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28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 13:31

Les 3 verrières du chevet de la cathédrale de Laon : les baie 0 (Scènes de la Vie du Christ ), vers 1220.

 

Voir aussi sur la cathédrale de Laon:

PRÉSENTATION

Sous la rose du chevet plat de la cathédrale, trois baies (1, 0  et 2) en hautes lancettes ogivales viennent reprendre la forme de la voûte gothique à 10 travées du chœur dont la construction s'est achevée entre 1205 et 1220.

Les trois baies alignent des séries de médaillons : ceux de la baie centrale 0 présentent 15 scènes de la Passion du Christ. La baie 1, à gauche, raconte l'histoire du diacre Théophile et la vie du diacre saint Etienne. Et la baie 2, à droite, est consacrée à la Vie de la Vierge et à l'Enfance du Christ, incluant des références typologiques, c'est-à-dire des épisodes bibliques dans lesquels la tradition chrétienne a vu une préfiguration de l'avènement du Christ.

Les médaillons de la baie 0, décrits de bas en haut et de gauche à droite, seront accompagnés des relevés d'Étienne Midoux, datant de 1882, et des clichés du Centre Chastel (cf. Boulanger Karine).

 

Chevet de la cathédrale de Laon vu depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.

Chevet de la cathédrale de Laon vu depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.

LA BAIE CENTRALE OU BAIE 0 : SCENES DE LA VIE DU CHRIST.

Cinq petits médaillons quadrilobes alternent avec 5 grands médaillons ronds et relatent  15 scènes de la vie du Christ. La lecture  se fait de bas en haut. Cette verrière contemporaine de l'édification du chevet (vers 1215), a été endommagée en 1870 par l'explosion de la citadelle. Elle mesure 9 mètres de haut et 1,85 mètres de large. 

 

 

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

1. Demi-médaillon : L'Entrée à Jérusalem de Jésus, monté sur un ânon, et suivi par des apôtres (on reconnaît Pierre, en second) ; la foule l'accueille avec liesse devant les portes , les uns jetant sous les pas de l'ânon  des rameaux en criant Hosannah, les autres se dépouillant de leurs habits et les étendant devant lui. Un homme est monté sur la branche d'un arbre.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

2. La Cène. Quadrilobe intermédiaire.

Jésus n'est pas représenté au centre, mais sur la gauche, l'apôtre Jean endormi sur des cuisses. Dix autres apôtres sont regroupés face à la coupe présentée par Jésus. Bien séparé des autres par toute la longueur de la table, Judas dissimule la bourse qu'il a reçu comme prix de sa trahison et tend la main vers un plat.

 

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Judas, dissimulant la bourse des trente deniers, et tendant la main pour se servir de pain et de poisson.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 

3. Demi-médaillon inférieur : Le Lavement des pieds des apôtres par Jésus.

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

4. L'agonie de Jésus au Jardin des Oliviers. (demi médaillon supérieur)

L'artiste a représenté, devant l'ange, Jésus seul se retournant dans un geste éloquent témoignant de son émotion, mais aussi de sa surprrise de voir tous ses disciples endormis (alors qu'il avait demandé à Jacques, Jean et Pierre de veiller avec lui). En général, ces trois apôtres sont représentés avec Jésus, sans les autres disciples.

Agonie de Jésus à Gethsémani. Cliché Centre Chastel.

 

5.  Le Baiser de Judas et l'arrestation de Jésus (quadrilobe intermédiaire). La tête de Pierre est moderne. Pierre tient le glaive avec lequel il va trancher l'oreille du serviteur du grand prêtre.

 

 

 

Arrestation. Cliché Centre Chastel.

6.  la comparution de Jésus devant Caïphe (demi médaillon inférieur côté gauche) 

 

 

Comparution de Jésus. Gravure E. Midoux 1882.

 

Comparution de Jésus. Cliché Centre Chastel.

 

67. la Flagellation du Christ. (demi médaillon inférieur côté droit)

 

Flagellation. Cliché Centre Chastel.

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Demi-médaillon supérieur.

8. La montée au calvaire devant Marie.

9. Le Portement de Croix.

Sur ordre d'un personnage, Simon de Cyrène s'apprête à aider le condamné à porter la croix.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

10. La Crucifixion. Quadrilobe entre les médaillons.

Le Christ crucifié entre Marie et Jean. Le titulus indique : 

IHC / NAIAREN[US

REX IUDEORUM

 

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Demi-médaillon inférieur.

11.Embaumement sur la pierre de l'Onction.

Ce sujet m'intéresse tout particulièrement, car il ne doit pas être considéré comme une Mise au tombeau, bien plus courante. Hélas, j'ai négligé de le photographier correctement. Les gravures d'E. Midoux vont nous aider.

Voir :

 

 On voit très clairement que les sept personnages (quatre hommes et trois femmes dont Marie, nimbée) se livrent aux soins d'embaumement sur la Pierre de l'Onction. Celui qui doit être Joseph d'Arimathie, à la tête chenue,  tient avec précaution et respect (en l'entourant d'un linge) une fiole de baume (ou de parfum de prix), alors qu'un homme coiffé du bonnet conique verse le contenu d'une fiole identique sur la poitrine du Christ et l'applique avec la main. Dans la partie droite du demi-médaillon, un troisième, également coiffé du bonnet juif, déplisse le suaire sur le bassin du défunt. Enfin  Nicodème tête nue présente un grand bol rempli de myrrhe et d'aloès. Les femmes assistent passivement aux soins, s'essuyant les yeux de leurs pleurs avec le coin de leur voile. L'une d'entre elles est Marie-Madeleine.

Nous avons donc l'illustration du passage suivant de l'évangile de Jean 19 :38-42

"Après cela, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate la permission de prendre le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus. Nicodème, qui auparavant était allé de nuit vers Jésus, vint aussi, apportant un mélange d'environ cent livres de myrrhe et d'aloès. Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs. Or, il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n'avait été mis. Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche."

 

 

 

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 Demi-médaillon supérieur.

12.Noli me tangere, Apparition du Christ à Marie-Madeleine. Demi-médaillon supérieur côté gauche.

 

Demi médaillon supérieur, côté gauche : Marie-Madeleine se prosterne devant le Christ ressuscité qu'elle vient de reconnaître sous les traits du jardinier. Ce dernier tient un phylactère où est inscrit NOLI ME TANGERE, "Ne me touche pas".

 

apparition à Marie-Madeleine, Centre André Chastel

12. Les Saintes femmes au tombeau (Marie-Madeleine, Marie Jacobé et Marie Salomé) , face à un ange leur montrant le tombeau vide. Trois soldats sont endormis. Demi-médaillon supérieur côté droit.

 

Les saintes femmes et le tombeau vide. Cliché Centre Chastel.

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

13. Quadrilobe intermédiaire. Saint Jean et saint Pierre avec Marie-Madeleine face au tombeau vide.

"A gauche Marie-Madeleine montre à Jean et à Pierre le sépulcre vide. Elle tient un livre à fermoir, orné de cabochons, dont le sens symbolique ne se détache pas très nettement ici. L'apôtre « que Jésus aimait » est debout dans une attitude qui dénote sa surprise. Pierre est profondément courbé et il approche de son visage un des linceuls, comme s'il voulait ne s'en rapporter qu'au témoignage de ses yeux. Mais alors ses doutes disparaissent et bientôt il annoncera lui-même aux Juifs la Résurrection ." (A. De Florival)

 

"Celles qui racontèrent cela aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie la mère de Jacques et les autres femmes qui étaient avec elles, 11 mais ils prirent leurs discours pour des absurdités, ils ne crurent pas ces femmes. 12 Cependant, Pierre se leva et courut au tombeau. Il se baissa et ne vit que les bandelettes [qui étaient par terre]; puis il s'en alla chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé."Luc 24:11-12

"Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre. Elle courut vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit: Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis. Pierre et l'autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre. Ils couraient tous deux ensemble. Mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre; s'étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n'entra pas. Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part. Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi; et il vit, et il crut." (Jean 20:2-10)

 

 

 

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

14. Pèlerins d'Emmaüs : les deux scènes du demi-médaillon supérieur.

Selon Karine Boulanger, les visages du Christ et de l'un des pèlerins sont modernes ; il pourrait s'agir de la combinaison de deux thèmes : celui du souper à Emmaüs et celui de l'Ascension à laquelle le Christ avait convié les pèlerins.

Dans le panneau de gauche, les deux pèlerins, coiffés de leur chapeau de voyage et tenant leur bourdon, font face au Christ rescussité, au nimbe crucifère.

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 15. L'Ascension du Christ devant les disciples.

16. Le Christ dans son Ascension.

17. Deux anges thuriféraires.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 

SOURCES ET LIENS

—BOULANGER (Karine), 2008, Notice du Centre André Chastel

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/210273

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/209744

— BOURGEOIS ( Aurélie), 2011- Les Vitraux gothiques de la cathédrale de Laon. Sous la dir. de Heck, Christian. Master2 : Hist. art : Lille III, 2011. Non consulté

—BROCHE, (Lucien) 1926, La cathédrale de Laon ([Reprod. en fac-sim.]) / Lucien Broche ed. Laffitte (Marseille)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3370697m/f112.image.r=vitraux

—DOREL-FERRE (Gracia) 1986 · ‎Les vitraux de la cathédrale de Laon, non consulté

— FLORIVAL A. de), MIDOUX ( ‎Étienne), 1882 Les vitraux de la cathédrale de Laon - Volume 1 page 8

https://www.google.fr/books/edition/Les_vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Laon/Q_FZAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=vitraux+cath%C3%A9drale+laon&printsec=frontcover

https://books.google.fr/books?id=Q_FZAAAAYAAJ&pg=RA2-PA13&focus=viewport&hl=fr&output=text#c_top

—LAUTIER (Claudine)  2000, Les vitraux du chevet de la cathédrale de Laon. Première approche. Österreichische Zeitschrift für Kunst und Denkmalpflege, 2000, 54, p. 257-264. ⟨halshs-00355365⟩ Non consulté

— SITES

https://photos-eglises.fr/Picardie/02/Laon/cathedrale/vitraux.htm

https://laon.fr/VILLE_LAON_21_WEB/FR/Accueil.awp?page=101&m=&ar=119

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-02Laon-CathNotreDame.php

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Published by jean-yves cordier - dans XIIIe siècle Passion
25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 16:08

Les 3 verrières du chevet de la cathédrale de Laon : la baie 2 (vers 1220).

 

 

Voir aussi sur la cathédrale de Laon:

PRÉSENTATION

Sous la rose du chevet plat de la cathédrale, trois baies (1, 0  et 2) en hautes lancettes ogivales viennent répéter la forme de la voûte gothique à 10 travées du chœur dont la construction s'est achevée entre 1205 et 1220.

Les trois baies alignent des séries de médaillons : ceux de la baie centrale 0 présentent 15 scènes de la Passion du Christ. La baie 1, à gauche, raconte l'histoire du diacre Théophile et la vie du diacre saint Etienne. Et la baie 2, à droite, est consacrée à la Vie de la Vierge et à l'Enfance du Christ, incluant des références typologiques, c'est-à-dire des épisodes bibliques dans lesquels la tradition chrétienne a vu une préfiguration de l'avènement du Christ.

Cette baie 2 comporte 24 médaillons groupés en 12 paires de médaillons inscrits dans des panneaux carrés et entourés d'une bordure de fleurs rouges.

Les médaillons, décrits de bas en haut et de gauche à droite, seront accompagnés des relevés d'Étienne Midoux, datant de 1882.

 

Vue du chœur de la cathédrale de Laon depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.

Vue du chœur de la cathédrale de Laon depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

1a. L'Annonciation.

La tête de la Vierge est moderne.

 

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

1b. La Visitation.

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

La tête de la troisième personne (sainte Anne, mère de Marie et parente d'Elisabeth selon Karine Boulanger malgré l'absence de guimpe) est moderne.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

2 a et b. La Nativité.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

​2a La Vierge allongée sur son lit d'accouchée.

 La tête de la Vierge est moderne.

Dans le médaillon 2a de gauche, la Vierge est couchée et une sage femme (sainte Anastaise?) lui présente l'enfant emmailloté. Une lampe est suspendue à un portique. Dans le médaillon 2b, une servante ou sage femme prépare le bain de l'Enfant, tandis que Joseph (bonnet juif et canne soulignant son âge) est assis à l'écart (il semble même placé derrière un écran rouge supporté par un portique). Tous ces éléments se retrouvent assez régulièrement dans l'iconographie de la"Vierge en gésine" . 

Comparez avec la baie 50 de Chartres (1145-1155)

Baie 50 de la cathédrale de Chartres

On peut distinguer trois phases dans le rituel des relevailles. La première a lieu juste après la naissance de l’enfant et consiste essentiellement dans le don d’une nourriture à la femme, le « brouet ». La deuxième phase est la période de gésine où la femme reste dans son lit et reçoit des visites de sa famille et de ses voisines. La troisième phase est constituée par les relevailles ou Purification quarante jours après la Nativité

« Car la loi juive avait décrété que toute femme ayant enfanté un fils restait absolument impure pendant sept jours, c’est-à-dire exclue à la fois du contact de l’homme et de l’entrée du temple. Après sept jours, elle devenait pure quant au contact de l’homme, mais restait impure pendant trente-trois jours encore quant à l’entrée du temple. Enfin, le quarantième jour après sa délivrance, elle était admise dans le temple, où elle offrait son enfant avec des présents. Que si elle avait mis au monde une fille, la durée de son état d’impureté était doublée, tant quant au contact de l’homme que quant à l’entrée du temple. «  (Jacques de Voragine, Légende dorée)

Ces notions de pureté et impureté rituelle expliquent sans doute que Joseph est très souvent tenu à l'écart du lit d'accouchée.

Voir :

 

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

2b La servante préparant le bain ; Joseph assis

 

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

 

La tête de la servante puisant de l'eau pour le bain à l'Enfant est moderne.

 

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

3a et b. L'Annonce faite aux Bergers.

Un ange, tenant un phylactère et un lys, apparaît à un berger à la longue barbe, qui tient sa houlette (en forme de club de golf) et est accompagné par ses moutons.

On remarque sur toute la baie l'emploi de modèles (ou cartons?) pour l'ange, les moutons, les chiens, la chèvre

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Le berger jouant d'une flûte de pan.

Deux bergers plus jeunes occupent le médaillon 3b, tenant aussi leur houlette, et accompagnés de leur chien. Des moutons paissent tandis qu'une chêvre tend le museau vers un arbre.

 

 

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon. gravure de E. Midoux.

L'intrument est une flûte de pan monoxyle percée de 5  à 6 trous et dont l'embouchure est en biseau.

On en voit un très bel exemple au linteau inférieur droit du portail sud de la cathédrale de Chartres, entre les mains d'un berger d'une Annonce aux Bergers. Voir A. Bonjour, Revue Archéologique du Loiret - N°40, 2019 ou bien Instrumentarium de Chartres et voir Apemutam. Les trous visibles de face seraient décoratifs, les trous effectifs étant sous les lèvres du berger, sur le biseau.

Berger jouant du frestel, portail sud de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

4a et b. L'Adoration des Mages.

Sur le panneau de gauche, la tête du roi de droite est moderne.

 

 

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

4a: Gaspard et Balthazar tenant leur présents (l'encens et la myrrhe) , devant un écuyer tenant les rènes de leurs chevaux.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

4b. Melchior offrant l'or à l'Enfant-Jésus, qui le bénit sous le regard de la Vierge (couronnée).

 

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.


Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

5a et b. La Présentation de Jésus au Temple, ou la Circoncision .

Comparez avec la scène homologue de la baie 50 de la cathédrale de Chartres :

baie 50 de la cathédrale de Chartres. Cliché Wikipédia

À Laon, A. de Florival, décrit la scène comme étant celle de la Présentation de Jèsus au Temple et identifie les personnages féminins : Anne la Prophétesse tiendrait l'Enfant, et la Vierge les deux cierges et deux agneaux (*). Mais on peut aussi identifier Marie sous les traits de la femme tenant l'Enfant face à Siméon. Celui-ci (ou le prêtre), devant l'autel et une lampe votive, tend les bras recouverts d'un linge blanc. 

(*) l'offrande décrite par Luc 2:22 est celle de deux colombes ou tourterelles.

Mais cet épisode est représenté sur le médaillon 10b : n'est-ce pas ici la Circoncision?

 

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

6a. Le Miracle de la Rosée de Gédéon. Dieu fait tomber la rosée sur la toison.

L'image qui figure dans la Biblia Pauperum (certes plus tardive) à la page de l'Annonciation, en vis à vis de celle de la Nativité témoigne d'une relation typologique entre le texte vétéro-testamentaire de Juges, 6:37-38, et la virginité de Marie et l'Incarnation:  Gédéon, cinquième juge d’Israël, souhaite  tester la parôle de Yahvé qui souhaite l'envoyer libérer la Terre Promise. En réponse à Gédéon, un miracle se produit. Une toison déposée au sol se couvre de rosée, que le juge recueille dans une coupe alors que la terre alentour est restée sèche. Au Moyen Âge, on interprète cet espace recevant la rosée comme un symbole de la virginité de Marie. Gédéon sortira vainqueur du combat, grâce à ce signe de Dieu. Sur la gravure de la Biblia Pauperum Gédéon lève les bras vers l'ange qui lui dit Dominus tecum virorum fortissime (Juges 6:12), dans un parallèle évident avec l'archange Gabriel disant à la Vierge Ave gratia plena dominus tecum. De même l'inscription placée au dessus de Gédéon, descendet dominus sicut pluvia in vellus ("Dieu descendit comme une pluie sur la toison")  crée un parallèle entre l'ondée de rosée, et la puissance fécondatrice de Yahvé lors de l'Annonciation.

 

Biblia pauperum (1480-1485), BnF Réserve des livres rares, XYLO-5

 

"Le peintre verrier de Laon a choisi le moment où Gédéon obtient de Dieu, comme preuve de sa mission, à la veille d'attaquer les Madianites, la rosée miraculeuse.

« O Jéhovah ! » s'écrie-t-il, « si vous voulez faire de moi le  libérateur d'Israël, faites que les champs d'alentour demeurant secs, la rosée ne tombe que sur cette toison placée dans l'aire. »  Le lendemain, à l'aurore, il pressa la toison et remplit un vase de l'eau qui en sortit.  "Seigneur, » dit encore Gédéon, « que votre courroux ne s'allume pas contre moi si je vous demande encore une épreuve. Ordonnez que la campagne  soit trempée de la rosée et que la toison seule reste sans humidité. » Et la rosée tomba sur toute la terre et la toison demeura sèche ( Juges 6 :36-40).

Jéhovah apparaît, sur la gauche, au milieu d'un cercle de nuages dont une partie seule est visible, sous les traits du Christ, qu'on lui donnait fréquemment à cette époque. Mais, par exception, son nimbe n'est pas crucifère. De sa main levée et aux doigts inclinés dans l'attitude de la bénédiction, s'échappe une pluie qui se répand sur la terre en bouillonnant. L'autre main tient les tables de la loi. Gédéon s'avance vers lui; ses gestes, sa physionomie expriment le respect, la surprise, l'admiration. Il est vêtu en guerrier de la fin du XIIe siècle. C'est un croisé partant pour la délivrance des Saints Lieux, et non le libérateur hébreu des premiers temps d'Israël dans la terre promise.

Il porte cette espèce particulière de haubert ou cotte de mailles, appelée broigne, couverte d'annelets de fer cousus sur une tunique de peau, de soie ou de velours et maintenus par un galon. La broigne, fendue de côté, dépassait le genou et laissait voir une tunique, également fendue, qui découvrait la partie inférieure des jambes. Les manches sont demi-longues, aussi garnies d'annelets et bordées d'un galon perlé. Celles de la tunique sont collantes et descendent jusqu'aux poignets. La broigne enveloppe le cou et la tête entière, en dégageant le visage du front au menton. Le casque pointu, ou heaume conique, légèrement recourbé derrière et devant, où il se termine par un nasal assez court, est orné d'une bande sobrement ciselée de lignes verticales. Le héros hébreu ne porte point de brodequins, mais une sorte de chaussure très simple, son sabre pend au côté, soutenu par un baudrier large et uni, une lance dont on n'aperçoit que la hampe est appuyée sur son épaule droite et permet le jeu des bras. Un bouclier rond, de couleur rouge, retenu d'une épaule à l'autre par une courroie, couvre une partie du dos, qu'il dépasse même sensiblement. Ce costume militaire, dont le XIe siècle offre déjà quelques exemples, fut surtout usité au XII, ainsi qu'on le voit, d'après Montfaucon, pour les cavaliers figurés sur les vitraux que Suger fit peindre pour l'église de l'abbaye de Saint-Denis et pendant le XIIIe siècle, pour être abandonné vers le milieu du XIVe, où il fut remplacé par les armures formées de plaques ajustées." (A. de Florival)

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

6b. Moïse et le Buisson ardent.

Dans la même pensée typologique que pour l'image de Gédéon, la scène du Buisson ardent, ou manifestation théophanique de Yahvé à Moïse gardant ses troupeaux, a été mise en paralléle avec la Nativité. 

Exactement comme sur la gravure, Moïse est représenté en train de se déchausser, obéissant à Yahvé (Exode 3 :1-6) tout en plaçant sa main devant ses yeux pour se protéger de l'éblouissement.

Sur la gravure, l'inscription du haut indique solve calceamentum de pedibus tuis: locus enim, in quo stas, terra sancta est "ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte."

L'inscription du bas indique Vadam, et videbo visionem hanc magnam, quare non comburatur rubus "J'irai, et je verrai cette grande vision, pourquoi le buisson ne se consume pas."

Sur le vitrail, ce texte n'est pas indiqué, mais il est implicite.

On retrouve ici la houlette et les moutons de l'Annonce faite aux bergers, et la chèvre qui, non sans humour, vient brouter le buisson ardent.

Biblia pauperum (1480-1485), BnF Réserve des livres rares, XYLO-5
 
A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.
 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

7a. Avant la Fuite en Égypte.

Voici l'interprétation d'A. de Florival :

"Saint Joseph nimbé, et dont l'habillement consiste en une tunique blanche et un manteau pourpre, d'une riche coloration, porte dans ses bras l'enfant Jésus, le front ceint du nimbe crucifère et tendant les mains vers la Vierge que l'on voit, dans le médaillon contigu, assise sur un âne.

A la gauche de Joseph, se trouve une femme voilée, non nimbée. C'est sans doute Salomé, la sage-femme, qui se joignit à la sainte Famille et l'accompagna dans son voyage (Evang. apocr. cap. VIII. )."

Mais je ne crois pas que l'homme nimbé du médaillon 7a, aux allures christiques, soit Joseph, qui est représenté sur le médaillon 7b, non nimbé, la canne sur l'épaule chargée de son baluchon. S'agirait-il de Yahvé ? En dehors de cela, les deux médaillons se répondent et se complètent, le personnage de gauche tendant l'Enfant vers Marie qui lui tend les bras.

Le texte de l'évangile de Matthieu 2 :13-14 est le suivant :

"Lorsqu'ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Egypte, et restes-y jusqu'à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Egypte."

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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7b.La Fuite en Égypte

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

8 a. Le rêve des trois mages après la Nativité : un ange les avertit de ne pas retourner par Jérusalem auprès d'Hérode, mais de rentrer dans leur pays par un autre chemin.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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8 b. Le retour des mages dans leur pays.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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9a. Le prophète Daniel ?.

Un personnage nimbé, à longue barbe, est assis sous une colonnade qui supporte un rideau négligemment relevé. Le rouleau qu'il tient de la main droite et sur lequel est écrit le nom de DANIEL jette une lumière très nécessaire sur cette figure qu'aucune particularité, aucun symbole ne pouvait faire reconnaître.

On sait que Daniel, le dernier des grands prophètes, est celui qui annonça, en termes formels, l'époque de la naissance de Jésus-Christ ( Daniel, IX, 24 et seq.). Il a la main gauche levée soit dans l'attitude de la parole, soit pour montrer le médaillon voisin qui complète cette scène biblique. Dans un édifice soutenu par des colonnes entremêlées de draperies, on voit, élevées sur de larges piédestaux portés sur des colonnes minces à base arrondie et chapiteau à crochets, deux statues d'or, nues, couronnées, qui, violemment ébranlées par une force invisible, se partagent en plusieurs morceaux et s'écroulent. Les deux médaillons sont liés par la continuité des draperies.

A. de Floridal écrit : " On comprend la pensée qui a rapproché cette scène de la figure de Daniel. En effet, la chute des idoles devait être la conséquence de la venue du Messie qu'il annonçait (Daniel, ibid). Plusieurs circonstances de sa vie pouvaient aussi en être considérées comme l'image symbolique. Il montra un grand zèle pour la destruction des faux dieux (Id. XIV, 21-27). Ce fut lui qui expliqua la vision de la statue aux pieds d'argile renversée par la pierre, image du royaume du Christ (Id. II, 31-46.). ".

Mais il serait plus logique de trouver ici Isaïe ou Jérémie, et le nom du phylactère a peut-être été modifié par un restaurateur, car elle est un peu trop lisible. La scène renverrait alors à Isaïe 19:1 :  "Oracle sur l'Égypte. Voici, l'Éternel est monté sur une nuée rapide, il vient en Égypte; Et les idoles de l'Égypte tremblent devant lui, Et le coeur des Égyptiens tombe en défaillance". Ou encore Jérémie 43, 13 : « Il brisera les stèles de la maison du soleil qui est dans le pays d’Égypte et il brûlera les maisons des dieux d’Égypte ».

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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9b. La chute des idoles lors de la Fuite en Égypte .

Cet épisode de la chute des idoles à Sotinien dans le temple égyptien où s'est arrétée la Sainte Famille  se trouve relaté à partir du VIIIe siècle  dans deux Évangiles apocryphes, l'Evangile du Pseudo-Matthieu ou l'évangile arabe de l'enfance, repris par Vincent de Beauvais  ou dans la Légende dorée de Jacques de Voragine. Il est fréquemment illustré en sculpture, enluminure (Lewis Psalter, Paris 1225-1240) ou vitrail (Chartres, Vitrail de l'Enfance baie 50, 1145-1155). Sur la baie 2, les idoles sont dorées, et leurs coiffures peuvent évoquer les coiffures égyptiennes.

Cf G. de Muelenaer et Jacques Poucet

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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10a. Le sacrifice de Caïn refusé, le sacrifice d'Abel accepté.

Le médaillon montre les deux sacrifices offerts à Yahvé par Cain et Abel, selon le texte de la Genèse chapitre 4 :

"Au bout de quelque temps, Caïn fit une offrande des produits de la terre à l'Eternel.  De son côté, Abel en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L'Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande,  mais pas sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité et il arbora un air sombre."

Abel est à gauche et présente à Yahvé un agneau. À droite, Abel présente une gerbe de blé. Au centre, la main de Yahvé descend des nuées et les flammes du sacrifice s'élèvent, vives et hautes.

À première  vue, puisque la main de Dieu et les flammes appartiennent à la moitié droite de l'image, j'ai pu penser que cela signifiait que c'était, par erreur de l'artiste, l'offrande de Caïn qui était acceptée. C'est bien -sûr l'inverse.

L'interprétation typologique de cette scène est à discuter. Dans l'iconographie, les scènes typologiques de l’histoire de Caïn et Abel les plus fréquentes selon Sabine Maffre sont celles des offrandes et du meurtre (Abel, qui est tué par Caïn, préfigurant le Christ). Mais cette deuxième possibilité n'est pas à retenir ici. Reste donc celle d'une offrande agréée par Yahvé. Le sacrifice d'Abel incite donc à lire la Présentation de Jésus  au Temple comme une offrande où l'Enfant est consacré à Dieu comme victime sacrificielle, et l'ensemble des panneaux en rapport avec la théologie de l'Agneau mystique. 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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10b. La Présentation de Jésus au Temple.

"Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception. Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes." (Luc 2 :21-25)

Joseph et Marie présentent Jésus au grand prêtre qui, au dessus de l'autel, tient un globe doré d'une main et tend à l'enfant un objet.  Derrière le couple viennent trois animaux dont un bœuf.

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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11a et b. Le roi Hérode ordonne à ses soldats le massacre des Innocents.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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12. Deux anges répandent des parfums et de l'encens sur les scènes précédentes.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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SOURCES ET LIENS

—BOULANGER (Karine), 2008, Notice du Centre André Chastel

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/210273

Cycle de la Vierge : histoire de Gédéon ; vie de la Vierge ; vie du Christ ; enfance du Christ ; histoire des Juges ; histoire de Moïse ; histoire de la Genèse ; vie de sainte Elisabeth de Jérusalem

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/210134

— BOURGEOIS ( Aurélie), 2011- Les Vitraux gothiques de la cathédrale de Laon. Sous la dir. de Heck, Christian. Master2 : Hist. art : Lille III, 2011. Non consulté

—BROCHE, (Lucien) 1926, La cathédrale de Laon ([Reprod. en fac-sim.]) / Lucien Broche ed. Laffitte (Marseille)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3370697m/f112.image.r=vitraux

—DOREL-FERRE (Gracia) 1986 · ‎Les vitraux de la cathédrale de Laon, non consulté

— FLORIVAL A. de), MIDOUX ( ‎Étienne), 1882 Les vitraux de la cathédrale de Laon - Volume 1 page 8

https://www.google.fr/books/edition/Les_vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Laon/Q_FZAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=vitraux+cath%C3%A9drale+laon&printsec=frontcover

https://books.google.fr/books?id=Q_FZAAAAYAAJ&pg=RA2-PA13&focus=viewport&hl=fr&output=text#c_top

—LAUTIER (Claudine)  2000, Les vitraux du chevet de la cathédrale de Laon. Première approche. Österreichische Zeitschrift für Kunst und Denkmalpflege, 2000, 54, p. 257-264. ⟨halshs-00355365⟩ Non consulté

— SITES

https://photos-eglises.fr/Picardie/02/Laon/cathedrale/vitraux.htm

https://laon.fr/VILLE_LAON_21_WEB/FR/Accueil.awp?page=101&m=&ar=119

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-02Laon-CathNotreDame.php

 

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Published by jean-yves cordier - dans XIIIe siècle Annonciation Vierges couchées
20 février 2026 5 20 /02 /février /2026 15:46

La rose du chevet ou baie 100 (vers 1220) de la cathédrale de Laon : la Vierge, les Apôtres et les 24 Vieillards de l'Apocalypse.

Voir aussi sur la cathédrale de Laon:

 

PRÉSENTATION
Petit emprunt à Wikipédia :

"La cathédrale Notre-Dame de Laon  est l'un des premiers édifices majeurs de style gothique en France. 

La construction débuta par le chœur et le grand transept afin de recevoir les nombreux pèlerins. En 1164, y eut lieu la translation des reliques de saint Béat.

Entre 1170 et 1175, une deuxième campagne de construction très courte porta sur le fond du croisillon nord, ses portails et les travées.

Entre 1175 et 1185, une troisième campagne mena à l'édification du transept avec ses deux portails (nord et sud) . Vers 1180 on posa les vitraux de la rose nord (dite des arts libéraux).

La quatrième campagne se termina vers 1200 par l'achèvement de la nef et de la façade occidentale.

Mais une cinquième et dernière campagne s'avéra nécessaire afin de reconstruire le chœur, lequel profond de seulement trois travées s'était rapidement révélé trop petit. Cette cinquième campagne eut lieu de 1205 à 1220 et vit la construction du chœur à chevet plat comprenant dix travées, tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Enfin vers 1235-1238 se déroula la dédicace de la cathédrale. En 1250 on édifia une flèche sur la tour sud-ouest ainsi que sur la tour sud."

 

La rose du chevet plat et les trois baies 0, 1  et 2 datent donc de la fin de cette cinquième campagne, vers 1220 (Karine Boulanger : "1er tiers XIIIe siècle, vers 1200").

La rose a un diamètre proche de 10 mètres. Elle a été remise en plomb au milieu du XIXe siècle, et malgré l'explosion de 1870, elle conserve 80% de ses verres d'origine.

Son plan est simple : au centre, la Vierge, patronne de la cathédrale. Dans un deuxième cercle, les 12 apôtres. Dans le cercle extérieur, les 24 vieillards de l'Apocalypse, représentant l'Église, ou le Peuple de Dieu.

Vue générale du chevet.

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

La rose orientale ou baie 100.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

La rosace centrale.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Isaïe et Jean-Baptiste.

La Vierge à l'Enfant est entourée dans les médaillons par deux anges thuriféraires (en haut), par Isaïe (prophète qui en a annoncé la venue par ces versets Ecce virgo concipiet, et pariet filium, et vocabitur nomen ejus Emmanuel: "Une Vierge concevra et enfantera un fils, et il sera appelé Emmanuel") tenant le phylactère YSAIAS et par Jean-Baptiste, dernier prophète ayant annoncé la venue du Christ (Ecce agnus dei) : il tient un plat (c'est d'habitude un livre) sur lequel siège l'Agneau de Dieu portant l'étendard de la Résurrection. Jean-Baptiste est le Précurseur,  celui qui a dit "Je suis la voix qui crie dans le désert "Préparez au Seigneur un chemin droit comme l'a dit le prophète Isaïe" (Jn 1:23).  Chacun des deux prophètes lève la main dans un geste oraculaire.

Isaïe, relevé par E. Midoux 1882.

 

L'Agneau porté par Jean-Baptiste, E. Midoux 1882

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Le quadrilobe central.

Il mesure 93 cm de diamètre.

La Vierge elle-même, couronnée et nimbée, assise frontalement sur la cathèdre, et vêtue d'un manteau-voile rouge, tient une rose rouge. Il s'agit, avec un clin d'œil à la rosace elle-même, qu'elle imite, de la rose mystique, qui est un qualificatif de Marie, dans les Litanies de Lorette par exemple (cf. la dévotion cistercienne du Rosaire au XIIe siècle)

La tête a été refaite.

L'Enfant, au nimbe crucifère, vêtu d'une tunique blanche et d'une robe bleue, lève la main dans un signe de bénédiction.

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Le cercle des 12 apôtres, en 12 médaillons de 80 cm de diamètre inscrits dans une étoile à 12 pointes.

Chaque apôtre est assis sur un arc de cercle (comme le Christ-Juge sur l'arc-en-ciel), et tient un phylactère à son nom. 

Pierre, qui débute traditionnellement  la série, n'est pas au zénith, et cette place est occupée par saint Jacques le Majeur (IACOBVS). Puis viennent, dans le sens horaire, André (ANDREAS), Jude, Paul (PAVLVS), Jean (JOHANNVS), Matthieu, Barthélémy (BARTHOLOMEVS), Simon (SIMON), Thaddée, Philippe, Pierre (PETRVS) et Barnabé. Comme le remarque A. de Florival, il manque Jacques le Mineur et Thomas, alors que deux médaillons sont réservés à Jude et à Thaddée, qui sont en réalité un seul apôtre.

L'apôtre Bartholomée, par E. Midoux 1882

 

L'apôtre Simon, par E. Midoux 1882.

 

L'apôtre Jean, par E. Midoux 1882
Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Les 24 vieillards de l'Apocalypse.

Le plus grand cercle renferme vingt-quatre médaillons variant de soixante douze à soixante-quatorze centimètres de diamètre, disposés deux par deux et comprenant les vingt quatre vieillards de l'Apocalypse.

Les vingt-quatre médaillons géminés de la rose représentent les vieillards qui apparurent à saint Jean dans sa vision de l'Apocalypse.

Chaque compartiment est formé de deux de ces médaillons accolés. Le vide est rempli, dans le haut, par un ornement en forme de fleur de lis rouge, verte et blanche, et, dans le bas, par un quatrefeuille rouge au centre vert. Ils sont assis comme les apôtres du cercle précédent, et tiennent d'une main une fiole de forme allongée (parfois dotée d'une anse), et, de l'autre, un instrument de musique. Leurs têtes se détachent sur un nimbe circulaire dont le champ est, pour plusieurs, décoré de perles et de cabochons, leurs couronnes portent le même ornement.

Les figures sont très expressives et les physionomies nobles et fines. 

On a toujours considéré, dans l'iconographie chrétienne, ces vieillards comme symbolisant les saints de l'ancien et du nouveau Testament. L'artiste verrier s'est ici inspiré de l'Apocalypse : « Autour de ce trône, il y en avait vingt-quatre autres, sur lesquels étaient assis vingt-quatre vieillards vêtus de robes blanches avec des couronnes d'or sur leurs têtes. Ils sont rois et règnent avec le Christ. « Les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant celui qui est assis sur le trône, et ils adoraient celui qui vit dans les siècles des siècles, et ils jetaient leurs couronnes devant le trône ... Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or  pleines de parfums qui sont les prières des saints." (Ap.4 : 4 et 10)

Ils sont figurés avec les mêmes attributs, dans la cathédrale de Chartres ou d'Angers, à Saint-Denis, à Notre-Dame de La Coudre à Parthenay, à Notre-Dame de Saintes, etc.

Les 24 vieillards seront décrits en partant du haut et en tournant dans cette grande horloge dans le sens horaire. Une attention particulière sera portée aux instruments de musique dont ils jouent.

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Un roi portant une vièle. Un roi tenant une vièle à archet en huit.

On peut discuter sur le nom des instruments choisis par A. de Florival. Le premier instrument a une forme en amande ou en poire, avec un manche sans touches, trois cordes, deux ouies. S'il est monoxyle, on peut proposer le nom de rebec ; ou celui de vièle médiévale à 5 cordes.

Ce que je nomme vièle à archet est aussi nommé "vièle en huit". Son archet est long et lourd. Sa caisse possède quatre ouies. Il est posé sur les cuisses, peut-être parce que le vieillard n'en joue pas, mais surtout parce que cet instrument se joue ainsi.

Le porche occidental  de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers, qui date de la seconde moitié du XIIe siècle, montre le Christ en majesté entouré des 24 vieillards sculptés sur les voussoirs. Ils jouent tous de la vièle en huit. Denis Le Vraux et Olivier Pont ont en donné une superbe étude pour Apemutam. "La vièle en huit comme représentée sur le portail de la cathédrale d'Angers , se développe surtout aux XIIe et XIIIe siècles. Elle a trois cordes, se joue toujours en position assise l’instrument posé sur un genou ou entre les deux cuisses, dans un contexte religieux. Elle disparait au cours du XVe siècle."

 

 

 

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Un roi portant une vièle en huit. Un roi tenant un tambourin carré.

Le premier roi se tient jambe droite croisée sur la jambe gauche, révélant ses chausses vertes sous sa robe pourpre. On ne voit pas d'archet.

Son voisin tient bien haut un tambourin, dans l'attitude d'un joueur. Le tambourin carré porte le nom de daff ou deff en Afrique du Nord. Il est frappé à la main, ou parfois avec une baguette. "C'est un tambour sur cadre carré en bois, où deux peaux sont cousues de part et d'autre du cadre. De chaque côté, un timbre est tendu au contact de la peau, produisant le grésillement caractéristique des percussions médiévales." (apemutam.org) Il est représenté à Saint-Pierre de Poitiers au XIIe siècle.

Il est représenté dans le Psautier de saint Louis BnF Lat 10525, datant de 1270-1274. Trois femmes dansent en frappant des tambourins devant des chevaliers.

Psautier de saint Louis f.53v. Droits Gallica
Psautier de saint Louis f. 66r
 
 

 On le trouve encore représenté dans la Bible moralisée du XIIe siècle BnF lat 11560 f.129v

 Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits. Latin 11560 f. 129v droits Gallica

 

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Un roi portant une vièle médiévale. Un roi tenant une vièle à archet.

Les deux vièles ont la même forme en amande. Le premier roi la tient en position verticale, la pointe posée sur sa cuisse gauche. Le second tient sa vièle à archet comme un violon, l'extrémité coincée sous son menton.

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Un roi portant une viéle en huit et son archet. Un roi tenant une vièle en huit sans archet.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Un roi portant une harpe. Un roi tenant une longue vièle médiévale sur ses cuisses.
 

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Un roi portant un tambourin carré. Un roi tenant une vièle,  son long archet posé à sa droite.

 

 

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Un roi tenant une vièle à archet. Un roi portant une harpe.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Un roi portant une vièle. Un roi tenant une vièle à archet. 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 Un roi portant une vièle. Un roi portant une harpe.

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Un roi portant une harpe.  Un roi portant un psaltérion.

On ne voit pas de plectre à côté du psalterion.

 

 

 

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS

—BOULANGER (Karine), 2008, Notice du Centre André Chastel

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/210273

— BOURGEOIS ( Aurélie), 2011- Les Vitraux gothiques de la cathédrale de Laon. Sous la dir. de Heck, Christian. Master2 : Hist. art : Lille III, 2011. Non consulté

—BROCHE, (Lucien) 1926, La cathédrale de Laon ([Reprod. en fac-sim.]) / Lucien Broche ed. Laffitte (Marseille)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3370697m/f112.image.r=vitraux

—DOREL-FERRE (Gracia) 1986 · ‎Les vitraux de la cathédrale de Laon, non consulté

— FLORIVAL A. de), MIDOUX ( ‎Étienne), 1882 Les vitraux de la cathédrale de Laon - Volume 1

https://www.google.fr/books/edition/Les_vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Laon/Q_FZAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=vitraux+cath%C3%A9drale+laon&printsec=frontcover

—LAUTIER (Claudine)  2000, Les vitraux du chevet de la cathédrale de Laon. Première approche. Österreichische Zeitschrift für Kunst und Denkmalpflege, 2000, 54, p. 257-264. ⟨halshs-00355365⟩ Non consulté

— SITES

https://photos-eglises.fr/Picardie/02/Laon/cathedrale/vitraux.htm

https://laon.fr/VILLE_LAON_21_WEB/FR/Accueil.awp?page=101&m=&ar=119

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-02Laon-CathNotreDame.php

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Published by jean-yves cordier - dans XIIIe siècle Vierge à l'Enfant Instruments de musique
13 février 2026 5 13 /02 /février /2026 13:50

La baie 235 ou rose nord des Arts libéraux (v.1200 à 1210) de la cathédrale de Laon.

Voir aussi sur la cathédrale de Laon:

Voir sur le thème des Arts libéraux :

PRÉSENTATION

"La cathédrale actuelle fut construite à l'emplacement d'un édifice roman incendié lors de l'insurrection communale survenue le jeudi 25 avril 1112. Son édification commença en 1155 sous l'épiscopat de Gautier de Mortagne et continua jusqu'en 1235.
Elle est l'un des premiers édifices majeurs de style gothique en France. Postérieure à l'église abbatiale de Saint-Denis, à la cathédrale Notre-Dame de Noyon et à la cathédrale Saint-Étienne de Sens, elle est contemporaine de Notre-Dame de Paris. La construction débuta par le chœur et le grand transept afin de recevoir les nombreux pèlerins. Entre 1170 et 1175, une deuxième campagne de construction porta sur le fond du croisillon nord.
Entre 1175 et 1185, une troisième campagne mena à l'édification du transept avec ses deux portails, la tour-lanterne d'inspiration anglo-normande, ainsi que les cinq dernières travées de la nef. Durant cette campagne, on construisit également les tours du transept. Vers 1180 on posa les vitraux de la rose nord (dite des arts libéraux).
La quatrième campagne se termina vers 1200 par l'achèvement de la nef et de la façade occidental."

La baie 235, la rose des Arts Libéraux,  est constituée d'un médaillon central,  et de huit médaillons périphériques.

Ces 9 médaillons représentant les sept figures allégoriques des 7 arts libéraux plus la médecine, enseignés au Moyen Age à l'école épiscopale de Laon (dont le prestige était dû au célèbre Anselme de Laon), entourent le motif central symbolisant la Philosophie ou Théologie issue de cet enseignement.

(*) "Anselme de Laon enseigna vers 1076 avec un grand succès à l'école cathédrale de Paris, où, avec Guillaume de Champeaux, il combattit du côté des réalistes dans la Querelle des Universaux.

Plus tard il se retira dans sa ville natale et fut maître des écoles de Laon, avec son frère Raoul, de 1090 environ jusqu'à sa mort. Son école de théologie et d’exégèse devint rapidement la plus réputée en Europe. En 1113 il en chassa Abélard.

Il fut le doyen et le chancelier de Laon à partir de 1109 environ et l'archidiacre à partir de 1115."

Les matières enseignées sont  les droits (droit canon, droit civil), le droit canon, la médecine, les mathématiques, la logique ou la philosophie, auxquels s'ajoutent les arts libéraux (plus développés que les premiers) :

Ces Arts libéraux se répartissait en Trivium (mot latin signifiant "les trois voies"), les trois arts liés au langage écrit ou oral, la Grammaire (enseignant les mécanismes de la langue), la Rhétorique (art de persuader) et la Dialectique (art d'analyser les arguments), et en Quadrivium, les quatre arts liés aux chiffres et au calcul, l'Arithmétique (étude du nombre pur), la Géométrie (étude du nombre dans l'espace), l'Astronomie (étude du nombre dans l'espace et le temps) et la Musique (étude du nombre dans le temps). Ces sept sciences étaient basées sur les connaissances acquises des savants grecs ou latins (Pythagore, Euclide, Ptolémée, Cicéron, Quintilien, ...), transmises souvent par les Arabes, et sur les écrits de saint Augustin, discutés par des esprits brillants comme Alcuin (fondateur de l'Université de Tours au VIIIe siècle), dans les universités de Paris (1229), Montpellier (1220), Toulouse (1229), Oxford (1167), Cambridge (1209), Salamanque (1218),  Valladolid (1241) ou Padoue (1220) et  Bologne (1098).

Ces universités du XIIe siècle avaient été précédées depuis le VIe siècle par les "écoles cathédrales", fondées depuis la réforme carolingienne dans chaque évêché : les plus importantes ont été celles de Chartres, Orléans, Reims, Paris, Laon, Rouen et Langres. Elles dépendèrent au XIe siècle des chanoines des cathédrales et étaient dirigées par l'écolâtre. Sur l'école cathédrale de Laon, voir wikipedia , mais notons que Gautier de Mortagne , après avoir été chanoine de la cathédrale de Laon en 1150, puis doyen, devint écolâtre de l'école de Laon avant d'être évêque de Laon de 1153 à 1174. C'est sous son épiscopat que démarra l'édification de la cathédrale de Laon.

Ces Arts étaient couronnés par la Théologie, « reine » médiévale des sciences dans les universités.

Iconographie des Arts libéraux

(d'après G. Fleury, voir les illustrations sur son article)

Emile Mâle a montré que c'est Martianus Capella qui est à l'origine de ce thème iconographique, dans son  De Nuptiis Philologiae et Mercurii, du Ve siècle.

A. Les représentations sculptées

  • Abbatiale de Déols (Indre). milieu du XIIe siècle
  • Le porche de la collégiale Notre-Dame de Loches du milieu du XIIe siècle
  • Portail royal de Chartres, porte sud (vers 1160).
  •  Nord de la façade ouest de la Notre-Dame de Paris. Les arts libéraux prennent place au trumeau du portail du Jugement dernier, détruit en 1771, reconstitué au XIXe siècle sous l’inspiration de Viollet-le-Duc, et copiés manifestement sur les sculptures de Laon et de Sens.
  • Cathédrale de Sens. soubassement de l’embrasure gauche du portail central
  • Cloître d’Autun et chapiteau de Vienne (St-André-le-Bas), milieu du XIIe siècle . À Autun les deux piliers figurés qui étaient probablement dans le cloître de la cathédrale Saint-Nazaire d’Autun ont été déposés au musée Rollin de la même ville.
  • Chapiteau d’Elne, présenté au château de Villevêque. la fin du XIIe siècle ou de la première moitié du XIIIe
  • Cathédrale de Sienne. Les allégories sont représentées sur la base de la colonne centrale de la chaire de la cathédrale de Sienne sculptée en 1265-1268 par Nicola Pisano (1220-1284) et son fils Giovanni (1245- 1320).
  • Cathédrale de Pise. Les allégories sont sculptées sur les huit panneaux de la base du pilier central de chaire sculptée entre 1302 et 1311 par Giovani Pisano (1248-1315).
  • Cathédrale de Clermont. Les allégories, représentées jusque-là sous les traits de belles jeunes femmes, sont remplacées par les « savants » qui leur sont associés, représentés avec les attributs classiques. Cette façade nord du transept est datée du XIVe siècle. La mise en place est identique à celle d’une rose, comme à Laon. Les « savants » représentés ont des visages allongés, chevelus et barbus. Ils sont couronnés. Le médaillon central est l’équivalent d’une allégorie de la géométrie (donc c’est une représentation d’Euclide).
  • Cathédrale d’Auxerre,  portail sud de la façade ouest, seconde partie du XIIIe siècle (1260 est la date de construction de ce portail de droite de la façade ouest)
  • Le portail du transept nord, dit le « portail des libraires » de la cathédrale de Rouen, construit autour de 1300. Le portail du transept nord, dit le « portail des libraires », construit autour de 1300, possède un riche décor et en particulier des sculptures en faible relief sur les jambages des ébrasements et du trumeau. Sur le trumeau, quatre quadrilobes concernent les arts libéraux  avec , de gauche à droite : Géométrie, Musique, Astronomie, Grammaire. La Musique tient un tintinabulum assez proche de la Musique de Laon.

B. Vitrail

  • Auxerre, rose de la baie 102 du chœur. Le chœur est daté de 1215-1230, avec montage des vitraux dans les décennies qui ont suivi.

 

La représentation des Arts libéraux en la cathédrale de Laon : sculpture et vitrail.

La cathédrale de Laon propose deux représentations des arts libéraux. Elles sont présentées sous forme de sculptures dans la seconde voussure de la fenêtre gauche de la façade ouest (datée vers 1200), et sous forme de verrières à la rose du transept nord (datée vers 1200-1210 ).  Les deux représentations utilisent pratiquement la même gestuelle et les mêmes attributs, on peut donc se demander si elles ne dérivent pas d’un même dessin ou si l’une n’est pas la transcription de l’autre.

DESCRIPTION

On trouve dans les sens des aiguilles d'une montre en partant du haut :

TRIVIUM

—1. La Rhétorique avec les livres des discours des anciens ;

—2. la Grammaire brandissant ses verges au dessus de ses enfants ;

—3. la Dialectique levant les bras avec véhémence ;

QUADRIVIUM

—4. l'Astronomie, où Uranie tient un astrolabe

—5. l'Arithmétique montrant les pions de l'abaque dans les mains ;

—6. la Médecine ajoutée aux sept arts mirant le contenu d'un urinal ou matula (cet accessoire est alors l'attribut des médecins, tout comme le sthétoscope aujourd'hui)

—7. la Géométrie  traçant un dessin avec un compas

—8. la Musique frappant d'un marteau le tintinnabulum.

AU CENTRE

—9. a Sagesse ou Philosophie porte dans la main gauche les livres saints et dans la droite le sceptre royal. Cet ensemble (rose) composé d'un occulus central et de huit occuli plus petits, fut exécuté vers 1180.

Restauration.

Cinq des médaillons sont datables des années 1200 à 1210, soit 20 à 30 ans après la construction du transept ; les quatre derniers (philosophie, rhétorique, musique, médecine) ont été réalisés en 1865 par le peintre-verrier Adolphe Charles Edouard Steinheil qui prit comme modèles les sculptures de la seconde  voussure de la façade occidentale de Laon consacrée aux Arts libéraux.

Les P.P Cahier et Martin ont reproduit la rose dans son état antérieur à l'intervention de Steinheil dans leur Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature tome IV de 1856, avec les quatre médaillons d'origine , mais dans un ordre différent. On voit des différences notables, par exemple pour Grammaire, qui est figurée tissant , fuseau en main (ce devait être une férule), devant 3 enfants. Géométrie trace un cercle avec un compas  sur une planche posée sur ses genoux. Astronomie élève un instrument bien différent de l'astrolabe de Steinheil.

Cahier et Martin, Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature tome IV de 1856 Planche VIII

 

Chaque allégorie du vitrail sera précédée  par le dessin du livre de Viollet-le-Duc  du claveau sculpté correspondant de la façade ouest de la cathédrale de Laon.

 

 

 
Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

https://www.google.fr/books/edition/Les_vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Laon/Q_FZAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=rose+nord+laon+steinheil&pg=RA3-PA58&printsec=frontcover

1. Au centre : la  Philosophie ou Théologie. Coffetier et Steinheil 1865

Elle est  assise, la tête dans les nuages, avec une échelle appuyée sur son torse, et tenant  un livre ouvert. En main droite, elle tient un sceptre. Sur la sculpture, elle tient deux livres, et un manche qu'on peut peut-être deviner sur la sculpture dans la main gauche.

D’après Émile  Mâle, il s’agit de Philosophie et non de Théologie . Cette personnification étant due à Boèce dans sa Consolation philosophique : l’échelle correspondrait aux degrés qui permettent d’accéder de la philosophie pratique (π) à la philosophie « spéculative » (θ) comme indiqué dans le texte. Les lettres grecques ont été reproduites à Sens. (G. Fleury).

Mais la proximité de la Philosophie (aristotélicienne en particulier) et de la Théologie permet de garder les deux figures.

 

 

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

2. la Rhétorique. Coffetier et Steinheil 1865

 

Sur la sculpture, Rhétorique écarte les bras dans un geste d'orateur.  Sur le vitrail elle écrit sur une tablette (mauvaise interprétation du XIXe siècle ?).

 

 

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

3. La Grammaire ou gramatica. v.1210

Grammaire est représentée l'index posé sur le livre que tient  un écolier sur la voussure sculptée, tandis que sur le vitrail, elle tient un fuseau fleuri, devant deux enfants dont l'un tient une tablette à deux battants.

 

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

3. la Dialectique. v.1210

Dialectique lève les bras et pointe un doigt de la main droite, par un geste d'éloquence opposant les arguments. Sur la sculpture, un serpent s’enroule autour de sa taille, ce qui ne se voit pas sur le vitrail, dont les verres rouges sont devenus noirs.

 

 

 

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

4. l'Astronomie. v. 1210.

 

Astronomie présente un disque muni d’une zébrure horizontale, c'est à dire une astrolabe, comme sur le portail central de la cathédrale de Sens au XIIe siècle

L'astrolabe est un instrument de calcul qui emploie une représentation de la voûte céleste et de la terre combinée à un calendrier. Il a été conçu dans l'Antiquité, a été grandement employé et perfectionné dans la sphère islamique avant de passer dans le monde chrétien au 12e siècle où son usage se répand ensuite rapidement.

 

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

5. l'Arithmétique. v.1210

Arithmétique tient des groupes de boules dans ses deux mains.  

 

 

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

7. la Géométrie. v.1210

Géométrie manipule un compas sur une tablette. Sur la sculpture, elle forme un octogone. 

 

 

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

8. la Musique. Coffetier et Steinheil 1865

Musique, assise sur une banquette (ou sur une cathédre dans la sculpture) et coiffée d'un voile, frappe avec un manche l'une des trois cloches d'un tintinnabulum ; on en compte cinq sur la sculpture.

 

La représentation très célèbre d'un des chapiteaux de la cathédrale d'Autun (1160) montre un homme tenant sur l'épaule une traverse où 6 cloches sont suspendues : il en tient deux par l'anse , et une autre cloche pend à sa robe. Deux musiciens  sont accroupis, l'un d'eux frappe une cloche avec un marteau, tandis qu'il tient une huitième cloche, qu'il fait peut-être sonner. Son compagnon met en action le battant de la quatrième cloche. 

 

 

Chapiteaux d'Autin, cliché lavieb-aile.

 

On trouve aussi des représentations romanes de tintinabulum au  portail central  de Notre-Dame de Paris, au portail de la Vierge de la cathédrale de Chartres. Et parmi les Arts libéraux du portail des Libraires de Rouen.

 

 

 

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Rose nord de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS.

https://www.levitrailfrancais.com/post/cathedrale-de-laon-la-rose-des-arts-liberaux

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM02000155

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rose_Nord_Cath%C3%A9drale_de_Laon_181008_05.jpg

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-02Laon-CathNotreDame.php

—CHARRON (Pascale), Les Arts libéraux dans la tapisserie à la fin du Moyen Âge : entre iconographie savante et pratiques d’atelier. Université de Tours-CESR/UMR 7323

https://shs.hal.science/halshs-00948535v1/document

https://shs.hal.science/halshs-00948535

—DEROUSSEN DE FLORIVAL Adrien-Maurice, MIDOUX, Étienne , 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon Paris. Didron – 1882 page 58

https://www.google.fr/books/edition/Les_vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Laon/Q_FZAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=rose+nord+laon+steinheil&pg=RA3-PA58&printsec=frontcover

— FLEURY (Gérard) (*) Allégories des Arts libéraux de Martianus Capella (Ve siècle) jusqu'au XXe siècle. Académie de Touraine.

(*) Professeur de mathématiques au lycée public de Loches durant toute sa carrière, spécialiste de l’art religieux du Moyen Âge, plus particulièrement l’architecture et la sculpture d’inspiration romane, Gérard Fleury est décédé en 2023

http://academie-de-touraine.com/wp-content/uploads/2021/03/Les-all%C3%A9gories-des-arts-lib%C3%A9raux-R.pdf

—MÂLE ( Émile), 1899, L’art religieux du XIIIe siècle, Paris, 1899, p. 102-117.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9326593/f114.item

—MÂLE ( Émile), « Les arts libéraux dans la statuaire du moyen âge », Revue archéologique, T. 17, 1881, p. 334- 346. Cité par G. Fleury

—VERDIER (Philippe), 1967, "L’iconographie des arts libéraux dans l’art du Moyen Âge jusqu’à la fin du quinzième siècle". Verdier, P. In Arts libéraux et philosophie au Moyen Âge. Actes du 4e congrès international de philosophie médiévale (Montréal, 1967), pages 305–332. Montréal, 1969. Non consulté.

— VIOLLET-LE-DUC , Dictionnaire raisonné…, tome II, article « Arts libéraux »

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Arts_(lib%C3%A9raux)

"  Une des plus belles collections des arts libéraux figurés se voit au portail occidental de la cathédrale de Laon (de 1210 à 1230), dans les voussures de la grande baie de gauche, au-dessus du porche. Là, les figures sont au nombre de dix.

La première, à gauche, représente la Philosophie ou la Théologie. Cette statuette tient un sceptre de la main gauche, dans la droite un livre ouvert ; au-dessus un livre fermé. Il est à présumer que le livre fermé représente l’ancien Testament, et le livre ouvert le nouveau. Sa tête n’est pas couronnée comme à Sens, mais se perd dans une nuée ; une échelle part de ses pieds pour arriver jusqu’à son col, et figure la succession de degrés qu’il faut franchir pour arriver à la connaissance parfaite de la reine des sciences. La seconde, au-dessus, représente la Grammaire . La troisième, la Dialectique ; un serpent lui sert de ceinture. La quatrième, la Rhétorique . La cinquième, l’Arithmétique ; la statuette tient des boules dans ses deux mains.

La première figure à droite représente la Médecine (probablement) ; elle regarde à travers un vase . La seconde, la Peinture ; c’est la seule statue qui soit figurée sous les traits d’un homme dessinant avec un style en forme de clou, sur une tablette pentagonale. La troisième, la Géométrie. La quatrième, l’Astronomie. Il est à propos de remarquer que le disque que tient cette statue de l’Astronomie est coupé par un double trait brisé ; même chose à Sens. À Chartres, des anges tiennent également des disques coupés de la même façon. Est-ce une manière de figurer les solstices ? C’est ce que nous laissons à chacun le soin de découvrir.

La cinquième, la Musique. "

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Published by jean-yves cordier - dans Arts libéraux. XIIIe siècle
15 août 2025 5 15 /08 /août /2025 21:22

Peut-on identifier les oiseaux peints par Giotto dans la Prédication aux oiseaux  (Louvre, inv. 309) ?

Saint François recevant les stigmates est un panneau de peuplier peint par Giotto vers 1298 ; il était placé à côté de la Maesta de son maître Cimabue sur le jubé de San Francesco de Pise, mais il a rejoint les collections du Louvre depuis 1812.

Giotto di Bondone, Saint François recevant les stigmates, Le Louvre inv. 309 cliché RMN

On trouve à la prédelle : Le songe d’Innocent III, le pape approuvant les statuts de l’ordre, et saint François prêchant aux oiseaux.

Sur la dernière scène, ou Prédication aux oiseaux, le saint, devant un franciscain, s'adresse aux oiseaux, et le coloris de ces derniers est mieux conservé que sur le même Prêche, peint à fresque par Giotto en la basilique Saint-François à Assise

Lorsque j'ai pu examiner ce tableau, j'ai été frappé par la présence de deux oiseaux noirs à pattes et bec rouges. Étaient-ce un couple de Craves à bec rouge Pyrrhocorax pyrrhocorax, tels que ceux que nous pouvons observer en Presqu'îe de Crozon ?

Je vérifie que ces derniers sont bien présents en Ombrie. 

Giotto, à la suite de Cimabue, et tout en conservant le fond d'or, a rompu avec la tradition de la peinture byzantine pour se soucier de l'exactitude naturaliste des personnages, aux visages réalistes et variés, aux expressions bien humaines, comme dans la Dérision du Christ de Cimabue, au Louvre. Ce souci de naturalisme s'étend-il aux espèces animales, et, ici, aux espèces d'oiseaux ?

 

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.

Giotto a peint 26 oiseaux, dont deux en vol. Au sol, ils se présentent face au prédicateur par couples , et l'un de ces couples, au moins, est identifiable sans discussion. Ce sont les Chardonnerets, dont on sait qu'ils sont associés, dans l'esprit des peintre, à la Passion du Christ (par leur gorge rouge, et leurs intérêts pour les épines.

Voir :

 

Ces chardonnerets ont trouvé place sous un couple de Pinson, c'est en tout cas la proposition que je fais.

Derrière eux vient un couple d'oiseaux noirs à bec jaune crème. Des Merles peut-être, ou bien des Chocards à bec jaune

Ils précèdent deux oiseaux au ventre blancs et aux ailes noirs. Pourquoi pas des Hirondelles ? Mais je reste prudent.

Derrière eux, ce sont à l'évidence des Pies. Puis deux oiseaux presque superposés : je sêche.

 

 

 

 

 

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.

Au deuxième rang, un oiseau noir, puis deux Oies au bec jaune orangé (Oies sauvages ?), puis deux Hérons bihoreaux ou Bihoreau gris (mon audace me fait frémir, c'est le grand équilibre sans filet).

Au troisième rang, des Grives??, mes deux "Craves à bec rouge" — même si ce bec est un peu trop  droit—, un couple de canards dont l'un des deux tente un petit envol, un oiseau lambda mais qui est peutêtre le conjoint de la sorte d'alouette qui descend en vrille.

Enfin, en toute sécurité, j'identifie le Coq.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.

Suis-je le premier à jouer à cette devinette ornithologique?

J'aimerai bien ne pas être le dernier, et j'espère que l'on viendra contester mes propositions, pour les enrichir.

 

Le 18 septembre 2025 me parvient ce message d' Alfonso Aldea :

"Bonjour, j'ai lu avec intérêt votre texte du 15 août sur les oiseaux dans le tableau de Giotto. Puis-je me permettre de contribuer à l'identification des oiseaux ? L'art et les oiseaux sont deux domaines auxquels je consacre beaucoup de temps (https://avicelli.blogspot.com/).

En effet, au premier plan, on voit deux chardonnerets. Au second plan, derrière eux, je crois reconnaître un pinson mâle ou gros-bec et, devant lui, il pourrait s'agir de la femelle ou, si la teinte olive est fidèle, d'un verdier.

Derrière les chardonnerets, des merles ou des craves à bec jaune. Le couple qui les suit est difficile à identifier, il pourrait s'agir de tourterelles des bois.

Les pies sont reconnaissables entre toutes et, derrière elles, on pourrait apercevoir une hirondelle de rochers. La rangée arrière compte deux oies et, devant, un choucas des tours?.

Derrière, deux bihoreaus gris.

La rangée arrière : cela ressemble à un couple de bruants proyers, car leur bec est trop épais pour être celui de grives.

Derrière, ce qui semble être le couple de choucas devant ; deux craves à bec rouge avec un canard au milieu et un autre en train d'atterrir. Devant le coq, un autre hirondelle des rochers.

Quant à celui qui vole, il ressemble à un autre pinson ou à un autre gros-bec.

Votre attention pour ces détails est très intéressante et je vous félicite pour travail. Merci et mes meilleurs voeux."

Son site met en exergue cette citation de Claude Lévi-Strauss: "Les espèces sont choisies non comme bonnes à manger, mais comme bonnes à penser", qui trouve ici une belle illustration.

 

En bonus, quelques autres de mes photos.

Saint François recevant les stigmates

"Saint François recevant les stigmates" . Cliché lavieb-aile 2024.

"Saint François recevant les stigmates" . Cliché lavieb-aile 2024.

Le songe d’Innocent III

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : Le songe d’Innocent III . Cliché lavieb-aile 2024.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : Le songe d’Innocent III . Cliché lavieb-aile 2024.

Le pape approuvant les statuts de l’ordre.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : Le pape approuvant les statuts de l’ordre  . Cliché lavieb-aile 2024.

Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : Le pape approuvant les statuts de l’ordre . Cliché lavieb-aile 2024.

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Published by jean-yves cordier - dans XIIIe siècle Ornithologie

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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