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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:38

 

 

      Zoonymie du papillon Machaon ou Grand Porte-Queue, Papilio machaon Linnaeus, 1758.

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

Pin pa ni caille,
Le roi des papillons,

Se faisant la barbe,
Se coupa le menton.

 

Un, deux, trois, de bois ;
Quatre, cinq, six, de buis ;
Sept, huit, neuf, de bœuf ;
Dix, onze, douze, de bouse ;
Va-t’en à Toulouse. »


      Voir aussi :  Les caudataires Machaon et Phaéton de la Marine : délices de l'onomastique navale.

Résumé.

Papilio Linné, 1758 : du latin papilio, onis, "papillon".

machaon Linné 1758 :  Dans la mythologie grecque, Machaon (en grec ancien Μαχάων / Makháôn), fils d'Asclépios (dieu de la médecine) est un héros de la guerre de Troie, soignant avec son frère Podalire les cavaliers grecs, puis se cachant dans le cheval de Troie pour prendre possession de la ville avec d'autres chefs. 

— Les noms vernaculaires ont été successivement : Le Grand papillon à queue, du fenouil (Geoffroy, 1762); le Papillon Basse-la-Reine (de Geer, 1771 / Meiran, 1730); le Grand Porte-Queue (Engramelle, 1779); le  Papillon Machaon (Godart, 1819 et 1821) ; le Grand-Carottier (Godart, 1821); le Machaon (Luquet, 1986). L'usage actuel a consacré Le Machaon en priorité, ainsi que le Grand Porte-queue. Hormis le Machaon, transposition du nom scientifique, ces noms attirent l'attention sur la forme remarquable des ailes, aux prolongements effilés (ressemblant aux "filets" des hirondelles rustiques, ce qui explique que le machaon soit nommé en anglais Swallowtail, queue d'hirondelle) ; sur les plantes hôtes (fenouil et carotte) et sur la grande taille (30 à 50 mm d'envergure) Le curieux Basse-la-Reine semble transposé du hollandais pour souligner la splendeur toute royale de l'espèce.

 

 

I. Nom scientifique

Lepidoptera.


1. Nom de famille et sous-famille :

Papilionidae Latreille 1802 (Papilionides), Papilioninae, Tribu Papilionini  (Latreille, 1802) (Papilionines).

 

 


2. Nom de genre : Papilio, Linné, 1758.

Espèce-type Papilio machaon Linnaeus, 1758.

 P.[apilio] E.[ques] Machaon, Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp, page 458.

  Pour Linné, les Papilio regroupent tous les papillons de jour. Les comparant aux armées grecque et troyenne de la guerre de Troie, il les divisent, selon les caractères de leurs ailes, en 6 phalanges, dont la première est celle des Equites ou Chevaliers, séparés en Troiani (Troyens) et Achivi (Achéens, donc Grecs). Le goupe des Papilio va être réduit à ces seuls Achéens, ou plutôt à une seule sous-division crée par Linné, les Achivi alis fasciatis (ses n° 20 à 40) dont la seule espèce européenne est alors (1758) le n° 27 Papilio machaon, qui est donc Eques Achivus, chevalier achéen. Ses compagnons sont Ulysse, Agamemnon, Diomède, Patrocle, Pyrrhus, Leilus, Ajax, Antilochus, Protesilaus, Nestor, Télémaque, Achille, etc. En 1764, il ajoutera une seconde espèce européenne, Podalire. 

 

 Linné a repris le nom latin papilio, onis, "papillon", qui n'a pas d'étymologie plus ancienne. Notre propre nom français dérive de la forme accusative latine papilionem, au XIIe siècle avec la forme paveillon, d'emblée avec le sens d' "insecte lépidoptère". Ce paveillon, qui conduira à notre pavillon, "tente d'armée aux deux rideaux en forme d'ailes de papillon", se transformera sous l'effet d'une altération expressive répétant la lettre p (pap) pour imiter le battement des ailes. Cette sorte d'onomatopée s'entend aussi — ou mieux — dans d'autres langues : farfalla en italien,  papallona en catalan, barbotela en portuguais, parpaillo en occitan (et ur valafenn en breton).

  Si on aime jouer avec les mots, on peut rapprocher ces sonorités de clappement d'ailes de celles de paupière, dans sa forme palpébral, issu du latin palpebra formé de la base pal-pare, qui a le sens originel de "toucher doucement, battre doucement". On dit d'un enfant gagné par le sommeil et dont les paupières papillonnent que "ses yeux parpalègent" ; on parle aussi d'un "baiser papillon" pour désigner un geste tendre effectué par battement des paupières. Et il est si poétique d'imaginer les paupières de l'être aimé(e) endormi comme deux papillons posés sur une fleur !

 

      Emmet (1991) page 145:

Papilio Linnaeus,1758 —papilio, a butterfly : the name was applied by Linnaeus to all the butterflies. Schrank (1801) restricted it to the Nymphalidae but Latreille (1804) reassigned it to the phalanx Equites, and later it was still further restricted to this genus.

Trad : Papilio, un papillon : le nom fut employé par Linné pour désigner tous les papillons diurnes. Schrank en restreignit l'usage en 1801 aux seuls Nymphalidés, Latreille (1804) à la seule phalange des Equites, et plus tard le nom fut encore limité à ce seul genre.

 

 

3. Nom d'espèce : Papilio machaon Linnaeus, 1758.

P.[apilio] E.[ques] Machaon, Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp, page 462 n° 27.

 [http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]  

 

 

  Machaon est d'une famille qui se consacre à la Santé puisque son père n'est autre qu' Asclépios, dieu de la médecine que le centaure Chiron lui avait enseigné, et lui-même fils d'Apollon et de Coronis la Corneille. La mère de Machaon est la nymphe Epione "celle qui soulage les maux", il compte parmi ses sœurs Hygie, déesse de la santé et de l'hygiène, et Panacée, déesse qui soigne tout par les remèdes à base de plante, ou Acèso, déesse de la guérison.

  Ses deux frères sont Podalire, médecin, et Télésphore, dieu de la convalescence. Il est marié à Anticlia, de qui il a Alexanor, Sphyros*, Polémocratès, Nicomachos et Gorgasos.

* l'un des synonymes de Papilio machaon est Papilio sphyrus (Hübner, 1823).

 

  Machaon et Podalire sont tous les deux des héros de la guerre de Troie, accompagnant les combattants achéens venus venger l'honneur de Ménelas dont l'épouse Heléne a été enlevé par Pâris. Ils mènent trente nefs thessaliennes de Trikké, Ithomé et Œchalie. Habiles chirurgiens, ils exercent leur art auprès des blessés grecs, Machaon soignant notamment Ménélas et Podalire Philoctète. Dans l'Iliade, Machaon est blessé par Paris  à l'épaule droite d'une flèche à trois pointes : Et, aussitôt, Idoméneus dit au divin Nestôr :— Ô Nestôr Nèlèiade, gloire des Akhaiens, hâte-toi, monte sur ton char avec Makhaôn, et pousse vers les nefs tes chevaux aux sabots massifs. Un médecin vaut plusieurs hommes, car il sait extraire les flèches et répandre les doux baumes dans les blessures. Il parla ainsi, et le cavalier Gérennien  Nestôr [Νέστωρ Γερήνιος , Nestor Gerēnios, de Gérénia en Méssénie] lui obéit. Et il monta sur son char avec Makhaôn, fils de l’irréprochable médecin Asklèpios. Et il flagellait les chevaux, et ceux-ci volaient ardemment vers les nefs creuses. (Rhapsodie XI) 

 

Selon Quintus de Smyrne, ils feront également partie des guerriers présents dans le cheval de Troie qui mena la ville du roi Priam à sa perte. Selon Virgile (Énéide, 2, 265), Machaon était même le premier de ceux qui sortirent du cheval.

 Mais Machaon mourut lors de la prise de Troie sous les coups du fils de Télèphe. Ses ossements furent rapportés par le vieux Nestor chez lui à  Gérénia en Méssénie, dans un sanctuaire où les malades venaient chercher la guérison.

 

 On aime à croire que Machaon  (en grec ancien Μαχάων / Makháôn) tient son nom de makhaira, "couteau", car il excelle en chirurgie : c'est lui qui soigne Ménélas atteint d'une flèche, ôtant celle-ci puis appliquant des remèdes sur la plaie. C'est à son propos qu'Idoménée eut ce commentaire devenu proverbial : "un médecin, à lui-seul, vaut beaucoup d'hommes".

  Selon d'autres sources ici, Machaon se rattache au verbe grec makhestai, "combattre, lutter".

 

  On désigna les deux frères médecins Machaon et Podalire comme les Asclépiades, puis ce nom engloba leurs descendants, une famille noble prétendant descendre directement d'Asclépios, et dont certains étaient prêtres-médecins : la médecine était dans la Grèce antique, un sacerdoce exercé dans des asclépeions ou temples de soins (incubation) dont les plus connus se trouvaient à Cos et à Épidaure. Enfin, depuis Hippocrate l'Asclépiade, ce sont tous les médecins qui sont désignés sous ce terme. Leur caducée comporte le "bâton d'Asclepios", portant le miroir de la prudence, et autour duquel s'enroule la Couleuvre d'Esculape. Le caducée des pharmaciens comporte pour sa part la coupe d'Hygie, sœur de Machaon.


 

Machaon, son frère Podalire et son fils Alexanor ont donné leur nom à trois Porte-Queues, Papilio machaonIphiclides podalirius et Papilio alexanor. Parmi les synonymes, variantes et sous-espèces de Machaon, je relève  Papilio machaon sphyrus (Rothschild, 1895) (du nom du fils de Machaon) et Papilio machaon var. hippocrates (C. & R. Felder, 1864). Enfin, Nicomaque, autre fils guérisseur de Machaon figure dans la famille très médicale des Porte-Queue :  Papilio polites nicomaque Fruhstorfer, 1909 (synonyme).

  Nicomachos et  Gorgasos était vénéré ensemble dans un sanctuaire de Phares en Messénie (Pausanias, IV,30) par les malades et les estropiés: est-ce Gorgasos qui y figure sous le nom altéré de Papilio machaon ssp gorganus (Fruhstorfer, 1922) ?  J'ai la bonne surprise de constater que H.A. Hürter (1988, p. 41) s'est posé la même question et y a consacré un paragraphe entier pour conclure, comme moi, à une faute d'orthographe. Ce nom gorganus  est cité ainsi  dans la description originale de l' article Der bekannteste mitteleuropäische Tagfalter noch ohne Namen ("Les papillons les plus connus d'Europe centrale encore sans nom"):  "Papilio machaon L. Reg. Pal. exclus. Madeira et Insulae Canariae [...]d) : P. machaon gorganus FRUHST, P. machaon ESPER, HÜBNER, auctores,...Germania, Austria, Europ. centr.". Il est d'autant plus probable que Fruhstorfer ait commis une faute gorganus / gorgasus que c'est lui qui avait déjà créé Papilio polites nicomaque 13 ans auparavant.

 L' épouse de Machaon a donné son nom à Lachnoptera anticlia anticlia (Hübner, 1819), un heliconiiné d'Afrique ; sa mère Epione baptise des papillons de nuit, dont l' Epione marginée Epione repandaria (Hufnagel, 1767).

  Cette famille de toubib, toujours tirée à quatre épingles (surtout dans les collections des chasseurs de papillon), possède d'étranges secrets et est passée maître en aposématisme, cet art d'effrayer les prédateurs. Machaon concocte dans ses alambics des phyltres à base de carotène que sa chenille libère par ses osmeterium en cas de danger. Leurs osmatéries repoussent les Oiseaux, Lézards, Fourmis, (ais non les Guèpes, Vespula germanica étant au contraire attirée par l'odeur de carotte des chenilles pour les croquer alors que des ichneumonidés les parasitent  (H. Descimon 1991).  De même, les larves  du Machaon se nourrit de la Rue fétide, ou Ruta gravaeolens, grande plante médicinale répulsive pour les insectes (puces et pucerons), mais que machaon ne craint pas. En outre, cette espèce sait détourner à son profit les pigments qui lui servent à orner sa livrée de telle façon qu'elle décourage les prédateurs. Elle est inféodée aux Ombellifères et aux Rutacées, plantes qui n'ont pas de parenté botanique mais qui ont en commun des huiles essentielles ( celle du fenouil fœniculum vulgare par exemple, qui parfume nos pastis).

 

 

 

Synonymes.

 Papilio machaon machaon Linnaeus, 1758 


 

II. Noms vernaculaires.

Le Grand papillon à queue, du fenouil (Geoffroy, 1762); le Papillon Basse-la-Reine (de Geer, 1771 / Meiran, 1730); le Grand Porte-Queue (Engramelle, 1779); le Papillon Machaon (Godart, 1819 et 1821) ; le Grand-Carottier (Godart, 1821); le Machaon (Luquet, 1986).


0. Avant l'Âge des Noms : Réaumur.

RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes  Tome I : Chenilles et Papillons : Paris : Imprimerie Royale,  planches gravées par Simoneau.

Mémoire 11 : De l'industrie des chenilles, qui, pour se métamorphoser, se suspendent par un lien qui leur embrasse le dessus du corps ; et des crisalides qui sont suspendues par le même lien, page 484-486.

planche 29 fig. 9. 

planche 30 fig. 1 à 11. : "La figure 1 est celle du papillon à queüe de la belle chenille du fenouil", posé sur six jambes dont trois sont marquées ppp.

 Réaumur décrit ensuite la chenille (c'est sur elle que porte son intérêt), avec ses "cornes" rétractiles (son osmeterium orangé  dont les sécrétions éloignent les prédateurs), et la façon, détaillée avec minutie, avec laquelle la chenille se fixe à la tige de fenouil ; puis il décrit la chrysalide.

n618_w525 


 1. Le grand papillon à queue, du fenouil. Geoffroy, 1762.

Étienne-Louis Geoffroy, Docteur en médecine 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. pages 54-55 n°23.

  Geoffroy, qui a créé de magnifiques noms originaux pour les nymphalides par lesquels il a débuté son ouvrage, aborde ici sa deuxième famille, celle des Papillons à six pieds, et le premier groupe d'entre eux, les Grands Porte-Queues. Plutôt que de reprendre le nom de Machaon de Linné, qu'il cite, il utilise un nom descriptif associant trois qualificatifs, la taille, le caractère caudé de la queue, et l'une des plantes hôtes, le fenouil. Sur le plan de la création onomastique, il est évident que ce choix n'est pas heureux. Il est possible que Geoffroy se soit inspiré de la dénomination anglaise Swallowtail ( Wilkes 1741), Queue d'Hirondelle, bien qu'il ne cite pas ce dernier auteur dans ses 17 références. Mais en réalité, nous venons de voir qu'il reprend le "papillon à queüe, du fenouil" de Réaumur, transformant un fragment de phrase en nom propre.

  

 2. Papillon Basse la Reine, De Geer 1771. (Maria Sybilla  Merian, 1730)

    GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771. Tome second première partie page 185 .

Godart 1819 et 21 cite ce nom avec la graphie Basse-la-Reine avec la référence Merian, Eur. p. 13  pl.38.:

Merian, Maria Sibylla, - Marret, Jean, De Europischen insecten : naauwkeurig onderzogt, na't leven geschildert, en in print gebragt door /Tot Amsterdam : J.F. Bernard,1730 : page 20 pl. 38. : "Uit deze Pop is de schoone Kapelle, die by de Leif hebbers genaamt word basse la reine, in April en Mai, ook wel in December te vooschyn gekomen, die schoon geel en met swart verçiert is."

 La tentative de traduction du texte ne me permet pas de comprendre d'où peut provenir ce nom, ou à quoi il fait allusion. (" de la chrysalide de ce beau papillon, que les naturalistes nomment communément Basse la Reine, sort quelquefois en avril et mai, et aussi en décembre, un papillon jaune orné de noir" ). Il a été repris par différents auteurs au XVIIIe siècle. Ce qui est étonnant, c'est que ce nom en français apparaisse dans un texte écrit en hollandais par une naturaliste et peintre allemande.

 L'hypothèse que je formule, après avoir découvert que le Machaon et Iphicildes podalirius sont désignés en néerlandais par les noms de Konninginnepage et de Koningspage, puis que le nom néerlandais page désigne la famille des papilionidae (Swallowtail), et donc que ces noms signifiaient Papilionides de la reine, et Papilionides du Roi, est que "Basse-la-Reine" est une francisation grossière de Konninginepage en Page-la-Reine puis Basse-la-Reine. 

  Parmi les auteurs anglais Petiver 1699 avait nommé le machaon Royal William ; Rennie le nomma The Queen (la Reine) en 1832. Puis plusieurs ( J.O Westwood 1841, H.G. Adams 1854) citent une référence Papilio Regina de Geer Gen. 6-30. On retrouve cette mention royale dans les noms catalans Papallona reina.

 

http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/64/mode/1up

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f197.image.r=.langFR

3. Le Grand Porte-Queue Engramelle 1779 .

   Jacques Louis Florentin Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 146  n° 68 planche 34 a;b;c; par J.J. Ernst, gravée par ? Stignand,  1779.  

4. Le Machaon, de Villers, 1789.

VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789) page 3

 

5. Le papillon Machaon, Latreille et Godart 1819.

  • P.A Latreille, Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle Paris : Deterville 1819, t.XXIV. n°89 page 57.

 

5 . Papillon Machaon , Godart 1821.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Tableau méthodique p. 11, et page 38 dessinée par [Antoine Charles] Vauthier et gravée par Lanvin.

  • Idem,  Latreille et Godart, Encyclopédie méthodique, Histoire naturelle, Paris : Vve Agasse,Tome 9 vol. 116, 1819.
  • Idem, Hippolyte Lucas 1834.
  • Idem Le Borgne de Kermorvan in Souvestre, 1836 page 165.

6. Le Grand-Carottier Godart, 1821).

 Godart cite simplement cette dénomination (Histoire naturelle, 1821 p.40) : "Le fenouil, le peucédan à feuilles menues sont les plantes sur lesquelles on trouve le plus souvent cette chenille. Elle aime également la carotte sauvage et la carotte cultivée. Aussi les paysans de certaines contrées donnent-ils au papillon le nom de Grand-Carottier".

 

6. Revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 Gérard Christian Luquet place Le Machaon en nom principal et accepte aussi Le Grand Porte-Queue, Le Grand Carottier , La Queue d'Hirondelle* (en Suisse). Il écarte, en raison de leur longueur et complexité excessive, Le Papillon Basse-la-Reine, et le Grand Papillon à queue du Fenouil de Geoffroy.

 Ce nom fait l'objet d'une note : "Il semble que ce soit par erreur que Rappaz (Les Papillons du Valais, Sion : 1979) indique avoir lui-même créé le nom de "Queue d'Hirondelle" pour Papilio machaon. Je l'ai en effet rencontré dans plusieurs ouvrages publiés antérieurement au sien. Apparemment, le nom de "Queue d'Hirondelle" est courant en Suisse ; il n'est du reste probablement que la traduction du nom allemand de l'espèce, "Schwalbenschwanz", de même que le nom de "Voilier" attribué en Suisse à Iphiclides podalirus est vraisemblablement aussi la traduction du nom vernaculaire allemand du "Flambé" ("Segelfalter").

 En toute logique, G.C. Luquet aurait donc pu l'écarter pour le motif qu'il a établi : "Les noms traduits d'une langue étrangère, ou imités du latin, mais peu adaptés aux réalités francophone ; il convient d'en éviter l'emploi" (p. [5].


7. Noms vernaculaires contemporains :

Au début du XXe siècle, Charles Oberthür et Constant Houlbert ( 1912-1921) utilisent le nom de "Le Grand Porte-Queue de Geoffroy" (p. 39 fig. 49).

 

Higgins & Riley /Luquet 1988 : Le Machaon, le Grand Porte-Queue.

Bellmann / Luquet  2008 : Le Machaon, le Grand Porte-Queue.

Blab / Luquet 1988 : Machaon

Doux et Gibeaux / Luquet 2007 : Le Machaon.

Lafranchis, 2000 :Le Machaon, le Grand Porte-Queue

Perrein, 2012 : Machaon, Grand Porte-Queue.

Tolman et Lewington / Leraut 2009 : Machaon.

Wikipédia : Le Machaon ou Grand Porte-queue.

 

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

      Ils reprennent le plus souvent l'un des équivalents de ceux que nous avons vus : Machaon ; Queue d'Hirondelle : Reine.

  A noter les qualifications de "chevalier", peut-être en rapport avec la classe des Equites achivi où Linné avait classé le machaon.  

  • Ritariperhonen en finnois : "papillon chevalier".
  • Makaonfjäril en suédois : "papillon machaon".
  • Riddarfjäril  en suédois : "papillon chevalier".
  • Schwalbenschwanz en allemand : "Queue d'Hirrondelle".
  • Swellesturtflinter en frison.
  • Swallowtail Common ou Yellow Swallowtail en anglais : "Queue d'Hirondelle".
  • Old World Swallowtail ou Artemisia Swallowtail en américain
  • Koninginnepage en néerlandais : "Papilio reine" ... Le Flambé Iphiclides podalirius se nomme Koningspage en néerlandais. Page = Papilionidae ou Swallowtails 
  • Ridderkapelle en néerlandais : "papillon chevalier".
  • Otakárek fenyklový en tchèque : "Rare machaon."Lastovičar en slovène
  • Svalehale en danois : "Queue d'Hirondelle".
  • Kırlangıçkuyruk en turc : "Queue (kuyruk) d'Hirondelle"  
  • Maxaon en azeri (azerbaïdjan).
  • Borboleta cauda-de-andorinha en portuguais : "papillon queue d'hirondelle".
  • El Macaón en espagnol.
  • papallona rei, papallona reinapapilió, rei de papallones ou papallona tigre en catalan.  
  • Macaone en italien.  
  • Paź królowej   en polonais.

et :

  • Ar papilio Machaon en Bretagne
  •  Galo (coq) ou boiña (béret) en Galice. 
  • Farfalla finuchjaghja en Corse.
  • Macaon (parpalhòl) en Occitan

 IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

      Première mention Moffet, 1634.

  • The Royal William :Petiver, 1699 ; Newman et Leeds, 1913.
  • The Swallow-tails or Swallowtail : Wilkes 1741-42 ; Harris 1766 ; Jermyn, 1824 ; South, 1906 ; Newman et Leeds, 1913 ; et la plupart des auteurs suivants.
  • The Queen  Rennie, 1832.
  • The Swallow-tailed Butterfly : Coleman, 1860.
  • The Common Swallowtail : Heslop, 1959.

 

V. Autres descriptions.

Linné, Fauna suecica n° 791.

— Scopoli, entomologia carniolica p. 166.

— Fuesli, Ins. n° 543.

— Esper, tome I, page 31, tableau 1 fig. 1.

— Seb. Mus 4, tableau 32 fig.9.

— Petiver, Mus. page 35 n° 328.

— Columnae Ecphr. 2, page 85 tableau 86.

— Mouffet, Theatrum ins.ed. lat. page 99 tableau 968.

— Gronov. Zoolog. 725.

— Harris, tableau 36 fig.9.

— Mullers Systema nat. tome 5 page 575 tableau 15 fig.3.

— Ray, Hist. ins. p. 110 n°1.

— Robert, icon i8.

— Wilkes, p. 47 tableau I n°1

— Merret, Pinax, rer. brit. 198.

— Jonston, Ins. p. 40 n°2 tableau 7.

— Rösel von Rosenhof, tome I Cl. II page i tableau I Pap. diurn.

— Biblioth. regiana par. page 4 n°1, 2 varietas n°4.  

— Höfnagel, ins. I, tome 12 

— Frisch. germ, 2, p.41 tome 10.

— Aldrovandi, Ins. 96 n.5-6 f.1.

— Lewin, Ins. tableau 34,


 

 106c

 

machaon 0103cc

 

 

Sources et liens.

Liens et Sources.

Funet : Papilio 

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Machaon.

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religieux Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes  Benoît Louis Prévost; A J Defehrt Paris : Chez Calixte-Volland : Chez Rémont, an VII [1798-1799 Tome deuxième. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771.Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica .  Tome second première partie 616 pages,  ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

 

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— HIGGINS (L. G.) et RILEY (N. D.) 1988. Guide des Papillons d'Europe : Rhopalocères. Troisième édition française. Traduction et adaptation par Th. Bourgoin, avec la collaboration de P. Leraut, G. Chr. Luquet et J. Minet. Delachaux et Niestlé édit., Neuchâtel ,1988, 455 pages.

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

— LATREILLE, P. A., 1804. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, vol.24, Paris : Déterville.

— LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 369. Paris : Dufart.

 —LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

— LATREILLE (P.A), GODART (J.B) , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9 1819. https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), Faune entomologique armoricaine. Lépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.


— PERREIN (Christian) 2012 , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes   Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL.  Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

— SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

— SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

SPULER  (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL:http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

— TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789).https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

De Geer : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Boisduval chenille 1832 : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Geoffroy BHL :1762 :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

Engramelle :http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Latreille 1804 :http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Fabricius :http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763 http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 

 

 — Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:36

 

 

              Zoonymie du Myrtil Maniola                                       jurtina (Linnaeus,1758). 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé.

— Maniola jurtina trouve l'origine de son nom scientifique de genre dans les maniolae de la Rome antique, petits épouvantails mimant l'âme des morts, et, pour l'épithète jurtina, peut-être dans la déesse Juturne, qui présidait aux fontaines et aux sources du Latium. Linné avait décerné l'épithète Janira à la forme mâle (plus sombre), considérée par lui comme une espèce proche mais différente. Son nom provenait de celui d'une nymphe marine, une Océanide.

 — De ses noms vernaculaires,  le seul actuellement usité est le Myrtil   car c'est le seul qui a été retenu dans la sélection de Gérard C. Luquet en 1986.  Ce nom que nous devons à Étienne-Louis Geoffroy (1762), renvoie au couple qu'il forme avec Amaryllis dans Il Pastor fido  de J.B. Guarini. Car c'est lui le "Berger fidèle"  d'une œuvre célébrissime du XVIIe au XVIIIe siècle et mise en musique par Haendel et Rameau. Ce nom fut repris par Engramelle avec l'orthographe courante alors Le Mirtil. (1779).

   Mais lorsqu'en 1823, J.B. Godart crée le nom Le Satyre Myrtile  ce nom désigne, cette fois-ci, le héros mythologique Myrtilos, écuyer grec amant d'Hippodamie et qui trahit son maître Œnamaos pour le compte de Pélops sur la promesse d'une nuit avec Hippodamie.

  Linné, puis Geoffroy avaient nommé Corydon, autre berger grec, la forme mâle janira, mais ce nom n'a pas survécu à la réunification des deux membres du couple. C'est aussi un personnage du Berger fidèle, mais c'est surtout un berger des églogues de Virgile.

 

 

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Avant de débuter cet article, il faut souligner le  dimorphisme sexuel de l'espèce.  Alors que le dessus du mâle est uniformément marron clair avec un ocelle noir centré de blanc à l'apex de l'aile antérieure, la femelle présente une plage orangée plus ou moins étendue autour de cet ocelle, qui est également plus grand.

 Ces différences ont conduit les auteurs, à commencer par Linné, a décrire ces formes sexuées comme deux espèces distinctes, puis comme des variétés différentes. Pour donner des repères simples, le mâle a porté pour Linné le nom de Janira (Myrtil pour Geoffroy), et la femelle les noms pour Linné de Coridon puis de Jurtina (Corydon pour Geoffroy).

 

 

 

 

I. Nom scientifique

Nom de genre : Maniola Schrank, 1801 ; 

Schrank (Franz von Paula) Fauna boica : durchgedachte Geschichte der in Baiern einheimschen und zahmen Thiere  1 (2): 152, 170.

L'un des cinq genres de Schrank pour les rhopalocères avec les Erynnis ou Dickfalter (les Gros), les Pieris ou Edelfalter (les Nobles), les Maniola ou Stuzfalter (papillons courtauds), les Papilio ou Dornfalter (à Épine), et les Cupido ou Schildsfalter (Signe).

 Schrank décrit notre Maniola jurtina  sous le nom allemand de Rindgras (herbe à bœuf ?) et sous le nom latin de Maniola lemur; il s'agit de son type spécifique pour son genre maniola. Or, cet épithète lemur désigne, dans la Rome antique, les revenants, lemures, um. Horace dans ses épîtres en parle, tout comme Ovide. Selon le site Cosmovisions, les Lémures sont, "chez les Étrusques et les Romains les âmes ou les ombres errantes qui venaient tourmenter la nuit les vivants. On institua pour les écarter des fêtes nommés Lémuries. Elles consistaient en certaines conjurations, pendant lesquelles on jetait des fèves noires aux lémures, et on frappait sur des vases d'airain pour les faire fuir. On célébrait ces fêtes aux ides de mai. Les lémures se divisaient en Lares et en Larves."

      Maniola est selon Emmet "le diminutif de Mania ou Manes, les mânes, l'âme des disparus. J'ai eu du mal à comprendre ce que Schrank avait écrit; il semble les considérer comme les enfants de "furva Proserpine", " dusky Proserpina", et les rapprocher des mânes ou des (frenzy) qui peuvent être vus comme des démons (Hell-born). L'intention, néanmoins, est claire. Il trouvait que même les plus jolis de (ces) papillons avaient des allures lugubres (malgré qu'il y ait inclus l'Apatura iris), et il les traitaient comme des habitants des sombres régions des Enfers, par opposition aux membres de son genre Pieris, les papillons blancs, qui vivent dans les hautes sphères lumineuses. Maniola est l'une des cinq familles dans lesquelles Schrank répartit ses papillons, et est ainsi le nom le plus ancien de ce qui nous est connu comme les Satyrinae ; il est actuellement réduit à un genre, de taille réduite."

   Pour Arnold Spuler , Maniola provient du latin maniolae, "petits esprits maléfiques, images effrayantes pour les petits enfants." Cette proposition me semble la plus simple, et donc la plus judicieuse. Le dictionnaire latin en ligne de Gérard Jeanneau donne en effet : mānĭŏlae, ārum, f.* [mania] :"petits épouvantails, petits loups-garous." Elle me semble bien adapter aux Myrtils, que je regarde maintenant comme des enfants déguisés en loups-garous un soir d'Halloween, le visage passé à la suie, avec un justaucorps marron pour les garçons  et des citrouilles orange pour les filles, trouées d'un gros œil noir !

 * accessoirement, Maniolae, arum est, selon P. Danet 1726, l'ancien nom des Îles Maldives. Pour d'autres, Insulae Maniolae désigne les Philippines. Le terme est employé par Ptolémée.

  Aucun des deux auteurs n'a prêté attention au maniola lemur, mais la mention des lémures indique clairement que pour Schrank, Maniola désigne, même sous une forme diminutive, les spectres des morts venus tourmenter les vivants, et dont la présence malfaisante doit être évitée.  

Conclusion : Maniola signifie "petits épouvantails".

Ce genre est nommé en anglais  Meadowbrown (brun des prairies).


 

Nom d'espèce : M. Jurtina.

1. Jurtina Protonyme Papilio [Nymphalis gemmatus] Iurtina Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. p.  475, no. 104. 

Linné avait décrit sous le n°106 de la même page le Ianira comme une espèce séparée : il est apparu qu'il s'agissait du mâle de M. jurtina.

Inversement, la description originale du Papilio Iurtina par Linné est celle de la forme femelle.

On considère avec Emmet que ce nom de Jurtina, qui ne correspond à rien, est une coquille typographique pour " Jurturna, nom d'une nymphe d'une fontaine près de Rome, dont les eaux étaient réputées pour leurs propriétés curatives." Mais mes recherches ne retrouvent pas cette Jurturna mais  Juturna, la déesse des fontaines en général, mais aussi des puits et des sources. La Source de Juturne se trouve sur le Forum au pied du Palatin. 

 L'erreur typographique était plausible entre Jurtina et Jurturna, elle l'est un peu moins entre Jurtina et Juturna.

  Depuis la parution de l'ouvrage de A.M. Emmet, la nymphe Jurtuna qui est née de sa plume s'est repliquée par copie, et mène sa vie promise à l'éternité, comme de nombreux êtres qui doivent leur paternité au lapsus calami.  

Juturna apparaît dans l'Énéide de Virgile Livre XII:

Virgile, dans l'Énéide, en fait à la fois la fille de la déesse Vénilia, divinité antique des eaux douces tantôt considérée comme la parèdre de Neptune tantôt comme celle de Janus, et la sœur du roi rutule Turnus. Elle se métamorphose en son cocher Metiscus et lui rend l'épée forgée par Vulcain qu'il avait perdue. Elle fut obligée par une Furie envoyée par Jupiter, de laisser son frère à son destin, et retourna à sa fontaine déplorant son impuissance à secourir son frère. (Wikipédia 2/03/14) 

2. Janira : Papilio [Nymphalis gemmatus] Ianira Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. p.  475, no. 106. 

  Il s'agit donc de la forme mâle.

 Linné fait lui-même le rapprochement avec Jurtina, après sa description : Alis dentatis fuscis : primoribus subtus luteis ocello utrinque unico ; posticis subtus punctis tribus. Facies P. Iurtina absque litura flava supra primores alas, sed puncta 3 fusca sub posticis. " Ailes dentéles brunes, un seul œil jaune sous les deux ailes antérieures ; trois points sous les ailes postérieures. Même aspect que Iurtina sans la couleur jaune des ailes antérieures, et avec trois points sur les postérieures."

 Janira, Janire, Yanira est une nymphe de l'Océan, une Océanide. Yanira figure dans liste  des Océanides d'Hésiode (Théogonie, 346) . Mais elle est plutôt une Néréïde (nymphe de méditerranée) dans la liste de Homère (Iliade, XVIII, 38) ou d' Apollodore dans sa Bibliothèque. Elle est aussi du nombre des nymphes qui cueillent des fleurs avec Perséphone dans l'Hymne homérique à Déméter.

Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur mit ..., Volume 1, Partie 1 Eugen Johann Christoph Esper 1777: 

3. Corydon :  

a) Dans sa Fauna suecica de 1746 page 239 n°786, Linné citait, comme nom vernaculaire (vulgo) celui de Coridon ; et ce nom est cité dans la description de P. Iurtina du Systema naturae page 475 (avec la graphie Corydon). La mention "vulgo" ne signifie pas que Linné cite un nom utilisé couramment, mais seulement que, dans sa Fauna suecica, il n'a pas institué sa taxinomie liée à la dénomination binominale, et qu'il emploie encore la périphrase latine comme élément scientifique. Il place le nom Coridon, écrit sans italique, sous ce qualificatif de "vulgo". 

b) Dans son édition du Fauna suecica de 1761 page 276 n°1052, Linné donne désormais le nom de Papilio Jurtina sans faire référence au nom de Coridon. 

 

 

Synonymes.

 Papilio jurtina Linnaeus, 1758 (seul synonyme cité par l'INPN en 2013).

Mais le site donne, ou a donné, aussi mention de "chrésonymes" qui sont " une combinaison "nom latin + auteur, date" qui se réfère à un usage publié incorrect de la partie "auteur, date" original de l'espèce. L'INPN les indique au même titre que les synonymes." J'ai relevé :

Epinephele jurtina emihispulla Verity, 1919
Epinephele splendida White, 1872
Maniola jurtina emihispulla (Verity, 1919)
Maniola jurtina hispulla (Esper, 1805)
Maniola jurtina jurtina (Linnaeus, 1758)
Maniola jurtina myrtillus (Fourcroy, 1785)*
Maniola jurtina occidentalis Pionneau, 1924
Papilio hispulla Esper, 1805

Papilio myrtillus Geoffroy in Fourcroy, 1785 *  

 

 * Dans la Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine (Dupont et al. 2013), une note 301 page 147 mentionne que P. Leraut retient la présence de cinq sous espèces en France : jurtina Linnaeus, 1758 ; emihispidula Verity, 1919. Hispulla, Esper 1805 ; mirtyllus Geoffroy in Fourcroy 1785. Localité-type : Environs de Paris ; occidentalis Pionneau, 1924. 

  Je ne donne cette précision que pour souligner l'orthographe de mirtyllus, sur laquelle je reviendrai.

 

Si le nom de Janira n'apparaît plus dans cette taxonomie, les deux termes de janira et jurtina désigne aujourd'hui (Dupont et al. 2013) deux lignées génétiques : le taxon jurtina caractérise une lignée occidentale, et le taxon janira  une lignée orientale (janira  Linnaeus, 1758 : localité-type : sud de l'Allemagne).

 


 

File:Maniola jurtina - Großes Ochsenauge.jpg

Jakob Hübner, das kleine Schmetterlingsbuch n°26.

 

II. Noms vernaculaires.

 

Myrtil (Geoffroy, 1762), Corydon (Geoffroy, 1762) Le Mirtil (Engramelle, 1779)  , Satyre Myrtile.   

 

0. Avant l'Âge des Noms : Aldrovandi (1602) et Réaumur, 1734.

— La première description et illustration de ce papillon remonte à Ulysse Aldrovandi dans son De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus (1602) tableau septima page 246 fig.13.

  — Ferchault de Réaumur donne en 1734 une bonne description du Myrtil, mais ses amis de l'Académie ne pourront parler de ce papillon qu'en donnant la référence de sa publication : "Vous savez, ce papillon dont Réaumur parle dans " Mémoires pour servir à l'histoire des insectes tome 1 page 270-271 planche 11 fig. 1 et 2"". Comme ses confrères n'avaient pas lavieb-aile pour leur mettre des liens sous leur souris, ils devaient chausser leurs lunettes et consulter dans leur bibliothèque le bon volume  avant de savoir qu'il était question de ce qui deviendra le Myrtil. Commode!

  "Les papillons que nous rassemblons dans la troisième classe ont le même port d'ailes et la même forme d'antennes que ceux des classes précédentes, ils ont même de commun avec ceux de la seconde de ne pas se poser, et de ne marcher que sur quatre jambes, mais ils n'ont point, comme eux, leurs premières jambes terminées en cordon de palatine* ; elles sont faites comme les autres jambes, mais si considérablement petites que les yeux ont peine à les voir.

Un papillon très commun dans les prairies et dans les champs vers la fin de juin, pendant tout le mois de juillet et même plus tard est de cette classe. Le dessous de ses ailes inférieures est d'un gris dans lequel il entre ds teintes de jaunâtre ; le dessous des supérieures est d'un assez mauvais feuille morte, et ce qu'il offre de plus remarquable est une tache en œil, assez noire, et dont le centre est marqué par un petit point blanc ; les surfaces supérieures des quatre ailes ont des couleurs semblables à celles des surfaces inférieures."

  *On me demandera quels sont ces "cordons de palatine" dont parle Réaumur. Je répondrai en citant Littré Les « cordons de palatine sont des fourrures que portent les femmes autour du cou et sur les épaules en hiver. Ils ont été ainsi nommés de la princesse palatine, seconde femme du duc d'Orléans, frère de Louis XIV. L'occasion en est expliquée par la princesse : " Aussi suis-je en ce moment très à la mode ; tout ce que je dis ou fais, que ce soit raisonnable ou absurde, tous les courtisans l'admirent ou s'extasient ; jugez-en vous-même ; j'ai eu l'idée, par le froid qui règne, de reprendre une vieille fourrure, afin d'avoir plus chaud au cou ; voilà qu'aujourd'hui tout le monde en commande sur le même patron, c'est la plus grande mode du moment, Lettre du 14 déc. 1676, dans Revue german. t. XXI, p. 176. 

 

1. Myrtil, Geoffroy 1762 : la femelle.

 Myrtil, Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 50 n°18.

Je présenterai l'étude du nom Myrtil, issu du Pastor fido de J.B. Guarini (1589), en fin d'article en raison de l'ampleur du sujet. 

Dans l'édition éditée par Fourcroy en 1785,  abrégée mais comportant les noms latins de structure binominale conformes aux exigences de la taxonomie, le nom devient "18. P[apilio] mirtyllus. Le Mirtil". Myrtil ou Mirtil, l'orthographe du nom français n'était pas fixée à l'époque. Papilio mirtyllus pouvait dés lors prétendre à être reconnu comme synonyme (cf supra) ou sous-espèce sous le nom actuel de Maniola mirtyllus. Mais l'orthographe latine allait favoriser une transcription en M. myrtillus : on voit combien ces détails peuvent être diaboliques.

  Si le nom du héros littéraire s'écrit indifféremment Myrtil ou Mirtil au XVIIIe siècle, il n'en va pas de même du latin myrtillus ou Myrtilus. En toute logique, pour transcrire le nom propre Myrtil, nom français du personnage Myrtillo du poème de Guarini, Fourcroy aurait pu écrire Myrtilus, forme latine du nom grec Myrtilos, héros mythologique, et patronyme latin attesté dans une lettre de Cicéron (Myrtilus, assassin présumé d'Antoine). Choisir l'orthographe Myrtillus le détournait  de façon malheureuse vers l'évocation de Vaccinum myrtillus ("petite myrte") bien connu de la Matière Médicale de E-F. Geoffoy (page 380). Mais rien ne justifie, si ce n'est l'achoppement d'une plume et la distraction d'un rédacteur fatigué, cette forme mirtyllus

 

"En dessus ce papillon est tout brun, si ce n'est que le milieu de ses ailes supérieures est fauve, ce qui forme une large tache de cette couleur...etc."

 

 

  1'. Corydon, Geoffroy, 1762 : le mâle, décrit comme une espèce différente.

Le Corydon, Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 49 n° 17.

   On pardonnera à Geoffroy d'avoir décrit comme deux espèces les deux sexes puisque nous avons vu que Linné avait également décrit le mâle sous ce nom de Coridon en 1743 puis Corydon avant d'opter pour le nom de Papilio janira, et la femelle sous celui de Papilio jurtina

  Le nom n'est donc pas une création de Geoffroy, comme je l'ai d'abord pensé.

Geoffroy donne en référence le Fauna suecica de Linné (sans citer le nom Coridon), son Systema Naturae (en mentionnant le nom jurtina), puis Hoffn., Petiver, Ray, et Réaumur.

 "Ses quatre ailes sont en dessus de couleur brune un peu cendrée, et celles de dessus ont chacune une tache longue transverse plus foncée, qui, partant du corps ou de la base de l'aile, s'avance jusqu''à la moitié environ. De plus, elles ont chacune à leur angle extérieur un petit œil noir, avec un point blanc dans son milieu".

  Dans l'édition de Fourcroy, le nom devient : P. jurtina. Le Corydon.

 


 2. Le Mirtil, Engramelle 1779.

   Jacques Louis Engramelle 1779 Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1   n° 54 page 125, planche 28  par J.J. Ernst et J. Juillet.

Engramelle donne la description du mâle (fig. 54 c et d), puis d'une femelle (fig.e-f) :

"...elle est plus grande que le mâle. Son fond est à peu près le même que le mâle, mais la couleur fauve de ses ailes est plus distincte. On y trouve le même œil, mais plus grand".

  L'orthographe du Père augustin Engramelle n'est nullement fautive, car Mirtil est une variante courante au XVII et XVIIIe siècle pour Myrtil, soit dans les éditions du Berger fidèle de Guarini (Il pastor fido, ou le berger fidelle, 1664, Paris, Gabriel Quinet : ou Le Berger fidèle, Pierre Marteau, Cologne 1686), soit dans des œuvres inspirés de ce grand succès comme Intermedes de musique et de danse pour la comedie de Mirtil et Melicerte: representée à Fontainebleau le octobre 1698 par Banzy, ‎Guerin d'Estriche, ‎Michel Richard de Lalande ; ou Mirtil: pastoral en musique, ornée de Ballets par ‎Raymond Poisson en 1721 ;  Les amours de Mirtil par Marc Ferdinand Groubentall de Linière en 1761 ; ou Mirtil ou Le moineau des religieuses du couvent de *** de Paris, poëme héroïque de 1762 ; ou enfin Mirtil et Amarilis par Carlo Guiseppe Toeschi, ‎Christian Cannabich, ‎Etienne Lauchery en 1767.

  On a vu que Fourcroy avait repris cette orthographe dans son édition de Geoffroy en 1785.

 

3. Le Jurtine et le Janire, Charles de Villers, 1789.

P.G. jurtina (Jurtine) et P.G. janira (Janire), de Villers, Caroli Linneai Entomologia, 1789, pages 31 et 32 . Comme il s'agit d'une (tentative de) traduction des noms latins, on ne peut leur reconnaître le titre de nom propre qu'à titre indicatif.

 

4. Satyre P[apilio] Janire  Walckenaer 1802.

Walckenaer Faune parisienne 1802 page 271 .

Même remarque que pour De Villers : cette simple traduction ne peut pas être reconnue comme la création d'un nom vernaculaire.

 

5. Le Papillon Myrtil Latreille, 1803.

Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, Paris :Deterville Volume 17 page 69.

  Le papillon Myrtil est décrit comme étant le P. Janira de Linné, le Myrtil de Geoffroy, alors que le Jurtina de Linné, Corydon de Geoffroy sont présentés comme des variétés.


 6. Satyre Janira, Latreille et Godart 1819.

Le Satyre Janira, Satyrus janiraEncyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9 1819 page 539 n° 163.

 Dans cet article écrit par Jean-Baptiste Godart, les difficultés liées aux formes sexuées et aux variétés sont clarifiées : P.N. janira de Linné est présentée comme le mâle, P.N. jurtina de Linné  et le Coridon du Fauna suecica  1ère édition sont présentés comme la femelle:

 "Linnaeus a donné le mâle de ce satyre sous le nom de Janira, et la femelle primitivement sous le nom de Coridon, puis sous celui de Jurtina. Plusieurs auteurs ont fait de même."

Les références bibliographiques y sont, en outre, très complètes.

    

 

 7Le Satyre Myrtil,  Latreille 1819.

Le Satyre Myrtil  P.A. Latreille, 1819, "Article Satyre",  in  Nouveau dictionnaire d'histoire naturelleappliquée aux arts SA-SEN Paris : Deterville Volume XXX page 230.


8. Le Satyre Myrtile Godart 1823.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Vol.1 p. 151     n°50, planche XXV n°7 sext. par C. Vauthier et Lanvin.

 

 Le Satyre Myrtile ! Il semble qu'un virus ait introduit dès l'origine dans les chromosomes du nom Myrtil un gène très instable responsable de mutation régulière de son orthographe. Mais nous avons affaire ici à Jean-Baptiste Godart, ancien proviseur du lycée de Bonn (il le signale dans la page de titre) après avoir été sous-directeur du lycée Louis-le-Grand. Quelqu'un qui connaît les Belles Lettres et les Humanités. Il me semble qu'il a voulu détourner le Myrtil de Geoffroy, nom d'un personnage de Guarini, vers Myrtilos, héros grec et mythologique, dont la forme française est, dans les dictionnaires de l'époque*, Myrtile.

*Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins par François Sabbathier 1781 page 419

  On sait peut-être que Godart était un admirateur de Napoléon, incitant ses élèves pendant les Cent Jours à souscrire une forte somme à l'Empereur. Il appréciait aussi sans-doute le style empire, ou le peintre David, l'école néo-classique, et le retour des grecs et des romains musclés et virils, armés et exaltés. Signe d'une époque, il n'appréciait peut-être plus les bergers et bergères des pastorales de Virgile, il trouvait peut-être les élégies romaines trop décadentes, et aspirait à plus d'héroisme et de glorieuses épopées ?

  Par le simple lettre -e qu'il ajoute au zoonyme de Geoffroy, il tourne le dos aux amours de Myrtil et de la belle Amaryllis, et accueille Myrtilos l'écuyer mytique du roi Œnomaos. Jetez-moi ces musettes, et sonnez Trompettes !

 

"Le Satyre myrtile" fut repris par Hippolyte Lucas 1834 page 71 ; P.A.J.  Duponchel Chenilles 1849 page 186 n°76 ; le Nouveau Dictionnaire Larousse de 1898 .

 

 


9. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose de retenir pour  nom Le Myrtil . Il exclut Le Myrtile de Godart* en raison de l'orthographe "erronée" ; La Jurtine et La Janire de C. de Villers qui ne sont qu'une traduction de Linné ; Le Corydon de Geoffroy qui s'applique à la forme sexuée mâle ; et Le Mirtil du R.P. Engramelle qui est une variante orthographique.

* mais repris par  K.F.Berge, H. Rebel 1912, dans l'adaptation française de J. de Joannis : Guide de l'amateur de Papillons, Paris : Baillère et Fils.

 

 

 


10. Noms vernaculaires contemporains :

Entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle, les lépidoptéristes français cessèrent de mentionner le nom vernaculaire et parlèrent entre eux du jurtina ou du janira. On le vérifie, pour la littérature bretonne, dans le "Catalogue raisonné des lépidoptères" (1882) de Griffith  et la "Contribution à la faune des lépidoptères du Finistère".( 1910) de C. Picquenard .

 Oberthür et Houlbert dans la Faune armoricaine (1912-21) page 168-170 utilisent le nom scientifique Epinephele janira et évitent toute mention d'un quelconque Myrtil.

 


—Bellmann / Luquet 2008 :  le Myrtil.

— Chinery / Luquet  2012 : Le Myrtil.

— Doux & Gibeaux 2007 : Le Myrtil

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : Le Myrtil.

 — Lafranchis, 2000 : le Myrtil.

— Perrein, 1012 :  Myrtil.

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : Myrtil.

— Wikipédia : "Le Myrtil".

 

 

 

 

Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

Tentatives de traduction à prendre comme de simples indications... La majorité des noms semblent calqués sur le nom anglais Meadow Brown . Le zoonyme allemand est remarquable par la métaphore qu'il crée autour de la présence de l'ocelle ; il est repris en hongrois..

  • Tummahäränsilmä en finnois,
  • Meadow Brown en anglais. (le "Brun des prairies")
  • Slåttergräsfjäril ou Slåtterfjäril en suédois.("Papillon de fauche" : du foin?)
  • Großes Ochsenauge en allemand. ("Grand Œil de bœuf")
  • Pļavas vēršacītis en letton ( ...des prairies)
  • Okáč luční en tchéque, ("Grand des prairies")
  • Očkáň lúčny en slovaque ("Grand des prairies")
  • Nagy ökörszemlepke en hongrois, ("Grand œil de bœuf")
  • Græsrandøje en danois (œil ? prairie)
  • Bruin zandoogje en néerlandais ("Brun des prairies").
  • Rappringvinge en norvégien ("papillon ocellé") 
  • Paprastasis jautakis satyras en lituanien ( "Satyre ?")
  • Çayıresme en turc, 
  • La Loba en espagnol.
  • Przestrojnik jurtina en polonais.

      Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge); écossais (Gàidhlig ); manois ( gaelg :île de Man).

  •  ? en irlandais

  •  

    Donnag faiyr 

    en manois 
  • ailean donn en gaélique écossais*
  • leòmainn-donn en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (cymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • Gweirlöyn y ddôl (en gallois Gweir = graminées, Gweirlöyn = Heath anglais  = lande cf. Gweirlöyn bach y waun (Small Heath ou Fadet), Gweirloÿn mawr y waun (Large Heath) )  Il existe une forme gweirloynod y ddôl

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR


 IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 

Première mention : Merrett, 1666.

  • The Brown Meadow Ey'd Butterfly ; male : Petiver, 1699. ("l'Ocellé brun des prairies")
  • The golden Meadow Ey'd Butterfly ; female : Petiver, 1699. ("le papillon Ocellé doré des prairies")
  • The Brown Meadow-Eyed; male : Petiver, 1717. ("l'Ocellé brun des prés")
  • The Golden Meadow-Eyed ; female : Petiver, 1717. ("L'Ocellé d'or des prés")
  • The Meadow Brown or Meadow-Brown, Albin, 1720 ; Wilkes, 1747-49 ; Harris, 1766 ; et la majorité des auteurs. ("Le Brun des prés")
  • The Meadow Brown Argus : Lewin, 1795. ("L'Argus brun des prés")
  • The Large Meadow Brown : Morris, 1853. ("Le Grand brun des prés").

 

 

       

               Origines du zoonyme Le Myrtil.

   Étienne-Louis Geoffroy a créé en 1762, sous le règne de Louis XV, 48 noms de Rhopalocères dont dix d'entre eux, du n°13 au n° 22 portent un nom lié à la mythologie et aux Belles Lettres : ses numéros 13. Le Silène, 14. Le Tristan, 15. La Bacchante , 16. Le Tircis, 17. Le Corydon, 18. Le Myrtil., 19. Le Satyre., 20 L' Amaryllis, 21. Le Procris, 22 Le Céphale. 

   Avec le Myrtil,  Geoffroy choisit de nous laisser avec les bergers d'Arcadie, cette région mythique de Grèce où un Âge d'or permet aux bergers et aux bergères de jouer de la flûte, de composer des odes et de se faire souffrir les uns les autres les mille tourments délicieux de l'amour pastoral.

    1.  Myrtile, le cocher Myrtilos.

A l'origine, selon Pausanias (Pausanias ou le voyage historique en Grèce, traduit en français.  par l' abbé Geyon en 1781, Livre VIII, la plaine de Phéneon), Myrtile, ou Myrtilos Μυρτίλος n'a rien d'un berger, mais ce fils d' Hermes est l'écuyer (ou cocher) d' Oenomaüs, roi de Pisa en Élide. Les lecteurs d'Apollodore Epitomé II, 1-9  ou de Properce, ou seulement de Wikipédia connaissent l'histoire de ce roi à qui un oracle avait prédit qu'il serait tué par son gendre, et qui était si peu pressé de donner sa fille Hippodamie en mariage qu'il avait fixé aux prétendants une condition : le vaincre sur un parcours hippique qu'il était  lui-même sûr de remporter: L'un de ses atouts, c'était l'adroit Myrtilos  : "Il conduisait les chevaux avec tant d'adresse que sur la fin de la course son maître Onemaüs atteignait toujours ceux qui, pour avoir Hippodamie osaient entre en lice avec lui, et aussitôt il les perçait de son javelot. Myrtil lui-même devint amoureux de la princesse, et n'osant pas disputer contre son maître, continua ses fonctions d'écuyer, mais on dit qu'il trahit Onemaüs en faveur de Pelops après avoir fait promettre à celui-ci qu'il le laisserait jouir d'Hippodamie durant une nuit. Pelops ensuite sommé de lui tenir sa promesse fut si indigné de son audace qu'il le jeta de son navire dans la mer. On ajoute que son corps poussé par les flots sur le rivage fut recueilli par les Phénéates qui lui donnèrent sépulture."  Pausanias ne précise pas que c'est en dévissant l'une des roues du char que le cocher donna la victoire à Pélops, ni qu'il avait exigé outre une nuit d'amour la moitié du royaume de Pelops,  ni enfin qu'il mourût en maudissant sa lignée, ce qui est capital puisque ce sont ces imprécations funestes contre Pélops qui sont à l'origine de tous les malheurs des Atrides.

 Hermes projeta l'image de Myrtilos dans le ciel, où le Cocher figure parmi les constellations, mais son cadavre est rejeté sur la côte d'Eubée, et enterré à Pheneos en Arcadie derrière le temple d'Hermes, où on le vénère comme un héros.

Pris de remords, ou pour calmer le fantôme de Myrtilos, on dit que Pélops décida d'ériger un autel en son nom dans l'hippodrome d'Olympie. Avant chaque course, on faisait des offrandes et les conducteurs de chars lui adressaient des prières, de crainte que son fantôme, connu sous le nom de Taraxippos (du grec taraxis, « confusion » et hippos, « cheval »)  ne vienne terrifier par ses apparitions les chevaux et provoquer des accidents.

 

   Mais de cette tragique histoire, les versificateurs français (ou italiens) n'ont retenu qu'une chose : le tombeau de Myrtil se trouve en Arcadie, donc c'est un berger, beau de surcroît (on lit partout :"le beau Myrtil"), et amoureux forcément. Vous prenez votre lyre, vous troussez un poème, il y faut un berger : ce sera Tircis, ou ce sera Myrtil. Voyez Molière, dans la première entrée de ballet des Amants Magnifiques (Pastorale, sc. 5) où Myrtil est amoureux de Climène, ou dans sa pièce (non achevée) Myrtil et Mélicerte (1699), où  des bergers aux noms de tous les jours, Lycarsis, Eroxéne, Daphnis, Mopse, Nicandre, Acante ou Tyréne entourent l'amoureux de service. Ou bien lisez le Myrtil et Chloé de Claris de Florian, grand auteur de poésie pastorale.

  Bref, au XVIe siècle Myrtile et Hippodamie laissèrent la place à un couple autrement célèbre, celui de  Myrtil et Amaryllis.  Frappez les trois coups de brigadier, levez le rideau, car les voilà qui entrent en scène :

 2. Myrtil et Amaryllis, pastorale tragi-comique.

Il Pastor Fido. 

 « Beautés cessés d’estre cruelles
Vous aurés des bergers fidelles. »

La pastorale  Il  Pastor Fido (Le Berger fidèle), fut composée entre 1580 et 1583 et publiée en 1589 par le poète italien Giovanni Battista Guarini (1538-1612) 

     En 1589, Giovanni-Battista Guarini publie une pastorale en forme de tragi-comédie, « Il Pastor fido » (Le Berger fidèle), composée pour rivaliser avec l’Aminta de Torquato Tasso (« Le Tasse »). Le poème, l'une des œuvres les plus célèbres du XVIe siècle, a fait l'objet de plus d'une centaine de réimpressions ;traduit et diffusé dans toute l'Europe, il fait d'Amaryllis l'héroïne favorite des chansons et des romans et la réplique de Mirtillo à l'acte 1 scène 2 deviendra une chanson célébrissime, "Cruda Amarilli", mise en musique par de nombreux compositeurs de l'époque qui l'inclurons dans leurs livres de madrigaux respectifs : Claudio Monteverdi, Luca Marenzio, Benedetto Pallavicino Giaches de Wert, Sigismondo d'India, Alessandro Grandi, Tarquinio Merula et Heinrich Schütz. Nicolas Chédeville en composera six sonates pour musettes... Haendel en tira un opéra (Il Pastor fido, 1712), qu'il remania en 1734. Jean-Philippe Rameau s'en inspira également pour une cantate, Le Berger fidèle (1728).  

Argument :

Les bergers et bergères de la terre d'Arcadie sont soumis à une malédiction qui les obligent à sacrifier chaque année une jeune fille pour éviter les pires tourments dont les affligent Artémis qui a été un jour offensée. Ayant consulté un oracle pour savoir s'ils pouvaient échapper à ce cruel destin, ils reçurent cette réponse : « Vous ne verrez jamais la fin de vos malheurs, Que l'Amour n'ait uni deux cœurs, Qui descendent tous deux d'une race immortelle et qu'un Berger fidèle et généreux n'ait réparé l'honneur d'une femme infidèle, Par la noble ardeur de ses feux. Montano, prêtre de Diane, et qui descend d'hercule, se sent obligé d'accorder son fils Silvio à la belle Amaryllis, fille de Tityre, qui descend lui-même du dieu Pan. Mais Silvio, qui ne s'intéresse qu'à la chasse, est nullement préoccupé par Amaryllis, tandis que celle-ci, au contraire, est très attirée... mais par le beau berger Myrtil, connu comme le fils de Carino, qui vient de débarquer dans la région et qui l'aime passionnément.

La perfide Corisca aime également Myrtil, et tente de se débarrasser de sa rivale en faisant surprendre les amants lors d'une de leurs rencontres. Ils sont conduits devant le grand prêtre, qui doit selon la loi les condamner à mort. Mais, coup de théâtre, Carino révèle qu'il n'est pas le père, et que Myrtil est le fils de Montano : c'est l'heureux dénouement, Myrtil le « berger fidèle », descendant d'un dieu épouse Amaryllis de sang divin également, et l'Arcadie est délivrée de sa terrible peine.

Parmi les personnages des cinq actes de la tragi-comèdie, on trouve aussi, indice précieux dans mon enquête, outre Myrtil et Amaryllis, les noms de Corydone et d'un vieil homme nommé Satyre (Satire et Coridon dans la traduction de Pierre du Marteau). Soit les numéros 17 à 20 des papillons de Geoffroy.  

Dans l'esprit des beaux esprits du XVIIIe siècle comme Geoffroy et ses lecteurs, Amaryllis et Myrtil, comme Procris et Céphale, étaient des noms aussi unis que, pour nous, Roméo et Juliette.

 

 

La première traduction en français fut donnée par Roland Brisset en 1593 Le Berger Fidelle, Pastorale, de l’Italien du Seigneur Baptiste Guarini Chevalier, à Tours, chez Jamet Mettayer Imprimeur Ordinaire du Roy, 1593.  (Autres rééditions: Paris, 1598, Rouen 1600 , 1609 ; Paris, 1609 bilingue, 1610 , 1622 , Rouen 1625 , Rouen 1648 )

En 1623 paraît la deuxième traduction d’Antoine Giraud, à Paris, chez Claude Cramoisy.

En 1637, de la troisième traduction due à Antoine de Bueil  à Paris, chez Augustin Courbé.

Quatrième traduction en 1652,  due à Léonard de Marandé chez Preuveray.

Cinquième traduction du Pastor Fido est due en 1664 à l’abbé de Torche.

En 1677, traduction édité chez Pierre du Marteau à Cologne (Google books)

Guarini  inspire à Haendel  son opéra en trois actes Il pastor fido est un opéra en trois actes dont la Première fut jouée en 1734.

Le Chevalier Simon Pellegrin crée en 1726 sous le titre Le Pastor-Fido  sa "Pastorale heroïque en trois actes, Précedez d'un Prologue". La pièce fut jouée par les Comédiens Français.

Myrtil apparaît encore dans la cantate Le Berger fidèle de Jean-Philippe Rameau composée vers 1728.


 

La Guirlande de Jean-Philippe Rameau, 1751.

Sous le titre de La Guirlande, Rameau compose en un acte de ballet une autre adaptation du Berger fidèle qui sera créé en 1751. Comme elle précède de peu la date de parution de L'Histoire abrégée des insectes de Geoffroy, on peut penser qu'elle joue un rôle important dans son inspiration : j'en présenterai l'argument (Wikipédia), pour noter qu'on y rencontre Amaryllis:

  "Les amants Zélide et Mirtil ont des guirlandes de fleurs magiques qui ont la propriété de rester fraîches et vertes tant qu'ils restent fidèles l'un à l'autre.

Mais Mirtil courtise Amaryllis et sa guirlande commence à se faner puis se dessèche. Regrettant son infidélité, il dépose sa guirlande sur l'autel de l'Amour dans l'espoir que le Dieu la fera reverdir et refleurir et qu'il lui préservera l'amour de Zélide. Mirtil parti, Zélide trouve sur l'autel la guirlande de son amant et l'échange avec la sienne qui est restée fraîche.

Retournant à l'autel de Cupidon, Mirtil y retrouve une guirlande fraîche, qu'il croit la sienne. Il loue le Dieu et va retrouver Zélide pour trouver celle-ci en possession d'une guirlande fanée. Il se refuse pourtant à admettre que sa bien-aimée ait pu le tromper, lui pardonne alors qu'elle lui apprend le stratagème : elle lui pardonne aussi.

Les guirlandes retrouvent leur fraîcheur, et les deux amants célèbrent leur amour."

 

 On voit donc Mirtil et Amaryllis réunis dans La Guirlande de Rameau, Myrtil côtoyer Tyrcis dans Les Amants magnifiques de Molière. Geoffroy, dans le choix de ses noms de papillon, ne s'est pas préoccupé, comme l'était Linné, de puiser dans Homère, Virgile et Horace ses zoonymes ; c'est surtout à la littérature pastorale française du XVII et XVIIIe siècle qu'il rend hommage  et aux œuvres théâtrales et musicales qu'elle inspire. Certes, elle emprunte le nom de ses bergers et bergères aux antiques grecs et latins, mais, à travers la Renaissance italienne, elle parle surtout de la vogue des idylles, pastorales et églogues commence au XVIe siècle avec Clément Marot, Maurice Scève, Ronsard, Honoré d’Urfé, et qui s'épanouit au XVIIe.

  Mais comment prouver qu'Étienne-Louis Geoffroy était amateur de ces pastorales ? Ai-je son ticket d'entrée à l'Opéra (Académie Royale de Musique) pour écouter Rameau ? En 1751, il avait 26 ans.  Non, mais je dispose du catalogue de bibliothèque de son père Étienne-François Geoffroy (1672-1731), décédé lorsqu'il avait 6 ans. On y trouve Il Pastor Fido di Batt. Guarini,  Amsterdam 1654. Mais ce titre, ou les adaptations, ne se trouvent pas dans la bibliothèque ou de son oncle Claude-Joseph (1685-1752), qui l'éleva. 

 Geoffroy choisir ses noms dans le répertoire de la littérature ou des spectacles de son siècle. Sa culture est celle d'un médecin pétri (comme Linné, ou comme tous les médecins, tous les hommes cultivés de son temps) de culture grecque et latine, récitant sans peine Horace et Virgile, et son Histoire abrégée des insectes commence, juste en dessous du titre, par une citation de la 4eme Géorgique de Virgile, admiranda tibi levium spectacula rerum, "je te chanterai le spectacle admirable des petites créatures".

 

 Là encore, si je consulte la bibliothèque de Geoffroy père, je trouve, outre un Horace, quatre éditions de Virgile:

Virgilius, ex emendat. Theod. Pulmanni, Amst. 1637.

Virgilius, cum notis TH. Franabii. Amst. Blaeu, 1650.

Virgilius, per Jo. Ogilvium editus. Lond. 1663.

Virgilius, cum interpret. & notis Car. Ruaei, ad usum Delphini. Paris, 1682.

 La bibliothèque de l'oncle Claude-François [en ligne ici] est encore plus riche, avec trois Virgile en latin, quatre en latin-français, et un volume de commentaires.

 

 

   Le Corydon

 C'est le papillon qui vient dans l'ouvrage de Geoffroy  juste après le Tircis, en toute logique puisque Corydon est le berger qui, dans la septième Églogue de Virgile, affronte Thyrsis dans un duel poétique. 

 Le nom a été choisi, je l'ai signalé, par Linné dans sa première édition de Fauna suecica de 1746.

 Son nom vient du grec κόρυδος korudos, "alouette huppée".

  a)  Corydon apparaît pour la première fois dans la littérature chez le poète bucolique grec Théocrite, de Syracuse, dans sa IVe Idylle. Corydon s'entretient avec Battus, le console de ses chagrins, lui ôte une épine du pied, tout en surveillant ses brebis. Il est selon Carault 1897 "un paysan naïf et maladroit, fort mauvais musicien" 

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Il lui apprend la sagesse :

Songe, quand tu gémis, qu'un lendemain s'avance,

Couronné de plaisirs, de fleurs et d'espérance,

Ici bas tout finit, et le ciel tour à tour,

Nous verse les frimas et nous donne un beau jour !

 

b) Corydon est aussi un berger de la Deuxième Églogue du poète bucolique latin Virgile. Riche propriétaire de troupeaux de moutons et de chèvres, il est amoureux d'Alexis ("protection"), un esclave de Iollas, propriétaire urbain. Il a jadis aimé Amaryllis, puis, rebuté avec dédain, il l'a abandonnée. 

"O cruel Alexis, tu dédaignes mes chants, tu n'es point touché de ma peine; à la fin, tu me feras mourir. Voici l'heure où les troupeaux cherchent l'ombre et le frais; où les vertes ronces cachent les lézards; [2,10] où Thestylis broie l'ail et le serpolet odorants, pour les moissonneurs accablés des feux dévorants de l'été. Et moi, attaché à la trace de tes pas, je n'entends plus autour de moi que les buissons qui retentissent, sous un soleil ardent, des sons rauques des cigales. Ne m'eût-il pas été moins dur de supporter les tristes colères [2,15] et les superbes dédains d'Amaryllis? […][2,45] Viens, ô bel enfant! Voici les nymphes qui t'apportent des lis à pleines corbeilles; pour toi une blanche naïade cueillant de pâles violettes, les plus hauts pavots, et le narcisse, les joint aux fleurs odorantes de l'anet; pour toi entremêlant la case et mille autres herbes suaves,[2,50] elle peint la molle airelle des couleurs jaunes du souci. Moi-même je cueillerai les blanches pommes du coing au tendre duvet, et des châtaignes, qu'aimait mon Amaryllis: j'y joindrai la prune vermeille; elle aussi sera digne de te plaire. Et vous aussi, lauriers, myrtes si bien assortis, je vous cueillerai, [2,55] puisqu'ainsi rassemblés vous confondez vos suaves odeurs. Tu es sot, Corydon; Alexis ne veut pas de tes présents" 

  Dans la Septième Églogue, Corydon, tout à son avantage, affronte Thyrsis dans une joute poétique dont le beau et jeune Daphnis est le juge. Il triomphe, et Virgile en fait un maître de poésie, représentatif de l'esthétique virgilienne. 

 

  Il est donc amusant, en suivant Corydon à travers les églogues virgiliennes, de rencontrer deux autres noms de papillons, Amaryllis et Thyrsis. 

 

    N.B Il existe aussi un lycène, Lysandra coridon (Poda, 1761), qui fut aussi nommé Polyommate corydon, Lycaena corydon, c'est notre Argus bleu-nacré.

 

 

 

 


Liens et sources.

— Site Funet


— Inventaire National du Patrimoine Naturel du Muséum d'Histoire Naturelle, Myrtil.

 

Images : voir les superbes dessins de Hübner:

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr 26http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/69604#/summary 

 

 

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— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.

      Liste complète des références des auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

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Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

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Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Latreille et Godart 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné  S.N  http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

Linné Fauna suecica 1743 :

Linné Fauna suecica 1761 : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologiacarniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

   

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:35

 Zoonymie (origine du nom) du papillon                 l'Amaryllis Pyronia tithonus (Linné, 1771).

 

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom. 

 

Voir aussi :  L'Amaryllis, la pilotine de Concarneau : un nom de papillon pour un bateau pilote.

Résumé.

— Pyronia Hübner, 1816 : épiclèse de la déesse grecque Artémis en son sanctuaire du mont Krathis en Argolide: Artemis Pyrônia, " Artémis de la flamme", car son temple fournissait le feu sacré des Lernaia (mystères de Déméter à Lerne) en Argolide. Pyronia tithonus, espèce-type du genre, peut, par l'orange "feu" de ses ailes, évoquer les porteurs de flamme se rendant en procession pour célébrer Déméter, déesse des moissons.

 Pyronia tithonus (Linné, 1771) : Tithon est un prince, fils du premier roi de Troie, dont la beauté rendit Éos, l'Aurore, si amoureuse qu'elle l'enleva pour l'épouser. Mais il était mortel, et Éos demanda à Zeus d'y remédier sans penser, l'étourdie, à exiger aussi qu'il demeure jeune et beau. Son mari, certes immortel mais aussi chenu et rassis que Mathusalem devenait encombrant : elle le transforma en une cigale. 

— Noms vernaculaires : C'est le docteur Geoffroy qui créa ce nom en 1762 . Le Père Engramelle reprit ce nom sous la forme d'Amarillis (1779) Godart en fit son Satyre Amaryllis (1823), et Gérard Luquet consacra (1986) Amaryllis comme nom vernaculaire reconnu.

  Bien que le nom d'Amaryllis évoque, depuis les Idylles de Théocrite et les Bucoliques de Virgile, une femme d'une beauté remarquable, mais réputée par sa cruauté, ses colères et son dédain pour les bergers d'Arcadie comme Corydon, Tircis ou Tityre,  c'est seulement dans Il Pastor fido de Guarini (1590), le Berger fidèle, qu'elle forme un couple littéraire avec le beau Myrtil. Les deux papillons se suivant dans l'Histoire des insectes de Geoffroy, c'est bien l'Amaryllis de Guarini (puis de Haendel, de Rameau, etc.) qui donne son nom à ce papillon.


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

Famille : Nymphalidae

Sous-famille : Satyrinae  Boisduval, 1833 (Satyrines ou Satyres)

Tribu : Maniolini :

cette tribu renferme les genres Aphantopus, Maniola, Hyponephele, Pyronia.

    

2. Nom de genre : Pyronia Hübner, 1816.

 Jakob Hübner, 1816 , Verzeichniss bekannter Schmettlinge, bei dem Verfasser zu Finden : Augsburg (4) page 58-59 :  Pyronien, Pyroniae, type Tithone.

Ce 5e genre de la 3e famille d'Hübner, Distinctae est suivi par celui des Epinephalae (voir synonymes).

Selon A.M. Emmet, le nom vient du grec puronia, "achat de blé". Ce mot ne convenant pas à Emmet, qui ne voit pas comment le caser dans le Scrabble étymologique, il prend "the next word in the lexicon [who] is puropos, fiery eyed". Bonne pioche, le nom signifie"aux yeux de feu", qui décrit les ocelles sub-apicaux sur fond orange de tithonus. "Hübner may have inadvertently transcripted the wrong world". Emmet aurait fait un de ces excellents psychanalystes qui, n'étant pas inspirés par un symptôme du rêve, allèguent du "renversement en son contraire". Et hop là !

  Comment ses confrères vont-ils s'en tirer ?

Hans-Arnold Hürter 1988 après avoir démonté le mot en racines grecques pyr- signifiant "voie", "poire"  et -onia signifiant "marché" ou "vendre", abandonne cette fausse piste pour valider l'hypothèse la plus simple : Pyronia est un des épiclèses de la déesse Artémis. (voir Classics Technology Center)

   Il est en effet mentionné par Pausanias (Histoire de l'Acadie, VIII, 15, 9) au chapitre "Orchomène et la région de Phénéon", que sur le mont Krathys s'élevait un temple à Artemis pyronia ("de la flamme"), où les Argiens venaient jadis chercher du feu pour leur fête de Lerne. (Voir le trajet parcouru par les flambeaux ou les chaudrons du feu d'Artémis vers les marais de Lerne, passant par Argos, ici sur Maps). (La même nécessité de faire venir le feu pour le sacrifice se trouve dans un des mythes relatifs à la Minerve Lindienne, divinité d'origine égyptienne. Philostrat., Icon., II, 27 ; de même, les Lemniens venaient annuellement chercher à Delos, pour leur foyer civique, le feu d'Apollon Pythien, comme le faisaient à Delphes les Athéniens à l'occasion des Jeux Pythaïques.

  Madeleine Jos (sanctuaires et cultes d'Arcadie, Jean Vrin 1985) ajoute : "Quelque soit la véritable étymologie de l'épiclèse Pyrônia (on a songé à σῖτος"le froment"), il est clair que les anciens y voyaient un dérivé de πῦρ, pûr , "le feu". Dans des temps plus anciens que ceux du Périégète, une pyrphorie se déroulait depuis le petit sanctuaire d'Artémis, isolé dans la montagne, jusqu'à Lerne où l'on célébrait, lors des Lernaia, Dionysos et Déméter  prosymna. 

 L'intérêt que représente pour moi cet approfondissement de la connaissance des traditions grecques, c'est qu'elles illustrent le rôle du feu comme symbole de purification dans des cycles d'anéantissement-régénerescence, tout comme le papillon lui-même (psuché, en grec, le même mot que "âme") en est l'image par ses métamorphoses. Les rites de fondation des cités font appel à ce symbolisme, tout comme la tradition de "rallumer la flamme"auprès du Soldat Inconnu ou de la transporter pour initier les Jeux Olympiques, ou nos feux de la Saint-Jean. Que le nom de Pyronia l'Artémis de la flamme sacrée  soit devenu celui d'un genre de papillon relève surement d'une sorte de hasard, mais c'est un hasard qui me séduit.

  Si l'on souhaite trouver, dans l'allure de Pyronia tithonus, une justification de ce nom, il suffira de considérer l'aspect flammé orange-vif des ailes.

 

 

3. Nom d'espèce : Pyronia tithonus, (Linné, 1771).

      Papilio Pleb Tithonus    Linnaeus, C. 1771. Regni annimalis appendix. in: Mantissa Plantarum Generum editionis VI & Specierum editionis II Holmiae. 521-552 page 537.

 

"Tithonus PAPILIO Pleb. alis subdentatis concoloribus disco luteis : primoribus ocello bipupillato ; posticis punctis duobus albis.
Habitat in Germania. D. Fabricius. Corpus fuscum , magnitudine statura et facie P. Pamphili.
Alæ Primores concolores , fuscæ disco funvo: Ocellus, intra apicem , ater punctis 2 albis. Posticæ supra fuscæ disco fulvescente. Punctum album minutum pone luteum colorem. Subtus fuscæ Fascia pallida undata ; Puncta 2 alba nigro margine pone fasciam."

Référence cité par Linné : Fabricius, pour la localité (Germania).

Dans sa classification des Papilio ou papillons de jour, qui s'amuse à reconstituer les armées grecques et troyennes entourées des nymphes et danaïdes, Linné a placé cette espèce parmi les Plébéiens ruralis, le peuple des campagnes, où il range les petits papillons (les sans-grade) bleus. 

  Pour les auteurs qui se sont penchés sur l'étymologie de ce nom tithonus, Linné a désigné ici le  prince troyen Tithon (en grec ancien Τιθωνός / Tithônós), aimé et enlevé par Éos, déesse de l'Aurore  en raison de sa remarquable beauté. Ainsi selon Arnold Spuler 1 (1908: page 46), tithonius représente  "Gemahl der Eos oder Morgenröte", "époux de Eos ou l'Aurore". C'est aussi l'opinion de C.W. Dave (1890), page 96 : "Tith'onus, the husband of Aurora, the fair and beautiful of approaching sun, fabled to have been transformed by her into a grasshopper", qui rappelle Éos avait demandé pour lui l'immortalité, ce que Zeus avait accordé. En revanche, ayant oublié de réclamer également l'éternelle jeunesse, Tithon était condamné à se dessécher sans fin : abandonné par Éos,  il fut finalement transformé en cigale. 

 A.E. Emmet (1991) reprend ces éléments mythologiques, mais rappelle que le mythe de l'immortalité sans l'éternelle jeunesse a été repris par Swift dans les Voyages de Gulliver (c'est le sort des Struldbrug). Puis Emmet nous confie avoir eu à transcrire en hexamètres latins le poème Tithonius (1833) de Tennyson. 

 On peut ajouter que Tithon est, comme Priam, le fils du premier roi de Troie Laomedon.

   Ces données sur la mythologie ou sur le thème de Tithonius dans la littérature ( n'oubliez pas de citer After a Many of Summer Dies a Swan (1939) d'Aldous Huxley) sont un bon moyen de passer une longue soirée, mais n'apportent rien sur l'étude de l'histoire des lépidoptères, et des raisons pour lesquelles ce papillon porte ce nom. Mais il n'y a a là aucune raison, hormis que Linné a trouvé un excellent filon onomastique parmi les héros de la mythologie. On pouvait s'attendre à ce qu'il pense à donner à ce Plébéïen campagnard un noms de paysan béotien tiré d'Aristophane, ou, comme va le faire Geoffroy, des poésies de bergers et bergères puisées chez Virgile, mais ce Tithon immortel n'a rien à faire avec un papillon, symbole des métamorphoses et du monde flottant sur l'éphémère vanité des choses.

 

Synonymes.

 Epinephele tithonus fulgens Turati, 1912 

Papilio tithonus Linnaeus, 1771
Pyronia tithonus fulgens Turati, 1912
Pyronia tithonus (Linnaeus, 1767)  
Pyronia tithonus paratransiens Verity, 1937
Pyronia tithonus tithonus (Linnaeus, 1771).

 

Fabricius avait décrit l'espèce sous le nom de  P[apilio] S.[atyria] pilosella en 1793 dans Entomologia Systema, III, 1, 240, 746, et mentionne la piloselle, avec la "plantagine" comme plantes hôtes. Il fait référence à Geoffroy (1762) et non à Linné (1771), mais il cite aussi Naturf (?), Wien (Denis et Schiffermüller 1775 ?) et l'Entomologia napolitana specimen primum de Domenico Maria Leone Cyrillo (1787-1792)

Hübner avait utilisé le nom de Papilio herse (Pap. tableau 35 fig. 155, 156) : s'agit-il de Hersé, fille de Cecrops ?

 

 

 

                II. Noms vernaculaires.


L'Amaryllis (Geoffroy, 1762) ; l'Amarillis (Engramelle, 1799) ; le Satyre Amaryllis (Godart, 1823) ; Le Satyre Titon (Bory de saint-Vincent, 1829).

 

1. L'Amaryllis , Geoffroy, 1762.

  L'Amaryllis, Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 52 n°20.

Dans l'édition de 1785 par Fourcroy, page 240  le nom devient P[apilio] amaryllis, l'Amaryllis. 

Geoffroy a publié sa description avant celle de Linné 

   Geoffroy, dans  sa Première famille "Papillons à quatre pieds" a débuté sa troisième section à chenilles sans épines, & pattes qui ne font point la palatine" par une série de noms de héros littéraires :  Silène, la Bacchante, Tristan, Tircis, Corydon, Myrtil, et le Satyre ; après Amaryllis, il va poursuivre  par Procris et Céphale. Ce sont, moins des héros mythologiques grecs que des personnages de la poésie élégiaque latine, de Virgile principalement.

 Linné avait baptisé la plante dans son Species plantarum de 1753 page 292  : le nom était donc employé au féminin. 

   Amaryllis n'est pas un personnage mythologique, mais une héroïne littéraire de la poésie bucolique grecque (Théocrite) et latine (Virgile), archétype de la Bella Donna, de la Belle Dame, et dont le nom est issu du verbe grec amaryssein : "resplendir, briller". Mais la Resplendissante ne donne pas son cœur facilement, et fait bien des victimes ; la suivre à travers la poésie, c'est rencontrer les nombreux papillons qui ont reçu le nom de ses soupirants.

  a) Théocrite.

 Le premier auteur qui loue les charmes d'Amaryllis et déplore son indifférence est le grec Théocrite (280 av J.C) dans sa IIIe Idylle : son amant est un chevrier ami de Tityre [ cf. Heodes Tityrus, le Cuivré fuligineux].

"Je chante pour Amaryllis, alors que mes chèvres paissent sur la montagne sous la conduite de Tytire. Tytire, ami de mon cœur, fais paître mes chèvres et conduis-les à la fontaine. Prends garde au bouc blanc de Libye, qu'il ne te frappe de ses cornes."

"Ô charmante Amaryllis, pourquoi, penchée pour regarder, à l'entrée de cette grotte, ne m'appelles-tu plus vers toi en me nommant ton doux ami ? Tu me hais peut-être, tu prends en mépris mon nez trop court et ma barbe trop longue ? je me pendrai de désespoir, ô nymphe, et c'est toi qui me fera mourir."

Amaryllis Ἀμαρυλλίς est chez Théocrite une bergère insensible, dédaigneuse, et très courtisée ; mais dans la IVe Idylle, Battus regrette sa mort : 

Battus.  Ô trop aimable Amaryllis ! jamais je ne t'oublierai. Mes chèvres me sont moins chères que ta mort ne m'a été cruelle. Hélas! quelle fatale destinée m'était réservée !  

 

b) Virgile reprend dans ses dix Églogues ou Bucoliques (boukolica, "chant des bouviers") les Idylles de Théocrite. En les parcourant, on découvre que les bergers ont donné leur nom à beaucoup de nos papillons :

—La première Églogue est un dialogue entre Tityrus [cf] et Mélibée [Coenonympha hero, le Mélibée ou Fadet de l'Elyme] : Amaryllis y est citée au vers 36. La compagne de Tityre est Galathée [Melanargia galathea, le Demi-deuil].

— La deuxième Églogue décrit la passion qu'éprouve le berger Corydon [Le Corydon, Geoffroy, nom de la forme mâle de Maniola jurtina ; ou, Polyommatus corydon Godart 1823 page 54]  pour le berger Alexis [Polyommatus alexis, Godart 1823 page 53]

— La troisième Églogue fait dialoguer Ménalque, Damète, et Palemon [Engramelle vol.1 page 267 , nommé ainsi pour sa proximité avec le Céphale ; ou Papilio P.U. palemon Fabricius, ou Coenonympha dorus , le Palémon ou Fadet des garrigues]. Ajoutons la bergère Nééra [Melitaea didyma neera Fischer de Waldheim, 1840] Dans la troisième èglogue Amaryllis 

— La quatrième Églogue donne la parole à Pollion.

 —La cinquième Églogue est un échange entre Ménalque et Mopsus où sont évoqués Amyntas  [  Papilio amyntas (Denis et Schiffermüller, 1775), synonyme d'Everes argiades l'Azuré du trèfle] et  Alcon [Phaengaris alcon, l'Azuré des mouillères], ainsi que Daphnis [Daphnis neri (Linnaeus, 1758)].

— La sixième Églogue s'intitule Silène [Le Silène (Geoffroy, 1762), Brintesia circe].   

— La septième Églogue met en scène Mélibée, et les bergers Corydon et Thyrcis [ Le Tircis (Geoffroy, 1762) Pararge aegeria] qui s'affrontent lors d'un concours de chant.

— La huitième Églogue est l'épithalame de Damon [ Polyommatus damon, le Sablé du sainfoin] et Alphesibée. 

— La neuvième Églogue nous fait entendre Lycidas [ Battus lycidas Cramer 1777, un Porte-queue américain]  recueillir les lamentations de Méril.

— La dixième Églogue est nommée Gallus. On y trouve Adonis [Polyommatus adonis Godart 1819 p. 691].

 

Dans les Bucoliques de Virgile, (églogue I) Amaryllis est la femme qui a permis à l'heureux Tityre d'acheter sa liberté :

Tu, Tityre, lentus in umbra

Formosam resonare doces Amaryllida silvas.

Toi Tityre, couché sous des ombrages,

De son Amaryllis entretient les bocages !

Dans l' églogue II, Corydon l'a aimé jadis, mais l'a abandonné après avoir été dédaigné (vers 14 et 52).

Dans l'églogue III, la Belle Dame brille surtout par son tempérament colérique.

Triste lupus stabulis, maturis frugibus imbres.
arboribus venti, nobis Amaryllidis irae.

Les étables redoutent le loup, les moissons mûres craignent la pluie..et nous ? La colère d'Amaryllis !

  Enfin, dans l'églogue VIII, vers 101 et suivants, elle est l'assistante d'Alphésibée qui tente par un sacrifice magique de ramener son amant parti vers la ville. " Ramenez, charmes puissants, ramenez Daphnis de la ville en ces lieux !"  Sur cette enluminure, on la voit à coté du berger Damon, tenir une statue de Vénus, alors qu'Amaryllis apporte l'encens mâle et la verveine résineuse : "Amaryllis, serre de trois nœuds ces bandelettes de trois couleurs ; Amaryllis, serre-les à l'instant, et dis : « Je noue les liens de Vénus. "; Et Daphnis revient !

             IRHT_094443-v.jpg Dijon, BM, Ms 0493, folio 15v.

 


 c) Jean-Baptiste Guarini (1538-1612) : Il Pastor fido.

     En 1589, Giovanni-Battista Guarini publie une pastorale en forme de tragi-comédie, « Il Pastor fido » (Le Berger fidèle), composée pour rivaliser avec l’Aminta de Torquato Tasso (« Le Tasse »).Le poème, l'une des œuvres les plus célèbres du XVIe siècle, a fait l'objet de plus d'une centaine de réimpressions ;traduit et diffusé dans toute l'Europe, il fait d'Amaryllis l'héroïne favorite des chansons et des romans et la réplique de Mirtillo à l'acte 1 scène 2 deviendra une chanson célebrissime, "Cruda Amarilli", mise en musique par de nombreux compositeurs de l'époque qui l'inclurons dans leurs livres de madrigaux respectifs : Claudio Monteverdi, Luca Marenzio, Benedetto Pallavicino Giaches de Wert, Sigismondo d'India, Alessandro Grandi, Tarquinio Merula et Heinrich Schütz. Nicolas Chédeville en composera six sonates... Haendel en tira un opéra (Il Pastor fido, 1712), qu'il remania en 1734. Jean-Philippe Rameau s'en inspira également pour une cantate, Le Berger fidèle (1728).  

Argument :

Les bergers et bergères de la terre d'Arcadie sont soumis à une malédiction qui les obligent à sacrifier chaque année une jeune fille pour éviter les pires tourments dont les affligent Artémis qui a été un jour offensée. Ayant consulté un oracle pour savoir s'ils pouvaient échapper à ce cruel destin, ils reçurent cette réponse : « Vous ne verrez jamais la fin de vos malheurs, Que l'Amour n'ait uni deux cœurs, Qui descendent tous deux d'une race immortelle et qu'un Berger fidèle et généreux n'ait réparé l'honneur d'une femme infidèle, Par la noble ardeur de ses feux. Montano, prêtre de Diane, et qui descend d'hercule, se sent obligé d'accorder son fils Silvio à la belle Amaryllis, fille de Tityre, qui descend lui-même du dieu Pan. Mais Silvio, qui ne s'intéresse qu'à la chasse, est nullement préoccupé par Amaryllis, tandis que celle-ci, au contraire, est très attirée... mais par le beau berger Myrtil, connu comme le fils de Carino, qui vient de débarquer dans la région et qui l'aime passionnément.

La perfide Corisca aime également Myrtil, et tente de se débarrasser de sa rivale en faisant surprendre les amants lors d'une de leurs rencontres. Ils sont conduits devant le grand prêtre, qui doit selon la loi les condamner à mort. Mais, coup de théâtre, Carino révèle qu'il n'est pas le père, et que Myrtil est le fils de Montano : c'est l'heureux dénouement, Myrtil le « berger fidèle »,descendant d'un dieu épouse Amaryllis de sang divin également, et l'Arcadie est délivrée de sa terrible peine.

 

Le nom d'Amaryllis (ou, selon l'orthographe en usage en Italie, Amarilli, en France, Amarillis) se prête à toutes les variations autour du verbe "aimer" : Amarilli, Amarilli, Amarailli è il mio amore, ou  Cruda Amarilli, che col nome ancora, d'Amar, ahi lasso! Amaramente insegni  ("Cruelle Amaryllis qui avec ton nom, aimer, hélas, amèrement enseigne.").

 Le couple Amaryllis-Myrtil ne se constitue qu'avec Guarini, puisque si Amaryllis vient de la poésie grecque et latine, Myrtil par contre, Myrtilos, vient de la mythologie. Voir Zoonymie du papillon Myrtil, Maniola jurtina.   Mais dans l'esprit des beaux esprits du XVIIIe siècle comme Geoffroy et ses lecteurs, Amaryllis et Myrtil, comme Procris et Céphale, étaient des noms aussi unis que, pour nous, Roméo et Juliette.

  On verra aussi Amaryllis se libérer de ce lien et devenir un personnage participant à d'autres pastorales et être aimée de Thyrsis (Tragédies et poésies de Mlle Barbier, 1719 ; Le Temple de la Paix , Ballet de Lully de 1685).

 

 

      Source pour ce paragraphe :

http://www.mediterranees.net/litterature/virgile/bucoliques/noms.html

http://www.amaryllidaceae.org/ethno/amaryllis.htm#the , un site (Le site) remarquable consacré à Amaryllis.

 

 

 

 2. L'Amarillis , Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 123    planche XXVII fig a-e par J.J. Ernst gravée par J. Juillet,  1779. 

 

 

3. Le Titon, Charles de Villers, 1789.

n° 37 Tithonius (Le Titon), de Villers, Caroli Linneai Entomologia, 1789, page 26. Comme il s'agit d'une (tentative de) traduction du nom latin tithonius, on ne peut lui reconnaître le titre de nom propre qu'à titre indicatif.

 

4. Satyre P[apillon] Amaryllis (P. Pilosella)  Walckenaer 1802.

Walckenaer Faune parisienne 1802 page 271 n°30.

Contrairement à son habitude, cet auteur ne se contente pas de donner une traduction du nom linnéen, qui n'est pas cité, mais emploie le nom de Geoffroy.

 

5. Le Nymphale Amaryllis, Nymphalis pilosellae Latreille, 1804.

Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des..., Paris : Dufart an XIII Volume 14 page 104.

 6. Satyre tithonius , Latreille et Godart 1819.

   N° 166 Le Satyre tithonius Satyrus tithonius: Latreille (P.A) Godart (J.B),  Encyclopédie méthodique. Histoire Naturelle. Entomologie, ou histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes. Vol. 9. Paris : Vve Agasse, 1819, 828 pp,  page 542  n° 166.

  Dans cette publication, Godart, disciple de Latreille reste très près du nom scientifique et en donne une traduction littérale. 

Le genre Satyre de Latreille recoupe le genre Hipparchia de Fabricius (1807) et Maniola de Schrank, et en partie le genre Haetera de Fabricius. 

 Dans les références, ils citent (faussement) le tithonius (correct : tithonus) de Linné : il est vraisemblable qu'ils introduisent ce "i" supplémentaire car ils sont embarassés par une homonymie. En effet, dans le même ouvrage page 692, les auteurs présentent le "Polyommate tithonus" (et non tithonius), papillon alpin. 

 

7.  Le Satyre Amaryllis,  Godart 1821.

"Le Satyre Amaryllis, Papilio tithonus (Linn),  Papilio Pilosellae (Fab), Papilio Herse (Hübn)" : Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823 page 154 n° 51 planche 7 peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin.

Image lavieb-aile, Godart Planche 7 fig.2, aimable autorisation Médiathèque de Quimper.

 DSCN3978c.jpg

 Ce nom " Satyre amaryllis " a été repris par Hippolyte Lucas 1834, page 69 ; Pierre Boitard 1843 ; P.A. Duponchel en 1849, page 18.

 Boisduval, Rambur et Graslin (Chenilles) 1832 page 33 utilisent la forme "Satyride tithonus".

Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836), utilise l'ancienne forme "Satyre tithonus". 

 


8. Satyre Tithon, Bory de Saint-Vincent, 1829.

Bory de Saint-Vincent, Dictionnaire classique d'histoire naturelle Paris : Rey et Gravier, Baudouin (15) page 179 1829 ; 


6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose de retenir pour  nom principal L'Amaryllis. Parmi les noms qu'il a relevé dans la littérature (et qui sont toujours mentionnés par le site INPN du Muséum), il réfute Le Satyre tithon avec le commentaire suivant : " Le nom de Satyre tithon créé par Vanden Eeckhoudt pour Pyronia tithonus peut à la rigueur être utilisé, à condition d'écrire Tithon avec une majuscule ; toutefois, il n'est guère original (simple adaptation du nom latin) et il peut éventuellement prêter à confusion avec le nom vernaculaire de Lasiommata megera [ Le Satyre]. C'est pourquoi il semble préférable d'en éviter l'emploi." La recherche en ligne m'a permis de retrouver néanmoins un emploi plus ancien de ce nom —avec la majuscule— par Bory de Saint-Vincent (cf supra), mais cela ne justifie pas pour autant ce nom.

  De même, il écarte Le Titon de Charles de Villiers, pour son orthographe fautive 

* Jean-Pierre Vanden Eeckhoudt, 1965, Papillons de jour, L'école des loisirs éditeur, Paris.




7. Noms vernaculaires contemporains :

Entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle, les lépidoptéristes français cessèrent de mentionner le nom vernaculaire et parlèrent entre eux du tithonus. On le vérifie, pour la littérature bretonne, dans le "Catalogue raisonné des lépidoptères" (1882) de Griffith  et la "Contribution à la faune des lépidoptères du Finistère".( 1910) de C. Picquenard .

 Ainsi également Oberthür et Houlbert dans la Faune armoricaine (1912-21) utilisent le nom scientifique Epinephele tithonus et se gardent de citer le nom vernaculaire, très mal vu alors.

 


—Bellmann / Luquet 2008 : l'Amaryllis. 

— Chinery / Luquet  2012 : l'Amaryllis.

— Doux & Gibeaux 2007 : l'Amaryllis.

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : L'Amaryllis.

 — Lafranchis, 2000 : l'Amaryllis.

— Perrein, 1012 : Amaryllis.

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : l'Amaryllis

— Wikipédia : "Amaryllis ou Satyre Tithon ou Titon ".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  Où on voit combien on peut dire merci à papa Geoffroy d'avoir donné aux français un nom aussi beau que celui d'Amaryllis.

N.B : les tentatives de traduction sont données sous toutes réserves.

  • Gatekeeper et  Hedge Brown en anglais : le Portier ou le garde-barrière, le Brun des Haies.
  • Gelbe Ochsenauge ou Rotbraun Ochsenauge en allemand. (L'œil de bœuf jaune ; l'œil de bœuf orange/marron)
  • Kelthäränsilmä en finlandais.
  • Buskgräsfjäril en suédois. le papillon des herbes ...
  • Rödgul Slåttergräsfjäril en suédois : (le papillon orange du foin)
  • Kollakas härjasilmik en estonien. (jaunâtre..
  • Buskrandøje en dannois
  • Tüzes manóka en hongrois (mannequin de feu)
  • Oranje Sâneachje en frison 
  • Oranje zandoogje en néerlandais (l'Ocellé orange)
  • Przestrojnik titonus en polonais 
  • Lobito agreste en espagnol
  • Pironiya en turquie.

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  • Gatekeeper en irlandais

  •  ...........en mannois 
  • ............en gaélique écossais*
  • ............en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (cymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • Gweirlöyn y perthi (en gallois Gweirlöyn = Heath anglais  = lande cf.) 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

 

 

 

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 

  • The Lesser double-eyed Butterfly : Pertiver, 1699. (Le Petit à l'œil double.)
  • The Hedge Eye with double specks : Petiver, 1717. (l'Ocellé des haies à double point.)
  • The Orange Field Butterfly : Wilkes, 1741-42 ; Harris, 1766. (Le papillon orange des champs.)
  • The Gate Keeper or Gatekeeper : Harris, 1766 ; Rennie ; 1832 ; Humphreys et Westwood, 1841 ;  W.E. Kirby, 1906 ; South, 1906 ; Newman et Leeds, 1913 ; heslop, 1959 ; Emmet et Heath, 1989 ; Thomas, 1991. (le garde-barrière).
  • The Large Keeper or Gatekeeper : Harris, 1775. le Grand Portier ; le garde-barrière.
  • The Clouded Argus : Lewin, 1795. (L'Argus assombri )
  • The Large Heath : Haworth, 1803 ; Jremyn, 1824 ; Wood, 1852 ; Morris, 1853 ; Coleman, 1860 ; Newman, 1871 ; W.F. Kirby, 1896 ; W.E. Kirby, 1906. (Le grand des landes, opposé au Small heath = Coenonympha pamphilis)
  • The Small Meadow Brown : Samouelle, 1819 ; Morris, 1853 ; Newman et Leeds, 1913.(Le petit brun des prairies)
  • The Hedge Brown : Newman et Leeds 1913 ; Frohack, 1924 ; Ford, 1945 ; Emmet et Heayh, 1989. (le Brun des haies)
  • The Hedge Eye : Newman et Leeds 1913. (L'Ocellé des haies)

 

 

 

Liens et Sources.


Funet : pyronia.

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Pyronia.

Images : voir les superbes dessins de Hübner:

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. 213 http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/69604#/summary 

 

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

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— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.

      Liste complète des références des auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

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Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

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Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  h

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Godart BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Latreille et Godart 1819 :  https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

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Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologiacarniolica 1763

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 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

   

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:15

Zoonymie (origine du nom) du papillon le Citron, Gonepteryx rhamni (Linné, 1758).

 

      La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

Résumé.

Gonepteryx (Leach, 1815) :Du grec gônia, "angle" et pteron, "aile", par allusion à l'angulation des bords externes des ailes. 

Rhamni (Linné, 1758) : génitif du latin Rhamnus  "nerprun" emprunté au grec rhamnos, même sens, nom de la plante hôte mentionné dans le texte de Linné.

— Le nom vernaculaire Le Citron, Geoffroy 1762, Engramelle 1779, désigne la couleur jaune des ailes du mâle. G.C. Luquet l'a validé comme nom vernaculaire principal en 1986, et il est repris par tous les auteurs contemporains. Les autres noms vernaculaires sont le curieux Papillon caniculaire (de Geer, 1771), la Coliade du Nerprun, (Godart 1819) ; Coliade Citron  (Godart, 1823) et anecdotiquement La Piéride du Nerprun (Luquet, 1986) ou  Le Limon ( Robert 1960, Luquet 1986).

 

 

I. Nom scientifique

Lepidoptera.


1. Nom de famille et sous-famille :

      Pieridae Coliadinae.

 a) la Famille des Pieridae Piérides ou Piéridides (Luquet 1986): du nom des neuf  Piérides , Muses selon Lucrèce, ou  selon Ovide concurrentes des Muses qui les transformèrent en pies.

  Famille crée par P.A.J. Duponchel en 1832. Dans le "Catalogue méthodique des lépidoptères d'Europe" in Godart Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, par J-B. Godart. Continuée par P.-A.-J. Duponchel.   Suppl. 1 Paris: Méquignon-Marvis, Libraire-Éditeur ,1832: page 382 .

 Dans son Catalogue méthodique (pages 377– 416), Duponchel répartit les papillons diurnes en deux divisions et treize tribus :

Première division : six pattes ambulatoires.

Tribu des Papillonides Latr.

Tribu des Parnassides Mihi.

Tribu des Pièrides, Mihi.

Tribu des Rhodocérides, Mihi.

Tribu des Lycénides, Leach.

Tribu des Erycinides, Boisduval.

Deuxième division : quatre pattes ambulatoires.

Tribu des Danaïdes, Latreille.

Tribu des Argynnides, Mihi.

Tribu des Vanessides, Mihi.

Tribu des Libythides, Boisduval.

Tribu des Nymphalides, Latreille.

Tribu des Satyrides, Boisduval.

Tribu des Hespérides, Latreille.

  Le nom de la tribu des Piérides sera transformée en Pieridae pour désigner une famille, par l'ICZN (International Commission of Zoological Nomenclature). Parmi ses quatre sous-familles, celles qui concernent l'Europe sont les Dimorphiinae (Piérides), les Pierinae (Piérides et aurores), et les Colianidae : 

b) Sous-famille des Coliadinae (Swainson, 1827). "Coliadines : Coliades et Citrons" (Luquet, 1986) ; Sulphurs  and Yellows.

Trois genres en France, Gonepteryx, Colias et Catopsilia.

 Le nom de Colias (Fabricius, 1807) viendrait de celui d'un cap de la côte est de l'Attique où s'élevait un temple dédié à Aphrodite (Vénus Colias) ; la bataille de Salamine se déroula à proximité; selon Pausanias dans sa Description de la Grèce L.I, chap.1, "Le promontoire Colias est à vingt stades de Phalère [port d'Athènes] ; c'est-là qu'après la défaite des Mèdes, les débris de leur escadre furent jetés par les flots. On y voit la statue de Vénus (Aphrodite) Colias et celles des Génétyllides [les Engendrantes]".

 Pour A. Spuler, il s'agit "du surnom de la déesse Aphrodite".

 Emmet, qui suspecte toujours Fabricius de profiter de la création de nom pour se livrer à des plaisanteries, signale que kolias est  le nom d'un poisson de la famille des thons (il cite étrangement Westwood, 1855) mais que kholê, kholos désigne en grec la bile (cf mélancolie) créant un trait d'esprit à cause de la couleur jaune. Il est vrai que Kolias a désigné chez Aristote puis chez Pline un poisson de la famille du thon, mais  Emmet confond κολιως "surnom d'Aphrodite" et  κολιας "poisson, thonidé", termes que L. Glaser (Catalogus etymologicus Coleoptorum et Lepideptorum, Berlin 1887) avait distingué.

  Une autre piste serait de considérer avec  E. Boisacq (rev. Belge philol. Hist. 1926 5, pp.507-514) que la racine indo-européenne ghel-, « éclat, couleur jaune ou verte, etc. » a donné le grec khloê, « verdure nouvelle », khlôros, « d'un vert clair », kholos, kholê, « bile » le latin helvos « de couleur de miel », ou fel « la bile », le gaulois *galvos (>lat.galbus, galbinus >fr. jaune), le lat.germ. Glêsum « ambre » (>all . Glas« verre »), l'allemand Gold « or », Galle« bile », Gelb « jaune », le russe zoloto " or".

   Tant qu'à plaisanter, Emmet aurait pu noter que si la racine grecque coleo "étui, fourreau" (coléoptère) désigne en grec moderne le vagin, des savants du XIXe siècle rapprochait le nom de Vénus Colias, comme Vénus présidant à la génération, de la racine grecque kolos, "membre, dans le sens de membre viril" (L.G. Michaud, Biographie universelle, 1832 page 38).

 

 Ces digressions nous détournent de l'essentiel : le nom de genre Colias est considéré jusqu'à preuve du contraire comme honorant le surnom d'Aphrodite. 

 

2. Nom de genre : Gonepteryx Leach, [1815]

[Leach, W. E.] [1815]. "Entomology.  Familiy I. papilionida [sic]". in: Brewster, D. [Ed] The Edinburgh Encyclopedia. Edinburgh , [1815] 9(1): 57-172.  page 127-128 et 716 . Espèce-type : Papilio rhamni Linnaeus, 1758.

  Du grec gônia, "angle" et pteron, "aile", par allusion à l'angulation des bords externes des ailes. Chez l'espèce-type, cette angulation de l'aile supérieure (apex) est nettement incurvée et angulaire, alors qu'elle est moins soulignée chez G. cleopatra, le Citron de Provence.  De même, l'indentation de l'aile inférieure forme une "queue" bien saillante chez G. rhamni, alors qu'elle n'est qu'esquissée chez G. cleopatra, permettant de différencier les femelles.


3. Nom d'espèce : Gonepteryx rhamni (Linnaeus, 1758).

P. [apilio] D. [anaus] rhamni, Linnaeus, Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ [Stockholm]. Laurentii Salvii, 1758. Tomus I: 824 pp, page 470 n° 73.

 

Rhamni, génitif du latin Rhamnus, "nerprun" emprunté au grec rhamnos, même sens, nom de la plante hôte mentionné dans le texte de Linné. En botanique, le genre rhamnus regroupe, en France, principalement trois plantes : Rhamnus alaternus L. — nerprun alaterne ou nerprun à feuilles persistantes ; Rhamnus cathartica L. ou nerprun purgatif, nerprun des teinturiers et Rhamnus frangula ou Bourdaine. Leurs drupes comparables à de petites prunes noires, luisantes, grosses comme un pois et à l'odeur désagréable leur a valu, à partir d'un latin pop. *niger prunus, proprement «prunier noir», les noms successifs de  noirbrun en 1210, puis  *neir prun,   noirprun au début du XVe s ; nerpruin  en 1501; nerprun en 1507.

 Synonymes  de Nerprun purgatif : Épine de cerf, Épine noire ou encore Bois noir et Bourgue épine.

   Le sirop de nerprun, préparé à partir du Rhamnus cathartica, était utilisé à des fins purgatives au XVIII et XIXe siècle. François-Étienne Geoffroy, très célèbre médecin et professeur de Chimie au Jardin du Roi (alors Louis XIV) [et père d'Étienne-Louis Geoffroy auteur de l'Histoire des Insectes] décrivait la plante, puis son usage dans sa Matière médicale (publication posthume en latin par Chardon de Courcelles, avant qu'il ne dirige l'École de chirurgie navale de Brest / Traduction et Suites : tome II-2 les Plantes indigènes, 1750 page 213.) "L'usage le plus ordinaire des bayes de nerprun est d'en faire un Extrait, qui se donne depuis une-demie Once jusqu'à six gros dans les Opiates apéritives, ou d'en faire un syrop.". Chardon de Courcelles l'utilise dans ses Formules pharmaceutiques pour le port de Brest (1769) , Jourdan donne en 1840 (p. 129) les recettes du Rob de nerprun, du sirop ou de la potion purgative, etc...

 Ce mêmes baies étaient employées en teinturerie pour obtenir une couleur nommée vert de vessie qui était utilisée pour les enluminures.

 

 

 

      Les nerpruns sont la plante hôte des chenilles de plusieurs papillons : outre d'autres Gonepteryx (le Citron de Provence G. cleopatra et la Farineuse G. farinosa leurs feuilles nourrissent aussi les larves de la Phalène du marronnier Alsophila aescularia, l'Argus vert ou Thècle de la ronce Callophrys rubi , l'Azuré des nerpruns Celastrina argiolus, le Jason à deux queues Charaxes jasius jasius, la Feuille morte du chêne Gastropacha quercifolia, Eupoecilia ambiguella, , Hemileuca eglanterina eglanterina, Lycia hirtaria, Odonestis pruni, Papilio eurymedon, Saturnia atlanticaSaturnia pavonia, le Thécla des Nerpruns Satyrium spini, la Lithosie complanule ou Lithosie plombée Eilema lurideola. (Funet cité par Wikipédia).


 

 

 

Synonymes.

  Gonepteryx rhamni rhamni (Linnaeus, 1758) 

Gonepteryx rhamni transiens Verity, 1913 

Papilio rhamni Linnaeus, 1758

Rhodocera rhamni (Linnaeus, 1758) 


 

II. Noms vernaculaires.

 

Le citron Geoffroy, 1762  ; le Papillon de la canicule, de Geer, 1771 ; le Citron, Engramelle, 1779 ; Le Coliade Citron, Godart 1819 ; Le Citron Luquet, 1986 ;   La Piéride du Nerprun (Luquet, 1986) ;  Le Limon ( Robert 1960, Luquet 1986). 


 1. Le  citron, Geoffroy, 1762.

Étienne-Louis Geoffroy, Docteur en médecine 1762,  Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744 p. page 74 n° 47.

""Leur couleur est d'un jaune citron, quelquefois verdâtre des deux cotés".

  Le mot désigne depuis le XIIIe siècle le fruit du citronnier ; par métonymie, il est employé comme adjectif de couleur, en apposition, depuis 1680 (Dict. hist. Robert). On appréciera le "génie" de Geoffroy, qui sait prendre ses distances par rapport au nom scientifique, comme aux noms anglo-saxons qui rapprochent la couleur des ailes de celle du soufre. Surtout, son talent est d'éviter la simple mention de la couleur ( nous avons échappé à des noms comme le Jaune, Jaunet,  le Jaune du nerprun) pour choisir, comme il l'avait fait pour l'Aurore, une métaphore, la couleur Citron et ses évocations de forme, de saveur, d'exotisme, ou tout ce que l'imaginaire voudra associer à ce fruit.

 

 

 2. Papillon de la canicule, De Geer 1771.

    GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771. Tome second première partie page 182 Part. I n° 1. (nommé P. canicularis Tome I page 30 planche 15).

Papilio canicularis est tiré de Linné 1746 Fauna svecica, Stockholmiae, Laurentii Salvii 1746. page 242 n° 795 qui indique : "Vulgo, Papilio canicularis". Repris en 1761 dans la deuxième édition de fauna svecica page 273 n° 1042. Il s'agirait de la transcription latine du nom vernaculaire (suédois) de G. rhamni.

  On sait que le nom canicule, dérivé de l'italien canicula « petite chienne », est appliqué à l' étoile Sirius Alpha Canis Major puis depuis Molière (Sganarelle et le Cocu imaginaire I,2) à l'époque estivale de grande chaleur, l' étoile Sirius ou Canicule se levant et se couchant avec le Soleil du 22 juillet au 22 août. Or, s'il existe un papillon qui ne limite pas son vol au seul mois de juillet, c'est bien Gonepteryx rhamni, qui vole de juin à novembre, puis parfois dès mi-février jusqu'à juin et dont les mâles se réveillent facilement durant les chaudes journées de la fin de l' hiver ! Mais en Suède, pays de Linné, nous nous trouvons à la limite nord (parallèle 64° N. in Lafranchis, 60° in Perrein) de l'aire de répartition, dans une région où G. rhamni réserve ses vols aux mois de juin et juillet (Tolman & Lewington), et où peut-être il était amené par les vagues de chaleur (värmebölja).

 

 

3. Le Citron, Engramelle 1779 .

   Jacques Louis Florentin Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 223  n° 110 Planche LIII par J.J. Ernst, gravée par J.J. Juillet.  1779.  

   "Le mâle de ce papillon vu en dessus est d'une belle couleur citrine un peu verdâtre. Au milieu de chaque aile, il a une petite tache orangée, et plusieurs points de même couleur à l'extrémité du bord des ailes. Le corps qui est noir en dessus et citron en dessous, est couvert de poils blanchâtres et soyeux. Les antennes sont très courtes, grosses et rougeâtres, et leurs masses sont très allongées."

  "La femelle est dessus et dessous d'une couleur blanchâtre tirant sur le verd d'eau. Et elle a les mêmes taches que le mâle. On voit des femelles dont le dessus est couleur de soufre pâle. Les deux sexes ont à chaque aile un angle bien marqué."

  "Elle [la chenille] vit sur le Rhamnus ou églantier, et aussi sur le Frangula, Aulne noir ou Bourdaine."

 

4. (du nerprun) , de Villers, 1789.

VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789) page 16

 Charles de Villers ne crée pas un zoonyme, mais se contente de traduire l'épithète scientifique rhamni.

 

5. Coliade du Nerprun, Latreille et Godart 1819.

 Latreille et Godart, Encyclopédie méthodique, Histoire naturelle, Paris : Vve Agasse, Tome 9 vol. 116, 1819 page 89.

 

5 . Coliade Citron , Godart 1821.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Tableau méthodique page 43 n° 3 dessinée par [Antoine Charles] Vauthier et gravée par Lanvin.

  • Coliade Citron, Hippolyte Lucas 1834.
  • Coliade Citron, Duponchel, Chenilles 1849  page 60 n°15

 — Rhodocera Rhamni  :  Boisduval, Chenilles 1834 page 35 Planche 3.

— Coliave (sic) du Nerprun : Le Borgne de Kermorvan in Souvestre, 1836 page 165.

 

      J.B. Godart décrit (ouvrage cité page 41) son genre Coliade regroupant "les danaïdes blanches (Linn.)", mais il signale en note après sa description du Coliade Citron que M. le docteur William Leach, l'un des professeurs-administrateurs du Musée Britannique, a fait avec cette espèce et quelques autres qui ont le même port un genre auquel il a donné le nom de gonopteryce (ailes anguleuses)".


6. Revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

 

Dans son article paru dans Alexanor, Gérard Christian Luquet retient Le Citron en nom principal, et en admet deux autres :

  "n° 101 Gonepteryx rhamni L. Le Citron Le Limon* ; La Piéride du Nerprun**."

* Robert Paul-A. 1960, Les papillons dans la nature. 405p., 64 pl. coul. Delachaux et Niestlé édit. Neufchâtel (Suisse).

** Villers (Charles de) : cf supra.

  Pourtant, Le Limon aurait pu être écarté, comme mauvaise adaptation dans notre langue qui n'utilise pas ce terme comme nom de couleur et trahit donc l'intention de Geoffroy, ou même la métaphore sous-jacente à notre Le Citron, puisque notre langue ne désigne pas couramment le fruit du citronnier par le nom de limon.

   De même, Charles de Villers n'est pas l'auteur du nom La Pièride du Nerprun, mais se contente de traduire entre parenthèse le latin "rhamni (du nerprun)".

 


7. Noms vernaculaires contemporains :

Au début du XXe siècle, Charles Oberthür et Constant Houlbert ( 1912-1921) utilisent le nom scientifique, mais dans le cours du texte on trouve "Tout le monde connaît le Papillon citron, comme l'appelle Geoffroy". Cette dénomination ne respecte pas à la lettre le nom Le Citron de Geoffroy, et cet exemple montre qu'avant que Gérard Luquet 1986 ait proposé à la communauté des naturalistes un document qui fera référence, chacun traitait le nom vernaculaire avec une certaine légèreté .

 

Higgins & Riley /Luquet 1988 : Le Citron.

Bellmann / Luquet  2008 : Le Citron .

Blab / Luquet 1988 : Le Citron.

Doux et Gibeaux / Luquet 2007 : Le Citron

Lafranchis, 2000 : Le Citron.

Perrein, 2012 :  Citron.

Tolman et Lewington / Leraut 2009 : Citron .

Wikipédia : Le Citron.

 

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 Aucun n'évoque la ressemblance des ailes avec une feuille. Un groupe majoritaire reprend le nom créé par Geoffroy et la comparaison avec la couleur jaune-citron. Une autre métaphore est trouvée dans le nom turc qui souligne l'aspect falciforme des ailes. 

  • Citronfjäril en suédois.
  • Sitronsommerfugl En norvégien
  • Citroenvlinder en néerlandais
  • Der Zitronenfalter en allemand,
  • De Zitroonefalter en dialecte alémanique
  • Sitruunaperhonen en finnois.
  • Citronsommerfugl en danois.
  • Listkowiec cytrynek en polonais.
  • Citrinukas En lituanien.
  • La Cedronella en italien.
  • Common Brimstone en anglais.
  • Žluťásek řešetlákový en tchèque (... du nerprun).
  • Melyn y rhafnwydd en gallois (Jaune du nerprun).
  • Orakkanat en turc. (aile en forme de faucille).
  • Gieltsje en frison.

 

 

 IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 Première mention : Moffet ou Muffet Theatrum insectorum 1634 page 103 fig. 1 (collection du suisse Conrad Gessner (1516-1565) notamment).

  • The Pale Brimstone : mâle Petiver, 1695.
  • The Brimstone : femelle, Petiver, 1695 ; mâle et femelle Jermyn, 1824 ; et la pluapart des auteurs suivants.
  • The Male Straw Butterfly : femelle : ray, 1710 ; par erreur, Petiver, 1717.
  • The Primrose : Rennie, 1832.
  • The Sulphur :Frohawk, 1924.

  Brimstone est le nom obsolète du soufre (sulphur) ; il est issu du vieil anglais brynstān, lié au  vieux norrois brennistein; littéralement "pierre-brûler". Le terme est utilisé par métonymie pour désigner [la couleur du] soufre, comme, supra, notre [couleur de] citron.

  C'est encore la couleur des ailes qui détermine le nom Male Straw Butterfly, "papillon couleur de paille", et —sans-doute— celui de Primrose, que je comprends comme "couleur de primevère".


 

 

 

 

 

 

V. Autres descriptions.


 Linné, Fauna svecica, Stockholmiae, Laurentii Salvii 1746. page 242 n° 795.

Linnaeus, C. 1761. Fauna svecica sistens animalia Sueciae regni: Mammalia, Aves, Amphibia, Pisces, Insecta, Vermes. Editio altera, auctior. Stockholmiae [=Stockholm]: L. Salvii, 48 + 578 pp. n° 1042.

Mullers, Syst. Nat. Tome 5 page 594.

Rösel von Rosenhof, tome 3 suppl. Cl. II. Pap. Diurn. Tab. XLVI. Fig.1, 2, 3 page 264.

Fuesli, Ins. N° 555.

Schaeffer, Icon ins. Rat. Tab. 35 fig. 1, 2,

Ray, Hist. Ins. Page 112 n°4.

Esper, tome 1 tab. IV fig 4 page 73.

Mouffet, Theatr ins. Ed lat. Page 103 fig. 1. / Ed. Anglaise p. 198.

Jonston Ins. Page 42.

Hoffnagel, Ins. I.

Albin, ins.

Petiver, mus. I n°1

 

 

 

 

 

 

 

Sources et liens.

Liens et Sources.

Funet : Gonepteryx 

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Citron.

Le numéro 96 de novembre 2011 de la revue La Hulotte a été consacrée au Citron. Une très riche bibliographie est disponible en ligne : La Hulotte n°96.

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religieux Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes  Benoît Louis Prévost; A J Defehrt Paris : Chez Calixte-Volland : Chez Rémont, an VII [1798-1799 Tome deuxième. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771.Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica .  Tome second première partie 616 pages,  ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

 

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

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—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

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— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

— LATREILLE, P. A., 1804. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, vol.24, Paris : Déterville.

— LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 369. Paris : Dufart.

 —LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

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 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

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— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

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— PERREIN (Christian) 2012 , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes   Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL.  Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

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— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789).https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille et Godart 1819 :  https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Fabricius :  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

—  Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 


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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 21:40

           Zoonymie du papillon L'Aurore , Anthocharis cardamines, (Linnaeus, 1758).

 

                            Un jour, ils vinrent gentiment me faire cadeau d'un papillon fort rare : le « citron-aurore », qui est d'un jaune pâle un peu vert, comme le « citron » commun, mais qui porte, sur les ailes supérieures, une sorte de nuage délicieusement rose, d'une teinte de soleil levant. Pierre Loti, Le Roman d'un enfant, 1890, p. 202.

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 


 

 026c

 

Résumé.

Le nom de genre Anthocharis associe les mots  grecs  "fleur" et "grâce", les ailes de ces papillons ayant l'élégance chatoyante et florale des pétales.

L'épithète spécifique cardamines mentionne la plante hôte, la cardamine des près des prairies humides.

Le nom vernaculaire principal, l'Aurore (Geoffroy 1762), qualifie la couleur orange des ailes du mâle ; le nom accessoire, la Piéride du Cresson (Godart 1819) mentionne l'un des noms de la plante hôte, la cardamine ou cressonnette.


 

I. Nom scientifique.

Leptoptera, Pieridae.

Nom de genre : Anthocharis : Boisduval 1833, in  Boisduval, Rambur, Dumesnil, Graslin, 1833 Coll. icône. hist. Chenilles Europ. (29): pl. 5 TS : Papilio cardamines Linnaeus.


Vient du grec anthos, "fleur" et kharis, "grâce", "soit que ces papillons aient la grâce d'une fleur, soit qu'ils soient une grâce pour les fleurs qu'ils fréquentent" (Emmet, 1991).

 
 

Nom d'espèce : Anthocharis cardaminesLinnaeus, C. 1758

 protonyme Papilio [Danaus] Cardamines, Linnaeus, C. 1758  Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. 468 , TL : Suède 

Cardamines : "de la cardamine", nom d'une des 3 plantes hôtes citées par Linné : Cardamine, Brassica campestri et Thlapsi.  "Le mot cardamine correspond au grec kardaminê (latinisé en cardamina), lui-même dérivé de kardamon, terme qui désignait le cresson alénois" (Wikipédia)...mais que l'on rapproche aussi de l'épice bien connue, la cardamone aromatique venant de la côte de Malabar. On apprend ainsi (Wiktionnaire) que son nom provient " du latin cardamomum, dérivé du grec καρδάμωμον, kardámōmon, IVe siècle avant Jésus-Christ – une juxtaposition de kard, « cresson de jardin amer » et de amômon, mot oriental désignant une sorte d’épice après le retour d’Alexandre le Grand".

  Il s'agit, chez nous, de la cardamine des près, C. pratensis, plante de terrains humides, comestible (cressonnette).

 

 

Synonymes.

Anthocharis cardamines cardamines (Linnaeus, 1758)  

Anthocharis cardamines meridionalis (Verity, 1908)  
Papilio cardamines Linnaeus, 1758  


 

 

II. Noms vernaculaires.

L'Aurore, la Piéride de cresson, la Piéride Aurore. 

      L'aurore (Geoffroy, 1762) ; l'Aurore (Engramelle 1799) ; la Piéride du Cresson (Godart in Latreille 1819) ; La Piéride Aurore (Godart 1823) ; L'Aurore, la Piéride du Cresson (Luquet, 1986).

1. L'aurore, Geoffroy 1762. 

 Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 71-73 n° 44, 1762.

Geoffroy ne donne pas d'explication au choix de ce nom, mais celui-ci apparaît en adjectif dans la description : "Le mâle […] la moitié extérieure des ailes de dessus, depuis le croissant noir jusqu'au bout, est teint d'une belle couleur jaune aurore."

Le nom du papillon est donc un adjectif substantivé désignant une couleur dans la gamme du jaune. Je m'attarderai sur cette couleur en fin de paragraphe.

 

 

 2. L'Aurore, Engramelle 1780.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Paris, 1780 Volume 2 page 218 n° 107, Planche LI par Ernst, gravée par J.J. Juillet.

  "Ses ailes supérieures [du mâle], mi-partie blanches et aurore, ont une petite tache noire dans le milieu et sont brunâtres vers l'angle d'en haut."

 

3. La Piéride du Cresson, Latreille et Godart, 1819.

Encyclopédie méthodique, Entomologie, ou Histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes,   Tome 9, Paris : Vve Agasse, 1819   page 125 n°22.

On le retrouve employé en 1863 par Aristide Dupuis, Le Papillon, guide de l'amateur.


4. La Piéride Aurore,  Jean Baptiste Godart 1823 : Godart (Jean-Baptiste), Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, Paris 1823 page 48-13 n° 11  pl.2 fig.2 peinte par C. Vauthier et par gravée par Lanvin.

 

  Ce zoonyme de Piéride aurore est repris :

— par Pierre Boitard 1828, Manuel d'entomologie  

— par Hippolyte Lucas Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris 1834  page 

— par Alfred Constant 1866 : l'Aurore Geoffr. (Catalogue des lépidoptères de Saone-et-Loire)

— On trouve aussi La Phalène aurore (!), Flore médicale, Chaumeton 1833.


5. Les noms vernaculaires contemporains.

Gérard Chr. Luquet, dans son travail fondateur de 1986 sur les noms vernaculaires des rhopalocères, propose L'Aurore comme nom principal, et admet La Piéride du Cresson.

Blab / Luquet 1988 : l'Aurore

Higgins et Riley / Luquet 1988 : l'Aurore ou la Piéride du Cresson.
 

 

Le nom Aurore.

      Aurore est, pour désigner une couleur, un adjectif invariable employé principalement pour qualifier des tissus : des taffetas aurore, une culotte satin aurore, un drap de damas aurore, ou un châle de jeune fille d'une adorable couleur aurore. 

 Il s'agit d'un orangé clair ou d'un jaune doré évoquant la couleur du soleil levant. 

  L'adjectif peut être pris substantivement : Le CNRTL donne cette citation éloquente : Sa nudité s'enveloppe d'un long peignoir fait de bandes alternées de satin rose et de valencienne. Cela ne fait qu'ennuager d'aurore et de blanc sa chair ambrée, s'enroule autour des jambes, ballonne sur les hanches et s'épanouit à la chute des épaules en dégageant à demi, dans une écume frissonnante de dentelle, l'étonnante exubérance de sa poitrine. T'Serstevens, L'Itinéraire espagnol, 1933, p. 120. 

Comme tous les mots désignant une couleur, il est masculin lorsqu'on l'emploie substantivement pour parler de la couleur : L'aurore de votre robe est beau.

Cet emploi du terme Aurore, qui désigne depuis le XIIIe siècle le moment où le soleil se lève, comme nom de couleur, ne date que de la seconde partie du XVIIe siècle, et Ronsard, dans Les Amours, ne fait pas encore l'élision du terme "comme, pareille à" dans la métaphore : 

 

Ronsard, Les Amours,VI
Ces liens d'or, ceste bouche vermeille,
Pleine de lis, de roses, et d'oeuilletz,
Et ces couraulx chastement vermeilletz,
Et ceste joue à l'Aurore pareille:
Ces mains, ce col, ce front, et ceste oreille,
Et de ce sein les boutons verdeletz, 
Et de ces yeulx les astres jumeletz,
Qui font trembler les ames de merveille:
Feirent nicher Amour dedans mon sein,...

   Le nom d'aurore, et, par là, la couleur, nous est évocatrice d'ensoleillement matinal, d'orient et de ses sonorités en -or, et ces évocations, qu'entretiennent la couleur et la musique des noms si chères à Proust, s'enracinent dans l'étymologie la plus ancienne. En effet, si le nom dérive de celui de la déesse romaine de l'aurore, Aurora, celui-ci remonte lui-même au  Proto-indo-européen ausus- "aurore" ou au nom de la divinité indo-européenne correspondante. On trouve encore en amont la racine  *aus- "briller"  (voir le grec eos "aurore,", auein "briller, enflammer" ; ou le nom latin du vent du sud (celui qui enflamme), auster; ou notre point cardinal "est", dérivé du viel anglais east).

 

 

  En 1800, Jacques Christophe Valmont-Bomare écrivait  :" Le mâle a une belle tache de couleur de safran sur le dessus des ailes supérieures , ce qui l'a fait nommer par les Naturalistes, aurore".  Mais c'est faire bon compte du génie de nomenclateur de Étienne-Louis Geoffroy, qui aurait pu se contenter de recopier le Orange Tip des auteurs anglais Wilkes ou Dutfield, qu'il connaissait sans-doute, bien qu'il ne cite en référence que Pétiver et Ray.         Choisissant, pour la robe des ailes de ce papillon, un terme dédié aux tissus, il ouvre bien plus largement l'éventail des évocations métaphoriques, associant l'énergie glorieuse du soleil levant au chatoiement somptueux des étoffes, à la puissance de l'or et aux fastes ravageurs du Feu.

  C'était d'autant mieux trouvé que l'Anthocharis cardamines est le tout premier des papillons de début de printemps (si on écarte le Citron et d'autres hivernants), annonciateur de tous ceux qui feront leur apparition plus tard dans le printemps et l'été : il est vraiment l'aurore de la saison du naturaliste chasseur de papillons.

 

 

 

 

. Autres noms vernaculaires ? : 

Le site de l'Inventaire National du Patrimoine Naturel du Muséum http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/53661/tab/taxo. ne donne que L'Aurore.

 

 

IV. La chenille.

— Philogène Auguste Joseph Duponchel,  Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir de complément à l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de MM. Godart et Duponchel Paris :1849. page 54, Piéride Aurore  n°10 . Planche III.

http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38600#page/61/mode/1up

— Boisduval, Graslin, Rambur, Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture,Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833 : Planche V fig; 6 et 7.

http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/109828#page/33/mode/1up

http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/109828#page/497/mode/1up


V. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  • Auroraperhonen en finnois.
  • Aurorasommerfugl en norvégien.
  • Orange Tip  en anglais
  • Aurorafjril en suédois.
  • Aurorafalter en allemand
  • Oranjetipje en néerlandais,
  • Gwyn blaen oren en gallois. ("Blanc à extrémité orange")
  •  Mariposa aurora ou Mariposa musgosa en espagnol
  • Zorzynek rzeżuchowiec  en polonais. 

 Cinq de ces zoonymes étrangers ont repris le nom français créé par Étienne-Louis Geoffroy. Deux (néerlandais et gallois) suivent l'anglais "extrémités orange".    

 

VI. Noms vernaculaires anglo-saxons (M.A. Salmon, 2000)

Première mention par Mouffet/Moffet, 1634.

  • The White marbled male Butterfly : mâle, (Petiver, 1699).
  • The White marbled female Butterfly : female (Petiver, 1699)
  • The Common white marbled male Butterfly (Ray, 1710)
  • The common white marbled female Butterfly (Ray, 1710).
  • The Lady of the Woods (Wilkes, 1741-42 ; Harris, 1775).
  • The Orange-tip Butterfly (Wilkes, 1747-49 ; Berkenhout,1769 ; Lewin,1795 ; Donovan,1796 ; Haworth,1803 et la plupart des auteurs.
  • The Wood Lady (Dutfield, 1748 ; Harris, 1766 ; Lewin, 1795 ; Donovan, 1796 ; Rennie, 1832).
  • The Prince of Orange (Dutfield, 1748).
  • The Orange Tipped (Morris, 1853).
  • The Orange-tip White (Heslop, 1959).

On voit donc un premier groupe de nom, simplement descriptif dans la lignée des autres Pieridae ou Blancs (the Black-veined White, the Large White, the Small White, the Wood White, the Green-veined White ) : celui-ci est nommé le "papillon Blanc marbré".  Puis un deuxième groupe soulignant la grâce féminine de cette espèce sous l'appellation de la Dame des Bois (on retrouve cette idée dans le nom de genre Anthrocharis, "Grâce ou Beauté florale"). Et enfin un troisième groupe qui souligne la couleur orange remarquable du mâle, limitée aux extrémités (tip) des ailes. Avec une prime pour le jeu de mots Le Prince d'Orange, qui exprime astucieusement la noblesse princière de la robe.  

  La mention de cette couleur apparaît dès 1747. Elle a pu influencer Geoffroy dans son choix, mais c'est tout le talent du médecin naturaliste d'éviter la traduction littérale, et d'avoir eu recours à un nom plus rare de couleur, qui crée une nouvelle métaphore avec l'aurore.

 


 

Liens et sources.

— Site Funet Anthocharis..

 Inventaire National du Patrimoine Naturel du Museum d'Histoire Naturelle.

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaireRapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religieux Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes  Benoît Louis Prévost; A J Defehrt Paris : Chez Calixte-Volland : Chez Rémont, an VII [1798-1799 Tome deuxième. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771.Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica .  Tome second première partie 616 pages,  ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par BergquistGallica.

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

— HIGGINS (L. G.) et RILEY (N. D.) 1988. Guide des Papillons d'Europe : RhopalocèresTroisième édition française. Traduction et adaptation par Th. Bourgoin, avec la collaboration de P. Leraut, G. Chr. Luquet et J. Minet. Delachaux et Niestlé édit., Neuchâtel ,1988455 pages.

— HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

— LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818

 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe",Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), Faune entomologique armoricaine. Mépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.


— PERREIN (Christian) 2012 , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

— SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

— SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

SPULER (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL:http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary. 

 

De Geer : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

   Boisduval chenille 1832 : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

 Geoffroy BHL :1762 :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

 — Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/lepiwiki.pl?Ochlodes_Sylvanus

 

 

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 21:15

       Zoonomyie du papillon la Piéride de la Rave, Pieris rapae (Linnaeus, 1758).

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.


Résumé :

    L'origine du nom de genre Pieris Schrank 1801 est le grec pieris, nom des Muses, ou de leurs concurrentes transformées en pies après un concours de chant.

L'épithète rapae, désigne une des plantes hôtes, Brassica rapa, et ses sous-espèces dont le Navet et la Navette.

 Les noms vernaculaires ont été successivement  Le petit papillon blanc du chou (Geoffroy, 1762) ;  le Petit papillon du chou, (Engramelle 1779) ; la Piéride de la Rave (Godart, 1823),  Gérard Luquet 1986 propose de reprendre La Piéride de la Rave comme nom principal, et d'admettre La Petite Piéride du Chou  et le Petit Blanc du Chou. Le nom français Piéride a été créé par Godart en 1819, les autres termes du nom signalent la taille (en comparaison avec la Piéride du Chou, plus grande), la couleur, et les plantes hôtes.

 


I. Nom scientifique.

Lepidoptera, Pieridae, Pierinae.

Nom de genre. Pieris, Schrank, 1801.

 Franz von Paula Schrank, Fauna boica : durchgedachte Geschichte der in Baiern einheimschen und zahmen Thiere 2 (1) page 152 et 161.

Page 152, Schrank présente les cinq groupes  où il répartit les papillons de jour (Dickfalter ou Erynnis, Edelfalter ou Pieris, Stuzfalter ou Maniola, Dornfalter ou Papilio, Schildfalter ou Cupido.

 Le groupe (j'évite à dessein le terme "genre") des Pieris de Schrank, ou Edelfalter (Papillons nobles) rassemble les Equites de Linné, nos Papilio avec, en tête, Apollo, puis les grands porteurs de queue comme le Machaon et le Flambé, mais aussi les Blancs (et donc, dans la hiérarchie des valeurs de l'époque, les Nobles), c'est-à-dire ceux dont les ailes vont du blanc à l'orange, et sont globalement de couleur uniforme. En 1804, Latreille plaça les grands porteurs de queue dans le groupe Papilio, et n'inclut dans le groupe Pieris que les blancs, les jaunes et les oranges soit nos Pieridae.

  A.M. Emmet 1991 explique que Pieris est l'une des Muses, (Piérides) qui étaient supposées vivre sur le mont Pierus, près du mont Olympe. Or les muses sont sous la direction d'Apollon, donc Schrank a nommé son groupe en fonction de son premier papillon, Pieris Apollo. 

  La difficulté vient du fait que, dans la mythologie, les neuf Piérides, filles du roi de Macédoine Pieros, n'étaient pas des Muses, mais leurs concurrentes trop imbues d'elles-mêmes, qui eurent l'impudence de les défier pour un concours de chant. Calliope (Muse de l'éloquence et de la poésie épique) défendit la réputation des neuf filles de Zeus et de Mnémosyne, et triompha. Les Piérides furent transformées en pies, (Ovide, Métamorphoses, V, 250-678), ou en neuf oiseaux différents.

 Certes, la confusion entre les Muses et les Piérides semble condamnable : que répondrait Arthur Maitland Emmet pour sa défense ?

 Prenant sa place, j'appelle nul autre que Lucrèce l'homme qui nous délivra de la peur des dieux et de la peur de la mort par son De Natura Rerum ( De la nature des choses) . Connaissez vous autre chose de lui que son fameux Suave mari magno ? Oui, cet autre passage tout aussi fameux où il compare la forme poétique dont il pare son initiation à l'épicurisme pour le rendre plaisant au miel dont le médecin enrobe l'amère breuvage de son traitement ? Eh bien, c'est, précisément dans ce passage que Lucrèce assimile les Piérides aux Muses au langage mélodieux :

   "Maintenant, ô Memmius, écoute et apprends ce qui te reste à connaître. Je sais combien ces matières sont obscures; mais de glorieuses espérances ont frappé mon âme du plus vif enthousiasme, et lui ont imprimé le doux amour des Muses. Animé de leur feu, soutenu par mon génie, je parcours des sentiers du Piérus qui ne sont point encore battus; et que nul pied ne foule. J'aime à m'approcher des sources vierges, et à y boire; j'aime à cueillir des fleurs nouvelles, et à me tresser une couronne brillante là où jamais une Muse ne couronna un front humain: [1,930] d'abord, parce que mes enseignements touchent à de grandes choses, et que je vais affranchissant les coeurs du joug étroit de la superstition; ensuite, parce que je fais étinceler un vers lumineux sur des matières obscures, et que je revêts toute chose des grâces poétiques. Et ce n'est pas sans raison. Le médecin veut-il faire boire aux enfants l'absinthe amère; il commence par enduire les bords du vase d'un miel pur et doré, afin que leur âge imprévoyant se laisse prendre [1,940] à cette illusion des lèvres, et qu'ils avalent le noir breuvage. Jouets plutôt que victimes du mensonge, car ils recouvrent ainsi les forces et la santé. De même, comme nos enseignements paraissent amers à ceux qui ne les ont point encore savourés, et que la foule les rejette, j'ai voulu t'exposer ce système dans la langue mélodieuse des Piérides, et le dorer, en quelque sorte, du miel de la poésie; espérant retenir ton âme suspendue à mes vers, tandis que je te ferais [1,950] voir toute la nature des choses avec son ajustement harmonieux et sa forme."  volui tibi suaviloquenti carmine Pierio rationem exponere nostram et quasi musaeo dulci contingere melle

De Natura Rerum, Livre I, 920-950, Trad. Nisard.

 

Ce genre est désigné par les anglo-saxons comme the Whites.

 


Nom d'espèce : Pieris rapae (Linnaeus, 1758)

Protonyme :P[apilio] D[anaus] rapae , Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. page  468 n° 59 . [http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277]

Dans son texte, Linné mentionne deux (groupes de) plantes hôtes, Brassicae et Tropaeolum, les Choux et la Capucine. 

  Le problème —c'en est un— des plantes hôtes, dans leur relation avec le nom d'espèce, est difficile à démêler. Certes, la chenille de la Pièride du Chou Pieris brassicae se développe sur le Chou potager Brassica oleacera [mais aussi sur le Colza Brassica napus, la Ravenelle Raphanus raphanistrum et la Grande Capucine Tropaeolum major]. Mais celle de la Piéride de la Rave se régale aussi de ces quatre plantes, auxquelles elle ajoute le Réséda jaune Reseda lutea, l'Alliaire officinale Alliaria petiolata et la Moutarde des champs Sinapis arvensis. On ne voit donc pas ici mentionné la Rave...mais la rave n'est pas une espèce, c'est un nom qui désigne beaucoup de plantes à racines comme la betterave (bette..rave, je n'avais pas remarqué), le céleri-rave, le brocolis-rave, le chou-rave et la rave ou navet. Notez précisément que le navet se nomme Brassica rapa. Linné a-t-il pensé que son Papilio rapae tenait son habitat chez les navets ?  Mais alors, pourquoi avons-nous appelé Piéride du Navet cette autre piéride, dont la chenille ne consomme jamais de raves ni de navets, mais des plantes sauvages comme la ...Ravenelle ?

  La même, ambiguïté se retrouve pour la Piéride de la Moutarde, qu'il vaudrait mieux nommer Piéride du Lotier.

 Bref, attention aux "faux amis" de la zoonymie et n'attribuons pas Pieris Rapae à la rave, et Pieris napi aux navets. 


 

Synonymie :

Artogeia rapae  (Linnaeus, 1758). 
Papilio rapae Linnaeus, 1758.


II. Noms vernaculaires.

 

Le petit papillon blanc du chou (Geoffroy, 1762) ;  le Petit papillon du chou (Engramelle 1779) ; la Piéride de la Rave (Godart, 1823) ; le Petit Blanc du Chou (Luquet, 1986 ).   

 

1. Le petit papillon blanc du chou, Geoffroy 1762.

 Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 n°41 page 69-70

 Geoffroy crée son zoonyme à la manière des anglais, associant trois qualificatifs, de taille, de couleur et de plante hôte. Il privilégie la description à la dénomination, conformément à la tradition qui désignait  les espèces par une phrase latine dont il reprend les termes albis et minor :  papilio alis rotundatis albis, primariis bimaculatis, apice nigris, minor.

  Il remarque qu'il distingue surtout le grand papillon du chou (notre Piéride du Chou) et le petit papillon blanc du chou, non par leur taille, mais par leurs chenilles. Engramelle sera tout aussi perplexe pour différencier les deux à coup sûr. Les guides modernes nous précisent que la bordure apicale de l'aile antérieure s'étend comme une longue faux noire chez le Grand, alors qu'elle est plus courte chez son Petit frère du Chou.


 2. Le Petit papillon du chou, Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1  N° 103 page 210  planche 49  par J.J. Ernst,  1779.


3. [Papillon] de la rave, De Villers, 1789.

Charles de Villers, Caroli Linnaei entomologia, 1779, page 8. "Rapae, 8, P.C. (de la rave)".

Doit-on le considérer cette mention entre parenthèse dans un ouvrage écrit en latin comme un nom vernaculaire ? Charles de Villers est né à Rennes en 1724 et mort en 1810.

4. P[apillon] Rapicolle, C.A. Walckenaer 1802.

Charles Athanase Walckenaer, Histoire abrégée des Insectes des environs de Paris page 267 n°19. Simple, mais amusante, transcription du latin papilio rapae. Pour P. napi, Walckenaer écrit Papillon napicole.

  4 Piéride de la Rave, Godart / Latreille 1819.

 Le nom français de  Piéris a été créé en 1804 comme un genre par P.A. Latreille dans ses tableaux Méthodiques. Ce genre inclut les danaïdes blanches, c'est-à-dire les papillons que Linné a classé, dans son Systema naturae p. 468, sous le titre Danai Candidi, aux numéros 56 à 74 

Le nom français de Piéride a été créé par Godart, collaborateur de Latreille, en 1819 en séparant ce genre Piéris de Latreille en deux nouveaux genres, Coliades (les jaunes) et Piérides (les blancs).

 

  • Latreille et Godart, Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9 1819 page 161https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up
  • P.A Latreille et Godart, Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle Paris : Deterville 1818,T. XXVI, p. 163 
  • Pierre Boitard, Manuel d' Entomologie, 1828.

 

5 . Piéride de la Rave Godart 1821.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1823 page 17 n°25, Planche 2ter fig.2 et  page 48-6 n° 7; Plaanche dessinée et peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin.


 J.B. Godart  est le second (après De Villers) à mentionner la Rave plutôt que le chou, certainement en raison de sa préoccupation constante de ne pas se démarquer du nom scientifique officiel (on est ancien proviseur du lycée de Bonn ou on ne l'est pas). Linné a écrit rapae, il traduit donc "de la rave", et il précise dans son texte  "vivant presque solitaire sur la grosse rave ou variété du navet (Brassica rapa), et sur d'autres plantes analogues". Elle s'introduit à l'intérieur, ce qui l'a fait surnommé ver du cœur "

  • Idem,  Hippolyte Lucas 1834.
  • Idem Boisduval, 1832 page 23
  • Idem, Duponchel, Iconographie et histoire naturelle des chenilles, p. 52, Planche III. 


 

 

6 Petit Blanc du Chou, Luquet 1986.

En 1986, Gérard Luquet propose dans son article princeps de reprendre La Piéride de la Rave comme nom principal, et d'admettre aussi  La Petite Piéride du Chou  et le Petit Blanc du Chou. Ce dernier nom, qui n'était pas encore en usage, provient des traductions des guides étrangers, allemands et anglais notamment, seule source pratique de documentation et iconographie à la fin du XXe siècle pour le public français. En 1968, Jean Lupold avait eu à traduire de l'allemand le guide de Danesh et Dierl, et avait traduit en toute logique Kleine Kohlweißling par "Le Petit Blanc du Chou". Il traduit aussi le Small Cabbage White anglosaxon.

7. Noms vernaculaires contemporains :

      Oberthür 1912-21 : Le Petit papillon du Chou de Geoffroy. On voit que le zoonyme exact de Geoffroy n'est par respecté, mais c'est déjà si extraordinaire, pour l'époque, alors que les entomologistes n'emploient plus les termes français, de citer un nom vernaculaire et de connaître Geoffroy, que cette inexactitude est un détail. 


  • Bellmann 2008 : La Piéride de la Rave.
  • Blab / Luquet 1988 : Piéride de la Rave.
  • Chinery / Luquet  2012 : La Piéride de la Rave.
  • Doux & Gibeaux / Luquet 2007 : Piéride de la Rave.
  • Higgins & Riley /Luquet 1988 : La Piéride de la Rave ou le Petit Blanc du Chou.
  • Lafranchis, 2000 : Piéride de la rave, Le petit Blanc du chou.
  • Perrein, 1012 : Piéride de la rave.
  • Tolman & Lewington  / P. Leraut 2009 : Piéride de la rave.
  • INPN : Piéride de la Rave (La), Petit Blanc du Chou (Le), Petite Piéride du Chou (La)

 

 

 

 

Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  • Naurisperhonen en finnois : Papillon du navet.
  • Small White en anglais Small Cabbage White : Petit Blanc, Petit Blanc du Chou.
  • Cabbage White aux États-Unis : Blanc du Chou.
  • Rovfjäril en suédois : Petit Blanc.
  • Kleine Kohlweißling en allemand : Petit Blanc du Chou.
  • Klein koolwitje en néerlandais : Petit Blanc du Chou.
  • Pequeña mariposa de la Col  ou Blanquita de la Col en espagnol : Petit Papillon du Chou, ou Petit Blanc du Chou.
  • Bielinek rzepnik  en polonais
  • Rapaiola ou Cavolaia en italien  : "de la Rave", "du Chou" (Cavolo).


 IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

      Première mention Moffet, 1634.

  • The lesser White Cabbage Butterfly : Petiver, 1703. : Le (plus) petit papillon Blanc du Chou.
  • The Smaller Common White Butterfly : Ray, 1710. Le plus petit papillon Commun du Chou.
  • the Lesser White unspotted Butterfly : ?male, spring brood : Petiver, 1717. Le (plus) petit papillon Blanc  sans point.
  • The Lesser White Single-spotted Butterfly : ? Male, summer brood : Petiver, 1717. Le (plus) Petit papillon Blanc à un point.
  • The Lesser White Double-Spotted Butterfly : ? female, spring brood. : Petiver, 1717. Le (plus) Petit Papillon Blanc à deux points.
  • The Lesser White treble-spotted Butterfly :?female, summer brod : Petiver, 1717. Le Papillon  Petit Blanc à trois points.
  • The Small White Garden Butterfly or the Small Garden White Butterfly : Wilkes, 1747-49, Lewin, 1795 ; Humphreys et Woods, 1841 ; Coleman, 1860 ; W.E. Kirby, 1906 ; Newman et Leeds, 1913 ; Heslop, 1959. Le Petit Papillon Blanc des Jardins.
  • The Small White : Hawoth, 1803 ; Jremyn, 1824 ; Morris, 1853 ; South, 1906 ; Newman et Leeds, 1913. Le Petit Blanc.
  • The Small Cabbage Butterfly : Samouelle, 1819. Le Petit Papillon Blanc du Chou.
  • The Turnip : Rennie, 1832.  Le Navet.
  • Mr Howard's or Howard's White (var.) : Wood, 1852 ; Newman et Leeds, 1913. Le Blanc de Mr Howard, le Blanc de Howard. 

 

Les noms créés par Petiver ou par Wilkes ont pu, chronologiquement, influencer Geoffroy.

Le nom Cabbage désigne le Chou potager, Brassica Oleracera.

The Turnip se traduit par Navet, le navet blanc Brassica rapar var. rapa.

 

 

Liens et Sources.

Funet : Pieris.

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Pieris rapae.

 http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/recherche

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaireRapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religieux Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes  Benoît Louis Prévost; A J Defehrt Paris : Chez Calixte-Volland : Chez Rémont, an VII [1798-1799 Tome deuxième. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771.Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica .  Tome second première partie 616 pages,  ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par BergquistGallica.

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

— HIGGINS (L. G.) et RILEY (N. D.) 1988. Guide des Papillons d'Europe : RhopalocèresTroisième édition française. Traduction et adaptation par Th. Bourgoin, avec la collaboration de P. Leraut, G. Chr. Luquet et J. Minet. Delachaux et Niestlé édit., Neuchâtel ,1988455 pages.

— HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages. 

— KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

— LATREILLE, P. A., 1804. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, vol.24, Paris : Déterville.

— LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 369. Paris : Dufart.

 —LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

LATREILLE (P.A), GODART (J.B) , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9 1819. https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl. :[1]-[49].

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959, Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), Faune entomologique armoricaine. Lépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.


— PERREIN (Christian) 2012 , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

— SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

— SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

SPULER  (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL:http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary. 

— TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

 

— DE VILLERS (Charles) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789).https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

De Geer : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Boisduval chenille 1832 : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

 Geoffroy BHL :1762 :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 — Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

                                                       

http://www.wnsstamps.ch/fr/stamps/LI024.09?lang=en

 

Et sur la sexualité de petit Blanc du Chou ? Ce rapport passionnant de F. Lewino.

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 21:09

Zoonymie du papillon Azuré des nerpruns, Celastrina argiolus (Linneaus, 1758).

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

Résumé.

  Celastrina argiolus tire son nom de genre de celui d'un arbre de Theophraste correspondant à notre houx (mais peut-être aussi au nerprun). L'épithète spécifique argiolus est un diminutif de Argus, et indique donc que les ailes de ce petit papillon porte des ocelles, ou yeux.

   Chez nous, il a porté successivement les noms de  Argus à bande noire (de Geer, 1771 ; Luquet 1986); Argus bleu à bandes brunes (Engramelle 1779) ; Polyommate argiolus (Godart, 1821). C'est, actuellement celui d' Azuré des Nerpruns (Luquet 1986) qui s'impose, sans interdire l'usage de Argiolus (Luquet 1986) ou d' Argus bordé (Luquet, 1986). Grâce à ses noms aide-mémoire, nous savons qu'il s'agit d'un petit papillon bleu, aux ailes ocellées et bordées de noir. Nous devinons déjà qu'il s'agit d'un lycéne qui appartient à la sous-famille des "Bleus", les Polyommatinae qui accueille les nombreux Azurés.

 

 

DSCN9954

 

I. Nom scientifique

Lepidoptera, Lycaenidae, Polyommatinae.


Nom de genre : Celastrina, Tutt 1906.

Tutt (James William) 1906. "A Study of the Generic names of the British Lycaenides and their close allies." The Entomologist's record and journal of variation, 18: 129-132.

 

  Le joli nom de Celastrina dérive selon Emmet "du grec Kelastra, un arbre qui pourrait être le houx, plante-hôte" de notre lycène. C'est en effet au houx que Suzanne Amigues, spécialiste de l'Histoire des Palntes de Théophraste rapproche cet arbre : " κήλαστρον (τὸ), κήλαστρος (ἡ), houx, Ilex aquifolium L." ( Amigues, Suzanne, 2006. S. Théophraste. Recherches sur les plantes. Paris, Les Belles Lettres. Tome 5 : Livre IX. Index. : en ligne).  On lit ailleurs que le terme de Kelastros est lui-même issu d'une racine grecque kelas, "arrière-saison"

 

   La botanique connaît aussi le genre Celastrus (Bitterswett pour les anglosaxons), dont le nom donné en 1784 vient du grec kelastra, kelastros, "nom qui aurait été donné par Théophraste à un arbuste du genre Rhamni (Nerprun)", comme me le confirme le Dictionnaire de la lecture et de la Conversation de 1834 (Célastre)".   Ce rapprochement m'intéresse, si je pense à notre nom d' Azuré des nerpruns.

 

        En un mot, Celastrina peut être lu comme l'équivalent de "du nerprun". Les plantes-hôtes de Celastrina argiolus sont le Houx, le Fusain (qui ressemble à Celastrus scandens), le Lierre, le Robinier, le Nerprun ou Bourdaine Rhamnus frangula, et le Nerprun purgatif ou Rhamnus cathartica.

  James William Tutt (1858-1911) est, selon Wikipédia, un entomologiste britannique. Darwinien convaincu, il a posé les fondations de l'étude génétique des lépidoptères. Il est l’auteur de plus de 900 articles et d'une vingtaine de livres, dont les principaux sont J.W.Tutt's British moths paru en 1896, The British Noctuae and their Varieties (1891-1892) et Natural History of the British Lepidoptera (en ligne ) (1890-1911). Dans ce dernier ouvrage, il étudie notamment la superfamille des Ruralides (équivalent de nos lycaenidae) qui regroupe les "blues" ou Bleus (Polyommatinae, Swainson 1827), les "Coppers" ou Cuivrés ( Lycaeninae, Leach 1815) et les Hairstreaks ou Thécla (Theclinae, Swainson 1831). Ce sont eux que Schrank avait classé en 1801 dans son groupe des Cupido, et Latreille en 1804 dans ses Polyommates. J.W. Tutt se livre alors à une brillante étude de taxonomie, passionnante pour celui qui s'intéresse à l'histoire des noms de genre. C'est dans le cadre de cette étude qu'il crée un nouveau genre, Celastrina, pour accueillir l'argiolus.

 

 

 

Nom d'espèce : Celastrina argiolus (Linné, 1758).

 Protonyme Papilio [Plebejus] argiolus Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. p.483 no. 153. http://www.biodiversitylibrary.org/page/727394#page/505/mode/1up

 

Argiolus est un diminutif de Argus, nom du papillon qui le précède dans le Systema naturae. Linné précise que l'argiolus est praecedenti similis, sed minor, "semblable au précédent, mais plus petit". Emmet, qui donne cette explication, ajoute insidieusement, mais sans critiquer frontalement le Maître suédois, que "Argiolus est plus petit que P. icarus mais plus grand que P. argus ; il ressemble d'avantage à P. icarus".

  L'Argus lui-même tenant son nom d'Argos panoptes, le géant aux cent yeux, nous en déduisons que les ailes de l'argiolus portent plusieurs ocelles. 

 

Ces papillons appartiennent déjà aux groupes des Plebejus, les petits, la plèbe (dans le schéma que Linné a dressé pour comparer les papillons de jour à l'armée grecque campant devant Troie, avec les grands Chevaliers, les Héros, Dieux et Déesses [ Eques, Heliconii, Danai, Nymphales]. 

 Il divise ces Plébéiens en deux groupes, les Ruraux (ses Rurales n° 145 à 161, et les Ruralides de Tutt, les Polyommates de Latreille, les estropiés de Geoffroy) et les Urbains (les Urbicoles de Linné, les Urbalides de Tutt, les Hesperies de Fabricius). Notre petit argiolus de rien du tout n'est qu'un rural, nous pouvions nous en douter. 

Synonymes.

Celastrina argiolus argiolus (Linnaeus, 1758)  
Lycaena argiolus (Linnaeus, 1758)  
Lycaenopsis argiolus (Linnaeus, 1758)
Papilio argiolus Linnaeus, 1758

 


 

II. Noms vernaculaires.

 Argus à bande noire (de Geer, 1771 ; Luquet 1986); Argus bleu à bandes brunes (Engramelle 1779) ; Polyommate argiolus (Godart, 1821) ;  Azuré des Nerpruns (Luquet 1986) ; Argiolus (Luquet 1986) ; Argus bordé (Luquet, 1986).


 1. Argus à bande noire, De Geer 1771.

     Geer, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771. Tome second première partie page 182  Tome 1 pl.4 fig. 14-15.

 Le nom Argus, comme celui de Polyommate infra, renvoie au géant Argos panoptès (qui voit tout), aux cent yeux répartis tout autour de la tête, et dont cinquante sont ouverts lorsque les autres sont fermés.

  La "bande noire" est celle, ombrée, qui cerne la face antérieure des ailes ; elle est large chez la femelle, étroite chez le mâle.

2. Argus bleu à bandes brunes, Engramelle 1779 .

  Jacques Louis Florentin Engramelle, Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 177-178  planche 40 n°86 a-b et pl. 41 fig 86.  par J.J. Ernst, gravée par J.J. Juillet,  1779.

  "Ses ailes [de la femelle] sont bordées d'une large bande brune" p. 178.

 3.  Le Papillon Acis, Latreille 1803.

Olivier et Latreille, Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle tome XXVII 1803 page 86.

Le berger Acis, fils de Faunus, est l'amant de Galatée : surpris par son rival le cyclope Polyphème, celui-ci l'écrasa sous un rocher de l'Etna.


4. Le Polyommate Acis, Latreille, 

  • P.A Latreille, Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle Paris :Deterville 1819, t.XXX. 
  • Pierre Boitard, Manuel d' Entomologie, 1828.

 

5 . Polyommate argiolus, Godart 1821.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. page 225 n°85 Pl. 11 secund fig.8 (femelle) et Pl.11 quart fig.5 (femelle) dessinée par [Antoine Charles] Vauthier et gravée par Lanvin.

Godart reprend, selon sa règle, une construction binominale calquée sur la dénomination scientifique : il emprunte à Latreille (dont il avait été très proche) comme nom de "genre" celui de sa famille des Polyommates, tiré du grec poluommatos, "qui a plusieurs yeux". C'est, chez ,les grecs, un épithète d'Argus. Comme le dit Cuvier en 1836, ils sont "désignés ainsi , parce que ces Lépidoptères ont , pour la plupart , sur leurs ailes , de petites taches imitant des yeux."

 

  • Idem,  Latreille et Godart, Encyclopédie méthodique, Histoire naturelle, Paris : Vve Agasse,Tome 9 vol. 116, 1819.
  • Idem, Hippolyte Lucas 1834.
  • Idem Le Borgne de Kermorvan in Souvestre, 1836.

 

6. Propositions de Gérard Luquet 1986.

En 1986, Gérard Chr. Luquet crée le zoonyme Azuré des nerpruns, qu'il propose comme nom vernaculaire principal, et qui sera adopté par l'ensemble des autres auteurs.  Ce nom est construit sur un modèle Nom de groupe + plante hôte. Il a d'abord baptisé la sous-famille des Polyommatiné par les trois noms d'Azuré, d'Argus ou de Sablé. Avec le terme Azuré, il a construit 63 noms d'espèces, la plupart avec la plante hôte (bugrane, plantain, ajonc,) beaucoup plus rarement avec une caractéristique physique (A. frêle, A. Porte-queue, A. iridié, A. bleu céleste) ou un nom de lieu (A. de l'Atlas).

  Il reprend comme nom accessoire l'Argus à bande noire de de Geer ( mais il en critique la longueur), l'Argiolus, et l' Argus bordé .

"L'Argiolus" apparaît dans les Tableaux synoptiques des Lépidoptères d'Europe de De Villiers et Guenée en 1835, page 30, mais à la façon d'un raccourci du nom scientifique. G.C. Luquet signale qu'il l'emprunte ...à un Atlas tchèque, traduit en 1968 en français par Henri et Trude Fritsche. (Josef Moucha et Vlastimil Choc, Papillons. Atlas Illustré. Collection "Approche de la nature" Paris : Gründ, 1968, 252 P).

  Je ne trouvait pas d'où provenait l'"argus bordé". Était-ce une confusion avec l'Argas bordé de Latreille et Dugès (argas reflexus), une sorte de tique ? Certes, l'Argus bordé apparaissait  dans la liste de P. André parue dans Alexanor Vol.13 à 14 p. 15 en 1983. G.C. Luquet indique qu'il l'a déniché (le terme est de moi !) dans un guide suisse de 1969 de Raphy Rappaz, Les Papillons du Valais, Sion: Ed.Rappaz. Il a le mérite de reprendre de façon condensé les "à bande noire" ou "à bandes brunes" et de rappeller que les ailes de la femelle sont encadrées par une bordure sombre.

  France, Tchéquie, Suisse, ces nouveaux zoonymes sont européens ! Leur qualité est de fonctionner, pour le grand public, comme une signalétique mémorisable de caractères spécifiques remarquables.

 

 

7. Noms vernaculaires contemporains :

Au début du XXe siècle, Charles Oberthür ( 1912, p. 230) utilise le nom de Argus bleu à bandes brunes d'Engramelle.

 

Higgins & Riley /Luquet 1988 : Azuré des nerpruns, Argus à bande noire.

Bellmann / Luquet  2008 : L'Azuré des nerpruns.

Blab / Luquet 1988 : Azuré des nerpruns.

Chinery / Leraut 1998 : Azuré des nerpruns.

Doux et Gibeaux / Luquet 2007 : L'Azuré des nerpruns.

Lafranchis, 2000 : L'Azuré des nerpruns, l'Azuré à bande noire.

Perrein, 2012 : Azuré des nerpuns.

Wikipédia : Azuré des nerpruns, Azuré à bande noire.


 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  • Paatsamasinisiipi en finnois, 
  • Holly Blue en anglais, 
  • Tosteblåvinge en suédois,
  • Skovblåfugl en danois,
  • Vårblåvinge en norvégien
  • Sprakelbeamblaujurkje en frison,
  • Najade ou Náyade  en espagnol, 
  • Modraszek wieszczek en polonais
  • Faulbaumfalter ou Faulbaum-Bläuling en allemand
  • Glesyn y celyn en gallois,
  • Gorrymag hollin en mannois (Île de Man),
  • Boomblauwtje en néerlandais,
  • Krkovin plavac en croate

 


 IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A. Salmon, 2000). 

Première mention : Ray, 1710.

  • The Blue Speckt Butterfly  : male (Petiver, 1717 ; Newman & Leeds, 1913)
  • The Blue Speckt butterfly with black tips :female (Petiver, 1717).
  • The Azure Blue (Harris, 1775 ; Haworth, 1803 ; Donovan, 1810 ; Samouelle, 1819 ; Jermyn, 1824 ; Rennie, 1832 ; Brown, 1832 ; Humphreys & Westwood, 1841 ; Wood, 1852 ; Morris, 1853 ; Stephens, 1856 ; Coleman, 1860 ; Newman, 1871 ; W.F. KIrby, 1896 et 1906 ; Newman & Leeds, 1913 ; Frowawk, 1924.)
  • The Wood Blue (Lewin, 1795).
  • The Holly Blue (Morris, 1853 ; Kane, 1885 ; Furneaux, 1894 ; South, 1906 ; Newman & Leeds, 1913 ; Frowawk, 1924, et la plupart des auteurs suivants).



 

 



 

 

 

Sources et liens.

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaireRapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religieux Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes  Benoît Louis Prévost; A J Defehrt Paris : Chez Calixte-Volland : Chez Rémont, an VII [1798-1799 Tome deuxième. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771.Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica .  Tome second première partie 616 pages,  ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

— HIGGINS (L. G.) et RILEY (N. D.) 1988. Guide des Papillons d'Europe : RhopalocèresTroisième édition française. Traduction et adaptation par Th. Bourgoin, avec la collaboration de P. Leraut, G. Chr. Luquet et J. Minet. Delachaux et Niestlé édit., Neuchâtel ,1988455 pages.

— HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

— LATREILLE, P.A., 1804. — Tableau méthodique des Insectes. Pp. 129-200. In Société de Naturalistes et d'Agriculteurs, Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliqué aux arts, principalement a l'agriculture et a l'économie rurale et domestique. Vol. 24, (sect. 3) .

 LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

LATREILLE et GODART, Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle Paris : Vve Agasse 1819. http://books.google.fr/books?id=w00_AAAAcAAJ

 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), Faune entomologique armoricaine. Mépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.


— PERREIN (Christian) 2012 , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

— SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

SPULER (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL:http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary. 

 

De Geer : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

 Boisduval chenille 1832 : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

 

 — Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de


 

 

 

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 20:25

 

         Zoonymie de la Sylvaine,  Ochlodes sylvanus (Esper, 1777).

 

      La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 


  Résumé

Ochlodes Scudder, 1872: du grec oklodes, traduit selon Emmet par "turbulent, indiscipliné" mais qui procède plutôt de ο οχλος, "la foule, la populace", les espèces de ce genre appartenant aux Hespéries que Linné désignait comme Plebeii, "plébéiens", nom latin correspondant au grec ochlos.

sylvanus a été donné par Esper en 1777 pour célébrer le dieu des bois Sylvanus de la Rome antique, génie des lieux (genius locii) apparenté au Selvans étrusque.

— La Sylvaine : l'espèce a d'abord été décrite par Geoffroy et Engramelle comme une variété de leur Bande Noire, puis Godart a créé en 1821 le nom de "Hespérie Sylvain" par simple traduction de Hesperia sylvanus. Ce nom avait l'inconvénient, s'il était réduit à la forme "Le Sylvain", de créer des confusions avec les Sylvains appartenant aux Nymphalines (Grand Sylvain, Petit Sylvain et Sylvain Azuré) : G. C. Luquet a choisi de nommer en 1986 cette espèce La Sylvaine, et il fut suivi par tous les auteurs.

 

 

 

                        I. Nom scientifique.

 

1. Famille et sous-famille.

 

      Ordre Lepidoptera.Famille des Hesperiidae Latreille, 1809 ; Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809 ; Tribu des Hesperiini Latreille, 1809.

 

a) Famille des Hesperiidae : les Hespéries ou Hespériidés.

La Sylvaine est une Hespérie :

   La famille des Hesperiidae a été formée par Pierre André Latreille en 1809 pour rassembler des petits papillons diurnes à grosse tête, au thorax élargi, dont les antennes très séparées à la base se terminent en crochets. Les ailes antérieures ont des nervures qui, au lieu de se ramifier, rayonnent en éventail vers le bord externe.

   Le nom d'Hespérie (Fabricius, 1793) vient des nymphes qui gardaient le jardin aux pommes d'or d'Héra, les Hespérides.

  On se souvient que la taxonomie de Linné repose sur trois groupes, les Papilio, les Sphinx et les Phalénes ; les Papilio étaient divisés en cinq phalanges et un groupe de "barbares". La cinquième phalange était celle des Plébéiens répartie entre les "urbains" et les " ruraux".

   Fabricius reprit le groupe des Plébeiens et les sortit des Papilio pour les mettre tous sous le nom d'Hesperia.  Schrank sépara les urbicoles et les ruraux sous le nom d' Erynnis et Cupido. Latreille, lui, réserva le nom d'Hesperia aux plebeiens urbains que les anglais nomment, parce qu'ils ne tiennent pas en place, les "sauteurs" ou "faufileurs", ou Skippers. Les plébéiens ruraux sont les "bleus", les Lycènes.

 En un mot, la famille des Hespéries provient de la phalange linnéenne des Plébeiens ruraux, et nous allons utiliser cette information pour décrypter le nom de genre -ochlodes.

    Les Hespéries se caractérisent aussi par des chenilles qui se cachent dans des feuilles roulées en étui.

Cette famille est divisée, pour les espèces françaises, en 3 sous-familles :

  • Sous-famille des Pyrginae Burmeister, 1878 : les Pyrgines ou Hespéries noires.
  • Sous-famille des Heteropterinae Aurivillius, 1925 : 
  • Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809, ou Hesperiines, ou Hespéries fauves à laquelle appartient la Sylvaine.

b) La Sous-famille des Hesperiinae Latreille, 1809. Les Hespéries fauves (Golden Skipper).

Elle se divise, pour les espèces françaises, en trois tribus :

  • Tribu des Thymelicini Tutt, 1905
  • Tribu des Baorini Doherty, 1886
  • Tribu des Hesperiini Latreille, 1809, à laquelle appartient la Sylvaine.

 

c) La Tribu des Hesperiini Latreille, 1809.

regroupe les Hespéries fauves de grande taille et contient deux genres en France : le Genre Hesperia Fabricius, 1793 avec Hesperia comma (Linnaeus, 1758) ou Virgule, et le Genre Ochlodes Scudder, 1872], avec la Sylvaine.

 

 

 

2. Nom de genre : Ochlodes, Scudder, 1872.

 a) publication originale.

 Parmi les Hespéries, la Sylvaine appartient au genre Ochlodes décrit par Samuel Hubbard Scudder (1837-1911) en 1872. Cet entomologiste américain est l'auteur de The Butterflies of the Eastern United States and Canada, en trois volumes. Mais sa description du genre Ochlodes est donnée dans "A systematic Revision of some of the American Butterflies ; with brief notes on those known to occur in Essex County, Mass." 4th Ann. Rep.  Trustees Peabody Acad. Sci. Saalem (1871): 78.

Biographie de Scudder : ici.

La Sylvaine est la seule espèce française de ce genre.

 

b) étymologie du nom de genre.

  J'avais commencé par consulter A.M. Emmet (1991) et par reprendre sa proposition  étymologique  (p. 144):

"— οχλωδης, okhlodes, turbulent, unruly ; from the swift, erratic flight of the butterflies ; cf  Thymelicus and Erynnis."

 

Cela faisait parfaitement mon affaire, et j'écrivais :  "Ochlodes ou okhlôdês est un terme grec qui signifie « turbulent, indiscipliné, déréglé », ce qui se rapporte au vol erratique, désordonné et rapide de ces papillons."

C'est aussi ce qu'écrivait Doux et Gibeaux (2007), Perrein et al. (2000), ou les sites anglo-saxons qui reprenaient les étymologies d'Emmet (B.C. Butterflies). 

L'ouvrage de langue allemande de Hans-Arnold Hürter ne citait pas cette hypothèse, mais écrivait ceci :

" ο οχλος, -ου [ochlos]

1 Beunruhigung, Belästigung, Beschwerde, Not, Mühsal.

2. Gewühl, Gedränge, ungeordneter haufe

a) Volksmenge, -haufe, Menschenmasse, die grosse Menge, Volk, Pöbel.

b) Volksversammlung.

Ein Haufe Menschen, bes. eine verworrene, dicht zusammengedrängte Masse die Menge, bes. das Volk, der grosse Haufe ; Lärm, Unruhe, die eine grosse, ungeordnete Menschenmenge macht, und überh. Beunruhigung, Belästigung (nach Pape, II, p. 431).

ειδομαι

scheinen, ähnlich sein, gleichen.

òΧλωδης,-ες

1. Den großen Haufen betreffend, dem gewöhnlichen Volke eigentümlich oder angenehm, volkstümlich, popular.

2. gemein, gewöhnlich.

übertr : a) massenhaft b) unruhig, beunruhigend, belästigend

òΧλ-ωδης,-ες, das ist òΧλο-ειδης, dem großen Haufenähnlich, unruuhig, beunruhigend.

"ochlos" = menigte, legertros (behorend tot de legertros) [Menge, soldatentross (zum Soldatentroß gehörig)] Janssen, S. 45.

Deuntung

Die Falter der Arten dieser Gattung sind "häufig"bis "nicht selten". Deshalb wohl hat Scudder den Gattungsnamen dem griechischen Wort für "volkstümlich", " massenhaft" oder gar "dem grossen haufen ähnlich" wenn damit der "grösse Haufe" der Dickkopffalter gemeint ist, nachgebildet "

 Une traduction rapide permet de comprendre que l'étymologie propose de considérer le mot grec "Ο οχλος, ου [ ochlos ] 1 alarme, le harcèlement, les plaintes, la détresse, la misère ; 2. la foule, foule désordonnée, le rassemblement populaire dans le bruit et l'agitation ; et par extension, le harcélement, le désordre, les attroupements. 

L'interprétation de Hürter est que les papillons de cette espèce sont "en foule", ou "fréquents", donc Scudder a probablement créé son nom de genre du nom grec désignant la foule.

 

Mon interprétation.

Ce genre d' Hespéries n'est pas, que je sache, plus nombreux qu'un autre, et les membres des espèces qu'il contient ne se rassemblent pas en masse.

Il me paraît plus approprié de prendre en compte cette précision que je trouve dans le  Dictionnaire historique des personnages célèbres de l'antiquité, de François-Joseph-Michel Noël, article "Damagète", 1806, réed. 1824. 

 «le grec demos , qui correspond au populus des latins, exprime la réunion des citoyens pris collectivement, surtout dans les états libres ; laos, qui répond à plebs, ne signifie qie le petit peuple ; ochlos, qui est un degré plus bas, veut dire plebecula, fœx plebis, la lie du peuple ; d'où vient "ochlocratie", gouvernement de la tourbe la plus abjecte. 

Le nom Ochlos se traduit donc par « populace », mais c'est sa traduction latine — plebs, plebecula— qui m'incite à le rattacher aux Plébéiens de Linné, sa dernière phalange après les gorieux Chevaliers et les radieuses Nymphes, et avant les Barbares.

 Je propose de considérer que Scudder a construit son nom générique comme une transposition en grec du Plebejus (Pluriel Plebeii) de Linné, les Hespéries provenant de cette phalange de la classification du Systema Naturae de 1758.

 

 


      3. Nom d'espèce : Ochlodes sylvanus, (Esper, 1777).

 

  a) la publication originale.

 

Ochlodes sylvanus (Esper, 1777)

Esper, E. J. C. 1776-1779. Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur mit Beschreibungen.. 1 (9): 343, (6): pl. 36, f. 1 ♀ 

      L'espèce Ochlodes sylvanus (Esper, 1777) fut décrite par Eugen Johann Christoph Esper (1742-1810) un allemand, professeur de philosophie de l'Université d'Erlangen, puis à partir de 1805 directeur du département d'Histoire Naturelle.

                                    230px-EJC_Esper_1742-1810.jpg   

Elle porte le protonyme de Papilio sylvanus ou plus exactement P.P.Urbi. Sylvanus, reprenant scrupuleusement la classification linnéenne avec sa forme de  Papilio plebejus urbicolae.

— Localité-type : Localité type : « Franken », Franconie, Bavière, Allemagne.

— Description : alis integerrimis divaricatis fulvis maculis utrinque pallidioribus (mas linea nigra).

Nom : Das Männchen mit einer schwarzer linie.

Planche XXXVI fig. 1 :

n80_w441 

 

b) Synonymes (INPN, Muséum) et sous-espèces.

Augiades faunus Turati, 1905
Augiades sylvanus (Esper, [1777])
Ochlodes venata (Bremmer & Grey, 1853)
Ochlodes venatus faunus (Turati, 1905)
Ochlodes venatus (Bremer & Grey, 1853)
Papilio sylvanus Esper, [1777]

   

 

c) étymologie.

L'épithète sylvanus  n'est pas à confondre avec l'adjectif silvestris/sylvestris, "qui vit dans les bois" : il reprend le nom propre d'un dieu latin, Sylvanus.

  C'est Esper lui-même qui nous explique l'origine de ce nom (p. 343): 

   "Er hält sich in dünnen Waldungen auf ; und da man angefangen, Zwenfalter [Zweyfalter/Zwiefalter], welche solche Legenden lieben mit den Namen der Waldgötter zu belegen,so habe ich diesen Sylvanus geheissen." essai de traduction :"On le trouve dans les petites forêts ; et puisque nous avons commencé à attribuer à ces papillons des noms légendaires des divinités des bois, je le nomme Sylvanus"

 Sylvanus est une divinité très ancienne et très populaire de l'Italie et de la Rome antique, issue d'un dieu étrusque, Selvans. Comme Faunus, Sylvain était un dieu des champs, qui protégeait plus spécialement, au moins à l'origine, tout ce qui vivait dans les bois. Mais sa protection s'étendait aussi sur les bergers, sur les troupeaux, sur les champs cultivés, sur les plantations et les jardins, sur les paysans.

Tous ceux qui cultivaient la terre voyaient en lui un protecteur de leur maison, un Lare champêtre. Les bornes des propriétés rurales lui étaient souvent consacrées, et on l'honorait dans presque toutes les fermes d'Italie. Dans Rome même, son image ornait les jardins et les parcs de la ville.

Sylvain était représenté sous les traits d'un vieillard aimable couronné de lierre ou de rameaux de pins et tenant en main une serpe. Plus tard, il fut identifié au dieu grec Pan. 

Virgile l'évoque ou l'invoque dès l'incipit du Livre I des Géorgiques : 

 

 

 

  "Liber et alma Ceres, vestro si munere tellus

Chaoniam pingui glandem mutavit arista,

poculaque inventis Acheloia miscuit uvis;

et vos, agrestum praesentia numina, Fauni,

ferte simul Faunique pedem Dryadesque puellae:

Munera vestra cano. Tuque o, cui prima frementem

fudit equum magno tellus percussa tridenti,

Neptune; et cultor nemorum, cui pinguia Ceae

 ter centum nivei tondent dumeta iuvenci;

ipse nemus linquens patrium saltusque Lycaei,

Pan, ovium custos, tua si tibi Maenala curae,

adsis, o Tegeaee, favens, oleaeque Minerva

inventrix, uncique puer monstrator aratri,

et teneram ab radice ferens, Silvane, cupressum,

dique deaeque omnes, studium quibus arva tueri,

quique novas alitis non ullo semine fruges,

 

quique satis largum caelo demittitis imbrem;"

 

 

  "toi, alme Cérès, si, grâce à votre don, la terre a remplacé le gland de Chaonie par l'épi lourd, et versé dans la coupe de l'Achéloüs le jus des grappes par vous découvertes; [1,10] et vous, divinités gardiennes des campagnards, Faunes, portez ici vos pas, Faunes, ainsi que vous, jeunes Dryades: ce sont vos dons que je chante. Et toi qui, le premier, frappant la terre de ton grand trident, en fis jaillir le cheval frémissant, ô Neptune; et toi, habitant des bocages, grâce à qui trois cents taureaux neigeux broutent les gras halliers de Céa; toi-même, délaissant le paternel bocage et les bois du lycée, Pan, gardeur de brebis, si ton Ménale t'est cher, assiste-moi, Tégéen, et me favorise; et toi, Minerve, créatrice de l'olivier; et toi, enfant, qui nous montras l'arceau recourbé; [1,20] et Silvain, portant un tendre cyprès déraciné; vous tous, dieux et déesses, qui veillez avec soin sur nos guérets, qui nourrissez les plantes nouvelles nées sans aucune semence, et qui du haut du ciel faites tomber sur les semailles une pluie abondante. "

On distingue Sylvanus, le dieu Sylvain, et sylvāni, ōrum, m. : "les Sylvains" , divinités champêtres au service du dieu, et représentés avec des jambes et des oreilles de bouc. Ces esprits ou génies de la forêt sont très semblables au faunes, liés au dieu Faunus, auquel renvoie le nom synonyme d' Ochlodes faunus (Turati, 1905).

                         220px-Silvanus_BritMu023a.jpg British museum, I ou IIe siècle ap. J.C

  Quand au nom d' Ochlodes venatus (Bremer et Gray, 1853) sous lequel on trouvait souvent notre Sylvaine (d'où de nombreuses confusions), le site de taxinomie Funet indique  : " il apparaît que ce qui a été nommé O.venatus est actuellement O.faunus (ou O.sylvanus) *  ". Le véridique  O.venatus ne se trouve pas en Europe, mais à l'extrême-est de la  Russie. Mais ce venatus, [venatus, n : l'art de la chasse) "le veneur", soulignait avec cet accent cynégétique qu'il s'agissait d'un habitant des bois.

  Cette insistance zoonymique pour la forêt est étonnante pour une espèce dont les plantes hôtes sont des graminées et qui fréquente les milieux ouverts telles que les prairies, les haies, les bords de route, à la rigueur les orées et les clairières des bois, mais évite les milieux forestiers fermés. Cela s'explique par l'opinion de Esper, qui pensait qu'elle fréquentait les "dünnen Waldungen".

*  Je me conforme aussi aux conclusions de Dupont et al 2013, qui écrivent : "LERAUT écrit Ochlodes venatus faunus (Turati, 1905). Nous suivons l’opinion 1944 de la Commission Internationale de Nomenclature Zoologique (ICZN, 2000), qui stipule de conserver le nom sylvanus Esper, 1777, pour désigner ce taxon qui a été pendant longtemps assimilé à l’espèce est-paléarctique O. venatus (Bremer & Grey, 1853).

Cette espèce est présente dans toute la région paléarctique sauf en Afrique du Nord. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles s’observent sur diverses Poaceae."  

 

 

 



 

                II. Noms vernaculaires.

 

  Esper, dans sa description originale de 1777, avait distingué la Sylvaine du Papilio comma, (Hesperia comma, La Virgule) qui s'en distingue notamment par les taches argentées bien contrastées de la face inférieure de ses ailes. Étienne-Louis Geoffroy, notre premier auteur français, qui décrivit ses papillons en 1762, ne décrit qu'une espèce, la Bande Noire, et une "variété de la Bande Noire" (Ins. (2) p. 67

 Le Père Engramelle, dans sa description de la collection de Gigot d'Orcy Papillons d'Europe parue en 1779, ne décrit également que la Bande Noire page 192 pl 45. 

      On sent bien que les auteurs ne sont pas très à l'aise face à ces Hespéries, que Geoffroy nomme ses Estropiés "à cause du port singulier de leurs ailes quand ils sont en repos" : il n'en décrit que trois ou quatre, Engramelle cinq. Mais à propos de ce qu'il nomme Bande Noire, et qui pourrait englober les Thymelicus sylvestris et acteon, Hesperia comma et Ochlodes sylvanus, il décrit page 193 deux variétés différentes du papillon qu'il décrit (figures 95 a à h), mentionne la variété de Geoffroy en déplorant de ne pas la posséder, et cite la Planche 36 de Esper fig. 1 à 5 (voir supra) où Sylvanus est la figure 1. 

 Godart, qui hérita de cette situation, reconnut la Sylvaine dans le Variété de Geoffroy et dans les figures 95 a, b, c, d, g, et h de la planche 45 d'Engramelle.


 1.  Papilio Plebejus  Urbicola sylvanus, (Le Sylvain) C. de Villers

Charles de Villers, 1789, Caroli Linnaei Entomologia page 82 n°164.

De Villers donne une simple traduction entre parenthèse du nom latin, tout naturellement au masculin.

 

3. Hespérie Sylvain , Godart et Latreille, 1819.

 Latreille (P.A), Godart (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9, 1819, page 770 n° 117 .

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

1. L'Hespérie Sylvain, Godart 1821.

Jean Baptiste Godart, Vauthier, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot, 1821  page 235 : Pl. 12, 2 fig.2 et tert., fig 3 peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin..

Godart renvoie à Geoffroy Hist. Ins. II, p.67," Variété de la Bande Noire", et à Engramelle, Papill. d'Eur. I. p.192 pl. 45, " La Bande-Noire". Le nom vernaculaire est une traduction du nom donné par Fabricius, Hesperia Sylvanus (Fab).

 

 

   Ce nom  a  été repris par tous les auteurs : par Hippolyte Lucas (1834) page 93,, Emile Blanchard 1845, Maurice Girard 1867, , Aristide Dupuis 1865 page 101, etc.  De même Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau Systématique des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) page 165, utilise ce nom de héspérie sylvain, avec la mention "commun".

 

2. L'Hespérie Sylvaine.

 Cela semble être d'abord par accident et coquille que l'Hespérie Sylvain a acquis le féminin, dans F-Martin Grostête de Tigny, Histoire naturelle des insectes: composée d' après Réaumur, Geoffroy, Degeer, Roesel ..., Paris, 1802 Volume 1 page 256, à propos d'une "hespérie paniscus".

On trouve cette forme attestée en 1831 (Achille Pénot, Statistique du département du Haut-Rhin page 161), ou en 1851 en Suisse allemande.

C'est pourtant elle qui deviendra usuelle, sous sa forme contractée La Sylvaine, à la suite de l'intervention de G. C. Luquet (cf infra)

 

 


3. La Sylvine.

Ce nom est signalé par la fiche de l'Inventaire du Muséum. Néanmoins, il désigne déjà un papillon nocturne de la famille des Hepialidae, Triodia sylvina, anciennement Hepialus sylvina (L. 1761) ouAlphus sylvinus. C'est la Sylvine d'Engramelle Tome 5 page 78, le Cossus sylvine de Godart et Duponchel (Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot. vol.4, p. 43). 

 Ce zoonyme semble donc porter à confusion. On le trouve rarement utilisé, comme dans l'Atlas des papillons de Paul Girod, Klincksieck 1912, p.28.

 

La Chenille.

Ni Boisduval, ni Duponchel ne décrivent la chenille de la Sylvaine. Duponchel explique la difficulté de découvrir des chenilles qui se dissimulent dans le repli d'une feuille.    

 


6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose comme nom principal La Sylvaine ; Il ionvalide Le Sylvain et La Sylvine, avec le commentaire suivant :

  "Il convient d'utiliser pour Oclodes venatus le nom de "Sylvaine" à l'exclusion de tout autre. J'ai récemment fait remarquer que le nom de "Sylvain" doit être réservé aux Nymphalides de la tribu des Limenitini, quand bien même de nombreux auteurs l'ont employé de manière erronée pour désigner cette Hespérie. Quand au nom de "Sylvine", il désigne Triodia sylvina L. (Hépialidés) et doit êtrre reservé exclusivement à cette Hépiale."

 


7. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert, dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Hesperia sylvanus  pour présenter ce papillon et ignorent le nom vernaculaire. 


—Bellmann / Luquet 2008 : Ochlodes faunus "La Sylvaine ".

— Chinery / Luquet 2012  :Ochlodes sylvanus "La Sylvaine".

— Doux & Gibeaux 2007 : Ochlodes faunus " La Sylvaine".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "La Sylvaine". 

— Lafranchis, 2000 : Ochlodes venatus "La Sylvaine" .

— Perrein et al., 2012 :Ochlodes faunus " Sylvaine" .

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : Ochlodes venatus " la Sylvaine".

— Wikipédia : "La Sylvaine ou Hespérie Sylvaine".

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

Piippopaksupaa en finnois

— Stor bredpande (grand front uni) en danois.

Foars Groukopk en frison.

 Miškinis storgalvis en lituanien (Miškinis = "boisé")

Groot dikkopje en néerlandais

Large Skipper (Grand Skipper) en anglais, 

 Rostfarbiger Dickkopffalter (papillon à grosse tête et couleur de rouille) en allemand, Der Waldstrichfalter.

 — Storngssmygare  (smygare : skipper, faufileur, hespérie) en suédois

— Ängssmygare ( skipper des prairies) en suédois.

  — Engsmyger en norvégien (smyger : skipper, faufileur, hespérie)

 — Dorada orla ancha (large bordure d'or) en espagnol

Karłątek kniejnik en polonais

Soumračník rezavý en tchèque

Orman Zıpzıpı en turc

Erdei busalepke en hongrois

Niidupunnpea en estonien.

 

Súmračník hrdzavý en slovaque

      Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.

  • pas de nom en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welsh, cymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • Gwibiwr mawr en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

      Premier signalement ango-saxon par Petiver.

  • The Chequer-like Hog : mâle (Petiver, 1704).
  • The Chequer-like Hog, femelle (Petiver, 1704).
  • The streakt Cloudy Hog : mâle (Petiver, 1717)
  • The Cloudy Hog : femelle (Petiver, 1717)
  • The large Skipper (Harris, et la plupart des auteurs).
  • The Wood Skipper (Samouelle, 1819).
  • The Clouded Skipper (Rennie, 1832).

 

 

       Bibliographie, liens et Sources.

 

— Site Funet Ochlodes


Inventaire National du Patrimoine Naturel du Muséum d'Histoire Naturelle.

— UK Butterflies : sylvanus.

— lepiforum :  http://www.lepiforum.de/lepiwiki.pl?Ochlodes_Sylvanus

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner: pl. 8.

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ;http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up 

 

                 I.  Étymologie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980 , "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

 

Nomenclator Zoologicus :   http://iphylo.org/~rpage/nz/index.php 

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

— BRIDGES (Charles A.) 1993 Bibliography (Lepidoptera: Rhopalocera)  2nd ed. C.A. Bridges in Urbana, Ill . Archiv.org. 

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— CURTIS, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres.             http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

— DAREMBERG (C.) et SAGLIO (E.),  Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines  (1877-1919) Univ. de Toulouse Le Mirail :http://dagr.univ-tlse2.fr/sdx/dagr/rechercher.xsp?qid=sdx_q3&hpp=51&p=7&filtre=A

— DALE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 Archiv.org.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. 

  http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. BHL.Library

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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— MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buch'oz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

— MERIAN (Maria-Sibylla) Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par  Universitätsbibliothek Heidelberg;

 — MERRET (Christopher) 1667  Pinax Rerum Naturalium Britannicarum. 1667. Google Books

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— PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

— PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

— PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767  Version Books.Google 

— PETIVER (James) 1717 Papilionum Brittaniae Icones (1717)  

— PERREIN (Christian) 2012 et al. , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.


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                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

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Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

 http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

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Engramelle vol. 2 : http://books.google.fr/books/about/Papillons_d_Europe_peints_d_apr%C3%A8s_natur.html?id=jbS5ocRuGsYC&redir_esc=y

Engramelle vol. 3 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84701433

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Fabricius 1787 :

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

 https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

  — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 16:53

 

 

La Sylvaine : Ochlodes sylvanus (Esper, 1777).

 

 

 

Sylvaine-Hesperie 1555cc

 

  Ce papillon, comme d'autres Hespéries, se tient au repos avec les ailes postérieures écartées et les ailes antérieures à demi fermées. La marque noire sur ces ailes antérieures signale qu'il s'agit d' un mâle : ce sont ses stries androconiales, faites d'écailles particulières équipées de poils ou de plumes  qui diffusent les molécules phéromonales "aphrodisiaques" lors de la parade amoureuse. La puissance de diffusion de ces écailles spécialisées diminue avec l'âge, ce qui permet à la femelle de jauger son beau séducteur.

   Ce mâle est ici dans sa posture perchée où il défend vigoureusement son territoire, installé sur une feuille à moins d'un mètre de haut, et prenant en chasse tout papillon intrus. C'est son activité du petit matin, et de l'après-midi, alors qu'il réserve la fin de matinée aux patrouilles et à la drague. Ce comportement de percheur impose des ailes antérieures triangulaires et élastiques ainsi que des muscles puissants pour assurer un décollage immédiat : les "Skippers" ou Hespéries sont des avions de chasse conçus différemment des grands voiliers planeurs que sont les Papilionidés, les Piérides, voire les Lycènes, aux ailes plus arrondies et proportionnellement plus grandes, et au corps plus mince car moins musclé.

  Mais ce vol puissant aux battements d'aile très rapides (évoquant un papillon de nuit) est très exigeant en énergie: c'est pourquoi la Sylvaine doit rester de longs moments à se chauffer aux rayons du soleil, utilisant la position à 45° de ses ailes antérieures pour optimiser la recharge des batteries.

  Source :  http://www.learnaboutbutterflies.com/Anatomy%203.htm

 

Sylvaine-Hesperie 1564cc

 

 

Sylvaine-Hesperie 1895cc

 

 

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 12:34

 

Zoonymie (origine du nom) du papillon l'Azuré de la Bugrane, Polyommatus icarus (Rottemburg, 1775).

 

      La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.


Résumé. 

Polyommatus : du grec poluommatos, "aux nombreux yeux", allusion aux nombreuses ocelles des ailes.

icarus : de Icare, fils de Dédale, qui s'échappa du Labyrinthe grâce à des ailes de son invention ; ivre de sa réussite, il voulut s'élever pour se rapprocher du soleil. La cire de ses ailes fondit, et il sombra dans la mer.

— L'Azuré de la Bugrane est un nom vernaculaire inventé par Gérard Luquet en 1986 et qui prit l'ascendant sur L'Argus Bleu, le zoonyme créé par Geoffroy (1762) et reprit par Engramelle (1779). L'Azuré de la Bugrane signale la couleur bleue des mâles et l'une des plantes hôtes, l'ononis spinosa ou Arrête-bœuf. L'Argus bleu souligne aussi la couleur des mâles, et honore le géant Argos polyommatos, aux cent yeux. De Villers (1789) avait proposé l'Icare, Godart (1823) le Polyommate Icarius.  

 

 

I. Nom scientifique.

1. Nom de famille.

Lycaenidae, Polyommatinae.

2. Nom de genre : Polyommatus Latreille, 1804.

Polyommatus Latreille, 1804; "Tableau méthodique des Insectes" in Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle appliqué aux arts, principalement à l'Agriculture et à l'Économie rurale et domestique, par une Société de naturalistes et d'agriculteurs ; avec des figures des trois Règnes de la Nature, Paris : Deterville, an XII [1804] 24 (6) p. 185 et 200, espèce-type: Papilio icarus Rottemburg.

Polyommatus vient du grec polus "beaucoup", et omma, ommatos, "œil" : c'est un qualificatif du géant Argos qui disposait de cent yeux, dont cinquante étaient toujours ouverts. C'est lui que la jalouse Héra envoya surveiller Io, transformée en génisse après ses amours avec Zeus.

  Ce nom est en rapport avec les nombreux ocelles des ailes des papillons bleus.

  

 

 


 

3. Nom d'espèce : 

1. Protonyme Pap.[ilio] icarus Rottemburg, 1775.

Pap.[ilio] icarus Plebejus ruralis, Rottemburg, S. A. von. 1775. "Anmerkungen zu den Hufnagelischen Tabellen der Schmetterlinge. Erste Abtheilung". Der Naturforscher, Halle : 1775 6,  page 21-22.

On ne sait rien de la vie du baron (FreiherrS.A von Rottemburg, mais dans les années 1770, cet entomologiste allemand a travaillé sur la collection de rhopalocères rassemblée dans la région de Berlin par un autre entomologiste allemand, Johann Siegfried Hufnagel (1724-1795) en donnant des descriptions précises des spécimens recueillis par ce dernier. C'est l'objet de le présente publication. Elle est éditée à Halle-sur-Saale, ville de Saxe-Anhalt au N-O de Leipzig. Rottemburg aurait vécu à Klemzig (actuel Klepsk) près de Sulechow (Züllichau en allemand), actuellement en Pologne. (source). Outre P. icarus, on lui doit la description de Thymelicus acteon, Cyaniris semiargus, Polyommatus bellargus, Brenthis ino, Euphydryas aurinia, Melitaea Athalia, Lyceana Alciphron, Mellicta athalia.

  Dans sa description de l'Icarus, il cite Rösel von Rosenhof, (1761), Der monat. Insect.-Belustig. 3: pl. 37, figs. 3 ♂ D, 5 ♂ V.

 La localité-type est "Berlin" (Sachsen).

  Icarus désigne le héros mythologique grec Icare. 

 Dans la mythologie grecque, Icare (en grec ancien Ἴκαρος / Ikaros) est le fils de l'architecte Dédale et d'une esclave crétoise, Naupacté. Il est connu principalement pour être mort après avoir volé trop près du Soleil. Icare et Dédale cherchent à fuir leur exil, Cnossos, en Crète, et à retourner à Athènes, cité dont Dédale était originaire. Ils veulent également échapper à la vengeance de Minos, qui poursuivait Dédale car ce dernier avait aidé Pasiphaé à s'accoupler avec un taureau blanc (ce qui donna naissance au Minotaure). Selon d'autres versions, Dédale avait donné à Ariane l'idée du fil noué à la cheville de Thésée, lui permettant de fuir le labyrinthe où le minotaure était enfermé, et dont Dédale avait été l'architecte.

 

Ne pouvant emprunter ni la voie des mers, que Minos contrôlait, ni celle de la terre, Dédale eut l'idée, pour fuir la Crète, de fabriquer des ailes semblables à celles des oiseaux, confectionnées avec de la cire et des plumes. Il met en garde son fils, lui interdisant de s'approcher trop près de la mer, à cause de l'humidité, et du soleil, à cause de la chaleur. Mais Icare, grisé par le vol, oublie l'interdit et prenant trop d'altitude, la chaleur fait fondre la cire. Ses ailes finissent par le trahir et il meurt précipité dans la mer qui porte désormais son nom : la mer Icarienne. (Wikipédia) 

 

  Henri Matisse, "La Chute d'Icare", 1943. Papiers gouachés, découpés et collés sur papier. 36 x 26,5 cm. Collection particulière. (SUCCESSION H. MATISSE 2013 / MUSÉE DÉPARTEMENTAL MATISSE, LE CATEAU-CSIS, ALBERTO RICCI) Source.

 

 

 

Synonymie :

 

Papilio icarus Rottemburg, 1775
Polyommatus icarus claracaelestis Verity, 1949
Polyommatus icarus flavocinctata Rowland-Brown, 1909  
Polyommatus icarus icarus (Rottemburg, 1775)
Polyommatus icarus rufoprivata Verity, 1926  

 

II. Noms vernaculaires.

  L'Azuré de la Bugrane, l'Argus bleu , l'Azuré d'Icare, l' Icare , le Lycène Icare , l'Argus Icare

1. L'Argus bleu, le mâle, l'Argus brun, la femelle. Geoffroy, 1762.

  Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 Argus bleu le mâle n° 30, l'Argus brun la femelle n° 32.


 2. L'Argus bleu, le mâle, l'Argus Bleu-violet, la femelle Engramelle 1779.

 a) L'Argus bleu :   Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 168 n°80  planche 38 fig. g et h par J.J. Ernst,  1779. Confusion sur les sexes : "L'argus bleu [...] tire sa dénomination de la couleur de la femelle, ainsi que tous ceux de cette espèce. Les mâles sont bruns." Pour cet Argus bleu, Engramelle donne la même référence de Rösel 3, tab. 37 fig. 3 et 5 que Rottemburg dans sa description de l'icarus.

b) l'Argus Bleu-violet. Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 176 planche 40 n° 85. 

 

 3. Icare, de Villers, 1789.

Charles de Villers, 1789 Caroli Linnaei Entomologia  page 74 n° 133.

4. Polyommate Alexis, Latreille et Godart 1819.

  P.A Latreille et J.B. Godart, Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle Paris : Deterville 1819, t.XXX page 690.

Parmi les très nombreuses références, celle de Scopoli 1763, Papilio Alexis, Entomologia carn. p. 179 var.2 est mentionné par le site Funet pour Polyommate icarus. Elle est aussi utilisée par Hübner, pap. tab. 60, p. 292-294.

 Voir infra, noms vernaculaires anglo-saxons, The Alexis, Rennie 1832.

Alexis est un des bergers grecs des églogues de Virgile.  Dans la deuxième églogue, le berger Corydon se consume d'amour en vain pour lui.

 

5 . Le Polyommate Alexis Godart 1823.

— Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot, page 76 planche 72 peinte par Vauthier.

 S'agit-il bien de P. icarus ? Godart cite en réference l'Argus bleu et l' Argus brun de Geoffroy.

— Idem,  Boisduval 1833, Hippolyte Lucas 1834.


 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986. 

Gérard Christian Luquet retient comme nom vernaculaire principal L'Azuré de la Bugrane, dont il est le créateur en 1986, et comme nom accessoire l'Argus bleu ; l'Azuré Icare; l'Icare. Il rejette La (sic) Lycène Icare et l'Argus Icare.


7. Noms vernaculaires en usage dans les ouvrages contemporains :

      Oberthür 1912-21 : L'Argus bleu d'Engramelle, Lycaena icarus Rott = Alexis Hübner.


Bellmann 2008 : L'Azuré de la Bugrane, l'Argus bleu.

Blab / Luquet 1988 : L'Azuré de la Bugrane.

Chinery / Luquet  2012 : L'Azuré de la Bugrane.

Doux & Gibeaux 2007 : L'Azuré de la Bugrane.

Higgins & Riley /Luquet 1988 : L'Azuré de la Bugrane, l'Argus Bleu.

Lafranchis, 2000 : L'Argus bleu, l'Azuré de la Bugrane.

Perrein, 1012 : Azuré de la Bugrane, Argus bleu.

Tolman & Lewington  / P. Leraut 2009 : Azuré commun.

 

 156c

 

 azure-commun 1503cc

Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

  • Hohtosinisiipi en finnois. ... aile bleue
  • Common Blue  en anglais. Le Bleu commun.
  • Puktörneblåvinge en suédois.  blåvinge = argus.
  • Tiriltungeblåvinge en norvégien. 
  • Ikarusblaujurkje  en frisson.
  • almindelige blåfugl en dannois.  
  • Gemeiner Bläuling ou Hauhechel-Bläuling en allemand. Le Bleu commun.
  •  La Blaveta communa en espagnol
  • Modraszek ikar en polonais.

 


 IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 

Première mention (?) par Mouffet en 1634, puis par Merret en 1666.

  • The Little Blew Argus  : Petiver, 1699.
  • The Blue Argus male : Petiver 1704. Les deux sexes : Wilkes, 1747-49 ; Berkenhout, 1769.
  • The Mixed Argus, female : Petiver, 1704.
  • The Selvedg'd Argus : Petiver 1717.
  • The Ultramarine Blue :Whilkes, 1741-42.
  • The Common Blue : Harris, 1775, et la plupart des auteurs suivants.
  • The Caerulean Butterfly, : Brown, 1832.
  • The Alexis : Rennie 1832.


 

 

 

 

 

 

Liens et Sources.

Funet : Polyommatus.

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : .

 http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/recherche

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

  — BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833].

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaireRapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

 DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religieux Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes  Benoît Louis Prévost; A J Defehrt Paris : Chez Calixte-Volland : Chez Rémont, an VII [1798-1799 Tome deuxième. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771.Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica .  Tome second première partie 616 pages,  ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par BergquistGallica.

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

 

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— HIGGINS (L. G.) et RILEY (N. D.) 1988. Guide des Papillons d'Europe : RhopalocèresTroisième édition française. Traduction et adaptation par Th. Bourgoin, avec la collaboration de P. Leraut, G. Chr. Luquet et J. Minet. Delachaux et Niestlé édit., Neuchâtel ,1988455 pages.

HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

— LATREILLE, P. A., 1804. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, vol.24, Paris : Déterville.

— LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 369. Paris : Dufart.

 —LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

— LATREILLE (P.A), GODART (J.B) Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9 1819. https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), Faune entomologique armoricaine. Lépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.


— PERREIN (Christian) 2012 , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

— SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

— SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

SPULER  (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL:http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary. 

— TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789).https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

De Geer : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart BHL :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Boisduval chenille 1832 : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Geoffroy BHL :1762 :http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

Engramelle :http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Latreille 1804 :http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Fabricius :http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Rottemburghttp://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of Americahttp://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 

 

 — Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

J'apprécie aussi :http://www.jardinsauvage.fr/FAUNE/INSECTES/PAPILLONS/RHOPALOCERES-19.html

 

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