascula 4012c

 

 

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Origine du nom :

I —Nom scientifique:

Linné, Flora suecica ed.2 1755 p. 310 n° 795 : Orchis (mascula).

Du latin mascŭlus, a, um : - 1 - mâle, masculin, de sexe masculin. - 2 - digne d'un homme, viril. 

Synonyme ou Basionyme :Orchis morio var. mascula L., 1753 : Linné ayant décrit O.mascula comme une variante de O. morio  en 1753 dans Species Plantarum avant de le décrire comme espèce propre en 1755, la nomenclature place deux fois le nom de Linné, la première fois entre parenthèses : Orchis mascula (L.) L. , ou (Linnaeus) Linnaeus. Ce transfert à deux ans d'intervalle montre la proximité des deux espèces chez les botanistes contemporains.

 

 La discussion sur l'origine de ce nom a dèjà été développée à propos de l'Orchis morio : L'Orchis Bouffon Orchis morio à Crozon. En effet depuis les descriptions de R. Dodoens, on associait deux formes proches sous les noms de Testiculus morio mascula et Testiculus morio foemina, qui deviennent ensuite Orchis morio mascula et foemina, avant de se simplifier avec Linné en Orchis mascula, et Orchis morio. Avec Linné, l'Orchis mâle perd son épithète de morio, "fol (de cour), bouffon" qui faisait allusion à la forme en bonnet de fou de sa fleur.

 


 

— Nom vernaculaire :

 Orchis mâle : simple traduction du nom scientifique Orchis mascula.

On la nomme aussi Satyrion,  Satyrion mâle,  et Pain de couleuvre (nom qui désigne aussi l'Hellébore fétide, ou l'Actée rouge), Herbe à la vipère, Herbe à la couleuvre, Mâle fou, Testicule de prêtre [et ses variantes régionales coulho de piétré, (Haute Vienne) coulhou dë pétr (Creuse), mais dont je n'ai pu vérifier qu'elles s'appliquent à cette espèce ], Queue de renard. On trouve aussi "pentecôte".

Dans d'autres langues :

  • Early Purple Orchid, (Anglais) : l'orchidée pourpre précoce ; Male fool-stone.
  • De mannetjesorchis (Nederland)
  • Das Männliche Knabenkraut , ou Stattliches Knabenkraut, Manns-Knabenkraut et Kuckucks-Knabenkraut , Allemagne (l'orchidée mâle, l'orchidée élégante, l'orchidée coucou)
  • Sankt Pers nycklar,  N. St. Persnökler, (Suéde)
  • o orchidea maschile (Corse)
  • orchide maschia (Italie)
  • en Bretagne elle est surnommée "bokedou koukouk"  fleur-coucou .
  • En Bretagne  (Flore de Douarnenez) on signale le nom Galligot.

  L'onomastique de cette plante est donc déterminée par trois de ses caractères : sa couleur d'une part ("purple"), son apparition précoce en avril d'autre part ("early", "pentecôte", "coucou, kuckucks", "koukouk"), et enfin la forme de ses bulbes ou tubercules souterrains qui a suscité les noms orchis ("testicule"), mascula, "mâle", "satyrion", et autres dérivés.

  L'Orchis mâle est, parmi les orchidées, celle qui est la plus liée à cette évocation testiculaire. C'est Théophraste (372-287), élève de Aristote et père de la botanique  qui a utilisé le premier le nom grec όρχις grec «orchis» dans son  livre "De historia  plantarum" (L'histoire naturelle des plantes), en s'inspirant de la forme des tubercules.

 

  Une étude d'ethnobotanique dans le département de la Manche par Alain Rongier en 2005 a permit de montrer la fréquence respective des dénominations vernaculaires ("pentecôte", "vipère", "jacinthe", mais aussi "coucou", "mouron", "pied-de-loup", "clochette", "orchidée tachetée"), qui témoigne tout autant des confusions et méconnaissances du public interrogé sur un marché et à qui on présente un plant fleuri d'O. mascula, que de la dénomination vernaculaire.

  Le nom "herbe à la vipère" est aussi utilisé pour désigner la vipèrine, Echium vulgare, "car on attribuait jadis aux racines la propriété de paralyser le venin de la vipère" (A. Cariot 1865). Le même nom désigne aussi Dactylorhyza maculata et D. incarnata

 


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ANNEXE : TEXTES ANCIENS.

 1. Carl von Linné.

 Flora suecica 1755 p. 310 n° 795 : Orchis (mascula).

 

 

orchis-mascula-linne.png

a) Les auteurs cités sont :

  • Bauhin, Pinax Theatri botanici page 81,
  • Olof Rudbeck (celui du Rudbeckia) :Reliqui] Rudbeckian], Sive, Camporum Elysiorum Libri Primi, Olim AB Olao Rudbeckio Patre Et Filio, Upsali] Anno 1702 Editi, Qu Supersunt, Adjectis Nominibus Linn]anis. . Cura Jacobi Edvardi Smith.
  •  Sébastien Vaillant et de son Botanicon parisiense de 1727. Je vais donc m'interesser en second lieu à cet auteur français.
  • Joachim Camerarius le Jeune (1534-1598), De Plantis epitome Matthioli Senensis 1586. La page 624 décrit Testiculi species IV de Matthioli, qui est reconnu comme le lectotype de.

b) Linné précise les différences avec Orchis morio, sa plante jumelle : Je tente de traduire (sous réserve) par : "tige deux fois plus haute ; fleurs plus nombreuses ; les deux pétales dorsaux sont relevés, au lieu de se réunir ensemble en casque (galeam) ; lobes intermédiaires (latéraux?) du labelle plus petit". Le reste de la description initiale (bulbis indivis, nectarii labio quadrilobho crenulato ; cornu obtuso) est commune aux deux espèces. 

 On peut voir ces différences sur le site Florealpe.com.

  Je me fais cette réflexion : dans la description princeps de Rembert Dodoens, le bonnet de fou qui justifie le nom de testiculus morio, puis orchis morio, fol mâle et folle femelle est composé d'une corne (l'éperon), d'un casque (les sépales convergents) et de deux oreilles burlesques (les sépales relevés). Or l'une des deux espèces, O. morio (ou Anacapmtis morio) est caractérisée par son casque, et l'autre, O. mascula, par ses deux oreilles : finalement, aucune n'a le bonnet de bouffon complet. Ou bien, je n'ai rien compris.

 

  2. Sébastien Vaillant (1669-1722), exerça d'abord le métier de chirurgien, mais, passionné de botanique, devint élève de Tournefort, secrétaire de Guy Fagon  et fut ensuite en charge du Jardin du roi. Il  réunit alors un immense herbier de la région parisienne qui fait l'objet duBotanicon . Il fut le premier en France à démontrer le caractère sexué des plantes, et Linné rendit hommage par la suite à ses dons d'observations et son habileté à établir des genres. En 1726, il  identifie les hybrides naturels Orchis purpurea x Orchis militaris et Orchis purpurea x Orchis simia, alors même que l'idée de l'hybridation naturelle n'était pas reconnue..

Premier observateur de la pollinisation et par là précurseur de la classification naturelle des végétaux, Sébastien Vaillant a laissé un manuscrit publié en 1727, le Botanicon parisiense édité par Herman Boerhaave sur les notes de l'auteur. 

Il est l'auteur du Botanicon Parisiense ou Dénombrement par ordre alphabétique des plantes, qui se trouvent aux environs de Paris compris dans la Carte de la prévôté & de l'élection de la dite ville par le sieur Danet Gendre année 1722. Avec une description des plantes, leurs synonymes, le tems de fleurir et de grainer et une critique des auteurs de botanique. A Leide & à Amsterdam, chez Jean & Herman Verbeek et Balthazar Lakeman, 1727.  On y trouve des planches dessinées par Claude Aubriet « peintre du Cabinet du roy » et gravées par Jan Wandelaar.

 Il donne la présentation suivante : 

Orchis morio mas, foliis maculatis. C.B.Pin 81 & orchis morio foliit sessilibus maculatis 2 C.B Pin 82 [...] Satyrion apuleii Bry. Couillon de chien mâle à feuilles étroites Fuschse chap. CCX. 

 

2. Dictionnaire universel de médecine, de chirurgie, de chymie - Volume 5 - Page 179 -Robert J. James, Julien Busson, Michel-Estienne David ((Paris)) - 1748 :

   "Cet Orchis est le Satyrion commun des herboristes ; il a deux racines ovales, à peu près de la grosseur d'une petite olive, d'une couleur blanchâtre, pleine d'un suc bourbeux ; au lieu que toutes les autres plantes ont différentes fibres qui croisent autour d'elles. De ces racines au contraire part une seule tige pleine de suc, environnée de trois feuilles luisantes, unies, semblables à celles du lys, et marquetées de noir. Ses fleurs croissent au sommet des tiges en un épi long ou en tyrse ; elles sont d'une couleur purpurine. Chaque fleur a une forme irrégulière, est composée de six feuilles & presque en forme de casque avec un bout d'oreille dressé de chaque coté et des lèvres larges marquetées de taches obscures. Ses semences sont fort petites et sont contenues dans une longue capsule triangulaire ; cette plante croît dans les près humides et fleurit en avril. Ses racines sont les seules parties qu'on emploie.

  " On dit qu'elles sont aphrodisiaques ou qu'elles provoquent à l'acte vénérien, qu'elles fortifient les parties génitales, qu'elles favorisent la conception, et que c'est par cette raison qu'on les fait rentrer dans l'électuaire qui porte le nom de cette plante. Appliquées extèrieurement en forme de cataplasme elles dissolvent les tumeurs dures et les enflures.

  "L'électuaire dont nous venons de parler est la seule préparation qu'on en tire. [...] Sa vertu principale consiste selon Schroder à fortifier les parties destinées à la génération, effet qu'elle produit tant sur les hommes que sur les femmes. Ce qui a fait dire qu'elle favorisait la conception."

 

3. Planche du XIXe siècle : peinte par Turpin et gravée par Lambert dans Flore médicale, Volume 5 p. 45 par François-Pierre Chaumeton, Jean-Baptiste-Joseph-Anne-César Tyrbas de Chamberet,Ernest Panckoucke,Jean Louis Marie Poiret,Pierre Jean François Turpin  - 1818 , Google books :

 

                               orchis mâle

   4.    Autre Planche  : adresse :http://runeberg.org/nordflor/401.html

 

 

 

Liens :

 http://www.lekermeur.net/~jmlucas/pages/orchis_mascula.htm

Pollinisation et anatomie des organes reproducteurs : je recommande les beaux schémas du Dictionnaire de F. Ramade p.420.

 

    Linnaean sources and concepts of orchids Charlie Jarvis and  Phillip Cribb, Ann Bot (2009) 104 (3): 365-376. 

   http://www.tela-botanica.org/page:Etymologie_orchis_morio_orchis_bouffon

Penacion Dioscoride Anazarbeen :

PLINE l'ANCIEN, livre XXVI 

Le salep à Istanbul

Historio-biologie des orchidées  


 

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Published by jean-yves cordier

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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