Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 18:38

           Ma visite de Locronan

                  Les bannières.

 


  I. Les bannières anciennes :

Trois bannières anciennes sont visibles dans l'église, correspondant aux deux "chapelles" latérales de l'église à droite et à gauche du choeur avec leur autel et leur retable, dédiées l'une au Rosaire et l'autre à Saint Eutrope, et à la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle.

  Elles ne sont pas datées, mais on peut penser qu'elles ont été réalisées au début du XXe siècle.

  1. Notre-Dame du Rosaire : Reine des Vierges

lien : http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=45 page 147

  En 1645, une confrérie du Rosaire a été fondée à Locronan, qui a obtenu une chapelle latérale à gauche du choeur pour la dédier à ce culte. En 1668, elle commandait à Maurice Le Roux, peintre et sculpteur de Landerneau un retable pour l'autel. De 1724 à 1738, 761 fidèles s'étaient fait inscrire à cette confrérie, chiffre considérable pour une population, très stable jusqu'à nos jours, de 768 habitants en 1793. Cette confrérie disposait d'un fabrique (François Bellec en 1766).

  On peut rapprocher cette date de création de la confrérie des missions du père Maunoir, lequel est venu prêcher à Locronan en 1651, 1659 et 1679.

 

  Au verso, la bannière est consacrée à Sainte Thérèse avec la phrase fameuse "Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre."




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2. Saint Eutrope:

Cette bannière est en rapport avec l'ancienne chapelle de Saint-Eutrope et son hôpital adjacent, mais aussi avec la première station de la grande Tromènie. 

  Il s'agit d'un personnage énigmatique ou légendaire,  premier évêque de Saintes, au IIIe siècle, mais aussi contemporain de Jésus dont il serait le treizième apôtre ;  vénéré dans le sud-ouest et le centre-ouest de la France, on rapporte qu'un noble breton, Maurice de Kergloaguen, (mariage en 1446) seigneur de Rosampoul près de Morlaix et gouverneur de Saintonge qui introduisit son culte en la commune actuelle de Plougonven, d'où il s'étendit. Le diocèse de Quimper célébra sa fête jusqu'en 1542, date à laquelle elle y renonça en considérant que le saint était un étranger. 

 L'eglise de Locronan a dédié au saint une chapelle et un hôpital, au XVe siècle, un autel avec son retable à droite du choeur, et elle possède dans son Trésor un reliquaire en forme de coffret du XVIe siècle. 

   La chapelle a sans-doute été attribuée a un autre culte après 1542, puisqu' au XVIIe siècle, une frérie du Sacre (confrérie du Saint-Sacrement ?) est mentionnée en même temps que celle du rosaire.

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Au verso, la bannière est dédiée à Saint Maurice.

 

2. Notre-Dame de Bonne-Nouvelle :

  Cette bannière est en rapport bien-sûr avec la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle à Locronan :  Vierges allaitantes IX : Chapelle de Bonne-Nouvelle à Locronan.

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  Le verso est dédié à Sainte Anne, double hommage à la maternité.

 

II. Les bannières contemporaine de Pierre Toulhoat et Le Minor.

 

  La bannière de 1953.

  C'est la toute première bannière brodée par Le Minor, qui a été créée pour la Grande Troménie de 1953, celle qui, sous l'initiative de l'abbé Combot, vit s'instituer le jeu scénique de Saint Ronan.  Elle porte les inscriptions Parrez Lokorn 1953  Sant Korantin Pedit evidomp, "Paroisse de Locronan 1953, Saint Corentin Priez pour nous", avec le saint représenté en évêque du diocèse de Quimper, comme on peut le voir sur la gauche du maître-autel de l'église, et son fameux poisson  qui rappelle à la fois la légende où Dieu envoie un poisson miraculeux pour nourrir Corentin pendant sa période érémitisme, mais aussi le Christ selon le symbole tiré du grec ancien ichtus, "poisson"  acronyme de lettres grecques signifiant Jésus Christ Dieu Fils Sauveur. Le motif de broderie bigoudène dit d'"arête de poisson" (drein pesk) est bien-entendu largement utilisé, mais aussi les palmettes, les rosettes, les coeurs et les volutes, les chaînes de vie, les soleils (rond plein), les feuilles de fougère (boud radenn) et les cornes de bélier (kornou maout). sur les motifs de broderie du costume breton, voir ici : link)

 Pierre Toulhoat, né en 1923 à Quimper, est un "ouvrier d'art" multicartes qui travaille le métal (bijoux, orfèvrerie, médailles), le verre sous forme de vitraux avec l'atelier Le Bihan Saluden, la faïence avec Keraluc, et enfin le tissu avec ses foulards, ses costumes, son linge de maison ... et ses bannières.

  On mesure la rupture de sa création artistique par arpport aux bannières d'autrefois, dont les plus anciennes sont de très précieuses oeuvres, mais dont celles du XIXe et première moitié du XXe siècle tombent sous le coup des critiques de la production saint-sulpicienne, quasi industrielle et standardisée (on changeait le nom du saint patron) sur catalogue, malgré que le travail de broderie et de passementerie (cannetilles, perles et verroterie) souvent éffectué par des carmélites soit admirable de minutie.



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      On remarque les deux clochettes suspendues sous la bannière.

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Le verso : 

Il porte l'inscription : ADOROMP DOUE E SAKRAMANT AN AOTER qui signifie "Adorons Dieu, dans le sacrement de l'autel ". Deux anges sont prosternés devant une stylisation d'un ostensoir, qui devient un soleil, la force cosmique fondamentale, ou l'embrasement de l'Amour. 


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Il s'agit de l'un des cantiques bretons incontournables, un chant de communion qui est entonné lors des pardons :

Adoromp holl, e sakrament an Aoter

Gwir Vab Doue, Jezuz hon mestr, hon Salver

Speredou evurus, priñsed eus e balez

Adorit-eñ ganimp, meulit-eñ da james, meulit-eñ da james

  Adorons tous, dans le sacrement de l'autel,

Le vrai Fils de Dieu, Jésus notre maître, notre Sauveur,

Esprits bienheureux, princes de son palais,

Adorez-le avec nous, louez-le à jamais, louez-le à jamais.

  S'agissant d'un chant de communion, il est logique de retrouver les épis de blé et la grappe de raisin à la partie basse.

 

2. la bannière de 2007 :

  Il s'agit de la treizième bannière dessinée par Toulhoat pour Le Minor . Elle est dédiée au saint patron de Locronan, Saint Ronan, avec la mention Parrez Lokorn, Sant Ronan Pedit evidomp.

  On lit encore Kee tramor Dan arvoric, en dessous d'une scène où un ange guide le misainier de Ronan qui quitte l'Irlande et qui navigue "à travers les mers vers l'Armorique".

Azeahadi an aviel  : l'ange indique l'endroit où Ronan doit accoster pour évangéliser les bretons : à proximité du Menez Hom.

  Il est entouré de paroissiens de divers corps de métiers, et on distingue la mère de famille et son enfant,le laboureur, la fileuse, le bûcheron, la prêtre ou le moine, les outils de l'architecte ou du maçon. 

  En dessous se lit AD 2007, année de Dieu 2007, et PA OA FRANÇOIS SAVINA PERSON, qui désigne le commanditaire, le père François Savina, curé de Locronan qui, le 8 juillet 2007, mena la procession à travers les rues, les champs et les chemins sur les traces de Saint Ronan en passant par les douze étapes de la Grande Tromènie.


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  Le verso de la bannière porte l'inscription Oll Zent Ha Sentezet eus ar Baradoz Pedit evidomp, ce que je me traduis par : Tous les saints et saintes du Paradis, Priez pour nous (?)

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 Douze saints sont représentés :  Ce sont, dans le désordre, les douze stations de la Troménie, où Plas ar chor'n, l'endroit où la corne du boeuf du  saint se brisa, est désigné par le saint lui-même.
  • Sant Maoris, Saint Maurice.
  • Sant Telo, Saint Théleau, correspondant à la chapelle du même nom à Plogonnec,
  • Sant Ronan,
  • Sant Yann, Saint Jean,
  • Sant Gwenolé, Saint Gwénolé
  • Sant Ouen, Saint Ouen patron de Quéménéven,
  • Sant Miliau, Saint Milliau dont la statue vient de Plonevez-Porzay
  • I.V Kélou mad, Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, et la chapelle éponyme
  • Santez Anna ar Palud, Sainte Anne-la-Palud, dépendant de la paroisse de Plonévez-Porzay,
  • Sant Eutrope,
  • Ecce Homo, dont la statue marque la station nommée "le père éternel",
  • Sant Gremen, Saint-Germain, saint patron de Kerlaz

En dessous se voit le blason de Locronan, les ciseaux témoins de la richesse de la ville est due à l'industrie de la toile et aux tisserands. Puis, les armoiries de la Bretagne, et la châsse des reliques de saint Ronan.
Enfin on trouve la signature de l'artiste, Toulhoat, et de la maison Le Minor, qui broda la bannière.
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Par jean-yves cordier
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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 22:57

              L'église de Locronan.

 

A. La chapelle du Pénity :

 

1.  la Déploration.

Groupe en kersantite polychrome du XVIIe.

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Piédestal  :

Deux bas-reliefs en kersantite  sont consacrés aux apparitions du Christ ressuscité , à Marie-Madeleine, puis aux pèlerins d'Emmaüs.

  1. Noli me tangere :

Sainte Madeleine vient avec un flacon de parfum, et rencontre Jésus ressuscité, habillé en jardinier. Elle lui dit "Rabouni !" mais Jésus lui dit Noli me tangere, "ne me touches pas".

  2. Les témoins d'Emmaüs :



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2. Saint Louis

 

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3. La Pietà :

statue en bois du XVIe siècle.

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4. Saint Michel :

  Peseur des âmes, il rappelle à chacun l'heure du Jugement Dernier.

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6. Les vitraux de la chapelle du Penity :

 

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B. L'église proprement dite :


5. Saint Roch et son chien :

L'inscription gothique a été déchiffrée (par M. Le Men, notamment) comme portant le nom de R. Guilimin précédé de la date de 1509. On lit M Vcc IX 

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6. Sainte Marie :

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7. Saint Christophe :

      Il y avait, daté de 1709, un autel dédié à Saint Christophe du coté nord.


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8. Sainte Barbe et sa tour : 

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9. Saint Herbot

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10. Saint Antoine :

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11. Sainte Marie-Madeleine en figure de la Mélancolie:

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12. Saint Maurice : 

 

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13. Saint Yves :

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14. Saint Mathurin :

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   Dans le choeur :

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      15. La Vierge 

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      16. Saint Jean :

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    17.  La niche de gauche : saint Corentin et son poisson:

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18. La niche de droite : Saint Ronan


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19 : les vitraux du choeur :


 

 

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  Le mobilier :

Confessional :

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 La chaire de St Ronan :

réalisée en 1707 par Louis Bariou, maître menuisier à Quimper, elle illustre par dix médaillons situés entre la cuve et la rampe la vie de Saint Ronan.

  Louis Bariou (v. 1638-Quimper 17 octobre 1730) est aussi l'auteur de la chaire à prêcher (1679-1680) de l'église paroissiale de Crozon , et lors du contrat qu'il passa en 1706 "tant pour lui que pour son gendre" avec Louis Moreau, sieur de Rosaven syndic perpetuel de la paroisse, il s'engagea à réaliser une chaire à prêcher conforme en tout à celle de Crozon, mais en remplaçant les médaillons de la vie de Saint Pierre par ceux consacrés au mystère de Saint Ronan.

 Elle est décrite par la fiche IM 29001249 rédigée par J.C. Ducouret et C. Quillivic du Service Régional de l'Inventaire Bretagne comme composée d'un culot soutenant une cuve à six pans, un escalier tournant, dorsal à retour latéral, abat-voix à six pans, couronnement sommé d'un ange, h = 550, la =180, pr = 280. L'ornementation est faite de feuilles d'acanthes, de feuillages, de volutes, de chutes végétales, de fleurs et de bouquets, de corne d'abondance et de guirlandes. 

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Sur la porte qui donne acces à la chaire est inscrit :

EN : 1707 : V : D : M : M.RIN : SENE : V. PPL

M : L. HALNAY : CVRE

HERVE : MARHIC FABRIQVE 

En 1707 Vénérable et Discret Messire Mathurin Sené Vicaire Perpetuel Messire L Halnay Curé Hervé Marhic Fabrique.

Mathurin Sené est également mentionné sur la fontaine de la chapelle Bonne -Nouvelle : Vierges allaitantes IX : Chapelle de Bonne-Nouvelle à Locronan.

Louis Halnay fut curé de Locronan de 1707 à 1711

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Médaillons de 3 à 10 :

 

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Inscription sur la porte de sacristie avec un N rétrograde:

MIre . F : LE . HÉ : V : PPll. 

M : A : BIHAN : F : 1679

"Messire F. Le Hé Vicaire perpétuel M. A. Bihan Fabricien 1679".

  François Le Hé est connu pour avoir signé l'acte de déces de René de Nevet le 14 avril 1676, comme je l'ai détaillé lors de ma visite des vitraux de Kerlaz, et comme le rappelle l'inscription lapidaire de la pierre funéraire qui va suivre :  Vierges allaitantes IV, Kerlaz, église Saint-Germain, les vitraux, 3ème partie. 

  En 1665, les paroissiens rentrèrent en conflit avec François Le Hé et refusaient de lui payer les fondations ducales, estimant que cela relevait du Prieur. Mais l'évêque les condamna à payer le vicaire lorsqu'il officiera les marids et vendredis, fera les prières et les processions, 40 sols 20 d par jour, et lorsqu'il ne fera qu'assister, 15 sols ; et aussi 15 sols pour les vêpres du samedi. Ils furent contraint à acquitter la somme de 614 livres, réduite à 426 livre par compromis avec le vicaire.

source :link

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La dalle funéraire des seigneurs de Nevet :

Voir :  Vierges allaitantes IV, Kerlaz, église Saint-Germain, les vitraux, 3ème partie.

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Pour terminer, le cadran solaire :

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Source : Bulletin diocesain d'histoire et d'archéologie 1925, p. 128 Notice sur Locronan par MM. Pondaven et Abgrall http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=45

Par jean-yves cordier
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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 20:41

               L'Aurore de la cardamine

                        à Crozon

 

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 3 avril 2012, étang de kerloc'h, ancienne gare. 

Par jean-yves cordier
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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 20:23

               Chrysalide de Pieride :

                       Pieris brassicae ?

Crozon, L'Aber, 3 avril 2012 :

Contre le mur de la maison, que les chenilles escaladaient chaque soir à l'automne : cette chrysalide de Piéride du chou a hiverné. On note le fin filament de soie qui l'arrime verticalement (la photo suivante a été basculée de 90°) sur le mur, et qui passe au dessus des futures ailes.

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Par jean-yves cordier
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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 21:54

        L'église du Vieux Bourg à Lothey :

               Anne trinitaire.

 

Voir d'abord  L'église du Vieux Bourg à Lothey et ses statues.

 

  La niche qui abrite le bas-relief du XVIe siècle en bois polychrome de Sainte Anne est placée à droite du choeur, du coté de l'épître, en vis à vis de celle de saint Jean. Elle est surmonté d'un ovale peint en bleu mais où se découpent cinq "fusées" qui ne peuvent être que les cinq fusées rangées et accolées accompagnées de quatre roses de même" qui sont de Kergoët : un restaurateur bien intentionné aura peint en "azur" ce qui était rouge, "de gueules", et on comprend alors les roses adjacentes, mêlées de marguerites ou de fleurs sp.

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Ce groupe en bois polychrome du XVIe siècle mesure 95 cm de haut, 55cm de large et 27 cm de profondeur.

  Le bas-relief montre deux femmes assises. L'une, placée un peu plus haut que l'autre, la tête recouverte d'un voile verdâtre ou guimpe est Sainte Anne la mère de Marie, laquelle est représentée avec de longs cheveux dénoués, retombant sur les épaules et devant la poitrine. La couronne qui repose sur ces cheveux semble être une fine tresse dorée.

  Ces deux femmes ont la tête légèrement inclinée sur la gauche et leur regard, un peu rêveur, est dirigé vers le bas et la droite. Ce jeu des regards est particulier, inhabituel, Anne notamment semble à la fois feuilleter son livre, présenter un fruit à son fils, sans rien perdre de son émission préférée sur le poste de télévision placé en bas à droite. Mais comme cela est légèrement anachronique, je laisse à chacun le soin d'imaginer une autre explication.

  La mère de Marie est vêtue d'une grande robe rouge à larges manches tandis que sa fille porte une robe de ton écru, à décolleté rectangulaire. Sur les genoux de la Vierge se tient le troisième personnage de ce groupe trinitaire, l'Enfant-Jésus dont le corps et le regard sont tendus dans une direction oblique vers le haut et la droite qui conduit à un triangle presque central de la sculpture.

Ce triangle est constitué sur le bord droit d'une belle grappe de raisin, pointée vers le haut ; et trois mains forment les trois coins, main de l'enfant en haut, saisissant le fruit pour le presser, main de la grand-mère proposant la grappe, et main de Marie soutenant le bras de son fils pour guider sa prise et participer à son acte.

  A coté de ce point nodal de la composition, la main gauche de Sainte Anne tourne la page du livre qu'elle tient sur ses genoux, et la main droite de Marie, que la menotte de l'enfant vient tenir fermement, soutient les fesses du garçonnet.

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    Ce groupe  appartient à l'ensemble d'une dizaine d'oeuvres semblables d'Anne trinitaire de la moyenne vallée de l'Aulne. Mais Guy Leclerc a montré (Bull. Soc. Arch. Finist. CXXXXIV, 2005 pp 68-72) qu'une oeuvre en réalise un double presque parfait, alors qu'elle se trouve aux Îles Canaries, et qu'elle a été fabriquée à Anvers !

  Il s'agit de la Sainte Anne Trinitaire de l'église paroissiale san Francisco de Asis à Santa Cruz sur l'île de La Palma, et qui porte (ainsi que cela a été découvert par hasard en juillet 1998 par un restaurateur lors d'un gazage contre les insectes), la marque de la guilde d'Anvers. Elle est datée vers 1510-1525. Elle mesure 115cm de haut pour Sainte Anne, 94 cm pour la Vierge, 27 cm pour l'Enfant ; elle est en bois polychrome essentiellement dorée.

 http://www4.gent.be/sintpietersabdij/05_El_Fruto/extra_fruto3_fr.htm

 

  Cette découverte laisse présumer que la statue de Lothey a été réalisée à la même date et par le même atelier d'Anvers, bien que les personnages soient de taille plus petite d'une vingtaine de centimètres à Lothey, (Anne 87 cm contre 115, Marie 80 cm contre 90, Jésus 21 cm contre 27).

  Certes les relations économiques, politiques et artistiques entre la Bretagne et la Flandre au XIVe, XVe et XVIe siècles sont parfaitement établies, mais Guy Leclerc fait aussi remarquer qu'une vingtaine d'année avant la date présumée de cette sculpture, le seigneur de Guilly en Lothey, Hervé de Launay, était sieur de Port-Launay, le port qui assurait, sur l'Aulne maritime, le débouché vers l'Océan, la Manche et la Mer du Nord : ce qui procurait au commanditaire potentiel des contacts avec la Flandre.

 

Interprétation religieuse de l'oeuvre:

  a) Cette "trinité" de la Grand-mère, la Mère de Dieu et l'Enfant-Jésus peut être considérée en parallèle de la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit selon la théologie de l'Incarnation pour illustrer comment se sont unies la nature humaine et la nature divine en la personne du Christ. En 1519 à Chartres, à l'époque même de fabrication de l'Anne Trinitaire de Lothey, Jehan Soulas sculpte sur le pourtour du choeur de la cathédrale la rencontre d'Anne et de Joachim à la Porte Dorée de Jérusalem, là où les époux échangèrent, selon la Légende Dorée,  le baiser d'où naquit, selon la prédiction de l'ange, la Vierge Marie : la pensée médiévale voyait dans cette conception par un baiser, "sans semence d'homme", la preuve de la virginité miraculeuse d'Anne, et de la conception de Marie par l'intervention divine. 

  La croyance en une conception virginale de l'enfant Marie par Anne accompagne celle de sa naissance échappant au péché originel, c'est-à-dire l'immaculée conception de la Vierge : croyance discutée pendant tout le Moyen-Âge mais réaffirmée par le Concile de Trente.

  b) En même temps l'oeuvre peut se lire, un peu comme un arbre généalogique, selon un axe de filiation honorant Sainte Anne, de la famille de David, en illustrant sa descendance.

c) Ces trinités célèbrent le chiffre trois, mais introduisent toujours à coté des trois personnages des attributs qui orientent l'interprétation théologique du trio dans une direction particulière. Ici, à Lothey, deux attributs sont présents : le livre, et la grappe de raisin.

  • Le livre peut être considéré comme celui de l'Ancien Testament, l'histoire juive du Salut qui se clôt avec Anne avant que ne débute, avec Marie, le Nouveau Testament.
  • Il est remarquable que le livre de l'iconographie de sainte Anne soit presque toujours un livre ouvert en son milieu (alors que les évangélistes ou les apôtres ou les Pères de l'église portent plutôt des livres fermés) : il est le double symbole de la lecture, et de l'enseignement. Anne est souvent représentée apprenant à lire à sa fille, plus rarement à son petit-fils, illustrant le rôle éducatif du parent ; mieux, elle devient (beaucoup plus que Saint Joseph) la représentante du Parent en tant que tuteur, exemple et  initiateur. Anne est à la fois , prosaïquement, le modèle de la Mère de famille, puis spirituellement,celui de l'Éducatrice chrétienne, et enfin  le modèle de la lecture prophétique, déchiffrement de l'Ancien Testament pour initier sa fille à la mission qui l'attend. Ce rôle est celui qu'illustrent les Éducations de la Vierge, duo mère-fille. Sur 60 statues du diocèse du Mans, 57 ont le livre comme attribut : il est ouvert dans 53 cas ; c'est souvent un abécédaire  link
  • Enfin Sainte Anne est figurée en train de tourner une page, et annonçant ainsi la page qui va se tourner pour l'humanité dans l'histoire du Salut. 
  • La  grappe de raisin est un symbole de l'eucharistie, elle évoque la grappe mystique écrasée sous le pressoir (torculus christi) durant la Passion du Christ, son sang étant le jus de raisin puis le vin de l'eucharistie rachetant les âmes du péché. Présentée ici par Anne éducatrice et prophétique, elle est saisie par l'enfant dont le bras est guidé par la main de sa mère. Ainsi les deux femmes apparaissent ainsi comme actrices essentielles du sacrifice christique, mais leur regard détourné indique qu'elles n'en sont que les vecteurs, et que c'est en partie à leur insu que se réalise le Plan Divin : par leurs corps et par leurs gestes mais, pour ainsi dire, sans que cela ne les regarde, ou lisant ailleurs les instructions qu'elles reçoivent et qu'elles exécutent.



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Par jean-yves cordier
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