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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 20:29

 C'est sur la digue de l'étang de Curnic à Guisseny le 19 avril que je retrouve pour la première fois cette année les chenilles jaune et noir de ce qui est peut-être la Zygène du trèfle, Zygaena trifolii (Esper, 1783).

Noces chez les Zygènes de la filipendule : usurpation.

Mes papillons de juin : papillons de nuit

 

 

   J'arrive au moment où les chenilles, après s'être bien nourris de lotus, comme les compagnons d'Ulysse au pays des Lotophages,sont sur le point de fabriquer leur cocon, ou, pour certaines, en sont encore à devoir échapper aux appétits des araignées, et, pour d'autres, ont déjà monter leur tente  à travers lesquelles on devine encore bien leurs couleurs :

 

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La chenille ne risque rien des oiseaux, du-moins ceux qui ont bien appris le cours sur les couleurs aposématiques

et qui ont retenu que cette couleur jaune signifie : attention, danger, présence de composés cyanhydriques, dont la consommation nuit gravement à la santé. Plus sages que nos fumeurs, ils s'abstiennent.

 

 

   La plante-hôte de Zygaena trifolii est le lotier, que voici avec ses chenilles :

 

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  Ailleurs, le lotier est en fleur, avec de belles couleurs :

 

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     Les deux stades co-existent tranquillement ; la chrysalide est réputée de voisinage peu dérangeant.

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  En voici une qui est tout-juste en train de fabriquer son hamac :

 

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   Elle est en plein travail de tissage, elle s'active, elle s'active, et elle termine par un tête-à-queue que j'admire, moi qui ai déjà tenté d'éffectuer la manoeuvre dans un sac de couchage ; elle, elle y parvient au prix de quelques contorsions acrobatiques, et elle pourra se remettre de son lumbago par un repos alité prolongé.

 

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  Celle-ci s'est aménagè une petite lucarne :

 

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   je n'ai plus qu'à laisser ce petit monde se plonger dans la nuit de la nymphose et ses rêves d'opiomane jusqu'à l'émergence : j'irais voir si c'était vraiment la zygène du trèfle.

 

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Published by jean-yves cordier
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 13:35

 La Thécla de la Ronce ou Argus vert, Callophrys rubi (Linnaeus, 1758).

  Certes il n'est pas très commun, le petit azuré vert, et je ne l'ai observé l'année dernière qu'une seule fois, mais il échappe peut-être aussi à mes recherches grâce à son camouflage : ses ailes sont brun-marron sur le dessus, ce que l'on ne voit guère car il ne les expose que lorsqu'il vole :  lorsqu'il est posé il replie ses ailes et montre le dessous du plus beau vert, très efficace pour disparaître parmi les feuilles. Mais ce jour-là (hier, 19 avril), il s'était posé sur le chemin empierré qui dessert les sablières de Bodonou à Plouzané/ Saint Renan, et il était bien visible :

 

 

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   Je pouvais voir ses chaussettes rayées noir et blanc assorties à ses antennes, et cette succession caténaire de points blancs sur son aile postérieure. Je pouvais deviner l'ébauche de queue vestigiale sur la dite aile postérieure. Je pouvais aussi noter son oeil cerclé de blanc, et tenter de voir d'éventuels mais réputés sourcils. En effet, son nom scientifique de genre Callophris Billberg 1820 trouve son origine étymologique dans les mots grecs kallos, beau, et ophrus, le sourcil, ce qui incite Emmet à suggérer de l'expliquer par une marque verte entre les yeux, plutôt que par l'anneau blanc périoculaire, qui est un trait général de la famille des Lycènes et n'est pas propre à ce genre.

  L'épithète spécifique rubia le mérite d'être limpide : c'est Linné (S.N 1,p.483) qui, dans son protonyme Papilio rubi,donne à ce papillon le nom latin de la ronce ; dans sa description, il donne en effet rubus aculeatus comme la seule plante-hôte du biplan vert. Nous savons maintenant que ce Beau-sourcil couleur chlorophylle fréquente le Genet à balais, le genet des teinturiers, le Genet ailé, l'ajonc, la cytise, le lotier, le Sainfoin cultivé, l' Hélianthème vulgaire, les bruyères, la myrtille, le cassis, toute sorte de plante, mais assez rarement la ronce.

 

   La couleur émeraude ( une pierre précieuse qui lui convient mieux que le rubi) de ce Céladon est du tape-à-l'oeil : elle n'est pas due à un pigment de malachite , mais à une savante diffraction de la lumière par la structure réticulée des écailles des ailes ( en elles-même transparentes) qui lui permet d'apparaître, selon l'angle de vue ou les conditions de lumière, tantôt d'un vert-pomme métallique, tantôt presque turquoise, et de mimer un loukoum à la menthe, une sucette à l'anis,un blason prasine ou un écu sinope.

 

Pendant que la femelle parcourt la campagne en repérant les bons coins pour ses oeufs, comme une femme enceinte lorgnant sur les magasins de puériculture, le mâle se pose sur un perchoir avantageux et attend les minettes de passage, rêvant , qui-sait ? - du vert paradis des amours enfantines, quand sous le clair azur que parfume l'ajonc, après les courses, les baisers, les chants et les bouquets, et les petits nectars de derrière les bosquets, tandis que les grillons vibrent comme des violons, dans la volupté pure le coeur fait naufrage !

 

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Published by jean-yves cordier
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 12:42

On se souvient de mes rencontres avec la chrysomèle noire, le Crache-sang, ou avec sa forme maritime plus petite :

 

Du noir, et caetera...

Le retour du Crache-sang: Timarcha maritima.

 

   J'avais alors appris que Timarcha tenebricosa pondait ses oeufs sur les gaillets, oeufs qui donnaient de grosses larves noires : hier, en vadrouille en baie de Goulven, j'ai reconnu celles-ci qui pendulaient au gré des tiges tout le long du chemin, ou se dissimulaient dans le gaillet. Et en les prenant en photo, j'ai aussi aperçu Monsieur Timarque : vu sa grande taille, et ses elytres lisses,c'était T. tenebricosa.

 

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  Vues de près, elles ressemblent à un article de maroquinerie de luxe, en cuir souple engraissé de cirage. (on remarque aussi que je venais d' essuyer une belle pluie orageuse qui n'avait pas épargné la larve. Mais elle s'en moque, elle est traitée waterproof.)

 

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Published by jean-yves cordier
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:39

 

  Je ne l'avais pas dans ma collection, l'Adalia decempunctata (Linnaeus, 1758), alors que c'est une coccinelle commune des forêts de feuillus et des parcs boisés. Je l'ai trouvé près du parking de La Digue, à Goulven.

   C'est une coccinelle de 3,5 à 5 mm, glabre,  ovale, avec des pattes et des antennes marron ou orange à extrémité foncée. Elle apparaît durant les journées chaudes de mars, devient fréquente avec les beaux jours, notamment en juillet et août.

  Elle présente toutes sortes de formes : avec des points noirs sur fond rouge, des points rouges sur fond noirs, et trahir son nom en n'ayant pas les dix points requis., être presque complétement noir, fusionner ses points à son grée, etc...

   La mienne portait ses dix points, ce qui facilite l'identification.

 

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Published by jean-yves cordier
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:43

   Il était une fois...un insecte plus rouge qu'un camion des pompiers : Melasoma populi Linnaeus, 1758.

    J'ai rencontré ce Chrysomèle du peuplier dans les saules, de tout petits saules trés ras qui bordaient une mare derrière les dunes prés de l'usine à galet de Trevennec (29S), si petits et si ras qu'on ne voyait, au ras du sol, qu'un tapis de jolis chatons flambant neufs.

   Je les ai pris pour de grosses coccinelles, jusqu'à ce que je regarde leurs pattes, très occupées à adhérer fortement aux élytres de leur  partenaire : je reconnus aussitôt les fameuses pattes en réglisse des Crache-sang et autres Timarcha, et en déduisis que j'avais affaire à des chrysomèles.Le retour du Crache-sang: Timarcha maritima.

   Comme chez les Timarches, la femelle est nettement plus grande que le mâle. Mais les élytres de Melasoma ne sont pas soudées, et il peut parfaitement voler.

 

 

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   Sur ce dernier cliché, je vérifie que la pointe des élytres porte bien un petit point noir, car c'est la marque de fabrique de Melasoma populi, qui le distingue de Melasoma tremulae.

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Published by jean-yves cordier
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 12:05

   Seize avril, étang de Kerloc'h à Crozon: des grandes libellules passent en patrouillant à quelques mètres au dessus de moi, par groupes de deux ou trois, quelques-unes en solo. Je parviens à suivre certaines du regard, et , dans certains cas, à repérer qu'elles se posent sur des feuilles d'arbres. Je m'approche comme je peux à travers des fourrés de ronces et de fougères sèches et je les vois, deux mètres plus haut, peu accessibles à une photographie. Faute de mieux, je tente un cliché au 400mm, qui donne, une fois bien agrandi, ceci :

 

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   Ce corps sombre orné de mosaïque de taches bleu-clair, ce vol en zig-zag, cet abdomen assez rectiligne sans dilatation, ce ne peut être, à cette date, que l'Aeschne printanière, mais elle est trop éloignée à mon goût, et j'ai beau tenter de m'approcher de cette aubépine stratégiquement situé au milieu d'une belle et dense plantation d'orties, rêver d'une échelle, monter sur une pierre, ou faire des bonds de basketteur, je ne trouve aucun moyen de réaliser une photographie correcte.

  Je reste au pied de l'arbre, mais l'Aeschne prends son temps, puis s'élance... vers une autre branche plus haut située. Je consacre à ce petit jeu une partie de l'après-midi, puis je renonce.

  Sur le chemin de retour, je suis régulièrement survolé par les petits hélicoptères bleus et noirs. Dans la Rade de Brest, nous sommes habitués au passage bruyant des appareils de la base de Lanvéocsurveillant l'accès de l' Île Longue, et je ne cherche pas plus désormais à intercepterces libellules que je ne tente, d'habitude, de capturer un hélicoptère de la B.A.N avec un filet à papillon.

 

   Mais le miracle survient : un petit missile se pose dans les herbes, à ma hauteur ! Je le rate une fois, mais la chance redouble, et me voilà à genoux, (toujours dans les orties...) face à un petit bijou de bronze, un vrai chef-d'oeuvre de Lalique.

 Lalique pendentif libellule

 

 

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 I.  C'est la Cordulie bronzée, Cordulia aenea(Linnaeus, 1758) : 

 •  Elle appartient au genre CorduliaLeach, 1815 parce que c'est une libellule de taille moyenne, dont les yeux sont en contact par un point ou une zone brève, qui est de couleur vert métallique sur le thorax, l'abdomen et , chez l'adulte mature, les yeux. (Mon spécimen vient d'émerger de sa forme de chrysalide, comme en témoigne ses ailes brillantes, et ses yeux sont encore bruns.) Elle  présente d'autres caractères des Cordulies comme les triangles alaires des ailes antérieure et postérieure qui ne sont pas orientés dans le même sens.

  • Elle appartient à l'espèce aenea

            -par la précocité de son apparition,

            - par la couleur safranée de ses ailes, prédominant à leur base,

           - par son abondante pilosité claire du thorax (comme la Cordulie métallique ),

           - par l'absence de marque claire sur l'abdomen,

            - par l'absence de marques jaunes sur le front, pour la distinguer de la Cordulie métallique,

            - par l'unique nervure transverse tendue entre le triangle, et la base.

 

 

 

 

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  • C'est une femelle, ses appendices anaux étant composée d'une paire de cercoïdes, sans lame supra anale.

  Donc je ne peux constater la dilatation de l'abdomen en massue au niveau de S7 et S8.

 

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   En réalité, j'aurais la chance de rencontrer deux femelles, également posées à trente centimètres du sol, en train de faire sécher leurs ailes récemment écloses : l'une sur sa feuille de ronce, l'autre sur sa feuille de chêne.

 Ces libellules se plaisent  dans les eaux stagnantes pauvres en nutriments : l'eutrophisation des plans d'eau ne leur convient pas. Les larves, après un période de deux ou trois ans où elles traversent douze stades larvaires, émergent début avril. L'imago débute alors une phase de maturation de quinze jours ou trois semaines où il s'éloigne parfois de plusieurs kilomètres des zones humides pour fréquenter les allées forestières et les zones boisées ; puis il rejoint les sites de reproduction, où on verra les mâles patrouiller durant la journée à la recherche d'une partenaire ; l'espèce n'est pas répandue, et les concurrents sont rares, mais s'il s'en présente, Monsieur Cordulie bronzé se livre à des affrontements redoutables.

 

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    L' Homme-au-Vitrail, ou la Cordulie de la Sainte-Face.

  Il est difficile de se faire une idée exacte de l'étymologie du nom de cordulie, et j'ai pu trouver des interprétations fantaisistes ou invraisemblables, mais l'origine la plus sérieuse est rapportée dans Nomina sanctorum  Dulium quorum corpora Lemovicensem diocesim ornant, de Bernard Hasui, dans la traduction faite par le carme normand Jean Daroneim pour Charles V . Les évangiles apocryphes de Jérome mentionnent bien que,lors de la passion du Christ, un centurion romain, du nom de Dullius, avait aidé Jésus lorsque celui-ci gravissait le Golgotha, allant jusqu'à le porter sur son dos avant d'être arrêté par ses propres troupes, être conduit en prison et y mourir. Mais il est moins connu, mais c'est ce que mentionne le manuscrit de Blastonbury abbey ms 6,8, 42, f128v-129 (1254) , que Saint Dulie, comme il fut appellé plus tard, dans les derniers mois de sa détention, s'était mis à présenter sur sa propre chair, au niveau du dos, les stigmates glorieux du visage christique souffrant . Il était, nous dit l'hagiographe, l'équivalent humain du Volto Santo,le voile par lequel Sainte Véronique avait essuyé le front du sauveur, et sur lequel s'était trouvé reproduit miraculeusement la Sainte Face. Le portrait divin que Dullius arborait dans son dos aurait été alors copié lui-même par un artiste, Saint Luc peut-être, et aurait été conservé secrètement, puis racheté par les Templiers. L' Ecce Homo

d' Antonello da Messina (1474) en serait inspiré.

   La légende dit encore que lorsque Saint Dulie  fut enterré, on vit pousser sur sa tombe une aubépine, d'où sortirent des myriades de libellules, qui toutes portaient sur le thorax  un fac simile du saint tatouage. On nomma ces libellules Corpus Dullius, le corps de Dullius, puis plus dévotement Cor Dullius,le coeur de Dullius, et enfin Cordulie, dont on finit par oublier l'origine.

Un médaillon de Lucas della Robia  représente Dulie entouré du dragon du Mal (Chartreuse de Galluzo, Florence):

 

 

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   II L' Aeschne printanière ou Petite aeschne velue, Brachytron pratense (Müller, 1764).

 

 Ce fut le lendemain, 17 avril, que la Chance posa une seconde fois sur mon humble personne son regard souriant : je m'étais rendu à la sortie que Bretagne Vivante, en la personne d'Alain Desnos, organisait à Tréguennec (29S) sur le thème des chants d'oiseaux. J'avais été récompensé par le ramage, et souvent le plumage des hôtes de ces bois et buissons qui ceinturent l'étang de Trunvel. Ce furent :

• La Bouscarle de Cetti, ( "Oui, c'est moi, la Bouscarle de Cetti")

• La Fauvette à tête noire,

• La Fauvette grisette,

• La Fauvette des jardins,

• La Mésange bleue et la Mésange charbonnière,

• Le Merle,

• Le Bruant des roseaux,

• Le Cisticole des joncs,

• le Phragmite des joncs,

• Les Geais des chênes, imitant parfois la buse,

• Les Pigeons ramiers,

• le Troglodyte,

• Le Rouge-gorge,

• L'Accenteur-mouchet,

• Le Pouillot Véloce (Tcip, tchap, tchip, tchap)

• Le Pouillot fitis ( "Dis-le moi si tu ne m'aimes plus, dis-le moi !)

• Les Coucous des bois,

• Le Bruant zizi,

• Le Bruant jaune,

• Le Pinson des arbres,

• Le Verdier d' Europe,

• l'Alouette des champs,

• l'Epervier,

• Le Busard des roseaux,

• Le Grèbe huppé,

• Le Choucas des tours,

•  et la Linotte mélodieuse.

 

  Mais l'un d'entre nous remarqua, parmi les herbes des buissons d'ajonc, l'Aeschne printanière que j'avais tant cherché à approcher la veille et qui faisait sa séance de méditation zazen, à moins qu'elle n'attendait que ses ailes ne sêchent. Nous penchâmes sur elle nos objectifs photo, et lui volèrent son portrait, que voici :

 

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Parmi les Aeschnidés, Rambur 1812, le genre Brachytrona été décrit par Evans,1845 avec les caractères suivants :

-une période de vol précoce,

- une forte pilosité,

-des ptérostigmas longs et fins,

- un abdomen robuste, et non rétréci à la base, conférant une allure générale compacte.

 

  Le genre étant monospécifique, ces éléments peuvent suffire à décrire B.pratense, qui se reconnaît en outre par une tache centrale claire en S1 (non visible car notre aeschne vient juste d'émerger et tient encore ses ailes comme une demoiselle ou zygoptère, sans les déployer) deux bandes antehumérales claires, chez le mâle ( il s'agit donc ici d'un mâle), et par les marques bleues  allongées et surmontées d'un trait,sur l'abdomen.

 

 Le nom Brachytron vient du grec brachynô,"court", et êtron, "abdomen" : il rappelle que l'abdomen, qui mesure 37 à 46 mm, ets plus court que celui de l'Aeschne mixte, par exemple, qui fait ses 43 à 54 mm, ou celui d'un Anax.

L'origine de l'épithète spécifique pratense est latine, du nom pratum qui signifie prairie : car c'est dans les prairies que l'imago immature passe, durant une dizaine de jours, sa phas de maturation, à moins qu'elle ne préfère les lisières des bois.

  L'espèce a été décrite par Otto Friedrich Müller (1730-1764), un danois de Copenhague, dans Fauna insectorium Friedrichsdaliana,page 64, (Gleditsch éditeur, Copenhague 1764)  sous le nom protonymique de Libellula pratensis.

 

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Les larves émergent de façon synchronisée, un beau matin, et grimpent sur la végétation de la rive, les phragmites, les carex, les iris pseudoacorus ou les typha qui se présentent. L'imago gagne les vertes prairies puis revient, majeur et vacciné, vivre en son plan d'eau et ses chers hélophytes le reste de son âge, le mâle patrouillant au ras de l'eau, en un vol en zig-zag caractéristique. Ce dernier ne défend pas de térritoire, mais agresse les autres mâles de l'espèce, tout en restant paisible avec les autres libellules.

 

 

 

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  N.B J'espère que tout est strictement exact , notamment la belle histoire de Dullius que j'ai inventé pour vous distraire. Mais je suis aussi débutant en menterie qu'en entomologie.  La véritable étymologie de Cordulia aeneaest celle-ci : Cordulia vient du grec Kordyleiaqui signifie "massue" en référence à la dilatation de l'abdomen du mâle. Aenea vient du latin aeneus, "bronzé", qui se rapporte à l'aspect metallique de bronze du mâle.

   Le protonyme est Libellula aenea, dans la dixiéme èdition du Systema Naturae de 1758 de Linné, 1er volume, page 544.

 

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Published by jean-yves cordier
15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 17:27

Depuis le 5 avril, un Goéland Bourgmestre Larus hyperboreusGunnerus, 1767 a été signalé dans le port du Conquet, tout simplement à proximité immédiate de l'embarcadère de la vedette pour Ouessant.

  Aujourd'hui 15 avril, je vais lui rendre visite, et je le repère facilement sur l'indice infaillible de deux longues-vues établies sur le quai et pointèes vers un petit caboteur : tournant avec opiniatreté autour de la coque (il y restera pendant plus d'une heure ), l' hyperboréen est là, avec sa grande taille, sa livrée très clairs, à peine grise, quasi immaculée, et sa queue blanche qui le distingue immédiatement de tous les goélands argentés du voisinage.

 

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  En France, les observations ont souvent lieu en novembre, à l'occasion d'un coup de vent de Nord-Ouest, et la tempête du 9 au 11 novembre 2007 en avait porté plusieurs dizaines. Ici, au Conquet, un Bourgmestre a été observé le 2 octobre dernier.

  On dénombrerait 20 à 80 observations annuelles en France. L' île d'Ouessant, le port de Brest,  les ports de Douarnenez, Guilvinec, Lesconil ou d'Audierne sont parmi les bons spots, les chalutiers hauturiers ramenant parfois avec eux les Goélands Bourgmestres qu'ils rencontrent...

Les individus qui sont vus en fin d'hiver ou début de printemps ont un plumage "usé" qui apparaît ainsi particulièrement blanc, alors que les oiseaux de novembre ont le ventre sombre, café au lait, et un manteau chiné.

 

 

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  Dnas un article d'Ornithomédia de 2007, Marc Fasol écrivait : Les juvéniles ont un bec rose bonbon typique, aux bords bien droits, parallèles, dont le dernier tiers distal (proche de l'extrémité) aurait été trempée dans de l'encre de Chine.

 

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  Le Goéland Bourgmestre habite et niche dans le haut Arctique (Groenland, Svalbard, Islande, Russie arctique), et s'y trouve très bien : seuls les petits jeunes et les  immatures   contestent cette vie sédentaire et partent sur la route, vers le Sud passer l'hiver le long des côtes de l'Amérique du Nord, et, pour quelques-uns, à l'occasion, sur nos côtes.

   Ces grands goélands mettent quatre année à devenir adultes, et passent successivement par quatre plumages. Adulte, notre héros aura les yeux jaunes, mais c'est encore un immature de deuxième année calendaire et de premier hiver, c'est un H1 à l'iris foncé, et au bec bicolore rose chair à la base et noir à l'extrémité.

   Un individu H2 sera reconnaissable par son iris clair, et par son plumage plus clair que H1 (notre specimen ne permet pas d'en juger, vu sa clarté particulière).

  Le plumage H3 se rapproche beaucoup du plumage adulte H4, mais se démarque par un manteau plus clair et une tête fortement marquée d'ocre (Ornithomédia, Marc Fasol).

  L'observation d' adulte est tout-à-fait exceptionnelle en France. Le bec puissant est alors jaune avec une marque rouge sur la mandibule inférieure.

 

  Les pattes sont roses :

 

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  Les couvertures alaires sont gris pâles avec une nette bordure blanche. Marc Fasol écrit :  En vol, un Goéland bourgmestre de premier hiver est "magique": ses courtes mains (extrémités des ailes), presque transparentes, donnent une impression étrange. Lent et puissant, l'oiseau "au corps de velours" s'éclipse tel un fantôme, ne présentant aucun motif bien défini, ni sur la queue, ni sur les ailes. Tout au plus, ses culottes sont-elles délicatement rayées. (Ornithomédia)

 

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    Merci aux messages de Bernard Cadiou, Antoine Gouëllo, Emmanuel Chabot et Mickaël Champion sur la liste obsbzh qui ont diffusés ces informations.

 

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Published by jean-yves cordier
13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 10:54

 1.  A l'Aber à Crozon, une petite troupe d'une vingtaine de Petites Violettes Clossiana dia(Linnaeus,1767) volent dans  une prairie humide :

 

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   Elle tient son nom vernaculaire de la coloration violine, lie-de-vin du dessous de l'aile postérieure.

 

  Un synonyme de son nom scientifique est Boloria dia,Boloria étant un nom propre grec, et le genre Boloriaavait été baptisé ainsi par Moore en 1900.

  Le genre Clossionaest dû à Reuss, 1920, dans Ent. Mitt. 9 : 192 nota. En 1922, Alfred Franz Théodor Reuss (1879-1958) , zoologue excentrique allemand qui publia surtout en herpétologie déclara qu'il avait forgé ce nom de genre en souvenir d' Adolf Closs, mais il s'avère que ce dernier ne fut qu'un entomologiste  de second ordre.

 

Le protonyme donné par Linné dans sa douzième édition de 1767 du Systema Naturae 1(2) p. 785 est Papilio dia, ou plutôt Papilio Dia.Faut-il voir en Dia l'île grecque située au nord d'heraklion en Crète, et qui, selon certaines versions de la légende deThésée, servi de refuge, plutôt que Naxos, à  Ariane?  On se souvient que Linné a réparti les papillons diurnes en phalanges, et que Papilio Dia appartient aux Nymphes, les Nymphalis.

 

 

  2. Le Point-de-Hongrie Erynnis tages (Linnaeus, 1758).

 

   Il est discret comme une ombre grise, petit, banal, et je l'aurais pris pour un papillon de nuit s'il n'avait attirè mon attention par la vivacite de son vol.

 

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    Qui lui attribua ce nom? Le Point-de-Hongrie est un motif de parquet, dont les lames sont disposées en frises de la même longueur, sont coupées à l'onglet à 45°, et forment des travées à angle droit , ce qui le distingue du parquet au Point de Bourgogne, en fougère, ou à bâtons rompus.

  C'est aussi le nom d'un point de tapisserie à l'aiguille.

   Seul les français ont pensé aux travaux de Pénélope ou à ceux de saint Joseph le menuisier en observant ce papillon, et les allemands le nomment   Kronwicken ou Dickkopffalter, les anglais Dingy Skipper, et d'autres le Cervantes.

  Nous renonçons parfois à notre Point-de-Hongrie (qui me fait régulièrement penser au chef-d'œuvre de Vivant Denon Point de Lendemain ) pour l'appeler La Grisette, tout simplement ; cela lui va bien.

 

 Il appartient à la famille des Hesperiidae, que les anglais nomment Skipper ou Sauteurs, pour leur vol à saut et à gambade: ces petits papillons  ont une grosse tête d'où partent deux antennes à la pointe recourbée en crochet.

   Cette famille comprend la sous-famille de Pyrgynae Burmeister,1878, qui accueille notre papillon. Elle est ainsi nommée en raison d'un autre genre, Pyrgus (Hübner,1819), du grec purgos, une tour.

 

Le nom de genre Erynnis a été attribué par Schrank en 1801, du nom des Erynies ( du grec ancien erinein, pourchasser) ou Furies, ces déesses vengeresses qui poursuivent les coupables de leur hargne acharnée.  Selon Emmet, il se justifie en raison du vol incessant de ces diablotins qui évoque celui du criminel toujours aux abois, mais on peut aussi attribuer ce vol aux déesses justicières.

 

L'épithète spécifique vient de Linné :  Tages est ce  nain qui sortit un jour d'un sillon labourè en Toscane : ce dieu étrusque s'avèra bien savant pour un enfant, et c'est lui qui enseigna aux étrusques les pratiques divinatoires d'hiéroscopie, d'hépatoscopie et la science des haruspices : voir mon article :Achille-Cléophas Lavieb : Ornithologie et religion étrusque. .

  Mais il serait vain de rechercher parmi les caractéristiques du Point-de-Hongrie les raisons de l'attribution de ce nom. Dans sa classification du systema Naturae page 458, Linné répartit les Papilio en 6 phalanges, les Equites, les Heliconii, les Danaii, les Nymphales (répartis en Gemmati et en Phalerati), les Plebeii parvi et les Barbari.

  Tages vient en 168 ème position, c'est le dernier des Plébèiens, il est talonné par les Barbares qui vont de 169 à 192.

Les plébéiens se divisent en Rurales, ceux de la campagne, et les Urbicolae, ceux de la ville : Tages est donc un urbicolae, autant que le voyageur qui, à l'hôtel,  se voit attribuer la chambre Venise de l'étage Italie se verra qualifier de Vénitien par le Gentil Organisateur. Les autres Urbicolae définis par Linné comme ceux qui ont "alis saepius maculis pellucidis" sont les numéros 162 à 167 et recoivent les noms de Comma, Proteus, Phidias, Bixae, Polycletus et Maluae.

 

   On aurait pu trouver d'autres noms scientifiques plus seyants. Mais hors de Linné, Point-de-Salut.

 

3. La Mégère, Lasiommata megera (Linnaeus,1767).

 

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Nom vernaculaire : Satyre, lorsque c'est un mâle, Mégère, lorsque c'est une femelle, comme ici. On reconnaît le mâle à la plage androconiale qui traverse en oblique l'aile antérieure , comme ici (archive):

 

DSCN1536 - Copie

 

 

Nom scientifique :

  • Lasiommata: Westwood, 1841., vient du grec lasios, chevelu, et ommata (pl.) les yeux : car la Mégère appartient à ces quelques Satyrinae à avoir des yeux velus.

 

  • megera: c'est l'une des trois Erynies, avec Alecto et Tisiphone, l'une des trois déesses de la vengeance, et son nom Mégaira signifie "la Haine".

  Son nom a été donné par Linné dans la douzième édition du Systema Naturae, 1 (2) page 771, dans le protonyme papilio megera.

 

Les anglais le nomment the Wall Brown,le Mur Brun, et les allemands Mauerfuchs, Mur- renard. L'allusion au renard renvoie à la couleur fauve, et la référence au mur à l'habitude, presque une manie, de la mégère de stationner ailes ouvertes au 2/3 sur toute surface dénudée, y compris les murs. On la rencontre souvent posée sur les sentiers côtiers, où nos pas l'a font décoller pour se reposer quelques mètres plus loin.

 

  4. Quand au Tircis, il est toujours très présent, comme s'il n'avait pas quitté sa feuille de lierre depuis mon précédent passage:

 

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Published by jean-yves cordier
13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 08:28

    Avec le coucou, entendu le 12 avril, les zygoptères sont arrivés à Crozon. Les zygoptères, ce sont ces libellules au corps plus fin qu'une allumette et aux ailes repliées au repos, que l'on nomme aussi demoiselles ou agrion. Les premières demoiselles, ce furent bien-sûr les Petites nymphes à corps de feu Pyrrhosoma nymphula observées depuis le début du mois d'avril. Mais le 12 avril, voici trois autres espèces:

• L' Agrion élégant, Ischnura elegans Vander Linden, 1821: mâle mature.

 

   Il tire son nom vernaculaire  Agrion du grec agrios, "qui vit dans les champs" (comme "agraire"), et le nom scientifique Ischnura du grec  ichnos, "maigre, mince" pour la finesse de son abdomen.

 

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L'Agrion joli ou exclamatif, Coenagrion pulchellum (Vander Linden,1825) : Mâle mature.

  Coenagrion vient du grec koinos, "ensemble" (on connaît la koine, la langue grecque commune au monde hellenistique), car les espèces du genre Coenagrion volent fréquemment en tandem.  Pulchellum signifie en latin "joli, gracieux".

 

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  Comme il est plus rare que l' Agrion jouvencelle Coenagrion puella, il est nécessaire de vérifier les détails d'identification suivants :

- la bande antéhumerale est interrompue ce qui forme un point d'exclamation : ici, je note une barre d'interruption à droite et deux à gauche.

- le deuxième segment abdominal est orné d'un motif en Y, et non en U. C'est bien le cas.

- le bord postérieur du pronotum est ondulé de façon accentuée, en W, c'est aussi le cas.

- l'extrémité de l'abdomen est décoré par un pavé noir.

 

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• L'Agrion portecoupe, Enallagma cyathigerum (Charpentier,1840).

   Le terme grec enallagma signifie "confusion" Charpentier qualifie ainsi les coenagrionidés bleus particulièrement difficiles à identifier.

    l'épithète cyatigerum signifie "porte-coupe", associant le grec cyathus, la coupe, et le verbe ger-, porter.

   Un mâle sur son ortie :

 

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   Une femelle sur sa feuille , avec ses ailes bien brillantes et son ptérostigma peu visible témoignant d'une émergence récente :

 

 

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   ... et encore un mâle (les deux derniers segments de l'abdomen sont clairs) qui est immature et n'a pas encore sa belle couleur bleue.

 

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Published by jean-yves cordier
11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 21:18

Elle est commune, répandue dans toute la France, mais tant-pis, je suis bien content de la trouver dans mon jardin, tout près du lilas qui est, avec le troène, la plante-hôte de la chenille : c'est Menophra abruptaria (Thunberg & Sebald, 1792), la Phalène pétrifiée, ou Boarmie pétrifiée, the Waved Umber , der Lederbrauner Rindenspanner; un joli paquet de zoonymes à démêler.

 

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  Observé le 8 avril à Plouzané (29)

 

 

 •   Le nom vernaculaire semble clair : phalène, autrement dit papillon de nuit, et pétrifiée, pour sa ressemblance avec ces pierres veinées, même si j'inclinais plutôt mes comparaisons vers les veines du bois ou du liège. Mais celui qui a admiré, à l'Opficio delle Pietre Dure de Florence, les Paesine, les collections de pietra paesina ou pierre-paysage extraite près de la capitale toscane, celui qui s'est perdu en rêverie devant les architectures ruiniformes ou fantastiques composées par les aléas des infiltrations d'eaux chargées d'oxyde de manganèse ou de fer, celui qui a été convaincu par l'enthousiasme de Roger Gallois lorsqu'il décrivait (Pierres, Paris, Gallimard 1966) les réussites surréalistes de ces dendrites graphomanes, celui-là  se laisse volontiers convaincre par l'évocation du qualificatif.

 

 •   Le nom Boarmie  provient d'un des surnoms grecs d'Athena : boarmia, celle qui attelle les boeufs. Les Boarmies sont un ensemble de phalènes aux ailes festonnés nommés aussi "grisailles" : boarmies du chêne, des lichens, ponctuée, recourbée, crépusculaire, rhomboïdale, tous des Geometridae. La tribu des Boarminii compte 49 espèces en France.

 

•  C'est en effet un Géomètre, un Ennominae.

 

   - Le genre Menophra a été décrit par Frédéric  Moore en 1887  dans The Lepidoptera of Ceylon vol. 3,(4)page 409. Le nom vient du grec mene, la lune, et ophrus, le sourcil. Sourcil de lune, cela ressemble à un prénom japonais, mais cela proviendrait des arcs dessinés par les profondes indentations du bord de l'aile postérieure.

  Menophra abruptaria est l' espèce type du genre qui comprend une douzaine d'espèces.

 

    - l'épithète spécifique vient du protonyme Phalaena abruptaria de la description originelle de Thunberg dans Diss. Ent. sistens Insecta Suecica (4): 59-60 + planche fig.8. On y lit dans la description des ailes: Alae planae : omnes cinereae strigis vix perspicuis fulcis fasciatae : punctum in medio versus marginem exteriorem minimum nigrum, inque margine postico tria minutissima  : fascia obliqua, latior, fusca,ab apice ad apicem oblique ducta, in anticis subabrupta. (je souligne)

  Cet abruptaria se réfère si je ne me trompe pas à la cassure de la veine médiane, ou dans tous les cas à une particularité de la description de l'aile.

 

L'espèce est donnée comme univoltine en Grande-Bretagne (UK-Moths), bivoltine en France voire trivoltine dans le sud ( Papillons de Poitou-Charentes), visible d'avril à juin puis de juillet à août.

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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