Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 12:46

La chapelle Notre-Dame-du Guiaudet à Lanrivain:


Chapel ar Geoded : Grand pardon le premier dimanche de mai. Petit pardon le 15 août.

 

I. Présentation de la chapelle :

 1)  Selon le panneau bleu de l'entrée :

  En l'an 1692, la famine sévissait sur le pays.  Claude Alain pauvre tailleur du village de Coatcoustronnec, aujourd'hui "le Guiaudet", s'en allait avec ses dernières économies au moulin.

  Soudain la Vierge lui apparut et lui dit : "je veux qu'une chapelle soit bâtie en ce lieu en mon honneur". Claude Alain s'empressa de transmettre le message de Marie au recteur de Bothoa, Messire Grégoire Raoul.

  Par deux fois le meunier (?) fut éconduit comme un vulgaire illuminé. La troisième fois, il trouva le recteur aveugle. Il recouvre la vue sur le lieu des  apparitions où on venait de trouver une statue de Notre-Dame. On édifie alors un oratoire pour abriter la statue. A dater  de ce jour, le pèlerinage est fondé.

  En 1692, on commence la construction de la chapelle et en 1712, celle du clocher. En 1920, le campanile est reconstruit et en 1925, le carillon de seize cloches est installé. Une des principales caractéristiques est la représentation de la Vierge couchée au centre du retable principal. Le mot "guiaudet" signifierait "celle qui a enfanté".

2)   Selon les panneaux dans l'église :

  • 1695 : début de la construction par Guillaume Le Gall, "maistr architectque" de Peumerit-Quintin. Sur la façade est écrit cette inscription: "Monseigneur de Francheville évêque de Périgueux bienfaiteur insigne 1695".
  • 1712, fin de la construction de la chapelle
  • 1794 : le 6 février, les agents de la Révolution prennent les calices, les ciboires, les chandeliers (tous les effets d'or, d'argent et de plomb). Le 1er mars les deux cloches de la chapelle sont déposées à Guingamp où elles sont fondues. La chapelle est fermée jusqu'en 1802 et le culte interdit sous peine de mort.
  • 1853 : restauration de la chapelle et donation de nombreuses bannières. Les deux retables de l'Assomption et de l'Annonciation sont réalisées par Le Bourhis peintre à Guingamp.
  • 1899, construction des fontaines grâce au recteur Dom François Marie Daniel qui va mourir quatre mois après la fin des travaux (son gisant se trouve dans la chapelle).
  • 1920, le campanile est rehaussé d'un étage pour y loger d'autres cloches. Un petit édicule est construit sur le placître avec les restes des piliers de justice de Beaucours, près de Lanrivain.
  • 1925 : le carillon de Guiaudet compte seize cloches, d'un poids total de 1700 kg. Chacune a un prénom, un parrain et une marraine.
  • 1928 : bénédiction du chemin de croix extérieur, 14 stations en fonte portées de part et d'autres par des stèles de granite.

 3) Selon Maurice Dilasser (Patrimoine religieux en Bretagne, Le Télégramme, 2006), le terme Guéodet signifie "cité", et la chapelle de ce nom honore Notre-Dame qui veille sur elle.

  Selon le site Infobretagne, la Vierge est apparue à Claude Alain en un lieu relevant de la seigneurie de Pélinec, et c'est grâce à une donation du seigneur de Pélinec, Monseigneur de Francheville, que la chapelle fut construite. 

 

Portail : ITRON VARIA GWIODED PEDET EVIDOMP, Notre-Dame du Guiaudet priez pour nous.    

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Le clocher et les seize cloches de son carillon :

  "C'est le seul carillon en activité à jouer des airs typiquement breton dans notre région. Le campanile, reconstruit en 1916 par l'architecte Léon Cosson de Saint-Brieuc, possède alors quatre cloches. En 1922, cinq autres cloches acquises auprès de la fonderie Cornille-Havard de Villedieu-les-Poêles leur sont adjointes, suivies par sept nouvelles en 1924 pour constituer ce carillon unique en Bretagne.*

Lors de la construction du carillon, les battants étaient munis de fil de fer sur lesquels on tirait pour faire tinter les cloches. Cette manière de sonner était sportive, car agir successivement sur seize cloches étaient une tâche difficile qui n'était pas à la portée de n'importe quel sonneur !

Comme il n'était pas entretenu le mécanisme s'est détérioré si bien que depuis la guerre le carillon du Guiaudet était tombé dans l'oubli. En 1963 un système électrique est installé. Il permet la commande des cloches à partir d'un clavier dans la tribune. En 1992 et en 2001 le carillon est restauré. Les airs joués sur cette instrument puisent essentiellement dans le répertoire populaire. En introduisant une pièce de 2 Euros dans le monnayeur situé au fond de la chapelle vous pourrez entendre les célèbres cantiques Me Ho Salud Mari et Itron Varia Guiaudet."

(Affiché sur la porte d'entrée par l'Association pour la chapelle N.D. du Guiaudet)

* Cinq cloches proviennent de la chapelle Saint-Yves de Caranhuel, en ruine.

Pour entendre le carillon : DSCN0001 DSCN0001

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La fontaine double de la Vierge et de saint Jean-Baptiste : elle était fréquentée par les femmes enceintes.

L'inscription gravée sur le linteau au dessus de la Vierge à l'Enfant  est MONSTRA TE ESSE MATREM : c'est le début d'un motet en l'honneur de la Vierge : Monstra te esse matrem ; / Sumat per te preces, / qui pro nobis natus, / tulit esse tuus. Ou plus précisément c'est la quatrième strophe de l'Ave Mars Stella, Salut, Étoile de la mer : Montre-toi notre mère, / qu'il accueille par toi nos prières / Celui qui, né pour nous / Voulu être ton fils.

  C'est aussi l'invocation frappée sur les médailles miraculeuses remises aux Enfant de Marie.

  La traduction de l'hymne marial est : "Montre-toi en tant que mère", "témoigne de ta maternité" : c'est à la Vierge à l'Enfant que le fidèle s'adresse, et il la prie comme un petit enfant s'adresse à sa mère pour en obtenir protection, tendresse,soins et nutrition, certes comme intercetrice auprès de l'Enfant-Dieu mais aussi pour transférer sur le fidèle les trésors de maternité que Marie a déployé pour son Fils.

  Mais, placée au dessus d'une Vierge à l'Enfant d'une fontaine vénérée par les femmes enceintes, dominant le filet d'eau qui s'écoule et remplit le bassin dévotionnel, cette citation évoque aussi la lactation, parce que ce sont ces paroles que saint Bernard prononçait en adoration devant une statue de Marie à l'église de Saint-Vorles de Châtillon-sur-Seine lorsque, du sein de la Vierge allaitante sortit un jet de lait qui vint frapper les lèvres de saint Bernard ; et ces quatre mots latins font désormais référence à cette Sainte Lactation. 

  Donc, lorsque je découvre les explications fournis par l'Association de sauvegarde, qui mentionnent que "les mères qui ont du mal à obtenir du lait pour nourrir leurs enfants y viennent prier car ces fontaines sont réputées pour guérir ce mal", je ne suis pas surpris, et je peux parier qu'elles font bénéficier leur poitrine d'ablutions dévotes.

Par ailleurs, le jour du pardon, de nombreux fidèles se baignent les yeux pour se protéger (en pensant au recteur de Bothoa devenu aveugle mais qui fut guéri par la Vierge), alors que d'autres font des voeux en lançant une pièce : si elle tombe dans le trou percé dans la dalle au fond de la fontaine, ils seront exaucés. 

  Les bassins rectangulaires servent aux pèlerins à se baigner les pieds.


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      L'intérieur de la chapelle vers le choeur : 

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L'intérieur de la chapelle, vers la porte occidentale :

A gauche, prés de la porte d'entrée, le gisant du recteur F.M. Daniel (1805-19 juin 1881), né à Mousterus (Pédernec) et "recteur de Lanrivain où il passa 39 années de sa vie de prêtre".

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II. Le retable du maître-autel, La Sainte Famille.

  Si le retable lui-même date de la fin du XVIIe, il est associé à un tabernacle et à des décors floraux du XVIIIe, et à un autel qui porte l'inscription suivante : Donné par Monsieur Daniel recteur de Lanrivain 1872 sur sa face sud, et les signatures suivantes sur sa face nord : Philippe Le Merer et fils sculpteurs Lannion, Cotes du Nord, G. Merrien Père et Fils Peintres à Saint-Nicolas du Pelem Cotes du Nord 1875-1876.

  Il comporte sept personnages répartis en quatre étages, de haut en bas :

  • Dieu le Père
  • Le Christ bénissant entouré de saint Joachim à sa droite et sainte Anne à sa gauche
  • Saint Joseph et saint Jean-Baptiste
  • La Vierge couchée et son Fils, sous le triangle rouge de la Trinité

  Ces personnages sont regroupés sous le vocable de la Sainte Parenté regroupant les trois générations  des grands-parents Anne et Joachim, du couple de Marie et Joseph, puis de Jésus et de son cousin Jean-Baptiste. On désigne aussi sou le même terme les groupes trinitaires Anne = Marie = Jésus, ou encore les demi-frères du Christ selon la tradition des remariages de sainte Anne avec deux autres maris.

  Ce retable a été restauré en 1856 puis en 2000 par un groupe de huit catalans.

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Dieu le Père bénissant, entouré de deux anges ; un chérubin se détache de son manteau pourpre, alors que la colombe du Saint-Esprit, ailes étendues, réalise le trait d'union avec la statue du Christ.

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En dessous, trois niches reçoivent trois personnages : Saint Joachim, le Christ en Sauveur du Monde (Salvator Mundi tenant le globe et bénissant) et sainte Anne.

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Saint Joachima perdu l'attribut qu'il tenait dans la main droite. Les portraits traditionnels le montrent tenant une pelle. C'est le mari de sainte Anne et ce serait donc le père de Marie et le grand-père du Christ : ce registre présenterait Jésus entouré de ses deux grands-parents maternels. Mais il convient d'employer le conditionnel car la naissance de Marie, certes née du ventre de sainte Anne, est survenue miraculeusement après des années de stérilité par une grâce divine après que les époux aient échangé, selon le proto-évangile de Jacques, un simple baiser sous la Porte Dorée : un peu comme Joseph, Joachim serait peut-être un père-de-famille plutôt qu'un père biologique, Jésus et sa Mère se situant dans un écart des normalités biologiques...mais encore une fois le conditionnel s'impose.

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        Sainte Anne est représentée selon les critères habituels, la tête couverte par un voile, portant la guimpe de toile blanche et vêtue, comme son mari, d'un manteau vert à galon doré. Elle tient ses bras écartés, certes en signe d'accueil, mais ce geste reprend aussi celui par lequel elle enserre, dans les groupes trinitaires, la Vierge et l'Enfant : aussi cela m'évoque un geste en relation avec sa dimension de Mère primordiale.

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Saint Jean-Baptiste tient le livre, l'agneau et la croix : l'agneau fait référence à Jean 1, 29-31 : "Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir à lui, il dit : "Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était."

  Jean Baptiste est le fils de Zacharie et d'Élisabeth, la cousine de Marie à qui l'archange est venue annoncer, comme à Marie, qu'elle allait enfanter.

  Il est vêtu sous son manteau d'une peau de bête pour rappeler qu'il vivait "caché dans le désert", se nourrissant "de sauterelles et de miel sauvage" (Mat. 3, 4), mais aussi pour signaler son statut d'être "à part", "à l'écart", qui est celui du nazir ou nazarien, juif qui fait voeu d'ascétisme et renonce à couper ses cheveux et sa barbe : c'était la longueur de sa chevelure qui conférait à Samson, autre nazir célèbre, sa force phénoménale : ici, les cheveux longs, la barbe et les poils de bête témoignent de la vigueur spirituelle de cet homme de Dieu.

 

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La Vierge allaitante  couchée.

On peut la nommer aussi Vierge parturiente (comme le fait le Service Régional de l'inventaire ; "parturiente : accouchée, qui accouche"), ou Vierge en couche. Mais on voit bien qu'il manque dans notre langue un terme (la médecine doit utiliser le terme latin de "post-partum") pour désigner la suite de couche, et que ce manque de mot témoigne de la nécessité de laisser dissimulé cette période de la vie féminine.

    Elle apparaît dans une niche de bois dorée qui forme une scène de petit théâtre en même temps qu'un baldaquin tendu d'un ciel de lit et de rideaux rouges galonnés d'or. Ces rideaux s'ouvrent sur un fond bleu ciel ; un triangle rouge frappé des lettres de Yahvé témoigne de la puissance divine aveuglante et surnaturelle rayonnant de tous ses feux à travers un cercle de nuées.

   Contrastant avec la dramaturgie impressionnante de ce décor, Marie est allongée dans un lit, tournée sur le coté droit, à demi relevée au moyen d'un bon coussin, et en se rapprochant, on constate qu'elle est en train d'allaiter son enfant ; elle a libéré quelques boutons de son corsage pour libérer le sein gauche, que l'enfant maintient de son petit bras.

  Il s'agit donc d'une jeune mère, dans les suites de couche, qui allaite en position allongée : rien, dans sa posture, ne relève d'un programme théologique, et on lit en 2012 dans les conseils données aux jeunes accouchées la description de ce moment : " Comment allaiter bébé ? Dans la position allongé, tournez-vous simplement sur le coté et installez votre petit face à vous, sa bouche à la hauteur du mamelon. Vous pouvez replier votre jambe supérieure pour ne pas basculer en avant et vous caler à l'aide d'un coussin dans le dos."

  Marie semble fatiguée, le regard pensif, fixe et triste, mais "cette fatigue ne doit pas inquiéter, elle concerne la totalité des femmes qui viennent d'accoucher". Au baby-blues se combine l'état "magique" de l'allaitement, petit bonheur intime mais aussi somnolence provoquée par la prolactine.

     C'est cela qui est troublant dans ce retable : le contraste entre une scène très familière mais très intime, que la plupart des mères n'exposent pas ostensiblement, et la grandiloquence des fastes lumineux du Sacré. Cette femme donnant le sein dans son lit peut déjà, en soi, offenser la pudeur. Placée sur un autel au dessus du tabernacle et en dessous des insignes les plus éclatants de la puissance divine, elle oblige le fidèle à un saut paradigmatique qui divinise les fonctions maternelles d'accouchement et d'allaitement comme conditions nécessaires et suffisantes de l'Incarnation.

  Face à cette présence inhabituelle, on évoque vite des influences pré-chrétiennes : culte égyptien d'Isis, cultes orientaux, traditions celtes... La présence de sainte Anne dans le registre supérieur vient rappeler que le culte breton rendu à Anne a été lui-même rattacher à ces influences.

  Le nom de Guiaudet interroge également : on peut souscrire à la proposition d'y voir une forme du breton signifiant "accoucher", mais cette étymologie est qualifiée de fantaisiste par les spécialistes, et il faut le rapprocher d'autres toponymes comme Yaudet, Guedet en Larré (Morbihan), Géodet (ancienne vierge allaitante de Quimper), Yeudet en Goudelin (22). 

   

  

 

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III. Le retable de l'Ascension de la chapelle sud :

restauré en décembre 1997.

  Autour d'un tableau représentant l'Ascension de la Vierge se trouvent, dans leurs niches respectives, deux statues du XVIIe siècle de saint Corentin et saint Isidore. 


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Saint Corentin 

est vêtu en saint évêque d'une dalmatique, d'un surplis et d'une robe sur laquelle est, maladroitement ou naïvement, fixé un poisson qui est son attribut. Nous ne sommes pas, pourtant, dans l'évêché de Quimper et du Léon, mais dans celui de Saint-Brieuc, mais jadis la paroisse de Lanrivain était une trève de Bothoa qui appartenait au diocèse de Cornouaille, dont Corentin est le patron.

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Saint Isidore :

  On sait qu'il s'agit du saint patron des cultivateurs, et on comprend sa présence dans cette chapelle rurale.  Il ne tient pas la faucille et une gerbe de blé, comme d'habitude, mais le long manche d'une sorte de binette ou de houe (le fer de cet instrument date de la restauration de 1997). On remarque l'absence de chapeau. Ses cheveux longs, ses braies larges ou bagou braz, ses guêtres et ses souliers de cuir sont ceux des paysans bretons, traits de la quasi totalité des statues de saint Isidore, mais sa veste longue mérite d'être détaillée. La statue datant du 17e siècle, elle témoigne du mode vestimentaire des paysans de Lanrivain.

  Cette veste longue est resserrée par une ceinture, elle se ferme par dix gros boutons de laiton en laissant libre les deux basques qui portent chacune une poche ; les manches s'évasent par une fente.

  L'encollure est remarquable mais je n'ai pas les compétences requises pour l'étudier. 

Saint Isidore en costume breton : Logonna -Daoulas.

Église de Brélès : anges musiciens et Isidore en costume breton.




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IV. Le retable de l'Assomption de la chapelle nord : 

restauré en avril 1997.

  Face à l'Ascension du coté sud, le tableau de l'Assomption continue à honorer la Vierge et les moments glorieux de sa vie. Comme son homologue, c'est une toile peinte en 1853 par Hubert Le Bourhis. Les chapelles latérales ne comportaient initialement que les retables du 17e, et c'est en 1876 qu'un autel et un fronton est venu complété chaque retable, vraisemblablement par les mêmes artisans qui réalisèrent à la même époque le maître-autel, Le Merrer de Lannion et Merrien de Saint-Nicolas-du-Pelem.

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La vierge habillée : Notre-Dame de Guiaudet :

  Voilà une autre constatation sur laquelle je m'interroge : dans tous les sanctuaires où se trouve une Vierge allaitante ou une Vierge couchée, le culte est détourné vers une autre statue dépourvue de tout caractère choquant ou impudique et qui reçoit la dévotion des fidèles. Ici, c'est une statue de vierge à l'Enfant (et non un simple mannequin comme parfois) qui est habillée de la façon la plus prude avec une robe et un manteau qui remonte haut autour du cou et descend jusqu'aux pieds, englobant l'enfant dont seul la tête et le bras sont visibles. 

  Elle est présentée dans une niche portant le titre ITRON VARIA AR GUIAUDET , Notre-Dame du Guiaudet, laissant penser que c'est elle qui est la patronne de la chapelle, elle qui a été trouvée par Claude Alain et qui est à l'origine de la fondation de la chapelle ; or, la légende mentionne la découverte d'une vierge couchée.

  C'est elle, d'abord comme Vierge à l'Enfant puis comme Vierge habillée  qui est présentée sur les vitraux qui exposent les miracles qu'on lui attribue.

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  Curieux aussi de découvrir une autre statue, placée sur un brancard de procession et présentée sous un dais de drap bleu clair. J'ai cru qu'il s'agissait de la version portable de N.D. Du Guiaudet, mais il s'agit d'une Éducation de la Vierge, ou sainte Anne apprend à lire à sa fille.  On constate que sainte Anne est systématiquement associée au culte de N.D. du Guiaudet, ici au pied de l'autel nord, ou sur las bannières, ou au dessus du maître-autel.

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V. Les autres statues :

Saint Vincent Ferrier :

Bois polychrome à revers évidé du XVIe siècle. La main gauche tient un livre, la main droite un manche d'outil ou un bâton. H : 1m08.

 

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VI. Les bannières :


      Bannière de saint Jean l'évangéliste avec l'inscription Zant Ian Mignon Jezus que je traduis par saint Jean , disciple préféré de Jésus.

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      Initiales S J de Saint Jean (?)

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     2)  Bannière de Notre-Dame du Guiaudet :

a) Une face représente la statue de Vierge habillée et couronnée :

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b) L'autre face me semble plus ancienne, et, en tout cas, bien plus belle, bien qu'elle soit abimée.  C'est elle qui porte cette fois-ci le nom de N.D. Du Guiaudet, ce qui entretient l'ambiguité. 

On se rapportera à la bannière homologue de la chapelle du Yaudet : les représentations de Vierge Couchée étant rares, il faut porter toute son attention à cet exemple. Sous un baldaquin un rideau tiré dévoile la Vierge et son Fils, tous les deux allongés ou à demi-assis dans le lit sous le regard d'un troisième saint personnage qui ne peut être que saint Joseph. Celui-ci tient un livre, c'est bien-sûr l'Écriture Sainte dont il constate sous ses yeux la réalisation. "Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et on l'appellera du nom d' Émmanuel." La colombe de l'Esprit-Saint domine le tableau.


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Inscription : M' HO SALUD MARI  et   ITRON AR GUIAUDET

                  Ecce Virgo concipiet / Guerch'ez ha mam

 1)  Les inscriptions du haut et du bas sont les titres des deux cantiques bretons que joue le carillon: Me ho salud Mari, "Je vous salue Marie", et Itron varia Geodet, "Notre-Dame du Guiaudet".

  2) Au milieu, en caractère plus petit, nous trouvons d'abord une citation biblique d'Isaïe 7, 14 qui est reconnue dans la tradition chrétienne comme annonçant la conception du Christ par la Vierge, ici illustrée par l'Annonciation, mais qui est aussi reprise dans les arbres de Jessé :Propter hoc dabit Dominus ipse vobis signum  Ecce Virgo concepiet et pariet filium et vocabitis nomen eus Emmanuhel / Butyrum et mel comedet ut sciat reprobare malum et eligere bonum : Voici qu'une Vierge concevra et enfantera d'un fils, qu'on appellera Emmanuel. Il se nourrira de beurre, jusqu'à ec qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien" 

  Cette citation est aussi le titre d'un chant grégorien répandu.

3) Puis vient Guerch'ez ha mam, "Vierge et mère", cantique breton que je n'ai su retrouver.

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      ITRON AR GUIAUDET : 

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3) bannière Le Minor dédiée à saint Grégoire:

Les bannières Le Minor.

   Saint Grégoire est le patron de l'église paroissiale de Lanrivain. Comme l'indique le certificat d'authenticité, la bannière a été financée par l'Association de sauvegarde de N.D. du Guiaudet, brodée par Jean-Michel Pérennec et réalisée en 2006.

  Le blé et les feuilles et pampres de la vigne représentent bien-sûr l'eucharistie ; une face de la bannière représente un pape, il s'agirait donc de Grégoire le Grand, le Père de l'Église et le  père du grégorien, dont le pontificat s'étendit de 590 à 604. Au verso, on trouve un évêque brun et barbu qui tient une tête barbue et grise : s'agit-il de Grégoire de Nysse, de Grégoire de Langres, de Grégoire de Tours ? Aucun n'est céphalophore de tradition. J'aime bien les petits détails énigmatiques, et j'aime encore plus en trouver le sésame, tant-pis.

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Les vitraux de 1901:

8 baies soit 16 panneaux traités comme des scènes indépendantes autour de la légende, des miracles et du pélerinage de Notre-Dame du Guiaudet : ils sont précieux d'une part pour l'histoire du costume (costume breton et costrume écclésiastique) et pour les techniques utilisées. En outre, ils inscrivent de manière durable les noms des paroissiens donateurs.

  J'ai trouvé sur les panneaux explicatifs placés dans l'église les renseignements suivants :

L'histoire de la découverte de la statue :

Claude Alain, pauvre paysan, vient habiter Coatcoustronnec au lendemain de ses noces. En 1662, il est le père de 12 enfants, et s'inquiète de la dissette qui ne lui a pas permis de récolter suffisamment de blé. Il se rend au moulin de Goas-Salo avec les derniers sous qui lui restent pour acheter de la farine. Mais au moment où il va franchir le ruisseau (qui alimente les fontaines actuelles du Guiaudet), il voit la Vierge et entend sa douce voix lui dire : "Allez à Bothoa, rendez-vous auprés du recteur et dites-lui que je veux qu'une chapelle soit bâtie en ce lieu, en mon honneur, et de saint Jean, le disciple bien aimé de mon Fils. Afin que vous sachiez que c'est la Mère de Dieu qui vous parle, vous serez témoin aujourd'hui même d'un prodige : la minime quantité de farine qui reste dans votre jarre suffira à votre entretien et celui de votre famille pendant plusieurs jours".

   Le recteur de Gothoa Dom Raoult vient de renvoyer Claude Alain en le traitant de doux réveur illuminé : il referme la porte du presbytère et réalise qu'il est devenu aveugle. L'abbé Raoult est en soutane , le paysan / tailleur porte une veste courte, une ceinture de flanelle rouge, les braies bouffantes, des guêtres et des sabots, et le chapeau rond large.

1) Vitrail offert par les familles de Séré, Le Provost -Meurou.    

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Dans le village de Coatcoustrennec,près d'un cours d'eau bordé de saules, nous voyons Claude Alain avec son sac vide témoignant de la famine qui sévit ; la Vierge lui apparaît, tenant l'Enfant. En arrière plan, un édifice que je ne décrypte pas et deux fillettes, peut_être les enfants de Claude Alain.

 

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      2) Vitrail offert par Car. Pennec, J.M. Breton, Math. Maout, Y. Lucia, M. de Cuverville, Y. Oger.

  A la troisième apparition, devant l'incrédulité du recteur, la Vierge indique l'endroit exact où on découvre une statue en bois à son effigie

 

La statue de la Vierge, placée sur un rocher, reçoit les prières d'un groupe de personnes de la paroisse, en costume traditionnel : les hommes en veste, gilet, ceinture rouge, bragou braz, guêtres et sabots et les femmes en coiffe, robe et châle, tablier.)

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  A la fin  d'une procession où la statue récemment découverte est portée sur un brancard par deux diacres ou enfants de choeur en surplis rouge, l'abbè Grégoire Raoult, placé à coté de Claude Alain, recouvre la vue miraculeusement.

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      3) Vitrail offert par L. Derrien père, J. Lucia, Marguerite Cozler et P. Mahé.


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La signature de l'acte de concession du terrain par son propriètaire Monseigneur de Francheville.

L'évêque est assis à coté du recteur et devant les notaires Launay et Poulain. Debout le frère de Monseigneur de Francheville, avocat membre du Parlement de Bretagne, donne lecture de l'acte.

 Les armoiries épiscpales sont vraisemblablement celles de Mgr de Francheville.

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Vitrail offert par Léon Falher, vicaire, et la Fabrique de Lanrivain.

  Le vitrail donne à voir la célébration d'une messe des défunts, le prêtre portant sa chasuble noire. Les deux Vierges du Guiaudet sont visibles, à peu-près à la place actuelle.

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  C'est la scène qui précède le vitrail de l'office funèbre, c'est-à-dire l'administration à un mourant des derniers sacrements


 

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Vitrail offert par Y. Le Men, recteur.

Il célèbre un miracle survenu pendant la guerre de 1870 lors de la défense de Saint-Privat-la-Montagne en Moselle : lors des combats du 18 août 1870 où 27 000 soldats français tiennent tête à 100 000 soldats prussiens, un breton de Lanrivain, Thomas Le Cam, de Kérien, voit le canon de son fusil éclater sous l'effet d'éclat d'obus alors qu'il échappe lui-même à la mort parcequ'il invoquait N.D. du Guiaudet.


 

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Un autre exemple de miracle : des matelots dans une barque échappent à un naufrage.


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Offert par les paroissiens de Lanrivain.

Un accident de charette : Une charette a versé, peut-être après qu'un moyeu ait cédé, et le cheval a les quatre pattes en l'air. Un passager se remet de la commotion, adossé contre un arbre. Le pauvre conducteur est tout chaviré, mais pendant qu'un homme lui porte assistance, une religieuse a l'idée d'invoquer à genoux N.D. du Guiaudet.

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Une naissance :

La représentation d'une naissance dans une famille de la paroisse nous permet de retrouver ce moment particulier de la "femme en couche", alitée dans les suites de l'accouchement et qui témoigne par le geste de ses mains de son émerveillement devant le joyeux avénement d'un beau bébé. Trois femmes sont venues l'assister, l'une berce l'enfant, l'autre tient une bassine de cuivre, la troisième prépare des linges. Le père, bras croisé, se remet de ses émotions.


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Vitrail offert par Françoise Savéan et Thomas Savéan Kergreis

                                                            

Fête du deuxième centenaire de 1892 : la technique utilisée pour ce vitrail est particulière et donne l'impression que les visages des personnages proviennent de photographies; Monseigneur Fallières bénit les pélerins.

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Scéne rappellant les grandes Missions, ou le Pardon  : un prédicateur rappelle aux pélerins les voies de la sainteté tandis que quatre hommes portent le brancard avec la statue de la Vierge habillée. Un grand feu, le Tantad, est figuré ici .

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L'atelier Vermonet de Reims

Albert-Louis Vermonet (1853- ) ouvrit son atelier à Reims en 1880 ; il collabora avec Pommery de 1882 à 1897 (atelier Vermonet-Pommery) . 4000 édifices lui doivent leurs vitraux.    

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Par jean-yves cordier
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 12:41

           Les Vierges couchées de Bretagne (2) :

            Chapelle du Yaudet à Ploulec'h (22).

 

Le pardon a lieu le troisième dimanche de mai.

 

I. Présentation.

    A trois kilomètres du bourg de Ploulec'h (22) et à 8 km de Lannion, la chapelle du Yaudet est établie sur un ancien éperon barré qui domine, comme on le constate sur le panneau placé sur le parking, la baie de la Vierge à gauche et la rivière de Lannion ou Leguer avec le port du Yaudet à droite. Il s'agit d'un site mesolithique (premières traces d'occupation vers 8000 av.J.C), mais aussi d'une ancienne place forte celte sous le nom de Koz Yeoded, puis d'un emplacement romain sous le nom de Vetus Civitatis; l'importance de ce lieu dans le controle du carrefour des voies Brest (Gesocribate)-Erquy et de celles allant vers Carhaix (Vorganium) ou vers Perros.

  Le toponyme Vetus Civitatis est retrouvé sous la forme "vieille cité" (1267) ou sous la forme bretonne Keodet ou Cozqueoudet (1638), puis on retrouve en 1707 "le lieu et mettrerie noble de Guéaudet ou La Vieille Cité" et en 1826 le toponyme Le Guyaudet sur le cadastre.

  


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      La chapelle est composée d'une nef et de deux collatéraux inscrits dans un plan rectangulaire, et d'un choeur fermé par une grille, placé dans le prolongement de la nef et terminé par un mur plat. Ce mur supporte sur toute sa largeur le retable du maître-autel, mais deux portes donnent accès à la sacristie à trois pans qui a été rapportée par la suite (vers 1950). 

   Elle a été édifiée en 1860 à la demande de la famille Kerninon après la destruction de la chapelle primitive, qui datait de la seconde moitié du XVe siècle (1483), mais en a conservé certains éléments (portes, fenestrage), dont le retable qui va maintenant nous intéresser. 

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http://www.histo.com/quotidienne/quotidienne2/01022006.pdf

http://www.sos-21.com/tl_files/SOS-21_Data-center/CG22/Sentier-decouverte_Yaudet-IV.pdf

 

 

 

II. Le retable du maître-autel.

     Il daterait du XVIIe siècle. Au dessus de l'autel et du tabernacle encadré de deux anges photophore, une alcôve au fond bleu, occupée presqu' entiérement par un lit blanc, est surmonté d'un fronton orné de guirlandes ; deux anges s'y accoudent et regardent l'assistance. De chaque coté trouvent place les niches qui abritent les statues des parents de la Vierge, sainte Anne et saint Jaochim. Le monogramme marial s'inscrit en lettres blanches sur fond bleu.



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1. Peinture du devant-d'autel : la Vierge couchée ? 

   C'est un panneau peint à la fin du XVIIIe en faux-marbre sur l'antependium, sur lequel s'inscrit un ovale d'où divergent des rayons dorés. Au centre, la Vierge (ou du moins une femme, sans auréole)  y est allongée, les mains jointes, la tête coiffée d'un voile ; trois personnages l'entourent, dont deux écartent les bras pour témoigner du prodige qu'ils constatent alors que l'homme du milieu, qui porte une étole et un livre, fait un geste de bénédiction. Il s'agit donc d'une Dormition, et non d'une nouvelle illustration de Vierge accouchée, et seul le décubitus marial s'accorde avec le sujet du retable. Cela montre que si les deux épisodes (Nativité et Dormition) sont deux moments de la vie de la Vierge totalement étrangers l'un à l'autre, la posture déclive les rapprochent et crée une parenté iconographique.


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 Le monogramme marial M A inversé , les guirlandes, les bouquets glorieux et les deux anges :

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 Sainte Anne.

  La présence des parents de la Vierge est retrouvée ici comme à Lanrivain pour le retable de Notre-Dame du Guiaudet, et ne répond pas à un hasard : le programme du commanditaire est dicté par un projet théologique, par une lecture des Écritures et des textes apocryphes pour conduire le fidèle à un approfondissement de sa contemplation de l'un des mystères joyeux, celui de la Nativité : Nativité de la Vierge (fêtée le 8 septembre) et Nativité du Seigneur. Il s'agit de mystères à méditer dans la mesure où le naturel et de la physiologie de l'enfantement s'unit au surnaturel de l'Incarnation de la Divinité, et dans la mesure où ces deux enfantements surviennent par une conception "immaculée".

  

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b ) Saint Joachim.

 

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c) les anges photophores :


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III.  La Vierge couchée.

  J'en arrive à ce qui motive ma visite, comme celle de nombreux visiteurs avant moi, cette curiosité d'art religieux, l'un des trois exemples bretons de Vierge couchée ou Vierge accouchée. L'effet est surprenant et le seul fait de voir un lit, un de ces lits si commun jadis avec leur épais matelas, leur édredon moelleux et leur couvre-lit d'étoffe blanche, ce mobilier si prosaïque et si intime de nos chambres à coucher hissé à trois mètres du sol au dessus des fastes du saint autel provoque un sentiment de familière étrangeté : l'incongruité du spectacle déstabilise l'esprit et crée la meilleure disposition à l'éveil spirituel qu'il soit : le questionnement. 

   Tout en effet opposeraient les certitudes religieuses qui affirment des réponses, avec l'ouverture spirituelle, qui pose des questions et stimule la méditation sur les mystères de l'existence. 

  Or le visiteur -ou le fidèle- n'est pas au terme de sa surprise quand il constate que dans ce lit de Grand-Mère de Chaperon rouge, seules émergent de la couette deux têtes couronnées comme des communiantes, celle de la Vierge et celle de l'Enfant. Les questions reprennent, on cherche à savoir s'il s'agit de deux statues entières, et, le cas échéant, quelle tenue les habille. La Mère est-elle (quoique que cela n'apparaisse pas) en cours d'allaitement comme à Lanrivain ? Bref, l'esprit curieux souhaiterait savoir comment c'est fait. Mais la réponse, qui doit être accessible au sacristain ou aux bonnes âmes de la paroisse qui viennent faire le lit, ou encore aux spécialistes d'art sacré de l' Inventaire Culturel, n'est donnée nulle-part (je le croyais : voir infra).

 

 

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        Le visiteur trouve dans la chapelle un extrait du livre de l'abbé Le Clech, qui fut recteur de Ploulec'h de 1934 à 1956, dans lequel il défend la thèse d'un culte préchrétien voué à Cybèle, concession de l'occupant romain soucieux de flatter une population celte enseignée par les Druides et attendant "la Virgo paritura, la vierge qui doit enfanter". Dans un temple bâti sur l'emplacement de l'actuelle chapelle, on adorerait la Mère des dieux et la déesse de la terre sous forme d'une femme couchée allaitant son enfant. Puis lors de l'évangélisation de la région par des émigrants venant de la Bretagne insulaire (VIe siècle), les moines ou prêtres auraient repris ce culte d'une vierge allaitante et alitée pour représenter la Vierge et son Fils. Enfin, à la Renaissance, un retable aurait donner de cette Vierge  la représentation que nous connaissons.

        Mais Georges Provost , maître de conférence en histoire à Rennes 2 (Un lieu saint et ses représentations, le Yaudet Ann. Bret. Pays Ouest 110-2, 2003) a souligné les faiblesses scientifique de cette interprétation. Il indique aussi  que dès 1778, un clerc du Trégor écrivait que cette Vierge "pourrait être une effigie d'Isis".

     Surtout ce prêtre la décrit "couchée dans sa longueur, allaitant l'Enfant-Jésus, et toutes les marques caractéristiques d'une nourrice sont à découvert" Cela indique bien que ce couvre-lit n'est venu recouvrir jusque sous le menton la mère et l'enfant qu'après cette date, et qu'à l'époque, la Vierge donnait bien le sein à l'Enfant. L'auteur confirme son information lorsqu'il écrit : "Or, Isis ou la terre était ordinairement représentée sous la figure d'une femme en couche et d'une nourrice donnant la mamelle à son enfant". 

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Une vue rapprochée montre que les visages, malgré leurs yeux bleus, ne sont pas très beaux et que leur facture est assez grossière. On verra que saint Joseph, assis au pied du lit comme n'importe quel père dans une chambre de maternité, n'a pas l'oeil plus vif. Les trois personnages semblent plongés dans leur pensée, dans un monde onirique de lourd malaise. 

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  Celle qui est la plus gracieuse est la colombe qui vole au plafond, sous le ciel-de-lit. Elle ne surprend pas le spectateur, qui connaît les conventions et sait qu'il a affaire au Saint-Esprit, mais là encore pourtant, le volatile est un peu trop naturalisé, trop bien plumé pour être pris au sérieux: la ficelle est trop grosse, et une fois de plus l'esprit vacille face à un élément trop familier pour le conduire vers les sommets théologiques. L'effet de confusion et de trouble se poursuit.


 

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  Qui est le personnage assis ? Un  psychanalyste au pied du divan, absorbé en attention flottante dans l'écoute bienveillante de sa divine patiente avant de transcrire de son pencil phallique des notes sur son calepin ? Sans-doute pas.

 Les uns y voient Isaïe venu constater la réalisation de sa prophétie, "Voici qu'une Vierge enfantera...".

  Les autres, et notamment l'abbé Le Clech dans sa monographie, y voient Dieu-le-Père, assis sur un trône,  en royauté avec le sceptre, la couronne et le manteau de pourpre, tenant "le livre de la généalogie". Il compléterait ainsi la Trinité avec le Fils, dans le lit, et le Saint-Esprit, en vol.

  Néanmoins, en comparant ce retable avec celui de Lanrivain et celui de Kergrist, ou avec les Nativités à Vierge alitée de La Martyre ou du Folgoët, je pense que l'hypothèse qu'il s'agisse à l'origine de saint Joseph ne peut être écartée : la couronne a été manifestement rajouté au dessus d'un bonnet à poil court. Le sceptre n'est peut-être pas non plus d'origine. Dieu le Père aurait un visage plus noble, une barbe plus fleurie, une posture plus digne, et ne serait pas placé à une place subalterne sur cette scène. Et si on voit cette Vierge Couchée comme une forme de Nativité, la présence de Joseph est bien naturelle.

 Je fais observer que le personnage est placé, avec son fauteuil, sur un piedéstal d'une trentaine de centimètre et domine d'autant le plan du lit.



 

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La Vierge en couche en carte postale :

Deux cartes postales visibles en ligne nous montrent que la literie et l'encadrement de l'alcôve ont pu varier librement au cours du XXe siècle, avec un lit proche de la baignoire en sabot, bonne occasion d'étudier l'évolution des styles et du goût. ; mais dans tous les cas, la vierge en gésine et son enfant restent soigneusement emmitouflés: 

http://www.notrefamille.com/cartes-postales-photos/cartes-postales-photos-La-Vierge-couchee-22300-LE-YAUDET-22-cotes-d-armor-151406-67440-detail.html

Cartes Postales Photos La Vierge couchée du Yaudet 22300 LANNION cotes d'armor (22)

 

 

Cartes Postales Photos La Vierge couchée 22300 LE YAUDET cotes d'armor (22)

 

 

IV. Les autres statues de la Vierge.

  De même qu'à Lanrivain pour N.D. du Guiaudet ou à Kergrist, ce n'est pas la Vierge Couchée ancestrale et fondatrice qui reçoit la dévotion des fidèles, et Notre-Dame du Yaudet prête son nom, dans une dualité ambiguë, à l'une des trois vierges couronnées, voilées, debout, et très conformes aux stéréotypies et aux impératifs moraux du XIXe -début XXe que l'on découvre ici alignées sur leur brancard de procession. Ces productions sulpiciennes de plâtre ou de métal (pour la plus petite) piétinent un serpent de la faute originelle pour témoigner du dogme de l'Immaculée Conception.

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  Ce sont elles qui seront honorées lors du pardon, elles qui seront implorées, elles qui recevront les cantiques bretons qui leur sont dédiés et que l'on trouve affichés dans la chapelle :

Gwerz Koz ar Yeodet : Ni ho salud, Stereden-Vor / Mamm da Zoué , leun a enor : / Gloar d'ar Werc'hez er Goz-Yeodet / Heulodi d'he Mamm binniget ! Nous vous saluons, Étoile de la mer, Mère de Dieu, pleine de grâces. Gloire à la Vierge du Koz-Yeodet, Louange à sa mère bénie ! 

Kantik Neve En enor da Itron Varia-Yeodet : Itron Varia ar Yeodet, Biskoas deu aman neus pedet/ Neus ho pedet a galon vad / hep kaout diganec'h he veunad.

Ar Yeodet na vo biken paour / Ar Werc'hez gant he c'halon aour : / ar chom aman hag a chomo / vit hon enor ha mad ar Vro.

En l'honneur de Notre-Dame du Yaudet : Jamais personne ne pria ici, ne pria ici de tout son coeur Sans obtenir sa demande. Le Yaudet ne sera jamais pauvre, la Vierge avec son coeur d'or reste ici et restera pour notre honneur  et le bien du Pays.

 

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V. Les ex-voto :

http://www.ex-voto-marins.net/pages/lieupage22Ploulech-le-Yaudet.htm

 

1. Les maquettes de quatre navires à voiles de la première moitié du XXe siècle sont suspendues dans la nef, avec un dispositif permettant de les descendre pour les porter en procession.    

  Les maquettes ont été restaurées avec soin, si on compare ces images à celles, qui dateraient de 2004, de l'Inventaire Régional des Affaires Culturelles de Bretagne ici : http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=PALISSYIM22004012

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Une goelette à huniers, armée de 22  canons en une batterie. Navire de grande pêche ou de cabotage.

 

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     Trois-mats barque à dunette armé de seize canons. Selon l'Inventaire régional il naviguerait à la grande pêche ou au cabotage.

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      Trois-mats goelette à cul rond, navire de grande pêche ou de cabotage portant l'inscription  MARIE LANNION

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   Seul navire du guerre, un trois-mats barque à trois ponts dont les batteries comptent de 11 à quatorze canons, soit 80 canons, (un vaisseau de ligne de 2ème rang ?)  doté d'un discret château arrière sur lequel est inscrit dans un cartouche à la place du nom et du quartier maritime les mots "Act A Ste VIERGE ".

   Restaurée en 1989 et utilisée comme maquette de procession lors du pardon, où elle est alors pavoisée et  portée par des marins de la Marine Nationale en uniforme. Les autres maquettes, également gréées du grand pavois, sont portées par des enfants ou des hommes, et les statues de la Vierge par des femmes.

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2.  Paquebot transatlantique (en service dans la première moitié du XXe siècle).

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3. Trois-mats barque à l'étrave inversée, en boite à vitrine .

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4. Dans la sacristie se trouverait aussi la maquette d'un trois-mats goelette à propulsion mixte sous un globe en verre.

VI. Les bannières :


1.) Bannière de sainte Anne et de N.D. de Yaudet:

Zantez Anna Mam ar Vretouned Pedet Evidomp, " Sainte Anne Grand-mère des Bretons Priez pour nous."

La bannière représente l'Éducation de la Vierge, où sainte Anne apprend à lire (et transmet les Saintes Écritures vétérotestamentaires) en présentant un livre ouvert à sa fille.

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Itron Varia Goz-Yeoded Diwallet Hon Zoudardet Hag Hon Varteloded.

  La bannière présente cet intéret de reprendre la représentation de la Vierge couchée du rétable, dans un lit à baldaquin dans l'ouverture duquel s'envole l'Esprit-Saint, alors que saint Joseph, assis au pied du lit et tenant un livre, regarde la mèer et son enfant. C'est donc un nouvel exemple iconographique de ce thème, traité de façon originale.

  Je ne peux dater cette bannière, mais la mention de Goz-Yeodet indique sans-dooute l'influence de l'abbé Le Clech, recteur de Ploulec'h depuis 1934, et auteur d'une monographie sur le Yaudet qui mentionne l'appellation celte Koz Yeoded (le vieux Yeodet) du site.

Je traduis l'inscription ainsi : "Sainte Marie du Yaudet Protectice des soldats et des marins".

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2) Bannière de saint Pierre et saint Paul.

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Détail de passementerie : 

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3) Bannière de sainte Anne

Ste Anne Protégez nous.

Sainte Anne, couronnée, se penche vers l'enfant couronné également (la Vierge, ou Jésus).

  Cette deuxième bannière vouée à sainte Anne souligne l'importance de ce culte étroitement associè à celui de la Vierge couchée : dans les deux cas, c'est la Maternité qui est célébrée.


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Monogramme A M.

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Par jean-yves cordier
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 12:32

              Vierges couchées (3) :

         chapelle de Kergrist à Paimpol.

I. Présentation.

Le grand pardon est célébré en mai.

  La chapelle est connue des lecteurs de Pierre Loti puisqu'au chapitre XVII de Mon frère Yves, Loti, officier de La Sibylle, accompagne un ami matelot, Yves Kermadec, qui rentre chez lui à Plounez : sa chaumière est voisine de la chapelle de Kergrist : " Quand on est à la chapelle, disait-il, c'est tout près. On n'a plus qu'à tourner à gauche, deux cent pas, et on est chez nous".

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         La chapelle de Kergrist en Plounez, ancienne commune actuellement rattachée à Paimpol, date du XVe siècle mais elle a été restaurée en 1603, date où elle fut consacrée par l'évêque de Saint-Brieuc et l'abbé de Beauport, puis modifiée au XVIIIe siècle. Vendue à la Révolution, rendue au culte en 1807, bénéficiant d'une restauration importante en 1868, encore très endommagée à la fin de la guerre de 14-18, elle est alors remise en état par les paroissiens. En 1944, après avoir été touchée lors d'un raid aérien, elle doit être reconstruite. De son plan d'origine, elle a perdu son transept sud, ce qui explique en partie l'aspect encombré et mal agencé du retable que je viens visiter ici, celui de la Vierge couchée. En effet, les trois autels initiaux, ceux de Sainte Philomène, de N.D de Kergrist et de N.D du Yaudet, doivent trouver place sur la largeur de la nef et du transept nord, dont l'extrémité donne encore accès à la sacristie.

  Elle est entourée d'un placître doté d'un calvaire du XVIe siècle, et dispose d'une fontaine au nord-ouest

 



 

II. La Vierge couchée.

  Dans l'espace exigü qui lui est concédé, pas de retable monumental, pas de niche pour sainte Anne ou Joachim, tout juste un dais à guirlande et à deux pots-à-feu, trois angelots en couronnement, et dans l'ouverture de discrets rideaux de mousseline, deux blocs de bois sculptés aux couleurs blanches : l'un représente "la Vierge en gésine sur son lit d'accouchée", appuyée comme de coutume sur son coude droit et tournée (mais d'un quart) sur le coté dans la position des premiers allaitements, tandis que l'Enfant-Jésus ne nous montre que ses cheveux noirs afin de pouvoir téter. L'allaitement lui-même n'est pas visible, mais seulement nous voyons le beau geste de Marie prenant le menton de l'enfant et le guidant vers elle.

   L'autre bloc sculpté représente un personnage très proche de celui du Yaudet, mais ici dépourvu de couronne et de sceptre. Son manteau n'est plus peint en rouge et, en d'autres termes, saint Joseph (car c'est bien lui) n'est plus déguisé en roi ; il tourne son beau visage vers le ciel et semble rendre grâce, d'un geste de la main, pour cette naissance.

  Le naturel de cette posture, le joli mouvement des plis, la simplicité bonhomme des visages, l'absence de cette literie qui choquait, au Yaudet, par son coté kitch, l'absence même des fastes des retables, le dépouillement cistercien de la monochromie blanche confèrent à cette Nativité un charme émouvant. Inutile d'évoquer Isis, Cybèle ou la Virgo parturita gauloise pour comprendre que le mystère chrétien de l'avènement, dans une crèche de Béthléem, d'un Enfant-Dieu croise aussi, pour chaque être humain, l'émotion bouleversante de chaque naissance d'un petit d'homme, et la conviction qu'il se joue alors un évènement fabuleux qui le dépasse infiniment.

 

  


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  On trouve dans l'article de Georges Provost http://abpo.revues.org/1428 la reproduction d'une photographie qui montre une disposition des lieux très différente :

 

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III. Les statues et ex-voto.

 

L'autel consacré à sainte Philomène. 

Il porte des plaques votives avec la mention Merci à N.D. de Kergrist, témoignant de la confusion de l'ordonnancement. Ses niches reçoivent les statues d'un moine ou abbé  et de saint Yves.

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      Ex-voto : 

Cette goélette morutière de Paimpol (comme l'Étoile et la Belle Poule) porte l'inscription Kergrist PL.

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      Saint François ( selon l'inscription du socle)

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Sainte Philomène :

  Le culte de cette jeune vierge et martyre des premiers siècles s'est développé grâce à la dévotion du saint Curé-d'Ars en 1837, après que ses reliques aient été découvertes dans les catacombes de Priscilla puis transférées à Mugnano del Cardinale près de Naples. Son nom est issu d'une plaque qui portait la mention qualificative philomena theou, "aimée de Dieu".

  Sa présence dans cette chapelle est peut-être due au fait qu'elle soit la patronne du Rosaire Vivant et des Enfants de Marie Immaculé ; mais j'ignore la datation attribuée à cette oeuvre.

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Saint Yves :

 

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Notre-Dame de Kergrist.

Le maître autel qui prolonge la nef est encadré par la statue de N.D. de Kergrist, vraie patronne de la chapelle, et de saint ? à gauche, alors que la statue de sainte Marguerite est posée sur le coté gauche de l'autel.


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Sainte Marguerite .

  Elle sort de son dragon par la seule force de sa prière ; Shrek fait semblant de ne pas être dans la combine.

 

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Déploration :

 

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      Saint Sébastien :

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Statues dans la nef : 

Saint Éloi :

Dans sa tenue de maréchal-ferrant avec la tenaille et les clous.

 

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   Saint Julien.

 Cette statue, ainsi que d'autres, proviennent d'une ancienne chapelle Saint-Julien actuellement détruite. 

  Les lecteurs des Trois Contes de Flaubert connaissent la Légende de saint Julien l'Hospitalier, ce fils de seigneur qui s'adonnait à la chasse :

  "Il aimait, en sonnant de la trompe, à suivre ses chiens qui couraient sur le versant des collines, sautaient les ruisseaux, remontaient vers les bois ; et quand le cerf commençait à gémir sous les morsures, il l'abattait prestement, puis se délectait à la furie des mâtins qui le dévoraient, coupé en pièces sur sa peau fumante".

  Ils savent comment le chasseur, poursuivant un cerf, une biche et son faon, tue les deux derniers, puis enfin le grand cerf qui le maudit avant de succomber en disant "Maudit, maudit, maudit! Un jour , coeur féroce, tu assassineras ton père et ta mère !" Et comment, comme dans le mythe d'Oedipe, l'oracle se réalisera alors que Julien aura tout organisé pour le déjouer.

  La statue montre un homme vêtu d'une cuirasse et d'un manteau, tenant un épieu à gauche et un bouclier à droite. Mais celui-ci est orné d'une tête de cerf dans les bois de laquelle une tête apparaît: si cette tête est celle du Christ, il s'agit d'une contamination par les légendes de saint Eustache et de saint Hubert où les bois du cerf portent la croix du Christ. 




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IV. La bannière.

  Elle est dédiée à Notre-Dame de Kergrist et non à N.D du Yaudet, avec l'inscription Itron Varia Kergrist Pedet Evid-omp, sainte Vierge de Kergrist Priez pour nous. La Vierge de Kergrist est couronnée et présente l'Enfant-Jésus qui tient le globus crucigère.

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  Le verso de cette bannière est traité de façon beaucoup plus originale et souligne, comme l'ex-voto vu précédemment, que cette chapelle dessert une population maritime. On y voit, encadrée par quatre ancres, une étoile et une fleur, un trois-mats gréé de trois voiles carrées et équipé non pas d'un gouvernail d'étambot, mais de deux avirons tribord et babord, ce qui correspondrait à un navire antérieur au XIIIe siècle. 

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V. Les tableaux.

 

  Je donne à ces deux tableaux toute mon estime, et je suis frappé par leur qualité, les trouvant dignes des grands musées. J'ai été étonné de ne pas les trouver très étudiés, mais simplement mentionnés sur les sites en ligne. Quels en sont les auteurs ? Qui est F. Vali ? D'où proviennent ces oeuvres? 

1) Saint Marc écrivant son Évangile, F. Vali, 1656

  Inscription F. Vali fecit 1656 Ste Marce Ora pro nob~

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2) la Nativité ou la Vierge au fourneau.

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Inscriptions :

On lit : aier alit natum....seph somnum et de l'autre cotè Angelus auras ex... ast munus reddit... utrisque puer .


Ces inscriptions ont été coupées lors du réencadrement, mais l'abbé Guillotin de Corson (Les sanctuaires du pays de Paimpol, Revue de Bretagne et Vendée, 1889 (1) p. 108 link) les a relevé ainsi : Mater alit natum, Joseph somnum, angelus auras (ex) ast munus reddit utrisque puer. Je tente de traduire par "La mère nourrit son nouveau-nè, Joseph songe / un ange souffle ? tandis que deux groupes d'enfants rendent grâce."

Le chanoine honoraire décrivait ainsi ce tableau comme une toile peinte qu'on dit être de l'école espagnole, et intitulée par le peuple comme le Ménage de la sainte Vierge : "on y voit Marie faisant elle-même de la bouillie dans un petit poêlon tandis que saint Joseph berce le divin Enfant ; plusieurs anges aident à la Sainte famille, l'un attise le feu, un autre le souffle, un troisième apporte du charbon."

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Par jean-yves cordier
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 22:11

     Orchidées de Crozon : mes débuts.


  mes identifications s'appuient sur le remarquable guide Les Orchidées en Presqu'île de Crozon de Paule et André Ragot mais sont celles d'un débutant et sujettes aux erreurs.


L'Orchis à fleurs lâches Anacamptis laxiflora (Lam.) M.C. Chase, 1997.

Lieux : Kersiginou et Trésigneau.

Dates : 7 et 13 mai 2012.

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Anacamptis laxiflora et femelle de Polyommatus icarus (Azuré commun, Azuré de la Bugrane) :

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Anacamptis laxiflora et Lycaena Phlaeas (Cuivré commun) :

 

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l'Orchis pyramidal Anacamptis pyramidalis (L.) Rich., 1817 

Lieu : Lostmarc'h puis la Palud.

date :  24 mai 2012.

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Le Serapias à petites fleurs Serapias parviflora Parl., 1837.


Lieu : Trésigneau.

Date : 13 mai 2012.

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La Listère à feuilles ovales Listera ovata (L.) R.Br., 1813: 

Kersiginou, 7 mai 2012.

 

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  L'Orchis des bruyères Dactylorhiza maculata ericetorum .

St Hernot, tourbière, 22 mai 2012

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l'Ophrys abeille Ophrys apifera Huds., 1762.

Kersiginou, 22 mai 2012

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Par jean-yves cordier
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 00:03

 

    La Cordulie bronzée Cordulia aenea

       et la libellule fauve Libellula fulva

           à Crozon

Lieu ; étang de Kerloc'h à Crozon

date : 12 mai 2012.

  Deux espèces précoces d'anisoptère, qui partageaient le même terrain de chasse et les mêmes zones d'atterrissage.

 

I. Cordulie bronzée Cordulia aenea (Linnaeus, 1758) Downy Emerald :

 Jeune (proche de l'emergence, les yeux n'ont pas encore leur beau vert émeraude) mâle.

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II. Libellule fauve Libellula fulva Müller, 1764 Scarce Chaser:

 

Jeune femelle : 

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