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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 19:59

La maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice : La Passion de 1539.

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— Voir aussi sur le même sujet :

Dernières images du Christ : le vitrail de la Passion à La Roche-Maurice (29).

— Voir sur l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice :

 

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— Voir les autres vitraux de Bretagne : La liste de mes articles sur les vitraux.

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La verrière haute de 6,90 m  et large de 3,50 m  présente un cycle de la Passion en quinze scènes organisé autour de la Crucifixion figurée à plus grande échelle en haut des lancettes, est datée de 1539. Elle se lit de bas en haut et de gauche à droite. 

Les 5 lancettes  sont divisées en  4 registres (bandes horizontales), nombre réduit à  3 dans les lancettes centrales de la Crucifixion. Les scènes sont  placées dans des niches à petits dais denticulés à grisaille et jaune d'argent avec des tentures damassées à motif de rosaces et de losanges. 

Un tympan à 18 ajours comporte 14 écus  et 2 écoinçons latéraux.

Restauration.

"En 1715, la verrière avait fait l'objet d'une restauration complète par le Brestois Louis-François Bodolec : sur le registre paroissial, le recteur de l'époque en a dessiné le plan avec les armoiries, en précisant qu'elle avait été "descendue, lavée et réparée ...pour 95 livres" (Arc. dép. Finistère) . [ Louis-François Bodolec "accommode les vitres" de Plouguerneau en 1689-1690. Louis-François Bodolec, maître-vitrier à Brest, est né à Quimper le 17 août 1665 et mort à Brest Saint-Louis le 21 avril 1725.  Son frère Guillaume Le Bodolec, fils de Jean, vitrier, est né à Quimper Saint-Sauveur le 29 octobre 1655 et mort à Quimper le 20 décembre 1723. Le Men signale un Bodolec travaillant sur les vitraux de la cathédrale de Quimper.]

Une autre restauration, pratiquée en 1849, est tout aussi exceptionnellement documentée (ACMH) : elle fut alors confiée à Mathieu Rosuel, peintre et vitrier de Brest qui, selon l'architecte de l'arrondissement Félix Ingeled, avait déjà l'expérience de tels travaux. On peut noter qu'un panneau signalé lacunaire en 1847, la Comparution devant Pilate, ne fut pas réparé lors de cette intervention, ce qui indique que Rosuel  n'a pu fournir de pièces peintes ; il est encore fait état des mêmes manques "qui offensent l'œil", de 1858 jusqu'en 1898, date du classement de l'œuvre. La restauration qui dut s'en suivre, à l'inverse, n'est pas documentée, bien que déterminante pour l'aspect actuel de l'œuvre (on lui doit les rares panneaux moderne des lancettes et ceux du tympan).

En 1937, l'atelier Gruber procéda à une remise en plomb partielle de la baie et remania le tympan dont les meneaux s'étaient tassés. La verrière, mise à l'abri en 1942, retrouva sa place en 1950 après restauration par Labouret ; et nombre de plombs de casse furent alors ajoutés." (Gatouillat et Hérold 2004)

Jean-Pierre Le Bihan ajoute : "1792, 1793, travaux de Maurice Cam, vitrier à Saint-Pol de Léon pour 16 livres 10 sols..."

 

 

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 La Passion de 1539 :  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 La Passion de 1539 : maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Plan :

L'inscription de création

Les cinq lancettes de la Passion.

Le tympan et ses 14 blasons.

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L'INSCRIPTION DE 1539.

Elle se lit au pied de la deuxième lancette en partant de la gauche (lancette B), sur le socle, peinte en lettres cursives   : 

EN L'AN MIL VCC XXXIX

FUT FET CESTE VITRE . ET

ESTOET DE FABRICQUE POR

LORS ALLEN JOCE * LS

 

"En l'an 1539 fut fait cette vitre et étaient de fabrique pour lors Allen Joce. L.S" . Les deux lettres L.S , plus pâles et plus petites, ne sont peutêtre pas de la même main.

Ces dernières lettres ont été interprétées "peut-être à juste titre" (Gatouillat & Hérold)  comme les initiales du peintre verrier Laurent Le Sodec. René Couffon est l'auteur de cette attribution dans un article de 1945. Dans un premier temps [page 9], Couffon écrit que "ces dernières  initiales sont sans doute celles du peintre verrier, car nous les retrouvons répétées sur le galon de la manche de Joseph d'Arimathie". Malheureusement, personne ne réussit à retrouver une inscription sur la manche de Joseph d'Arimathie. Après avoir développé la thèse que les cartons des vitraux de La Martyre ont été dessinés par le graveur flamand Negker de Jost , il suggère que celui de La Roche-Maurice  a été fabriqué par un verrier breton, et il avance le nom de Laurent Sodec "mentionné comme peintre en 1514 dans les comptes de la cathédrale de Quimper".

Depuis, ces assertions de René Couffon concernant Jost de Negker  à La Martyre ont été critiquées l'abbé Jean Feutren, par Roger Barrié dans sa thèse de 1978, par l'abbé Yves-Pascal Castel et par le verrier quimpérois Jean-Pierre Le Bihan dans son article "Jost de Necker un mythe qui a la vie dure". Cette proposition est désormais abandonnée, y compris dans l'introduction du Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper de 1988 par Couffon et Le Bars. 

Parallèlement, une meilleure connaissance de l'atelier Le Sodec, une  famille de verriers quimpérois, a permis de lui attribuer effectivement une grande partie des Passions finistériennes, sur des critères stylistiques et non plus sur de simples initiales. 

Le texte de l'inscription indique le nom du maître d'ouvrage, un certain Allen Joce, alors fabricien ou "fabrique" de la Fabrique de La Roche-Maurice. Faut-il comprendre "Allen" comme une forme du prénom breton Alan ? Mais il resterait alors le patronyme, JOCE, qui n'est pas attesté en Bretagne. Pourtant, un fabricien est toujours recruté parmi les habitants les plus aisés de la paroisse.

En somme, on prendra avec prudence toute interprétation de cette inscription, mais on conclura avec Gatouillat 2005 : ""Par le millésime qu'elle porte et par son bon état de conservation, l'œuvre constitue quoiqu'il en soit un repère fondamental pour l'étude de la production quimpéroise de la Renaissance. Ses points communs avec les maîtresses-vitres de Daoulas et de Trémaouezan, disparues mais connues par des dessins,  et celle de Saint-Mathieu de Quimper, conservée mais transférée et complétée, ont été relevées de longue date ; les cartons de la Crucifixion et de certaines des scènes annexes se retrouvent aussi très précisément dans la verrière démembrée de La Martyre, autre donation d'un Rohan".

 

 

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Rappel : LES PASSIONS FINISTÉRIENNES.

 Beaucoup d'entre elles sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper. Le Corpus Vitrearum VII permet d'en dresser une chronologie  qui montre que la verrière de La Roche-Maurice (1539) date du milieu d'une période de très forte activité de création de vitraux dans le Finistère :

et dans le Morbihan :

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On attribue aussi à l 'atelier des Le Sodec les vitraux suivants :

 

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Afin de permettre un étude comparative de ces Passions finistérienne, j'ai tenu, non seulement à leur consacrer le maximum d'articles dans ce blog, mais aussi à attirer l'attention, dans cet article, sur des détails stylistiques qui se retrouvent sur d'autres vitraux : fonds damassés exécutés par pochoirs ; casques "en masque de plongeur" ; mors des chevaux "à balanciers" ; nimbes ovales en suspension au dessus de la tête, etc.

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Inscription de 1539 :  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Inscription de 1539 : maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Inscription  de 1539 :  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Inscription de 1539 : maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

 

LES CINQ LANCETTES DE LA PASSION.

 

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LES CINQ SCÈNES DU REGISTRE INFÉRIEUR.

 

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 La Passion de 1539 :  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 La Passion de 1539 : maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 La Passion de 1539 :  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 La Passion de 1539 : maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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1. L'Entrée à Jérusalem.

Tête du Christ et groupe des apôtres restaurés. Fond (ciel) rouge uni. Nimbe ovale 

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Entrée à Jérusalem,   maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrée à Jérusalem, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'Entrée à Jérusalem,  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Entrée à Jérusalem, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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2. La Cène.

Intact sauf une tête d'apôtre à gauche. Niche à coquille rouge et bandeau bleu. Fond : tenture verte damassée "à la rouelle". Robe bleu clair de l'apôtre de droite et robe verte de saint Jean (endormi)  à fleurs. 

Le Christ  tend la main droite vers Judas et frôle le plat contenant la carcasse de l'agneau rituel des Pâques. Au premier plan, l'apôtre de gauche tient un couteau, et Judas, à droite, fait un geste de dénégation, alors que la bourse aux trente deniers est visible dans son dos, accrochée à sa ceinture.

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La Cène,  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Cène, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Cène,  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Cène, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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3. Le Lavement des pieds.

Peu restaurée. Niche à coquille verte. Tenture damassée à motif en losanges divisés en quatre. Robe damassée vert clair à motif hexagonal en nid d'abeilles ou navettes. Robe verte de saint Pierre (identifié par sa calvitie centrée par un toupet) à motif vermiculaire. 

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Le Lavement des pieds,  1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Lavement des pieds, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le Lavemenbt des pieds, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.
Le Lavemenbt des pieds, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Lavemenbt des pieds, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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4. L'Agonie au Jardin des Oliviers.

Tête de saint Pierre : pièce interpolée.

Fond bleu clair (ciel) uni où s'inscrivent les silhouettes des soldats et d'une montagne (Golgotha ?).

Robes bleues des apôtres Jean et Pierre à motifs vermiculaires. Manteau blanc de Jean à motifs à fleurs à quatre pétales crénelés de couleur or (jaune d'argent).

Les apôtres changent de couleur de vêtement d'une scène à l'autre. Ici, ils sont nimbés.

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L'Agonie au jardin des Oliviers, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Agonie au jardin des Oliviers, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'Agonie au jardin des Oliviers, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Agonie au jardin des Oliviers, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les trois apôtres Jean, Jacques le mineur et Pierre au Jardin des Oliviers.

Jean est endormi, comme le veut le texte évangélique, mais Pierre, dont la tête est bizarrement implantée, est éveillé : la pièce de verre a été placée ici par  interpolation d.

Quant à Jacques, il faut lui attribuer la boule claire et bouclée au dessus de l'épaule de Pierre : ce serait le dessus de son crâne. 

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L'Agonie au jardin des Oliviers, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Agonie au jardin des Oliviers, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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5. L'Arrestation de Jésus à Gethsémani : le Baiser de Judas. Saint Pierre tranche l'oreille de Malchus  le serviteur de Caïphe.

Quelques pièces de drapés et du socle sont restaurées.

Fond : bleu uni (ciel).

Les casques "en masque de plongée" ou intégraux englobant la mâchoire et le menton et ne dégageant qu'un hublot rectangulaire sont typiques de l'atelier des Sodec. Sont-ils inspirés des paragnathides des casques romains ?

Les soldats portent aussi une cuirasse,  des cubitières, des canons d'avant-bras, des genouillères, des grèves, des solerets et des brigandines à lames rivetées.

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L'Arrestation de Jésus à Gethsémani, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'Arrestation de Jésus à Gethsémani, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le Baiser de Judas, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Baiser de Judas, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le serviteur de Caïphe, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le serviteur de Caïphe, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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LES CINQ SCÈNES DU DEUXIÈME REGISTRE.

Très bien conservé.

6. La comparution devant Caïphe.

Niche à coquille pourpre et tenture damassée à motif "à la rouelle".

Caïphe, barbu, aux épais sourcils, porte une tenue qui se veut inspirée des vêtements rituels des grands prêtres de Jérusalem  avec une robe à franges, un manteau à franges, doublé d'hermines et serré par une ceinture . Il est coiffé d'une mitre conique à deux cornes, et à oreillettes. 

Le chien présent au prétoire vient des gravures de Martin Schongauer représentant la comparution devant Pilate.

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La Comparution devant Caïphe, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Comparution devant Caïphe, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Comparution devant Caïphe, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Comparution devant Caïphe, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Comparution devant Caïphe, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Comparution devant Caïphe, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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7. La Dérision du Christ.

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Niche à coquille verte et bandeau bleu soutenant une tenture rouge damassée "à la rouelle".

Les soldats romains laissent la place aux trois bourreaux qui maintiennent Jésus par des liens. Leur coiffure et leur tenue vestimentaire témoignent de leur fonction marginale, notamment par l'abondance des crevés. En effet, l'aspect bariolé s'oppose alors à l'étoffe unie de la tunique pourpre de leur victime, dans une symbolique médiévale où le pur, l'uni et la monochromie relèvent du Bien et l'hétérogène, la polychromie rayée ou à carreaux relèvent du Mal.

 Deux d'entre eux le soufflettent tandis qu'un autre, à genoux, montre sa langue en une grimace expressive souvent représentée.

Le bandeau (transparent) n'occulte pas les yeux fermés du Christ.

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La Dérision du Christ,  1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Dérision du Christ, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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8.  La Flagellation.

Sous la coquille rouge de la niche et son bandeau jaune est tendue une tenture bleue damassée "à la rouelle". Le sol, blanc, est jonché de fouets et de verges. Le Christ est lié à une colonne verte à chapiteau rouge, par des cordages maintenus par les deux bourreaux. Ceux-ci le fustigent avec des verges (un faisceau de badines souples), mais leur victime porte sur tout le corps les traces à quatre traits laissées par le flagrum, fouet court mentionné par Jean 19:1 dont les lanières sont munies de plombs en haltère, en balle ou en barbes de métal, ou bien d'osselets taillés en pointe

Les bourreaux spécialisés (ils s'entraînaient à porter des coups précis dans le gymnasium flagri) portent ici soit des pièces d'armures (casque, spallières à rondelles en tête de lion, cubitières, canons d'avant-bras, brigandines, cuirasses, grèves et solerets), soit un bonnet à plumet, une tunique et des hauts-de-chausses  .

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La Flagellation,  1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Flagellation, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Flagellation,  1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Flagellation, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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9. Le Couronnement d'épines.

Tête du Christ douteuse.

À la niche bleue est suspendue une tenture rouge damassée en losanges .On retrouve le même contraste entre la robe unie du Christ et les armures et vêtements surchargés de crevés, de rivets, de motifs à damiers ou à navettes des bourreaux. Ou entre le visage du Christ vu de face et celui des soldats vus de profil et trois-quart. Un soldat à genoux reproduit le geste d'outrage vu sur la Dérision.

On notera les quatre chapeaux à plume, portés de travers et maintenus par un ruban sous le menton.

Le Christ, assis, vêtu d'une tunique pourpre, tient le roseau qui ridiculise la Royauté.

Les diagonales des bâtons par lesquels les bourreaux enfoncent la couronne d'épines se retrouvent sur toutes les gravures de cette scène.

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Le Couronnement d'épines,  1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Couronnement d'épines, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le Couronnement d'épines,  1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Couronnement d'épines, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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10. Ecce Homo.

Tenture damassée "à la rouelle". Inscription ECCE HOMO sur une banderole s'échappant des mains de Pilate vers la foule.

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Ecce homo, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Ecce homo, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Ecce homo, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Ecce homo, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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TROISIÈME ET QUATRIÈME REGISTRES.

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11. Comparution devant Pilate.

Moderne.

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Comparution devant Pilate (moderne),  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Comparution devant Pilate (moderne), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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12. Le Portement de Croix.
Moderne.

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Le Portement de croix, (moderne),  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Portement de croix, (moderne), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le Portement de croix, (moderne),  maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Portement de croix, (moderne), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La grande Crucifixion des trois lancettes médianes, à plus grande échelle.

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Panneaux presque intacts. L'angle inférieur droit du panneau du bon larron a été restauré. 

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La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La lancette de gauche : le Bon Larron en croix, et la Vierge éplorée soutenue par saint Jean et une Sainte Femme.

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Le Bon Larron, in la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Bon Larron, in la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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le Bon Larron (Dismas) .

Il  est vêtu d'une veste courte à crevés et de hauts de chausse également à crevés, et à braguette rembourrée et lacée. Une chemise transparente est serrée par une fine ceinture. Selon les canons iconographiques, qui s'expriment notamment sur les calvaires bretons, il  tourne le visage vers le Christ et son âme, sauvée, est recueillie sous la forme d'un petit homme par un ange. Ici, seuls les yeux sont tournés vers le Rédempteur. Le genou fléchi à 90° appartient aussi aux normes de l'iconographie, tout comme la manière dont l'homme est lié à la croix, bras passés au dessus de la traverse.

En arrière-plan, peint en grisaille sur le verre bleu, un paysage montagneux domine les édifices d'une ville : Jérusalem.

Le ciel est zébré par les lances des soldats romains (notez la douille du fer de lance, et son verre pourpre) qui tracent des verticales et des diagonales contribuant à l'atmosphère dramatique. Les lanciers sont soit des fantassins, comme dans l'armée romaine, ou soit des  cavaliers, comme dans l'armée ducale du XVIe siècle, où un seigneur était armé en "homme d'armes" à cheval assisté d'écuyers, d'archets et de coutilliers . 

L'un de ces cavaliers, en armure, porte un panache rouge sur son casque. Mais l'autre cavalier, également en cuirasse, est coiffé d'un chapeau conique à oreillettes, ce qui le désigne sans-doute comme un dignitaire juif.

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Le Bon Larron, in la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Bon Larron, in la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le Bon Larron, in la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Bon Larron, in la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le Bon Larron, in la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Bon Larron, in la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Saint Jean et une Sainte Femme soutenant Marie.

 

La robe de saint Jean est un damas "à la rouelle". Les galons des robes sont marqués  de points ou de tirets. Le voile de Marie n'est pas très différent de la coiffe que porte Anne de Bretagne sur ses portraits, mais sa voisine arbore sur son bonnet un bazlo  ou plutôt un bourrelet presque vertical. 

Les robes des saints personnages sont unies, ou presque (damas "à la rouelle" pour saint Jean).

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Saint Jean et la Vierge éplorée,  la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Saint Jean et la Vierge éplorée, la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Il est important de remarquer les larmes qui s'écoulent des yeux des trois personnages. On notera d'abord leur dessin qui reprend, hasard ou pas, celui des marques du flagrum sur le corps du Christ : un trait vertical (la paupière) et trois larmes de trajet divergent et dont la plus longue est au centre. Puis on constatera que ces larmes se retrouveront sur le visage de Marie-Madeleine au pied de la Croix.

En effet, elles témoignent d'un courant naturaliste s'attachant à développer chez le fidèle un mouvement de participation mystique aux souffrances de la Passion.

Surtout, elles sont également présentes en sculpture sur pierre dans les productions d'un atelier de Landerneau, celui des frères Bastien et Henri Prigent, actif de 1527 à 1577. Et donc contemporain de la réalisation de ce vitrail. 

En voici un exemple, venant de la Pietà de Saint-Nic :

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Saint Jean et la Vierge éplorée,  la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Saint Jean et la Vierge éplorée, la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Mais on peut retrouver ces trois larmes en virgules effilées divergentes sur les grands calvaires monumentaux de Pleyben et de Plougonven, dans des scènes de la Passion qui permettraient de développer ce parallèle entre peinture sur verre de l'atelier quimpérois et sculpture sur pierre de l'atelier de Landerneau. 

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La lancette centrale : le Christ en croix ; Longin transperçant le flanc de sa lance ; sainte Marie-Madeleine au pied de la croix.

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Toujours le ciel bleu à lignes de nuages (il y a en Finistère des Passions au ciel bleu et des Passions à ciel rouge). Le Christ en croix figure entouré de lances à oriflammes, tandis qu'un cavalier en tenue de dignitaire juif transperce le flanc droit du Christ de sa lance. On reconnaît ici le geste du soldat  qui recevra dans les textes apocryphes le nom de Longin, mais dont l'évangile de Jean dit :   "Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes au premier des criminels crucifiés avec Jésus, puis à l’autre. Quand ils arrivèrent à Jésus, ils constatèrent qu’il était déjà mort et ils ne lui brisèrent pas les jambes. L’un des soldats lui enfonça sa lance dans le côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau." (Jn 19:32-34).

À droite, l'autre cavalier, en armure et casque à plumet, pourrait être un centurion, et même le Centurion qui s'exclama "Vraiment, celui là était vraiment le Fils de Dieu" . Mais aucun détail ne l'atteste.

 

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La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Marie-Madeleine au pied de la Croix.

Elle a posé son flacon de parfum ou d'aromates. Notez aussi le crâne, référence au nom Golgotha "le lieu du crâne", mais aussi à la Légende de la Vraie Croix et au crâne d'Adam.

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La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les larmes de la Madeleine.

Ma photo en rend mal compte mais elles sont bien là.

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Les larmes de Marie-Madeleine,  Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les larmes de Marie-Madeleine, Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La lancette de droite : le Mauvais Larron et trois cavaliers.

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Le Mauvais Larron, lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Mauvais Larron, lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'âme du Mauvais Larron Gesmas est emportée par un diable, tandis qu'il se détourne violemment du Christ, et donc de son salut. Ses vêtements sont les mêmes que ceux du Bon Larron ; on retrouve la flexion de la jambe gauche, comme sous l'effet d'un spasme. Depuis le temps que je constate ce détail sur les calvaires et les Passions, je crois en comprendre subitement le sens en écrivant ces lignes : ce serait l'illustration de Jean 19:32 : "Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes au premier des criminels crucifiés avec Jésus, puis à l’autre. "

On remarque en arrière plan Jérusalem en grisaille.

Un détail important est l'emploi de la technique du verre rouge gravé pour représenter les crevés et lignes de la culotte du larron. À la différence des autres verres colorés, le verre rouge, trop sombre lorsqu'il est employé à la même épaisseur, doit être doublé, en un verre très fin, à un verre blanc. Dès lors, il suffit de graver avec un outil ou une fraise cette couche colorée rouge pour que le verre blanc réapparaissent, ce qui permet de représenter des détails autrement que par l'emploi de la grisaille. Le verre blanc peut ensuite être peint au jaune d'argent.

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Le Mauvais Larron, lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Mauvais Larron, lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le Mauvais Larron, lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Mauvais Larron, lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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En dessous du Mauvais Larron, cinq personnages sont figurés, dont quatre cavaliers. L'un d'entre eux est armé d'une hallebarde (à moins que celle-ci ne soit en arrière-plan de lui, ce qui arrangerait mon interprétation) et fait un geste de la main gauche. Il porte la coiffure des grands prêtres du temple ce qui le désigne comme Caïphe.  Un deuxième est un fantassin, un lancier. Toujours du même coté, au premier plan mais vu de trois-quart arrière avec son cheval, un troisième homme tend la main droite vers celle de Caïphe avec lequel il est en discussion. J'y vois le centurion dont parle Marc 15:38-39 :  Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »

Mais ce geste de la main est le seul argument pour cette hypothèse, car le costume oriental n'est pas celui d'un centurion, telle que nous nous le représentons de nos jours. Remarquez son chapeau à turban, un bonnet conique (juif ?) traité en verre rouge gravé. Mais aussi sa boucle d'oreille, les franges de sa tunique (aux fleurs elles-aussi gravées), son cimetière dont le fourreau est pendu à sa ceinture (à gauche, c'est la règle), et le chien à l'arrière du cheval. Il pourrait s'agir de Pilate, venu donner ses ordres, et qui s'entretiendrait avec Caïphe. Il serait accompagné à sa droite par l'un de ses conseillers, richement vêtu et au col fourré d'hermines. 

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Caïphe et Pilate ?,  lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Caïphe et Pilate ?, lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Pilate ?, lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Pilate ?, lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les chevaux.

Quatre chevaux sont présents sur l'image suivante. Ils sont caractéristiques de l'atelier finistérien, avec leur gueules hilares et surtout leur mors à balancier crénelé. 

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 Lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette droite de la Crucifixion (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les deux scènes de la lancette droite.

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13. La Mise au tombeau.

Restauré : la tête d'une Sainte Femme et le damas du fond .

Joseph d'Arimathie, Nicodème, la Vierge et deux Saintes Femmes ainsi que Marie-Madeleine.

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La mise au Tombeau (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La mise au Tombeau (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La mise au Tombeau (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La mise au Tombeau (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La mise au Tombeau (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La mise au Tombeau (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Sortie du tombeau : le Christ ressuscité .

Très bien conservé sauf un soldat à droite.

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La Résurrection  (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Résurrection (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Résurrection  (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Résurrection (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Résurrection  (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Résurrection (1539), maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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LE TYMPAN ET SES BLASONS.

le tympan  porte 14 écus modernes avec verres gravés, et sur le coté et 2 écoinçons latéraux aux  bustes anges avec les instruments de la Passion (1539) laissant supposer que d'autres ajours développaient cette iconographie.

Les armoiries anciennes ont été refaites par les restaurateurs.

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Tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les deux écoinçons.

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Écoinçon droit du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Écoinçon droit du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Écoinçon gauche du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Écoinçon gauche du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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LES QUATORZE BLASONS.

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Je reprends ici, en les simplifiant beaucoup, les identifications et le blasonnement mis en ligne par André Croguennec, qui s'est lui-même inspiré d'un article de Paul-François Broucke et Michel Mauguin 2006. Mais l'interprétation la plus récente a été donnée en 2012 par P-F. Broucke : elle révèle l'existence d'une première verrière de 1443-1448, expliquant la présnece des blasons d'Alain IX de Rohan et de sa mère Beatrix de Clisson (de gueules au lion d'argentdont on ignore à peu près tout par ailleurs, mais qui était contemporaine de la maîtresse-vitre de l'abbatiale de Daoulas, posée entre 1442 et 1448 par Alain de Rohan et sa mère Beatrix de Clisson . 

 

"Au tympan de la maîtresse-vitre, l’analyse des prééminences révèle la pose d’un premier vitrage dans les années 1440 par Alain IX de Rohan et sa mère, remplacé et réactualisé vers 1539, millésime écrit sur la baie75. Plusieurs écussons permettent de déduire la pose de la première verrière entre 1443 et 1448 : on relève les armes en alliance d’une tante et de deux enfants d’Alain IX, Alain de Rohan, époux en 1443 de Yolande de Laval dame de Vitré, et Marguerite, épouse de Jean d’Orléans (précédemment fiancé à sa sœur aînée). Tout porte à fixer le terminus de la commande vers 1450 au plus tard : la mort de Beatrix de Clisson en 1448, celle d’Alain de Rohan l’année suivante, et en 1450 de Marguerite de Bretagne, première épouse d’Alain IX, dont les deux alliances postérieures sont absentes, constituent des preuves suffisantes. La verrière n’aurait pu être posée avant 1443, année du mariage d’Alain de Rohan et Yolande de Laval, dont les armes sont en alliance. Un siècle plus tard, une nouvelle verrière fut commandée à l’atelier Le Sodec : on y restaura les prééminences qui figuraient dans l’ancienne baie, en ajoutant les armes des vicomtes de Rohan depuis Alain IX. On trouve ainsi les armes en alliance de Jean II de Rohan (+ 1516) et de ses trois épouses, de sa fille Anne et de son mari Pierre de Rohan-Gyé (+ 1525), à qui échut la vicomté de Rohan. Il y a enfin les armes des donateurs, René Ier de Rohan, fils des précédents, de son épouse Isabelle d’Albret, et du père de cette dernière, Jean II d’Albret. " (Paul-François Broucke 2012)

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1. Le blason sommital : les neuf macles des Rohan.

de gueules aux neuf macles d'or posées 3, 3, 3

Les armes des Rohan étaient de gueules à sept macles d'or posées 3, 3, 1 jusqu'à ce que ceux-ci  n'adoptent ces armes modernes à neuf macles. Le passage des armes anciennes aux armes modernes s'explique  par la modification de la forme des écus à partir du XIVe siècle : la pointe s'aplatit, l'espace vide ainsi créé est comblé par deux nouvelles macles. Cf Marc de Vulson 1644.

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Blason des Rohan, tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason des Rohan, tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Deuxième rang de gauche à droite. De gauche à droite.

2.  Armoiries de René Ier (1516-1552), vicomte de Rohan, vicomte puis prince de Léon, marié à  Isabelle d'Albret.

Parti, au 1 : de Rohan ; au 2 : de gueules à l'escarboucle de chaîne d'or qui est Navarre.

 

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Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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3. Armoiries  d'Alain IX, vicomte de Rohan et de Léon et de son épouse Marguerite de Bretagne, fille du duc Jean IV de Bretagne et de Jeanne de Navarre. 

Parti, au 1 : de gueules au neuf macles d'or  ( Rohan) ; au 2 : d'hermines plein qui est de Bretagne.

 

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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4. Armoiries  d'Alain IX de Rohan (1382-1462), et de sa mère Beatrix de Clisson (1356-1448).

Parti, au 1 : de Rohan ; au 2 : écartelé aux 1 et 4 : de gueules à la tour d'or, aux 2 et 3 : de gueules au lion d'argent, armé, lampassé et couronné d'or.

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Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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5. Armoiries liées à l'épouse de Jean II de Rohan, Marie de Bretagne (1447-1507) et  à ses grands-parents maternels.

Parti, au 1 : de Rohan ; au 2 : coupé de deux traits, formant trois quartiers, au 1 : d'azur semé de fleurs de lys d'or, au 2 : de gueules à trois léopards d'or, au 3 : de gueules à l'écusson d'or et à la bordure d'argent.

 

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Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Troisième rangée de gauche à droite.

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6 . Armoiries (?) de  Jeanne de Rohan, fille de Jean Ier de Rohan et de Jeanne de Léon, et de son premier époux Robert Ier d'Alençon. Les armes de Jeanne de Rohan auraient dû figurer au second quartier et non au premier, selon l'usage pour les femmes mariées.  

Parti, au 1 : de Rohan ; au 2 : d'azur semé de fleurs de lys d'or, à la bordure cousue de gueules besantée d'argent de huit pièces.

 

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Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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7. Armoiries de la vicomtesse Anne de Rohan, fille et héritière de Jean II de Rohan et Marie de Bretagne, et de son époux Pierre de Rohan-Gyé (mort en 1525).

Parti, au 1 : de Rohan ; au 2 : écartelé, aux 1 et 4 : de gueules à l'escarboucle de chaînes d'or (Navarre), aux 2 et 3 : d'azur à trois fleurs de lys d'or (France), à la bande d'argent brochante sur le second quartier du parti.
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La maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice.

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8. Armoiries de Beatrix de Clisson.

De gueules au lion d'argent. 

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Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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9. Armes du vicomte Jean II de Rohan (1452-1517),  et de sa femme Marie de Bretagne (1447-1507), fille du duc François Ier de Bretagne.

Parti, au 1 : de Rohan ; au 2 : d'hermines plein.

Blason des Rohan, tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason des Rohan, tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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10. Armoiries de Jean II de Rohan, marié à Marie de Bretagne.

Parti, au 1 : d'hermines plein (ce qui est Bretagne) ; au 2 : de Rohan. 

 

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Quatrième rangée de gauche à droite.

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11. Armoiries qui font allusion à l'ascendance Albret-Navarre d' Isabelle d'Albret, de l'épouse de René Ier de Rohan,

Parti, au 1 : écartelé, aux 1 et 4 : d'azur à trois fleurs de lys d'or (Albret) ; aux 2 et 3 : de gueules plein ; au 2 : d'argent au lion couronné de gueules (Armagnac).

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Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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12. Armoiries de  Yolande de Laval, épouse d' Alain de Rohan, mort en 1449.

Parti, au 1 : de Rohan, au 2 : de gueules au lion contourné et couronné d'argent

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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13. Armoiries de Jean II d'Orléans et de son épouse  Marguerite de Rohan. 

 Parti, au 1 : d'azur à trois fleurs de lys d'or brisées d'un lambel d'argent, au 2 : de Rohan. 

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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14. Non attribué.

Parti, au 1 : d'azur à trois fleurs de lys d'or, à la barre de gueules brochante chargée de trois besants d'argent ; au 2 : d'azur à trois fleurs de lys d'or, à la bordure cousue de gueules besantée d'argent de huit pièces

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blason du tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La comparaison avec les vitraux de La Martyre montre une similitude frappante avec la Crucifixion  de La Roche-Maurice : je renvois à mon article précédent.

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ÉTUDE TECHNIQUE SUR DES VUES DE DÉTAIL : STYLE DES VISAGES, SANGUINE, ENLEVÉS AU PETIT BOIS,  VERRES ROUGES GRAVÉS. 

a) La sanguine.

Les vues de détails qui suivent permettent d'étudier l'emploi, très riche, de la sanguine ou Jean Cousin par le peintre-verrier. 

Il s'agit d'une couleur de cémentation d'aspect  mat et translucide, qui varie du rosé au brun chaud selon la dilution appliquée. Elle est obtenue à partir de dérivés du fer. On l'utilise pour les carnations des visages ou pour la teinte des chevelures. La sanguine est composée d'hématite (oxyde ferrique naturel Fe2 O3 ), minéral produisant une couleur rouge s'il est broyé en grains très fins et une couleur brune s'il est utilisé en grains plus gros.
En utilisant l'hématite en couche très fine on obtient la possibilité de colorer en ton chair et de façon translucide un verre incolore
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http://www.infovitrail.com/index.php/fr/la-sanguine-le-rouge-jean-cousin-ou-la-carnation?showall=&limitstart=

Ici, le peintre l'utilise sur les chevelures et les barbes, sur les visages en carnation, mais aussi pour rendre les traces de sang s'écoulant le la tête du Christ autour de la couronne d'épines, ou sur les marques de flagellation de son corps.

b) Les enlevés.

Son emploi ne se sépare pas de l'utilisation de la technique de l'enlevage.  La technique consiste   à supprimer partiellement de la matière sur une peinture non cuite appliquée en lavis pour permettre le passage de la lumière. La partie supprimée peut être enlevée d’une façon franche à l’aide d’outils durs (plume d'oie, petit bois) ou alors de façon douce à l’aide de brosses d'enlevages plus ou moins souples.

http://www.infovitrail.com/index.php/fr/decoration-sur-verre/278-les-techniques-de-peinture-sur-verre

c) les  rehauts  accentuent l’effet d’un modelé en dessinant une série de hachures parallèles, inspiré des techniques des graveurs sur bois et sur cuivre.

d) Le verre rouge gravé (et peint au jaune d'argent).

e) les caractéristiques des  portraits.

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La sanguine

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Le Baiser de Judas.

Sur ce détail du Baiser de Judas, on voit comment cette coloration rousse, différente du jaune d'argent des pièces d'armure, est appliquée sur les cheveux, les barbes mais aussi les visages et les gorges ("carnation") pour y rendre les modelés. Les boucles de la chevelure, déjà tracées en grisaille (peinture noire, pour simplifier) sont affinées par les traits blancs soustraits de la sanguine par le manche d'un pinceau ou par une plume. Le modelé des nez, des joues et pommettes dépend de l'endroit où est appliquée la sanguine, mais aussi du travail en enlevage, par le moyen d'un réseau très fin de stries blanches, imperceptibles à un spectateur éloigné, qui suivent l'arrondi des régions sous-orbitaires (manifestes chez Judas) ou partent en rayons centripètes sur le front, dynamisant le portait à notre insu. Sous le menton de Jésus, l'ombre est rendue par des hachures croisées dans la grisaille, mais la luminosité de la partie latérale du cou est rendue, par contraste, par des stries verticales en enlevage. 

Je signale au passage l'une des caractéristiques stylistiques, la façon dont les boucles de la barbe et des cheveux forment des cônes spiralés semblable à ces Turritelles communes de nos plages, que nous nommions "touroutoutou". 

 

Le baiser de Judas. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Le baiser de Judas. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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L'oreille sanguinolente de Malchus.

Sur le même panneau de l'Arrestation du Christ, le serviteur Malchus est à terre, car l'apôtre Pierre vient de lui trancher l'oreille droite. Le peintre montre ce qui reste de cette oreille, sans son pavillon, le conduit auditif externe béant. Trois coulées de sang ruissellent de la plaie, parfaitement rendues par trois lignes hétérogènes et irrégulières, plus compliquées à peindre que trois traits de pinceau rectilignes.

La sanguine est aussi employée pour souligner le relief du visage par des tonalités plus sombres en périphérie, ou pour les carnations des mains, mais aussi pour moduler l'aspect métallique de l'armure de tonalités brunes. Sur le canon d'avant-bras, les rivets sont indiqués par enlevage de petits cercles. Pour en revenir au visage, il est fascinant de voir comment les détails des narines, du philtrum, des lèvres, des dents par enlevage, et de la langue, sont rendus sur un verre blanc par le simple jeu des deux peintures, la grisaille et la sanguine.

La cuirasse, avec ses volutes pectorales, reçoit aussi un long travail d'opposition de lumières par un travail du lavis de grisaille sur le verre rouge.

 

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La tête de Malchus et son oreille tranchée. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

La tête de Malchus et son oreille tranchée. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La sueur de sang du Christ lors de l'Agonie à Gethsémani.

Les touroutoutous de la chevelure sont typiques de notre Maître de la vitre de La Roche-Maurice (il faudra bien lui donner un nom, avant de démembrer par atelier la production finistèrienne plutôt que de tout attribuer aux Le Sodec), mais nous ne sommes pas là pour cela.

La sueur de sang de l'Agonie du Christ ne doit pas être confondue au saignement entraîné par la couronne d'épines, puisque la scène représentée précède la Passion, et la pose de cette couronne. 

L'hématidrose est un phénomène médical attribué à un stress très intense. Elle est signalée par Luc 22:43-44

Alors un ange lui apparut du ciel pour le fortifier. Saisi d'angoisse, Jésus priait avec plus d'insistance, et sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient par terre. 

en latin : et factus est sudor eius sicut guttae sanguinis * decurrentis in terram

(*) Dans le texte grec originel,  θρομβος - θρόμβος thrombos désigne  une grosse et épaisse goutte, spécialement de sang coagulé.

L'artiste a représenté ce phénomène au moyen de la sanguine, par des traînées, là encore soigneusement irrégulières et s'achevant en goutte, du front des joues et du cou.

La sanguine colore aussi le nimbe, avec les rayons concentriques dessinés en enlevé.

 

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 La sueur de sang du Christ lors de l'Agonie à Gethsémani. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

La sueur de sang du Christ lors de l'Agonie à Gethsémani. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La Flagellation.

Les traces de sang sont maintenant celles des plombs à trois pointes du flagrum.

La Flagellation,  1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La Flagellation, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le saignement lié à la couronne d'épines.

La sanguine est utilisée seule pour les écoulements de  sang engendrés par la couronne, les mains des bourreaux, le nimbe. Elle est utilisée en complément de la grisaille pour la chevelure et ses boucles coniques, la barbe, les ombrages et le modelé du visage, avec des hachures grises, ou rousses, ou en enlevage.

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Le Couronnement d'épines, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Couronnement d'épines, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La Dérision.

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Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La plaie de la lance.

Toutes les traces de sang sont réunies lors du coup de lance donné par le Centenier : plaie du thorax droit, plaies de flagellation, plaies de la couronne d'épines. Elles s'associent à la coloration rosée du mamelon et du nombril,  brunes de la chevelure ou de la barbe divisée en deux touroutoutou, et d'un lilas cadavérique des yeux clos.

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Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La sanguine est aussi utilisée pour figurer des pustules et taches maculant la face des "méchants" et les démons :

Le bourreau de la Flagellation est ainsi affligé d'un honteux érythème du front, des joues et du crâne, qui atteint aussi par contamination son couvre-chef à plumet  .

Flagellation, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Flagellation, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Cette rougeole est contagieuse, et affecte  aussi le bourreau qui, par outrage, montre sa langue au Christ qu'il insulte.

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1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'enlevage : les larmes.

La technique de l'enlevage sert à rendre les larmes de saint Jean, de Marie, de la Sainte-Femme et de Marie-Madeleine, en effaçant le lavis de grisaille ou de sanguine.

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Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Le visage de Marie-Madeleine est un chef-d'œuvre de notre artiste, dans lequel la technique de l'enlevage est déployée avec virtuosité pour rendre les larmes, le frisottis d'une larme émergeant au bord de la paupière, les boucles des anglaises, les bijoux, la fronce de la chemise, etc.

Si on détaille le réseau de traits indiquant, comme le moiré d'une carte topographique en courbes de niveau, le relief du visage et de la gorge, on constate la précision atteinte dans l'exécution de ce portrait. Mais on se plait ensuite à admirer l'application mesurée de la sanguine sur les lèvres, sur le rebord de la paupière supérieure, avant de succomber au charme de la fossette du menton.

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Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Enlevage : l'eau qui coule.

L'eau qui coule lors du Lavement des pieds ou du Lavement des mains de Pilate est aussi figurée par des enlevés, tout comme l'eau qui dort dans un bassin et qui, réveillée par les gouttes, s'anime d'ondes.

 

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Lavement de pieds, Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Lavement de pieds, Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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L'enlevage : le bandeau des yeux lors de la Flagellation.

Un très bel exemple de la maîtrise technique du verrier est donné par la façon dont il rend le bandeau placés sur les yeux du Christ comme un tissu blanc suffisamment transparent pour lui permettre de montrer malgré tout l'expression souffrante du regard.

 

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Les verres rouges gravés.

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Roger Barrié a recensé en Basse-Bretagne onze verrières seulement faisant appel à cette technique, dont une majorité dans le Léon, à Cuburien, La Roche-Maurice, Ploudiry, La Martyre (Jessé) (Dormition)Saint-Pol, et Lampaul-Guimiliau .  Devenue courante en France à partir de la fin du XVe siècle, elle est utilisée à partir de 1530-1540 par  les ateliers bretons.

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J'extrais de son article les indications suivantes :

 


"Un rappel sur l'histoire de la technique du vitrail s'impose avant de considérer les œuvres. Il ne peut y avoir de verres gravés que si ces verres ont été préalablement doublés. Pourquoi ce placage, source de contraintes pour le verrier ? Pour obtenir le verre rouge qui a existé anciennement sous la forme de deux couches, au moins, l'une incolore et l'autre rouge. La feuille de verre incolore, en jouant le rôle de support translucide, permet d'avoir une feuille de verre rouge amincie, car l'oxyde cuivrique est un colorant si envahissant qu'il rendrait opaque une feuille d'épaisseur normale teinte dans la masse

D'où l'idée d'user mécaniquement cette couche par endroits pour obtenir une ou deux couleurs de plus sur la même pièce de verre ; cela avait l'avantage d'épargner la coupe et d'affranchir le travail du peintre de la contrainte des plombs. Ainsi l'invention purement .technique du placage qui était une nécessité pour le verre rouge, donna naissance au procédé mécanique de la gravure si commode pour figurer la finesse et la légèreté de petits détails. Le peintre sur verre est redevable au verrier d'une facilité qui n'est pas sans prolongements esthétiques.

La pellicule rouge était entamée par une molette montée sur un tour (gravure à la roue ou à l'archet), avec l'aide d'un mélange abrasif, émeri, eau ou huile. Quoique ce fût à partir de la fin du XVe siècle que la gravure devint d'un usage courant, les premiers exemples datés remontent vers le premier quart du XIVe siècle . Il faut remarquer que cette invention arrive après celle qui permettait de teindre en jaune le verre par application de sulfure d'argent. Cette évolution de la technologie du vitrail dans la première moitié du XIVe siècle a répondu au même désir et a concouru aux mêmes effets. Le peintre verrier du xve siècle se voit donc en possession de deux moyens qui élargissent sa palette et lui donnent une liberté qui rend sa création picturale plus personnelle.

La coloration jaune des gravures est obtenue par l'application locale, à l'extérieur, de sulfure d'argent qui pénètre le verre à la cuisson ; mais les exemples ne manquent pas où cette teinture n'a pas pris. Le jaune d'argent possède un rayonnement qui respecte les limites de l'écran rouge qui le circonscrit : ainsi l'effet somptueux gagne en netteté. A la dextérité du graveur s'ajoute un maniement habile du jaune d'argent.

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Gatouillat et Hérold ajoutent en 2005, pour l'ensemble de la Bretagne cette fois-ci :

"Une constante de la production bretonne du XVIe – et du début du XVIIe si on pense à Locarn et à Lampaul-Guimiliau–  est l'habitude de graver les verres doublés, en particulier le rouge. Dès les premières années du siècle, à Lannéleg en Pleyben, les rayons lumineux qui entourent le Christ transfiguré teintés de jaune qui entourent le Christ transfiguré sont ainsi dégagés sur le fond écarlate, pratique reprise de manière extensive dans les verrières du même thème [... ] Il est probable que dans nombre de cas, ces gravures résultent de l'emploi d'acide." (p. 45)

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A La Roche-Maurice, la gravure des verres rouges concerne les crevés des  braies du Mauvais Larron, les raies et stries du  bonnet conique du cavalier et  les quadrilobes de sa tunique, ainsi que les flammes du nimbe crucifère du Christ Ressuscité.

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Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Le bonnet du cavalier .

 

Je rappelle la présence, jamais gratuite, d'une boucle à l'oreille de ce cavalier.

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Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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le nimbe crucifère du Christ ressuscité.

La gravure du verre n'est plus rectiligne ou ponctuelle, mais affecte une plage large et arrondie.

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Nimbe du Christ, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Nimbe du Christ, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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LES PORTRAITS.

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Saint Jean endormi lors de l'Agonie de Jésus à Gethsémani.

L'artiste utilise un tracé épais, et donne à son personnage des traits forts, avec de larges sourcils, de grosses paupières, un nez un peu camus, une excroissance charnue entre les sourcils, des sillons naso-géniens soulignés, une bouche lippue et un menton en galoche. Ce tracé énergique est à peine estompé par le modelé en grisaille.

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Saint Jean, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Saint Jean, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Saint Pierre.

Au lieu de rendre le modelé par aplats de grisaille ou de sanguine sur le visage laissé en blanc, l'artiste procède essentiellement par enlevage du lavis de sanguine grisâtre, sur les sourcils, le nez, le V du front, la barbe, les boucles de cheveux et le trait blanc qui allume les pupilles.

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1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice.
1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le Mauvais Larron.

Comme pour le portrait de Marie-Madeleine, celui-ci mérite un examen détaillé de l'opposition de la grisaille et de la sanguine réservée aux ombrages, du jeu des hachures, alors que le trait lui-même n'est employé que pour les sourcils, la paupière supérieure, l'arrondi du nez et les narines.

A la différence des autres portraits, où l'iris et la pupille des yeux sont représentés par le même élément noir, ici, les iris bruns (sanguine) sont distincts de la pupille noire.

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Le Mauvais Larron, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le Mauvais Larron, 1539, maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904 p. 342-343.

—BARRIÉ (Roger) 1976,  ". Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale". In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 83, numéro 1, 1976. pp. 35-44 (et notamment page 37); doi : 10.3406/abpo.1976.2796

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796 

—BROUCKE (Paul-François), MAUGUIN (  Michel) ) 2006.  Les prééminences armoriées des Rohan au tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves, La Roche-Maurice (Finistère), Bulletin de la Société archéologique du Finistère.

—BROUCKE (Paul-François), 2012, "L’emblématique de la maison de Léon aux XIIe-XIVe siècles et les prééminences de Daoulas et La Roche-Maurice aux XVe-XVIe siècles", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne , Congrès de Brest SHAB pages 59-82. En ligne :

http://www.shabretagne.com/scripts/files/58ac1051308735.01528915/2012_03.pdf

"Les maîtresses-vitres de l’abbatiale de Daoulas et de l’église de La Roche-Maurice.

La maîtresse-vitre disparue de l’ancien chevet gothique de l’abbatiale de Daoulas, connue par les dessins et la description de dom Pinson vers 1700, fut l’une des œuvres les plus importantes de l’histoire de l’art du vitrail en Finistère. Haute de vingt-quatre pieds (7,8 mètres) sur seize de large (5,2 mètres) et constituée de huit lancettes surmontées d’un tympan orné de trente ajours flamboyants, c’était « l’une des plus belles vitres que l’on puisse voir et sans contredit l’ouvrage le plus fini de toute l’abbaye ». Décorée d’un cycle de la Passion, elle fut probablement exécutée par l’atelier quimpérois Le Sodec dans les années 153069, comme l’attestait la représen - tation en priant de l’abbé Charles Jégou (1520-1535), ses armes et celles de son successeur Olivier du Chastel (1535-1550)70. Les trente flammes du tympan étaient toutes ornées d’écus, l’ensemble constituant un véritable florilège héraldique. On trouvait en éminence les armes du roi, puis celles des fondateurs de l’abbaye, les Léon et leurs successeurs les Rohan, celles des abbés de Daoulas, et enfin les armes de quelques familles locales. Au plus haut de la verrière, à l’égal des armes de Rohan, au-dessus de celles des seigneurs de Léon, était un écu « de gueules au lion d’argent » (pl., no 4), que coiffait tout juste celui du roi. Si haut placées, aurait-il pu s’agir des armes des vicomtes de Léon, en souvenir de leur fondation de l’abbaye entre 1167 et 1173 ? On pourrait le supposer, le même écu se retrouvant en bonne place dans la verrière de l’église de La Roche-Maurice, où les Léon avaient un puissant château. Le tout mérite un examen serré. Si la datation de la verrière ne fait pas mystère, non plus que l’ordonnance des prééminences, on reste en revanche dérouté en constatant que les écus appartenaient à des personnages ayant vécu sur une amplitude de plus de deux siècles. Les plus anciennes armes étaient celles de Hervé VII de Léon (+ 1344) et de sa seconde épouse Marguerite d’Avaugour, les plus récentes celles de l’abbé Olivier du Chastel (+ 1550). Comment expliquer un tel écart, et justifier l’énigmatique lion d’argent en champ de gueules ? La seule solution passe par une approche nouvelle : la maîtresse-vitre de Daoulas, posée vers 1530, reprend en filigrane les prééminences d’une verrière plus ancienne, datable de la décennie 1440, qu’elle a remplacée. Dès lors, tout devient clair. Dans une vitre des années 1440, à la place des armes de France, était l’écu d’hermines du duc François Ier (1442-1450), formellement identifié au-dessous par les armes de sa mère Jeanne de France (+ 1433) et surtout de sa femme Isabeau d’Écosse71, épousée l’année de son accession au trône. On comprend alors l’absence d’armes d’alliance pour les Rohan après la décennie 1440, sans cela incompréhensible sur une verrière des années 1530. On comprend également la multiplication envahissante des armes de l’abbé Guy Maufuric de Lezuzan (1441- 1468) et de sa parentèle. Dans cette première verrière, l’écu « de gueules au lion d’argent » (pl., no 4) ne pouvait appartenir qu’à une seule personne : Beatrix de Clisson, femme d’Alain VIII de Rohan (+ 1429 env.), mère d’Alain IX, décédée en 1448, dont les armes étaient représentées pleines et mi-parties de celles de son époux. Ces mêmes armes figuraient dans de nombreuses églises en Bretagne : outre Daoulas, on les trouvait aussi à la cathédrale de Saint-Brieuc72 et au couvent de Cuburien près de Morlaix. Elles existent toujours à La Roche-Maurice et dans la chapelle Saint-Gobrien à Saint-Servan-Sur-Oust73, dans le Morbihan. Ces écussons occupaient donc une verrière posée entre 1442 et 1448 par Alain IX de Rohan et sa mère Beatrix de Clisson. Les conséquences sont importantes pour dater la marche du chantier du chevet gothique disparu : l’accession à la chaire abbatiale pour Guy Maufuric, et au trône ducal pour François Ier, marquent le début d’une campagne de vitrage dans le chevet. On peut alors situer l’achèvement du gros œuvre dans la décennie précédente. On connaît par ailleurs l’installation des « menuiseries du chœur, stalles, clôtures, lambris par les soins de l’abbé Maufuric74. Le chevet de Daoulas témoignait alors de la vitalité artistique dans la région sous les règnes de Jean V et de ses fils, et mérite d’être cité parmi les autres grands chantiers du temps, la cathédrale et l’église du Kreisker en Saint-Pol-de-Léon, ou la basilique du Folgoët. On peut imaginer l’architecture de la première verrière, en citant en comparaison celle de la chapelle Notre-Dame de La Houssaye près de Pontivy, strictement contemporaine. Plus tard, dans la décennie 1530, à l’issue de travaux menés sous l’abbé Charles Jégou, on décida de remplacer la verrière, que l’on devait alors juger démodée. On détruisit l’ancienne baie, pour y reconstruire celle que dom Pinson a immortalisée. On se contenta de reprendre les prééminences antérieures, en les actualisant des armes du roi et de celles des derniers abbés. Comme une double page collée, la maîtresse-vitre de Daoulas superposait deux verrières distantes de près d’un siècle.

Le scénario fut identique à l’église de La Roche-Maurice : au tympan de la maîtresse-vitre, l’analyse des prééminences révèle la pose d’un premier vitrage dans les années 1440 par Alain IX de Rohan et sa mère, remplacé et réactualisé vers 1539, millésime écrit sur la baie 75. Plusieurs écussons permettent de déduire la pose de la première verrière entre 1443 et 1448 : on relève les armes en alliance d’une tante et de deux enfants d’Alain IX, Alain de Rohan, époux en 1443 de Yolande de Laval dame de Vitré, et Marguerite, épouse de Jean d’Orléans (précédemment fiancé à sa sœur aînée). Tout porte à fixer le terminus de la commande vers 1450 au plus tard : la mort de Beatrix de Clisson en 1448, celle d’Alain de Rohan l’année suivante, et en 1450 de Marguerite de Bretagne, première épouse d’Alain IX, dont les deux alliances postérieures sont absentes, constituent des preuves suffisantes. La verrière n’aurait pu être posée avant 1443, année du mariage d’Alain de Rohan et Yolande de Laval, dont les armes sont en alliance.

Un siècle plus tard, une nouvelle verrière fut commandée à l’atelier Le Sodec : on y restaura les prééminences qui figuraient dans l’ancienne baie, en ajoutant les armes des vicomtes de Rohan depuis Alain IX. On trouve ainsi les armes en alliance de Jean II de Rohan (+ 1516) et de ses trois épouses, de sa fille Anne et de son mari Pierre de Rohan-Gyé (+ 1525), à qui échut la vicomté de Rohan. Il y a enfin les armes des donateurs, René Ier de Rohan, fils des précédents, de son épouse Isabelle d’Albret, et du père de cette dernière, Jean II d’Albret. La première verrière vers 1443-1448 a le mérite de signaler une campagne de vitrage dans l’ancienne église de La Roche-Maurice, dont on ignore à peu près tout par ailleurs. Sachant que le château voisin fut partiellement reconstruit au XVe siècle, on se plaît à imaginer l’activité architecturale et artistique qui régnait à La Roche dans le deuxième quart du XVe siècle."

Note 75 En collaboration avec notre ami Michel Mauguin, nous avons publié en 2006 un article sur le tympan héraldique de la maîtresse-vitre de l’église de La Roche-Maurice et ses quatorze écus. Nous supposions alors que les armes « de gueules au lion d’argent » avaient pu appartenir aux seigneurs de Léon en brisant par changement d’émaux. Nous pouvons maintenant affirmer que cette hypothèse est erronée. L’identification des autres prééminences des Rohan reste valable au demeurant, BROUCKE, Paul-François, MAUGUIN, Michel, « Les prééminences armoriées des Rohan au tympan de la maîtresse-vitre de l’église de La RocheMaurice », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXXXV, 2006, p. 187-197.

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— COUFFON (René), 1945, La peinture sur verre en Bretagne : origine de quelques verrières du XVIe siècle rennes, Oberthur imprimerie, 1 vol. (38 p.-[14] p. de pl.) : ill. ; 25 cm,  Tiré à part de : "Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne", (1945) tome XXV.

http://www.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffaede742.09604269/1945_02.pdf

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Nouveau répertoires des églises et chapelles du diocèse de Quimper

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ROCHEMAU.pdf

— CROGUENNEC (André);Le vitrail de l'église Saint-Yves.

http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/lr/vitrail-lr.htm

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Le vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum VII, Rennes, Presses Universitaires de rennes, 385 p. pages 187-189.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2008, La Roche-Maurice, peintres vitriers Le Sodec et Fellep,  Maîtresse-vitre.

http://jeanpierrelebihan2.over-blog.com/article-19386017.html

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2008, les fonds damassés (de la cathédrale de Quimper)

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-29447240.html

— LECLERC (Guy), 2012, La Roche-Maurice, église Saint-Yves et ossuaire,  Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne , Congrès de Brest SHAB pages 699-711. En ligne :

http://www.shabretagne.com/scripts/files/58e3e365148ef0.21808328/2012_31.pdf

 

"La maîtresse-vitre Haute de 6,90 mètres et large de 3,50 mètres, la maîtresse-vitre fut réalisée en 1539, le fabrique de l’église étant Allen Joce comme l’indique l’inscription figurant au bas de la deuxième lancette sous la représentation de la Cène. Elle a été classée Monument historique en 1898. L’ensemble des lancettes est consacré à la Passion et à la Résurrection du Christ. Mis à part les panneaux supérieurs de la lancette de gauche représentant Jésus devant Pilate et le Portement de Croix refaits après 1898, les verres d’origine ont été bien conservés. Si les ornements sont italianisants, l’iconographie des scènes semble subir l’influence nordique diffusée par les estampes.

La grande scène de la Crucifixion qui occupe les deux registres supérieurs des trois lancettes centrales, appartient à une famille de Crucifixions que l’on retrouve dans les églises Notre-Dame à La Martyre, Saint-Mathieu à Quimper, Saint-Cornély à Tourc’h et dans la chapelle de Labadan à Pouldreuzic.

René Couffon, suite à une mauvaise lecture sur la Crucifixion de La Martyre, avait attribué la paternité du modèle à Joost de Necker, graveur anversois . Il y avait lu aussi la date de 1535 et le chiffre de l’artiste. Il en déduisait que le vitrail avait pu être directement importé des Flandres. Il n’en est rien, le modèle comme l’atelier nous sont inconnus. Les lettres L. S. inscrites à la fin de l’inscription du vitrail ont été parfois interprétées comme étant la signature de Laurent Le Sodec, maître verrier à Quimper. On conçoit mal que l’artiste signe son œuvre de cette façon.

Parmi les petits panneaux, celui de la Cène est un des plus remarquables. Jésus, entourant de son bras droit le cou de saint Jean, présente un morceau de pain à Judas au visage caricaturé. Si la plupart des disciples semblent s’interroger à propos de la trahison de l’un d’entre eux, le disciple face à Judas, indifférent à l’événement, porte de sa main droite une coupe à ses lèvres et tient un couteau de cuisine dans l’autre main. Une mise en scène qui rappelle celle d’Albert Dürer dans sa Grande Passion. Les visages très modelés, les chevelures et les barbes fortement tressées apparaissent comme une signature stylistique que l’on retrouve dans le vitrail de la Passion à la chapelle Notre-Dame-du-Crann à Spézet.

Le triomphe du vitrail est dans le grand tableau de la Crucifixion dans lequel Marie-Madeleine tend à focaliser l’attention. Écartant les bras de part et d’autre du fût de la croix, comme dans une attitude d’effroi, elle occupe presque tout le panneau inférieur central. L’ampleur de ses vêtements, sa coiffure de perles d’où s’échappe une longue chevelure blonde, ses yeux grand ouverts aux paupières lourdes, son vase de parfum posé au sol lui confèrent une place exceptionnelle dans cette mise en scène de la Crucifixion.

Si l’iconographie semble se rattacher à la production artistique nordique, les dais qui surmontent presque toutes les petites scènes de la Passion apportent une note italianisante. D’un pendentif composé d’une coupe d’où s’échappe une composition florale partent, de part et d’autre, des rubans ornés de fleurs et de perles. Des guirlandes de fleurs s’accrochent à la courbure des rubans et au pendentif central. Le contraste est saisissant entre le drame des scènes, l’expression violente de visages et la richesse des dais. Au bas du vitrail court une plinthe architecturée ornée de petites fleurs, de perles et de guirlandes végétales.

Dans quatorze des jours du tympan figurent les armoiries des Rohan « de gueules à neuf macles d’or » avec leurs alliances [Broucke 2006]. Elles sont l’œuvre d’une restauration en 1849 par le vitrier brestois Mathieu Rosuel [Gatouillat 2005]. La présence dans les écoinçons inférieurs d’anges portant des instruments de la Passion et qui sont d’origine, laisse supposer qu’une partie des jours où figurent des armoiries étaient à l’origine consacrés à la représentation d’autres anges.

La maîtresse-vitre fut restaurée à plusieurs reprises. Avant la Révolution, on ne connaît que celle réalisée par le maître-verrier Louis-François Bodolec. En 1849, on restaura surtout le tympan. Au XXe siècle, on note en 1937 l’intervention de l’atelier Gruber ; mise à l’abri en 1942, la verrière fut remontée en 1950 par Labouret."

Note : Paul-François Broucke pense que le tympan de la maîtresse-vitre a été totalement armorié à l’origine comme il se présente aujourd’hui. Le dessin réalisé en 1714 par le curé de La Roche-Maurice avant la restauration de Bodolec permettrait de lever le doute. Beaucoup d’auteurs en parlent mais aucun ne semble avoir vu le document qui serait conservé aux Archives nationales de France."  

— Sur mon blog : mon article sur les fonds damassés du XVe siècle de la cathédrale de Quimper :

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-fonds-damasses-des-vitraux-du-xve-siecle-de-la-cathedrale-de-quimper.html

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 13:02

La charpente sculptée de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Les abouts de poinçon du chœur et de la nef (vers 1560).

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Voir :

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    Les abouts de poinçons (ou clefs pendantes, ou culots de voûte..) de la voûte lambrissée de l'église Saint-Yves, restaurée en 2014-2017, sont pour la plupart à motifs végétaux. Sauf neuf d'entre eux, placés pour la plupart au dessus du chœur. Je les présente ici. On penserait volontiers qu'à ces hauteurs peu accessibles au regard, le sculpteur et le peintre laissent libre cours à leur fantaisie imaginative, mais au contraire, rien n'est plus codifié. Les règles de prééminence seigneuriale s'y exercent et on retrouve, comme sur le tympan de la maîtresse-vitre, les armes des seigneurs de Léon et des vicomtes de Rohan. 

    — Mais l'homme nu comme Adam, exhibant son anatomie ? L'acrobate  sauvage ? Les anges de tout poil ? Le masque tirant la langue ? Vous n'allez pas dire qu'ils répondent à la commande de la Fabrique de la paroisse !

    — Ils répondent en tout cas à des exigences auxquelles les artistes se soumettent, car on ne les trouveraient pas, sinon, dans une disposition similaire dans les autres églises et chapelles de la même époque ...

    — Mais de quelle époque, précisément !

    — Les sablières portent la date de 1559 et 1561. Mais on retrouve les mêmes agencements en l'ancienne abbatiale de Daoulas (1529)

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    1. L'Ange présentant la Couronne d'épines.

    Ce motif est très souvent placé en début de série, sur le premier poinçon adossé à un pignon.

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    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Abouts de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Abouts de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    2. Ange présentant le blason  des Rohan.

    de gueules à neuf macles d'or.

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    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.
    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    3. Ange présentant le blason des seigneurs de Léon ?.

    Aie ! Une difficulté ! Cet écu se blasonne  d'argent au lion de sable, couronné et lampassé de gueules (ou d'or). Ce ne sont ni les armes du Léon d'or au lion morné de sable (morné : sans langue ni griffes), ni celles qui figurent sur le tympan de la maîtresse-vitre de gueules au lion d'argent qui sont celles de Beatrix de Clisson, mère d'Alain IX de Rohan .

    Je passe.

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    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.
    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    4. Ange tenant un panneau vierge.

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    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    5. Homme sauvage en acrobate.

    Il y a une opposition entre la tête blonde et angélique et le corps, velu et contorsionné dans la posture de l'homme empoignant ses chevilles, très fréquente sur les modillons romans, les sablières et poinçons bretons.

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    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Abouts de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Abouts de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Abouts de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Abouts de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    6. Ange tenant un phylactère muet.

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    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    About de poinçon du chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    7. Masque tirant la langue.

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    About de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    About de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    8. Ange tenant un écu muet.

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    About de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    About de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    9. Le préféré des Rochois : l'Homme rose et nu : un exhibitionniste anal.

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    Du fond de la nef, nous voyons ceci :

     

    About de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    About de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Mais depuis le jubé, nous voyons qu'il s'agit d'un contorsionniste se livrant à un exercice d'exhibitionnisme anal. Et génital.  Cela n'a rien de spécifique à la Roche-Maurice, et l'article Wikipédia sur l'Iconographie des modillons romans (ces modillons forment le réservoir thématique des sculpteurs d'église du XV et XVIe siècle) en fournit 7 exemples (en Gironde et dans le Calvados). L'auteur de cet article note que "L'anus est souvent visualisé par un orifice carré qui est soit un symbole platonique de la Terre, comme certains commentateurs l'ont suggéré, ou tout simplement dû à la forme du ciseau du maçon-sculpteur qui n'avait pas de foret ". Or, cet orifice est également carré à La Roche-Maurice.

     

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    About de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    About de poinçon de la nef de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Dans son ouvrage Le cul bénit. Amour sacré & passions profanes Coop Breizh 2013, Bernard Rio rapporte de multiples exemples de scènes analogues, comme à l'église de Guiscriff (56), à la chapelle Locmaria à Plouay (56), à l'église de Noyal à Noyal-Pontivy, à l'église de Saint-Thuriau. On connaâit aussi l'exhibitionniste anal et génital féminin du porche sud de la chapelle de Locmaria à Châtelaudren (22).

    Je ne me suis pas livré à un recensement de ce thème dans le Finistère, mais je peux retrouver le souvenir d'un about de poinçon de l'église de Roscoff :

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    Exhibitionniste-contorsionniste, église de Croas-Batz, Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

    Exhibitionniste-contorsionniste, église de Croas-Batz, Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    http://www.sprev.org/centre-sprev/la-roche-maurice-eglise-saint-yves/

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    Published by jean-yves cordier
    10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 14:58

    Le retable de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre  de l' église Saint-Yves de La Roche-Maurice (29). XVIIe siècle.

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    Voir aussi :

    a) sur les groupes de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre :


     

     

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    b) sur l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice :

     

     

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      Yves Hélory de Kermartin, né probablement le 17 octobre 1253 au manoir de Kermartin, près de Tréguier , où il est décédé le 19 mai 1303, est un prêtre et official du diocèse de Tréguier, sous le règne de Jean Ier de Bretagne. Il consacra sa vie à la justice et aux pauvres, aussi fut-il canonisé le 19 mai 1347 par le pape Clément VI.

      L'église Saint-Yves, qui date du XVIème siècle, a été édifiée à l’emplacement de l’ancienne chapelle castrale, laquelle fut dédiée depuis 1363 à Saint Yves, 16 ans après la canonisation,  ce qui en fait  le plus ancien édifice mentionné, en Bretagne, comme placée sous son patronage. 
      En 1363, en effet, dans son testament, Hervé de Léon, fondait deux chapellenies , affectant à cette fondation une somme de cent livres. Il léguait la même somme à l’hôpital Saint-Yves du Bourg-Blanc. Dom H Morice , 
      Mémoires pour servir de preuves à l’Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Paris, 1742, col. 1561-1562. 


       

      « item creo et fundo duas perpetuas  cappellanias  in capella beati Yvonis apud Rochammorvam per duos Capellanos in perpetuum obtinendas quorum electionem prima vice committo probitati & discretioni Domini Hamonis Taule Praesbyteri & ipsis primis duobus Capellanis cedentibus vel decedentibus presentationem futurorum & sequentium Capellanorum dictarum Capellaniarum & jus patronatus ipsarum in futurum michi & meis heredibus retineo & reservo ; collationem vero seu institutionem earumdem ad Dom. Episcopum Leonensem pro tempore pertinere & quemlibet dictorum Capellanorum onero de celebrando pro salute mea & praedecessorum meorum animarum in dicta capella unam Missam qualibet die in perpetuum : ad quorum Capellanorum sustentationem & dictarum Capellaniarum dotationem do, lego & concedo & realiter tradi volo centum libras, videlicet cuilibet ipsorim quinquaginta libras annui & perpetui reditus, levabiles lituandas in patrochis de Sizun, de Trenou & de Plebedin.

      "Il est difficile, faute d’attestations, de connaître le nombre d’édifices qui lui furent dédiés dès le XIVe siècle. Si on sait que les Bretons de Paris furent autorisés dès 1348 par l’évêque de la capitale à fonder une confrérie et à bâtir une chapelle en son honneur, on peut penser qu’en Bretagne, on ne fut pas en reste et qu’un certain nombre de lieux de culte furent aussi précocement placés sous sa protection. Nous avons recensé pour le XIVe siècle neuf mentions, dont la moitié proviennent de bulles d’indulgences papales : dans le diocèse de Léon, Le Bourg-Blanc (1363), La Roche-Maurice (1363), Saint-Renan (1388) et Saint-Pol-de-Léon (1387), dans celui de Rennes, Fougères (1380) et Vitré (1369), dans celui de Tréguier, Ploulec’h (1381), dans celui de Quimper, Plobannalec (1372), dans celui de Vannes, Vannes (fin XIVe siècle). La moitié de ces édifices (Bourg-Blanc, Saint-Renan, Saint-Pol-de-Léon, Fougères et Vitré) sont des chapelles d’hôpitaux. " (B. Tanguy).

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      L'église actuelle a été construite à partir des années 1520 et jusqu'en  1589 (sablières : vers 1520 et 1559/1561 ;  maîtresse vitre : 1539 ;  portail ouest 1589) c'est à dire alors que la paroisse dépendait des enfants et petits enfants de Jean II de  Rohan : Jacques de Rohan qui meurt en 1527, Anne de Rohan morte en 1529, mais surtout René Ier de Rohan qui meurt en 1552 et René II de Rohan ( de 1550 à 1586).

      Saint Yves est aussi honoré par une statue en kersanton au dessus du porche ouest, par l'un des médaillons de l'ossuaire (1640), par une bannière de procession . Une de ses reliques est conservée dans une chasse-reliquaire de la fin du XVe siècle.

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      Le retable.

      Il occupe le coté droit du chœur ; à gauche, en vis à vis, se trouve le retable de Notre-Dame-du-Bon-Secours, mais seulement depuis le XXe siècle puisque ce dernier provient de l'église de Pont-Christ.

      La datation précise du retable n'est pas connue, il serait "du XVIe siècle". Puisqu'il est placé à droite de la maîtresse-vitre, il n'est sans-doute pas antérieur à 1539. Mais la moustache et es détails vestimentaires du Riche peuvent orienter vers une datation au XVIIe siècle.

      Il était jadis fermé par des volets et n'était ouvert que lors des fêtes.

      Il s'agit d'un groupe à trois personnages selon le sujet bien connu de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, dans lequel l'artiste doit montrer que le Provincial (juge pour les affaires ecclésiastiques, mais dont les attributions sont larges) prête une oreille attentive au pauvre sans se laisser corrompre par l'argent du riche. Virginie Montarou a pu dénombrer 123 exemples de ce thème, dont 111 en Bretagne (y compris 22 disparus) sur tout support. Parmi ceux-ci, 12 retables sculptés. Ils prédominent au XVIe et XVIIe siècle,  non pas en Trégor (saint Yves est né près de Tréguier), mais dans le Léon et la Cornouaille. Sur les 98 groupes bretons conservés, 2 datent de 1400-1499 33 de 1500-1599 38 de 1600-1715 et 25 de 1716-1999.

      J'ai présenté dans ce blog le triptyque de l'église de Dinéault (XVIIe) et la niche à volets de Saint-Herbot. On peut aussi citer le retable de la chapelle de  Port-Blanc  de  Penvenan (22), celui d'Irvillac (29), les statues de l'église de Pleyben, etc.


       

      Un coffre en bois, hexagonal, contient les trois statues en ronde-bosse. La notice de l'Inventaire signale une hauteur (des statues ?) de 80 cm. 

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      Le retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Le retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Saint Yves.

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      Saint Yves porte sur la tête un bonnet (une barrette ?) rouge à crête médiane, recouvert par un capuchon ou chaperon rouge qui entoure le visage et retombe sur les épaules. Puis vient un surplis blanc frappé d'hermines au dessus d'une cotte, également rouge, qui descend jusqu'aux chaussures de cuir noir. Il tient dans la main droite un rouleau de parchemin (un placet , écrit adressé à une personne détenant le pouvoir pour plaider sa cause). Sa tête est légèrement incliné vers la droite et donc vers le pauvre, son regard est dirigé vers le sol, et il semble en train de réfléchir et de s'entretenir avec son interlocuteur, comme en témoignerait aussi la position de sa main gauche. Le pied droit est en ouverture vers la droite, alors que le pied gauche trace par son  axe une sorte de barrage à l'égard du Riche.

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      Le retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Le retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Le Pauvre.

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      Le Pauvre ne se contente pas d'être plus petit que les deux autres, ce qui lui impose de lever la tête d'un air benêt, mais il plie le genou gauche en signe de déférence, à moins que cela ne soit le signe du handicap qui lui impose le port d'une méchante canne, un morceau de bois mal écoté. Car sa jambe droite est beaucoup plus courte que l'autre.

      Il contraste aussi avec ses voisins par ses cheveux coupés ras, dégageant ainsi ses grandes oreilles.

      Il a suspendu les deux grands sacs contenant les pièces justificatives de sa cause à sa ceinture, mais il a appris à ses dépens qu'en matière de justice civile, la  validité de ses droits et la quantité des preuves qui les appuient ne valent rien face à l'argent. Il serre son chapeau rond contre son ventre vide.

      La différence de statut social s'affiche non seulement par la tenue vestimentaire (une tunique d'épaisse étoffe, des houseaux usés et de pauvres sandales), mais par cette sorte de loi somptuaire qui lui interdit de prétendre aux coûteuses couleurs : il ne se paye que du gris poussière, de l'écru et du brun. 

       

       

      Le Pauvre,  retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Le Pauvre, retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Le Riche.

      Tout le talent du sculpteur est de faire du Riche l'antithèse du Pauvre : il est de grande taille, il garde son chapeau sur sa tête, il affiche un habit vert ourlé d'or et à revers rouge, assorti à son couvre-chef, il porte à sa ceinture une aumônière plus efficace qu'une sacoche de placets, et il tend, argument suprême de son juste droit, une pièce d'or entre pouce et index.

      Il est chaussé de souliers noirs sur des bas de soie blancs.

      Enfin, sa fine moustache en forme de parenthèse me donne du souci, car elle n'est à la mode que sous Louis XIII, vers 1610 : ce retable serait donc du XVIIe siècle !

      Enfin son chapeau est si particulier qu'il devrait nous aider. Les avis seront les bienvenus.

       

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      Le Riche, retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Le Riche, retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Le Riche,  retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Le Riche, retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Le coffre  et son décor.

      Tout le pourtour du coffre est encadré par une frise faite d'un rinceau de vigne avec ses grappes de raisins. Le toit est soutenu par deux lions prenant appui sur une volute.

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      Retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Retable de "Saint Yves entre le Riche et le Pauvre"  de l' église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

       

       

       

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      SOURCES ET LIENS.

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      — MONTAROU (Virginie), 2003, "Saint Yves entre le riche et le pauvre", in Saint Yves et les Bretons, culte, images, mémoire (1303-2003), Presses Universitaires de Rennes

      https://books.openedition.org/pur/22412?lang=fr

      —  MONTAROU (Virginie), 1998, Saint Yves entre le riche et le pauvre. L’évolution de sa représentation iconographique en Bretagne aux xvie et xviie siècles, mémoire de maîtrise, 2 vol., université Rennes 2, 1998.

      — BASE PALISSY PM 29000955

      http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=REF&VALUE_98=PM29000955

      http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_5=LBASE&VALUE_5=PM29000955

      — CASTEL (Yves-Pascal), "Saint Yves et ses statues", in Saint Yves et les Bretons, Culte, images, mémoire (1303-2003) par Jean-Christophe Cassard et Georges Provost © Presses universitaires de Rennes, 2004 page 199-213

      http://books.openedition.org/pur/22411?lang=fr

      — CHOQUER (Jean-Yves), 2017, L'église de La Roche-Maurice. La traversée de cinq siècles. Histoire d'une restauration 2014-2017. Ed. Roc'h Morvan, 96 pages.

      — COUFFON

      http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ROCHEMAU.pdf

      — INFOBRETAGNE 

      http://www.infobretagne.com/roche-maurice.htm

      — MAIRIE :

      http://www.larochemaurice.fr/fr-fr/patrimoine/l-eglise-saint-yves-et-l-enclos-paroissial

      — SPREV :

      http://www.sprev.org/centre-sprev/la-roche-maurice-eglise-saint-yves/

      — TANGUY (Bernard) 2004, "Les lieux de culte à saint Yves", in Saint Yves et les Bretons, Culte, images, mémoire (1303-2003par Jean-Christophe Cassard et Georges Provost © Presses universitaires de Rennes, 2004 page 125-139

      http://books.openedition.org/pur/22404?lang=fr

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      Published by jean-yves cordier
      10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 10:50

      Le retable de Notre-Dame-du-Bon-Secours de l' église de La Roche-Maurice (29), provenant de l'église de Pont-Christ.

       

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      Cet article fait suite à celui sur le Moulin de Brezal, et à celui sur les ruines de l'église de Pont-Christ :

       

       

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      La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours a été fondée en 1533 par le seigneur Guillaume de Brezal et son épouse à  Pont-Christ, trève de Ploudiry,  il ne reste de celle-ci, depuis l'effondrement de la charpente à la fin du XIXe siècle,   que les murs et le clocher. Le retable de la Vierge patronne du sanctuaire a été mis à l'abri dans le chœur de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice, paroisse à laquelle Pont-Christ fut rattaché en 1791.

      L'église Saint-Yves vient d'ouvrir à nouveau en avril 2017 après une restauration de la charpente débutée en 2014 : elle forme un magnifique écrin au retable de Notre-Dame, placé à la place d'honneur à gauche du chœur tandis que le retable de saint Yves occupe la partie droite.

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      Il s'agit d'une niche en bois, trapézoïdale, au couronnement et à la base assez récente, au fond bleu, et seulement orné de deux demi-colonnes. On lit l'inscription récente NOTRE DAME DE BON SECOURS.  La Vierge et son Fils sont placés au centre d'une mandorle de rayons d'or, réalisée par une couronne ovale blanche à frise d'or.

      Ces rayons, ainsi que le croissant de lune sur lequel Marie pose ses pieds, font de cette statue une Vierge de l'Apocalypse, selon un courant iconographique très présent en Bretagne au XVIe siècle, notamment sous la forme des retables des Arbres de Jessé et des Vierges à la Démone, dont je me suis attaché à donner de nombreux exemples dans ce blog (onglet "recherche" en haut à droite). 

      Ici, la Vierge présente au Monde son Fils Sauveur, pieds nus, vêtu d'une tunique,  bénissant et  tenant l'orbe ou globus cruciger. Elle  porte une robe rouge très cintrée à la taille sous une ceinture dorée dont la boucle, l'aiguillon, le passant et le renfort sont soigneusement sculptés. Le haut de la robe sans bretelle est souligné par un galon doré et laisse apparaître une chemise remontant jusqu'au cou, sans col. La robe réapparaît aux manches, légèrement plissées aux avant-bras, serrées aux poignets, et ornées du même galon doré. Deux chaussures noires montrent leur museau, le pied droit se montrant le plus téméraire.

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      Retable de Notre-Dame-de-Bon-Secours,bois polychrome,  XVIe siècle, église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Retable de Notre-Dame-de-Bon-Secours,bois polychrome, XVIe siècle, église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Le manteau.

      Le manteau bleu, lui-même doté d'un galon doré, ne couvre que le bas des épaules. Le pan gauche contourne le bras, trace une large cuvette qui dévoile le revers blanc, et revient se fixer sous la taille, sans-doute à la ceinture bien que l'artifice soit caché par le coude droit. On reconnaît là les caractéristiques très habituelles des Vierges de Basse-Bretagne, explorées ici dans mes articles sur les "Vierges allaitantes" et "Vierges à la Démone".

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      Le chouchou.

      De même, je reconnais ce voile ou bandeau de cheveu que je m'obstine à désigner sous le sobriquet de "chouchou" pour le retrouver plus facilement sur mon moteur de recherche, tant il revient comme un leitmotiv de la sculpture sur bois ou sur pierre du milieu du XVIe siècle : dès 2012, j'avais commencé à lui consacrer un article en recensant les occurrences, puis je me suis contenté d'égrener ce terme onglet dans mes articles.

      http://www.lavieb-aile.com/article-vierges-allaitantes-le-bandeau-de-cheveu-101326653.html

      Mais ici, le peintre qui a restauré l'œuvre a peint de la même couleur le bandeau (habituellement blanc avec de fines rayures) et la chevelure. C'est un peu dommage, non ? Le rôle de ce morceau d'étoffe est de rassembler les cheveux au niveau de la nuque avant d'en libérer le flot de boucles en nattes sur les épaules.

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      Retable de Notre-Dame-de-Bon-Secours,bois polychrome,  XVIe siècle, église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Retable de Notre-Dame-de-Bon-Secours,bois polychrome, XVIe siècle, église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Le visage.

      Il est nettement triangulaire. Les sourcils sont fins car épilés, comme l'est aussi le front selon les canons de l'élégance féminine du temps. Les yeux sont ronds, sans aucune tendance à l'amande. Le nez est long, fin et étroit. La bouche est petite ; quand au menton, avec l'avancée décidée de sa pointe, c'est lui qui donne un peu de caractère à ce visage idéal et presque absent.

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      La poire.

      On connaît la Vierge à la poire de Dürer (Offizi, 1526), dont la date précède d'assez peu celle de la fondation de la chapelle. J'ai décrit ici la Vierge à la poire de l'Arbre de Jessé de Cléguerec, une Vierge du XVIe siècle  à "chouchou" aux pieds posés sur un croissant de lune ...

      http://www.lavieb-aile.com/article-l-arbre-de-jesse-de-la-chapelle-de-la-trinite-a-cleguerec-109853537.html

      L'Enfant de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Quillidoaré (du XVIe siècle  à "chouchou" , ...) tient un fruit qui est peut-être une poire.

      http://www.lavieb-aile.com/article-vierge-allaitante-iii-chapelle-de-quillidoare-a-cast-96288345.html.

      Il existe une Vierge à la poire en l'église de Pont-Croix (29) datant du XVe siècle.

      Le don de la poire à l'Enfant par Marie peut être vue comme une allégorie du don de soi, tant les qualités de douceur, de suavité, de bonté et de vertu du fruit peuvent s'appliquer à la Mère du Christ. C'est aussi une façon de montrer, dans la grande métaphore chrétienne de l'arbre,  et de la Vierge comme médiatrice, un fruit, tout en évitant la pomme, symbole entaché par la notion de péché.

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      Retable de Notre-Dame-de-Bon-Secours,bois polychrome,  XVIe siècle, église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Retable de Notre-Dame-de-Bon-Secours,bois polychrome, XVIe siècle, église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Le culte de Notre-Dame-de-Bon-Secours.

      Par contre, je n'ai pu retrouver l'origine du culte de Notre-Dame-de-Bon-Secours .  Wikipédia en recense quelques sanctuaires notamment en France (une abbaye, quatre basilique, six églises, huit chapelles)   https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre-Dame-de-Bon-Secours

      ... mais il faudrait explorer les graphies Notre-Dame de Bonsecours, de Secours, sans oublier Notre-Dame de Secore mentionnée sur l'inscription de Pont-Christ. Il faudrait découvrir quand la basilique de Guingamp a porté ce nom, ou retrouver la date de fondation des différents sanctuaires, et des pèlerinages qui s'y rapportent, pour comprendre ce qui a motivé le seigneur de Brezal.

      Un des éléments probants est la fondation de la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours de Nancy par le duc René II le Lorraine sur les lieux de sa victoire contre Charles le Téméraire en 1477 ; la statue du retable date de 1502. Sous son influence, de nombreuses Vierges de Miséricorde seront sculptées en Lorraine.

      Je note la présence d'une  Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours  édifiée au XVIIème siècle au Conquet  (et liée à Dom Michel de Nobletz)

      Il faudrait aussi débrouiller les liens entre Notre-Dame-du Bon-Secours et Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle.

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      SOURCES ET LIENS.

       

      — ANDRÉ CROGUENNEC :

      http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/eglise-PC.htm

      — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ROCHEMAU.pdf

       

      — LA SPREV:

      http://www.sprev.org/centre-sprev/la-roche-maurice-eglise-saint-yves/

      — Retable de l'église de Notre-Dame-du Bon-Secours, Les Sallelles,Lozère :

      https://inventaire-patrimoine-culturel.cr-languedocroussillon.fr/ark:/46855/PHOTO005246/v0001.simple.selectedTab=record

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      Published by jean-yves cordier
      3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 15:24

      Les crossettes et l'inscription gothique (kersanton, 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice.

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      Cet article fait suite à celui sur le Moulin de Brezal, situé juste en face de l'église, de l'autre coté de l'Elorn et de la départementale D 712.

      Les crossettes et l'inscription gothique du moulin de Brezal (Plounéventer / Pont-Christ).

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      Sur les inscriptions lapidaires en Bretagne, voir :

       

      — Sur les crossettes, voir :

      Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

      Les crossettes de l'église de Plougourvest (29).

       

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      Ce matin, j'ai consulté à nouveau le site d'André Croguennec sur  Pont-Christ Brezal, et plus précisément sur l'église de Pont-Christ. La qualité des photos et le caractère exhaustif du texte rendent superflu tout complément. Peut-être vais-je placer ici quelques crossettes qui manquent à ses images ? Ou pinailler sur des peanuts ?  C'est petit, mesquin, et je vous oriente tout de suite vers la bonne direction ; ça vaut vraiment le coup :

      http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/eglise-PC.htm

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      I. QUELQUES VUES GÉNÉRALES.

      S'approcher d'une église en ruine, dont la toiture s'est effondrée à la fin du XIXe siècle avant de voir ses arcades gothiques s'écrouler vers 1960, est toujours poignant. Loin d'être saisi par l'esthétique du sublime que goûtèrent les romantiques devant les ruines de Rome ou d'Athènes, ou d'être atteint par le "trouble de mémoire " de Freud sur l'Acropole,  c'est une grande tristesse qui m'étreint devant le gâchis,  la perte, l'incapacité à transmettre intact un patrimoine. 

      Je me promène sur le site (désert, bien-sûr) et je finis par atténuer le sens tragique du temps qui passe et qui m'emporte en retrouvant des formes familières, et en circulant dans des volumes que je m'approprie. Tout le vocabulaire architectural des chapelles du Finistère m'accueille avec douceur et les retrouvailles inopinées avec les anges porteurs de blason achèvent de m'apaiser.

      Mais il y a quelque chose de dérisoire à lire le panonceau placé à l'entrée : 

      "La chapelle a été consolidée et restaurée dans le cadre de l'Opération Intégrée de Développement (O.I.D) 1988-1992 : consolidation du pont et de l'enrochement de la berge, rejointoiement des maçonneries et du clocher, pavement du sol, installation du maître-autel, drainage périphérique de l'édifice et remise en forme de l'enclos paroissial. Financement : Direction Régionale de l'Action Culturelle, Fonds Européens, Conseil Régional, Conseil Général ; Commune..."

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      Vue de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Vue de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Vue de l'église de Pont-Christ (XVIe siècle) à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      II. LES CROSSETTES.

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      1. La crossette du rampant droit du pignon est. Un homme (tenant un bâton ou une épée ?).

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      Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Je mets un certain temps pour retrouver mes repères, mais il s'agit d'un homme aux jambes allongées et fléchies (l'une croisant l'autre), et dont la tête et les épaules sont tournés vers le spectateur : un motif de crossettes très courant. J'ai cru qu'il avait les mains réunis comme pour prier, mais l'examen récent des soldats dégainant leur épée (Landerneau, le Tréhou, Locmélar, Saint-Servais, Plougourvest, Notre-Dame-de-Berven ...) m'a incité à en retrouver les formes ici. Or, je discerne clairement un axe diagonal qui pourrait être un bâton ou une épée, même s'il est interrompu par une encoche (photo annotée).

      Enfin, je m'intéresse aux chaussures : ne sont-ce pas là des souliers "à la polonaise", ou "poulaines", comme au Tréhou ou à La Martyre ? Mais oui !

      Le Lion ou le Dragon ne devaient pas être très loin.

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      Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.
      Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      2. La crossette du rampant gauche du pignon est : un ange (?).

      La tunique plissée longue et couvrant les pieds nus s'accorde avec mon hypothèse, mais je ne sais que faire de la trompe médiane en arc de cercle. En outre, je crois remarquer une chaussure. Ou un bras empoignant un genou. Qui a dit "le charme des crossettes tient à leur caractère énigmatique" ? 

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      Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Crossette (Kersanton, vers 1533) du rampant droit du chevet de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      3.La crossette de l'ossuaire :  Un ange portant un blason. 

      Un reliquaire est adossé à l'église, sur son coté sud, recouvert par une partie du toit de celui-ci. La crossette appartient au rampant de l'élévation ouest, ou à l'angle de l'ossuaire. Et là, pas de mystère ni de boule de gomme : c'est un ange et son blason. Chic, je vais pouvoir placer "scutifère", qui compte triple.

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      Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Ange scutifère, crossette (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      III. AUTRES SCULPTURES.

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      Trois anges scutifères :

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      Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533)  de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Ange scutifère, (Kersanton, vers 1533) de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      La statue géminée du calvaire du placître : la Vierge et saint Pierre. Kersanton, XVIe.

      Décrit dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère.

      http://patrimoine.dufinistere.org/commune/index.php?groupe=croix&art=la_roche_maurice

       

      Note : sur les cartes postales anciennes proposées par André Croguennec et montrant le calvaire non mutilé, les statues étaient mal orientées. On y voit à l'est  le Christ en croix entouré de saint Pierre à gauche et d'un saint non identifié, et à l'ouest une Vierge à l'Enfant entourée à droite de la Vierge affligée et à gauche de sainte Marie-Madeleine tenant les aromates, mais dont le visage est tourné vers l'extérieur. Il est certain qu'initialement, le Crucifix était tourné vers l'ouest et entouré de la Vierge du pied de la Croix, et de Marie-Madeleine regardant le Christ. Du coté ouest, on trouvait autour de Notre-Dame-de-Bon-Secours saint Pierre à droite, et le saint non identifié à gauche. (saint Jean-Baptiste ??).

      a) la Vierge.

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      Statue géminée  (Kersanton, vers 1533) du calvaire de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Statue géminée (Kersanton, vers 1533) du calvaire de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      b) Saint Pierre et sa clef.

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      Statue géminée  (Kersanton, vers 1533) du calvaire de l'église de Pont-Christ  à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Statue géminée (Kersanton, vers 1533) du calvaire de l'église de Pont-Christ à La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      IV. L'INSCRIPTION DE FONDATION DE 1533.

      Treize ans après avoir fondé le Moulin de Brezal et avoir inscrit leurs noms sur la pierre de fondation, Guillaume,  seigneur de Brezal et Marguerite Le Sénéchal son épouse récidivent en fondant une chapelle en face de leur château ou manoir, de l'autre coté de la vallée de l'Élorn. 

      L'inscription est placée dans un cadre délimité par une moulure demi-jonc laissant à l'extérieur une marge occupée par 40 besants (meubles des armoiries des seigneurs de Brezal) et quatre fleurs à quatre pétales nervurés (allusion au prénom Marguerite ?).

      J'en donne le relevé suivant (différent de celui d'André Croguennec et de René Couffon), et je place entre crochet les lettres remplacées par un tilde :

      : EN LAN : MILL VCC : XXXIII :

      GUILLE[M] DE BRESAL & MARGARTE

      LE SENECHAL FIRENT FAIRE

      CESTE CHAPELLE EN LONEUR

      DE DIEU & N[OT]RE DAME DE SECORE

      "En lan Mill V Cent XXXIII Guillem de Bresal et Margarite Le Sénéchal firent faire ceste chapelle  en lhoneur de Dieu et Notre Dame de Secore".

      Le texte n'est pas très différent de la première inscription : "lan mill cinq cent XX Guillem de Bresal & Margarite Le Sénéchal seigneur & dame de Bresal, firent faire cest etanc & moulin au dyvys de Olivier Garric."

      Le deux-points entre les mots est encore fait de deux losanges, mais son recours est réservé à la première ligne.  La conjonction ET est encore abrégée en une sorte d'esperluete. 

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      Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Les deux premières lignes.

      Malgré la présence de lichens blanchâtres qui revêtent l'inscription d' une tenue léopard pour en brouiller l'émission, la lecture ne pose pas de problèmes. Il faut bien remarquer le tilde sur le -e- de GUILLE qui donne la leçon GUILLEM proche des formes bretonnes Gwilherm ou Guillerme (dixit Wikipédia) . 

      Outre les lichens, ce sont les lettres conjointes (dont deux parties sont fusionnées) qui peuvent nous tendre des pièges : comme le BR de BRESAL.

      Le nom MARGARITE est écrit MARGARTE, avec élision du -i-. Le prénom est issu du latin Margarita. On trouve en breton Marc'harit. Dans son Histoire de Bretagne, Pierre Le Baud utilise couramment en 1638 cette forme Margarite.

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      Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      La comparaison entre les deux inscriptions : mill cinq cc XX versus  mill V cc XXXIII :

      Entre 1520 et 1533, le style de l'écriture a légèrement changé : les lettres sont moins raides, moins alignées en bâtonnets, elles sont très légèrement inclinées sur la gauche ce qui suffit à leur conférer un certain dynamisme. Leur fût est plus mince. La différence est spectaculaire, quoique ténue, en comparant le chiffre XX et le chiffre XXXIII. Le jambage des X s'était déjà départi de toute raideur dans la première inscription, mais sur la seconde, les lettres s'envolent comme de gracieuses hirondelles, qui s'élancent à la poursuite des trois -i-. Ceux-ci envoient gaiement leurs points comme trois ballons dans une cour de récréation.

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      Les deux inscriptions de 1520 et 1533.
      Les deux inscriptions de 1520 et 1533.

      Les deux inscriptions de 1520 et 1533.

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      Les deux lignes suivantes .

      LE SENECHAL FIRENT FAIRE

      CESTE CHAPELLE EN LONEUR

      Lettres conjointes IR de FIRENT, et UR de LONEUR.

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      Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      La dernière ligne.

      DE DIEU & N[OT]RE DAME DE SECORE.

      . Lettres conjointes DE et NR de NOTRE. Tilde remplaçant les lettres OT de NOTRE.

      Le travail le plus intéressant concernerait l'appellation "NOTRE DAME DE SECORE", qui est transformée en "Notre Dame du Bon Secours". Il faudrait savoir qui a institué ce culte (quel ordre religieux, quelle haute personnalité de la noblesse ou du clergé, ou quel événement) ou dressé la liste des sanctuaires bretons qui lui sont dédiés. 

      Quant à la forme SECORE, elle est citée par Godefroy et est habituelle en ancien et moyen français : de l'ancien verbe succurer, secorer "porter secours" . Godefroy donne le verbe Secorer, socurer "secourir", le nom secorse "secours" et secoreor "celui qui secourt". De même dans Chrétien de Troyes où secors signifie "secours".

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      Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Inscription de fondation (kersanton, 1533) de la chapelle Notre-Dame-de-Secours à Pont-Christ. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      V. MARGINALIA.

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      Le blason de la porte cintrée du jardin en face de l'église : de Coroller ?

      Ce blason s'inscrit dans un cuir à enroulement de la seconde Renaissance. On y voit une couronne de comte, trois besants autour d'un cerf et d'une étoile.

      J'identifie ici les armoiries de la famille de Coroller, décrite ainsi par Potier de Courcy . Je souligne elur possession dans la paroisse de Ploudiry, dont Pont-Christ était une église tréviale : 

       Coroller (le), Sr de la Roche, par. de Saint-Martin des Champs, — de Kerdannot, — de *Kervescostou par. de Plougasnou, — de Kerosven, — de la Vieuxville, — de Keropartz, — de Pratalan, — du Maretz, — de Kerguélen, — de Coëtlez, par. de Ploudiry, — du Nec'hcoat, par. de Ploujean.

      Maint, au conseil en 1717 et par arrêt du parlement de 1773, neuf. gén.

      Réf. et montres de 1427 à 1543, par. de Garlan et Saint-Melaine de Morlaix, év. de Tréguier.

      De sable au cerf passant d'or, accomp. de trois besants de même.

       Eon, écuyer et son porte-targe, dans une montre de 1356, fut suivant la tradition, pendu à la Roche-Corroller avec 50 notables de Morlaix, en 1374 pour avoir exterminé la garnison anglaise que le duc Jean IV avait mise dans cette ville ; Pezron, épouse en 1540 Anne Gérault, dame de Kervescontou ; un gouverneur au château du Taureau en 1608.

      Voir aussi :

      https://histoiresdemorlaix.wordpress.com/2015/08/24/18-enfants-jacques-alain-et-marie-coroller-un-couple-du-grand-siecle/

      Je n'en sais pas plus.

       

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      Pont-Christ, La Roche-Maurice, photographie lavieb-aile août 2017.

      Pont-Christ, La Roche-Maurice, photographie lavieb-aile août 2017.

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      Blason de Coroller, Pont-Christ, La Roche-Maurice, photographie lavieb-aile août 2017.

      Blason de Coroller, Pont-Christ, La Roche-Maurice, photographie lavieb-aile août 2017.

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      SOURCES ET LIENS.

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      — ANDRÉ CROGUENNEC :

      http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/eglise-PC.htm

      — COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ROCHEMAU.pdf

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      Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Gargouilles et crossettes
      31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 21:42

      Les crossettes et l'inscription gothique du Moulin de Brezal (Plounéventer / Pont-Christ).

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      — Sur Pont-Christ :

      — Sur les inscriptions lapidaires en Bretagne, voir :

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      — Sur les crossettes, voir :

      Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

      Les crossettes de l'église de Plougourvest (29).

       

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      Aujourd'hui, le Moulin de Brezal est, sinon en ruine, du moins en piteux état, et on peut l'acquérir pour la modique somme de 216 000 € : faites-vous plaisir !

      "EXCLUSIF. Entre LANDERNEAU et LANDIVISIAU. En bord d'étang et dominant l'ELORN propriété comprenant sur un terrain de 3 hectares un ensemble de bâtiments du XVIème. Le bâtiment principal, ancien moulin à farine fut construit en 1520 par le Seigneur de BREZAL. Il est proposé avec une dépendance en pierres sur deux étages, un colombier de l'Ancien régime, un calvaire dénommé "La Croix de BREZAL" et un étang et une parcelle boisée. Anciennement consacré en un établissement hôtelier dédié à la restauration, le domaine nécessitera une restauration pour votre projet professionnel ou d'habitation. La surface des bâtis est d'environ 300 m2 et attendent une nouvelle vie !"

      .Il avait été restauré de 1959 à 1967, puis un beau restaurant avait été ouvert par Jean-Claude Thuilliez et Hélène Plos avant de céder la place en 1972 à  Michèle et Arsène Heliez, on faisait du pédalo sur l'étang. Jusqu'en 2007.

       

      Comme si une malédiction funeste pesait sur cet endroit, il suffit de passer le pont qui enjambe l'Elorn pour  découvrir les ruines assez sinistres de l'église de Pont-Christ classée en 1916 (base Mérimée), qui fut construite en 1533 par le seigneur de Brezal et dont la toiture se serait effondrée à la fin du XIXe siècle. 

      A contrario, pour un amateur de belles pierres et de témoignages sur le patrimoine breton, quel aubaine !  

      Le moulin, l'église, l'ensemble du site dominé par son château, tout cela a été décrit avec minutie, passion et photographies par André Croguennec : impossible de faire mieux.

      Néanmoins, j'ai succombé au charme des crossettes et des inscriptions, et je n'ai pas pu interdire à mon appareil photo de s'égayer sur la toiture et de revenir avec, dans la gueule, quelques belles proies pour enrichir ma gibecière iconographique sur les crossettes de Basse-Bretagne. Merci Fidèle, ici, au pied !

      Une chasse à partager avec les amis.

      PRÉSENTATION.

      Un coup d'œil sur la carte IGN permet de repérer l'axe est-ouest de la vallée de l'Élorn, entre Landivisiau et Landerneau, empruntée par la départementale D712 et par la voie ferrée Rennes-Brest. La rivière passe entre deux escarpements, culminant à 106 m du coté de Pont-Christ au sud, et à 93 m au nord sur le site occupé par le château de Brezal. Cette rivière vient de faire un coude à 90°, non sans agitation sans doute comme l'indiquerait les toponymes Le Frout, le Frout Vras et le Frout Bihan (où existait un moulin).  Ar Froud, c'est "le torrent" (absent du Catholicon, mais présent dans Le Gonidec page 324) , mais ar frouden, c'est l'impétuosité, la fougue. N'oublions pas que depuis la création du lac du Drennec en 1979, le caractère de l'Élorn a changé.

      Ce n'est pas sur le fougueux Élorn, mais sur le débouché de son affluent coulant dans un vallon étroit selon un axe nord-sud depuis Plounéventer, le Brezal (4 km), que le moulin est établi en 1520 par Guillaume, seigneur de Brezal et son épouse Marguerite Le Sénéchal. En amont, ils créent une retenue d'eau, l'étang de Brezal. Le moulin à farine va ainsi rapporter de beaux bénéfices puisque tous les habitants sont obligés de lui confier leur blé.

      La Carte de Cassini montre qu'à la fin du XVIIIe siècle, la seule route figurée, Landerneau-Landivisiau-Morlaix,  passe à 500 m. au nord. Mais une voie gauloise de direction nord-sud de Kerilien vers la Martyre, parfaitement présentée par A. Croguennec, passait par Pont-Christ où ele traversait l'Elorn, et une villa gallo-romaine a été retrouvée sur cet axe à Valy-Cloistre, au sud de Pont-Christ.

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      Vue ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Vue ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      En amont, à droite du raidillon qui relie l'étang et la route départementale, on voit le pigeonnier :

       

      Pigeonnier de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Pigeonnier de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Tout en conservant mon équilibre sur le raidillon en question, j'aperçois la première crossette sur le rampant gauche du pignon ouest. C'est un chien, un mâtin montrant ses dents, sans collier, les pattes antérieures rejoignant les postérieures sur un support. Ses oreilles sont longues : un chien de chasse type Saint-Hubert ? Tourné vers le nord (vers l'étang), il garde l'édifice.

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      Un chien, crossette du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Un chien, crossette du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Puis je découvre le bas du pignon ouest, où la partie gauche conserve son appareillage de pierres de taille et deux belles accolades gothiques.

      La plus haute est une arcature à deux crochets un fleuron et deux pinacles tronqués.

      Quatre pierres de kersanton aux formes caractéristiques témoignent de la présence de blason qui ont été martelés. Une autre, sous l'aisselle de l'arc, comportait-elle un blason complet, à cimier et lambrequins ?

      Ce qui m'attire avec gourmandise, c'est l'inscription centrale. Eh eh, zoomons, zoomons !

      Arcatures en accolade du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Arcatures en accolade du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      L'inscription de fondation (kersanton, 1520).

      Je la relève ainsi (les lettres entre crochets traduisent les élisions par tilde ; seul celui du A de MARGARITE n'a pas été remplacé) : 

      : LAN : MILL : CINQCC : XX : GUILLE[M] : DE : BRESAL

      & : M~ARGARITE : LE : SENECHAL : SER : & : DA[M]E : DE

      BRESAL : FIRE[N]T : FAIRE : CEST : ESTA[N]C : & : MOULI[N]

      AU : DYVYS : DE : OLIVIER : GARRIC :

       :

      "L'an mil cinq cent vingt, Guillaume de Bresal et Marguerite Le Senechal, seigneur et dame de Bresal, firent faire cet estanc et moulin au devis d'Olivier Garric."

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      La forme Dyvys : Godefroy atteste dans son Dictionnaire de l'ancien français du IXe au XVe siècle les formes divis, dyvis, avec le sens « division, partage, disposition, souhait, désir, intention, volonté". Mais le DMF ou Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) y ajoute l'acceptation "plan, projet" : "Devis 1, B : Disposition établie ; plan, projet, description détaillée d'une construction à exécuter ; disposition que l'on prend, intention projet, souhait". Ce sens de "plan, dessin"  est aussi mentionné avec trois exemples anciens dans le Dictionnaire Anglo-normand.

      Dés lors, on peut mieux rendre compte de l'inscription en la donnant comme "...firent faire cet étang et moulin sur les plans d'Olivier Garric". Ce dernier prend alors le rôle d'architecte, ou d'entrepreneur-concepteur.

       

       

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      Inscription de fondation (kersanton, 1520) du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Inscription de fondation (kersanton, 1520) du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      J'ai déjà rencontré Olivier Garric : c'était sur l'inscription de la sablière de l'ancienne abbatiale de Daoulas  : 

      "L'abbé Charles [Jégou] fit en son temps ce bois de céans l'an 1529 par O[livier] Garic et ses aidants".

      Dans le BSAF de 1995, l'abbé Castel écrivait : Après le moulin de Brezal, "neuf ans plus tard, en 1529, Garric se signale à Daoulas, cette fois comme charpentier, selon l'inscription de la sablière au nord de la nef de l'église abbatiale. Les chantiers de Brézal et de Daoulas révèlent donc un maître d'oeuvre qui déploie avec bonheur des talents divers. Homme du bois autant que de la pierre et de l'eau, polyvalent dans l'art de bâtir, Olivier Garric peut prendre légitimement place dans la galerie des artistes de Bretagne".

      Mais si on accepte de comprendre le mot dyvys comme "plan, dessin, projet", Olivier Garric doit être considéré non pas comme un "maître d'œuvre", ni comme un menuisier-charpentier polyvalent se doublant d'un maçon ou tailleur de pierre, bref un artiste ou artisan, mais bien comme un maître d'ouvrage. Ce que ne contredit pas l'inscription de Daoulas. Un point sur lequel je rejoins André Croguennec.

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      Garric étant un mot occitan signifiant "chêne kermes", et étant un patronyme du Languedoc, on peut penser que notre Olivier Garric n'est pas d'origine bretonne.

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      La pierre est sculptée en un rectangle creusé de 4 mm de profondeur environ dont seules les lettres et signes ne sont pas creusés, et restent en réserve. Mais une moulure souligne la dernière ligne, si près des jambages que ceux-ci (le G de GARRIC) empiète dessus. Cela montre le soin pris par l'artiste pour rendre hommage à son texte.

      Une vue rapprochée permet d'admirer la beauté de l'écriture. On peut la comparer à celle de l'inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien de Landerneau, sculptée l'année suivante, en 1521. Ou à celle de la chapelle de Rocamadour (1527).  Mais son modèle est sans-doute plutôt  celle du pont de Landerneau, réalisée dix ans avant celle-ci, en 1510 sur la commande du vicomte Jean de Rohan.

      Comme cette dernière, elle est encadrée par des motifs héraldiques : macles et A couronné à Landerneau, et besants (martelés) des armoiries du seigneur de Brezal ici . En effet, celles-ci se blasonnent de gueules à six besants d'or, 3, 2, 1 ( rouge à six boules jaunes). Je renvoie à l'article Tudchentil et à son illustration.

      Chaque besant est alterné avec un losange, qui n'est certainement pas un macle de Rohan (car c'est un losange évidé en son centre), mais une fusée, un losange étroit et vertical, bien connu par les armoiries de Bouteville. Mais qui appartient aussi aux armoiries de Marguerite Le Sénéchal, qui sont de sable, à cinq fusées d'argent, accolées en bande, assorties de six besants de même, trois de chaque coté. (de Genouillac).

      Les besants ont été bûchés sur la partie horizontale du cadre, mais non sur la partie verticale et latérale gauche, ce qui permet de les admirer intacts à coté des fusées. Quant à la partie droite, elle ne comporte pas cette marge. 

      Marguerite Le Sénéchal était la fille de Guion Le Sénéchal, sieur de Coettelan, décédé avant 1520, et d'Amette de Kergournadech. Elle épousa Guillaume de Brezal, décédé avant 1577, capitaine des francs-archers et élus du Léon. 

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      La ponctuation de séparation des mots repose sur le deux-points, mais ces derniers ne font pas appel à l'ornementation très courante qui relie chaque point par une ligne en S. Ces deux points ne sont pas ronds, mais en losange, sans qu'il faille y voir une allusion héraldique, car cette graphie est courante Les lettres sont serrées, très régulières, au fût vertical, à l'empattement en triangle pointe vers le bas. La répétition de ces triangles resserrés crée en bas de ligne un aspect en dents de scie dont la régularité est recherchée. Et comme le sommet des fûts est également triangulaire (c'est un rectangle incliné ), l'interligne est délimité par ces deux lignes en dents de scie. 

      Ce serait monotone si cet interligne n'était pas occupé par les hampes ( jambages supérieurs) des lettres l, d, etc. ou bien par les points des -i- (un tiret incliné), par les tildes remplaçant les -n- par abréviation, par les lettres ou chiffres suscrits (CC pour "cent"), mais aussi par le jambage inférieure des lettres concernées, ou du jambage ornemental du -n- (le premier mot : lan).

      La conjonction -et- est remplacée par une ligature équivalente à l'esperluète &.

      C'est tout ? Non bien-sûr : cette inscription s'offre à la curiosité de chacun. Le mot "moulin", par exemple, est écrit MOU~LI . Le tilde ne devrait-il pas être posé sur le i ? 

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      Inscription de fondation (kersanton, 1520) du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Inscription de fondation (kersanton, 1520) du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Les crossettes et l'inscription gothique du moulin de Brezal (Plounéventer / Pont-Christ).

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      En progressant, je parviens en contrebas et je vois mieux le rampant droit, qui se casse d'ailleurs en passant au dessus d'une fenêtre. Et là, deux nouvelles crossettes qui m'attendent.

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      Vue  ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Vue ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Les deux crossettes du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Les deux crossettes du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      La première est un homme empoignant sa cheville. Et bien malade.

      André Croguennec l'intitule "l'homme blessé", sans dire pourquoi. 

      L'homme est en position de chevalier servant, le genou droit à terre, et l'autre fléchi.

      Entre les deux cuisses, la partie saillante correspond bien-sûr à la mode des braguettes rembourrées et avantageuses en usage sous la Renaissance jusqu'aux années 1580.

      Il est vêtu d'un pourpoint aux manches plissées, serré par une ceinture, au dessus de chausses, et d'une paire de chaussures dont la semelle est distincte. Sa coiffure est globalement cylindrique.

      Il lève la tête et les yeux vers le ciel, et porte la main gauche sur sa joue.

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       L'Homme malade, crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      L'Homme malade, crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Une vue de profil stricte montre que la région cervicale antérieure est le siège d'un volumineux phlegmon sous l'angle de la mandibule. Un peu trop bas pour les oreillons. Mais pas pour l'adénopathie cervicale tuberculeuse chronique, ou scrofule ou écrouelle, que guérissait les rois de France (on pouvait aussi prendre une tisane de Scrofulaire Scrophularia nodosa, si on croyait à la théorie des signatures).

      En revenant au cliché précédent, on voit que cette intumescence est double : cet apostume se pique d'être bilatéral, ce bubon se rengorge de sa symétrie ; est-ce une parithymie ? Une étude de Rasmané Béogo sur 115 patients a montré que ces disgracieuses gorges chaudes étaient "multiples  chez 96,5% des patients et abcédés chez 30%" (Pan Afr Med J. 2013; 15: 131)

      Or, précisément, mon cliché (slide suivante ) montre au centre de l'adénite une zone ulcérée de 1,85 mm de diamètre qui ne peut correspondre qu'à l'abcédation du site.

      Ah mon dieu ! Le pauvre homme ! Tomber malade 450 ans avant la commercialisation de la Rifampicine !

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       L'Homme malade, crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      L'Homme malade, crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      J'attire l'attention de mon auditoire sur le fait que la communication de ce cas singulier prend une certaine importance, car il s'agit de la première crossette représentant un homme souffrant d'écrouelles. Et même peut-être de la seule sculpture bretonne du XVIe siècle fournissant une donnée iconographique de cette atteinte : allez savoir. Bien-sûr, j'invite chacun  à se livrer maintenant à une revue de littérature la plus vaste exhaustive possible avant de procéder à une méta-analyse basée sur des preuves. 

      Par contre, le motif de "l'homme empoignant sa cheville" est d'une grande banalité en matière de crossette ; j'y voyais jusqu'à présent une posture à signification licencieuse, par son caractère un peu acrobatique intermédiaire entre une asana du Yoga-Sûtra et celle d'un Sûtra concurrent : une attitude irrévérencieuse, dont le code se serait perdu, mais qui placerait son adepte dans ce monde carnavalesque du renversement des valeurs et de la débandade des mœurs.

      Car il est temps de confier le fonds de ma pensée : ces crossettes sont, par leur caractère stéréotypé, similaires aux lames des tarots. De même que vous avez aux Tarots 22 arcanes, aux figures immuables, le Mat, le Bateleur, Le Pendu, la Roue de la Fortune, de même vous avez dans les crossettes, le Lion, le Dragon, le Chien, le Soldat dégainant l'épée, l'Homme empoignant sa cheville, l'Ange, la Femme nue, la Sirène, et quelques raretés. Chaque édifice religieux ou civil bat le jeu et dispose sa levée au su et au vu de chacun, laissant les amateurs interpréter à l'infini ce que cela peut signifier.  

      Mais un tuberculeux échappé de sana qui monte sur le toit d'un moulin pour se saisir de sa cheville droite et de sa joue gauche enflée, c'est... particulier .

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      Dés lors, je suis amené à m'intéresser à la petite crossette de rien du tout qui est placé devant notre impatient patient : à quoi sert cette oblongue capsule ? est-ce un canon arrimé à son affût par son allonge ? Un crachoir ?  Un pied pour parasol ?

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      L'improbable crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      L'improbable crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Vous aimez les énigmes ? En voici une :

      La crossette suivante se présente comme une chimère associant la queue d'un dragon avec le torse d'une sirène. 

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      La dernière  crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      La dernière crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Et si je vous le montre de l'autre coté, vous voyez mieux ?

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      La dernière  crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      La dernière crossette du rampant droit du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Et nous voilà arrivé au pied de ce rampant droit, là où, après deux minuscules crossettes cuboïdes,  j'ai fait une belle prise, digne de Tartarin : un Lion.

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      Partie droite du  pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Partie droite du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Le Lion, quatrième crossette du pignon ouest.

      Ici, il n'y a plus d'énigme : c'est le Lion de crossette, cent fois décrit, sa gueule ouverte, sa crinière de mouton, sa queue faufilée entre les cuisses pour chasser les mouches de son dos, les pattes antérieures prenant obliquement appui sur une console (ou un os ?), les postérieures appuyées au sol pour rejoindre les antérieures. Tout est dit.

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      Le Lion, dernière crossette du  pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Le Lion, dernière crossette du pignon ouest du Moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      J'ai presque fini, il me reste à décrire la lucarne de la façade sud.

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      Vue de la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Vue de la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      Les deux crossettes encadrant le rampant de  la lucarne de la façade sud.

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      La lucarne de  la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      La lucarne de la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      À gauche : l'homme accroupi.

      Il n'a pas l'air très heureux, avec ses coudes en appui sur les genoux et son menton projeté en avant. Il porte un chapeau. Sa joue gauche et son oreille homolatérale sont fort gonflées, à moins qu'il n'ait ses oreillettes. Je ne l'ausculte pas, ce n'est pas le moment de le déranger.

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      L'Homme accroupi, crossette du rampant gauche de lucarne de  la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      L'Homme accroupi, crossette du rampant gauche de lucarne de la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      À droite : le Chien. 

      C'est le chien assis du chien-assis.

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      Le Chien, crossette du rampant gauche de lucarne de  la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Le Chien, crossette du rampant gauche de lucarne de la façade sud du moulin de Brezal, Plounéventer. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      SOURCES ET LIENS.

      Une seule adresse : André Croguennec:

      http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/moulin-brezal.htm

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      Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Inscriptions
      31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 21:26

      Les crossettes de l'église de Plougourvest (29).

       

      — Sur les crossettes, voir :

      Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

       

       

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      L'église Saint-Pierre de Plougourvest date, si on prend comme critère la date inscrite sur le contrefort sud du clocher, de 1588, et de 1616, si on se réfère à celle du  porche latéral sud. Elle comporte, aux deux angles de la face nord, deux crossettes, représentant l'une un dragon ailé, et l'autre un soldat dégainant son épée. Ces deux figures, loin d'être originales , sont très représentatives des crossettes de Basse-Bretagne du XVI et XVIIe siècle. Mais l'une d'elle se distingue par sa beauté, la qualité de son état de conservation, et par des particularités stylistiques : le dragon.

      1. Le dragon ailé, rampant droit de l'extrémité est de la façade nord.
       

      Malgré sa manie de nous tirer la langue, atavisme fréquent de sa race, et en dépit de ses efforts pour rouler des yeux exorbités, dilater ses naseaux et exhiber des crocs énormes, ce monstre antédiluvien ne parvient guère à nous terrifier, tant ses ailes de chauve-souris semble avoir été choisies par un accessoiriste d'opérette et tant sa mise en plis conserve avec excès les traces de ses bigoudis. Et, au bout de son corps de crevette,  sa queue ne parvient pas à lacer correctement le nœud de jambe de chien — ou de carrick, ou de bouline, selon l'humeur — qui s'impose, exercice obligé de ses semblables en équilibre sur le toit des sanctuaires : elle avorte son entrelacs en frétillant.

      Quoiqu'il en soit, il est la représentation d' une force hors du commun, capable de tout détruire : celle de la mort.  En le plaçant en hauteur sur l'église, les fidèles pensaient peut-être en exorciser le pouvoir, et affirmer leur foi en la victoire du Christ ? Mais on remarquera que les crossettes ne sont jamais consacrées à des  représentations religieuses, à l'exception des anges. 

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      Le dragon ailé, crossette nord-est (kersanton, vers 1616) de l'église de Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Le dragon ailé, crossette nord-est (kersanton, vers 1616) de l'église de Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      2. Le soldat empoignant son épée.

      C'est lui qui motive ma visite à Plougourvest , sur l'introduction de ses confrères de Landerneau, Le Tréhou, de Locmélar, Notre-Dame-de-Berven  et de Saint-Servais avec lesquels il forme le groupe des six soldats "Je tire, je tue" de Basse-Bretagne. Tous, allongés la tête  tournée vers nous,  empoignent de la main gauche le fourreau de leur épée, et tirent sur la poignée dans un geste qu'il faut comprendre soit comme une menace, soit plutôt, j'en ai peur, comme l'ultime  seconde précédant le coup d'estoc. Et la mort.

      Mais je suis un peu déçu. L'érosion ne permet pas de voir clairement le visage, peut-être barbu, ou les vêtements. L'homme n'est pas allongé, mais à genoux. Bizarrement, le fourreau de l'épée se termine par une boule, incitant à une confusion avec un bâton ou une batte de soule.

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      Le soldat tirant son épée, crossette nord-ouest (kersanton, vers 1616)  de l'église de Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

      Le soldat tirant son épée, crossette nord-ouest (kersanton, vers 1616) de l'église de Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

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      SOURCES ET LIENS.

      — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

      http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

      — LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.

       

       

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      Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
      31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 20:18

      Une "plaque de cocher" à Plougourvest (29) : le chemin d'intérêt commun n°21 de Landivisiau à Cleder.

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      Voir ici :

      La plaque de cocher de Landerneau. Route nationale n° 164 d'Angers à Brest.

      La plaque de cocher de Roscoff. Route nationale n°169 de Lorient à Roscoff. 

      La plaque de cocher de La Martyre. Chemin de Grande Communication n° 35.

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      — Rappel  (wikipédia):

      Les plaques de cocher sont des plaques indicatrices initialement en fonte (mais dès 1865, des fonderies se sont spécialisées dans les panneaux en zinc laminé). Elles sont installées principalement aux carrefours, sur des poteaux métalliques ou directement accrochées au mur de bâtiments. Suivant une loi du xviiie siècle, en France, ces plaques devaient être installées aux carrefours, souvent sur des croix ou sur des obélisques. Beaucoup de ces édifices ayant été détruits à la Révolution, ils furent remplacés par de simples poteaux en fer.

        D'après la circulaire du 15 avril 1835 :

        • les lettres pour les tableaux en fonte ou en zinc pouvaient être peintes ou en relief ;

        • l'angle des panneaux doivent correspondre à ceux des routes qui se croisent ;

        • les poteaux devaient être en deux parties boulonnées l'une à l'autre, la partie haute supportant les tableaux ;

        • les indications de distance et de lieux sont celles des bourgs les plus proches et/ou les plus importants. Devaient y figurer également aussi le lieu d'implantation du poteau et la désignation de la route.

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        —Localisation : sur l'un des murs de la mairie, devant l'église ( MAPS) à son angle ouest.

        — Signalétique : cette plaque indique le Chemin d'intérêt commun n°21 de Landivisiau à Cléder.

        Les chemins vicinaux classés incluent les chemins de grande communication ou "CGC", les  chemins d'intérêt commun ou "C.I.C". et les chemins vicinaux ordinaires. Ils sont gérés grâce aux subventions du Conseil général mais placés sous le contrôle du préfet. 

        Wikisara : Les chemins vicinaux d'intérêt commun (Ic), appelés parfois chemins vicinaux de moyenne communication ou encore chemins collectifs, traversent plusieurs communes. Cette catégorie de chemins apparaît officiellement en 1851 pour les distinguer des chemins de grande communication. Leur développement est lui aussi exponentiel : en 1856, environ 10.000 km sont à l'entretien pour 34.103 km en 1861 et 54.065 km en 1866. Leur entretien est mis à la charge des communes traversées avec éventuellement l'aide du Conseil Départemental.

          — L'itinéraire.

          Cléder est séparé de Landivisiau de 22 km environ. La Carte de Cassini (fin XVIIIe) montre que la route principale (la seule indiquée) va de Landivisiau à St-Pol-De-Léon en passant par Lambader sans desservir "Guicourvest" (Plougourvest) . La carte d'Etat Major (1820-1866) montre que cette dernière route est devenue une Route Départementale, mais Plougourvest est le centre d'un réseau en étoile de six à sept chemins, dont celui qui "descend" verticalement vers Landivisiau au nord, et celui qui monte vers le nord-nord-ouest et Plouzévédé. Le Scan 50 de 1950 montre cet axe fièrement tracé en rouge en blanc. 

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          Plaque de cocher du chemin d'intérêt commun Cléder-Landivisiau n° 21 à Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Plaque de cocher du chemin d'intérêt commun Cléder-Landivisiau n° 21 à Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Plaque de cocher du chemin d'intérêt commun Cléder-Landivisiau n° 21 à Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Plaque de cocher du chemin d'intérêt commun Cléder-Landivisiau n° 21 à Plougourvest. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          LES AUTRES PLAQUES DE MA RÉCOLTE :

          La chasse aux plaques de cocher est un jeu réellement très amusant, et la découverte d'une nouvelle plaque est un événement très excitant.

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          Published by jean-yves cordier - dans Plaque de cocher.
          29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 22:00

          Les crossettes des maisons du XVIe et XVIIe siècle de Roscoff.

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          Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

           

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          PRÉSENTATION.

          L'un des charmes de la ville de Roscoff provient du fait qu'elle a conservé une partie des maisons d'armateurs et de négociants construites dans la seconde moitié du XVIe siècle, en bord de mer entre l'église de Croas-Batz et le port, si bien qu'en 1606 la ville comptait 450 maisons. La base Mérimée de la direction de l'Architecture et du Patrimoine en recense une vingtaine, dont certaines ont été classées, et dont on connaît parfois le premier propriétaire. J'emprunte les descriptions suivantes :

           

          — 10 rue Albert de Mun: actuel presbytère : 2ème moitié XVIe

           18, rue Albert de Mun : 1582 

          "la maison  a été construite par Mathieu Le Hir du Carpont et de Keramanach, marchand-armateur appartenant à une riche famille du Léon. La construction de la maison correspond aux opérations de lotissement des terrains entourant Notre-Dame de Croas-Batz. Cette maison, à l'origine à un étage carré, ne comprenait qu'une grande pièce par niveau, avec une cheminée sur chacun des murs-pignons. Cette disposition correspond à une fonction commerciale. Agrandie en 1749 par la création de la maison adjacente située au 16 de la même rue, elle semble n'avoir plus à cette époque qu'une fonction résidentielle . inscription par arrêté du 6 novembre 1997"

          — 79 rue Albert de Mun:  2ème moitié XVIe

           

          — 12 rue Amiral-Courbet : 

          "1ère moitié 16e siècle Maison probablement d'armateur de la 1ère moitié du 16e siècle. Marques de marchands disparues. A l'origine située au bord de la grève en face de l'ancien port. Lucarnes modernes"

          — 9 rue de l'Amiral-Réveillère, 1560.

           "Cette maison de négociant est longée par le chemin de servitude pour aller à la mer qui baigne les fondations et les murs du jardin. Elle fut bâtie lors de l'opération d'urbanisme que connut le quartier au 16e siècle ; le logis, construit vers 1560, est desservi par un escalier hors-oeuvre en façade postérieure ; il fut agrandi au 17e siècle (aile nord le long du chemin) et orné de lambris au 18e siècle. Dans la salle du rez-de-chaussée, à l'ouest, on voit sur le linteau de la cheminée un écu entre deux lions sculptés en faible relief ; l'écu, ne portant pas d'armoiries, est sans doute une marque de marchand. L'intérêt de cette maison réside également dans ses vastes caves voûtées en berceau qui servaient à entreposer tonneaux et marchandises diverses."

          — 19 rue de l'Amiral-Réveillère, 1570

          "Selon la légende, Marie Stuart aurait débarqué à Roscoff en 1545. Une chapelle dédiée à Saint-Ninien aurait été élevée à l'emplacement de ce débarquement, située entre deux maisons dites de Marie Stuart. La porte et les fenêtres de la chapelle Saint-Ninnien, du 1er siècle (démolie) , ont été réédifiées sur la maison du 16e siècle. La façade sur rue est un bon exemple de l'architecture urbaine du 16e siècle dans le Léon." "Corps de logis construit vers 1570. corps de logis nord avec latrines en encorbellement et escalier extérieur datent de la 1ère moitié 17e siècle armes de marchand ou d'armateur"

          — 22 rue de l'Amiral-Réveillère, 1607

          "La partie la plus ancienne du bâtiment est le corps de logis parallèle à la rue de la Réveillère présentant, en arrière, une tourelle d'escalier qui doit dater du 16e siècle. L'édifice a été modifié par l'adjonction de deux ailes en retour datant du 17e ou 18e siècle. Cet ensemble est l'un des derniers témoignages de l'architecture roscovite de la fin du 16e et du début du 17e siècle. inscription par arrêté du 20 mai 1975"

          — 22 rue de l'Amiral-Réveillère,

          Maison construite pour le marchand Olivier le Maigre ou Treut pendant la 2e moitié du 16e siècle. Ailes latérales 17e siècle inscrit MH 1975 :

          — 25 rue de l'Amiral-Réveillère,  cf infra.

           

           

          — 2 rue Armand Rousseau : 1603.

          Logis commandée dans les années 1570 - 1600 par un négociant ; la lucarne décorée porte la date 1603.

          — Rue Edouard Corbière, 1604.

          Maison de négociant  dite maison Kerjeffic datée 1604 ;

          — 31 rue Gambetta, 2ème moitié du XVIe siècle.

          "Maison construite pendant la 2e moitié du 16e siècle pour un armateur ou un marchand. A l'origine, accès direct au port de Roscoff. Latrines en encorbellement"

           

           

           


           

          — Passage Louis Noir :

          "La maison du passage Louis-Noir est une extension fin 16e-début 17e siècle d'une maison plus ancienne (du début du 16e siècle) qui subsiste, en l'espèce d'un mur mitoyen et de la cave, aujourd'hui éléments de la propriété du 9 rue Gambetta (parcelle cadastrée AC 339). Du corpus connu des maisons de négociants roscovites, elle est seule, avec celle du 25 rue Amiral-Réveillère, dite de Marie Stuart (notice Mérimée PA00090403) , à posséder une galerie dans la cour intérieure. Elle affirme son originalité par l'existence d'une galerie supérieure et la diversité des décors de ses chapiteaux de colonnes et colonnettes. Cette maison participe également au système de défense portuaire : anciennement en bordure de grève, elle est pourvue d'une échauguette dans un de ses angles."

           

           

          — 8 rue Louis Pasteur :

          " Ancienne maison d'armateur ou de marchand construite entre 1550 et 1600 ; parties hautes transformées au 19e siècle". 

          — 19 place Lacaze Duthiers Maison de marchand ou d'armateur construite entre 1550 et 1600. Ancien four à pain 

          " Ensemble de deux maisons de marchands ou d'armateurs construit entre 1550 et 1600. Domicile temporaire d'Edouard et de Tristan Corbière vers 1860. Création de la station biologique en 1872. Transformations, aménagement de la bibliothèque, de l'aquarium et du vivier peu avant 1900. Construction de nouveaux laboratoires et création du centre d'océanographie et de biologie marine du C.N.R.S. entre 1953 et 1971. Buste d'Yves Delage (1854-1920) , directeur, effectué par F. Sicard"

           

          — La "maison Galliard" , maison du XVIe au 23bis place Lacaze-Duthiers (actuellement chambres d'hôtes Un balcon sur la mer). En réalité, la maison, placée devant l'église,  aurait été (re)construite par les familles Galliard et Vickers,  en style néo-gothique en 1905, comme en témoigne les clichés de l'album de Blanche Galliard, née Vickers (Sheffield, 1861-Roscoff 1930). Blanche Vickers avait épousé en 1886 à Florence Lucien Gallard, médecin à l'hôpital Lariboisière et ami de Babinski et Brissaud. Elle est la fille d'un industriel de l'acier (cloches), Naylor Vickers, et la  mère du parasitologue Henri Galliard. 

           Sur la façade de cette maison, une sculpture représente un personnage bossu, marin paysan, tenant dans sa main une tresse. Cette sculpture constitue la toute première représentation des marchands d’oignons dans l’espace public breton.

           

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          Selon Jean Tanguy, 

          "C'est de l'époque du règne d'Henri IV que datent également la plupart des maisons anciennes, ornées de lucarnes monumentales. Dans la conception des ouvertures, l'anse de panier fit place vers la fin du XVIe siècle, à l'arc de cercles ou plein cintre. Aujourd'hui, rares sont les maisons qui ont conservé leur physionomie originale : portes basses et cintrées, hauts pignons avec des lucarnes ornées d'entrelacs, de pilastres et de figures grimaçantes." Page 37

          Les lucarnes sculptées.

          Elles sont présentées aux visiteurs par un panneau émaillé placé rue Amiral-Réveillère. On y lit (les liens sont de moi, bien-sûr) :

          "Le mot lucarne vient du latin lux, lucis, "lumière". Le Dictionnaire de la Technologie de la pierre de taille de Pierre Noël 1994 donne comme définition : "petite fenêtre fabriquée au toît d'une maison pour donner du jour aux greniers, aux combles". 

          Au XIIIe siècle, on releva les toitures,  de sorte que l'on put aménager des pièces habitables dans les combles. Il fallu imaginer un système pour les éclairer : les LUCARNES étaient nées !

          À Roscoff, une des richesses du patrimoine bâti tient en la conservation d'un grand nombre de lucarnes qui caractérisent fortement l'architecture de la cité. la variété de leur décor témoigne d'une ornementation particulièrement soignée. Bon nombre d'entre elles sont du type "lucarne flamande", c'est à dire en maçonnerie couronnée d'un fronton et datent du XVIe siècle, époque de l'âge d'or du commerce maritime et de la prospérité des négociants. 

          Certaines ne sont plus à leur emplacement d'origine, ayant été démontées puis remontées sur d'autres demeures". D'aucuns les appellent "lucarnes baladeuses".

          Je ne suis pas convaincu par l'emploi du terme de "lucarnes flamandes", qui se caractérisent par leurs rampants crénelés de redans.

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          Plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Par contre, les dessins de ce panneau permet de localiser les CROSSETTES.

           

          Plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Mais la seule photo qui montre une lucarne à crossettes, la première en haut à gauche, porte la légende "Place Lacaze-Duthiers". Or, cette lucarne se trouve aujourd'hui au 32 rue Amiral-Réveillère : un flagrant délit de "lucarnes baladeuses" ! Par contre, je n'ai pu trouver à quel numéro de la place Lacaze-Duthiers se trouvait la lucarne initialement.

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          Détail de la plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Détail de la plaque émaillée de la ville de Roscoff, rue Amiral-Réveillère. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Parmi ces lucarnes, j'ai retenu celles qui comportaient des crossettes figurées. J'en ai découvert deux, comportant chacune deux crossettes, sur deux maisons de la même rue, au 32 et au 25 de la rue Amiral-Réveillère, qui relie le port avec l'église. 

          Au 32 rue Amiral-Réveillère on découvre trois crossettes : sur la lucarne, un homme buvant (?) et un dragon ailé. Sur le rampant du pignon, un lion.

          En face, au 25 rue Amiral-Réveillère, nous sommes gratifiés par deux autres crossettes : un dragon et un lion.

          En somme, les armateurs et négociants n'ont fait preuve d'aucune originalité et particularité dans le choix du décor des lucarnes, car ils ont repris les trois figures les plus fréquentes des crossettes du Finistère, le lion, le dragon et l'homme. Ils n'ont marqué ni le caractère maritime de leur activité (à la différence des nefs sculptés sur les murs de l'église), ni le caractère civil (non religieux) de leur demeure. On pourrait même dire qu'ils se sont inspirés des modèles que leur proposait l'église et les ossuaires de l'enclos paroissial, et plus largement de l'ensemble des sanctuaires bretons construits à la même époque ou auparavant.

          Les maisons de Roscoff ne sont pas, tant s'en faut, les seuls bâtiments civils à orner leurs lucarnes de crossettes, puisque, par exemple, de nombreuses maisons de Landerneau (un autre grand port de commerce du XV et XVe siècle) en conservent de beaux exemples. 

          Il n'y a donc pas de spécificité de l'iconographie des crossettes entre architecture civile et architecture religieuse au XVIe siècle. Les lions, les dragons et les êtres humains des hauteurs des édifices exercent le même rôle symbolique dans les deux cas : celui d'une protection contre la mort soudaine, ou de mise en garde vertueuse contre les conduites peu chrétiennes.

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          1°) Le 32 rue Amiral-Réveillère.

          Cette maison abrite aujourd'hui les locaux du Crédit Agricole. Carte MAPS.

          La maison  (granite, seconde moitié XVIe) du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

          La maison (granite, seconde moitié XVIe) du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          La lucarne.

          Cette maison  est sommée par une lucarne à l'aplomb de la façade. Au centre, une fenêtre à meneau est soulignée par une double accolade. Au dessus, on voit l'ouverture carrée qui témoigne sans-doute de l'existence d'une potence permettant de hisser les marchandises ou les denrées dans le grenier.

          Le rampant à crochet est sommé par un fleuron, et amorti par deux crossettes.

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          Lucarne  (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Lucarne (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          L'homme buvant.

           

          La crossette gauche est un homme, à cheveux mi-longs (à la mode bien avant le règne de Henri IV et même de  ses prédécesseurs immédiats), coiffé d'un bonnet, dont le bras gauche est tendu vers la jambe repliée dans la posture très habituelle de l'homme empoignant sa cheville (voir deux exemples sur les crossettes de l'église de Roscoff).  

          La main droite tient un objet oblong. J'y vois une chopine, et je fais de ce personnage une figure de l'homme s'adonnant à la boisson, l'une des représentations très habituelles du Vice, avec le Goinfre, l'Acrobate, la Coquette (et son miroir), ou le ou la Lubrique. Sa conduite déréglée l'expose à la mauvaise mort, sans les secours de l'Église, et donc à la perdition.

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          Homme buvant. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Homme buvant. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Comparaison avec l'homme de la face sud de l'église de Roscoff :

           

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          Ou avec l'homme (buvant ?) de la face nord de l'église de Roscoff :

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          Le dragon ailé.

          Ce dragon est ailé, ses pattes reposent sur un appui (un os ??), sa queue forme un entrelacs .

          Selon mon interprétation, il représente la puissance de la Mort, terrifiante mais bienveillante avec le bon chrétien, dans une sorte de fonction apotropaïque (qui détourne le mauvais sort). 

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          Dragon ailé. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Dragon ailé. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) de la lucarne du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Comparaison avec un des dragons de l'ossuaire de l'église :

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          ou avec le dragon de l'angle sud-est de l'église de Roscoff :

           

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          b) Le rampant du pignon : un lion.

          Lion. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) du pignon  du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Lion. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) du pignon du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Le lion.

          Sa gueule est grand ouverte, sa crinière couvre son dos comme une courte pèlerine, des pattes antérieures et postérieures se rejoignent en prenant appui sur un objet qui est mieux identifiable ailleurs (Le Tréhou, par ex.) et qui est un os. Il ne brille lui non plus par son originalité, sauf par un détail. Sa queue, dont on voit le relief en demi-jonc en arc sous le ventre, semble doublée par un long  appendice trifide mais à la pilosité en peigne ou en plume qui s'étend derrière lui.

          Comme le dragon, il montre la puissance de la Mort. 

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          Lion. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) du pignon  du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Lion. Crossette (granite, seconde moitié XVIe) du pignon du 32 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          2°) Le  25 rue Amiral-Réveillère.

          Carte MAPS. et  Steet View rue Parmentier.

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Roscoff_(29)_Rue_Amiral_Reveill%C3%A8re_n%C2%B025.JPG

          Je peux m'assurer que celle-ci n'est pas une "lucarne baladeuse", car elle est visible sur une carte postale ancienne titrée La chapelle commémorative du débarquement de Marie Stuart.

          Cette lucarne est la sœur jumelle  de la précédente, sur une maison  placée aujourd'hui presque immédiatement en face, dans la même rue. Elle en a la fenêtre à meneau et accolade double, le fleuron sommital et les rampants à crochets.

          Cette maison est décrite par L'Inventaire ainsi dans la base Mérimée :

           "L'ancienne chapelle était considérée comme construite à l'emplacement du débarquement de Marie Stuart en 1548 au moment de ses fiançailles, mais datait plus certainement du 15e siècle. Elle se composait d'un rectangue percé de baies à meneaux, ainsi que d'une porte à l'ouest et une au midi. Au nord de la chapelle se trouve une maison dite de Marie Stuart, dont la cour intérieure est entourée d'un portique surmonté d'un étage d'habitation. Maison (cad. AC 324) : classement par arrêté du 21 février 1914 ; Porte et fenêtres de la chapelle Saint-Ninnien, dite de Marie Stuart, démolie, réédifiées sur la maison (cad. AC 324) : inscription par arrêté du 3 décembre 1930

          Maison construite en 1561 pour François Geffroy ou Jaffres, marchand et gouverneur de l'église de Roscoff, habitant à l'île de Batz, sur un terrain acheté à l'évêque de Saint-Pol-de-Léon en 1560. Remises et celliers à arcades. Intérieur inaccessible ;  échauguette"

          Voir photos associés 

           Ces données permettent de dater avec précision (en 1561) la lucarne et ses deux crossettes. Et, par similitude de proposer de dater la lucarne précédente d'une date identique, au début du règne de Charles IX.

          Rappel historique avec Wikipédia .

          Le port prospère grâce à l'importation chaque hiver de graine de lin  de Courlande via Anvers, principalement par des navires de Lübeck qui en ont le monopole dans la Baltique, des graines de lin récoltées au milieu de l'été en Lituanie et choisies exclusivement par la « manufacture » toilière des crées du Léon. Toutes celles des parties de l'arrière-pays qui sont impropres à la culture du blé forment alors une zone de production de renom international, la seconde en France après la région de Rouen. Développée lentement durant la seconde moitié du xve siècle, elle connait un boom à la Renaissance avec l'ouverture du marché anglais. La blancheur de cette toile de lin est appréciée pour faire du linge et sa régularité pour faire des voiles. Les toiles étaient réexportées du port de Morlaix, qui disposait d'un privilège, sur toute la côte atlantique jusqu'à l'Espagne d'où étaient importés au retour vin et huile, via Bilbao puis à partir de 1530 Séville, et au Portugal ainsi que leurs nouvelles colonies. Dans ce réseau, Roscoff, à côté d'une activité interlope séculaire, devient le principal marché des semences de lin. Son bureau de contrôle, sous l'autorité du juge des Requaires, les fait distribuer par des commissionnaires dans le haut Léon qui produit la rosconne et sa marque finira par en monopoliser au xviiie siècle le réacheminement via les succursales installées dans les ports du Trégor, d'où sortent les gratiennes, et de Penthièvre, où sont produites les Bretagnes.

           Comme partout en Léon, le capital accumulé est sacrifié [sic] à des constructions religieuses de prestige. Notre-Dame de Croaz Vaz est érigée entre 1522, année du saccage de Morlaix par les Anglo-espagnols, et 1545. La chapelle Saint-Ninien est construite à l'initiative de l'évêque et reçoit en 1538 l'assemblée capitulaire du minihy de Léon. Le 18 août 1548, la ville nouvelle accueille à son débarquement, le temps d'une prière, Marie Stuart, reine d'Écosse âgée de cinq ans et promise au Dauphin François pour réactiver l'Auld Alliance.

          Un an plus tard, le Parlement de Bretagne accède à la demande du bourg de devenir une paroisse indépendante du minihy de Léon (dont le siège se trouve à Saint-Pol-de-Léon) puis, en 1550, alors que les représentants de l'ordre ancien Claude de Coetlestremeur, seigneur de Penmarc'h, et Jean de Kermellec, commandant du château du Taureau, se livrent à la piraterie sur les côtes du Léon et que la Réforme est au cœur des préoccupations, le roi Henri II l'autorise à sa doter d'une milice municipale d'arquebusiers. 

           Le xviie siècle, âge d'or des armateurs

          De 1560 jusqu'à la fin du xviie, les terrains autour de l'église sont lotis par l'évêque-comte à des investisseurs du Léon, tels François Jaffres, marchand et gouverneur de l'église de Roscoff, en 1561 ou Olivier Le Maigre, pour construire des hôtels de négoce qui deviendront des résidences au xviiie siècle. Ils sont construits pour la seule traite, tel l'hôtel de Mathieu Le Hir du Carpont et de Keramanach en 1582, ou pour servir en sous sol de magasin, voire de maison fortifiée, telle celle du corsaire Chrétien Le Pappe qui eut à se défendre en 1592 contre le régiment paysan de la Sainte Union de Morlaix conduit par Bras de Fer. Ceux des bâtiments qui donnent, ou donnaient, sur le rivage participent au système défensif de la ville."

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          25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

          25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          La lucarne.

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          La lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

          La lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Le dragon. 

          Son corps est couvert d'écailles ou de pustules, sa queue s'entortille en faisant des nœuds savants, on devine une aile nervurée, il a donc tout du dragon de bonne extraction. Par contre, sa façon de tenir un ballon dans sa gueule comme le chien-chien et le bon toutou n'a rien d'orthodoxe : il faudra qu'il y renonce à jouer à super balle s'il veut faire un beau mariage dans la prestigieuse famille des monstres.

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          Le dragon, crossette de la  lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Le dragon, crossette de la lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Le lion.

          c'est une fois de plus un lion de crossette, avec cette habitude  de faire passer sa queue entre les pattes pour se balayer le dos avec son plumeau. 

          J'en ai plein comme ça sur l'église de Roscoff.

           

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          Le lion, crossette de la  lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Le lion, crossette de la lucarne du 25 rue Amiral-Réveillère à Roscoff. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          . SOURCES ET LIENS.

          — TANGUY (Jean)  1975, Le port et havre de Roscoff: ou, Histoire d'une vocation maritime, Éditions des Paludiers, 116 pages

          — INVENTAIRE GENERAL DU PATRIMOINE CULTUREL

          http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=29239

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          Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
          27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 09:27

          Le gisant (kersanton, 1460) de Jean de Kerouzéré en l'église de Sibiril (Finistère) par le Maître du Folgoët (1423-1509).

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           "Les tombeaux de saints très populaires et de membres de l'entourage princier témoignent de la volonté du pouvoir ducal sous Jean V de mettre l'art à son service. On peut penser que les commandes adressées en ces circonstances laissent une faible marge de manœuvre aux artistes" (Le Seac'h p. 91)

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          — Sur les gisants, voir aussi ici :

          et aussi :

          -- Le gisant du seigneur de Liscoët en Botquélo (22), limite XIV-XVe.

          -- Le gisant de Perronelle de Boutteville et Bertrand de Trogoff (église Notre-Dame-de-l'Assomption au Faouët par l'atelier du Folgoët.  Début XVe, granite, h. 1,70, 1. 0,86. Gisants représentés sur un lit funéraire : à gauche, personnage masculin (Bertrand de Trogoff?), coiffé en calotte, vêtu d'une armure; à droite, personnage féminin (Perronnelle de Boutteville,?) portant une coiffure à cornes.

          -- Le tombeau de saint Ronan dans la chapelle du Pénity de l'église de Locronan, partiellement par l'atelier du Folgoët.

          -- Le tombeau de saint Jaoua à Plouvien par l'atelier du Folgoët.

          --Le tombeau du chanoine de Nantes Laurent Richard en l'église de Plouvien vers 1555.

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          — Sur les réalisations de l'atelier ducal  du Folgoët entre 1423 et 1509, voir :

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          Ce tombeau a été superbement décrit par Emmanuelle Le Seac'h dans sa thèse, publiée en 2014. Je ne saurai mieux rendre hommage à la qualité de son travail qu'en citant sa description (en retrait et entre guillemets), qui est un modèle du genre.

          PRÉSENTATION.

          C'est "un tombeau à élévation droite sur lequel repose un gisant, mesurant  0,95 m de haut, 2,21 m de long et 0,50 m de profondeur" (inventaire général du patrimoine). Il occupe le coté sud de l'église de Sibiril, à 1 km au sud du château de Kerouzéré (Maps). On demandera les clefs à la Mairie. Mais si, comme moi, vous oubliez votre matériel photo après avoir glissé les clefs dans la boite à lettre de la mairie en fin de journée, sachez qu' une habitante demeurant sur la place en possède un double. Merci à la très aimable bouchère-charcutière qui m'a donné ce renseignement et m'a permis de récupérer mon pied télescopique.

           

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          "À Sibiril, dans l'église Saint-Pierre, qui est très commune, se cache un tombeau du premier atelier du Folgoët [1423-1468] d'une excellente facture. Appuyé contre un pilier séparant la nef du bas-coté sud, il est constitué d'une dalle qui repose sur un coffre formé de deux plaques latérales divisées chacune en quatre panneaux et d'une petite sous la tête du gisant. [...] Le tombeau s'inspire de celui du seigneur de Liscoët à Boquého, paroisse près de laquelle Jean de Kerouzéré avait hérité de la terre d'Avaugour en Plésidy (Copy, 1986)" (Le Seac'h)

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          Jean de Kerouzéré, mort en 1460 sans héritier mâle, était échanson de duc Jean V. Il participa au siège de Champtoceaux le 5 juillet 1420. En récompense, il reçut les faveurs du duc.

          Néanmoins, cette attribution communément admise a été réfutée en 2020 par Paul-François Broucke sur la base ARMMA sur de solides arguments : il s'agit en réalité du gisant d'Éon (ou Yvon) de Kerouzéré, père de Jean II et décédé en 1435 ou un peu avant. Mon article de vulgarisation, rédigé en 2017, est désormais caduque, et je renvoie à la notice de l'ARMMA :

          https://armma.saprat.fr/monument/sibiril-eglise-saint-pierre-gisant-deon-de-kerouzere/

          On y trouvera une passionnante analyse héraldique, stylistique et historique.
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          a) Le duc Jean V captif à  Champtoceaux . 

          Le 13 février 1420, la famille de Penthièvre invite son rival Jean de Montfort (le duc Jean V) sur ses terres et l'enlève. Le duc est détenu à Champtoceaux, puis promené en France de prison en prison.

          Durant la Guerre de Succession de Bretagne entre Penthièèvre et Montfort, Marguerite, fille du connétable Olivier V de Clisson et dame de Champtoceaux est la prétendante des Penthièvre. Elle aspire au titre de duchesse de Bretagne, et avec l'aval du dauphin, le futur Charles VII, elle capture Jean V de Bretagne par la ruse et l'enferme dans la Tour du Diable de sa citadelle de Châmptoceaux.  Le siège de 1420 de Champtoceaux  s'étalant sur près de 3 mois,  se termine par la victoire de l'armée du duc de Bretagne. Au terme du siège, le château et la ville sont totalement rasés par les forces bretonnes. Le prisonnier libéré fera démanteler totalement la citadelle avec interdiction de reconstruire à l'intérieur de l'enceinte. 

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          b) Le duc Jean V récompense les membres de la noblesse qui lui ont assuré leur appui et ont permis sa délivrance.

          La petite noblesse se caractérise dans son ensemble par sa fidélité aux Montfort. Par le domaine ducal, le duc est parfaitement implanté dans tout le duché et possède de très nombreux vassaux. Par ailleurs, les faibles revenus d'une grande partie de la petite noblesse l'obligent à servir le duc pour rehausser son niveau de vie, dans la garde, l'armée et l'administration. (Coativy) Parmi les anoblis ou les familles fraîchement enrichis par la faveur ducale, on compte les Kerouzéré.  En l'espace de deux générations, cette famille passa de la moyenne à la haute noblesse, grâce aux faveurs du duc et se paye un château de pierre, une haute justice (1445) et des foires. En 1457, le duc Arthur III donne ainsi "congé au sire de Kérouzéré de fortifier la place et la maison de Kérouzéré". Puis en 1459 et 1468, François II accorde deux mandements ducaux relatifs à la fortification de Kérouzéré.

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          Preuves de Dom Morice coll. 1094 Donation faite par le Duc à Jean de Kerouzéré, son eschanson: 

          "Jehan par la grâce de Dieu Duc de Bretaigne, comte de Montfort et de Richemond...salut. Comme aucunes fois nous bien acertennez des bons & notables services que nous avaient faictz nostre bien amé & féal Conseiller Eon de Kerouzeré nostre President, & nostre bien amé & féal Escuier & Eschanson Jean de Kerouzéré filz dudit Eon, & en special au faict du recouvrement de nostre personne prinse & empeschée par très-faulce & desloyale trahison par Olivier de Blays, & Charles son frère, & au vengement de celle trahison, scavoir ledit Eon en conseillant & adverissant & faisant les dilligences qu'il pouvait faire, & ledit Jean employant son corps en péril & adventure, lui accompagné de plusieurs de ses amis en guerre que avoeint faicte nos bons, vrais & loyaux cousins, féaux subjectz de nos Barons, Chevaliers & Escuyerrs ausd. De Blays, & à leur mère soustenant ceste trahison, tellement mercy à Dieux que par les dilligences que avoeint faicyte nos dits cousins, féaux & subjectz la delivrance de nostre personne s'estoit ensuivie, desquelz services & à bon droicts nous nous tenions pour bien contens, & encore faisons : ...desirant l'avancement de nostredit Escuyer & Eschanson, à luy & à ses hoirs masles procréés ou à procréer en mariage en perpetuel à jamais à héritaige cinquante livres de rente, vallentes & levantes chacun an à jamais sans faillir ; & avecques cinquante livre de rente vallentes et levantes chacun an à la vie dudit Jean tant seulement à estre assises et assignées audit Jean en la chatellenie de Chastelaudren en heritaiges qui furent audit Olivier de Blays....A Vannes le 2 jour de juin l'an 1421."

          "Olivier de Blays" désigne Olivier de Blois, comte de Penthièvre.

          Voir aussi l'Histoire de Bretagne d'Argentré.

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          c) Armorial et Nobiliaire :

           

          "Kerouzéré (de), baron dudit lieu et sr. de Kersauson, en Sibiril, — de Kerménaouet et de Menfantet, en Cléder, — de Trogoff, en Plouescat, — de Kerandraon et de Keraliou, en Plouguerneau, — de Kerdrein, — de Kernavallo, — de Kerangomar, en Taulé, — de Trévéhy et de Tromanoir, en Plouénan. Réformes et montres de 1426 à 1534, dites paroisses, évêché de Léon. Blason : De pourpre, au lion d'argent. Devise : List, list (laissez, laissez).

          Kerouzéré a produit :

          — Eon, président universel de Bretagne en 1390.

          — Jean, son fils, échanson du duc Jean V, qui bâtit le château de Kerouzéré, épousa Constance Le Barbu, dame de Trévéhy.

          — Yvon, conseiller et chambellan du duc François II, en 1462.

          La branche aînée fondue, en 1527, dans Kerimel de Coëtnizan, d'où la baronnie de Kerouzéré a passé par alliance aux Bois-Eon. "

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          d) les titres de Jean de Kerouzéré

          Échanson : ou Premier échanson, puisque les ducs de Bretagne n'eurent que des premiers écuyers et premiers échansons : voir la liste des échansons sur Infobretagne. 

          Écuyer : "Les plus grands seigneurs (du duché de Bretagne) ne prenaient pas d'autre titre que celui d'écuyer, avant d'être parvenus aux honneurs de la chevalerie."  

          Homme d'armesOn doit à Charles VII la constitution de la première armée de métier permanente en Europe, par la grande ordonnance de 1445 qui crée les compagnies d'ordonnance pour former la cavalerie de l'armée de campagne. Sont alors créées 15 compagnies de 100 lances, une lance étant un groupe de 6 hommes : un homme d'armes, qui dirige la lance, un coutillier (fantassin armée d'une coutille, dague qui peut être fixée à une hampe) , trois archers et un page.

          Un homme d'armes est un cavalier : pour combattre, il monte un cheval de guerre ou  coursier, mais il doit posséder aussi un cheval de somme, le sommier, pour porter ses bagages. 

          Pour être homme d'armes, il fallait être bon gentilhomme et avoir au moins quatre quartiers de noblesse.  Une ordonnance de Pierre de Bretagne de 1450 précise les équipements requis pour la montre, selon les richesses estimées allant de 140 à 500 livres de rentes : au minimum, être " en estat et appareil d’homme d’armes pour sa personne, bien armé son corps et bon cheval, avec un coustilleur et un page montez, les chevaulx compétantz,", pour d'autres "brigandines, bonnes salades ou à tout le moins bons paletocs armés de nouvelle façon, sans manches à lesches de fer ou mailles sur le bras, avec bons jusarmes ou arcz s’ils s’en scavent aider" et pour les plus fortunés, trois archers, un jusarmier, un coustilleur et un page " 

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          Dalle du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Dalle du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          La partie supérieure (dalle ou gisant).

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          "L'homme d'armes se tient les mains jointes, à plat, les manches serrées. Le col de son bliaud remonte haut sur le cou, rigide et échancré au niveau de la pomme d'Adam. Il porte sur les épaules un camail, petite cape sans manches, dont les plis en volutes richement travaillés s'arrêtent au niveau du coude." (Le Seac'h)

          Il me semble que le "bliaud" et le "camail" sont en réalité un seul vêtement, la  "cotte d'armes", ou tabard, sorte de tunique mise au dessus de l'armure et portant des armoiries : Selon Wikipédia, "Aux XVe et XVIe siècles, la cotte trouve sa forme classique, composée de quatre pans inégaux de tissu : deux grands et deux petits, formant les manches. À cette époque, on voit apparaître des cottes à la finalité clairement somptuaire, faites de draps d'or, satins et damas de soie, richement brodées et frangées; cela a pour principale conséquence de rendre le vêtement lourd, rigide et peu commode sur les champs de bataille. De fait, au XVIe siècle, on le retrouve plus dans l'iconographie que sur le front. C'est ainsi le vêtement par excellence du chevalier se faisant représenter en donateur dans les œuvres de dévotion, tableaux, et vitraux."

          La chemise ou la tunique, très ajustée aux poignets, n'apparaît que sous le coude, et au niveau du bassin, sous forme de pointes triangulaires.

          L'écuyer ne porte ni casque, ni gants, ni éperons.

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          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          La tête du gisant.

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          "La tête du gisant repose sur un coussin dont le moelleux est rendu par une house aux motifs quadrillés. Quatre pompons sphériques dont deux ornés de pampille, parachèvent la décoration soignée.

          Les cheveux du gisant sont coiffés à la manière du Folgoët. Ils partent d'un point sur le haut du crâne et s'étalent en mèches ondulées puis tombent en boucles sur les cotés du visage et s'arrêtent à hauteur de mâchoire.

          Le front est ceint d'un mince bandeau torsadé. Le visage est taillé en ovale avec le philtrum et la fossette mentonnière creusés. Le sillon naso-génien est légèrement creusé. Le nez est droit avec la pointe épaisse. Les yeux bridés en amande sont surlignés de paupières et les arcades sourcilières sont nettes." (Le Seac'h)
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          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Les anges.

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          "Deux anges assis posent leurs mains sur le crâne avec délicatesse . Ils sont vêtus d'une aube et d'un manteau dont les pans superposés forment des plis fluides qui laissent à découvert le bout de leurs pieds. Leurs ailes sont repliées dans le dos en forme de coquillage.

          Les deux anges sont coiffés pareillement avec aussi un mince bandeau qui leur enserre le crâne. Leur visage est empreint d'une douceur enfantine avec des joues pleines et rondes, le nez camus. Les lèvres sont sculptées en une moue plus triste pour celui de gauche du gisant, à droite, elle est plus gourmande." (Le Seac'h)

           

           

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Le geste de compassion et de tendresse des deux anges.

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          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          L'ange de gauche.

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          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Le milieu du corps.

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          "Le gisant est revêtu d'un bliaud dentelé et aiguisé dans le bas, resserré à la taille par une ceinture de chevalerie à boucle carrée imitant le métal et décoré sur son pourtour de la devise de la famille inscrite en caractères gothiques : « LIST, LIST » qui signifie « Laissez, laissez »." (Le Seac'h)

          Je trouve dans le dictionnaire de Le Gonidec le verbe leuskel ou lezel « laisser, abandonner » ou encore dilezel, « abandonner, quitter, céder, se désister » :   https://books.google.fr/books?id=YYkCAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=dictionnaire+breton&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjPx8iSsffVAhWCVBoKHeDPC4MQ6AEIJzAA#v=onepage&q=laisser&f=false

          Faut-il le comprendre comme un cri de guerre adressé à l'adversaire : "Abandonne ! Abandonne ! " ou bien, ce qui semble mal convenir et être anachronique, comme une injonction personnelle de lâcher-prise ?

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          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          La ceinture et la devise.

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          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Les armes.

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          "Il est équipé de genouillères et de solerets et est fortement armé avec une épée sur la hanche gauche, dans son fourreau, maintenue par une lanière passée dans la boucle de la ceinture, un sabre posé à plat entre ses jambes et une dague glissée sous la ceinture du coté droit dans une bélière* ronde qui en accueille la garde ." (Le Seac'h)

          * bélière : "Anneau servant à suspendre ..., un sabre ou encore la courroie servant à attacher le sabre au ceinturon."

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          Emile Souvestre  emploie en 1836 le terme d'épée portée au coté, de "jacquemart" placée au centre,  "dague" ou "miséricorde" dans sa description du gisant.

          Les deux épées ne diffèrent que par leur taille (plus courte au centre) et par leur garde (avec pommeau en cœur à gauche). Elles sont toutes les deux à double tranchant (excluant le terme sabre, lame à un seul tranchant). La garde est recourbée aux extrémités. Ces lames à profil triangulaire à tranchants larges sont celles d' épées du XVe siècle,  adaptées à l'estoc et à la taille .(l'estoc est l'acte de frapper l'adversaire par la pointe de l'arme, pour le transpercer et menacer ses organes vitaux. la taille est l'acte de frapper avec le tranchant de la lame, et de causer de longues entailles).

          L'une des deux épées  est peut-être plutôt une épée d'estoc, plus longue et  qui fait office de lance, et l'autre l'épée d'armes pour frapper de taille. "Les hommes d'armes des compagnies d'ordonnance avaient l'estoc accroché à un arçon de la selle, la masse d'armes à l'autre, l'épée d'armes à la ceinture, et la lance au poing" (René de Belleval, La panoplie du XVe au XVIIIe)

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          L'épée est portée à gauche, comme le veut l'usage. Je distingue le fourreau et sa chappe (partie haute, triangulaire)   La lanière est bien visible, elle passe dans deux trous de la ceinture. 

           

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          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          L'épée placée entre les jambes.

          Emile Souvestre la désigne sous le nom de "jacquemart", synonyme rare de braquemard ou braquemart, nom d'une "épée large et courte à deux tranchants" devenu synonyme d'épée depuis Montaigne.

          [Le mot braquemard apparaît au Moyen Âge et proviendrait du mot néerlandais désignant un couteau. Celui-ci devait ainsi être robuste avec une lame courte, large et forte. Il prend la signification d’épée dans la langue française grâce à Michel de Montaigne, qui emploie le mot braquemart pour traduire l’épée des escrimeurs allemands. Par extension, le mot a servi à désigner le pénis en argot.]

          Cette épée très proche de celle portée à gauche mesure une soixantaine de centimètres. Ce qui est particulier, c'est la manière dont la poignée retrousse le bas de la cotte d'armes en deux plis qui lui forment un pavillon. Je ne m'éternise pas.


           

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          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Les pieds chaussés de solerets posés sur un lion tenant un os.

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          "Les pieds s'enroulent autour du corps d'un lion couché qui regarde vers lui, les pattes antérieures posées sur un os.

          Cette façon d'enrouler les pieds et le geste des anges posant leurs mains avec sollicitude sur le cousin  et les bras du gisant se retrouvent aussi sur les tombeaux de Haute-Bretagne comme celui du seigneur Guillaume Le Voyer, mort en 1415, inséré dans le nu d'un mur de l'église de Trégomar dans les Côtes d'Armor." (Le Seac'h)

           

          Ce lion est stéréotypé : avec sa gueule débonnaire, sa crinière méchée jusqu'à mi-corps, sa queue passant dans l'entre-pattes et étalant sur le dos son extrémité à trois pointes, et surtout l'os placé entres ses antérieures, c'est le "lion de crossettes", celui qui, à coté du dragon ou de l'Ankou, montre aux fidèles, sur le toit des églises et chapelles, que la mort menace chaque homme, qui doit veiller à s'assurer qu'il ne meure pas en état de péché.

          Cet os n'a rien à voir avec celui qu'aurait dérobé un chien : il affirme la fonction psychopompe du lion, veillant à guider les défunts. 

          Ce lion n'a rien à voir, non plus, avec le meuble héraldique des armes des Kerouzéré, puisqu'on le trouve au pieds de tous les gisants, depuis que l'art funéraire nobiliaire  a été établi par les sculpteurs des tombeaux des ducs de Bourgogne à Champmol.

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          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          LE SOUBASSEMENT ET ES ARMOIRIES.

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          "Sur ses plaques sont figurées, en alternance, les armoiries de la famille — « de pourpre, au lion d'argent », — un casque orné de lambrequins et d'un cygne pour cimier surmontant un écusson couché figuré d'un lion. L'ensemble figure dans le même ordre des deux cotés, le lion en écu puis le casque, en partant de la tête du gisant. Le lion se retrouve ainsi à onze reprises sur le tombeau, neuf fois sur les trois faces visible du coffre du tombeau, le dixième aux pieds du tombeau, le dernier en bas-relief sur le bliaud de l'homme d'armes." (Le Seac'h)

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          Le coté droit (par rapport au gisant).

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          Coté droit du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Coté droit du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Armoiries du coté droit du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Armoiries du coté droit du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Le premier motif : le blason au cygne.

           

          Il est décrit par Le Seac'h comme "un casque orné de lambrequins et d'un cygne pour cimier surmontant un écusson couché figuré d'un lion". Il reste à remarquer la présence du tortil au dessus du casque, et les étoiles timbrant le lambrequin.

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          Armoiries du coté droit du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Armoiries du coté droit du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          Le deuxième motif : le lion

          On regrette l'absence de couleur, car celle du champ du blason des Kerouzéré, le pourpre, est très rare :  elle ne se retrouve en Bretagne que dans trois cas : Kerangomar, Kerouzéré, et Tromanoir.

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          Armoiries du coté droit du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Armoiries du coté droit du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

           

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          2°) Le coté gauche du gisant.

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          Le coté gauche du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Le coté gauche du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          3°) Le petit panneau du soubassement, coté tête.

          Il porte le même blason incliné sous un heaume à cygne.

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          Petit coté  du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

          Petit coté du soubassement du tombeau de Jean de Kerouzéré (vers 1460), kersanton, premier atelier du Folgoët. Église Saint-Pierre à Sibiril. Photographie lavieb-aile août 2017.

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          SOURCES ET LIENS.

          — Base Palissy : objet classé Monuments historiques 1922/01/28.

          http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palsri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IM29000914

          http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palsri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PM29001134

          — BROUCKE (Paul-François), Sibiril, église Saint-Pierre, gisant d'Éon de Kerouzéré; base ARMMA

          https://armma.saprat.fr/monument/sibiril-eglise-saint-pierre-gisant-deon-de-kerouzere/

          — COPY (Jean-Yves, 1986, Art, société et politique au temps des ducs de Bretagne : les gisants hauts-bretons. Aux amateurs de livre, 294 pages, page 140.

          — INFOBRETAGNE, "Sibiril":

          http://www.infobretagne.com/sibiril.htm

          — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. Pages 91-92.

          — Bulletin SAF 1914 page 18 :

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207714b/f81.image

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