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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 08:59

               

              Visite de la chapelle de Rocamadour

                et de l'église Saint-Rémy à Camaret.

           Petite étude des inscriptions lapidaires

           des églises de Camaret sur Mer :  tildes et N rétrograde .


     Qui ne connaît le port de Camaret ? Placé à l'abri d'un sillon de galet dont il tire son nom de      Kam-eret, le sillon de galet (ero) courbe (kam), c'est une escale commode pour les navires qui remontent vers le Four ou pour ceux qui descendent vers le Raz. Ce fut un grand port de pêche du temps des langoustiers mauritaniens. Mais aujourd'hui, c'est  aux secrets des pierres et aux détails des inscriptions que nous nous intéresserons, en pratiquant une déambulation rituelle autour de la chapelle de Rocamadour. Celle-ci est construite en belle pierre de Logonna dont les chaudes teintes blondes sont accentuées par le sombre microgranite de Kersanton. 

   Prenons du recul pour en voir la situation à coté de la Tour de Vauban, des cabanes passées au brai d'anciens charpentiers, et des vieux navires de pêche venus passer là leur retraite :


 camaret 2666

 

 Un coup d'oeil à la Tour :

camaret 2652

 

 


camaret 2654

  Et nous nous approchons de la chapelle par sa façade sud :

Le tour de la chapelle de Rocamadour :

camaret 2653


On y remarque une porte dont l'entourage de kersantite doit dater de la chapelle de 1527:


camaret 2613c


camaret 2649c



  Il y eut en effet plusieurs édifices ; le premier remonte à 1183 et était déjà dédié à N.D de Rocamadour. Le second est gothique et date de 1527 : la pierre qui mentionne sa fondation est celle à laquelle nous allons nous intéresser, mais elle a peut-être été détruite en 1597 lors de combats entre le gouverneur de Brest Rieux de Sourdéac et le brigand La Fontenelle.

  La chapelle actuelle a été construite entre 1610 et 1683, et nous allons aussi examiner les inscriptions qui témoignent de cette construction. En 1694 lors de la bataille de Trez Rouz, un boulet des anglais aurait décapité le clocher, qui garde encore la mémoire tenace de cet affront.

  En 1910, un incendie détruisit tout le mobilier et la charpente. 

Aujourd'hui, à défaut de coq au sommet du clocher, le Syndicat d'Initiative rétribue des goélands qui viennent à tour de rôle remplacer le coq habituel :

camaret-2657.JPG

 

  Un détail est rarement souligné, c'est la présence, sur le pignon Ouest, des armoiries, martelées mais malgré tout déchiffrable, de la famille de Poulmic, qui porte échiqueté d'argent et de gueules. Bien-sûr les couleurs sont absentes, mais l'aspect en damier "échiqueté" est caractéristique, et n'avait pas échappé à A.H. Dizerbo dans son article sur Les armoiries de la Presqu'île de Crozon (Bull. Société Archéologique du Finistère 1990, vol.19 p. 193).


 chapelle-rocamadour-nouvelles 7159c

 

 

 

  Visite de l'intérieur de la chapelle :

 

  Avant de se préoccuper de paléographie à la petite semaine, faisons comme tout le monde, et entrons dans le sanctuaire admirer les ex-voto :

voir : Les Ex-voto et maquettes de procession de la chapelle Notre-Dame de Rocamadour à Camaret.

camaret 2624c

 

 

La Belle-Étoile  CM 2705.

camaret 2628c

 

Le "Souvenir" : sans immatriculation, il ne correspond pas à un navire réel et son nom est une simple mention religieuse.

camaret 2629c

 

  La Stella matutina.

camaret 2630c

 

camaret 2625c

 

Rouanez ar Rosera, Audierne.

camaret 2626c

 

   Pour expliquer leur présence, il faut savoir que Notre-Dame de Rocamadour est très souvent invoquée par les marins face à un péril en mer,  que l'église de Rocamadour dans le Lot contient également de nombreux ex-voto, et qu'un pèlerinage des gens de mer se rend chaque année en septembre pour gravir (à genoux pour les plus motivés) les célèbres 216 marches qui donnent accès au sanctuaire situé sur un à-pic vertigineux dominant de 150 mètres de canyon de l'Alzou.

   En 2009, je grimpais moi-même le Grand Escalier de la Via Sancta pour atteindre le coeur du sanctuaire amadourien, la chapelle Notre-Dame, l'ancien ermitage détruit par un rocher en 1476. Dans la pénombre relative, je découvrais la Vierge noire, la Vierge miraculeuse entourée d'ex-voto et, suspendue à la voûte, un amas de plaques métalliques, la fameuse cloche que l'on entendait tinter lors des miracles, quand par exemple le navire dont l'équipage avait invoqué Notre-Dame avec ferveur venait d'échapper à un naufrage.

  Mais, en face de l'autel, je voyais surtout, dominant de ses 185 cm de long la statue noire de 69 cm, la maquette pimpante  d'un sloup langoustier camarétois, le Red Atao (Cours-toujours) CM 2082, et j'apprenais son histoire.

Red Atao à Rocamadour (Lot) en juillet 2009

rocamadour-cm-2082.jpg


  Son auteur, Jacques-Patrice Bamberger, grand maquettiste et professeur à l'École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d'Arts, avait mis en chantier ce voilier de pêche lorsqu'il fut victime, avec son épouse Françoise, d'un très grave accident dont il ne se rétablit, après un long coma, que par miracle, soutenu par une chaîne de prières. Il décida de reprendre sa maquette et alla la présenter le 3 septembre 2006 à Camaret lors du Pardon avant de l'offrir le 9 septembre à Notre-Dame de Rocamadour, dans le Lot. 

  Il existe aussi au Quebec une crypte construite en 1919 pour être dédiée à Notre-Dame de Rocamadour en la paroisse Saint-François d'Assise, et elle doit son existence à un miracle dont bénéficia l'équipage de Jacques Cartier : en proie au scorbut en février 1536 lors de leur hivernage au Canada, ils allèrent invoquer la madone en priant au pied d'un arbre où ils avaient fixé son image; peu de temps après, Cartier rencontre des amérindiens qui lui expliquent les vertus de la tisane de cédre blanc ou anédda, dont la consommation fit disparaître les symptomes scorbutique : c'est, comme le relate Jacques Cartier dans son journal de voyage, "un véritable et évident miracle".

  En 2008, une maquette au 1/50è de La Grande Hermine fut réalisée par J.P. Bamberger et transportée par le Cassard, navire de la Marine Nationale, pour être offerte, de la part de l'Évêché de Rocamadour (France) à la paroisse canadienne avec une copie de la statue de la Vierge Noire, lors du 400ème anniversaire de Quebec. Mais  la maquette et la statue du Quercy furent acheminés vers Brest, d'où appareillait la frégate Cassard,  de port en port  par étapes successives auxquelles participèrent de nombreux marins, dont les équipages de la SNSM.

  


 

  Étude des inscriptions de la chapelle de Rocamadour.

Entrons maintenant dans le vif du sujet et étudions la pierre de kersantite qui a été scellée à gauche de l'entrée :

camaret 2609cc

  On  déchiffre couramment (Wikipédia) l'inscription comme : 

   L'an 1527 fut fondée la chapelle Notre-Dame du roc,

et on considère que ce "roc" renvoie au terme utilisé par les Camarétois pour désigner l'endroit comme Roc-A-Ma-Dour, breton signifiant le roc au milieu des eaux. Le site fr.topic-topos.com écrit : "Notre-Dame-du-Roc peut-être le nom d'origine de la chapelle. Jusqu'au travaux de Vauban, au XVIIe siècle, celle-ci s'érige en effet au -dessus d'un promontoire rocheux isolé de la côte à chaque marée haute";.

  Mon but n'est pas de discuter cette interprétation, mais de ne pas passer outre sans remarquer le système abréviatif médiéval, celui qui donne à l'interprétation sa part de mystère, et qui associe:

-l'omission (volontaire par abréviation ?) du second "l" du mot "chapelle". Cette orthographe est courante en ancien français (Froissard cité in Godefroy), mais l'est moins en moyen français.

- la lettre "e" du même mot fusionnée avec la lettre "p" ( "e dans le p")

- un tilde ˜ au dessus du -t- de "notre", pour signaler l'omission des lettres (ot) du mot.

- un e suscrit en final du mot da pour abréger dame (*)

- un e suscrit en final du mot fondée pour abréger -ée (**)

- la forme de la lettre "n" du mot "fondée", qui est graphiquement semblable au "u" de "fut" ( à comparer au "n" de "an"

- l'absence d'article après "notre-dame" là où on attendrait "du".

  En somme, on lit littéralement Lan  m Vc  XXVII fut : foude la chapele nre dae roc

- enfin, un signe dont j'ignore le nom, mais dont la fonction manifeste est celle d'un séparateur de mot, situé entre le mot "fut" et le mot "fondée".

  Ce signe est retrouvé avec la même fonction sur une pierre de kersantite à l'entrée du porche de l'Eglise Saint-Sauveur au Faou : elle a été sculptée en 1593, dans un style calligraphique gothique plus tardif, plus fin, exubérant, "flamboyant", mais ce signe séparateur de mot est retrouver, comme à Camaret, entre les mots "fut"; et "fondé", mais aussi entre les autres mots, avant d'être remplacé par le deux-points.


le-faou-2353c.jpg

(L'an  1593 fut faite cette porche ?)

J'en conclue que ce signe est une forme élaborée du deux-points, où les deux points sont réunis par une accolade barrée.

  L'histoire du deux-points est passionnante : je renvoie à :http://www.lexpress.fr/culture/deux-points-et-guillemets-le-proces-verbal_779087.html

  Si nous continuons à observer les inscriptions de l'extérieur de la chapelle, nous trouvons, aux deux angles de la façade nord, deux prénoms gravés : LOUIS à l'est, LEON à l'ouest ; je les considère comme des graffitis anciens (début XIXe ?).

camaret 2618cDSCN9973

 

 


  Il faut lever les yeux pour découvrir, à la base du clocher, les inscriptions qui rythment l'édification de la chapelle de 1610-1683 :

camaret 2647

camaret 2648cc


  L'inscription lapidaire supérieure comporte son lot d'abréviations et de mystères. On la déchiffre comme indiquant les noms du recteur, Alain Keraudren, inscrit dans les archives comme recteur de 1671 à 1713, du curé (c'est-à-dire le vicaire) I  Daniel, et du fabricien, Y (?) Palud, tous en fonction en 1683. Le Mre initial est est celui de Messire.

 Soit : Messire A(lain) Keraudren : Recteur, I : Daniel Curé 1688 I : Palud : F (abricien)

camaret-7001.JPG


  Je rappelle que les paroisses bretonnes sont dirigées par un recteur (du latin recta, "droit") et non par un curé. Je rappelle aussi qu'à la fin du Moyen-Âge et à la Renaissance, la paroisse est gérée pour ce qui concerne sa "fabrique", c'est-à-dire l'ensemble des biens qu'elle  possède (les fonds et revenus affectés à l'entretien, l'argenterie,, les luminaires, les ornements) par un ou plusieurs fabriciens. Le fabricien est choisi parmi les notables ou les personnes les plus recommandables et les plus fiables, c'est une charge et un honneur qui fait de son titulaire un personnage très important , et sans-doute le maître d'oeuvre de la construction d'une église.

En dessous (et donc avant), on trouve l'inscription 1657, et celle, à demi effacée  où j'ai cru déchiffrer N LE NESC, FAB(ricien).

  On remarque :

- l'abréviation en deux signes (v e ?) après la première lettre M : est-ce celle de Messire ?

- l'usage du deux-points comme signe séparateur.

- la curieuse abréviation de A.KERAUDREN avec un K dans l'A.

- la lettre V à la place de notre U, très commune en épigraphie.

- l'inversion systématique de la lettre N  en ce qu'il convient de nommer un N rétrograde, tracée comme on l'écrirait dans une écriture de la droite vers la gauche. J'y reviendrai.

 

Il nous reste à pénétrer dans la chapelle où deux autres inscriptions nous attendent, l'une entre les deux premières travées du mur nord( 1647), l'autre entre les deux premières travées du mur sud (1648):

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  Celle de 1647 se lit comme M:JO:KAV:R, soit Messire Joseph Keraudren, Recteur, conforme aux archives mentionnant ce recteur de Camaret entre 1640 et 1649.

En dessous on lit HE.TORREC.F, correspondant à Hervé Torrec, Fabricien 1647.

En dessus de 1648 on lit sur une pierre en trois fragments HERVE TORREC  F, qui désigne le même personnage.

  La famille Torrec est une famille de fabriciens bien connue à Camaret. Le patronyme signifie en breton "ventru, pansu". Après cet Hervé Torrec, c'est la famille Torrec de Basse-Maison qui joua un rôle important dans la paroisse de Camaret. De cette famille de négociants, armateurs et propriétaires de biens sur Camaret ou Crozon, on connaît   Jean Torrec de Basse-Maison fut collecteur d'impôt en 1710 ; son fils Joseph (1694-1775) est celui qui fit construire en 1630 deux maisons qui existent encore au 43 rue de Dixmude et au 11 rue de Reims. Il est signalé comme bienfaiteur de l'église  de St Rémi.

   Ils contrôlaient tout ou partie de la filière de la pêche à la sardine, disposant d'entrepôts de rogue et de presses à sardines. Tout le quartier du Notic à Camaret était encore consacré, au XIXè siècle, à ce commerce et sur 80 maisons, 66 disposaient de magasins consacrés à cette pêche et au négoce, générant tant de résidus d'huile, d'écailles et de déchets qu'il fallut paver les rues, certainement en pavé de l'île Longue.

 

   Dans les rues de Camaret :

  Je me rends donc rue Dixmude pour voir cette maison :


 DSCN9943

La plaque murale porte une croix avec l'inscription IN HOC SIGNO VINCES, Sous ce signe tu vaincs. On sait qu'il s'agit de la devise de Constantin Ier, qui   a choisi la phrase grecque « εν τούτῳ νίκα »  après avoir une vision du chrisme () dans le ciel un peu avant la bataille du pont Milvius de 312.

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Il faut imaginer qu'au XVII et XVIIIè siècle la rue de Reims ou la rue de Dixmude se trouvaient en front de mer ; les patron de pêche construisaient leur maison avec un entrepot et des magasins au rez de chaussée (la tablette se voit encore parfois où on disposait le poisson à vendre), d'autres créaient au dessus une ouverture vers un local où étaient saisis les agrés et les avirons, les filets séchaient accrochés aux murs par des crochets, parfois les bateaux pouvaient accoster directement contre un escalier dont le plus haut degré correspondait aux marées d'équinoxe. Je parcoure donc le quartier à la recherche de ces témoignages parmi les rues jadis juste assez larges pour faire rouler les fûts de rogue:

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  Ici, la pierre taillée mentionne : 1691 .

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Les N rétrogrades de la chapelle de Rocamadour :


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 Ce n'est pas que sur le clocher de la chapelle de Camaret que la lettre N des inscriptions est inversée en sa lettre rétrograde, et des curieux d'ésotérisme en ont retrouvé de nombreux exemples, sur les titulus Crucis pour l'inscription INRI, ou sur des lames de tarot (le Pendu et la Roue de la Fortune) ou dans beaucoup d'inscriptions. L'interrogation d'un moteur de recherche en signale la constatation sur un cachet d'oculiste galloromain, sur la légende ANS d'une pièce, sur les estampilles de potiers belges ou de Champagne ("quelques lettres sont inscrites de manière rétrograde, en particulier les lettres N et S "), sur la marque de potier AMIN d'une céramique sigillée hispanique de Belo, sur la marque de potier gallo-romain  VICANUS FE à Saint Bonnet, sur une autre poterie antique signalée par Théophile Apert, sur des amphores gallo-romaines, ... On remarque :

-la fréquence de ce N sinistroverse chez les potiers.

- Le caractère néanmoins rare et remarquable, car toujours signalé par les paléographes

- la possibilité de plusieurs inscriptions "correctes" du même mot accompagnant une inscription à N rétrograde.

- De même, si j'examine l'oeuvre d'Antoniello de Messine (1430-1479), je découvre un N rétrograde dans l'inscription INRI qui figure au dessous de l'Ecce Homo de Nex York ( Collection privée, catalogue exposition 2006 à Rome au Quirinale, p. 139). Mais sur ses crucifixions, le Titulus Crucis porte l'inscription INRI avec un N orthodoxe ! ( Crucifixion, Musée National Brukenthal, Sibiu, Roumanie ; Crucifixion avec la Vierge éplorée et Saint Jean, National Gallery, Londres ; Crucifixion entre les larrons d'Anvers ).



  Il est curieux de constater que cette inversion concerne seulement, ou essentiellement la lettre N, la même lettre qui fait l'objet d'une omission scripturale par le moyen du titulus. Y aurait-il eu une croyance en un pouvoir maléfique de la lettre N , telle qu'on refuse de la voir figurer sur des batiments religieux? C'est ridicule, certes, mais pas d'avantage que la superstition des marins qui évitent le mot "lapin" à bord d'un navire, superstition aux effets bien réels. 

  La croyance dans le symbolisme des lettres de l'alphabet a toujours été active, si bien que St Augustin a cru bon de la dénoncer. Je peux relever certains éléments, mais je n'ai pas retrouvé d'argument franc pour soutenir la thèse d'une suspicion médiévale à l'égard de la lettre N.

   • L'origine reconnue de notre lettre N est le hiéroglyphe égyptien à forme de serpent, et il serait facile de penser que, dés lors, la lettre a pu être considérée comme liée au serpent satanique qui séduisit Eve, et donc assimilée au Péché.  De ce hiéroglyphe dérive le num phénicien, le nu grec, 13ème lettre de l'alphabet grec, puis le N étrusque, et enfin le N latin, 14ème lettre d'un alphabet de 26 lettres. Le N est, avec le M qui est treizième, les deux lettres médianes, et il se forme ainsi un couple M/N sur lequel on peut épiloguer en y voyant l'antagonisme AIME/HAINE. 

   • Ce qui est certain, c'est  le pouvoir sacré des lettres de l'alphabet, qui sont considérées comme étant d'inspiration divine (dans toutes les religions il y a un dieu qui donne à l'humanité l'écriture, c'est Thot chez les égyptiens, Hermes/Hermes trigémiste chez les grecs). Lors de la dédicace des églises catholiques, on trace avec de la cendre une grande croix en diagonale sur le sol et l'évêque y trace de son bâton pastoral les lettres de l'alphabet sur une branche de la croix, puis un deuxième sur l'autre branche. On ne peut manquer d'observer que ces branches se croisent sur les lettres M et N.

   Néanmoins,  l'absence de cette particularité dans les psautiers et manuscrits monastiques que j'ai consultés est un argument important contre une utilisation apotropaïque du N rétrograde et contre une valeur pécamineuse du N, et mon opinion provisoire est d'y voir un mode d'écriture propre à une corporation (les tailleurs de pierre, cf les potiers) sans but ésotérique, et sans que cela ait été demandé par les commanditaires.

  Cela reste une curiosité toujours amusante à détecter.

Un autre N rétrograde Place Saint Rémi :

  En cherchant, je finis par découvrir devant l'église Saint-Rémi une belle maison, que je pris d'abord pour l'ancien  presbytère (mais celui-ci se trouvait à gauche de l'église).  Une carte-postale très connue la représente en 1901-1906, qualifiée de "la maison aux glycines" avec, juste devant elle, un langoustier en construction sur la place de l'église. C'est le chantier naval  Pierre Boënnec, qui devait conduire les navires qu'il construisait, sur un chariot, à travers les rues, jusqu'à la place Saint-Thomas puis la rue des Langoustiers avant d'atteindre le port. Pour cette raison, il revend en 1913 ce terrain et achète l'ancien chantier de Michel Provost au Styvel, qui dispose d'une cale de lancement.

 

  

DSCN9972


  Elle porte l'inscription suivante qui offre deux beaux N rétrogrades:


 

 DSCN9958c

 

  Je déchiffre cela difficilement : A.TEPHANI L.K(er) DRU.LAN 1670, si je considère que l'avant-dernier chiffre est un 7 rétrograde. ou 1650 sinon.

   L'anthroponyme Téphany est courant à Camaret. L'annuaire en mentionne 17 sur la commune, on en dénombrerait 64 en Finistère, 45 en Ille-et-Vilaine, 55 dans le Nord. C'est, avec les Drévillon et les Cornec, l'un des noms les plus fréquents de pêcheurs camarétois de jadis, et on peut citer :

"Noble-homme Jean Tephany, du port de Camaret, cy-devant bienfaiteur de la sus-dite église, qui a fait offre de payer de nouveau tout le maçonnage de la sacristie du coté de Midy et de payer un reconnaissance de cinq sols par an, à la Saint-Michel, moyennant qu'on lui accorde une place de cinq pieds en quarré, en bas et à l'entrée de la chapelle du Nort de la sus-dite église, et étant présent a accépté, s'y est obligé et a signé" (délibération du 26 août 1740, in Notice sur Camaret du BDHA de 1904)

- François Téphany, Maître-voilier à Camaret nè le 18 novembre 1791,

- Bertrand Téphany, procureur et ancien procureur térrien de la paroisse (Arch. départ. Finist. séries A et B, 1889)

- François Téphany, patron de pêche,

- le chanoine François-Auguste Téphany (1857-?)

- le chanoine et doyen de Chapître de Quimper Joseph-Marie Téphany, auteur de Camaret-sur-Mer, courte notice, 1902 et de Camaret-sur-Mer, le registre Communal pendant la révolution, 1906.

- Jean Téphany, matelot, bléssé le 26 octobre 1917, cité au J.O,

- Louis-Auguste Téphany, qui a donné son nom au Quai Téphany actuel.

  Mais je n'ai pas retrouvé de A. Téphany ou Téphani en 1620, 1650 ou 1670.

Il reste à élucider les lettres L K DRV qui peuvent être comprises comme L(ouis) KERDRU ; mais mes recherches n'ont pas abouti.

  La date de 1670 étant proche de celle de la chapelle de Rocamadour (1683), on peut imaginer que c'est le même sculpteur qui est responsable des deux inscriptions, dont le style est proche..

 

Visite de l'Église Saint Rémi à Camaret :

 

   Puisque mon flair m'a guidé Place Saint-Remi devant l'Église, je me dois d'y pénétrer : J'y découvre les vitraux racontant le valeureux combat de Trez Rouz, où les anglais ont été boutés hors de la Rade :

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Ils ont été conçu par Eugène dit Jim Sévellec (1897-1971), peintre de la Marine, Faïencier pour Henriot, dont on peut penser qu'il aurait préféré que le buffet d'orgues soit placé ailleurs.

  Toute la décoration est résolument marine :

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La décoration  est tellement dédiée à la pêche et aux marins qu'en admirant un ange musicien, j'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un marin avec son bonnet à pompon :

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Mais je ne suis pas au bout de mes surprises, puisque je découvre une statue d'un vieux

pêcheur de homard :

 DSCN9969

C'est Saint Riok, le saint ermite local, qui vécût en ermitage pendant 41 ans dans une grotte située...lisons plutôt, car l'occasion ne nous en est pas donnée tous les jours, Albert le Grand : Quoi, Albertus Magnus, l'évêque de Ratisbonne, le dominicain dont l'opera omnia rivalise avec celle d'Aristote ? Non, mais le frère Albert le Grand de Morlaix, profès du couvent de Rennes, dominicain du XVIè siècle dont la Vie des saints de la Bretagne-Occidentale est parue, à Brest et à Paris, en 1837 :

   " Vie de Saint Riok, anachorète et confesseur, le 12 février:

[...]

Il était lors agé de 15 ou 16 ans ou environ, et ayant vendu tout ce dont il pouvait disposer en donnant l'argent aux pauvres. Il choisit pour sa retraite un rocher dans la mer à la côte de Cornouailles, vers l'embouchure de la Baye ou Golfe de Brest, au rivage de la paroisse de Kamelet, lieu entiérement désert et écarté, ceint de la mer en toute part, fort en basse marée qu'on en peut sortir et venir en terre ferme.

VII. Il entra en cette affreuse solitude en l'an de salut 352 et y demeura 41 ans, tout le temps que Conan Meriadek conquit et subjuga les Armoriques jusqu'au régne du roi Grallon, lequel donna le gouvernement du comté du Léon à Fragan. Iceluy étant venu résider en son gouvernement amena son fils Saint Guénolé, lequel ayant entendu parler de l'Hermite Saint Riok l'alla voir en sa grotte et l'ayant salué appris de lui qu'il y avait quarante et un ans qu'il faisait pénitence en ce lieu, se soutenant d'herbes et de petits poissons qu'il prenait sur le sable en son rocher, son origine et extraction, et toutes les autres particularités de sa vie, quend il monta sur ce rocher, il était vêtu d'une simple soutane,laquelle étant usée par longueur de temps, Dieu lui couvrit le corps d'une certaine mousse roussâtre, laquelle le garantissait de l'injure du temps.

VIII. Saint Guénolé ayant ouï le récit de ces merveilles, fut tout étonné, et en rendit grâce à Dieu; et voyant Saint Riok vieil et cassé d'austérités et macérations, il le pria de venir avec lui en son monastère de Land Tévennec, à quoi il s'accorda. Saint Guénolé lui donna l'habit de son ordre, et chose bien remarquable que sa peau fut trouvée aussi blanche et nette que si elle eut  toujours été couverte de fin lin et de soie" .




Pour finir, une image prise à l'intérieur de la chapelle Notre Dame du Roc de cette Pierre de Logonna,  cette microdiorite du Roz dont les cernes subconcentriques se révèlent, ici plus encore qu'ailleurs, comme une figuration ondoyante des mouvements de la mer bretonne.

 


camaret 2633cc

 

Liens :

Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, Notice sur la paroisse de Camaret, Bulletin de la commission diocésaine d'Histoire et d'Archéologie de Quimper, 4ème année, 1904, pp.282-297.

Notice plus récente(après 1984) sur Catholique-quimper.cef

www.crozon-bretagne.com, chapelle de Rocamadour

www.crozon-bretagne.com, église Saint-Rémi.

Topic-topos


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Published by jean-yves cordier
1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 17:43

                 

                  Ophrys sphegodes,

            l'Ophrys araignée à La Palue (Crozon).

 

                                                 Tous mes remerciements vont à Michel David, président de la section locale de Bretagne Vivante.

 

 

Cet article est un élément de l'article principal  Orchidées sauvages de la Presqu'Île de Crozon.

  Selon l'excellent guide Les orchidées en Presqu'île de Crozon de Paule et André Rageot, l'Ophrys sphegodes est la première que l'on puisse observer en Presqu'île, de la fin mars à avril. Une station de la Palue est régulièrement suivie et, cette année, on y comptait sept à huit pieds : c'est dire la fragilité de cette implantation dans un site extrêmement apprécié des surfeurs ou des randonneurs, et menacé par embroussaillement de parcelles, privées ou publiques, jadis cultivées et donc entretenues, mais qui sont vite envahies aujourd'hui par l'ajonc, le prunus ou le saule.

 Les conditions ont été éprouvantes pour les plantes cet hiver et en ce début de printemps où les températures matinales étaient proches de 2°C. Aussi des rosettes prometteuses ont vu leur floraison grillée par le gel.

  Les images que je donne sont celles des deux fleurs "présentables" dans ces conditions, et on trouvera ailleurs des images de spécimens aux tiges et feuilles moins pâles.


                               ophrys-sphegodes 3931cc

 

ophrys-sphegodes 3935c

 

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Onomastique botanique, ou "phytonymie".

1. Noms vernaculaires;

  Cette orchidée porte plusieurs noms vernaculaires : Ophrys araignée, Ophrys guêpe, Oiseau-coquet. On sait que les ophrys se caractérisent par leur mode de pollinisation qui fait appel aux hyménoptères : leur labelle imite par mimétisme le corps d'une femelle, et la plante émet des substances odorantes proche des phéromones émises par les femelles*, les mâles sont attirés et se livrent à des pseudocopulations pendant que l'ophrys leur colle deux sacs polliniques avec la mission de les livrer à la plante voisine. L'insecte n'obtient même pas sa petite récompense, comme avec d'autres fleurs qui les gratifient d'un demi-verre de nectar. Ici, même pas un pourboire, et l'Ophrys sphegodes est ainsi classée dans les "fleurs trompeuses". Les mâles sont même doublement trompés, "doubly duped mâles"

* en l'occurence, une femelle de nigroaenea Andrena

  Dans le cas d'Ophrys sphegodes, il s'agit d'andrènes, différentes selon les stations : Andrena barbilabris en Morbihan, Côtes d'Armor et Ille-et-Vilaine, Andrena thoracica en Finistère. En 2009, François Seité est venu à Crozon photographier et filmé sur la petite station de la Palue la pseudocopulation dans de passionnantes images.

 

  Si les mâles sont les nigauds de cette farce sexuelle, le curieux de nature à qui on va parler de cette orchidée va être, lui le benêt de ce nom vernaculaire d' Ophrys araignée s'il imagine que cette orchidée a été ainsi nommée en raison d'un mimétisme avec l'araignée : quel est le savant qui lui attribua un tel nom, alors qu'aucune araignée ne se confond avec le labelle de cette plante ? Ce nom vernaculaire est inspiré par l'un des synonymes du nom scientifique admis, le nom inventé par Hudson d'Ophrys aranifera, du grec araneus, "araignée", et -fero, "je porte", les anciens ayant trouvé quelque ressemblance avec leurs araignées et le labelle.

  En somme, seul notre Ophrys guêpe est judicieux (les Andrènes sont des guêpes solitaires), mais il ne s'est pas imposé.

 Avant de revenir au nom scientifique examinons le dernier nom, celui d'Oiseau-coquet. Il est attesté en 1862 par Pierre Charles Marie de Pouzolz, en 1884 à Nîmes où on l'attribue à O. scolopax. Ce nom m'intrigue, mais j'en trouve une explication des Statistique du Département du Var, de N. Noyon, Draguignan 1846 page 78 : sa fleur "représente un petit oiseau se regardant dans un miroir".

 

Dans les autres langues elle est nommée Early Spider Orchid (G.B), Spinnenblumme (D) Groβe Spinnen-Ragwurz (D), Spinnenorchis (Nederlands) Calabrone (I), Ofride verde-bruna (I), Ofride ragnu (Corse),  primeras orquídeas araña (E).

2. Noms scientifiques

L'origine du nom de genre, Ophrys, est souvent rappelée, en évoquant Pline l'Ancien, expliquant que c'est lui qui rapproche le nom de cette plante et le mot grec qui signifie "sourcil". Mais ce dernier, dans le Tome second, Livre XXVI chap. XCIII de son Histoire Naturelle, n'écrit que : "La lysimachia rend les cheveux blonds ; l'hypericon, nommé aussi corion, les rends noirs ; de même l'ophrys, qui ressemble au chou dentelé, et qui n'a que deux feuilles". Ce n'est que plus tard qu'on écrivit (Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle) que "l'ophrys sert à teindre les cheveux en noir, et probablement les sourcils, lesquels s'appellent sourcils en grecs;3

    Le nom actuellement admis est Ophris sphegodes Mill., 1768. L'écossais Philip Miller ( 1691-1771)  était jardinier-chef du jardin botanique de Chelsea, et surintendant du Jardin des Apothicaires.  cette orchidée est décrite dans la huitième édition de son Dictionnaire, celle dans laquelle il accepta d'utiliser la taxinomie linnéenne, à l'article OPHRYS, entre OPHIOGLOSSUM et OPUNTIA :  The Gardeners dictionary, containing the methods of cultivating and improving the kitchen, fruit and flower garden, as also the physick garden, wilderness, conservatory and vineyard ,deux volumes, C. Rivington, Londres.

  L'épithète sphegodes vient du grec sphex, "guêpe" ; La comparaison intervient dans la description en latin, que Miller traduit ensuite en anglais : «orchis sive testiculus sphegodes hirsuto flore, Humble Bee* satyrien with green winds"», néanmoins d'une part "Humble bee" signifie "bourdon", et d'autre part dans son texte Miller compare l'ensemble de la fleur à un moucheron  "...a loose spike of herbaceous flowers resembling gnats, composed of five petals...".

* Humble bee est l'ancien nom de Bumble bee.

 Dix ans plus tard, en 1778, William Hudson décrivit dans sa Flora anglica ? la même plante sous le nouveau nom d'Ophrys aranifera, l'Ophris porte-araignée. Ce fut longtemps le nom en usage avant que Camus & Camus, en 1929, ne souligne l'antériorité de la description de Miller, et que Soó ne l'utilise en 1959. (Voir : http://www.orchideurope.be/publicat/1907NS06.htm).

Synonymes :

crucigera Ophrys 
Ophrys fuchsii 
fucifera Ophrys 
Ophrys galeopsidea 
pseudaranifera Ophrys 
Ophrys vindelica  

 


 

 


 

 

 

 

Liens:

Site Les Orchidees-Ouest de François Seité et Brigitte Lorella, site qui appartient au site Nature-Bretagne.


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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 20:54

 

              L'Abeille Bourbon

          en mouillage d'attente à Camaret.

 

 Rock Amadour par Gérard Blanchard

   L'abeille Bourbon est un RIAS, Remorqueur d'Intervention, d'Assistance et de Sauvetage, un navire de 80 mètres de long qui a succédé en 2005 à l'Abeille Flandre. Il est à la disposition du Préfet Maritime via le Centre Opérationnel de la Marine et doit, à tout moment, pouvoir appareillé du Quai Commandant-Malbert à Brest en 40 minutes pour intervenir dans la zone des 80 milles.

  Selon la force du vent enregistré à l'anémomètre du Stiff à Ouessant, il se "pré-positionne" dés que le vent dépasse 25 nœuds (46,3 km/h) dans la rade de Bertheaume ou devant Camaret, selon la direction du vent.

  Si le vent dépasse 30 nœuds (55,5 km/h) , il se pré-positionne à Ouessant.

   Aujourd'hui, jour de Pâques glacial, le vent moyen de SE  était à la station du Stiff de 43 km/h, mais il avait atteint 58 km/h à 9h UTC. Les promeneurs découvraient donc, en déambulant sur le sillon vers la chapelle de Rocamadour et la Tour Vauban, la silhouette, barrée de l'écharpe tricolore, du grand navire. 

 

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abeille-bourbon 6995c

 

  Douze personnes à bord sur ce remorqueur de 16,50 m de large et 6 m de tirant d'eau, capable d'accueillir 300 personnes dans son local de repos des rescapés, et dont la vitesse peut atteindre 19,5 nœuds par mer belle. 

 

abeille-bourbon 6994c

 

 

  Puisque j'y étais, sur les quais, j'ai essayé de vous trouver une photo bien marine à vous offrir en bonus ; la voilà, ma carte postale ; Bons souvenirs de Camaret !

voilier-sur-le-quai 6993c

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 00:01

     

 

    Joyeuses Pâques de la part de lavieb-aile!

 

    En ce 31 mars 2013, dimanche de Pâques, lavieb-aile vous offre ces images. Mieux, en bonus, je m'engage à ne mettre que des images, et de m'abstenir de tout commentaire. Silence et contemplation, c'est Byzance ! (ou Rome, comme on voudra). 

     

              Le vitrail de la Passion (1539)

   en l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice.

 

 

 

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 12:05

 

      Onomastique de la flottille de pêche de Morgat en 1975.

 

Voir :

La Flottille de pêche côtière de Morgat 1945-1965 ; onomastique navale.

Onomastique de la flottille de Pêche au Large de Morgat 1945-1965.


Les 34 unités de la flottille de Morgat de 1975, sur 90 navires du quartier maritime de Camaret. 

N.b : j'ai souligné les 19 noms déjà présents dans la période 1945-65.


AMOUR-DU-MARIN  Thonier-coquillier                      Pierre Marchand     

ARMAND-PEUGEOT  petite pêche                           Jean Quiniou

BERN-HID             Thonier-chalutier                      Auguste Sénechal      CM 3175

BREIZH-BIHEN       Petite pêche                            René Guéguéniat

ELIANE                 petite pêche                            Pierre Menesguen

ESPOIR                Caseyeur                                 Jean Moudenner

IRIS                    Petite pêche                             Jean-Joseph Kerisy

JEAN-GILLES         petite pêche                            Louis Thomas

JEANNE-D'ARC       petite pêche                            René Marchand

JYPS                   petite pêche                            Jean Le Sonn

GISÉLE-ROGER       Thonier-coquillier                      Joseph Kerdreux          CM 2959             

GUY-ET-MILO        Thonier-coquillier                      Herlé Kerspern             CM 2978

KALON BREIZH       Thonier-coquillier                      Henri Guégueniat          CM 3165.

L'OCÉAN               Chalutier côtier                         Michel Sénechal

LE MORGATOIS      Thonier-coquillier                      Pierre Kerdreux              CM 3031

LES TROIS-AMIS   petite pêche                            Hervé Moudenner

MARIE-JOSEPH      petite pêche                            Jean Ollivier

MOUETTE             Petite pêche                            Vincent Bren                CM 2366

NEPTUNE              petite pêche                            Jean Le Breton 

OISEAU-BLEU        petite pêche                            Yves Marchadour

PEN-AR-ROZ          Thonier-crabier                         Joseph Drévillon             CM 3098

PEN-GLAS             Thonier-crabier                         Joseph Menesguen          CM 3115

PETITE-MARINE      Petite pêche                           Jean-Yves Le Roy

PETITE-NADINE      petite pêche                            Roger Moulin

PORS-LEST           Petite pêche                            Jean Kerneis

POSEIDON             petite pêche                            Jean Menesguen

PORTZIC               Langoustier-mauritanien             Pierre Menesguen

RAYMOND-MOREAU Thonier-coquillier                       Roger Kerdreux       CM 3151 / CM 231594

ROSINEC               Petite pêche                            Michel Quentric

SAINT-ANTOINE     Caseyeur                                 Joseph Canevet

SAINT-POL-ROUX   Thonier-Crabier                         Maurice Drévillon      CM 3092

SIRÉNE                 Navire de petite pêche               Victor Drévillon

THAÏS                   Thonier-crabier                        Jean Le Bretton         CM 3066

TONTON-LOM         Thonier-coquillier                      Marcel Kermel          AU2517

 

 Commentaires.

   Selon le rapport de l'Administrateur des Affaires Maritimes, au 1er septembre 1974, 431 marins-pêcheurs sont embarqués sur 90 navires de pêche du quartier maritime de Camaret, 199 de ces marins résidant à Crozon et 212 à Camaret. Cela témoigne d'une décroissance importante, puisque le quartier maritime comptait 900 marins-pêcheurs en 1963.

  De même, le nombre de navire de pêche qui est en 1974 de 90 pour l'ensemble du quartier, était de 170 en 1957.

  Cette diminution touche Morgat de la même façon que l'ensemble du Quartier.

  Sur 573 tonnes de produits débarqués en 1974 pour l'ensemble du quartier maritime, il s'agit de thon pour 408 tonnes, principalement débarqué à Morgat qui dispose d'un mareyeur spécialisé chargé de la SOFICA de la répartition du germon ; de crabes pour 104 tonnes ; de poissons divers (côtiers) pour 58 tonnes, et de coquilles saint-Jacques pour 3,09 tonnes. Je ne vois pas apparaître dans ces chiffres la langouste, qui est débarquée à Camaret; la raison en est sans-doute que, depuis janvier 1973, la flottille de pêche a été exclue des eaux marocaines.

 Face à ce déclin, les perspectives étaient à l'époque de développer le chalutage et la pêche au thon d'une part, et la coquille Saint-Jacques d'autre part : un armement coopératif était mis en place, par la création de la SACCAM à Camaret, envisageant la construction de dix navires : chalutiers-thoniers de 21,50m pour la pêche hauturière, chalutiers en bois de 15,50 m en pêche arrière pour la pêche cotière et la drague des coquilles.

  Parmi les 34 navires de pêche de Morgat, nous trouvons :

  • 1 langoustier mauritanien
  • 4 thonier-crabiers
  • 7 thonier-coquilliers
  • 1 thonier-chalutier
  • 1 chalutier-côtier
  • 2 caseyeurs
  • 18 navires de petite pêche

 

 

Onomastique.

 En reprenant les catégories utilisées dans mes études précédentes, les noms de navire de 1974 se répartissent ainsi :

1. Religion : 1 nom  ; 0,34% 

Saint-Antoine.


2. Prénoms : 7 noms : 20,5%

Guy-et-Milo, Gisèle-Roger, Jean-Gilles ; Eliane ; Marie-Joseph ; Petite-Nadine ; Petite-Marine.


3. Histoire et Mythologie. : 9 noms soit 26,5 %

Histoire : Armand-Peugeot ; Jeanne-d'Arc (intermédiaire avec Religion) ; Raymond-Moreau ; Saint-Pol-Roux

Mythologie :Iris., Neptune, Poseidon, Sirène, Thais.

Saint-Pol-Roux rend hommage au poète venu s'installer à Camaret et participer à la vie locale.

Armand-Peugeot souligne le rôle que ce gérant de la société Peugeot Frères a joué dans le développement de la station balnéaire de Morgat dans les années 1880-1915.

Le Raymond-Moreau, construit en 1964 au chantier Péron de Camaret, est apparu dans mon onomastique 1945-1965 sous le matricule CM 3151 ; passé à Audierne (AU 2629) en 1969, il est revenu à Morgat en 1971. Son nom est celui d'un résistant de Telgruc.


4. Formules et Qualifications.  : 6 noms soit 17,6 %

Amour-du-Marin ; Espoir ; Le Morgatois; Les-Trois-Amis ; Kalon Breizh ; Breizh-Bihen ;

 

5. Mer et géographie.  : 6 noms soit 17,6%

Bern-Hid ; Portzic ; Pen Glas ; Pen-Ar-Roz ; Pors-Lest (?), Rosinec.

Portzic est l'une des plages de Morgat ; Pen-Glas est l'un des "Tas de Pois" de la Pointe de Pen Hir, Bern-Hid est le "Tas de Pois" le plus éloigné du rivage ; Pen-ar-Roz est un hameau de la Pointe de la Chêvre à Morgat ; Rosinec est un également un hameau au sud-ouest de Morgat.

 

6. Fleurs, fruits et minéraux : 0

 

7. Animaux : 2 noms soit 5,8%

Mouette ; Oiseau Bleu

 L'Oiseau-Bleu est plutôt le nom d'un conte de fée de Mme d'Aulnoy ce qui justifierait un classement dans "Mythologie".

8. Autres:  3 noms soit 8,8%

a) éléments naturels : 1

L'Océan (aurait pu être classé dans "Mer et géographie").

b) divers

JYPS ;

Tonton-Lom. Construit en 1961 à Audierne pour Pierre Moullec, et immatriculé AU 2517, il sera commandé au décès de ce dernier par un patron de Morgat.

    En 2010, Jean Pencalet, très attaché au parler douarneniste a publié un recueil de contes et nouvelles intitulé Les sardines de Tonton Lom. Ce personnage figure aussi dans L'homme que je n'ai pas tué de Jean Failler. On comprend que ce nom désigne un type, le vieux breton haut en couleur et en accent du cru, dans son jus gwenn ha du, héros populaire des aventures les plus pendables. 

 

Par ailleurs : 8 noms (près du quart) sont des noms bretons, dont 6 toponymes locaux. Ils représentaient seulement 12% des noms de la période 1945-1965, mais les toponymes y étaient plus rares.


 Tableau comparatif :

Onomastique de la flottille de Morgat en 1975 (34 navires) et entre 1945-1965 (201 navires) :

  1975 1945-65
Religion 3% 11,9 %
Prénoms 20,5% 30,8 %
Histoire et mythologie 26,5% 8 %
Formules/qualifications 17,6 %  14,9 %
Mer et géographie 17,6% 10 %
Fleurs, fruits, minéraux 0  5,4 %
Animaux 5,5 % 5,6 %          
Autres 8,8%  9,6%

 

  Les éléments remarquables sont  :

  • la chute du nombre de noms faisant référence à la Religion (un seul navire en 1975).
  • l'augmentation des Prénoms, des noms d'Histoire et mythologie, et des toponymes liés à la Géographie,
  • la quasi-stabilité des catégories minoritaires des fleurs etc..., animaux et autres.

  Si on adopte un autre critère et qu'on étudie tous les noms qui parlent de la famille et du pays, (prénoms + toponymes + nom de l'histoire locale), je trouve un total de vingt noms de navire sur cette série de 34.

  

 

Lien : 

 Le site de Thomas Wideman Les thoniers de Morgat :  http://thoniers.free.fr

Source :

Rapport de Bertrand Buffard, Administrateur des Affaires Maritimes de Camaret, cité par Louis Calvez, recteur de Crozon dans une édition de 1975 intitulée La Presqu'île de Crozon, rééditée en 2009 par la paroisse de Crozon.

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 11:35

 

 

Le "Marivan" CM 339774 est un fileyeur en bois construit en 1976 aux chantiers Cariou Larvor de Loctudy. Il mesure 8,54 ht, jauge 5 tx, et est propulsé par un moteur de 59 CV.

  Il a été immatriculé à Lorient LO 339774 sous les noms de MAYA, L'ABAMAX, puis à Brest BR 339774 sous le nom de NOLEI, immatriculé au Havre LH 339774 NOLEI, immatriculé une première fois à Camaret sous le nom de  MYAMBA avant de prendre celui de MARIVAN.

 

 

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 11:16

                   Le canot tout-temps

              "Notre-Dame-de-Rocamadour"

                    de la S.N.S.M. de Camaret.

 

 

 Construit en 2001 aux chantiers Sibiril de Carantec, "Notre-Dame-de-Rocamadour SNS 097 est un CTT ou Canot-tout-temps auto-redressable  de 15,50 m de long doté de deux moteurs IVECO de 400 Cv ; il peut atteindre la vitesse de 20 noeuds. Différents patrons se sont succédés à la barre du ” Notre Dame de Rocamadour” : Jean Michel Boëzennec, Gilbert Taniou, André Laouénan, Patrice Chopard, Michel Torillec.

  Depuis le "Édouard-Hollandre" de 1866-1899, c'est le dixième canot de la station de Camaret. Ces embarcations n'ont été motorisées que depuis 1930, elles étaient auparavant propulsées par un équipage de douze rameurs.

 (cliquetez pour agrandir).

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Lien : 

http://www.snsm-camaret.com/

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Published by jean-yves cordier
23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 23:36

 

             Le culte de saint Isidore à Crozon:

          rôle du père Julien Maunoir.

 

 

Introduction.

 Saint Isidore, patron des cultivateurs, a été canonisé par le pape Grégoire XV le 12 mars 1622, en même temps que trois autres espagnol(e)s, François-Xavier, Ignace de Loyola, Thérèse d'Avila et le florentin Philippe Néri. Parti d'Espagne, son culte s'est diffusé en Bretagne, en Tyrol et en Franch-Comté. Dans le département du Finistère, on signale 17 traces de son culte. On peut s'interroger sur le rôle qu'a jouer, dans cette diffusion, les efforts de propagation de la foi du père Julien Maunoir. Ce rôle est manifeste à Crozon, ce qui justifie cet article.

  La chapelle Notre-Dame de Porz Salut à Crozon, chapelle où a été érigée la frairie de Saint-Isidore, n'existe plus. Elle se trouvait dans la vallée de l'Aber, et était très fréquentée, si bien qu'au rôle des décimes, elle était imposée à 7 livres, alors que la plupart des autres chapelles l'était à 1 livre et 15 sols. Elle recevait donc beaucoup plus d'offrandes, et on s'y rendait en pèlerinage pour obtenir de belles récoltes. Elle est indiquée sur la carte de Cassini de 1785-89 (Port-Salut). Toujours inscrite au rôle des décimes de 1788, elle est en ruine en 1804, , mais figure en toponyme sur la cate d'État-Major de 1850, comme sur l'actuelle carte de l'IGN sur la route Telgruc-Crozon D 887.


 

Je donne ici une transcription du Canticou spirituel de Julien Maunoir liè à la mission de 1671 à Crozon où il institue ce culte;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86120755/f184.image

 

     Monseigneur l'Illustrissime et Reverendissime    Évêque de Quimper et Comte de Cornoüaille a permis l'érection d'une confrairie  dans la chapelle de Pors salo à crozon en l'honneur de S. ISIDOR : et sa sainteté a accordé des indulgences plénières à la dite confrairie le 3. dimanche de may, le 1. dimanche d'octobre, et les six vendredis du Carème. Il y a des Confesseurs, et on y dira des Messes ordinairement

 

.                             

                      An hent da vont ar baradoz.

                       CANTIC SPIRITUEL VOAR AR BUHEZ Sant ISIDOR, Patron ar Labourerien.

  Voar an ton Christe Redemptor Omnium, ex patre patris unice, etc...

 


    E Pen Crauzon é peg ar mor,

Bisit omp oll Sant isidor ;

Ober a rai fur an enor

Da digueri deomp oll ezor.

 

   E porz Salo mam hon Salver

Roet oc'h eus deza un Auter,

Un Auter so toft d'o'ch hini

A vezo deomp guir minic'hi

 

   Labourerien quer an doüar

Aman oc'h eus un Tat cloüar,

Un Melezour, un Advocat,

Dirac ar Verc'hez, hag he Map.

 

   A baoué bihan é clascoué

Dougea, a servicha Doué,

Duel oua ganta mill guez mervel

Evit ober pec'het marvel.

 

  Pa deuhas nerz ha corff deza

En hem laquas de servicha

E ty un ozerc'h à garé

Dreist pep tra servicha Doué

 

   Pel dirac an deiz é savé

D'offri oaraison da zoué ;

Hogen gant é gamaradez

Dirac é Vaestr oue accuser

Da veiza pemdeis dibreder.

Da coll alies an amzer

 


  Pa edo er parc c'harat

E Vaestr à velas daou Ael Mat,

E Vaestr à velas daou Ael Mat,

O ren an oan hag an arat.

 

   Ur veich ar parc gant ar sec'het

Pa velas é Vaestr tourmentet,

En doüar é plantas é vas

Eno ur funteun à savas,

A torras cern é sec'het bras.


   Er-fin gant Doué oue inspiret

Dimisi ous ur Verc'h parset

Pe gant hini é conduas

Ur vuhez gant vertusiou bras.


  Pa varvas un map quer dezo 

E chemsont bete ar maro

Dirac Jesus-Christ assambles

Eguis daou Æl er Baradoes.

 

  Beva à resont é chasteté

Eguis ebars é ty Doué :

Chom à resont gant pinigen,

Peoc'h, Oræson, hag Alusen


   E Briet sansel à varvas

E opinion à Santes vras,

Hag ar bez ma oue anterret

A oue à bep tu enoret.


  Pa oue intaon Sant Isidor

E scoe alies voar ar mor

Da caouet Jésus à repos.

Er fin é rentas éné

Leun à vertu ha santelé,

E compagnunez an Ælet 

Da vossedi ar joausdet.


   Goudé é varo an Autrou Doué

Cals à Viraclou à Euré

Evit discueus é garantes

En andret ur Lavourer quaes.

 

  Un nosvez é apparissas

Da un Itron, hag é c'hargas

Da sevel é gorff enterret,

Eus à daou uguent vloas er veret.

 

   Pa oue an doüar digoret,

E gorff anterin à oué cafvet,

Ha d'an ilis bras transportet

En ur plaç enorabl meurbet.

 

   Ha goudevez eus à pell bro

Pelerinet à zeu affo

Evit possedi an enor

Da visite Sant Isidor.

 

  Meur ar Viracl en deus gret

Da re o deus é quemeret

Da advocat dirac Doué

Evit o c'horff hag o ené.

 

   An diaoul à glasquas taga

Un den à oue devot deza

Sant Isidor à apparissas

Hag ar fallaer à chassons.


 



 



 



 

 

 

 

      N.B : ce texte n'attend plus que sa correction et sa traduction par une personne compétente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cantique à melrand :

http://paroisse.plouay.pagesperso-orange.fr/documents%20divers/chapelles%20pardons/saint-vincent.htm#cantique-saint-isidore

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Published by jean-yves cordier
23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 19:51

 

     La chapelle de Saint-Julien à Camaret,

           en Presqu'île de Crozon.

        Elle est située dans le hameau de Lannilien, toponyme où on peut deviner un Lann Sulien. En effet, son nom de Saint-Julien n'est que la transformation d'un ancien Saint-Sulien, Sant Sulian, répondant à la préoccupation de l' Église, notamment après le Concile de Trente, de voir disparaître les saints locaux au profit de ceux du calendrier romain. On en voit un autre exemple à Crozon avec la chapelle saint Drigent, rebaptisée Saint-Philibert.

  Que sait-on de ce saint Sulian ? Qu'il était un moine gallois du VIe siècle qui  évangélisa le pays de Galles et l'Armorique. Ce que l'on sait de mieux, c'est la liste de tous les noms sous lesquels il se déguise pour donner naissance à des toponymes et à des paroisses, comme "Saint Tyssilio" au pays de Galles, et chez nous saint Suliac, Sulliac, Séliac, Suliau, Sant Sula, Plussulien. L'un de ses tours de force —je ne parlerai pas de miracle— est de rentrer dans la composition du plus long nom de ville d'Europe, riche de 58 caractères et que, l'ayant appris par cœur, le Pr. Lavieb vous révèle aujourd'hui : Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch, comme ça se prononce. Si il vous laisse deviner le nom des habitants de cette commune galloise, c'est pour le Pr. Lavieb un jeu d'enfant de vous en donner la traduction : " l'église de sainte Marie dans le creux du noisetier blanc près d'un tourbillon rapide et l'église de saint Tysilio près de la grotte rouge".

 

  A Lannilien (mais n'en parlez-pas aux Suliaçais et Suliaçaises, des Plussulianaises et Plussulianais), on aime à penser que c'est ici que saint Sulian installa son ermitage, au bord du ruisseau, qu'il passa là de longs jours paisibles en prières et macérations, tout en faisant moult miracles, et que la chapelle fut construite sur le périmètre de sa cellule et de son jardinet.

  L'édifice actuel doit dater du XVIIe siècle, si on en juge sur son portail aux pilastres cannelés. Son clocher a été remanié, car la solide base carrée de sa tour ne s'accorde pas à son couronnement. Certains ont lu, dans les inscriptions de cette tour, la date de 1762, et d'autres, de 1666.

Cette chapelle traduit, par son clocher rectangulaire et son portail aux pilastres sommairement cannelés, l'introduction du style classique dans l'architecture du XVIIe siècle. Pendant la Révolution, jusqu'au 6 février 1792, la chapelle sert de refuge aux prêtres réfractaires. Dégradée en corps de garde le 10 févier 1793, elle perd alors sa cloche qui est fondue. Elle est réouverte au culte en 1805 . Dépendant à l'origine de la paroisse de Crozon, elle est finalement rattachée à celle de Camaret-sur-Mer en 1909 après un référendum des habitants.

 

 

 

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      La croix en granit de Tréganna (Locmaria-Plouzané) date du haut Moyen-Âge. Haute de 1,60m, à la base évasée, elle a longtemps servi à traverser, intégrée dans la maçonnerie du pont, un petit ruisseau voisin, et les habitants ont fini par en user le fût qui, au verso, en garde une large marque. Redécouverte, elle a été redressée en 1964. Elle ressemble beaucoup à une autre croix (n°179 de l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère) qui est érigé à Camaret au lieu-dit Croas-Very, sur l'ancienne limite du prieuré de Daoulas.

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On discerne plusieurs inscriptions sur le coté sud de la souche de clocher, en haut des quatorze marches. La pierre la plus haute porte les deux lettres T.P.

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chapelle-st-Julien 6896c

 

 Un peu plus bas, la première ligne semble avoir été martelée. Je devine plus que je ne lis  TANG HR . Au dessous, chacun lit clairement MATHVRI.

 La pierre suivante porte F (François ou Fabricien) Une pierre différente porte SARBO  suivi de R : DI

  Il est imprudent de lire bout-à-bout ces pierres séparées comme les noms de Mathurin Fabricien, et du Recteur Disarbo ; et bien qu'on ne dispose pas de la liste complète des recteurs de Crozon, les noms dont nous disposons ne signale pas ce recteur Disarbo. Néanmoins, ce patronyme, avec cette graphie qui diffère de la forme actuelle Dizerbo, est attestée à 3 reprises dans les archives (Les Cahiers de l'Iroise 1964). Il peut s'agir d'un fabricien nommé R. Disarbo.

C'est néanmoins la lecture admise par le site officiel du tourime de la Presqu'île :  http://www.tourisme-presquiledecrozon.fr/decouvrir/un-patrimoine-singulier/inscrite-au-patrimoine-mondial/le-patrimoine-religieux

: "Cette chapelle dépendait à l'origine de la paroisse de Crozon. Elle est construite en 1666 comme l'indique la date gravée sur le clocher. Cette date est accompagnée des noms des auteurs de la construction : Tanguy le curé, Mathurin le fabricien et Disarbo le recteur." 

 

.

 

 

chapelle-st-Julien 6907c

 

      Intérieur de la chapelle.

   Elle n'est éclairée que par une seule fenêtre et par la porte sud, ainsi que par des ampoules électriques nues au bout de leur fil. Les murs sont en moellons apparents, surmontés d'un lambris peint en blanc. L'autel imite le marbre. Au sommet du  chevet un grand Christ en croix est entouré de l'inscription peinte O Crux Ave, , début d'une invocation de la Semaine Sainte, O Crux Ave, Spes unica  Salut, Ô Croix, unique espoir.

  Le mobilier, des plus dépouillé, rappelle que pendant la Seconde Guerre, les filles de l'école de Camaret furent reçues ici, car leur école avait été réquisitionnée.

  Le plus frappant, ce sont ces deux poutres habillées de planches peintes : on trouve des rinceaux, des calvaires, des anges, une tête couronnée, un tête de Christ et une tête de prince, un masque coiffé d'un chapeau et qui mord l'extrémité de rinceaux. un coeur, réalisant un ensemble naïf intriguant, tant qu'on n'a pas la solution : c'est le décor d'un film qui a été tourné ici vers 1975, mais dont le titre n'est pas resté dans les mémoires.

 

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      Statue de sainte-femme.

Statue en bois polychrome. J'y voyais une sainte Madeleine, en raison de ses longs cheveux et de son front coquettement épilé. Dans sa main gauche actuellement détruite, elle porterait le flacon de parfum ou d'aromates. Mais cet attribut étant perdu, on se contente de rappeler la tradition locale, pour qui il s'agit de sainte Barbe, ou de mentionner ceux qui pensent qu'elle tenait la palme du martyre.

                 DSCN0273c

Autres statues :

Hormis le Christ en croix du XVIIIe, on trouve surtout une statue en bois représentant saint Julien en évêque. Elle est très récente, puisqu'elle a été sculptée en 1968 par un artiste de Camaret nommé Job qui n'avait pas son pareil pour vous patiner son travail comme une vieille statue du fond des âges. On trouve aussi deux statues en plâtre de Notre-Dame de Lourdes et une Sainte-Anne éducatrice de la Vierge.

 

 

Liens : 

 Site Crozon-bretagne.com

Site Topic-Topos.

Site Infobretagne

Article Saint-Suliac Wilipédia.

Atlas des croix et Calvaires du Finistère : la croix porte le n° 180.

Radio Rivages, émission du 26 juin 2012 de Pierre-Yves Castel.

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Published by jean-yves cordier
23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 19:45

 

            La chapelle de Saint-Fiacre

en Presqu'île de Crozon : un saint en galoches.

 

chapelle-saint-fiacre 2164c

 

  Bâtie au bord de la rade de Brest, sur l'unique rue du petit village de Saint-Fiacre, l'ancienne chapelle Saint-Fiacre (Sant Fieg) datait du XVI- XVIIe siècle : elle a été détruite en 1942 par les bombardements. 

  La datation de ses origines repose sur deux inscriptions datées, qui ont été réemployées, sans leur donner la place vénérable que je leur aurais choisie.

  La première, chronologiquement, est en kersanton au grain fin. Venant de la partie supérieure de l'ancienne porte occidentale, elle est actuellement scellée dans la partie postérieure de la fontaine, en position basse. On y lit, malgré les lichens, et sa situation peu favorable, mais dans une calligraphie amusante, l'inscription : " je FUS FAICT EN LAN 1578 : PAR :j: COATQLEAS : FAbRiCQUE ". On prendra la peine de remarquer que les deux N  (EN LAN) sont rétrogrades.

  Je n'ai trouvé aucun patronyme correspondant à Coatqleas, Coatcleas, Coatquerleas, Coatcléau.

DSCN0315c.jpg


 La seconde surmontait une porte cintrée du coté sud ; elle est en kersanton . Elle a été mise en punition, encore plus bas que la précédente, du coté nord, sous une fenêtre. Elle porte l'inscription : " : 1591 : g: BOURChIS : F ".

 L. Chauris et D. Cadiou la décrivent comme une "pierre armoiriée", sans-doute en raison de ce qu'ils nomment "les macles des Rohan". Du haut de mon incompétence, je me permets de mettre en doute cette assertion, si elle ainsi qualifie les "deux points" en forme de losange ; j'y vois seulement une option calligraphique du tailleur de pierre.

chapelle-saint-fiacre 2155c

 

  Le patronyme Le Bourchis est attesté à Crozon : Perrine Le Bourchis, mariée en 1654 à Vincent L'Haridon.

  Malgré ces datations du XVIe siècle, l'ancienne église datait essentiellement du XVIIe ; c'était un édifice de 18 mètres de long, avec sa nef, un transept sud doublé d'une sacristie et une abside polygonale.

  La bombe du 19 novembre 1942 (peut-être 1941 ou 43) détruisit la nef et son clocheton. La restauration eut lieu en 1965 : la nef, raccourcie et entièrement reconstruite fut fermée à l'ouest par un pignon, la grande porte de jadis laissant place à une fenêtre ogivale. Elle fut couronnée d'un clocheton, et flanquée de deux dragons à la base des rampants. L'accès au bas-coté se fait par une porte cintrée placée en retrait.

 

 

 

chapelle-saint-fiacre 6918c

 

 

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chapelle-saint-fiacre 2158c

 

                      chapelle-saint-fiacre 6917c

 

   Louis Chauris a mené, selon son habitude et grâce à l'étendue de sa compétence, l'étude pétrographique des matériaux utilisés (Chauris et Cadiou 2002) : les anciennes parties sont réalisées en microgranite de Logonna, microgranite de Trébéron-Île des Morts, Kersanton de la Rade de Brest, et leucogranites de Cornouailles. 

  Pour la facade occidentale, qui a été entièrement reconstruite, on retrouve le microgranite de Logonna et celui de Trébéron-Île des Morts, Kersanton et leucogranites de Cornouailles mais d'autres matériaux apparaissent : microgranite de l'Île Longue et de la rade de Brest ; grès armoricain pour les moellons ; et surtout des grès verts qui méritent une attention particulière.

  En effet, cette "roche à grains fins, de teinte gris-verdâtre", est celle dont sont réalisés les superbes lions qui ornent les contreforts ; la quasi-totalité du soubassement du clocheton ; l'encadrement de la porte cintrée nord-ouest. Or, ces lions ou dragons sont, manifestement, anciens : d'où proviennent-ils ?


  "L'un des probèmes pétrographiques les plus excitants".

  S'il était nécessaire de justifier ce travail de Sherlock Holmes auquel se livre Louis Chauris en matière de géopatrimoine, ses découvertes à Saint-Fiacre serviraient de magnifique illustration. Car, sachant que ce grès vert ne figurait pas dans les matériaux anciens, et reconnaissant ici, en réemploi, une pierre provenant du bassin de Châteaulin, il parvint à en retrouver l'origine, l'ancienne chapelle de St-Nicodème à Kergloff (29). Il a pu retrouver, sur une ancienne photographie de St-Nicodème, les lions actuellement à saint-Fiacre, et, en outre, il a pu interroger un ancien agriculteur de Kergloff qui les a reconnu. 

  Cette chapelle St-Nicodème datait du XVIe siècle, avec un autel daté de 1551. Sa toiture a été démontée en 1962.

 

L'Intérieur.

 Les murs sont peints en blanc sous un lambris de charpente. L'autel trapézoïdal, au bois peint en faux-marbre (le même qu'à Saint-Julien) est rehaussé par une estrade à deux degrés. L'absidiole pentagonal est éclairé par deux ouvertures cintrées.  A droite s'ouvre la porte de la sacristie rectangulaire. Une statue de la Vierge est placée du coté de l'Évangile. La nef dispose d'un seul bas-coté, au nord, comme l'ancienne chapelle.


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La statue de Saint Fiacre : sauvez là !

La chapelle est dédiée au culte de saint Fiacre, le saint patron des jardiniers dont les attributs sont le livre, et la bêche. On compte paraît-il en France (wikipédia) 522 statues du saint à la bêche , mais, le plus souvent, celui-ci est habillé en moine (cet irlandais avait fondé un monastère) avec un froc à scapulaire et capuchon.

Melrand ; Baud  ; Saint-Pern ; Gahard  ; 

  Toute l'originalité de la statue (hélas très négligée et qui tombe en poussière ; les phalangines et phalangettes du II et III de la main gauche, atteintes par la vermine, sont cachées pudiquement derrière la pelle, et la main est prête à se détacher) de cette chapelle est que notre Fiacre est habillé, un peu comme un Saint-Isidore, en costume de paysan : chemise blanche fine sous une veste courte de drap bleu, ouverte, mais décorée de quatre boutons de chaque bord, et d'un bouton de manchette ; pantalon court et plissé type bragou bras

   La coiffure est aussi originale, puisque nous ne trouvons pas ici les cheveux longs des paysans bretons, mais des cheveux courts et bouclés, à l'arrière d'une large calvitie temporo-frontale. Mais, surtout, l'homme se remarque par une barbe crépue, châtain, taillée sur la joue entre la moustache et la mandibule, et qui se divise en un bouc bifide. Son allure genérale évoque bien d'avantage un robuste agriculteur qu'un moine aux traits émaciés par le jeûne.

 Je lis, plus tard, que Victor-Henry Debidour dans La sculpture bretonne, étude d'iconographie religieuse populaire ( Rennes, Plihon 1953) la mentionne comme "un Saint-Isidore transformée en Saint-Fiacre". 

  Lors du  congrés de Meaux 1970 consacré au XIIIe  centenaire de saint Fiacre, cette statue a dnné lieu à ce commentaire : " Même s'il a pu s'agir à l'origine d'un saint Isidore, la piété des habitants du village de Saint-Fiacre en Crozon l'a honoré comme saint-patron et lui a donné ou remplacé la bêche. Il porte veste à boutons et culotte bouffante. Le visage, où pourtant aucun détail réaliste n'a été épargné —pommettes saillantes, gros nez,  il est même affligé d'une pomme d'Adam proéminente —, est tendu dans une attitude d'extase naïve, soulignée encore par la position de la main sur le cœur. Retenus par une bande de cuir, ses pieds reposent, réellement, dans des sabots de bois, dont on a, au sens propre, chaussé le saint.

 


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        Mais, surtout, et contrairement aux statues de saint Isidore en costume traditionnel, il ne porte pas de guêtres sur des souliers noirs, mais il est pieds nus, dans une paire de galoches.

 Connaissez-vous d'autres exemples d'une belle paire de galoches dans l'art statuaire ? 

 Les galoches, ar galochenn, pluriel galochennou, galochou sont des souliers dont le dessous est de bois (noyer, érable, ou à défaut hêtre) et le dessus de cuir. Le semelle était équipée de gros clous. On la voit ici dédoublée en un patin crénelé et une partie haute évoquant un demi sabot. La partie recourbée explique l'origine de l'expression "menton en galoche".

  La définition de la galoche n'impose pas, bien au contraire, que la partie en cuir ne recouvre pas totalement le pied (cela ressemble alors à de bonnes godasses ferrées) ni que le pied y soit nu, puisqu'au contraire les galoches étaient prévues pour accueillir un pied protégé d'un épais chausson.

 Ici, la simplicité de ce chaussage réduit à cette semelle de bois maintenue sur le pied nu par une étroite bande de cuir dont on exacerbe l'inconfort en en crénelant le bord, semble être la partie la plus monastique de la tenue de saint Fiacre. Certes, les apôtres étaient pieds nus, ainsi que saint Pacome, saint Théodore et les premiers moines ; "et c'est pourquoi ils avoient des instrumens pour oster les espines des piez", nous dit Le Nain de Tillemont (1732).

  Dans son Commentaire litteral de la Régle de Saint Benoit, chapitre LV, Augustin Calmet commente Indumenta pedum, pedules et caligas  "Ils auront pour vêtement des pieds, des bas et des souliers" en signalant que le texte donne du fil à retordre (je traduis :"de grandes difficultez parmi les commentateurs") car, selon les Anciens, pedules et pedila devaient être des sandales ailées semblables à celles de Mercure, ou des mules d'or, comme celles de Junon, des pedila pulchra telles qu'Homère les décrit, confectionnées par le bon Eumée dans des lanières de cuir de bœuf de diverses couleurs, tous accessoires hors de portée des moines.  Mais selon Hildemare (moine français vivant en 830), pedules sont des culottes, mais très basses et qui recouvrent les pieds..."d'où leur nom de pedules, car elle couvrent les pieds". J'épargne au lecteur la lecture des pages 136 à 140, qui traitent des pedules (bandelettes, culottes, bas de laine ou bas fourré, peu importe) car notre sujet est contenu dans l'interprétation des mots ET CALIGAS que Calmet traduit par "et des souliers" ou " et des sandales":

 " car le terme caligae a plus de rapport à ce qu'on appelle sandales qu'à ce qu'on nomme calceus, le soulier. Calceus couvrait tout le pied et caligas ne le couvrait qu'en partie, ayant une semelle de bois ou de cuir à laquelle les soldats mettaient ordinairement des clous par dessous. ... Les peuples d'Italie avaient d'ordinaire les pieds nus et les jambes nues. Les religieux d'Egypte allaient absolument nus pieds, et méprisaient toute chaussure, comme condamnée par l'évangile".

  En résumé, saint Isidore dans le chapitre 13 de sa Règle, saint Benoit dans son chapitre LV, et saint Fructueux, accordent à leur moine des pedules pour l'hiver et des caliges pour l'été.

  Saint Fiacre, en sa sagesse, a du adopter les mêmes mesures ; l'artiste l'a représenté ici un beau jour d'été, chaussé de ses caliges, caligae, ou galoches.

 

  Plutôt que de "galoches", on peut parler de Boutou koat, ou sabots bretons, "souliers de bois (du breton bottez, pl. botou, boutou, bottou botaou, etc...). Cela en donne alors une illustration précieuse et ancienne.

chapelle-saint-fiacre 2137c

 

Iconographie de saint Fiacre à Guengat, à Houssaye (Pontivy):

 guenguat 4556c statues 7269x 

 

  Je dois encore signalé que le culte de saint Isidore est tout particulièrement attesté à Crozon au XVIIe siècle, par un canticou que le père Maunoir a composé pour la paroisse lors d'une Mission à Crozon : Sant Izidor à Crozon : le cantique du pére Maunoir en 1671.

 

Saint Yves.

 "statue en bois du XVIIe siècle, hauteur 1,10m" .

Le juge écclesiastique coiffé du bonnet carré est assis sur une cathèdre, et ses gestes pourraient laisser penser qu'il était autrefois assis entre le riche et le pauvre.

chapelle-saint-fiacre 2145c

 

      Saint Pol Aurélien

 "Statue en bois de style archaïque du XVIe siècle"

  Saint Pol Aurélien, premier évêque de Sain-Pol-de-Léon au VIe siècle, est illustre pour avoir mis autour du cou du dragon qui désolail l'île de Batz un licol qui lui permit de le frapper de son bâton. On voit bien ici le monstre de Batz, et le bâton. J'ignore l'emploi qu'il fit du livre qu'on le voit tenir dans sa main gauche.

                            chapelle-saint-fiacre 2146c

 

  On décrit aussi une "Vierge républicaine" en bois bleu, blanc, rouge, (cf vue générale) et une Vierge de Lourdes en plâtre.

 

Source :

  Louis Chauris, Didier Cadiou : La chapelle Saint-Fiacre : provenance des matériaux de construction et de restauration, Avel Kornog n°10, 2002 ; p. 53-60 ; 28 cm .

État des églises et chapelles de la Presqu'île de Crozon en 1978, Louis Calvez, Thomas Keraudren, Auguste-Hervé Dizerbo.

Liens :

http://www.crozon-bretagne.com

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