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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:30

               La Cidarie enfumée

            Lampropteryx suffumata ([Denis & Schiffermüller], 1775)

 

Plouzané, venu à la lumière, 11 avril 2012:

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Zoonymie :

_ Nom scientifique :

  •  Lampropteryx suffumata: le nom de genre (Stephens, 1831) vient du grec lampros, "brillant, éclatant, splendide", qui qualifie la forte brillance des ailes (pteryx).  
  •  Protonyme Geometra suffumata Denis & Schiffermüller, Vien Verz Illig. Gotze Hubn.1775 : l'épithète spécifique suffumata, sub-fumata, est traduit par notre terme "enfumé". (Ce terme évoque la technique picturale de sfumato où, au contraire du clair-obscur, les contours ne sont pas soulignés par des lignes et des bords nets, mais fondus par une transition progressive. Mais ici, il désignerait plutôt la couleur sombre, comme dans l' épithète piceata, "couleur de la poix" qu' a proposé Stephens avec  Lampropteryx piceata 1831). La terminaison -ata est celle qui est utilisée pour les geometridae.

_ Nom vernaculaire :

P.A.J Duponchel in Jean-Baptiste Godart, Cidarie enfumée, Histoire naturelle des Lépidoptères, 1830  p. 320 n° DCCCLV ; illustration pl. 193 fig.2 par P. Duménil.

 http://books.google.fr/books?id=t2dh_pphB7EC&pg=PA593&lpg=PA593&dq=cidarie+enfumée+godart&source=bl&ots=fUsmpkJ5yR&sig=CqWi1LBcf5nlF7oDwVWWNp0Uuns&hl=fr&sa=X&ei=lZ2GT7ryBMW2hQeP2OyoCA&ved

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:28

Le Biston marbré ou la Phalène précoce

         Biston strataria Hufnagel, 1767.

 

Lieu: Plouzané (29)

Date : 12 avril 2012, venu à la lumière.

Mâle.

 

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Zoonymie :

Le Biston marbré ou la Phalène précoce, Biston strataria Hufnagel 1767, the Oak Beauty.

Envergure 40-50 mm.

Vole de mars à avril en milieu boisé et suburbain.

Plante hôte : un grand nombre d'arbres et pas seulement le chêne comme le fait penser son nom anglais.

Nom scientifique :

d'après A.M. Emmet, 1991 :

Biston : Learch, 1815 : c'est le nom d'un des fils de Mars et l'ancêtre de la tribu Thrace des Bitones en Grèce antique. 

strataria : du latin stratum, i : "couverture de lit, natte, tapis" pour décrire la ressemblance des motifs avec ceux d'une tapisserie (en anglais, ce papillon fait partie d'une famille nommé "carpet").

 


Nom vernaculaire :


  • La printanière, Etienne Louis Geoffroy 1765, Histoire abrégée des insectes, II, n° 22 p. 118-119
    link
  • La marbrée, Geometra marmorata, Charles de Villers, 1789 entomologie linnéenne T. II n° 639 p. 385
  • La Précoce, Geometra prodomaria Charles de Villers, 1789 entomologie linnéenne t. IV p. 500.
  • L' Amphidase précoce, P.A.J. Duponchel in Godart, 1829 Histoire naturelle des lépidoptères tome VII n° DCLIII p. 275 link Le terme d'amphidase est emprunté à Treitschke, Amphidasis prodomaria, Schmett. von europ. tome 4 p. 234.

 

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:26

              Le Sphinx du peuplier

        Laothoe populi (Linnaeus, 1758).

 

Lieu : L'Aber, Crozon.

Date : 23 mai 2012.

Envergure : 65-90 mm

Vole de mai à juillet.

Plante hôte : peuplier, peuplier-tremble, saule.

Au repos, il tient ses ailes antérieures repliées vers l'arrière, tandis qu'il ramène vers l'avant les postérieures. Il ressemble alors à un amas de feuilles ou aux écailles des écorces, et ne se distingue pas s'il est posé sur les arbres. Dérangé, il écarte ses ailes antérieures et fait apparaître la couleur rougeâtre de ses ailes postérieures ce qui aurait un rôle de défense contre les prédateurs.

 

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Zoonymie : 

Nom scientifique :

- Nom de genre : Laothoe Fabricius, 1807 tire son nom de l'une des maitresses de Priam, roi de Troie.

- Nom d'espèce : Laothoe populi (Linnaeus, 1758), du latin populus, le peuplier qui est, avec le saule, la plante hôte.


Nom vernaculaire : 

  • Le sphinx à ailes dentelées, 1764, Louis-Étienne Geoffroy, Histoire abrégée des insectes, tome II n°3 p. 81.link
  • Papillon-bourdon du peuplier, 1771, Charles de Geer, Histoire abrégée des insectes II  p. 243, link
  • le sphinx du peuplier, 1782, Jacques-Louis Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, n°162 p. 106, illustration  planche 114, 115 et 116 par Fossier et Ernst gravée par J.J. Juillet. link
  • Smérinthe du peuplier, 1822, Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, Les crépusculaires, tome III n° 18 p. 71. Illustration Planche 20 fig. 3 dessiné et peinte par Vauthier, gravée par Lanvin. link Le genre Smérinthe (Latreille 1802 "répond au genre Laothoe dans le systema glossatorum de Fabricius" (p. 63) et est encore utilisé pour désigner le sphinx demi-paon (Smerinthus ocellata). Ce nom est tiré du grec smerinthos, "le fil", peut-être celui de la vie, filé par les Parques et coupé par Atropos, en se souvenant que le sphinx tête de mort se nomme Acherontia atropos.

 Dans les autres langues :

GB : Poplar Hawk-moth,

D : Pappelschwärmer.


 

La planche d'illustration de Jacques-Louis Engramelle (Google Books) :

                  sphinx-du-peuplier-engramelle.png

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:22

 

L'Angeronie du prunier, la Phalène du noisetier Angerona prunaria (Linnaeus, 1758).

Lieu : Plouzané (29)

Date : 11 juillet 2012

 

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Zoonymie.

 

Geometridae,

tribu Angeronini, Forbes 1948

Nom de genre : Angerona Duponchel, 1829. Histoire naturelle des lépidoptères ou Papillons de France  Tome IV p. 181.

  C'est donc notre compatriote Philogène Auguste Joseph Duponchel (1774-1846), l'ancien militaire bonapartiste renvoyé à l'étude de ses chers papillons à la Restauration, qui décrivit ce genre en poursuivant la publication de l'Histoire des lépidoptères de Jean-Baptiste Godart. Il s'avisa que Treitschke avait placé dans le genre Ennomos une espèce qui n'avait rien à y faire, et qui en différait trop "par la brièveté de ses pattes, l'absence de toupet frontal, l'échancrure des secondes ailes, la forme des pattes postérieures, la débilité du corps, etc..." Boisduval le replaça à tort parmi les Ennomos, puis reconnut son tort dans son Histoire Naturelle des Insectes après que Herrich-Schoeffer ait rectifié l'erreur.

angerona.png

 

  Il donna à ce genre monospécifique le nom d'une très ancienne déesse de la mythologie romaine. Je découvre avec Wikipédia cette Angerona, une très belle divinité du silence (elle est représentée l'index posé sur la bouche close par un bandeau), silence de la concentration de pensée et de l'effort nécessaire à sa tâche. Car celle-ci est ardue, qui consiste en rien de moins que d'aider le soleil, le jour du solstice d'hiver, à franchir ce passage très étroit qui lui permet de vaincre les ténèbres. C'est un monde de glace et d'effroi qui se dessine dans mon imagination, alors que se conjuguent les sombres mélodies du Winterreise de Schubert avec les souvenirs de récits d'explorateurs tentant de découvrir le Passage du Nord-Ouest. Vaste silence oppressant de l'Arctique. Angoisse. Angoisse de la naissance, lorsque l'enfant traverse le détroit de tous les dangers, et qu'un ange, lui appliquant sur les lèvres un doigt pressant, lui interdit de parler la langue du pays dont il vient. 

  Puis le premier cri, la déchirure triomphale des brumes, l'éclat des trompettes, le monde renaît, et reprend sa course vers l'été.

  L'Angéronie possède la couleur orangée, solaire, radieuse, de ce triomphe tout en conservant encore les traînes persistantes des ténèbres vaincues. Parfois, ses ailes en sont entièrement rayées suivant des lignes concentriques, comme si elle avait abîmée sa peinture en ayant été happée par un vortex. Ou bien, l'ombre brune recouvre plus de la moitié des ailes, en large cadre funèbre comme un faire-part. Mais l'individu que mon objectif a capturé ressemble plus à des mouillettes de pain d'épice trempées dans du café. Il s'agit sans-doute d'un mâle, car ce sont ceux-ci qui ont la chaleur de ton la plus fauve.

 

Nom d'espèce : Angerona prunaria (Linnaeus, 1758). Systema Naturae p. 520

  Linné cite en référence deux anglais, Wilkes (English Moths), et Albin puis Uddmann et ses dissertations : c'est le même Isaac Uddmann que je vient de découvrir en capturant le Tortrix  Epiblema uddmanniana

L'épithète prunaria provient de l'une des plantes hôtes le prunus spinosa , seul signalé par Linné, alors que la chenille de cette espèce se nourrit sur le saule, le chêne, la ronce, le lilas le noisetier ou le chêvrefeuille, et bien d'autres encore.

Nom vernaculaire

  • Phalène du prunier, ( Geom. prunaria) 1775, Charles de Villers, Encyclopédie linnéenne tome II p. 297 n° 409 et Olivier, Encyclopédie methodique tome 10 p. 87 n° 58.
  • Phalène du noisetier (Phal. corylaria), Olivier, Encyclopédie méthodique tome 10 p. 87  n° 59.
  • L'Angérone du prunier, 1829, P.A.J. Duponchel in J.B. Godart Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, tome VII p. 181, illustration planche 147 fig. 1-4 peinte par Dumesnil.

 angerona-planceh.png

  Sous ce nom d'Angeronie du prunier, Duponchel décrit deux variétés, que certains auteurs avaient considérés comme deux espèces différentes : A. prunaria prunaria, ou Angérone du Prunier (fig. 1&2)  et A. prunaria corylaria ou Angérone du coudrier (fig. 3&4)

  Dans les deux variétés, le mâle est plus coloré, et plus petit.

 La variété la plus commune est prunaria : "Les quatre ailes du mâle prunaria, tant en dessus qu'en dessous sont d'un beau jaune-orangé, et plus ou moins chargées de petites stries noires, avec un croissant, ou plutôt une ligne un peu courbe de cette dernière couleur sur le disque de chacune d'elles, et leur frange entrecoupée de noir. La femelle ne diffère du mâle que parce que chez elle la couleur orangée est remplacée par le jaune d'ocre."

  " Le fond de la couleur de la corylaria est le même que chez la précédente, c'est-à-dire orangée chez le mâle et jaune d'ocre chez la femelle, mais ce fond est absorbé en grande partie par une large bande d'un brun-noir qui termine les quatre ailes, ainsi que par une grande tache de même couleur placée à leur base. Dans quelques individus, le noir domine tellement sur les ailes inférieures que l'on n'aperçoit plus que quelques atomes du fond, au milieu."

  J'en conclue donc que je n'ai pas attrapé la forme la plus courante, mais bel et bien une Angéronie corylaria, ma chère, et, parmi celles-ci, l'une de celles qui se piquent de ne pas laisser le galon de feutrine noir dissimuler par trop la belle étoffe d'or aux mouchetures sépia. Une forme rare, à rendre jaloux un bas-breton dans sa chupenn brodée.

Nom vernaculaire anglais : Orange Moth  

                       allemand : Schelenspanner

 

  La chenille de l'Angéronie "sort de l'oeuf en septembre, passe l'hiver engourdie sous de la mousse ou dans quelques fentes d'arbre, et n'atteint toute sa croissance que vers la fin de mai de l'année suivante. A cette époque, elle se renferme entre des feuilles, qu'elle attache ensemble par quelques fils et dont elle tapisse l'intérieur d'un léger tissu, pour s'y changer en une chrysalide d'un brun-rouge, avec l'enveloppe des ailes noires ; et le papillon en sort trois semaines après, c'est-à-dire à la fin de juin ou au commencement de juillet" C'est alors que j'interviens, avec mon petit appareil photo, clic-clac, merci Kodak !

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Published by jean-yves cordier
14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:20

La Râtissée Habrosyne pyritoides (Hufnagel, 1766)

 

Lieu : Plouzané

Date : 11 juillet 2012

Plante hôte : Ronces.

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Zoonymie

Hétérocère

Nom scientifique :

DrepanidaeThyatyrinae

Nom de genre : Habrosyne, Hübner, 1821

  L'adjectif grec habros signifie "tendre, doux, délicat", comme dans le terme habrodiaitos qualifiant par exemple Aphrodite, "celle qui vit délicatement"; il intervient dans la construction du nom du rat-chinchilla Abrocome (au poil délicat), ou en zoonymie ornithologique dans la construction du nom de genre Abroscopus, sylviidés d'Asie. Les grecs avaient surnommés Sardanapale "Panabros", "le Tout-délicat, le tout-efféminé". En botanique, les grecs anciens nommaient sous le seul nom d'Habrotonon deux plantes différentes, une Artémisia et une santoline. Parmi les liliacées, l'Habranthus est "une fleur délicate". Citons encore le Kakapo ou perroquet-hibou Strigops habroptila, "à la plume douce".

  Habros, c'est bien, mais que veut dire Habrosyne ? A. Maitland Emmet (1991) traduit : du grec habrosune, "splendeur", mais cela laisse de coté des subtilités qui viennent enrichir notre manière d'admirer ce papillon.  On peut s'appuyer sur la lecture de l'article de Mario Lombardo, Habrosyne nel habra'nel mondo greco arcaico, Publications de l'École Française de Rome, 1983 pp. 1077-1103, disponible en ligne ici : link, ou bien considérer que habrosyne et habra sont, à l'origine, des notions de valeurs archaïques qui définissent ensemble des goûts aristocratiques associés au luxe, au raffinement, à la délicatesse, à la recherche d'étoffes précieuses, d'objets en or ou de mets gastronomiques, développés initialement au VIIe et VIe siècles chez les Perses ou dans l'aristocratie grecque d'Ionie au contact de l'Orient, mais qui furent rattachés plus tard à des valeurs plus décadentes de mollesse, de licence et de déprédation ou de corruption des moeurs, notamment lorsque, sous la dynastie des Ptolémés, elles en vinrent à participer à une politique ostentatoire d'exhibition des richesses et de prestige social lors de dîners à la Lucullus ou dans des bâtiments. Sous le nom de tryphé, cela devient, après les guerres du Péloponnèse, une valeur négative, s'opposant au mode de vie spartiate pour dénoncer le laxisme ionien puis athénien responsable des défaites, et pour Platon, elle rend compte du déclin des grands foyers de civilisation d'Asie et d'Occident. 

  On voit que ce mot peut introduire à une découverte passionnante des phénomènes aussi diverses que ceux des dons et contre-dons, des mentalités grecques lors de la colonisation, des phénomènes d'acculturation ou des réflexions sur la "décadence de moeurs". Mais concernant le regard que l'entomologiste peut porter sur ce papillon de nuit nommé Habrosyne pyritoïdes, et sur les raisons historiques qui amenèrent Hübner à le nommer ainsi , il s'enrichira d'y voir un bijou raffiné, un élément d'une parure ornementale alliant les matériaux les plus précieux et d'imaginer les damasquinures ou les glaçures de ce chef-d'oeuvre dans une vitrine de musée, dans son écrin, comme un céladon Goryeo, le gobelet d'or d'un roi Achéménide, un camée en sardonyx au veinage sépia, ou plus près de nous  l'oeuf Empire Fabergé en néphrite que Nicolas II offrit un jour à Maria Fedorovna. 

  C'est dire combien notre nom vernaculaire "la ratissée" est éloigné de ces fastes : 

 

 

Nom d'espèce : Habrosyne pyritoides (Hufnagel, 1766) Beschreibung einer seltene und besonders schönen Phaläne (Phalaena pyritoides), Berlinisches Magazin, oder gesammlete Schriften und Nachrichten für die Liehaber der Arzneiwissenschaft, Naturgeschichte und der angenhmen Wissenschaften überhaupt 3,(6) [1767]: 560-562. Berlin.

 l'épithète pyritoïde signifie "qui ressemble à la pyrite", ce minerai d'éclat métallique doré pâle tirant son nom du grec pyros -lithos, "pierre à feu" en raison de sa capacité à produire des étincelles.

Il fut établi que la pyritoides de Hufnagel était le papillon décrit par Linné dans la 12ème édition du Systema Naturae en 1867 sous le nom de Phalaena derasa.Cet épithète provient du latin derasus, a, um, part. passé du verbe derado, et signifiant "raclé, ratissé".


Nom vernaculaire :

  •   La Décorcée,   1775, Charles de Villers, Entomologie linnéenne, tome II p.229 n° 220.

 

  • La Râtissée, 1792, Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, tome VIII p. 5 n° 530 illustration planche 507. link Ce nom vernaculaire est la traduction du derasa de Linné, et Engramelle l'explique ainsi : " Les ailes supérieures de cette phalène sont ornées de manière très remarquable. La couleur grise qui y domine est tellement coupée de larges lignes blanches qu'elles forment différentes bandes et différentes taches. Une d'entre-elles, triangulaire, placée au bord d'en bas, d'un gris tout uni, a été désignée par Linné comme une partie qui semble rasée, et cette apparence lui a fait donner à la phalène le nom de Deraza." J'avais, pour ma part, cru que ce terme de "ratissée" désignait les zébrures des ailes, semblables à celles qu'un jardinier esthète trace dans le sable des allées, et qu'Engramelle qualifie de chevrons en point de Hongrie.

 

  • Noctuelle ratissée,1827 P.A.J. Duponchel in Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France vol.7 partie 1, p. 412 n° 43 link  Illustration par Dumesnil, gravée par Tourvaty, Planche CIII p. 13 n° 2 (mâle).

 

  • l'Agathe : on trouve ce nom mentionné de nos jours (site Papillon de Poitou-Charentes). C'est, d'après Engramelle, Fuesly qui nomma ce papillon La Phalène d'Agathe dans son "Magasin Entomologique" (Johann Caspar Füssly, Magazin für die Liebhaber der Entomologie, Zurich, 1778, 4 vol.in-8); et Engramelle approuve en notant que " ce nom désigne bien les dispositions et les nuances des ornements des ailes supérieures". Duponchel écrivait dans la référence précédente que " Cette belle noctuelle, dont la couleur naturelle est d'un blond d'écaille ou d'agathe, est très remarquable par le dessin de ses ailes supérieures. 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:18

Deux microlépidoptères de la famille des Torticidae :

Tortrix viridana et Epiblema uddmanniana.

 

Lieu : Plouzané (29)

Date : 6  juillet 2012

I. La Tordeuse verte du chêne Tortrix viridana (Linnaeus, 1758), 

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Zoonymie : 

Nom scientifique :

Nom de genre: Tortrix Linnaeus, 1758. : "tordeuse".

Nom d'espèce : tortrix viridana (Linnaeus, 1758), protonyme Phalaena Tortrix viridana ; Linné cite en référence Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, 2, t. 18.

Nom vernaculaire : 

  • La chappe verte, 1762, Louis Etienne Geoffroy, Histoire abrégé des insectes Tome II p. 171 n° 123.
  • La Verte (Tort. viridana) 1775, Charles de Villers, Entomologie linnéenne, Tome II p. 388 n° 650.
  • Pyrale verdâtre, Serville et Lepelletier de St-Fargeau, Encycl. meth. Tome X p. 256 n°4. 
  • Pyrale verdâtre, Walckenaer, Faune parisienne Tome II p. 314.
  • La Tordeuse verte, 1834, P.A. J. Duponchel in Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou Papillons de France Tome IX p. 98, n° 1139, illustration planche 240 p. 96 n° 3 par J. Delarue, gravure Melle Plée. (Le graveur en histoire naturelle Plée père, rue du Faubourg St-Jacques a un fils, François, et un neveu, Auguste, qui gravèrent les figures d'un ouvrage de botanique en 1811 ; nul doute que la fille ait également pris le relais de l'atelier paternel).link
  • L'Halias verte, 1867, Blanchard, Revue des Cours scientifiques, Paris.

   "Elle est d'un joli vert uni, avec la côte et la frange blanchâtre sur les ailes supérieures et d'un gris cendré, avec la frange également blanchâtre sur les inférieures. Le dessous des quatre ailes est d'un blanc luisant et comme argenté, avec un léger reflet verdâtre aux premières ailes seulement ; Les palpes, les antennes et la tête sont d'un vert jaunâtre. Le corselet est d'un même vert que les ailes supérieures, et l'abdomen participe de la couleur des inférieures. [...] L'espèce dont il s'agit est bien certainement la plus commune du genre ; il suffit à l'époque de son apparition de secouer les branches des chênes qui bordent les allées [de Paris] pour en faire partir des centaine d'individus, qui ne tardent pas à se réfugier sous les feuilles après avoir voltigé quelque temps." (Duponchel, op. cité, p. 98-100) 

  Comme l'avait déjà observé Geoffroy, la chenille puis la chrysalide s'abritent dans la feuille roulée du chêne ; mais auparavant, en mars, la chenille a pénétré dans les bourgeons pour les dévorer, avant de s'en prendre aux jeunes feuilles et aux inflorescences. Cette "tordeuse défoliatrice" peut donc défolier totalement un chêne.



II. La Tordeuse de Solander Epiblema uddmanniana (Linnaeus, 1758) Bramble Shoot

 

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      La couleur chocolat de la tache dorsale apparaît mal sur mon cliché.

Zoonymie :

Nom scientifique:

Olethreutinae

Nom de genre : Epiblema Hübner, 1825. L'epiblema est, en Gréce antique, un voile jeté sur les épaules, ou, dans les évangiles synoptiques (par ex. Mat.9, 16) une pièce (de tissu) ("personne ne met une pièce de drap neuf sur un vieil habit"). Le mot dérive du grec epi-ballo, "jeter sur", où le verbe ballo signifie "jeter". On retrouve cette construction dans emblema, "ce qui est appliqué sur", ou dans notre "problème", venant de pro-ballo, "jeter devant, mettre en avant un argument" (Trésor de la Langue Française).

Nom d'espèce : Epiblema uddmanniana Linnaeus, 1758 , protonyme Phalaena Tortrix uddmaniana.

Synonyme : Notocelia uddmanniana

   Il s'agirait d'un hommage à un entomologiste et médecin finlandais qui vint à Uppsala, Isaac Uddman (1733-1781) et à sa publication (Johan Leche, Isaac Uddman) Novae insectorum species (1753). Ce fils d'un négociant de Kristinestadt collectait les insectes autour de Turku, et les adressait à Linné qui les nommait. Le Muséum d'Histoire Naturelle d'Helsinski conserve encore ses collections.

   Uddman a publie en 1761 à Uppsala sous la présidence de Linné un opuscule de 14 p. intitulé Lepra quam dissertaniones medica. En effet, Uddman est l'auteur de la première thèse de médecine écrite sur la lépre, où il défend la théorie actuellement admise que la forme prise par la maladie ne dépend pas seulement de la durée d'évolution, mais aussi de la constitution de l'individu. Cent ans avant que le bacille ne soit isolé des nodules, il argumentait pour la responsabilité d'un "small animal of infinitesimal smallness" qu'il faudrait pouvoir rechercher dans les nodules.

 Le double n final Udmann me faisait hésiter, mais cette hypothèse zoomymique est également celle de An accentuated list of the British Lepidoptera with hints of the derivation of the names, de l' Entomological Societies of Oxford and Cambridges, London, 1858.

  

Nom vernaculaire:   La Tordeuse de Solander, la Tordeuse des ronces

  • La Solander ? 1775, Charles de Villers, Entomologie linnéenne, T. II 
  • L'Aspidie de Solander Aspidia Solandriana 1834, P.A. J. Duponchel in Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France tome IX p. 181 n° 1181 Illustration pl. 245 fig. 2 par J. Delarue gravée par Melle Plée.

Daniel Solander (1733-1782) est un suédois, élève de Linné, qui a participé au premier voyage de Coock sur l'Endeavour en 1768-1771. Il en ramena des collections de milliers d'oiseaux, de plantes et d'insectes.

Le nom français semble en rapport avec une confusion initiale entre Epiblema uddmanniana et Epinotia solandriana (Linnaeus, 1758) dont la tache sombre est plus étendue, décrite par Linné comme Phalaena tortrix solandriana, et qui se développe sur les bouleaux, les saules marsault et les noisetiers alors que E. uddmanniana occupe les ronces,  framboisiers et autres espèces de la famille des Rubus.


Nom vernaculaire anglosaxon : Bramble Shoot webber ou  Udmann's Bell moth

                        allemand : Brombeertriebwickler

                        dannois : Brombaevikler

                        neerlandais : Bramebradroller

                        norvégien : Bjornebaervikler


   

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:18

 

   La Porcelaine, Pheosia tremula (Clerck, 1759).

 Notodontidae

 

 

  • date : 9 juin 2012
  • Lieu : Poulancre-Boquen, Saint-Gilles Vieux-Marché (22).
  • Modalités

    : piège à lumière (drap + ampoule mercure).

     

     

     

    Stage de formation hétérocère organisé par Bretagne Vivante et le GRETIA et animé par Maël Garrin que je remercie pour sa patiente supervision de nos tentatives d'identification.

     

     

 

 

 

  • envergure : 44-55 mm
  • Vole de mi-avril à mi-juin, et juillet à septembre en deux générations
  •  Plante hôte : Peuplier, érable, saule et bouleau.

                          015cc


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Zoonymie

La Porcelaine Pheosia tremula (Clerk, 1758) Swallow prominent.

1) Nom scientifique : 

 Genre : Pheosia Hübner, 1819, Verz. bek. Schmett. (10) : 145 link qui inclut dans ce genre Pheosia dictaea Linn et P. dictaoides Esp. (cf infra).  Le nom provient selon A. Maitland Emmet (1991) du grec pheos, qui désigna en botanique chez Pline, Dioscoride et Théophraste une plante épineuse dont les foulons se servaient pour carder leur drap (comme notre cardère) ;  [un hononyme pheos signifie "brun"].Le qualificatif se comprend bien si on considère l'aspect épineux des lignes blanches du bord externe de l'aile antérieure.

espèce : tremula, (Clerck, 1759), du latin tremulus, a, um, "tremblant". Là encore, l'épithète est convaincant, pour peu que l'on ait essayé de photographier l'individu et que l'on ait du attendre longtemps la fin du tremblement des ailes. Mais A.M. Emmet se plaît à imaginer que Clerck ait voulu aussi jouer sur le double sens de  tremulus, qui désigne aussi l'arbre nommé "tremble" ou Populus tremula, l'une des plantes hôtes. Mais il n'a certainement pas voulu écrire le Pheosia "du tremble", car il aurait utilisé alors la forme tremulae.

Publication : Clerck, C. (1759) : Icones insectorium rariorum cum nominus eorum trivialibus, locique e C. Linnaei. Tab.9, fig 13, Stockholm. Le disciple suédois de Linné  Carl Alexander Clerck (1710-1765) est surtout connu par son ouvrage sur les araignées (Aranei suecici, 1757) mais il n'a pu achever son ouvrage illustré sur les papillons, qui est dépourvu de commentaires et s'arrête prématurément au troisième fascicule. On doit néanmoins à Clerck de nombreux noms d'hétérocères.

2) Nom vernaculaire : Il provient du Révérend-Père Engramelle :

  • La Porcelaine, la chenille du peuplier noir : 1786, Jacques Louis Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, Tome V, n° 260, P. pl. 197, fig. a et b link . On remarque l'étendue de la bibliothèque d'Engramelle, qui cite 14 auteurs, dont la publication princeps de Clerk.   Il existe deux espèces bien similaires  que le Père Engramelle a confondu sous le même nom de Porcelaine ; il se déclare incapable de trancher sur la question alors débattue de savoir si les deux papillons, alors nommées Phalènes tremula et dictaea, étaient deux espèces différentes, ou deux variété de la même , mais il réserve deux numéros (260 et 261) pour les deux Porcelaines.    Linné , dans sa 12ème édition du Systema Naturae (1766-1768) I, 2 p. 826 utilisait les deux termes de dictaea et de tremula comme une seule espèce. 

 Il explique qu'il a donné ce nom français car certains auteurs utilisaient le nom latin de "porcellanea" : il n'est donc pas l'inventeur du terme. Ces auteurs, cités par Engramelle, sont le suisse Fuessly, Hüfnagel (Mag. de Berlin tome II p. 420) Goeze, Lang, Scheider, et l'auteur du Catalogue des Papillons des environs de Holzm.

  • La Porcelaine, Bombyx dictaea  : 1822, Jean-Baptiste Godart, Histoire Naturelle des lépidoptères ou Papillons d'Europe, vol. 4, Nocturnes Ière partie, n° 49 p.196. Ill. Planche 19 fig.1 par Dumenil, gravée par Perrot fils. link

L'illustration donnée par Godart (Google Books, lien supra) : la figure 1 représente Bombyx dictaea (Pheosia tremula) et la figure 2 Bombyx dictaoïde ( Pheosia gnoma) :

pheosia-tremula-.png

 

 

         Godart, lui, sépare le Bombyx dictaea (B. dictaea et tremula de Linné ) et le Bombyx  dictaoïde (B. gnoma de Fabricius).

Actuellement, on décrit  Pheosia gnoma (Fab, 1777), la Faïence et  Pheosia tremula, la Porcelaine. Cette dernière est plus grande, sa tache blanche triangulaire des ailes antérieures est plus étendue et plus allongée, et ses ailes postérieures sont plus blanches. ( R. Robineau). Ces différences sont parfaitement décrites par Godart, qui ajoute : que "la liture noirâtre de leur angle interne" offre un croissant inversé chez tremula, et un "petit quarré blanchâtre" chez gnoma

Nom vernaculaire d'autres langues :

GB : Swallow prominent (et Small Swallow Prominent pour P. gnoma) : la langue anglo-saxonne choisit une voie originale avec ce terme, dont j'ignore s'il faut le traduire par "Hirondelle remarquable" ou par "Gorgée saillante".

D : Pappel-Zahnspinner ou Porzelanspinner, où on reconnaît le "spinner", le caractère épineux du mot pheos.


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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:16

La Périzome coupée Perizoma alchemillata (Linnaeus, 1758), Small Rivulet.

 

Lieu : Plouzané (29)

Date : 11 juillet 2012.

041c

 

Zoonymie

Nom scientifique :

Geometridae

Larentiinae

Nom de genre : Perizoma Hübner, 1825. Le perizome (du grec signifiant "autour de la ceinture" désigne la culotte, ou, dans l'iconographie chrétienne, le pagne (perizonium) qui ceint le bassin du Christ crucifié. En 1836, c'est aussi le nom que quelques chirurgiens donnent au bandage herniaire...

Le genre réunit 14 espèces (Fauna Europaea), dont P. affinitata, une espèce très proche de P. alchemillata, mais  plus grande ( 24-30 mm d'envergure contre 14-18mm pour alchemillata) et qui ne possède normalement pas de double indentation de la ligne blanche des ailes antérieures (UKMths,http://ukmoths.org.uk/show.php?bf=1803).

Nom d'espèce : Perizoma alchemillata (Linnaeus, 1758),Systema Naturae 10ème edition tome I p. 526 pour lequel on retrouve la construction zoonymique habituelle à Linné pour l'épithète spécifique de ses geometridae : nom de la plante hôte + terminaison en -ata.

  L'alchemille commune alchemilla vulgaris doit son nom au fait que les alchimistes croyaient que la rosée trouvée sur les feuilles de cette plante pouvait changer les métaux vils en or. (CNRTL, Trésor de la Langue Française).

 Synonyme : Rivulata ([Denis & Schiffermüller], 1775), d'où provient le nom vernaculaire anglais Rivulet (cf.infra). Stephens 1831, reprit par Boisduval & Guenée 1857, proposera Emmelesia.

Nom vernaculaire :

  • Phalène du pied de lion, 1775, Charles de Villers, entomologie linnéenne tome II p. 347    n°529. L'alchemille commune est effectivement désignée en langage venaculaire par les termes de Manteau de Notre-Dame ou de Pied-de-lion.
  • La Coupée, 1775, Charles de Villers, op. cité 
  • La Mélanippe de l'alchemille, 1830, P.A.J. Duponchel in Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou Papillons de France, Tome 8, p. 294 n° 845, illustration planche 191 fig. 2 par Dumenil. Le genre Mélanippe avait été créé par Duponchel pour regrouper, parmi les Cidaries, Acidalies et Zérènes de Treitschke,  des espèces à ailes noires à bandes blanches.  Duponchel nommait Mélanippe coupée sa Melanippa rivulata, op. cité. page 289. Il s'agit de la même espèce : rivulata = alchemillata.

     

  • Périzome coupée :  date ?


Nom vernaculaire  anglais : Small Rivulet, "ruisselet, ru", petit courant (de l'italien rivoletto, lui-même issu du latin rivulus, "petit ruisseau, filet d'eau", diminutif de rivus,i, "cours d'eau". Rivulet étant déjà un diminutif, on imagine qu'un "small rivulet" ne soit plus qu'un tout petit ruisselet. Mais l'adjectif Small qualifie plutôt le papillon, qui est plus petit que son grand frère Rivulet, Perizoma affinnata. Le ruisseau en question, c'est bien-sûr celui que dessine la bande blanche des ailes, avec ses méandres, ses atermoiements, ses "vire-courts". Car sur les ailes de notre Périzome, en effet, comme le dit Ronsard, "soit de jour, soit de nuit / un petit ruisselet y jaze d'un doux bruit,/ murmurant ton beau nom dans ses rives sacrées."

Nom vernaculaire allemand: Hohlzahn Kapselspanner : Hohlzahn désigne la plante hôte galeopsis tetrahit.

Nom suedois : Pillikemittari.

Ce papillon vole de juillet à août en une génération, dans les bois, les prairies et les clairières ; sa chenille se trouve sur l'oeillet (dianthus), le lamium, le galeopsis tetrahit, les Stachys. Cette dernière plante est une lamiée, aussi nommée Ortie royale, qui tire son nom Galeopsis du grec galon, "belette, putois" et ôpsis, "en forme de ", en raison de l'aspect de gueule carnassière de sa fleur. La chenille se nourrit de sa graine ou de sa fleur.

 http://books.google.fr/books?id=t2dh_pphB7EC&pg=PA289&dq=melanippe+coup%C3%A9e&hl=fr&sa=X&ei=jj3_T9PFOdKYhQfY9vjJBw&ved=0CDsQ6AEwAQ#v=onepage&q=melanippe%20coup%C3%A9e&f=false

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:14

 

L'Écaille martre Arctia caja (Linnaeus, 1758).

Lieu : Tal ar Groas, Crozon.

Date : 8 août 2012.

Mâle.

073c

 

Zoonymie.

Nom scientifique.

Arctiidae, arctiniinae

Nom de genre : Arctia, Schrank, 1802. Du grec arktos, "ours", pour qualifier les chenilles que nous disons "oursonnes" en raison de leur caractère trés velu.

Nom d'espèce : Caja, (Linnaeus, 1758) ; Caja ou Caia est le féminin du nom latin Caius, Caïus ou Gaius, ou du prénom romain Caius comme pour Caius Julius Caesar. A. Maitland Emmet (1991) fait remarquer que Linné a dénommé les espèces particulièrement colorées d'hétérocères de noms féminins ( comme Arctia villica, la Fermière) lorsqu'il ne leur donnait pas des noms faisant allusion au mariage, comme Catocala nupta, electa, elocata, promisa, ou sponsa. Selon Godart, c'est aussi le cas ici puisque cet auteur donne en note "Caja ou Caïa, "maîtresse de maison" ; titre accordé à l'épouse par le contrat de mariage. L'époux prenait le titre de Cajus."

  Linné utilise, page 500-501 de la 10ème édition du Systema Naturae, le protonyme Bombyx caja. Il cite en référence l'anglais Mouffet (qui a édité en 1664 le travail du suisse Gessner), l'italien Ulysse Aldrovandi, Goed. et List. goed,  l'allemande Anna Maria Sybilla Merian, l'anglais Albin, et les auteurs francophones Réaumur et De Geer, ou bien Blank, John Ray, Roesel, B.Wilkes, mais sans indiquer les noms que ces auteurs utilisent.  Ces réfèrences montrent que ce papillon figure parmi les premiers à être identifiés, ce qui ne surprend pas vu ses caractéristiques remarquables.

Synonymes : Phalaena erinacea Retzius 1783, Arctia caja v (ab) lusitanica Spuler 1906.


Noms vernaculaires.

  • L'écaille martre ou hérissonne Bombyx caja,1762, Louis-Etienne Geoffroy, Histoire abrégée des insectes qui se trouvent à proximité de Paris, tome II p. 108 n° 8. Cet auteur nous donne l'explication du nom vernaculaire : " La chenille de cette phalène est très velue, chargée de tubercules, et ses poils sont forts longs. C'est ce qui l'a fait nommer la martre ou la hérissonne. Quelques-uns la nomment le lièvre, car elle marche assez vite". link. Godart explique le terme "hérisonne" parce quelle a l'habitude de se rouler en anneau lorsqu'on la touche ou qu'elle entend du bruit". En s'enroulant tête au centre, la chenille s'oppose à sa prédation.
  • L'écaille martre, chenille hérissonne de l'ortie, 1785, Jacques-Louis Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, tome IV  n° 187 p. 110 illustrations peintes par Maria-Elenora Hochecker et Kraul et gravées par François-Louis Swebach-Desfontaines , n° 139 à 142 p. 108. link. Engramelle, qui signale que cette espèce est particulièrement fertile en variétés, en donne 28 en illustrations (Cf infra : Variétés) dont j'ignore si toutes sont valides.
  • L'Arctie martre, 1817 Latreille, in Régne animal par Cuvier p. 569. link
  •  L'écaille caja, Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France tome IV, Nocturnes, n° 91 p. 300 sous le nom scientifique de chelonia caja. Planches par Dumesnil, gravées par Tourcaty n°XXX fig. 1 & 3 donnant un mâle et deux variétés femelles dont lutescens.
  • L' écaille martre, 1849, P. A. J. Duponchel; Histoire naturelle des chenilles, p. 28, fig. 

 

    Le zoonyme est orthographié "martre" par les différents auteurs, mais l'orthographe "marte" est licite ; le mot, employé pour désigner un mustélidé recherché pour sa fourrure ( martre de France, fouine ou zibeline qui est une matrtre d'Asie du Sud-Est ou d'Amérique du Nord) est attesté dans les Lais de Marie de France en 1170, il provient, par l'ancienne langue franque, du vieil allemand mardar, "martre". 

GB : Garden Tiger Moth.

D : Brauner Bär

Italien : Caia

espagnol : Gitana

Nederland : Grote Beer

 

Variétés.

  Comme le signalait Engramelle, cette espèce présente une grande variété d'aspect, tant pour la répartition des taches chocolat ou café  des ailes antérieures que pour celle des taches bleu-noirâtres des postérieures, tant et si bien qu'André Lequet, dans son article passionnant http://www.insectes-net.fr/caja/caja1.htm, a pu en reprenant une phrase d' Engramelle sous-titrer "deux pareilles...ne trouverez". Le Guide des papillons nocturnes de France coordonné par Roland Robineau (Delachaux et Niestlé) donne 4 illustrations, dont les formes mâle et femelle (essentiellement remarquable par l'abdomen dilaté, mais seulement avant la ponte, et dont la taille globale dépasse celle du mâle), une forme lutescens Tutt et une forme aberrante, alors que le Concise Guide to the Moth of Great Britain and ireland de Townsend et Waring indique que les taches brunes peuvent couvrir presqu'entièrement les ailes, ou être quasi absentes, mais que ces formes sont rares dans la nature; ils donnent la figure d'une forme petriburgensis ( aux ailes antérieures majoritairement de couleur crème), d'une forme lutescens (aux ailes postérieures jaunes à taches bleues), et d'une forme fumosa (dont les deux ailes sont enfumées ). 

 

  On trouve aussi la mention de formes  obscura Cockill, phantasma Niepelt 1905, jeuneti Oberthür (observée à Jeunet dans le Doubs), abs.3  Hampson, rubrodorsalis Schultz, pallens Schultz. (http://r.a.r.e.free.fr/arctiidae/4230.htm). : La zoonymie a de beaux jours devant elle !

 

   Un bon exemple de ces variations est visible ici :http://www.insectnet.com/cgi/dcforum/dcboard.cgi?az=read_count&om=1020&forum=DCForumID7

  Ces variétés semblent avoir été validées comme des espèces à part entière pour Arctia petriburgensis Cockaine 1935, (Catalogue of Live -Itis) ou Arctia lutescens Tutt.

  L'article Wikispecies donne les sous-espèces suivantes : A. c. americana - A. c. caja - A. c. kamtschadalis - A. c. mazandarana - A. c. orientalis - A. c. ossetica -

 A. c. pamiroalaica - A. c. phaeosoma - A. c. sajana - A. c. tschiliensis -A. c. utahensis - A. c. waroi - 

 A. c. wiskotti

 Aposématisme et réactions de défense.

Les couleurs éclatantes de nombreuses Écailles, et le rouge, jaune ou orange ocellé des ailes postérieures, sont dites "aposématiques", comme celles des coccinelles, c'est-à-dire qu'elles jouent le rôle de signalisation d'un danger à la consommation pour les prédateurs eventuels. Les chenilles, en se nourissant sur des plantes particulières, accumulent des produits toxiques dont héritent les formes adultes. Chez A. caja, il s'agirait (Wikipédia) de neurotoxiques actifs en interférant avec le récepteur à l'acetylcholine.

  En outre, les arctidés disposent d'un organe résonnant du mésothorax qui, mit en vibration, émet des ultrasons ; ceux-ci peuvent prévenir les prédateurs, ou perturber l'organe d'écholocation des chauve-souris. En effet, ces papillons émettent des clics ultrasoniques lorsqu'ils perçoivent les séries de pulsations ultrasoniques des chauve-souris ou après un contact tactile : une expèrience en laboratoire montre que les arctiidae volent plus librement que les autres familles, en changeant moins leur trajectoire, et que les chauve-souris consomment moins d'arctiidae que de papillons différents. http://www.nrcresearchpress.com/doi/abs/10.1139/z92-298


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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 00:12

 

 

              L'Oecophore nervurée

       Alabonia geoffrella Linnaeus, 1767.

Lieu : Landivisiau.

Date : 9 juin 2013, Sortie naturaliste organisée par Bretagne Vivante sous la direction de Mikaël Buord.

 

018cc

 

                       025cc

 

 

Ce papillon Alabonia geoffrella (Linnaeus, 1758) l’Oecophore nervurée appartient au sous-ordre des microlépidoptères, super-famille des Gelechioidea Staiton 1854, famille des Oecophoridae Bruand 1851, sous-famille  Oecophorinae.

  Avec ses palpes labiaux démesurés, légèrement arqués et relevés au-dessus de la tête, terminés par une extrémité blanche, et les couleurs roux, blanc et bleu métallique de leurs ailes, il est aisément reconnaissable malgré sa taille de 17 à 21 mm.  

En mai ou juin, le mâle s'installe sur une feuille au soleil, en lisière d'une forêt ou d'une haie, et vole le matin pour attirer les demoiselles, dansant dans un rayon doré avant de s'accoupler avec ses conquêtes.

 

Zoonymie.

Nom scientifique.

— Nom de genre : Alabonia Hübner 1825. Verz. bek. Schmett. p. 418, avec la description "die Schwingen hellfärbig bandirt und metallische glanzend bezeichnet" donnant comme critère les couleurs brillantes et métalliques des ailes. Alabonia geoffroyella (sic) est l'espèce type.

  L'origine du nom n'est pas claire. Emmet lui-même, en proposant d'y voir le latin ala / aile, bona/ bonne, "aux bonnes ailes", n'est pas crédule de son hypothèse et signale qu'übner ne construit jamais ses noms de genre à partir du latin. Les autres noms de genre qui suivent ou précèdent celui-ci dans sa publication ( Esperiae —du nom Esper—, Epermeniae, Galanthiae, Nemophorae, Eutyphae, Brachmiae, Antispilae) ne donnent pas d'ndices. Mes propres recherches ne retrouvent sous le nom d'Alabon qu'un fleuve grec, "fleuve de Sicile qui selon Diodore se déchargeait dans la mer au travers d'une piscine creusée par Dédale de Mégaride"

— Nom d'espèce : Alabonia geoffrela.  Protonyme Phalaena Tinea geoffrella Linnaeus 1767 . Systema Naturae (Éd 12), 1 : 896 n°430.  C'est un hommage au français Etienne-Louis Geoffroy (1725-1810) auteur en 1765 de Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique (deux volumes, Paris, Durand), le premier auteur à avoir donné aux espèces d'insectes, et notamment de papillons, des noms dans notre langue. Voir  Histoire des noms français de papillon I : Etienne Louis Geoffroy

 Dans la nomenclature par Linné de ses 202 "teignes" Phalaena Tinea numérotées de 345 à 452, Linné utilise la terminaison -ella ; il débute par des épithètes descriptifs (bella, pulchella), puis des formes composées à partir des plantes-hôtes, qui portent alors des majuscules ( Xylostella, Populoella, Pomonella, Strobilella, Turionella, Juniperella, Calthaella, Lichennella pour Lichen candelarius) avant de débuter avec son numero 423 une série de noms propres de naturalistes dans lequel il s'inclut d'ailleurs: ce sont les auteurs qui ont décrit les espèces qu'il recense, comme evonymella, décrite par 10 de ces auteurs.

On voit donc Linné, en baptisant 27 espèces de minuscules papillons, traverser depuis Thomas Mouffet près de deux cent ans d'histoire de l'entomologie, et honorer dans ce Panthéon la mémoire de ses membres les plus prestigieux en les associant...à ceux de teignes !

  On constate aussi que Linné attribue la majuscule à ces épithètes, en toute logique puisqu'il s'agit de noms propres. Néanmoins, celle-ci a disparu des usages et de la taxinomie.

La rigueur voudrait aussi que Linné ait construit l'épithète Geoffroyella : cette forme, plus respectueuse du nom de notre compatriote, a été, et est parfois encore, largement employée, notamment par Fabricius en 1781 et par Hübner dès 1793 (après une première utilisation de geoffrella en 1791), ou par Stephens. C'est aussi cette forme qui apparaît dans l'édition "posthume" du Systema naturae à Lyon par Desmollières en 1796 . On peut considérer que la forme Geoffrella a été reconnue fautive, mais qu'elle s'est maintenue car elle n'a pas été corrigée par Linné.

 

 Nom vernaculaire.

La Geoffroy (Tinea geoffrela), De Villers, Entomologie linnéenne (Caroli Linnaei Entomologia Faunae Suecicae descriptionibus auctae ) tome II,  p. 486 n° 921. Simple reprise de Linné.

— Énicostome de Geoffroy, 1838, Duponchel in Godart, Histoire Naturelle des Lépidoptères, Tome huitième page 415. Duponchel reprend le genre Enicostoma créé par Stephens dans  Syst. Cat. Br. Insectes (Insecta Haustellata): 199

  Le nom de genre Enicostoma, inventé par Stephens, vient du grec qui signifie "bouche unique", "nom principalement fondé sur l'organisation de la bouche, laquelle est en-effet très remarquable par la forme très particulière et la longueur des palpes, chez l'espèce unique [E. Geoffrela] qui lui sert de type" (Duponchel, op. cité p. 414). Les palpes inférieurs  sont décrits comme "très longs et relevés au dessus de la tête ; les deux premiers articles velus et légèrement arqués ; le troisième droit et filiforme", avec "les deux premiers articles noirâtres et le troisième blanc".

 Oecophore nervurée : 

 a) Le nom d'oecophore, construit sur les mots grecs oeco, "maison' et -phore, "qui porte", a été donné par Latreille 1796 à un genre de papillons afin de regrouper dans ce genre les espèces dont les chenilles vivent dans un fourreau portatif (Duponchel in Godart 1838, Histoire naturelle des Lépidoptères p. 448). La chenille d'Alabonia trouve refuge, elle, sous l'écorce des arbres, et se nourrit de bois pourri. Le genre oecophora est toujours présent en taxinomie, mais ne comporte plus qu'O. Bractella et O. Kindermannii

b) le qualificatif "nervuré", dont je n'ai pas trouvé l'auteur, doit être rapprochée de la description latine de Linné (je souligne) : P. Tinea antennis mediocribus, alis fuscis argenteo striatis ; maculis duabus flavis marginalibus.

      Les noms vernaculaires dans d'autres langues.

Je n'ai pas trouvé de dénomination vernaculaire en anglais * ou en allemand.

hormis "Geoffroy Tubic" . "tubic" se retrouve dans la composition de noms de nombreux microlépidoptères.

Les anciennes descriptions :

Cette description de 1897 par W.H. Kirby est la suivante :( A hand-book of the order Lepidoptera Vol. V, Londres 1897) : 

"Genus Harpella. (Gelechiidae)

"Harpella, Schrank, Fauna Boica, ii (2) p. 168 (1802) ; Zeller, Isis, 1839, p. 191 ; Staiton, Ins. Brit. tineina, p. 151 (1854) ; Von Heinemann, Schmett. deutschl (2) ii p. 371 (1870).

"Alabonia, Hübner, Verz. bek. Schmett. p. 418 (1829 ?) ; Stephens, III Brit Ens. Haus IV p. 226 ( 1834).

"Harpella geoffrella, Stainton, Ins. Brit. Titenina, p. 152 (1854) ; Von heineman, Shmett. Deutschl. (2) ii. (1), p. 372 (1870).

"This beautiful Moth is found in most parts of central and Southern Europe. It expands about three-quarters of an inch. The fore-wings are yellow, clouded with brown in the marginal third, and with two leaden-blue streaks rising from the base. Beyond the middle are two conspicious triangular pale yellows spots, one of the costa, and the other in the inner margin. The hing-wings are brown. It frequends hedge and woods, where it fleis about on sunny mornings."

 

 

Encore quelques liens:

Lepiforum :http://www.lepiforum.de/lepiwiki.pl?Alabonia_Geoffrella

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