L'église Sainte-Geneviève de Loqueffret : les 8 crossettes et le calvaire (kersanton, XVIe siècle).
PRÉSENTATION
L'église comprend une nef de trois travées avec bas-côtés, un choeur de deux travées au nord avec chapelle en aile, et d'une travée au sud avec également chapelle en aile. Elle date de la première moitié du XVIe siècle, à l'exception de la tour-clocher qui, plus récent, porte la date de 1697. Une inscription de ce clocher porte la date de 1771 précédée par "Vénérable et Discret Messire Yves BRIAND" (ce dernier est décédé en 1773 à 70 ans, recteur de Plonévez-du-Faou). La chambre des cloches a été couronnée en 1850 d'une flèche aux gables ajourés conçue par l'architecte Joseph Bigot.
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Le portail ouest est en plein cintre, souligné par une contre-courbe à deux pinacles, tandis que le porche sud est un édifice gothique au pignon couronné d'un fleuron. À l'intérieur, au dessus des bancs de pierre, ses niches à coquilles destinées à accueillir les douze apôtres sont vides. La porte d'accès est surmontée d'une statue en kersanton de sainte Marguerite issant du dragon, mains jointes.
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L'église et le calvaire de l'ancien cimetière sont classés par décret du 6 septembre 1916.
I. LES HUIT CROSSETTES.
On nomme crossettes les éléments sculptés servant de pierre d'amortissement sur les pignons et sur les gables des lucarnes. Ce ne sont pas des gargouilles, car elles n'ont aucune fonction d'évacuation de l'eau de pluie. En Basse-Bretagne notamment, les sculpteurs y ont figuré des lions et des dragons, des chiens, des sirènes et femmes-serpents, des anges, mais aussi des humains, acrobates ou buveurs ainsi que des guerriers brandissant une épée, et on se plait également à découvrir des figures plus rares. Par contre, on remarque l'absence de tout personnage religieux (saint, saintes, figures bibliques, Christ ou Vierge) et même de tout symbole liturgique. Ces crossettes répondent par leur thématique aux sablières de l'intérieur, occupant ces points de contact entre les murs et la toiture : un lieu de transition, à rôle parfois apotropaïque, et parfois d'expression profane.
L'inventaire partiel auquel se consacre en partie ce blog montre une chose : ce décor n'est pas confié à la fantaisie ou le bon plaisir des sculpteurs, qui reproduisent au contraire (mais toujours à leur façon) des modèles établis et qui répondent à des exigences bien codifiées. Comme c'était le cas, dans l'art roman, des modillons.
J'ai dénombré à Loqueffret six crossettes bien conservées, et deux fragments :
-Pignon de la lucarne sud (baie du transept) : un ange au phylactère et un guerrier tenant son épée, et saluant
-Pignon de la lucarne nord (baie du transept) : un guerrier tenant son épée et saluant, et un chien
-Angle sud-ouest : Homme brandissant un bâton (joueur de soule?)
-Angle nord-ouest : fragment : jambe et pied chaussé.
-angle nord-ouest : bassin et jambes d'un homme (acrobate ?)
-Angle sud-est : un lion
1 et 2. Pignon de la lucarne sud (baie du transept) : un ange au phylactère et un guerrier tenant son épée
1. un ange au phylactère
L'ange, volant, vêtu d'une tunique plissée serrée par un cordon, les pieds nus, présente un phylactère dont l'inscription n'est plus lisible. On peut imaginer une formule de bienvenue, ou une mise en garde sur la brièveté de l'existence.
2. un guerrier brandissant son épée.
Cette figure m'intéresse, car je l'ai déjà rencontrée. À propos de la crossette de Le Tréhou (église Sainte-Pitère), j'écrivais :
"Sur 371 crossettes et gargouilles étudiées par Emmanuelle Le Seac'h dans quatre cantons du Finistère, 67 sont des représentations humaines, et parmi celles-ci, cinq sont des soldats tirant leur épée, à Plougourvest, Saint-Servais, Locmélar, Le Tréhou et Landerneau. Ces soldats portent des chausses collantes, des pourpoints, un casque (Locmélar), des chaussures à semelles épaisses (Locmélar) ou des poulaines (Le Tréhou). Si on ajoute à ces cinq crossettes-soldats celle de Notre-Dame-de-Berven en Plouzévédé , cela constitue un corpus de six crossettes-soldats attestées pour le Finistère. On remarquera la proximité des six paroisses concernées."
Je peux ajouter celle du 1 rue François Pengam à Landerneau , accompagnée de l'inscription TIRE TUE (Je tire, je tue?).
Voici notre guerrier de Locmélar :
Mais dans les quatre cas, les guerriers s'apprêtent à dégainer. Ils tiennent le fourreau de la main gauche. Alors qu'ici, à Loqueffret (de même que sur la lucarne nord), l'épée est dégainée, tenue en arrière au dessus de la jambe (même si on ne voit pas le fourreau).
Il y a encore une différence importante avec les autres guerriers : ceux de Loqueffret portent la main gauche près de leur tempe, ou plus exactement sur le bord de leur couvre-chef.
Nous avons alors un motif, celui de l'écuyer saluant, que l'on retrouve, souhaitant la bienvenue aux fidèles, à l'entrée des porches de Saint-Herbot à Plonevez-du-Faou (tout près), à la chapelle de Ty Mamm doué à Quimper, à la chapelle Saint-Tugen, à Plogoff, ou à Lampaul-Guimiliau.
Voir : https://www.lavieb-aile.com/2023/07/les-portes-et-porches-de-la-chapelle-de-ty-mamm-doue-a-quimper.html
Ce guerrier est barbu, comme les autres, son bonnet est semblable à ceux de Le Tréhou, Landerneau et Locmélar, il porte, comme les autres, un pourpoint épais plissé sur les manches, et dont le boutonnage souligne les sinuosités des boutonnières. Sous une culotte semblable à un short, les cuisses et ajmbes sont moulées par les chausses, jusqu'aux fortes chaussures à bouts arrondis.
L'épée est remarquable par un pommeau et surtout par une garde en S.
3 et 4. Pignon de la lucarne nord (baie du transept) : un guerrier brandissant son épée, et un chien.
n° 3 : Le guerrier.
Ce guerrier est assez semblable à celui de la lucarne sud, mais le boutonnage du pourpoint n'est pas visible. Il a la même posture, le même geste de salut, main vers le bonnet ; l'épée est tenue un peu plus haut.
n° 4 : Le chien.
C'est un chien de chasse au museau assez fort, aux oreilles longues, et qui porte un collier ; on peut penser au Saint-Hubert ou au basset d'Artois, si on admet que la queue en sabre ou en faucille a été exagérée avec cette forme en spirale.
Doit-on l'associer au guerrier, qui serait alors un chasseur? Mais on ne chasse pas avec une épée.
5. Angle sud-ouest : Homme brandissant un bâton (joueur de soule?).
On pense d'abord à un guerrier, mais d'une part le bâton qu'il tient est dilaté en boule à l'extrémité, et d'autre par sa posture est acrobatique, avec cette jambe gauche qui s'élève verticalement, pied à la hauteur de la tête.
L'examen des détails de son habit nécessiterait un autre éclairage.
Comparez avec la crossette de Plougourvest :
https://www.lavieb-aile.com/2017/08/les-crossettes-de-l-eglise-de-plougourvest-29.html
6. Angle nord-ouest : fragment : jambe et pied chaussé.
De cet ensemble fragmentaire, je retiens la forme caricaturale et comique de la chaussure, dont la pointe est écrasée en crochet. Je note aussi, au niveau de la cheville, cette excroissance : elle m'évoque fortement tous les acrobates cambrés par l'effort qu'ils exercent en rapprochant leurs chevilles de leur tête, comme à Dirinon (crossette n°7), à La Martyre, à Landerneau, et dans de nombreux autres exemples. Il s'agit souvent de poses érotiques, ou équivoques, ce qui expliquerait que le personnage ait été bûché.
7. Angle nord-ouest : bassin et jambes d'un homme (acrobate ?).
Ces jambes semblent nues, les pieds ou chaussures sont brisées ; mais l'entre-jambe est protubérant. On trouvera dans d'autres sites des exemples de personnages entiers correspondant à ce fragment : voir les crossettes 2, 3 , 10 et 11 de l'église de Dirinon. Même remarque que pour la crossette précédente.
8. Angle sud-est : un lion.
Les lions de crossettes sont stéréotypés, mais celui-ci n'est pas le mieux conservé pour en offrir la démonstration. La queue est dressée mais son fouet retombe sur le dos, la crinière et les pattes velues sont mal visibles.
II. LE CALVAIRE
—Sur les calvaires de Basse-Bretagne, voir :
a) XVe siècle :
-
L'église de Runan. Son calvaire. Ses gargouilles. Diverses sculptures. La chaire-calvaire (granite, XVe siècle vers 1420-1440)
- Le calvaire de l'église de Plomodiern. (kersanton, premier atelier du Folgoët, entre 1433 et 1457)
- Le calvaire de l'église Notre-Dame de Châteaulin. (kersanton, seconde moitié du XVe siècle)
- Le calvaire du XVe siècle de l'église de Saint-Éloy (29).
- Les calvaires de Dirinon I : la croix du bourg (XVe siècle).
- L'enclos paroissial de Dirinon. II. Le calvaire (1450)
- Les calvaires de Dirinon IV : la croix de Kerniouarn / Kerpierre (XVe siècle).
- Le calvaire du cimetière de Plougoulm. calvaire à dais gothique (kersanton, XVe siècle)
- Le calvaire de l'église d'Argol. (fin XVe ou début XVIe siècle)
- Le calvaire de l'église de Guengat. (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën")
- Le calvaire de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec. (granite, vers 1450-1500, Maître de Quilinen)
-
Le calvaire de Mellac. (granite et grès arkosique, Maître de Quilinen, vers 1500)
-
Le calvaire de Motreff. (granite, vers 1500)
-
Le calvaire de l'enclos paroissial de Brasparts. (kersanton, vers 1500, Maître de Brasparts)
b) XVIe siècle :
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Le calvaire de Plourac'h et sa Déploration. grès arkosique ? début du XVIe siècle).
- Le calvaire de Laz et sa Déploration. (granite et kersantite, 1563) et sa Déploration (grès arkosique, Maître de Laz 1527).
-
L'église de Pluguffan : vitraux anciens et calvaire. XVIe siècle.
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La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Les vestiges d'un calvaire.kersanton, Maître de Lambader, vers 1550 / ou Maître de Plougastel vers 1600.
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La Collégiale du Folgoët XIII. Le calvaire. La Pietà par l' Atelier de Bastien et Henry Prigent (1527-1577). Le Christ crucifié par le Maître de Plougastel (1570-1621). Le groupe du cardinal de Coëtivy par l'Atelier du Folgoët (vers 1449). . .
-
Le calvaire de la chapelle Notre-Dame du Val en Plouguerneau. (Toinas et Conci 1511 et/ou Prigent v.1527)
-
Les statues de la cour du palais épiscopal de Quimper. (ancien calvaire)
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L'enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou. IX. Le calvaire.(granite et kersantite, Maître de Guimiliau) de 1575.
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Une Pietà aux larmes : celle de la chapelle de Tronoën. provenant du calvaire de la chapelle Saint-Evy. Kersanton, XVIe siècle.
-
Le calvaire de l'église de Saint-Hernin. (XVIe et XXe siècle) de l'église de Saint-Hernin.
-
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest. (kersanton, v. 1550, atelier Prigent ?)
-
Le calvaire de l'église de Lopérec. (Fayet, 1552 ou Prigent 1542?)
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La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : le calvaire. ( 1541-1554, kersanton et Logonna, atelier Prigent).
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Le calvaire monumental de Saint-Thégonnec. I. Les 41 personnages du socle. (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec, et Roland Doré)
-
Le calvaire de l'enclos paroissial de Guimiliau. I.(granite et kersantite, 1581-1588, Maître de Guimiliau ; Maître de Saint-Thégonnec ; XVIIe siècle Roland Doré ; Yan Larhantec XXe siècle)
-
Le calvaire de Lambader en Plouvorn. (kersantite, XVIe siècle vers 1550, atelier Prigent, et anonyme, 1910)
-
La Pietà aux trois larmes (kersanton, XVIe, atelier Prigent) de la croix de Tal-ar-Groas à Crozon. (kersanton, XVIe, atelier Prigent)
-
Les statues du calvaire de la chapelle Saint-Côme à Saint Nic. (kersanton, probable atelier Prigent, milieu XVIe siècle)
-
Le calvaire "aux trois larmes" de la chapelle Saint-Herbot à Saint-Thonan. (kersanton, XIVe siècle, Prigent ?)
- Saint-Ségal : le calvaire du bourg. (vers 1550 et 1630, kersanton, atelier Prigent et Roland Doré).
- Le calvaire de la chapelle Saint-Urfold à Bourg-Blanc. (XVIe siècle, atelier Prigent?, & 1927)
- Ploéven III. L'église : le calvaire du cimetière. (kersanton, vers 1550)
- Le calvaire de la chapelle Sainte-Marie du Ménez-Hom en Plomodiern. (1544 et vers 1630)
- Le calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. (kersanton, Prigent ?, XVIe siècle ; 1762 ; 1887, mission)
- Les calvaires de l'église de Saint-Divy I : le calvaire de 1562. (kersanton, atelier Prigent).
- Le calvaire de l'enclos paroissial du Tréhou. (1578)
- Le calvaire monumental de l'enclos de Guimiliau. II. (granite et kersantite, 1581-1588, Maître de Guimiliau ; Maître de Saint-Thégonnec )
c) XVIIe siècle :
-
Sortir d'une épidémie : le calvaire monumental de Plougastel. I. (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604)
- Sortir d'une épidémie : le calvaire de Plougastel. III. (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604)
- Le calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon. (kersantite, Maître de Plougastel, 1621)
- Les sculptures sur pierre de Daoulas. V : le calvaire du Champ de Foire.
-
Le calvaire de Plourin-lès-Morlaix. calvaire démantelé (kersanton, Roland Doré, vers 1630)
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La chapelle Saint-Côme de Saint-Nic : le calvaire et les crossettes. (Christ en kersanton, par Roland Doré vers 1630)
-
Le calvaire de la chapelle Saint-Vendal de Douarnenez : de nouvelles photos. (Roland Doré, 1655 ?)
-
Les statues sculptées par Roland Doré au cimetière de La Forest-Landerneau. (kersanton, vers 1620-1660, Roland Doré )
- La Vierge de Pitié du calvaire monumental de l'enclos de Pleyben. le dais (Bastien Prigent, kersantite, 1555)
-
Le calvaire de Saint-Thégonnec. II, les croix. (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec).
-
Le calvaire de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. (kersanton, anonyme , vers 1550 et Roland Doré vers 1630)
-
Ploéven VI : le calvaire de la chapelle Saint-Nicodème. le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré)
-
Fragments d'un calvaire au cimetière de La Forest-Landerneau. (kersanton, vers 1555, atelier Prigent)
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Le calvaire de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Roland Doré, 1630)
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Le vestige du calvaire de la Forêt domaniale du Cranou par Roland Doré. Roland Doré, kersantite, 1627)
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Le calvaire de Ty-ar-Névez ou Croaz-Moudennou à Dinéault. (kersanton, par Roland Doré, 1ère moitié XVIIe)
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Deux statues de Roland Doré restituées à Crozon.Fragments d'un calvaire (statue géminée de Jean et Pierre) et statue d'un évêque, sculptées par Roland Doré, kersantite, vers 1630-1650
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Le calvaire de l'église de Saint-Nic. (kersanton, en partie Roland Doré 1618-1663)
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Le calvaire de l'église de Cast, et les statues de Roland Doré. (kersanton, 1660, Roland Doré)
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Le calvaire de la chapelle de Kerluan à Châteaulin. (Roland Doré, 1639)
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Le calvaire de la chapelle Saint-Vendal de Douarnenez. (Roland Doré, 1655)
-
Le calvaire de l'église de Rosnoën. (kersanton,1893), et les fragments de calvaire (kersanton, 1648, Roland Doré) intégrés au Monument aux morts, de l'église de Rosnoën.
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Le calvaire et la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. (vers 1642, kersantite, Roland Doré)
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Le calvaire de Senven-Léhart. (kersantite et granite, v. 1630-1650, Roland Doré)
- Le calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau et sa Vierge de Pitié. Le calvaire (kersanton, 1681) et sa Vierge de Pitié ( kersanton, vers 1550, atelier Prigent).
Description
Selon Yves-Pascal Castel, suivi poar Florent Maillard, ce calvaire aurait été érigé au 15e siècle, tandis que René Couffon avait lu la date de 1576. Il a été remonté en 1923, suite à la translation du cimetière. Sur les documents disponibles, Yves-Pascal Castel n'explique pas quels sont les critères de sa datation ; je pencherai plutôt pour une datation au XVIe siècle.
Au dessus du soubassement avec table d'offrande et bénitier et d'un socle cubique, le fût chanfreiné est en en granite tandis que les croisillons et statues sont en kersantite. Sur la face ouest se trouve, à mi-hauteur du fût, la statue de sainte Geneviève qui repose sur un support en forme de tête humaine.
Les légers croisillon inférieurs, sur lesquels reposent les statues non géminées de saint Jean et de la Vierge, sont soutenus par les têtes de deux marmousets en costume d'époque.
Les croisillons supérieurs, convexes, représentent un ange au nord, et un diable grimaçant et aux ailes nervurées au sud. Ils ont perdu leurs statues, qui représentaient les deux larrons.
La face ouest.
La croix centrale porte sur la face ouest, sous un titulus, le Christ crucifié avec à ses pieds un ange qui recueille le sang dans un calice, accompagné d'une tête de mort (Adam), et d'un tibia.
La face est.
Sur la face est se trouve une Vierge de Pitié ; un "ange de tendresse" pose une main sur la tête du Christ, tandis que l'autre main est posée sur son avant-bras. Un autre ange descend en vol des Cieux pour poser les mains sur le voile de Marie.
— Sur les anges de compassion, et la gestuelle de l'ange, voir :
-
La Pietà de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou (2 anges de douceur, calcaire polychrome, XVIe siècle)
-
La Pietà de l'église Saint-Sauveur du Faou (XVIe siècle) ( 3 anges de douceur, granite polychrome,)
-
La chapelle de la Trinité (An Dreïnded) de Lanridec en Pleyben. Vierge de Pitié à 1 ange de douceur, kersantite, XVIe siècle.
-
La Pietà aux trois anges de tendresse (calcaire, XVIe siècle) de l'église de Plozévet.
-
Chapelle de Trémorvézen à Névez (calcaire, XV ou XVIe)
-
La Vierge de pitié aux anges de tendresse (calcaire, XVIe siècle) de Kergloff
SOURCES ET LIENS
— CASTEL (Yves-Pascal), Les Pietà du Finistère, extrait :
"Les Pietà les plus anciennes associent parfois des anges pour consoler s'il est possible la douleur maternelle. Au calvaire de Tronoën, à Saint-Jean-Trolimon, deux acolytes relèvent délicatement les plis latéraux du voile de tête de la Mère de Dieu. De même à Saint-Hernin, et au calvaire du Moustoir à Châteauneuf-du-Faou. Ces trois oeuvres sortent de toute évidence d'un atelier unique qui travaillait le granite, vers le milieu du XVe siècle et que nous nommons l'atelier du Maître de Tronoën. A Plougoulm un ange " vient, selon la formule de Debidour, en plein vol horizontal " se saisir de la paume percée du Christ. À Langolen, des anges soutiennent le bras et le pied du Christ, sa tête et son bras à Kergloff. À La Feuillée, alors qu'un premier ange se tient près du Christ en prière, un second tend la coupe pour recueillir le sang qui découle de la blessure du pied. À Penmarc'h l'artiste, imprégné d'esprit médiéval, multiplie les angelots qui constituent une cohorte riche d'une demi-douzaine d'acolytes ailés. Au centre du socle, ils sont deux à encadrer un écu à la croix pattée, tandis que, toujours au même niveau, deux autres caressent la main et le pied du Christ. Placés plus haut, les deux derniers exercent leur office auprès de la tête et de la main gauche, une véritable action liturgique... Parmi les autres Pietà aux anges, on signalera celle de Collorec, qui a été exhumée en 1997."
— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère
https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/loqueffret.html
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"1255. Loqueffret, église, g. k. 6 m. XVè s. (Couffon lit 1576). Soubassement, corniche, table d’offrande, bénitier. Socle cubique, plaque marbre:, MISSION 1923 40 JOURS D’INDULGENCE PATER AVE. Fût rond, masque, sainte Geneviève. Croisillon bas, anges, statues: Vierge, Jean. Second croisillon, ange et démon (larrons disparus). Croix, petits fleurons, large titulus, crucifix, groupe N.-D. de Pitié, avec deux anges. [YPC 1980]
—MAILLARD (Florent), notice IA29003786 Plateforme ouverte du Patrimoine
https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA29003786
https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA29003759
—COUFFON (René), 1988, notice sur Loqueffret, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.
https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/926
"Dans l'enclos, intéressant calvaire daté 1576 (C.) : en haut, le Christ en croix ; les larrons ont disparu mais leurs consoles décorées respectivement de l'ange et du diable subsistent. Au revers, Pietà ; un ange plonge du haut de la croix pour soulever le voile de la Vierge, un autre soutient les bras du Christ. Sur le fût, sous le Crucifix, sainte Geneviève tient le cierge que le démon cherche à souffler. (sic)"
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun (2 volumes). Mémoire de maîtrise d'histoire, UBO, Brest
— PERRENÈS (Henri) 1929 Notice de Loqueffret, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie (BDHA) du diocèse de Quimper et de Léon, Ed. Kerangall Quimper
https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/260
https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/52717c37ca0fc89b61365b32de4b295d.pdf
"Le cimetière, au sud de l'église, contient une croix en kersanton. « Appuyée à mi-hauteur du fût octo- Archives diocésaines de Quimper et Léon — 290 — gonal apparaît la statue dc Sainte Geneviève.,. La Sainte, voilée et vêtue d'une longue robe, tient de Ia main droite un cierge, et un livre de la gauche. Ses pieds reposent sur une tête d'homme formant console"
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