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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:25

Zoonymie du papillon la Thécla de la Ronce Callophrys rubi(Linnaeus, 1758).


La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

Résumé. 

Callophrys Billberg 1820 : du grec kallos "beauté" et ophrus "sourcil", compliment justifié par la superbe couleur  vert métallique  du plumet d' écailles frontales. Jusqu'en 1875, le papillon était classé dans le genre Thecla, avant que Scudder ne confirme la justesse de la distinction établie par le suédois Carl Gustav Billberg.

rubi, Linnaeus, 1758 : génitif du latin botanique Rubus, genre créé en 1753 par Linné et auquel appartient, parmi  dix espèces, la plante-hôte cité dans sa description, ( habitat in rubo aculeato), la Ronce noire R. fruticosus ("pleine de rejetons"). En réalité, l'espèce aime bien les genêts, l'ajonc, la bruyère, la myrtille, le nerprun, ou le cassis.

—Les premiers noms jamais donnés à ce papillon furent les noms anglais de "The holly under green butterfly" ("Le papillon vert du Houx") : Petiver, 1702 ,"The holly butterfly" : Petiver, 1717 et "The Green Butterfly" : Wilkes, 1747-49 ("Le papillon vert"). En 1743 Linné le nomma argus caecus, "Argus aveugle".

  En France, il reçut les noms de  "L'Argus vert ou Argus aveugle" (Geoffroy, 1762), "l'Argus vert" (Engramelle, 1779), "Le Polyommate de la ronce" (Godart, 1819), "La Thécla de la Ronce" (G. Chr. Luquet, 1986). 


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Lycaenidae, William Elford Leach, 1815. Les Lycènes.

 La référence de la publication originale de Leach ne fut pas facile à trouver, d'autant qu'elle se cacha derrière le nom de Brewster.  La voici : 

       Leach, William Elford, 1790-1836  "Insecta" pp. 329-336."Entomology". pp 646-747 in D. Brewster éditeur, Brewster's Encyclopaedia Edinburgh, [Edinburgh, volume 9, 1, 04/1815 pp. 57-172  : selon Sedborn 1937] [Philadelphia, E. Parker,1816? selon BHL Library]  page 718. [ Article publié anonymement et attribué à Leach, qui avait annoté son propre manuscrit]

Voici un autre lien, c'est plus sûr :https://archive.org/details/CUbiodiversity1121039

      L' Edinburgh Encyclopædia était une encyclopédie en 18 volumes, imprimée et publiée par William Blackwood  et éditée par David Brewster entre 1808 et 1830. En rivalité avec l'Encyclopædia Britannica publiée à Edimbourg,  elle était considérée comme étant la meilleure sur les sujets scientifiques ; la plupart des articles étaient rédigés par le physicien D. Brewster, qui fut recteur de l'Université  de 1859 à 1869, mais elle faisait appel à d'éminents contributeurs. 

  Ce n'est qu'en 1832 que Joseph Parker de Philadelphia, et Whiting et  Watson de New York éditèrent la version américaine.

    Cette publication de Leach  donne la première bibliographie jamais publiée en entomologie. Cet auteur, alors bibliothécaire adjoint en zoologie au British Museum, a fondé également les ordres Phasmida, anoploures, thysanoures et Rhaphidides, les familles hémiptères Pentatomidae, Coreidae, Belostomidae; la famille de diptères Tipulidae et la famille des hyménoptères Chrysididae.

 

Leach et les anagrammes de Caroline.

   Puisque mon sujet est la zoonymie, je ne laisserai pas passer l'occasion de signaler les particularités des créations onomastiques de W. Leach. On dit en effet qu'il avait été amoureux d'une certaine Caroline, dont on ne sait si elle était son épouse, sa sœur, ou sa maîtresse, mais dont il s'ingénia, l'année de ses 28 ans, à dissimuler les acronymes de son prénom dans ses noms de genre de crustacés, tels que Anilocra (1818), Canolira (1818), Cinolara (1818), Conilera (1818), Nelocira (1818), Nerocila (1818), et Rocinela (1818) ! D.M. Damkaer, qui relate cette originale série (The Copepodologist cabinet, page 148) en citant Stebbing, 1893 et Gosse, 1860,  aurait pu citer aussi Lironeca 1818 / Livoneca 1818, ou Olencira 1818. Ses successeurs s'amusèrent à poursuivre le jeu avec Renocila (Miers, 1880), Alcirona (Hansen, 1890 ), Lanocira(Hansen, 1890 ) et  Corilana (Kossman, 1880), Nalicora (Moore, 1902) , Orcilana (Nierstrasz, 1931) , Creniola (Bruce, 1987) et Norileca (Bruce, 1990).

Ces noms ont été publiés dans le Dictionnaire d'histoire naturelle Tome 12, Levraut, Le Normant : Paris 1818, page 69-75  dans lequel Leach était chargé de l'article Crustacés. Page 74, il écrit page 74 "Je crois utile de donner la liste des noms de tous les genres de crustacés qui ont été publiés jusqu'à ce jour", de Aegée, Aeglée jusqu'à Zoé, Zozime, Zuzare.  Voir la liste de tous les noms de crustacés créés par Leach ici. Mais c'est dans l'article Cymothoadées page 338 que les genres sont présentés. Ils débutent, est-ce un hasard, par le genre Eurydice Belle (on connaît l'air de Gluck Che farò senza Euridice "J'ai perdu mon Eurydice, rien n'égale mon malheur"..) Les noms de genre en français sont les anagrammes de Caroline, et leurs espèces se déroulent comme une longue marche orphique appelant de l'Hades les entomologistes : Nélocire de Swainson, Conilère de Montaigu,  Rocinèle de Devonshire, [Aega (une nymphe)], Canolire de Risso, Anilocre de Cuvier, Olencire de Lamarck, Nérocile de Blainville, Livonèce* de Redman ou de Rafinesque, puis se termine (après Cymothoa de Fabricius) par son Limnorie, qui porte le nom d'une Néreïde.

* Livonèce  Il s'agit d'une faute typographique pour Lironeca, comme en témoigne une version anglaise du texte français, écrit de la main de Leach et conservé aux archives de la Société linnéenne de Londres  , dans lequel il a clairement écrit Lironeca. De même, dans sa liste donnée page 74 du même dictionnaire, c'est le terme Lironecée qui est indiquée.  Dans la réédition du dictionnaire,  Latreille a corrigé   à plusieurs reprises  "Livoneca / Livonèce" par "Lironeca / Lironèce".  La Commission Internationale de nomenclature zoologique a néanmoins déterminé  "Livoneca" comme la forme valide pour ce genre. Dans un article paru en 1994 dans le Bulletin de nomenclature zoologique, Ernest H. Williams , Jr. et Thomas E. Bowman  ils ont défendu l'orthographe originale de Lironeca et demandé  à la  Commission Internationale de nomenclature zoologique de décider que Livoneca est une orthographe originale incorrecte de Lironeca.

 Dans ses manuscrits inédits , il avait également utilisé  le nom Cilonera . " Ibid . ( Note 116 , p.402

Depuis près de 200 ans, des esprits curieux ont tentés de savoir qui se cachait derrière Caroline. Leach n'était pas marié, n'avait pas de maîtresse connue, si tant est que son dévouement pour la science, ses fonctions au Muséum et ses publications incessantes [ son Entomology de 1815 est un travail considérable] lui en ait laissé le temps. Il avait une sœur, mais elle se prénommait Jenny. On a pensé à Caroline de Suède, à l'astronome Caroline Herschel, à Caroline de Brunswick et à Caroline Clift, la fille du naturaliste William Clift ; il pourrait s'agir d'une simple combinaison aléatoire de phonèmes. 

  J'ai tout de suite pensé au poème d'Edgar Poe : Annabel Lee.

 

It was many and many a year ago,
 In a kingdom by the sea,
That a maiden there lived whom you may know
 By the name of Annabel Lee;—
And this maiden she lived with no other thought
 Than to love and be loved by me.

[...]

 And so, all the night-tide, I lie down by the side

Of my darling, my darling, my life and my bride
 In the sepulchre there by the sea—
 In her tomb by the side of the sea.

       Quel merveilleux moyen d'élever un Tombeau à un amour d'enfance que d'immortaliser le nom de l'aimée dans le marbre de l'onomastique zoologique des animalcules marins, et de le laisser se refermer sur l'indicible secret ?

La Caroline de Leach rejoint alors — pour moi seul —la Vanessa de Fabricius, et les amours que Nabokov a exprimé pour mieux les cacher dans le personnage de sa nymphette Lolita.

   (N.B Ces données sont issues de la présentation d'un travail artistique inspiré par ce thème : voir :http://www.victoriamanning.com/statement/elfortiana/elfortiana_statement.html. L'auteur y évoque les autres pistes possibles, telles que  Cornelia, Caroli Linné, Lonicera, Craniola, Carniola, Coraline, Caroline, Cerniola, et Arenicola.)

  Leach ne se limitait ni au prénom de Carolina, ni aux isopodes, ni à l'année 1818 : il avait déjà osé nommer un martin pêcheur australien  Dacelo Leach 1815, par anagramme du genreAlcedo des martins-pêcheurs de la vieille Europe. Ses créations avaient parfois le don d'irriter, et en 1842, six ans après la mort de Leach , le Comité de l'Association britannique sur la " Révision de la nomenclature botanique et zoologique " a éliminé les noms Azéka et Assiminea pour leur absence de sens.  En 1900 , le révérend Knight a  enquêté sur ces noms ...et a découvert que ces  "nonsense names" correspondaient sans-doute à la ville biblique de Azekah et  à Assémani, un «grand savant oriental ". De plus,  lors de l'examen des dizaines d'autres noms, il a également conclu que Leach semblait avoir une prédilection particulière pour les indications géographiques et des noms dérivés de personnes, ayant souvent une origine biblique ou oriental . (Journal of conchology , Vol. 9, n ° 9, Janvier 1900)

 

La famille Lycaenidae tient son nom du genre Lycaena de Fabricius (1807). Elle comprend les Blues ou Azurés, les Coppers ou Cuivrés et les Hairstreaks ou Thécla, et nos Argus, soit les sous-familles des  Polyommatinae Swainson, 1827, Lycaeninae [Leach, 1815] et Theclinae Butler 1869.


b) Sous-famille des Theclinae Butler, 1869 : les Thèclas ou Thècles et les Faux-Cuivrés.

Elle comprend trois tribus en France :

  • Tribu des Tomarini Eliot, 1973 (Genre Tomares ).
  • Tribu des Theclini Butler, 1869 (Genres Thecla ,Quercusia et Laeosopis).
  • Tribu des Eumaeini Doubleday, 1847, à suivre.

c) Tribu des Eumaeini Doubleday, 1847.

Elle comporte deux genres en France:

  • Genre Satyrium Scudder, 1876 (six espèces).
  • Genre Callophrys Billberg, 1820 (deux espèces).

Eumaeini vient de Eumaeus, Εὔμαιος / Eúmaios  Eumée, le porcher d'Ulysse, et qui accueillera le héros de l'Odyssée à son retour d'Itaque alors qu'il est déhuisé en mendiant.

Doubleday a décrit le genre Eumaeus  (The genera of diurnal lepidoptera vol.2 page 469  et Planche 74) en citant et en reprenant deux genres, Eumaeus de Hübner — le genre-type— et Eumenia de Godart. 

La publication de Hübner (Verzeichniss bekannter Schmetterlinge 1819 page 67 ) ne donne pas d'indication étymologique ; l'espèce type de ce genre Eumaeus  est E. Minyas

Le nom d'Eumée, dans sa transformation en nom de tribu, se rapproche de celui des Euménides ou Bienveillantes, qui est le nom que prirent les terribles Erynies vengeresses dans la tragédie éponyme d'Eschyle lorsqu'elles acceptèrent de protéger Athènes.


 

 

    

2. Nom de genre : Callophrys Billberg, 1820.

"Green hairstreaks" en anglais, "elfins" pour les américains.

a) Description originale :

Callophrys Billberg, 1820; Enumeratio Insectorum, in  Museo Gust. Joh. Billberg Stockholm, Selbstverlag page 80.


G. CALLOPHRYS Eg* Hesperia Fbr. Papilio ol.

 alis 3 caudatis. .../Alis 2 caudatis Vulcanus Ind.or. Fbr./Arges Canton. Egh.33. /Alis unicaudatis. Rubi Svec./ Linn.  

*Eg  Author hujus operis : "décrit par l'auteur".

— Type spécifique: Papilio rubi Linnaeus. (sélectionné par Scudder, 1875).

— Description : Ce genre appartient, dans la classification de Billberg, aux Zephyriides [cf. Zephirus de Dalman, 1816], Tibiis posterioribus apice tantum calcaratis : tarsis tenuissime unguiculatis et à sa  sous-division Pedibus omnibut gressoriis. Le latin zoologique gressoriis (issu de gradior, "marcher" par son parfait gressus) signifiant "propre à la marche", la description se traduirait : pattes postérieures  seulement aptes à marcher par l'apex (?) ; tarse finement ongulé. Toutes les pattes fonctionnelles à la marche".

 

— Ce genre renferme deux espèces en France :

  • Callophrys rubi (Linnaeus, 1758) ou Thécla de la Ronce (au pourtour des yeux d'un blanc pur, et au front vert). 
  • Callophrys avis Chapman, 1909 ou Thécla de l’Arbousier (au pourtour des yeux et au front roux).  

 

 

b) caractéristiques.

Caractéristiques de la tribu des Eumaeinii : 10 nervures sur l'aile antérieure ; yeux velus.

Les espèces du genre Callophrys se reconnaissent par rapport aux autres Thécla, à l'absence de queue des ailes (simple ébauche de queue vestigiale). 

 

 

 

Réception et oubli du genre Callophrys ; les genres .

  Ce genre Callophrys n'eut sans doute pas beaucoup de publicité ; son auteur le suédois Gustaf Johan Billberg 1772-1844 était juriste de formation et il poursuivit une carrière dans cette voie tout en s'intéressant aux sciences naturelles ce qui lui valut une réputation de zoologiste et botaniste dilettante. Il était pourtant fondateur de la société linnéenne de Stockholm, et membre de diverses académies, dont l'académie des sciences de Russie.

   Billberg est l’auteur de Monographia mylabridum (1813) Svensk zoologi (1806–1809), Ekonomisk botanik (1815-1816),  et Synopsis Faunae Scandinaviae (1827). Son ouvrage Enumeratio insectorum in museo (1820) est-il la description de sa collection personnelle ?

 

— Un an avant Billberg, Hübner avait créé (Verzeichniss bekannter p. 79, 1819) le genre Lycus pour y placer le Papilio rubi de Linné, mais le nom était déjà utilisé (pour un coléoptère) et son genre n'est pas valide. Hübner reprit cette description en 1823 avec le nom Licus (Zuträge zur Sammlung exotischer Schmetterlinge 2 p.7), mais ce nom est postérieur à celui de Billberg.

— Le papillon fut classé successivement dans les genres Papilio [plebejus rurales] de Linné, Hesperia de Fabricius (1793), Cupido de Schrank (1801), Polyommatus de Latreille (1805 et 1809), Lycaena de Fabricius (1807), Zephirus et Heodes de Dalman (1816), puis Thecla de Fabricius (1807). C'est donc sous le nom de Thecla rubi qu'il est décrit entre v1820 et v1895 par la plupart des auteurs. 

— Donc, si j'interroge le moteur de recherche, je ne trouve aucune mention de Callophrys avant 1875 (hormis dans la publication de Billberg) si j'excepte son utilisation en ornithologie pour qualifier Chlorophonia callophrys (Cabanis, 1861), un fringillidé du Brésil, l'Organiste à sourcils jaunes : "C'est l'Hypothlypis callophrys de Cabanis, pour nous Tanagrella callophrys, aux sourcils d'or et au dessous de la queue noir ; elle est décrite dans le Voyage de Schomburgk, vol. III, page 668, comme venant de la Guyane et du Brésil septentrional".

— En 1875, Samuel Scudder reconnaît l'antériorité du genre de Billberg dans son Historical Sketch of the generic names  proposed for butterfly, page 132. Il réduit le genre et désigne rubi comme l'espèce type. Kirby (Handbook, p. 54) confirme le genre et remarque qu'il diffère des Théclides européens par l'absence de queue, quoiqu'il existe "a slight notch" (une amorce) avant l'angle anal des ailes postérieures". 

— En 1899, J.W. Tutt (A natural history of the British lepidoptera, p. 89 ) donne une première description du genre : 

 Head largish, thickly clothed with broadish scales, interspersed with many long fine hairs. Face nearly flat, projected slighty in front of the eyes, moderately broad, vertex with a tuft of curved hairs projecting over the sockets of the antennae. Eyes moderately large  and prominent, hairy. Antennae shortish, inserted at the apex on the outer margin, the full width of the face between them, ending in a gradually tapered club. Palpi slender, porrect, not as long as the head, second segment thickly scaled with long hairs below end segment half as long as  the second, smoothly scaled. Patagia long and slender, rather narrow, tapering rapidly for the apical half ; hairs long, silky, recumbent. Primaries one-third longer than broad, costa deeply and shraply arched  at the base, then straight to the apex, which is very shortly and very slightly depressed ; termen with a slight even curve from apex to tornus, inner margine slightly excised about the centre. Neuration : vein 2 from well in front of the lower angle, 3 from just in front of the angle, 4 from the angle, 5 from the middle of the discocellulars, 6 and 7 from the upper angle ; in the ♀ it extend to the costa  just before the apex, 12 a little longer than the cell. Cell broad, not half the lenght of the wing. Secondaries broad, costa slightly flattened, termen evenly rounded. Neuration, two internal veins, 3 and 4 from the lower angle of the cell, 5 from the cell, 8 short, very highly and suddenly arched near the base towards the costa, with a slight recurve near its end. Legs —♂ fore tarsi longer than tibiae, terminating  in a single hook ; ♀ about the same lenght as the fore tibiae, terminating as the other legs. Mid-tarsi in♂ nearly twice as long as the tibiae, armed for the whole lenght with short fine spines ; ♀ tarsi not so long. Tibiae in both sexes with a pair of short spurs. Hinglegs in both sexes with tarsi longer than tibiae, armed with fine spines for the whole length ; tibiae and tarsi finely and densely scaled.

       Les erreurs de copie sont de moi. J'en retiens : une tête assez large largement recouverte d'épaisses écailles, et couverte de nombreux poils longs et fins ; le sommet de la tête orné d'une touffe de poils courbes se dressant entre la base des antennes. Des yeux de taille moyenne, proéminents et velus. Des antennes courtes terminés par un renflement de forme conique. Des palpes allongés en avant, minces. 


Origine et signification du nom.

L'étude des orchidées permet de connaître l'Ophrys abeille, et de se souvenir que le grec ὀφρῦς, ophrûs signifie « sourcil ». De même, les libellules Calopteryx tiennent leur nom de "belles ailes" du grec kallos, "beau". On comprend donc que Callophrys, du grec kállos, et ophrûs, signifie "aux beaux sourcils". Il suffit donc d'aller regarder l'Argus aveugle les yeux dans les yeux :


azure-de-la-ronce 1865cc

 

  La réponse à la question étymologique semble évidente : quels beaux "sourcils" blancs ! Mais ne faut-il pas plutôt admirer le toupet de poils vert fluo qui orne le front du papillon ?


— Arnold Spuler (1903-1910) page 54 : de kallos, "beauté", et ophrûs, "sourcil", "aux sourcils formés".

—  A.M. Emmet (1991) 

trouve effectivement l' origine étymologique dans les mots grecs kallos, beau, et ophrus, le sourcil, ce qui incite Emmet à suggérer de l'expliquer par une marque verte entre les yeux, plutôt que par l'anneau blanc péri-oculaire, qui est un trait général de la famille des Lycènes et n'est pas propre à ce genre.

— Hans A. Hürter (1998) :

"eine Gattung, bei deren Arten eine "schöne Stirn" auffällt, denn die "Augen sind behaart, vorn silberweiß " oder "Stirn grün, die Augen schmal weiß eingefaßt" (Higgins)." Un genre dans lequel les espèces  se distinguent par un "beau front" car  «les yeux sont velus, blanc-argent en avant" ou qu'ils ont  " un front vert, les yeux bordés de blanc étroit"(Higgins) ".

—Doux et Gibeaux (2007) :

d"u grec kállos, "beauté", et ophrus, "sourcil" par probable allusion à la rangée frontale interoculaire d'écailles vert métallique, plus ou moins dissimulée, chez les sujets frais, par l'écaillure céphalique brune"."

— Perrein et al. (2012) 

"du grec kallos "beauté" et  ophrus, "sourcil", allusion probable aux écailles frontales interoculaires vert métallique."

      L'hésitation vient sans-doute du fait que c'est le mot grec ophrûs, "sourcil", qui aurait donné le mot latin frons, frontis, "front".

En conclusion, il est possible de présumer, mais non d'affirmer, que le qualificatif "beau" se rapporte au plumeau vert dressé entre les deux yeux et dont la couleur est admirable.

 

 3.  Nom d'espèce : Callophrys rubi (Linnaeus, 1758).

 

a) Description originale

      Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. page 483.

 — habitat in Rubo aculeato.

— Localité-type :  Suède, lectotype désigné par Honey & Scoble (2001)

Cette espèce a une répartition paléarctique. Elle est signalée partout en France. Les chenilles sont polyphages principalement sur des espèces arbustives. 

— Description :

Rubi n° 154. P[apilio] P[lebejus] alis dentato subcaudatis ; supra fuscis, subtus viridibus  "Papillon Plébeien aux ailes dentelées à l'extrémité sub-caudale ; les supérieures brunes, les inférieures vertes."

— références données par Linné: (elles seront étudiées plus bas)

- Fauna suecica n° 805-806.

- Albin Ins. planche 5 fig.8.

- Wilkes Pap. page 62 Pl.1 .a.2.

- Petiver, gazophylacii tabl. 2 fig. 11.

 

 

b) Synonymes (INPN, Muséum) et sous-espèces.

 

Callophrys rubi intermedia Tutt, 1907
Callophrys rubi rubi (Linnaeus, 1758)  
Papilio rubi Linnaeus, 1758 

 

Leraut retient la présence de  deux sous-espèces en France :

- rubi Linnaeus, 1758.

- intermedia Tutt, [1907]. Localité-type : Midi de la France.

Variétés et sous-espèces : 

1. Les taches blanches de l'aile postérieure sont très variables, et ont incités les auteurs à créer autant de zoonymes que de répartition des points : immaculata Fuchs lorsqu'il n'y a aucun point, ou, à l'autre extrême, punctata Tutt lorsqu'il y en a beaucoup.  Le spécimen-type de Linné, une femelle de type nordique (petite taille et dessous sombre) ne présente aucun point blanc (Verity 1913) ce qui justifiait son nom d'argus caecus. Comme c'est la description de Geoffroy édité par Fourcroy en 1775 qui est valide, cette variété caecus de Geoffroy donne son nom aux variétés sans tache. La variété la plus répandue dans l'ouest océanique porte "une ligne blanche complète, découpée en 7 traits distincts par les nervures et accompagnée d'un point blanc à l'angle anal." (Papillons de Poitou-Charentes.org)

 

Je vous épargne les bipunctata de Tutt, inferopunctata du même auteur, incompleta de Tutt toujours, etc.

2. Les couleurs des ailes sont également variables et permet également de décrire des variétés brunnea, olivacea, suffusa, etc.


 

 

c) Origine et signification du nom d'espèce. 

 

  — Arnold Spuler (1903-1910)page 54 :

"Rubus, Gattungsname von Himbeere und Brombeere."

 

— Doux et Gibeaux (2007) page 180 :

"rubi, génitif du mot latin Rubus, "Ronce" "

 

— Perrein et al. (2012) :

"du latin rubus, "Ronce, framboisier", — de ruber "rouge", —, "de la ronce" pour Linné, plante-hôte larvaire secondaire.

 

       Linné donne à ce papillon le nom latin de la ronce ; dans sa description, il donne en effet rubus aculeatus comme la seule plante-hôte du biplan vert. Nous savons maintenant que ce Beau-sourcil couleur chlorophylle fréquente le Genet à balais, le genêt des teinturiers, le Genêt ailé, l'ajonc, la cytise, le lotier, le Sainfoin cultivé, l' Hélianthème vulgaire, les bruyères, la myrtille, le cassis, toute sorte de plante, mais assez rarement la ronce.

Le nom latin rubus, i désigne la ronce, mais aussi chez Pline le Frambroisier. 

Linné a décrit le genre Rubus et ses 10 espèces (dont les 7 premières sont fructifères) dans son Species plantarum (1) de 1753 page  493. L'espèce n°1, idaeus c'est le framboisier, Rubus idaea spinosis de Bauhin ;après deux espèces canadiennes, on trouve Rubus caesius, la Ronce bleue, Rubus repens fructu caesio de Bauhin.  Rubus fructicosus est le n°5, c'est la Ronce noire, la ronce commune de Bauhin (Pinax p. 479, à fruits noirs (rubus fructu nigro), rubus caule aculeato, celle que Linné attribue comme plante-hôte à Papilio rubi

 

   Notre nom de ronce a une étymologie inattendue puisque selon le Trésor de la Langue Française (CNRTL) le nom dérive du latin rumicem, acc. de rumex, -icis, attesté au IVe siècle au sens de « ronce » chez Marcellus Empiricus , cf. aussi dans les gloses du X et XIe siècles ; rumex a d'abord désigné une sorte d'arme de jet et une sorte d'oseille ou de patience ainsi nommée à cause de la forme de la feuille en fer de lance. 

 Le Wiktionnaire est plus clair : "Ronce, du latin rŭmĭcem, accusatif de rŭmex « épine »."

 Le dictionnaire latin donne : "Rumex, icis, :  1. Oseille (Pline, 11, 18). 2. Espèce de dard."

 Pour un divertissement roncier :  Tristan et la Ronce : la blanche fleur et le fruit rouge de la passion.


Archeo-taxonomie.

L'étude de ce nom doit maintenant être associée à d'autres, avec lesquels il est tissé selon des motifs compliqués.

1. Fauna suecica de Linné, 1746 : 

  On a vu que Linné donnait en référence de son Papilio rubi sa Fauna suecica ; mais il renvoie à deux numéros, 805 et 806 qui portent respectivement les noms d' "argus myops" (à 42 ocelles) et d' "argus caecus" ou aveugle (aux ailes sans ocelles à la face inférieure). De ce fait, la "phrase spécifique" de sa description de 1758 omet prudemment de préciser si la face inférieure est sans tache noire : elle décrit un hybride de l'actuel Lycaena tityrus (notre argus myope ou Cuivré fuligineux) et de Callophrys rubi. C'est, bien-sûr, le nom d'Argus caecus qu'il convient d'appliquer au rubi. En 1762, Geoffroy décrira, lui, les deux espèces, l'Argus myope, et l'Argus aveugle. 

2. Les publications qui précèdent celles de Linné.

   a) James  Petiver,1702, gazophylacii page tabl. 2 fig. 11.

 a.11 : Papilio minor superne fuscus, inferne viridis. Observed by Madam Glanvill in the West of England, ac also by Mr Antrobus about Cambridge, I have also once or twice seen it about London. "Petit papillon aux ailes supérieures brunes, inférieures vertes. Observé par Madame Glanvill* dans l'Ouest de la Grande-Bretagne, ainsi que par Mr Antrobus** près de Cambridge. Je l'ai vu une fois ou deux près de Londres."

* concernant Eleanor Glanville voir :  Zoonymie du papillon la Mélitée du Plantain, Melitaea cinxia.

** Robert Antrobus, (..-1730)enseignant à Eton College, "fellow" à Peterhouse de Cambridge et protégé de William Vernon : l'un des collectionneurs de Petiver et de J. Ray. Oncle du poète Thomas Gray, il fut son premier précepteur, et l'initia à l'histoire naturelle


b) James Petiver, 1717,  Papilionum britanniae icones nomina :

13. Papilio minor superné fuscus, inferné viridis : Holly Butterfly. Because I first observed it on that tree.

c) Eleazar Albin, 1720  Ins. planche 5 fig.8.

  The catterpillar d in this plate is like the former in colour, with oblique streaks of a dark green, on the sides.

His head is of a yellowish brown.It was taken the 4th of July near New-Crofs in Kent, feeding on the inside of the black-berry buds, making a small hole by witch it entered, and eating all the inward part, left the bud feemingly entire. Il fed on them till the 12th of July, and they tyed itself up after the manner of the other butterflies, and changed into a chrysalis, and the 13th of April the year following came forth a butterfly.

The upper side of the wings are of a light brown colour, the under side of a beautiful Green. I have found not account of either of thes butterflies in any author.


- Benjamin Wilkes 1747-1749 Pap. page 62 Pl.1 .a.2. Je n'ai pas accès à cette planche : à défaut, du même auteur, 1773 Copper Plates of english moths and butterflies: "The Green Butterfly" Papilio rubi page 118.

 

Au total, avant que le premier nom français n'apparaisse pour baptiser ce papillon, il avait déjà reçu   les noms d'Argus caecus, de papilio rubi, de Holly Butterfly et de Green Butterfly ; soit, traduits en français, ceux de Argus aveugle, Papillon de la Ronce, Papillon du Houx, et Papillon vert : les ingrédients nécessaires pour la cuisine française qui se fera en 1762.

 

              II. Noms vernaculaires.


        Les premiers noms jamais donnés à ce papillon furent les noms anglais de "The holly under green butterfly" ("Le papillon vert du Houx") : Petiver, 1702 ,"The holly butterfly" : Petiver, 1717 et "The Green Butterfly" : Wilkes, 1747-49 ("Le papillon vert"). Puis Linné le nomma argus caecus, "Argus aveugle" en 1743.

          En France, il reçut les noms de  "L'Argus vert ou Argus aveugle" (Geoffroy, 1762), "l'Argus vert" (Engramelle, 1779), "Le Polyommate de la ronce" (Godart, 1819), "La Thécla de la Ronce" (G. Chr. Luquet, 1986).

 

 

I. Les Noms français. 

 

1. L'Argus vert ou argus aveugle, Geoffroy, 1762.

 L Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 64 n°34.

"Les ailes de ce papillon sont tantôt brunes, tantôt bleuâtres en dessus. En dessous elles sont toujours d'un beau vert brillant sans yeux." Sans yeux, donc "aveugle" : un bel oxymore pour un Argus dont la définition est d'être doté d'yeux.

  En effet, ce papillon appartient au Troisième groupe de Geoffroy, ses Argus, comme le Mars, l'Argus bleu, le Demi-argus, l'Argus brun, l'Argus myope, le Bronzé et le Miroir.

 Il a emprunté ce nom d'Argus —qui décrit des papillons aux ailes ornées d'yeux comme le héros mythologique Argos panoptes aux cent yeux — à Linné qui, dans sa Fauna suecica de 1746 en a amorcé une série avec ses Argus ocelatus, fuscus, myops et caecus. "L'Argus aveugle" est la traduction de Argus caecus de Linné, attribué à un papillon qui n'a pas d'ocelle à la face inférieure (alis rotundatis integerrimis, subtus viridibus immaculatis).Il s'agit du n° 806 de Linné.

  Geoffroy donne cinq références : celle de Pames Petiver et de John Ray indiquées par Linné, et trois références à Linné : à la Fauna suecica et son n°806 ; au Systema Naturae de 1758 où ce papillon prend le nom de rubi ; mais aussi à une publication plus rare, celle du voyage de Linné aux îles Gotland et Öland en 1741 (it. oel. 7 : papilio argi similis, alis immaculatis supra cyaneis) : cette référence était donnée par Linné dans sa Fauna suecica.

 

Dans  l'édition latine par Fourcroy en 1785 de l'Histoire des insectes de Geoffroy page 245 , cette espèce est nommée P. caecus. Ce nom est un synonyme de C. rubi. (Tutt, p. 89).

 

 


2. L'argus verd , Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 185 Planche 43 fig. 90 a-b  par J.J Ernst gravée par J.J. Juillet  1779.  

      "Geoffroy l'a nommé Argus aveugle, parce que son dessous n'a point d'yeux comme tous ceux de cette famille".


3. Polyommate de la Ronce, Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 673 n° 175.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

Latreille avait crée en 1810 le genre des Polyommates ("à plusieurs yeux", un équivalent d'Argus), défini par "des palpes inférieurs de longueur moyenne, ou courts". (Considérations générales sur l'ordre des insectes p. 355).

 

Godart, soucieux de voir le nom vernaculaire témoigner des efforts de classification en cours, délaisse sans vergogne les noms employés par ses prédécesseurs et ne se préoccupe  ni du caractère disgracieux de ce "polyommate" au collage grec mal francisé, ni de sa servitude au nom scientifique rubi,  copié littéralement par "de la ronce". 

 

 

6. Le Polyommate de la Ronce, Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821/1823, page 52 n°150 et page 206  Planche 10 fig.3 et planche X. fig.3 peinte par C. Vauthier et gravées par Lanvin. 

 

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 Ce nom a été repris  par Hippolyte Lucas (1834), P.A. Duponchel et Guenée 1849 , par Le Borgne de Kermorvan en 1836 (in E. Souvestre), Aristide Dupuis 1865.

 

 

La Chenille.

 

 Le Polyommate de la Ronce (Duponchel, 1849).

P.A.J. Duponchel, 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles page 68 planche V fig. 19 .  (B.H.L. Libr)

                       

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6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose comme nom principal "La Thécla de la Ronce", et recommande d'éviter l'emploi de "l'Argus vert"  et "l'Argus aveugle" comme "noms trompeurs, procédant de données biologiques erronées ou reposant sur des critères descriptifs inexacts". 

  Dans son travail de création ou de réorganisation des noms vernaculaires, G.Chr. Luquet a regroupé les membres de la sous-famille des Theclinae (ses Théclines) sous les mêmes noms de "Thécla de-" (11 espèces) ou de "Faux-Cuivrés de-" ( 7 espèces), éliminant tous les anciens noms de "Porte-Queue" et, dans le cas de Callophrys rubi, de "Argus", puisqu'il réserve l'emploi d'Argus aux membres de la sous-famille des Polyommatinae (Azurés, Argus et Sablés). Dans une note, il ajoute : "D'un point de vue purement étymologique, le nom d'"argus" s'applique assez mal à Callophrys rubi, dont la livrée ne présente pas la moindre tache ocellée. On préférera donc pour cette espèce le nom de "Thécla de la Ronce". Certes, mais tout le sel du zoonyme "Argus aveugle"  tenait dans cet oxymore!

 D'autre part, l'absence de référence, dans le nom proposée "Thécla de la ronce", à la couleur verte qui permet l'identification la plus évidente de l'espèce, semble regrettée puisque la majorité des auteurs, tout en s'alignant aux recommandations dans l'emploi du nouveau nom, continue d'y associer —et d'employer sur le terrain— le nom d'"Argus vert" (cf infra).

 Enfin ce nom ne doit pas inciter à penser que l'espèce appartient au genre Thecla, dont la taxonomie l'a précisement séparé.

 Par ailleurs, Gérard Chr. Luquet rappelle à nos esprits étourdis —au mien tout du moins— que le nom de "Thécla" (ou "Thècle") est du genre grammatical féminin, comme le prénom dont il est issu.

A propos du nom Thécla.

G.Chr. Luquet reprend en nom collectif vernaculaire le nom de genre Thecla créé par Fabricius en 1807. Il avait déjà utilisé ce nom, comme nom spécifique, lors d'une modification en 1796 du nom de son Papilio liria (Ent. Syst.(3),1 p. 239), transformé en Papilio thecla, connu actuellement sous le nom d'Ectima thecla (Fabricius, 1796). 

 Habituellement, les noms de genre créés en 1807 par Fabricius reprennent des épithètes de Vénus : ce n'est pas le cas ici. 

 L'hypothèse la plus facile est d'y voir la reprise du nom de sainte Thècle, comme le propose Emmet (1991) : "le nom d'une vierge et martyre commémorée par l'église grecque orthodoxe. Fabricius était plus enclin que la plupart des autres entomologistes à puiser pour la sources de ses noms des personnages  historiques ou littéraires  en dehors de la période classique, comme par exemple grotiana et Vanessa". (selon Emmet, grotiana honore la mémoire de Hugo Grotius (1583-1645), juriste des Pays-Bas.

 Cette hypothèse me semble très peu probable. Linné avait établi comme règle —pour la botanique, certes— d'exclure des noms toute référence religieuse. 

Arnold Spuler (1908) reste prudent : "Nom de femme, d'étymologie grecque".

 Il est difficile de proposer une autre piste. Le prénom Thécle vient du grec ancien θεός, theós (« Dieu ») et κλέος, kléos (« gloire, renommée »), schema sur lequel est aussi construit des noms comme Thimokleos, Aristokleos, Damokleos (Damoclès), Polycles, Cleodice, Cléodore, Cléodoxe,et Cléopâtre (gloire du père). Theoclea est un prénom qui a été porté par la sœur d'Alexandre Sévère. Plus intéressant, ce nom désigne une  prêtresse grecque, tutrice du philosophe et mathématicien Pythagore que celui-ci avait rencontré à Delphes, et active vers 600 avant notre ère. Nommée Thémistoclé, elle aurait eu selon Diogène Laerce pour disciple Pythagore, et l'influença principalement dans le domaine moral. Elle est pour cette raison appelée parfois "La première femme philosophe".

 Fabricius a pu vouloir rendre un hommage discret à une femme prénommée Thécle. On sait que l'alouette nommée Le cochevis de Thékla (Galerida theklae  trouve là l'explication de son nom : Elle  a été décrite par l’ornithologue allemand Christian Ludwig Brehm en 18571, qui  a dédié cette espèce, découverte par ses fils à sa fille, Thekla Brehm (1833-1857).

 Très connue est la cousine de Mozart, Maria Anna Thekla Mozart (1758-1841 ), surnommée aussi la Bäsle : ses amours avec Amadeus, et leurs échanges épistolaires et scatologiques, sont fameux.

Dans la trilogie de Schiller The Wallenstein (achevée en...1799), Thekla est la fille du duc Wallenstein, chef de l'armée de Ferdinand II de Habsbourg.


 

 

7. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Callophrys rubi pour présenter ce papillon mais citent page 191 le nom de "l'Argus vert d'Engramelle" .


—Bellmann / Luquet 2008 : "La Thécla de la Ronce, l'Argus vert".

— Chinery / Luquet 2012  : "La Thécla de la Ronce".

— Doux & Gibeaux 2007 : "La Thécla de la Ronce".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "La Thécla de la Ronce, l'Argus vert". 

— Lafranchis, 2000 : "L'Argus vert, la Thécla de la ronce " .

— Perrein et al. 2012 : "Thécla de la Ronce, Argus vert".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Argus vert".

— Wikipédia : "La Thècle de la Ronce ou Argus vert".


                                    Thecla_ronce_2010.jpg

      Timbre par Christophe Drochon, 2010 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

 

  •  "Brombeer-Zipfelfalter" en allemand ("papillon à queue de la mûre")
  • " Avenu Astainītis" en letton.
  • "Ostrôžkár černicový" en slovaque
  • "Ostruháček ostružníkový" en tchèque
  •  "Žalsvasis varinukas" en lithuanien ("...vert")
  • "Cejialba" en espagnol
  • "Busksommerfugl Grøn" en danois (papillon vert..)
  • "Zöldfonákú csücsköslepke" en hongrois
  • "Groentje" en néerlandais
  •  "Grönsnabbvinge" en suédois ("papillon vert..")
  • "Rohetiib" en estonien
  • "Grønnvinge" en norvégien ("papillon vert")
  • "Zümrüt" en turc ( "émeraude")
  • "Kangasperhonen" en finnois
  •  "Tecla del rovo" en italien ("thécla de la Ronce")
  • "Ostrężyniec Zieleńczyk" en polonais.

 

 

 

 

 

                                                      Timbres-poste - Pays-Bas - Callophrys rubi-Rookie

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "dealain-de roinne stiallach Uaine" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • " Brithribin gwyrdd" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

Hübner Planche 15 fig.1 et 2 :

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Les autres publications jusqu'en 1819.

 

 

          Liste : J. A. E. Goez  1780, Entomologische Beyträge zu des Ritter Linné 12. Ausgabe: Des Natursystems page 90

Esper 1777 Pap. Europ. part I page 279 tab. 21 fig.2 Der Grünling. image BHL

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Müller, p. 626 n°237 Der Hinbeervögel (pour Himbeervögel : papillon des mûres)

Fuessli Insectes suisses p. 31 n° 600 der Grünling

Scopoli Ent. Carn. p.176 n° 460 : papilio rubi.

Schoeffer, Icon. Tab. 29 fig. 5-6.

Borkh. Pap. Europ. Part I p. 1

Rossi, Fauna Etr. Tom. 2. p. 156.

Hübner, pap. Tab. 72 n° 364-365 Papilio rubi.

Illiger : Papilio 

Ochsenheimer, Pap. Eur. Tom. I. :

Martini :p. 204 der Blinde Argusschmetterling ; der Himbeervogel ; der Grünling ; der Braun Tagvogel der Brombeerstaude.

Glasbach : schmetterling p. 21 tab.10 f.5-6  das kleine Schwalbenschwänzchen

 


IV. Les noms vernaculaires en anglais (M.A. Salmon, 2000).

  • "The holly under green butterfly"  : Petiver, 1702 ("Le papillon du Houx au dessous vert")
  • "The holly butterfly" : Petiver, 1717
  • "The Green Butterfly" : Wilkes, 1747-49 ("Le papillon vert")
  • "The Green Fly" : Harris, 1766
  • "The Green Papillon" : Harris, 1775
  • "The Bramble or The Green Fly" : Harris, 1775 ("Le papillon vert ou de la mûre")
  • "The Green  Hairstreak or Hair-streak" : Lewin, 1795 ; Samouelle, 1819 ; Jremyn, 1824 ; Morris, 1853 ; et la plupart des auteurs suivants. ("le Porte-Queue vert")
  • "The Green Underside" : Samouelle, 1819. (le "Dessous vert")

 

 

      Lewin 1795  The Papilios of Great-Britain page 92 planche 44.

 

V. Le bonus : la couleur verte de l'Argus Vert.

 

  Callophrys rubi est parfaitement visible lorsqu'il est présenté dans les pages d'un guide de papillon ; pourtant, il devient extrêmement difficile à observer lorsque, posé sur une feuille —verte—,  il replie ses ailes — vertes également.  

 Notre papillon fréquente  un large éventail d'habitats, y compris les prairies arbustives, les prairies, landes, bois et les lisières des forêts en Europe, en Asie et en Sibérie, autant d'endroits où la couleur verte mâtinée du brun du recto de ses ailes, ne manque pas, surtout dans sa période de vol, entre mars et juin.

Pourtant, les autres papillons, comme les militaires, n'utilisent pas la couleur vert unie pour se camoufler, mais plutôt les tigrures, zébrures, mouchetures et stries basées sur la "coloration disruptive" cherchant à briser les contours.

 D'autres papillons mâles affichent des couleurs vives comme signal de séduction sexuelle.

En réalité, Callophrys rubi dispose d'un secret : le vert de ses écailles est très spécial, à la pointe des nanotechnologies et basé sur "un cristal biphotonique", une "structure gyroïde".

Les animaux produisent des couleurs de deux façons: soit par des pigments naturels microscopiques qui absorbent certaines longueurs d'onde de la lumière et reflètent les autres, créant une couleur visible qui est ciblée pour son principal prédateur. Soit par des structures physiques microscopiques, qui agissent comme des prismes qui réfléchissent et diffusent la lumière pour produire une couleur qui est différente de la peau.  Bien que les couleurs pigmentaires sont de loin les plus répandues, plusieurs études récentes ont démontré que les couleurs physiques sont largement utilisés dans le règne animal ( Srinivasarao 1999 ; Tayeb et al . 2003 ; Vukusic & Sambles 2003 ;Kinoshita & Yoshioka 2005 ; Welch 2005 ; Prum et al . 2006 ).  

 Si les écarts de configuration sont périodiques, avec une périodicité de l'ordre de la longueur d'onde de la lumière visible, on les appelle souvent des structures à cristaux photoniques biologiques.

  - Chez les insectes, le type de cristal photonique le plus fréquemment trouvé et le plus simple est la « multicouche » : c'est un  cristal photonique unidimensionnel. Ce sont eux qui sont responsables pour les couleurs métalliques de la cuticule du corps et les élytres de nombreuses espèces de coléoptères . 

  -Des structures multicouches plus complexes, montrant des variations structurales dans les couches, se produisent dans les crêtes d'écailles des ailes de nombreuses espèces de papillons, en particulier morphos ( Ghiradella et al 1972. ; Ghiradella 1991 ;Vukusic et al . 1999 ; Kinoshita et al . 2002 ; Wickham et al . 2006 ).

-  Des cristaux photoniques tridimensionnels, ayant une distribution périodique tridimensionnelle d'indices de réfraction, se trouvent dans les écailles de charançons ( Welch 2005 ) et de papillons ( Morris 1975 ; Ghiradella & Radigan 1976 ; Argyros et al . 2002 ; Biró et al . 2003 ; Vukusic & Sambles 2003 ; Kertész et al . 2006 ; Prum et al 2006. ).

- Parmi ces derniers, une structure gyroïde est caractéristique de Callophrys rubi, mais également peut-être d'autres lycaénidés comme Parides sesostris, Mytoura gryneus, Cyanophrys remus, et Callophrys dumetorum.

 

C. Rubi a donc choisi la seconde solution ; la couleur de ses écailles n'est  pas due à un pigment vert, mais " la couleur verte uniforme de la surface inférieure de l'aile  est due à l'effet intégré de l'iridescence d'une mosaïque de grains polygonaux de 5,4 μ m. diamètre et 1 μ m. d'épaisseur. L'ultrastructure de chaque grain est un réseau cubique simple, de paramètre de maille 0257 μ m. Les résultats de couleurs irisées de cette structure agissant comme une diffraction de réseau en volume donnant un facteur de réflexion de pic à environ 0,548 μ m., le vert." (Morris, 1975), dans une structure en treillis  à trois dimensions organisée en domaines irréguliers ( Morris 1975 ;Ghiradella & Radigan 1976 ; Jones & Tilley 1999 ; Tilley 2000 ).

 Récemment, Michielsen et Stavenga 2008 ont identifié la structure de la cuticule dans les écailles de l'aile ventrale de C. rubi comme étant de type gyroïde, une structure prometteuse pour ses applications biomimétiques ( Parker & Townley 2007 ), telles que la réplication ( Huang et al. 2006 ; Gaillot et al. 2008 ) dans les structures photoniques tridimensionnels.

  Cette structure en trois dimensions fonctionne comme un cristal biophotonique, donnant lieu à divers effets de polarisation. En général, la réaction des insectes à la lumière polarisée peut être directe, indirecte par l'intermédiaire de différents modèles de réflexion à partir d'un substrat, ou les d

eux.

 L'hypothèse de Michielsen et Stavenga  est que le papillon oriente ses ailes par rapport au vecteur électrique de la lumière du soleil et de la position du soleil. Comme leurs perchoirs  sont généralement des feuilles vertes, ils suggèrent que leur couleur verte leur permet de trouver des partenaires en utilisant des signaux de polarisation pour la communication intra-spécifique tout en restant camouflé à leurs prédateurs, les oiseaux, dont les yeux sont insensibles à la polarisation. La lumière crée est polarisée non pas linéairement, mais elliptiquement, produisant un signal qui peut être spécifiquement capté par les récepteurs optiques des papillons de la même espèce, et non par les autres animaux. Il est bien démontré que, si ces effets ultraviolets et de polarisation sont invisibles pour un observateur humain, les cellules sensorielles visuelles des yeux de papillon sont généralement sensibles à la polarisation ( Bandai et al. 1992 ; Kinoshita . et al 1997) et que la vision de polarisation est utilisée dans la ponte, l'alimentation (Kelber et al. 2001 ) et  la reconnaissance des partenaires sexuels pour l'accouplement ( Sweeney et al. 2003 ). L'importance de la sensibilité à l'orientation du soleil polarisée a également été démontrée dans le comportement de perchoir chez Callophrys (Johnson & Borgo 1976 ).

 L'équipe internationale de chercheurs de l'Université de technologie de Swinburne, en Australie et Friedrich-Alexander d'Erlangen-Nuremberg Universitat en Allemagne, a produit un cristal photonique qui peut diviser la fois la lumière polarisée circulairement à gauche et à droite, et dont la conception est inspirée par  les nano-structures en 3-D des ailes de Callophrys rubi, qui contiennent une immense foule de ressorts hélicoïdaux interconnectés à l'échelle nanométrique.

 Ce capteur artificiel plus petit que la largeur d'un cheveu humain qui pourrait rendre la communication optique rapide et plus sûr.

 

Sources du paragraphe : 

  — Michielsen (K), H. De Raedt,* and D. G. Stavenga   2009  "Reflectivity of the gyroid biophotonic crystals in the ventral wing scales of the Green Hairstreak butterfly, Callophrys rubi" J. R. Soc. Interface  14 oct. 2009 :http://rsif.royalsocietypublishing.org/content/early/2009/10/09/rsif.2009.0352.full.html

—  Michielsen (K.), Stavenga (D.G.)  2008 , "Gyroid cuticular structures in butterfly wing scales: biological photonic crystals", J R Soc Interface. 2008 January 6; 5(18): 85–94.  

—Turner (Mark D.) , "Miniature chiral beamsplitter based on gyroid photonic crystals" Nature Photonics 7, 801–805 (2013)  


 

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet :Callophrys

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Callophrys rubi.

— UK Butterflies :callophrys rubi.

— lepiforum : callophrys rubi

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner . 

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

 

                 I.  Étymologie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

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                           III. Boite à liens. 

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Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

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Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

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Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

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Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

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Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

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Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

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Rottemburg : 

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Scopoli Entomologia carniolica 1763

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Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Rééfrences Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

                                          

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:20

     Zoonymie du papillon Vulcain, Vanessa atalanta (Linné, 1758).

 

 

 La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.


Résumé.

— Vanessa (Fabricius, 1807), nom de genre choisi par Fabricius comme équivalent d'un épithète de la déesse Vénus, et qu'il a emprunté au poème autobiographique de Swift Cadenus et Vanessa (1713). L'un des zoonymes les plus passionnants par ses multiples résonances et par l'emploi romanesque qu'en a fait le romancier et spécialiste des lépidoptères Vladimir Nabokov.

— Cynthia (Fabricius 1807) : est un des épithètes de Diane, selon A.M. Emmet. J'y vois plutôt la courtisane aux charmes de laquelle Properce, au début de notre ère, consacra ses Élégies. Ce synonyme de Vanessa est obsolète depuis 1944.

 V. atalanta (Linné, 1758) : atalanta désigne l'héroïne de la mythologie grecque, qui, dans une version arcadienne, est la fille de Iasos : abandonnée à la naissance et élevée par un ourse, elle devient une vierge chasseresse qui s'illustre dans la chasse du Sanglier de Calydon ; elle épousera Méléagre et accompagnera Jason et les Argonautes. Dans la version de Béotie, fille de Schœnée, elle refuse d'épouser un prétendant incapable de la battre dans la course, sport où elle excelle. Le rusé Hippomène, aidé d'Aphrodite, y parvient en laissant tomber trois pommes d'or devant la jeune femme. 

— Le premier nom vernaculaire, "The Admiral" a été donné par James Petiver en 1696 par allusion au drapeau rouge du navire amiral, plutôt qu'à la couleur d'un uniforme ; il deviendra "The Red Admiral" ou "The Red Admirable". En France, Geoffroy le baptise "Le Vulcain"  en 1762 par une image des couleurs noir et feu du dieu forgeron, nom repris par Engramelle en 1799, par Godart en 1821 ("Vanesse Vulcain"), et repris dans sa forme initiale "Le Vulcain" par Gérard Chr. Luquet en 1986. Au Pays-Bas, ou en Espagne, les "chiffres" 81 ou 78  lisibles sous les ailes postérieures ont suscité diverses dénominations qui ne sont pas attestées en France, comme le "Papillon à numéro", le "Numéroté", le "Quatre-vingt-dix-huit" . Selon Nabokov, le papillon était nommé en Russie "Fatalité", car le chiffre 1881 des deux ailes correspondait à la date de l'assassinat du Tsar. 

 

 

 


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

Nymphalidae, nymphalinae, tribu Nymphalini.

a) la Famille des Nymphalidae Rafinesque 1815. (fr. Les Nymphalides, angl. Brush-footed Butterflies).

 Rafinesque, C.S. 1815: Analyse de la nature, ou tableau de l'univers et des corps organisés. Palerme. L'Imprimerie de Jean Barravecchia. en français, 224 pp page 127. "Les Nymphales, quatre pattes droites, quatre pattes ambulatoires". Les Nymphales sont, pour Rafinesque, une Sous-famille de la famille Ropalocera ; elle comporte alors 23 "genres".

  Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) est un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, qui a passé son enfance à Marseille avant de s'installer à Palerme comme herboriste. puis à Philadelphie. 

  Ce grand collectionneur en histoire naturelle s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. Grand admirateur de Linné, nom dont il prénomme son fils, il débute son Analyse de la nature par cette dédicace : "La nature est mon guide, et Linneus mon maître".

  (Cette famille comporte actuellement 13 sous-familles.

 Son nom vient de Nymphales, nom de la quatrième phalange de la nomenclature de Linné, aux ailes dentelées (alis denticulatis) et divisée en gemmati (ailes ocellées) et phalerati (ailes ornées). Le nom est dérivé du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille » et désigne dans la mythologie grecque les divinités féminines de la nature, généralement considérées comme les filles de Zeus et du Ciel, remarquablement belles, et qui peuplaient la plupart des lieux naturels: forêts et bois, vallées fertiles et bocages, sources et rivières, montagnes et grottes…   

 

 

b) Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827 (Les Nymphalines ; Admirals ou Tortoiseshells en anglais).

William Swainson 1827, ("A Sketch of the Natural Affinities of the Lepidoptera Diurna of Latreille". — Phil. Mag., n. s. 1 (1): 185, 187); genre-type: Nymphalis Kluk, 1780.  

Elle comporte les Nymphales, les Sylvains, les Nacrés ou Argynnes, les Vanesses, les Damiers et les Mélitées.

William Swainson (1779-1855) est un ornithologue, collectionneur (20 000 insectes...) et surtout illustrateur d'histoire naturelle auteur des Zoological Illustrations où il initie l'emploi de la technique de lithographie.

c)  Tribu des Nymphalini Swainson, 1827.

Cette tribu comporte 5 genres en France:

  • Genre Nymphalis Kluk, 1780. 
  • Genre Aglais Dalman, 1816.
  • Genre Vanessa Fabricius, 1807.
  • Genre Polygonia Hübner, [1819].
  • Genre Araschnia Hübner, [1819].

 

2. Nom de genre : Vanessa Fabricius, 1807 (ex Cynthia, ex Pyrameis).

 

    Le premier terme du nom scientifique est dans la nomenclature binominale, le nom de genre. Dans la dénomination initiale, le "protonyme" que l'on doit à Linné, Papilio atalanta, la notion de genre n' avait pas cours et il nommait tous les papillons diurnes Papilio (l'équivalent actuel d'une superfamille), séparés des Sphinx et des Phalènes aux moeurs nocturnes ou crépusculaires. Ce sont ses successeurs, tout au long de la fin du XVIIIème siècle et du début du XIXème, qui s'efforcèrent de créer des rangs entre la superfamille et l'espèce, de définir cette notion de genre et de la faire apparaître dans la dénomination : ce fut donc une période de flottement taxonomique, responsable de dénominations synonymes.

   Puisque le nom initial de Linné n'a pas été retenu, on écrit son nom entre parenthèse:Vanessa atalanta (Linnaeus, 1758).

  

a) publication originale.

Le genre Vanessa a été créé par Johan Christian Fabricius en 1807 dans l'article suivant : "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges""Nach Fabricii systema glossatorum Tom 1" , in Johann Karl Wilhelm Illiger*, Magazin für Insektenkunde, Karl Reichard Braunschweig [Brunswick] (6) page 281. L'espèce-type, celle sur laquelle se base la description, est  Papilio atalanta Linnaeus, notre Vulcain.

Il comprend trois espèces en France : 

  • Vanessa atalanta (Linnaeus, 1758), le Vulcain.
  • Vanessa cardui (Linnaeus, 1758) ou Belle Dame, Vanesse des Chardons.
  • Vanessa virginensis (Drury, 1773) ou Vanesse des Perlières.

 

  Fabricius  (1745-1808) est un Danois qui suivit les cours de Linné dont il est le disciple le plus distingué; professeur d'histoire naturelle à Copenhague puis en 1775 à Kiel, qui ne disposait ni d'un jardin botanique, ni de collections, il dut se déplacer fréquemment à Paris — où il devint l'ami de P.A. Latreille— à Londres ou à Copenhague. Sa classification repose sur la structure des pièces buccales.

     * Johan Karl Wilhem Illiger, (1775-1813) est un zoologiste allemand , élève et gendre de l'entomologiste Johan Hellwig, qui fut chargé des collections naturalistes  du comte J.C. von Hoffmannsegg puis fut  à partir de 1810 le conservateur du Musée zoologique de Berlin .

     C'est l'auteur de "Prodromes systematis mammelum et avium " en 1811, publication où il reprend la classification linnéenne en mammologie et ornithologie en introduisant l'idée de famille, un rang supra-générique.

     De 1802 à 1807, il édite son  Magazin für Insektenkunde. C'est dans le sixième volume  de 1807,  que parut un article anonyme donnant  une synthèse des classifications de lépidoptères de Fabricius, de Latreille telle que celui-ci l'avait présenté dans le Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle de Buffon en 1804, et enfin de Schrank. Les 49 "familles" de papillons diurnes (Papilio) de Fabricius y sont nommées ; celle de Vanessa comptait 30 espèces.

 

  L'histoire de la publication du Systema glossatorum de Fabricius est en elle-même le petit roman tragique et complexe d'un manuscrit perdu. Ce nom de Systema glossatorum suppose d'abord que l'on sache que Fabricius, dont la classification des insectes reposait sur la structure des pièces buccales  utilisait le terme de Glossata (les Glossates) pour désigner les Lépidoptères, ou Papillons : en d'autres termes, il s'agit de sa Classification des Lépidoptères, la dernière de sa série des Systema après Systema eleutheratorum [les coléoptères] Kiliae 1801, Systema rhyngotorum [les hémiptères], Brunsvigae 1803, Systema piezatorum [les hyménoptères], Brunsvigae 1804 et Systema antliatorum [les diptères], Brunsvigae 1805.

 Le manuscrit du dernier des Systema a été terminé le 4 mars 1806 et envoyé à Reichard, le même éditeur que les précédents à Brunswig, et qui éditait aussi le Magazin für Insektenkunde d'Illiger.  C'est dans la sixième et dernière parution de cette revue que Illiger écrivit un article sur "La dernière classification par genre des papillons des genres linnéens Papilio et Sphinges", Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges (cité supra, 1807 pp 277-289), anticipant la parution du premier volume de la Systema Glossatorum, annoncée pour Pâques 1808. Quant à Fabricius, il donna un résumé de son ouvrage dans  "Zeitung fur Literatur und Kunst in den Konigl. Danischen Staaten," Kiel, 11. Sept. 1807 (pp. 81-84) sous le titre: "Etatsrath Fabricius Rechenschaft an das Publikum fiber seine Classification der Glossaten. Joh. Christ. Fabricii systema glossatorum, Vol. I "

  Hélas, avant que ne paraisse le livre, l'éditeur fit faillite, et ses créanciers saisirent le matériel et vendirent les travaux en cours à des chiffonniers. On ignore ce qu'est devenu le manuscrit original de Fabricius (qui a peut-être brûlé dans un incendie), mais néanmoins, les sept premiers feuillets déjà imprimés de son livre ont été conservés, en trois exemplaires.

 Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47) sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes.

    Dans son genre n° 11  Cynthia, Fabricius cite en exemple les Papilio Arsinoë, Interrogationis, Oenone, Jatrophae,  Cardui, Alliovia et annonce 95 espèces au total.

  Dans le genre n° 12, Vanessa, Fabricius classe les Papilio Io, atalanta, urticae, et levana et un total de 30 espèces annoncées. Vanessa atalanta est reconnu comme l'espèce type du genre.

 Ceux effectivement décrites dans les pages de Fabricius étaient io, antiopa, bibla, cacta, protogenia, amestris et lamina .

 

 

b) Étymologie du nom de genre.

 

 a) Nom de genre : Vanessa.

      cf infra.

 

b) Noms de genre synonymes : Pyrameis et Neopyrameis.

  Jakob Hübner, Verz. bekannt. Schmett. (3): 33. Espèce-type: Papilio atalanta Linnaeus.

 Jakob Hübner était un entomologiste allemand (1761-1826) qui s'intéressait particulièrement aux papillons et notamment à leur illustration. On lui doit les planches remarquables du Geschichte europaïscher Schmetterlinge, 1806-1824.

Fidèle à l'esprit Linnéen et à la culture classique latine et surtout grecque, il y proposa de baptiser les vanesses du nom de Pyrameis (1819), de Bassaris (1821) et enfin de Pyrameides (1826).

Scudder en 1889 proposa "Neopyrameis" : Butts. E. U. S. & Can. 1(3): 434. Espèce-type: Papilio cardui Linnaeus,

   On trouve donc jusqu'au début du XXème siècle des publications désignant le Vulcain sous le nom de Pyrameis atalanta.

 C'est au couple de Pyrame et Thisbé qu'il voulait rendre hommage, et à l' histoire racontée par Ovide dans les Métamorphoses, IV, 55-166. A priori aucun rapport avec l'aspect du Vulcain, sauf si on veut voir dans ses couleurs celles de la fameuse écharpe ensanglantée de Thisbée qui fit croire à son amant qu'elle avait été dévorée par une lionne.

 

 c). Nom de genre parfois encore utilisé : Cynthia (Fabricius, 1807).

Fabricius, 1807 : "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges", "Nach Fabricii systema glossatorum" , in Johann Karl Wilhelm Illiger, Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) page 281. Dans la même page où il décrit le genre Vanessa, Fabricius décrit Cynthia.

  Dans ce genre, Fabricius classe les Papilio oenone, Jatrophae, cardui et allionia.  

 

 

Selon A.M. Emmet 1991, Cynthia est le nom d'une montagne de l'île de Delos, lieu de naissance de Diane, qui reçut ainsi l'épithète de Cynthia. Le prénom Cynthia ayant été popularisé en Angleterre par les poètes lyriques"

 C'est effectivement le sens le plus courant de Cynthia, du mot grec kynthios signifiant « qui vient du mont Kynthos », comme épithète d'Artémis la vierge chasseresse, déesse lunaire, froide, chaste, indomptée et indomptable, avant de désigner dans la poésie et le théâtre élisabéthain la lune elle-même. C'est elle qui s'impose à l'esprit romantique de Chateaubriand dans sa fameuse Invocation à Cynthia du Livre V de la 4e partie des Mémoires d'Outre-tombe, où il évoque les nuits romaines.

  Mais le genre Cynthia figure, lui, dans la liste de Fabricius publiée par Illiger, au numéro 10, juste avant son n°11 Vanessa, parmi les autres noms liés à Vénus, aux antipodes de Diane/ Artémis : je peux suggérer que la Cynthia de Fabricius n'est pas celle de la mythologie, mais celle de la poésie élégiaque latine : c'est la Cynthia de Properce (47 av. J.C-16 ap. J.C), celle qui apparaît dans cet extrait de l'Élégie III : 

 

"Le duvet fléchissait mollement sous le poids de Cynthie. Deux dieux téméraires, Bacchus et l'Amour, m'enflammaient à l'envi, et m'excitaient à approcher de cette tête légèrement posée sur un bras d'albâtre, à la soutenir moi-même de mes mains, à cueillir un baiser et à savourer tous ses charmes : mais je n'osais troubler le repos de mon amante, moi qui avais éprouvé déjà ses reproches et son courroux. Mon regard, du moins, restait attaché sur elle comme celui d'Argus sur la forme trompeuse d'Io. Tantôt je détachais de mon front une couronne, et je la déposais sur le tien, ô ma Cynthie ; tantôt j'aimais à toucher ta chevelure en désordre, et à charger furtivement tes mains de quelque fruit mais ces offrandes ne pouvaient rien contre un sommeil ingrat, et bientôt elles s'échappaient en roulant sur ton sein. "

 S'agit-il d'une vierge lunaire, ou d'une courtisane de Vénus ?

 

Cynthia contre Vanessa. Le Principe de la Ligne et de la Page Précédente.

 Dans la publication de Fabricius, le genre Cynthia est décrit avant le genre Vanessa. Les deux genres n'en faisant plus qu'un, ce dernier aurait du porter le nom de Cynthia, en vertu du Principle of Page and Line Precedence", qui imposait de choisir entre deux noms celui écrit le premier dans le texte. Mais ce Principe a été aboli en 1953 au profit d'un "First Reviser Principle", et, d'autre part, il était peu concevable de faire disparaître un nom de genre aussi réputé que celui de Vanessa. Le genre Cynthia est obsolète depuis l'avis 156 de la Commission ICZN de Lisbonne 1935, publié en 1944 : Opin. int. Comm. Zoolo. Nomen. 2 :239-250. Cynthia est devenu un synonyme junior de Vanessa, et Vanessa a été placé sur la liste officielle des noms génériques en zoologie avec le numéro 601. (NHM)

 

 

 

c) Étymologie des mots Vanesse et Vanessa.

1) Selon A. M. Emmet (1991) :

"le nom vanessa est issu du poème de Jonathan Swift Cadenus et Vanessa, (1726, en ligne) dans lequel le prénom Vanessa est un déguisement pour Esther Vanhombrugh [sic : corrigez en Vanhomrigh]. Comme d'autres noms créé par Fabricius, il a été un casse-tête pour les commentateurs, Sodoffsky le corrigeant en 1837 en Phanessa, du verbe grec phainein, "briller", phane, "torche", et phanos, "lampe". Dans cette recherche d'un nom convenable pour cette famille de papillon brillamment colorés, ces mots grecs ont pu traverser l'esprit de Fabricius qui, faisant appel à ses habituels jeux de mots, choisit un mot qui fait écho à leurs sonorités. La littérature anglaise lui était familière à la suite de ses divers séjours en Grande Bretagne et il a pu souhaiter témoigner de sa reconnaissance en faisant appel à un auteur anglais plutôt qu'à un auteur classique."

 2) Sodoffsky (1837) page 80 :

"Vanessa : Besser, Phanessa. In der griechischen Mythologie, sowie in der ägyptischen, war phanos, der Liebesgott, der Beiname von Amor. Phanesse wäre demnach der weibliche Liebesgott, mithin die in dieser Schmetterlings-Abtheilung, regierende Venus" ( Vanessa, ou, mieux, Phanessa. Dans la Mythologie grecque, mais aussi égyptienne, Phanos, le dieu de l'amour, le surnom d'Amour/Cupidon. Phanesse serait donc sa parèdre, la déesse de l'amour, et donc, dans cette classification des papillons, la classe de Vénus. 

3) A. Spuler (1901-1901) :

"Vanessa : wohl von  φαίνω Glanz, wegen der schönen Färbung der arten, abgeleitet." (Vanessa : probablement dérivé de  φαίνω, «éclat» en raison de la belle coloration des espèces.

4) G. Ramann (1870-76) :

"Ob dieser Name wohl von vanesco vergehen, verschwinden abzuleiten sein dürfte. Also falter , weiche  in ihrem Flug rasch kommen und rasch verschwinden" (Probablement du latin vanesco, "s'évanouir, de dissiper, disparaître", pour qualifier la façon dont ces papillons, par leur vol, s'éclipsent rapidement).

5) Johannes Leunis, Synopsis des naturgeschischte, Hanovre, 1860 p. 524 :    

   "richtigerPhanessa, von phanos, fackel, Sonne". (Correctemment phanessa, du grec phanos, "torche", "Soleil").

6) Glaser cité par Hürter :

"Eckige ...Flügel, die sie eitel (vanessa von vanus) in der Sonne öffnen und schliessen , als ob damit prunkend". (place leurs ailes comme si elles s'ouvraient et se refermaient en vain (Vanessa : de vanus, "vain") ostensiblement au soleil.

7) Spannert, cité par Hürter :

"eigenschaftwort aus vannus  schwinge  gebildet ; der wegfall  eines consonanten findet sich häufig... Der Gattung zeichnet  sich besonders  durch den überaus  stark geschwungenen Saum der Flügel, namentlich der vorderen, aus. Die überwiegende Mehrzahl  der Tagfalter hat ganzrandige Flügel. Bisherige Ableitungen phaino , glänze, phano  Fackel, Sonne, Leunis" (le mot est formé sur le latin vannus "van", d'après une caractéristique des ailes, et la perte d'une consonne est fréquente ... Le genre est caractérisée par le bord très fortement incurvé  de l'aile, en particulier à l'avant.)

8) Dictionnaire français CNRTL  :

" Étymol. et Hist. 1810 (Latreille, Considérations gén. sur l'ordre naturel des animaux, p. 354 ds Quem. DDL t. 25). Du lat. sc. mod. vanessa, nom donné par Fabricius à un genre de Lépidoptères diurnes (1807, Mag. f. Insektenk., 6, 281 ds Neave), mot d'orig. obsc. (FEW* t. 21, p. 278b). D'apr. Guir. Lex. fr. Étymol. obsc. 1982, vanesse représenterait le lat. vanities « vanité, frivolité »."

 *FEW désigne l'ouvrage suivant : Walther von Wartburg " Französisches Etymologisches Wörterbuch. Eine Darstellung des galloromanischen Sprachschatzes". Leipzig 1922 en cours de publication.

9) Le Robert historique de la langue française 2010 :

VANESSE n. f. est un emprunt (1810) au latin scientifique vanessa (1807), d'origine inconnue, que P. Guiraud rattache au bas latinvanities « vanité, frivolité », dérivé du latin classique vanus (→ vain)". 

10) Pierre Guiraud, Dictionnaire des étymologies obscures, Payot 1982 page 519 :

  "Vanesse, espèce de papillon, 1836. Étymologie inconnue (B.W). Vanesse représente le latin vanities,« vanité, frivolité », sous une forme dialectale ou, plus vraisemblablement, savante (sans dégagement de yod en avant). Nul nom ne convient mieux au genre des vanessides, espèce de papillons remarquables par leur vol rapide et sautillant, leur beauté, leurs riches et élégantes couleurs ; parmi lesquels la belle dame, le paon du jour."

 


Étude critique.

1. Vanessa et Jonathan Swift : 1713.

  L'hypothèse suggérée par Emmet est séduisante, qui considère que Fabricius rend hommage par son genre Vanessa au personnage éponyme d'un poème, Cadenus and Vanessa, que Jonathan Swift (1667-1745) a écrit en à Windsor en 1713 mais qui n'a été publié qu'en 1726. C'est une origine parfois admise du prénom Vanessa, très prisé aux États-Unis, mais qui n'est apparu qu'à partir de 1970. (En 1998-99, ce prénom faisait partie du top 10 en Allemagne à la 8 et 9e position).

  Effectivement, le danois Johannes Christian Fabricius (1745-1808)  a séjourné en Écosse puis à Londres lors d'un voyage de 1766 qui le mena ensuite en Italie pour examiner les collections d'Aldrovandi. Puis, de 1772 à 1775, il passe ses étés à Londres où il étudie notamment les insectes rapportés par Solander et Banks de leur voyage. Mais à partir de 1790, il séjourne tous les étés à Paris, étudiant cette fois la collection entomologique d'Olivier et devient ainsi l'ami de Pierre André Latreille (1762-1833), l'auteur du genre Vanesse. 

 

  Emmet aurait pu étayer sa thèse non seulement sur ces séjours londoniens, mais aussi sur le goût de Fabricius pour les jeux de mots, qui aura pu en faire un amateur de l'onomastique de Swift. Car aucun auteur, à ma connaissance, n'usa et n'abusa comme Jonathan Swift du privilège de baptiser ses personnages et les lieux où il les fait évoluer à sa guise, conjurant l'arbitraire des signes en nouant dans chaque nom des clefs et des secrets, des citations occultes, des messages codés pour déjouer les censures, des doubles sens contradictoires, des allitérations sibyllines.

En outre, Fabricius a confié qu'il avait puisé les noms de genre qu'il a créé pour ses papillons diurnes dans le (vaste) répertoire des épithètes de Vénus (ou Aphrodite pour les grecs) alors que ses genres de papillons de nuit recevaient les surnoms de Diane/Artémis, déesse lunaire:

  Fabricius, dans sa présentation du Systema glossatorum ( déjà cité, in Zeitung für Literatur und Kunst in den Königl . Dänischen Staaten [ Kiel ] , Septembre 11 1807, p. 83), donne des indications précieuses sur ses règles d'attribution des noms : il écrit qu'il est en train de changer un certain nombre de nom donnés par Linné car il souhaite faire apparaître le nom de la plante hôte. "Les noms de genre ne posent pas de problèmes importants, il faut seulement éviter qu'ils soient trop longs, et qu'ils ne soient pas déplaisants à l'oreille. Pour les papillons de jour, j'ai choisi différents épithètes [cognomina] de Vénus, et pour les papillons de nuit, ceux de Diane. Ils semblent être les plus appropriés. Leurs homologues grecs [qualificatifs d'Aphrodite ou d'Artémis] ont tendance à être durs, longs et désagréables."


Nous allons voir que Vanessa peut passer pour un néo-épithète de Vénus, désignant une "créature de Vénus", sorte de "Venussa" depuis la parution du poème de Swift.

 

b) Swift et Cadenus et Vanessa.

Dans le poème Cadenus et Vanessa, on lit habituellement que Cadenus serait l'anagramme de Decanus, "chef de file de dix", ou dean,  "doyen", mais Swift ne devint doyen de la cathédrale Saint-Patrick de Dublin qu'en 1713, alors que le poème a été composé en 1712. Vanessa réunit Van(homrigh) et Hessy, le diminutif d'Esther, son élève de 22 ans plus jeune que lui, Esther Vanhomrigh. 

File:Millais - Vanessa, 1868.jpg

 

 Esther Vanhomrigh (1688-1723) fille d'un riche marchand hollandais, avait fait la connaissance de Swift à Londres en 1707 : elle avait 19 ans et lui était alors quadragénaire. Elle avait perdu son père en 1703, et Swift devint son tutor (précepteur, sans la sévérité de ce terme) mais aussi son modèle dont elle devint amoureuse ; en 1714, à la mort de sa mère, elle le suivit à Dublin.

Le poème Cadenus et Vanessa, écrit en 1712, daté de 1713, publié en 1726, met en scène la déesse Vénus, qui, pour lutter contre le désintérêt des Bergers à l'égard des Nymphes, crée sa Nymphe idéale parée de tous les charmes, mais dotée aussi par Pallas de toutes les qualités "viriles" de la réflexion. Cette Vanessa trop sage déplaît autant aux frivoles nymphes qu'aux bergers, mais Cupidon, lassé de la voir résister aux charmes de l'amour, la rend amoureuse de son tutor l'écrivain Cadenus, de vingt-deux ans son aîné : embarrassé par ce feu soudain, Cadenus tente de la ramener à une amitié fondée sur les complicités littéraires et les échanges intellectuels. Quand à Vénus, qui ne semblent pas avoir lu la satire de la frivole vanité féminine à laquelle Swift se livre dans ce poème, elle conclut que puisque les bergers dédaignent ses nymphes, c'est qu'ils sont fous, et qu'il faut administrer aux femmes un grain de folie supplémentaire pour mieux les rapprocher. 

 

 

Cadenus et Vanessa : onomastique.

Outre la fusion du début du nom et du prénom d'Esther Vanhomrigh, le nom Vanessa contient d'autres résonances, et  peut se décomposer en van du latin vanus, "vain" et -esse forme verbale du latin sum, "être" : "celle qui est vaine".  On peut aussi y entendre le nom Vénus (le prénom qui a précédé celui de Vanessa était celui de Venisse), associé à la finale de Godness (déesse). On remarque que le nom Cadenus contient  quatre des cinq lettres de Vénus. En somme, la forge littéraire de Swift a pu faire fondre, pour son nouvel alliage, les métaux suivants : Vénus + Godness + Vanished/Vanities + Van[homrigh + Esther/Hessy. Ce qui, pour la récipiendaire du poème, est, somme toute, très flatteur.

 J'ai cité plus haut les auteurs qui attribue l'origine du nom de genre Vanessa ou de son équivalent français Vanesse au latin vanus, ou, pour P. Guiraud, vanities. Mais si Swift l'a glissé insidieusement dans sa propre création onomastique, le mot anglais vanished qui devait avoir le plus de signification pour lui. Or, le verbe intransitif vanish, s'il procède bien du latin  vanus , en a retenu son sens de "vide", car il signifie "disparaître, s'éclipser, s'évanouir" avec une idée de rapidité ou de soudaineté. Sa forme en moyen anglais, vanisshen est une altération du vieux français esvanir, esvanish, lui-même issu du latin esvanescere. ( voir supra G. Ramann proposant de voir le mot vanesco comme étymologie de Vanessa).

 Loin d'introduire un jugement critique sur le caractère vaniteux de sa maîtresse Esther, il ouvre à d'autres interprétations, comme le caractère fugace de la beauté, de l'existence ou des sentiments, ou trahit l'angoisse de la perte de l'être aimé, et qui conduit un artiste à métamorphoser celui-ci en une œuvre d'art  : Esther Vanhomrigh, disparue depuis des siècles, demeure sous la forme impérissable de Vanessa.

 

Sources et liens pour ce paragraphe :

— traduction et adaptation de Cadenus and Vanessa en prose : Antoine Yart Idée de la poësie angloise, ou traduction des meilleurs poëtes anglois par l'abbé Yart, de l'Académie des Belles-Lettres, sciences et arts de Rouen. Paris 1756, pages 140 et ss.

— Traduction de Cadenus and Vanessa en vers : Émile Pons, Œuvres complètes de Swift, édition La Pléiade, 1965.

 

— Encyclopédie Larousse.

— Louise Barnett Jonathan Swift in the Company of Women, Oxford 2007  pp 21-26

— Journal to Stella en ligne.

 

2. Vanessa,  Fabricius et Latreille : 1807-1810.

  Après cette première apparition du nom chez Swift, Vanessa est utilisé par Fabricius en 1807 pour son genre de papillon, puis par Latreille en 1810 sous la forme Vanesse. Si l'étymologie de Vanessa de Swift est résolue, celle de Vanessa de Fabricius fait débat, et plusieurs hypothèses s'opposent.

   a) Je ne retiendrai pas la seconde hypothèse, adoptée par Spuler, Sodoffsky, Leunis, pour expliquer le nom de genre vanessa de Fabricius  par la "correction" du nom Vanessa en Phanessa, pour le rattacher aux mots grecs  phainein, φαίνω "briller" ou phano, "torche". La glose peut alors être infinie, notamment sur phainein, issu du proto-indo-européen  *bha- doué « d'ambivalence sémantique », car signifiant à la fois “ éclairer, briller ” (phainoi, phami), et « expliquer, parler » (phêmi [ϕημί], fari en latin) ; on peut rappeler  que phainô vient de phôs [ϕῶὖ], « la lumière » et de phao, "briller", ou citer notre mot "phénomène", qui en est issu. Mais il faut une certaine complaisance envers ces auteurs pour admettre le passage de vanessa à phanessa.

 Citons, au passage, l'anecdotique proposition étymologique de Spannert, le vannus, "van"  qui exige des contorsions lexicales avant de permettre une comparaison du panier d'osier avec la courbure des ailes.

  b)  Il reste l'hypothèse de Glaser reprise par Pierre Giraud dans son lexique français des étymologies obscures (Payot, 1982) puis par nos lexicographes français les plus honorables : le lien avec le bas latin vanities « vanité, frivolité », dérivé du latin classique vanus (→ vain) :

  "Vanesse, espèce de papillon, 1836. Étymologie inconnue (B.W). Vanesse représente le latin vanities,« vanité, frivolité », sous une forme dialectale ou, plus vraisemblablement, savante (sans dégagement de yod en avant). Nul nom ne convient mieux au genre des vanessides, espèce de papillons remarquables par leur vol rapide et sautillant, leur beauté, leurs riches et élégantes couleurs ; parmi lesquels la belle dame, le paon du jour."

 Bien que le Paon du jour n'appartienne pas au genre Vanessa, et que le nom de Vanesse soit apparu en 1810 et non en 1836, c'est pour ma part l'hypothèse qui me séduit le mieux : Fabricius, le facétieux compositeur de zoonymes à doubles fonds a pu maquiller la racine vanus pour se moquer ainsi des nymphes (nymphalidae), déesses de l'Hamour et autres Belles Dames (bella donna) dont la coquetterie n'est pas la moindre des "qualités" et de les baptiser Les Vaniteuses à leur insu, comme toutes les Vanessa qui les suivront. Rien ne l'empêcherait, cherchant à dissimuler cette vanitas, de se souvenir du poème de Swift Cadenus and Vanessa, et d'en adopter le prénom pour mieux se couvrir. Mais rien n'empêcherait non plus, je l'ai dit, le satirique Swift d'avoir caché lui-même dans son mot-valise Vanessa, non seulement les fragments du nom de sa jeune élève follement éprise de lui, mais aussi la critique ironique du caractère vain de cet amour. 

  Car on se méfiera d 'attribuer trop vite au mot les significations que nous attribuons couramment à "vanité", sous l'influence de l'adjectif "vaniteux", du "vanity case" (minaudière, nécessaire de toilette : voir Vanity table) : celui lié au "caractère d'une personne satisfaite d'elle-même et étalant complaisamment son plaisir de paraître :orgueil ". Longtemps, le mot a signifié tout autant, comme le mot anglais vanity, "ce qui est vain, futile ou inutile,", "vide, vain, oisif ; ce qui est vide, de vaine apparence", voire "mensonge, tromperie".

  Si, dans mon esprit, je l'applique à la coquetterie frivole (celle que Swift critique si joliment dans son poème) traditionnellement liée à la féminité et à la beauté, c'est que ce genre de Fabricius appartient à la famille des Nymphalides, les Nymphes, et que les espèces qui y entreront, notamment dans le genre Vanesse de P.A. Latreille, portent des noms féminins, dont la plupart se termine par -a. Voir cette liste énumérée par Latreille et Godart en 1819, Encyclopédie méthodique Histoire naturelle (9) page 291).

c) J'ai expliqué pourquoi les noms de genre de Fabricius sont liés au nom de Vénus, car ils reprennent les épithètes de la déesse en ses différentes attributions (Limenitis protectrice des ports ; Pontia protectrice de la mer ; Acraea protectrice des lieux élevés ; Euploea de la navigation ; Nymphidium protectrice des mariages ; Melanitis de la nuit ) et en ses différents sanctuaires (à Colias, à Paphios, à Amathus en Chypre, sur le mont Kastion, sur le mont Erix, en Cnide —doritis la bienfaitrice—) ou selon le nom de ses courtisanes (Thaïs, Argennus, Neptis sa petite-fille) ou selon ses qualités (Urania la céleste, Morpho aux belles formes ou aux formes changeantes, Apatura la trompeuse, Mechanitis l'ingénieuse à ourdir des ruses). Maintenant que nous savons combien la Vanessa du poème de Swift est lié à Vénus, il n'est pas exagéré de penser que Fabricius, lorsqu'il recherchait ses noms "vénusiens", s'est souvenu de Cadenus et Vanessa et a créé le genre Vanessa comme un épithète moderne de Vénus.


Au total, je pense que l'hypothèse de A.M. Emmet est juste, et que Fabricius a bien puisé dans le poème Cadenus et Vanessa pour créer son nom de genre dans une série vouée à Vénus. Y a-t-il perçu lui-même les sous-entendus onomastiques renvoyant à Vénus elle-même, aux mots latins vanus et vanities, aux mots anglais vanished et godness ? Connaissait-il même l'origine du nom fondée sur le nom d'Esther Vanhomrigh? Cela correspondrait volontiers à son goût pour le jeu des mots, dont il fait preuve selon Emmet dans d'autres créations de nom.

 

 

 

3. Le genre Vanessa (Fab.1807) est repris par Pierre-André Latreille en 1810 sous le nom de Genre des Vanesses  dans ses  Considérations générales sur l'ordre naturel des animaux composant les classes des Crustacés, des Arachnides et des Insectes; avec un tableau méthodique de leurs genres, disposés en familles. Paris: F. Schoell, 444 pp. pp. 354. Ce genre Vanesse regroupe les deux genres Cynthia et Vanessa de Fabricius. Latreille le définit ainsi : "Antennes terminées subitement en un bouton court, turbiné ou ovoïde ; palpes entièrement contigus, et terminées insensiblement en pointe (formant par leur réunion une sorte de bec)."

 


3. Nom d'espèce : Vanessa atalanta  (Linné, 1758).

a) la publication originale.

 Protonyme :  P[apilio] N[ymphalis phaleratus] atalanta ,  Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I : 824 pp. p 478 n°119 .

 

   Très influencé par sa culture classique gréco-latine, Linné a classé ses papillons en créant des parallèles avec la civilisation et la mythologie grecques. Ainsi  dans la classification de Linné présentée page 458 du Systema Naturae,  les Papilio sont divisés en six "phalanges", comme les formations de soldats d'infanterie, les hoplites. Il crée les phalanges des Cavaliers (Equites), des Muses habitant sur le mont Hélicon, (Heliconii), des Danaïdes, les cinquantes filles du roi Danaus, (Danai), des Nymphes (Nymphales), des gens de la plèbe pour les plus petits papillons (Plebeji), et des Barbares ( Barbari).

 

    Poursuivant sa création comme un joueur inventant une nouvelle civilisation, il répartit ses Cavaliers (n° 1-40) entre Troyens (Trojani) et Achéens (Achivi), les grecs de la guerre de Troie venus venger Mélénas dont la belle Héléne a été ravie par Pâris .

  Les papillons de la phalange des Heliconii  (n° 41-55) reçoivent le nom des Muses, ou de leur patron Apollon, ou de leurs sosies les piérides.

  Les Danaïdes (n° 56-87)sont de deux camps : les blancs (Candidi) où nous trouvons nos actuelles piérides et les colorés (Festivi), tous dotés de noms grecs.

  Les Plebéiens (n° 145-168) sont soit des gens des villes, soit des gens des champs: Urbicoles ou  Rurales.

 Enfin les Nymphales (n° 88-110),  qui inspireront le nom de notre famille des  Nymphalidés, sont aussi de deux groupes :

        - les Gemmati, dont le nom latin signifie "ornés de pierres précieuses", car leurs ailes sont ocellés.

         - et les Phalerati, " ornés de phalères" dépourvus d'ocelles, n° 111-144. C'est à ce groupe qu'appartient P. atalanta n° 119.

Les "phaléres", qu' en langage contemporain on désignerait sous le nom de " bling-bling ".  sont des plaques de métal sonnant et brillant portées par les soldats en décoration ou par les chevaux en ornement. Le mot latin a été aussi utilisé pour désigner le clinquant, le tape à l'oeil.

 

   Les 33 papillons phalerati reçoivent des noms de nymphes, ou d'héroïnes grecques, sans égard à leur aspect, leur localisation (peu sont européens, la plupart sont d'Inde ou d'Asie ) ce sont Tiphia, AntiopaDirce, Amathea, Venilia, Alimena, Leucothoe, Phaetusa, Bolina, Clythia, Neaerea, Acesta, Panope, Rumina, Levana, Prorsa, Lucina, Maturna, Cinxia, Paphia, Lathonia, Euphrosyne, Niobe

P. atalanta n° 119 est donc un Phaleratus, défini page 458 comme alis caecis absque ocellis, "aux ailes aveugles et sans yeux [ocelles]".

— Localité-type : Suède, [désignée par Honey & Scoble (2001)]

Cette espèce a une répartition ouest-paléarctique. Elle est signalée partout en France. 

— Lectotype : conservé par LSUK, (Honey and Scoble (2001), Zool. J. Linn. Soc. 132(3): 302.). Je traduis LSUK (?) par  London Society of London. Le premier président de cette Société, Sir James Edward Smith, avait racheté en 1783 les collections et la bibliothèque de Linné, dont le fils avait hérité.

   — Habitat in Urtica  ("la chenille vit sur l'Ortie") Les chenilles se nourrissent effectivement principalement sur Urtica dioica L.  

— Description (Phrase spécifique) : alis dentatis nigris albo maculatis : fascia communi purpurea, primoribus utrinque, posticis marginali. ("ailes dentelées à taches noires et blanches ; bande rouge pourpre, sur les ailes antérieures des deux cotés, et à la marge des ailes postérieurs") .

 — Références : Linné cite outre son propre Fauna suec. 14 auteurs :

-Fauna suecica (1746) n°777 : nom employé par Linné : Ammiralis.

-Mouffet, Insectes, 100, 3,4.

-Aldrovandi, Insectes, 240 f. 45

-Jonston, ins. t.7 f.6, 7.

-Ray, historia insectorum p. 126 n°1.

- Petiver, musei, 35 n° 327.

- Goedart, ins. I. t.26.

- Lister, goed, 10 f.4.

-Blank, ins. t.18 f. 2.

- Merian entomologia t.2 p. 91.

- Albin, ins. t.3, f. 4.

- Réaumur, ins. I, tabl.10, f.8, 9. 

- De Geer, Ins. I, t. 22. f.5.

- Roesel I. T.1. p. 6.

- Wilkes, pap. 55 t. 3. 

(cf infra ces publications)

 

 

  b) Étymologie de l'épithète spécifique atalanta.

 

   L'épithète spécifique atalanta fait référence à Atalante, héroïne dans la mythologie grecque.

 Selon la tradition développée en Béotie (région de Thèbes en Grèce), cette jeune-fille  résiste aux projets de mariage en exigeant de n'épouser qu'un homme capable de la vaincre à la course à pied, où elle excelle : bien-sûr, les prétendants sont distancés par la championne d'athlétisme, et payent  de leur vie leur tentative, jusqu'à ce que le jeune et bel Hippomène, qui a l'appui de la déesse de l'amour Aphrodite agacée de voir cette joggeuse mépriser les joies d'Eros, trouve l'idée de faire tomber pendant sa course trois pommes d'or : est-ce l'envie, est-ce la curiosité, Atalante ralentit sa foulée pour les saisir et Hippomène est vainqueur. Chez Ovide, Hippomène oublie de remercier la déesse Vénus de lui avoir donné les pommes d'or, et celle-ci, pour se venger, envoie aux amants un "désir intempestif d'ébats amoureux" qui les conduit à faire l'amour dans un temple de Cybèle la Mère des Dieux ; cette dernière, courroucée, les métamorphose en lions et les attelle à son char. Punition terrible, car les lions et les lionnes sont réputés ne pas s'accoupler, le lion ne s'accouplant qu'avec le léopard.  Ovide, Métamorphoses , X, 560-704.

 

Et vous, qui poursuivez le voile pourpre des Vulcains, n'auriez-vous pas couru après elle, quitte à le payer de la mort ?

et cursus facit ipse decorem.

Aura refert ablata citis talaria plantis

tergaque iactantur crines per eburnea quaeque,

poplitibus suberant picto genualia limbo ;

inque puellari corpus candore ruborem

 

traxerat, haud aliter quam cum super atria uelum

candida purpureum simulatas inficit umbras

 

"d'ailleurs la course même la rend belle.

La brise entraîne les liens de ses chevilles derrière ses pieds agiles,

on voit flotter ses cheveux sur ses épaules d'ivoire, 

et sous ses genoux, ses genouillères avec leur lisière brodée ;

son corps juvénile, éclatant de blancheur, s'était teinté de rose,

comme lorsque un voile pourpre, tendu au-dessus des atria,

 couvre leurs marbres blancs d'ombres qui semblent pourprées."

 (X, 590-596, trad. Boxus et Poucet 2008)  

 

 

Atalante par Pierre Lepautre (Paris, 1659 -1660 - Paris, 1744), marbre
Paris, musée du Louvre,  MR 1804  Château de Marly

atalante-pierre-lepautre-musee-du-louvre

 

 

    Hippomène par Guillaume Ier Coustou (1677-1746), marbre, Paris, musée du Louvre,  MR 1810 

                      hippomene-musee-louvre.jpg

 

 Selon la version arcadienne, (Apollodore, Bibl.,3, 9) Atalante est la fille de Iasos ; abandonnée dans une forêt et élevée par une ourse, elle devient une chasseresse vierge et sauvage [rappelant Camilla reine des Volsques *] qui participe à la chasse du fameux sanglier de Calydon. Plus tard, elle épouse  Méléagre, et participe à l'expédition des Argonautes.

* Le rapprochement n'est pas si bête, et Ovide reprend dans son poème les vers célèbres de Virgile décrivant Camilla : "On pourrait penser qu'ils rasent la surface des flots à pied sec, et qu'ils courent sans les coucher sur les épis d'une blonde moisson" : Ovide X 654-655// Virg. Enéide 7, 808-811 Cf Zoonymie du papillon Le Petit Sylvain Limenitis camilla. )

Il n'y a pas à proprement parler de discussion sur l'interprétation étymologique, mais chaque auteur doit choisir de relater  l'une des deux versions (en réalité elles sont souvent déjà mélangées chez Apollodore, Ovide ou Hygin)) et de donner plus ou moins de détails sur les légendes. Nous ne somme plus dans la zoonymie, mais dans la mythologie.

En résumé, je vous propose mon étymologie fictive : Atalanta, terme ancien signifiant "Celle que la course rend belle".

 

c) les étymologistes.

1. A.M. Emmet  (1991) :

"The famous beauty and athlete who raced her suitors and killed them if they lost. She was eventually beaten by Milanion who threw golden apples in front of her during the race; this appealed so much to Atalanta that she had to stop to pick them. She was the first to wound the monstrous wild boar in the hunt at Calydon"

2. A. Spuler page 19 :

Pyrameis atalanta "Pyrameis : gr. Pyramos, Eingename."

Atalanta : "Myth : Jägerin : Begleiterin des Meleager."

3. Janssen page 39 :

"Beroemde jageres uit de Griekse mythologie".

4. Glaser page 123 :

"Jägerin u. Freundlin Meleager's etc. Ov. Met. X. 568."

5. Spannert page 34 :

 "eine Begleiterin des Meleager, sie half ihm bei Erlegung des wilden Ebers".

6. C.W. Dale page 148 :

"Atalanta, a celebrated beauty, native of Arcadia, who made all her lovers race with her, on the penalty of death if they could not catch her. Ovid, X, 598."

Etc...


 

 

                II. Noms vernaculaires.

[ Le Papillon Amiral, de Geer, 1752].

Le Vulcain (Geoffroy, 1762 et  Engramelle, 1779) ; Atalante (Ch. de Villers, et Walckenaer) ; la Vanesse atalante (Latreille et Godart, 1819) ; la Vanesse Vulcain (Godart 1821, et la plupart des auteurs suivants) ; Le Vulcain (Luquet, 1986).


0. Avant l'Âge des Noms :  Réaumur 1734.

  En France, jusque en 1762 avec Geoffroy, il n'existait aucun nom disponible pour désigner un papillon, même aussi remarquable que le Vulcain ; et Réaumur dans son Histoire des insectes de 1734 ne fait même pas appel au seul nom étranger disponible (l'Amiral, utilisé en Grande-Bretagne) : il décrit avec une extrême précision les chenilles et les papillons et observe leurs mœurs, mais est totalement démuni de la capacité de créer un nom propre ou d'en découvrir un dans un livre.

 Réaumur ( René-Antoine Ferchault de) 1734 Mémoires pour servir à l'histoire des  insectes  Vol.1 Sixième mémoire  page  284+ ii planche.10, f.8, 9. fig.  par Simonneau.

    "La figure 8 est celle d'un papillon de la 2nde classe, ou dont les antennes sont terminées par des boutons, mais qui n'a pas de chaque coté que deux vraies jambes pp, ou que quatre en tout, sur lesquelles il se pose, et il marche. Il a deux fausses jambes qui se terminent comme les pendants des cordons de palatines*, et qui lui servent plutôt de mains que de jambes ; elles lui servent pour se brosser les yeux, et les environs de la tête.

      Dans la figure 9, le même papillon est vu par dessus, ayant les ailes étendues ; la grande tache blanche qui est ici sur chaque aile supérieure est rouge et d'un beau rouge ; les autres taches qui sont marquées de blanc sont blanches, et le reste est noir. Tout le dessus des ailes inférieures est du même noir, excepté près du bord, où il y a une espèce de large bande, ou de galon, qui est rouge, et seulement piquée de quelques points noirs. (p. 270)"

* page 269 : « semblables aux pendants des palatines de peau » : cf. Littré : Les « cordons de palatine sont des fourrures que portent les femmes autour du cou et sur les épaules en hiver. Ils ont été ainsi nommés de la princesse palatine, seconde femme du duc d'Orléans, frère de Louis XIV. L'occasion en est expliquée par la princesse : " Aussi suis-je en ce moment très à la mode ; tout ce que je dis ou fais, que ce soit raisonnable ou absurde, tous les courtisans l'admirent ou s'extasient ; jugez-en vous-même ; j'ai eu l'idée, par le froid qui règne, de reprendre une vieille fourrure, afin d'avoir plus chaud au cou ; voilà qu'aujourd'hui tout le monde en commande sur le même patron, c'est la plus grande mode du moment, Lettre du 14 déc. 1676, dans Revue german. t. XXI, p. 176. 

 

 

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0. Avant l'Âge des Noms Français .

   La première illustration et description de ce papillon a été donnée par Thomas Muffet en 1634, puis en 1695, l'anglais James Petiver lui donna  le premier nom propre, The Admiral. Ce nom a influencé Linné lorsqu'il a choisi de nommer l'espèce Ammiralis n°777 dans sa Fauna suecica de 1746. (voir sur ce nom le chapitre IV)

 

Voici les auteurs qui ont précédé le Systema Naturae de Linné 1758 (hormis Réaumur traité juste avant) : seuls les auteurs anglais utilisent un nom propre, les autres donnent une "phrase spécifique", ou une description du développement de la chenille jusqu'à l'imago.

a) Thomas Muffet, 1634, Theatrum Insectorum, page 100, fig. 3,4  :

 

"Sextae alae superiores extra nigrescunt, per mediam partem limbo quodam obsoletius rubido currente , extremítates ipsarum panno, guttisqve niveísmicant, obscuris per ambitum crenulis asperatae ; intus antem limbus ille puriorem atque saturiorem exprimitcolorem, et juxta radicem craeruleae videntur. Inferiores alae alteram intus, alteram foris faciem ostendunt, foris fuscae sunt totae, excepto, spinosa instita subrubente limbo perpusillis nigris : quatuor punctulis, et opalis duobus polycrois simul positis notat, intus autem nihil tale monstrant, sed ex nigro purpureo vermiculato in xerampelinum tristius languerites desinunt ; corpus illi nigrum, oculi, antennae, pedes, concolores fusci."


 b) Ulisse Aldrovandi 1602, Animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus AD vivum expressis page 240 fig. 45.

c) Jacob Hoefnagel  1630, Diversae Insectarum Volatium icones ad vivum accuratissimè depictae per celeberrimum pictorem. I. t. 2, edition alt. t.2, fig. 15.

 

d) Jan Goedart  entre 1662 et 1667, Metamorphosis et historia naturalis insectorum  I. page 96 t.26.  Edit.gall. Tome II. t.26. Tome III. t.39.

e) Martin Lister : édition en 1682 de l'ouvrage de Goedart, puis version améliorée en latin en 1685 : Johannes Goedartiuvs De insectis, in methodum redactus : cum notularum additione. Operâ M. Lister ... Item Appendicis ad Historiam animalium Angliæ, ejusdem M. Lister, altera editio hic quoque exhibetur. Unà cum scarabæorum anglicanorum quibusdam tabulis mutis / Johannes Goedaert / Londoni : excudebat R. E. sumptibus S. Smith  page 10 f.4. Edition française tome 2 tableau 26 et 3 tableau 39.

 

f) Steven Blankaart 1688, Schou-Burg der Rupsen, Wormen, Maden en Vliegende Dierkens daar uit voortkomende. Door eigen ondervindinge by een gebragt. Amsterdam, J. ten Hoorn. t.18 f. 2  

 

 g ) Maria Sibylla Merian, 1696, Die raupen wundenbare vol II tableau XLI page 81. (trad. française planche XCI page 24) :

"Brenn Nessel Blätter Feuilles d'Ortie Brûlante Urticae rentis folia

".

"On représente ici trois chenilles [...] d'où sortit quatorze jours après un petit Papillon qui surpasse tous les autres en beauté. Il a le corps, la tête, les petites cornes, les petites pattes d'un brun obscur, les ailes supérieures noires et aussi d'un brun obscur, avec une raye large d'un beau vermillon, ornées de petites taches bleues et blanches ; les ailes inférieures sont d'une beauté extraordinaire, et panachées de différentes couleurs". 


g) James Petiver, 1698 musei page 35 n°327.

"Papilio major nigrescens tricolor circulao fere sanguinato ornatus. THE ADMIRAL. [Références de Goedart, Lister, Hoefn, Mouffet] This happens commonly in gardens, and sometimes in wood, in August and September."

g') James Petiver,  Papilionum Brittaniae Icones (1717) (in Opera)

" The Admiral. A beautiful fly, and eminently distinguisht by a red list cross the upper wing. Often seen in gardens and fields from the end of july till autumn."

 

 

h) John Ray 1710 Historia insectorum page 126 n°1

1. Papilio major nigricans, alus macula rubris & albis pulché illustratis. Papilio major nigrescens tricolor, circulo fere sanguineto ornatus, Mus. Pet. 327. Papilio major 6 Mouffet p. 100. Goedart. 4Ta, Sect. I. edit. Lister. The Admiral .     

g)- Jan Jonston, ins. t.7 f.6, 7.

Jan Jonston 1718 theatrum I page 41  : copie de Mouffet.

h) Eleazar Albin, 1720, A national history of english insects, tableau III, f. 4. The Admiral Butterfly.

E. Alzin, image GDZ Göttingen

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i) Benjamin Wilkes 1747-49 English moths and butterflies, page 55 t. 3. 

      (voir aussi B. Wilkes, 1773, One hundred copper plates Planche 105) The Admirable Butterfly.

 

j) Charles de Geer  1752 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes. I, Planche 22 fig. 5 L'Amiral et 1771, Tome II (1)  page 193. Le Papillon Amiral.

 

 

- Roesel 1764-1768 De natuurlyke historie de insecten Tableau VI. p.37.

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   En somme, ce papillon très commun a reçu en Angleterre en 1695 le nom de The Admiral, repris par Linné en 1746 sous la forme latinisée Amirralis, alors qu'en France il était décrit, mais ne porta pas de nom jusqu'en 1762.



 1. Le vulcain , Geoffroy, 1762.

 Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 40 n° 6.

Alis nigris albo maculatis, omnibus fascia maculata coccinea. "Ailes noires tachées de blanc et traversées par une bande rouge".

 Geoffroy donne en référence les deux publications de Linné (Fauna suecica et Systema naturae 1758), ainsi que toutes celles citées supra (sauf Wilkes); mais il ne cite aucun nom propre vernaculaire, se contentant du nom scientifique de Linné Papilio nymphalis atalanta, et de quelques phrases spécifiques. Il accompagne la référence de Goedart du mot inferne, "en bas".

Dans sa description, il écrit "Le nom de vulcain a apparemment été donné à ce beau papillon à cause des taches ou bandes couleur de feu qui sont sur ses ailes ". Ce terme "apparemment" est surprenant : Geoffroy n'est-il pas l'auteur de ce nom ? Pourtant, il n'est attesté nulle-part auparavant, et si il était en usage en France du temps de Réaumur, celui-ci l'aurait (peut-être) signalé. Je conclus à une figure de style et l'attribue au modeste Geoffroy.

 On admirera sa capacité à préserver sa propre créativité poétique plutôt que de reprendre le terme anglais. Geoffroy, dont le père avait été, à l'Académie des Sciences, membre correspondant de la Royal Society, n'ignorait certainement pas le nom The Admiral. Certes, le drapeau royal blanc de la France abolissait la valeur du nom anglais. Mais surtout, Geoffroy reprend à son propre compte le rôle d'auteur pour transformer une simple description (nous aurions eu "La Bande Rouge") en une métaphore à plusieurs étapes : le Rouge engendre l'image du Feu ; celle du Feu engendre l'image de la Forge et des barres de fer rougeoyant sur l'enclume noire ; celle de la Forge celle de Vulcain, le dieu forgeron. Ou bien, et c'est le talent des images poétiques de chatoyer, le Rouge et le Noir évoquent  l'incandescence du Volcan, qui évoque Vulcain travaillant dans les souterrains Enfers.

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Héphaïstos forgeant le foudre de Zeus par Rubens, musée du Prado  

       Chacun sait que Vulcain, homologue latin du dieu grec Héphaïstos, est le fils de Jupiter et de Junon, fils qui naquit si laid que sa mère le balança du haut de l'Olympe, le quartier chic réservé aux stars. Il se blessa le pied dans la chute et restera boiteux, ce qui n'arrangea pas son allure, mais il fut recueilli par les filles d'Océan et devint forgeron, réalisant de magnifiques bijoux. Plus tard, il remonta sur la divine montagne, mais pour confectionner les orfèvreries, les armes des héros, et même les foudres de son père, il se rendait dans sa forge installée sous une des îles Lipari, l'île Vulcano.

   De même que le nom grec hephaïstos avait été utilisé dès Homère pour désigner le feu, le mot latin vulcanus servit par métonymie du dieu du feu et de la forge pour désigner la flamme et l'incendie.

   En français, le latin vulcano, par l'italien vulcano ou volcano a donné notre mot volcan, pour désigner les montagnes de feu. Toujours par métonymie du dieu du feu, le substantif masculin vulcain, d'abord écrit vulcan (1552) a pu être employé par latinisme pour "feu" .

 

 

 

 2. Le Vulcain , Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 17-20   n°6  planche VI fig.a-i  par J.J. Ernst,  1779.

  "Ce sont ces bandes rouges qui lui ont fait donner le nom de Vulcain".

 Le texte écrit par le Révérend-Père Engramelle contient une autre information remarquable pour le zoonymiste :

" Les nuances des ailes inférieures en dessous varient beaucoup dans les deux sexes ; tantôt plus claires tantôt plus obscures, elles sont communément chargées vers le milieu de quelques caractères de couleur bistre foncé qui figurent les chiffres 98 ou 78 ou 67 dans lesquels le chiffre 8 est plus ou moins distinct. Ces caractères, ainsi que la diversité de ses nuances, lui ont fait donner beaucoup de nom : l'Admiral, le Mars, le papillon à numéros, le quatre-vingt-dix-neuf, the Admiral, De nommer-Vlinder, &c."

  Je reviendrai sur ces noms au chapitre III ; notons déjà que ces noms ne relèvent pas de traditions attestées en France.

  Enfin, je souhaite transcrire encore ce passage si vivement tracé :

" Comme la plupart des précédents, il se fixe à un canton, et il combat pour s'en conserver la jouissance. L'intrépidité parait faire son caractère distinctif : il ne craint pas le danger. Autant il a été pusillanime dans son état d'enfance, pendant laquelle il a pris les précautions les plus extraordinaires pour se déroger à ses ennemis, autant il affronte tous les dangers dans son état parfait. A-t-il été manqué par les filets du Chasseur ? Il s'élève en l'air comme tous les autres, mais bien loin de prendre la fuite et de s'éloigner, il revient hardiment se poser souvent sur le filet ou sur le Chasseur lui-même ; en sorte qu'on pourrait le prendre à la main."

 

3. P.P. atalanta (atalante), Charles de Villers, 1789.

C. de Villers, Caroli Linneai Entomologia, 1789, page 45 n° 76.

Simple traduction entre parenthèse du nom scientifique.

 

 

4. P[apillon] atalante Walckenaer 1802.

Papillon atalante, Walckenaer Faune parisienne 1802 page 263 n° 9  .

traduction du nom scientifique.


 5.  Vanesse  Latreille, 1804.

: Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés..vol. 14 

Genre Vanesse : LATREILLE P. A. 1810. Considérations générales sur l'ordre naturel des animaux composant les classes des Crustacés, des Arachnides et des Insectes; avec un tableau méthodique de leurs genres, disposés en familles. Paris: F. Schoell, 444 pp. pp. 440.

 

6. Vanesse atalante, Godart et Latreille, 1819.

 LATREILLE (P.A), GODART (J.B) 1819, Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9, 1819, page 295  et page 319 n° 54 .

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 


7. Vanesse Vulcain Godart 1821.

 : Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823, page 99 n° 32  Planche n° XI peinte par Delarue et gravées par Duménil. 

       "Ce papillon a sans-doute été nommé ainsi à cause de sa bande couleur de feu".

Image BHL libr.

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       Ce nom  a  été repris par tous les auteurs : par Hippolyte Lucas (1834), toujours fidèle à Godart, P.A. Duponchel en 1849 page 53, par H. Milne-Edward en 1835, Aristide Dupuis 1865 , etc...  ...

      De même Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau Systématique des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) page 165, utilise ce nom de Vanesse atalante   avec l' initiale c., " commun".

 

 

 

La Chenille.

1.Vanessa atalanta in Boisduval, 1833.

 Boisduval, Graslin, Rambur.1833 Collection iconographique et historique des chenilles page 66. Planche 2 par Blanchard et Dumenil (BHL Library) 

 

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2. Vanesse Vulcain (Duponchel, 1849).

P.A.J. Duponchel, 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles page 105  Planche XII par Duménil (B.H.L. Libr)

 

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6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose de retenir "Le Vulcain" comme nom principal et d'écarter "Le Chiffre", qu'il a trouvé cité chez Paul A. Robert et dont il entend réserver l'usage à Fabriciana nobé , et l'Atalante, simple traduction de C. de Villers. Il valide "L'Amiral" (en Suisse) et "la Vanesse Vulcain" .


7. Noms vernaculaires contemporains :

  L'usage des noms vernaculaires eut assez mauvaise presse entre la seconde moitié du XIXe siècle et la publication de Gérard Chr. Luquet en 1986. 

 

    Pourtant, W.J. Griffith, qui n'emploie que les noms scientifiques dans son Catalogue raisonné des lépidoptères observés en Bretagne, cite des noms vernaculaires, et notamment celui du Vulcain, dans son article de 1879 "Sur quelques lépidoptères nuisibles" donné à la Société Polymathique du Morbihan. Il est vrai qu'il s'adresse plutôt ici aux jardiniers.            

 Oberthür et Houlbert dans la Faune armoricaine (1912-21) utilisent le nom scientifique Pyrameis atalanta pour désigner l'espèce, mais emploient le nom vernaculaire Vulcain dans le texte.

—Bellmann / Luquet 2008 : "Le Vulcain, l'Amiral"

— Blab / Luquet 1988 : "Vulcain"

— Chinery / Luquet  2012 : "Le Vulcain"

— Doux & Gibeaux 2007 : "Le Vulcain".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : " "

— Lafranchis, 2000 : "Le Vulcain".

— Perrein, 2012 : "Vulcain".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 :" Vulcain".

— Wikipédia : "Le Vulcain"

 

 

 

III. Vanessa atalanta et la numérologie. 

   Je reviens à la citation du Père Engramelle en 1799 :

  "Les nuances des ailes inférieures en dessous varient beaucoup dans les deux sexes ; tantôt plus claires tantôt plus obscures, elles sont communément chargées vers le milieu de quelques caractères de couleur bistre foncé qui figurent les chiffres 98 ou 78 ou 67 dans lesquels le chiffre 8 est plus ou moins distinct. Ces caractères, ainsi que la diversité de ses nuances, lui ont fait donner beaucoup de nom : l'Admiral, le Mars, le papillon à numéros, le quatre-vingt-dix-neuf (sic), the Admiral, De nommer-Vlinder, etc."  

 Effectivement, on lit bien sous les ailes postérieures du papillon des hiéroglyphes noires            qu'un Champollion anonyme  a déchiffré comme  98 , 78 ou 18, ou P8, avec un effet de miroir selon que l'on regarde l'aile droite qui compose à loisir  le numéro d'immatriculation du Cher (18) ou l'aile gauche celui du Tarn (81), ou avec la possibilité de lire les deux chiffres 1881 ; et comme au loto, on tire parfois  d'autres numéros.

  Pour cette raison, les espagnols nomment cette espèce Numerada, le numéroté, et pour cette raison également le suisse Paul A. Robert (1934) mentionne le zoonyme "Le Chiffre" à coté de celui de "Vulcain". Mais c'est surtout au nord-est et à l'est de notre pays que ce nom du papillon atteste de cette numérotation, sous les formes "De Nommer-Vlinder", "De Nommer-Kapel", "Nummerpapilion", "Le Papillon à Chiffre", "der Numernvogel", "der Acht und neuziger".

 1. De Nommer-Vlinder aux Pays-Bas avec Roesel.

Dans un article de la revue Insectes n°17 de 2004, Jacques d'Aguilar et Fabien Raimbault ont retrouvé la première mention de cette dénomination en 1746 sous la plume de Roesel von Rosenhof, dans le tome I de l' Insecten-Belustigung page 40

   "Unter allen diesen Zeichnungen thun sich in der Mitte des Flügels ein Paar ganz schwarzbraune Flecken von besonderen Figuren hervor, welche ich deswegen nicht ungehandet lassen will, weile sich einige darunter die Kahlen 98 oder 86 (nachdem man nemlich den Flügel ober oder unter sich kehret) mit Hülfe einer starcken Einbildung, vorzustellen wissen."

  "Parmi tous ces dessins, on distingue au milieu de l'aile deux taches entièrement brun-noir dont les formes sont si particulières que je m'en voudrais de ne pas les signaler , à savoir, avec une bonne dose d'imagination, comme si des gens avaient représenté au-dessus les nombres 98 ou 86 (selon que l'on tourne l'aile vers le haut ou vers le bas)".

Dans la version traduite en néerlandais du même texte dans De natuurlyke historie der insecten , ce passage est complété entre parenthèses par "(waarom hy ook van veelen de nommer Vlinder genaamt wordt)", "c'est pourquoi il porte le nom de Nommer Vlinder".

On retrouve la même mention dans l'ouvrage d'un auteur qui s'inspira de Roesel von Rosenhof, Jan Christiaan Sepp (1739-1811) dans  Beschouwing der wonderen gods, in de Minstgeachtte schepzelen of Nederlandche Insecten J.C Sepp exsudit, Amsterdam sd. I, 1, page 14 : 

”Zekere swarte Trekken, of Vlakken, die zich aan de onder-Vlerken omtrent in 't Midden, vertoonen, en eene ruwe Gedaante van 't Nommer 78 hebben, zwemende zomtyds ook wel naar 98, op den rechter-Vlerk is dit Nommer volgens de gewone Orde geplaatst, … maar op den linker Vlerk staat het anders om. … Uit hoofde dan van deze Nommer-Gedaante word onze Vlinder by den Liefhebberen de Nommer-Vlinder genoemd”.

 

Nous avons donc une attestation du nom Nommer-Vlinder en néerlandais dans la seconde moitiè du XVIIIe siècle, associé à l'observation des chiffres 98, 86 et 78. Aujourd'hui, c'est la forme Nummervlinder qui est utilisée. Il se traduit par "Papillon à numéros"

  On rencontre aussi l'appellation Nummer-kapel pour désigner Vanessa atalanta en hollandais :”Wy noemenze, wegens zeker aartig graveersel, dat aan den onderkant der agterste Wieken het Cyfergetal 78, vry duidelyk, op de ééne regt, en op de andere Wiek omgekeerd vertoont, in 't algemeen de Nommer-Kapel”, Martin Houttuyn, Natuurlike Historie I, 11, 327 [1767].

 Dans le Registre des Noms de De natuurlyke historie de Roesel, page iii, cinq noms vernaculaires sont employés : "de Admiraal, de Bontwiek, de Nummer-Kapel, de Agt-en-negentiger, de Mars". "Agt-en-negentiger", en allemand "acht und neunziger" se traduit par 98, et non par "quatre-vingt-dix-neuf" comme l'indique Engramelle dans son texte.

2. Der Nummervogel en Allemagne avec Esper.

  Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur d'Eugen Johan Christop Esper paraît de 1776 jusque dans les années 1807. On y trouve page 182 la description de Vanessa atalanta avec les noms suivants : "Der Admiral ; der Mars ; der Nummervogel ; der Acht und neuziger ; der Scheckflügel ; Le Voulcain (sic)". Une longue liste de références attribue De Nummervogel à une traduction de  De Nommer-Vlinder de Sepp, et Der acht-und-neuziger à Gladbachs, Verzeichniß Roesel Schmetterlinge, [Georg J. Gladbach,:  Beschreibung neuer europäischer Schmetterlinge  Die Weder Im Rösel, Noch Kleeman Beschrieben Stehen - 1777], donc à Roesel.

  Cette page est celle que Engramelle donne en référence de son texte : c'est donc d'Esper qu'il tient ces noms vernaculaires.

 Johan C. Esper consacre presque une page aux noms vernaculaires de Vanessa atalanta, et voici ce qu'il écrit sur les chiffres des ailes : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/210/mode/1up

 

 "Die atalanta, des Jasius Tochter, war wegen ihrer Schnelle im laufen gelten. Zu dem Namen : der Nummernvogel, der Acht und neunziger, ist derselbe durch was besonderes in seiner Zeichnung gekommen." (Le nom d'"atalanta", fille de Jasius,  a été donné car elle est réputée pour la vitesse de sa course. Les noms de "Papillon à numéro" ou de "98" se rapporte à une particularité du dessin des ailes)

   "In einem mannichfaltigen Gemisch von farben, steht auf des Unterseite der Flügel, nächst gegen den Leib, mit einem sehr düstern Schwarz, die zahl  98 in der That to deutlich gezeichnet, als hätte ihn die Natur mit dieser Nummer aus einer eigenen Absicht bemerkt. Das es aber hierinnen Varianten giebt, ist leicht zu vermuthen. Auf der zeite gegen über kommen diese Züge, wie ben iedem Abdruck, verkehrt. Vor der Achte steht zu Zeiten noch ein Zug, der dem Abkürzungszeichen, womit man sulden schreibt, auch einem Eins, an verschiedenen Exemplarien gleicht. Bald ist die Zahl 8 etwas verflossen, bald mit der möglichsten Schärfe, bald die daneben stehende so gezogen, dass man sie auch für eine Sieben zu lesen vermag (a)"  (Dans le mélange bariolé de couleurs de la face inférieure des ailes postérieures, très près du corps, se lit distinctement le chiffre 98 tracé en noir très dense, comme si la Nature avait eu délibérément l'intention d'écrire ce numéro. Il est facile de deviner qu'il existe ici des variantes).

(a) Auf diese weise kommt 78 heraus. Sepp und Admiral a;a D ; glaubten auf ihre exemplaren 89 oder 67 angeschrieben zu finden. Ich kann einen achtziger zeigen. Es ist aber das von solchen Kleinigkeiten schon Anmerkung zu viel Schade, dass man dieses in ienen Zeiten,  wo die Signatura rerum noch tiefsinnige Wissenschaft war,  nicht schon bemerkt hat." (On trouve un 78 sur ce spécimen [cf illustration pl. XIV]. J. Sepp et J. Admiral trouvaient un 89 ou un 67 sur les leurs. Je peux vous montrer un 80. Mais j'ai déjà trop parlé de ces bagatelles, qui n'avaient pas été remarqué jadis, alors que la Théorie de la Signature était pourtant prise très au sérieux.)

Esper, tome I planche XIV par I.S. Walbert.

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Esper cite aussi le nom de "Scheckflügel", qui est employé par Müller. Peut-on le traduire par "ailes-chèques", en raison du montant en chiffre de la somme à endosser ? Chic, un 1881 ! Mieux, un 8989 € !  

 

3. Nabokov, 1881 et le Destin.

      Vladimir Nabokov, romancier d'origine russe dont je rappelle encore que sa connaissance des lépidoptères est aussi approfondie que l'est sa maîtrise des mécanismes de manipulation des lecteurs de ses romans, a répondu un jour à A. Appel Jr.   qui l'interrogeait sur les raisons de sa fascination pour Vanessa atalanta :

"Its coloring is quite splendid...Great numbers of them migrated from Africa to Northern Russia, where it was called "The Butterfly of Doom" because it was especially abundant in 1881, the year Tsar Alexander II was assassinated, and the markings on the underside of its two hind wings seem to read '1881"" : "Ses couleurs sont tout à fait splendides... Un grand nombre d'entre eux migraient d'Amérique vers le nord de la Russie, où ils étaient appelés "Papillons du Destin" (ou : "Papillons de la Catastrophe, ou du Jugement"), car ils avaient été particulièrement abondants en 1881, l'année où le Tsar Alexandre II avait été assassiné, et les marques du dessous de leurs ailes semblaient composer le chiffre 1881".

  (in  Strong Opinions, 170 (Vintage International ) Août 1970 interview avec A.Appel Jr.)

 Je ne suis pas sûr qu'il ne faille pas tenir cette déclaration comme autre chose qu'une très belle création romanesque par un auteur qui personnalise souvent la fatalité ("fate") comme un personnage de ses romans — par exemple la famille Mcfate dans Lolita— et utilise la répétition de certains chiffres comme l'expression de celle-ci — 342 est à la fois le numéro de l'adresse de Lolita à Ramsdale, le numéro de la chambre d'hôtel où l'inceste va être commis, et le nombre d'hôtel dans lesquels Humbert et Lolita vont s'arrêter pendant leur parcours à travers les États-Unis—. ( La somme des chiffres de 342 est 9, comme celle de 18, ou de 1881.)

 

4. Et encore.

 D'autres auteurs y  ont lu  8118, ou 980, comme une forme précoce et naturelle de baguage, et certains ont vraiment pensé que les papillons avaient été marqués dans le cadre d'un programme scientifique (selon Aquilar et Ramibault).

5. Et Pourquoi pas en glagolithique ?

Après avoir lu d'abord sur l'aile gauche de ce spécimen de ma collection photographique l'indication 68P, je pense qu'elle porte plutôt deux lettres calligraphiées dans l'alphabet glagolithique, portant le sceau du roi Dmitar Zvonimir (mort en 1089) Jus Bolshoj Jotirovannij Glagol. Qu'en pensent les spécialistes? 

                                            Image illustrative de l'article Alphabet glagolitique

 

 

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V. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 On constate l'écrasante majorité de langues reprenant la forme L'Amiral.

J'ai retrouvé aussi le nom — récent— de "schoenmaker", (cordonnier) en néerlandais.

 

  • Адмірал, матыль en biélo-russe
  • Адмирал (пеперуда) en bulgare
  • Babočka admirál en tchèque
  • Admiral (sommerfugl) en danois
  • Admiral (Schmetterling) en allemand (et : der Admiral, der Mars, die Jungfrau, der nummerpapillon, der acht und neunziger) : anciennement pour Jakob Hübner ou pour N.J Brahm (1791) der Heiternesselfalter, le "beau (ou gai) papillon de l'ortie".
  • Admiral (liblikas) en estonien
  • almirante rojo en espagnol (et : Numerada )
  • Almirante gorri en basque
  • Amiraali (perhonen) en frison.
  • Atalanta-lepke  ou  admirálislepke  en hongrois
  • Laksamana Merah en indonésien
  • Krejenk en Upper Sorbian (Serbie)
  • Vulcano en italien.
  • Nûmerflinter en frisk : 
  • Papallona reina papallona de la reina, en catalan  
  • Адмирал (көбелек)
  • Сонцевик адмірал en ukrainien
  • Amiralfjärilen suédois
  • Адмирал (бабочка) en russe
  • Rusałka admirał en polonais 
  • admiraalvlinder of nummervlinder en neerlandais
  • Admirolas (drugys) en lituanien
  • Perîdankmîrê sor en kurde.

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  • Aimiréal dearg en irlandais
  • Ardmarragh jiarg en mannois.
  •  en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • Y Fantell Goch en gallois. 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

      Revue Bibliographique complémentaire.

selon  Goeze (Johann August Ephraim) Entomologische Beyträge zu des Ritters Linné zwölften ...,Leipzig, 1779 Volume 3,Numéro 1 page 320

- Müller I. c.p. 611 n° 175. Der Schekflügel ; Nummerpapillon.

- Füeslins , Verz. Schweiz. Ins. p.30 n° 576 Der Admiral.

- Blumenbachs, Handbuch der naturgeschichte, p. 363 n° 20, Atalanta, der Admiral ; 980 Vogel, Mars.

- Berlin. Magaz. II. p. 58. n°4. Pap. Atalanta ; Durio ; Omega ; der Admiral.

- Rösel  I. Tagvög. I Kl p. 33 t.6.

- Kleemann (Chrétien Frédéric Charles) Beytrage zur natur oder insecten Geschischte(supplément de Rösel). I. p.80. Note : der Mars. Raupenkalender, page 107. N° 301. Admiral ; Schekflügel, Zahlenthierschen ; Mars.

- Pontopp., N.G.v. D. p. 218. n°.18. Der Admiral

- Fischers, N.G. Von Licl. p. 148. n°.332. Schekflügel.

- Neuer Scaupl. Der Nat . I. p. 105. Admiral.

- Bresl. Samml. 1720. Art. 5 p. 56. f.8.

- Martini, allgeme. Gesch. Der Nat. I. p. 381. Admiral ; der Vulkan.

- Systemat. Verz. p. 174. i. n°.1. Heiternesselfalterraupe (urticae urentis) ; la Chenille épineuse solitaire de l'Orme, Réaumur. Heiternesselfalter ; L'Ammiral, Degeer. Le Papillon à Chiffre, Seba ; le Vulcain, Geoffr.

- Esper,  Schmetterl. I. p. 182. t. 14. f.I Der Admiral ; der Mars ; der Numernvogel ; der Acht und neunziger ; der Schekflügel. Le Vulcain ; the Admiral ; de Nommer Vlinder. — t. 24.f.7.7.* Eyer.

- Gladbachs Katal. Der Acht und neunziger.

- Bergsträssers, Nomencl. II. p. 20. t.20. f.1,2. Ey ; f.3,4,5,6. Raupen ; f.7,8,9. Die Chrysallide ; f.10,11,. Der heiternessenfalter ; der Admiral ; der Mars ; der Numernvogel ; der Acht und neunziger. Der Schekflügel.

- Onomast. , Hist. Nat. I. p. 350. der Admiralzeyfalter ; der Nesselschmetterling.

- Catholic. A. Ammiral.

- Dict . Encyclop. II. ed. Yverd.

- Bekm. Epit. Admiral.

- Fabricius. S.E. p. 504. n° 258. Nom. Linn.

- Scopoli (J.A). Entomol. Carniolica.Vindebonae, 1763 p. 148. n° ; 424.

- Poda. Mus. Graec. p. 72.

- Admiral, Ins. t.24. De Noord-Rups ; de Nommer Kapel.

-Schaeffer (Jacques-Chretien) Icones insectorum

- Mülleri Faun. Fridr.

- Seba Albert (1665-1736) Locupletissimi rerum naturalium Thesauri accurata descriptio. Amsterdam 1734, 4 vol. in folio Tom IV.t.I. D. 1-4 Papillon à Chiffre.

 

 

 

 

V. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

Premières illustrations : Mouffet, 1634.

  • The Admiral : Petiver, 1699 ; Ray, 1710 ; Albin, 1720 ; Duttfleid, 1748 ; Berkenhout, 1769 ; Haworth, 1803.
  • The Admirable : Wilkes, 1747-1749 ; Harris, 1766 ; Samouelle, 1819.
  • The Scarlet Admirable : Harris, 1775 ; Lewin, 1795.
  • The Red Admiral : Donovan, 1799, et la plupart des auteurs suivants.

 

James Petiver nomma donc Vanessa atalanta "The Admiral" en 1699, puis il nomma Limenitis camilla" The White Leghorn Admiral" en 1703: les deux noms se font mutuellement référence, mais Petiver n'a pas jugé utile de préciser "The Red Admiral" pour le premier, cet adjectif ne s'ajoutant au nom que cent ans plus tard. 

 A cet Amiral rouge et cet Amiral Blanc vinrent s'ajouter  accessoirement un Blue Admiral Kaniska canace (Linn. 1763) asiatique et un Yellow Admiral Vanessa itea (Fabr.1775) d'Australie.

  La Royal Navy avait été organisée à l'époque élisabéthaine en trois escadres, la rouge (Drapeau rouge, commandée par l'amiral de la flotte) placée au centre , la blanche (drapeau blanc) placée en tête  et la bleue (drapeau bleu) placée à l'arrière. Un Amiral Jaune viendra plus tard, désignant "un post captain" promu amiral sans attribution d'escadre, par défiance sur ses capacités à commander (voir ici) . 

  Jusqu'en 1702, une escadre était composée de trois divisions, celle du centre, la Rouge, celle de l'avant, la Blanche, et celle de l'arrière, Bleue, chaque division comportant des officiers de « flag-rang », Amiral, Vice-Amiral et Contre-Amiral. L'Amiral portait son pavillon au grand-mât, le Vice-Amiral au mât d'avant, et le Contre-Amiral en haut du mât d'artimon, mais les trois drapeaux étaient identiques, et de couleur unie. Dans sa propre division, l'Amiral en chef était au centre de la flottille, avec son second en avant, et son troisième en arrière.

Après 1702, les trois drapeaux des trois grades se différencièrent : uni pour l'Amiral, portant une boule blanche pour le Vice-Amiral, et deux boules blanches pour le Contre-Amiral.

 Plus tard encore, les pavillons rouge, blanc et bleu portèrent l'Union Jack :

 

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Le dernier a porté le pavillon amiral rouge au grand-mât fut l'Amiral Georg RooveAdmiral of the fleet de 1696 à 1705, donc pendant la période où Petiver nomma son papillon The Admiral. Plus tard, l'amiral le plus haut placé portait l'Union Jack en tête du grand-mât : le voici, l'Admirable Amiral de rouge vêtu :


                                         L'amiral Sir George Rooke, 1650–1709Huile sur toile par Michael Dahl, vers 1705

Nelson, Edward Vernon, et Edward Hawke :

 220px-Young_Nelson.jpg  220px-Captain_Edward_Vernon_%281723-1794 

Je place ces images par simple association entre les ailes des "Admirals" et les tenues de ces hauts personnages, sans aucune argumentation historique. Chacun reconnaîtra White Admiral et Red Admiral. En réalité, les deux amiraux ne se distinguent pas par leur uniforme, mais par la couleur du drapeau. Voir A. Justice page 625 en 1726.

 Plus tard, avec l'entomologiste Wilkes (1741), le nom se transforma en "White Admirable" et "Red Admirable", sans que je ne sache s'il s'agit d'un aimable jeu de mot, d'une réaction épidermique de rejet des officiers de marine, d'une coquille typographique. Le glissement sémantique — qui est opérant en anglais et en latin admirabilis/ amirallis alors qu'il disparaît presque en français—  n'était-il pas déjà présent dans le nom de Petiver ? Harris l'adopte et le complète avec la forme "The Scarlet Admirable", l'Amiral Écarlate. Samouelle et Lewin en sont aussi des partisans, et l'ambiguïté des deux termes persiste à notre époque, laissant à chacun la fantaisie de choisir. Ainsi, Nabokov ne démordait pas du "Red Admirable" (cf chap. VI).


 J'imagine que si Petiver ne crut pas nécessaire de préciser la couleur rouge de son "Admiral", c'est que, dans son esprit, la grande bande rouge des ailes était caractéristique du premier grade de la Flotte, et que la précision Red ne fut nécessaire que lorsque des papillons reçurent le nom des rangs subalternes.  Nous pouvons poser l'équation "Papillon Admiral = Pavillon Amiral".

[ En France, ce pavillon est blanc : depuis François Ier, la couleur blanche devient Premier couleur de Colonel,  les colonels généraux se donnant les uns le drapeau blanc, d'autres la cornette blanche ou le cheval blanc comme insigne de commandement ; en 1670, Saint-Louis institua le pavillon amiral, carré, blanc, placé au grand-mât ou au mât d'avant du vaisseau amiral commandé par l'Amiral ou le Vice-Amiral. ( Bardin, Dict. Armée de Terre, p. 769).]

 


      Les Potins : Lord Charles Beresford, amiral de la Flotte, et son épouse Mina Gardner étaient surnommés "The Red Admiral and the Painted Lady", en raison de la déplorable habitude de Mina de se maquiller en public.


VI Nabokov et Vanessa atalanta.

Ce petit chapitre mérite un article entier, car V. atalanta était le papillon préféré et fétiche de Vladimir Nabokof, dans un rebondissement permanent entre le papillon lui même, et l'œuvre de Swift où il est serti en rébus prémonitoire dans deux vers de Cadenus and Vanessa.

Voir donc : Le papillon Vanessa atalanta, Jonathan Swift et Vladimir Nabokov. .



 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

— Funet : Vanessa

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Vanessa atalanta .

— UK Butterflies : vanessa atalanta.

— lepiforum : vanessa atalanta

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner: Planche  .

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ;http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up 

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                 I.  Étymologie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler :Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980 , "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

— KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

— SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

—SPULER  (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

  BALLAND, Eugène Amédée; 1823 Les papillons, leur histoire, la manière de leur faire la chasse et de les conserver : ouvrage amusant et instructif, orné de figures représentant un choix des plus beaux papillons d'Europe .Paris : Chez Pre. Blanchard : [Chez] Lecerf.. (1823) illustrations par J.J.G. Dulompré. Archive.org.fr

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

— BRIDGES (Charles A.) 1993 Bibliography (Lepidoptera: Rhopalocera)  2nd ed. C.A. Bridges in Urbana, Ill . Archiv.org. 

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— CURTIS, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres.             http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

— DAREMBERG (C.) et SAGLIO (E.),  Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines  (1877-1919) Univ. de Toulouse Le Mirail :http://dagr.univ-tlse2.fr/sdx/dagr/rechercher.xsp?qid=sdx_q3&hpp=51&p=7&filtre=A

— DALE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 Archiv.org.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. 

  http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. BHL.Library

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

— ESPER (Eugenius Johannes Christian) Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur / mit Beschreibungen, herausgegeben mit Zusätzen von Toussaint von Charpentier. Leipzig : T.O. Weigel, [1829-1839] En ligne BHL.

  — FABRICIUS (Johann Christian) 1807  "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge [...], Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

— FABRICIUS (Johann Christian) 1787  Fabricii Mantissa insectorum Hafniae 1787 en ligne Goettingen.

— FABRICIUS (Johann Christian)  1798  Supplementum Entomologiae systematica , Hafniae.

 — FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— GEER, (Charles de), Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, 1771.Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica .  Tome second première partie 616 pages,  ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

 —  GRIFFITH (W. J. )  Catalogue raisonné des lépidoptères observés en Bretagne jusqu'en 1882, ,... publié par les soins de T. Bézier. Rennes : Impr. Fr. Simon, 1902.

— GRIFFITH (William John) 1879 "Sur quelques-uns de nos lépidoptères nuisibles", Extrait duBulletin de la Société

polymathique du Morbihan. 1er et 2e semestre 1879, 37 pages.  

— HAWORTH Adrian Hardy Lepidoptera Britannica;: sistens digestionem novam insectorum Lepidopterorum ...London, 1803, Google books

— HIGGINS (L. G.) et RILEY (N. D.) 1988. Guide des Papillons d'Europe : Rhopalocères. Troisième édition française. Traduction et adaptation par Th. Bourgoin, avec la collaboration de P. Leraut, G. Chr. Luquet et J. Minet. Delachaux et Niestlé édit., Neuchâtel ,1988, 455 pages.

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

   LATREILLE (P.A.) 1796 Précis des caractères génériques des insectes disposés dans un ordre naturel par le citoyen Latreille Paris, Brive : 1796 pages 140-149.

 — LATREILLE, P. A., 1804. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, Paris : Déterville. vol.24. 

LATREILLE (P.A.) Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, Paris : Detreville vol. 17, 1803 ici

LATREILLE (P.A.) Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle vol. 24 1818 : Classification page 501 http://books.google.fr/books?id=I_NBAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=vanesse&f=false

—LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 369. Paris : Dufart.

 — LATREILLE P. A. 1810. Considérations générales sur l'ordre naturel des animaux composant les classes des Crustacés, des Arachnides et des Insectes; avec un tableau méthodique de leurs genres, disposés en familles. Paris: F. Schoell, 444 pp. pp. 350-370.

 —LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

 — LATREILLE (P.A), GODART (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9 1819. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LEWIN, W. 1795 The Insects of Great Britain, systematically arranged, accurately engraved, and painted from nature, with the natural history of each species BHL library

http://www.biodiversitylibrary.org/item/103670#page/7/mode/1up

 

— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 —in : PFLETSCHINGER (Hans). Papillons.Comment identifier et reconnaître les papillons d'Europe et leurs chenilles traduit et adapté de l'allemand par G. Chr. Luquet. 80 p., 88 illustr. photogr. coul. Collection "Miniguides Nathan tout terrain". Fernand Nathan édit. Paris.

MERRETT Christopher, 1666 Pinax Rerum Naturalium Britannicarum, continens Vegetabilia, Animalia, et Fossilia. Londini : Impensis Cave Pulleyn ad insigne Rosae in Coemeterio Divi Pauli, typis F. & T. Warren, 1666. Books Google.fr

 

— MOFFET (Thomas) 1634 Insectorum, sive, Minimorum animalium theatrum.  Londini : Ex officin typographic Thom. Cotes et venales extant apud Guiliel. Hope, 1634.  BHL.

— MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buch'oz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

— MERIAN (Maria-Sibylla) Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par  Universitätsbibliothek Heidelberg;

 

— MERRET (Christopher) 1667  Pinax Rerum Naturalium Britannicarum. 1667. Google Books

http://books.google.co.uk/books?id=p0SjZ7N6TA0C&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

  — OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), 1912-1921, Faune entomologique armoricaine. Lépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.

— PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

— PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

— PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767  Version Books.Google 

 

— PETIVER (James) 1717 Papilionum Brittaniae Icones (1717)  

 

— PERREIN (Christian) 2012 , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— RAY  (John) Historia insectorum, Londini 1710 Archive.org

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes   Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL.  Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

 ROBERT (Paul A.)  1934 — Les Papillons dans la nature, Delachaux et Niestlé : Neufchâtel et Paris,  405 p., 64 pl. couleurs books.google.fr/books?id=jSFDAAAAYAAJ

— RÖSEL VON ROSENHOF (August Johann) 1746 KLEEMANN (Christian Friedrich Carl) , Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung: ... in welchem die in sechs Classen eingetheilte Papilionen mit ihrem Ursprung, Verwandlung und allen wunderbaren Eigenschafften, aus eigener Erfahrung beschrieben und in sauber illuminirten Kupfern, nach dem Leben abgebildet, vorgestellet werden von August Johann Rösel, Miniatur-Mahlern: Nebst einer Vorrede, in welcher von dem Nutzen derer Insecten gehandelt, was sie seyen gezeiget, und von der Eintheilung dererselben Nachricht gegeben wird Nürnberg, 1746. En ligne Heidelberg.
 
— RÖSEL VON ROSENHOF 1764-68 De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem,By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] continué par Christian Friedrich Carl Kleemann 1735-1789 et traduit en néerlandais par Adam Abrahamzoon Moerbeek.

 — SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

 — SCUDDER, S. H. 1875. "Historical sketch of the generic names proposed for Butterflies: a contribution to systematic nomenclature". Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, 10: 91-293. http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

SEPP (Jan Christiaan) (1739-1811) Beschouwing der wonderen gods, in de Minstgeachtte schepzelen of Nederlandche Insecten J.C Sepp exsudit, Amsterdam sd.  Archive.org.

— SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

— TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

— WILKES (Benjamin) One hundred and twenty Copper plates of English moths and butterflies ... with a natural history London : Benjamin White 1773  Books.google.

— WILKES (Benjamin), The english moths and butterflies, etc... London : printed for the author 1747-49 Books.Goggle

— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.


 

                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boisduval Tableau meth. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97190k/f1.image.pagination.r=Boisduval.langFR

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

 http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

et https://archive.org/stream/papillonsdeurop00ernsgoog#page/n159/mode/2up

Engramelle vol. 2 : http://books.google.fr/books/about/Papillons_d_Europe_peints_d_apr%C3%A8s_natur.html?id=jbS5ocRuGsYC&redir_esc=y

Engramelle vol. 3 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84701433

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 :

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

 https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Merett http://books.google.co.uk/books?id=p0SjZ7N6TA0C&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books?id=rTtXAAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=atalanta&f=false

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

 Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray : http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n12/mode/1up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : 1746 : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746bd1/0043?sid=856d8527c14fddd6114e81296d90af7d

néerlandais : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

 

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

  — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

 

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

                

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:20

   Zoonymie du papillon La Mélitée du Plantain, Melitaea cinxia (Linnaeus, 1758).


                                                           Oh, ma Lolita, je n'ai que des mots pour me divertir !

                                Humbert Humbert, à sa nymphette perdue, in Lolita, Nabokov.

 

   La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom. 

 

 

 

Résumé.

— Melitaea Fabricius 1807 : en 1991, Emmet écrivait : "Encore un nom de Fabricius  qui a intrigué les auteurs. Sodoffsky (1837) corrigeait en Melinaea qu'il dit être l'un des noms d'Aphrodite (Vénus); Pickard et al. le font dériver de  Melitaea, le nom d'une ville en Thessalie; Macleod du grec  μελοεις (melitoies), "miel", qui est selon lui un épithète d'Aphrodite ; et Spuler de μελιταίος (melitaios), "de ou appartenant à Malte" ".  Sachant que Fabricius s'est donné comme règle d'attribuer à ses papillons diurnes des noms de genre inspirés de ceux de Vénus, ils'agirait plutôt d'une erreur pour Melinaea, épithète (cité dans la Cassandre de Lycophon) de Vénus propre à la ville de Melina en Grèce. On peut aimer y entendre un jeu de mot évoquant le miel et l'attrait des papillons pour le nectar. 

M. cinxia (Linné, 1758) : le nom spécifique est sans ambiguïté et honore une déesse indigète présidant aux mariages et transformée à l'époque classique en Juno cinxia. Cette "Junon à la ceinture" (le latin cingo signifie "ceindre") présidait au dénouement de la "ceinture" de la jeune fille vierge, prélude de l'accouplement nuptial.    

— Noms vernaculaires : Geoffroy (1762) et Engramelle (1799) avaient choisi la métaphore du Damier (équivalent du Fritillary anglais) ; Godart (1821) s'alignait sur le nom scientifique avec  l'Argynne cinxia, de même que Lucas et Duponchel avec la Mélitée cinxia. Enfin Luquet (1986) choisit La Mélitée du Plantain, qu'un auteur suisse nommé Paul A. Robert avait créé en 1934 en francisant le nom latin Melitaea accolé au nom d'une plante hôte. Ce fut le point de départ d'une série de 14 autres Mélités. Deux autres noms suisses, la Déesse à Ceinture et le Damier à pointillé avait été cités jadis dans deux ouvrages : ils ont le mérite, pour les distraits, de rappeler que cette espèce est marquée de points noirs sur les ailes. Anecdotiquement, la Mélitée de la Piloselle, traduction du même nom latin par de Villers, peut aussi servir à mémoriser une autre plante hôte. Les noms du XXe siècle sont mnémotechniques.


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815.

 

 

b) sous-famille des Melitaeinae (selon Fauna Europaea).

 

 

c) Tribu des Melitaeini Newman, 1870.

 

            

 

 

 

  I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Nymphalidae (Les Nymphalides, angl. Brush-footed Butterflies).

  [N.B : j'observe ici la taxonomie présentée par Dupont & al. (2013) qui estiment que l'attribution de cette famile à Swainson (1820) n'est plus valide.]

 Rafinesque, C.S. 1815: Analyse de la nature, ou tableau de l'univers et des corps organisés.Palerme. L'Imprimerie de Jean Barravecchia. en français, 224 pp page 127. "Les Nymphales, quatre pattes droites, quatre pattes ambulatoires". Les Nymphales sont, pour Rafinesque, une Sous-famille de la famille Ropalocera ; elle comporte alors 23 "genres".

  Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) est un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, qui a passé son enfance à Marseille avant de s'installer à Palerme comme herboriste. puis à Philadelphie. 

  Ce grand collectionneur en histoire naturelle s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. Grand admirateur de Linné, nom dont il prénomme son fils, il débute son Analyse de la nature par cette dédicace : "La nature est mon guide, et Linnaeus mon maître".

  Cette famille comporte actuellement 13 sous-familles. Celles qui nous concernent sont les Danainae (Danaïnes ou Monarques) ; les Libythéines ( Échancrés ou Libythinées) ; les Nymphalinae ; les Melitaeinae  ; les Charaxinae ; les Apaturinée et les Satyrinae.

 

   Son nom vient de Nymphales, nom de la quatrième phalange de la nomenclature de Linné, aux ailes dentelées (alis denticulatis) et divisée en gemmati (ailes ocellées) et phalerati (ailes ornées). Le nom est dérivé du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille » et désigne dans la mythologie grecque les divinités féminines de la nature, généralement considérées comme les filles de Zeus et du Ciel, remarquablement belles, et qui peuplaient la plupart des lieux naturels: forêts et bois, vallées fertiles et bocages, sources et rivières, montagnes et grottes…  

Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815 : six sous-familles

  • Sous-famille des Libytheinae Boisduval, Rambur, Dumesnil & Graslin, [1833]
  • Sous-famille des Danainae Boisduval, [1833]
  • Sous-famille des Heliconiinae Swainson, 1822
  • Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840
  • Sous-famille des Nymphalinae Swainson, 1827
  • Sous-famille des Satyrinae Boisduval, [1833]

 

b) Sous-famille des  Nymphalinae Swainson, 1827 (Les Nymphalines).


  • Tribu des Nymphalini Swainson, 1827
  • Tribu des Melitaeini Newman, 1870
  •  

 

c)  Tribu des Melitaeni Newman, 1870

Cette tribu rassemble, parmi les papillons que les anglais nomment les Brush-footed ("pieds à brosse), les Fritillary ou "Fritillaires" (tachetées comme les fleurs du même nom) et lescheckerspots, crescents et crescentspots ou " à damiers",  "à croissants", " à taches en croissants". C'est dire que l'un de leurs points communs est de présenter sur leurs ailes des marques noires en points ou en sortes de croissants.   

  • Sous-tribu des Euphydryina Higgins, 1978
  • Sous-tribu des Melitaeina Newman, 1870
  • Sous-famille des Charaxinae Doherty, 1886

d) Sous-tribu des Melitaeina Newman, 1870

Genre Melitaea Fabricius, 1807

 

    

2. Nom de genre Melitaea Fabricius, 1807.

 

 Fabricius, 1807, "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges", Magazin für Insektenkunde , Karl Reichard, Braunschweig [Brunswick] (6) page 285, n°29.

   Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes. Le 29eme des 49 genres de Fabricius cités dans l'article, Melitaea, contient 15 espèces, dont quatre sont nommées : Lucina, Cinxia, Cynthia, Maturna .  M. cinxia est l'espèce-type. 

Ce genre est désormais divisé en sous-genres :

  • Melitaea Fabricius, 1807, 8 espèces en France dont M. cinxia.
  • Didymaeformia Verity, 1950, 3 espèces en France.

 Sous genre Melitaea Fabricius, 1807.

  • Melitaea cinxia (Linnaeus, 1758) Mélitée du Plantain.
  • Melitaea diamina (Lang, 1789) . Mélitée noirâtre.
  • Melitaea varia Meyer-Dür, 1851 . Mélitée de la Gentiane.
  • Melitaea parthenoides Keferstein, 1851 . Mélitée de la Lancéole
  • Melitaea aurelia Nickerl, 1850 . Mélitée des Digitales.
  • Melitaea helvetica Rühl, 1888 . Mélitée de Fruhstorfer.
  • Melitaea athalia (Rottemburg, 1775) . Mélitée du Mélampyre.
  • Melitaea deione (Geyer, [1832]). Mélitée des Linaires.

 

 a) La classification de Fabricius ou Systema glossata.

L'article cité en référence n'est pas écrit par Fabricius, mais par Johan Karl Wilhem Illiger. Illiger, qui fut conservateur du musée zoologique de Berlin en 1810, après avoir pris en charge les collections du comte von Hoffmannsegg,  a fait paraître la revue Magazin für Insektenkunde de 1802 à 1807. Dans celle-ci, il donne une présentation anticipée des genres de lépidoptères que Fabricius s'apprête à publier dans son Systema glossata ou Classification des Lépidoptères ; mais ce dernier livre n'a jamais été édité, en raison du déces de Fabricius en 1808, d'un incendie dans l'imprimerie et de la faillite de l'éditeur. (Voir S.L. Tuxen, 1967)

 

b) Étymologie du nom de genre.

 Je dois d'abord rappeler à nouveau la règle que Fabricius s'est fixée dans le choix de ses noms de genre des papillons de jour : les puiser autant que possible parmi les épithètes de Vénus/Aphrodite, déesse diurne, alors que les genres de ses papillons de nuit reçoivent les surnoms de Diane/Artémis ( Zoonymie du papillon Le Petit Sylvain Limenitis camilla.). C'est le cas de 19 à 20 des 49 genres :

1. Urania « amour éeleste »

2. Amathusia  : de la ville d'Amathus, à Chypre

5. Morpho : (aux belles formes, aux formes changeantes)

7.Castnia : du Mont Kastion, en Pamphylie

8. Eupolea (euploea) : de l'heureuse navigation

9. Apatura : Aphrodite apatouria ou apatouros, « la décevante»

10 Limenitis : des ports

11. Cynthia : (épithète de Diane , mais désigne plutôt ici la courtisane vénusienne des Élégies de Properce)

12. Vanessa ( Vanessa, créature de Vénus dans le conte de Swift, Cadenus et Vanessa)

15. Neptis : neptis Veneris, Ov. M. 4, 530 : la petite-fille de Vénus (= Ino)

19. Argynnis : Venus argennis, d'Argennus, favorite d'Agamemnon.

20. Thaïs : courtisane célèbre dévouée à la déesse Vénus.

22. Doritis : Vénus doritis, "la bienfaitrice" qui avait selon Pausanias son temple à Cnide

23. Pontia : de la mer profonde

24. Colias : du temple de Colias, en Attique

25. Haetera ; Hétaïra, protectrice des courtisanes. 

26. Acraea : Protectrice des acropoles et des lieux élevés.

27. Mechanitis : l'ingénieuse à ourdir des ruses, son surnom à Megalopolis.

33. Erycina : du mont Erix, en Sicile.

 36. Nymphidium (des mariages)

 Il convient donc de se demander en priorité si Melitaea figure parmi les dénominations de Vénus. La réponse est négative ; on trouve à la rigueur  Melinaea dans un vers de Lycophon.

 Avant d'en débattre, je citerai auparavant les interprétations des entomo-étymologistes :

1) A.M. Emmet (1991) page 155.

—"Another of the names from Fabricius which has puzzled authors. Sodoffsky (1837) emended it to Melinaea, which he said was a surname of Aphrodite (Venus) ; Pickard and al. derive it from Melitaea, the name of a town in Thessaly ; Macleod frommelitoeis, "honeyed", according to him an epithet of Aphrodite ; and Spuler ofmelitaios, of or belonging to Malta. Any one of the last three may be right. Fabricius placed the fritillaries in two families, the larger one in Argynnis, the smaller in Melitaea. Word-play was suggested for the former name and is possible here too, an association with meli, honey, from the butterflies' love of nectar, being intended ; meliteion, mead, is another possible source."

  "Encore un nom de Fabricius qui a intrigué les auteurs. Sodoffsky le fait dériver de Melinaea, dont il dit qu'il s'agit d'un épithète d'Aphrodite ; Pickard et al. de melitaea, nom d'une ville de Thessalie ; Macleod du grec melitoeis, "miellleux", qui serait selon lui un épithète d'Aphrodite ; et Spuler de melitaios, "de, ou appartenant à Malte". Chacun des trois derniers  peut avoir raison. Fabricius a placé ses fritillaires dans deux familles, les plus grands dans les Argynnis, les plus petits dans les Melitaea. Des jeux de mot étaient suspectés dans le noms précédent [Argynnis], et c'est encore aussi peut-être le cas ici où une association de meli, "miel", pour les papillons attirés par le nectar, est possible ; meliteion, "hydromel", est une autre possibilité".

2. W. Dale page 193 :

" Melitae'a, a town of Thessaly. Sodoffsky purpose Melinaea, a surname of Venus, from mel-, "honey"."

"Melitaea, une ville de Thessalie. Sodoffsky propose Melinaea, surnom de Vénus, de mel-, "miel" "

 

3. Arnold Spuler (1908) page 21 :

     " Die Malteserin : Beiname der Artemis ?" : "La Maltaise : surnom d'Artémis ?"

4. Janssen, page 40 :

" bijnaam van Artemis, die cen tempel bezat te Melité".

"Surnom d'Artémis, qui avait un temple à Malte."

5. Ramann, page 64 :

"war der lateinische Name für Malta und möchte wohl dieser Name  als von Faltern, die daher stammen oder denen ähnlich sind, abzuleiten sein" :

"...était le nom latin de Malte"

6. Ludwig Glaser, page 123:

"Melitäerin' od Maltheserin, zunamen d. Diana."

"Melitäerin ou Maltaise, Surnom de Diane".

7. L. Glaser, 1863 page 24 in Hürter :

"Von melitaios, "malthesich", Melitaia, Zuname der Diana...Artemis, Athalia und alle übrigen Melitäen fuhren Namen oder zunamen der Göttin Diana".

8. Anton Spannert page 34 :

"Ein Beiname der Diana mit Bezug auf ihre Verehrung zu Melita, dem heutigen Malta".

9. W. Sodoffsky page 80 :

" Richtiger von Melinaea ; denn Melitaia war eine Stadt in Thessalien, dagegen Melinaiaein Beiname von Venus, die Süsse ; von meli, "Honig". Vide Vollmer P. 1183".

10. H.A. Hürter page 243 :

 " Auch hier ist wie bei Limenitis eine der Regeln hilfreich, die Sodoffsky p. 78aufgestellt hat : ".Uberall, wo man nicht auszeichnende Merkmale, die vielen Species einer Gattung gemein waren, auffand, oder wo eine gattung in mehrere Familien getheilt werden musste, da wählte man zur Bezeichnung derselben die veralteten Namen grieschischer Städte, Flüsse, Inseln und Personen, oder die Beinamen der Göttinnen".

Als Beiname der Artemis, wie manche Autoren meinen, erscheint Melitaea weder bei Bruchmann  noch bei Pauly noch bei Roscher. Deshalb liegt die Vermutung näher, dass Fabricius bei der Schaffung des Gattungsnamens wohl doch die antike Stadt Melitaia, latin Melitaea, im Sinn hatte."

11. Perrein et al. 2012.

"Probablement de Mélitée, d'un radical grec meli, "miel", fils de la nymphe Othreis et de Zeus, abandonné dans les bois par sa mère qui craignait la colère d'Hera, nourri au mile par un essaim d'abeilles, puis recueilli et élevé par un berger ; devenu un héros vigoureux, il fonda la ville de Melitaea, en Thessalie, où il régna en tyran".

Que disent les dictionnaires de mythologie gréco-latine ? 

  • Melina, ville de l'Argolide (Péloponèse). Vénus, la principale divinité de cette ville, en avait pris le surnom de Melinaea. ( Joseph Guadet Dictionnaire universel abrégé de géographie ancienne comparée, page 158).
  • Melinaea ΜΕΛΙΝΑΙΑ: surnom d'Aphrodite, venant de la ville de Méline (Étienne de Byzance. s. v, 454 ; Lycoph. 403.) in Aphrodite Titles. Ce surnom apparaît dans leCassandre de Lycophon, au vers 403 : "la déesse de Castnium et de Melina".
  • Meliteus ΜΕΛΙΤΕΥΣ : fils de Zeus et d'une nymphe, qui, caché par sa mère pour échapper à la jalousie de Hera, fut élevé par des abeilles. Il aurait donné son nom à la ville de Melite en Phthia (Anton. Lib. 13) 
  • Melita : Malte, île de Mediterranée, et Melita, ville capitale de l'île.(Guadet, id)
  • Melita : lac de l'Acarnamie cité par Stabon. (id).
  • Melita ou Melite, Meleda, île du golfe Adriatique.(Guadet, id)
  • Melitaea, ville de Thessalie, au sud de Penée (Salampria). (Guadet, id) Citée par Strabon, mais aussi, sous le nom de Melitia, par Thucydide.
  • Melite: île de la côte Adriatique selon Agathemerus, Pline (Melita), ou Ptolémée (Melitina insula) Dictionary A. Macbean
  • Melite (Μελιτη, Melitê). Une Naïade ou nymphe du Mont Melite sur l'île mythique de Phaiakes (les Phaeaciens) ; fille du dieu fleuve Aegaeus, qui devint, par Heraclés, la mère de Hyllus, chez les Phéniciens.(Apollonius Rhodius, Argonautica 4. 538 ff ) Source:Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology. Elle est souvent associée à la nymphe du miel Makris.

  • Melite, l'une des Néréides, fille de Nereus et de Doris. (Hom. Il. xviii. 42; Hes. Theog. 246; Apollod. i. 2. § 7; Virg Aen. v. 825.)

  • Melite, une fille d'Erasinus d'Argos. 

  • Melite : selon Philochorus : fille de Myrmex.

 

Mes conclusions.

Pour les raisons présentées plus haut, il est très probable que Fabricius a choisi Melitaea comme un épithète de Vénus. Il aurait alors (ou le typographe) commis une faute sur une lettre puisque la  seul épithète connu est MelinaeaAphrodite de Méline en Argolide. Les hypothèses qui font dériver cette épithète de mel ou meli, "miel" sont néanmoins plaisantes.

  Je suis moins enclin que A.M. Emmet à croire que Fabricius dissimule des jeux de mots dans ses noms de genre, mais la proximité sémantique entre Melinaea et l'ensemble des nombreux noms construits sur le modèle Melit- a pu faciliter son choix. Rien ne peut non plus départager les partisans de Melita /Malte, Melitatea/ville de Thessalie. Enfin les recherches de H.A. Hürter ne lui ont pas permis, tout comme les miennes, de découvrir un culte de Diane/Artémis à Malte, ni une Diane qualifiée de Melitaea.

N.B. Les Amours de Méline de Le Baïf (1552) témoignent aussi de ce culte de Vénus :

 Employons Ce doux vivre, ô ma Méline!

Çà donc, mignonne, viens-t'en.

Et me tend Ta bouchette coraline.  

 

      

3. Nom d'espèce : Melitaea cinxia (Linnaeus, 1758)

 

a) la publication originale.

  P[apilio] N.[ymphalis] cinxia :  Linnaeus, C. 1758: Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Tomus I. Editio decima, reformata. 1-824. Holmiae (Laurentius Salvius). page 480 n°137 .

— Localité-type : Uppsala, Suède, désignée par Honey & Scoble (2001). [Cette espèce est présente dans toute la région paléarctique. Elle est signalée presque partout en France. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Plantains.]

 Habitat in Veronica, Plantagine, Trifolio, Gramine. Mas elinguis ; Femina vero lingua spirali. Rolander. " Vit sur la Véronique, le Trèfle, les Graminées. Le Mâle n'a pas de langue ; mais celle de la femelle est en spirale (Rolander)".

— Description :P.N. Dentatis fulvis nigro-maculatis : subtus fasciis tribus flavis. "(ailes) dentelées fauves tachées de noir : trois bandes jaunes en dessous."

 — Références :

Fn svec . 780. Comes. : voir infra.

Pet[iver] gaz[ophylacii page 28] t. 18. f.10.

Raj. Ins. 121. n. 9.

Wilkes. Pap. 58. t. 3. a. 8.

Roesel ins. 4  t. 13

Reaum. ins. 2, t. 9.

      Une note en bas de page du texte de Linné indique: "Fritillarii" vulgo dicti 132 ad 144, quum alae maculis fere tessellatae sint, sed 138 ad 144 ob maculas argenteas "Nobiles" communiter nominati sunt. " Les espèces n° 132 à 144 avec des taches carrées sur les ailes sont appelées en langage courant Fritillaires, mais celles n° 138 à 144 sont communément nommées Nobles en raison de leurs taches argentées".

Dans la Fauna Suecica : Le Comte.

 Dans la Faune de Suède de 1746; n° 783 page 237 , Linné tente pour cette espèce un nom "vulgaire" (mais en latin), celui de Comes, "Comte". Ce nom fait suite à une série brève où Linné, manifestement, cherche sans y parvenir réellement à créer un Système de dénomination. Cette série a débuter par Ammiralis, puis  Imperator, puis Rex, Princeps, et enfin Comes. Ayant épuisé les titres de noblesse, il débutera Faunus, Satyrus, Corydon, Alexis, et abandonnera le monde des bois et des bergers. Il tente encore Papilio canicularis, papilio hyemalis, ses 3 Brassicaria, latis venis, B. minor, B. vulgaris, puis  Aurora, Alpicola, les Argus oculatus, fuscus, myops, caecus, puis ses butyracea, avant de quitter les papillons de jour sans avoir trouver la solution. Lorsque douze ans plus tard, il publie le magnifique Systema Naturae avec l'inépuisable gisement de noms mythologiques, on mesure le chemin parcouru. 

 

 

 

b) Synonymes (INPN, Muséum) et sous-espèces.

  • Euphydryas cinxia (Linnaeus, 1758).
  • Melitaea cinxia arelatia Fruhstorfer, 1910. 
  • Melitaea cinxia pallidior Oberthür, 1909 . 
  • Papilio cinxia Linnaeus, 1758.  

 

 

LERAUT retient la présence de deux sous-espèces en France :

arelatia Fruhstorfer, 1910. Localité-type : Plateau d’Emparis, Isère (Dauphinée). Entomologische Zeitschrift., 24 : 144    : Nom dérivé de la ville d'Arles  "d'Arelatien, l'ancien nom du royaume de Bourgogne, et donc du Dauphinée" : Arelat, nom du Royaume d'Arles, ou second royaume de Bourgogne au Haut Moyen Âge.

pallidior Oberthür, 1909. Oberthür, C. 1909. Etudes de lépidoptérologie comparée. Fascicule III. Imprimerie Oberthür, Rennes. 415 pp page 234. Localité-type : Madone de fenestre, Alpes-Maritimes. Du latin pallidior, eris, "plus pâle" .


Dupont et al. 2013 présentent deux lignées génétiques différentes en Europe selon le séquençage d'un gène mitochondrial ( Wahlberg & Saccheri 2007) :

- Une lignée ouest-européenne comprenant des échantillons de la péninsule Ibérique, de France et d'Italie. 

 - Une lignée renfermant deux sous-lignées :Une sous-lignée centre- et sud-européenne  et une sous-lignée est-européenne .

 

c) étymologies.

c1 : les étymologies proposées par les auteurs en entomologie : un consensus !

1) A.M. Emmet (1991) page 155 :

"cinctus, "girdled" : Cinxia was the title of Juno when, in her capacity as Lucina, the goddess of childbirth, she unloosed the girdles of brides".

""cinctus," ceinte ": cinxia était le titre de Junon quand, en sa qualité de Lucine, la déesse de l'accouchement, elle détachait les ceintures des mariées".

 

2. W. Dale page 193 :

"Cinxia, a surname of Juno, connected with cingulus, a girdle".

"Cinxia, surnom de Junon, relié à cingulus, une ceinture ".

 

3. Arnold Spuler (1908) page 21 :

 "die Gegürtete, Beiname der Juno."

4. Janssen, page 40 :

"bijnaam van Iuno, beschermster van het huwelijk ; cinctus (vrouwelijk cincta) = gebonden"

"Surnom de Junon, patronne des mariages, de cinctus (cincta au féminin), "ceint".

 

5. Ramann, Page 66 :

"ist ein Beiname der Juno, als Stifterin der Ehen". 

"est un surnom de Junon, comme garante des mariages".

 

6. Esper page 220 :

"P. Nymphal. Phaler. Cinxia, der gelbe Würfevogel, das Damenbrett. Cinxia ist weyland ein beinahme der Iuno gewesen, und hier kann derselbe auf das Gürtelförmige des Coloris einige Beziehungen haben."

"Cinxia, l'oiseau-portée jaune, Damenbrett  [nom vern. de M. galathea]. Cinxia est un épithète de Junon, et peut aussi avoir un rapport avec la bande colorée en forme de ceinture.

 

7. Anton Spannert page  35 :

"ein Beiname der Juno : wegen des Gürtels, mit dem sie dargestellt wurde, von cingo gürte".

"Un surnom de Junon : à cause de la ceinture avec laquelle elle est représentée. De cingo, "ceindre".

 8. Perrein et al. 2012 page 406 :

"De Cinxia, du latin cinctus, "ceinturé", épithète de Junon, la déesse romaine qui préside notamment à la naissance des enfants en "dénouant les liens" comme Lucina (voir Hamaeris lucina) ; peut-être une allusion à la rangée de points noirs de la bande submarginale fauve des ailes postérieures."

 

c2. Analyse.

Ce consensus des auteurs pour reconnaître en Cinxia un épithète de Junon incite à participer au chœur pour explorer les dictionnaires :

 Le verbe cingo, es, ere, cinxi, cinctum signifie ceindre, entourer d'une ceinture, revêtir, entourer, ou couronner. Le nom Cingulus désigne une ceinture.

 Avant de s'appliquer à Junon comme épithète, Cinxia était le nom d'une divinité indigète, Di indigetes, dans le cadre d'une religion animiste dépourvue de clergé et multipliant les divinités pour protéger chaque acte de la vie domestique et féminine. Le répertoire des quelques 200 divinités a inspiré d'autres zoonymes, comme edusa, divinité de l'alimentation du petit enfant (cf Colias edusa). Cinxia était invoquée, comme Domiduca et Talasius, pour protéger le mariage. Varron les divise plus précisément en divinités déterminés, dii certi, spécialisés dans une activité — comme Cinxia pour le mariage—, en dii incertii, aux prérogatives vagues (lares, mânes, lémures, pénates cf. Maniola), et en dii praecipui atque selecti, vingt dieux bien personnalisés comme Jupiter,Junon, Mercure, etc...

     Les informations les plus complètes sur les divinités liées au cycle conception-naissance-développement proviennent des Pères de l'Église, en particulier de saint Augustin d'Hippone et de Tertullien, d'Arnobe et de Lactance, et les écrits de Marc Varron, perdues, (notamment son Livre XIV) ne sont connues qu'à travers eux. On peut décrire, en suivant l'ordre chronologique de la conception à la naissance, les dii conjugales et dii nuptiales :

 Jungatinus, de iugare , "à se joindre, accoupler." 

Cinxia, de cingo, "ceindre",

Subigus, de subigere, "apprivoiser, dompter" et, ici, "soumettre sexuellement".

Prema, de primere, "appuyer sur", et, ici, "pénétrer" : déesse de l'acte sexuel.

Inuus, "entrée" s'associe au dieu phallique Mutunus Tutunus et à Pertunda (du verbe pertundere, "pénétrer", invoquant la puissance divine nécessaire) pour permettre cette pénétration. Les Romains avaient construit selon Festus un temple à Mutinus ou Mutunus, où il figurait avec un fascinum, phallus de déflorescence où les jeunes femmes étaient (?) conduites avant la nuit de noce..

Janus, dieu bi-face des portes, donne accès aux semences génératives.

Consivius ou Consevius de conserere, "semer", dieu de l'insémination.

Liber Pater, le Père Liber permet à l'homme de libérer sa semence, alors que Libera fait de même pour la femme.

Et  Matuta  présidait aux caresses du réveil. (Plut., in Camilio).

Selon Daremberg et Saglio,page 180

" L'homme est en âge maintenant de prendre femme et de procréer. Voici de nouvelles divinités qui se présentent à lui, les dieux du mariage (dii nuptiales), chargés de veiller à tous les détails légaux, moraux et physiques de l'union, depuis les plus extérieurs jusqu'aux plus intimes. A leur tête et présidant, semble-t-il, à l'ensemble du mariage, Junon, invoquée en cette circonstance sous le nom de Juno Juga ou Pronuba. Auprès d'elle ou plutôt après elle, nous rencontrons Afferenda, ainsi nommée parce qu'elle s'occupe de l'apport dotal ; Domiducus (ou Domiduca ou Iterduca), Domitius et Manturna, trois divinités qui se suivent l'une l'autre, la première pour conduire la nouvelle épouse vers le toit conjugal, la seconde pour la décider à y entrer, la troisième pour l'obliger à y demeurer. Unxia rappelle que le seuil de la maison est oint de parfums, en signe de bon présage. Les deux époux sont en présence sur le lit nuptial. Cinxia dénoue la ceinture de la mariée, Virginiensis préside à la première atteinte portée à sa pudeur virginale, Jugatinus l'unit à son époux". Alors viennent un certain nombre de divinités que saint Augustin appelle infâmes et obscènes, et dont on ne pourrait définir la fonction qu'en recourant au latin des Pères de l'Eglise : ce sont avec Venus et son corrélatif Mutunus Tutunus, que l'on rapprochait du Priape grec, Subigus, Pretia, Pertunda, Perfica."

Saint Augustin emploie le nom de Virginiensis à la place de celui de Cinxia : 

 

"...qu’il soit Potina pour leur donner à boire, et Educa  pour leur donner à manger; qu’il doive à la peur enfantine le nom de Paventin; à l’espérance qui vient celui de Venilia; à la volupté celui de Volupia; à l’action celui d’Agenoria; aux stimulants qui poussent l’action jusqu’à l’excès, celui de Stimula ; qu’on l’appelle Strenia, parce qu’il excite le courage; Numeria, comme enseignant à nombrer; Camena, comme apprenant à chanter; qu’il soit le dieu Consus, pour les conseils qu’il donne, et la déesse Sentia pour les sentiments qu’il inspire; qu’il veille, sous le nom de Juventa, au passage de l’enfance à la jeunesse; qu’il soit encore la Fortune Barbue, qui donne de la barbe aux adultes, et qu’on aurait dû, pour leur faire honneur, appeler du nom mâle de Fortunius, plutôt que d’un nom femelle, à moins qu’on n’eût préféré, selon l’analogie qui a tiré le dieu Nodatus des nœuds de la tige, donner à la Fortune le nom de Barbatus, puisqu'elle a les barbes dans son domaine; que ce soit encore le même dieu qu’on appelle Jugatinus, quand il joint les époux; Virginiensis, quand il détache du sein de la jeune mariée la ceinture virginale ; qu’il soit même, s’il n’en a point de honte, le dieu Mutunus ou Tutunus , que les Grecs appellent Priape; en un mot, qu’il soit tout ce que j’ai dit et tout ce que je n’ai pas dit, car je n’ai pas eu dessein de tout dire; que tous ces dieux et toutes ces déesses forment un seul et même Jupiter, ou que toutes ces divinités soient ses parties, comme le pensent quelques-uns, ou ses vertus, selon l’opinion qui fait de lui l’âme du monde; admettons enfin celle de ces alternatives qu’on voudra, sans examiner en ce moment ce qu’il en est, je demande ce que perdraient les païens à faire un calcul plus court et plus sage, et à n’adorer qu’un seul Dieu? " (De Civitate, IV, chap. XI).

 

  Les attributions de Cinxia sont en relation avec la ceinture (cingulum) que la mariée porte pour symboliser que son mari est "ceinturée et lié" (cinctus vinctusque) à elle. Elle est parfois nouée par le "nœud d'Hercule", Herculanea nodo, complexe et difficile à dénouer, mais dont le dénouement sera gage de fécondité, Hercule étant réputé avoir eu 70 enfants. Dans certains traditions, c'étaient les compagnes de la jeune épouse qui ôtaient cette ceinture. Une ceinture pouvait aussi être offerte et nouée, puis dénouée par le mari lors de l'accouchement lors d'un rituel au cours duquel il ôtait sa propre ceinture, en entourait sa femme lors du travail.

  Il ressort de ces traditions que la ceinture était un très ancien symbole de virginité, et que son déliement était celui de la défloration ; Cinxia a cingulo, ou Juno a cingulo, la Déesse à la ceinture, était invoquée pour être favorable à ce moment crucial.  En marque de renoncement à leur pureté,le jour des fiançailles les jeunes filles allaient porter leur ceinture dans le temple de Junon.

  Celle qu'y était remis à la jeune épousée était dit-on en laine de brebis. 

 Isidore de Séville, amateur d'étymologies approximatives, pensait que notre terme "enceinte signifiait "sans ceinture", (incincta praegnas eo quod est sine cinctu) ce qui semblait parfaitement logique. En réalité, les termes anciens d'-enceindre, enchaindre- (devenir grosse) ou d' -enchainturer- (rendre enceinte) comme notre -enceinte- semblent procéder de l'idée que la femme devenant grosse est "cernée, entourer".

   A la lecture des auteurs cités, Juno cinxia m'était apparue comme une Reine-Mère matrimoniale préoccupée, du haut de l'Olympe, de préserver les liens indéfectibles du Mariage et de la prospérité des Familles Nombreuses, sa Ceinture flottant comme une traîne de mariée au son des orgues d'une Toccata nuptiale.

Elle m'apparaît désormais peut-être plus coquine, et je rangerais volontiers sa ceinture et son nœud d'Hercule  dans le registre de la lingerie rose, et son "culte" parmi ces traditions d'un goût douteux où la noce accompagne en chantant les époux en se poussant du coude vers leur chambre en réclamant un équivalent de " cinxia, cinxia, cinxia" . Oui toute la Noce est là pour tenir la chandelle et Saint Augustin l'a écrit dans des lignes immortelles : 

 

 

   "Que le dieu Jugatinus préside à l’union des sexes, je le veux bien; mais il faut conduire l’épousée au toit conjugal, et voici le dieu Domiducus; il faut l’y installer, voici le dieu Domitius; et pour la retenir près de son mari, on appelle encore la déesse Manturna. N’est-ce point assez? épargnez, de grâce, la pudeur humaine ! laissez faire le reste dans le secret, à l’ardeur de la chair et du sang. Pourquoi, quand les paranymphes eux-mêmes se retirent, remplir la chambre nuptiale d’une foule de divinités? Est-ce pour que l’idée de leur présence rende les époux plus retenus? non; c’est pour aider une jeune fille, faible et tremblante, à faire le sacrifice de sa virginité. Voici en effet la déesse Virginiensis qui arrive avec le père Subigus, la mère Prèma, la déesse Pertunda, Vénus et Priape 1. Qu’est-ce à dire? s’il fallait absolument que les dieux vinssent en aide à la besogne du mari, un seul dieu ne suffisait-il pas, ou même une seule déesse? n’était-ce pas assez de Vénus, puisque c’est elle dont la puissance est, dit-on, nécessaire pour qu’une femme cesse d’être vierge? S’il reste aux hommes une pudeur que n’ont pas les dieux, les mariés, à la seule pensée de tous ces dieux et de toutes ces déesses qui viennent les aider à l’ouvrage, n’éprouveront-ils pas une confusion qui diminuera l’ardeur d’un des époux et accroîtra la résistance de l’autre? D’ailleurs, si la déesse Virginiensis est là pour dénouer la ceinture de l’épousée, le dieu Subigus pour la mettre aux bras du mari, la déesse Préma pour la maîtriser et l’empêcher de se débattre, à quoi bon encore la déesse Pertunda? Qu’elle rougisse, qu’elle sorte, qu’elle laisse quelque chose à faire au mari; car il est inconvenant qu’un autre que lui s’acquitte de cet office. Aussi bien, si l’on souffre sa présence, c’est sans doute qu’elle est déesse; car si elle était divinité mâle, si elle était le dieu Pertundus, le mari alors, pour sauver l’honneur de sa femme, aurait plus de sujet d’appeler au secours contre lui, que les accouchées contre Sylvain. Mais que dire d’une autre divinité, cette fois trop mâle, de Priape, qui reçoit la nouvelle épousée sur ses genoux obscènes et monstrueux, suivant la très-décente et très-pieuse coutume des matrones [le fascinum priapique de Mutinus]?

 

 

Planche d'illustration par Roesel : tome 4 Planche XIII :

 

                    n160_w444

 

 

 

 

                II. Noms vernaculaires.

 

0. Avant l'Âge des Noms.

 

  Avant que Linné n'invente, par une révolution radicale, les noms d'espèce en zoologie, en France, on ne nommait pas, mais on décrivait ou on dessinait les papillons. Certes les auteurs anglais utilisaient des noms vernaculaires depuis que James Petiver en ait institué l'usage ; mais jusqu'en 1762 en France, les papillons n'avaient pas de noms ; d'autre part, un seul auteur français (mais lequel!) s'est donné ces insectes comme sujet d'observation. A défaut de nom, on va constater que Réaumur savait observer la nature avec une précision, une méthodologie et une patience admirable : Dans le neuvième Mémoire du volume 2 de son Histoire des insectes, il décrit le comportement de chenilles noires aux yeux rouges qui sont, à n'en pas douter, celles de la Mélitée du Plantain : du grand art !

René-Antoine Ferchault de Réaumur Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Volume 2 Neuvième Mémoire pages 167-171 Planche 9 fig. 2 et 3 :


   "Nous nous arrêterons davantage à l'histoire d'une chenille un peu plus petite que les précédentes, et qui donne aussi un papillon diurne ; on la trouve dans les prairies vers la fin de septembre, mais elle y est encore plus aisée à trouver vers le milieu d'octobre. Dans le besoin elle mange des feuilles des gramens des près, mais elle aime encore mieux le plantin, et surtout celui à feuilles étroites. Quand on commence à voir ces chenilles, elle sont d'une couleur de maton ; par la suite après avoir mué, elles sont d'un très beau noir, et leur tête devient rouge. Elles semblent épineuses, elles sont pourtant comme une classe moyenne entre celle des épineuses et celle des velues ; leur corps est couvert de mamelons charnus,qui sont autant de petites pyramides coniques, disposées par rang comme le sont les épines ou les tubercules des autres chenilles. Des petits poils posés assez proches les uns des autres sont implantés dans ces pyramides charnues, et s'élèvent parallèlement à l'axe de la pyramide. Sa pointe est elle-même chargée de pareils poils ; il n'y en a point ou peu sur le reste du corps de ces chenilles

   Quoique leurs sociétés ne soient pas bien nombreuses, car je ne les ai jamais trouvées de plus d'une centaine de chenilles, les endroits où elles se sont établies sont aisés à reconnaître ; on voit dans des prairies certaines touffes d'herbes [Pl.9. Fig.7.] qui sont recouvertes de toiles blanches, qu'on est d'abord porté à prendre pour des toiles d'araignées ; Ce sont des espèces de tentes, au dessous desquelles nos chenilles mangent, se reposent et changent de peau toutes les fois qu'elles ont à en changer. La disposition de ces toiles n'a rien de régulier : il y en a de posées en divers sens, et plusieurs les unes sur les autres ; la figure d la touffe d'herbe, la direction des branches qu'elle jette, décide de la disposition des toiles, qui souvent vont depuis les feuilles qui s'élèvent le plus, jusqu'à celles qui sont les plus proches de la surface de la terre. Le gros de la masse approche pourtant, pour l'ordinaire, de la figure pyramidale. L'intérieur est comme partagé par plusieurs cloisons, en différents logements qui s'élargissent en s'approchant de la base. Ce qui a été renfermé sous une telle tente de figure très irrégulière, ou, si l'on veut, sous plusieurs tentes rassemblées les unes auprès des autres, est destiné à la pâture de nos chenilles. Quand elle ont rongé toutes ces tentes, ou ce qu'elles avaient chacune de meilleur et de plus tendre, elles abandonnent ce premier camp pour en aller établir un autre sur une touffe d'herbe plus fraîche ; elles n'y transportent pas leur tentes, mais elles s'y en font de nouvelles. Leurs différents campements sont aisés à retrouver, souvent on voit quatre à cinq touffes d'herbe éloignées les unes des autres d'un pied ou deux, encore couvertes de toiles en assez mauvais état, et étendues au dessus de feuilles très maltraitées.

   Lorsqu'elles se préparent à changer de peau, et surtout lorsqu'elles sentent les approches de l'hiver, elles se font un logement plus solide dans l'intérieur de la principale tente. Les toiles de la tente sont minces, et souvent assez transparentes pour laisser voir les feuilles au dessus desquelles elles sont tendues ; mais le logement intérieur que les chenilles se font, soit pour y changer de peau, soit pour y passer l'hiver, est composé d'une toile plus forte, plus épaisse, et assez opaque pour ne laisser aucunement voir celles qu'elle couvre. Cette dernière toile forme une espèce de bourse [Planche 9. fig. 10.] c'est à dire que sa figure est arrondie, et que l'intérieur de sa cavité n'est partagée par aucune cloison. Les chenilles sont les unes sur les autres, dans cette bourse ; chacune y est roulée, elles sont aussi de celles qui se roulent volontiers. Dans le temps où elles sont occupées à manger, si on veut en prendre quelque une, et qu'on touche, avant que de la prendre, les feuilles dont elle est proche,, aussitôt elle se laisse tomber [fig.8] la plupart de ses voisines en font de même, elles tombent roulées, et paraissent mortes.

   En 1731, j'apportai de Réaumur, c'est à dire du bas Poitou, plusieurs de ces bourses, dans lesquelles des chenilles s'étaient renfermées pour passer l'hiver. Je les mis dans mon jardin de Paris, et je les y laissai pendant l'hiver sur le gazon. Elles commencèrent à sortir de leurs nids dés la fin de février, ou au plus tard vers les premiers jours de mars 1732. C'est à dire qu'elles en sortirent un mois avant le temps où les chenilles appelées communes sortent des leurs ; aussi les premières trouvent des feuilles de gramen et de plantin, lorsque les autres ne trouveraient pas encore des feuilles d'arbres.

   Dès que celles d'une bourse ou d'un nid en furent sorties, elles se mirent à filer, elles reprirent les pratiques qu' elles avaient suivies avant l'hiver : elles couvrirent de toiles les plantes des feuilles desquelles elles voulaient se nourrir. Elles se firent des tentes de soie qui servaient à les défendre de la pluie. C'est surtout pendant que le soleil brillait qu'elles travaillaient à étendre et à fortifier ces tentes. Elles se réservent dans les toiles diverses ouvertures dirigées obliquement, par où elles peuvent rentrer sous leurs tentes, ou en sortir. Pendant les nuits douces du mois de mars, je les ai vues souvent hors de la tente,attachées les unes auprès des autres, et même les unes sur les autres contre une tige de gramen ; mais quand les nuits sont froides, elles ne restent pas ainsi exposées aux injures du temps.

   J'avais mis à dessein plusieurs bourses ou nids de ces chenilles les uns auprès des autres. Les chenilles de ces différends nids se réunirent pour travailler ensemble à une même tente ; ainsi ce ne sont pas seulement celles d'une même famille qui sont disposées à vivre ensemble. Pour rassembler plusieurs différentes familles en une même société, il ne faut que des circonstances qui y soient favorables.

   Entre ces chenilles d'un même nid, il y en avait vers le 5 avril qui étaient près de la moitié plus petites que les autres. Une remarque que nous avons faite ailleurs, dispose à croire que ce pouvait être celles qui devaient donner des papillons mâles. Je n'ai point observer dans l'année dont je parle, c'est à dire après l'hiver, qu'elles aient changé de peau avant le 10 avril : alors en deux ou trois jours de temps toutes de dépouillèrent. Vers le 17 avril elles se dispersèrent, elles abandonnèrent leur tente, sans songer à s'en faire une nouvelle, chacune alla de son coté pour vivre en particulier et se préparer à la métamorphose.

   Ces chenilles sont de celles qui, pour se métamorphoser, se pendent par les dernières jambes la tête en bas, comme nous l'avons expliqué dans le Xe Mémoire. La chrysalide [Pl. 9. fig.4 et 5] qui sort du fourreau de chenille, se pend dans le même endroit avec la râpe qu'elle a à son derrière. L'insecte est resté chez moi environ cinq semaines sous cette forme de chrysalide avant que de paraître sous celle de papillon ; Les papillons de ces chenilles sont diurnes ; ils sont de médiocre grandeur, mais très jolis. Le dessus de leurs ailes, c'est à dire les surfaces qui sont cachées lorsqu'ils les tiennent droites, est d'un aurore pâle, mais le dessous des ailes ou les surfaces sont en vue, lorsque le papillon les tient droites, est plus varié ; l'aurore et un blanc jaunâtre y forment des bandes semblables à celles du point de Hongrie ; du noir et du brun qui pointillent chacune de ces bandes, y font des ondes et diverses autres figures dont le travail plaît aux yeux "

 chenille 8914c

 


0' Avant l'Âge des Noms Français (suite).

 Les auteurs étrangers qui ont précédé Linné (1758) sont :

a) James Petiver 1703  gazophylacii naturae t.18 f.10. C'est le premier créateur de noms : voir infra l'étude de son zoonyme Papilio Fritillarius Lincolniensis.

b) John Ray 1710 Historia insectorum page 121, n°9. Il reprend la tradition des noms initiée par Petiver, et je découvre dans son ouvrage la suite des Fritillary : Silver-spotted Fritillary, Lesser Siver-spotted Fritillary, April Fritillary, May Fritillary, Fritillarius lincolniensis, Mr's Vernon Small Fritillary. Quelle avance ! La Grande-Bretagne est alors le seul pays au monde à nommer ses papillons. 

c) Benjamin Wilkes 1747-49  pap. 58 t.3 a 8 Le nom utilisé est The Plantain-Fritillary-Butterfly. (voir aussi la planche du recueil de 1773 planche 111): 

 

1. Le Damier, Geoffroy, 1762.

- Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 45 n° 12 variété C .

      Pour sa douzième espèce, Étienne-Louis Geoffroy donne parfaitement les références  de notre Melitaea cinxia, énumérant le Systema Naturae de Linné et son P. cinxia, James Petiver et son Fritillarius Lincolniensis, John Ray (idem ac Petiver) et la planche de Roesel tome 4 tableau XIII. Pourtant, il semble s'être perdu dans le nombre de "variétés", parmi lesquelles il en décrit quatre, A, B, C et D. 

 Engramelle, puis Latreille ont reconnu cinxia dans la variété A, mais Godart s'est prononcé pour la variété C. Les quatre sont de couleur fauve. Un maillage en "quarrés, à peu-près comme sur un damier ou un échiquier" est décrit pour la variété B, mais celle-ci est dépourvue de points noirs. C  présente le même maillage en damier, mais aussi "une rangée de points noirs posés chacun sur le milieu d'un quarré, le long du bord des ailes inférieures, tant en dessus qu'au dessous".

 Le manque d'illustrations de bonne qualité se fait ressentir.

Curieusement aussi, Réaumur, pourtant un des grands modèles de Geoffroy, n'est pas cité.

L'espèce n'a pas réussi à Geoffroy.

Le nom qu'il a choisi est très certainement déterminée par le "Fritillarius" de Petiver, dont, en tant que médecin, il ne pouvait manquer de connaître le sens, "damier".


 [2. Le Damier première espèce , Engramelle 1779. (selon Latreille 1804)]

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 64

  planche XVIII n°29 fig. a-f  par J.J. Ernst gravée par Ransonnette,  1779. 

Référence :

- Geoffroy, p. 45 n°12 A.

- Linné, Syst. Nat. (12 ed.) tome I partie 2, page 704 n°205.

- Esper, tome I tabl. XLI suppl. XVII fig. 3.

   " La chenille se nourrit de pitourelle*, oreille de chat ou de souris" : * errata pour Piloselle signalé vj.

2' Le Damier quatrième espèce, Engramelle 1779 (Selon Godart, Boisduval, etc...)

    Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 68 Planche XIX n° 32 fig. a-f. par J.J Ernst gravée par Scaignand.

 

 - Geoffroy, var. C

- De Geer, II, 1, Pl. 1 fig. 17-18 page 201.

- Esper, I, tab. XLVII supl. XXIII, fig. 3. 

N.B. Engramelle signale que la chenille est toute noire ; la chenille de M. cinxia a la tête rouge.

 

3. Papilio Nymphalis phalerati  Cinxia (Cinxia), Charles de Villers, 1789.

  Cinxia , C. de Villers, Caroli Linneai Entomologia, 1789, page 51 n°84.

et Papillon piloselle page 58 n°97 : c'est le Papilio pilosellae d'Esper décrit comme espèce différente, mais qui est actuellement considérée comme un synonyme de M. cinxia.

 

 

4.  P[apillon] Cinxia (P. Cinxia) Walckenaer 1802.

Papillon Cinxia, Walckenaer Faune parisienne 1802 page 272 n° 33.

Là encore, il s'agit d'une simple traduction/copie du nom scientifique.

 

5. Nymphale Damier, Latreille, 1804.

Nymphale damier, n. cinxia : Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés..vol. 14  page 96 n° 33 : Geoffroy n°12 var. A, Engram. Pap. d'Eur. pl. XVIII N° 29.


6. L'Argynne Cinxia , Godart et Latreille, 1819.

Argynne Cinxia n° 49 LATREILLE (P.A), GODART (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9, 1819, page 255 et page

3/f292.image.r=cinxia.langFR">281.


6'. Le Damier du Bois de Boulogne.    

Zoonyme vernaculaire cité en fin d'article par les auteurs précédents page 282.

 


7. L'Argynne cinxiaGodart 1821.

 L'Argynne cinxia  : Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823 page 73 n° XXII . peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin. 

Jean-Baptiste Godart cite les noms suivants après son titre :

-Papilio cinxia Linné.

- Le Damier variété C de Geoffroy.

- Le Damier quatrième espèce d'Engramelle.

      Le nom d'Argynne cinxia a été repris par Bory de Saint-Vincent 1825 ; mais comme la communauté scientifique ne va pas suivre Godart dans sa classification, et va ranger l'espèce dans le genre Melitaea, il sera difficile de continuer à parler de l'Argynne cinxia...

 

La Mélitée cinxia

...C'est le nom de Mélitée cinxia qui prit la place, même sous la plume d'Hippolyte Lucas (1834, page 55), toujours fidèle à Godart habituellement.

 

 Ce nom  a  été repris aussi par P.A. Duponchel en 1849, ;  ...

      De même Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau Systématique des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) page 165, utilise le nom "(la) Mélite cinxia", Melitaea cinxia, avec les initiales c., " commun".

 Boisduval 1833 n'utilise que le nom scientifique, qui est alors Melitaea cinxia

 

 

La Chenille.

1.  Melitaea cinxia.

 Boisduval, Graslin, Rambur.1833 Collection iconographique et historique des chenilles  Planche 4, fig.7 et 8. (BHL Library)

 

                         n510_w510

 

 

2. La Mélitée cinxia. (Duponchel, 1849).

P.A.J. Duponchel, 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles page 139 n°60 et Planche 21 fig. 60 a et b.  (B.H.L. Libr)

                        n188_w429

 


6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose de retenir le nom de Mélitée du Plantain comme nom principal. Il accepte en nom accessoire la Déesse à ceinturons (en Suisse) ; le Damier du Plantain ; le Damier pointillé ; la Mélitée de la Piloselle. Il réfute à juste titre le Damier comme "nom équivoque pouvant prêter à confusion".

Gérard Christian Luquet écrit en note :

"Je propose de réserver le nom collectif de "Damier" aux seules espèces du genre Euphydryas (y compris Eurodryas et Hypodryas, considérés ici comme de simples synonymes d'Euphydryas), et d'attribuer le nom collectif de "Mélitée" à toutes les espèces des autres genres de Melitaeni (Melitaea, Didymaeformia, Cinclidia et Mellicta). De la sorte, il conviendra de renoncer à utiliser les noms comportant le mot "Mélitée" pour le premier groupe d'espèces, et ceux comportant le mot "Damier" pour le second groupe d'espèces."

En adoptant ce système de dénomination, Mr Luquet poursuit une méthode initiée par Jean-Baptiste Godart. Les noms créés par Geoffroy en 1762, et souvent repris par Engramelle, étaient pour beaucoup des noms simples et non composés : Vulcain, Citron, Souci, Apollon, Argus, Deuil, Amaryllis, Céphale, Procris, etc. Parallèlement, la dénomination scientifique de Linné, quoique composée de deux mots, regroupait en 1758 tous les papillons diurnes sous le nom Papilio, et seul leur nom d'espèce les différenciaient. Puis, la nécessité de créer des genres est apparue à Fabricius, Schrank, Latreille. En 1821, tous les papillons de Godart étaient désignés par un nom scientifique double (genre + espèce), et il s'attacha à donner des noms en langue française construit sur la même structure. Le Vulcain devint La Vanesse Vulcain, le Citron devint la Coliade Citron, l'Amaryllis, le Satyre Amaryllis.

 Gérard Luquet applique une méthode moins systématique (il respecte les noms simples consacrés par l'usage) aux papillons qui n'avaient jusqu'à présent pas été nommés, ou dons la dénomination était restée confuse. Les noms seront construit sur un schéma Nom de Groupe + qualificatif. Le nom de Groupe ne correspond pas strictement aux genres scientifiques, mais se rapproche plutôt des tribus (ici, Mélitée recouvre 4 genres). Les noms de groupe institués sont par exemple ceux des Thécla, des Azurés, des Moirés, des Nacrés, certains noms étant de pures innovations (Ocellés ;Fadets ; Sablés ; Chamoisés).

 Ces noms de Groupe comblent un vide qui apparaît nettement dans le lecture des ouvrages anglo-saxons, où les Swallowtails, White, Yellows, Blues, Coppers, Hairstreaks, Fritillaries ou Skippers n'avaient pas leur équivalent dans notre langue.

Le qualificatif sert le plus souvent à désigner une plante hôte,ou une couleur, et, à défaut, une origine géographique ou une particularité.

Ainsi, quinze noms de Mélitées sont choisis par Gérard Luquet en 1986. Treize d'entre eux, indiquées par un astérisque, sont créés de toute pièces pour des espèces souvent dépourvues de nom vernaculaire. Voici les quinze Mélitées :

  •   Mélitée du Plantain.
  • *Mélitée pont-euxine.
  • *Mélitée noirâtre.
  •   Mélitée orangée.
  • *Mélitée de l'Érémial.
  • *Mélitée du Bouillon-blanc.
  • *Mélitée des Centaurées.
  • *Mélitée andalouse.
  • *Mélitée du Mélampyre.
  • *Mélitée des Linaires.
  • *Mélitée de la gentiane.
  • *Mélitée des Scabieuses.
  • *Mélitée des Digitales.
  • *Mélitée des Grisons.

L'auteur considère donc que son nom de Mélitée du Plantain n'est pas une création (pas d'astérisque) et, effectivement, il a été utilisé auparavant par Paul A. Robert, 1934 (page 137) qui est aussi l'auteur de la Mélitée Orangée.

 

  Tout en saluant la remarquable initiative de Gérard Chr. Luquet, je regrette qu'il ait choisi de traduire ou de franciser le nom latin, ce qu'il dénonce ailleurs. Les noms sont d'autant plus appréciables qu'ils font image ou métaphore, en reprenant pour un nouvel usage un nom de notre langue. Certes, le nom de Mélitée est euphonique, très doux voire melliflu à l'oreille ; mais il ne stimule pas notre mémoire évocative. Pouvait-on faire mieux ? Trouver un synonyme de Damier ou Échiquier ? S'inspirer du gemmati de Linné (orné de joyaux) ? Difficile. J'ai pensé à Fritillaire, (littéralement : en damier) comme en anglais ; à Mosaïque (La Mosaïque du plantain, etc...) ; à Élégante (L'Élégante du plantain, ...). 

  Pour la même raison, l'association au nom de groupe Mélitée d'un mot qualifiant la couleur ou la plante hôte crée des séries stéréotypées où le zoonyme ne crée ni la surprise, ni le goût savoureux, ni la curiosité d'une belle trouvaille avec son rébus à déchiffrer. Par contre, ces nouvelles séries de nom ont une efficacité signalétique et mnémonique supérieure.

  

 

La Déesse à ceinturons est employé en Suisse, la première mention retrouvée datant de 1934. C'est évidemment une périphrase pour Junon Cinxia, ...la déesse "à la ceinture", (ou, en Suisse peut-être "au ceinturon" ?). Mais c'est le pluriel "ceinturons" qui est employé, et on peut se demander si l'image initiale de la ceinture ne s'est pas transformée en celle du ceinturon muni de trous garnis d'œillets, désignant la rangée de points noirs des ailes. 

  • Paul. A. Robert, 1936.—Les Insectes, 2. Lépidoptères... Delachaux et Niestlé : Neufchâtel (Suisse).
  • Paul. A. Robert, 1934. Les Papillons dans la nature, Delachaux et Niestlé : Neufchâtel, page 132.
  • C.A.W Guggisberg et E. Hunzinger, [1948] et [1957]. —Papillons de jour et de nuit, Lausanne :Payot.
  • Lionel G. Higgins et Norman D. Riley, 1971-1975. —Guide des Papillons d'Europe (Rhopalocères), traduit de l'anglais par Pierre-Claude Rougeot. Deuxième édition [1978], Delachaux et Niestlé : Neufchâtel, et Paris.

 

Le Damier pointillé. 

n'est signalé par G. Luquet que dans un seul ouvrage, suisse à nouveau : 

  • Raphy Rappaz, 1979. — Les Papillons du Valais (Macrolépidoptères), R. Rappaz édition : Sion (Valais).

  L'expression est imagée et permet, comme celle du ceinturon, de mémoriser l'une des caractéristiques de l'espèce, la rangée de points sombres des ailes, tout en reprenant un terme utilisé en bibliophilie ("une couverture à damier pointillé noir et orange") ou pour décrire le fond des enluminures. Elle répond aux souhaits de G. Luquet d'utiliser le nom "Damier". Néanmoins, la publicité donnée à un nom utilisé dans une seule publication, sans témoignage d'un usage antérieur ou d'une tradition, me gène, d'autant qu'il est désormais cité par les auteurs qui reprennent sans les sélectionner les noms cités par G. Luquet.

 Sous la forme de "damier à pointillé", l'expression pouvait servir à décrire des étoffes des dames : "Pour grande toilette :taffetas fond blanc à fleurettes, taffetas mille raies, brodé, taffetas perlé à petit, gaze de soie, gaze de Chambéry." (Journal des demoiselles, 1862)

                                        220px-071115_036.JPG

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:071115_036.JPG

 

 

La Mélitée de la Piloselle.

Dans le texte de G. Luquet page 20, le nom La Mélitée de la Piloselle porte un renvoi (L.43) vers la réference à Caroli Linneai Entomologia de Charles de Villers (1789). Mais je n'ai pas retrouvé ce zoonyme, l'espèce étant désignée sous le nom de Cinxia (cf. supra) page 50. 

 En fait, Charles de Villers décrit un "Papillon de la piloselle" page 58 n°97, un P.[apilio] N.ymphalis] P.[halerati] Piloselle (P.[apillon] de la Piloselle, correspondant à une espèce décrite par Esper t. 47 f.3. Ce p. pilosellæ Esper est un synonyme de M. cinxia

      La Piloselle, ou Épervière piloselle, Hieracium pilosella, appartient bien aux plantes hôtes de la Mélitée du Plantain M. cinxia.

  J'en conclus que, jusqu'à preuve du contraire, la "Mélitée de la Piloselle" est une création de Gérard Luquet, non signalée comme telle, par adaptation du "Papillon de la Piloselle" de de Villers.

 

 

 

 

7. Noms vernaculaires contemporains :

      Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Melitaea cinxia ; ils ne citent aucun nom vernaculaire pour cette espèce.


—Bellmann / Luquet 2008 : " Mélitée du Plantain ".

— Chinery / Leraut 1998  :"Mélitée du Plantain ".

— Doux & Gibeaux 2007 : "La Mélitée du Plantain".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "Mélitée du Plantain". 

— Lafranchis, 2000 : "La Mélitée du Plantain" .

— Perrein et al. 2012 : " Mélitée du Plantain" .

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 :" Mélitée du Plantain".

— Wikipédia : "La Mélitée du plantain ou Déesse à ceinturons ou Damier du plantain ".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

   

  • Glanville Fritillary en anglais 
  • Wegerich-Scheckenfalter en allemand ("papillon couleur pie (noir et blanc) du plantain")
  • Täpläverkkoperhonen en finnois.
  • Hnedáčik mriežkovaný en croate
  • Rudgelsvė šaškytė en lituanien
  • Hnědásek kostkovaný en tchèque ("le Damier des landes")
  • Veldparelmoervlinder en néerlandais ("papillon perlé des champs")
  • Ängsnätfjäril en suédois ("papillon damier ?")
  • Okkergul pletvinge en danois ( fritillaire de Glanville)
  •  Réti tarkalepke en hongrois (fritillaire des près)
  • Prikkrutevinge en norvégien
  • Rõmme-tähnikvõrkliblikas en estonien
  • Przeplatka cinksia en polonais (fritillaire cinxia)
  • Doncella punteada en espagnol (la jeune fille pointillée)
  • İparhan en turc


 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  • Glanville Fritillary en irlandais

  •  en mannois.
  •  ? en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • Britheg [fritillaire] Glanville en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

                                                                    Timbres-poste - Pays-Bas - Melitaea cinxia-Mélitée du plantain

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 

  • The Lincolnshire Fritillary Petiver, 1703 ; Ray, 1710.
  • The Dullidge Fritillary : Petiver, 1717 ; Newman & Leeeds, 1913.
  • The Plantain Fritillary : Wilkes, 1747-49 page 58; Berkenhout, 1769 ; Lewin, 1795 ; Donovan, 1798 ; Brown, 1832 ; Newmann & Leeds, 1913.
  • The Glanvil Fritillary : Harris, 1766.
  • The Glanville Fritillary : Haworth, 1803 page 36 ; Samouelle, 1819 ; Jermyn, 1824 ; Rennie, 1832 ; Humphrey & Westwood, 1841 ; et la plupart des auteurs.

 

 

 J'expliquerai plus bas pourquoi un papillon porte le nom d'une plante, la Fritillaire. Mais que signifie Lincolnshire ? Dullidge ? Glanvill ? 

Dullidge est une forme pour l'actuel Dulwich, près de Londres. Petiver a écrit exactement  (opera) "Papilio fritillaria minor, undulata, areis subtus albis, "The White Dullidge Fritillary", "Founds in a wood, thereabouts [Dulwich] in May".

Pour les deux autres noms, la réponse est apportée par la consultation de l'ouvrage de James Petiver : Gazophylacii naturae et artis page 28 tableau XVIII n° 10 :

"A 10 Papilio Lincolniensis Fibrillaricus, fasciis subtus pallidis. First observed there, and given me by Madam Glanvil. The curious Mr Dandridge has later caught him not far from London."

"Papillon Fibrillaire du Lincolnshire, bandes pâles en dessous. Observé pour la première fois ici, et offert par Madame Glanville. Le naturaliste Mr Dandridge en a capturé un plus tard non loin de Londres".

 Lady Eleanor Glanville (1654-1709) est saluée comme une pionnière pour sa passion pour les papillons et pour sa collection qui, à travers de celle de Petiver, est encore partiellement conservée au National History Museum de Londres. Elle étudiait les insectes des landes du Nord Sommerset autour de sa propriété de Tyckenham Court, ou, comme ici, sur la côte Est dans le Lincolnshire. C'est l'une des rares femmes naturalistes au 17eme et 18eme siècle ( avec l'allemande Maria Sibylla Merian, 1647-1717).

  Elle appartenait par sa mère à la famille de Sir Nicholas Poyntz, du Gloucestershire et était extrèmement riche, après avoir hérité de plusieurs propriétés. Devenue veuve en 1679 après un premier mariage avec Edmund Ashfield dont elle eut un fils (qui tentera plus tard de la déclarer folle en raison de sa passion pour les insectes), elle se remaria avec Richard Glanville, propriétaire terrien du Lincolnshire. Elle eut quatre enfants, dont deux moururent en bas âge, mais son mari, connu pour sa violence, se sépara pour vivre avec une autre femme, tout en multipliant les manœuvres pour s'approprier sa fortune.  C'est peut-être après ce divorce en 1698 que débuta sa passion, après qu'elle se soit installé dans sa propriété de Tyckenham Court. Comme les gens de la campagne la considéraient avec méfiance lorsqu'elle parcourait les collines autour de Failand dans sa tenue excentrique, ou qu'elle se livrait à ce curieux hobby de piquer des papillons sur le liège de ses boites de collection, on pouvait facilement la suspecter d'un certain dérangement mental, dont tout entomologiste se sait être atteint. Telle était sa manie de la collecte des insectes qu'elle rétribuait copieusement ses employés, et ses travailleurs agricoles, pour l'aider à capturer chenilles et papillons. (En réalité, tous les aristocrates collectionneurs faisaient de même). Elle apprit à ses assistants à emballer les spécimens dans du papier plié, à les transporter dans de bonnes conditions de conservation

  Elle entra en correspondance avec James Petiver, pharmacien de Londres et membre de la Royal Society, et fit ainsi connaissance avec d'autres naturalistes comme Ray, Vernon, Joseph Dandridge (grand collectionneur), ou son "cousin" le botaniste Adam Buddle. Elle mit son fils Richard en apprentissage auprès de Petiver, avant que son père ne s'y oppose.

  Le Gazophylacii naturae de Petiver est une vraie caverne d'Ali Baba semblable aux Cabinets de curiosité de l'époque et qui mêle la description des roches,les fossiles, les coquillages, les plantes, les animaux  (poissons, reptiles, oiseaux, quadrupèdes) avec celle des insectes. L'apothicaire londonien avait trouvé un moyen de réunir des spécimens ou d'entretenir son réseau de relations ; chacun de ses tableaux est dédié à un ami, ou collègue (fellows) de la Royal Society et chaque article inclut dans sa description le nom de la personne qui a capturé ou remis sa trouvaille.

 En 1703, elle fit le voyage à Londres pour présenter sa collection, et Petiver découvrit des espèces qu'il ne connaissait pas, et dont plusieurs sont présentes dans le Gazophylacii. Il lui doit sa description de Callophrys rubi ; et la première mention britannique de Melitaea cinxia.

 En savoir plus : http://www.goodrick.info/eleanor_glanville.htm

 C'est James Dutfield qui nomma pour la première fois le papillon de nom de The Glanville Fritillary dans A New and Complete Natural History of English Moths and Butterflies (1748–9) :  

Voir  : © The Natural History Museum, London : http://piclib.nhm.ac.uk/results.asp?image=029916

 

                             

 

      Voir Westwood et Humphreys, 1841 British Butterflies and their transformation planche 8.

      n69_w435

 

 

 

V. A propos du nom Fritillaire / Fritillary.

Le nom de Fritillaire ne désigne en français qu'un genre (Fritillaria) de plantes (Liliacées) dont l'espèce-type est la Fritillaire pintade F. meleagris. Elles se caractérisent, et tirent du moins leur nom, du quadrillage pourpre et blanchâtre de leurs fleurs. D'ailleurs, elles se nomment aussi en anglais Chequered tulips, "tulipes échiquiers".

On désigne aussi dans le monde anglo-saxon sous le nom de groupe de " Fritillary" les papillons que nous appelons Damiers et Mélitées ; et c'est James Petiver qui les désigna ainsi le premier.

 En effet, les ailes des "Fritillary", comme les pétales des Fritillaires, sont quadrillées comme un jeu de Dames. Sur les ailes de certaines espèces, comme M. cinxia, les cases ont occupées par des pions. Dans d'autres espèces, la partie est finie et les pions sont rangés.

                                                 image Wikipédia, Fritillaire

                                         Description de cette image, également commentée ci-après

 

                               Hübner, planche 10, 2, 3 .melitee-du-plantain-hubner-pl.10.png

 

Mais quelle est l'origine de de drôle de nom ?

Il provient du latin fritillus, i, qui signifie "cornet de dés"  Sen. Apoc. 12, 3 ; Juv. 14, 5.. 

Au XVIe siècle, les médecins et pharmaciens, qui étaient botanistes, et les botanistes (qui étaient médecins ou pharmaciens), expliquaient comme Nicolas Lémery (un pharmacien) que le nom de la plante "Fritillaria [vient de] fritillo, "Damier", à cause que la fleur de cette plante est marbrée en Échiquier comme un Damier". (Traité universel des drogues simples,  1714). Il se contentait de reprendre ce qu'enseignait déjà Gaspar Bauhin (médecin) en 1594 dans son  Pinax theatri botanici page 91 : Fritillariam referemus,sic dictam ab abaco, in quo Scacorum ludus exercetur, quem Fritillum dici existimant nomen habet : " la Fritillaire, ainsi appelée du damier (abaco) utilisé au jeu des échecs, qu'il disent se nommer Fritillum."

 

  Pourtant, en 1715, Robert Morison signalait l'abus de langage qui avait fait croire aux botanistes-étymologistes...en herbe que le nom latin de fritillum désignait le plateau de jeu d'échec, alors qu'il ne désignait que le cornet servant à secouer des dès ou des jetons carrés:

 

   "Fritillariae nomen neque Latinum est, neque ab ullo veterum elegantium scriptorum usurpatum, sed non ita pridem fictum a à nescio quo plantarum rariorum cultore, qui cum florem hunc plurimis figuris ad instar quadratarum areolarum, obscure purpurascentibus pingi observaret, effigie Tabulae illius in quo ludus Scachorum ludi solet, putaretque eam Tabulam Antiquis Fritillum fuisse dictam coepit, ducta exinde similitudine, hunc florem appellare Frittillariam. At non parum fuit voce abusus ; Antiquis Fritillus non erat Tabula quadratis hujusmodi aerolis interpunctata, sed vasculum quoddam in quod primum indebantur tesserae seu aleae, ubi aliquamdiu agitatae, post mittebantur in alveolum, dictusque fuit fritillus, non a colore aut punctis variegatis, sed a sono, quem in eo jactatae tesserae aut aleae faciunt, vel quia per eum tesserae feruntur, Martialis sic ait,

Dum blanda vagus alea December, / Incertis sonant hinc et illinc Fritillis.

Sic aestimare licet quam stabili fundamento plantae huic nomenclatura Fritillariae adscibitur, non a latinis soluni, sed & germani Frittilarn & corrupte Flutillarn. "

 Robert Morison Plantarum historiae universalis oxoniensis seu herbarum ..., Volume 3, 1715 page 401

 Pourtant, un vitrail de la cathédrale de Chartres (Le Fils prodigue, XIIIe siècle) montre que l'on pouvait jouer aux échecs —ou du moins sur un damier—  avec des dès :

                    cathedrale_01.jpg

Pour Isidore de Séville (Etymologia), , le jeu de dès et le plateau sur lequel on joue sont synonymes : "alea id est lusus tabulae, inventa a Graecis in otio Trojani belli a quodam milite Alea nomine, a quo et ars nomen accepit. Tabula luditur pyrgo, calculis tesserisque."

 

 Le même mot, scacus (d'où dérive "échec") désignait au Moyen-Âge à la fois le jeu d'échec, et le jeu de dés pratiqué sur échiquier

 Si le jeu d'échec (ludus scachorum ou Schifanoia) et son damier n'est qu'une étymologie approximative du nom Fritillaire, le cornet de dès des jeux de hasard latins m'incite à remarquer le mot de tessera, ae qu'emploie Robert Morison pour désigner les cubes du cornet, puisque ces téssères ont aussi bien désigné les dès (jactus tessarum, Liv. : coup de dés) que la tablette carrée pour écrire. 

Surtout, ce nom de tessera a été appliqué au domaine de la marqueterie et de la mosaïque :le latin tesserarius, désigne un ouvrier en marqueterie ou en mosaïque, tessellatus signifie "fait en mosaïque", et tessello, as, are, "paver de mosaïque".

  Où veux-je en venir ? Souvenons-nous de la note en bas de page du texte de Linné décrivant ce Papilio cinxia : "Fritillarii" vulgo dicti 132 ad 144, quum alae maculis fere tessellatae sint. "Les Fritillaires, dont les ailes sont "en mosaïque". Les ailes des Fritillaires portent, en mosaïque, les dès jadis sortis d'un beau jet de cornet.

      Je fus aussi récompensé de ce détour par les vieux ouvrages de botanique et par ces noms de Scachorum ludus et de Tabulam Antiquis Frittilum qui m'avaient intrigués comme les abracadabra ouvrant à des mondes inconnus, puisque, dans l'Histoire des insectes de John Ray, je découvris que James Petiver, le créateur du terme de Fritillary appliqué aux papillons, avait créé pour désigner une espèce très proche de son Fritillaire de Lincolnshire le nom de Papilio Fritillarica tabula Schaccariae in modum maculatae (voir Ray page 121 n°10) : un "papillon "fritillarique" en tablier d'échec dans le mode tacheté".

 

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

— Funet  :  melitaea.   . 

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Mélitée du plantain.

— UK Butterflies : Melitaea cinxia.

http://www.ukbutterflies.co.uk/species.php?species=cinxia

— lepiforum : http://www.lepiforum.de/lepiwiki_vgl.pl?Melitaea_Cinxia

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner: Planche 10, 3 ,4 .

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/69604#/summary 


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        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

 

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— RÖSEL VON ROSENHOF De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem,By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] BHL Library 

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SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

 — SCUDDER, S. H. 1875. "Historical sketch of the generic names proposed for Butterflies: a contribution to systematic nomenclature". Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, 10: 91-293. http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

— SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

— TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

— WILKES (Benjamin) One hundred and twenty Copper plates of English moths and butterflies ... with a natural history London : Benjamin White 1773  Books.google.

WILKES (Benjamin), The english moths and butterflies, etc... London : printed for the author 1747-49 Books.Goggle

— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.


 

                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

 http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 :

n?id=25707">http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Latreille et Godart 1819 :  https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

 Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Spulerhttp://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

  — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

                    Ma galerie de photos.        

     

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:19

Zoonymie du papillon Le Blanc-de-lait ou la Piéride du Lotier Leptidea sinapis (Linnaeus, 1758).

 

   La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, "animal" et ónomaὄνομα, "nom") est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom. 

 

Résumé.

 — Leptidea Billberg, 1820 formé sur le grec leptos, "mince" complété par le suffixe -idea, il qualifie l'étroitesse des ailes et la minceur de l'abdomen  de l'espèce-type (L. sinapis) ; mais d'autres auteurs traduisent ce nom composé par "d'apparence délicate". L'antériorité de nom de genre sur celui de Leucophrasia Scudder 1819 n'a été remarquée par Scudder qu'en 1875, mais sous la forme erronée de leptidia, attestée jusqu'au début du XXe siècle.

sinapis (Linné, 1758) du latin signifiant "moutarde", bien que cette espèce, fréquentant les bois, se nourrisse de Fabacées comme le Lotier et non, comme le croyait Linné, de " Brassica et affinibus", Choux et apparentés. 

— "La Piéride du Lotier", nom créé par G. C. Luquet en 1986, remplace l'absurde "Piéride de la Moutarde" de Godart (1821), auteur qui savait parfaitement pourtant, comme tous les naturalistes alors, que cette espèce n'était pas inféodée à la Moutarde ou aux Brassicacées, mais qui ne sut se dégager pour le nom vernaculaire de son allégeance au nom scientifique, pourtant baser sur des règles (antériorité) différentes. Engramelle avait créé en 1779 le charmant " Blanc-de-lait", qui reste utilisable et décrit bien l'espèce tout en préservant l'usage d'un nom de couleur désuet. Avant lui, Charles de Geer avait créé en 1771 le nom de "Papillon-tout-blanc". 


 

 


               I. Nom scientifique.

 

 

1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Pieridae, Swainson, 1820, ou Piérides.

Je n'ai pas trouvé la publication originale ; sans-doute The Zoological Illustrations

(BHL libr)

Elle comporte, en France, les sous-familles

  • des  Dismorphiinae Schatz, 1888, ou Dismorphiines (avec le genre Leptidea)
  • des Coliadinae Swainson, 1827 ou Coliadines (rassemblant les Coliades et les Citrons) 
  • et celle des Pierinae Duponchel, 1835, ou Piérines.

  

 

b) Sous-famille des Dismorphiinae Schatz, 1888 : Dysmorphiines.

Cette sous-famille doit son nom au genre Dismorphia de Hübner, 1816 : selon Emmet (1991), "du grec dis, 'double" et morphé, "forme", pour la similarité des formes des ailes antérieures et postérieures, qui est plus marquée que chez la plupart des papillons, la même forme apparaissant dupliquée".

Selon Fauna Europaea, elle comporte une tribu (Leptideini) et un genre (Leptidea). Selon Wikipédia qui reprend Tree of Life, Leptidea est le seul genre paléartique mais la sous-famille comporte aussi les genres néartiques Dismorphia Hübner, 1816 ; Enantia Hübner, 1819 ; Lieinix Gray, 1832 ; Moschoneura Butler ; 1870, Patia Klots, 1933 et Pseudopieris Godman et Salvin, 1890.

Elle a été formée à partir du Groupe Dismorphiden créé par l' entomologiste allemand Ernst Schatz :  [1886]. (In: Staudinger, O. * Schatz, E., Exotische Schmetterlinge 2(2):57), type-genus: Dismorphia Hübner, [1816] en réunissant le genre paléartique Leucophasia de Stephens et le genre sud-américain Dismorphia de Hübner.

Synonymes : 
‘Dismorphina’ Godman, F. D. & O. Salvin, [1889] (Biologia Centrali-Americana. Insecta. Lepidoptera-Rhopalocera 2: 173); type-genus: Dismorphia Hübner, [1816].

‘Dismorphinae’ Kirby, W. F., 1896 (A Hand-Book to the Order Lepidoptera 2: 177); type-genus:Dismorphia Hübner, [1816].

‘Dismorphiadae’ Grote, A. R., 1900 (The descent of the Pieridae. — Proc. amer. phil. Soc. 39: 13); type-genus: Dismorphia Hübner, [1816]

 

 

2. Nom de genre :  Leptidea Billberg, 1820

 

 a) publication originale.

Billberg, Gustav John : Enumeratio insectorum in Museo Gust. Joh. Billberg ,[Stockholm] :Typis Gadelianis, 138 p. page  76.  

Cette publication indique ceci : "Leptidea Eg*. Pontia Fabr[icius] Lat[reille] etc. Sinapis. Svec. Linn[aeus]"

*Eg  Author hujus operis : nom formé par l'auteur.

b) caractéristiques.

Les espèces de ce genre se reconnaissent à leurs ailes allongées mais arrondies, et au long abdomen fin, qui leur confèrent une allure générale fluette. Une autre caractéristique est que les chenilles se nourrissent de Légumineuses et non, comme le genre Piéris, de Brassicacées.

                              

Ainsi Oberthür et Houlbert (1912-21 page 62)  écrivent "Les espèces de ce type faisaient autrefois partie des Piérides de Latreille, mais la forme allongée des ailes et la faible étendue de la cellule discoïdale engagèrent Billberg à les en séparer en 1820". On a vu que Billberg les en sépara plutôt du genre Pontia de Fabricius.

— Type spécifique :  Leptidea sinapis.

 — Il comporte en France 4 espèces :

 Leptidea duponcheli (Staudinger, 1871). Piéride du Sainfoin ou Piéride de Duponchel.

- Leptidea juvernica Williams, 1946. Piéride irlandaise.

- Leptidea reali Reissinger, 1990. Piéride de Réal.

 -Leptidea sinapis (Linnaeus, 1758). Piéride du Lotier. 

 

 

c) étymologie.

   Du grec ancien λεπτός, leptós, "mince, allongé, ténu" et du suffixe -idea, choisi arbitrairement comme finale, sans posséder la signification de -oidea. Hans A. Hürter signale aussi le latin lepidus, a, um, "charmant, gracieux, agréable", mais le renoncement au -t dans l'interprétation étymologique est peu rigoureux. Cet auteur explique ce nom de genre par le fait qu'il rassemble des espèces délicates.

 Le CNRTL donne pour l'élément formant leptos- une quinzaine de noms scientifiques, qui impliquent tous la notion de minceur, et non de "délicatesse".

En 1849, Duponchel écrivait :  "cette espèce [L. sinapis], par ses ailes très oblongues, son corps linéaire, et la forme particulière de sa chrysalide, mériterait peut-être de faire le type d'un genre parmi les Diurnes d'Europe" (Iconographie et histoire naturelle ds chenilles p. 56), ce qui montre que la minceur est un caractère remarquable de l'espèce. Il ignorait que Billberg avait déjà nommé ce genre.

  A. M. Emmet (1991) : "leptos, "mince, délicat" ; eidos, "forme, apparence"; vient de la minceur de l'abdomen et de la structure "delicate" gracile en général des membres de ce genre."

 —Arnold Spuler page 11 : Von leptos, "dünn, zart",  : de leptos, "mince, délicat".

—  Perrein et al. 2012 : " Du grec leptos "mince" et eidos "apparence", évoquant l'aspect gracile des espèces du genre".

 

En conclusion, ce nom générique construit sur l'adjectif grec leptos, "mince" décrit donc l'aspect général fluet caractéristique, auquel participe l'abdomen long et étroit aussi bien que les ailes allongées des espèces qui constituent ce genre.

 

Réception et oubli du genre Leptidea ; les genres Leucophasia et Leptoria.

Ce genre leptidea n'eut sans doute pas beaucoup de publicité ; son auteur le suédois Gustaf Johan Billberg 1772-1844 était juriste de formation et il poursuivit une carrière dans cette voie tout en s'intéressant aux sciences naturelles ce qui lui valut une réputation de dilettante comme zoologiste et botaniste.

 Il était pourtant fondateur de la société linnéenne de Stockholm, et membre de diverses académies, dont l'académie des sciences de Russie.

Billberg est l’auteur de Monographia mylabridum (1813) Svensk zoologi (1806–1809), Ekonomisk botanik (1815-1816),  et Synopsis Faunae Scandinaviae (1827). Son ouvrage Enumeratio insectorum in museo (1820) est-il la description de sa collection personnelle ?

  Toujours est-il qu'en 1829, Stephens ignorait sa publication et créa son propre genre, nommé Leucophasia  dans Illustrations of British entomology, Haustellata vol. I, Lepidoptera, London 1828 page 24.

L'étymologie de Leucophasia est donnée par Stephens en note de bas de page :  de leucos "blanc" et phasia, "apparition", apparence.

 

En 1841, Westwood crée à son tour son propre genre nommé Leptoria dans British Butterflies  page 32 (espèce Leptoria candidi = sinapis). L'étymologie semble dériver de leptos,"mince" comme le genre Leptidea. Westwood donne en référence Leptoria sinapis Hübner 1816, Verzeichniss page 95, mais Hübner a écrit en réalité Leptosia. (!)

 

Il est significatif qu'aucune mention de Leptidea sinapis  n'est relevée avant 1900 dans les publications en ligne. Car le genre de Billberg fut remis dans ses droits d'antériorité par Scudder en 1875, mais... sous le nom erroné de Leptidia (page 204). Scudder note "never since used, but should certainly be restored. See Leptoria and Leucophrasia." (jamais utilisé, mais devrait certainement être restauré). On voit alors des publications concernant, de 1876 à 1901, "Leptidia sinapis", mais aucune Leptidea sinapis.

En 1896, W.F. Kirby (a Hand-book to the order Lepidoptera, vol.2) utilise encore la forme erronée Leptidia, Billberg 1820.

Cette forme erronée eut la vie longue. Oberthür et Houlbert l'emploient en 1912-21.



 

3. Nom d'espèce :  Leptidea sinapis (Linnaeus, 1758)

 

a) la publication originale.

       Protonyme :P[apilio] D[anaus] sinapis n° 61 , Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. page 468 . 

— Localité-type: Localité-type : Suède, désignée par Honey & Scoble (2001).Cette espèce présente une répartition eurasiatique s’étendant de l’ouest de l’Europe au Japon. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses Fabaceae.

 —Habitat in brassica et affinibus

— Description : P.D. alis integerrimis rotundatis albis immaculatis : apicibus fuscescentibus

— Référence : Fauna suecica 1746 n° 800 page 245. Dans celle-ci, on lit la même description attribuée à de Geer,  et une référence à Petiver, musei p. 33 n° 303 papilio albus minor. "Habitat in sylvis".

 

Ce papillon appartient à la Phalange linnéenne des Danai, contingent des Candidi : 19 espèces qui reçoivent soit le nom de la plante-hôte (anacardii, crataegi, brassicae, napi, sinapis, rapae, cardamines, sennae, rhamni) soit celui d'une des 50 Danaïdes. Voir  Noms des Papillons diurnes (rhopalocères) créés par Linné dans le Systema Naturae de 1758. Papilio sinapis fait donc partie de celles qui sont baptisées par la plante à laquelle Linné pense qu'elle est inféodée.

 

 

b) Synonymes et sous espèces.

  • Leptidea sinapis corsica (Verity, 1911) 
  • Leptidea sinapis diniensis (Boisduval, 1840) 
  • Leptidea sinapis sinapis (Linnaeus, 1758) 
  • Leucophasia sinapis diniensis Boisduval, 1840 
  • Leucophasia sinapis (Linnaeus, 1758) 
  • Papilio sinapis Linnaeus, 1758

LERAUT retient la présence de trois sous-espèces en France :

- sinapis Linnaeus, 1758. 

- diniensis Boisduval, 1840. Localité-type : Digne, Alpes de Haute-Provence. Ce taxon est présent dans le sud de la France et le nord de l’Italie.

- corsica Verity, 1911. Localité-type : Corse.

 

 

c) étymologie.

Du latin sĭnāpe, is, n. (sĭnāpis, is, f.) ou sinapi, indécl. : "sénevé (graine de moutarde)".- grec σίναπι. 

Les Moutardes appartiennent aux brassicaires : moutarde des champs Sinapis arvensis L., 1753 (une mauvaise herbe), moutarde blanche sinapis alba L., 1753 servant de condiment, ou  moutarde noire Brassica nigra (le "sénévé" biblique).

Le nom français est dérivé de « moût » (de raisin), mustus en latin et most en ancien français, le mot ardor en latin signifiant « ardeur, chaleur » (même étymologie que le verbe arder ou que l'adjectif ardent). C'est donc un « moût ardent ». (Wikipédia).      

      Linné décrivit dans le Species plantarum de 1753 (2, page 668) cinq espèces de Sinapis, désignées par une "phrase spécifique" ; trois sont décrites dans le Pinax de Bauhin pages 95 et 99, et elles recevront plus tard un nom spécifique. Les plantes nommées sinapi sont connues depuis Théophraste, Dioscoride et Hippocrate, qui ne décrivaient néanmoins qu'une seule espèce. Pline en décrit trois, ce qui permet les correspondances suivantes :

 1. Sinapis arvensis de Linné = Rapistrum flore luteo de Bauhin = Moutarde des champs (adventice)

2. Sinapis alba = sinapi apii folio sive album de Bauhin = Sinapis gracile de Pline = Moutarde blanche. 

  3. Sinapis nigra Linné = sinapi rapi folio de Bauhin =  Sinapis rapis foliis de Pline  = Moutarde noire.

10 Sinapis erucoides = Sinapis erucae foliis de Pline =  Sinapi erucae folio  de Bauhin = la moutarde à feuilles de roquettes.

Selon la théorie des humeurs, la plante est évaluée par Schroder comme chaude et sèche au 4ème degré.

    Elle était utilisée en pharmacopée pour réaliser des sinapismes ou cataplasmes afin de profiter des propriétés rubéfiantes de la farine de graine de moutarde appliquée sur la peau. Antoine Furetière les définissait en 1727 comme un " Médicament externe en forme de cataplasme  composé de semence de moutarde pulvérisée & broyée avec de la pulpe de figues. Le sinapisme excite de la rongeur & quelquefois des vessies fur la partie où on l'applique." "Si vous jugez qu'il soit nécessaire que le Sinapisme soit un peu violent , vous le composerez de deux parties de Moutarde, et d'une de Figues ; s'il est besoin qu'il soit médiocre, vous y mettez autant de l'une que de l'autre".

La recette est précisée par de Meuve en 1695

"Outre la semence de moutarde broyée avec les figues, les plus doux sont composés de semence d'ortie, de staphysagre, de squille, de poivre, de bryoine, de ranuncule, de tithymale, de sel, de semence de cresson alenois, et de thlaspi, de lait de figuier, de pyrethre, d'hydropiper, d'elleborre, de fiente de chèvre,et de celle de pigeon ; e tartre brûlé, d'anacardes et de cantarides". Dictionnaire pharmaceutique ou apparat de médecine, pharmacie Volume 2.

Pour réaliser un cataplasme, il faut mélanger la farine de moutarde (50g) avec la graine de lin (200g) et de l'eau tiède.


 3. Le choix des auteurs :

 

— Arnold Spuler 1 (1908) page 11 "Sinapis, la Moutarde"

— Doux et Gibeaux (2007) : "ambiguïté due à Linné, qui a baptisé le papillon sinapis", etc..

— Perreien et al, 2012 : ""du latin emprunté au grec sinapi désignant différentes Crucifères très proches des Moutardes, hôtes présumées par Linné, aujourd'hui invalidé"

 

 

 

 

 

                II. Noms vernaculaires.

 

Le "Papillon tout blanc", de Geer, 1771 ; Le "Papillon Blanc de lait", Engramelle, 1779 ; la "Piéride de la Moutarde", Godart, 1819 ; La Piéride du Lotier", Luquet, 1986.

 

0. Avant l'Âge des Noms Français : les auteurs étrangers .

  — Le premier nom vernaculaire attesté date de 1699 : c'est  celui de "Small White Butterfly", "petit Papillon Blanc" suivi de "The small white ": John Ray, 1710, "The Small White Wood Butterfly male" : Petiver, 1717 et de "The White Small Tipped Butterfly". 

— Le nom allemand "Senzweißling" (Le Blanc de la Moutarde) est attesté chez Fuessly en 1775 : il survient à peu près en même temps que le premier nom français (1771 ou 1779).


1. Auteurs anglais :

 —John  Ray 1710, Hist. insect p. 116 n°8 papilio alba minor, alis exterioribus macula nigra ad angulum extremum .... Petiver musei 303 Small White butterfly

— James Petiver, 1717 Opera t. II Pap. Brittan. tab.1 fig. 21-22. Papilio alba minor apice nigricante. White smal tipt butterfly Ray 116 8. Fig. 23-24. Pap. alba major mas. Small white wood butterfly.

— Lewin 1795 The papilios of Great-Brittain  page 63 tab. 29 fig. 4-5 "Le Blanc des bois" (en français).

— Harris 1766 ? tab. 19 fig. t.  (Aurelians 1811 page 50 : "the smallest of the Bristish white butterflies, easily distinguished from all the rest by its narrower wings and long narrow body").

— Westwood , Humphreys (J.N) 1841 British Butterflies and their transformations page 32 Planche VI, fig. 11-13.

— W. Dale 1890 The History of our British Butterflies page 23.

2. Auteurs germaniques ou suisses :

—  Scopoli 1763  Entomol. carn. page 171 n°452. 

—Fabricius, 1775 Papilio D.C.sinapis, Systema Entomol; p 470 n°114. 

—Fabricius, Species Ins., II, page 40 n°164

—Fabricius 1787  Mantissa Insectorum II page 18 n°186.
—Fabricius 1793 Entomologia Systema emendata tome III pars 1, page

—Hübner 1779 : Sammlung Europaïscher Schmetterlinge 82 n°410-411

—Esper, (de 1776 à 1807, [1829]) I, page 60  tab.3 fig.4. Der Kohlweißling ohne flecken, Papillon tout blanc, Small white wood butterfly

—Schaeffer (Jacob-Christian) 1766, Icones Insectorum circa Ratisbonam indigenorum, Ratisbonne 1766, 5 tomes in-4° avec 220 planches coloriées ; Tab. 97 fig. 8-11.

—Fuesli ou Füslli (Jean Gaspard) , 1775, Verzeichnis der ihm bekannten Schweitzerischen Inseckten  page 28 n° 550 Der Senzweißling.

— D.H. Schneider  Systematische Beschreibung der europaïschen Schmetterlinge I page 76 n°21 Senzweißling 

—Ochsenheimer 1808 in  Die Schmetterlinge I pars 2 page 169

— Müller : Zool. Dan. 113 n° 1316. System. nat. tome 5 page 558.

 Les autres auteurs sont Hüfnagel, Panzer, Borckhausen, Brahm, Illiger, Rossi, Lang, 

 

 

Esper, tab.III fig. 4 BHL.

            n14_w439

 

 

 0. Le Papillon tout blanc, Charles de Geer, 1771

  Dans ses Mémoires pour servir à l'histoire des insectes tome II (1), page 183 le suédois Charles de Geer écrit —en français— :

"J'ai trouvé dans les bois un papillon tout blanc, de grandeur médiocre (Planche 1 fig.1) que je nomme : 4. Papillon tout blanc. Papillon à ailes ovales toutes blanches avec une tache noirâtre au bout des supérieures dans quelques individus. Les ailes sont ovales et arrondies au bout de sorte qu'elles n'y forment point d'angles : elles sont toutes blanches et sans taches, on voit seulement dans quelques individus une tache arrondie d'un noir pâle au bout des ailes supérieures en dessus. La tête et le corps sont noirâtres. Je ne connais point sa chenille".

Comme il donne en référence la 12ème édition du Systema naturae de Linné, il écrit après 1768.

obis. Le Papillon tout blanc Esper, c1776. 

 Esper utilise ce nom dans son article en allemand. Il cite, à priori, le nom publié par de Geer. Esper est cité par Engramelle, qu'il a influencé.

 

 1. Le Papillon Blanc de lait, Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 215 Planche 50   par J.J. Ernst,  1779. 

  "Ce papillon est beaucoup plus petit que les précédents. Ses quatre ailes en dessus sont blanches, et l'extrémité des supérieures est noirâtre. Cette partie est verdâtre en dessous. De ce coté le fond blanc des ailes supérieures est entremêlé de gris le long du bord d'en haut, et les  inférieures sont pointillées de gris et couvertes d'une très légère teinte verdâtre."

 

 Engramelle introduit, dans le vocabulaire assez riche des couleurs des ailes, la couleur "blanc-de-lait" Celle-ci, lorsqu'elle qualifie des pétales de fleur, sucite l'adjectif "lactéflore". En lessive, c'est le "blanc superfin" (parfois obtenu par un passage d'eau de chaux vive diluée, précisément appelée "le blanc de lait"). En anglais Milk-white. Qualifie l'albâtre gypseux, certains feldspaths.

Parfois employé pour décrire une toilette : ces dames portent dans leurs soirées "des robes de foulard de Chine blanc de lait garnies de volants et de berthes de dentelle noire, auxquelles on ajoute des nœuds de ruban ou des fleurs de couleur tranchées : ces robes sont d'une suprême distinction" (Le Moniteur de la Mode, 1863). Ou encore : "Schall de cachemire en sautoir, bas de couleur de chair ou blanc de lait. Costume de petite maîtresse en négligé du matin" (Journal de Paris, 1804)

 Bref, un "beau blanc".

On le retrouve dans la description que donne Stephens de sinapis, l'espèce-type de son genre Leucophrasia en 1829 (Illustrations of British entomology, page 25) " Wings above milk-white".


 2. Papilio sinapis (de la Moutarde) De Villers 1789

 Charles de Villers, Caroli Linnaei Entomologia page 11.

Simple traduction du nom latin.

 

 3. Pieride de la Moutarde Pieris sinapis, Latreille et Godart 1819.

   Latreille (P.A) Godart (J.B), Encyclopédie méthodique. Histoire Naturelle. Entomologie, ou histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes. Vol. 9. Paris : Vve Agasse,1819 828 pp,  page 163 n°148 . 


4. Piéride de la Moutarde. Godart 1821.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823 Tableau Méthodique page 14 ; page 48-11 n°X  planche IItert. fig. 4 peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin.

  "Ses ailes son minces, d'un blanc-de-lait en dessus, avec une tache noirâtre et arrondie au sommet des supérieures".

 Loin de justifier le choix du nom vernaculaire (qui n'est en réalité qu'une traduction du nom scientifique Pieris sinapis), Godart précise que la chenille "vit sur le lotier (lotus corniculatus), la gesse des près (lathyrus pratensis). Godart se soumet à une allégeance vis à vis de la dénomination scientifique telle qu'il en devient aveugle à la réalité. En effet, cette espèce se nourrit sur les Fabacées, et jamais sur la Moutarde ou autres Brassicacées.

 

Planche 2tert fig. 4 : l'aspect gracile et allongé, "mince" de l'abdomen de Leptidea sinapis est bien apparent lorsqu'on le compare aux abdomens des Piérides du Chou (1), de la Rave (2) et du Navet (3) ; les ailes sont aussi plus allongées et arrondies :

             n74_w357


    Ce nom a été repris par J.V. Audouin 1823 ; Bory de Saint-Vincent 1823 ; Boisduval, Rambur et Graslin 1832 ; Hippolyte Lucas 1834 ; P.A. Duponchel en 1849 ; A. Dupuis 1863 

 

Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau Systématique des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) page 165, utilise aussi le nom de Piéride de la moutarde.


 La Chenille.

 

 La Piéride de la moutarde  (Duponchel, 1849).

  Philogène Auguste Joseph Duponchel,  Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir de complément à l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de MM. Godart et Duponchel Paris :1849 page 56 Planche 4 fig.12 Dumenil. BHL

 

      n68_w289

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose et crée pour la circonstance "La Piéride du Lotier", qu'il accompagne de ce commentaire :

 " Bien que consacré par l'usage, le nom de "Piéride de la Moutarde" (simple transcription du nom latin Leptidea sinapis) est inexact, car la chenille de cette espèce vit sur les Légumineuses Papilionacées, et nullement sur les Crucifères. Peut-être ce nom vernaculaire, de même que le nom latin dont il est issu, fait-il allusion aux plantes butinées par l'adulte. Afin d'écarter toute ambiguïté, j'ai néanmoins préféré remplacer ce nom par celui de "Piéride du Lotier".

  Puis G.C. Luquet cite le nom d'Engramelle, auquel il ajoute des tirets : "Le Blanc-de-lait".


7. Noms vernaculaires contemporains :

— Oberthür et Houlbert dans la Faune armoricaine (1912-21) utilisent les noms  scientifiques erronés Leptidia Bilb et Leptidia sinapis L., mais emploient comme légende de leur illustration le terme "Le Papillon blanc de lait de Ernst* " (page 63) .

* dessinateur et co-auteur des Papillons d'Europe d'Engramelle. 

 


— Bellmann / Luquet 2008 : "Le Piéride du Lotier". 

— Blab / Luquet 1988 : ?

— Chinery / Luquet  2012 : non cité

— Doux & Gibeaux 2007 : "La Piéride de la Moutarde " .

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : " Piéride de la Moutarde, Piéride du Lotier ".

— Lafranchis, 2000 : "La Piéride de la moutarde, la Piéride du lotier" .

— Perrein, 1012 : " Piéride du Lotier".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Piéride de la Moutarde" .

— Wikipédia : "Piéride de la Moutarde ou Piéride du Lotier  ".

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.


  • "Senfweißling " en allemand. "Le Blanc de la Moutarde".
  •  "Virnaperhone" en finnois
  • "Pieride della senape" en italien : "Piéride de la Moutarde".
  • "Frfotavček" en slovéne
  • "Boswitje" en néerlandais : "le Blanc des bois".
  • "Blanca esbelta " en espagnol : "le blanc mince"
  • "Bělásek hrachorový" en tchèque
  • "Skoghvitving" en norvégien "le papillon blanc des bois".
  • "Skogsvitvinge" en suédois : "le papillon blanc des bois".
  • "Skovhvidvinge" en danois: "le papillon blanc des bois".
  • "Mustárlepke" en hongrois : "Papillon de la moutarde"
  • "Wietek gorycznik" en polonais 
  • "Narinormanbeyazı" en turc : Blanc..."
  • "Harilik sinepiliblikas" en estonien 
  • "Mlynárik hrachorový"  en slovaque
  • "Boskwytflinterke" en frison : "le papillon blanc des bois"
  • "Paprastoji garstytė" en lituanien.
  • Белянка горошковая en russe.

                                                 16375815-australie--circa-1983-un-timbre

 

Les noms en allemands.

Der Senfweißling, ou Tintenfleck-Weißling ou Leguminosen-Weißling, "Le Blanc de la Moutarde, Le Blanc tache d'encre, le Blanc des Légumineuses (Fabacées).

 

 

Les noms en langues celtiques.

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  • en irlandais

  • en mannois.
  •  en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton avant 2014 ; 

  • Gwyn y coed en gallois. 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 

 Voir aussi : http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 

Première mention : Merret 1666

  • "Papilio albus minor" [the small white Butterfly] : Petiver, 1699.
  • "The small white ": John Ray, 1710
  • "The Small White Wood Butterfly male" : Petiver, 1717.
  • "The White Small Tipped Butterfly, female" : Petiver, 1717.
  • "The Wood White" : Harris, 1766 ; Donovan, 1799 ; Jermyn, 1824 ; Morris, 1853.
  • "The Wood Lady" : Donovan 1799.
  • "The White Wood" : Wood, 1852.

 

 

 


 

      Bibliographie, liens et Sources.

— Funet : Leptidea .

 — Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Leptidea sinapis


— UK Butterflies : leptidea sinapis

— lepiforum : leptidea sinapis

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner .

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

 

                 I.  Étymologie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

— BRIDGES (Charles A.) 1993 Bibliography (Lepidoptera: Rhopalocera)  2nd ed. C.A. Bridges in Urbana, Ill . Archiv.org. 

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— CURTIS, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres.             http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

— DAREMBERG (C.) et SAGLIO (E.),  Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines  (1877-1919) Univ. de Toulouse Le Mirail :http://dagr.univ-tlse2.fr/sdx/dagr/rechercher.xsp?qid=sdx_q3&hpp=51&p=7&filtre=A

— DALE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 Archiv.org.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. 

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— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. BHL.Library

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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  — FABRICIUS (Johann Christian) 1807  "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge [...], Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

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 HÜBNER, J. 1779: Sammlung europäischer Schmetterlinge. 1779. BHL 

 HÜBNER, (Jacob), 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ;http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1u

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

   LATREILLE (P.A.) 1796 Précis des caractères génériques des insectes disposés dans un ordre naturel par le citoyen Latreille Paris, Brive : 1796 pages 140-149.

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LATREILLE (P.A.) Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, Paris : Detreville vol. 17, 1803 ici

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—LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 369. Paris : Dufart.

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 —LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

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 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LEWIN, W. 1795 The Insects of Great Britain, systematically arranged, accurately engraved, and painted from nature, with the natural history of each species BHL library

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— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

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— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 —in : PFLETSCHINGER (Hans). Papillons.Comment identifier et reconnaître les papillons d'Europe et leurs chenilles traduit et adapté de l'allemand par G. Chr. Luquet. 80 p., 88 illustr. photogr. coul. Collection "Miniguides Nathan tout terrain". Fernand Nathan édit. Paris.

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— MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buch'oz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

— MERIAN (Maria-Sibylla) Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par  Universitätsbibliothek Heidelberg;

 — MERRET (Christopher) 1667  Pinax Rerum Naturalium Britannicarum. 1667. Google Books

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— MOORE (Frederic) 1890-1913 Lepidoptera indica, L. Reeve : London, 1890-1913. BHL

— OBERTHÜR (Charles) 1904 Études de Lépidoptérologie comparée, Rennes : Oberthür, 1913 Openlibrary

  — OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), 1912-1921, Faune entomologique armoricaine. Lépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.

— PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

— PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

— PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767  Version Books.Google 

— PETIVER (James) 1717 Papilionum Brittaniae Icones (1717)  

— PERREIN (Christian) 2012 et al. , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

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— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes   Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL.  Voir aussi VALLOT J.N. 1802.
 ROBERT (Paul A.)  1934 — Les Papillons dans la nature, Delachaux et Niestlé : Neufchâtel et Paris,  405 p., 64 pl. couleurs books.google.fr/books?id=jSFDAAAAYAAJ

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SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

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— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

 

— WESTWOOD (J O) & HUMPHREYS (Henry Noël), British butterflies and their transformations, William Smith : London 1841. BHL

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— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.


 

                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

Albin :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN477852769

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boisduval Tableau meth. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97190k/f1.image.pagination.r=Boisduval.langFR

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

 http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

et https://archive.org/stream/papillonsdeurop00ernsgoog#page/n159/mode/2up

Engramelle vol. 2 : http://books.google.fr/books/about/Papillons_d_Europe_peints_d_apr%C3%A8s_natur.html?id=jbS5ocRuGsYC&redir_esc=y

Engramelle vol. 3 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84701433

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 :

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Goedart par Lister 1685 : http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

 https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

1840 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/120628#page/9/mode/1up

Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

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Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

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Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:18

            Zoonymie du papillon la Piéride du Chou

      Pieris brassicae (Linnaeus, 1758).

 

   La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, "animal" et ónomaὄνομα, "nom") est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom. 

 

       Voir aussi :  Une Pieride: "l'été n'abdique pas", ou Victor Hugo et le papillon blanc

Résumé.

— L'origine du nom de genre Pieris Schrank 1801 est le grec pieris, nom des Muses lorsqu'elles vivent sur le Mont Pierus, près de l'Olympe, ou de leurs concurrentes transformées en pies après un concours de chant.

— L'épithète brassicae, génitif du latin brassica, désigne le genre auquel appartient les divers choux dont se nourrit la chenille, bien que celle-ci se plaise aussi sur la Grande Capucine, et d'autres crucifères.


— Geoffroy lui donna en 1762 son premier nom "Le Grand papillon blanc du chou", qui traduit le nom anglais donné en 1703 par Petiver, "The Greater White Cabbage Butterfly". Engramelle en 1779 le simplifia en "Le Grand papillon du chou", puis Godart en 1821 en fit son "Piéride du chou". G. C. Luquet reprend en 1986 "La Piéride du Chou" (avec les majuscules) comme nom principal, lequel s'est désormais imposé. 

 

 

               I. Nom scientifique.

 

 


 

1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Pieridae, Swainson, 1820 ou Piérides.

Je n'ai pas trouvé la publication originale ; sans-doute The Zoological Illustrations

(BHL libr)

Elle comporte, en France, les sous-familles

  • des  Dismorphiinae Schatz, 1888, ou Dismorphiines (avec le genre Leptidea)
  • des Coliadinae Swainson, 1827 ou Coliadines (rassemblant les Coliades et les Citrons) 
  • et celle des Pierinae Duponchel, 1835, ou Piérines.

 

b) Sous-famille des Pierinae, Duponchel, 1835. Les Piérines : Piérides et Aurores.

Cette sous-famille correspond à la Tribu III des Piérides  décrite par Philogéne Auguste Duponchel à la page 381 du Catalogue méthodique des lépidoptères d'Europe avec l'indication des époques et des contrées où on les trouve, publié dans Histoire naturelle des Lépidoptères ou papillons d'Europe, à la fin des volumes I, II et Supplément, consacrés aux Diurnes.

L'auteur s'explique sur ce Catalogue page 373. Appelé, après la mort de J.B. Godart, à poursuivre l'Histoire naturelle des Lépidoptères, qui s'était modestement limitée initialement aux espèces "des environs de Paris", mais qui s'était étendue ensuite avec Godart à la France, puis, dans un Supplément, à l'Europe, pendant que, concomitamment, de nouvelles espèces ne cessaient d'être découvertes, Philogène se voit contraint de remettre à jour le Tableau méthodique publié par Godart 12 ans auparavant, en 1823  (Godart, J. B. 1823. Tableau méthodique des Lépidoptères ou Papillons de France indiquant les localités et les époques on ils se trouvent. Diurnes. Crevot, Paris. 64 pp.).

Godart avait réparti ses diurnes sur treize genres : Duponchel en déploie 32.

—Première famille : Diurnes Latreille

Première division : six pattes ambulatoires.

- Tribu I. Papillonides.

- Tribu II : Parnassides.

-Tribu III : Piérides.

  • Genre Piéride Latreille
  • Genre Anthocaris Boisduval.
  • Genre Leucophasie Stephens.

-Tribu IV ; Rhodocérides

Etc...

Actuellement, cette sous-famille des Pierinae comporte en France deux tribus, celle des Anthocharini Scudder, 1889 et celle  des Pierini Duponchel, 1835

 

c) Tribu des Pierini Duponchel, 1835.

Elle comporte deux sous-tribus celle des  Pierina Duponchel, 1835 et celle des des Aporiina Chapman, 1895 qui contient aporia crataegi.

 

 

 

d) Sous-tribu des Pierina Duponchel, 1835

  Cette sous-tribu contient les genres Pontia Fabricius 1807 avec deux espèces, et Pieris Schranck 1801 avec 8 espèces.

 

 

2. Nom de genre : Pieris, Schrank, 1801.

 

a) publication originale.

Franz von Paula Schrank, Fauna boica : durchgedachte Geschichte der in Baiern einheimschen und zahmen Thiere, Ingolstadt : Johann Wilhelm Krüll, 1789-1802, 2(1) page 152 et 161.

Page 152, Schrank présente les cinq groupes  où il répartit les papillons de jour (Dickfalter ou Erynnis, Edelfalter ou Pieris, Stuzfalter ou Maniola, Dornfalter ou Papilio, Schildfalter ou Cupido.

 


 Le groupe (j'évite à dessein le terme "genre") des Pieris de Schrank, ou Edelfalter (Papillons nobles) rassemble les Equites de Linné, nos Papilio avec, en tête, l'Apollon, puis les grands porteurs de queue comme le Machaon et le Flambé, mais aussi les Blancs (et donc, dans la hiérarchie des valeurs de l'époque, les Nobles), c'est-à-dire ceux dont les ailes vont du blanc à l'orange, et sont globalement de couleur uniforme. En 1804, Latreille plaça les "grands porteurs de queue" dans le groupe Papilio, et n'inclut dans le groupe Pieris que les Blancs, les Jaunes et les Oranges, soit nos Pieridae.

Type spécifique : Pieris brassicae (selon Latreille1810).

Ce genre est désigné par les anglo-saxons comme the Whites.

Il comporte en France six espèces :

  • Pieris brassicae (Linnaeus, 1758) 
  • Pieris rapae (Linnaeus, 1758) 
  • Pieris mannii (Mayer, 1851) 
  • Pieris ergane (Geyer, [1828])
  • Pieris bryoniae (Hübner, [1800]) 
  • Pieris napi (Linnaeus, 1758)


 

b) Étymologie du nom de genre.

  A.M. Emmet 1991 explique que Pieris est l'une des Muses, (Piérides) qui étaient supposées vivre sur le mont Pierus, près du mont Olympe. Or les muses étant placées sous la direction d'Apollon,  Schrank a nommé son groupe en fonction de son premier papillon, Pieris Apollo

  La difficulté vient du fait que, dans la mythologie, les neuf Piérides, filles du roi de Macédoine Pieros et de sa femme Evippé , n'étaient pas des Muses, mais leurs concurrentes trop imbues d'elles-mêmes, qui eurent l'impudence de les défier pour un concours de chant. Calliope (Muse de l'éloquence et de la poésie épique) défendit la réputation des neuf filles de Zeus et de Mnémosyne, et triompha. Les Piérides furent transformées en pies selon Ovide (Métamorphoses, V, 250-678), ou en neuf oiseaux différents.

Les Piérides, originaires de Thrace, étaient les neuf filles de Piéros, roi de Macédoine, et de sa femme, Evippé*.  Elles engagèrent un concours de chant avec les Muses du mont Hélicon. Elles s'y affrontèrent sous l'œil attentif de Dionysos, Apollon et Minerve. Mais elles perdirent. Pour les punir de leur audace, les muses les transformèrent en oiseaux.

*[Linné avait nommé Papilio piera et P. euippe parmi sa phalange des Heliconii, à coté des papilio apollo, mnemosyne, terpsicore, caliope, polymnia, thalia, urania, euterpe, clio, erato et melpomène, soit les 9 Muses, leur mère Mélpomène et leur père].

  Dans le tableau de Rosso Fiorentino (Florence, 1494 - Fontainebleau, 1540) Le Défi des Piérides, au musée du Louvre, on voit au centre, Apollon, avec à sa gauche Athéna, ordonner la métamorphose des Piérides en oiseaux. A droite d'Apollon, Dionysos, vaincu, est représenté de dos. 

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conantesque loqui et magno clamore proteruas
intentare manus, pennas exire per ungues
adspexere suos, operiri bracchia plumis,
alteraque alterius rigido concrescere rostro
ora uidet uolucresque nouas accedere siluis.

Tandis qu'elles cherchent à parler et à tendre effrontément les mains,
en poussant de grands cris, elles aperçoivent que des plumes
sortent de leurs ongles, et que leurs bras aussi se couvrent de plumes ;
l'une voit le visage de sa compagne s'accroître d'un bec rigide
et des oiseaux d'un genre nouveau se diriger vers les forêts.

   Métamorphoses d'Ovide (5, 662-678).

 

 La confusion entre les Muses et les Piérides semble donc condamnable : que répondrait l'accusé A. M. Emmet pour sa défense ?

 Prenant sa place, j'appelle nul autre que Lucrèce, l'homme qui nous délivra de la peur des dieux et de la peur de la mort par son De Natura Rerum (De la nature des choses). Connaissez vous autre chose de lui que son fameux Suave mari magno ? Oui, cet autre passage tout aussi fameux où il compare la forme poétique dont il pare son initiation à l'épicurisme pour le rendre plaisant, au miel dont le médecin enrobe l'amère breuvage de son traitement ? Eh bien, c'est, précisément dans ce passage que Lucrèce assimile les Piérides aux Muses au langage mélodieux :

   "Maintenant, ô Memmius, écoute et apprends ce qui te reste à connaître. Je sais combien ces matières sont obscures; mais de glorieuses espérances ont frappé mon âme du plus vif enthousiasme, et lui ont imprimé le doux amour des Muses. Animé de leur feu, soutenu par mon génie, je parcours des sentiers du Piérus qui ne sont point encore battus; et que nul pied ne foule. J'aime à m'approcher des sources vierges, et à y boire; j'aime à cueillir des fleurs nouvelles, et à me tresser une couronne brillante là où jamais une Muse ne couronna un front humain: [1,930] d'abord, parce que mes enseignements touchent à de grandes choses, et que je vais affranchissant les cœurs du joug étroit de la superstition; ensuite, parce que je fais étinceler un vers lumineux sur des matières obscures, et que je revêts toute chose des grâces poétiques. Et ce n'est pas sans raison. Le médecin veut-il faire boire aux enfants l'absinthe amère; il commence par enduire les bords du vase d'un miel pur et doré, afin que leur âge imprévoyant se laisse prendre [1,940] à cette illusion des lèvres, et qu'ils avalent le noir breuvage. Jouets plutôt que victimes du mensonge, car ils recouvrent ainsi les forces et la santé. De même, comme nos enseignements paraissent amers à ceux qui ne les ont point encore savourés, et que la foule les rejette, j'ai voulu t'exposer ce système dans la langue mélodieuse des Piérides*, et le dorer, en quelque sorte, du miel de la poésie; espérant retenir ton âme suspendue à mes vers, tandis que je te ferais [1,950] voir toute la nature des choses avec son ajustement harmonieux et sa forme."      *volui tibi suaviloquenti carmine Pierio rationem exponere nostram et quasi musaeo

 dulci contingere melle

De Natura Rerum, Livre I, 920-950, Trad. Nisard.

 Comment concilier ces deux versions ? Il faut admettre qu'il existait deux groupes de Muses, celles de Thrace, les Piérides, sur la montagne appelée Pimpla, et celles de Béotie, les Thespiades  ou... Héliconides (voir la phalange des Heliconii des papillons de Linné) , c'est à dire deux strates mythiques anciennes, dont l'une l'emporta sur l'autre. Les Piérides sont liées au mythe d'Orphée et au culte de Dionysos, qui avait atteint la Thrace (nord-est de la Grèce), et elles possèdent leur mont sanctuaire (Pieros, transformé en roi-mont paternel) et leur source sacrée, la Piéra. Les Muses sont liées au dieu Apollon, qui, grâce aux eaux de la fontaine d'Hippocrène sur le Mont Hélicon fait jaillir l'inspiration poétique. L'ancien culte, l'ancienne tradition musicale d'invocation macédonienne doit céder le pas et est phagocité par le culte béotien dominant, comme en témoigne le fait qu'Apollon donne aux Muses le nom des Piérides.

 Il est tout à fait connu que le culte des Muses trouve son origine en Thrace autour de l'actuelle région de Piéria, au pied du Mont Olympe. Elle avait été occupée par la tribu thrace des Pieres avant d'être expulsé par les Macédoniens au VIIIe siècle, et ont fondé une nouvelle colonie plus à l'est. La région est mentionnée dans les poèmes homériques sous le nom de Pieria (en grec ancien  "Πιερία") ou de Pieris ("Πιερίς") comme étant, selon la légende, le lieu de naissance des Muses, et de Orphée, le père du Chant lyrique. Lorsque le culte fut transféré en Béotie, le nom des montagnes, des grottes et des sources de l'ancienne religion fut transféré du nord au sud.

Selon Pausanias livre IX chap. 29  c'est près du mont Hélicon, Ephialtes et Otus auraient offert les premiers sacrifices pour les Muses et au même endroit il y avait un sanctuaire dédié à Euphémé leur nourrice. "Piéros le Macédonien, qui a donné son nom à une montagne de la Macédoine, étant venu à Thespie, établit le culte des neuf Muses, et changea leurs noms en ceux qu'elles portent maintenant, soit parce que cela lui parut mieux ainsi, ou qu'il eût été inspiré par quelque oracle, soit enfin qu'il l'eût appris de quelque Thrace ; car les Thraces paraissent, à divers égards, avoir été anciennement bien plus habiles que les Macédoniens, et plus soigneux de tout ce qui concerne les choses divines. [4] Il y en a qui prétendent que Piéros avait neuf filles à qui il avait donné les mêmes noms qu'aux neuf Muses, et c'est à elles, selon eux, que devaient le jour tous ceux que les Grecs disent fils des Muses".

 

Une perspective captivante pour les zoologistes est la lecture que fait José Carlos Bermejo Barrera dans son article "Musas contra Pierides ; insectos contra pajarosGallaecia, 6, 1980, p. 121-133 où cet affrontement des Muses contre les Piérides transformées en neuf sortes d'oiseaux doit être vu comme celui des Insectes chanteurs comme les cigales par exemple, —  féconds, proches de Zeus, favorables à l'ordre divin, social et humain, ou aux capacités de devin et de poète des hommes — contre les Oiseaux insectivores (les Piérides). 

 En effet, le poète ou écrivain Nicandre de Colophon nous donne, par l'intermédiaire d'Antoninus Liberalis livre 9, le nom des Piérides (du temps où elles n'étaient que sept) :  Colymbas, lyngx, Cenchris, Cissa, Chloris, Acalanthis, Nessa, Pipo, et Dracontis. Ces noms correspondent à des  noms réels d' oiseaux en grec ancien , comme le torcol, le faucon, le geai, le  canard, le chardonneret, et quatre autres sans équivalents modernes reconnaissables (wikipédia). D'autres (Epicharmis, Tzetzes in Hes. 23) donnent les noms de Neilo (Νειλώ), Tritone (Τριτώνη), Asopo (Ἀσωπώ), Heptapora (Ἑπτάπορα), Achelois, Tipoplo (Τιποπλώ), noms qui peuvent correspondre à sept rivières et donc à des divinités aquatiques.

 

 

 

 

Les autres entomo-étymologistes :

 

1. W. Dale (1870) page 11 : "Pieris, one of the daughter of Piêrus, fabled to have been metamorphosed into magpies, to challenging the Muses to sing better than themselves.—Ovid."

2. Arnold Spuler (1908) page 5 : "Name einer Landschaft Griechenlands" ("Nom d'une région de Grèce")

3. Janssen, (1980) page 38 : " de muzen werden ook Pieriden genoemd, naam afkomstig van de berg Pieros in Thessalië, hun geboorteplaats" ("Les Muses, aussi appelées les Piérides, du nom de la montagne Pieros en Thessalie, leur lieu natal").

4. Ramann, (1870) page 12 : "Pieriden, ein zweiter name der Musen". ("Piéride, deuxième nom des Muses")

5. Glaser, (1887) page 115 : "Pierostochter", "Pierosbewohnerin", "Pieriën", oder "Pierinnen, Zuname der Musen" (" Filles de Pieros, habitantes de Pieros, les "Piériennes, ou Piérinéennes", surnom des Muses")

6. Anton Spannert (1888)  page 18 : "Pieris, ein Muse, Tochter des Königs Pierus zu Emathia im alten Griechenland". ( "Pieris, une Muse, fille du roi Pierus à Emathia en Grèce ancienne")

7. H.A. Hürter (1988) page 26 : "...nach einer Gruppe der griechischen mythologie, den Musen oder Pieriden, benannt". (" d'après un groupe de la mythologie grecque, nommé les Muses ou Piérides")

8. Perrein et al. (2012) p. 145: "Du nom d'une région voisine de Macédoine, la Pièrie, voisine du mont Olympe, qui aurait été le séjour des Muses et dont celles-ci prirent le nom : les Piérides".

9. Doux et Gibeaux (2007) ; Piéride, Pieris : nom de l'une des Muses,  (les Muses portent en grec le nom de "Piérides"), sensées vivre sur le mont Piérus, proche de l'Olympe".

 

Mes conclusions.

      On ne me fera pas choisir entre Ovide et Lucrèce, entre le merveilleux et la lucidité. Mais la version d'Ovide donne des ailes plus grandes à mon imagination, qui transforme les papillons blancs en avatars des belles chanteuses effrontées défiant ces dames les Muses éternelles. La vaine tentative de l'éphémère pour échapper à son destin reçoit ici mon suffrage.

         

3. Nom d'espèce : Pieris brassicae (Linnaeus, 1758)

 

a) la publication originale.

       Protonyme :P[apilio] D[anaus] , Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. page 467  

— Localité-type : : Suède, lectotype désigné par Honey& Scoble (2001)]

Cette espèce a une répartition paléarctique. Elle est présente dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses Brassicaceae.

 —Habitat in brassica. "[la chenillle] fréquente les choux"

— Description : P.D alis integerrimis rotundatis: primoribus maculis duabus apicibusque nigris, major. "Papillon Danaus, aux ailes entièrement arrondies ; le plus grand, les ailes antérieures portant deux taches noires et l'extrémité noire."

 

 — Références (mentions bibliogr. complétées si besoin notamment par celles du Fauna suecica) :

Fauna suecica  1746 n° 799

- Mouffet Ins, 189 f.1.

- Goedart Ins. I; t.11

- Lister Goedart page 16, f.7

- Blank Ins.  edit. belg. 24, t.4 f. A-D. / edit. germ p. 19 t.4.

- John Ray, cantabrig. p. 134 papilio brassicaria alba major vulgatissima 

-John Ray, Historia insectorum I page 13 n°1  .

-John Ray Ins, p. 348 n°19 Eruca brassicaria maxime vulgaris,nigro, luteo et caerulo coloribus variegata

- James Petiver, musei, p. 85 n° 825 papilio albus vulgaris major.

- James Petiver gazophylacii, t.62 f.3 papilio alba major apicibus nigris

- Vallisn nat. I t.1.

- Swamm. bibl. nat. t.37.96. et in-quart. p. 102 t.13 f.6

- Réaumur ins. I t.29 f.1 et t. 10 f.7.

- Roesel  Ins. I. pap. 2 

-Albin, p.1, t.1 page 14 

- Wilkes Pap. 49 t.2 a 2

— Dans la Fauna Suecica 1746 page 244 n° 799:

Linné  fait figurer un nom vulgaire (indiqué "vulgo") : "Brassicaria vulgaris", "le [papillon] commun du chou".

 

 

b) Synonymes (INPN, Muséum) et sous-espèces.

  • Papilio brassicae Linnaeus, 1758 
  • Pieris brassicae brassicae (Linnaeus, 1758)  
  • Pieris brassicae wollastoni* (Butler, 1886)  

*Thomas Vernon Wollaston  est un malacologiste et un entomologiste britannique,  (1822  -1878)  membre de la Linnean Society of London et qui fit durant l’année 1855 quatre longs voyages à Madère.

 

Tshikolovets retient trois sous-espèces en Europe et dans le bassin méditerranéen :

- brassicae Linnaeus, 1758 ;

- wollastoni Butler, 1886. Localité-type : Madère. Ce taxon est considéré comme une espèce à part entière par Fauna Europaea.

- azorensis Rebel, 1917. Localité-type : les Açores.

 

c) étymologie.

 Brassicae : (Linnaeus, 1758) désigne le genre de la plante-hôte, Brassica, genre qui a d'ailleurs été nommé par Linné lui-même en se contentant d'utiliser le nom latin brassica, ae, f, "chou". Voir Linné, 1753, Species plantarum p. 466.

  C'est le Chou potager Brassica oleracea qui est la plante hôte, avec le Colza Brassica napus, la Ravenelle Raphanus raphanistrum, et la Grande capucine Tropaeolum majus. L'épithète oleracea vient selon le Gaffiot du latin (h)olus, oleris signifie " légume, herbe potagère" comme dans la 4eme  Géorgique de Virgile, v. 130. La traduction par "chou potager" est donc littérale.

Parmi les neuf espèces du genre botanique Brassica de Linné, le huitième porte le nom de eruca, nom latin désignant la roquette...mais aussi par homonymie "la chenille".

d) étymologie autour du Chou.

— Le nom brassica était utilisé en latin classique pour désigner le chou (Pline, 19, 136) et vient du grec prasike signifiant "légume", le chou passant dans l'Antiquité comme le légume par excellence; 

— le nom français -chou (1175) est issu du latin caulis, "tige des plantes" (caulis brassicae, Caton, R. R. 157, 2). La racine indo-européenne *kaul- se rapportait à l'idée de creux, et se retrouve dans le grec ancien καυλός, kaulos, "tige d'une plante, chou, tige creuse". La même racine a donné (Littré) le wallon, cau ; bourguignon chô ; le picard, caulet, colet ; le provençal caul ; l'espagnol col ; le portugais couve ; l'italien cavolo.  Littré pouvait ajouter l'allemand kohl et le néerlandais kool. C'est d'ailleurs le néerlandais koolzaad "graine de chou" qui a donné notre "colza".

Dans le vieux français,(Littré toujours) au singulier, nominatif li chols ou chos ou chous, régime le chol ; au pluriel, nominatif li chol, régime les chols ou chos ou chous

On pense que le pluriel en -x des choux est lié aux séquelles d'une forme abréviative médiévale remplaçant la finale -us par un -x "pour économiser le parchemin" (MDR), ou selon Nina Catach car  "la présence ancienne du l final (1606 choul) a également favorisé le maintien du x final au pluriel (cf. ciel / cieux)".

— L'anglais cabbage provient du moyen-anglais caboge, lui-même issu du moyen-français  caboche "tête", de l'ancien français caboce, diminutif du latin caput.   

 

Hübner, das kleine Schmettelingsbuch, planche 16, fig.1, 2, 3 :  Kohlweißling :

          n19_w372

 

 

                II. Noms vernaculaires.

 

      Le premier nom fut anglais et fut attribué par James Petiver en 1703 : "The Greater White Cabbage Butterfly". Ce nom fut repris par Geoffroy en 1762 en français sous la forme "Le grand papillon blanc du chou", simplifié par Engramelle en 1779 par "le grand papillon du chou", placé dans le genre Piéride par Godart en 1721 en "La Piéride du chou", et ce dernier nom fut confirmé en 1986 comme nom vernaculaire principal par G.C. Luquet. En 1771, Walckenaer avait créé le joli nom de "Papillon Brassicaire", mais qui n'était qu'une transcription de Papilio brassicae.

 


0. Avant l'Âge des Noms Français : les auteurs étrangers .

Le premier nom scientifique de 1758, et le premier nom en français de 1762, ont été précédés par des noms donnés par les auteurs de langue anglaise, à commencer par James Petiver en 1695.

 Les auteurs étrangers qui ont précédé Linné (1758) sont :

 a) Thomas  Mouffet 1634 Ins, 189 f.1 : la chenille. In brassica eruca  oritur capite cyaneo, corpore flavis...

 b) Jan Goedart 1662-1667  Ins. I; t.11   et Lister Goedart 1685 16f.7

c) James Petiver 1703 gazophylacii naturae  t.62 f.3 : "papilio alba major apicibus nigris"

c') James Petiver, 1695-1703 musei  p. 85 n° 825 "papilio albus vulgaris major. The greater white Cabbage Butterfly. Thus and the next produces Catterpillars which feeds on the cabbage"

d) John Ray 1710 Historia insectorum p. 348 n°19 : "Eruca brassicaria maxime vulgaris,nigro, luteo et caerulo coloribus variegata"  et I page 13 n°1 

 - John Ray, cantabrigriens. p. 134 : "papilio brassicaria alba major vulgatissima" 

John Ray n'indique pas de nom, mais donne une "phrase spécifique" en latin d'une vingtaine de mots, précédant la description, et qui sert de dénomination. 

e) Eleazar Albin, 1720, A national history of english insects, Planche I  p.15 . Albin donne la description, avant Réaumur, des Ichneumons qui parasitent les chenilles.

 fBlank Ins.  edit. belg. 24, t.4 f. A-D. / edit. germ p. 19 t.4.

 g)  Antonio Vallisneri c1733 nat. I t.1.

 h)  Réaumur 1734  Mémoires ins. I t.29 f.1 et t. 10 f.7.

 i)  Jan Swammerdam 1737 bibl. nat. t.37.96.

i') Jan Swammerdam,  in-quart. p. 102 t.13 f.6

j) Roesel 1746 Ins. I. pap. 2 tabl.4

k) Benjamin Wilkes 1747-49  English moths and butterflies, p.49 t.2 a 2

      (voir aussi B. Wilkes, One hundred copper plates )


[Auteurs plus tardifs : 

-Esper, [1829] I, tab.II fig. 1. page 52. Danaus Brassicaria, der große Kohlweißling

-Schaeffer (Jacob-Christian) 1766, Icones Insectorum circa Ratisbonam indigenorum, Ratisbonne 1766, 5 tomes in-4° avec 220 planches coloriées . Tab. XI fig.3 et 4, et tab. CXL fig. 3-4

-Jean Gaspard Fuesli ou Füslli), 1775 Verzeichnis der ihm bekannten Schweitzerischen Inseckten  N° 547. Der Rohveißling

-Sepp. Nethderland. Ins. Tab. II.

-Mullers, Syst. Nat. Tom. 5 page 588 sp. 75.]

                                       

 


o') Avant l'Âge des Noms Français : Réaumur.

 René-Antoine Ferchault de Réaumur, 1734  Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, Tome 1. 

 Réaumur s'intéresse aux secrets des métamorphoses des chenilles et des chrysalides. Il ne porte aucun intérêt à la taxonomie, et encore moins aux noms des animaux, mais à leurs fonctionnements. Pour désigner notre papillon, il parle de "belle chenille du chou" :

—Huitième Mémoire : Des chrysalides en général, et à quoi de réel se réduisent les transformations apparentes des chenilles en chrysalides, et des chrysalides en papillons.

- Planche XXII, fig. 1 page 382. "..une chrysalide angulaire dont la tête se termine par une pointe, en proue de galère ; elle vient de la belle chenille du chou"

—Onzième Mémoire  De l'industrie des chenilles qui, pour se métamorphoser, se suspendent par un lien qui leur embrasse le dessus du corps, et des crysalides qui sont suspendues par le même lien.

- Planche XXVIII fig.8 "est celle d'une chenille que nous avons nommé la plus belle de celles du chou".

- page 486 planche XXIX fig. 1 et 2 "Papillon de la plus belle des chenilles du chou" 

- Planche XXXIII fig.2 : chenille parasitée par l'ichneumon

- Planche XXXIV, fig.2 : id

 Ce que nous perdons en terme de zoonymie nous est rendu au centuple en termes de précisions d'observation de la façon dont la chenille tisse les fils et se transforme en chrysalides. Ces détails n'avaient jamais été décrits avec tant de minutie et de clarté ; tout simplement, Réaumur est le premier à les décrire.


1. Le grand papillon blanc du chou, Geoffroy, 1762.

 Le grand papillon blanc du chou, Etienne Louis Geoffroy, Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris, tome II, p. 68-69, 1762 qui cite 17 auteurs Linné 1758, Moffet, Réaumur, etc. Geoffroy a inversé mâle et femelle, attribuant les points noirs de l'une à son conjoint, ce dont chacun se goberge. C'est mesquin. Seule la femelle présente des points noirs sur le dessus des ailes antérieures.

Geoofroy décrit ces espèces dans son Cinquième et dernier chapitre avant les Sphinx et les Nocturnes sous le titre général de Les papillons du chou, ou Brassicaires.

 

2. Le grand papillon du chou, Engramelle  1779.

Curieusement, ce papillon si commun n'apparaît que dans le volume II.

    Le grand papillon du chou, Jacques Louis Engramelle 1779, Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 2 page 207, n°49, fig. 102.

 On y lit une bonne description du développement des chenilles  link

 

   Les œufs ayant été pondus sur les feuilles de chou, les chenilles "éclosent au bout de quinze jours, et vivent en société jusqu'à leur transformation. Leur corps est traversé par des rayes de diverses  couleurs. Il y en a trois jaunes, une sur le dos, et une de chaque coté du ventre. L'intervalle entre ces rayes est rempli par d'autres d'un fond bleuâtre. Elles sont chargées de taches ou de points noirs formé par des tubercules, du centre de chacun desquels il part un poil. Elles ont seize pattes. La voracité de ces chenilles est extrême, et chaque jour elles mangent plus du double de leur poids. Elles préfèrent les choux à toute autre nourriture, mais vivent aussi, comme toutes celles de leur famille, sur les autres plantes crucifères. Elle ne touchent jamais aux feuilles des arbres, et mourraient plutôt de faim.

   "Leur démarche  est lente. Trois semaines leur suffisent ordinairement pour prendre leur entier accroissement. Lorsqu'elles y sont parvenues, c'est-à-dire au commencement de Septembre pour les plus hâtives, et au mois de décembre pour les plus tardives, elles vont à d'assez grandes distances chercher quelques murs pour s'y transformer. Plusieurs s'y attachent à plat la tête en haut ou un peu incliné ; mais la plupart cherchent le dessous des corniches, et rentrent même dans l'intérieur des bâtiments.

   " Avant de se transformer en chrysalides, elle tapissent de leur soie la place où elles veulent se fixer, et s'y attachent avec un lien entre le cinquième et le sixième anneau."

 

  On sait depuis Réaumur (1734) combien ces chenilles sont fréquemment la proie "des vermisseaux de mouches ichneumones" qui filent des cocons de soie jaune : Réaumur l'ingénieux avait songé à en exploiter le fil. Il s'agit d'Apantales glomerulus et de Microgaster granulatus. En Australie, le parasite Cotesia glomeratus l'a éradiqueé de ce continent.


 

3. P.C. (du chou)  , Charles de Villers, 1789.

C. de Villers, Caroli Linneai Entomologia, 1789, page 8 .

Simple traduction entre parenthèse du nom scientifique.

 

 

4.  P[apillon] Brassicaire  Walckenaer 1802.

Papillon Brassicaire, Walckenaer Faune parisienne 1802 page 267 n°18 .

.

 5. Le genre Piéris  Latreille, 1804.

: Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés..vol. 14  page  

 Le nom français de Piéris a été créé en 1804 comme un genre par P.A. Latreille dans ses tableaux Méthodiques. Ce genre inclut les danaïdes blanches, c'est-à-dire les papillons que Linné a classé, dans son Systema naturae p. 468, sous le titre Danai Candidi, aux numéros 56 à 74. Latreille reprend ce Genre Piéris en 1810 dans ses Considérations générales sur l'ordre naturel des insectes page 351.

Le nom français de Piéride a été créé par plus tard Godart, collaborateur de Latreille, en 1819 en séparant ce genre Piéris de Latreille en deux nouveaux genres, Coliades (les jaunes) et Piérides (les blancs). Monta-t-il ses Piérides en neige ?

 

 

6. Piéride du chou, Godart et Latreille, 1819.

 LATREILLE (P.A), GODART (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9, 1819, page 158 n° 138.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 


7. Piéride du chou Godart 1821.

La Piéride du chou, Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des Lépidoptères tome 1, Paris :Crevot, 1823 p. 48-4  n° VI, Illustration (femelle) planche 2 ter fig.1 par Vauthier (Peinture et dessin) et Lanvin, graveur.

 Ce nom  a  été repris par tous les auteurs : par Hippolyte Lucas (1834), toujours fidèle à Godart, P.A. Duponchel en 1849 page 53, etc

      De même Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau Systématique des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) page 165, utilise ce nom de "Piéride du chou" avec les initiales c., " commun".

 

 

 

La Chenille.

1. Pieris in Boisduval, 1833.

 J.A. Boisduval, P. Rambur, A. Graslin 1832, Collection historique et iconographiques des chenilles Papillonides Pl. 4 fig 1, 2, et 3. image BHL

      n494_w313

2. La Piéride du chou (Duponchel, 1849).

 

 Philogène Auguste Joseph Duponchel,  Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir de complément à l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de MM. Godart et Duponchel Paris :1849. page 50 n° 7 Planche III fig.7 a-b.

 

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose de retenir le nom de "La Piéride du Chou" comme nom principal. Il rejette "Le Papillon du Chou" comme "nom équivoque pouvant prêter à confusion avec d'autres espèces" et qu'avait employé l'auteur suisse P-A. Robert, mais il tolère "La Grande Piéride du Chou", trouvé dans un ouvrage allemand de Danesh et Dierl adapté en français en 1967, et dont il constate pourtant qu'il n'est qu'une traduction littérale de "großer Kohlweißling". Il oublie que ce nom rappelle (ou traduit) lui-même celui de "Grand papillon blanc du chou" créé par Geoffroy (1762), certes un peu long, mais respectable pour des raisons historiques.

  "La Piéride du Chou" rejoint ainsi, parmi les Pieridae, une série de vingt-deux espèces dont le nom est construit sur le schéma "Piéride + qualificatif", et dont dix-neuf ont été créés par G. Chr. Luquet.

 

7. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Pieris brassicae pour présenter ce papillon dans les titres , alors que le nom vernaculaire "Le grand Papillon du Chou de Geoffroy" n'est utilisé que pour la légende de l'illustration (page 52). 

 

 


      Une belle unanimité...mais faut-il mettre la majuscule à Chou ?

—Bellmann / Luquet 2008 : "La Piéride du Chou".

— Chinery / Luquet 2012  : "La Piéride du Chou"

— Doux & Gibeaux 2007 : " La Piéride du Chou ".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "La Piéride du Chou ". 

— Lafranchis, 2000 : " La Piéride du chou " .

— Perrein et al., 2012 :  "Piéride du Chou" .

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Piéride du chou".

— Wikipédia : "La Piéride du chou"

 

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  •  Grosser Kohlweissling en allemand
  • Suur-kapsaliblikas en estonien
  • Kålfjäril en suédois
  • Kaaliperhonen en finnois
  • Lagarta da couve en portuguais
  • Kopūstinis baltukas en lithuanien
  • Mlynárik kapustový en slovaque
  • Bělásek zelný en tchèque
  • Groot koolwitje en néerlandais
  • Kapusov belin en slovène
  • Stor kålsommerfugl en norvégien.
  • Káposztalepke en hongrois
  • Kələm kəpənəyi en azerbaïdjan
  • Groosse Wiislig en dialecte alémanique
  • Grutte Wite Koalflinter en frison
  • Bjełůnek en silésien
  • Kabespäipel en luxembourgeois
  • La Cavolaia maggiore en italien
  • mariposa de la col/ mariposa común en espagnol
  • Blanqueta de la col en catalan
  • Büyük Beyazmelek Lahanakelebeği en turc
  • Білан капустяний en ukrainien
  • Зелева пеперуда en bulgare
  • Bielinek kapustnik en polonais

 

 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  • Bolb cabáiste en irlandais

  • Baneag vooar en mannois.
  •  dealain-dè mhòra gheala dealan-dè mòr geal, leòmainn a' chàil  en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton avant 2014 ; 

  •  Gwyn mawr en gallois. 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

  Le nom proposé par Geoffroy est en réalité emprunté par traduction aux auteurs anglais qui ont été les premiers à nommer ce papillon décrit par Moffet en 1634. C'est Michaël.A. Salmon  (The Aurelian Legacy, 2000) qui a colligé toutes les publications nécessaires, jusqu'à éplucher la moindre feuille de chou, pour donner la liste suivante : 

  • The Greater White Cabbage-Butterfly:  (Petiver, 1703), soit "le plus grand des papillons blancs du chou".
  • the Great Female Cabbage-Butterfly : (Petiver, 1717)
  • The Great White Butterfly :  (Albin, 1720)
  • The Large White Garden Butterfly , ou The Large Garden White Butterfly : (Wilkes, 1747-49 ; Lewin, 1795; Donotan, 1808 ; Humphreys & Westwood, 1841 ; Wood, 1853 ; W.E. Kirby (1), 1906 ; Newman & Leeds (3), 1913 ; Heslop, 1959)
  • The Great White Cabbage Butterfly : ( Berkenhout, 1769 ; Stepnes, 1856)
  • The Large White :  (Haworth, 1803 ; Jermyn, 1824 ; Morris, 1853 ; South, 1906 ; Newman & Leeds (1), 1913)
  • The Large Cabbage : (Samouelle, 1819)
  • The Large White Cabbage Butterfly : Brown, 1832 ; Newman & Leeds (2), 1913
  • The Cabbage (Rennie, 1832)
  • The Great White (var.) : (Wood, 1852)
  • The Large Cabbage White Butterfly : ( W. f. Kirby, 1896 ; W. E. Kirby (2), 1906)

  On voit avec quel sérieux et quelle minutie Salmon a su se consacrer à la zoonymie vernaculaire anglo-saxonne, et le travail qu'il nous reste à accomplir.

 

 

                            ILLUSTRATIONS.

 

Albin, 1720 pl.I GDZ

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Roesel 1746 planche IV page 91

 

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      Bibliographie, liens et Sources.

— Funet : Pieris

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) :Pieris brassicae

— UK Butterflies :Pieris brassicae 

— lepiforum :http://www.lepiforum.de/lepiwiki.pl?Pieris_Brassicae

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner .

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ;http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1u

 

                 I.  Étymologie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

— BRIDGES (Charles A.) 1993 Bibliography (Lepidoptera: Rhopalocera)  2nd ed. C.A. Bridges in Urbana, Ill . Archiv.org. 

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— CURTIS, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres.             http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

— DAREMBERG (C.) et SAGLIO (E.),  Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines  (1877-1919) Univ. de Toulouse Le Mirail :http://dagr.univ-tlse2.fr/sdx/dagr/rechercher.xsp?qid=sdx_q3&hpp=51&p=7&filtre=A

— DALE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 Archiv.org.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p

  http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. BHL.Library

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

— ESPER (Eugenius Johannes Christian) Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur / mit Beschreibungen, herausgegeben mit Zusätzen von Toussaint von Charpentier. Leipzig : T.O. Weigel, [1829-1839] En ligne BHL.

  — FABRICIUS (Johann Christian) 1807  "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge [...], Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

— FABRICIUS (Johann Christian) 1787  Fabricii Mantissa insectorum Hafniae 1787 en ligne Goettingen.

— FABRICIUS (Johann Christian)  1798  Supplementum Entomologiae systematica , Hafniae.

 — FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

FUESSLI (Johan Caspar) Verzeichniss der ihm bekannten Schweizerischen Inseckten : mit einer augemahlten Kupfertafel: nebst der Ankhundigung eines neuen Insecten Werks Joh. Caspar Fuesslins 1775.  BHL libr

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

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— GODART (Jean-Baptiste) Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France décrits par M. Godart, ancien proviseur Paris : Crevot 1821 Vol.1, Première partie, environs de Paris, [I]-[vij] + 295 p. Planches dessinées par [Antoine Charles] Vauthier et gravées par Lanvin.

 —  GRIFFITH (W. J. )  Catalogue raisonné des lépidoptères observés en Bretagne jusqu'en 1882, ,... publié par les soins de T. Bézier. Rennes : Impr. Fr. Simon, 1902.

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— HAWORTH Adrian Hardy Lepidoptera Britannica;: sistens digestionem novam insectorum Lepidopterorum ...London, 1803, Google books

— HIGGINS (L. G.) et RILEY (N. D.) 1988. Guide des Papillons d'Europe : Rhopalocères. Troisième édition française. Traduction et adaptation par Th. Bourgoin, avec la collaboration de P. Leraut, G. Chr. Luquet et J. Minet. Delachaux et Niestlé édit., Neuchâtel ,1988, 455 pages.

— LAFRANCHIS (Tristan), 2000 Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Collection Parthénope, Ed Biotope, Mèze, 448p. 

   LATREILLE (P.A.) 1796 Précis des caractères génériques des insectes disposés dans un ordre naturel par le citoyen Latreille Paris, Brive : 1796 pages 140-149.

 — LATREILLE, P. A., 1804. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, Paris : Déterville. vol.24. 

LATREILLE (P.A.) Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, Paris : Detreville vol. 17, 1803 ici

LATREILLE (P.A.) Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle vol. 24 1818 : Classification page 501 http://books.google.fr/books?id=I_NBAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=vanesse&f=false

—LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 369. Paris : Dufart.

 — LATREILLE P. A. 1810. Considérations générales sur l'ordre naturel des animaux composant les classes des Crustacés, des Arachnides et des Insectes; avec un tableau méthodique de leurs genres, disposés en familles. Paris: F. Schoell, 444 pp. pp. 350-370.

 —LATREILLE  (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

 — LATREILLE (P.A), GODART (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9 1819. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

 — LERAUT (Patrice) 1997 "Liste systématique et synonymique des Lépidoptères de France, Belgique et Corse" (deuxième édition) Alexanor, 20, Supplément hors série : 1-526, 10 illustr., photog, 38 fig.

— LEWIN, W. 1795 The Insects of Great Britain, systematically arranged, accurately engraved, and painted from nature, with the natural history of each species BHL library

http://www.biodiversitylibrary.org/item/103670#page/7/mode/1up

 

— LUCAS ([Pierre-] Hippolyte)  Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe Paris : Pauquet  1834 ouvrage orné nature de près de 400 figures peintes d'apres, par A. Noel, et gravées sur acier.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4416154.r=lucas+papillons.langFR 

 http://www.biodiversitylibrary.org/item/53843#page/11/mode/1up

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 "Les noms vernaculaires français des Rhopalocères d'Europe", Alexanor, Revue des Lépidoptéristes français, tome 14, juillet-septembre 1986, suppl.)

— LUQUET (Gérard Chr.) 1986 —in : PFLETSCHINGER (Hans). Papillons.Comment identifier et reconnaître les papillons d'Europe et leurs chenilles traduit et adapté de l'allemand par G. Chr. Luquet. 80 p., 88 illustr. photogr. coul. Collection "Miniguides Nathan tout terrain". Fernand Nathan édit. Paris.

— MOFFET (Thomas) 1634 Insectorum, sive, Minimorum animalium theatrum.  Londini : Ex officin typographic Thom. Cotes et venales extant apud Guiliel. Hope, 1634.  BHL.

— MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buch'oz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

— MERIAN (Maria-Sibylla) Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par  Universitätsbibliothek Heidelberg;

 — MERRET (Christopher) 1667  Pinax Rerum Naturalium Britannicarum. 1667. Google Books

http://books.google.co.uk/books?id=p0SjZ7N6TA0C&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

— MOORE (Frederic) 1890-1913 Lepidoptera indica, L. Reeve : London, 1890-1913. BHL

— OBERTHÜR (Charles) 1904 Études de Lépidoptérologie comparée, Rennes : Oberthür, 1913 Openlibrary

  — OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), 1912-1921, Faune entomologique armoricaine. Lépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.

— PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

— PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

— PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767  Version Books.Google 

— PETIVER (James) 1717 Papilionum Brittaniae Icones (1717)  

— PERREIN (Christian) 2012 et al. , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

—  PODA (Nicolaus) 1761. Insecta Musei Græcensis, quæ in ordines, genera et species juxta systema naturæ Caroli Linnæi. Graecus [= Graz]. (Widmanstadius). 127 pp. Google books
— RAY  (John) Historia insectorum, Londini 1710 Archive.org
— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes   Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL.  Voir aussi VALLOT J.N. 1802.
 ROBERT (Paul A.)  1934 — Les Papillons dans la nature, Delachaux et Niestlé : Neufchâtel et Paris,  405 p., 64 pl. couleurs books.google.fr/books?id=jSFDAAAAYAAJ

— RÖSEL VON ROSENHOF   1764-68  De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem, By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] BHL Library 
— Rösel von Rosenhof 1746 Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung  Nürnberg.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

 — SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

SCHAEFFER (Jacob-Christian)  Iacobi Christiani Schaefferi  1766Icones Insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae = Natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten Regensburg [Ratisbonne]: gedruckt bey H.G. Zunkel, [1766?-1779?] ; Gravure par Haid, Johann Jacob (1704-1767), 5 tomes in-4° avec 220 planches coloriées VOL. II Google

SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

 — SCUDDER, S. H. 1875. "Historical sketch of the generic names proposed for Butterflies: a contribution to systematic nomenclature". Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, 10: 91-293. http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

— SODOFFSKY (Wilhem),1837. "Etymologische Untersuchungen ueber die Gattungsnamen der Schmetterlinge"  Bulletin de la Société Impériale des Naturalistes de Moscou. 10(6) : 76-97.

 — SOUVESTRE (Émile), 1836  Voyage dans le Finistère par Jacques Cambry, revu et augmenté par- : "Tableau systématique des lépidoptères qui se trouvent dans le département du Finistère" par  [(Hesse et) Le Borgne de Kermorvan] Brest : Come et Bonetbeau, 1835 page 165

SWAMMERDAM (Jan) 1685 Historia insectorum generalis et 1737-38 Biblia naturae (Leyde)

http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/65389/rec/3

— TOLMAN (Tom), LEWINGTON (Richard), Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, traduction et adaptation française Patrick Leraut,  Paris : Delachaux et Niestlé 1999 et 2009, 384 pages.

— VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

  — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

— WALCKENAER (C.A.) 1802,  Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.  

 

— WESTWOOD (J O) & HUMPHREYS (Henry Noël), British butterflies and their transformations, William Smith : London 1841. BHL

— WILKES (Benjamin) One hundred and twenty Copper plates of English moths and butterflies ... with a natural history London : Benjamin White 1773  Books.google.

— WILKES (Benjamin), The english moths and butterflies, etc... London : printed for the author 1747-49 Books.Goggle

— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.


 

                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

Albin :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN477852769

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boisduval Tableau meth. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97190k/f1.image.pagination.r=Boisduval.langFR

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

 http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

et https://archive.org/stream/papillonsdeurop00ernsgoog#page/n159/mode/2up

Engramelle vol. 2 : http://books.google.fr/books/about/Papillons_d_Europe_peints_d_apr%C3%A8s_natur.html?id=jbS5ocRuGsYC&redir_esc=y

Engramelle vol. 3 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84701433

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 :

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Goedart par Lister 1685 : http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

 https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

  — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:16

   Zoonymie du papillon la Piéride du navet

      Pieris napi (Linnaeus, 1758).

 

   La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, "animal" et ónomaὄνομα, "nom") est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom. 

 

 

 

Résumé.

— L'origine du nom de genre Pieris Schrank 1801 est le grec pieris, nom des Muses lorsqu'elles vivent sur le Mont Pierus, près de l'Olympe, ou de leurs concurrentes transformées en pies après un concours de chant.

— L'épithète napi, génitif du latin napus, se traduit "du navet" et désigne pour Linné une des plantes hôtes.  Linné avait nommé l'espèce en 1746  Brassicaria latis venis " (papillon) du chou à veines larges", en reprenant ce qualificatif de James Petiver qui en donna la première description en 1699. Le "navet" de Linné ne correspond pas à notre légume (Brassica rapa), mais à un navet sauvage (sylvestris) désormais impossible à identifier. 

 — Les noms vernaculaires ont été successivement "Le Papillon blanc veiné de vert" (Geoffroy 1762) puis (Engramelle, 1779), le Papillon napicole (Walckenaer 1802) la "Piéris du navet" (Latreille, 1804), la "Piéride du navet" (Godart, 1821). Le premier nom, trop long, est emprunté à Wilkes, et signale que l'espèce se reconnaît par les nervures des ailes, soulignées de verdâtre au verso. Les seconds rappellent le genre Piéris de Latreille, devenu la famille des Pieridae, et font croire à tort au jardinier que ce papillon menace ses navets. Faux, la chenille ne fréquente pas les jardins et se nourrit de plantes sauvages. En 1986, G.C. Luquet choisi "La Piéride du Navet", qui s'impose vite.

 


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Pieridae, Swainson, 1820.

Je n'ai pas trouvé la publication originale ; sans-doute The Zoological Illustrations

(BHL libr)

Elle comporte, en France, les sous-familles des  Dismorphiinae Schatz, 1888 , des Coliadinae Swainson, 1827 et des Pierinae Duponchel, 1835

 

b) Sous-famille des Pierinae, Duponchel, 1835.

Cette sous-famille correspond à la Tribu III des Piérides  décrite par Philogéne Auguste Duponchel à la page 381 du Catalogue méthodique des lépidoptères d'Europe avec l'indication des époques et des contrées où on les trouve, publié dans Histoire naturelle des Lépidoptères ou papillons d'Europe, à la fin des volumes I, II et Supplément, consacrés aux Diurnes.

L'auteur s'explique sur ce Catalogue page 373. Appelé, après la mort de J.B. Godart, à poursuivre l'Histoire naturelle des Lépidoptères, qui s'était modestement limitée initialement aux espèces "des environs de Paris", mais qui s'était étendue ensuite avec Godart à la France, puis, dans un Supplément, à l'Europe, pendant que, concomitamment, de nouvelles espèces ne cessaient d'être découvertes, Philogéne se voit contraint de remettre à jour le Tableau méthodique publié par Godart 12 ans auparavant, en 1823  (Godart, J. B. 1823. Tableau méthodique des Lépidoptères ou Papillons de France indiquant les localités et les époques on ils se trouvent. Diurnes. Crevot, Paris. 64 pp.).

Godart avait réparti ses diurnes sur treize genres : Duponchel en déploie 32.

—Première famille : Diurnes Latreille

Première division : six pattes ambulatoires.

- Tribu I. Papillonides.

- Tribu II : Parnassides.

-Tribu III : Piérides.

  •  
    • Genre Piéride latreille
    • Genre Anthocaris Boisduval.
    • Genre Leucophasie Stephens.

-Tribu IV ; Rhodocérides

Etc...

 

c) Tribu des Pierini Duponchel, 1835.

d) Sous-tribu des Pierina Duponchel, 1835

  Cette sous-tribu contient les genres Pontia Fabricius 1807 et Pieris Schranck 1801.

 

 

 

2. Nom de genre :

 

Nom de genre. Pieris, Schrank, 1801.

a) publication originale.

Franz von Paula Schrank, Fauna boica : durchgedachte Geschichte der in Baiern einheimschen und zahmen Thiere 2 (1) page 152 et 161.

Page 152, Schrank présente les cinq groupes  où il répartit les papillons de jour (Dickfalter ou Erynnis, Edelfalter ou Pieris, Stuzfalter ou Maniola, Dornfalter ou Papilio, Schildfalter ou Cupido.

 Le groupe (j'évite à dessein le terme "genre") des Pieris de Schrank, ou Edelfalter (Papillons nobles) rassemble les Equites de Linné, nos Papilio avec, en tête, l'Apollon, puis les grands porteurs de queue comme le Machaon et le Flambé, mais aussi les Blancs (et donc, dans la hiérarchie des valeurs de l'époque, les Nobles), c'est-à-dire ceux dont les ailes vont du blanc à l'orange, et sont globalement de couleur uniforme. En 1804, Latreille plaça les grands porteurs de queue dans le groupe Papilio, et n'inclut dans le groupe Pieris que les blancs, les jaunes et les oranges, soit nos Pieridae.

Ce genre est désigné par les anglo-saxons comme the Whites.

Il comporte en France six espèces :

  • Pieris brassicae (Linnaeus, 1758) 
  • Pieris rapae (Linnaeus, 1758) 
  • Pieris mannii (Mayer, 1851) 
  • Pieris ergane (Geyer, [1828])
  • Pieris bryoniae (Hübner, [1800]) 
  • Pieris napi (Linnaeus, 1758)


 

b) Étymologie du nom de genre.

  A.M. Emmet 1991 explique que Pieris est l'une des Muses, (Piérides) qui étaient supposées vivre sur le mont Pierus, près du mont Olympe. Or les muses étant placées sous la direction d'Apollon,  Schrank a nommé son groupe en fonction de son premier papillon, Pieris Apollo

  La difficulté vient du fait que, dans la mythologie, les neuf Piérides, filles du roi de Macédoine Pieros, n'étaient pas des Muses, mais leurs concurrentes trop imbues d'elles-mêmes, qui eurent l'impudence de les défier pour un concours de chant. Calliope (Muse de l'éloquence et de la poésie épique) défendit la réputation des neuf filles de Zeus et de Mnémosyne, et triompha. Les Piérides furent transformées en pies selon Ovide (Métamorphoses, V, 250-678), ou en neuf oiseaux différents.

 Certes, la confusion entre les Muses et les Piérides semble condamnable : que répondrait l'accusé A. M. Emmet pour sa défense ?

 Prenant sa place, j'appelle nul autre que Lucrèce, l'homme qui nous délivra de la peur des dieux et de la peur de la mort par son De Natura Rerum (De la nature des choses). Connaissez vous autre chose de lui que son fameux Suave mari magno ? Oui, cet autre passage tout aussi fameux où il compare la forme poétique dont il pare son initiation à l'épicurisme pour le rendre plaisant, au miel dont le médecin enrobe l'amère breuvage de son traitement ? Eh bien, c'est, précisément dans ce passage que Lucrèce assimile les Piérides aux Muses au langage mélodieux :

   "Maintenant, ô Memmius, écoute et apprends ce qui te reste à connaître. Je sais combien ces matières sont obscures; mais de glorieuses espérances ont frappé mon âme du plus vif enthousiasme, et lui ont imprimé le doux amour des Muses. Animé de leur feu, soutenu par mon génie, je parcours des sentiers du Piérus qui ne sont point encore battus; et que nul pied ne foule. J'aime à m'approcher des sources vierges, et à y boire; j'aime à cueillir des fleurs nouvelles, et à me tresser une couronne brillante là où jamais une Muse ne couronna un front humain: [1,930] d'abord, parce que mes enseignements touchent à de grandes choses, et que je vais affranchissant les cœurs du joug étroit de la superstition; ensuite, parce que je fais étinceler un vers lumineux sur des matières obscures, et que je revêts toute chose des grâces poétiques. Et ce n'est pas sans raison. Le médecin veut-il faire boire aux enfants l'absinthe amère; il commence par enduire les bords du vase d'un miel pur et doré, afin que leur âge imprévoyant se laisse prendre [1,940] à cette illusion des lèvres, et qu'ils avalent le noir breuvage. Jouets plutôt que victimes du mensonge, car ils recouvrent ainsi les forces et la santé. De même, comme nos enseignements paraissent amers à ceux qui ne les ont point encore savourés, et que la foule les rejette, j'ai voulu t'exposer ce système dans la langue mélodieuse des Piérides*, et le dorer, en quelque sorte, du miel de la poésie; espérant retenir ton âme suspendue à mes vers, tandis que je te ferais [1,950] voir toute la nature des choses avec son ajustement harmonieux et sa forme."      *volui tibi suaviloquenti carmine Pierio rationem exponere nostram et quasi musaeo

 dulci contingere melle

De Natura Rerum, Livre I, 920-950, Trad. Nisard.

 

 

Les autres entomo-étymologistes

 

1. W. Dale page 11 : "Pieris, one of the daughter of Piêrus, fabled to have been metamorphosed into magpies, to challenging the Muses to sing better than themselves.—Ovid."

2. Arnold Spuler (1908) page 5 : "Name einer Landschaft Griechenlands" ("Nom d'une région de Grèce")

3. Janssen, page 38 : " de muzen werden ook Pieriden genoemd, naam afkomstig van de berg Pieros in Thessalië, hun geboorteplaats" ("Les Muses, aussi appelées les Piérides, du nom de la montagne Pieros en Thessalie, leur lieu natal").

4. Ramann, page 12 : "Pieriden, ein zweiter name der Musen". ("Piéride, deuxième nom des Muses")

5. Glaser, page 115 : "Pierostochter", "Pierosbewohnerin", "Pieriën", oder "Pierinnen, Zuname der Musen" (" Filles de Pieros, habitantes de Pieros, les Piériennes, ou Piérinéennes, surnom des Muses")

6. Anton Spannert page 18 : "Pieris, ein Muse, Tochter des Königs Pierus zu Emathia im alten Griechenland". ( Pieris, une Muse, fille du roi Pierus à Emathia en Grèce ancienne")

7. H.A. Hürter page 26 : "...nach einer Gruppe der griechischen mythologie, den Musen oder Pieriden, benannt". (" d'après un groupe de la mythologie grecque, nommé les Muses ou Piérides")

8. Perrein et al. 2012 : "Du nom d'une région voisine de Macédoine, la Pièrie, voisine du mont Olympe, qui aurait été le séjour des Muses et dont celles-ci prirent le nom : les Piérides".

 

 

.    

 

Mes conclusions.

      On ne me fera pas choisir entre Ovide et Lucrèce, entre le merveilleux et la lucidité. Mais la version d'Ovide donne des ailes plus grandes à mon imagination, qui transforme les papillons blancs en avatars des belles chanteuses effrontées défiant ces dames les Muses éternelles. La vaine tentative de l'éphémère pour échapper à son destin reçoit ici mon suffrage.

        

3. Nom d'espèce : Pieris napi (Linnaeus, 1758)

 

a) la publication originale.

 

 Protonyme :P[apilio] D[anaus] napi , Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. page  468 n° 60 . 

 

— Localité-type :  Suède, lectotype désigné par Honey & Scoble (2001)]. Cette espèce a une répartition ouest-paléarctique. Elle est présente dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses Brassicaceae. 

H. Beilmann (2003) écrit : « Les plantes hôtes de la chenille sont des Brassicacées comme l'Alliaire officinale (Alliaria petiolata) et la Cardamine des prés (Cardamine pratensis). Contrairement à la piéride du chou, la piéride du navet n'est nullement nuisible pour les cultures car sa chenille se nourrit de crucifères sauvages et sa présence n'a jamais été attestée sur le navet ». Comme on le constate aussi pour la Piéride de la rave P. rapae, ces dénominations sont de faux amis, et les plantes Brassica napus (colza, chou frisé et rutabaga) ne sont ni des navets, ni les plantes hôtes de Pieris napi



 Habitat in brassica et affinibus.

— Description : alis integerrimis rotundatis albis ; subtus venis dilatato virescentibus.

 — Références :

- Fauna suecica  n° 797. Cf infra.

- John Ray, Historia insectorum page 114 n°4.

- James Petiver, gazophylacii, t.62 f. 4

- Merian Eur.2. page 77 t. 39

- Alb. t.52 f. F.G.

- Wilk. Pap. 50. t.2 a 4.

 

— Dans la Fauna Suecica 1746 page 243 n° 797:

Linné y fait figurer un nom vulgaire (indiqué "vulgo") : Brassicaria latis venis. "(papillon) du chou à veines larges". Ce nom est emprunté à la description de J. Petiver.

Une référence supplémentaire y figure : Petiver, musei page 33 n°302. Papilio albus medius : venis latis, subtus nigricantibus.

 


 

 

b) Synonymes (INPN, Muséum) et sous-espèces.

  • Artogeia napi napi (Linnaeus, 1758) 
  • Artogeia napi segonzaci (Le Cerf, 1923)
  • Artogeia napi (Linnaeus, 1758)
  • Papilio napi Linnaeus, 1758
  • Pieris adalwinda Fruhstorfer, 1909
  • Pieris arctica Verity, 1911
  • Pieris canidiaformis Drenowsky, 1910
  • Pieris dubiosa Röber, 1907
  • Pieris flavescens Wagner, 1903
  • Pieris meridionalis Heyne, 1895
  • Pieris napi napi (Linnaeus, 1758)   

 

    Selon Dupont et al. 2013,  Tshikolovets retient six sous-espèces en Europe et dans le bassin méditerranéen :

napi Linnaeus, 1758.

- adalwinna Fruhstorfer, 1909. Localité-type : Laponie, Suède.

- flavescens Müller, 1933. Localité-type : Mödling, Autriche.

- meridionalis Heyne, [1895]. Localité-type : Italie.

- maura Verity, 1911. Localité-type : Blida, Algérie.

- atlantis Oberthür, 1925. Localité-type : Tioumliline, Maroc.


Dupont et al. 2013 décrivent trois lignées génétiques .

 

c) étymologie.

   L'origine de l'épithète spécifique napi est si simple qu'un commentaire semble superflu. Napi est le génitif du nom latin napus,i, m. "navet" (Gaffiot) : il se traduit donc "du navet". Le nom vernaculaire La Piéride du Navet s'accorde à cette traduction, tout le monde est content et se congratule de cette belle unanimité.

  J'avais déjà été confronté, en étudiant la Piéride de la Rave, à l'impossibilité de fixer le nom de plante "rave" avec une épingle pour lui accoler, à l'encre violette, l'étiquette de son sens. Cela recommence pour le Navet. Dans le Potager Linguistique, les noms de légumes, au lieu de se ranger dans la discipline des dictionnaires, vous entraînent dans un labyrinthe infernal où ils se dissimulent en changeant constamment de costume et vous échappent en riant. Tant-pis, tel un Thésée audacieux, j'y pénètre.

 1. Linné savait pourtant de quoi il voulait parler puisque c'est lui qui a créé le nom Brassica napus en 1753 dans son Species Plantarum : je le tiens, immobile depuis 260 ans, avec 8 autres Brassicaires, page 666 : B. orientalis, campestris, rapa, oleracea, violacea, erucastrum, eruca et vesicaria

 B. Napus : radice caulescente fusiformis..."racine fusiforme poussant en tige" ; parmi les 5 réferences, celle du Pinax de Bauhin page 95, et celle de la Matière médicale. Deux variétés (Bauhin) : la sylvestris (sauvage) et la sativa (sativa = "cultivée").

2. Bauhin et son Pinax de 1596 :

  NAPUS m'y attends en lettres capitales page 95 mais les mots commencent à danser : Napus se transformant en Rapum et en Bunias au gré des références d'auteur ou chez un même auteur, ou portant les deux costumes en même temps : napus sive brunias, napus bunias, napus sylvestris / rapum sylvestris, etc...

3. la Matière médicale.

  Cela peut nous étonner, mais les légumes avaient au XVI et XVIIe un statut proche du remède médical, et figuraient dans ces pharmacopées nommées Matière médicale. Les plus fameuses en France furent celles de Nicolas Lémery, et celle, posthume, du père de notre Geoffroy entomologiste, Étienne-François Geoffroy.

3a. Dans le Traité des drogues simples de Nicolas Lémery (1698), page 523 le NAVET est présenté I.dans sa forme potagère et II. dans sa forme sauvage, celle qui nous intéresse puisqu'elle renvoie à napus sylvestris de Bauhin. "En français, Navet sauvage". Sa racine est plus petite que le navet domestique, sa fleur est jaune, elle pousse entre les blés, et sa semence, qu'on emploie dans la Thériaque, est épatante contre la toux invétérée, l'asthme et la phtysie, ou, rapée, en cataplasme pour apaiser les douleurs.

3b. La Matière médicale de Geoffroy date de 1750, très proche donc du Species Plantarum de Linné. Tout est bien expliqué page 125 : "On distingue en Botanique et dans les boutique deux sortes de Navet : le sauvage et le cultivé". Le Naveau du jardinier (napus off., napus sativa, etc.) y est distingué de la Rave, plus grosse, mais "Galien ne fait aucune différence entre la Rave et le Navet ". Le Navet sauvage est le napus sylvestris : très proche du domestique, il est plus petit, sa fleur est jaune (napus flore luteo) et il est "d'un goût âcre qui sent le sauvageon". Dans la Thériaque, il porte le nom de semen Buniados.

  Il me semble qu'à la suite de cette solide argumentation, je peux affirmer que lorsque Linné donne à son papillon l'épithète de napi, il se réfère à son Brassica napus, qui est Napus sylvestris, donc le Navet sauvage. Au contraire, lorsqu'il baptise le papillon voisin rapae, il renvoie au Pinax de Bauhin page 89 Rapa sativa, la Rave du potager. Il n'est donc pas en contradiction avec les observations modernes, qui montrent qu'à la différence des Piérides du Chou Pieris brassicae et de la Rave P. rapae, ravageuses des potagers, cette Piéride du Navet P. napi ne nourrit sa chenille qu'en milieu sauvage. 

4. Il resterait à savoir à quelle plante rattacher aujourd'hui ce Navet sauvage. 

C'est une autre paire de manche.

Le terme « navet » est apparu au XIIIe siècle d'abord sous la forme « naviet »; il vient de l'ancien français « nef », substantif masculin hérité du latin napus, et dont l' usage en a été abandonné afin d'éviter la confusion avec « nef », substantif féminin signifiant « navire ».

 Le genre Brassica comporte plus de 50 espèces dont 4 espèces cultivées principales :

  • B. oleacera, ou choux potagers, à 9 chromosomes ;
  • B. rapa, plante potagère ou fourragère : c'est le Navet, le chou chinois ; 10 chromosomes. A partir de taxons d'origine comme Brassica rapa sylvestris pour le groupe européen et campestris pour le groupe asiatique, la sélection a développé soit la racine (navet potager, rave), soit la feuille (navet fourrager, soit l'inflorescence (cyme de rave), soit la graine (navette oléagineuse).
  • B. napus, résultant du croisement des deux et ayant donc 10+9 chromosomes :  
     ce sont le colza, le rutabaga (du suédois rottabaggar, qui signifie « chou-navet ») et le chou frisé sibérien.
  • B. nigra, ou moutarde noire. 

Actuellement, le "navet sauvage" serait plutôt désigné comme Brassica rapa subsp. campestris (L.) Clapham, 1952. ou W.D.J. Koch, 1844 . 

 

 

En conclusion, il faut se préserver de l'équation fausse "Napus = navet et rapa = rave", entretenue hélas par la traduction des entomologistes français du nom Pieris napi en Piéride du Navet. Cette erreur est fondée sur les données des Matières médicales du...XVIIe siècle. Retenons que Rapa = navet , Napus = colza + rutabaga, et que P. Napi = Brassicacées sauvages.

Tout savoir sur le Navet ?  Lire : Michel Pitrat, Claude Foury  Histoires de légumes: des origines à l'orée du XXIe siècle INRA Ed. page 138 books.google.fr/books?isbn=2738010660 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                II. Noms vernaculaires.

 

 

 


0. Avant l'Âge des Noms Français .

Le premier nom scientifique de 1758, et le premier nom en français de 1762, ont été précédés par des noms donnés par les auteurs de langue anglaise, à commencer par James Petiver en 1695.

 Les auteurs étrangers qui ont précédé Linné (1758) sont :

a) Maria Sibylla Merian, 1696, Die raupen wundenbare tabl. XXXIX page 77. (trad. n°45)

"Choux verd fleuri ; Brassica viridis [ces noms s'appliquent à la plante dessinée]

    Cette espèce de chenille jaune tachetée de vert et noir s'engendre sur le chou, elle ronge les feuilles et n'y laisse que les côtes : quand elles se changent de bonne heure, il en sort au bout de quatorze jours des papillons, que les Hollandais nomment Witjes ; mais lorsqu'elles sont tardives, elle restent tout l'hiver en un état de nymphes, et n'en sortent qu'au mois de mai. J'ai nourri ces chenilles, et remarqué que quelques unes se disposèrent au changement et restèrent comme mortes : alors plusieurs mites sortirent de leurs corps , qui se transformèrent en nymphes : la mère chenille les ayant attachées ensemble mourut ensuite ; mais douze jours après il sortit une mouche de chaque nymphe."

 

b) James Petiver 1703 gazophylacii naturae t.62 f.4 

b') James Petiver, 1695-1703 musei page 33 n°302.

  Papilio albus medius : venis latis, subtus nigricantibus. The Common white veined butterfly.  

c) John Ray 1710 Historia insectorum page 114 n° 4.

John Ray n'indique pas de nom, mais donne une "phrase spécifique" en latin d'une vingtaine de mots, précédant la description, et qui sert de dénomination. 

d) Eleazar Albin, 1720, A national history of english insects, tableau LII f et g. The Green vein'd Butterfly.

e) Benjamin Wilkes 1747-49  English moths and butterflies, page 50 IV : The White Butterfly with green veins.

      (voir aussi B. Wilkes, One hundred copper plates ...p.98.)

1. Le papillon blanc veiné de vert, Geoffroy, 1762.

- Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 70 n°42  .

   Notre premier nom français de cette espèce est une traduction de l'anglais "The white butterfly with green veins" de Wilkes, qui est pourtant le seul auteur de la liste précédente à ne pas être cité par Geoffroy. Trop long, trop bêtement descriptif, il n'a pas le charme des noms que Geoffroy avait su créer pour ses 36 premiers numéros. 


2. Le papillon blanc veiné de verd, Engramelle 1779 

    Le papillon blanc veiné de verd, Jacques Louis Engramelle 1779, Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 2 page 214 planche L n°104 bis par J.J Ernst gravée par J.J. Juillet (?).

 

3. P.C. napi (du navet)  , Charles de Villers, 1789.

C. de Villers, Caroli Linneai Entomologia, 1789, page 10  n° 9.

Simple traduction entre parenthèse du nom scientifique.

 

 

4.  P[apillon] Napicole Walckenaer 1802.

Papillon Napicole (P. napi), Walckenaer Faune parisienne 1802 page 267 n°20 .

 Amusante variation sur le nom scientifique.

 5. La Piéride du navet    Latreille, 1804.

: Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés..vol. 14  page 163 

 Le nom français de Piéris a été créé en 1804 comme un genre par P.A. Latreille dans ses tableaux Méthodiques. Ce genre inclut les danaïdes blanches, c'est-à-dire les papillons que Linné a classé, dans son Systema naturae p. 468, sous le titre Danai Candidi, aux numéros 56 à 74. Latreille reprend ce Genre Piéris en 1810 dans ses Considérations générales sur l'ordre naturel des insectes page 351.

Le nom français de Piéride a été créé par plus tard Godart, collaborateur de Latreille, en 1819 en séparant ce genre Piéris de Latreille en deux nouveaux genres, Coliades (les jaunes) et Piérides (les blancs).

 

 

6. Piéride du navet, Godart et Latreille, 1819.

 LATREILLE (P.A), GODART (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9, 1819, page  et page 161 n° 145.

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notammant par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 


7. Piéride du navet Godart 1821.

 : Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823, page 17 et page 48-7 Planche 2 tiers fig. 3 et Planche 2 quart  fig. 3 peintes par C. Vauthier et gravées par Lanvin. 

L'auteur justifie le nom en écrivant " elle vit sur le navet (Brassica napus), sur plusieurs résédas, sur la tourette glabre ou arabette perfoliée".

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       Ce nom  a  été repris par tous les auteurs : par Hippolyte Lucas (1834), toujours fidèle à Godart, P.A. Duponchel en 1849 page 53, par H. Milne-Edward en 1835, Aristide Dupuis 1865 , etc...  ...

      De même Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau Systématique des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) page 165, utilise ce nom de Piéride du navet  avec les initiales c., " commun".

 

 

 

La Chenille.

1. Pieris napi in Boisduval, 1833.

 Boisduval, Graslin, Rambur.1833 Collection iconographique et historique des chenilles page 24 Planche 5 fig. 3, 4, 5. (BHL Library).

 

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2. La Piéride du navet (Duponchel, 1849).

P.A.J. Duponchel, 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles page 53 et Planche III fig. 9 .  (B.H.L. Libr)

                  

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6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose de retenir le nom de La Piéride du Navet de Latreille et Godart et d'écarter comme "nom trop long, d'un usage peu pratique le "Papillon blanc veiné de vert" de Geoffroy et Engramelle, ce qui est judicieux. 

  P. napi rejoint ainsi, parmi les Pieridae, une série de vingt-deux espèces dont le nom est construit sur le schéma "Piéride + qualificatif", et dont dix-neuf ont été créés par G. Chr. Luquet.

 

        On peut regretter que Luquet n'ait pas profité du grand ménage réalisé dans les noms vernaculaires pour se débarrasser de l'ancien "Navet", qui affuble cette espèce d'un légume peu élogieux, au profit du nom de Pièride de l'Alliaire. Cela aurait indiqué à l'amateur les mœurs sauvages, rudérales de la chenille, et rappelé cette phrase du livre de H. Bellmann (2003) : "la meilleure façon de découvrir la chenille est d'inspecter les pieds isolés d'Alliaire officinale, en bordure des chemins forestiers".

 

 


7. Noms vernaculaires contemporains :

  L'usage des noms vernaculaires eut assez mauvaise presse entre la seconde moitié du XIXe siècle et la publication de Gérard Chr. Luquet en 1986. 

    Pourtant, W.J. Griffith, qui n'emploie que les noms scientifiques dans son Catalogue raisonné des lépidoptères observés en Bretagne, cite des noms vernaculaires dans son article de 1879 "Sur quelques lépidoptères nuisibles" donné à la Société Polymathique du Morbihan. Or, surprise, ce sont les noms presque désuets de Geoffroy qui y sont utilisés, et, notamment, page 5, "Le Papillon blanc veiné de vert".

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Pieris napi pour présenter ce papillon dans les titres , alors qu'ils adoptent, dans le corps du texte, son petit nom de napi : "En Bretagne, napi vole dès le premier printemps" ; le nom vernaculaire, Le Papillon blanc veiné de vert, est cité en italique comme une curiosité (" ainsi que le nomme Geoffroy") ou placé en légende de l'illustration. Charles Oberthür connaît bien-sûr l'autre nom vernaculaire Piéride du navet, qu'il utilise en 1904 dans ses Études de Lépidopterologie comparée.


—Bellmann / Luquet 2008 : " La Piéride du navet ".

— Chinery / Luquet 2012  :"Piéride du navet".

— Doux & Gibeaux 2007 : " La Piéride du Navet".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "". 

— Lafranchis, 2000 : " La Piéride du navet" .

— Perrein et al. 2012 : "Piéride du Navet " .

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : " Piéride du navet".

— Wikipédia : " Piéride du navet".

 


      Hübner, planche 14, 1, 2, 3 : 

      n17_w384

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

Les deux éléments de la dénomination sont la plante hôte, et la couleur blanche veinée de vert.

  • Rapsweißlingen allemand ("Pieris de la rave")

  • blanca verdinervada en espagnol. ("Blanc veiné de vert")

  • Pieride del navone en italien ("Piéride du navet ou rutabaga")

  • Брюквенница en russe

  • Bielinek bytomkowiec en polonais ("Papillon ? du chou")

  • Rapsfjäril en suédois ("Papillon de la rave")

  • Mlynárik repkový en slovaque ("de la rave")

  • Grønåret Kålsommerfugl en danois ("Papillon vert du chou ?")

  • Rapssommerfugl en norvégien ("Papillon [oiseau d'été] de la rave"]

  • Griežtinis baltukas en lithuanien

  • Lytse Swartstreek Wytflinter en frison

  • Lanttuperhonen en finnois ("papillon du rutabaga, de la rave")

  • Repcelepke en hongrois ("Papillon de la rave")

  • Klein geaderd witje en néerlandais ("Petit veiné blanc")

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  • Baneag gheayney en mannois.
  •  dealain-dè nan ceusadairean* / dealain-dè na gairleach callaid* en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • Gwyn gwythiennau gwyrddion en gallois. (gwyn gwythïen werdd* /  gwynion gwythïen werdd*)

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 

  • The Common white veined-Butterfly : Petiver, 1699.
  • The lesser, white, veined Butterfly :Petiver, 1717.
  • The common white veined Butterfly with double spots : Petiver, 1717.
  • The Green-veined Butterfly : Albin, 1720.
  • The White Butterfly with Green Veins : Wilkes, 1747 ; Berkenhout, 1769.
  • The Green-veined White : Lewin, 1795, et la plupart des auteurs suivants.
  • The Navew : Rennie, 1832.
  • The Colewort (subsp. sabellicae) : Rennie, 1832.
  • The Early Green-veined White (subsp. sabellicae) : Wood, 1852.
  • The Dusky-veined White (subsp? sabellicae) : Newman & Leeds, 1913.

 

Lewin, 1795 Pl. XXVII (BHL libr) "Le Blanc veiné de verd".

                   n118_w428

 

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

— Funet : Pieris

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Pieris napi.

— UK Butterflies : Pieris napi.

— lepiforum : http://www.lepiforum.de/lepiwiki_vgl.pl?Melitaea_Cinxia

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner:Planche 14 .

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ;http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up 


                 I.  Étymologie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler :Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

 

 https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980 , "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 

— KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres 1959.

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 

— SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 

—SPULER  (Dr Arnold), Die Europas Schmetterlinge, 1901-1908. Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

— BRIDGES (Charles A.) 1993 Bibliography (Lepidoptera: Rhopalocera)  2nd ed. C.A. Bridges in Urbana, Ill . Archiv.org. 

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— CURTIS, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres.             http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

— DAREMBERG (C.) et SAGLIO (E.),  Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines  (1877-1919) Univ. de Toulouse Le Mirail :http://dagr.univ-tlse2.fr/sdx/dagr/rechercher.xsp?qid=sdx_q3&hpp=51&p=7&filtre=A

— DALE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 Archiv.org.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. 

  http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. BHL.Library

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buch'oz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

MERIAN (Maria-Sibylla) Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par  Universitätsbibliothek Heidelberg;

 

— MERRET (Christopher) 1667  Pinax Rerum Naturalium Britannicarum. 1667. Google Books

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— PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767  Version Books.Google 

 

PETIVER (James) 1717 Papilionum Brittaniae Icones (1717)  

 

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— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes   Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL.  Voir aussi VALLOT J.N. 1802.
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                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

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Boisduval Tableau meth. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97190k/f1.image.pagination.r=Boisduval.langFR

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

 http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

et https://archive.org/stream/papillonsdeurop00ernsgoog#page/n159/mode/2up

Engramelle vol. 2 : http://books.google.fr/books/about/Papillons_d_Europe_peints_d_apr%C3%A8s_natur.html?id=jbS5ocRuGsYC&redir_esc=y

Engramelle vol. 3 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84701433

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 :

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

 https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

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Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

 Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Rayhttp://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n12/mode/1up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

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Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

  — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:15

    Zoonymie du papillon Le Gazé Aporia crataegi (Linnaeus, 1758) :

                 un vitrail de soie.


   La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, "animal" et ónomaὄνομα, "nom") est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom. 

 

 

 

 

 

Voir : http://www.lavieb-aile.com/article-epithalame-pour-aporia-crataegi-74625431.html

 

 

                               199c

 

 

Zoonymie vernaculaire et rêveries sur le nom du Gazé. 

 

Nommé Blanqueta de l'espinaler (le blanc de l'aubépine) en catalan, Der Baum-Weißling  (le blanc-veiné) en allemand,  the Black-veined White en anglais, La Pieride del biancospino  en italien, La blanca del majuelo (le blanc de l'aubépine) en espagnol, Het groot geaderd witje (le blanc veiné) en neerlandais, Hagtornsfjäril en suédois, il est désigné dans toutes les langues par sa plante-hôte, l'aubépine, ou par sa couleur blanc-veiné. 

  Toutes les langues ? Non. En France, grâce à un médecin parisien passionné de collections d'histoire naturelle de la seconde moitié du XVIIIe siècle, nous appelons les papillons de noms désuets, ou charmants, qui nous font rentrer dans le monde imaginaire, coloré et merveilleux de la poésie et du rêve. 

 En effet, si nous consultons le tome second de l' Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, 1762, d' Etienne-Louis Geoffroy (rien n'est plus simple, on le trouve en ligne) page 72, nous lisons :

"n°43.— Le Gazé : Cette espèce est blanche, tant en dessus qu'en dessous ; les nervures seules sont noires et s'élargissent un peu au bord des ailes supérieures. ces nervures noires sur fond blanc, font ressembler ce papillon à une gase (sic)". 

  Sous Louis XVI, la gase, ou gaze n'est pas encore ce tissu de coton maillé et aéré qui servit de pansement, cette gaze chirurgicale phréniquée ou iodoformée qui nous impose aussitôt, en entendant ce mot, des images de bandes Velpeau et d'ouate hydrophile, des odeurs de chloroforme ou d'antiseptique et la blancheur des blouses d'infirmières. Non, pas du tout.

   Imaginez plutôt une robe de bal rose, blanche ou bleue dont la gaze de Chambéry se double entièrement de percaline blanche : les manches sont courtes et plates, garnies d'une double ruche de tulle de soie blanche. La jupe est garnie de trois biais de gaze de Chambéry, décidément très à la mode. Sur la tête, une couronne de roses blanches formant diadème. Ou bien une mousseline de laine, garnie de dentelle de point-de-Paris cousue à plat. Des manteaux de taffetas, des jupons d'organdi ; d'autres robes de gaze-citron, à lignes satinées, ou de gaze d'argent, ondée, relevée de rubis ; et Jenny, la bouquetière de la Duchesse, qui rit de vous voir si belle.

  Entrez parmi ces cortèges de toilettes féminines, succombez sous le charme de vous faire écoutez par ces yeux violettes des bois perlées de rosée qui ont de si jolies épaules...suivez de loin Mademoiselle M. "un mois de mai dans une robe rose bordée d'un cygne blanc léger comme un nuage —ses épaules sont lumineuses et ses cheveux feuilles mortes — ...retrouvez le souvenir de Madame Swann "dans une robe de chambre de crêpe de chine, blanche comme une première neige, parfois aussi dans un de ces longs tuyautages de mousseline de soie qui ne semblent qu'une jonchée de pétales roses ou blancs", étoffes légères et couleurs tendres cachant —si peu—l'incarnat de nudités émues.

  Lorsque en 1709 Dacier  traduisit en français les vers de la Satire d'Horace (Liv.I, Sat.2) décrivant une courtisane  Cois tibi pene videre est ut nudam, il proposa "Au travers de ses habits de gaze de Cos, vous la voyez comme si elle était nue", en expliquant que la gase qu'une femme nommée  Pamphila fabriquait sur l'île de Cos était si fine et si transparente qu'elle laissait voir les femmes comme nues : c'était là des habits de vent, une nuée de lin ou des toges de verre (ventum textilem, nebulam lineam, vitreas togas).


 Vous y êtes ? Voilà la gaze à laquelle pense Étienne-Louis Geoffroy en regardant, sur l'inflorescence rose d'une carotte sauvage, six de ces papillons veinés posés comme des demoiselles encore timides dans un salon parisien.

192c

 

 Consultons le dictionnaire (CNRTL):

GAZE : Tissu très fin et très léger, de coton, de soie ou de lin, à l'aspect presque transparent, dont les fils de trame sont fortement liés à la chaîne. Gaze de Chambéry, d'Italie; gaze légère. Les voluptueux esclaves laissent couler des arômes, les essences qui ravissent, on tend les rideaux de gaze rose, on allonge les sofas où le cœur de l'homme s'amollit et se pâme sous les baisers (Flaub., Souv.,1841, p. 76). Nous vîmes s'avancer tout à coup une personne vêtue d'une tunique traînante en gaze vert d'eau, avec de longs cheveux noirs soigneusement nattés (Loti, Mariage,1882, p. 47) :

1. Ses petits seins et tout son corps se dessinaient sous une tunique d'azur et de cramoisi, dans un gilet d'or, boutonné par de grosses perles, au-dessus d'une ceinture de gaze, et de larges pantalons de soie orange serraient sa cheville où jouait un anneau d'or. Barrès, Jardin Oronte,1922, p. 35.

L'origine du mot viendrait de l'arabe, lui-même emprunté au persan, pour désigner la bourre de soie. Mais le mot gazelle, qui n'a rien à voir avec celui de gaze, participe à lui rendre la légèreté et la féminité qu'il a perdu. 

L'abbé Engramelle repris en 1779 le nom de Geoffroy  dans ses Papillons d'Europe peints d'après nature, tome I p. 203 planche 48.

Pierre-André Latreille le cita à son tour.

En 1823, Jean-Baptiste Godart proposa La Piéride gazée. Histoire naturelle des Lépidoptères ou papillons de France .

Quand à Linné, moins poétique, il nomme le papillon Papilio phalaena crataegi et  surnomma sa chenille hortorum pestis, la peste des jardins ! 

 

  Selon l'Encyclopédie méthodique, Latreille écrit : "Vers le coucher du soleil, elle se fixe sur les fleurs et sur les épis où on peut la prendre avec la main. Pendant le jour au contraire elle est assez difficile à saisir".

                         215cc

 


  Pour une zoonymie plus formelle:

 

      Résumé.

 — Aporia Hübner, [1819] vient du grec poros "ressource" précédé d'un -a privatif, pour signifier que la caractéristique principale du genre est l'absence presque totale d'écailles sur les ailes : leur belle transparence opaline est due à cette pénurie.

crataegi (Linné, 1758) : en latin, "du crataegus, de l'aubépine", l'une des plantes hôtes.

—Noms vernaculaires : "Le Gazé(Geoffroy, 1762) est justifié par cet auteur "car les nervures noires sur fond blanc font ressembler ce papillon à une gase", c'est-à dire un tissu si transparent qu'il révèle la nudité de la femme qui s'en pare. Engramelle, (1779) reprit ce nom, Godart (1821) créa "la Piéride gazée" (Godart, 1821) puis G.C. Luquet( 1986) imposa "Le Gazé" que chacun reprit à son compte. Les autres noms indiquent la plante-hôte ; la "Piéride de l'Aube-épine" (Latreille et Godart, 1819) ou la "Piéride de l'Alisier" (de Villers, 1789). 

 

 

 

               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Pieridae, Swainson, 1820.

Je n'ai pas trouvé la publication originale ; sans-doute The Zoological Illustrations

(BHL libr)

Elle comporte, en France, les sous-familles des  Dismorphiinae Schatz, 1888 , des Coliadinae Swainson, 1827 et des Pierinae Duponchel, 1835

 

b) Sous-famille des Pierinae, Duponchel, 1835.

Cette sous-famille correspond à la Tribu III des Piérides  décrite par Philogéne Auguste Duponchel à la page 381 du Catalogue méthodique des lépidoptères d'Europe avec l'indication des époques et des contrées où on les trouve, publié dans Histoire naturelle des Lépidoptères ou papillons d'Europe, à la fin des volumes I, II et Supplément, consacrés aux Diurnes.

L'auteur s'explique sur ce Catalogue page 373. Appelé, après la mort de J.B. Godart, à poursuivre l'Histoire naturelle des Lépidoptères, qui s'était modestement limitée initialement aux espèces "des environs de Paris", mais qui s'était étendue ensuite avec Godart à la France, puis, dans un Supplément, à l'Europe, pendant que, concomitamment, de nouvelles espèces ne cessaient d'être découvertes, Philogène se voit contraint de remettre à jour le Tableau méthodique publié par Godart 12 ans auparavant, en 1823  (Godart, J. B. 1823. Tableau méthodique des Lépidoptères ou Papillons de France indiquant les localités et les époques on ils se trouvent. Diurnes. Crevot, Paris. 64 pp.).

Godart avait réparti ses diurnes sur treize genres : Duponchel en déploie 32.

—Première famille : Diurnes Latreille

Première division : six pattes ambulatoires.

- Tribu I. Papillonides.

- Tribu II : Parnassides.

-Tribu III : Piérides.

  •  Genre Piéride Latreille
  • Genre Anthocaris Boisduval.
  • Genre Leucophasie Stephens.

-Tribu IV ; Rhodocérides

Etc...

 

c) Tribu des Pierini Duponchel, 1835.

Elle comporte deux sous-tribus en France :

  • Sous-tribu des Pierina Duponchel, 1835
  • Sous-tribu des Aporiina Chapman, 1895

d) Sous-tribu des Aporiina Chapman, 1895.

Thomas Algernon Chapman, "Notes on Butterfly ¨Pupae, with some remarks on the phylogenesis of Rhopalocera",  Entomologist Record and Journal of variation 6(6): 127 (as “Aporiini”).  Description :Chapman (1895), Entomol. Rec. 6(7): 151.

Genre-type: Aporia Hübner, [1819]    

Un seul genre en France : Genre Aporia Hübner, [1819]

 

 

 

2. Nom de genre : Aporia, Hübner, 1819.

 

Nom de genre. 

a) publication originale.

Aporia, Hübner, [1819]; Anzeiger der im Verzeichnisse bekannter Schmetterlinge Angenommenen benennungen ihrer Horden, Rotten, Stämme, Familien, Vereine und Gattungen : p. 1-72

 (6) page 90, Augsburg, Verfasser 1816-1826.Type spécifique : Papilio crataegi Linnaeus.

Jacob Hübner classe ses papillons en Phalanges (Papilio, Sphinges, Phalaena).

—Les Phalanges sont divisés en Tribus, et les Papilios ont deux Tribus, celles  des Nymphales, des Gentiles.

— Les Tribus sont divisées en  Stirps. La tribu des Gentiles est divisée en six Stirps : Agrodiates, Argontes, Andropoda, Hypati, Telchines, Astici. 

— Chaque Stirps est divisée en Familles :

— La première Famille de la Stirps Andropoda est celle des Voraces. Puis viennent celle des Frugalia, Fugacia, Fidelia. 

— Les Familles sont divisés en Verein ou Coitus (du latin coeo, "aller ensemble"). Dans la Famille des Voraces, le premier genre se nomme Aporien, Aporia.

Aporia est défini ainsi : "Flügel fast durchsichtig ; schwarzsenig" : "Ailes presque transparentes ; veiné de noir".

 

 

b) Étymologie du nom de genre.

 

—Arthur Maitland Emmet (1991) fait le tour de la question :

 "ἀ  alpha privatif ; πορος (poros)  "passage étroit", d'où πορορια, (aporia) difficulté en passant dans un passage étroit, embarras, perplexité en général : peut-être en raison du problème inexpliqué de la fluctuation des effectifs (Macleod), A. crataegi étant la seule espèce du genre. Outre la signification de "difficulté", aporia peut aussi avoir celle de "manque" (cf. l'anglais "to be in difficulties" pour "être dans le besoin"), et Westwood (1855) et Spuler avec autant de probabilités  traduisent par "pénuri", en référence à la pauvreté d'écailles sur les ailes. Une autre "pénurie" peut être celle de leur nombre, cette espèce étant rare. Une meilleure connaissance du statut de A crataegi dans le seconde décade du 19ème siècle pourrait permettre de statuer définitivement sur l'une de ces interprétations."

 

—Arnold  Spuler (1908), Die Schmetterlinge europea p.5  :

 "aporia : der Mangel, wohl wegen der spärlichen Beschuppung der Flügel": "aporia, "insuffisance", probablement en raison du caractère clairsemé des écailles des ailes".

— Glaser (1889) page 276 : "pauvre en écaille".

— Janssen (1988) : idem

— H.A. Hürter (1998) : "les explications de Spuler, Janssen et Glaser sont acceptables".

— Doux et Gibeaux (2000) : 

 "de a privatif, et du grec poria, "passage étroit", "difficulté", "perplexité", "manque", "besoin", "indigence"...Allusion à sa faible écaillure ? Ou à la fluctuation annuelle de ses effectifs ?".

— Perrein et al. (2012) :

"peut-être du grec a privatif et poros "passage étroit" ; les explications sont controversées pour un genre surtout remarquable par l'absence de dessins et le faible nombre d'écailles de ses ailes."

— William Dale 1890 page 7  :

"Aporia : a figure in rhetoric, when the orator doubt what to do or say. Ciceron, Att. 6, 7-20."

 

Ma conclusion.

  J'ai été d'abord trop influencé par le sens  français du mot "aporie, défini par le Trésor de la Langue Française comme "une contradiction insoluble dans le raisonnement" . Une aporie est, en philosophie depuis Socrate qui y menait ses interlocuteurs, une impasse, une difficulté impossible à résoudre.

  Pourtant, en bon lecteur de Platon —son Banquet est sur ma table de chevet, n'en doutez point—, je connaissais le mythe d'Eros, fils de Poros et de Penia, ou Poros (chemin, passage, mais aussi ressource, expédients pόroi) s'oppose dialectiquement à Penia, la pénurie, le manque : car qu'est-ce que l'Amour sans désir, et le désir —comment dirais-je ?— sans manque ?

 Le mot a(privatif) poros m'apparaît donc dans son sens de "dépourvu de ressources", d'expédients, de finances, de pépètes : sans un sou en poche, sans un radis, fauché.

 Il me suffit de me rapporter à la description de Hübner page 90Flügel fast durchsichtig, " les ailes presque transparentes", et à ce mot durchsichstig (litteralement "réduit à soi-même, comme dans durch sich selbst, "par soi-même") pour que l'étymologie du nom générique Aporia se révèle transparente : "dépourvue (d'écailles)" : l'équivalent chez les papillons de notre "à poil".

  On remarquera que cette indigence est, pour cette espèce, une sorte d'ascèse comparable, chez Homo sapiens, ssp.septimodecimus, à la recherche de la blancheur du teint (qui s'inverse dans la ssp. vigesimus en une recherche du "bronzage"), asservissement volontaire des femelles qui les exhorte à se dépouiller encore d'avantage de leurs écailles par un comportement de frottement rythmique des ailes l'une contre l'autre. Ah, les habiles courtisanes, les prêtresses d'Eros, elles ne sont pas dénuées de Poros dans cette quête de transparence rouée, d'ingénuité et de candeur très travaillée qui attirera comme dans un miroir les alouettes mâles !

  

 

 

 

3. Nom d'espèce : Aporia crataegi (Linnaeus, 1758)

 

a) la publication originale.

  A. crataegi, Linné Protonyme P(apilio) D(anaus candidi) crataegi Linnaeus, 1758; Systema Naturae Per regna Tria Naturae secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis (10ème Edition) Holmiae [Stockholm] Laurentii Salvii 1 page 467.

 

— Localité-type : Suède, lectotype, désigné par Honey et Scoble (2001)

Cette espèce a une répartition paléarctique. Elle est présente dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur des Rosacées arbustives

 Habitat in Crataego, pruno et sorbo

— Description : P.D. alis integerrimis rotundatis albis venis nigris. "Papilio Danaus aux ailes unies arrondies blanches veinées de noir".

 — Références :

Fauna suecica  n° 796. Cf infra.

- Aldrovandi, Ins. 246 f.6

- Mouffet Ins. page 103

- James Petiver, musei, p.33 n°301.

- John Ray, Historia insectorum page 115 n°5.

 - Albin, Ins. 2 t.2.

- It. gotland, 182

- Merian Eur. 2. page  t.35

- Réaumur Ins. 2 t 2 f. 9, 10.

- De Geer, Ins. I. t.14 f. 19-20.

- Roesel Ins. I p.2 t.3

 - Wilk. Pap. 49 t 2 a 1.

 

 

 

Dans la classification des Lépidoptères de Linné, les Danai sont les papilio alis integerrimis, aux ailes unies, et parmi les Danai les Candidi sont ceux qui ont les ailes blanches. Plus de la moitié de ces Danai reçoivent les noms des Danaïdes, les 50 filles de Danaos, mais d'autres — comme A. crataegi— sont nommées du nom de la plante-hôte (anacardii, brassica, rapae, napi, sinapis, sennae, cardamines). Voir  Noms des Papillons diurnes (rhopalocères) créés par Linné dans le Systema Naturae de 1758.


— Dans la Fauna Suecica 1746 page 242, on constate que Linné donnait à ce papillon un nom "vulgaire" : Papilio hyemalis.

 Ce zoonyme P. hyemalis est une nouvelle énigme à résoudre, car hyemalis signifie "d'hiver, hivernal". C'est bien justifié pour l'hellébore d'hiver, Eranthis hyemalis (Linné Species Plantarum), mais en quoi ce papillon est-il hivernal ? Je me hasarde à proposer que ses ailes sont, comme les montagnes hiémales, comme recouvertes de glace. Mais je découvre plus tard que Geoffroy, puis Godart renvoie pour cette espèce à la description de Frisch, qu'ils traduisent en latin "eruca hiemalis luteo alboque  striata", alors que le texte initial est von der gelb und weiß streissigen Winter Raupe, und dem Papilion, so daraus wird. C'est la chenille qui est qualifiée de Winter-Raupe, de Chenille d'hiver. Linné sembla avoir fait un contre-sens.

 cf.FRISCH  Insecten (1730) p.16 n° V.

Linné indique aussi en note que ce papillon correspond peut-être aux descriptions de J. Ray ou de "It oenland":

Forte & hujus speciei fit, Papilio ex eruca gregaria majore proveniens sordide albicans venis nigricantibus Raj. hist. 17 et Larva labyrinthiformis it. oeland 62.

 

— Les deux références It gotl. et It oeland renvoient à la même publication rédigée par Linné à la suite de son voyage en 1741 aux îles situées au sud-est de la Suède, Gotland et Öland, au cours duquel il s'intéressa aux runes et à l'archéologie, mais aussi —bien-sûr—à l' histoire naturelle. Il en publia le compte-rendu en 1745 :

Carl Linnaei, Oländska och Gothländska Resa, pa Riksens högloflige Ständers befallning förrätted Ahr 1741med anmärkningar uti oeconomien, Natural Historien, Antiquiter . Kiesewetter : Stockholm, 1745, 8°., fig.

Publication en allemand : Reise durch Oeland und Gothland. Halle, 1764


                               Högupplöst bild, öppnas i nytt fönster

 

  Cette référence est d'autant plus intéressante qu'il semble que c'est lors de ce voyage que Linné observa et récolta le spécimen de papilio crataegi de sa collection : En effet, Honey et Scoble (2001) écrivent dans leur désignation du Lectotype. «Remarques. Parmi les illustrations cités dans la description originale, Linné fait référence à une figure de Geer. Il existe un spécimen ( marqué craetegi et non Crataegi) dans la collection De Geer, que nous considérons comme syntypique. Nous avons sélectionné l'échantillon LSL [Linnean Society of London] comme lectotype car il porte l'étiquette de Linné. Il est probable que c'est Linné lui-même qui recueillit ces spécimens puisqu'il fait référence à cette espèce dans son travail de 1745 - Öländska och Gothländska Resa, qui a également été citée comme une référence dans la description originale. La localité de collecte a été enregistré comme Hangvar et la date de la collecte de 26 Juin 1741.  ("Type species of Aporia Hübner.", Honey & Scoble 2001: 314)

 

 

 

b) étymologie.

 

Le crataegus C. monogyna est  le nom de l'aubépine, qui est l'une des plantes-hôtes de cette espèce des haies bocagères et prairies. Ce nom grec viendrait lui-même de kratos, "force" (comme dans démo-cratie), en rapport avec la dureté du bois, dont on faisait les billots.. 

Perrein et al., 2012 : "Du nom scientifique latin de l'aubépine Crataegus - du grec Krataigos "azerolier", de kratos, "force" et aigos, chèvre", "de l'aubépine" pour Linné".


      C'est Linné qui a créé ce nom botanique dans le Species plantarum de 1753 page 476 : c'est un nom générique comportant 9 espèces, dont 1. aria et suecica, 2. torminalis, 8. oxyacantha et 9. azarolus. (Aubépine à un style : monogyna ; Aubépine à deux styles ou épine blanche: laevigata ("lisse") ex-oxyacantha ("aux épines aigues") ; Azérolier).

Linné l'a lui-même emprunté à Théophraste, lequel décrit sous ce nom de κράταιγος / κραταιγών (ὁ), l'alisier, Sorbus torminalis (L.) Crantz,  une sorte de néflier sauvage, (Théophraste III 15, 6). Source)

Théophraste emploie aussi les termes de Mespilos Mespilus cotoneaster et de Mespilos anthedon Crataegus torminalis.

 Bauhin dans son Pinax page 453 le nomme Mespilus  et se réfère à Pline L15 c.20, Dioscoride et Théophraste 3 hist.12.


Dioscoride (1er siècle) le nommait krataios.

Théophraste, un élève d’Aristote, appelait l'aubépine  kunosbatos ; d'où son nom de Cynosbatus Theophrasti dans les livres du Moyen Age.

 

L' Azerolier proviendrait de l'arabe za'rûr italianisé en azerolo. Il serait en fait un emprunt à l'ancien espagnol azarolla, en 1365, emprunté effectivement à l'arabe 'az-za'rwra, désignant le fruit. 

  

              II. Noms vernaculaires.


Le Gazé (Geoffroy, 1762 ; Engramelle, 1779 ; G.C. Luquet, 1986) ; la Piéride de l'Aubépine (Latreille et Godart, 1819) ; la Piéride gazée (Godart, 1821), Piéride de l'Alisier (de Villers, 1789). 

 

I. Avant l'Âge des noms (français).

Réaumur, Mémoires II : vignette de la page de titre, dessin et gravure sur métal par Philippe Simmoneau 1685-1753:

memoires-reaumur.png

 

 

1°) En France : Réaumur 1736.

   La toute première description du Gazé en France est celle que donne le directeur de l'Académie des Sciences Ferchault de Réaumur en 1736 dans le second tome des Mémoires pour servir à l'histoire des insectes. Quoique James Petiver ait donné un nom à cette espèce en 1699 ("the White Butterfly with blacks veins"), quoique l'Académie des Sciences soit en relation avec la Royal Society par l'intermédiaire du médecin, botaniste et chimiste Étienne-François Geoffroy, et quoique la Royal Society soit alors présidée par le collectionneur Hans Sloane, quoiqu'il fut membre lui-même de la Royal Society, Réaumur ne donne aucun nom à ses papillons, et ne s'intéresse qu'aux mystères de leurs métamorphoses et de leurs mœurs. À défaut de nommer, il utilise le Montrer, et ses Mémoires (au masculin) sont appuyés sur les planches par un système de renvois en marge et de descriptions. "Ceux dont je parle", voilà leurs noms chez Réaumur.

  Ce n'est pas là l'œuvre d'un homme de cabinet et de collection (bien qu'il posséda l'un des plus beaux Cabinets d'Histoire naturelle), c'est, avec l'âme émerveillée d'un enfant, un homme de terrain, à plat ventre dans les herbes pour dessiner deux papillons accouplés ! Et si Réaumur ne crée pas de nom, sa description qui date de quarante années après celle de Petiver possède une fraîcheur, une liberté familière dans le ton, une désinvolture de bon aloi qui lui confère une modernité étonnante.

  Deux ans après cette description, Réaumur rencontra Linné de voyage à Paris et lui présenta ses collections. En 1754, il écrivit à Linné une lettre pour le remercier d'un envoi d'œufs de Papilio Apollon, que Réaumur rêve déjà d'acclimater à Paris ! Incidemment, nous apprenons dans ce courrier que Réaumur serait incapable d'écrire une lettre en latin, ne l'ayant pas pratiqué depuis quarante ans : il se situe en marge des savants latinisants de son époque. Comme nous sommes loin de la "phrase descriptive" en latin !

 


2870

 

Buste de René-Antoine Ferchault de Réaumur par Jean-Baptiste II Lemoyne terre cuite, 1751
Paris, musée du Louvre © RMN/René-Gabriel Ojéda  Archives de France

Ce qui concerne le beau Gazé correspond à la référence suivante :

René-Antoine  Ferchault de  Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes tome II Planche 2 fig. 5 à 9, et texte page 72 et 111.

      Je commencerai par la Planche : 

Illustration et gravure par Philippe Simonneau (1685-1753?), fils de Charles Simmoneau (1645-1728).



le-gaze-reaumur.png

 

                          085c

 

                      gaze 2887ccc


 Voici la description qu'en donne Réaumur (page 111) : 

   "La figure 5 est celle d'une chenille qui vit des feuilles d'aubépine, et de celles du prunier. La figure 6 est celle de sa chrysalide, vue du coté du ventre. La figure 7 est celle de la même chrysalide, vue de coté et attachée en l par un lien, contre une petite branche d'aubépine. La figure 8 est fait voir accouplés et cramponnés sur une tige de gramen, deux papillons venus de chenilles de l'espèce de celle de la figure 5. m est le mâle ; j'ai tiré du corps de la femelle un œuf semblable à ceux du papillon du chou. La figure 9 représente un de ces papillons, le femelle, vue par dessus ayant les ailes étendues."

Et voici le texte du Mémoire :

      « D'autres papillons sont tout autrement placés que les précédents pendant l'accouplement ; ils ne sont encore accrochés l'un à l'autre que par le bout du derrière ; et c'est le seul endroit où ils se touchent. Mais le ventre de l'un est placé face au ventre de l'autre (Pl.2, fig.8) ; les deux têtes sont posées l'une vis-à-vis l'autre et à même hauteur, comme elles le seraient, si le plaisir de ce voir étaient connus de ces papillons. Ils sont l'un et l'autre leurs jambes cramponnées contre une même tige de gramen, ou de quelque autre plante, ou sur les feuilles qui en sortent. Mais l'un est d'un coté de la tige, et l'autre est de l'autre coté. Leurs têtes sont en haut, et leurs derrières en bas. Au reste j'en ai trouvé de si tranquilles dans cette attitude, qu'ils ne furent nullement troublés par la personne qui les dessina. , quoiqu'il fallût quelquefois incliner les branches, ou la tige de la plante sur laquelle ils étaient cramponnés. Après que le dessein fut esquissé, je les pris, je les mis dans une boite où ils restèrent pendant quelques heures sans se séparer.

Ceux dont je parle, sont d'un des genres de la première classe des diurnes. Le fond de la couleur de leurs ailes est blanc, divers traits noirs sont tirés sur ce fond, et semblent disposés de la même manière que le seraient des traits noirs, avec lesquels on aurait voulu marquer toutes les nervures d'une aile blanche. . Les traits noirs de l'aile du mâle sont plus noirs que ceux de l'aile de la femelle. Ces papillons viennent d'une chenille à seize jambe qui vit sur l'églantine et sur le prunier (pl. 2 fig.5) ; elle a trois rayes d'un brun presque noir, dont l'une règne tout du long du dos, et qui est séparée de chaque coté d'une des autres raies noires par une raie d'un feuille-morte foncé. Ce qui suit la dernière raie noire, et tout le ventre de la chenille est d'un blanchâtre qui tire sur le gris de perle. La partie blanchâtre a des poils blancs médiocrement longs, et très fins : les raie brunes en ont de bruns. Ces poils partent immédiatement de la peau, je veux dire qu'ils ne sont point soutenus par des tubercules, et qu'ils ne font point d'aigrettes.

Ces chenilles sont de celles, qui pour se transformer, se mettent une ceinture de soie. Le fond de la couleur des chrysalides (Pl. 2 fig. 6 et 7) dans lesquelles elles se métamorphosent, est d'un jaune citron ; des points d'un beau noir sont jetés sur ce fond jaune. Par dessous (fig.6), elles sont depuis la tête jusqu'au derrière une bande d'un beau noir. Le bout de leur tête a une seule pointe courte, et dont les extrémités est arrondie. J'ai eu de ces chrysalides vers le 15 de mai, d'où les papillons sont sortis au bout de vingt et quelques jours.  



2°) Avant les noms français : les publications étrangères (1634-1762).

Le premier nom scientifique de 1758, et le premier nom en français de 1762, ont été précédés par des noms donnés par les auteurs de langue anglaise, à commencer par James Petiver en 1699.

 Les auteurs étrangers qui ont précédé Linné (1758) sont :

 a) Aldrovandi, 1602 Ins. 246 f.6. Pas de nom propre.

sextus totus est candibus corpore scilicet, ac alis, que venas habent nigras, nigros item pedes, et antennas. "Le sixième est tout blanc de corps, et des ailes, lesquelles sont veinées de noir ; noirs aussi sont les pattes, et les antennes."

 b) Thomas Mouffet 1634 Ins. page  103 ; Pas de nom propre :

   Sexta: dum adversas alas expandit , arenosum aemulatur splendentem , nigricantibus maculis modo Dracontii varium : corpus item , si dorsum videas , aquilinae nigredinis videtur ; venter nonnihil fuscidior, oculus niger, albida, vel potius candidata puplilla clarus ; antennae coracinae ; alae aversae ingrati baetici coloris, et obioletioris mustellini.

c) Hoefnagel tableau 10 fig. 14 (référence par Petiver, non consultée)

d) Graff vol. 2 tableau 35 page 69. (référence par Petiver, non consultée.)

e) Maria Sybilla Merian 1696  Eur. 2. planche.35 :

Merian, numérisé par l'Université d'Heidelberg : 

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 g)  James Petiver, 1695-1703 musei page 33 n° 301.

  Papilio albus venis nigris. The White Butterfly with black Veins. This I once observed in a garden.

 h)  John Ray, Historia insectorum page 115 n°5.

John Ray n'indique pas de nom, mais donne une "phrase spécifique" en latin d'une vingtaine de mots, précédant la description, et qui sert de dénomination.

  Papilio alba, nervis alarum nigris, Brassacariae majoris figura et magnitudine. Papilio alba venis nigris. Mus. Pet. 301.

 i)  Eleazar Albin, 1720, A national history of english insects, page 17 tableau II fig.2 .

The White Butter-fly with black veins

Numérisé par GDZ Göttingen

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 j)  Roesel von Rosenhof [1746-48] Ins. I Classe.2 Pl.3

                                               n160_w424

 


  k) Benjamin Wilkes 1747-49  English moths and butterflies, page 49 t 2 a 1.      (voir aussi B. Wilkes, One hundred copper plates The White Butterfly with black veins...pl. XCV )

  l) Charles de Geer, [1752], Insectes. I. Pl. 14 f. 19-20.

Au total, avant que Linné ne publie son Fauna suecica (avec le nom de "Papilio hyemalis") ou son Systema Naturae de 1758 (avec le nom de Papilio crataegi), un seul nom vernaculaire avait été proposé, en 1699, celui de "White Butterfly with black Veins", le Papillon blanc à nervures noires. Que vont imaginer les Français ?       

 

II. Les Noms français. 

 


1. le Gasé, Geoffroy, 1762.

 Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris,Volume 2 page 71 n° 43, 1762.

 

   "Cette espèce est blanche, tant en dessus qu'en dessous, les nervures seules sont noires et s'élargissent un peu au bord des ailes supérieures. Ces nervures noires sur un fond blanc font ressembler ce papillon à une gase. Sa chenille est velue, noire, chargée de polis courts qui partent immédiatement de son corps. Ces poils blancs et jaunes, forment de chaque coté du corps une espèce de bande de la même couleur. Elle vit en société sur l'aube-épine, le prunier sauvage et le bois de sainte lucie (padus)."


2. Papillon blanc à nervures noires, De Geer, 1771

Histoire pour servir à l'histoire des insectes II page 182

"Papillon à antennes à bouton, et à six jambes, blanc, dont les nervures sont noires."


2. Le Gazé, Engramelle, 1779.

Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 Planche 48 a-f  par J.J Ernst gravée par J.J. Juillet, n° 101 page 203,  1779.  

 

 

3.  de l'Alisier, de Villers 1789.

"Crataegi 6. Papilio Heliconii (de l'alisier)" : Caroli Linnaei entomologia page 7.

Charles de Villers cite parmi les plantes hôtes : pruno, crataego, sorbo, pyro variisque arboribus.  L'Alisier ou Sorbus qui est une rosacée, comme les autres plantes hôtes du Gazé (Prunier, Cerisier, Poirier),  peut désigner l'Alisier blanc et l'alisier torminal, mais c'est le Sorbier des oiseleurs qui est signalé comme plante hôte.


3'. Piéride de l'alisier,  Nom repris par d'Orbigny 1847, A. Dupuis 1863, K.C. Vogt 1867, puis divers auteurs de 1860 à 1911.

Dictionnaire universel de Charles Dessalines d'Orbigny, 1847 page 159.


4.  P[apillon] Gazé, Walckenaer 1802.

Papillon Gazé, Walckenaer Faune parisienne 1802 page 266 n°17 .

 

 

 5.  "Piéride", Latreille, 1804.

: Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés..vol. 14  page 163 

 Le nom français de  a été créé en 1804 comme un genre par P.A. Latreille dans ses tableaux Méthodiques. Ce genre inclut les danaïdes blanches, c'est-à-dire les papillons que Linné a classé, dans son Systema naturae p. 468, sous le titre Danai Candidi, aux numéros 56 à 74. Latreille reprend ce Genre Piéris en 1810 dans ses Considérations générales sur l'ordre naturel des insectes page 351.

 

Le nom français de Piéride a été créé par plus tard Godart, collaborateur de Latreille, en 1819 en séparant ce genre Piéris de Latreille en deux nouveaux genres, Coliades (les jaunes) et Piérides (les blancs).


5. Piéride de l'aube-épine, Latreille et Godart 1819

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, 1819,vol.116 page 155 1819 : "Piéride de l'aube-épine".

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notammant par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

Nom repris par Deschamps 1835 ; Pierre Hippolyte Lucas 1838 ; Leborgne de Kermorvan in Emile Souvestre 1836 ;  Boisduval 1867. G.C Luquet in Higgins et Riley 1988 ou in Bellmann 2008. 

Bernard Deschamps, Annales de Sciences naturelles, 1835, page 136.

 

Jean Alphonse Boisduval, Essai sur l'entomologie agricole, 1867  page 436.

 

 

6. La Piéride gazée, Godart 1821,

Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe,

 Paris : Crevot 1821/1823,  n°9   Planche peinte par C. Vauthier et gravées par Lanvin. 

 

 Ce nom  a  été repris par tous les auteurs : par Hippolyte Lucas (1834), toujours fidèle à Godart, P.A. Duponchel  Guenée 1849 en 1849 page 53, par H. Milne-Edward en 1835, Aristide Dupuis 1865 , etc...  ...

 

 

5. Piéride de l'aubergine. 1983 !

 : P. André, revue Alexanor,1983, qui redresse l'erreur.

Ce curieux nom, dûment mentionné par l'INPM du Muséum (et dans les publications qui pratiquent le copié-collé) apparaît en 1961 dans un article russe de G.M. Strogaya du Journ. Zool. Acad. Sci. URSS 81,92-100; c'est une erreur manifeste de transcription/traduction de "pièride de l'aubépine", un de ces virus de langage qui peuvent être extrêmement contaminants. Je découvre après coup que Gérard Christian Luquet, après avoir trouvé ce nom dans le Grand Dictionnaire Larousse en dix volumes 1982-85, vol.8, Paris, est l'auteur d'une mise au point en 1984 dans la revue Alexanor 14 (3) : 139-140 : Parmi les perles du "Grand Larousse" .

L'aubergine Solanum melongena n'est pas une plante hôte du beau Gazé, et les jardiniers peuvent l'épargner.

 

 

La Chenille.

1. Pieris crataegi in Boisduval, 1833.

 Boisduval, Graslin, Rambur.1833 Collection iconographique et historique des chenilles . (BHL Library). volume 1 Planche 4 fig.1, 2, 3, 1832.


 

2. (Duponchel, 1849).

P.A.J. Duponchel, 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles  planche II fig.6 page 48 .  (B.H.L. Libr)

      n54_w289           

 

 

6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose comme nom principal "Le Gazé", comme nom accessoire La Piéride de l'Aubépine ; "la Piéride gazée*", la "Piéride de l'Alisier**", et il réfute heureusement la fautive "Pièride de l'Aubergine".

* G.C. Luquet signale avoir trouvé ce nom de "Piéride gazée" dans le livre de Jean-Pierre Vanden Eeckhoudt Papillons de jour, L'Ecole des Loisirs, Paris, 1965, et omet de citer Godart 1821.


7. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Aporia crataegi  pour présenter ce papillon mais signale "d'où le nom de gazé donné par Geoffroy  à ce joli papillon".


—Bellmann / Luquet 2008 : " Le Gazé, La Piéride de l'Aubépine ".

— Chinery / Luquet 2012  :"Le Gazé".

— Doux & Gibeaux 2007 : "Le Gazé".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "". 

— Lafranchis, 2000 : "Le gazé, la Piéride de l'aubépine" .

— Perrein, 1012 : "Gazé" .

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Gazé".

— Wikipédia : "Le Gazé ou la Piéride de l'Aubépine".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  • "Mlynárik ovocný" en slovaque ("Fruits ..")

  • "Gudobelinis baltukas" en lithuanien (Papillon blanc ...)
  • "Glogov belin" en slovène  ("Papillon blanc ..")
  • "Bělásek ovocný" en tchèque ("Fruits...")
  • "Groot geaderd witje" en néerlandais ("Le Blanc veiné de noir")
  • "Sortåret hvidvinge" en danois ("Le Blanc veiné de noir")
  • "Galagonyalepke" en hongrois.
  • "Hagtornsommerfugl" en norvégien ("Papillon de l'aubépine")
  • "Põualiblikas" en estonien  ("papillon ..de la sécheresse ?")
  • "Alıçbeyazı" en turc. ("Blanc de l'Aubépine")
  • "Pihlajaperhonen" en finnois
  • "Hagtornsfjäril" en suédois ("Papillon de l'Aubépine")
  • "Niestrzęp głogowiec" en polonais
  • "Pieride del biancospino" en italien   ("Piéride de l'Aubépine")
  • "Blanca del Majuelo" en espagnol ("Papillon de l'Aubépine")
  • "Baumweißling" en allemand ("Papillon de l''arbre blanc/ Blanc de l'Arbre")

 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  •  en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "Gwyn gwythiennau duon" en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

Les autres publications jusqu'en 1819.

Esper, I, tab.2 fig.3

Muller, Zoolo. Dana. p. 113 n°1312

Scopoli Ent. Carn. p. 169 n° 448.

Schoeffer, Icon. Tab. 140 fig. 2,3.

Herbst, pap. Tab. 85 fig. 6-7.

Lewin, Ins. Tab. 24. fig.1-4.

Bork. Pap. Europ. Part I p. 131 et 262 n° 21.

Rossi, Fauna Etr. Tom. 2. p. 142 n° 989.

Panz. Faun. Germ. 76.22.

Fuessli, Suiss. Ins. p.28 n° 546.

Schrank, Faun. Boic. Tom. 2. page 164. n° 1287.

Schneider Syst. Beschr. p. 71 n° 17.

Hübner, pap. Tab. 79 fig. 399-400.

Wien. Verz. p. 163. fam. D. n°1.

Illiger Magazin tom.3 p.191.

 

Ochsenheimer, Pap. Eur. Tom. I. part.2 p. 142.

 

 

 

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 


  Le "Black-Veined White"  a disparu des îles britanniques vers 1925 avec son dernier bastion dans le sud- est de l'Angleterre (Kent , Hampshire , Gloucestershire et Sussex).

 Cette espèce a toujours été considéré comme une rareté dans les îles britanniques par les premiers entomologistes , alors qu'elle est  courante sur le continent .

 Elles formaient des colonies discrètes qui variaient grandement en nombre, bien que la cause de la disparition définitive de cette espèce dans les îles britanniques reste un mystère puisque ses plantes hôtes peuvent être trouvés en abondance dans l'ensemble de ses anciens sites . Les maladies ( favorisé par le mauvais temps de l'automne), des hivers relativement doux - et l'augmentation de la prédation par les oiseaux ont tous été suggérées comme les causes possibles de cette disparition; (U.K Butterflies)

 Première description par un auteur britannique : Moffet 1634 (qui reprend Gessner et autres auteurs).

 Première mention comme espèce britannique : Merret, Pinax rerum 1666.

  • The White Butterfly with black Veins : Petiver 1699 ; Wilkes 1747-1749 : Berkenhout,1769.
  • The Black-veined White : Harris,1766 ; Jermyn,1824 ; Coleman, 1860 ; South,1906 ; et les auteurs qui suivront.
  • The Hawthorn : Rennie, 1832 ; Coleman,1860.

 

 — Harris Aurelians t.9

—Haworth 1903 Lepidoptera Brittanica page 6 

 — W. Dale 1890: page 8-10. 

 

             Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : aporia

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Aporia crataegi .

— UK Butterflies : aporia crataegi .

— lepiforum : http://www.lepiforum.de/lepiwiki.pl?Aporia_Crataegi

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner . (Le Gazé n'y figure pas)

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

 

                 I.  Étymologie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  

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— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— ALDROVANDI (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae) 1602 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248

 

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

— BRIDGES (Charles A.) 1993 Bibliography (Lepidoptera: Rhopalocera)  2nd ed. C.A. Bridges in Urbana, Ill . Archiv.org. 

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— CURTIS, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres.             http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

— DAREMBERG (C.) et SAGLIO (E.),  Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines  (1877-1919) Univ. de Toulouse Le Mirail :http://dagr.univ-tlse2.fr/sdx/dagr/rechercher.xsp?qid=sdx_q3&hpp=51&p=7&filtre=A

— DALE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 Archiv.org.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. 

  http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. BHL.Library

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

— ESPER (Eugenius Johannes Christian) Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur / mit Beschreibungen, herausgegeben mit Zusätzen von Toussaint von Charpentier. Leipzig : T.O. Weigel, [1829-1839] En ligne BHL.

  — FABRICIUS (Johann Christian) 1807  "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge [...], Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

— FABRICIUS (Johann Christian) 1787  Fabricii Mantissa insectorum Hafniae 1787 en ligne Goettingen.

— FABRICIUS (Johann Christian)  1798  Supplementum Entomologiae systematica , Hafniae.

 — FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

— FUESSLI (Johan Caspar) Verzeichniss der ihm bekannten Schweizerischen Inseckten : mit einer augemahlten Kupfertafel: nebst der Ankhundigung eines neuen Insecten Werks Joh. Caspar Fuesslins 1775.  BHL libr

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— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

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— PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

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— PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767  Version Books.Google 

— PETIVER (James) 1717 Papilionum Brittaniae Icones (1717)  

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                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

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Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

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Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

et https://archive.org/stream/papillonsdeurop00ernsgoog#page/n159/mode/2up

Engramelle vol. 2 : http://books.google.fr/books/about/Papillons_d_Europe_peints_d_apr%C3%A8s_natur.html?id=jbS5ocRuGsYC&redir_esc=y

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Rottemburg : 

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Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Rééfrences Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:07

Zoonymie (histoire du nom) du papillon Le Petit Mars changeant, Apatura ilia ([Denis et Schiffermüller], 1775).

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónomaὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

Résumé. 

— Apatura : Fabricius, 1807 : selon la règle qu'il s'est donnée pour ses noms de genre de papillons diurnes, Fabricius choisit celui-ci dans la liste des épithètes de Vénus. Selon Strabon, Aphrodite (Vénus) était vénérée dans son temple de la ville du Bosphore Phanagoria sous ce nom d'Apatura, du grec απατη apates, "tromperie, ruse". En effet, la légende voulait que, assaillie par des Géants, la déesse les invita à la rejoindre, un par un, dans une grotte. Alliant à ses appâts la rouerie, la coquine avait d'abord caché Hercule dans la grotte, lequel les tuait chacun leur tour. 

A. Ilia ([Denis et Schiffermüller], 1775) a été choisi en imitation/hommage du nom d'Apatura Iris de Linné : même initiale, même nombre de lettres, même référence à la mythologie, mais il s'agit ici du surnom de la mère des jumeaux fondateurs de Rome, Romulus et Remus : Rhea Silvia était surnommée Ilia du nom de la ville de Troie ou Ilion, car elle était la fille de Énée, prince de Troie. Vouée par son oncle à la virginité pour l'écarter du trône, la vestale Ilia s'unit, dans un bois de saules, au dieu Mars, et son rêve prémonitoire, "le Songe d'Ilia" d'Ennius, est célèbre pour avoir été transcrit par Cicéron. Mars est le nom français du papillon, et le saule est sa plante-hôte : hasard ?

— Dans la forme clytie, décrite par Denis et Schiffermüller en 1775 dans leur Supplément puis par Hübner en 1779 comme une espèce propre, les ailes sont largement envahies de jaune orangé. Clytie est, dans les Métamorphoses d'Ovide, une nymphe séduite par Hélios, le soleil, puis délaissée pour une rivale. Elle fut transformée en tournesol. 

 

—Les noms vernaculaires français ont été successivement "Le Changeant" (1743) et "Le Mars" (Geoffroy, 1762), lorsque les espèces Iris et Ilia n'étaient pas distinguées, puis "Le Petit Mars changeant" (Engramelle 1779) et "Le Petit Mars orangé" ou "Le Grand Mars orangé" (Engramelle, 1779) pour la forme clytie. Avec Godart (1819), le papillon prend le nom de "Nymphale Petit-Mars". En 1986, Gérard Chr Luquet choisit "Le Petit Mars changeant" pour la forme ilia ilia, et "Le Mars orangé" pour la forme ilia clytie

— Décrit d'emblée par Denis et Schiffermüller en 1775 avec ses deux formes ilia et clytie, sa chenille et l'une de ses plantes-hôte, Apatura ilia connut ensuite ses premières illustrations par Hübner et par Engramelle. 

 

 

 

 

         I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

Nymphalidae, Apaturinae.

a) la Famille des Nymphalidae Rafinesque 1815. (fr. Les Nymphalides, angl. Brush-footed Butterflies).

 Rafinesque, C.S. 1815: Analyse de la nature, ou tableau de l'univers et des corps organisés. Palerme. L'Imprimerie de Jean Barravecchia. en français, 224 pp page 127. "Les Nymphales, quatre pattes droites, quatre pattes ambulatoires". Les Nymphales sont, pour Rafinesque, une Sous-famille de la famille Ropalocera ; elle comporte alors 23 "genres".

  Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) est un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, qui a passé son enfance à Marseille avant de s'installer à Palerme comme herboriste. puis à Philadelphie. 

  Ce grand collectionneur en histoire naturelle s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. Grand admirateur de Linné, nom dont il prénomme son fils, il débute son Analyse de la nature par cette dédicace : "La nature est mon guide, et Linnaeus mon maître".

  Cette famille comporte actuellement 13 sous-familles.

 Son nom vient de Nymphales, nom de la quatrième phalange de la nomenclature de Linné, aux ailes dentelées (alis denticulatis) et divisée en gemmati (ailes ocellées) et phalerati (ailes ornées). Le nom est dérivé du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille » et désigne dans la mythologie grecque les divinités féminines de la nature, généralement considérées comme les filles de Zeus et du Ciel, remarquablement belles, et qui peuplaient la plupart des lieux naturels: forêts et bois, vallées fertiles et bocages, sources et rivières, montagnes et grottes…   

 

 b) Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840. Les Apaturines, les Mars.

— Jean-Alphonse Boisduval, Genera et index methodicus Europaeorum lepidopterorum, Roret ; Paris, 1840, page 24 :  VIII. Tribu Apaturides.  Deux genres, Charaxes (C. Jasius) et Apatura (A. Iris et A. Ilia).


Larvae inermes, postice sensim attenuatae, capite tantum spinoso, ano atenuatae. Chrysalides sub-angulato-compressae vel angulato-rotundatae. Pedes quatuor gressorii. Areola alarum posticarum aperta. Volatus nobilis, velificans.

Cette sous-famille ne renferme aujourd'hui qu'un seul genre en Europe (Funet, Fauna Europaea), le genre Apatura. Ce genre était décrit ainsi par Boisduval :

Larvae capite-bi-spinoso, ano bi-mucronato. Chrysalides lateraliter compressae, dorso-carinato, capite bifido. — Antennae in clavam fusiformem sensim crescentes. Palpi conniventes, basi sub-distanres, capite longiores, piloso-squamati ; articulo ultimo acuto, sub-inflexo. Alae postica subtus ad angulum ani ocellatae. Statura major, robustior.

W. Dale explique que ce groupe [il en fait une famille] a été distingué, parmi les Nymphalidés, pour leurs chenilles qui sont sans épines et ressemblent à des limaces.

 

 

 

2. Nom de genre : Apatura Fabricius, 1807 .

    Les Mars ; The Emperors  ; Schillerfalter ; Haïveperhoset .

a) Description originale : 

  Apatura, Fabricius, 1807; "Systema Glossatorum", in Illiger K, Die neueste Gattungs,     "Einstheilung der Schmetterlinge[...]",   Magazin für Insektenkunde  Braunschweig [Brunswick] 6 page 280.  

— Type spécifique du genre :    Papilio iris Linnaeus sélectionnée par Curtis, 1831.

— Description par Fabricius : classification basée sur les pièces buccales

 

Taster zwei, mittelmässig, zottig, dreigliedrig : zweites Glied sehr lang, vor der Spitze mit einm Haarbüschel, dritter, kegelförmig, flach gedrükkt. Fühler geknopft, Kolbe fein walzenförmig. (Putzfüsse)  Pap. Iris, Bolina, Alimena. 14 Art . 

 

 — caractères du genre :

      "Grands et beaux papillons dont les mâles montrent de forts reflets bleus ou violets dus à la structure des écailles couvrant le dessus des ailes. Les femelles sont dépourvues de reflets et ont des taches blanches ou orange plus étendues. Les mâles viennent boire sur le sol humide le matin et passent le reste de la journée autour des frondaisons des arbres. Les œufs sont déposés isolément sur le bord des feuilles de saules ou de peupliers. Les chenilles nées en fin d’été hibernent quand elles sont encore très petites sur un rameau, sans aucune protection" (Papillons d'Europe Tristan Lafranchis)

 

 

Ce genre Aricia comporte en France 2 espèces (Dupont et al. 2013):

  • Apatura iris (Linnaeus, 1758). "Grand Mars changeant".
  •  Apatura ilia ([Denis & Schiffermüller], 1775). "Petit Mars changeant".  

Gérard Luquet en 1986  y ajoutait Apatura metis, Freyer 1829 ou "Mars Danubien" et la sous-espèce A. Ilia f.i. clytie D & S., "le Mars orangé".

 

 

— Origine et signification du nom Apatura.

 

1. Selon les étymologistes en entomologie :    

  —  A.M. Emmet (1991) page 150 :

The name are puzzled authors and may be another of Fabricius' trick name like Zygaena, Lycaena, etc. It was set up as a family name for all the emperors, but the new species is the one most likely to have influenced its derivation. Spuler is probably right in supposing that the main source  is απαταω (apatao), "to deceive", from the deceptive structural colour of the male upperside ; to account for the terminaison -ura, he suggest that it is compounded with ουρα , (oura), a tail, from the slightly elongate, but no fully tailed, tornus of the hindwing. Pickard et al. followed by Macleod, consider that it is an adaptation of Aπατουρια (Apatouria) "a surname of Venus which she obtained from a trick (απατη, apaté) that she played on some Giants". Apaturia was also a tittle of Athena  and a three-day festival celebrated annually in her honour at Athenes was called the Apaturia. Several of these ideas may have been in Fabricius' mind, but the dominant theme seems to be that of deception".

 -Trad. ce nom a rendu les auteurs perplexes et il est peut-être l'un des noms farceurs de Fabricius comme Zygaena et Lycaena, etc. Il avait été établi comme le nom d'une famille pour tous les Empereurs,  mais la nouvelle espèce est la plus susceptible d'avoir influencé sa dérivation (?). Spuler a probablement raison de supposer que la source principale est απαταω ( apatao ) , " tromper " , en relation avec le caractère trompeur de la couleur de la face supérieure mâle ; pour rendre compte de la terminaison -ura , il suggère qu'il est dérivé de ουρα , ( oura ) , "une queue", pour l'aspect un peu allongé , mais pas entièrement caudé, du tornus de l'aile postérieure. Pickard et al. suivi par Macleod , considèrent qu'il s'agit d'une adaptation de Aπατουρια ( Apatouria ) " surnom de Vénus qui elle a obtenu d'un tour ( απατη , Apate) qu'elle a joué à des Géants " . Apaturia était aussi un titre d'Athéna, et une fête de trois jours célébrée chaque année en son honneur à Athènes a été appelé l'Apaturia. Plusieurs de ces idées ont peut-être pu exister dans l'esprit de Fabricius , mais le thème dominant semble être celui de la tromperie" 

— Spuler (1903-1910) page 13 :

Von απαταω und αονρα einen Schwanz vortäuschend, wegen der geringen Hervorragung an den Hinterflügeln ? Oder von  απαταω täusche, wegen der je nach der Beleuchtung wechselnden Färbung [Schiller]?

  -Trad. De απαταω et  αονρα  "un semblant de queue"  en raison de la petite protubérance sur les ailes arrières? Ou de απαταω, "trompé" en raison des variations de coloration  en fonction de l'éclairage  [Chatoyer]?

— Janssen (1980) page 39 :

apatein, bedriegen, nl. de kleuren.

  -Trad. : Du verbe grec apatein "tricher, tromper" par allusion aux couleurs.

— Ramann (1870-1876) page 48 :

Apaturidae : Apaturos war eine Stadt und in derselben ein Tempel des Venus, also sind apaturiden der Venus geweihte Falter.

Apatura : Dieses Geschlecht Apatura sind also der Venus geweihte Schmetterlinge und wenn die Dame wie im grauen Alterthum, und wenn auch, wie beim Aeneas, in einen Nebelschleier gehüllt zu uns aus ihren himmlischen Räumen herabsteigen wollte, würde sie diese Weihegabe der Apaturen, der Schillerfalter, gewiss mit graziösem Lächeln entgegennehmen.

  -Trad. : Apaturidae: Apaturos était une ville et, dans celle-ci un temple de Vénus, donc les Apaturidés sont des papillons  consacrée à Vénus. 

   Apatura Ce genre Apatura est, de même, dédié à Vénus et quand la Dame [?? qui dans la haute antiquité, et même si, comme dans Enée, voudrait descendre de ses espaces célestes pour nous envelopper dans un voile de brume, serait ce oblation de Apaturen, l'empereur pourpre , certainement accepter avec le sourire gracieux.]

 

— Sodoffsky (1837) p. 81:

Richtiger Apaturia, ein Beiname des Venus, die Listige. Von απατη, List, die sie anwandte, um einige Giganten in die Gewalt des Hercules zu bringen.

    -Trad.  Plus exactement Apaturia, une épithète de Vénus, la Rusée. De απατη, "la ruse" qu'elle utilisa pour triompher de quelques géants de la puissance d'Hercule.

 

— Glaser (1887) page 121 :

Von απαταω, täusche u. οὑρἁ Leunis, nach diesem, sowie Sodoffsky und Krafft : statt Apaturia, die "Listige", Beiname der Venus, von απαταω,  aber auch Oktoberfest der Athener zu Ehren des Hephästos !.

 -Trad. De απαταω, "tromper" et οὑρἁ Leunis, d'après ce dernier, ainsi que Sodoffsky et Krafft: à la place de Apaturia, la "rusée", épithète de Vénus, de απαταω, mais aussi fête d'Octobre des Athéniens en l'honneur d'Héphaïstos!.

  — Dale (1890) page 119 :

Apatura, a surname of Vénus, which she obtained from a trick she played on some giants. Strabo, XI, 757.

Apatura, surnom de Vénus, qu'elle obtint d'un tour qu'elle joua à quelques géants. Strabon, XI, (page) 757.

— Spannert (1888) page 31 :

πατος patos Weg. aber auch thierischer Koth. In dieser Bedeutung bei Nicander Alexipharmaca ; ούρέω uréo bewache οὖρϛ uros Wächter, das vorgesetzte α ἐπιτατικὀν epitaticon, auch intensivum genannt, welches also den Sinn des Wortes verstärkt. Die Sucht der gattung nach dem genusse des thierischen Kothes ist bekannt ; man kann leicht eine größere Anzahl der Falter zugleich mit einem Netzschlage überdecken, wenn die sonst so scheuen und gewandten Flieger an ihrer bevorzugten Speise saugen. Leunis hat abgeleitet  απαταω täusche, oder οὐρά Schwanz.

  -Trad. : "patos πατος façon. mais également "excrément des animaux". Nicandre*  l'emploie dans ce sens dans son Alexipharmaca : ούρέω uréo "qui gardaient" οὖρς uros, "gardes"  [, le supérieur α ἐπιτατικὀν epitaticón, aussi appelés intensivum**, de sorte que renforce le sens du mot]. L'attirance de l'espèce envers les excréments d'animaux est connue, qui peut facilement observer ensemble un grand nombre de papillons habituellement très timides, en train d'aspirer leur nourriture préférée. Leunis donne απαταω "tromper"  ou οὐρά "queue"."

* Nicandre de Colophon, 2e siècle av. J.C., dont l'Alexipharmaca peut se lire en ligne. Ses 630 héxamètres traitent des poisons et de leurs antidotes.

**intensivum : particules grecques appelées "prépositions" servant, comme dans le -'a- grec, à augmenter la signification du mot au début duquel elles sont placées.

 

 

— Hans A. Hürter (1998) page 188-190 : je ne donnerai que la conclusion.

Deutung : Der Erstbeschreiber dieser Gattung heißt bei F.W II und bei Hemming Fabricius, bei Spuler Ochsenheimer. Beide hatten ihrem damaligen Bildungsstand gemäß gute Kenntnisse der Antike. Sie haben zwar nicht hinterlassen, was sie zu der Namensgebung beflügelte, aber es darf durchaus angenommen werden, daß auch in diesem Falle die Namenwahl willkürlich war, unabhängig vom Aussehen oder verhalten der tiere dieser Gattung. Es ist unwarscheinlich, daß Fabricius oder Ochsenheimer auf so undeutliche Weise wie Apatura den Begriff "einen Schwanz vortäuschend" ausdrücken wollte, vielmehr darf vermutet werden, daß der Beiname der Athene bzw. Aphrodite Apaturia maßgebend war und das i entweder mit Absicht oder durch Übertragungsfehler entfiel. Demzufolge ist weder die Erklärung Spulers noch die Janssens einleuchtend : die Auslegung Ramann is zwar romantisch schön, aber nicht treffend. Da erscheint Glaser mit dem Beinamen der Venus/Aphrodite schon eher glaubhaft, nur weiß man über das "Oktoberfest zu Ehren des Hephästos" recht wenig. Bei Pauly heißt es lediglich : "pflegten die Athener am Apaturienfeste Fackeln am Herde anzuzünden und in Prachtgewändern dem Hepaistosopfer mit einem bestimmten Festtage der Apaturien in Verbindung zu bringen" (Pauly 2. Halbbd. 1894.S.2678). Spannert unternimmt den untauglichen Versuch, den Namen mit dem Verhalten der Tiere dieser Gattung in Verbindung zu bringen ; das Ergebnis ist entsprechend. Sodoffsky hingegen ist auf der richtigen Fährte, nur seine Übersetzung "die Listige" kann  so wörtlich nicht hingenommen werden. Mit größter Wahrscheinlichkeit ist mit Apatura der Beiname der Aphrodite (oder Athene) gemeint.


Trad/charabia : Le premier à décrire ce genre est , en FW II et Hemming Fabricius dans Spuler Ochsenheimer . Tous deux avaient leur ancien niveau de l'éducation , conformément à une bonne connaissance de l'antiquité . Bien que vous n'avez pas quitté ce qu'ils s'inspirent de l'appellation , mais il peut très bien supposer que le choix du nom était arbitraire dans ce cas , quelle que soit l'apparence ou le comportement des animaux de ce genre . Il est improbable que Fabricius ou Ochsenheimer aient voulu exprimer cette piste si vague que Apatura le terme « une queue semblant " a  , mais on peut supposer que l'épithète d'Athéna ou Aphrodite Apaturia a été décisive et que la lettre -i- soit absente  soit à dessein ou par des erreurs de transcription . L'interprétation de Ramann est en effet romantique, mais pas au point: En conséquence, ni l'interprétation de Spuler ni celle de  Janssens ne sont claires.  Glaser apparaît déjà plus crédible avec le surnom de Vénus / Aphrodite, mais  ce que nous savons à propos de l' "Oktoberfest en l'honneur d'Héphaïstos" rend cela beaucoup mooins crédible. Pauly indique simplement que «les Athéniens avaient coutume  lors des fêtes des Apaturies d'utiliser des torches pour allumer le foyer et d'apporter la splendeur des robes du Hepaistosopfer avec certains jours fixes de Apaturien dans le cadre" (Pauly 2 Halbbd 1894.S.2678.). Spannert entreprend la vaine tentative  de rapprocher le nom  avec le comportement des animaux de ce genre, et le résultat est similaire. Sodoffsky est en effet sur ​​la bonne voie, bien que sa traduction de "List" ne peut pas être pris si littéralement. Très probablement, on entend par Apatura l'épithète d'Aphrodite (ou Athéna).

 

—Doux et Gibeaux (2007) : 

Apatura : probablement dérivé du grec apatao, "décevoir", "tromper", par allusion au reflet bleu évanescent des ailes supérieures du mâle : le suffixe -ura (du grec oura, "queue") ferait allusion à l'aspect "caudé" de l'angle anal des ailes postérieures (selon Spuler,1903-1910). D'après d'autres auteurs (Pickard & al., puis Macleod), Apatura pourrait être une transcription d'Apatouria, une épithète que Vénus avait reçue pour avoir joué un tour (en grec apate) à quelques géants.

 

— Perrein et al. (2012). 

      Étymologie obscure, comme plusieurs noms donnés par Fabricius (Colias, Lycaena, Zygaena), qui aime les jeux de mots. Apatouria, du grec apataô, "tromper, décevoir", etoura, "queue" est une épithète de Vénus lorsqu'elle joue aussi un tour -apatê- aux Géants, allusion aux reflets bleu-violet trompeur du mâle? Apaturia est également un titre d'Athéna, la fille de Zeus et de Métis, ainsi que le nom des festivités données en l'honneur de la déesse guerrière et protectrice.

 

Discussion étymologique.

      Remarques préalables.

a) Emmet (1991) éprouve souvent des difficultés avec les noms de genre de Fabricius, qu'il soupçonne toujours a priori d'être un farceur, ce qui complique son interprétation.

b) Les auteurs français Doux et Gibeaux (2007) et Perrein (2013) reprennent, presque littéralement, l'analyse d'Arthur-Maitland Emmet (1991) , mais Gibeaux ne méprend sur le sens du verbe anglais to deceive qu'ils traduit par "décevoir" alors que ce faux-ami signifie "tromper, illusionner". [Wiktionnaire :"Du moyen anglais deceyven, issu de l’ancien français deceivre (« tromper, trahir »), lui-même issu su latin decipere (« tromper, duper »)] .

 

L'origine de ce nom semble sans-doute plus simple aujourd'hui, et, avec l'appui des moteurs de recherche , et des déclarations de Fabricius sur ses noms de genre, il est possible d'affirmer qu'il désigne une épithète de Vénus, et que les autres pistes peuvent être abandonnées.

  En effet, comme je l'ai signalé à chaque fois que la zoonymie amène à étudier un nom de genre créé par Fabricius, nous savons que ce dernier a chercher à décerner (dans la majorité des cas) une épithète de la déesse Vénus/Aphrodite aux genres des papillons diurnes, et une épithète de Diane/Artémis aux genres de papillons nocturne. C'est donc un postulat de départ, face à un genre de rhopalocère créé par Fabricius, de le comparer à la liste des épithètes (plus justement des épiclèses) de la déesse de l'amour. Or, on la trouve chez Strabon, Géographie Livre XI, 2,10 :

En grec : §10 Ἔστι δὲ καὶ ἐν τῇ Φαναγορείᾳ τῆς Ἀφροδίτης ἱερὸν ἐπίσημον τῆςἈπατούρου· ἐτυμολογοῦσι δὲ τὸ ἐπίθετον τῆς θεοῦ μῦθόν τινα προστησάμενοι, ὡς ἐπιθεμένων ἐνταῦθα τῇ θεῷ τῶν γιγάντων ἐπικαλεσαμένη τὸν Ἡρακλέα κρύψειεν ἐν κευθμῶνί τινι, εἶτα τῶν γιγάντων ἕκαστον δεχομένη καθ' ἕνα τῷ Ἡρακλεῖ παραδιδοίη δολοφονεῖν ἐξ ἀπάτης.

[Je surligne Aphrodite et Apatouros ; il s'agit bien-sûr ici d'Aphrodite grecque et non de Vénus latine]

Traduction : §10. Mais pénétrons dans le Corocondamitis, nous y rencontrons successivement Phanagorée, ville de grande importance, Cépi, Hermonasse, et le temple d'Apaturum consacré à Vénus. De ces différentes localités, il en est deux, Phanagorée et Cépi, qui sont situées dans l'île dont nous venons de parler tout de suite à gauche de l'entrée du Corocondamitis ; les autres sont à droite, au delà de l'Hypanis, dans la Sindiké où se trouvent aussi, sans parler de la résidence du roi des Sindi située tout près de la mer, Gorgipia et Aboracé. Comme les habitants de ces localités sont soumis aux rois du Bosphore, on leur donne à tous le nom de Bosporani. Mais les Bosporani d'Europe ont Panticapée pour capitale et ceux d'Asie [Phanagoria ou] Phanagorium (ce nom a les deux formes). Phanagoria paraît être l'emporium ou marché des denrées apportées du Palus Maeotis et des pays barbares situés au-dessus, comme Panticapée est celui des marchandises qui arrivent du côté de la mer. Phanagoria possède aussi un temple célèbre de Vénus Apaturos. Voici comment on explique l'épithète Apaturos jointe au nom de la déesse : on prétend d'après je ne sais quel récit des mythographes que Vénus, se voyant assaillie en ces lieux par les Géants, aurait appelé Hercule à son aide, l'aurait caché au fond d'une caverne, puis, donnant accès à chacun des géants l'un après l'autre, les aurait tous ainsi au fur et à mesure livrés par traîtrise (ex apatês) aux coups d'Hercule (http://remacle.org/bloodwolf/erudits/strabon/livre112.htm trad. Amédée Tardieu, 1867, Hachette). Texte en grec et latin ici page 424.

 Il est inutile d'aller plus loin : l'épithète est bien attestée pour la déesse Vénus, par un auteur grec de référence. 

Si on souhaite néanmoins pousser d'avantage l'analyse, il ne sera pas difficile de montrer que cette information était  disponible pour Fabricius au début du XIXe siècle, et que l'une des formes employées étaient bien Apatura. En effet, le moteur de recherche interrogé avec les mots Vénus-apatura dans le fenêtre de dates 1700-1805 indique de nombreux auteurs faisant mention de cette "Vénus apatura". La principale, car elle est rééditée sous différents titres et différentes langues (français/allemand/néerlandais/anglais) ce qui témoigne de sa diffusion, et donc de son accessibilité pour le danois Fabricius, est une  Histoire universelle  dont le premier exemple trouvé, le Notitia orbis antiqui, sive Geographia plenior, ab ortu rerumpublicarum date de 1706 par l'allemand Christoph Cellarius page 217. On y lit :

 

Apud hanc urbem est fanum Veneris Apatura [Apaturæ] , id est dolosæ , ab [лжлтц] apate quia dolo ibi gigantes auxilio Herculis fingitur occidisse. Plinius Phanagoria , et pane defertum Apaturos Idem inter Cepos & Phanagoriam interponit  Stratocleam ad Bofporum

Les auteurs ont repris ce passage textuellement, et c'est celui qui se retrouve encore sous les plumes des étymologistes cités précédemment. Il est en français dans Histoire universelle depuis le commencement du monde jusqu'à présent Royaumes du Bosphore II, 33 1745 page 733 :

     Les villes les plus remarquables du Bosphore asiatique étaient anciennement Phanagoria, que quelques géographes placent sur les bords du Pont Euxin, mais d'autres sur ceux du Palus Méotide ; mais que Pline et Méla mettent dans une presqu'île voisine, qu'ils appellent Corocondama.

II y avait autrefois près de cette Ville un fameux Temple, dédié a Vénus Apatura, ainsi nommée d'après Apaté , mot Grec qui veut dire "Tromperie", par allusion à un stratagème qu' Hercule lui suggéra, & par le moyen duquel elle vainquit les Géants. Cette ville était, suivant Strabon, la capitale du Bosphore en Asie.

On retrouve aussi cette citation dans l'édition du Notita orbis de Cellarius de 1732 page 302, dans l' Antiquitates asiaticae par Edmund Chishull 1728 page 10, en néerlandais : Algemeene histori Volume 8 par Kornelis Westerbaen page 859, ou en allemand dans Uebersetzung der Algemeinen Welthistorie  Volume 8 par Baumgarten, 1749.

 Fabricius aurait aussi très bien pu consulter, dans un de ces dictionnaires mythologiques très courant, une liste des épithètes de Vénus : par exemple celle de Bernard de Montfaucon 1722, L'Antiquite expliquee et representee en figures, Volume 1 :

"On l'appelait Apatura , Argynnis, Calva, Callipygos, Capitolina, Colias, Cloacina,ErycinaEuplœaLibitina, Mehcnis , Myrtea , Paphia, Peribaiîa, Phila, Pythonica , Tymborychos, Urania, qui est la même que Venus celeste".

En 1801, Il pouvait trouver cette liste des surnoms de Vénus:

"Acidalia, Acraea, Aenéis, Amathuntia, Amathusia, Amica, Anadyomène, Anosia,Apaturia, Aphacitis, Aphrodite, Apostrophia, Appias, Arginussa, Armata, Barbata, Boeotis, Basilis, Byblia, Callipyga, Calva, Cloacina, Cnidia, Coa, Coelestis, Colias, Colotis, Cypria, Cythéréa, Dia, Dione, Epistrophia,Erycina, Euploea, Felix, Genitrix, Hecaerge, Hélaera, Hospita, Idalia, Marina, Mascula, Mechanitis, Mélanis, Mélinaea, Migonitis, Morpho, Murtia, Naxia, Pandemos, PaphiaPontia, Praxis, Schoenis, Sicyonia, Sponsa, Symmachia, Syria, Verticordia, Zérène, Zérinthia." (P. Chompré, Dict. port. de la fable, (2) p. 978)

  D'autres auteurs du XVIIIe et début XIXe siècle ont utilisé la forme Apaturia, mais Bernard de Monfaucon, que je viens de citer, réserve ce nom page 198 aux Apaturies, fêtes de famille da la Grèce antique, notamment à Athènes. Dans Pausanias, Corynthie chap. XXIII, Apaturia est une épithète de Minerve/Athéna. Mais dans son Dictionnaire portatif de la fable (un livre de référence depuis 1727) dans l'édition de 1801 page 114, Pierre Chompré donne indifféremment pour Apaturiales deux sens, de "surnom de Vénus" et de "Surnom de Pallas" c'est-à-dire Athéna.

[Apaturia est l'épithète spécifique d'une espèce marine, Marcia apaturia Römer,1864., qui appartient aux Veneridae, mollusques bivalves dont le genre principal créé par Linné en 1758 pour la praire commune se nomme...Venus]

 

Annexe de ce paragraphe :

 

 Dans sa publication, Fabricius divise l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes. Il a donc du créer autant de noms de genre.

  Le danois Johannes Christian Fabricius (1745-1808)  a séjourné en Écosse puis à Londres lors d'un voyage de 1766 qui le mena ensuite en Italie pour examiner les collections d'Aldrovandi. Puis, de 1772 à 1775, il passe ses étés à Londres où il étudie notamment les insectes rapportés par Solander et Banks de leur voyage. Mais à partir de 1790, il séjourne tous les étés à Paris, étudiant cette fois la collection entomologique d'Olivier et devient ainsi l'ami de Pierre André Latreille (1762-1833), l'auteur du genre Vanesse. Il a donc eu accès, pour les sources de ses noms de genre, aux bibliothèques de Paris ou de Londres.

 

En outre, Fabricius a confié qu'il avait puisé les noms de genre qu'il a créé pour ses papillons diurnes dans le (vaste) répertoire des épithètes de Vénus (ou Aphrodite pour les grecs) alors que ses genres de papillons de nuit recevaient les surnoms de Diane/Artémis, déesse lunaire:

  Fabricius, dans sa présentation du Systema glossatorum ( in Zeitung für Literatur und Kunst in den Königl . Dänischen Staaten [ Kiel ] , Septembre 11 1807, p. 83), donne des indications précieuses sur ses règles d'attribution des noms : il écrit qu'il est en train de changer un certain nombre de nom donnés par Linné car il souhaite faire apparaître le nom de la plante hôte. "Les noms de genre ne posent pas de problèmes importants, il faut seulement éviter qu'ils soient trop longs, et qu'ils ne soient pas déplaisants à l'oreille. Pour les papillons de jour, j'ai choisi différents épithètes [cognomina] de Vénus, et pour les papillons de nuit, ceux de Diane. Ils semblent être les plus appropriés. Leurs homologues grecs [qualificatifs d'Aphrodite ou d'Artémis] ont tendance à être durs, longs et désagréables."

Les noms de genre de Fabricius sont donc liés au nom de Vénus, car ils reprennent les épithètes de la déesse en ses différentes attributions (Limenitis protectrice des ports ; Pontia protectrice de la mer ; Acraea protectrice des lieux élevés ; Euploea de la navigation ; Nymphidium protectrice des mariages ; Melanitis de la nuit ) et en ses différents sanctuaires (à Colias, à Paphios, à Amathus en Chypre, sur le mont Kastion, sur le mont Erix, en Cnide —doritis la bienfaitrice—) ou selon le nom de ses courtisanes (Thaïs, Argennus, Neptis sa petite-fille, voire même Vanessa de Swift) ou selon ses qualités (Urania la céleste, Morpho aux belles formes ou aux formes changeantes, Apatura la trompeuse, Mechanitis l'ingénieuse à ourdir des ruses).

 

 

 3.  Nom d'espèce : Apatura ilia ([Denis et Schiffermüller], 1775).

 

a) Description originale

      Papilio ilia, [Denis, J. N. C. M. & Schiffermüller, I.] 1775. Ankündung eines systematischen Werkes von den Schmetterlingen der Wienergegend, herausgegeben von einigen Lehrern am k. k. Theresianum.. Vienne. 322 pp. page 272.

Dans leur ouvrage bilingue latin-allemand, ce papillon est présenté, à la suite du Papilio iris (Linné) comme suit :

    Bandweidens Raupen (Salix viminalis). Bandweidens — — P. ilia

Les auteurs le classent dans leur groupe H intitulé,  Hörnerraupen* Larvae cornutae. Schielende Falter**. Papiliones versicolores. Les Changeants (Mus. Richt.). 

* Chenille à corne. ** Papillon qui louche ?? J'ai été amené à penser que, dans la langue de l'époque, "schielende"  peut se traduire par "miroitant" peut-être par le sens "qui fait cligner les yeux" ?

 

 

— Description commune des trois espèces Iris, Ilia et Jole : 

Der Leib dieser Raupen  hat fast eben die gestalt, wie der vorhergehenden ; zeigt einige blaßgelben Querstriche, und endet sich in zwo kleine Spitzen ; der Kopf ist vorne platt abgeschnitten, oben mit zwei langen, geraden, am Ende doch stumpfen oder zweitheiligen Hörnern verschen. Die Verwandlung geschieht in eine grüne, zusammengedrückte Pupe, die nur mit dem hinterleibe angehäftet, mit dem in zwo Spitzen auslaufenden Kopfe senkrecht hängt. Die Falter haben nur 4 Füsse, auf denen sie stehen ; die Flügel sind ein wenig ausgeschweifet und gezähnet ; ändern meistens nach verschiedener Wendung die dunkelbraunen farben ins Blaue ; die untern haben nahe am Innenwinkel ein Aeugchen.(*)

 (*) Die erste und zweite Art haben auch an den Oberflügeln eine Augenmackel ; doch seine zeigt sie insgemein (sans exception) nur auf der Unterseite deutlich, diese jedesmal auch auf des Oberseite. An der Unterseite der Unterflügel hat die zweite Arte immer ein sehr vollkommenes Aeugchen mit einem blaulichten Sterne und ockergelben Außenringe, daneben noch ein oder mehr blasse, verwischten Aeugchen ähnliche Fleckchen : Die erste Arte entgegen hat daselbst in dem rothbraunen das schneeweiße Querband beschränkenden Streite allein eine länglichte blaßblaue ungleich schwarzgerandete Mackel. Die dritte seltnere Art hat nicht nur kein Aeugchen (Äugchen = petit œil) an den Oberflügeln, sondern auch ganz keinen Querstreit oder beträchlichen Flecken ; und ist denn sehr sichtbar unterschieden. Die erstern zwo Arten könnte man leichter vermengen ; aber wir haben nun schon, durch was sie sich standhaft voneinander unterscheiden, einigermassen angedeutet. Das weiß, unten gezähnte, beidersets rothbraun beschränkte Querband, das bei der zweiten Art nur blaßgrau ist, und gegen den Untenand sanft in den gelbgrauen Grund verfließt, fällt vorzüglich in die Augen.

 

Runmehr haben wir noch anzumerken, daß wir in der zweiten Art alle jenen Falter zählen, welche die Unterseite der Unterflügel auf die erwähnte Weise sanfter graulicht haben ; obschon einige derselben auf der Oberseite schwarzbraun, und blauschielend sind mit weißem Querbande vergleichen H. Poda n°22 (P. Iris) zu beschreiben scheint ; andere gelbbraun und violetschielend mit safran- oder ockergelben Mackeln und Bande, davon Rösel Tom.3 t.42 f. 3-4 schildert ; wieder andere nicht schielend grauscharz oder dunkelbraun mit weißlichtem, und noch andere bräunlichtgelb mit bleichgelbem Querbande. Wir haben auch von diesen Lßtern einige aus ihren Raupen und Pupen erhalten ; aber nie einen genugsamen Grund gefunden sie als verschiedene Arten anzusehen. Einige von unsern die Untersuchung der Insecten liebenden Freunden sind doch andrer Meinung ; wir denken ebenfalls die Sache noch mehr zu untersuchen, und geben die hier unterdessen engeseßte Zahl der Arten nicht für gänzlich bestimmet aus.

  -Traduction Google corrigée. Le corps de ces chenilles a presque exactement la même forme celles du groupe  précédent, mais montre quelques touches de couleur jaune pâle, et se termine par deux petits pics, la tête est tournée vers coupés à plat, donnez loin supérieure avec deux longues, droites, à la fin, émoussés ou deux cornes saints. Elle se  transforme en une chrysalide verte comprimé angehäftet qu'avec le Leibe de derrière, suspendu verticalement avec le expirant en tête deux pics. Les papillons ont seulement 4 pattes, sur lequel ils se tenir debout, et les ailes sont un peu ausgeschweifet et gezähnet, changer principalement par divers tour la couleur brun foncé du bleu, l'aile inférieure a  avoir près de l'angle intérieur d'un petit ocelle.(*)

 

 (*) Le premier et le deuxième type pourrait aussi être les ailes supérieures un Augenmackel , mais ses spectacles qu'ils sans exception que sur le fond clair , ce toujours sur le dessus. Au bas de l'aile a la seconde Arte toujours un Aeugchen très parfait avec des étoiles bleues lumineuses et ocre bagues extérieures jaunes , en outre, un ou plusieurs pâle , brouillé Aeugchen endroit similaire : la première Arte contraire le fait dans le brun rougeâtre , la contre- bande de neige blanc limiter tracas seul un länglichte bleu pâle non - cerclées de noir Mackel . Le troisième type rare a non seulement pas Aeugchen ( Äugchen = petit oeil ) sur les ailes supérieures , mais aussi tous les pas de différend croix ou remarquablement élevé degré de salissure , et il est très visible distinction . Les anciens , deux espèces , on pourrait se mélangent facilement, mais nous avons maintenant vécu ce qu'ils diffèrent fermement , dans une certaine mesure indiquée . Le blanc , en baisse de dents , les deux ensembles bande transversale brun rougeâtre limitée , qui est seulement un gris pâle dans le second type , et doucement s'écoule contre la Untenand dans le sol gris-jaune , tombe surtout dans les yeux .

Aidez-moi à améliorer cette traduction !    

— Répartition et plante-hôte : 

— La plante-hôte de P. ilia est  indiquée par D. et S.: Salix viminalis. C'est l'osier vert, osier des vanniers.

  — Localité-type : "Umgebung von Wien", dans les environs de Vienne, selon la précision donnée par le titre de l'Ankündung de Denis et Schiffermüller.

Selon Dupont et al.:  Cette espèce a une répartition eurasiatique de la péninsule Ibérique au nord-est de la Chine. Elle est aussi présente en Corée. Elle est signalée dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Salicaceae, principalement Populus nigra L. 

 

b) Synonymes (Muséum-INPN) et Sous-espèces.

Apatura barcina Verity, 1927 
Apatura ilia barcina Verity, 1927 
Apatura ilia ilia ([Denis & Schiffermüller], 1775) 
Papilio ilia [Denis & Schiffermüller], 1775

 

LERAUT retient la présence de deux sous-espèces en France :

- ilia [Denis & Schiffermüller], 1775.

- barcina Verity, 1927. Localité-type : Sant Antoni Villamajor, Catalogne, Espagne.

 

Apatura ilia barcina Verity, 1927

Verity, R. 1927. "Notes sur quelques Rhopalocères d'Espagne [Lep.]". Bulletin de la société entomologique de France, 1927: 172-176. page 176  :

      A S.-Antoni de Villamajor (Barcelone) Querci a capturé le 20 juillet une race qui se distingue par sa petite taille et en ce que les espaces du dessus sont blancs, tandis que le revers est largement teinté d'un fauve chaud, clair et vif, tel qu'on le voit assez souvent chez la forme fauve clytie : race barcina 

Le nom de la ville de Barcelone dérive du terme de Barcina, et de son nom latin Barcino, onis (Pline), mais l'épithète choisi par Verity relève plutôt du sens de l'adjectif espagnol -barcino, "se dit d'un animal aux poils à la fois blanc et brun ou rouge". (Diccionario Manual de la Lengua Española Vox. © 2007 Larousse Editorial, S.L.)  

Forme Ilia ssp. ilia f. clytie.

Pour Doux et Gibeaux,

"Il existe une forme clytie Denis & Schiffermüller, 1775, dite "le Mars orangé", chez qui les deux paires d'ailes sont largement envahies de jaune fauve. Cette forme affecte un nombre variable d'exemplaires au sein d'une même population. "

 

Denis & Schiffermüller sont les auteurs de la description de cette forme sous ce nom "clytie", mais l'information ne figure qu'à l'avant-dernière page de leur Ankündung, au chapitre Nachtrag zum Schmetterlingeverzeichnisse (Supplément au Catalogue des Papillons) à la page 321 :

 

Für die 2te Art der Familie G haben wir verschiedene Falter als blosse Abänderungen angeseßet ; (man sehe dort, 170 und 171 Seite die Anmerkung) ißt finden wir doch viel wahrscheinlicher, daß jene Stucke, die ein safranfarbenes Querband haben, und veilblau schielen, von denen, die ein weißes Band, und in gewisser Wendung eine hochblaue, sonst eine schwarze farbe zeigen, der Art nach, verschieden sind . Denn auf was könnte sich sonst die so standhafte Verschiedenheit der farben gründen ? Auf den Unterschied des Geschlechts dachten wir einst selber ; aber nunmehr haben wir von beiderlen schlielenden Stücken eine beträchtliche Sammlung gemacht, und bemerket, daß sie sämmtlich (30. und mehr) nicht eines ausgenommen, Männchen, im Gegentheile alle nicht schielende, Weibchen sind, und daß diese sich ebenfalls in schwarzbraune ober schwarze, und in bräunlichtockergelbe theilen, von denen jene ein weiß Band, diese ein safrangelbes, ganz wie ihre Männchen, haben. Die Raupe der leßter fanden wir auf Saalweiden (Salix Caprea) : daher sie Saalweidenfalterraupe, im lateinischen etwa Clytie heißen könnte. 

-Tentative de traduction sous toutes réserves: Pour la 2ème espèce de la famille G [P. ilia] nous avons considéré différents papillons comme de simples variations; (voir la note page  170 et 171) Mais nous pensons beaucoup plus probable que  les spécimens qui ont une bande transversale de couleur safran, et bleu-violet miroitant sont différents des espèces qui une bande blanche, sur un fond bleu , ou montrent sinon une couleur noire. Pour ce que pourrait établir par ailleurs la variété si ferme de couleurs ? Nous avons pensé nous-même aux diiférences dues au sexe, , mais maintenant nous disposons d'une collection considérable de ces papillons miroitants, et il est évident qu' ils sont tous ( 30 et plus ) sans une exception, des mâles, alors qu'au contraire tous les non-miroitant sont des femelles et que parmi celles-ci  également elles se séparent en celles qui qui ont une bande blanche sont et qui sont noir brun noir au-dessus , et dans bräunlichtockergelbe et en celles qui sont jaune safran , tout comme leurs mâles. Nous avons trouvé la chenille de cette dernière sur le saule Marsault (Salix Caprea)  : par conséquent, elle pourrait se nommer Chenille du Saule, et par exemple en latin Clytie.

 

      J. Hübner a décrit cette forme comme une espèce distincte en 1779 dans son Sammlung europäischer Schmetterlinge page 19 : Zittelpapelfalter* Papilio Clytie, ♂ 113-114. avec comme synonyme Iris lateus d'Esper et l'Iris lutea de Bergk.

* Zitteklpapel = peuplier tremble

http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/27/mode/1up

Ce nom a été employé par Schrank, Fauna boica (2), 1 p. 187  par Schneider, Papilio clytia.

 

Hübner : Papilio  Ilia (115-116) et Iris ( 117-118) : image BHL lib.

    n54_w617

  Hübner Fig. 111-112 : "Rhea" . Fig. 113-114 : Clytie.    Image BHL lib.                           

    n52_w617

 

c) Origine et signification du nom ilia. 

          

— Spuler (1903-1910) page 14.

Stammutter der Römer, Mutter von Romulus und Remus.

 -Trad. : Ancêtre des Romains, mère de Romulus et Rémus.

 

— Janssen (1980) page 39.

      Letterlijk "de Trojaanse" ; bijnaam van Rhea Silvia, de moeder van Romulus (stichter van Rome) en Remus. Zij stamde af van Enaeus, zoon van koning Priamos van troje. Deze stad werd door de Grieken "Ilion" en later door de Latijnse schrijvers "ilium" genoemd.

 -Trad. :  Littéralement " La Troyenne", surnom de Rhéa Silvia, mère de Romulus (fondateur de Rome) et Rémus, car elle descendait de Énée, fils du roi Priam de Troie. Cette ville a été appelé par les Grecs "Ilion" et plus tard par les écrivains latins "ilium".

— Glaser (1887) page 121 :

"Ilierin", Zuname d. Rhea Silvia, d. tocht. d. Kön. Numitor.

 -Trad. :  "Ilierin", surnom de Rhea Silvia, la fille du roi Numitor.

 

— Ramann (1870-1876), page 51 :

...war die Tochter des Numitor auch unter dem namen Rhea bekannt und die Mutter von Romulus und Remus.

 -Trad. : ... était la fille de Numitor, connue sous le nom de Rhéa et mère de Romulus et Rémus.

— Spannert (1888) page 31 : 

Beiname der Stamm-Mutter der Römer, Rhea Sylvia, die den Romulus und Remus gebar.

      -Trad. : Épithète de l'ancêtre des Romains, Rhea Silvia, qui a donné naissance à Romulus et Rémus.

 

— Doux et Gibeaux (2007) page 222 :

 Ilia, première mère de tous les Romains, mère de Romulus et Remus.

 

— Perrein et al. (2012) page 265:

   Ilia est le nom souvent porté par Réa Sylvia qui, aimée de Mars, enfante Romulus et Rémus, les jumeaux légendaires de la fondation de Rome. Le Petit Mars changeant est le nom donné au mâle par Engramelle (1779), qui nomme également les Petit et Grand Mars orangés pour les mâle et femelle de la forme clytie.

 

 

— Hans-A. Hürter (1998) page 195:

   Schiffermüller hat über seine namensgebung nichts hinterlassen. Betrachtet man aber seine Tagfalternamen insgesamt, so ist festzustellen, daß von 32 in Forster-Wohlwahrt II enthaltenen Artnamen oder Synonymen, die von ihm stammen, allein 22 (68,8%) der Antike entnommen sind, wie z.B  polyxena, manto,  medusa, alcyone,  pandora,  helle oder adonis. das weist ihn als guten Kenner des Altertums aus. 

So darf angenommen werden, daß er mit dem Namen ilia die Ilerinb, die trojanerin, die tochter des Äneas, also Rea Silvia meinte.

 -Trad. Schiffermüller n'a fourni aucune explication sur les noms qu'il a créé. Toutefois, compte tenu de la totalité de ses noms de papillons, il convient de noter que parmi les 32 noms ou synonymes qui viennent de lui dans le recueil de Forster-Wohlfahrt* vol.II , 22 (68,8%) sont empruntés à l'Antiquité, comme polyxena, manto,  medusa, alcyone,  pandora,  helle ou adonis ce qui témoigne de sa bonne connaissance des Anciens. comme un bon connaisseur de l'antiquité. 

 Donc, on peut supposer qu'il a désigné par le nom ilia  "ilierin", la Troyenne, la fille d'Énée, aussi connue sous le nom de  Rhea Silvia.

* W. Forster et T.A Wohlfahrt 1976  Die Schmetterlinge Mitteleuropas vol. II; Rhopalocera et Hesperiidae, Stuttgart.


Ma discussion étymologique .

      a) Le consensus est établi pour relier l'épithète spécifique ilia avec le surnom Ilia de Rhéa Silvia : l'article de Wikipédia nous fournit les données nécessaires sur ce personnage de l'antiquité romaine, celles qui ont été rappelées peu ou prou par tous les auteurs précédents: 

 

  "La vestale Rhéa Silvia, aussi appelée llia donne naissance à Romulus et Rémus avec Mars (dieu de la guerre). Horace raconte que Rhéa Silvia voit en songe Romulus et Rémus peu avant d'accoucher, sous l'aspect de palmiers aux branches majestueuses se dressant vers le ciel.

Petite-fille du roi Procas et fille de Numitor, Rhéa Silvia est élevée à la dignité sacerdotale de vestale dans la ville d'Albe-la-Longue par son oncle Amulius qui a usurpé le trône albain.

Le but de la consécration à Vesta est de la priver de descendance. Tite-Live affirme d'ailleurs que, par la même occasion, Amulius tue Lausus, le fils de son frère Numitor. Malgré son statut de prêtresse de Vesta qui la condamne à une rigoureuse chasteté, le dieu Mars vient la voir en rêve durant son sommeil et lui donne deux jumeaux, Romulus et Rémus. Selon Tite-Live, le cruel Amulius fait alors emmurer la vestale et condamne les nourrissons à être jetés dans le Tibre, dont ils sortiront miraculeusement indemnes, avant de venir se venger de l'usurpateur plusieurs années plus tard." (Wikipédia consulté le 18/02/2014

                                     rheasilvia.png

 b) Hans-Arnold Hürter nous fait progresser de façon plus originale en situant ce zoonyme au sein de l'onomastique de Denis et Schiffermüller et en calculant que près de 70% des noms de ces auteurs proviennent de l'Antiquité. Ce point avait déjà été souligné par Emmet à propos d'autres noms.  J'avais procédé à la même étude, en partant cette fois de la liste des noms que propose Animalbase (702 noms Denis, 1775, dont 48 Papilio), et j'obtenais 89 % de noms tirés de la littérature antique, et 60% issus des œuvres de Virgile.  Onomastique virgilienne et zoonymie des rhopalocères (papillons).

 Face à un zoonyme créé par Denis (ce professeur de Belles-Lettres est plus probablement à l'origine des noms, alors que son collègue Schiffermüller, professeur d'architecture et donc de dessin, prenait en charge les collections et l'iconographie), il existe donc près de 9 chances sur dix qu'il fasse référence à un auteur grec ou latin, et 6 chances sur dix qu'il s'agisse de Virgile.

c) Les  auteurs latins qui sont les sources du récit de la fondation de Rome et du personnage de Rhéa Sylvia sont Quintus Flabius Pictor (v. 20 av.J.C), Quintus Ennius (239-169 av. J.C), Virgile (70 av-19 av. J.C) dans l'Énéide puis Tite-Live (59 av.-17 ap. J.C) dans son Livre I de son Histoire de Rome (Ab urbe condita Libri,  et enfin Ovide (43 av. J.C- 17 ap. J.C). Je m'intéresserai à Ennius, Virgile et Ovide.


Quintus ENNIUS (239-169 av. J.C) écrivit ses 18 Livres en hexamètres dactyliques, modèle que suivra Virgile. Seuls des fragments nous sont parvenus, grâce à Cicéron : le plus long de ces fragments est précisément celui du "Songe d'Ilia".

Cicéron dans son De divinatione I ; 20, 40, rappelle à son interlocuteur le Songe de la vestale Ilia des Annales d'Ennio Livre I : Ilia Aoneae filia sororem adloquitur Le Songe d'Ilia : Ilia, fille d'Énée, s'adresse à sa sœur :

 

Excita cum tremulis anus attulit artubus lumen, 32

Talia commemorat lacrimans, exterrita somno:

'Eurudica prognata pater quam noster amavit,

Vires vitaque corpus meum nunc deserit omne. 35

Nam me visus homo pulcher per amoena salicta

Et ripas raptare locosque novos: ita sola

Postilla germana soror, errare videbar

Tardaque vestigare et quaerere te, neque posse

Corde capessere: semita nulla pedem stabilibat. 40

Exin compellare pater me voce videtur

His verbis: "o gnata, tibi sunt ante ferendae

Aerumnae, post ex fluvio fortuna resistet."

Haec ecfatus pater, germana, repente recessit

Nec sese dedit in conspectum corde cupitus, 45

Quamquam multa manus ad caeli caerula templa

Tendebam lacrumans et blanda voce vocabam.

Vix aegro cum corde meo me somnus reliquit.'

 

 

 -Trad. "Lorsqu'en hâte la vieille aux membres tremblants eut apporté la lumière, alors tirée par la peur de son sommeil, en pleurant, fait ce récit : « Fille d'Eurydice, que notre père a aimée, la force et la vie abandonnent maintenant tout mon corps. Car un bel homme m'a paru m'emporter à travers de riantes saussaies, des rives et des lieux inconnus : ainsi, demeurée seule après cela, ô ma sœur, je croyais errer et lentement te suivre à la trace et te chercher, et ne pouvoir te saisir dans mon esprit : aucun sentier n'étayait mon pas. Puis voilà que mon père me semble m'adresser la parole en ces termes : « Ô ma fille, il te faut d'abord supporter des épreuves, puis au sortir du fleuve, ta fortune s'établira ». Après ces mots, mon père, ô ma sœur, s'en alla tout à coup et ne se rendit plus à ma vue, lui que je désirais en mon cœur revoir, et cela malgré toutes les prières que je faisais en tendant les mains vers les espaces bleus du ciel, en pleurant et en l'appelant d'une voix caressante. Le cœur malade, le sommeil vient de me quitter." (Trad. J. Heurgon, 1960)

 

      Rhéa Sylvia ou Ilia, Théâtre romain de Carthagène :

 

                                      200px-Rea_teatro_romano_cartagena.jpg

VIRGILE

 Dans le livre VI de son Énéide, vers 777-778, Virgile mentionne la mère de Romulus en la nommant Ilia, afin de souligner qu'elle est la fille d'Énée:

Quin et auo comitem sese Mauortius addet

Romulus, Assaraci quem sanguinis Ilia mater

 -Trad. "Et puis s'y ajoutera, associé à son aïeul, le fils de Mars,

      Romulus que mettra au monde Ilia, du sang d'Assaracus,." (Bibl. Classica Sel.)


OVIDE

Dans ses Fastes, III, 15-30 Ovide reprend le thème du Songe d'Ilia : il raconte la rencontre de Mars et de Silvia et le songe prémonitoire qui avertit la vestale de la naissance des jumeaux menacés de mort par Amulius et sauvés par une louve et un pivert, oiseau de Mars. Cert

es, elle est ici nommée Silvia, mais le poète fait bien mention des feux d'Ilion pour rappeler son surnom.

La vestale Silvia (pourquoi en effet ne pas partir de là ?) était allée, un matin, chercher de l'eau pour laver les vases sacrés.

Un sentier en pente douce l'avait amenée à la rive escarpée : elle posa à terre l'urne d'argile qu'elle portait sur la tête ; fatiguée, elle s'assit   par terre, offrant au souffle des brises son sein découvert, et recoiffa ses cheveux désordonnés.

Assise à l'ombre des saules*, elle s'assoupit, bercée par les chants des oiseaux et le léger murmure de l'eau. Un doux sommeil furtivement glisse sur ses yeux vaincus et de dessous son menton, sa main mollement retombe.

Mars la voit ; sitôt vue, il la désire ; sitôt désirée, il la prend, et son pouvoir divin lui permet de dissimuler sa ruse. Le sommeil quitte Silvia, qui reste étendue, gravide ; c'est sûr, dans ses entrailles vit déjà le fondateur de la ville de Rome. Alanguie elle se relève, ignorant le pourquoi de sa langueur, et, appuyée contre un arbre, elle formule ces paroles :"Puisse la vision de mon sommeil m'être utile et propice : cette vision n'était-elle pas plus claire qu'un songe ?

Je me tenais près des feux d'Ilion ** quand, glissant de mes cheveux, ma bandelette de laine tomba devant le foyer sacré. D'elle, en même temps, deux palmiers surgissent, admirable prodige : l'un des deux était plus grand, ses lourdes branches couvraient tout l'univers, et le sommet de sa cime atteignait les étoiles.

*dum sedet, umbrosae salices volucresque canorae

**Ignibus Iliacis aderam cum lapsa capillis (v.29).

 

  Un professeur de lettres du XVIIIe siècle, jésuite de surcroît, chargé d'enseigner les bases de la littérature, se devait de connaître parfaitement ses auteurs latins ; lorsqu'il exerçait sa charge au sein de l'Académie Impériale du Theresianum de Vienne, afin de préparer les enfants de l'élite viennoise à occuper les plus hauts postes de l'administration et de la diplomatie, il devait surpasser cette exigence. Lorsqu'enfin il s'agissait de Johann Nepomuk Cosmas Michael Denis, alias Sined le Barde, couronné des palmes de la poésie, les œuvres d'auteurs comme Cicéron, Virgile et Ovide devaient être si bien assimilées qu'elles formaient le terreau naturel de toute création. Enfin, la légende de Mars et Rhéa Silvia était si connue qu'elle avait inspiré un tableau de Rubens en 1616-1617. 

   J'ai montré  Rimes et échos dans l'onomastique des rhopalocères du Wiener Verzeichniss de Denis & Schiffermüller 1775 que dans le choix des noms, Denis se payait le luxe d'une écriture à contrainte témoignant, par cette imitation par hommage que l'on nomme mimesis, de son admiration pour ses prédécesseurs en entomologie, Linné et Scopoli.

  Dans cette série des Papiliones versicolores, Linné sert de modèle avec son Papilio Iris de 1758. Michael Denis qui s'est donné comme contrainte et hommage de choisir ses noms dans l'œuvre de Virgile, (présent deux fois en épigraphe dans le frontispice) s'impose de chercher un nom ayant la même initiale et le même nombre de lettres que Iris. Il pense aussitôt à Ilia et à Iole (3e Églogue). De plus, il connaît le nom qu'a choisi le français Geoffroy en 1762, "Le Mars", pour ces Papillons versicolores. Il connait aussi, avec Schiffermüller, quelle est la plante-hôte de l'espèce, puisque ce sont eux qui la décrivent pour la première fois : c'est le saule. Il jouit donc de cette jubilation secrète de donner à ce nouveau papillon proche du Papilio Iris de Linné le nom de la troyenne Ilia, qui s'unit au dieu Mars "dans une charmante prairie de saules" (Ennius, per amoena salicta) ou "assise à l'ombre des saules" (Ovide, dum sedet, umbrosae salices volucresque canorae). 

 Quatre lettres et un I initial comme l'Iris Linné, une allusion à Mars, une autre aux saules, et un hommage à Virgile : voici les cinq bonnes raisons de choisir Ilia comme zoonyme pour l'une des plus belles espèces que les "Thérésiens" découvrirent près de Vienne.

 

Mars, Ilia, ...et le saule : mosaïque d'un immeuble d'habitation de l'ancien port de Rome, Ostie image http://www.ostia-antica.org/regio1/19/19-6.htm (Mars fut séduit par la beauté de la jeune fille alors qu'elle se rendait à une fontaine chercher de l'eau pour laver les objets du culte dans un bois sacré qui lui était dédié).

 

19-6_2.jpg

 


 

      d) Origine et signification du nom Clytie.

 

— Doux et Gibeaux (2007),

 " Clytie : nom d'une Néreïde (Spuler, 1901-1908 :14). Il s'agit vraisemblablement de Clytia (Klutia), fille d'Oceanos et de Téthys. Apollon l'avait séduite, puis abandonnée pour Leucothoë. Clytia dénonça sa rivale : Apollon la métamorphosa en héliotrope." 

— Discussion.

Clytie est, dans l'Antiquité, soit une Océanide, soit Clytie la Pandarie, fille de Pandarée, soit, surtout, la nymphe Clythie amante d'Apollon dans le Livre IV (167-273) des Métamorphoses d'Ovide.

Dans ce récit, Leuconoé, la seconde des Minyades, commence par raconter comment le Soleil (assimilé à Apollon), ayant surpris l'adultère de Mars et Vénus, avait dévoilé la chose à Vulcain, le mari de la déesse, et comment ce dernier, à l'aide d'un filet invisible, avait piégé les amants, les exposant à la risée de tous les dieux. (4, 167-189)

Vénus, ulcérée de ce vilain tour, veut punir le Soleil en lui inspirant une passion exclusive et dévorante pour une jeune fille de Perse, Leucothoé. Oubliant ses nombreuses conquêtes, dont Clytie, le dieu s'introduit chez sa bien-aimée sous les traits de sa mère Eurynomé, et abuse d'elle contre son gré. (4, 190-233)

Clytie, rivale délaissée, raconte calomnieusement au père de Leucothoé que sa fille s'est déshonorée ; celui-ci aussitôt la punit en l'enterrant sous un tas de sable. Malgré tous ses efforts pour ranimer sa bien-aimée, le Soleil ne peut que la métamorphoser en arbre à encens. Quant à Clytie, elle dépérit de désespoir, et est métamorphosée en tournesol, afin de continuer à suivre la course de son amant dans le ciel. (4, 234-273).  

  A la différence des noms Ilia et Iole, cette dernière création ne répond pas aux règles d'imitation de Linné ou de citation de Virgile. En outre, on ne trouve aucun rapport avec la plante-hôte, le Saule. Mais il a été sans-doute choisi au dernier moment, celui de tous les Suppléments, alors que les deux jésuites viennois avaient perdu leur poste de professeurs au Theresianum ; ils étaient probablement moins enclins aux jeux littéraires.


Buste de Clytie émergeant d'un Tournesol, George Frederic Watts, Clytie (1867-68)

http://aurorartandsoul.com/tag/john-william-waterhouse/

 

                                  18-george-frederic-watts-clytie-1867-68.

 


 

                       Archéo-taxonomie.

 

 

1°) La première illustration que j'ai trouvé est celle de  Roesel : 

—Version allemande 1746Insecten Belustigung volume 3 page 251 tab.42 page 251  

Der Monatlich herausgegebenen insecten Belustigung Zwei und Vierzigste Supplements Tabelle. Der zu den tagvögeln der ersten classse gehörige, ungemein schöne Schillervogel. Tab. XLII.

— Version néerlandaise par Kleemann, De Natuurlyke historie der Insecten Eerste Deel 1764-1768 page 298 .

De schoone Veerschyin Vlinder

§1. Ob mir gleich von diesem ausnehmend schönen Tagpapilion, aus anderer Schriften, gar nichts bekannt its, als daß er in dem Museo Richteriano, p.336. Unter die grösseren tageSchmetterlinge gesetzet, und daselbst  " Papilio , coloribus varians. Iris dictus, ex quercu. Eichen Schmetterling ; le Changeant : der Regenbogenfarbigte Schmetterling", genennet werde ; ob mit auch gleich aus meiner eigenen Erfahrung, von seiner historie wenig wissend ist : so hab ich es doch, eben um seiner Schönheit willen, der Mühe werth zu seyn erachtet, denselben, in so ferne ich ihn kenne, zu beschreiben

Attention : l'espèce que Roesel représente en illustration est  Ilia, (Apatura ilia  présente à l'aile antérieure un ocelle orange centré de noir qui le différencie d'Apatura iris)  mais en 1746, ni ilia ni iris n'ont encore été décrits :  . 

 

            n298_w372

 

Roesel, Tome IV planche XXXI fig. 6 : la chenille.    

Description même volume page 213 :

                    roesel-tome-IV-pl-XXXI-chenille-apatura-ilia.png

 

2°) Les auteurs après la description de D.& S. 1775 : progression de la taxonomie.

      En 1758, on ne connaît qu'une seule espèce, et on décrit sous le même nom nos Apatura iris, ilia, metis, et leurs sous-espèces. Enfin, les Genres n'existent pas. En 1775, lorsque Denis et Schiffermüller décrivent l'espèce ilia, ils décrivent aussi la chenille, et la plante-hôte ; par-contre, leur texte n'est pas accompagné d'illustrations. Il reste donc à placer ces espèces sous un genre, à donner les illustrations des imagos et des formes préalables sous leur nom juste, à décrire l'œuf, et les formes ou variétés.

a) Le genre Apatura nommé par Fabricius en 1775 n'a pas été adopté immédiatement, et Latreille classa cette espèce sous son genre Nymphales. Le genre Apatura a été utilisé par Leach, puis décrit complètement par John Curtis en 1831, avec Iris comme espèce-type.

John Curtis 1831 . British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres.

Image BHL 338

b) les illustrations, chenille, crysalide, forme clytie  :

Roesel, on l'a vu, a donné une illustration de ce papillon en 1746, mais avant sa description par D.& S. 

— Les premières illustrations de l'espèce sous son nom d'ilia, de ses formes sexuelles, de la chenille et de la chrysalide, sont données  par Engramelle en 1779. Cet auteur donne aussi, sous le nom de Petit Mars orangé, la description et l'illustration de la forme clytie. La même année, Hübner donne également des illustrations des deux formes. Hübner, Pap. Tab 25 fig. 115-116 P. Ilia ♂.  Idem, tab. 24 fig 113-114 P. Clitie ♂

— Le saule n'est pas la seule plante-hôte :  les peupliers (peuplier et tremble) sont mentionnés par Latreille, puis Godart en 1821, puis Duponchel en 1849.

— Les œufs sont mentionnés, et donc connus, mais non décrits, par Godart en 1821.

 

c) Autres références :

Panz. Fauna Germ. 79.24 Papilio ilia

Herbst, 1794  Pap. Tab.226.fig. 5 ♂ . Idem,  tab.228 fig.5.6 ♂. Idem tab.229 fig.1.2 ♀

Herbst, Papilio iris rubescens,

Herbst, Pap. Tab. 227 3-6 : Papilio iris lutea.

Bergstrasser  Nomenklatura tab 33 fig.3-4 ♂. Idem  tab. 34 1-2 ♂, var. Idem, tab.64 fig.1 ♂ var. Idem, tab.69 fig.1-2 Idem, Icon Pap ; diurnes dec.3 tab. I fig. 1-2.

Donovan, 1793  Nat. Hist. 2 Planche 37 Papilio iris

Lang, Verz 2 page 29 n°209-211 P. ilia

Lang, Verz. Page 29 n° 205-208 P. Eos

Lang. Verz. Page 28 n° 200-204 P. Clythia.

 Schneider, Syst. Beschr. p. 136 n°70 P. ilia Id. page 137 n° 71 P. clythia. Id. page 138 n° 72. P. Eos.

Borkh. Pap. Eur. PartI p.8 et 195b part 2 p. 186 P. Iris ila. Idem, P. Iris lutea. Idem ; P. Iris rubescens

Schrank 1801  Fauna boica 2 part I p. 186 Man. Ilia. Idem n° 1321 Man ?. Julia. Idem, n° 1324 Man. Clytie.

Schaeffer, Icon. Tab. 152 fig.1-2 ♂, 3-♀var.

Scopoli, 1763 Ent. Carn p ; 153 n° 430 p ; Iris var.2. Idem p.156 Pap. Iris var.3

Ochsenheimer 1808 Pap. Eur. I p. 160 n°3 p. 161 var.A et p. 162 var B P. Ilia

 Fabricius 1793 Ent Syst III 1 110 340 P. N. Ilia

  Esper, 1829 Schmetterl I. tab XXXVII. Suppl. XIII fig.1 Pailio Iris varietas  page 346 ♂  et tab. XI f.2 ♀ page 139. P. Iris minor.

                    apatura-ilia-Esper-iris-varietas.png

 

 

      Hübner, das kleine Schmetterlingsbuch : Apatura ilia das kleiner Schillerfalter fig. 1 et 2 et Apatura Iris das Großer Schillerfalter fig. 3 et 4.  Image BHL lib

              n27_w497

 

 

 

 

 

 

 

              II. Noms vernaculaires.

 



I. Les Noms français.

 

1. Le Mars, Etienne-Louis Geoffroy, 1762.

— Le Mars, Étienne-Louis Geoffroy, 1762 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique Vol. 2 page 61

 Comme nous l'avons vu, en 1762, les espèces iris et ilia ne sont pas distinguées et seule l'espèce iris est décrite. Il me semble que Geoffroy a décrit Apatura ilia ; mais quoi qu'il en soit,  c'est dans cette description qu'il créa le nom vernaculaire "Le Mars", à priori en référence au dieu de la guerre, amant de Vénus (et séducteur d'Ilia-Rhéa Silvia). On le différenciera ce nom  en Grand Mars et Petit Mars pour  A.iris et A. ilia (bien qu'ils ne diffèrent que très peu de taille).    

 

2.Le Petit Mars changeant, Engramelle, 1779 .

—  Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, Tome I page 141 Planche 32 fig.64 e,f (le mâle) et n° 31 fig. 62 c,d (le femelle), et  dessinée par Ernst et gravée par J.J. Juillet. Planche 326 fig. 69 Supplément 15 fig. 62k Planche 5 3e Supplément fig. 64k.

 

 

La chenille de ce papillon est représentée dans deux positions différentes sous les figures 64 a. Sa tête est d'une structure singulière. Elle semble fendue en deux, comme on peut le voir dans celle à gauche de la Planche. Il en sort deux espèces de cornes jaunes chargées de tubercules d'un verd foncé. Son corps est d'un beau verd velouté, moins clair sur le dos que sur les cotés, et son ventre est jaune. Cinq petites bandes de la même couleur prennent naissance de chaque coté du ventre, & traversent les anneaux obliquement depuis le cinquième jusqu'au dixième. Outre ces cornes, il y en a deux qui semblent n'être qu'une suite des cornes, et qui s'étendent parallèlement jusqu'au milieu du dos.

 


3. Le Grand Mars orangé et le Petit Mars orangé, Engramelle, 1779

—Le Grand Mars orangé,  Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, Tome I page 140 Planche 31 fig. 63 a,b. page 271 Planche 69 Supplément 15 fig.63 c,d.

— Le Petit Mars orangé, Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, Tome I page 143 planche 32 fig.64 c,d,g. Page 144 planche 33 fig.66 a,b. Page 272 fig.70 Supplément 15 fig.63 e. Page 273, fig.64, h,i. Planche 5 3e Supplément fig.64 l.

 

 

 

4. Le Nymphale ilia  , Godart, 1819.

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 412 n°201

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

5. Le Nymphale Petit-Mars, Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821/1823,  page 125 n° XL planche 6 quart. peinte par Vauthier et gravées par Lanvin. 

 Godart réunit sous une seule espèce le "Petit Mars changeant" d'Engramelle, son Petit-Mars orangé", et son Grand-Mars orangé", de même que les papillons  ilia et clytie, après des expériences d'obtention des deux formes à partir d'œufs pondus par une seule femelle, ou de la constatation d'accouplement entre les deux formes.

 Il détaille les différences entre le Grand Mars iris et le Petit Mars ilia :

1°) L'œil du dessous des premières ailes se reproduit en dessus, à la prunelle près.

2°) La bande médiaire des secondes a le coté interne concave vers le milieu, au lieu d'avoir le coté externe dilaté en angle aigu.

3°) Cette bande est toujours plus pâle en dessous, et placée non sur du ferrugineux-foncé, mais sur du gris-verdâtre entre deux lignes brunâtres, dont la postérieure plus longue et plus large.

5°) Cette dernière ligne offre un point violâtre qui surmonte l'œil et la ligne antérieure est précédée du coté de la base d'un à trois points noirs.

 

...on le trouve sur le peuplier, le saule et le tremble, dont la chenille se nourrit.

 

      Image BHL Pl.6 quart fig.1

                  n188_w272

 

 Le nom de "Nymphale Petit-Mars" a été repris  Hippolyte Lucas (1834).

  Le Borgne de Kermorvan en 1836 (in E. Souvestre)  ne cite pas ce papillon dans sa liste des lépidoptères du Finistère : il le considère donc  absent de ce département.

 

9. Les chenilles.

  Duponchel 1849.

  —"Genre Apatura : Chenille ayant la partie supérieure de la tête divisée en deux longues pointes ou cornes divergentes ; le corps finement chagriné, s'amincissant postérieurement et se terminant en queue fourchue. Chrysalide comprimée latéralement, très renflée et carénée du coté du dos, avec la tête bifide ; suspendue seulement par la queue".

[Certes elles ressemblent à des limaces, mais] "ce qui rachète cette ressemblance qui n'est pas à leur avantage, c'est leur couleur d'un beau vert tendre et la manière gracieuse dont elles portent et meuvent leur tête, soit en marchant, soit dans l'état de repos".

"Leurs chenilles sortent de l'œuf au milieu de l'été, croissent très lentement, passent l'hiver engourdies sous quelques arbres, et se réveillent au printemps pour continuer de croître jusqu'au milieu de juin. Parvenues à cette époque à toute leur taille, elles se transforment en chrysalides. L'insecte parfait éclot quinze jours après, et se montre du 25 juin au 20 juillet."

— "Apatura ilia :  La chenille de cette Apature est d'un vert tendre, chagriné de jaune ou de blanchâtre, avec la tête plate, surmontée de deux cornes un peu plus longues qu'elle, épineuses, divergentes et bifides à leur extrémité. Les cornes, qui sont un prolongement des deux calottes hémisphériques de la tête, sont jaunes en dessus et vertes en dessous, avec leur extrémité rougeâtre. De ce dernier coté, elles sont en outre marquées dans toute leur longueur d'une ligne noire qui se prolonge jusque sur la tête. Les mandibules sont jaunes, et l'on remarque une petite tache brune sur chaque joue. Le corps offre de chaque coté, à partir du milieu jusqu'à l'anus, cinq lignes obliques, tantôt jaunes et tantôt blanches, dont la supérieure forme relief et se termine dans le haut par une épine couchée sur le milieu du dos.. On voit en outre deux lignes parallèles jeunes, lesquelles partent des cornes et se prolongent en mourant jusqu'au cinquième anneau. Toutes les pattes sont d'un vert-bleuâtre, comme le dessous du corps, et la pointe de la queue sont jaunes.

La chrysalide est d'un vert pâle tirant sur le bleuâtre dans sa partie inférieure, avec la carène, les deux cornes de la tête et le bord de l'enveloppe des ailes, blanchâtres ou d'un jaune clair.

La chenille du Petit Mars vit sur les différentes espèces de saule et de peuplier. On la trouve parvenue à toute sa taille vers le 15 juin ; mais elle est difficile à découvrir, à cause de sa couleur qui se confond avec celle des feuilles ; D'ailleurs elle se tient presque toujours sur les branches les plus élevées Ce n'est donc qu'en donnant un fort ébranlement à l'arbre qui la nourrit, qu'on parvient à en faire tomber quelques-unes.

Cette espèce se trouve dans les bois humides, mais plus fréquemment dans les prairies plantées de saules et de peupliers. Elle est très commune dans les environs de Paris, principalement à la Glacière, le long de la rivière des Gobelins. La véritable époque de son apparition et du 25 juin au 10 juillet. La variété orangée est plus commune certaines années que celle à bandes blanches. 

"Apatura ilia  ", Iconographie et histoire naturelle des chenilles Planche XXV fig. 70  par Dumenil, gravée par Dupréel.

                   Apatura-ilia-chenille-duponchel-planche-25.png

 

 

 


10. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose comme nom principal "Le Petit Mars changeant" et accepte comme nom accessoire "Le Petit Mars" et "Le Miroitant". Ce dernier nom est tiré de l'ouvrage du suisse Raphy Rappaz, 1979 : Les Papillons du Valais (Macrolépidoptères). R.Rappaz édit. Sion. C'est une simple traduction de l'allemand "Schiller".

    Dans le même temps, Gérard Chr. Luquet donnait à l'ensemble de la sous-famille des Apaturinae le nom de "Mars", nom qu'il intégrait dans les noms vernaculaires des espèces Le Grand Mars changeant, Le Petit Mars changeant (A. ilia), Le Mars orangé (A ilia f. i. clytie) et Le Mars danubien (A. metis).

 


11. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent les noms scientifiques de Apatura ilia Hübner, puis signalent que les variations de couleur ont valu aux Apatura , par "les anciens auteurs", le nom de "Mars changeant". Décrivant A. ilia après avoir décrit A. iris, ils mentionnent : "c'est encore un Mars changeant".

 


—Bellmann / Luquet 2008 : "  Le Petit Mars changeant" 

— Chinery / Luquet 2012  : "Le Petit Mars changeant"

— Doux & Gibeaux 2007 : "Le Petit Mars changeant".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 :" Le Petit Mars changeant ". 

— Lafranchis, 2000 : " Le  Petit Mars changeant" .

— Perrein et al. 2012 : " Petit Mars changeant".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 :  " Petit Mars changeant".

— Wikipédia : " Le Petit Mars changeant".


 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

      Le terme allemand "Schiller", qui décrit l'ensemble des Mars ou Empereurs, signifie "miroiter, chatoyer, avoir des reflets irisés".

Le terme anglais "purple" correspond à notre violet (comparer les couleurs illustrant les articles "Pourpre" et "Purple" de Wikipédia).

  L'espèce n'est pas observée en Grande Bretagne. Comme le raconte Barret en 1893 page 110, une chenille a été amenée pour identification au British Museum, déclarée trouvée sur un chêne en août 1869 dans le Berkshire ; élevée, elle produisit un A. ilia, mais lorsque Doubleday l'étudia danns les collections du Museum, il considéra qu'il s'agissait d'une forme asiatique. 

 

  • "Kleiner Schillerfalter" en allemand
  • "Kleine weerschijnvlind" en néerlandais
  • " Küçük Morimparator" en turc
  • "Mala preljevalica" en croate
  • "Mieniak strużnik" en polonais
  • "Lesser Purple Emperor " en anglais
  • "Batolec červený" en tchèque
  • "Kis színjátszólepke" en hongrois
  • "Dúhovec menší" en slovaque
  • " Øjeplet-iris" en danois
  • "Tornasolada chica" en espagnol
  • "Pikkuhäiveperhonen" en finnois
  • "Puošnioji vaiva" en lithuanien
  • "Liten Skimmerfjäril" en suédois


Langues celtiques  : pas de nom vernaculaire

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  •  en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "" en... gallois. 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi European Butterfly and Moths http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

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      CZECHOSLOVAKIA - CIRCA 1966: A Stamp printed in the Czechoslovakia show the butterfly apatura ilia, circa 1966 - stock photo

 

 

 

 

         Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : apatura

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : apatura ilia

— UK Butterflies : Apatura ilia

 — lepiforum : Apatura ilia

— Passionnant : European lépidoptères : Apatura

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner .

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

 

                 I.  Étymologie des lépidoptères :


— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

  — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

— Numen. The Latin lexicon :  http://latinlexicon.org/index.php

— Mythologie : CHOMPRÉ Pierre Dictionnaire mythologique de la fable, 1727, plusieurs rééditions dont éditions augmentées en 1801 par Millin.

            Édition 1775 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205494m.pdf

 



        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

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                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Recherche de références bibliographiques :http://www.biologie.uni-ulm.de/cgi-bin/litera?lang=e&muster=schmetterlinge

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

Albin :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN477852769

Billberg http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

Boisduval Tableau meth. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97190k/f1.image.pagination.r=Boisduval.langFR

Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Curtis :  http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

Denis et Schiffermüller : http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN574458115&IDDOC=441200

 

Doubleday & Westwood  http://www.biodiversitylibrary.org/item/49323#page/5/mode/1up

 

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

 http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/9410#/summary

Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

et  https://archive.org/details/papillonsdeurop00ernsgoog

Engramelle vol. 2 : http://books.google.fr/books/about/Papillons_d_Europe_peints_d_apr%C3%A8s_natur.html?id=jbS5ocRuGsYC&redir_esc=y

Tome IV :  https://archive.org/stream/papillonsdeurop02ernsgoog#page/n0/mode/2up

Engramelle vol. 3 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84701433

Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

Fabricius :1775  http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

Fabricius 1787 : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

Fabricius 1807 :  https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

Fourcroy voir Geoffroy.

Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

Geoffroy latin par Fourcroy :  http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

Goedart par Lister 1685 : http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

Godart latreille 1819 :   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

 https://archive.org/stream/encyclopdiem09metc#page/n3/mode/2up

Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

1840 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/120628#page/9/mode/1up

Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

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Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel :

PARTIE 1 /http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/toc/?PPN=PPN369099397

allemand 2e partie GDZ http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN369099737&IDDOC=284461

3E PARTIE /http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/toc/?PPN=PPN369101308

4e partie : http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/toc/?PPN=PPN624988473

 http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

Kleemann   http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

Rottemburg : 

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkesenglish moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

ou http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN385055587&DMDID=DMDLOG_0002

ou (images) University of Glasgow : http://special.lib.gla.ac.uk/exhibns/month/july2004.html

— Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

— Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

     

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:06

Zoonymie (étude du nom) du papillon Le Grand Mars changeant Apatura iris (Linné, 1758).

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónomaὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

Résumé. 

Apatura : Fabricius, 1807 : selon la règle qu'il s'est donnée pour ses noms de genre de papillons diurnes, Fabricius choisit celui-ci dans la liste des épithètes de Vénus. Selon Strabon, Aphrodite (Vénus) était vénérée dans son temple de la ville du Bosphore Phanagoria sous ce nom d'Apatura, du grec απατη apates, "tromperie, ruse". En effet, la légende voulait que, assaillie par des Géants, la déesse les invita à la rejoindre, un par un, dans une grotte. Alliant à ses appâts la rouerie, la coquine avait d'abord caché Hercule dans la grotte, lequel les tuait chacun leur tour. 

— Iris est la messagère des dieux de la mythologie grecque et la personnification de l'arc-en-ciel. Linné, qui choisit ce nom en 1758, le reprit du Museum Richterianum (1743) de Hebenstreit. Dans cette publication, ce nom latin est accompagné des noms vernaculaires "le Changeant : der Regenbogenfarbiate Schmetterling" [Le Papillon Arc-en-ciel]. Alors que Linné ne crée jamais de nom qui qualifie les caractéristiques d'une espèce, ce nom d'Iris qualifie donc les iridescences ou le chatoiement de couleur des ailes du mâle.

 

—Les noms vernaculaires français ont été successivement Le Changeant ; le Mars (Geoffroy 1762), sans-doute en l'honneur de l'amant de Vénus dans la mythologie,  lorsqu'une seule espèce d'Apatura avait été décrite. En 1779, le R.P. Engramelle nomme le mâle "Grand Mars changeant"  la femelle étant appelée "Grand Mars non changeant" puisqu'elle ne présente pas le chatoiement caractéristique. Une variété est nommée Le Mars Bleu-foncé changeant. Godart le baptise "Nymphale iris", puis "Nymphale Grand-Mars". En 1986, Luquet consacre officiellement le nom de "Le Grand Mars changeant".  Le nom anglais "Purple Emperor" (Wilkes, 1742) honore la grande taille et le goût tout impérial pour les cimes, ainsi que la couleur violet. Le terme allemand "Schiller" signifie "chatoyant".

— Les premières descriptions de l'espèce  iris datent de 1704 par Petiver et 1710 par Ray, après des observations en Grande-Bretagne dans l'Essex.Puis viennent les descriptions de Hebenstreit 1743 (Museum richterianum), Roesel 1746, Wilkes 1742. Linné lui donne son nom spécifique en 1758, mais on ne connait alors qu'une seule espèce sous laquelle on confond A. iris et A. ilia. En 1775, Denis et Schiffermüller décrivent A. ilia, le Petit Mars changeant, ainsi qu'une forme de A. iris aux ailes dépourvues de marques blanches, la forme Iole. Quand au genre Apatura de Fabricius, il n'entre réellement en vigueur qu'en 1831 avec  la publication de Curtis. La plante-hôte que Linné avait mentionné était le chêne, mais dès 1775 cette erreur est redressée au profit du saule. La chenille et sa chrysalide ont été décrites par Harris en 1775. Curtis en 1831 et Duponchel en 1849 en donnent de bonnes illustrations. 

 

 

 

   "Anyone mistaking Purple Emperor for Purple Hairstreak

should give up butterflying altogether and take up ironing."

"Ceux qui confondent Purple Emperor et Purple Hairstreak [Thécla du chêne] doivent renoncer à observer les papillons pour s'adonner au repassage !"

(site the purple empire des fêlés du Grand Mars changeant)   

 

 

         I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

Nymphalidae, Apaturinae.

a) la Famille des Nymphalidae Rafinesque 1815. (fr. Les Nymphalides, angl. Brush-footed Butterflies).

 Rafinesque, C.S. 1815: Analyse de la nature, ou tableau de l'univers et des corps organisés. Palerme. L'Imprimerie de Jean Barravecchia. en français, 224 pp page 127. "Les Nymphales, quatre pattes droites, quatre pattes ambulatoires". Les Nymphales sont, pour Rafinesque, une Sous-famille de la famille Ropalocera ; elle comporte alors 23 "genres".

  Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) est un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, qui a passé son enfance à Marseille avant de s'installer à Palerme comme herboriste. puis à Philadelphie. 

  Ce grand collectionneur en histoire naturelle s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. Grand admirateur de Linné, nom dont il prénomme son fils, il débute son Analyse de la nature par cette dédicace : "La nature est mon guide, et Linnaeus mon maître".

  Cette famille comporte actuellement 13 sous-familles.

 Son nom vient de Nymphales, nom de la quatrième phalange de la nomenclature de Linné, aux ailes dentelées (alis denticulatis) et divisée en gemmati (ailes ocellées) et phalerati (ailes ornées). Le nom est dérivé du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille » et désigne dans la mythologie grecque les divinités féminines de la nature, généralement considérées comme les filles de Zeus et du Ciel, remarquablement belles, et qui peuplaient la plupart des lieux naturels: forêts et bois, vallées fertiles et bocages, sources et rivières, montagnes et grottes…   

 

 b) Sous-famille des Apaturinae Boisduval, 1840. Les Apaturines, les Mars.

— Jean-Alphonse Boisduval, Genera et index methodicus Europaeorum lepidopterorum, Roret ; Paris, 1840, page 24 :  VIII. Tribu Apaturides.  Deux genres, Charaxes (C. Jasius) et Apatura (A. Iris et A. Ilia).


Larvae inermes, postice sensim attenuatae, capite tantum spinoso, ano atenuatae. Chrysalides sub-angulato-compressae vel angulato-rotundatae. Pedes quatuor gressorii. Areola alarum posticarum aperta. Volatus nobilis, velificans.

Cette sous-famille ne renferme aujourd'hui qu'un seul genre en Europe (Funet, Fauna Europaea), le genre Apatura. Ce genre était décrit ainsi par Boisduval :

Larvae capite-bi-spinoso, ano bi-mucronato. Chrysalides lateraliter compressae, dorso-carinato, capite bifido. — Antennae in clavam fusiformem sensim crescentes. Palpi conniventes, basi sub-distanres, capite longiores, piloso-squamati ; articulo ultimo acuto, sub-inflexo. Alae postica subtus ad angulum ani ocellatae. Statura major, robustior.

Dale explique que ce groupe [il en fait une famille] a été distingué, parmi les Nymphalidés, pour leurs chenilles qui sont sans épines et ressemblent à des limaces.

 

 

 

2. Nom de genre : Apatura Fabricius, 1807 .

    Les Mars ; The Emperors  ;Schillerfalter ; Haïveperhoset .

a) Description originale : 

  Apatura, Fabricius, 1807; "Systema Glossatorum", in Illiger K, Die neueste Gattungs,     "Einstheilung der Schmetterlinge[...]",   Magazin für Insektenkunde  Braunschweig [Brunswick] 6 page 280.  

— Type spécifique du genre :    Papilio iris Linnaeus sélectionnée par Curtis, 1831.

Description par Fabricius : classification basée sur les pièces buccales.

Taster zwei, mittelmässig, zottig, dreigliedrig : zweites Glied sehr lang, vor der Spitze mit einm Haarbüschel, dritter, kegelförmig, flach gedrükkt. Fühler geknopft, Kolbe fein walzenförmig. (Putzfüsse)  Pap. Iris, Bolina, Alimena. 14 Art .  

 — caractères du genre :

      "Grands et beaux papillons dont les mâles montrent de forts reflets bleus ou violets dus à la structure des écailles couvrant le dessus des ailes. Les femelles sont dépourvues de reflets et ont des taches blanches ou orange plus étendues. Les mâles viennent boire sur le sol humide le matin et passent le reste de la journée autour des frondaisons des arbres. Les œufs sont déposés isolément sur le bord des feuilles de saules ou de peupliers. Les chenilles nées en fin d’été hibernent quand elles sont encore très petites sur un rameau, sans aucune protection" (Papillons d'Europe Tristan Lafranchis)

 

 

Ce genre Aricia comporte en France 2 espèces (Dupont et al. 2013):

  • Apatura iris (Linnaeus, 1758). "Grand Mars changeant".
  •  Apatura ilia ([Denis & Schiffermüller], 1775). "Petit Mars changeant".  

Gérard Luquet en 1986  y ajoutait Apatura metis, Freyer 1829 ou "Mars Danubien" et la sous-espèce A. Ilia f.i. clytie D & S., "le Mars orangé".

 

 

— Étymologie du nom 

 

1. Selon les étymologistes en entomologie :    

  —  A.M. Emmet (1991) page 150 :

The name are puzzled authors and may be another of Fabricius' trick name like Zygaena, Lycaena, etc. It was set up as a family name for all the emperors, but the new species is the one most likely to have influenced its derivation. Spuler is probably right in supposing that the main source  is απαταω (apatao), "to deceive", from the deceptive structural colour of the male upperside ; to account for the terminaison -ura, he suggest that it is compounded with ουρα , (oura), a tail, from the slightly elongate, but no fully tailed, tornus of the hindwing. Pickard et al. followed by Macleod, consider that it is an adaptation of Aπατουρια (Apatouria) "a surname of Venus which she obtained from a trick (απατη, apaté) that she played on some Giants". Apaturia was also a tittle of Athena  and a three-day festival celebrated annually in her honour at Athenes was called the Apaturia. Several of these ideas may have been in Fabricius' mind, but the dominant theme seems to be that of deception".

 -Trad. ce nom a rendu les auteurs perplexes et il est peut-être l'un des noms farceurs de Fabricius comme Zygaena et Lycaena, etc. Il avait été établi comme le nom d'une famille pour tous les Empereurs,  mais la nouvelle espèce est la plus susceptible d'avoir influencé sa dérivation (?). Spuler a probablement raison de supposer que la source principale est απαταω ( apatao ) , " tromper " , en relation avec le caractère trompeur de la couleur de la face supérieure mâle ; pour rendre compte de la terminaison -ura , il suggère qu'il est dérivé de ουρα , ( oura ) , "une queue", pour l'aspect un peu allongé , mais pas entièrement caudé, du tornus de l'aile postérieure. Pickard et al. suivi par Macleod , considèrent qu'il s'agit d'une adaptation de Aπατουρια ( Apatouria ) " surnom de Vénus qui elle a obtenu d'un tour ( απατη , Apate) qu'elle a joué à des Géants " . Apaturia était aussi un titre d'Athéna, et une fête de trois jours célébrée chaque année en son honneur à Athènes a été appelé l'Apaturia. Plusieurs de ces idées ont peut-être pu exister dans l'esprit de Fabricius , mais le thème dominant semble être celui de la tromperie" 

— Spuler (1903-1910) page 13 :

Von απαταω und αονρα einen Schwanz vortäuschend, wegen der geringen Hervorragung an den Hinterflügeln ? Oder von  απαταω täusche, wegen der je nach der Beleuchtung wechselnden Färbung [Schiller]?

  -Trad. De απαταω et  αονρα  "un semblant de queue"  en raison de la petite protubérance sur les ailes arrières? Ou de απαταω, "trompé" en raison des variations de coloration  en fonction de l'éclairage  [Chatoyer]?

— Janssen (1980) page 39 :

apatein, bedriegen, nl. de kleuren.

  -Trad. : Du verbe grec apatein "tricher, tromper" par allusion aux couleurs.

— Ramann (1870-1876) page 48 :

Apaturidae : Apaturos war eine Stadt und in derselben ein Tempel des Venus, also sind apaturiden der Venus geweihte Falter.

Apatura : Dieses Geschlecht Apatura sind also der Venus geweihte Schmetterlinge und wenn die Dame wie im grauen Alterthum, und wenn auch, wie beim Aeneas, in einen Nebelschleier gehüllt zu uns aus ihren himmlischen Räumen herabsteigen wollte, würde sie diese Weihegabe der Apaturen, der Schillerfalter, gewiss mit graziösem Lächeln entgegennehmen.

  -Trad. : Apaturidae: Apaturos était une ville et, dans celle-ci un temple de Vénus, donc les Apaturidés sont des papillons  consacrée à Vénus. 

   Apatura Ce genre Apatura est, de même, dédié à Vénus et quand la Dame [?? qui dans la haute antiquité, et même si, comme dans Énée, voudrait descendre de ses espaces célestes pour nous envelopper dans un voile de brume, serait ce oblation de Apaturen, l'empereur pourpre , certainement accepter avec le sourire gracieux.]

 

— Sodoffsky (1837) p. 81:

Richtiger Apaturia, ein Beiname des Venus, die Listige. Von απατη, List, die sie anwandte, um einige Giganten in die Gewalt des Hercules zu bringen.

    -Trad.  Plus exactement Apaturia, une épithète de Vénus, la Rusée. De απατη, "la ruse" qu'elle utilisa pour triompher de quelques géants de la puissance d'Hercule.

 

— Glaser (1887) page 121 :

Von απαταω, täusche u. οὑρἁ Leunis, nach diesem, sowie Sodoffsky und Krafft : statt Apaturia, die "Listige", Beiname der Venus, von απαταω,  aber auch Oktoberfest der Athener zu Ehren des Hephästos !.

 -Trad. De απαταω, "tromper" et οὑρἁ Leunis, d'après ce dernier, ainsi que Sodoffsky et Krafft: à la place de Apaturia, la "rusée", épithète de Vénus, de απαταω, mais aussi fête d'Octobre des Athéniens en l'honneur d'Héphaïstos!.

  — Dale (1890) page 119 :

Apatura, a surname of Vénus, which she obtained from a trick she played on some giants. Strabo, XI, 757.

Apatura, surnom de Vénus, qu'elle obtint d'un tour qu'elle joua à quelques géants. Strabon, XI, (page) 757.

— Spannert (1888) page 31 :

πατος patos Weg. aber auch thierischer Koth. In dieser Bedeutung bei Nicander Alexipharmaca ; ούρέω uréo bewache οὖρϛ uros Wächter, das vorgesetzte α ἐπιτατικὀν epitaticon, auch intensivum genannt, welches also den Sinn des Wortes verstärkt. Die Sucht der gattung nach dem genusse des thierischen Kothes ist bekannt ; man kann leicht eine größere Anzahl der Falter zugleich mit einem Netzschlage überdecken, wenn die sonst so scheuen und gewandten Flieger an ihrer bevorzugten Speise saugen. Leunis hat abgeleitet  απαταω täusche, oder οὐρά Schwanz.

  -Trad. : "patos πατος façon. mais également "excrément des animaux". Nicandre*  l'emploie dans ce sens dans son Alexipharmaca : ούρέω uréo "qui gardaient" οὖρς uros, "gardes"  [, le supérieur α ἐπιτατικὀν epitaticón, aussi appelés intensivum**, de sorte que renforce le sens du mot]. L'attirance de l'espèce envers les excréments d'animaux est connue, qui peut facilement observer ensemble un grand nombre de papillons habituellement très timides, en train d'aspirer leur nourriture préférée. Leunis donne απαταω "tromper"  ou οὐρά "queue"."

* Nicandre de Colophon, 2e siècle av. J.C., dont l'Alexipharmaca peut se lire en ligne. Ses 630 hexamètres traitent des poisons et de leurs antidotes.

**intensivum : particules grecques appelées "prépositions" servant, comme dans le -'a- grec, à augmenter la signification du mot au début duquel elles sont placées.

 

 

— Hans A. Hürter (1998) page 188-190 : je ne donnerai que la conclusion.

Deutung : Der Erstbeschreiber dieser Gattung heißt bei F.W II und bei Hemming Fabricius, bei Spuler Ochsenheimer. Beide hatten ihrem damaligen Bildungsstand gemäß gute Kenntnisse der Antike. Sie haben zwar nicht hinterlassen, was sie zu der Namensgebung beflügelte, aber es darf durchaus angenommen werden, daß auch in diesem Falle die Namenwahl willkürlich war, unabhängig vom Aussehen oder verhalten der tiere dieser Gattung. Es ist unwarscheinlich, daß Fabricius oder Ochsenheimer auf so undeutliche Weise wie Apatura den Begriff "einen Schwanz vortäuschend" ausdrücken wollte, vielmehr darf vermutet werden, daß der Beiname der Athene bzw. Aphrodite Apaturia maßgebend war und das i entweder mit Absicht oder durch Übertragungsfehler entfiel. Demzufolge ist weder die Erklärung Spulers noch die Janssens einleuchtend : die Auslegung Ramann is zwar romantisch schön, aber nicht treffend. Da erscheint Glaser mit dem Beinamen der Venus/Aphrodite schon eher glaubhaft, nur weiß man über das "Oktoberfest zu Ehren des Hephästos" recht wenig. Bei Pauly heißt es lediglich : "pflegten die Athener am Apaturienfeste Fackeln am Herde anzuzünden und in Prachtgewändern dem Hepaistosopfer mit einem bestimmten Festtage der Apaturien in Verbindung zu bringen" (Pauly 2. Halbbd. 1894.S.2678). Spannert unternimmt den untauglichen Versuch, den Namen mit dem Verhalten der Tiere dieser Gattung in Verbindung zu bringen ; das Ergebnis ist entsprechend. Sodoffsky hingegen ist auf der richtigen Fährte, nur seine Übersetzung "die Listige" kann  so wörtlich nicht hingenommen werden. Mit größter Wahrscheinlichkeit ist mit Apatura der Beiname der Aphrodite (oder Athene) gemeint.


Trad/charabia : Le premier à décrire ce genre est , en FW II et Hemming Fabricius dans Spuler Ochsenheimer . Tous deux avaient leur ancien niveau de l'éducation , conformément à une bonne connaissance de l'antiquité . Bien que vous n'avez pas quitté ce qu'ils s'inspirent de l'appellation , mais il peut très bien supposer que le choix du nom était arbitraire dans ce cas , quelle que soit l'apparence ou le comportement des animaux de ce genre . Il est improbable que Fabricius ou Ochsenheimer aient voulu exprimer cette piste si vague que Apatura le terme « une queue semblant " a  , mais on peut supposer que l'épithète d'Athéna ou Aphrodite Apaturia a été décisive et que la lettre -i- soit absente  soit à dessein ou par des erreurs de transcription . L'interprétation de Ramann est en effet romantique, mais pas au point: En conséquence, ni l'interprétation de Spuler ni celle de  Janssens ne sont claires.  Glaser apparaît déjà plus crédible avec le surnom de Vénus / Aphrodite, mais  ce que nous savons à propos de l' "Oktoberfest en l'honneur d'Héphaïstos" rend cela beaucoup mooins crédible. Pauly indique simplement que «les Athéniens avaient coutume  lors des fêtes des Apaturies d'utiliser des torches pour allumer le foyer et d'apporter la splendeur des robes du Hepaistosopfer avec certains jours fixes de Apaturien dans le cadre" (Pauly 2 Halbbd 1894.S.2678.). Spannert entreprend la vaine tentative  de rapprocher le nom  avec le comportement des animaux de ce genre, et le résultat est similaire. Sodoffsky est en effet sur ​​la bonne voie, bien que sa traduction de "List" ne peut pas être pris si littéralement. Très probablement, on entend par Apatura l'épithète d'Aphrodite (ou Athéna).

 

—Doux et Gibeaux (2007) : 

Apatura : probablement dérivé du grec apatao, "décevoir", "tromper", par allusion au reflet bleu évanescent des ailes supérieures du mâle : le suffixe -ura (du grec oura, "queue") ferait allusion à l'aspect "caudé" de l'angle anal des ailes postérieures (selon Spuler,1903-1910). D'après d'autres auteurs (Pickard & al., puis Macleod), Apatura pourrait être une transcription d'Apatouria, une épithète que Vénus avait reçue pour avoir joué un tour (en grec apate) à quelques géants.

 

— Perrein et al. (2012). 

      Étymologie obscure, comme plusieurs noms donnés par Fabricius (Colias, Lycaena, Zygaena), qui aime les jeux de mots. Apatouria, du grec apataô, "tromper, décevoir", et oura, "queue" est une épithète de Vénus lorsqu'elle joue aussi un tour -apatê- aux Géants, allusion aux reflets bleu-violet trompeur du mâle? Apaturia est également un titre d'Athéna, la fille de Zeus et de Métis, ainsi que le nom des festivités données en l'honneur de la déesse guerrière et protectrice.

 

Discussion étymologique.

      Remarques préalables.

a) Emmet (1991) éprouve souvent des difficultés avec les noms de genre de Fabricius, qu'il soupçonne toujours a priori d'être un farceur, ce qui complique son interprétation.

b) Les auteurs français Doux et Gibeaux (2007) et Perrein (2013) reprennent, presque littéralement, l'analyse d'Arthur-Maitland Emmet (1991) , mais Gibeaux ne méprend sur le sens du verbe anglais to deceive qu'ils traduit par "décevoir" alors que ce faux-ami signifie "tromper, illusionner". [Wiktionnaire :"Du moyen anglais deceyven, issu de l’ancien français deceivre (« tromper, trahir »), lui-même issu su latin decipere (« tromper, duper »)] .

 

L'origine de ce nom semble sans-doute plus simple aujourd'hui, et, avec l'appui des moteurs de recherche , et des déclarations de Fabricius sur ses noms de genre, il est possible d'affirmer qu'il désigne une épithète de Vénus, et que les autres pistes peuvent être abandonnées.

  En effet, comme je l'ai signalé à chaque fois que la zoonymie amène à étudier un nom de genre créé par Fabricius, nous savons que ce dernier a cherché à décerner (dans la majorité des cas) une épithète de la déesse Vénus/Aphrodite aux genres des papillons diurnes, et une épithète de Diane/Artémis aux genres de papillons nocturne. C'est donc un postulat de départ, face à un genre de rhopalocère créé par Fabricius, de le comparer à la liste des épithètes (plus justement des épiclèses) de la déesse de l'amour. Or, on la trouve chez Strabon, Géographie Livre XI, 2,10 :

En grec : §10 Ἔστι δὲ καὶ ἐν τῇ Φαναγορείᾳ τῆς Ἀφροδίτης ἱερὸν ἐπίσημον τῆς Ἀπατούρου· ἐτυμολογοῦσι δὲ τὸ ἐπίθετον τῆς θεοῦ μῦθόν τινα προστησάμενοι, ὡς ἐπιθεμένων ἐνταῦθα τῇ θεῷ τῶν γιγάντων ἐπικαλεσαμένη τὸν Ἡρακλέα κρύψειεν ἐν κευθμῶνί τινι, εἶτα τῶν γιγάντων ἕκαστον δεχομένη καθ' ἕνα τῷ Ἡρακλεῖ παραδιδοίη δολοφονεῖν ἐξ ἀπάτης.

[Je surligne Aphrodite et Apatouros ; il s'agit bien-sûr ici d'Aphrodite grecque et non de Vénus latine]

Traduction : §10. Mais pénétrons dans le Corocondamitis, nous y rencontrons successivement Phanagorée, ville de grande importance, Cépi, Hermonasse, et le temple d'Apaturum consacré à Vénus. De ces différentes localités, il en est deux, Phanagorée et Cépi, qui sont situées dans l'île dont nous venons de parler tout de suite à gauche de l'entrée du Corocondamitis ; les autres sont à droite, au delà de l'Hypanis, dans la Sindiké où se trouvent aussi, sans parler de la résidence du roi des Sindi située tout près de la mer, Gorgipia et Aboracé. Comme les habitants de ces localités sont soumis aux rois du Bosphore, on leur donne à tous le nom de Bosporani. Mais les Bosporani d'Europe ont Panticapée pour capitale et ceux d'Asie [Phanagoria ou] Phanagorium (ce nom a les deux formes). Phanagoria paraît être l'emporium ou marché des denrées apportées du Palus Maeotis et des pays barbares situés au-dessus, comme Panticapée est celui des marchandises qui arrivent du côté de la mer. Phanagoria possède aussi un temple célèbre de Vénus Apaturos. Voici comment on explique l'épithète Apaturos jointe au nom de la déesse : on prétend d'après je ne sais quel récit des mythographes que Vénus, se voyant assaillie en ces lieux par les Géants, aurait appelé Hercule à son aide, l'aurait caché au fond d'une caverne, puis, donnant accès à chacun des géants l'un après l'autre, les aurait tous ainsi au fur et à mesure livrés par traîtrise (ex apatês) aux coups d'Hercule (http://remacle.org/bloodwolf/erudits/strabon/livre112.htm trad. Amédée Tardieu, 1867, Hachette). Texte en grec et latin ici page 424.

 Il est inutile d'aller plus loin : l'épithète est bien attestée pour la déesse Vénus, par un auteur grec de référence. 

Si on souhaite néanmoins pousser d'avantage l'analyse, il ne sera pas difficile de montrer que cette information était  disponible pour Fabricius au début du XIXe siècle, et que l'une des formes employées étaient bien Apatura. En effet, le moteur de recherche interrogé avec les mots Vénus-apatura dans le fenêtre de dates 1700-1805 indique de nombreux auteurs faisant mention de cette "Vénus apatura". La principale, car elle est rééditée sous différents titres et différentes langues (français/allemand/néerlandais/anglais) ce qui témoigne de sa diffusion, et donc de son accessibilité pour le danois Fabricius, est une  Histoire universelle  dont le premier exemple trouvé, le Notitia orbis antiqui, sive Geographia plenior, ab ortu rerumpublicarum date de 1706 par l'allemand Christoph Cellarius page 217. On y lit :

 

Apud hanc urbem est fanum Veneris Apatura [Apaturæ] , id est dolosæ , ab [лжлтц] apate quia dolo ibi gigantes auxilio Herculis fingitur occidisse. Plinius Phanagoria , et pane defertum Apaturos Idem inter Cepos & Phanagoriam interponit  Stratocleam ad Bofporum

Les auteurs ont repris ce passage textuellement, et c'est celui qui se retrouve encore sous les plumes des étymologistes cités précédemment. Il est en français dans Histoire universelle depuis le commencement du monde jusqu'à présent Royaumes du Bosphore II, 33 1745 page 733 :

     Les villes les plus remarquables du Bosphore asiatique étaient anciennement Phanagoria, que quelques géographes placent sur les bords du Pont Euxin, mais d'autres sur ceux du Palus Méotide ; mais que Pline et Méla mettent dans une presqu'île voisine, qu'ils appellent Corocondama.

II y avait autrefois près de cette Ville un fameux Temple, dédié à Vénus Apatura, ainsi nommée d'après Apaté , mot Grec qui veut dire "Tromperie", par allusion à un stratagème qu' Hercule lui suggéra, & par le moyen duquel elle vainquit les Géants. Cette ville était, suivant Strabon, la capitale du Bosphore en Asie.

On retrouve aussi cette citation dans l'édition du Notita orbis de Cellarius de 1732 page 302, dans l' Antiquitates asiaticae par Edmund Chishull 1728 page 10, en néerlandais : Algemeene histori  Volume 8 par Kornelis Westerbaen page 859, ou en allemand dans Uebersetzung der Algemeinen Welthistorie  Volume 8 par Baumgarten, 1749.

 Fabricius aurait aussi très bien pu consulter, dans un de ces dictionnaires mythologiques très courant, une liste des épithètes de Vénus : par exemple celle de Bernard de Montfaucon 1722, L'Antiquite expliquee et representee en figures, Volume 1 :

"On l'appelait Apatura , Argynnis, Calva, Callipygos, Capitolina, Colias, Cloacina, Erycina, Euplœa, Libitina, Mehcnis , Myrtea , Paphia, Peribaiîa, Phila, Pythonica , Tymborychos, Urania, qui est la même que Venus céleste".

En 1801, Il pouvait trouver cette liste des surnoms de Vénus:

"Acidalia, Acraea, Aenéis, Amathuntia, Amathusia, Amica, Anadyomène, Anosia, Apaturia, Aphacitis, Aphrodite, Apostrophia, Appias, Arginussa, Armata, Barbata, Boeotis, Basilis, Byblia, Callipyga, Calva, Cloacina, Cnidia, Coa, Coelestis, Colias, Colotis, Cypria, Cythéréa, Dia, Dione, Epistrophia,Erycina, Euploea, Felix, Genitrix, Hecaerge, Hélaera, Hospita, Idalia, Marina, Mascula, Mechanitis, Mélanis, Mélinaea, Migonitis, Morpho, Murtia, Naxia, Pandemos, Paphia, Pontia, Praxis, Schoenis, Sicyonia, Sponsa, Symmachia, Syria, Verticordia, Zérène, Zérinthia." (P. Chompré, Dict. port. de la fable, (2) p. 978)

  D'autres auteurs du XVIIIe et début XIXe siècle ont utilisé la forme Apaturia, mais Bernard de Monfaucon, que je viens de citer, réserve ce nom page 198 aux Apaturies, fêtes de famille de la Grèce antique, notamment à Athènes. Dans Pausanias, Corynthie chap. XXIII, Apaturia est une épithète de Minerve/Athéna. Mais dans son Dictionnaire portatif de la fable (un livre de référence depuis 1727) dans l'édition de 1801 page 114, Pierre Chompré donne indifféremment pour Apaturia les deux sens, de "surnom de Vénus" et de "Surnom de Pallas" c'est-à-dire Athéna.

[Apaturia est l'épithète spécifique d'une espèce marine, Marcia apaturia Römer,1864., qui appartient aux Veneridae, mollusques bivalves dont le genre principal créé par Linné en 1758 pour la praire commune se nomme...Venus]

 

Annexe de ce paragraphe :

 

 Dans sa publication, Fabricius divise l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes. Il a donc du créer autant de noms de genre.

  Le danois Johannes Christian Fabricius (1745-1808)  a séjourné en Écosse puis à Londres lors d'un voyage de 1766 qui le mena ensuite en Italie pour examiner les collections d'Aldrovandi. Puis, de 1772 à 1775, il passe ses étés à Londres où il étudie notamment les insectes rapportés par Solander et Banks de leur voyage. Mais à partir de 1790, il séjourne tous les étés à Paris, étudiant cette fois la collection entomologique d'Olivier et devient ainsi l'ami de Pierre André Latreille (1762-1833), l'auteur du genre Vanesse. Il a donc eu accès, pour les sources de ses noms de genre, aux bibliothèques de Paris ou de Londres.

 

En outre, Fabricius a confié qu'il avait puisé les noms de genre qu'il a créé pour ses papillons diurnes dans le (vaste) répertoire des épithètes de Vénus (ou Aphrodite pour les grecs) alors que ses genres de papillons de nuit recevaient les surnoms de Diane/Artémis, déesse lunaire:

  Fabricius, dans sa présentation du Systema glossatorum ( in Zeitung für Literatur und Kunst in den Königl . Dänischen Staaten [ Kiel ] , Septembre 11 1807, p. 83), donne des indications précieuses sur ses règles d'attribution des noms : il écrit qu'il est en train de changer un certain nombre de nom donnés par Linné car il souhaite faire apparaître le nom de la plante hôte. "Les noms de genre ne posent pas de problèmes importants, il faut seulement éviter qu'ils soient trop longs, et qu'ils ne soient pas déplaisants à l'oreille. Pour les papillons de jour, j'ai choisi différents épithètes [cognomina] de Vénus, et pour les papillons de nuit, ceux de Diane. Ils semblent être les plus appropriés. Leurs homologues grecs [qualificatifs d'Aphrodite ou d'Artémis] ont tendance à être durs, longs et désagréables."

Les noms de genre de Fabricius sont donc liés au nom de Vénus, car ils reprennent les épithètes de la déesse en ses différentes attributions (Limenitis protectrice des ports ; Pontia protectrice de la mer ; Acraea protectrice des lieux élevés ; Euploea de la navigation ; Nymphidium protectrice des mariages ; Melanitis de la nuit ) et en ses différents sanctuaires (à Colias, à Paphios, à Amathus en Chypre, sur le mont Kastion, sur le mont Erix, en Cnide —doritis la bienfaitrice—) ou selon le nom de ses courtisanes (Thaïs, Argennus, Neptis sa petite-fille, voire même Vanessa de Swift) ou selon ses qualités (Urania la céleste, Morpho aux belles formes ou aux formes changeantes, Apatura la trompeuse, Mechanitis l'ingénieuse à ourdir des ruses).

 

 

 3.  Nom d'espèce : Apatura iris, (Linné, 1758).

 

a) Description originale

 

      Nymphales gemmati. Iris n°110. P[apilio].N[ymphales]. Caroli Linnaei, Systema naturae per regna tria naturae : secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. [10e édition] Holmiae [Stockholm] : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. 1 page 476

—Références de Linné:

- Richter. Mus. 336 Papilio Iris.

- Roesel ins. 3. t. 42.

- Wilkes Pap. 63.t. I. a2.

— Habitat in Quercu Germaniae, Angliae, etc. P. Forskål  [Linné se rapporte au témoignage de Pehr Forsskål, naturaliste suédois qui avait suivi les cours de Linné à Uppsala, puis avait été à Göttingen en 1753 préparer un doctorat de langues orientales ; d'où, sans-doute, la mention "Germaniae". Il appartient aux 17 "apôtres de Linné" envoyé en missi dominici dans le monde entier récolter des spécimens. Lui-même participa à un voyage en Arabie, explorant l'Égypte et le Yémen, pays où il succombe à la malaria. Par contre, la mention "Angliae" renvoie sans-doute à Wilkes.]

 

— Description :  Alis subdentatis subtus griseis : fascia utrinque alba interrupta ; posticis supra uniocellatis.

 Statura P. Populi. Pedes duo antici angustissimi mutici. Alae omnes supra caerulescenti-nigrae ; subtus cinereo-griseae. Primores supra maculis albis sparsis in medio et exterius. Subtus griseo cinereo variae maculis albis, cum ocello occultato intra marginem exteriorem. Posticae supra fascia alba et ocello ferrugineo versus postica : subtus cinereae fascia alba dentata lateribus ferruginea cum puncto sub ocello.

 — Localité-type :  Angleterre, désignée par ICZN (1954); dans la même Opinion 264, le lectotype est désigné comme étant la figure 1 de la planche 29 de R. South 1906 The Butterflies of the British isles. Openlibrary.com Pl. 29.

butterfliesofbri00sout_0106.jp2&scale=4& 

 

 

— Répartition et plante-hôte : Selon Dupont et al. (2013), cette espèce a une répartition eurasiatique de la péninsule Ibérique au nord-est de la Chine. Elle est signalée dans presque toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Salicaceae, principalement Salix caprea L.  (mais aussi Salix fragilis  et Salix cinerea) .

 

 

 

 

 

.  

b) Synonymes (Muséum-INPN) et Formes.

L'INPN ne cite pas d'autres synonymes que le protonyme Papilio iris.

On trouve pourtant cette liste (Wikipédia ; Leraut) :

  •  Apatura Suspirans (Poda, 1761)

  • Apatura junonia (Borkhausen, 1788)

  • Papilio rubescens Esper, 1781

  • Apatura iris f. jole (Denis & Schiffermüller, 1775)

  • Apatura pallas Leech, 1890

  • Apatura iris f. Chrysina Oberthür, 1909

  • Papilio Beroe Fabricius, 1793

  • Apatura iris recidiva Stichel, [1909]

 

— La forme iole. Elle se définit par l'absence de toute marque blanche, ce qui donne un papillon complètement noir sur le dessus et le dessous (c'est la forme décrite  par Schiffermüller), ou, par extension, par la forte réduction des taches et bandes blanches (certains parlent alors de semi-iole ou iolata). Image coll. Cockaine NHM

Iris ♂ : Homme - cliquez pour agrandir ab.iole ♂ Homme - cliquez pour agrandirab.iolata♂Homme - cliquez pour agrandir

 

— La forme Lugenda a été décrite par Cabeau, pour décrire  un  spécimen d'iris  avec  avec trois petites taches blanches aux ailes antérieures,   l'absence complète de bande blanche transversale aux ailes postérieures, pas de lumière ante bande marginale, et l'œil de l'angle anal pupillé de gris bleuté.  Image coll. Cockaine NHM.

         iris ♂ : Homme - cliquez pour agrandir        iris ab. lugenda ♂:  mâle - cliquez pour agrandir


c) étymologie du nom iris. 

 

— Dale (1890).

Iris, the Rainbow, personified in Greek Mythology, into the messenger of Juno, a young woman dressed in a robe of many colours, so admirably beautiful that she has been justly called the daughter of Thaomas, a poetical personage, whose name is derived from a Greek word that imports to admire, and what is more admirable than that Bow , which is formed by drops of water in a cloud opposite to the sun.

 -Trad. Iris, l'Arc-en-Ciel, personnifié dans la mythologie grecque, par la messagère de Junon, une jeune femme vêtue d'une robe de plusieurs couleurs, si admirablement belle qu'elle a été justement appelée la fille de Thaumas*, un personnage poétique, dont le nom est dérivé d' un mot grec qui signifie "admirer", et ce qui est plus admirable que cet Arc, qui est formé par des gouttes d'eau dans un nuage face au soleil.

*Dans la mythologie grecque, Thaumas (en grec ancien Θαῦμας / Thaûmas, « le Merveilleux, le Prodigieux », de θαῦμα / thaûma, signifiant « merveille », « miracle »), fils de Pontos (le Flot) et de Gaïa (la Terre), est une divinité marine primordiale personnifiant les merveilles de la mer. (Wikipédia)

 

       

— Spuler (1903-1910) page 13.

Griech. Göttin des Bogenlebens.

  -Trad. Déesse grecque de l'Arc-en-ciel.


— Janssen (1980).

Göttin des Regenboog ; wegens de weerschijn van de vleugels van het mannetje.

-Trad. Déesse de l'Arc-en-ciel ; à cause des reflets des ailes du mâle.

— Glaser page 50 :

Iris, Göttin des schimmernden Regenbogens Götterbotin etc.

-Trad. Iris, déesse du chatoyant Arc-en-ciel, messagère des dieux etc.

— Ramann, page 121

"... war die Tochter des Thaumas und der Elektra und galt als geflügelte Botin der Götter, namentlich der Juno" (griech. Hera). "Für ihre Dienste wurde sie in gestalt eines in Farben spielenden Bogens an den Himmel versetz."    

Trad. : était la fille de Thaumas et Electra et était une messagère ailée des dieux, en particulier de Juno "(grec Hera). Pour se déplacer elle prenait la forme d'un arc-en-ciel.  "

— A. M. Emmet, (1991) page 150.

Iris was the messenger of the gods and the personification of the rainbow, an appropriate name because of the iridescence of the male upperside. Linnaeus attributes the name to J.C. Richter (1689-1751) of Leipzig, whose museum was one of the source he studied in the preparation of his Systema Naturae.

 -Trad. Iris était la méssagère des dieux et la personnification de l'arc-en-ciel, un nom approprié en raison de l'iridescence de la face supérieure des ailes du mâle. Linné attribue ce nom à J.C. Richter de Leipzig, dont le museum était l'une des sources qu'il étudiait lors de la préparation de son Systema Naturae.

 

— Doux et Gibeaux (2007) page 222 :

Fille de Thaumas et d'Électre, messagère des dieux, personnification et déesse grecque de l'arc-en-ciel ; ce nom est particulièrement approprié, faisant allusion à l' "iridescence" de la couleur locale de la face supérieure du mâle.

 

— Perrein et al. (2012) page 265:

Iris est la messagère des dieux de la mythologie grecque et la personnification de l'arc-en-ciel. Le Grand Mars changeant est le nom, emprunté au dieu de la mythologie romaine, donné au seul mâle par Engramelle (1779), la femelle étant appelée "Grand Mars non changeant".

 

— Hans-A. Hürter (1998) :

 Wenngleich Linne uns nichts über die Wahl des Namens iris hinterlassen hat, ist dennoch mit Sicherheit anzunehmen, daß dieser ausgezeichnete Kenner der Antike nicht etwa die Pflanze oder gar den kleinasiatischen Fluß, sondern die Göttin im Sinn hatte.

 -Trad. Bien que Linné n'a rien nous a laissé sur le choix du nom de l'iris, il est clair que  cet excellent connaisseur de l'antiquité n'a pas eu à l'esprit  la plante ou même le fleuve de l'Asie Mineure, mais la déesse qui porte ce nom .

 

Ma discussion étymologique .

      Face à un zoonyme, il est deux écueils à éviter : celui d'ouvrir un dictionnaire ou un répertoire mythologique et d'y recopier les données, et celui de chercher dans l'espèce animale une justification morphologique ou comportementale du choix du nom.

  Chacun sait, ou apprend facilement dans les dictionnaires que Iris est "une déesse, messagère des dieux (en particulier Héra), associée à l'arc-en-ciel". On peut préciser sa généalogie (fille de Thamaus et d'Électre), citer ses occurrences fréquentes et ses nombreux épithètes dans Homère ("aux ailes d'or", "aux pieds rapides", etc.), son rôle dans l'Énéide de Virgile, ou, si on a l'âme des poètes, rappeler que l'arc-en-ciel est alors désigné par la métaphore de "l'écharpe d'Iris". Un clic sur la liste des homonymes, ou dans sa mémoire, fait penser aussi un nom de la fleur, du sphincter de la pupille, d'un insecte, ou, comme Hürter le mentionne, d'un fleuve d'Anatolie centrale, la rivière Yeşilırmak. 

  Le second écueil doit être absolument éviter chez Linné, qui ne choisit jamais un nom dans le but de qualifier un trait remarquable de l'espèce à laquelle il fixe l'étiquette zoonymale (ah, c'est la première fois que je crée ce "zoonymal". L'Histoire le retiendra). 

 Le rôle du zoonymologiste —benkoi, "toponymiste" est bien dans le dictionnaire— serait de délaisser ces copier-coller et, par exemple, de souligner que Linné était déjà l'auteur du nom de plante Iris en 1753 dans son Species Plantarum page 38. C'est ici accessoire.

Mais, dans l'exemple qui nous occupe, il fallait surtout noter (comme le fit Emmet) que Linné ne crée pas, pour ce papillon, le nom d'Iris, mais qu'il le reprend, comme il l'indique lui-même, au Museum richterianum (voir infra). Dés lors, la règle "jamais d'épithète qualificatif chez Linné" tombe.

  Au contraire, Hebenstreit, auteur du Museum richterianum, associe son nom latin Papilio coloribus varians dictus iris à des noms vernaculaires Le Changeant, der Regenbogenfarbiate Schmetterling. (Trad. Papillon changeant de couleur. Nommé Iris, le papillon couleur d'arc-en-ciel.) qui indiquent tous que le nom fait référence au chatoiement des ailes du mâle par une métaphore à l'arc-en-ciel et à sa déesse.

   Dans la nouvelle Evidence-based Zoonymy qui s'annonce comme une nouvelle Éve, il est possible d'affirmer que Apatura iris tire son épithète spécifique des reflets irisés du violet des ailes du mâle, par une poétique évocation de la déesse Iris et de son écharpe arc-en-ciel. CQFD.

 

 

                       Archéo-taxonomie.

 

1°) La première description : Petiver 1704.

 James Petiver, Gazophylacii naturae et artis decades Londres 1704 page 38.

A.2 Papilio Oculatus è fulco aureo mixtus, umbrâ purpurascente. Mr Dale's Purple Eye. This I observed amongst Mr Dale's collection of English Butterflies, and is the only one I have yet seen.

 -Trad. Papillon ocellé et brun mêlé d'or, ombré de pourpre. Le Papillon ocellé pourpre de Mr Dale. Je l'ai observé dans la collection de Papillons Anglais de Mr Dale, et c'est le seul que j'ai vu.

   "James Pétiver (c1663-1718) était apothicaire, propriétaire d'une pharmacie "A l'enseigne de la Croix Blanche rue Aldersgate à Londres", et pendant des années, cette adresse fut aussi familière à ses confrères apothicaires qu'à des capitaines, des marchands, des planteurs, des chirurgiens et médecins, à des ministres du culte, ou à des consuls, ambassadeurs et conseillers privés , des Pairs du royaume et voyageurs ou correspondants étrangers de Moscou jusqu'au Cap de Bonne-Espérance, des Colonies Britanniques jusqu'au comptoirs espagnols du Nouveau Monde. De cette boutique partaient des milliers de lettres et de requêtes de conseils médicaux mélangées à des médicaments et remèdes, des articles scientifiques, des livres, des colis de papier d'emballage et de bouteilles à large col, et des instructions détaillées pour des naturalistes amateurs ou des collectionneurs sur le départ vers une région voisine en Angleterre ou pour une destination lointaine. Et à cette adresse arrivaient d'autres milliers de demandes, dont la plupart concernaient des identifications scientifiques, des es questions sur la classification, les mœurs, l'habitat, la collection ou la préservation de spécimens botaniques ou d'autres articles d'histoire naturelle, et des centaines de colis de graines, de plantes séchées, d'insectes, de serpents, d'oiseaux, de poissons, et de petits animaux pour les collections de Mr Pétiver et de ses amis, dont l'appétit pour de tels objets était insatiable. Dans cette boutique étaient rassemblés, derrière les bocaux de plantes et de drogues liées à l'exercice de la profession d'apothicaire, l'une des plus vastes et des plus variées collections d'histoire naturelle qui existait en Angleterre durant les premières années du  dix-huitième siècle. Sir Hans Sloane, dont la réputation de collectionneur a éclipsé même celle de James Pétiver, lui avait dit-on offert 4000 Livres de sa collection. Après la mort de ce dernier, il acheta les spécimens et les manuscrits qui restaient dans le magasin ."

  Ainsi commence la présentation biographique de James Pétiver par R.P. Stearns pour l'American Antiquarian [lire en ligne]. 

 

    Samuel Dale (1659-1739) était aussi apothicaire (et peut-être médecin) en la ville de Braintree, Essex, à 50 km au nord-est de Londres. C'était un grand ami du naturaliste John Ray, "le Père de l'Histoire Naturelle britannique", qui habitait à Black Notlay, à un mille au sud de Braintree. Il participait avec lui à des sorties de collecte d'insectes. Il est l'auteur en 1693 d'une Pharmacologia (à l'époque, un traité de botanique appliquée), et d'une Histoire des Antiquités de Harwich et Dovercourt (1730), qui est un traité de géologie décrivant les fossiles de la montagne de Harwich. Son nom est attaché à un fossile, Buccinum dalei Sowerby, 1825. Il est en relation avec divers correspondants (Pétiver, Sloane) à qui il envoie des spécimens. Pétiver le cite dans son Gazophylacii une seconde fois page 58 en faisant référence, pour le Curcuma officinalis à sa Pharmacologia. Il faisait aussi parvenir des papillons à John Ray, qui décrivit en 1710 dans son Historia insectorum un Papilio minor qui passa pour la première description de Cyaniris semiargus.

Pétiver a vu cette espèce "dans la collection de Mr Dale" : on ignore donc à quelle date ce dernier l'a capturé, dans une fourchette 1690-1704.

 

 

2°) La seconde description et la première capture : John Ray, 1710.

Cette description n'est pas citée dans The Aurelian Legacy de Salmon, ouvrage de référence, mais elle est signalée par William Dale page 121 comme "la première mention de la présence du Purple Emperor en Grande-Bretagne". Charles Earl Raven , dans "John Ray, Naturalist, his life, his works" page 412 considère aussi que le papillon décrit par Ray dans son Historia insectorum page 126 est "certainement Apatura iris". Le spécimen a été capturé par D. Courtman "près de Heveningham Castle (Essex)" en juillet 1695. Aujourd'hui, la seule localité nommée Heveningham se trouve dans le Suffolk, mais le site de Hedingham Castle se trouve bien en Essex, à 20 km seulement de Braintree et de la capture par Dale. L'équation Heveningham = Hedingham est partagée par C.E. Raven.

IV. 2. Papilio major nigra seu pulla, alis supina parte maculis albis notatis. Alae exteriores peramplae sunt, supernè pullae, maculis albis dualibus parvis prope extimum angulum, dualibus majoribus prope imam alam circa mediam latitudinem, tribus superius fere contiguis prope exteriorem alae marginem, tribus tandem majoribus prope interiorem pictae etc...(description de 20 lignes)


 

3°) les références de Linné.

a) Hebenstreit 1743 : Museum richterianum page 336.

HEBENSTREIT Johann Ernst  1743 Museum Richterianum Kupferstich, aus: Johann Ernst Hebenstreit, Museum Richterianum, Leipzig 1743. Écrit en deux colonnes parallèles en latin et en allemand.  In-folio . Frontispice gravé par Boèce, portrait gravé de l'auteur par Bernigeroth d'après Manjock, 17 planches hors-texte dont 14 coloriées et 3 en noir. imprimé à Compte d'auteur à partir de la description du cabinet de curiosités de Johann Richter par le docteur en médecine Johann Hebenstreit  (1703 - 1757) Banquier et commerçant, Richter constitua sa collection avec l'aide de Johann Platner, professeur à Leipzig. Ses armoires comportaient en plus de 2000 Spécimens de Minéraux, fossiles, et pierres précieuses et presque autant de spécimens de zoologie.

 

Papilio, coloribus varians. Iris dictus, ex quercu. Eichen-Schmetterlinge ; le Changeant : der Regenbogenfarbiate Schmetterling.

-Trad. Papillon changeant de couleur. Nommé Iris, [chenille sur le] chêne. Le papillon du chêne, le papillon couleur d'arc-en-ciel.

 

Johann Ernst Hebenstreit (1703-1757) était un médecin allemand et naturaliste. Il était étudiant à l' Université de Leipzig, où  il a obtenu en 1728 son diplôme de philosophie, un an plus tard, son doctorat en médecine. En 1731, il devient membre de l' Académie allemande des sciences Leopoldina . En 1731, il a été nommé par Auguste II à la tête d'une expédition en Afrique pour y étudier l'histoire naturelle et se procurer des spécimens d'animaux sauvages pour la  ménagerie royale. Après la mort d'Auguste, en 1733, la mission a été interrompue, et Hebenstreit retourna à Leipzig comme professeur de médecine et d'anatomie . Au cours de la tourmente entourant le soulèvement de mai à Dresde (1849), les échantillons prélevés sur l'expédition d'Afrique ont été perdus.


b) Roesel Insecten Belustigung volume 3 page 251 tab.42: 

Version allemande : page 251  

 version néerlandaise : De schoone Veerschyin Vlinder page 298 http://www.biodiversitylibrary.org/item/31188#page/298/mode/1up

Der Monatlich herausgegebenen insecten Belustigung Zwen und Vierzigste Supplements Tabelle. Der zu den tagvögeln der ersten classse gehörige, ungemein schöne Schillervogel. Tab. XLII.

 

§1. Ob mir gleich von diesem ausnehmend schönen Tagpapilion, aus anderer Schriften, gar nichts bekannt its, als daß er in dem Museo Richteriano, p.336. Unter die grösseren tageSchmetterlinge gesetzet, und daselbst  " Papilio , coloribus varians. Iris dictus, ex quercu. Eichen Schmetterling ; le Changeant : der Regenbogenfarbigte Schmetterling", genennet werde ; ob mit auch gleich aus meiner eigenen Erfahrung, von seiner historie wenig wissend ist : so hab ich es doch, eben um seiner Schönheit willen, der Mühe werth zu seyn erachtet, denselben, in so ferne ich ihn kenne, zu beschreiben

Attention : Roesel représente en illustration Ilia, alors que Linné a décrit Iris :  En effet, Apatura ilia  présente à l'aile antérieure un ocelle orange centré de noir qui le différencie d'Apatura iris

 

            n298_w372

 

c) Wilkes 1742.

La référence de Linné correspond à Wilkes, Benjamin: English Moths and Butterflies: Together with the Plants, Flowers and Fruits

, London in fleetstreet, [1749] page 63

The Purple High-flyer or Emperors of the Woods [Purple Emperors Butterfly]. 

-Trad. Ni la chenille ni la chrysalide de ce charmant papillon ne sont connus, bien qu'ils ont été cherchés avec la plus vive insistance pendant plusieurs années dans le passé. Le papillon paraît à la fin de juin et le début de juillet et peut être capturé dans Comb-Wood dans le Surrey, près de Westram dans le Kent, et ailleurs encore. Il vole comme un Sphinx, adorant grimper en flèche et parcourir les airs. Quand il se pose, c'est en général au plus haut sommet d'un chêne, d'un ["Hasle?] ou d'un frêne. Et ce qui est singulier, j'ai vu personnellement vingt d'entre eux les uns à coté des autres sur la même branche, alors que ce papillon semble particulièrement sauvage lorsqu'il est en vol, lorsqu'il est posé, vous pouvez agiter votre filet à ses cotés sans le déranger beaucoup.

 

 

Image : University of Glasgow.http://special.lib.gla.ac.uk/exhibns/month/july2004.html

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  Voir aussi Wilkes, B.: One Hundred and Twenty Copper-Plates of English Moths and Butterflies. 1773 page 120 :

The Purple High-flyer, or Emperor-Butterfly. Quercus rubor. Papilio iris.

 

 

4°) Les auteurs après Linné 1758 : progression de la taxonomie.

      En 1758, on ne connaît qu'une seule espèce, et on décrit sous le même nom nos Apatura iris, ilia, metis, et leurs sous-espèces ; la chenille et la chrysalide n'ont pas été identifiés. Enfin, les Genres n'existent pas. Il reste donc du travail pour les successeurs (et pour moi dans cette présentation historique).

a) Le genre Apatura nommé par Fabricius n'a pas été adopté immédiatement, et Latreille classa cette espèce sous son genre Nymphales. Le genre Apatura a été utilisé par Leach, puis décrit complètement par John Curtis en 1831, avec Iris comme espèce-type.

John Curtis 1831 . British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres.

Image BHL 338

                      n45_w343

 

b) Autres descriptions d'espèces et de formes.

— En 1761, Poda décrit le Papilio iris de Linné, puis, à la suite un Papilio suspirans, considéré actuellement comme synonyme d' A. iris : Poda, N. 1761. Insecta Musei Græcensis, page 70

 Cet épithète est le participe présent du verbe latin suspiro, "soupirer" ; il se traduit donc par "soupirant", ce qui n'a pas beaucoup de sens, sauf à penser au sens, attesté, du verbe suspiro : "désirer ardemment, soupirer pour ou après quelqu'un ou quelque chose", comme dans notre langue où un soupirant est un amoureux. On pourrait alors imaginer que le qualificatif désigne surtout l'amateur de papillon dans sa quête de ce papillon rare.

 

— Deux autres espèces ont été décrites par Denis et Schiffermüller en 1775 : Papilio Ilia et Papilio Jole. (Systematisches verzeichniss page 171.) La plante-hôte de papilio Iris est identifiée correctement : le saule Salicis vitellinae*, et non le chêne comme l'indiquait Linné. La plante-hôte de P. ilia est aussi indiquée (Salix viminalis**)

* Salix vitellina L. = salix alba var. vitellinae = osier jaune.

**Salix viminalis L. = osier vert, osier des vanniers.

 


Nach herren Linné lebt diese Raupe auf Eichen : « Habitat in Quercu Germaniae, Angliae &c. » Er berufst sich auf herren P. Forskäl : und hat dieser seine Meinung nicht etwa, wie H. Poda, aus dem Musaeum Richter : entleknet, wo dieser falter schon Eichenschmetterling hieß, zu latein : P. coloribus varians Iris dictus ex quercu (page 226) ? Der Besizter und der herausgeber derselben Sammlung scheinen doch auch fonst die Raupen ihrer Schmetterlinge nicht so genau untersucht zu haben. Wenigstens haben wir von dieser Art keine auf eichen entdecken können ; ob wir schon auf denselben von andern Schmetterlingraupen vielleicht hundert Arten gefunden haben. Und hier fliegen diese falter am häufigsten in den nächstgelegenen Donauinseln, wo nicht eine einzige Eiche wächet. Wir trafen sowohl unsere erste als zweite Raupenart immer nur auf verschiedenen Weidenarten, und sogar  auf Palm oder Saalweiden (Salix Caprea) an. Bei Rösel (4.Bande  214 S.) und hrn Kleemann (74.S) kann man ein gleiches lesen

 

  -Trad. "D'après Linné, la chenille vit sur le chêne : « Habitat in Quercu Germaniae, Angliae &c. » . Il s'appuie sur P. Forskäl ; et celui-ci fonde son opinion [non par exemple de Mr Poda) du Richter Musaeum, dans lequel le papillon est déjà indiqué en latin comme lié au chêne  "P. coloribus varians Iris dictus ex quercu" (page 226) . Le propriétaire de la collection ou l'auteur de sa description ne semblent pas avoir examiné de près des chenilles de ce papillon. Pour notre part, nous n'avons jamais découvert cette espèce sur un chêne, alors que nous y avons observé une centaine d'autres chenilles de papillon. Ici, ce papillon vole le plus souvent dans les îles du Danube les plus proches, où aucun chêne ne pousse. Nous avons trouvé tant notre premier que notre deuxième chenille sur différentes espèces de saule, et même sur le Saule marsault ou Palmier-saule (Salix caprea). On peut lire également Roesel (tome 4 page 214) ou Kleeman (page 74). 

 

c) La chenille : La même année 1775, Moses Harris révélait dans The Aurelian qu'il avait résolu l'énigme de la plante-hôte et des stades intermédiaires dès 1758 de la façon suivante : un "Aurélien" (passionné de papillon), Mr Drury, avait découvert le 26 mai près de Brentwood (Essex) sur un saule une drôle de chenille et, sachant que Harris s'y intéressait, lui avait confié. Harris n'en avait jamais observé de semblable, avec deux cornes comme des antennes d'escargot. Il l'avait nourri et le 6 juin, elle s'était transformée en une chrysalide d'un beau vert-petit-pois. Le 23, il assista, avec une joie indicible, à l'émergence d'un "Purple Emperor", "l'un des plus beaux papillons de cette partie du globe". Lire son récit dans Dale The history of our British Butterflies page 118.

 

— En 1781 (ou 1829), Esper décrit dans son chapitre Tab. LXXI Abanderungen und Geschlechtsverschiedenheit der P. Iris (Amendement et différences selon le sexe) l'Iris rubescens. (Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der natur page 109)

Pl. 71 Fig. 2 et 3 Iris rubescens, et 4 Iris vulgaris.

             dieschmetterling01espe_0293.jp2&scale=4.

 

— En 1793, Fabricius décrit son Papilio Béroë  Ent. Syst. III page 111, comme un équivalent du Papilio Jole de D.&S. et reconnut aujourd'hui comme synonyme, ou comme une forme de A. iris

— En 1829, Freyer décrit Apatura metis (Le Mars Danubien)  en Hongrie : Beiträge zur Geschichte europäischer Schmetterlinge mit Abbildungen nach der Natur de Beitr. eur. Schmett. 2 : 166pp, pl. 49-96.

 

— En 1777-1783,  J. A. E. Goeze   donne 21 références bibliographiques de Papilio iris dans Entomologische Beyträge zu des Ritters Linné zwölften ..., Volume 3,Numéro 1 page 268 

Parmi celle liste, je choisis :

— Esper Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur  page 139-140 . Mais sa planche XI est celle d'A. ilia.

 

 

              II. Noms vernaculaires.

 



I. Les Noms français.

 

"Le Changeant" (Hebenstreit, 1743) ;  "Le Mars" (Geoffroy, 1762) ; "Le Grand Mars changeant" /"Le Grand Mars non changeant" / "Le Mars bleu-foncé changeant" (Engramelle, 1779) ; "Le Nymphale Iris" (Godart, 1819) ; "Le Nymphale Grand-Mars" (Godart, 1823) ; "Le Grand Mars changeant" (G. C. Luquet, 1986).

0. Le Changeant, Hebenstreit, 1743.

      J'ignore si Hebenstreit donne ici un équivalent français des noms latin et allemand qu'il a créé, ou s'il reprend ce nom d'une tradition plus ancienne. C'est, bien-entendu, un qualificatif des ailes "versicolores". Ce qui est remarquable, c'est qu'il n'a pas été repris par les auteurs français, mais qu'il a été régulièrement cité par les auteurs germaniques (Roesel, Esper), dont les viennois ( D. & S.). 

1. Le Mars, Etienne-Louis Geoffroy, 1762.

— Le Mars, Étienne-Louis Geoffroy, 1762 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique Vol. 2 page 61

"Papilio alis subangulatis, supra nigro violaceis ; albo fasciatis, subtus fulvo, fusco, albidoque variis, singulis ocello nigro coeruleo.

 -Trad. Papillon aux ailes dentelées, le dessus noir-violet ; bande blanche, le dessous fauve, brun et blanc, un seul ocelle bleu-noir.

Rosesel. ins. Vol.3 suppl.. tab.41 class. Papil. diurnes

Le mars. Longueur 14 lignes. Largeur 2 pouces 10 lignes.

 

  Je n 'ai qu'un seul individu de ce papillon que je n'ai point attrapé, mais qui m'a été donné après avoir été pris dans un jardin à Paris. Ce papillon unique est fort beau, malheureusement il est gâté et mutilé. Ses ailes grandes, sont un peu anguleuses, ce qui n'est pas commun parmi les papillons à six-pieds. En dessus elles sont d'un beau violet changeant, qui pouvait bien être taché d'un peu de blanc, mais le frottement paraît avoir fait disparaître ces taches. En dessous, les ailes sont marbrées de brun et de fauve, avec des bandes transverse blanches. De plus, chaque ailes a en dessous un œil. Ces yeux sont plus grands sur les ailes supérieures, et beaucoup plus petits sur les inférieures. Sur ces dernières, ce n'est qu'une tache ronde noire chargée d'un peu de bleu, au lieu que ceux des ailes supérieures sont de plus entourées d'un large cercle de couleur fauve claire. Je ne connais point la chenille de ce papillon, ni l'endroit où elle se trouve."

 

   Cela semble en réalité une description de notre Apatura ilia, le Petit Mars changeant, qui se distingue par ses ocelles des ailes supérieures. Mais, à la date à laquelle Geoffroy écrit, cette espèce n'a pas encore été décrite (elle le sera en 1775 par Denis et Schiffermüller). On peut donc  considérer alors que ce nom "Le Mars" est le précurseur des noms vernaculaires des deux espèces, où, du moins, que le nom vernaculaire "Le Grand Mars changeant" trouve ici son origine historique. 

  Geoffroy cite en référence Roesel, mais non le Papilio iris de Linné, lequel citait pourtant la même description de Roesel. Peut-être ne disposait-il que de la Fauna suecica de Linné lorsqu'il étudia cette pièce de sa collection ?

 En 1775, Denis et Schiffermüller citaient "Le mars (Geoffroy)" à la page 171 du "Wiener verzeichniss" dans leur présentation du Papilio iris de Linné. De même, Fabricius en 1793 (Ent Syst.III p. 111), qui décrit iris, ilia et son Beroë, cite Geoffroy en référence de P. iris.

Dans l'édition de Fourcroy en 1785, page 244, édition qui respecte les exigences de dénomination binominales et en latin, le Mars porte le nom de Papilio Iris. 

Il est classé par Geoffroy parmi ses Argus (en raison de l'ocelle des ailes postérieures), et comme le premier d'entre eux.

  J'ignore  pourquoi Geoffroy choisit ce nom ; celui-ci évoque bien-sûr le dieu romain Mars, homologue du dieu grec Ares, dieu de la guerre, fils de Jupiter et de Junon, époux de Bellone, amant de Vénus, et père de Rémus et Romulus par son union avec Rhéa Silva. Tout d'abord, il s'agit du seul nom de dieu grec ou latin sous la plume de Geoffroy. Ensuite, Mars n'a aucun rapport direct avec Argus, ce héros qui donne son nom à la nouvelle classe d'espèces inauguré par ce papillon. Celui-ci n'a aucun trait particulièrement martial. Enfin, sa couleur caractéristique bleu-violet n'est pas un attribut du dieu latin. Tout au plus, si —ce qui n'est pas indiqué— Geoffroy connaissait le nom choisi par Linné, on peut penser à cette scène de l'Iliade où Vénus, blessée par Diomède, emprunte son char à Mars pour regagner l'empyrée, Iris étant la conductrice du char. Voilà une piste bien ténue.

 

2. Le Grand Mars changeant Engramelle, 1779 ; Le Grand Mars non changeant ; Le Mars bleu-foncé changeant.

— "Le Grand mars changeant" : Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, Tome I page 137 Planche 31 fig.62 a,b (le mâle) dessinée par Ernst et gravée par J.J. Juillet. 

— "Le Grand Mars non changeant" : Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, Tome I page 143 Planche 33 fig. 65 a,b (la femelle) et fig.65 c,d (variété).

— "Le Mars bleu-foncé changeant", Engramelle, Papillons d'Europe peints d'après nature, Tome I page 145 Planche 33 fig. 67 a,b (le mâle).

— Dans le Supplément : page 268 Planche 68 Supplément 14 fig. 62 f,g. Variété mâle et fi.e la chrysalide.

— Dans le Supplément : page 271 Planche 69 Supplément 15 fig. 62 h,i (variété) et l (variété).

      Comme l'expliquera Godart en 1819,

"Engramelle fait de ce lépidoptère trois espèces distinctes, savoir "le Grand Mars changeant", "le Mars bleu-foncé changeant", et "le Grand Mars non changeant". Les deux premières se rapportent au mâle dont le dessus a un reflet d'un bleu-violet, tantôt aux quatre ailes à la fois, tantôt aux deux antérieures seulement, tantôt à celles de droite ou de gauche, selon le point d'où vient le jour. La troisième est la femelle dont le dessus est sans reflet."

En 1779, le Papilio ilia de Denis et Schiffermüller a été décrit, et donc Engramelle lui réserve le nom de "Petit Mars changeant" ; il crée aussi les noms de "Grand Mars orangé" et de "Petit Mars orangé".

 

4. P.R.iris (Iris)  De Villers, 1789

Charles de Villers, Caroli Linnaei Entomologia page 32. Simple mention entre parenthèse d'un nom français, qui est ici identqiue au nom latin. .

5. Papillon Iris , Wackenaer, 1802.

C.A Walckenaer, Faune parisienne ou Histoire abrégée des insectes page 263 n°7;

Ce nom n'est qu'une transcription en français du Papilio iris de Linné.

Il indique "la chenille est épineuse et a des raies transversales jaunes".

6. Nymphale Mars changeant. Latreille, 1804.

In Latreille, Hist. Nat. vol. 14

Papilio iris Linn. , Fab. Geoffr. n° 29. Engram. Pap. Europ. n°62.

7. Le Nymphale Iris , Godart, 1819.

Latreille et Godart Encyclopédie méthodique, Paris : Vve Agasse tome 9, page 411 n°200

Cet article permet de disposer de l'ensemble des références bibliographiques sur cette espèce, notamment par les auteurs germaniques, autrichiens ou suisses.

 

8. Le Nymphale Grand-Mars, Godart 1821,

      Jean-Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons d'Europe, Paris : Crevot 1821/1823,  page 121  Planche 6 quart. peinte par Vauthier et gravées par Lanvin. 

  "Le Grand-Mars changeant et Le Grand-Mars non changeant, Engram., Pap.d'Eur. Envergure 33 à 37 lignes. Le Grand-Mars changeant et le Grand-Mars non changeant sont les deux sexes de cette espèce. Le mâle a été surnommé Changeant parce qu'il a en dessus, et selon le point d'où vient la lumière, un reflet d'un bleu plus ou moins vif. La femelle n'a pas de reflet, c'est pourquoi on l'a appelée par opposition Mars non changeant. Dans celle-ci et dans celui là, le dessus de toutes les ailes est d'un brun noirâtre avec une bande blanche, transverse sur le milieu ; et une bande grisâtre beaucoup moins large, en avant du bord postérieur, bord dont les échancrures sont liserées de blanc. La bande du milieu des premières ailes est tortueuse et elle se compose de six taches inégales et rapprochées trois à trois." (etc.)

 Godart n'a, manifestement, pas observé la chenille :

"La chenille vit au haut des chênes, ce qui fait qu'on se la procure difficilement." 

      Image BHL Pl.6 quart fig.1

                  n188_w272

 

       Bory de Saint-Vincent (Dict. Hist. nat. 1828) et Pierre Boitard (1828) utilisent le nom de "Nymphale Iris".

 Le nom de "Nymphale Grand-Mars" a été repris  par J.B. Boyer de Beauregard (1824), Hippolyte Lucas (1834) page 44 , O.F. Constant (1840) Aristide Dupuis (1863).

  Le Borgne de Kermorvan en 1836 (in E. Souvestre)  ne cite pas ce papillon dans sa liste des lépidoptères du Finistère : il le considère donc —à tort— absent de ce département.

 

9. Les chenilles.

  Duponchel 1849.

  —"Genre Apatura : Chenille ayant la partie supérieure de la tête divisée en deux longues pointes ou cornes divergentes ; le corps finement chagriné, s'amincissant postérieurement et se terminant en queue fourchue. Chrysalide comprimée latéralement, très renflée et carénée du coté du dos, avec la tête bifide ; suspendue seulement par la queue".

[Certes elles ressemblent à des limaces, mais] "ce qui rachète cette ressemblance qui n'est pas à leur avantage, c'est leur couleur d'un beau vert tendre et la manière gracieuse dont elles portent et meuvent leur tête, soit en marchant, soit dans l'état de repos".

"Leurs chenilles sortent de l'œuf au milieu de l'été, croissent très lentement, passent l'hiver engourdies sous quelques arbres, et se réveillent au printemps pour continuer de croître jusqu'au milieu de juin. Parvenues à cette époque à toute leur taille, elles se transforment en chrysalides. L'insecte parfait éclot quinze jours après, et se montre du 25 juin au 20 juillet."

— "Apatura iris. La chenille de cette Apature diffère principalement de celle du Petit Mars : 1°) par les cornes de sa tête qui sont beaucoup moins longues et non bifurquées. 2°) par une ligne jaune qui règne le long du corps au dessus des pattes. 3°) par quatre petits points bleus placés au dedans, et vers l'extrémité des deux lignes jaunes obliques qui se terminent dans cet endroit par deux petites épines couchées sur le milieu du dos."

 

N.b ; Duponchel, tout en signalant l'erreur de son ami Godart qui faisait du chêne la plante-hôte, donne pour sa part le tremble et les peupliers noir et blanc comme plante-hôte.

"Apatura Grand-Mars", Iconographie et histoire naturelle des chenilles Planche XXV fig. 71 a,b par Dumenil, gravée par Dupréel.


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10. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose comme nom principal "Le Grand Mars changeant" et comme nom accessoire "Le Grand Mars" et  "Le Chatoyant". Ce dernier nom est accompagné d'une référence vers Rappaz (Raphy), 1979 Les Papillons du Valais (Macrolépidoptères).R. Rappaz édit. Sion.

    Dans le même temps, Gérard Chr. Luquet donnait à l'ensemble de la sous-famille des Apaturinae le nom de "Mars", nom qu'il intégrait dans les noms vernaculaires des espèces Le Grand Mars changeant, Le Petit Mars changeant (A. ilia), Le Mars orangé (A ilia f. i. clytie) et Le Mars danubien (A. metis).

 


11. Noms vernaculaires contemporains :

 

  Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent les noms scientifiques de Apatura iris Linn. puis ajoutent : " ailes d'un brun noirâtre avec un reflet changeant bleu violacé chez les mâles, ce qui lui a fait donner par les anciens auteurs le nom de Mars changeant. Puis, page 78 "Le Grand Mars changeant est plus rare dans l'Ouest que dans l'Est de la France, etc..." 

 


—Bellmann / Luquet 2008 : "  Le Grand Mars changeant" 

— Chinery / Luquet 2012  : "Le Grand Mars changeant"

— Doux & Gibeaux 2007 : "Le Grand Mars changeant".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 :" Le Grand Mars changeant ". 

— Lafranchis, 2000 : " Lle Grand Mars changeant" .

— Perrein et al. 2012 : "Grand Mars changeant".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 :  "Grand Mars changeant".

— Wikipédia : " Le Grand Mars changeant".


 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

      Le terme allemand "Schiller", qui décrit l'ensemble des Mars ou Empereurs, signifie "miroiter, chatoyer, avoir des reflets irisés".

Le terme anglais "purple" correspond à notre violet (comparer les couleurs illustrant les articles "Pourpre" et "Purple" de Wikipédia).

 

  • "Grosser Schillerfalter" en allemand
  • "Purple Emperor" en anglais (Empereur Pourpre)
  • "Häiveperhonen" en finnois
  • "Irissommerfugl" en norvégien (papillon Iris) et en danois
  • "Grutte Wjerskynflinter" en frison.

  • "Apatura iride" en italien
  • "Tornasolada gran" en espagnol
  • "Velika modra preljevalica" en croate : (Grand preljevalica bleu)
  • "Kilnioji vaiva" en lithuanien
  • "Sälgskimmerfjäril" en suédois.
  • "Batolec duhový" en tchèque
  • "Grote weerschijnvlinder" en néerlandais (Grand papillon Reflet)
  • " Райдужниця велика" en ukrainien,
  • "Nagy színjátszólepke"en hongrois
  • "Mieniak tęczowiec" en polonais
  • "Ssuur-kiirgliblikas" en estonien.
  • "Dúhovec väčší" en slovaque.

 

 


Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  •  en irlandais

  •  en mannois.
  • "" en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • "Mantell borffor" en... gallois. 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilée par Emily Edwards, Agent des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

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IV. Les noms vernaculaires en anglais (M.A. Salmon, 2000).

Première description : Pétiver 1704.

  • "Mr Dale's Purple Eye" : Petiver, 1704.
  • "The Purple Emperour" ou "Purple Emperor" : Wilkes, 1741-42 ; Harris, 1766 ; Haworth, 1803 ; Jermyn, 1824 ; Morris, 1853 ; et la plupart des auteurs suivants.
  • "The Emperors of the Woods", : Wilkes, 1747-1749 ; Berkenhout, 1769 ; Brown, 1832.
  • "The Purple Shades" : Lewin, 1795.
  • "The Emperor" : Rennie, 1832.
  • " The Emperor of Morocco" : Morris, 1853.

J'ajoute à cette liste de M.A. Salmon la description de E Donovan en 1793 dans The Natural History of British Insects (2) sous les noms de The Emperors of the Wood , Purple High Fleyer : planche XXXVII BHL libr.

                               n7_w469   

 


         Bibliographie, liens et Sources.

 

 

— Funet : apatura

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : apatura iris

— UK Butterflies : Apatura iris.

— lepiforum :  Apatura iris

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner ( Aricia agestis n'est pas représenté).

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1up

 

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— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

— JERMYN  L.: The Butterfly Collector's Vade Mecum: or a Synoptical Table of English Butterflies. 1824. http://archive.org/stream/butterflycollect00jerm#page/n6/mode/1up

 

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— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

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— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

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— MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buch'oz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

— MERIAN (Maria-Sibylla) Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par  Universitätsbibliothek Heidelberg;

 — MERRET

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— OBERTHÜR (Charles) 1904 Études de Lépidoptérologie comparée, Rennes : Oberthür, 1913 Openlibrary

  — OBERTHÜR (Charles), HOULBERT (Constant), 1912-1921, Faune entomologique armoricaine. Lépidoptères. Rhopalocères, Rennes : Imprimerie Oberthür 1912-1921, 258 pages.

— PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

— PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

— PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767  Version Books.Google 

— PETIVER (James) 1717 Papilionum Brittaniae Icones (1717)  

— PERREIN (Christian) 2012 et al. , Biohistoire des papillons, Presses Universitaires de Rennes 2012.

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 ROBERT (Paul A.)  1934 — Les Papillons dans la nature, Delachaux et Niestlé : Neufchâtel et Paris,  405 p., 64 pl. couleurs books.google.fr/books?id=jSFDAAAAYAAJ

 ROESEL VON ROSENHOF  1746 Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung  Nürnberg.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

— KLEEMANN /ROESEL VON ROSENHOF   1764-68  De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem, By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] BHL Library 

 — SALMON (Michael A.) 2000, The Aurelian legacy, British butterflies and their collectors, University of California Press, 2000.

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SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

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 —  SHERBORN (Charles Davies) 1902, Index Animalium:

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— WESTWOOD (J O) & HUMPHREYS (Henry Noël),1841. British butterflies and their transformations, William Smith : London  BHL

— WILKES (Benjamin) 1773 One hundred and twenty Copper plates of English moths and butterflies ... with a natural history London : Benjamin Wilkes   Books.google.

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— ZIMMER, (Dieter E., rédacteur du mensuel Der Zeit) 2012 A guide to Nabokov's Butterflies and Moths et Butterflies and Moths in Nabokov's Published Writings , Web version 2012.


 

                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

Recherche de références bibliographiques :http://www.biologie.uni-ulm.de/cgi-bin/litera?lang=e&muster=schmetterlinge

Taxonomie : Global Butterfly Information System :http://www.globis.insects-online.de/search

Les papillons du Systema Naturae de 1758  :   http://en.wikipedia.org/wiki/Lepidoptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

Albin :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN477852769

Billberg http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

Boisduval chenille 1832 :   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/51588#/summary

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Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

Denis et Schiffermüller : http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN574458115&IDDOC=441200

Doubleday & Westwood  http://www.biodiversitylibrary.org/item/49323#page/5/mode/1up

 

Duponchel, chenilles 1849 : BHL :  

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Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

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Engramelle vol. 2 : http://books.google.fr/books/about/Papillons_d_Europe_peints_d_apr%C3%A8s_natur.html?id=jbS5ocRuGsYC&redir_esc=y

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Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

Fourcroy voir Geoffroy.

Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

 Geoffroy  :    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

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De Geer :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

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Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

Latreille 1804 :           http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

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Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

Petiver, Papilionum brittaniae 1717  in Opera Books .google  

Ray  : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

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Rottemburg : 

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Scopoli Entomologia carniolica 1763

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Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

ou http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN385055587&DMDID=DMDLOG_0002

ou (images) University of Glasgow : http://special.lib.gla.ac.uk/exhibns/month/july2004.html

— Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

— Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

Références Bibliographiques en taxonomie : http://butterfliesofamerica.com/US-Can-Cat.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes 

  http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

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Published by jean-yves cordier
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:05

    Zoonymie du papillon Le Petit Sylvain

Limenitis camilla, (Linnaeus, 1764). 

 

 Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!   [...] 

 Vous le savez, la pierre où court un scarabée, 

 Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,

 Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.  [...]

Oui, je suis le rêveur ; je suis le camarade
Des petites fleurs d’or du mur qui se dégrade,
Et l’interlocuteur des arbres et du vent.

Si je n'étais songeur, j' aurais été sylvain.

 

 

   Victor Hugo, Les Contemplations.

Victor Hugo, Les Contemplations.

 

 

 

 

La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, animal et ónoma, ὄνομα, nom) est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

 

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

 

 

 

 

 

Résumé.    

— Limenitis Fabricius, 1807 : du grec signifiant "gardien ou protectrice des ports", qui peut être un épithète de Diane ou de Vénus. Sachant la convention que s'est fixée Fabricius de nommer ses genres de papillons diurnes selon un épithète de Vénus, Limenitis s'applique volontiers à  Aphrodite limenia, qui était vénérée sous ce nom à Hermione et à Égine.

camilla (Linné, 1764) : Linné, qui trouve en Homère et en Virgile la grande partie de son inspiration onomastique, fait ici certainement honneur à la très séduisante héroïne des Livres VII et XI de l'Éneide, Camilla reine des Volques, qui combattit Énée. Deux vers connus de tous au Siècle des Lumières et repris par les poètes la décrivaient courant les bois pour chasser, vêtue d'une peau de tigre : "Elle aurait pu survoler un champ de blé, sans le toucher /et sans en abîmer, dans sa course, les tendres épis ". Cela évoque le vol fascinant du L. camilla, qui plane sans effort d'un arbre à l'autre avant de glisser vers le sol, l'effleurant par de rares battements d'ailes avant de s'élever à nouveau, dans l'émerveillement de l'observateur.

La plus grande confusion a régné dans la dénomination de ce papillon, aussi nommé L. sibilla, du nom des prophétesse antiques Sibylles et de l'entomologiste Maria sibilla Meriam.

 

 — Noms vernaculaires : Geoffroy en 1762, dans une description antérieure à celle de Linné, a nommé cette espèce aux ailes sombres barrées d'un bandeau blanc Le Deuil, juste avant de baptiser l'espèce suivante le Demi-deuil (Melanargia galathea) ; puis en 1779, Engramelle préféra le nom de Petit Sylvain, pour indiquer l'habitat de sous-bois où pousse le chèvrefeuille, ou pour évoquer le vol féerique de ce petit être voisin des faunes. Godart en 1821 choisit Le Nymphale Petit Sylvain, qui fut utilisé inconstamment jusqu'à 1986, où G. Chr. Luquet fit adopter par tous le nom Le Petit Sylvain, et écarta définitivement le Deuil de Geoffroy. On doit aussi mentionner le nom anglais de White Admiral (Petiver, 1703), allusion au grade équivalent à notre Vice-Amiral, mais aussi à un uniforme de drap sombre ouvert sur une chemise blanche. Le nom allemand Eisvogel, "oiseau de glace" qui est aussi le nom du Martin-Pêcheur, est aussi plein d'intérêt.

 

    


               I. Nom scientifique.


1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Nymphalidae Rafinesque, 1815.

 (fr. Les Nymphalides, angl. Brush-footed Butterflies).

 [ N.B : j'observe ici la taxonomie présentée par Dupont & al. (2013). Ces auteurs remarquent dans leur note 209 : "Pelham & al. (2008), se référant aux travaux de Koçak (1981), considèrent Nymphalidae Swainson, 1827, comme invalide, au motif que le nom donné par Swainson est fondé sur le nom générique Nymphalis Latreille, 1804, qui est considéré non comme un synonyme, mais un homonyme de Nymphalis Kluck, 1780. Ces auteurs préconisent l’utilisation de Nymphalidae Rafinesque, 1815 (page 127 : « Sous-famille des Nymphalia »). Rafinesque intégre dans ce taxon de nombreux genres de Nymphalidae. Pour la systématique de cette famille nous avons suivi les travaux de Wahlberg & al. (2009)."]

 Rafinesque, C.S. 1815: Analyse de la nature, ou tableau de l'univers et des corps organisés.Palerme. L'Imprimerie de Jean Barravecchia. en français, 224 pp page 127. "Les Nymphales, quatre pattes droites, quatre pattes ambulatoires". Les Nymphales sont, pour Rafinesque, une Sous-famille de la famille Ropalocera ; elle comporte alors 23 "genres".

  Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) est un naturaliste et un archéologue américain d'origine franco-germano-italienne, qui a passé son enfance à Marseille avant de s'installer à Palerme comme herboriste. puis à Philadelphie. 

  Ce grand collectionneur en histoire naturelle s'intéresse à la zoologie, la botanique, la malacologie, la météorologie et la littérature ainsi qu'à la théorie de l'évolution. Grand admirateur de Linné, nom dont il prénomme son fils, il débute son Analyse de la nature par cette dédicace : "La nature est mon guide, et Linnaeus mon maître".

  Cette famille comporte actuellement 13 sous-familles. Celles qui nous concernent sont les Danainae (Danaïnes ou Monarques) ; les Libythéines ( Échancrés ou Libythinées) ; les Nymphalinae ; les Charaxinae ; les Apaturinée et les Satyrinae.

 

 Son nom vient de Nymphales, nom de la quatrième phalange de la nomenclature de Linné, aux ailes dentelées (alis denticulatis) et divisée en gemmati (ailes ocellées) et phalerati (ailes ornées). Le nom est dérivé du grec ancien νύμφη / númphê, « jeune fille » et désigne dans la mythologie grecque les divinités féminines de la nature, généralement considérées comme les filles de Zeus et du Ciel, remarquablement belles, et qui peuplaient la plupart des lieux naturels: forêts et bois, vallées fertiles et bocages, sources et rivières, montagnes et grottes…  

b) sous-famille des Limenitidinae  Butler 1870.

— type-genus: Limenitis Fabricius, 1807.

— Dupont et al 2013, qui me sert de référentiel taxonomique, donne comme auteur pour cette sous-famille Butler, 1870. et non Behr, H., 1864 ["On Californian Lepidoptera. No. IV."  Proc. Calif. Acad. Sci. 3 (2): 127);] 

 

http://archive.org/stream/museumsaeriaemit00linn#page/306/mode/1up

b) sous-famille des Limenitidinae  Butler 1870.

— type-genus: Limenitis Fabricius, 1807.

— Dupont et al. (2013), qui me sert de référentiel taxonomique, donne comme auteur pour cette sous-famille Butler, 1870. et non Behr, H., 1864 ["On Californian Lepidoptera. No. IV."  Proc. Calif. Acad. Sci. 3 (2): 127);] 

 http://archive.org/stream/museumsaeriaemit00linn#page/306/mode/1up

 

  • Tribu des Neptini Newman, 1870 

Genre Neptis Fabricius, 1807

  • Tribu des Limenitidini Butler, 1870

c) Tribu des Limenitidini Behr, 1864.

  • Genre Limenitis Fabricius, 1807
  •  

 

— Ce genre renferme 3 Sous-genres

  • a) Sous-genre Limenitis Fabricius, 1807 :

Limenitis populi (Linnaeus, 1758) . Grand Sylvain.

  • b) Sous-genre Azuritis Boudinot, 1986

Limenitis reducta Staudinger, 1901. Sylvain azuré. 

  • c) Sous-genre Ladoga Moore, 1898

Limenitis camilla (Linnaeus, 1764) . Petit Sylvain.

 

 

 

2. Nom de genre : Limenitis, Fabricius, 1807.

 Fabricius, 1807, "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges", Magazin für Insektenkunde , Karl Reichard, Braunschweig [Brunswick] (6) page 285, n°32.

   Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes. Le 11ème des 49 genres de Fabricius cités dans l'article contient 14 espèces, dont trois sont nommées : Populi, Niavius et Camilla. Populi est l'espèce-type.

Ce genre est désormais divisé en trois sous-genres :

 - Sous-genre Limenitis Fabricius, 1807 Limenitis populi (Linnaeus, 1758). Grand Sylvain.

   - Sous-genre Azuritis Boudinot, 1986 Limenitis reducta Staudinger, 1901 . Sylvain azuré. [Présent en Corse]

   -Sous-genre Ladoga Moore, 1898 Limenitis camilla (Linnaeus, 1764) . Petit Sylvain.  

 La classification de Fabricius ou Systema glossata.

L'article cité en référence n'est pas écrit par Fabricius, mais par Johan Karl Wilhem Illiger. Illiger, qui fut conservateur du musée zoologique de Berlin en 1810, après avoir pris en charge les collections du comte von Hoffmannsegg,  a fait paraître la revue Magazin für Insektenkunde de 1802 à 1807. Dans celle-ci, il donne une présentation anticipée des genres de lépidoptères que Fabricius s'apprête à publier dans son Systema glossata :

 

  L'histoire de la publication du Systema glossatorum de Fabricius est en elle-même le petit roman tragique et complexe d'un manuscrit perdu. Ce nom de Systema glossatorum suppose d'abord que l'on sache que Fabricius, dont la classification des insectes reposait sur la structure des pièces buccales  utilisait le terme de Glossata (les Glossates) pour désigner les Lépidoptères, ou Papillons : en d'autres termes, il s'agit de sa Classification des Lépidoptères, la dernière de sa série des Systema après Systema eleutheratorum [les coléoptères] Kiliae 1801, Systema rhyngotorum [les hémiptères], Brunsvigae 1803, Systema piezatorum [les hyménoptères], Brunsvigae 1804 et Systema antliatorum [les diptères], Brunsvigae 1805.

 Le manuscrit du dernier des Systema a été terminé le 4 mars 1806 et envoyé à Reichard, le même éditeur que les précédents à Brunswig, et qui éditait aussi le Magazin für Insektenkunde d'Illiger.  C'est dans la sixième et dernière parution de cette revue que Illiger écrivit un article sur "La dernière classification par genre des papillons des genres linnéens Papilio et Sphinges", Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges (cité supra, 1807 pp 277-289), anticipant la parution du premier volume de la Systema Glossatorum, annoncée pour Pâques 1808. Quant à Fabricius, il donna un résumé de son ouvrage dans  "Zeitung fur Literatur und Kunst in den Konigl. Danischen Staaten," Kiel, 11. Sept. 1807 (pp. 81-84) sous le titre: "Etatsrath Fabricius Rechenschaft an das Publikum fiber seine Classification der Glossaten. Joh. Christ. Fabricii systema glossatorum, Vol. I "

  Hélas, avant que ne paraisse le livre, l'éditeur fit faillite, et ses créanciers saisirent le matériel et vendirent les travaux en cours à des chiffonniers. On ignore ce qu'est devenu le manuscrit original de Fabricius, mais néanmoins, les sept premiers feuillets déjà imprimés de son livre ont été conservés, en trois exemplaires. L'un de ceux-ci  est maintenant à la Bibliothèque du Musée zoologique de Berlin : elle comporte les pages 1-112 avec la page de titre et s'intitule Systema glossatorum, sans mentionner "volume I". Elle a fait l'objet d'un fac-similé publié par F. Bryk en 1938. Un autre exemplaire appartenait à K.A Dohrn à Szczecin [Stettin], qui l'a légué au Musée zoologique de Szczecin ; après la seconde guerre mondiale, il devint la propriété de la Bibliothèque Royale de Copenhague. Il comprend les pages 3-112, sans la page de titre. Enfin, l'American Museum of Natural History de New-York  détient depuis au moins 1903 le troisième exemplaire. Il ne se compose que des pages 1-80, page de titre incluse. 

  Comme Dohrn signale que le numéro 6 de la revue d'Illiger avait brûlé lors d'un incendie chez l'imprimeur, Brik pense que le manuscrit de Fabricius a été détruit lors du même incendie. Ce manuscrit ne devait porter que sur le volume I, puisque la liste des genres, par laquelle Fabricius débute (page 9-12) ne comporte pas les Noctuidae et les Geometridae.

 Felix Brik (1938) sembla avoir utilisé une épreuve de la bibliothèque de la Berliner Naturforschung Gesselschaft, publiant un fac similé qui apporte les noms de nouvelles espèces par rapport à Illiger. (J Chr Fabricius Systema Glossatorum Nature 143, 784 (13 Mai 1939). Par son Opinion n° 137 du 30 octobre 1942, l'ICZN établi que les noms génériques publiés par Illiger sont à créditer à "Fabricius (in Illiger), 1807" et par extension de l'Opinion n° 137, les noms triviaux du fac-similé de Briks sont indiqués "Fabricius (in Brik), 1938".       

Sources du paragraphe: 

 SL Tuxen Annu Rev. Entomol.1967,  http://www.annualreviews.org/doi/pdf/10.1146/annurev.en.12.010167.000245

Voir aussi Taeger, Nota lepidopterologic 2001

 https://archive.org/stream/notalepidoptero242001soci#page/n89/mode/2up/search/fabricius

 

Étymologie du nom de genre limenitis.

        Si, en latin, il existe le nom limen, inis, "seuil, porte, maison, borne, frontière", qui ne doit pas nous égarer,  c'est un autre nom latin, Limenitis signifiant "des ports", du grec ancien Λιμενιτις (de λιμήν, "un port, havre"), qui fournit l'étymologie necessaire.

 D'où provient ce qualificatif "des ports" ?

 Fabricius, dans sa présentation du Systema glossatorum ( déjà cité, in Zeitung für Literatur und Kunst in den Königl . Dänischen Staaten [ Kiel ] , Septembre 11 1807, p. 83), donne des indications précieuses sur ses règles d'attribution des noms : il écrit qu'il est en train de changer un certain nombre de nom donnés par Linné car il souhaite faire apparaître le nom de la plante hôte. "Les noms de genre ne posent pas de problèmes importants, il faut seulement éviter qu'ils soient trop longs, et qu'ils ne soient pas déplaisants à l'oreille. Pour les papillons de jour, j'ai choisi différents épithètes [cognomina] de Vénus, et pour les papillons de nuit, ceux de Diane. Ils semblent être les plus appropriés. Leurs homologues grecs [qualificatifs d'Aphrodite ou d'Artémis] ont tendance à être durs, longs et désagréables."

 Dans ces conditions, il semble probable que le genre limenitis soit en relation avec l'épiclèse d'Aphrodite Limenia Λιμενια, protectrice des ports.( http://www.theoi.com/Cult/AphroditeTitles.html)

 

 Cet épithète, avec ceux de Limenites, Limentis et Limenoscopus (Limenitês, Limenitis, Limenodkopos), signifient " protecteur/trice ou superintendant/e des ports" : c'est le surnom de plusieurs divinités comme Zeus (Callimach. Fragm.114, 2e ed. Bentl.), Artemis (Callim. Hymn. dans Dian. 259), Aphrodite (Paus. ii. 34. § 11; Serv. ad Aen. i. 724), Priapus (Anthol. Palat. x. 1, 7), et de  Pan (Anthol. Palat. x. 10.) http://www.mythindex.com/greek-mythology/L/Limenia.html. Effectivement, Aphrodite n'a pas l'exclusivité de ce titre, et son inverse nocturne Artémis le reçut également : "Limenitis, Limniatis, Limnatis,Limnea, nom donné par les pêcheurs à Diane, qui l'invoquaient comme la déesse des marais et des étangs" P. Chompré, 1778 Dict. portatif de la Fable.

 Une autre difficulté est que l'épithète exact que reçoit Aphrodite est plutôt Limenia ou λιµνήσιος Limnesia,  "des Ports" que Limenitis, qui est attesté pour Diane.

 Néanmoins, plusieurs textes attestent l'existence de ce culte rendu à Aphrodite Limenia, protectrice des ports, le plus récent et le plus universitaire corroborant le travail le plus ancien, que Fabricius a pu consulter pour rechercher ses épithètes de Vénus :

 1) Gérard de la Chau (abbé), Dissertation sur les attributs de Vénus, Paris : Lamy, 1780 page 8.

 et Pierre-Henri Larcher, Mémoire sur la déesse Vénus 1776 page 111 :

  "La dénomination de Limenia ou Limnesia paraît plus restreinte et plus bornée [que celles de Marina et de Pelagia], et bornée seulement aus ports sur lesquels Vénus était censée veiller, comme on le voit dans une épigramme de l 'Anthologie et comme on l'apprend de Servius. (Est Limnesia Venus qu portibus praest Servius in Aenid.I). Cette dernière épithète est citée par Pausanias (Corinthiae, 2, 34,11 ) qui dit que l'on voyait à Hermione une statue de Vénuslimenia de marbre blanc, remarquable par sa hauteur et sa beauté."

2. Marie-Karine Lhommé : Un commentaire en catalogue, les Vénus du Servius Daniélis (AEN. 1, 720)   Eruditio Antiqua 4 (2012) : 313-355.

" Vénus des ports.

"est et Limnesia, quae portubus praeest"

  Vénus est liée à la mer par sa naissance de l’écume des flots, mais elle ne semble pas spécialement liée aux ports côté romain. C’est Portunus qui préside aux ports, comme le dit la glose de SD dans les mêmes termes : SD 5, 241 : PORTVNVS deus marinus qui portubus praeest. « Portunus : dieu marin qui a la protection des ports. »

À Hermione, Pausanias (2, 34, 11) évoque une Aphrodite Pontia kai Liménia et à plusieurs autres reprises, côté grec, des sanctuaires d’Aphrodite sont situés sur des côtes, à proximité de sanctuaires de Poséidon.

Les errances d’Énée en Méditerranée donnent lieu à la consécration de nombreux temples d’Aphrodite sur des îlots ou en bord de mer. Denys d’Halicarnasse (1, 51, 3) signale, parmi d’autres toponymes liés à Énée, un promontoire appelé Port-Aphrodite, au lieu-dit Athénaion, qui fut le premier endroit où Énée mit le pied en Italie : τοῦτο δὲ τὸ χωρίον ἐστὶν ἀκρωτήριον καὶ ἐπ´ αὐτῷ θερινὸς ὅρµος, ὃς ἐξ ἐκείνου λιµὴν Ἀφροδίτης καλεῖται. « Cet endroit est un promontoire qui offre un mouillage l’été, et qu’on appelle depuis ce moment port d’Aphrodite. »

Limnesios peut être interprété différemment (voir les sens proches en grec de λιµήν, port et de λίµνη, marais, mer) comme lorsqu’ Isidore (Etym. 17, 33) rapporte un autre nom de la centaurée : Centauream Graeci vocant quoniam a Chirone Centauro fertur reperta. Eadem et λιµνήσιος, quia locis humectis nascitur. « Les Grecs l’appellent Centaurée parce que c’est le centaure Chiron qui la découvrit, comme on le rapporte. La même est appelée aussi limnesios, parce qu’elle naît des lieux humides.» On retomberait alors sur une Vénus née de l’humidité, née de la mer."

 

3. Le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de C.Daremberg et E.Saglio (1877-1919) Tome I vol.1 page 308 :

 

" Une double fête de Poséidon et d'Aphrodite Limnesia et Galenaia, c'est-à-dire , qui apaise la mort et conduit au port, avait lieu à Égine. D'abord on offrait un sacrifice au dieu des mers en mémoire de ceux qui étaient morts en naviguant, puis on se livrait à une joie dissolue en célébrant les bienfaits de la déesse de l'amour. En Acarnanie également, Aphrodite était fêtée comme déesse marine par des combats navals " Plutarque, Quaestr. gr.44 ; Athen. XIII, 55, 95.


 

Les entomologistes qui se sont penchés sur le nom Limenitis ont retrouvés les mêmes données que moi, mais Sodoffsky (1837) page 81 [Limenitis : beiname der Venus, der Diana und anderer Gottheit. Cf Vollmer, 1143]  comme Westwood et Humphrey (1841) page 60 [Limenitis : "one of the name of Venus : Vollmer, 1143] renvoient à la même référence, celle de Vollmer.

1836 :http://books.google.fr/books?id=HhMYAAAAIAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 

 

 

A.M.Emmet (1991) qui ignore la régle que s'est fixé Fabricius, signale bien le grec limenitis, "gardien de port", un épithète attribué aux dieux qui protègent les ports, et se demande si Fabricius ne s'est pas souvenu que le premier spécimen de sylvain avait été capturé par David Krieg dans la ville portuaire de Leghorn. Il avait été adressé à Petiver, qui le nomma Papilio Livornicus, " the Leghorn White admiral ".

 Les autres étymologies (selon Hürter) :

— Arnold Spuler : page 14 : Beiname einer griechischen  Göttin, "épithète d'une déesse grecque".

— Janssen page 39 : Limné = moeras, de voedselplant van Limenitis populi, populier, groeit op vochtige plaatsen, " Limne signifie -marais-, la plante hôte le peuplier poussant dans les endroits humides".

 

— Ramann page 52: Jedenfalls kömmt der Name dieser Unterabtheilung der Nymphaliden vonlimen, die Schwelle, die Grenze, der Weg her, weil die Limeniten, welche den deutschen Namen Eisvögel führen, am häufigsten auf Waldwegen angetroffen werden , " Quoiqu'il en soit le nom de cette sous-division des Nymphalidae vient du latin limen, le seuil, la frontière, ou ici la route parce que les limenitinés qui portent en allemand le nom de Eisvögel, " sont le plus souvent observés le long des sentiers forestiers".

— Dale page 128 : Limenitis, a greek word signifying harbour keeping, an epithet applied  to several divinities, but especially to Diana. "Limenitis, mot grec signifiant "gardien des ports", un épithète qui s'applique à plusieurs divinités, mais spécialement à Diane".


Le genre Limenitis présente une vingtaine d'espèces, mais deux seules sont rencontrées en Bretagne : le Petit Sylvain Limenitis camilla, et le Sylvain azuré L. reducta. J'ai décrit ce dernier ici :L' Alto Merse, reserve naturelle de Toscane.

Je rappelle les différences entre les deux:

L. camilla dispose d'une double rangée de points noirs sur la face inférieure de l'aile postérieure.

L.reducta ne dispose que d'une simple rangée de points noirs sur cette face inférieure, mais la coloration de cette face est plus rougeâtre.  Sur le recto, l'aile antérieure du L. reducta offre une marque blanche supplémentaire bien marquée, entre les taches principales et la tête ( L. camilla présente, au mieux, une trace blanchâtre).

 



 

 

Le nom du sous-genre ladoga Moore [1898].

L'actuel Limenitis camilla, sous-genre ladoga, appartenait il y a quelques années au genre Ladoga.

Moore, Lepidoptera indica, London [Londres], L. Reeve et Co, 1890-1907 [1898]. 3, p. 174.

L'entomologiste britannique Frederic Moore (1830 -1907) était conservateur assistant du muséum de la Compagnie anglaise des Indes orientales à Londres. Il fit paraître Lepidoptera indica de 1890 à 1912, un important travail en douze volumes sur les lépidoptères du sud de l’Asie et qui sera terminé après sa mort par Charles Swinhoe (1836-1923). Moore fit aussi paraître The Lepidoptera of Ceylon de 1880 à 1887.

Étymologie obscure ; A.M. Emmet suppose un néologisme mais fait remarquer qu'il existe un lac Ladoga au Nord-est de Saint-Pétersbourg en Russie. 

 L'interrogation du moteur de recherche me fait découvrir qu'un navire baleinier de 340 tonnes a porté le nom Lagoda certes ce n'est pas le même nom, mais le trois-mât barque devait initialement porter le nom du lac russe ; les consonnes g et d ont été inversées par le peintre en lettres, et les marins refusèrent de corriger l'erreur, en raison des malheurs qui s'abattraient à coup sûr sur un navire rebaptisé. (Hélas, les entomologistes qualifient cela de "superstition", et s'étonnent naïvement de voir les populations de papillons dont ils ont dix fois modifié le nom, péricliter ou disparaître.) Le Lagoda avait été construit en 1827 au Massachusetts comme navire marchand, puis il a été armé comme baleinier à Boston. Il a été détruit en 1899. Un modèle réduit à l'échelle 1/2 de 89 pieds de long est exposé au New Bedford Whaling Museum : c'est le plus grand modèle de baleinier existant.

 Avec sa coque noire et sa ligne de faux sabord de navire marchand essayant de faire croire qu'il est armé de canons, savez-vous quoi ?

 Il ressemble parfaitement à un Ladoga camilla, qui était l'espèce-type du genre ladoga.

 

 

 

 


3. Nom d'espèce : Limenitis camilla (Linnaeus, 1767)

 

a) la publication originale.

  http://archive.org/stream/museumsaeriaemit00linn#page/306/mode/1up

 

P[apilio] N.[ymphalis] camilla :  Linnaeus, C. 1764. Museum S:ae R:ae M:tis Ludovicæ Ulricæ reginæ Svecorum, Gothorum, Vandalorumque. In quo animalia rariora, exotica, imprimis insecta & conchilia describuntur & determinantur. Holmiae. Laur. Salvii 1764 720 pp. page 304 n°122 .

 (M.L.U en abrégé)

  Localité-type : Allemagne : Habitat in lonicera caerulea Germania.

La répartition de cette espèce présente deux grandes aires disjointes : Europe et Caucase d’une part, sud est de la Russie, Chine et Corée d’autre part. Elle est signalée dans toute la France sauf le domaine méditerranéen. Les chenilles se nourrissent sur diverses espèces de Chèvrefeuilles. (Dupont et al. 2013)

 

b) Synonymes (INPN, Muséum) et sous-espèces.

 

      Ladoga camilla camilla (Linnaeus, 1764) 

- Ladoga camilla xylostei (Prunner, 1798) 
- Ladoga camilla (Linnaeus, 1764) 
- Limenitis sibilla (Linnaeus, 1767) 
- Papilio camilla Linnaeus, 1764 
- Papilio sibilla Linnaeus, 1767  
- Papilio xylostei Prunner, 1798    

 

LERAUT retient la présence de deux sous-espèces en France :

- camilla Linnaeus, 1764.

- xylostei Prunner, 1798. Localité-type : Stupinigi, Turin, Piémont, Italie.

 

c) étymologies.

c1) Camilla princesse des Volsques.

Une grande quantité de noms (de plantes ou d'animaux) créés par Linné provenant soit des œuvres d'Homère, soit de celles de Virgile, et puisque l'on trouve dans l'Éneide de Virgile un très beau passage consacré à la geste de Camilla, princesse des Volsques, il est très probable que cette héroïne soit à l'origine du nom du Papilio camilla de Linné. Par ses traits de fée des bois et d'amazone sauvage et guerrière, gravés en vers inoubliables pour des générations de lettrés , elle est capable d'exalter durablement un esprit.

  C'est surtout dans le Livre XI  que sont présentés les Volsques, [une tribu de l'Italie centrale, qui, au 5e siècle av J.C., tenta de gagner la mer Tyrrhénienne en menaçant dangereusement le Latium], leur roi Metabus et sa fille Camilla, la reine des Volsques, amazone chasseresse et cavalière experte. Dans l'épopée, Énée, soutenu par Vénus contre Junon, affronte les latins dirigés par Turnus, lors d'un combat de cavalerie, durant lesquels Camille meurt, tuée par ruse par Arruns, d'un coup de javelot.

 Mais auparavant, l'histoire de la jeune fille est racontée    y trouve, chapitre XI, 532-724, l'histoire de Camille, la fille du roi des Volsques Metabus et de son épouse Casmilla.

  Dés la fin du Livre VII, Virgile présente Turnus le Rutule, et sa future alliée Camille la Volsque. Celle-ci, qui est vouée à Artémis la vierge chasseresse, est une sauvageonne des bois, maniant l'arc et la fronde. Deux vers ont pu inspirer Linné, tant la légereté de Camille "plus rapide que le vent" rappelle celle d'un papillon sylvestre : Illa uel intactae segetis per summa uolaret / gramina nec teneras cursu laesisset aristas : "Elle aurait pu survoler un champ de blé, sans le toucher,/ et sans en abîmer, dans sa course, les tendres épis".

    Voici cette célèbre première apparition dans le poème :

 

 

bellatrix, non illa colo calathisue Mineruae

femineas adsueta manus, sed proelia uirgo

dura pati cursuque pedum praeuertere uentos.

Illa uel intactae segetis per summa uolaret

gramina nec teneras cursu laesisset aristas,

uel mare per medium fluctu suspensa tumenti

ferret iter celeris nec tingueret aequore plantas.

Illam omnis tectis agrisque effusa iuuentus

turbaque miratur matrum et prospectat euntem,

attonitis inhians animis, ut regius ostro

uelet honos leuis umeros, ut fibula crinem

auro internectat, Lyciam ut gerat ipsa pharetram

et pastoralem praefixa cuspide myrtum.

7, 805-813.

Guerrière, elle n'a pas habitué ses mains  à la quenouille

ni aux corbeilles de Minerve ; mais c'est une fille endurante

aux durs combats, et à la course elle est plus rapide que les vents.

Elle aurait pu survoler un champ de blé, sans le toucher,

et sans en abîmer, dans sa course, les tendres épis ;

ou, suspendue à une vague gonflée, elle aurait pu marcher

en pleine mer, sans y tremper la plante de ses pieds agiles.

Tous les jeunes gens sortis des maisons et des champs,

et aussi la foule des matrones l'admirent et la regardent passer ;

l'esprit stupéfait, ils restent bouche bée en contemplant la pourpre,

parure royale voilant ses épaules lisses, la fibule d'or nouée

dans ses cheveux, sa manière de porter son carquois de Lycie

 et le myrte champêtre qui se termine en pointe de fer.

 

 

   L'histoire reprend au Livre XI. Le roi des Vosques Metabus, chassé par ses sujets, doit traverser dans sa fuite le fleuve Amasenus. Voyant les flots grossir, et portant dans ses bras sa fille, il choisit de la placer sous la protection de Diane, la déesse vierge et chasseresse  : pour cela, il la ligote sur un javelot par des liens d'écorce et de liège, et lance son arme et son bébé vers les cieux jusqu'à la rive opposée.

sonuere undae, rapidum super amnem

infelix fugit in iaculo Camilla.  Virgile, Eneide, XI, 561-62

 "Les ondes résonnèrent, et  par dessus le fleuve rapide,

Camille l'infortunée s'enfuit, fixée à son javelot strident."

 

   Regardons la passer dans le ciel latin, nue, cramponnée à la hampe de frêne, serrée sous l'écorce comme l'arbre enlacé par le chèvrefeuille, femme-bois vouée à la forêt et aux forces sauvages : car c'est ainsi qu'elle pourra le mieux servir d'icône à notre papillon de l'orée des bois, dont le vol léger papillonne autour de sa plante-hôte, le chèvrefeuille.

 

Ipse sinu prae se portans iuga longa petebat

solorum nemorum : tela undique saeua premebant

et circumfuso uolitabant milite Volsci.

Ecce fugae medio summis Amasenus abundans

spumabat ripis : tantus se nubibus imber

ruperat. Ille, innare parans, infantis amore

tardatur caroque oneri timet. Omnia secum

uersanti subito uix haec sententia sedit.

Telum immane manu ualida quod forte gerebat

bellator, solidum nodis et robore cocto,

huic natam, libro et siluestri subere clausam,

implicat atque habilem mediae circumligat hastae ;

quam dextra ingenti librans ita ad aethera fatur :

ʻ Alma, tibi hanc, nemorum cultrix, Latonia uirgo,

ipse pater famulam uoueo ; tua prima per auras

tela tenens supplex hostem fugit. Accipe, testor,

diua tuam, quae nunc dubiis committitur auris ʼ.

Dixit et adducto contortum hastile lacerto

immittit : sonuere undae, rapidum super amnem

infelix fugit in iaculo stridente Camilla.

At Metabus, magna propius iam urgente caterua,

dat sese fluuio atque hastam cum uirgine uictor

gramineo donum Triuiae de caespite uellit.

Non illum tectis ullae, non moenibus urbes

accepere neque ipse manus feritate dedisset :

pastorum et solis exegit montibus aeuom.

11, 544-569

Chassé de son royaume, honni pour ses violences et sa superbe,

Métabus, quand il sortit de l'antique ville de Priverne,

fuyant au travers des combats et de la guerre, emporta

dans son exil sa fillette nouveau-née, et lui donna le nom

de sa mère Casmille, quelque peu changé en Camille.

La tenant contre son coeur, il  gagnait la longue ligne des crêtes

des forêts solitaires : de partout les traits cruels le pressaient,

et les Volsques allaient et venaient, avec des soldats tout autour de lui.

Soudain, durant sa fuite, le cours de l'Amasénus se gonfla,

bouillonnant au ras de ses rives, si violent avait été l'orage

qui avait déchiré les nuages. Métabus, prêt à plonger, hésite

par amour pour son enfant ; il a peur pour son précieux fardeau.

En pensée, il envisage toutes les solutions, et soudain décide ceci :

le guerrier tenait en sa main puissante un immense javelot,

un trait solide fait de chêne noueux et durci au feu ;

il y attache sa fille, enveloppée dans une écorce de liège sylvestre,

et la fixe habilement au milieu de la hampe.

De sa droite de géant,

il balance alors le trait, et tourné vers le ciel, dit :

ʻ Bienfaisante fille de Latone, hôtesse de ces bois, voici ta servante,

je te la consacre, moi, son père ; tenant tes armes, en suppliante,

elle est la première à fuir un ennemi à travers les airs. Ô déesse,

je t'en prie, reçois celle que je confie maintenant au caprice des vents ʼ.

Il dit et, ramenant son bras en arrière, brandit son trait et le lance :

les ondes ont résonné et, au-dessus du courant rapide,

 l'infortunée Camille fuit, attachée à un javelot strident.

Alors Metabus, serré déjà de très près par une troupe nombreuse,

se jette dans le fleuve et d'une touffe d'herbes il retire triomphant

à la fois la lance et sa fille, et les offre en présent à Trivia.

 

 Puis, 

 

Hic natam in dumis interque horrentia lustra

armentalis equae mammis et lacte ferino

nutribat, teneris immulgens ubera labris.

Vtque pedum primis infans uestigia plantis

institerat, iaculo palmas armauit acuto

 

spiculaque ex umero paruae suspendit et arcum.

Pro crinali auro, pro longae tegmine pallae

tigridis exuuiae per dorsum a uertice pendent.

Tela manu iam tum tenera puerilia torsit

et fundam tereti circum caput egit habena

 

Strymoniamque gruem aut album deiecit olorem.

Multae illam frustra Tyrrhena per oppida matres

optauere nurum : sola contenta Diana

aeternum telorum et uirginitatis amorem

intemerata colit. Vellem haud correpta fuisset

11, 570-580

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/virg/V11-532-724.html#Casmille

 

Là, dans les broussailles, dans des tanières épineuses,

il nourrissait sa fille de lait sauvage, pressant les mamelles

d'une jument d'un troupeau sur ses lèvres tendres.

Dès que l'enfant eut imprimé ses premiers pas sur le sol,

il arma les mains de sa petite fille d'un javelot pointu

et suspendit à son épaule un arc et des flèches.

Elle n'a point d'or dans les cheveux, pas de long châle pour la couvrir,

mais une peau de tigre pend du haut de sa tête le long de son dos.

De sa main tendre encore, elle a lancé déjà ses flèches d'enfant ;

à l'aide d'une lanière souple elle a fait tourner par-dessus sa tête

une fronde et a abattu grue du Strymon ou cygne blanc.

 

  Plus tard, Camille sera une vierge guerrière combattant Énée pour venger son père, et c'est ce personnage qu'illustre l'opéra de Bononcini Il trionfo di Camilla, regina de Volsci : elle n'aura plus rien d'aérien, plus rien à voir avec un papillon sylvestre.

L'entomologiste anglais Adrian Hardy Hawoth, membre de la Société linnéenne de Londres, auteur de 22 noms de genres d'hétérocères, a écrit en 1803 dans  Lepidoptera Britannica : sistens digestionem novam insectorum Lepidopterorum "  page 30 : 

 The graceful elegance displayed by this charming species when sailing on the wing, is greater perhaps than be found in any other we have in Britain. There was an old Aurelian of London, so highly delighted at the inimitable flight of Camilla, that long after he was unable to pursue her, he used to go to the woods, and sit down on a stile, for the sole purpose of feasting his eyes with her fascinating evolutions*.

The following admirable lines of Pope, Virgil and Dryden although not all of them exactly necessary to elucidate this subject, I cannot refrain from transcribing in this place :

 […] Not so when swift Camilla scours the plain,

 Fleis o'er the unbending corn, and skims along the main

( Alexander Pope. An Essay on Criticism, 1711). 

Vel mare per medium fluctu suspensa tumenti

 

ferret iter celeris nec tingueret aequore plantas.

 (Virgile, 7, 810-811)

She swept the seas, and, as she skimm'd along, / Her flying feet unbathed on billows hung (Virgil's Dryden, 1697)

* "Le spectacle plein de grâce et l'élégance que déploit ce charmant espiègle lors de son vol est sans doute le plus grand parmi ceux que nous pouvons trouver en Grande Bretagne. Il y avait jadis un Aurélian [littéralement un Chrysalidien, un passionné des papillons] de Londres qui était tellement ravi par le vol de ce papillon, qu'il fut pendant longtemps incapable de poursuivre sa chasse, se contentant d'aller dans les bois et d'y rester assis adossé  dans le seul but de se régaler des évolutions fascinantes du camilla."


Ces trois citations montrent d'une part combien l'image poètique de Camille au pied léger parcourant les bois comme une nymphe aérienne est heureuse, combien elle a séduit les esprits du XVII au XIXe siècle, et d'autre part comment elle s'impose immédiatement à un amateur de papillon comme Haworth. Autant d'arguments pour faire de la princesse volsque La camilla de Linné. Lorsqu'on lit la description actuelle du papillon sur le site U.K Butterflies, l'emerveillement devant les caractéristiques du vol du papillon fournit un argument supplémentaire : 

   The White Admiral is a woodland species and a delight to behold as it literally glides along forest rides, flying from tree to forest floor and back up with only a few effortless wing beats. For this reason, some of its closest relatives on the continent are known as "gliders". When settled, the adults are unmistakable, with their black uppersides intersected by prominent white bars. The undersides of this butterfly are, however, in complete contrast to the black-and-white uppersides, and are surely one of the most beautiful of all species found in the British Isles.


                                        


 D'autres éléments sont à verser à cette plaidoirie : l'existence de papillons portant l'un le nom deTurnus, l'allié de Camilla, le roi des Rutules d'Ardée et l'autre celui d'Archaeoprepona camilla, ou A. camilla metabus 

— Le Papilio turnus (actuel glaucus). Je redécouvre alors que Turnus est le frère de la nymphe Juturne, déesse des fontaines dont Linné a donné le nom (déformé) à Maniola jurtina Elee est la fille de Venilia, et elle joue un rôle important au chapitre 12. Zoonymie du papillon Myrtil, Maniola jurtina. Fabricius, qui décrit dans Species insectorum page 17 le Papilio turnus, cite Linné en référence (Mantissa I,536). Le lectotype de l''espèce est conservé sous le protonyme Papilio Eques turnus, 1771.

Archaeoprepona camilla (Godman & Salvin, [1884]) Archaeoprepona camilla camilla Archaeoprepona camilla metabus (Fruhstorfer, 1916), réunit dans le même nom Camilla et son père Métabus

Il me restait à rechercher si Acca*, l'amie de Camille, qui est auprès d'elle au moment de sa mort, a donné son nom à un papillon. Bien-entendu : il a été donné par Hübner en 1819 au Pantoporia venilia (Linnaeus, 1758) ou Acca venilia

*Son nom rappelle Acca Larentia, mère nourricière de Romulus.

Poursuivant le jeu de cette famille, je demande Opis, la nymphe qui fut charger par Diane de venger la mort de sa protégée en tuant le meurtrier Arruns : je trouve la Nymphale opis, nommée par Fabricius (Species insect. tII page 97 n° 428.) et par Drury Papilio opis Drury, [1773]; Illust. Nat. Hist. Exot. Insects 2 : pl. 18, f. 5-6 qui porte actuellement le nom de Cynandra opis, The Brilliant nymph.

Je découvre aussi le cocher de Turnus, Metiscus (Eneide 12, 468 ) un genre de la famille des Hesperidae. http://en.wikipedia.org/wiki/Metiscus. Ou bien une Callicore du Venezuela, Diaethria euclides metiscus (Doubleday 1849).

Un Polyommate (Latreille et Godart 1819 page 613) a porté le nom de Messapus,  celui qui décocha une flêche vers Énée (Eneide, 12, 481-493).

 

                     

Autres étymologies, autres étymologistes.

 A. Selon le Dictionnaire Gaffiot, le mot Camilla possède deux sens au féminin. Au masculin, Camillus possède également deux sens :

 

  1. camilla, ae, f. (camillus), jeune fille de bonne famille, aide dans les sacrifices : Macr. S. 3,8,7 ; Serv. En. 11,58.

  2.  Camilla, ae, f. Camille [reine des Volsques, alliée de Turnus] : Virg. En. 7, 803.

  3.  Camillus, i m., enfant noble, aide dans les sacrifices : P. Fest. 93 ; Serv. En. 11, 543 ; Varr. L. 7,34 ; Macr. S. 3,8,7..

  4.  Camillus, i, m. surnom des Furius ; nott Camille,[célèbre dictateur qui sauva Rome des Gaulois] : Liv. 5, 19, 2.//Au Plur. Les Camilles, les gens comme Camille : CIC. Sest. 143, etc.

Bien qu'il soit éminemment probable que Linné ait puisé dans l'Énéide de Virgile le nom de son papillon, ce nom de camilla peut donc désigner une jeune noble romaine, une assistante auprès de l'autel de sacrifice, ou une femme de la famille romaine des Camille (comme son tullia est formé sur Tullius, nom de Cicéron).

 B. On peut aussi citer Camille, sœur des trois Horiaces et fiancée à l'un des Curiaces dans la tragédie Horace de Corneille reprenant Tite-Live, I, 24.

C. Les étymologistes en entomologie.

— A.M. Emmet 1991 page 152 : camilla : the name of a Volscan princess mentionned by Virgil in the Aeneid.

— Arnold Spuler page 15 : römischer Frauenname :"nom de femme romaine".

— August Janssen, page 39 : Romeinse vrouwennaam :"nom de femme romaine".

— Gustav Ramann, page 53 : ist ein zuweilen noch gebrauchter Frauenname, übrigens war es auch in Virgils Aeneide aufgeführte Volskische Heldin. "est parfois encore utilisé comme nom de femme, mais il  est mentionné dans l' Éneide de Virgile pour désigner l'héroïne des Volsques. parfois encore utilisé le nom de la femme, par la façon dont il a été mentionné dans l'Enéide Volsques l'héroïne de Virgile."

— L. Glaser, page 122 : röm. Frauenname, z.B. Virg. Aen. VII. 803, Volsca de gente Camilla : "nom de femme romaine, par exemple dans Virgile, Éneide VII,803, de la famille des Camille".

— Anton Spannert page 32 : ein altrömischer, ebenso jetzt noch überall gebräuchlicher Frauenname : " un ancien nom romain, devenu de nos jours un nom féminin très courant".

 

 

Taxonomie.

Dans sa description, Linné renvoie à son Systema Naturae de 1758, page 486, où il a décrit parmi les Papilio  barbarus un P. Amphion (du nom d'un fils de Zeus au chant capable de déplacer les pierres), papillon habitant en Inde, et qu'il nomme ici par erreur Aphion.

 

En réalité, c'est assez complexe, puisque Linné a donné quatre descriptions qui se renvoient les unes aux autres :

1. P. Amphion : Syst. Nat. ed 10 (1758), p. 486 n° 177.

 2.  P.N.P. Camilla, M.U.L (1764) p. 304 n° 122, qui renvoie à Aphion, erroné pour Amphion, SN 10 : 486 n°177  qui se réfère :

-à Pet, gaz, 12, t. 12, f 10

 -à Roesel, ins. 3, t.33, f. 3,4

En Observation, Linné ajoute : Differt imprimis a Praecedenti Macula rubre alarum posticarum ad angulatum ani, quam in quibusdam deesse observavit Roeselius. "Il se distingue principalement du précédent par une tache rouge de l'angle anal de l'aile postérieur, que Roesel n'a pas observé."  

Or "l'espèce précédente" est celle-ci :

3.  P.N. P  [ pour Papilio Nymphales Phalerati ]  Prorsa  M.L.U 1764 p. 303 n°  121  

qui se réfère à :

-Roesel, ins. 3 ,t 70, f 1, 2, 3. 

Une Observation ajoute : Haec descriptio facta est ad Papilionem Ros. 3. t. 70. f. 1, 2, 3, quam meriam varietatem Camillae ; Roeselii vero pag. I t. 8, f. 6,7. « alia omnino ab hac proposita est species. 

 

4.  P.N.P. Sibilla , Syst. Nat. 2, ed 12 (1767), p. 781 n° 186, et qui se réfère :

- MLU p.303  *sub Prorsa

-au Papilio rivularis de Scopoli, Carn.443

- à Roesel, ins. 3, t 70, f1, 2, 3

 - avec la mention simillis camillae, "semblable à camilla".

et la description alis dentattis fuscis concoloribus fascia alba : subtus lutescentibus.

5. P.N.P. Camilla,  Syst. Nat. 2, ed 12 (1767), p. 781 n° 187, et qui reprend sa description  de 1764 auquel il se réfère :

-M.L.U. 304 [le Camilla de 1764]

- Papilio Amphion Syst. Nat. ed 10 (1758), p. 486 n° 177.

- -à Pet, gaz, 12, t. 12, f 10

 -à Roesel, ins. 3, t.33, f. 3,4

avec la description : alis dentattis fuscis subconcoloribus albo fasciatis maculatisque, angulo ani rubro. (je souligne les différences avec sibilla)


    Linné a donc décrit ses espèces selon deux  illustrations tirée de Insecten-Belustigung (1740) du peintre et naturaliste  August Johann Roesel, celle du tableau 33 (camilla) et celle du tableau 70 (Prorsa et Sibilla). Prorsa (du nom d'une déesse romaine qui préside aux accouchements ) et Sibilla (du nom des Sibylles, mais aussi de Anna Maria Sibylla Meriam, l'auteur de metamorphosis insectorum surinamensium) décrivent donc la même figure , et peuvent donc être considérés comme une seule espèce. Or puisqu'en 1767 Linné écrit que sibilla est semblable à camilla...

 Néanmoins, les naturalistes suivants ont été bien embarrassés par cette confusion. En 1890,  W. Dave, décrivant page 133 l'espèce Limenitis sibilla, cite Donovan qui, en 1799, constate que dans le Syst. Nat. de Linné 1767, camilla et sibilla sont décrites comme deux espèces différentes  par l'existence de la coloration rouge de l'angle anal. Comme il ne constate pas cette couleur sur les spécimens de Grande-Bretagne, il en déduit que la forme anglaise est camilla, et que sibilla correspond à une espèce australienne.

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31397#page/121/mode/1up

Selon Latreille et Godart (Encyclopédie méthodique vol. 116, 1819, p. 403)  , "Linné, d'après les figures sus-mentionnées de Roesel, a donné le mâle de cette espèce sous le nom de Sibilla, et la femelle sous celui de Camilla". Or, pour ces auteurs, " le dessus des femelles est un peu fouetté de roux vers l'origine des ailes supérieures". Les deux sexes ne se distinguent pourtant que par des subtilités telles que, selon UK butterflies, la taille légèrement supérieure de la femelle, sa couleur légèrement plus brune, et ses ailes plus arrondies.

   De fait les taxons Papilio sibilla et Papilio camilla sont tenus pour synonymes.

Le Papilio camillus de Fabricius (1781) et le Papilio Camillus de Cramer (1780).

Décrit dans le Species insectorum vol.2 page 11 en 1781,  Papilio camillus (Fabr.1781), un papillon d'Afrique, l'actuel Cyrestis camillus cotoyait son homonyme africain Papilio camillus (Cramer, 1780), l'actuel Azanus isis (Dury, 1773).

Le Papilio camilla de Denis et Schiffermüller.

Pour compliquer un peu plus, les deux viennois Denis et Schiffermüller publièrent en 1775 ceci 

 [Denis, J. N. C. M. & Schiffermüller, I.] 1775. Ankündung eines systematischen Werkes von den Schmetterlingen der Wienergegend, herausgegeben von einigen Lehrern am k. k. Theresianum.. Vienne. 322 pp, page 172.

 Ce Papilio camilla (D&S, 1775) correspond à l'actuel L. reducta Staudinger, 1901, le Sylvain azuré.

 

En 1872, W.A Lewis, conscient de toutes ces ambiguïtés contenues dans le Catalogue de Kirby et celui de Staudinger datant tous les deux de 1871, propose de les résoudre (r

evue The Zoologist de mai 1872 page 3074) en introduisant  les noms qui ne manquent pas d'humour de Limenitis anonyma et Neptis innominata.

 

Décision de la Commision de Nomenclature ICZN.

1. En 1959, la Commission supprime les noms de anonyma Lewis 1872 ICZN. (Opinion 562). 

2. Rejet du nom Papilio sibilla (Linnaeus, 1767) : Opinion 1917.

 

                II. Noms vernaculaires.

 

      Le Deuil (Geoffroy, 1762). Le Petit Sylvain (Engramelle, 1779) (Luquet, 1986) ; [Le Sibille (de Villers, 1789). Le Camille, id.]; la Nymphale Petit-Sylvain (Godart, 1821). 

 

 

1.  Le Deuil, Geoffroy, 1762.

- Le deuil, Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2 page 73 n° 45 .

- P.[apilio] luctuosus, le deuil, Geoffroy in Fourcroy, Entomologia Parisiensis, 1785 p. 249 n°45.

  "Papilio alis dentatis, supranigris, subtus fusco-rubris, utrinque maculis albis fasciatim positis.

Leche. Nov. ins. sp. p.27 n.54, f.15. Mala. Papilio hexapus, supra niger, alis omnibus macularum transversali albo, inferioribus dentatis.

Ray, ins. p. 126. n.2. Papilio major nigra S. pulla, alis supina patre maculis albis nottatis.

Rosel. Ins. Vol.3, supplem. I, tabl. 33, fig.3,4 & Tab. 70, f.1,2,3, class. I. Papil.diurn.

 

   Le deuil a ses ailes un peu dentelées à leur bord. En dessus elles sont noires, avec une bande transverse de taches blanches allongées, qui parcoure les quatre ailes dans leur milieu. Cette bande est composée de huit taches sur les ailes supérieures, et de sept sur les inférieures. Au dessus de cette bande, il y a sur les ailes de dessus une tache seule séparée, formée en croissant ; et, plus basque la bande, il y en a deux autres, l'une grande et l'autre petite, à coté l'une de l'autre proche l'angle extérieur, et au dessous de ces trois dernières trois points de couleur fauve. Sur les ailes inférieures, au dessous des sept taches blanches, il y a autant de lunules ou croissants de couleur fauve, dont les pointes regardent le bord de l'aile, et dont la dernière ou septième forme presque une tache ronde. En dessous, les ailes sont fauves ou d'un brun rougeâtre, avec les mêmes taches blanches qu'en dessus, outre deux autres qui se rencontrent sur les ailes inférieures à leur base, ou à l'endroit de leur attache avec le corps. De plus, les quatre ailes sont bordées en dessous d'une rangée de points noirs. Les yeux de l'insecte sont bruns et ses pattes blanches. Je ne connais point la chenille de ce papillon, que je n'ai trouvé qu'une seule fois."

  Geoffroy donne sa description cinq ans avant celle de Linné et ne peut donc pas citer cet auteur ou le nom de P. camilla. Inversement, Linné n'a pas cité Geoffroy. 

Il donne en référence l'illustration de Rösel von Rosenhof, tableau XXXIII et LXX.

rdYbaCk-pgvVtZ_oDOdxDZKcb4NKe2Qz8oVyrkOM n8bwskEnyY-5f6nCEcxMs1ZIPXdna5Op9WtXUXhV http://www.biodiversitylibrary.org/item/31188#page/240/mode/1up

      Sur le plan de la zoonymie, ce papillon est apparié avec l'espèce suivante, le Demi-deuil (P. leucomelanos Geoffroy in Fourcroy p. 249) par l'utilisation de la métaphore d'un costume de deuil (noir avec un bandeau blanc) ou de demi-deuil (noir et blanc à parties égales). Le qualificatif latin choisi pour l'édition de Fourcroy est le bel adjectif luctŭōsus, a, um : " - 1 - qui cause de la peine, douloureux, déplorable, affligeant, triste. - 2 - plongé dans le deuil, infortuné". Dict. Jeanneau).

 Je regrette l'abandon de ce nom, qui, tout en décrivant parfaitement la couleur de base des ailes, créait une évocation très expressive, propre à notre langue maternelle,  dont on s'amusait à trouver le complément avec sa moitié, le Demi-deuil, dans une courte série qu'un Grand-deuil serait venu compléter. Sans son grand frère le Deuil, le Demi-deuil est désormais un peu orphelin.

(En 1869, un texte signale encore cette appellation sous le terme de Deuil-azuré).

 


 2. Le Petit Silvain, Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 29 planche 11 fig. 13 par J.J. Ernst gravée par J. Juillet,  1779. 

Engramelle donne en réference le P.N. sibilla de Linné Syst. Nat. ed. 12 ; les mêmes planches d' illustration par Rösel que Geoffroy ; Esper Tome I tableau XIV fig. 2 et 3. Enfin, il souligne la ressemblance —mais non l'identité — de son Petit Sylain avec le Deuil de Geoffroy. 

 Nous ne savons pas pourquoi Engramelle n'a pas repris ce zoonyme et a préféré celui de Sylvain. 

 

  Le nom vernaculaire de Sylvain est attesté en France selon mes recherches depuis la parution de l'ouvrage d'Engramelle , avec quatre espèces,

- le Grand Sylvain ou Sylvain, Papillons d'Europe, pl  IX n°10 et X n°11

 -le Petit Sylvain, pl XI n°13

 -le Sylvain azuré , pl. XI n° 4

 -et le Sylvain coenobite pl. X n° 12 .

 

Mais ces noms vernaculaires ont été reliés aux noms scientifiques  de la manière suivante durant tout le XIXeme siècle :

Grand Sylvain : Nymphalis populi

Petit Sylvain  : Nymphalis Sibylla,

Sylvain azuré : Nymphales camilla,

Sylvain coenobite : Nymphales lucilla.

     Aussi tous les Dictionnaires d'Histoire Naturelle, les Encyclopédies, Godart et Duponchel dans leur Histoire Naturelle des Lépidoptères, A. Dupuis dans son guide des papillons, (1863), Hippolyte Lucas dans l'Histoire naturelle des lépidoptères ( 1834), Boisduval dans la Collection des chenilles  ( 1832), et Cuvier, et Latreille, Émile Blanchard, Pierre Boitard, les Sociétés linnéennes même considérèrent que le Sylvain azuré se nommait camilla, et que le Petit Sylvain portait le nom de Sibilla.  

 

 Le nom vient du latin sylva, la forêt, les bois, ou plutôt du nom latin du dieu des forêts, Sylvanus ou Silvanus. Dans la religion antique des romains, Sylvain appartient aux Dii, et il cherche à pénétrer dans les maisons : "Voilà donc l'enfant sorti sans danger du sein de sa mère. Mais, les dieux ne l'abandonnent par; et continuent à l'accompagner en bataillons serrés. On craint que Sylvain ne vienne tourmenter sa mère et ne pénètre dans la maison où elle repose : afin d'éloigner le sauvage esprit des bois, on lui rappelles le présence des hommes dans la demeure, d'abord en frappant le seuil de la porte d'un coup de la hache du bûcheron, puis en le heurtant encore du pilon du meunier et enfin en le balayant avec le balai du moissonneur". Dictionnaire   

 En poésie, ce sont de petits êtres qui accompagnent les faunes et fréquentent les bois. En zoologie, il qualifie les espèces qui vivent dans les bois (pas toujours : le Chevalier sylvain Tringa glaerola). Parmi les papillons, l' Hespérie du dactyle est nommée la Sylvaine.

 Il s'accorde bien à un papillon de la famille des Nymphalides, au vol féerique de Peter Pan.


 

 

 

3. Le P.P. (Sibille) sibilla, Charles de Villers, 1789.

Le P.P (Camille) camilla, Charles de Villers, 1789

Le ( Sibille), C. de Villers, Caroli Linneai Entomologia, 1789, page 46 n°77.

Le (Camille), C. de Villers, Caroli Linneai Entomologia, 1789, page 46 n°78.

Les noms de Sibille et Camille sont des traductions indicatives (placés entre parenthèses) des noms latins de Linné.

De Villers indique en Observation son embarras : Obs. An hi duo papilio Sibilla et Camilla una & eadem species, uti credidit D. Fabricius. An species diversae ? Incertum. In opere recentiore non jure citantur Sibilla & Camilla D. Esp    pour papilio. Sibilla Linné, ut ex descriptione patet. Solis larvis dubium solvi potest. V.

  "Remarque. Sybilla et Camilla sont-ils  une seule et même espèce de papillon , comme le croyait M. Fabricius. Des espèces différentes ? [ou : diverses variiétés ? ] Incertain."

 

4. Satyre P[apilio] Sibille, (P. Sibilla) Walckenaer 1802.

Walckenaer Faune parisienne 1802 page 272 n°32. 

 


6. Le Nymphale sibylla, Godart et Latreille, 1819.

LATREILLE (P.A), GODART (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9,  1819, page 342 et page 402  n°176 .

Le numéro 177 est nommé La Nymphale camilla mais correspond au Sylvain azuré d'Engramelle.

       Le texte descriptif de Godart commence ainsi : "Linnaeus, d'après les figures susmentionnées de Roësel, a donné le mâle de cette espèce sous le nom de sibilla et la femelle sous celui de camilla". (ce qui n'a guère de sens).


7. Le Nymphale Petit-Sylvain Godart 1821.

 

Le Nymphale Petit-Sylvain  : Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823 page 116 n°37 Planche XXVIII 6tert. peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin. 

Jean-Baptiste Godart cite les noms suivants après son titre Le Nymphale Petit-Sylvain :

"Papilio Sibilla et Papilio Camilla Linn(1) ; Le Petit-Sylvain (Engram. Pap. d'Europe) ; Le Deuil (Geoff.).

(1) Linné a donné le mâle sous le nom de Sibilla et la femelle sous le nom de Camilla)."

 

 Ce nom  a pourtant été repris par Pierre Hippolyte Lucas 1834, page 42; Pierre Boitard 1843 ; P.A. Duponchel en 1849, page 18 ; Maurice Sand, 1862 ; ...

 Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) page 165, utilise le nom Le Limenète sybille, Limenitis sibilla, avec les initiales a.c., "assez commun".

 


6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose de retenir le nom de Petit Sylvain, à l'exclusion des formes le Petit Sylvain azuré, le Deuil, le Sibille.

   Il donne en note le commentaire suivant :

" Comme je l'ai indiqué dans l'introduction de ce travail, les noms vernaculaires d'Azuritis reducta et de Ladoga camilla ont été couramment intervertis dans la littérature entomologique, manifestement en raison de la confusion qui a longtemps régné dans la nomenclature latine de ces deux espèces (reducta Stgr = camilla D. & S. ; camilla L. = sibilla L.) Égaré par cette situation confuse, J. Lupold, adaptateur d'O. Danesh, a même été jusqu'à créer un "Petit Sylvain azuré", "hybride lexical" particulièrement révélateur de ce contexte passablement équivoque. La récente création par Boudinot (Nouvelle revue d'Entomologie,* N.S., 2 (4), 1985 (1986) : 403-409) du genre azuritis  pour le "Sylvain azuré" devrait mettre un fin à cette situation, puisqu'elle introduit un moyen mnémotechnique simple permettant d'associer correctement, sans risque d'erreur, le nom vernaculaire et le nom scientifique correspondant de cette espèce."

*Description d'un genre nouveau parmi les Limenitini palearctiques (Lepidoptera, Nymphalidae). Actuellement un sous-genre de Limenitis, où se classe L. reducta.

 

 


7. Noms vernaculaires contemporains :

      Charles Oberthür et Constant Houlbert , dans leur Faune armoricaine de 1912-1921, utilisent le nom scientifique de Limenitis camilla , mais cite en bas de page 84 "le Petit Sylvain".

 


—Bellmann / Luquet 2008 : "Le Petit Sylvain".

— Chinery / Luquet  2012 :"Le Petit Sylvain".

— Doux & Gibeaux 2007 : "Le Petit Sylvain".

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : "Le Petit Sylvain". 

— Lafranchis, 2000 : "Le Petit Sylvain" .

— Perrein, 1012 : "Petit Sylvain" .

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 :"Petit Sylvain".

— Wikipédia : " Petit Sylvain".

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

      Outre deux noms originaux traités plus bas, les éléments de désignation sont la taille (petit, petite) et la plante hôte (chèvrefeuille).

  • The White Admiral en anglais (L'Amiral blanc").
  • Kleiner Eisvogel en allemand. ("Petit papillon "oiseau de glace" ou "Martin-pêcheur").
  • Kuusamaperhonen en finnois ("papillon du chèvrefeuille")
  • Sibilla en italien
  • Ninfa de bosque en espagnol ("nymphe des forêts", donc "Sylvain").
  • Mažasis juodmargis en lithuanien ("le petit noir et blanc")
  • Tryfjäril en suédois ("try papillon").
  • Bělopásek dvouřadý en tchèque.
  • Lytse Iisfûgelflinter
  • Kleine ijsvogelvlinder en néerlandais ("Petit papillon "oiseau de glace")
  •  Hanımelikelebeği en turc ("papillon du chèvrefeuille")
  • Hvid admiral en danois ("Amiral blanc")
  • Kis lonclepke en hongrois ("Petit papillon du chèvrefeuille).
  • Pokłonnik kamilla en polonais 
  • Väikelumik en estonien
  • Bielopásavec zemolezový en slovaque.
  • Ленточник камилла en russe ("petit ...")

a) le nom anglais "White Admiral".

Les anglais désignent Vanessa atalanta sous le nom de Red Admiral (Amiral Rouge), et Limenitis camilla sous celui de White Admiral (Amiral Blanc). Ces noms sont parmi les premiers donnés à des papillons, en l'occurence par James Petiver en 1699 pour le Red, et en 1703 pour le White. Puis vint un Blue Admiral Kaniska canace (Linn. 1763) asiatique et un Yellow Admiral Vanessa itea (Fabr.1775) d'Australie.

  La Royal Navy avait été organisée à l'époque élisabéthaine en trois escadres, la rouge (Drapeau rouge, commandée par l'amiral de la flotte), la blanche (drapeau blanc, commandée par le Vice-amiral)  et la bleue (drapeau bleu, commandée par le contre-amiral). Un Amiral Jaune viendra plus tard, désignant "un post captain" promu amiral sans attribution d'escadre, par défiance sur ses capacités à commander (voir ici) .

 

220px-British_admirals_promotion_path.sv

Nelson, Edward Vernon, et Edward Hawke :

 220px-Young_Nelson.jpg  220px-Captain_Edward_Vernon_%281723-1794 

Je place ces images par simple association entre les ailes des "Admirals" et les tenues de ces hauts personnages, sans aucune argumentation historique. Chacun reconnaîtra White Admiral et Red Admiral.

 Plus tard, avec l'entomologiste Wilkes (1741), le nom se transforma en White Admirable et Red Admirable.

Voir infra chap. IV la suite.


b) le nom allemand "Eisvogel".

 "Eisvogel", littéralement "glace-oiseau", est le nom vernaculaire du Martin-pêcheur, bien qu'on ignore les raisons d'un tel surnom, généralement attribué aux couleurs métalliques "glacées" du plumage (par le vieil allemand eisan, "chatoyer, briller").

 Le "Kleine Eisvogel" est notre Petit Sylvain, le Blauschwarzer (Bleu-noir) Eisvogel notre Sylvain azuré L. reducta, et le Großer Eisvogel est notre Grand Sylvain L. populi.

 J'ignore pour quelle raison ces papillons sont nommées ainsi, mais les trois Limenitis ont des couleurs chatoyantes, c'est à dire changeant de couleur comme l'œil des chats selon l'angle de vue.

 

 


 

Langues celtiques  : 

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  • The White Admiral en irlandais

  •  en mannois.
  •  ? en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton ; 

  • manten wen en gallois.

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 Voir aussi :http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

  • The White Leghorn Admiral : Petiver, 1703 ("L' Amiral Blanc  de Livourne").
  • The Leghorn white Admiral : Petiver, 1706. ("L'Amiral Blanc de Livourne")
  • The white or White Admiral : Petiver,1717 ; Berkenhout, 1769 ; Haworth, 1803 ; et la plupart des auteurs. ("l'Amiral Blanc")
  • The White Admirable : Wilkes, 1741-42 ; Harris, 1766 ; Brown, 1843 ; Newman & Leeds, 1913. ("L'Admirable Blanc")
  • The Honeysuckle : Rennie, 1832 ("Le Chèvrefeuille").

 

      Je crus d'abord que Leghorn était le nom de l'amiral en l'honneur de qui Petiver avait nommé l'espèce. Mais il ne s'agit que du nom de l'endroit d'où le papillon a été amené au collectionneur.

  James Petiver avait nommé le Red Admiral en 1699. Il continue donc la série trois ou quatre ans plus tard, et l'uniforme noir du papillon, traversé par un grand pan de chemise blanche, lui inspire sans-doute le nom de White Admiral.

Ce qui est certain, car il en fit mention dans son Gazophylacii (latin Gazophylacium, i : "salle du trésor"), c'est ceci :

Papilio LIVORNICUS superné nigrescens, inferne aureus, fascia alba utrinque insignitus. The White Legorn Admiral. Mr. Robert Barklay, Surgeon, brought me this first from Legorn, which it was caught in London by Mr Bonavert. "Papillon LIVORNICUS, dessus noir, dessous  orange, bandeau blanc marqué sur les deux côtés. The White Legorn Admiral. M. Robert Barklay, chirurgien, m'a amené de Legorn ce premier spécimen, qui avait été pris à Londres par M. Bonavert."

Legorn  ou Leghorn : Le port de Livourne (Livornicus) au sud-est de Gènes, célèbre pour la défaite des anglais dans la bataille de Leghorn en 1653, qui assura aux néerlandais le contrôle de la Méditerranée.

Bonavert : il s'agit sans-doute de Gédéon Bonnivert (1673-1703) , dont le nom s'orthographie aussi Bonivert ou Bonavert. Né à Sedan en Champagne de Pascal et Judith Bonnivert ; naturalisé anglais en 1699 ; officier dans l'armée de William III en Irlande ; il est connu par ses récoltes botaniques conservées dans le Catalogue du Sloane Herbarium du British Museum. Petiver le cite aussi, à propos du fucus dealensis, dans son Musei.

- Biographie par James Britten in Journal of Botany page 107-112.

- D.O. Vijnands :  "Plants collected by Gédéon Bonnivert in the gardens of Johan Stickers." Arch. of Natural History, 1991, 27-29.

- Le Journal de Bonnivert ou Voyage en Irlande  en 1690.

Selon C.W. Dave (1890) page 132 le premier spécimen anglais rapporté est celui de l'Historia insectorum de John Ray, 1710. Il informe les lecteurs qu'il a été pris en Essex, non loin de Tolesbury, par D. Morton, qui lui a envoyé le 11 juillet 1695. Dans le Papilionum Brittaniae Icones de 1695, Petiver écrit « White Admiral. Found about Dullidge and Wickham, near Croyde, as also at Henly-upon-Thames. »



 

 

 

Liens et Sources.

— Funet  : Limenitis    . 

— Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Limenitis camilla.

— UK Butterflies : Limenitis camilla 

 

 

 

Images : voir les superbes dessins de Hübner:

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      Liste complète des références des auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

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Godart 1821 BHL :  http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/38004#page/256/mode/1up

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Linné   http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

Linné, Mantissa plantarum   http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

Moffet :    http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google  (accès partiel)

Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

Rottemburg : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

Scopoli Entomologia carniolica 1763

   http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

 De Villers 1789 :  https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

   http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

                

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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