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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 12:06

     La Vie est-elle un Songe, ai-je été enfermé comme le Prince Sigismond de la pièce du théatre de Calderon dans une tour où je croyais mener la vie normale, alors que, durant toutes ces années, les oiseaux, les papillons, les libellules et les insectes menaient grand train, affichaient leurs atours, proclamaient ostensiblement leurs amours sur une scène parallèle dont je ne voyais rien ? Ai-je dormi, ai-je rêvé, de puissants narcotiques m'avaient-ils rendu étrangement et sélectivement myope pendant tant de temps d'indifférence, ou bien, au contraire, va-t-on me réveiller pour me révéler la nature hallucinatoire ou onirique de tous ces spectacles qui, depuis près de deux ans, m'enchantent?

   Suis-je sujet à des attaques d' "hallucinations lilliputiennes " décrites par Louise Bérubé en 1991? ( Terminologie de neuropsychologie et de neurologie du comportement, Montréal, Les Éditions de la Chenelière Inc.,1991, 176 p., p. 46.)

  Ou bien, tel le navigateur solitaire Joshua Slocum croyant que le pilote de la Pinta est monté à bord du Spray, tels 83% des concurrents de la course en solitaire de Figaro en 1985 qui rapportèrent des hallucinations hypnagogiques surtout visuelles, admirant une femme-poisson ou redoutant le passage d'un TGV, tel, surtout, Lemuel Gulliver, ce chirurgien de marine à la typologie circadienne  particulièrement sensible  aux dettes de sommeil et à l'effet hypnogène de la mer toujours toujours recommencée et qui, à chacun de ses voyages, fut convaincu de vivre des aventures invraisemblables à Brobdingnag, à Blubbdubdrib, à Laputa, à Luggnag et chez les Houyhnhnms, ce peuple de chevaux qui domestiquent  les Yahoos, les misérables êtres humains ? Oui, dans ma longue traversée solitaire de l' existence océanique, n'ai-je donc tant vécu  que pour cette folie?

 

 

  

   Le Machaon que j'ai vu, hier, venir explorer les plants de fenouil de la gare désaffectée de Kerloc'h,  l'  Aurore cherchant les pieds de Cardamine, l'Azuré des nerpruns, le Cuivré commun, le Robert-le-diable, les Nymphes à corps de feu vont-ils venir saluer, et reculer derrière le rideau de scène ?

 

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   Si je ne rêve pas, pourquoi m'étaient-ils invisibles auparavant?

  Pourquoi, jusqu'à présent, n'avais-je jamais observé la chenille du Citron ?

 

Citron 0041c

 

  (et le Citron, image d'archive)Citron 6950c

 

 

 

    Et toutes ces punaises viennent-elles d' être perdues par le grand Tapissier ? Étaient-elles invisibles, avec leurs couleurs d' Arlequin ?

 

Le Pentatome rayé :

 

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  La punaise des baies Dolycoris baccarum:

 

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   La punaise brune  Coreus marginatus

 

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    Chaque plante devenait un petit continent gardé par un habitant solitaire, vigilant et extravagant : ici, si ce n'est pas un Phyllobius sp, il s'en faut de peu :

 

  charancon-ou-genre 0235cc

 

 Là, c'était Rhingia campestris :

 

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  Ici, j'étais chez Plagionotus arcuatus, agent de sécurité des arbres, exclusivement :

 

 

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Là j'étais chez le Cercope rouge-sang :

 

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    Cette feuille était bien gardée par un Pisaura mirabilis

 

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   mais partout, tapis dans les buissons, des yeux me scrutaient :

 

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     Qu' encore je n'ai pas remarqué les oeufs minuscules des insectes, je peux le comprendre : il faut vraiment les chercher :

 

   Ici, sur l'ajonc :  serait-ce les oeufs de la punaise de l'ajonc Piezodorus lituratus ? ils ressemblent à ceux qui sont photographiès ici : http://www.britishbugs.org.uk/heteroptera/Pentatomidae/piezodorus_lituratus.html

 

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   Et ici, sur le prunellier :

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   Étais-je le dormeur éveillé des Mille-et-une Nuits? Étais-je tombé récemment , comme le Petit Prince, sur cette Terre, venant d'une autre planète jumelle qui connaissait les roses, les tigres, mais qui ignorait tout des Méloé ?

 

 

  Le Méloé printanier Meloe proscarabeus Linnaeus, 1758 est donné comme d'observation commune chez nous par mon guide Vigot  d' Heiko Bellmann ; et  Wikipédia le signale "assez courant en Europe". Suis-je né de la dernière pluie ?   N'ai-je pas parcouru quelques arpents de la vieille Europe ? Du plus loin que je me souvienne, jamais je n'ai rencontré le Méloé.

   il ne passe pas inaperçu, avec ses trois centimètres de long, sa livrée noire aux reflets bleu-métal, ses antennes d'antilope ou son abdomen de pachyderme. les antennes de la femelle sont rectilignes, celles du mâle sont coudées au milieu:

 

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    Si les hasards ne m'ont pas permis de le rencontrer, du-moins aurais-je dû entendre parler des moeurs extraordinaires des larves : après que la femelle ait pondu  des milliers d'oeufs, et que ceux-ci aient donné naissance aux larves, celles-ci, par ce génie singulier que la nature confère à ses enfants, viennent se regrouper sur les fleurs que visitent les abeilles sauvages, et s'accrochent à celles-ci. Car Maman Nature a aussi pensé à  faire enfiler à ces triongulins (c'est le nom de ces larves aggripeuses) des bonnes griffes poilues semblables à trois ongles: ainsi menées au nid, elles descendent à cette station, y dévorent un oeuf, muent et deviennent des larves vermiformes qui pillent les réserves de nectar et de pollen ; après l'hiver elles se métamorphoses en de belles nymphes.

   Les malchanceuses s' accrochent à une abeille domestique qui les conduit à la ruche : ce sera leur derniere et fatale étape.

   Son nom signifie en grec ancien "noir, à peau brune", c'est un prénom féminin issu de Melanos et de Melas qui donna aussi le prénom Mélanie.

 

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   Dans la famille, celle des Méloidés riche de 2000 espèces, c'est une tradition, non seulement de parasiter les nids d'hymenoptères, mais aussi de se défendre et de défendre ses oeufs en sécrétant une hémolymphe extrêmement toxique, car riche en cantharidine. Certes, c'est une cousine de Méloé, Lytta vesicatoria ou Cantharide, qui se défend le mieux, mais Méloé ne tient pas trop à faire savoir qu'elle est fort habile à fabriquer ce produit qui brûle la peau et les yeux, car  les pharmaciens la recherchent pour fabriquer la Cantharides des officines, des préparations dermatologiques ou des produits contre les verrues ou le molluscum, quand d'autres ne lui attribuent pas des vertus aphrodisiaques.

 

 

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   Ce que je connais de ses propriétés, moi, c'est son extrême rapidité qui la rend très difficile à photographier en condition naturelle, car elle va plus vite que l'autofocus !

 

 

   Si vous me dites que vous aussi, vous observez couramment des bêtes rouges et noires, des araignées velues et des Méloès bleu-nuit, que cela n'a rien d'exceptionnel et qu'il suffit d'ouvrir ses yeux, serai-je rassuré ?  N'étaient-ils pas ouvert, mes yeux ?

   Si à l'inverse vous cherchez à me tranquilliser en m'assurant que de toute votre  vie vous n'avez jamais vu des animaux si bizarres, alors, qu'est-ce qui m'arrive ?   Pincez-moi, écartez de moi ce songe singulier !

 

     Mais nous vivons plusieurs existences, successivement aussi différentes que si nous accostions sur des continents étrangers : loin de m'inquiéter de ce Nouveau Monde, j'attends avec impatience la caravelle La Pinta qui, comme mes deux précédents navires, La Longue-vue puis La Loupe et Le Macro, me fera mouiller l'ancre devant le Nouvel Ailleurs.

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Published by jean-yves cordier
10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 18:52

  Plouzané, 9 avril : une chenille de Zèréne du groseiller Abraxas grossulariata L. me rappelle que j'avais observé la forme adulte cet été :

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   Cette chenille montre vite sa nature d'arpenteuse : les Abraxas font partie de la famille des Géomètres. Elle ne sont équipées que de deux paires de fausses pattes

 

 

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    Je l'ai trouvé sur ma haie de fusain, et effectivement outre les groseillers, cette chenille goûte aussi à divers Prunus, aux aubépines, au Fusain, aux saules.

 

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Published by jean-yves cordier
10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 18:06

   Elle n'est pas bien grosse avec ses 3 à 4 millimètres de longueur, et c'est parce que j'avais les yeux fixès sur les ajoncs ras de la falaise de la Pointe du Gouin à Camaret en train de chercher des chenilles que j'ai aperçu ces petits insectes déambulant d'un air affairé .

 

  Subcoccinella vigingtiquatuor (Linnaeus,1758)  porte  0 à 26 points noirs sur fond rouge, dont le décompte est rendu imprécis par des fusions assez communes des taches. Les élytres sont couvertes de petits poils. Le pronotum est rouge avec des points noirs également. C'est une espèce phytophage, mentionnée comme affectionnant les caryophyllacés (Lichnis, silènes) dans les milieux ouverts plutôt humides ou frais.

   Les antennes de ce genre subcoccinella - Agassiz,1846-sont insérés à  découvert sur la tête.

  Une vue plus précise montrerait ses griffes bifides .

 

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Published by jean-yves cordier
8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 18:12

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 C'est la nuit dans le jardin : tout se transforme, et les pissenlits deviennent des pleines lunes, ou des fusées de feu d'artifice. C'est l'heure d'aller étendre le linge.

 

Oui, je fais faire sécher mes draps...ou plutôt tendre un drap blanc que je vais éclairer pour attirer les papillons.

 

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  Le premier à s'interesser à ma lessive est la Citronelle Rouillée, nom plein de charme de la Phalène de l'Alisier, un Géomètre . Linné l'a baptisé Phalaena luceolata, couleur jaune d'oeuf, dans l'édition n°10 du Systema Naturae de 1758 page 525, puis en 1761, dans Fauna suecica 2, p.336, il l'a appelé Phalaena crataegata, la phalène de l'aubépine Crataegus oxycanta. Sa cheniile se nourrit des feuilles de l'aubépine, mais tout aussi bien du bouleau, du saule, du pommier, du prunus spinosa, bref de tous les arbres de mon jardin. Comme on nomme Alisier le crataegus area, on peut, comme Duponchel, le nommer Rumie de l'Alisier (Godart & Duponchel, Hist. nat.Lepid. Fr. 7 (2), 1829, p.117 ).

  Son nom vernaculaire de Citronelle rouillée vient de Geoffroy (tome II, p. 139, n°59).

  Son nom scientifique est : Opisthograptis luceolata (Linnaeus,1758).

 Le nom de genre Opisthograptis vient de Hübner, 1823. Il vient du grec opisthen, "derrière, au dos de" et graptos,  " qui porte des lettres peintes", et A.M.Emmet (1991) suspecte l'allemand Hübner d'avoir pensé qu'ophisten signifiait plutôt "sur, au dessus", tant il est vrai que les marques brun-rouge des ailes antérieures se distingue mieux sur la face dorsale.... que voici:

 

 

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   Duponchel le décrit ainsi :  Les quatre ailes tant au dessus qu'au dessous sont d'un beau jaune citron, avec trois taches couleur de rouille le long de la côte des supérieures, savoir : une près de la base, une au milieu qui est marquée d'un croissant d'argent, et la troisième à l'extrémité de l'aile : celle-ci est plus grande que les autres et de forme anguleuse. Chaque ailes est en outre traversée par deux lignes onduleuses noirâtres, et à peine marquées, avec un point de la même couleur au centre des inférieures. La frange, très étroite, est ponctuée de ferrugineux.

  La tête et le corps sont du même jaune que les ailes, et les antennes légèrement ferrugineuses.

 

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   Couché à plat ventre sur mon gazon en train de la contempler, je rêvais d'un grand cerf-volant jaune qui m'emportais dans le ciel nocturne:

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   Mon deuxième invité m'a fait vive impression en arrivant dans un vrombissement de ses ailes qu'il n'a cessé de faire vibrer que longtemps après avoir atteri sur son brin d'herbe. C'est (ne riez pas) la Cucculie de la Scofulaire, Shargacucullia scrophulariae (Denis & Schiffermüller, 1775), une Noctuidée et même une cuculline.

 

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   Pour décrypter son nom barbare, il faut déjà se débarrasser du nom "scrofulaire", qui n'est qu'une plante assez répandue dans les terrains humides, mais qui est très utile en phytothérapie car elle est riche en harpagosides, les principes actifs anti-inflammatoires de l'harpagophytum ; aussi utilise-t-on avec profit les préparations de Scrofularia nodosa. C'est d'ailleurs de son usage médicale qu'elle tire son nom, car on la donnait aux scrofuleux, les porteurs d'écrouelles, autrement dit encore les glandeux, qui présentaient des ganglions.

 

  Donc, c'est une cucullie  dont la plante-hote est la scrofulaire, que ce soit S. Umbrosa ou S. nodosa.

 

   Mais la cuculle, qu'est-ce ?

 

   Là encore, rien de sorcier, Littré nous le dit, c'est, pour les chartreux, ce que les autres moines nomment un scapulaire : une coule, quoi, du latin cuculla, " capuchon de moine". Un  vêtement formant capuche pour la tête, couvrant les épaules, et descendant jusqu'aux talons au dessus de la tunique. Mais nous ne sommes pas là pour déshabiller les bernardins, mais pour préciser que, par sens dérivé, la cuculle (aussi écrit cucule) désigne chez les papillons une touffe de poils en forme de capuchon.

 

   La cuculle c'est cette coiffe de Cherokee punk que porte notre papillon.

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   Bon, très bien. Mais pourquoi Shargacucullia ?

  Initialement, Denis et Schiffermüller l'avait nommé très simplement Noctua scrophulariae. Puis  Schrank en 1802 a créé le genre Cucullia, et ce n'est qu'en 1992 que Ronkay et Ronkay ont formé le genre Shargacucullia.

 

 

 

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  Dans le genre, nous avons aussi Shargacucullia scrophulariphila Standinger 1859, mais ce papillon ne vole qu'en Espagne, au Maroc ou en Tunisie. Et encore Shargacucullia scrophulariphaga (Rambur, 1833), qui ne se trouve qu'en Corse et en Sardaigne.

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    Mais voilà le doute, le doute terrible : et si c'était une Brèche, ou Cucullie du Bouillon-blanc, Shargacucullia verbasci (Linnaeus,1758) ?

 

     Et bien je le confesse, il s'agit très probablement de ce S.verbasci, la Cuculie du verbascum, qui est beaucoup plus commun que le précédent, et qui ne se distingue pour Heiko Bellmann que par "la bande costale brun-rougeâtre foncé de l'aile antèrieure dépourvue de cette suffusion grise " que porte le S. scrofulariae. En pleine nuit, à la lampe de poche, identifier la suffusion de la bande costale, c'est peut-être surestimer légèrement mes capacités, d'autant que Ian Kimber, sur le site UK Moths, dit que les formes adultes des deux papillons sont extrémement difficiles à distinguer, sauf à procéder à l'examen des genitalia, mais qu'il ne reconnaît que deux cas authentiques d'observation de S.Scofulariae au Royaume-Uni, en 1949 et en 1994.

   Décidément, j'ai du me tromper : mais aussi, pourquoi mon guide Nathan me présente-t-il la Cucullie de la scrofulaire en vedette, et ne mentionne Cucullie du Verbascum qu'en  option ?

 

   Sans-doute pour que mon plaisir de répéter avec gourmandise tous ces Cucullie , ces Shargacucullia, ces scrofulariae et ces verbasci soit à son comble. Et c'est réussi.

 

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Published by jean-yves cordier
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 11:32

Sur le sentier côtier de la Pointe du Gouin à Camaret, je remarque ce nid qui emmitoufle les branches d'un prunellier : les chenilles sont bien visibles, et mon guide Quel est donc ce papillon de Heiko Bellmann chez Nathan me donne la solution : Euproctis chrysorrhoea (Linnaeus ,1758), le Bombyx cul-brun, ce papillon de nuit tout blanc, sauf lorsqu'il fait apparaître l'extrémité de son abdomen couleur fauve.

 

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   Outre le prunellier,le Cul-brun pond aussi ses oeufs sur le pommier, le poirier,l'aubépine, le chêne pédonculé ou le charme, sous forme d'ooplaques allongées sur les feuilles ou les rameaux.

 

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  Ces chenilles ont confectionné à l'extrémité de ce rameau un nid communautaire d'une dizaine de centimètres à l'abri duquel elles ont hiverné sous leur forme initiale de 4 millimètres : mais les chaleurs estivales de ces derniers jours ( fin mars- début avril), elles sortent de leur moustiquaire et viennent se chauffer sur la canopée de leur tente, croquant à l'occasion un bourgeon bien tendre. Puis elles grandissent, terminent leur croissance de chenille, s'aventurent, mais, tel nos adolescents, reviennent au nid après chaque repas. On voit ici les "grands" qui crânent fièrement à l'extérieur, alors que les petits, encore en maternelle, doivent rester au chaud dans la smala.

 

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   Ces chenilles de 45 mm de long présentent une rangée subdorsale de stries blanches sur chaque flanc, pourvue sur les segments 9 et 10 d'une verrue médio-dorsale infundibuliforme rouge.  Celles-ci sécrètent un liquide que la chenille répand avec sa tête sur tout son corps, mais dont la fonction peut-être répulsive n'est pas connue avec certitude.Elle est dotèe de poils urticariants capables de provoquer de vives réactions cutanées.

 

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   Des nids semblables, j'en verrai par la suite des dizaines sur le sentier côtier, puis bien d'avantage, et je vérifierai cette règle que lorsqu'on a appris à reconnaître une chose, on constate combien on était aveugle et qu'on ignorait des observations pourtant bien visibles.

 

  Le Cul-brun est décrit par Linné sous le protonyme Phalaena chrysorrhea sous le n° 28 des Bombyces ; il cite en référence Réaumur et son histoire des insectes, I, phal,2,t 22.

  Il décrit ainsi la chenille : nodosa, pilosa, nigra, robro lineata.

 

Le nom du genre Euproctis -Hübner,1819 - signifie, sauf votre respect, " joli cul" par allusion à l'abdomen brun garni d'une bourre de poils dont la femelle se servira pour réaliser un feutrage couvrant les oeufs qu'elle a pondu.

 

  l'épithète chrysorrhoea  formé du grec chrysos, or, et de -rheo,s'écouler : il se rapporte aux belles fesses du papillon callipyge, et si Verlaine pouvait écrire Votre âme est un paysage choisi

                                                                     Que vont charmant masques et bergamasques, ...

...Linné, lui prend sa lyre et dit au Cul-brun Votre cul est une rivière d'or. Pourquoi pas.

   Spuler (1908) donne à chrysorrhoeale sens de "surabondance d'or", qualifiant la bourre prolifique de Madame Cubrun, qui finit par produire une masse plus importante que son propre abdomen.

  Enfin A.M.Emmet cite Haworth (1803) qui trouve que ce qualificatif de chrysorrhoea convient mieux à Euproctis similis, celui que nous appelons le Cul-doré, et il propose comme épithète spécifique phaeorhoeus, de -phaios, sombre, ce qui n'est pas galant.

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Published by jean-yves cordier
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 19:38

  Assis  la lande rase de la falaise de Camaret où j'observe le lézard des murailles de l'article précédent, je regarde en attendant qu'il ressorte de sa cachette l'ajonc ras et la bruyère qui m'entoure... et je vois une masse de poils gris et jaunes à allure de chenille. Mais il y a une masse grise d'un coté du rameau de bruyère, et une masse jaune plus petite de l'autre coté : le même animal ?

 

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Je parviens à les séparer et je me trouve devant une chenille très velue, comme un goupillon de nettoyage des bouteilles, avec des toupets de poils noirs, d'autres blancs, parmi l'éclatement des autres poils gris..

 

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   Quand elle accepte de ne plus se mettre en boule, je vois mieux que ces toupets s'organisent en 5 faisceaux, chacun de couleur blanche autour d'un élément central noir.

 

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   Un peu plus loin se trouve cette chenille grise et or qui ressemble beaucoup à la première, mais où je distingue une tête, les pattes et les fausses pattes.

 

 

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  Elle porte aussi ses touffes noirs et blanches. je m'amuse à la photographier.

 

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    Mais la petite chenille de rien du tout qui était accolèe à la première ? Elle possède la même organisation, c'est de la même famille :

 

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    Mes recherches d'identification me conduisent à proposer le diagnostic suivant :

  Dicallomera fascelina (Linnaeus, 1758), le Bombyx porte-brosse, ou Agathe, ou la Patte étendue : parmi les papillons de nuit ou hétérocère, dans les Noctuidae,une Lymantriidae dont la chenille polyphage s'attaque aux feuilles d'arbres (chêne, peuplier, bouleau, ) ou des genets, de l'ajonc, de la bruyère calluna vulgaris, du lotier corniculé.

  Son nom de porte-brosse ou de Dark Tussock ( Touffes Noire) lui vient de ses brosses noires (et blanches), de même que son épithète spécifique de fascelina qui se rapporte aux faisceaux de poils : Linné la décrit ainsi dans Systema Naturae dixième édition, page 503 sous le nom protonymique de Phalaena fascelina, dans le groupe Bombyces : larva fasculata, pilosa, fasculis dorsalibus 5 albis, capitis anique fuscis.

  Le genre Dicallomera est monospécifique, on le doit à Butler qui rebaptisa dasychira fascelinaainsi en raison de la nervation alaire de l'imago mâle, " chez lesquels la deuxième et troisième branche de la veine médiane des secondaires est émise par un long pétiole."

 

  L'imago vole en juillet et août, il est attiré par la lumière.  Alors qu'UK moth la signale comme une espèce des landes cotières, curieusement lepinet.fr  indique "semble manquer près des côtes".

 

 

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Published by jean-yves cordier
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 13:09

  L'association Bretagne vivante propose un document à télécharger sur les premiers papillons du printemps :

http://www.bretagne-vivante.org/images/stories/expertises/atlas/lepidoptere/premiersl%C3%A9pidos201004.pdf

 

  Ce sont:

 •  La Grande tortue.

•  le Paon du jour.

• Le Citron.

•  La Petite tortue.

• Le Vulcain.

• Le Robert-le-diable.

•  L'Aurore de la cardamine.

• Le Piéride de la rave.

• Le Piéride du navet.

• La Thécla de la ronce.

• Le Cuivré commun.

• L 'Azuré des nerpruns.

• Le Tircis.

 

   Parmi ceux-ci, j'ai déjà vu  la Grande Tortue, le Paon du jour, le Citron, le Tircis, des Piérides : ma balade du 5 avril à Crozon me permet de voir l'Azuré (pas de photo, il passe trop rapidement sans se poser, cherchant les phéromones femelles), et puis :

 L'Aurore de la Cardamine Anthocaris cardamines, également peu enclin à se poser, ce qui explique que l' image ne soit là qu'en témoin de mon observation; je rappelle, pour l'avoir découvert récemment, que " aurore" désigne une couleur orangée.

 

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Le Robert-le-diable Polygonia C album,qui aime à se poser sur les troncs ou les inflorescences, mais qui quitte son perchoir dés qu'il voit passer une jolie papillone ou un rival :

 

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 Le Piéride du Navet Pieris napi . J'éprouve toujours des difficultés à le distinguer du Pieride de la rave Pieris ravae. Napi, ravae, ravae, napi... Théoriquement je devrais retenir le nom anglais de P.napi : the Green-veined White,le blanc veiné de vert, et le reconnaître à ses nervures nettement poudrées de vert sous les ailes postérieures. Mais que faire lorsqu'il ne montre que le dessus de ses ailes ? Ou encore lire mon excellent guide Vigot des Insectes de Heiko Bellmann : "ressemble à P.ravae, mais tache noire à l'extrémité des ailes antérieures plus courtes au bord antérieur qu'au bord externe".  Il m'a semblé que c'était le cas ici.

 

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   Il reste donc à trouver la Petite tortue, la Thecla de la ronce, le Pièride de la rave,... et le Cuivré commun, si commun l'année passée que je ne me fais pas de Souci pour lui.

 

 

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Published by jean-yves cordier
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 12:13

Elle est minuscule, c'est sans-doute l'une de ses premières journèes de vie et son premier stade de larve . Si elle mesure deux centimètres, c''est comme pour les navires, en longueur hors-tout, bout-dehors et baton de tape-cul inclus ! Mais si j'évoque les bateaux, c'est que l'image me fait penser aux thoniers avec leurs perches démesurées par rapport à la coque, lorsqu'ils font route terre.

   Une sauterelle verte Tettigonia viridissima passe par sept stades larvaires, et à chaque stade elle doit abandonner sa carapace de chitine devenue trop étroite. Devenue majeure la crevette verte sera si fière que cela lui donnera des ailes : les ébauches alaires progressent à chaque mue, ainsi que la tarière  chez la femelle.

 

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sauterelle 9595c

 

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Published by jean-yves cordier
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 11:34

 

 

  C'est un classique de la photo macro, mais il était resté jusqu'à présent trop craintif pour me permettre un portrait. Mais au bord d'une falaise de Camaret, à dix mètres du bord, il avait aménagé une cavité avec un terrier à double sortie, et faisait ses apparitions régulières au seuil de l'une ou de l'autre. J'en profitais:

 

lezard-des-murailles 9734c

 

DSCN4530c.jpg

 

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Published by jean-yves cordier
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 07:38

1. Le Bousier ou Géotrupe stercoraire, Geotrupes stercorarius( Linnaeus,1758).

   Le latinStercus, oris signifie "fumier", et le grec geo- et- tropos "transporter la terre", selon ma propre déduction.

 

bousier-geotrupe-stercoraire 9550c

 

  2. L'une des punaises des crucifères :Eurydema oleraceum (Linnaeus, 1758).

   Elle existe avec des taches blanches ou avec des taches noires, formes qui s'accouplent ensemble sans distinction de couleur. Elle appartient aux Eurydèmes, ou Strachies, et elle est un des parasites du chou avec sa collègue Eurydema ornata.

  Elle est parfois nommée Punaise potagère : l'épithète spécifique oleraceum vient du latin oleraceus,a, um : légume.

 

punaise-du-chou 9754c

 

 3. La punaise de la Jusquiame: Coryzus hyoscami (linnaeus, 1758).

 

   On peut la confondre avec le Soldat, ou Gendarme, ou Masque africain, Pyrrhocorus apterus :

 

 (Archive 2010 : pyrrhocorus apterus)

DSCN5952

 

Mais c'est une Rhopalidae, caractérisée par les nombreuses veines de l'hémélytre. Elle affiche les couleurs aposématiques de signalisation du danger de sa consommation, car elle se nourrit de jusqiame :

  Son épithète spécifique hyoscyami signifie "de la jusquiame", du grec huoskuamos, "la jusqiame" ou litteralement en grec "fève de porc", puisque c'est par une infusion de jusquiame que Circé transforma les compagnons d'Ulysse en cochons. L'hyoscamine, alcaloïde de la jusquiame, est l'isomère lévogyre de l'atropine et possède comme cette dernière des propriétés parasympathicolytiques.

   Par contre elle est presque dépourvue de glandes odoriférantes, comme les autres rhophalidae, ou "scentless plant bugs " des anglais, les punaises inodores.

  Son nom de coryzus ne renvoie sans-doute pas au coryza, mais ( je présume) du grec coris, punaise. L'auteur du genre Coryzus est  Carl Frederik Fallén, entomologiste suédois (1764-1830).

 

corysus-hyoscami 9629c

 

4. Un diptère : le grand Bombyle Bombylius major, (Linnaeus, 1758).

 

   Je l'avais mentionné comme parasite de l'abeille des sables, et effectivement Madame Bombyle, profitant de sa ressemblance avec un hyménoptère pour s'approcher des nids, pond ses oeufs à l'entrée des nids creusés en terrier dans le sol par les guêpes ou les abeilles.

Il dispose d'une longue trompe bien commode pour aspirer le nectar. Sa fourrure de poils pourrait le faire confondre avec un bourdon, mais il n'a qu'une paire d'aile, ce n'est qu'un diptère.

 

 

gd-bombyle 9641c

 

 

  5. Et ça?

 Une femelle de Syrphide sp., avec sa nervation alaire à faux bord que j'avais découvert chez l'Éristale gluante, avec son arista, ce long poil du troisième article de l'antenne, avec ses yeux séparés, ses pattes jaunes : une chrysotome, peut-être.

 

 

  insectes-9600c.jpg

 

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6.  Trichocera hiemalis (De Geer, 1776).

 

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7 : noces de Tipules ?

 

 :trichocera-hiemalis-0441c.jpg

 

 

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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